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Full text of "Recueil de textes relatifs à l'histoire de l'architecture et à la condition des architectes en France au Moyen Age .."

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RECUEIL  DE  TEXTES 


RELATIFS     A 


L'HISTOIRE    DE    L'ARCHITECTURE 


MAÇON,  PaOTAT  FRERES,  IMPRIMEURS 


COLLECTION  DE  TEXtES  ^ 

i-uuK  MiKMK  A  l'Étude  et  a  l'enseignement  de  l'histoire 


1:^4 


RECUEIL  DE  TEXTES 

RELATIFS    A 

LIIISTOIRE    DE    L'ARCHITECTURE 

Eï  A  LA  CONDITION  DES  ARCHITECTES 
ffilSr      inR,A.N"OB,      A.XJ      IMO^BlSr      -A.C3hE3 

xt-XII"  SIÈCLES 

Publié  avec    une    Introduction,    des    Notes,    un    Glossaire 
et  un  Répertoire  archéolocfique 

PAR 

Victor   MORTET 

Bibliothécaire    à    l'Université    de    Paris    ^Sorbonne) 
Archiviste  Paléographe 


^ 


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PARIS 

ALPHONSE    PICARD    ET    FILS,    ÉDITEURS 
Libraires  des  Arciiives  nationales  et  de  la  Société  de  l'École  des  Chartes 

82,    RUE    BONAPARTE,    82 

1911 


1'/ 


INTRODUCTION 


Objet  de  ce  recueil.   —  Précédents  projets  ou  essais 

DE  PUBLICATION    DE    TEXTES   RELATIFS    A   l'hISTOIRE    DE 

l'architecture  en  France  au  moyen  âge. 

1 .  —  Nous  nous  sommes  proposé  de  réunir  dans  le 
présent  Recueil  un  grand  nombre  de  textes  qui  inté- 
ressent l'histoire  de  l'architecture  ainsi  que  la  condition 
des  architectes  en  France  au  xi®  et  au  xii^  siècle.  On 
sait  que  les  documents  de  ce  genre  sont  disséminés 
dans  des  collections  nombreuses,  dans  des  ouvrages  de 
forme  variée  et  parfois  difficilement  accessibles  ,  qu'ils 
sont  souvent  établis  d'une  façon  défectueuse  ou  dépour- 
vus d'éclaircissements  ;  que  certains  d'entre  eux  sont 
restés  inédits,  etparsuile,  plus  ou  moins  ignorés  et  inu- 
tilisés. Nous  avons  pensé  qu'il  y  aurait  profit  pour  l'é- 
tude et  l'enseignement  de  l'archéologie  du  moyen  âge 
à  posséder  un  Recueil,  où  des  textes,  s'appliquant  au 
double  objet  que  nous  venons  d'indiquer,  seraient  ras- 
semblés avec  ordre,  et  revus  d'après  les  sources  origi- 
nales et  les  meilleures  éditions  ;  où  l'inédit  aurait 
quelque  place  ;  où  l'on  trouverait  pour  une  période 
donnée  un  ensemble  considérable  de  témoignages 
authentiques,  se  rapportant  soit  à  des  types  caracté- 
ristiques etimportants  de  l'architecture  du  moyen  âge, 
soit  à  des  constructions  ou  édifices  plus  modestes,  dont 


VI  INTRODUCTION 

les  uns  subsistent  encore  aujourd'hui,  avec  plus  ou 
moins  de  modifications,  tandis  que  d'autres  ont  disparu 
en  partie  ou  en  totalité. 

Bien  que  l'histoire  de  l'art  architectural  soit  le  sujet 
principal  de  notre  Recueil,  nous  n'avons  pas  cru 
devoir  en  exclure  des  textes  concernant  d'autres  arts, 
tels  que  la  sculpture,  la  peinture,  l'art  des  vitraux, 
surtout  lorsque  ces  textes  font  partie  de  documents 
relatifs  à  des  constructions  religieuses.  Il  y  a  trop  de 
rapports  qui  unissent  entre  eux  ces  différents  arts, 
tout  particulièrement  la  sculpture  et  l'architecture, 
pour  que  nous  ayons  pensé  à  scinder  les  passages  des 
chroniques  ou  ceux  d'autres  écrits  qui  nous  ont  trans- 
mis à  ce  sujet  de  précieux  renseignements.  On 
pourra  s'en  rendre  compte  à  l'aide  du  Répertoire 
archéologique  des  matières  que  nous  avons  placé  à  la 
fin  de  notre  Recueil.  Il  en  est  de  même,  bien  qu'à  un 
degré  moindre,  pour  ce  qui  concerne  le  mobilier 
artistique,  notamment  celui  des  églises.  Mais  il  était 
en  dehors  du  cadre,  forcément  limité,  que  nous  avons 
dû  nous  trdcer,  de  rechercher  en  détail  dans  les 
sources,  telles  que  chroniques  et  obituaires,  les 
moindres  passages  ou  fragments  de  textes  qui  se 
réfèrent  aux  différents  arts  que  nous  venons  de  mention- 
ner. Tous  ces  textes-là,  réunis  avec  soin,  pourraient 
faire  l'objet  de  recueils  spéciaux  dont  l'intérêt 
n'est  pas  discutable.  De  même,  en  ce  qui  concerne 
l'architecture  militaire,  si  nous  avons  publié  des  textes 
nombreux  et  importants  qui  intéressent  les  fortifications 
des  donjons,  des  châleaux,  des  manoirs,  des  villes  et 
même  un  peu  aussi  des  églises,  nous  n'avons  pas  cru 
devoir  aborder  ceux  qui  traitent,  dans  les  chroniques, 
de  la  poliorcétique  du  moyen  âge,  sujet  qui  offre  un 
intérêt  trop  spécial.  En  revanche,  nous  avons  recueilli 


INTRODUCTION  \n 

certains  textes  relatifs  à  l'art  de  Tingénieur,  notamment 
à  rhydraulique.  Ils  proviennent  surtout,  mais  non 
exclusivement,  d'établissements  religieux,  tels  que 
des  monastères  ou  des  collégiales. 

Ne  pouvant  songer  à  entreprendre,  vu  l'étendue  très 
considérable  de  notre  tâche  et  l'espace  restreint  dont 
nous  disposions,  un  inventaire  complet  ni  une  publi- 
cation in-extenso,  de  tous  les  documents  qui  pouvaient 
se  rapporter,  même  d'une  façon  secondaire,  à  l'objet 
de  nos  recherches,  nous  avons  cru  du  moins  qu'il 
était  de  notre  devoir  de  pousser  des  investigations  très 
détaillées,  d'après  un  plan  méthodique,  dans  toutes  les 
directions  où  nous  avions  chance  de  trouver  des  rensei- 
gnements utiles,  variés  et  précis.  Nous  avons  ainsi 
réuni  un  ensemble  de  textes  assez  considérable  pour 
arriver  à  représenter  autant  que  possible,  bien  qu'à  un 
degré  forcément  très  inégal,  la  plupart  des  pays  de 
l'ancienne  France,  au  Nord  comme  au  Midi,  de  même 
que  les  principales  époques  de  son  passé  architectural 
pendant  la  période  que  nous  avons  choisie.  Ce  n'est 
pas  toujours,  tant  s'en  faut,  pour  les  monuments  les  plus 
importants  et  les  plus  somptueux  que  les  textes  qui 
subsistent  ont  transmis  jusqu'à  nous  des  récits  très 
intéressants  sur  leur  construction  ou  leur  reconstruc- 
tion. S'il  en  est  parfois  ainsi  fort  heureusement,  les 
exceptions  sont  nombreuses,  et  elles  tiennent  à  des 
causes  diverses,  en  partie  accidentelles,  en  partie  régio- 
nales ou  locales,  qu'il  serait  trop  long  de  développer 
ici.  D'autre  part,  à  côté  de  ces  lacunes  regrettables,  si 
nombreuses  et  si  sensibles  dans  l'histoire  du  passé 
artistique  de  nos  monuments,  de  nos  cathédrales,  par 
exemple,  on  rencontre  dans  nos  textes  des  indications 
variées  sur  des  monastères  ou  des  collégiales,  sur 
d'humbles  prieurés  monastiques  ou  des  chapelles 
rurales,  qui  ne  sont  pas  à  passer  sous  silence. 


VIII  INTRODUCTION 

2.  —  Les  nombreux  documents  que  nous  avons 
recueillis  sont  répartis  sous  cinquante-trois  numéros 
d'ordre,  non  compris  l'Appendice  ^  Leur  ensemble,  qui 
forme  une  sorte  de  Corpus^  comprend  plus  de  deux 
cents  textes,  sans  compter  de  courts  extraits,  trop  som- 
maires pour  figurer  chacun  isolément,  et  que  nous 
avons  dû  placer  pour  cette  raison  dans  les  notes.  On 
pourra  ainsi  se  convaincre  notamment  que  la  période  du 
XI®  siècle  est  représentée  dans  notre  Recueil  plus  large- 
ment qu'on  n'aurait  pu  le  croire  possible  jusqu'ici. 

Presque  tous  les  textes  que  nous  publions  sont  tirés 
des  sources  imprimées.  Quelques-uns  cependant  sont 
inédits  :  ils  appartiennent  au  xi^  et  auxn®  siècle,  et  ils 
concernent  surtout  la  région  de  l'Ouest  de  la  France  ; 
leur  nombre  ne  pouvait  qu'être  très  restreint,  étant 
donnée  l'époque  assez  reculée  qui  fait  l'objet  de  notre 
Recueil.  Nous  avons  tenu  à  coUationner  nous-même, 
ou  bien,  en  cas  d'empêchement,  à  faire  coUationner 
par  nos  confrères  des  Archives  départementales,  divers 
documents  qui  avaient  besoin  d'être  revisés  ou  com- 
plétés. De  même,  c'est  sur  place  et  textes  en  mains  que 
nous  avons  étudié  un  certain  nombre  de  monuments 
importants,  en  nous  rendant  compte  des  modifications 
que  le  cours  des  temps  leur  a  fait  subir  :  c'est  aussi  ce 
que  nous  avons  fait,  en  Angleterre,  pour  la  cathédrale 
de  Gantorbéry,  l'un  des  édifices  les  plus  considérables 
dont  nous  ayons  eu  à  nous  occuper,  et  au  sujet  duquel 
il  subsiste  des  renseignements  historiques  et  archéolo- 
giques d'un  intérêt  capital. 

En  ce  qui  concerne  les  notes,  nous  n'avons  pas 
hésité,  vu  la  nature  du  Recueil  que  nous  publions,  vu 
la  variété  des  points  de  vue  qu'il  présente  et  la  mulli- 

1.  Voy.  aussi  les  Additions  à  la  fin  du  présent  volume. 


INTRODUCTION  IX 

plicité  des  renseignements  qu'il  exige,  à  leur  réserver 
largement  la  place  qui  devait  leur  revenir.  Sans  parler 
des  références  bibliographiques  ou  des  commentaires 
archéologiques  qui,  dans  certains  cas,  peuvent  paraître 
encore  insuffisants,  nous  avions  à  joindre  à  nos  textes, 
pour  en  faciliter  l'éclaircissement,  des  notes  chronolo- 
giques ou  biographiques,  géographiques  ou  topogra- 
phiques, lexicographiques  ou  quelquefois  même  gram- 
maticales. Si,  en  effet,  notre  Recueil  s'adresse  surtout 
à  des  lecteurs  qui  sont  au  courant  de  l'archéologie  du 
moyen  âge,  comme  nos  confrères  de  l'Ecole  des  Chartes, 
nous  ne  pouvions  oublier  qu'étant  donné  le  caractère 
de  la  Collection  de  Textes  à  laquelle  il  appartient,  il 
devait  servir  aussi  aux  élèves  de  cette  Ecole  ainsi  qu'aux 
étudiants  en  histoire  de  nos  Universités,  qui  peuvent 
se  trouver  aux  prises  avec  les  difficultés  de  l'archéo- 
logie et  de  la  latinité  technique  du  moyen  âge.  Nous 
ferons  enfin  remarquer  que  certains  extraits  de  textes, 
fort  courts,  mais  très  utiles  à  connaître,  ne  pouvaient 
trouver  place,  vu  leur  brièveté,  que  dans  les  notes  dont 
elles  ont  parfois  augmenté  l'étendue  ;  on  ne  nous  en 
saura  pas  mauvais  gré,  surtout  si  l'on  veut  bien  réflé- 
chir que  nos  renseignements  historiques  et  archéolo- 
giques, nos  renvois  à  d'autres  documents  que  les  nôtres, 
nos  rapprochements  d'ordre  technique  forment  autant 
d'indications  qui' se  trouvent  ensuite  fondues  et  clas- 
sées commodément,  soit  dans  la  Table  alphabétique, 
soit  dans  le  Glossaire,  soit  enfin  dans  le  Répertoire 
archéologique  des   matières. 

3.  —  Après  avoir  indiqué  l'objet  du  présent  Recueil, 
il  nous  paraît  très  utile  de  rappeler  sommairement  les 
projets  ou  essais  de  publication  qui  ont  été  entrepris 
au  dernier   siècle  pour  former  un  ensemble  de  docu- 


INTRODUCTION 


ments  relatifs  à  l'histoire  de  l'architecture  et  à  la  con- 
dition des  architectes  en  France  au  moyen  âge. 

Le  premier  dessein  qui,  à  notre  connaissance,  fut 
conçu  dans  notre  pays  en  vue  de  l'objet  que  nous  étu- 
dions, eut  un  caractère  officiel.  Il  devait  s'appliquera 
des  textes  inédits,  c'est-à-dire  à  des  sources  surtout 
diplomatiques,  à  des  chartes  ou  à  des  comptes,  par 
exemple,  documents  variés  qui  abondent  principale- 
ment pendant  la  période  gothique  de  l'histoire  monu- 
mentale et  artistique  de  notre  pays.  C'est  sous  le  règne 
de  Louis-Philippe  qu'on  voit  le  Comité  des  arts  et 
monuments  auprès  du  Ministère  de  l'Instruction 
publique,  former  le  projet  de  réunir  sous  le  titre  de 
Mélanges  une  série  de  documents  relatifs  à  l'histoire  des 
arts,  documents  qui,  pris  isolément,  ne  pourraient 
devenir  l'objet  d'une  publication  spéciale.  De  nombreux 
matériaux  avaient  été  réunis  à  cet  effet.  Cette  collec- 
tion devait  être,  pour  les  monuments  figurés,  analogue 
à  celle  que  le  Comité  historique  publiait  sous  le  même 
titre  pour  les  monuments  écrits.  Elle  aurait  été  accom- 
pagnée d'un  recueil  sur  les  artistes  français  du  moyen 
âge,  dont  la  publication  était  confiée  à  M.  Didron  ^ 
On  sait  que,  sous  la  forme  qu'on  avait  cru  devoir  lui 
donner,  cette  entreprise  n'aboutit  pas  à  un  résultat 
pratique.  Du  moins,  le  Bulletin  archéologique 
ainsi  que  le  Bulletin  historique  et  philologique 
du  Comité  ont  continué  depuis  lors  à  publier 
des  documents  pleins  d'intérêt  pour  l'étude   du  passé 


1.  Xavier  Charmes,  Le  Comité  des  travaux  historiques  et  scienti- 
fiques (Hist.  et  Doc),  t  II  (1886),  p.  126.  —  Cf.  Bulletin  archéolo- 
gique, publ.  par  le  Comité  des  arts  et  monuments,  t.  II  (1842-1843), 
p.  484,  et  t.  IV  (1847-1848),  p.  178-179;  cf.  aussi  le  Rapport  au  roi, 
en  date  du  15  avril  1847,  sur  l'étal  des  travaux  exécutés  de  1835  à 
1847  pour  le  recueil  des  Documents  inédits  relatifs  à  l'histoire  de 
France. 


INTRODUCTION  XI 

monumental  de  notre  pays.  C'est  une  mine  précieuse 
de  textes  inédits  surtout  à  partir  du  xiii^  siècle,  mais 
que  nous  n'avons  pu  utiliser  qu'à  titre  exceptionnel, 
car  il  n'est  pas  fréquent  qu'elle  serve  pour  le  xi^  et  le 
xii**  siècle. 

Nous  avons  maintenant  à  mentionner  un  essai  de 
publication  étrangère  qui  se  rapporte  à  l'objet  de  nos 
recherches.  Il  se  trouve  contenu  dans  un  ouvrage  ano- 
nyme  qui  a  paru  en  Angleterre',  au  milieu  du  siècle 
dernier,  sous  le  titre  suivant  :  An  inquiry  into  the 
chronologicul  succession  of  the  styles  of  romanesque 
and  pointed  architecture  in  France^  ivith  notices  of 
sonie  of  the  principal  buildings  on  which  it  is 
founded.  Dans  la  première  partie  de  cet  ouvrage  ^, 
l'auteur  a  réuni  un  certain  nombre  d'extraits  de  textes, 
tirés  surtout  des  chroniques,  concernant  des  églises 
qu'il  a  étudiées  sur  place  et  dont  il  donne  des  notices. 
Ces  extraits  sont  exclusivement  relatifs  à  certains  monu- 
ments religieux  de  quelques-unes  seulement  de  nos 
anciennes  provinces,  entre  autres  la  Normandie,  et  la 
liste  en  est  tout  à  fait  sommaire  ;  elle  est  dressée  avec 
beaucoup  d'arbitraire  et  d'une  façon  extrêmement 
incomplète.  C'est  du  reste  bien  plutôt  le  côté  chrono- 
logique que  le  côté  descriptif  de  son  sujet  que  l'auteur 
a  eu  en  vue,  à  savoir  les  dates  de  fondation,  de  recons- 
truction, d'incendie  ou  de  consécration  d'autels  des 
édifices  dont  il  s'occupe.  Enfin  ces  fragments,  beaucoup 
trop  brefs  et  trop  peu  nombreux,  sont  dépourvus  de 
notes  et  ils  sont  établis  sans  critique  comme  sans  mé- 
thode. Néanmoins,  nous  avons  pensé  que  cet  essai  si 


1.  London,  John  Murray,  1850.  Cet  ouvrage  ne  figure  pas  dans  le 
Dictionary  of  the  anonymous  and  pseudonymous  literature  of  Great 
Brilain,  de  Halkett  et  Laing  (1882-1888). 

2.  P.  41  à  122. 


XII  INTRODUCTION 

restreint,  qui  s'ofFre  à  nous  comme  à  l'état  embryon- 
naire, ne  devait  pas  être  passé  sous  silence  dans  notre 
Introduction,  vu  l'époque  où  il  a  paru,  vu  l'idée  inté- 
ressante qu'il  représente,  mais  que  l'auteur  n'a  guère 
fait  qu'esquisser  d'ailleurs,  en  tentant  de  la  réaliser 
d'une  manière  bien  trop  superficielle  et  très  imparfaite. 
Si  le  projet  de  publication  officielle,  qui  avait  été 
conçu  en  France  par  le  Comité  des  arts  et  monuments 
et  que  nous  avons  signalé  plus  haut,  devait  s'appliquer 
surtout  à  des  documents  inédits,  ce  dernier  caractère 
apparaît  encore,  bif^n  qu'à  un  moindre  degré,  dans  un 
ouvrage  dû  à  l'initiative  privée,  qui  fut  entrepris  un 
certain  nombre  d'années  plus  tard,  et  publié  en  1868, 
sous  le  titre  de  Documents  paléographiques  relatifs  à 
r histoire  des  beaux-arts  et  des  belles-lettres  pendant 
le  moyen  âgeK  A  côté  de  documents  inédits  qu'il  avait 
tirés  des  Archives  départementales  et  des  Bibliothèques 
publiques,  l'auteur  de  cette  publication,  Aimé  Cham- 
pollion-Figeac,  a  mentionné,  analysé  ou  commenté  un 
assez  grand  nombre  de  textes  du  moyen  âge  édités 
déjà  dans  divers  onvrages  ou  recueils.  Ces  textes 
n'étaient  pas  seulement  relatifs  à  l'architecture,  mais 
à  différents  arts,  tels  que  ceux  des  vitraux,  de  la  pein- 
ture, de  la  mosaïque,  de  l'émaillerie,  sans  compter 
encore  l'arl  de  la  miniature.  Au  point  de  vue  qui  nous 
occupe,  A.  Ghampollion-Figeac  s'est  surtout  appliqué 
àétudierles  moyens  pécuniaires  employés  pendant  tout 
le  moyen  âge  pour  élever  des  constructions,  les  charges 
que  .ces  travaux  imposaient  aux  populations,  les  obli- 


i.  Quelques  parties  de  cet  ouvrage  ont  été  imprimées  dans  la  Revue 
archéologique,  déjà  à  partir  de  1856  (XII''  année,  2«  part.,  p.  458  et 
suiv.),  sous  ce  litre  assez  différent  :  Droits  et  usages  concernant  la 
travaux  de  construction  publics  ou  privés  sous  la  troisième  race  des 
rois  de  France,  d'après  les  chartes  et  autres  documents  originaux. 


INTRODUCTION  XIH 

galions  à  remplir  pour  créer  des  établissements  même 
d'utilité  publique,  comme  pour  améliorer  et  réparer 
des  édificesdéjà  existants.  Passer  en  revue,  d'une  façon 
d'ailleurs  trop  sommaire  et  incomplète,  les  fondations 
pieuses  en  vue  des  constructions,  les  modes  de  res- 
sources que  les  seigneurs  laïques  ou  ecclésiastiques 
employaient  pour  leurs  grandes  entreprises,  les  auto- 
risations de  bâtir  obtenues  de  plein  gré  et  par  le  fait  de 
la  concession  gracieuse  des  suzerains,  ou  bien  achetées 
par  des  corvées,  des  péages  et  autres  charges,  tel  est 
l'objet  principal  que  l'auteur  s'est  assigné.  S'il  a 
signalé  quelquefois  des  textes  quiintéressent  la  technique 
des  constructions  au  moyen  âge  et  la  condition  des 
architectes  et  des  ouvriers,  il  a  eu  surtout  en  vue, 
pendant  la  très  longue  période  qu'il  a  examinée,  en  étu- 
diant les  nombreuses  décisions  relatives  aux  matières 
que  nous  venons  d'indiquer,  d'en  tirer  «  sinon  la  juris- 
prudence générale,  du  moins  des  exemples  isolés  de 
tous  les  moyens  mis  en  usage  pour  réaliser  d'immenses 
travaux  d'art.  »  C'est  donc  surtout  un  objet  juridique 
et  administratif  qui  l'a  guidé  dans  ses  recherches 
comme  dans  son  exposé  historique.  Nous  avons  été 
amenés  à  utiliser  son  ouvrage  et  nous  l'avons  cité  dans 
différents  endroits  de  notre  publication. 

Il  nous  reste  à  indiquer  un  autre  recueil,  d'un  carac- 
tère très  général,  qui  a  paru  à  l'étranger,  il  y  a  une 
quinzaine  d'années.  Il  fait  partie  d'une  collection  d'en- 
semble sur  l'histoire  de  la  technique  des  arts  au  Moyen 
âge  et  à  la  Renaissance,  publiée  à  Vienne,  dirigée 
d'abord  par  R.  Eitelberger  d'Edelberg,  et  continuée 
par  les  soins  dWlbert  Ilg  ' .  Son  titre  est  Quellenhuch  zur 


1.    Quellenschriften    fur   Kunstgeschichle    und   KansUechnik    des 
Mitlelalters  und  der  NeiizeU,  nouv.  sér.,  vol.    VII.  A  cotte  collection 


XIV  iNfRODUCTlON 

Kunstgeschichte  des  abendlàndischen  Mittelallers^ 
ausgewïihlte  Texte  des  vierten  bis  fûnfzehnten  Jahr- 
hunderts,  gesammelt  v.  Jiilius  von  Schlosser  (1896). 

Assurément,  ce  recueil  présente  un  ensemble  consi- 
dérable de  documents  concernant  les  différents  arts, 
notamment  celui  de  l'architecture,  documents  dont  le 
rapprochement  est  utile  et  suggestif;  mais  il  a  été 
conçu  sur  un  plan  beaucoup  trop  vaste,  en  sorte  que 
son  exécution,  ainsi  qu'on  l'a  déjà  remarqué,  laisse 
bien  à  désirer.  Au  point  de  vue  topographique,  c'est 
beaucoup  trop  que  d'essayer  de  représenter  en  un  seul 
volume  de  textes  le  mouvement  architectural  et  artis- 
tique non  seulement  de  l'Allemagne,  de  l'Angleterre 
et  de  la  France,  mais  encore  celui  de  l'Italie  et  de 
l'Orient  latin  ;  de  même,  au  point  de  vue  chronolo- 
gique, c'est  embrasser  dans  un  même  cadre  documen- 
taire une  trop  vaste  période  que  celle  qui  s'étend  du 
iv"  siècle  au  xv**,  c'est-à-dire  durant  tout  le  moyen  âge. 
Enfin,  il  manque  à  ce  choix  de  textes,  assez  arbitraire, 
et  où  les  renseignements  bibliographiques  sont  insuffi- 
sants, des  notes  critiques  indispensables,  des  indications 
nécessaires  sur  la  valeur  intrinsèque  des  documents  et 
surtout  sur  l'époque  de  leur  rédaction,  faute  de  quoi 
l'on  est  souvent  conduit  en  le  consultant  à  des  erreurs 
ou  à  des  confusions  très  regrettables,  en  dépit  des  ser- 
vices réels  dont  on  lui  est  redevable  à  certains  points 
de  vue. 

En  donnant  des  proportions  beaucoup  plus  res- 
treintes et  un  caractère  plus  précis  à  notre  Recueil, 
dans  lequel  le  mouvement  de  l'architecture  en  France, 
surtout    pendant   la  période    romane,   est    représenté 

appartient  aussi  (vol.  IV)  le  recueil  suivant,  qu'il  est  très  utile  de  men- 
tionner ici  :  Schriflquellen  zur  Geschichte  der  karolingischen  Kunst. 
(jes.  11.  erl.  v.  Julius  von  Schlosser,  Wien,  1892. 


Introduction  xV 

avec  un  certain  développement,  nous  avons  fait  en 
sorte,  pour  notre  part,  d'établir  avec  méthode  chacun 
de  nos  textes  et  de  les  disposer  suivant  un  ordre  rai- 
sonné. C'est  ce  que  nous  devons  montrer  maintenant 
à  nos  lecteurs. 


II 


Ordre   suivi    dans   le    présent   Recueil  ;    ses    limites 

CHRONOLOGIQUES  ET  GÉOGRAPHIQUES.  —  ÏEXTES  RELA- 
TIFS A  l'expansion  de  l'architecture  française  a 
l'Étranger. 

4.  —  Nous  avons  rangé  les  documents  qui  composent 
notre  Recueil  d'après  l'ordre  chronologique.  Ce  classe- 
ment nous  a  paru  de  beaucoup  préférable  à  un  classe- 
ment méthodique  ou  topographique.  D'abord,  c'est  le 
seul  qui  permette  de  suivre  la  succession  et  parfois  la 
filiation  historique  des  faits  complexes  qui  se  rap- 
portent à  Tart  de  la  construction  et  au  rôle  des  cons- 
tructeurs. Ce  n'est  pas  qu'on  puisse  espérer  «  surtout 
avant  l'année  1140,  suivre  de  façon  continue  la  pro- 
gression de  l'architecture  »,  —  notamment  sous  le  rap- 
port des  formes  et  des  procédés,  —  «  et  il  faut  se  rési- 
gner à  n'avoir  qu'un  tableau  chronologique  criblé  de 
lacunes  dont  quelques-unes  sont  très  considérables  * .  » 
Mais  enfin,  grâce  à  cette  méthode  on  peut  essayer  de 
saisir  ou  de  faire  réapparaître  dans  leur  évolution  ou 
dans  leur  synchronisme  certains  aspects  du  spectacle 
très  divers  d' œuvres   architecturales  qui  naissent,  se 

1.  Voy.  J.  A.  Brutails,  L'Archéologie  du  moyen  âge  et  ses  méthodes, 
études  critiques  (1900),  p.  207  et  208,  ouvrage  précieux  pour  l'exa- 
men raisonné  des  textes  archéologiques. 


XVI  INTRODUCTION 

succèdent  ou  s'accompagnent,  pour  disparaître  ensuite 
d'une  façon  plutôt  lente  que  brusque,  ou  se  survivre 
en  se  transformant  :  toutes  choses  qui  s'expliquent  par 
l'objet  même  de  la  construction,  qui  est  d'avoir  avant 
tout  une  destination  humaine,  individuelle  et  sociale. 
Soit  qu'il  s'agisse  d'habitations  isolées  ou  groupées, 
soit  qu'il  s'agisse  de  lieux  de  demeure  ou  de  culte,  ou 
bien  encore  d'endroits  de  défense,  appropriés  à  cette 
fin,  les  textes  et  les  monuments,  rapprochés  les  uns 
des  autres,  nous  montrent  que  la  matière  ainsi  que  les 
formes  de  l'architecture  varient  selon  le  milieu,  les 
conditions  sociales,  les  coutumes  et  les  mœurs,  les 
nécessités  temporaires  et  les  ressources  dont  on  dispose, 
soit  autant  de  facteurs  qui  les  conditionnent.  C'est  ce 
que  l'ordre  chronologique  permet  de  constater  à  la  fois 
dans  les  monuments  anciens  ou  leurs  vestiges  encore 
existants,  et  dans  ces  autres  traces  du  passé,  celles-ci 
d'ordre  psychologique^  et  moral,  qui  sont  les  monu- 
ments écrits. 

En  second  lieu,  l'ordre  que  nous  avons  adopté  per- 
met d'éviter  de  reproduire  en  différents  endroits  de 
notre  Recueilles  mêmes  documents  ou  extraits  de  textes 
qui  concernent  dans  leur  teneur  d'ensemble  des  caté- 
gories de  matières  distinctes  les  unes  des  autres, 
notamment  Tarchitecture  religieuse,  l'art  de  cons- 
truire des  châteaux,  l'architecture  publique  ou  privée. 
Il  dispense  ainsi  de  scinder  d'une  façon  arbitraire  des 
documents  qui  se  rapportent  à  des  objets  multiples. 
Mais,  d'autre  part,  le  classement  par  ordre  chronolo- 
gique ne  suffît  pas  à  répondre  aux  besoins  variés  des 
chercheurs.   Aussi  avons-nous  dû  dresser,  à  la  fin  de 


1.  Voy.   sur  ce  point  Ch.  et  V.    Mortet,  La  Science  de  VHisloire 
(1894),  p.  27  et  s. 


INTRODUCTION  XVII 

notre  volume,  outre  une  Table  alphabétique  des  noms 
de  j3ersonnes  et  de  lieux,  un  Répertoire  également 
alphabétique  des  matières  archéologiques  '  dont  il  est 
question  dans  notre  Recueil.  Enfin,  à  ces  instruments 
de  recherche  nous  avons  ajouté  un  Glossaire,  qui 
comprend  surtout  les  termes  et  les  expressions  tech- 
niques, dont  nos  textes  nous  ont  permis  de  faire  un 
relevé  détaillé. 

5.  —  C'est  avec  les  premières  années  du  xi^  siècle 
que  commence  la  série  des  textes  dont  se  compose 
notre  Recueil.  C'est  en  effet  un  peu  après  l'an  1000 
que  l'on  voit  apparaître  un  fait  capital  dans  l'histoire 
de  l'architecture  religieuse,  qui  est  au  premier  rang 
dans  le  développement  de  l'art  monumental  en  France, 
au  moyen  âge,  à  savoir  le  renouvellement  plus  ou  moins 
général  des  églises  d'alors.  Cette  rénovation  d'en- 
semble est  attestée  par  des  témoignages  authentiques, 
avant  tout,  comme  on  sait,  par  celui  du  moine  Raoul 
Glaber  ~  ;  elle  est  aussi  signalée  dans  l'Histoire  de  la 
dédicace  de  Saint-Remi  de  Reims  ^.  Mais  une  remarque 
essentielle  s'impose  ici.  Comme  on  l'a  dit^  avec  beau- 
coup de  raison,  «  nous  avons  dans  le  témoignage  de 
Glaber  la  date  précise  de  l'avènement  de  l'architecture 
romane,  de  l'avènement  et  non  pas  de  l'invention. 
Tant  d'hommes,  entant  de  contrées  diverses,  n'auraient 
point   opéré    simultanément    sur   une  même  donnée, 


1.  Les  renseignements  que  contient  ce  Répertoire  peuvent  être 
rapprochés  utilement,  pour  la  période  que  notre  Recueil  embrasse, 
de  ceux  que  présente  la  publication  de  II.  Sabine,  intitulée  :  Table 
analytique  et  synthétique  du  Dictionnaire  raisonné  de  V architecture 
française  du  XI<-  au  XVI^  siècle,  par  Viollet-le-Duc,  1889,  in-S". 

2.  Voy.  le  n°  I,  p.  4. 

3.  Voy.    le  n»  VIII,  p.  40. 

4.  J.  Quicherat,  Mélanges  d'archéologie  et  d'histoire,  mém.  et 
fragm.  réunis  par  M.  R.  de  Lasteyrie  (1886),  p.  432. 


XVIII  INTRODUCTION 

s'ils  n'avaientpasété  inspirés  par  des  essais  antérieurs.  » 
Si  l'emploi  des  voûtes  est  le  trait  le  plus  frappant  de 
l'architecture  romane,  ce  serait  une  erreur  de  penser 
qu'une  telle  innovation  se  serait  produite  sous  une 
forme  partielle  au  commencement  du  xi*"  siècle,  sans 
avoir  été  préparée  par  des  tentatives  antérieures  de 
reconstruction,  dont  l'existence  est  mentionnée  dans 
divers  documents  ^ 

Nous  avons  assigné  à  nos  textes  une  série  continue 
de  numéros  d'ordre,  en  les  faisant  se  succéder  d'après 
la  date  initiale  de  la  période  d'années  à  laquelle  ils  se 
rapportent.  Nous  leur  avons  laissé  toute  la  cohésion 
nécessaire'^  et  nous  sommes  parvenus  ainsi,  avec  fort 
peu  d'interruption  dans  la  série  chronologique  des 
années,  jusqu'aux  documents  dont  le  point  de  départ 
est  l'année  1130,  c'est-à-dire  environ  jusqu'au  com- 
mencement du  second  tiers  du  xii*^  siècle.  Vers  cette 
date,  peut-être  même  un  peu  plus  tôt 3,  ont  commencé 
les  opérations  préliminaires  de  la  reconstruction  de 
l'abbatiale  de  Saint-Denis,  qui  marque,  comme  on  sait, 
une  étape  des  plus  importantes  dans  l'histoire  de  l'ar- 
chitecture religieuse.  Vers  cette  date  aussi,  le  mouve- 
ment de  réforme  des  Cisterciens  est  en  plein  dévelop- 
pement, et  le  moment  approche  où  les  statuts  de  cet 


i.  Voy.  le  récent  et  savant  mémoire  de  M.  R.  de  Lasteyrie:  L'église 
de  Saini-Philibert-de-Grandlieu  [Loire-Inférieure],  extr.  des  Méin. 
de  V Académie  des  Inscriptions  et  Belles-lettres,  t.  XXXVIII,  2"  part., 
p.  67-68  (1909).  Cf.  Anthyme  Saint-Paul,  Ilist.  monumentale  de  la 
France,  3'  éd.,  1888,  p.   92-93. 

2.  C'est  par  exception  qu'il  a  pu  en  être  quelquefois  autrement, 
faute,  par  exemple,  d'avoir  connu  en  temps  opportun,  pendant  l'im- 
pression de  notre  Recueil,  certains  extraits  intéressant  telle  ou  telle 
construction,  que  nous  voulions  faire  connaître  à  nos  lecteurs,  après 
avoir  déjà  placé  à  leur  i^ang-  chronologique  les  textes  plus  anciens 
qui  la  concernaient. 

3.  Voy.  l'étude  très  précise  de  L,  Levillain,  Les  plus  anciennes 
églises  abbatiales  de  Saint-Denis,  dans  les  Mém.  de  la  Société  derhisi. 
de  Paris  et  de  V Ile-de-France,  t.  XXXVI  (1909),  p.  178. 


INTRODUCTION  XIX 

Ordre  vont  revêtir  une  rédaction  qui  est  parvenue 
jusqu'à  nous*.  Nous  regrettons  que  l'espace  nous  ait 
fait  défaut  dans  le  présent  volume  pour  dépasser  uni- 
formément la  limite  de  Tannée  1130,  et  pour  juxta- 
poser d'une  façon  continue,  comme  pendant  la  période 
précédente,  les  textes  qui  sont  postérieurs  à  celte  date 
et  qui  vont  jusqu'à  l'année  1200.  Mais,  dans  bien  des 
cas,  c'est-à-dire  autant  de  fois  que  les  documents  nous 
en  ont  fourni  la  matière,  nous  n'avons  pas  interrompu 
pendant  les  deux  derniers  tiers  de  ce  siècle,  la  suite 
chronologique  des  faits  et  des  événements  qui  inté- 
ressaient l'histoire  et  la  construction  de  monuments 
au  sujet  desquels  nous  avions  déjà  recueilli  des  textes 
appartenant  soit  au  xi^  siècle,  soit  au  premier  tiers  du 
xir.  Il  en  est  déjà  résulté  qu'en  fait  l'année  1130  a  été 
très  souvent  dépassée  dans  notre  Recueil,  et  que,  si  le 
xi"  siècle  y  figure  en  entier,  si  les  trente  premières 
années  du  xii"  y  sont  représentées  d'une  façon  à  peu 
près  consécutive,  les  deux  autres  tiers  de  ce  même 
siècle  le  sont  encore  dans  une  proportion  très  consi- 
dérable et  très  importante,  quoiqu'à  vrai  dire  incom- 
plète. 

6.  — Après  avoir  indiqué  les  limites  chronologiques 
que  nous  nous  sommes  proposé  de  suivre,  il  nous  reste 
à  préciser  les  limites  géographiques  que  nous  avons 
adoptées  en  réunissant  les  documents  qui  composent 
le  présent  Recueil. 

Avant  tout,   nous  avons   fait   en   sorte   d'éviter  un 
choix  arbitraire.  Plutôt  que  de    nous    en    tenir    aux. 
limites  actuelles  de  la  France,  il  nous  a  semblé  préfé- 
rable de   prendre  pour  cadre  de    nos  recherches  les 

i.  Ces  statuts  datent  de  1134;  d'autres  leur  sont  postérieurs. 


XX  INTRODUCTION 

limites  extrêmes  que  notre  pays  a  atteintes  pendant  la 
durée  et  jusqu'à  la  fin  du  moyen  âge.  Cette  manière  de 
procéder  nous  a  paru  rationnelle,  autant  pour  ne  pas 
accroître  la  tâche  considérable  qui  nous  incombait 
que  pour  ne  pas  empiéter  sur  des  territoires  où  Tin- 
fluence  régnante  se  rattache  sous  certains  rapports  à 
des  milieux  régionaux  autres  que  ceux  que  nous  nous 
proposions  d'étudier  principalement.  Il  était  donc  hors 
de  notre  plan  de  rechercher  des  textes  relatifs  à  l'Al- 
sace et  à  la  Lorraine.  Toutefois,  à  l'égard  de  l'une  et 
de  l'autre  de  ces  provinces,  nous  avons  cru  devoir 
faire  exception,  à  deux  reprises,  à  la  règle  que  nous 
nous  étions  tracée,  afin  de  juxtaposer  des  documents 
particulièrement  intéressants,  provenant  de  ces  con- 
trées de  l'Est,  et  des  textes  appartenant  à  d'autres 
régions  de  la  France  ;  les  uns  et  les  autres  nous  ont 
paru  donner  lieu  à  des  rapprochements  très  signifi- 
catifs'. En  ce  qui  concerne  la  Franche-Comté,  pro- 
vince qui  n'a  été  rattachée,  comme  on  sait,  à  notre 
pays  que  depuis  les  temps  modernes,  son  passé  his- 
torique et  religieux  est  trop  intimement  lié  à  celui 
de  la  Bourgogne  pour  que  nous  ayons  de  parti  pris 
écarté  un  curieux  document  relatif  à  l'une  des  pos- 
sessions de  Saint-Bénigne  de  Dijon-.  Quant  aux 
Flandres,  tant  la  contrée  actuellement  française  que 
celle  qui  fait  aujourd'hui  partie  de  la  Belgique,  consi- 
dérable est  la  part  qui  devait  leur  revenir  et  que  nous 
avons  fait  en  sorte  de  leur  ménager  dans  notre  Recueil, 
surtout  au  point  de  vue  de  l'architecture  religieuse  et 
militaire.  A  l'autre  extrémité  de  la  France,    dans  la 


i.  Voy.  les  n"»  IX  et  CLI.  Cf.  dans  la  Table  alphabétique  des  noms 
de  lieux  les  renvois  suivants  :  Metz,   Verdun  et  Strasbourg. 
2.  Voy.  le  n«  CXXI. 


INTRODUCTION  XXI 

région  du  Midi,  l'histoire  du  Roussillon  et  delà  Ger- 
dagne  a  été  mêlée  de  trop  près  à  celle  du  Languedoc, 
il  y  a  eu  trop  de  rapports  entre  cette  vaste  contrée  et 
lespays  limitrophes  del'P^spagne,  devenus  tardivement 
français,  pour  que  nous  n'appelions  pas  l'attention  sur 
quelques  textes  qui  se  rapportent  à  ces  derniers,  par 
exemple,  au  point  de  vue  de  l'architecture  religieuse 
et  de  la  diffusion  des  églises  fortifiées  pendant  le 
XI®  siècle.  Si  la  Savoie,  conformément  au  plan  que 
nous  avons  adopté,  est  restée  en  dehors  du  cadre  de 
nos  recherches,  il  n'en  est  pas  de  même  du  Gomtat 
Venaissin.  Nous  reproduisons  un  acte  concernant  à  la 
fois  le  Chapitre  de  la  cathédrale  et  l'abbaye  de  Saint- 
Uuf  d'Avignon,  qui  présente  un  intérêt  exceptionnel 
au  point  de  vue  de  l'histoire  de  la  condition  des  artistes, 
dans  cette  contrée,  à  la  fin  du  xi*"  siècle  ou  au  com- 
mencement du  XII®. 

Etant  donné  le  cadre  à  la  fdis  précis  et  large  que 
nous  avons  fait  en  sorte  de  suivre,  malgré  d'inévi- 
tables lacunes,  nous  ne  pouvions  pas  ne  pas  y  faire 
entrer  des  documents,  dont  quelques-uns  sont  de  pre- 
mier ordre,  qui  attestent  la  diffusion  de  l'art  monu- 
mental de  la  France  sur  la  terre  étrangère,  ainsi  que 
l'expansion  lointaine  des  méthodes  de  bâtir,  qui  étaient 
dues  à  l'admirable  activité  de  nos  maîtres  d'œuvre. 
C'est  ainsi  qu'au  point  de  vue  de  l'architecture  reli- 
gieuse, tant  séculière  que  monastique,  sous  le  rapport 
de  la  construction  comme  de  la  décoration  monumen- 
tale, divers  textes  nous  font  assister  à  la  propagation 
de  cette  influence,  non  seulement  en  Angleterre  et  dans 
la  partie  occidentale  de  la  Belgique,  mais  encore  au 
Nord  comme  au  Sud  de  l'Italie,  dans  la  partie  fran- 
çaise de  la  Suisse  ainsi  que  dans  le  Nord  de  l'Espagne. 
Les  longs  extraits  de  chroniques  que  nous  donnons  sur 


XXII  INTRODUCTION 


la  cathédrale    de  Gantorbéry    et  sur  celle  de    Saint- 
Jacques  de    Gompostelle,  pour  ne   citer  ici  que  ces 
exemples  frappants  du  xi^  et  du  xii**  siècle,  en  offrent 
des  témoignages  d'une  importance   capitale,    et   dont 
rintérêt  est  double  :  car  il  concerne  à  la  fois  les  œuvres 
grandioses  qui  ont  été  réalisées  et  les  maîtres  fameux 
qui   les  exécutèrent.    Dans  la  seconde  moitié    du  xi^ 
siècle,  nous  voyons  l'abbé  d'un  grand  monastère  de  la 
Flandre,   celui  de    Saint-Hubert-d'Ardenne,    qui   fait 
appel  à  des  tailleurs  de  pierre  liégeois  pour  la  construc- 
tion d'une  crypte  et  d'un  cloître,  confier  à  un  artiste 
verrier  de  Reims,  très  habile  en  son  art,  l'exécution 
des  vitraux  dont  il  veut   orner  les  chapelles   de  son 
église  abbatiale.  Et  ce   ne  fut  pas  seulement  dans    le 
domaine  de  l'architecture  religieuse  que  cette  action 
féconde  s'exerça  au  dehors  de  notre  pays.  Les  textes 
nous  montrent  encore  qu'en    Angleterre,  à  partir   de 
la  conquête  de  Guillaume,  duc  de  Normandie,  on  vit 
s'élever  des    donjons  d'abord  de  bois,  puis  de  pierre, 
construits  à  la  façon  normande,  et  que  plus  tard  des 
châteaux  imités   de   ceux  d'Outre-Manche,   inconnus 
jusqu'alors  sur  le  sol    anglais,  furent  édifiés  dans  de 
grandes  proportions,  de  même  que  des  abbayes,  celle 
de  Ilastings,  par  exemple,  et  surtout  des    cathédrales 
somptueuses,  par  les  soins  de  prélats  originaires  de  la 
Normandie  et  du  Maine,  qui  s'établirent  après  l'inva- 
sion dans  des  sièges  épiscopaux  de  l'Angleterre  K 


i .  Pour  les  principales  localités  étrangères  qui  sont  mentionnées 
en  assez  grand  nombre  dans  notre  Recueil,  voy.  à  la  Table  alphabé- 
tique des  noms  de  lieux,  les  renvois  qui  les  concernent,  et  qui  sont 
groupés sQus  les  rubriques  suivantes  :  Allemagne,  Angleterre,  Bel- 
gif/ue,  Espagne,  Italie,  Orient,  Pays-Bas  et  Suisse. 


INTRODUCTION  XXIII 


III 


Nature  et   répartition  des  sources    utilisées  dans  ce 
Recueil. 

7.  —  L'ensemble  des  textes  qui  forment  le  présent 
volume  peut  se  répartir,  au  point  de  vue  intrinsèque, 
en  six  groupes  ou  catégories.  A  savoir  :  1^  les  sources 
narratives  et  descriptives  ;  2^  les  sources  diplomatiques  ; 
S"*  les  sources  législatives  et  administratives  ;  4"  les 
sources  épistolaires  ;  5°  les  sources  d'un  caractère 
liturgique  et  symbolique  ;  6°  les  sources  épigrapbiques. 
Nous  allons  passer  sommairement  en  revue  chacun  de 
ces  groupes,  en  essayant  de  préciser  leur  caractère 
distinctif  et  leur  valeur  propre. 

y**  Sources  narratives  et  descriptives.  —  Cette  caté- 
gorie comprend  surtout  des  chroniques,  des  biogra- 
phies de  personnages  ecclésiastiques,  des  Vies  de  saints 
et  des  narrations  de  miracles;  il  s'y  trouve  aussi  des 
récits  d'invention  ou  de  translation  de  reliques,  ou 
bien  encore  des  extraits  d'obituaires.  C'est  principale- 
ment l'architecture  religieuse  qui  occupe  les  chroni- 
queurs et  les  biographes  ecclésiastiques  lorsqu'ils  nous 
entretiennent  des  monuments  qui  furent  élevés  de  leur 
temps;  et  c'est  aux  évêques,  aux  abbés  bâtisseurs  qu'ils 
rapportent  avant  tout,  et  souvent  exclusivement,  le 
mérite  et  la  gloire  d'œuvres  architecturales  entreprises 
par  leurs  soins.  Pendant  le  xi^  et  le  xii^  siècle,  les 
monastères  qui  réunissaient  la  plupart  des  ressources 
de  l'art  monumental  de  cette  époque  et  en  résumaient 


XXIV  INTRODUCTION 

presque  toutes  les  difficultés,  n'étaient  pas  seulement 
des  constructions  éminemment  dignes  d'attirer  et  de 
retenir  l'attention  des  artistes  ;  mais  encore  ces  mêmes 
constructions  conventuelles  rencontraient  parmi  les 
moines  qui  s'y  trouvaient  plus  de  chroniqueurs  ou  de 
biographes,  pour  en  faire  élogieusement  l'historique  ou 
parfois  même  la  description,  qu'il  ne  s'en  trouvait  dans 
les  Chapitres  des  cathédrales  ou  des  collégiales  pour 
transmettre  à  la  postérité  des  récits  concernant  la 
reconstruction  de  ces  derniers  monuments. 

Moins  nombreux  sont  les  textes  de  chroniques,  les 
gestes  d'évêques,  les  écrits  de  biographes  ecclésias- 
tiques qui  se  rapportent  à  des  reconstructions  de  cathé- 
drales. Ceux  que  nous  possédons  concernent  d'abord,  et 
de  beaucoup,  des  églisesépiscopales  situées  dans  les  con- 
trées du  Nord  de  la  Loire.  Ce  sont,  pour  citer  ici  celles 
dont  nous  parlent  les  sources  susdites,  dans  la  région 
du  Nord  de  la  France,  les  cathédrales  de  Cambrai,  de 
Thérouanne  et  de  Laon  ;  dans  le  Nord-Ouest,  celles 
d'Evreux  et  surtout  de  Coutances,  en  Normandie  ; 
dans  l'Ouest,  celles  du  Mans  etd' Angers,  et  sur  les  bords 
delà  Loire,  celle  d'Orléans.  Mais,  à  l'inverse  de  ce  que 
nous  venons  de  constater  plus  haut  pour  les  églises 
abbatiales,  la  région  de  l'Est  ne  nous  a  pas  offert, 
du  moins  dans  les  limites  chronologiques  que  nous 
avons  cherché  à  suivre,  de  documents  comparables, 
en  général,  à  ceux  qui  proviennent  des  contrées  que 
nous  venons  de  mentionner.  Il  faut  toutefois  faire  une 
exception  très  notable  pour  les  textes  relatifs  à  la  ca- 
thédrale, au  palais  épiscopal  et  aux  châteaux-forts  ou 
manoirs  des  évêques  d'Auxerre.  Si  maintenant  nous 
nous  tournons  dans  la  direction  du  Sud-Est,  la  présente 
catégorie  de  sources  ne  nous  offre  guère  de  textes  à 
signaler  que  pour  la  cathédrale,  le  palais  épiscopal  et 


INTRODUCTION  XXV 

certaines  églises  de  Lyon.  Le  Midi  languedocien  est 
assez  bien  représenté  dans  cette  même  catégorie,  grâce 
aux  documents  qui  sont  arrivés  jusqu'à  nous  touchant 
les  constructions  religieuses,  militaires  et  civiles  entre- 
prises par  les  soins  des  évêquesde  Maguelone.  Gomme 
la  région  du  Centre,  celle  du  Sud-Ouest  est  très  pauvre 
en  textes  de  ce  genre  :  signalons  toutefois  de  très  courts 
extraits  concernant  la  cathédrale  d'Angoulême  et 
d'autres  constructions  dont  on  est  redevable  aux  évêques 
de  cette  ville. 

En  ce  qui  concerne  les  églises  collégiales,  elles  se 
trouvent  représentées  à  plusieurs  reprises  dans  notre 
Recueil,  notamment  par  des  textes  qui  appartiennent 
à  la  catégorie  de  sources  dont  nous  nous  occupons 
actuellement.  Deux  d'entre  elles  surtout  sont  à  signaler 
ici  pour  l'intérêt  architectural  qu'elles  offrent,  à  savoir, 
celles  de  Saint-Hilaire  de  Poitiers  et  de  Saint-Front 
de  Périgueux. 

Si  l'histoire  de  l'architecture  religieuse  gagne  beau- 
coup à  l'utilisation  des  sources  narratives  et  descrip- 
tives, on  peut  dire  que,  toute  proportion  gardée,  celle 
de  l'architecture  militaire  est  encore  plus  redevable  à 
ce  groupe  de  documents  :  car  c'est  presque  exclusive- 
ment à  cette  catégorie  qu'appartiennent,  pourla  période 
que  nous  avons  étudiée,  les  textes  d'où  l'on  peut  tirer 
des  indications  partielles  sur  les  progrès  qui  se  sont 
accomplis  dans  ce  genre  d'architecture.  Bien  inférieures 
sous  ce  rapport  sont  les  sources  diplomatiques  et  les 
sources  législatives  que  nous  avons  mises  aussi  à  con- 
tribution. Gomme  il  faut  s'y  attendre,  la  partie  de  la 
France  qui  est  située  au  Nord  de  la  Loire  est  de  beau- 
coup celle  pour  laquelle  les  textes  de  ce  genre  offrent 
le  plus  de  renseignements,  malgré  de  très  grandes  et 
d'inévitables  lacunes. 


XXVI  INTRODUCTION 

^^  Sources  diplomatiques.  —  Les  sources  diploma- 
tiques que  nous  avons  utilisées  sont  des  bulles  pontifi- 
cales, des  diplômes  royaux,  des  mandements  seigneu- 
riaux, des  chartes  épiscopales,  des  marchés  et  devis, 
des  extraits  de  registres  capitulaires,  ou  bien  encore 
des  actes  transcrits  dans  des  cartulaires.  Cette  caté- 
gorie de  documents,  dont  beaucoup  sont  assez  courts, 
est  dans  son  ensemble  moins  considérable  que  la  pré- 
cédente. Elle  présente  toutefois  une  réelle  importance 
dans  bien  des  cas,  soit  au  point  de  vue  de  Thistoire 
monumentale  proprement  dite,  soit  au  point  de  vue  de 
la  condition  des  architectes  ou  des  ouvriers  attachés  aux 
constructions.  La  plupart  de  ces  documents  se  répar- 
tissent entre  les  régions  de  TIle-de-France,  de  l'Ouest, 
du  Centre  et  de  l'Est  de  la  France.  Quant  à  la  région 
du  Midi,  que  l'on  sait  être  assez  pauvre  en  cartulaires, 
comme  elle  l'est  aussi  en  chroniques,  elle  peut  reven- 
diquer pour  elle  certains  actes ^  très  intéressants  qui 
relèvent  de  la  présente  catégorie  et  dont  l'authencité 
est  indiscutable. 

3°  Sources  législatives  et  administratives.  —  Les 
sources  législatives  et  administratives  que  nous  avons 
mises  à  contribution  émanent  principalement  de  l'au- 
torité ecclésiastique,  séculière  ou  régulière.  Ce  sont 
notamment  des  canons  de  conciles  ou  de  synodes,  des 
statuts  d'ordres  religieux,  des  règlements  conventuels 
ou  épiscopaux.  Les  Coutumes  de  Cluny  sont  le  plus 
important  et  le  plus  caractéristique  des  documents  de 
ce  genre  ;  elles  contiennent  des  statuts  relatifs  au  plan, 
aux  dimensions  et  à  la  décoration  de  l'église  principale. 


1.  Voy.  entre  autres  les  n»*  XXIII,  LXV  et  ÇXII,  qui  concernent 
les  cathédrales  d'Aix  et  de  Vienne,  celle  d'Avignon  et  l'abbaye  de 
Saint-Ruf  de  cette  dernière  ville. 


INTRODUCTION  XXVII 

ainsi  que  des  chapelles  et  des  divers  bâtiments  conven- 
tuels dudit  Ordre.  Ce  texte  appartient,  comme  nous  le 
montrons,  au  second  quart  du  xi®  siècle  (avant  1049). 
Rares  sont  les  dispositions  d'ordre  féodal  et  militaire  que 
nous  trouvons  édictées  dai\s  les  documents  qui  relèvent 
de  la  présente  catégorie.  Nous  voyons  cependant  que 
dans  l'un  de  ceux-ci,  on  réglementa  d'après  la  Coutume 
de  Normandie,  dans  un  concile  de  Lillebonne  de  l'an- 
née 1080,  diverses  matières  d'ordre  technique,  qui 
étaient  relatives  aux  châteaux-forts  et  aux  fortifica- 
tions en  général. 

4"  Sources  épistola,ires.  —  Les  sources  épistolaires 
forment  un  quatrième  groupe  de  documents  qui  com- 
prend des  lettres  écrites  ou  échangées,  pendant  le  xi*^ 
et  le  XII*  siècle,  par  divers  personnages  ecclésiastiques, 
appartenant  au  clergé  séculier  ou  régulier.  Ces  précieux 
documents  nous  instruisent  au  sujet  de  l'histoire  de 
certaines  grandes  constructions  religieuses,  comme  le 
font  les  lettres  de  Fulbert,  évêque  de  Chartres,  touchant 
la  reconstruction  de  sa  cathédrale,  ou  l'épître  en  vers 
latins  '  de  Raoul  Tortaire  sur  la  cathédrale  de  Rayeux, 
ou  bien  encore  la  lettre  de  Raudri,  archevêque  de  Dol, 
au  sujet  de  labbaye  et  du  château  de  Fécamp,  où  l'é- 
loge de  la  nature  pittoresque  s'ajoute  à  l'intérêt  si  vif 
qu'offre  ce  document  épistolaire  pour  l'historique  de 
l'abbatiale  de  la  Trinité.  A  un  autre  point  de  vue,  signa- 
lons la  correspondance  de  Geoffroi,  abbé  de  la  Trinité 
de  Vendôme,  avec  Hildebert  de  Lavardin,  évêque  du 
Mans,  qui  nous  montre  cet  abbé  priant  à  plusieurs 
reprises  Hildebert  de  renvoyer  à  son  abbaye  un  moine 

1 .   Voy.   ce  texte  dans  les  Additions    placées   à  la  fin    de  notre 
volume. 


XXVIII  INTRODUCTION 

nommé  Jean,  très  habile  dans  l'art  de  rarchitecture, 
qu'il  avait  consenti  à  mettre  pendant  un  certain  temps 
au  service  d'Hildebert,  pour  l'aider  dans  les  cons- 
tructions religieuses  qu'il  faisait  élever  au  Mans.  Ce 
qui  rend  encore  plus  attachante  la  lecture  de  ces  docu- 
ments épistolaires,  c'est  que  leurs  auteurs,  qui  sont 
presque  tous  des  personnages  très  considérables, 
parlent  en  témoins  oculaires  de  faits  et  d'événements 
auxquels  ils  ont  été  mêlés,  et  que  leurs  témoignages 
ont  pour  nous  une  valeur  authentique  indiscutable. 

5"  Sources  ayant  un  caractère  liturgique  et  symbo- 
lique. —  Nous  avons  rangé  dans  ce  groupe  quelques 
documents  qui  ont  un  caractère  particulier,  ou  bien  à 
la  fois  liturgique  et  symbolique,  ou  bien  simplement 
symbolique.  Ces  sources  ne  sont  représentées  que  par 
un  nombre  de  textes  tout  à  fait  restreint,  mais  qui 
sont  loin  d'être  sans  intérêt,  comme  on  peut  s'en  con- 
vaincre. C'est  ainsi  que  nous  citerons,  pour  la  fin  du 
premier  tiers  du  xi"  siècle,  l'extrait  d'un  sermon  rela- 
tif à  la  symbolique  et  à  la  consécration  d'une  église 
monastique  prononcé  par  Adémar  de  Chabannes  le  jour 
commémoratif  de  la  dédicace  de  Féglise  du  Saint 
Sauveur,  à  Saint-^Martial  de  Limoges  ;  c'est  aussi  le 
seul  document  de  genre  oratoire,  qui  ait  trouvé  place 
dans  notre  Recueil.  Nous  citerons  encore,  pour  la 
seconde  moitié  du  même  siècle,  un  curieux  extrait  des 
gestes  des  abbés  de  Saint- Trond,  qui  concerne  la  sym- 
bolique générale  de  l'architecture  religieuse. 

^°  Sources  épigraphiques.  ^-  Nous  ne  pourrions 
pas  dire  que  les  inscriptions  forment  un  sixième  et 
dernier  groupe  de  documents,  tant  est  limitée  la  part 
que  nous  avons  dû  leur  faire  dans  notre  Recueil.  C'est 


INTRODUCTION  XXIX 

que  ce  genre  de  documents  devrait  fournir  à  lui  seul 
la  matière  d'un  recueil  spécial,  et  l'espace  nous  aurait 
manqué  pour  assigner  à  ces  textes  la  place  qui  aurait  pu 
leur  revenir.  Toutefois,  il  arrive  que,  pour  certains 
monuments,  il  existe  des  inscriptions  relatives  à  leur 
construction  ou  à  leur  décoration,  alors  que  l'on  constate 
à  leur  sujet  dans  les  autres  documents  de  l'époque 
que  nous  étudions  une  véritable  disette  de  renseigne- 
ments :  c'est  le  cas  de  quelques  églises  cathédrales  ou 
conventuelles  du  Midi  de  la  France.  Il  arrive  encore 
que  de  brèves  mentions  épigraphiques  s'ajoutent  à 
de  rares  indications  tirées  d'autres  textes  n'offrant, 
pour  certains  édifices,  que  des  données  historiques 
très  fragmentaires  :  c'est  le  cas,  par  exemple,  pour 
l'ancien  château  de  Blois.  Lorsqu'il  en  est  ainsi,  nous 
avons  cru  devoir  faire  exception  à  la  règle  que  nous 
nous  étions  tracée,  et  nous  avons  été  amenés  à  insérer 
dans  notre  Recueil  quelques  textes  épigraphiques. 

8.  —  Enfin,  si  l'on  tire  d'un  certain  nombre  de  nos 
documents  des  renseignements  qui  intéressent  à  un 
degré  inégal  la  technique  des  constructions  pendant  la 
période  que  nous  avons  étudiée,  nous  n'avons  pas  à 
signaler  ici  de  source  technique  proprement  dite,  de 
formulaire  de  construction,  comme,  par  exemple,  celui 
que  nous  avons  fait  connaître  et  commenté  ailleurs 
pour  l'époque  Carolingienne  K  Quant  aux  comptes 
de  construction,  où  l'on  peut  puiser  des  indications 
souvent  utiles  pour  la  technique  architecturale  ou  la 
lexicographie  archéologique,  ils  n'apparaissent  guère 


i.  Un  Formulaire  du  VIIl^  siècle  pour  les  fondations  d'édifices  el 
de  ponts,  d'après  des  sources  d'origine  antique,  publ.  par  V.  Mortel  ; 
Paris,  Picard,  1908,  br.  in-S"  (Extr.  du  Bulletin  monumental,  t.  LXXI, 
1907). 


XXX  INTRODUCTION 

avant  le  dernier  tiers  du  xii®  siècle,  période  que  nous 
n'abordons  qu'accessoirement,  comme  nous  l'avons 
dil,  et  à  l'occasion  de  certains  textes  seulement.  Les 
comptes  anglo-normands  offrent  alors  des  spécimens 
remarquables  de  cette  catégorie  de  documents.  Nous 
avons  eu  l'occasion  d'en  donner  un  très  court  frag- 
ment (1171-1172),  à  la  suite  d'un  précieux  texte  du 
XI®  siècle,  relatif  au  château  de  Hastings  (Angleterre). 
Enfin,  l'on  sait  que  les  chansons  de  geste  offrent  par- 
fois des  passages  qui  intéressent  la  technique  ou  la 
lexicographie  de  l'architectecture  militaire.  Nous  en 
donnons  quelques  extraits  que,  vu  leur  brièveté,  nous 
avons  dû  rapprocher,  dans  nos  notes,  de  quelques- 
uns  des  textes  latins  que  nous  avons  publiés  ;  ces 
fragments  peuvent  servir  à  les  interpréter. 


IV 


CONCLUSIONS    GENERALES. 

Nous  n'avons  pas  à  faire  ici,  même  à  grands  traits, 
une  esquisse  proprement  dite  des  progrès  accomplis 
en  France  dans  l'art  monumental,  pendant  la  période 
qui  nous  occupe.  Nous  devons  seulement  indiquer  par 
les  exemples  les  plus  frappants  quelle  lumière  les 
textes  que  nous  avons  étudiés  peuvent  jeter  sur  l'évo- 
lution qui  modifia  pendant  cette  période  l'art  de  l'ar- 
chitecture, et  sur  les  traits  les  plus  saillants  que  pré- 
sentait alors  la  condition  des  architectes  et  des  cons- 
tructeurs en  général.  Il  sera  facile  à  nos  lecteurs, 
grâce  au  Répertoire  archéologique  des  matières  que 
nous  avons  joint  à  notre  Recueil,  d'ajouter  des  détails 


INTRODUCTION  XXXI 

précis   à    ce  que  notre  court    exposé  d'un    sujet    très 
complexe  aura  nécessairement  d'incomplet. 

9.  —  Le  témoignage  des  textes  s'ajoute  à  celui 
des  monuments  et  des  vestiges  matériels  du  passé 
pour  faire  voir  que  le  xi*^  siècle  offrit  en  France  le 
spectacle  d'un  très  grand  mouvement  de  construction 
et  de  reconstruction  d'églises  et  de  monastères,  de 
donjons  et  de  châteaux  ;  ce  double  témoignage  montre 
aussi  que  l'architecture  civile  ainsi  que  l'architecture 
publique  participent  à  ces  transformations,  qui  sont  la 
conséquence  d'un  nouvel  état  de  choses.  La  période 
de  sécurité  relative  qui  succéda  aux  terribles  invasions 
des  pirates  normands,  les  nombreuses  restaurations  de 
sanctuaires  '  détruits  par  leurs  ravages,  la  multiplica- 
tion des  rapports  entre  les  églises,  notamment  entre 
celles  qui  sont  monastiques,  la  création  de  nouvelles 
et  importantes  abbayes,  de  paroisses  et  d'oratoires 
dépendant  de  couvents,  d'évéchés  ou  de  châteaux,  le 
culte  de  plus  en  plus  répandu  des  reliques,  les  pèle- 
rinages, l'organisation  défensive  de  la  puissance  féo- 
dale, l'accroissement  de  la  population,  enfin  la  fonda- 
tion, l'agrandissement  et  la  diffusion  de  centres  urbains 
et  ruraux,  favorables  au  groupement  et  à  l'expansion 
continue  des  métiers,  voilà  autant  de  causes  politiques, 
religieuses,  militaires,  sociales  et  économiques,  qui 
favorisèrent  les  progrès  multiples  de  l'art  monumental 


1.  Voy.  sur  ce  point  un  certain  nombre  d'indications  tirées  des 
textes  par  A.  Champollion-Figeac,  Documents  paléographiques  rela- 
tifs à  Vhisloire  des  beaux-arts,  p.  217-223.  —  En  ce  qui  concerne  la 
Normandie,  en  particulier,  entre  les  années  1050  et  1060,  le  chroni- 
queur Guillaume  de  Jumièges  signale  en  ces  termes  la  ferveur  reli- 
gieuse qui  poussait  les  seigneurs  à  faire  bâtir  des  églises  dans  leurs 
domaines  :  «  Unusquisque  optimatum  certabat  in  praedio  suo  eccle- 
sias  aedificare  »  {Hist.  Normann.,  1.  VI,  c.  XXII).  Cf.  J.  Quicherat, 
Mélanges  d'archéologie,  moy.âge,  p.    146. 


XXXII  INTRODUCTION 

en  France,  sous  ses  différents  aspects,  à  l'époque  des 
premiers  rois  Capétiens.  Ainsi  l'on  peut  dire  que, 
lorsque  Louis  VI  monta  sur  le  trône  en  1108,  beau- 
coup d'églises  romanes  importantes  avaient  été  achevées 
ou  rebâties  \  d'autres  se  continuaient  ou  allaient  être 
bientôt  l'objet  d'une  meilleure  reconstruction.  C'est  du 
XI''  siècle  que  date  un  règlement  général,  un  devis  des 
criptif  de  construction,  un  devis-type,  celui  de  l'église 
et  des  bâtiments  abbatiaux  de  Cbmy,  d'une  impor- 
tance telle  que  le  xii''  siècle  ne  nous  en  a  pas  laissé 
qui  lui  soit  comparable;  nous  avons  essayé  de  fixer 
l'époque  de  sa  rédaction-  avec  plus  de  précision  qu'on 
ne  l'avait  fait  jusqu'à  présent.  C'est  du  dernier  quart 
de  ce  siècle,  de  1088  environ,  qne  date  aussi  la  recons- 
truction de  l'abbatiale  de  Cluny'\  l'un  des  édifices  les 
plus  grandioses  qui  aient  existé,  et  qui,  dans  son  œuvre 
romane,  ne  fut  terminé  que  vers  la  fin  du  premier 
tiers  du  xii^  siècle.  Sans  doute,  les  progrès  dans  les 
constructions  ou  reconstructions  d'édifices  religieux 
ou  autres  ne  sont  pas  uniformes  ;  il  faut  tenir  compte 
des  moyens  pécuniaires  dont  disposent  les  établisse- 
ments religieux,  les  églises  séculières  ou  les  seigneu- 
ries, du  zèle  variable  de  ceux  qui  sont  à  leur  tête,  des 
ressources  géologiques  de  valeur  très  diverse,  du  talent 
inégal  des  architectes,  de  l'entraînement  des  esprits 
vers  les  œuvres  d'art,  qui  était  plus  ou  moins  accen- 
tué suivant  les  régions.  Ce  qu'on  ne  saurait  contester, 
c'est  que  l'art  roman,  jusque-là  très  simple  et  encore 


1.  Les  chroniques  attestent  qu'un  certain  nombre  de  celles-ci 
furent  la  proie  des  flammes  «  évidemment  par  le  fait  de  leur  cou- 
verture en  charpente  »  (J.  Quicherat,  Mél.  (V archéologie,  p.  435). 

2.  Voy.  le  n"  XXXVIII  (n.  1  de  la  p.  132).  Cf.  notre  communica- 
tion au  Congrès  du  Millénaire  de  Cluny,  en  1910  :  Note  sur  la  date 
de  rédaction  des  Coutumes  de  Cluny  dites  de  Far  fa. 

3.  Voy.  len°XCI. 


INTRODUCTION  XXXIII 

rude  dans  sa  robustesse,  s'épanouit  à  partir  de  la  fin  du 
xi^  siècle  et  progresse  avec  une  extrême  variété  dans 
la  première  moitié  du  xii®  siècle.  Déjà,  vers  le  com- 
mencement du  second  quart  de  ce  siècle,  nous  trou- 
vons une  preuve  indirecte,  mais  irrécusable  de  ce 
développement  si  varié  dans  un  document  des  plus 
significatifs  V Apologia  ad  Guillelmum^  de  saint  Ber- 
nard, où  Tabbé  de  Glairvaux  dirige  ses  observations 
et  ses  critiques  les  plus  vives  contre  le  luxe  et  la 
prodigalité  dans  la  construction  et  la  décoration  des 
églises  et  des  cloîtres  de  son  temps,  tandis  qu'en  un 
autre  de  ses  écrits,  qui  n'est  guère  connu,  il  attaque 
le  faste  et  les  dimensions  exagérées  des  palais  épisco- 
paux  '. 

10.  —  Un  caractère  frappant  de  l'activité  architec- 
turale qui  va  régner  au  xi"  siècle  et  qui  s'annonce 
déjà  dans  le  dernier  quart  du  siècle  précédent,  c'est 
l'emploi  de  plus  en  plus  répandu  de  la  pierre  qui 
se  substitue  progressivement,  mais  non  d'une  façon 
absolue,  il  s'en  faut  de  beaucoup,  à  l'usage  du  bois 
dans  la  construction  des  édifices.  On  peut  dire  que 
c'est  là,  depuis  la  fin  de  l'antiquité  et  l'époque  barbare, 
un  «  nouvel  âge  de  la  pierre  »  qui  commence  vérita- 
blement. Nous  voyons  souvent  dans  les  textes  du 
xi",  comme  dans  ceux  du  xii",  que  les  chroniqueurs  ou 
les  rédacteurs  de  chartes  ont  soin  de  mentionner  en 
quel  genre   de  matériaux  •^,  des   bâtiments  tels   qu'é- 


1.  Voy.  len°CXLIII. 

2.  Ibid.  (p.  367,  n.  3). 

3.  Il  s'agit  surtout  ici,  soit  de  la  pierre,  soit  du  bois.  Sur  la  persis- 
tance de  l'emploi  de  la  brique  dans  certaines  contrées,  voy.  le  n° 
XLIX,  p.  172,  n.  3.  Pour  de  petites  constructions  faites  de  terre,  voy. 
notre  Répertoire  archéologique  des  matières,  v»  Terre. 


XXXIV  INTRODUCTION 

glises,  chapelles  ou  oratoires,  donjons  ou  châteaux, 
maisons  privées,  ou  bien  encore  des  ponls  ont  été  con- 
struits ou  reconstruits  ^  C'est  que  la  région  dont  ils 
nous  entretiennent  est  encore  dans  la  période  de  tran- 
sition du  bois  à  la  pierre,  pour  des  constructions 
diverses.  Si  l'emploi  de  la  pierre  avait  été  universel, 
ils  n'auraient  pas  eu  soin  de  préciser  quel  genre  de 
matériaux  a  pu  servir  à  ces  constructions.  Que  l'on 
veuille  bien  se  reporter  au  Répertoire  archéologique 
qui  est  à  la  fin  de  notre  Recueil  (v*^  Bois,  v*^  Pierre), 
et  l'on  pourra  se  convaincre  à  l'aide  d'exemples  précis 
que  l'emploi  du  bois,  si  fréquent  ^  au  ix^  et  au  x*'  siècle, 
s'est  partiellement  conservé  pendant  un  temps  plus 
long  et  dans  plus  de  pays  de  l'ancienne  France  que 
beaucoup  de  personnes  ne  le  supposeraient  encore 
aujourd'hui.  Le  nombre  et  l'étendue  si  considérable 
des  forêts  d'alors  facilitaient  aux  seigneurs,  comme 
les  documents  nous  le  montrent,  de  fréquentes  conces- 
sions de  bois  de  construction  à  des  établissements 
religieux,  à  des  prieurés,  par  exemple  ;  les  monastères 
trouvaient  ausèi  dans  leurs  domaines  de  quoi  subvenir 
à  des  constructions  rapides  et  économiques  pour  leurs 
habitations  rurales,  leurs  ateliers  et  dépendances. 


1.  Aux  exemples  que  nous  donnons  dans  notre  Recueil  de  la  sub- 
stitution delà  pierre  au  bois  dans  de  petites  églises  ou  chapelles  du 
XI*  siècle,  il  convient  d'en  joindre  ici  un  autre  qui  est  relatif  à  l'Ile- 
de-France  et  s'applique  à  Châteaufort  (c.  du  cant.  de  Palaiseau,  arr. 
de  Versailles).  Nous  voyons  qu'en  1069  une  église  canoniale,  cons- 
truite en  pierre  [hasilica  lapiclea),  y  remplaça  une  petite  chapelle  de 
bois  [Recueil  des  actes  de  Philippe I"^  roi  de  France,  publ.  par  M.  Prou, 
1908,  noXLII,  p.  118). 

2.  Pour  la  région  tout  à  fait  septentrionale  de  la  France,  pour  la 
Flandre  et  les  anciennes  provinces  de  la  Belgique,  voy.  God.  Kurth, 
Notger  de  Liège  et  la  civilisation  au  X^  siècle,  t.  I,  ch.  XV,  p.  302.  On 
trouvera  dans  cet  ouvrage  (/oc.  cit.  et  p.  suiv.)  une  liste  d'églises 
de  bois  de  ces  contrées,  dont  beaucoup  furent  remplacées  par  des 
églises  de  pierre  pendant  la  période  qui  va  du  x«  au  xii* siècle  inclu- 
sivement. 


INTRODUCTION  XXXV 

Si  le  renouvellement  des  églises  signalé   par  Raoul 
Glaber  et  par  le  chroniqueur  de  Saint-Remi   de  Reims 
doit  être  certainement  reporté  en  se^  premiers   essais 
et  tâtonnements,  dans  la  seconde  moitié  du.x*"  siècle, 
nous  observons  à  l'aide    des   textes    que  l'emploi  des 
lambris,  des  plafonds  de  bois  ou  des  charpentes  inté- 
rieures   apparentes,    autrement    dit    des    laquearia  \ 
persiste  non    seulement  dans  de  simples  édifices  reli- 
gieux, mais  dans  des  églises  considérables,  cathédrales 
et   abbatiales,  au  xi^    siècle  et  même  encore  parfois 
pendant  la  première  partie  duxii''.  Toutefois,  pour  la 
reconstruction  de  ces   églises,  on  voit  se  manifester, 
dans  certains  cas,  une  tendance  marquée  et  comme 
une  sensible  aspiration  vers  une    hauteur  plus  grande 
à  donner  aux  dispositions  intérieures  des  nefs  de  ces 
monuments ',  en  renforçant  la  solidité  de  leurs  appuis. 
D'autre   part,    l'emploi    de  la  voûte  encore  assez  peu 
répandu,    comme  on  sait,  pendant    le   xi"  siècle,    est 
signalé  dans  un  certain  nombre  de  nos  textes.  La  voûte 
était  utilisée  pour  la  couverture    des  cryptes  ;  on  se 
servait  aussi  de  ce  procédé  pour  couvrir  le  sanctuaire  \ 
l'abside  *   d'églises  importantes,    quelquefois  les  bas- 
côtés  •'   ou  même,  comme  un  précieux   texte    nous   le 
montre,  les  bras  d'un  transept '%  près  de  la  tour  qui  en 


1.  Voy.  ce  terme  au  Glossaire.  Voy.  aussi  les  textes  concernant 
notamment  les  cathédrales  d'Angers,  d'Auxerre,  de  Cambrai  et  du 
Mans,  les  abbatiales  de  Saint-Benoît-sur-Loire  et  de  Saint-Remi  de 
Heims,  ainsi  que  la  collégiale  de  Saint-IIilaire  de  Poitiers. 

2.  «  Interioris  templi  fastigiis  aZ^jus  elevatis  »,  dit  le  chroniqueur 
de  Saint-Remi  de  Reims  (n°  Vlll,  p.  41-42).  —  «  Laquearia...  bre- 
vesque  fenestras  longiores  renovavit  »,  lit-on  dans  un  texte  relatif 
à  la  cathédrale  de  Cambrai  (n"  XVII,  p,  68). 

3.  Voy.  le  n"  XXV,  p.  93,  etXLVlI,  p.  1."j8. 

4.  Voy.  le  n°  II,  p.  8,  et  XLVII,  p.  lo8. 
").  Voy.  le  n°  VI,  p.  31. 

6.  Voy.  le  n°  LXVI,  §  3,  p.  214  (texte  relatif  à  l'ancienne  cathédrale 
romane  de  Cantorbéry,  rebâtie  par  les  soins  de  l'archevêque  Lan- 
franc,  d'origine  normande). 


XXXVI  INTRODUCTION 


surmontait  la  croisée;  on  observe  encore  l'usage  de  la 
voûte  dans  des  rotondes  ^  d'oratoires,  genre  de  cons- 
truction qui  n'était  pas  très  fréquemment  employé. 
A  côté  d'exemples  de  voûtes  dont  nos  documents 
attestent  l'existence,  notamment  dans  la  région  de  la 
Loire,  dans  celles  du  Nord  et  de  l'Est,  nous  rencon- 
trons aussi,  semble-t-il,  dans  une  contrée  septentrio- 
nale de  notre  pays,  un  très  ntéressant  exemple  2,  que 
nous  offre  alors  la  nef  d'une  abbatiale,  de  la  combi- 
naison d'arcs  de  pierre  et  de  combles  :  système  pré- 
sentant de  réels  avantages  pour  protéger  cette  partie 
de  l'église  contre  les  atteintes  du  feu,  qui  dévastait  si 
souvent  les  lambris  et  les  tentures  des  monuments  reli- 
gieux. Les  textes  nous  montrent  que,  lorsqu'il  s'agit 
d'églises  de  bien  moindre  importance^ ,  de  chapelles 
ou  d'oratoires  monastiques,  ces  constructions  peuvent 
être  quelquefois  recouvertes  d'une  voûte  sur  la  nef  : 
car  l'étendue  restreinte  de  ces  édifices  facilitait  l'appli- 
cation de  ce  procédé  de  construction.  A  mesure  qu'on 
approchait  de  la  fin  du  xi*^  siècle  et  qu'on  arrivait  aux 
premières  années  du  siècle  suivant,  les  constructeurs 
durent  s'enhardir  à  construire  des  voûtes  de  façon  à 
couvrir  ainsi  un  espace  de  plus  en  plus  considérable. 
C'est  ainsi  qu'à  Saint-Martial  de  Limoges  ^,  nous 
voyons  l'abbé  Adéinar,  qui  gouverna  ce  monastère  de 
1063  à  1114,  faire  jeter  une  voûte  sur  la  nef  de  son 


1.  Voy.  au  Répertoire  archéologique  l'article  Rotonde.  —  A  Saint- 
Benoît-sur-Loire,  vers  la  fin  du  xi"  siècle,  on  s'était  ingénié  à  ériger 
à  une  certaine  hauteur,  à  droite  dans  l'église,  une  couverture  de 
j)ierre,  de  forme  hémisphérique  :  «  fornicem  mirae  altiludinis  in 
dextra  ipsiusecclesiaeerigere...  in  modurn  hemisphaerii  »  (n"  II,  p.  12). 

2.  Voy.  le  n"  XXXIV,  p.  df8,  relatif  à  l'abbatiale  de  Saint-Bertin. 

3.  Voy.  le  n"  VII,  §  36,  et  surtout  aux  Additions,  à  la  fin  de  notre 
volume,  le  texte  relatifà  l'église  de  Perrecy-Ies-Forges,  en  Charolais, 
d'après  les Miracula  S.  Benedicti,l.  VIII,  c.  xl,  éd. de  Certain,  p. 345. 

4.  Voy.  le  n°  XV,  p.  59. 


INTRODUCTION  XXXVII 

église  abbatiale.  lien  fut  de  même  pendant  le  premier 
tiers  du  xii*^  siècle,  à  la  cathédrale  de  Durham  ^  ainsi 
qu'à  l'église  collégiale  de  Saint-Hilaire  de  Poitiers  ~. 

Enfin  l'on  constate  que,  si  dans  les  petites  églises, 
comme  dans  des  chapelles  prieurales,  —  sans  parler 
ici  des  premières  églises  des  Cisterciens,  —  il  arrivait 
maintes  fois  que  l'ensemble  de  la  construction  était  en 
bois,  l'emploi  de  la  pierre  s'y  substituait  progressive- 
ment. Nous  en  avons  des  preuves  pour  la  contrée  de 
l'Orléanais  pendant  le  premier  tiers  du  xi"  siècle,  et 
aussi  pour  d'autres  contrées  situées  au  nord  de  la  Loire, 
notamment  dans  la  partie  tout  à  fait  septentrionale  de  la 
France,  comme  encore  dans  l'Ouest,  le  Maine,  la  région 
Dunoise,  l'Anjou.  Nos  textes  confirment  nettement  ce 
fait  que,  dans  ce  dernier  pays,  le  renouvellement  des 
églises  ne  se  fit  que  tardivement,  sous  l'empire  de 
vieilles  traditions  '^  ;  nous  voyons  même,  chose  très 
digne  de  remarque,  que  dans  la  contrée  angevine  des 
Mauges,  une  chapelle  de  pierre  en  mauvais  état  fut 
remplacée  avant  la  fin  du  premier  quart  du  xi*'  siècle, 
par  une  église  de  bois,  mais  de  plus  grande  dimension^: 
nous  ne  connaissons  pas  d'autre  exemple  de  ce 
genre  de  substitution.  Ce  que  nous  constatons  en  outre 
avec  les  textes,  c'est  que  des  raisons  d'économie 
poussaient  les  moines,  dans  certains  cas,  à  faire  édifier 
en  bois  des  chapelles  ou  oratoires,  sauf  à  les  faire 
rebâtir  plus  tard  en  pierre,  moyennant  de  nouvelles 
ressources^. 

1.  Voy.  le  no  XCVIII,  §  2,  p.  287. 

2.  Voy.  le  n°  XXXIX,  §  2,  p.  142. 

3.  Voy.  J.  Quicherat,  Mél.  d'archéologie,  p.  436.  Voy.  aussi  le 
n°  XXII  relatif  à  la  reconstruction  de  la  cathédrale  d'Angers  (xi«  et 
XII*  siècles). 

4.  Voy.  le  n"  IV.  Ces  faits  se  rapportent  aux  années  1013-1022 
environ. 

5.  Voy.  le  n°  CVl.  Cet  acte  date  de  1098  environ. 


XXXVIÏI  INTRODUCTION 

11.—  L'une  des  causes  qui  agirent  efficacement  sur 
le  développement  de  l'architecture  religieuse,  sur  l'em- 
ploi progressif  de  la  pierre  et  de  la  voûte,  dans  le  cou- 
rant du  xi*^  siècle,  fut  à  coup  sûr  le  culte  des  reliques 
qui  revêtit  alors  une  splendeur  incontestable.  Ce 
fut,  comme  nos  documents  en  font  foi,  pour  vénérer 
et  protéger  contre  la  ruine  des  tombeaux  de  saints,  en 
l'honneur  desquels  on  avait  construit  des  églises  ou 
des  oratoires,  que  ces  lieux  de  dévotion  furent  agrandis, 
transformés,  embellis,  et  que  des  églises  considérables 
s'élevèrent,  en  débordant  l'ancienne  enceinte  sacrée 
qui  était  devenue  trop  étroite.  Pour  que  la  dévotion 
aux  saints  trouvât  un  aliment  fécond  et  qu'elle  s'en- 
tretînt activement  dans  les  lieux  de  pèlerinage,  il  fal- 
lait qu'il  y  eût  des  traces  visibles  de  leur  présence 
dans  les  contrées  où  ils  étaient  honorés  :  de  là  le  zèle 
attesté  par  nos  textes,  que  l'on  mit  à  se  procurer  des 
reliques;  de  là  aussi,  des  preuves  multiples  de  la 
reconstruction  de  cryptes,  d'absides,  ou  bien  d'églises 
entières. 

12.  —  Pendant  le  premier  quart  du  xi^  siècle,  le 
mouvement  de  rénovation  des  édifices  religieux  s'ap- 
pliqua surtout  aux  églises  abbatiales  ou  simplement 
monastiques,  qui  employèrent  à  cet  objet  la  part  prin- 
cipale de  leurs  ressources.  Quant  aux  cathédrales,  c'est, 
sauf  exception^,  vers  la  fin  de  cette  période  et  particu- 
lièrement aux  environs  de  l'année  1030'  que  les  textes 
nous  les  montrent  dans  les  régions  du  Nord,  de 
l'Ouest,  de  l'Est,  comme  dans  celles  du  Midi,  partici- 
pant activement  au  courant  de  reconstruction  qui  s'af- 

1.  Voy.,  par  exemple,  le  n"  I,  au  sujet  de  la  cathédrale  d'Orléans, 
avant  1004  environ. 

2.  Voy.  nos  textes:  vers  1023  et  1024,  vers  1030  (n°  XVII  et  suiv,). 


INTRODUCTION  XXXIX 

firme  de  plus  en  plus.  Unirait  nouveau  qui  caractérise 
un  grand  nombre  de  chefs  d'abbayes  du  xii^  siècle, 
c'est  qu'ils  sont  devenus  des  abbés  bâtisseurs,  parfois 
même  grands  bâtisseurs  d'églises.  La  reconstruction 
d'une  église  abbatiale  et  des  bâtiments  monastiques 
qui  l'avoisinent  tend  à  devenir  l'œuvre  par  excellence 
d'un  abbatiat,  opus  aedi/iciale^  pour  employer  une 
expression  tirée  du  cartulaire  de  Saint-Bertin  ^  Entraî- 
nés par  le  même  courant,  animés  d'une  commune 
émulation  dans  l'intérêt  de  leurs  cathédrales,  au 
xi"  siècle  d'abord,  puis  au  xii",  les  évêques  les  rebâ- 
tissent sur  un  plan  agrandi,  dans  des  formes  perfec- 
tionnées, d'après  le  témoignage  des  chroniques,  et 
plusieurs  d'entre  eux  laissent  la  réputation  de  grands 
constructeurs,  comme  Fulbert,  à  Chartres,  Gérard  I^"" 
deFlorines  et  Gérard  II,  à  Cambrai,  Geoffroi  deMont- 
bray,  à  Coutances,  Hildebert  de  Lavardin,  au  Mans, 
et  plus  tard  Hugues  de  Noyers,  à  Auxerre,  et  Mau- 
rice de  Sully,  à  Paris,  pour  ne  citer  ici  que  des  prélats 
renommés. 

Les  textes  nous  montrent  qu'en  maintes  occasions 
abbés  et  prélats  ne  s'occupaient  pas  seulement  de 
diriger  leurs  nouvelles  constructions,  mais  qu'ils  en- 
traient eux-mêmes  dans  la  préparation  ou  les  détails 
des  travaux  matériels  de  leurs  entreprises  :  tel,  au 
xi"  siècle,  l'évêque  de  Cambrai,  Gérard  P'  deFlorines, 
qui  va  à  la  recherche  de  carrières,  ainsi  que  le  fera 
plus  tard  Suger,  abbé  de  Saint-Denis  ;  tel  encore, 
dans  le  second  tiers  du  xii^  siècle,  Pierre,  abbé 
d'Andres,  près  de  Boulogne-sur-Mer,  qui  prend 
part,  lui  aussi,  avec  des  instruments  de  mesure,  à 
l'œuvre  de  ses    tailleurs   de  pierre.  Ils  nous  font  voir 

1.  Voy.  le  11°  XXXIV,  p.  122. 


XL  INTRODUCTION 

en  outre,  des  moines,  des  clercs  d'églises,  des  nobles 
entrés  dans  les  ordres  par  esprit  de  pénitence,  faisant 
office  de  maçons  et  même  d'aides-maçons  K  Ils  nous 
montrent  enfin  le  zèle  enthousiaste  des  populations 
venant  seconder  le  zèle  des  abbés  rebâtisseurs  d'églises. 
On  n'ignore  pas  qu'à  ce  dernier  point  de  vue,  certains 
documents  concernent  surtout  l'année  H45^,  et  parti- 
culièrement les  régions  Normande,  Chartraine  et  de 
l'Ile-de-France^.  Ce  que  l'on  sait  moins,  c'est  que 
déjà  au  xi^  siècle,  il  y  avait  eu  des  exemples  de  con- 
tribution personnelle  et  de  coopération  manuelle,  faite 
avec  enthousiasme,  aux  transports  et  charrois  de  ma- 
tériaux, en  vue  de  constructions  monastiques,  dans  la 
région  de  l'Est,  au  diocèse  de  Reims,  et  dans  celle  du 
Nord-Est,  au  diocèse  de  Liège  ^.  Les  textes  qui  se  rap- 
portent à  l'année  1145  nous  font  assister  aussi  à  l'or- 
ganisation de  confréries  de  paix,  ayant  pour  but  de 
participer  à  l'édification  des  églises  ;  et  l'on  était  d'au- 
tant plus  porté  à  former  des  associations  pour  ces 
constructions  religieuses,  que  l'on  regardait  comme  des 
^ctes  très  méritoires  les  travaux  manuels  souvent  très 
durs,  qui  étaient  entrepris  dans  cette  intention.  Mais 
nous  constatons  déjà  antérieurement  l'existence  de  ces 
confraternités  ou  associations  pieuses  de  fidèles  pour  la 
construction,  la  réparation  ou  la  décoration  des  sanc- 

1 .  Voy.  le  n°  IX  relatif  à  la  construction  de  l'abbaye  de  Saint- 
Vanne,  et  mentionnant  l'exemple  donné  par  Frédéric,  comte  de 
Verdun,  frère  de  Thierry  I»"",  duc  de  Lorraine. 

2.  Voy.  la  Lettre  de  l'abbé  Ilainion  sur  la  construction  de  l'église 
de  Saint-Pierre-sur-Dive,  adressée  en  1 1 io  aux  religieux  de  Tut- 
bury  [Angleterre),  publ.  par  L.  Delisle  (1860).  Voy.  aussi  la  C/irontyue 
de  Robert  de  Torigni,  éd.  par  le  même,  p.  238,  et  Bouquet,  Ilist.  de 
Fr.,  t.  XIV,  p.  318-319.  Cf.  la  récente  étude,  très  documentée,  de 
Cl.  Verley,  Quelques  aspects  de  la  dévotion  à  Notre-Dame  au  moyen 
âge,  dans  les  Etudes  de  la  Compagnie  de  Jésus,  t.  CXXV  (1910), 
p.  161-178. 

3.  Voy.  le  n»  VIII. 

4.  Voy.  les  n»»  XLVII  et  CLIII. 


INTRODUCTION  XLI 

tuaires,  qu'il  s'agisse  de  cathédrales  ou  d'églises  monas- 
tiques, de  collégiales  ou  d'églises  paroissiales.  Les 
exemples  que  nous  en  avons  recueillis  concernent 
aussi  bien  le  xi"  siècle  que  le  xii",  et  ils  s'appliquent  à 
des  contrées  diverses  du  Nord  comme  de  l'Ouest,  du 
Midi  comme  du  Sud-Est  delà  France. 

13.  —  Si  maintenant,  en  nous  plaçant  ici  notam- 
ment au  point  de  vue  de  l'architecture  monastique, 
qui  l'emporte  en  général,  au  xi''  siècle,  sur  l'archi- 
•tecture  séculière,  nous  recherchons  les  causes  qui 
firent  se  répandre  et  se  poursuivre  d'une  façon  active 
les  constructions  d'églises  hors  des  villes  et  des 
chefs-lieux  conventuels,  nous  pouvons  discerner,  à 
l'aide  des  textes,  comme  facteur  essentiel  de  ce  mouve- 
ment d'expansion,  l'influence  des  missions  de  moines 
qui  rayonnèrent  de  centres  monastiques  importants 
sur  les  diverses  contrées  de  notre  pays,  et  qui  fon- 
dèrent dans  des  endroits  encore  incultes  ou  dépourvus 
de  voies  de  communication,  des  églises  et  des  chapelles, 
en  s'inspirant  des  procédés  en  usage  dans  les  milieux 
d'où  elles  essaimèrent  ' .  Les  moines  émigrants  conser- 
vaient des  rapports  avec  les  maisons-mères,  et  parmi 
eux  des  constructeurs,  des  artistes  propageaient  leur 
façon  d'opérer  en  architecture,  en  sculpture  et  en 
d'autres  arts.  Ce  n'est  pas  tout.  Les  textes  du  xi*'  siècle, 
en  particulier,  nous  font  voir  des  missions  de  moines 
de  l'Ordre  de  Cluny  qui  partent  pour  l'étranger,  en 
Angleterre,  par  exemple,  où  on  les  appelle  au  moment 
de  la  Conquête  normande  ;  elles  édifient  hors  de  notre 
pays  des  églises  qui  sont  parfois  d'une  certaine  impor- 


1.  Voy.    dans   notre    Répertoire   archéologique   des  matières  les 
articles  Missions,  Influence  architecturale. 


XLII  INTRODUCTION 

tance,  même  de  véritables  monastères,  et  non  pas 
seulement  de  modestes  oratoires  ou  des  sanctuaires 
ruraux . 

Mais,  d'autre  part,  le  luxe  et  la  somptuosité  des 
grandes  églises  Glunisiennes,  l'aisance  et  la  richesse  de 
beaucoup  de  monastères  de  cet  Ordre  amènent  à  la 
longue  une  réaction  très  marquée,  dont  nous  voyons 
les  preuves  dans  la  fondation  de  nouveaux  Ordres  reli- 
gieux d'une  nature  rigide  et  austère  :  tels  sont  pen- 
dant le  cours  du  dernier  quart  du  xi*^  siècle,  celui  des 
Chartreux  ',  dont  nous  donnons  les  statuts  concernant* 
les  chapelles  et  les  bâtiments  ,  monastiques,  celui  de 
Grandmont-,  dont  l'influence  fut  très  limitée,  et  sur- 
tout celui  des  Cisterciens-^,  dont  les  couvents,  à  la  diffé- 
rence de  ceux  de  Cluny,  se  fondent  par  colonisation 
plutôt  que  par  affdiation.  Les  prescriptions  relatives  à 
leurs  églises  et  à  leurs  habitations  monacales  reflètent 
la  sévérité  de  leurs  règlements  généraux.  Nos  docu- 
ments permettent  de  suivre  les  premières  étapes  d'une 
évolution,  qui  avec  le  temps  s'écartera  parfois  du  pro- 
gramme initial  de  leur  fondateur,  et  cela  dès  le 
xii^  siècle,  sans  aller  plus  loin.  Les  premiers  adeptes 
de  la  vie  Cistercienne  se  sont  groupés,  et  nous  voyons 
d'assez  bonne  heure  les  plus  modestes  installations  en 
branchages  de  bois,  improvisées  pour  un  petit  nombre 
de  religieux,  se  transformer  en  couvents,  les  petites 
chapelles  en  églises,  et,  de  même,  les  .  matériaux  de 
bois  en  matériaux  de  pierre,  afin  de  pouvoir  donner 
un  abri  plus  durable  à  un  plus  grand  nombre  de  reli- 
gieux. 


1.  Voy.  ibid.,  l'art.  Chartreux. 

2.  Voy.  le  n"  CXXXIV. 

3.  Voy.  au  Répertoire  archéologique  l'art.  Cisterciens. 


INTRODUCTION  XLIII 

14.  —  Si  celles  des  églises  du  xi^  siècle  qui  sont  con- 
struites en  bois  ne  se  présentent  guère  à  nous  qu'avec 
des  proportions  restreintes,  comme  en  avaient  des  cha- 
pelles ou  des  oratoires,  il  n'en  est  pas  de  même  de 
l'architecture  militaire  pendant  la  même  période.  Les 
donjons  primitifs,  construits  sur  des  hauteurs  natu- 
relles et  souvent  sur  le  roc,  ou  bien  sur  des  monticules 
de  terres  rapportées,  autrement  dit  sur  des  mottes, 
carrés  ou  rectangulaires,  avec  étages*  tout  en  planches 
ou  en  charpentes  ' ,  ont  déjà  un  aspect  imposant  ;  ce 
sont  les  types  embryonnaires  des  futurs  châteaux  féo- 
daux. Dès  le  commencement  du  xi^  siècle,  les  chroni- 
niqueurs  signalent  aussi  des  constructions  défensives, 
faites  en  pierre  %  perchées  sur  des  hauteurs  abruptes, 
et  protégées  par  les  bords  escarpés  d'un  ravin. 
Toutefois,  les  donjons  de  bois,  dont  le  ix*'  et  le  x*' 
siècle  avaient  connu  souvent  l'emploi,  restent  encore 
nombreux  au  xi^.  Assez  aisément  détruits,  on  les 
rebâtit  facilement  ;  on  les  surélève,  on  leur  donne  plus 
d'importance  ;  on  en  fonde  encore  dans  la  seconde  par- 
tie de  ce  siècle.  A  mesure  que  l'on  avance  dans  cette 
période,  et  que  le  besoin  de  plus  solides  défenses  se 
fait  sentir,  on  tend  à  les  remplacer  par  des  donjons  de 
pierre.  Les  chroniques  du  xi^  siècle,  puis  celles  du  xii", 
marquent  cette  transformation  graduelle,  d'une  progres- 
sion de  plus  en  plus  marquée,  lorsqu'ils  opposent  ^  les 
turres,  aubie^  domus  hpideéie,  ou  bien  encore  ïopus 
lapideum,  aux  tiirres,  domus  lignene^  ainsi  qu'aux 
lignea  castella,  sans  parler  ici  d'importantes  rési-* 
dences  seigneuriales  ou  épiscopales,  appelées  quelque- 

1.  Voy.  le  n"  II,  §4;  cf.  le  n°  LIV.   L'étage  supérieur   du  donjon 
élait  occupé  par  le  seigneur  et  sa  famille  (n''  II,  §  4  et  n"  X,  §  2). 

2.  Voy.  le  n»  II,  §i. 

3     Voy.  len»  XXXI,  etibid.,  p.  113.  n.  2;  vov.    aussi  les  n»^  XIX, 
LX,  CXXV  et  CXXVIII.  . 


XLIV  INTRODUCTION 

fois  domicilia  ou  palatia,  ces  dernières  étant,  bien 
entendu,  des  édifices  de  pierre.  Dans  le  dernier  quart 
du  xi"  siècle,  puis  dans  les  premières  années  du  xii^,  les 
textes  des  chroniqueurs  nous  font  aussi  apercevoir  la 
progression  considérable  des  châteaux-forts  et  des 
camps  retranchés  dans  la  Normandie,  le  Maine,  le 
Vexin,  rile-de-France,  le  pays  Ghartrain  et  la  région 
de  la  Loire.  Ce  sont  principalement  les  donjons  de 
bois  qui,  dans  la'région  tout  à  fait  septentrionale  de 
la  France  ou  dans  son  voisinage  immédiat,  sont  l'objet 
des  plus  précieuses  descriptions  des  chroniqueurs.  11 
convient  ici  de  mettre  en  relief  celle  que  nous  a  laissée 
Lambert  d'Andres  ^  au  sujet  du  donjon  à  motte  ou, 
pour  mieux  dire,  du  palais  de  bois  que  s'était  fait  con- 
struire Arnoul,  seigneur  d'Ardres,  et  dont  Texécution 
remarquable  fut  confiée  à  un  maître  architecte- 
charpentier  de  Bourbourg  (près  de  Dunkerque).  Si 
cette  description  pittoresque  est  surtout  intéressante 
au  point  de  vue  des  aménagements  intérieurs  de  cette 
construction,  qui  date  du  premier  quart  du  xii"  siècle, 
une  autre  narration  contemporaine  et  fort  curieuse 
aussi,  nous  montre  le  donjon  à  motte  de  Merckem  2,  en 
Flandre,  surtout  dans  ses  dispositions  extérieures,  qui 
prêtent  à  des  rapprochements  suggestifs  avec  cer- 
taines figurations  de  la  Tapisserie  de  Bayeux.  Pour 
les  châteaux  de  pierre  et  les  fortifications  urbaines, 
les  chroniques  de  Flandre  nous  offrent  des  textes  qui 
sont  à  rapprocher  de  ceux  qui,  en  nombre  plus  consi- 
dérable, intéressent  surtout  la  Normandie^  pendant  le 

i.  Voy.  le  n°  LIV.  Sur  la  valeur  particulière  et  le  caractère  si  ori- 
ginal de  cette  chronique,  voy.  J.  Quicherat,  dans  la  liev.  archéolo- 
gique,  XII*  année  (1856),  2"  part.,  p.  630,  et  A,  Luchaire,  dans 
ï Histoire  de  France  d'E.  Lavisse,  t.  III, p.  331. 

2.  Voy.  len»CXV. 

3.  Voy.  les  n°«  XCII  et  CXXII. 


INTRODUCTION  XLV 

dernier  quart  du  xi^  siècle  et  le  premier  tiers  du  siècle 
suivante  Quanta  la  région  du  Vexin,  de  l'Ile-de-France 
et  du  pays  Ghartrain,  nous  avons  recueilli  des  rensei- 
gnements relatifs  aux  fortifications  de  Gournay-sur- 
Marne,  de  la  Roche-Guyon,  ainsi  que  du  Puiset  ~  ; 
d'autres  concernent,  dans  l'Orléanais,  le  Blésois  et  la 
Touraine,  outre  le  donjon  de  bois  de  la  Motte-Mont- 
boyau  -^Jes  châteaux  de  pierre  de  Blois*,  de  Monlrichard 
et  de  Ghaumont-sur-Loire  ^,  et,  vers  le  Sud-Ouest, 
dans  l'Aunis,  à  l'île  d'Aix,  celui  de  Ghâtel-Aillon  *', 
avec  sa  haute  tour  maritime. 

15.  —  Mais  ce  ne  sont  pas  seulement  les  châteaux 
qui  sont  alors  l'objet  de  fortifications  et  de  défenses. 
Nous  avons  déjà  vu  que  celles-ci  s'appliquent  maintes 
fois  à  des  églises  ;  nous  avons  signalé  à  cet  égard  des 
textes  qui  concernent  des  contrées  étendues  du  Midi 
de  la  France  au  xi"  siècle,  comme  aussi  dans  le  Nord, 
la  région  de  la  Flandre  dans  la  seconde  moitié  du 
siècle  suivant.  On  sait  aussi,  et  le  témoignage  des  docu- 
ments le  montre  en  bien  des  cas,  que  l'on  fortifiait 
aussi  des  églises,  des  monastères,  des  cloîtres  et  des 
évêchés,  qu'on  les  entourait  d'enceintes  ou  de  défenses 
crénelées,  qu'il  en  était  parfois  ainsi  des  cimetières 
pourvus  de  murailles,  qu'il  en  était  de  même  encore 
des  halles  environnées  de  fossés,  comme  le  montrent  des 

1.  Quant  aux  progrès  qui  s'accomplirent  dans  les  constructions 
d'ordre  militaire,  dans  la  dernière  partie  de  ce  siècle-ci  et  jusqu'aux 
premières  années  du  xiii»,  on  en  trouvera  des  témoignages  particuliè- 
rement précieux  dans  des  textes  qui  concernent  les  chàteaux-forts 
des  évêques  d'Auxerre,  prélats  parmi  lesquels  Hugue  de  Noyers  se 
distingua  tout  particulièrement.  (Voy.  le  n»  XXV). 

2.  Voy.  le  n"  CXXIV. 

3.  Voy.  len»  XIX. 

4.  Voy.  le  n»  LXX. 

5.  Voy.   le  n»  CXXVIII. 

6.  Voy.  le  n»  CLII. 


XLVI  INTRODUCTION 

textes  appartenant  à  la  région  tout  à  fait  septentrio- 
nale de  la  France  ;  qu'en  dehors  des  villes,  des  fermes 
rurales  et  d'autres  habitations,  dites  maison  fortes  ^ 
étaient  pourvues  de  défenses,  qu'il  en  était  ainsi  des 
lieux  d'asile  et  souvent  aussi  des  ponts,  des  moulins, 
des  granges,  et  de  bien  d'autres  constructions  ^  encore. 

16.  —  L'architecture  publique  participe  dans  de 
très  notables  proportions  au  mouvement  de  renouvel- 
lement architectural  qui  caractérise  le  xi"  siècle,  et 
qui  se  continue  dans  le  siècle  suivant.  Nous  voyons 
les  villes  se  développer,  augmenter  et  perfectionner 
leurs  moyens  de  défenses  ;  de  même,  nous  assistons  à 
la  fondation  et  à  l'organisation  de  nouveaux  centres 
urbains  ou  ruraux.  S'agit-il  de  villes  seigneuriales,  par- 
tagées, par  exemple,  entre  la  puissance  seigneuriale 
laïque  et  ecclésiastique,  comme  à  Vendôme  ^,  on  y 
voit  se  constituer  des  bourgs^  des  faubourgs  parfois 
fortifiés;  dans  d'autres  castra^  comme  à  Amboise"',  on 
aperçoit  des  groupes  distincts  de  maisons  nobles,  sei- 
gneuriales, auprès  desquels  les  artisans  viennent  se  ras- 
sembler, et  préparent  ainsi  l'essor  des  ateliers  seigneu- 
riaux .  S'agiL-il  de  villes  épiscopales  ?  On  constate  dans  le 
Nord,  à  Cambrai",  par  exemple,  l'activité  remarquable 
d'évêques,  dont  l'un  fait  surtout  travailler  à  la  cathé- 
drale, et  l'autre  agit  de  même,  et,  en  outre,  prend  éner- 
giquement  la  défense  des  intérêts  temporels  de  la  cité, 
en  transforme  l'enceinte,  en  agrandit  les  fossés  et  en 
améliore    le   système    de    fortifications.     A  la   même 


1.  Voy.  lenoLXXXIII.         . 

2.  Voy.  notre  Répertoire  archéologique  des  matières,  passim. 

3.  Voy.  le  noXXXl. 

4.  Voy.  les  n»"  XCIV,  CVI,  CXXXV,  CXLVIIl. 
o.  Voy.  le  n«  XXXI. 

6.  Voy.  le  n"  XVII. 


INTRODUCTION  XLVII 

époque,  d'autres  villes  de  Flandre  \  situées  plus  à  l'Est, 
nous  offrent  le  spectacle  de  solides  murailles,  de 
défenses  crénelées,  enceintes  redoutables  qu'elles 
doivent  à  la  puissance  de  leurs  seigneurs,  tandis  qu'à 
l'intérieur  on  remarque  nombre  d'habitations  bâties  en 
matériaux  de  pierre  d'une  nature  moins  dure  et  moins 
résistante,  mais  aussi  d'aspect  moins  sombre,  au  témoi- 
gnage du  chroniqueur  qui  nous  en  parle.  S'agit-il  enfin 
de  villes  royales,  entourées  de  fortifications,  comme 
Orléans,  Bourges,  Ghâteauneuf  de  Tours  et  d'autres 
encore,  on  y  sent  à  plusieurs  reprises  se  manifester 
dans  le  cours  du  xii®  siècle,  une  évolution  d'une 
espèce  particulière,  qu'il  est  très  intéressant  de  cons- 
tater, parce  qu'elle  s'applique  à  l'utilisation  des  espaces 
étroits  et  à  leur  transformation  en  surfaces  bâties.  La 
population,  les  services  divers  gagnaient  en  nombre  et 
en  importance,  mais  les  enceintes  de  certaines  villes 
n'étaient  guère,  ou  insuffisamment,  augmentées  : 
car,  d'une  part,  l'autorité  royale  tenait  à  tirer  parti  des 
défenses  naturelles  ou  des  fondations  d'anciens  murs, 
et  d'autre  part,  des  questions  de  juridiction  s'oppo- 
saient à  l'établissement  de  diverses  constructions  ou 
de  voies  nouvelles.  Dans  ces  conditions-là,  on  vit  le 
pouvoir  royal  révoquer  à  plusieurs  reprises  d'anciennes 
interdictions  d'un  caractère  restrictif;  il  permit-  tan- 
tôt à  des  bourgeois,  tantôt  à  des  chanoines  d'églises 
cathédrales,  que  leurs  constructions  privées,  faites  en 
bois  ou  en  pierre,  vinssent  parfois  s'adosser  aux  murs 


1.  Voy.  le  n"  XLIX,  concernant  Oudenbourg. 

2.  Voy.  le  n°  CXXV,  relatif  à  Orléans  et  à  Ghâteauneuf  de  Tours. 
Cf.  pour  Bourges  (H81-1182)  le  texte  très  significatif  publié  par 
A.  Giry,  dans  ses  Documents  sur  les  relations  de  la  royauté  avec  les 
villes  en  France...,  p.  3.  Voy.  aussi  C.  Enlart,  Manuel  iV archéologie 
française,  t.  II,  Architecture  civ.  et  mil.,  ch.  iv,  §  2,  Législation  de 
l'archit.  mil.,  p.  418et^uiv. 


XLVIII  INTRODUCTION 

d'enceinte  des  villes  fortifiées,  moyennant  certaines 
clauses,  garanties  et  réserves,  et  il  se  prêta  même  à 
des  accommodements  lorsque  des  bâtisses  particulières 
empiétaient  jusque  sur  les  fossés  ou  sur  les  chemins 
réservés  des  fortifications  royales.  C'est  ainsi  que  pen- 
dant la  première,  comme  pendant  la  seconde  moitié 
du  xii*^  siècle  \  des  actes  de  Louis  VI,  de  Louis  Vil  et 
de  Philippe-Auguste  permettent  de  constater  des  dis- 
positions de  plus  en  plus  libérales  dans  les  règlements 
royaux,  relativement  à  l'extension  des  espaces  à  bâtir 
à  l'intérieur  du  périmètre  de  quelques  villes  forti- 
fiées. 

17.  —  A  côté  des  textes  qui  nous  fournissent  des 
renseignements  utiles  sur  les  diverses  agglomérations 
urbaines  dont  nous  venons  de  parler,  il  y  en  a  d'autres, 
très  sommaires,  il  est  vrai,  mais  répétés,  qui  nous  font 
apercevoir  au  xi^  siècle  ces  créations  artificielles  '^  que 
l'on  désigne  sous  le  'nom  de  villes  neuves,  de  sauves 
terres,  de  sauvetés^  ou  de  bourgs  ruraux,  et  qui  sont 
dues  à  l'initiative  des  seigneurs,  des  nobles  en  géné- 
ral, et  surtout  à  celle  des  églises,  comme  par  exemple, 
celles  de  Saint-Sernin  de  Toulouse  et  de  Saint-Pierre  de 
Moissac.    Maisons  et  ateliers  s'y  construisent   vite  ;  il 

1.  Voy.  le  n°  CXXXI,  p.  346,  elibid.,  n.  1.  Les  actes  royaux  que 
nous  citons  se  rapportent  aux  années  1112,  1127,  1141-1142  et  1181- 
1182. 

2.  Voy.  les  no«  XLVI,  p.  155,  n.  2,  LVI,  LXVIII,  XGV,  XCVI  et 
XCIX. 

3.  Les  limites  d'une  sauvcté  étaient  rendues  apparentes  par  des 
croix,  d'ordinaire  au  nombre  de  quatre,  aux  quatre  points  car- 
dinaux :  infra  cruces,  infra  quatuor  cruces,  lit-on  dans  des  docu- 
ments recueillis  par  J,  Flach  [Orig .  de  l'anc.  France,  t.  II,  1893, 
p.  184).  En  1106,  l'évêque  de  Toulouse  pose  lui-même  les  croix  limi- 
tantune sauve  terre(op.ci7.,p.  183).  — Les  procédés  de  bornage  et  de 
partage  d'un  territoire  en  lots  d'habitations  puisent  leur  origine 
dans  l'arpentage  romain  et  dansles  opérations  des  Gromatici  de  1  an- 
tiquité, comme  le  montre  la  Géométrie  dite  de  Gerbert. 


INTRODUCTION  XLIX 

en  est  ainsi  de  l'église  qui  occupe  un  terrain  marqué 
à  l'avance  par  des  croix  indiquant  l'espace  à  occuper 
et  l'orientation  à  suivre,  de  même  que  les  dimen- 
sions générales  de  ces  agglomérations  nouvelles  sont 
arrêtées,  d'abord  en  longueur  et  en  largeur,  devant  des 
témoins  compétents.  C'est  principalement  la  région 
du  Midi,  le  pays  de  Languedoc,  la  Gascogne,  le 
Quercy,  et  un  peu  aussi  celle  du  Massif  central,  qui 
nous  offrent  pendant  la  durée  du  xi^  siècle  différents 
exemples  de  ces  fondations  dignes  d'être  signalées, 
et  dont  nos  textes  mentionnent  en  outre  l'existence 
dans  la  région    de  l'Ouest,  au  Nord  delà  Loire. 

18.  —  Considérons  maintenant  quelques-uns  des 
édifices  ou  des  constructions  ayant  un  caractère  public, 
dont  il  est  question  dans  nos  différents  textes.  Si  nous 
n'y  trouvons  aucun  renseignement  sur  certains  genres 
de  monuments  tels  que  des  hôtels  de  ville,  par  exemple, 
ou  des  prisons  *  communales,  il  n'en  est  pas  de  même 
heureusement  pour  les  ponts  ~,  fondés  sur  le  domaine 
monastique  ou  épiscopal  ou  sur  celui  d'une  seigneurie 
laïque,  pour  les  halles  et  marchés,  parfois  entourés 
de  murailles  et  de  fossés,  pour  les  celliers  publics 
et  les  colombiers,  objets  de  protection  et  de  sau- 
vegarde dès  le  XI''  siècle,  pour  les  cimetières,  avec  les 
habitations  privées  qui  s'y  trouvaient  aussi  bien  dans 
le  Nord  que  dans  le  Midi,  et  même  pour  des  ports  et 
des  jetées.  Quant  aux  voies  de  communication,  nos 
textes  mentionnent  la  création  ou  l'ouverture  de  rues 
nouvelles,  dans  les  bourgs,  par  exemple,  ou  bien  encore 

1.  Dans  les  châteaux,  l'emplacement  assigné  aux  prisonniers 
n'était  point  toujours  situé  dans  un  sous-sol,  comme  on  pourrait  le 
croii'e.  Voy.  là-dessus  une  curieuse  mention,  datant  du  premier 
quart  du  xi<=  siècle,  que  nous  offre  le  texte  n°  X,  p.  îiO,  n,  1. 

2.  Voy.  pour  le  détail,  notre  Répertoire  archéologique,  \°  Ponts. 


L  INTRODUCTION 

ils  signalent  des  chaussées,  des  chemins  empierrés 
d'origine  antique,  comme  dans  la  région  tout-à-fait 
septentrionale  de  la  France.  Enfin,  il  n'est  pas  sans  inté- 
rêt non  plus  de  rappeler  deux  genres  de  transports  ^ 
effectués  les  uns  par  voie  fluviale,  les  autres  par  voie 
maritime,  pour  le  compte  d'administrations  abbatiales 
ou  épiscopales,  afin  de  faire  arriver  de  divers  points 
de  la  France  ou  de  pays  étrangers,  des  matériaux  de 
choix  destinés  à  la  construction  ou  à  l'ornementation 
de  monuments  religieux. 

19.  —  En  ce  qui  concerne  les  édifices  privés  ayant 
une  certaine  importance,  mais  non  destinés  au  culte, 
dont  l'étude  relève  de  l'architecture  civile  ou  domes- 
tique, une  grande  partie  de  ceux-ci  dépendent  de 
l'autorité  ecclésiastique,  séculière  ou  monastique, 
comme  par  exemple,  les  palais  épiscopaux,  les  logis 
abbatiaux,  les  cloîtres  et  bâtiments  des  monastères  ~ 
ou  des  évéchés,  sans  omettre  les  maisons-Dieu.  Notre 
Répertoire  archéologique  contient  un  assez  grand 
nombre  de  détails  à  leur  sujet.  Il  en  est  de  même  pour 
les  habitations  rurales  de  cette  catégorie  d'édifices, 
pour  les  granges  et  celliers  monastiques,  par  exemple, 
ainsi  que  pour  les  fermes  abbatiales.  D'autre  part,  les 
résidences  épiscopales  des  villes  et  des  campagnes, 
autrement  dit  les  manoirs  épiscopaux,  sont  maintes 
fois  signalées  et  quelquefois  décrites,  très  partiellement, 
il  est  vrai,  dans  nos  textes,  qui  mentionnent  les  fortifi- 
cations qui  en  défendent  l'approche,  ou  bien  l'orne- 
mentation qui  en  pare  les  logis  intérieurs.  Pareille- 
ment, quelques  détails  donnés  par  les  documents  que 


1 .  Voy.  notre  Répertoire  archéologique,  \°  Transport  de  matériaux. 

2.  Voy.  surtout  le  n°  XXXVIII  ;  cf.  le  n"  CX  (2»  moitié  du  xi«  siècle). 


INTRODUCTION  H 

nous  publions  visent  les  dispositions  internes,  et  en 
quelque  sorte  domestiques,  des  châteaux-forts  de  bois  ', 
dont  toute  décoration,  si  primitive  qu'elle  fût,  n'était 
point  toujours  exclue,  comme,  par  exemple,  dans  l'in- 
térieur de  la  chapelle  seigneuriale. 

Il  ne  faut  pas  perdre  de  vue,  surtout  si  Ton  se  pince 
à  l'époque  assez  reculée  que  nous  éludions,  et  même 
encore  après,  que  les  sources  historiques  dont  nous 
disposons  sont  presque  exclusivement  ecclésiastiques, 
et  que  la  société  laïque  ainsi  que  le  mouvement  de  la 
vie  profane  n'ont  pas  de  chroniqueurs  qui  nous  en 
montrent  le  tableau  et  nous  en  fassent  voir  de  près  les 
phases  et  le  cadre  d'action.  Cet  état  de  choses  qui  est 
très  regrettable  influe  forcément  sur  la  représentation 
que  nous  essayons  de  nous  faire  de  l'architecture  privée 
proprement  dite,  et  des  conditions  variées  de  la  cons- 
truction dans  lesquelles  devaient  se  trouver  des  habi- 
tations particulières.  Les  vestiges  matériels,  qui  sub- 
sistent de  celles-ci  depuis  le  xii^  siècle,  ne  peuvent 
compenser  cette  disette  de  renseignements  documen- 
taires. Intéressantes  toutefois  sont,  à  vrai  dire,  les 
mentions  nombreuses  que  nos  textes  renferment  sur  le 
genre  de  matériaux,  bois,  pierre  ou  même  terre,  — 
nous  en  citons  un  cas  très  curieux  '^,  —  qui  était 
employé  pour  les  maisons  urbaines  ou  rurales.  C'est 
notamment  la  région  septentrionale  de  la  France  et 
celle  de  l'Ouest,  au  nord  de  la  Loire,  que  concernent 
les  mentions  d'habitations  privées,  bâties  en  matériaux 
de  bois,  que  nous  avons  recueillies  dans  nos  textes. 
Ces  témoignages  divers  donnent  à  penser  qu'au 
xii*"  siècle  les  maisons  de  bois  étaient  encore  très  nom- 
breuses et  qu'elles  devaient  l'être    encore   davantage 

i.  Voy.  surtout  le  n"  LIV. 

2.  Voy.  le  n°  III  (vers  l'an  1000). 


LU  INTRODUCTION 

au  siècle  précédent.  D'autre  part,  il  faut  bien  recon- 
naître l'extrême  rareté  des  moindres  indications  four- 
nies par  les  textes,  au  sujet  des  dimensions  ou  de  la 
forme  des  habitations  particulières  ^ .  Nous  avons  relevé 
quelques  curieuses  mentions  de  ce  genre,  pour  le  xi*^ 
et  le  xii^  siècle  :  elles  intéressent  les  régions  du  Maine, 
du  Bas-Limousin  et  du  Bas-Languedoc.  A  un  autre 
point  de  vue,  des  textes  signalent  Texistence  dans 
diverses  villes  de  maisons  nobles,  vraies  maisons 
fortes  avec  défenses  de  pierre  et  munies  de  tours 
ou  de  tourelles.  Enfin,  comme  type  d'une  maison 
rurale  fortifiée,  nous  citerons  la  ferme  de  Malicorne, 
entourée  de  fossés  et  de  palissades  et  appuyée  contre 
Je  creux  d'un  rocher,  qui  était  située  à  proximité  du 
château  de  Noyen-sur-Sarthe,  dans  le  Maine.  L'acte  '~ 
qui  concerne  cette  habitation  privée  appartient  au  der- 
nier quart  du  XI*'   siècle. 

20.  —  Si  beaucoup  de  nos  documents  présentent 
im  véritable  intérêt  pour  l'histoire  de  l'architecture,  il 
en  est  de  même  pour  l'étude  de  la  condition  des  archi- 
tectes pendant  la  période  que  concerne  le  présent 
Becueil.  On  peut  y  puiser  aussi  de  précieux  renseigne- 
ments sur  un  certain  nombre  de  maîtres  d'œuvre  et 
d'artistes  appartenant  soit  à  l'Église,  soit  à  la  société 
laïque,  qui  ont  élevé  ou  décoré  des  monuments  somp- 
tueux ou  des  édifices  plus  modestes .  Il  en  est  parmi 
eux  que  nous  faisons  connaître  pour  la  première  fois 
et  dont  les  noms  méritent  d'être  sauvés  de  l'oubli  ^. 


1.  Voy.  les  n"'  XLV,  XLVIII,  CXLVIII,  n.  3  de  la  page  377. 

2.  Voy.len»LXXXIII. 

3.  On  trouvera  dans  les  sommaires  de  nos  textes  et  surtout  à  la 
Table  alphabétique  lindication  d'architectes  et  d'artistes,  laïques  ou 
ecclésiasticjues,  dont  les  noms  manquent  notamment  dans  le  Diction- 
naire des  architectes  français  de  Lance  et  dansleA^ouyeau  dictionnaire 
biographique  et  critique  des  architectes  français  de  Bauchal. 


INTRODUCTION  LUI 

C'est  surtout,  comme  on  sait,  dans  les  monastères, 
et  particulièrement  dans  ceux  de  l'Ordre  de  Gluny  que 
se  trouvaient  les  architectes  et  les  artistes  qui  s'appli- 
quaient à  la  construction  ou  à  la  décoration  des  églises 
et  des  bâtiments  accessoires  non  destinés  au  culte . 
C'est  là  qu'ils  se  formaient  aux  règles  de  leur  art,  donl 
les  formes  gardaient,  tout  en  évoluant,  un  caractère 
traditionnel.  Les  centres  monastiques  étaient  d'inégale 
importance;  dans  certains  d'entre  eux,  les  arts  étaient 
plus  cultivés  que  dans  d'autres,  les  ateliers  monas- 
tiques plus  actifs  ou  plus  peuplés  de  travailleurs, 
comme  à  l'abbaye  de  ïiron  ^  au  pays  Chartrain,  où 
dans  le  premier  quart  du  xii^  siècle,  artisans  et  artistes, 
maçons,  charpentiers,  forgerons,  sculpteurs,  orfèvres 
viennent  se  fixer  et  se  grouper  sous  la  tutelle  abba- 
tiale. Ailleurs,  on  voit  l'habileté  de  certains  serfs  ~ 
dans  la  pratique  des  arts  les  conduire  à  l'affranchisse- 
ment, comme  à  Saint-Aubin-  d'Angers^,  où,  vers  la 
fin  du  xi^  siècle,  un  artisan  de  cette  condition  devient 
convers,  en  récompense  des  peintures  murales  qu'il 
avait  exécutées  dans  ce  monastère.  Outre  les  moines 
chargés  de  veiller  à  l'entretien,  à  la  réparation  des 
églises  et  des  bâtiments  conventuels,  autrement  dit 
les  «  moines  ouvriers  »,  qui  avaient  en  fait  un  rôle 
bien  plus  administratif  que  technique,  il  y  en  avait 
d'autres,  auprès  des  ateliers  des  frères  convers,  que 
l'on  voit,  d'après  les  textes,  travailler  comme  archi- 


1.  Voy.  len°XCII. 

2.  Cf.  au  sujet  des  avantages  accordés  à  des  serfs,  dépendant 
d'ateliers  épiscopaux  et  devenus  très  experts  dans  la  technique  des 
métiers  et  des  différents  arts  qu'ils  exerçaient,  à  la  fin  du  x"  siècle, 
G.  Fagniez,  Documents  relatifs  à  Vhistoire  de  V industrie...,  t.  I,  p. 
107,  n°  131.  Remarquons  qu'il  ne  s'agit  pas  encore  ici  d'affranchisse- 
ment en  faveur  de  ces  artisans  de  condition  servile. 

3.  Voy.  le  n»  LXXXVII  (entre  1Q82  et  1106). 


LIV  INTRODUCTION 

tectes  à  des  constructions  ou  à  des  réfections  d'édifices 
religieux,  s'occuper  de  travaux  de  décoration  archi- 
tecturale, et  faire  ainsi  œuvre  de  peintres,  de  sculp- 
teurs, de  verriers.  Cela  n'a  rien  de  surprenant,  si  l'on 
réfléchit  qu'au  moyen  âge  l'art  était  le  plus  souvent 
conçu  comme  un  enseignement  *,  et  que  la  peinture, 
la  sculpture  et  les  figurations  des  vitraux  formaient 
comme  une  sorte  de  prédication  muette  ~.  D'autres 
religieux  connaissaient  l'hydraulique,  savaient  établir 
des  conduites  d'eau,  distribuer  celle-ci  dans  les  ateliers 
des  monastères,  la  retenir  ou  l'utiliser  dans  des  écluses 
ou  des  viviers  ;  d'autres  même  pouvaient  élever  des 
défenses,  comme  nous  en  avons  un  exemple  dans  le 
second  tiers  du  xi®  siècle.  D'ailleurs,  le  talent  de  cer- 
tains moines  en  architecture,  en  sculpture  ou  bien  en 
d'autres  arts,  était  quelquefois  si  réputé  qu'on  y  fai- 
sait appel  hors  de  leurs  monastères,  soit  pour  édifier 
une  cathédrale,  comme  au  Mans,  où  le  moine  Jean,  de 
la  Trinité  de  Vendôme,  fait  preuve  de  son  savoir 
architectural,  soit  pour  sculpter  le  tombeau  d'un  saint, 
comme  à  la  collégiale  de  Saint-Front  de  Périgueux, 
où  le  moine  Guinamand,  de  la  (]haise-Dieu,  exécute 
une  œuvre  artistique  remarquable.  Ces  faits  se  rap- 
portent, l'un  au  commencement  du  dernier  quart  du 
xi^  siècle,  et  l'autre  aux  dernières  années  de  cette 
période  ou  bien  au  premier  quart  du  siècle  suivant  ^. 

i.  Voy.  E.  Mâle,  à  propos  de  la  peinture  murale  à  l'époque  romane, 
dans  VHistoire  de  l'art  d'A.  Michel,  1. 1,  2*  part.,  p.  757. 

2.  «  Ob  très  causas  fit  pictura,  lit-on  dans  Honorius  dit  d'Autun, 
qui  écrivait  dans  la  première  moitié  du  xii*"  siècle,  primo  quia  est 
laïcorurn  litleralura.. .  n  {De  Gemma  animae,  dans  Migne,  Pair,  lat., 
t.  CLXII,  col.  586).  Cf.  le  texte  suivant,  qui  est  du  premier  quart  du 
XI"  siècle  :  «  Simpliciores  quippe  in  ecclesia  et  illiterati  quod  per 
scripturas  non  possunt  intueri,  hoc  per  quaedam  piclurae  lineamenla 
contemplantur  »  (Synocli  Atrebatensia  cap.  XIV,  an.  d025,  dans  Mansi, 
Sacror.  concilior.  nova  collecl.,  t.  XIX,  col.  454). 

3. Voy.  les  n»»  LXXIV,  §  1,  et  CIII. 


INTRODUCTION  LV 

21.  —  Mais  ce  ne  sont  pas  seulement  des  moines, 
ceux  de  Gluny  surtout  et  plus  tard  ceux  de  Cîteaux, 
qui  dans  la  société  ecclésiastique  s'occupent  alors  d'ar- 
chitecture, de  décoration  monumentale  et  de  con- 
structions en  général.  Bien  plus  rares  sans  doute, 
mais  très  utiles  à  signaler  sont  les  textes  qui  nous 
montrent  des  chanoines  séculiers  de  cathédrales  s'oc- 
cupant,  sous  l'impulsion  de  leurs  évêques,  soit  d'ad- 
ministrer avec  un  soin  particulier,  comme  à  Goutances, 
la  Fabrique  de  leurs  églises  métropolitaines  qu'on 
rebâtit,  soit  de  faire,  comme  à  Auxerre,  des  sculptures, 
des  peintures,  des  vitraux  pour  les  décorer,  soit 
enfin  d'enseigner  à  des  clercs  l'art  de  peindre,  comme 
à  Avignon.  Nous  voyons  aussi,  dans  les  collégiales, 
des  chanoines  réguliers  qui  encouragent  au  sein 
de  leurs  établissements  religieux,  dans  cette  dernière 
ville,  par  exemple,  l'art  de  travailler  le  bois,  l'art  de 
sculpter  la  pierre  ou  le  marbre,  ainsi  que  la  pratique 
d'autres  arts,  au  point  que  le  Chapitre  métropolitain 
d'Avignon  a  recours,  lui  aussi,  pour  les  travaux  de  la 
cathédrale,  à  leur  habileté  technique.  Ailleurs,  dans 
d'autres  collégiales,  ce  sont  parfois  des  clercs  capables 
de  mener  à  bien  la  construction  d'une  église,  comme 
à  la  Chaize-le- Vicomte',  ou  bien  de  bâtiments  prieu- 
raux,  comme  à  Sainte-Barbe-en-Auge,  avec  leurs 
dépendances,  leurs  ateliers  et  leurs  installations  de  con- 
duites d'eau. 

22.  —  Nous  arrivons  maintenant  aux  constructeurs 
et  artistes  laïques,  qui  forment  une  catégorie  très 
importante,  et  qui  sont  mentionnés  assez  souvent  dans 
les  documents  de  notre  Recueil.  On  les  trouve  au  ser- 
vice des  monastères,  des  cathédrales,  des  collégiales, 
des  prieurés  et  des  seigneuries.  Issus  des  ateliers  sur- 


LVI  INTRODUCTION 

tout  monastiques,  ou  bien  encore  épiscopaux  eL  sei- 
gneuriaux, auprès  desquels  ils  se  sont  formés  primi- 
tivement et  avec  lesquels  l'entreprise  de  nouvelles 
constructions  religieuses  ou  militaires  peut  les  mettre 
en  relation,  les  maîtres  d'œuvre  ^  s'engagent  par  des 
contrats  de  construction  envers  les  administrations 
ecclésiastiques  ou  laïques.  C'est  ainsi  que  nous  les 
voyons  édifier  des  églises,  des  bâtiments  monastiques, 
des  maisons- Dieu,  des  donjons,  des  châteaux  ou  des 
ponts.  Pour  ce  dernier  genre  de  construction^  nous  pos- 
sédons un  curieux  devis  ~  du  second  tiers  du  xi'^  siècle, 
qui  intéresse  deux  abbayes  du  Languedoc.  Mais  le 
plus  important  marché  de  construction  que  nous  con- 
naissons pour  le  xi^  siècle,  en  France,  est  celui  qui 
fut  conclu  durant  le  dernier  tiers  de  cette  période  entre 
l'abbé  de  Lérins  et  des  maîtres  tailleurs  de  pierre 
chargésdeconstruirela  tour  de  l'île  de  Saint-Honorat-^ 
Nous  n'avons  pas  trouvé,  pendant  le  premier  tiers  du 
siècle  suivant,  de  contrat  de  construction  aussi  intéres- 
sant que  ce  marché,  avec  devis  en  partie  estimatif, 
des  travaux  à  exécuter  pour  le  compte  de  l'abbaye  de 
Lérins.  Si  les  exemples  que  nous  venons  de  signaler 
proviennent  du  Midi  de  la  France,  nous  ne  rencontrons 
guère  dans  nos  textes  pour  cette  vaste  région  de  noms 
d'architectes  ou  de  constructeurs  de  châteaux.  Il  con- 
vient toutefois  de  faire  ici  une  double  exception  pour 
le  Dauphiné  '',  où  nous  sommes  en  présence  d'un  fait 


1.  Observons  que  les  mentions  de  magistri  operis,  magisterium, 
ne  s'appliquent  pas  d'une  façon  exclusive,  pendant  la  durée  de 
l'époque  romane,  à  des  maîtres  laïques  (Voy.  p.  26,  p.  35,  n.  4).  Ce 
ne  sont  pas  les  seuls  exemples  que  nous  en  connaissions. 

2.  Voy.  le  n«  XXX. 

3.  Voy.  le  n°  LXVII. 

4.  Voy.  les  n^^  C  et  CXXIX. 


INTRODUCTION  LVII 

intéressant  à  noter  à  la  fin  du  xi^  siècle,  à  savoir,  la 
continuation  des  fonctions  de  maître  maçon  d'évêché,  à 
Grenoble,  dans  une  même  famille  d'artisans  ;  nous  n'en 
connaissons  pas  d'autre  exemple  pour  ce  siècle-là. 

Si  maintenant  nous  remontons  du  Midi  vers  le 
Centre,  pour  nous  diriger  de  là  au-dessous  du  cours 
inférieur  delà  Loire,  puis  au  Nord  de  la  France,  nous 
rencontrons  dans  les  documents  diverses  mentions  ' 
d'architectes  et  d'ingénieurs  laïques  du  xi^  et  du  xii^ 
siècle.  Dans  la  région  du  Massif  central,  en  Rouergue 
et  en  Limousin,  ce  sont  celles  des  maîtres  d'oeuvre 
des  églises  de  Conques  et  de  Grandmont  ;  dans  l'Ouest, 
en  Bas-Poitou,  en  Normandie  et  dans  le  Maine,  celle 
de  constructeurs  de  donjons  et  de  chàteaux-forts, 
comme  Ingelbert  et  Guillaume  de  Bellême  ;  dans  le 
Nord,  dans  le  Calaisis,  celle  de  l'arcliitecte-charpentier 
Louis  de  Bourbourg,  qui  construisit  le  donjon,  le 
palais  de  bois  d'Ardres,  et  en  Boulonnais,  celle  d'Ai- 
mon,  maître  d'œuvre  de  l'église  d'Andres  et  d'autres 
constructions  religieuses  et  civiles.  Dans  la  région  de 
l'Est,  en  Sénonais,  apparaît  le  nom  célèbre  de  Guil- 
laume de  Sens,  que  les  textes  nous  montrent  exerçant 
sa  maîtrise  non  pas,  il  est  vrai,  dans  cette  ville,  où  il 
dut  travailler  à  la  cathédrale,  mais  en  Angleterre,  à 
Cantorbéry,  où  sa  réputation  le  fit  choisir  pour  en 
rebâtir  l'église  métropolitaine  ~.  Et  ce  n'est  pas  le  seul 
de  nos  architectes  et  de  nos  artistes  laïques  qui  va  por- 
ter à  l'étranger  la  pratique  et  l'habileté  éprouvée  de 
son  art.  D'autres,  dont  les  noms  nous  sont  connus, 
ont  fait  de  même,  corfime  déjà  en  Espagne,  à  Com- 
postelle^    pour  ne    citer   que   cet   exemple,  où  l'on 

1.  Voy.  la  Table  alphabétique  des  noms  de  personnes,  pass «m. 

2.  Voy.  le  n°  LXVI,  p.  211. 

3.  Voy.  l'Appendice,  p.  397  et  s. 


LVIII  INTRODUCTION 

remarque  leur  activité  sur  le  chantier  de  la  cathé- 
drale de  cette  ville,  pendant  le  dernier  quart  dn 
xi^  siècle  et  la  première  partie  du  siècle  suivant. 

23.  —  Ainsi,  nous  voyons  qu'en  dehors  des  monas- 
tères où  la  fonction  de  constructeur  ecclésiastique  n'a- 
vait plus  en  général  à  s'exercer  autant  que  par  le  passé, 
l'état  d'architecte,  de  maître  d'œuvre  s'était  constitué 
peu  à  peu,  et,  *  par  la  force  des  choses,  cet  état  avait 
grandi  en  importance.  L'art  était  ainsi  devenu  plus 
personnel  et  il  progressait  avec  plus  de  rapidité  ;  les  tra- 
ditions se  transformaient,  les  écoles  d'architecture 
venaient  à  se  diversifier  ;  en  outre,  à  l'étude  et  à  Tex- 
périence  de  plus  en  plus  techniques  se  joignaient  l'é- 
mulation et  l'intérêt  individuel,  ainsi  qu'un  puissant 
ressort  économique,  qui  est  la  concurrence.  Le  clergé 
séculier  et  régulier,  loin  de  faire  obstacle  à  ce  mouve- 
ment, l'encourageait  en  somme,  en  profitait,  y  coopé- 
rait parfois  '  et  lui  facilitait  un  grand  essor,  en  mul- 
tipliant, comme  le  faisait  aussi  la  société  féodale  et 
laïque,  les  occasions  de  se  développer.  Dans  les  der- 
nières années  du  xi^  siècle,  nous  saisissons  déjà  sur  le 
vif  un  exemple  frappant  de  concurrence  dans  le  tra- 
vail industriel  et  technique  appliqué  aux  constructions 
de  bois.  Lorsqu'un  accident  très  grave  survint  au  cam- 
panile de  l'église  abbatiale  d'Oudenbourg  2,  en  Flandre, 
et  qu'il  fallut  user  de  mesures  extraordinaires  pour 
son  rétablissement,  on  vit  se  réunir  les  habitants  pour 
faire  appel  aux  maîtres  charpentiers  de  la  contrée  et 
fixer  à  l'avance,  comme  prime' d'encouragement,  des 
sommes  d'argent  considérables  pour  les  indemniser. 
Les    artisans,    stimulés    par    l'émulation   et  l'intérêt, 

d.  Vov.  le  11"  LXVI,  p.  223. 
2.  Voy.  le  n°  XLIX,  p.  1G8. 


INTRODUCTION  LIX 

essayèrent  divers  procédés  pour  remettre  en  place  le 
campanile  de  bois  de  l'abbatiale,  et  ils  réussirent  à  la 
fin  dans  la  tâche  ardue  qu'ils  avaient  entreprise.  Mais 
c'est  surtout  dans  les  grandes  œuvres  de  pierre,  dans 
les  constructions  d'édifices  religieux  considérables,  que 
les  Fabriques  de  cathédrales  ou  d'églises  monastiques 
recourent  pendant  le  xii*^  siècle  à  l'emploi  de  maîtres 
laïques,  et,  en  conséquence,  on  les  voit  mettre  enjeu 
le  facteur  économique  que  nous  venons  d'indiquer.  On 
sait  déjà  tout  le  parti  que  l'abbé  Suger  sut  tirer  de 
l'appel  qu'il  adressa  ',  pendant  le  second  quart  de  cette 
période,  à  des  artisans,  à  des  artistes  qui  vinrent  de 
loin  pour  travailler,  sous  sa  direction,  à  la  construction 
et  à  la  décoration  de  sa  magnifique  église  abbatiale. 
Dans  le  dernier  tiers  du  même  siècle,  les  textes  nous 
font  assister  encore  à  d'autres  appels  du  même  genre. 
Avant  tout,  c'est  celui  que  le  Chapitre  de  Gantorbéry, 
forcé  de  reconstruire  sa  cathédrale  incendiée,  fit 
entendre  ~  à  des  architectes  qui  accoururent  de  l'An- 
gleterre et  de  la  France,  lui  soumirent  leurs  idées  et 
lui  firent  leurs  propositions,  jusqu'à  ce  que  l'un  d'eux, 
Guillaume  de  Sens,  fût  choisi  définitivement  et  revêtu 
de  la  maîtrise  de  la  grande  œuvre  qu'il  exécuta  en 
partie.  G'est  encore  l'appel  ^  que,  vers  les  dernières 
années  de  ce  siècle,  l'abbé  d'Andres,  dans  le  Boulon- 
nais, voulant  rebâtir  somptueusement  le  cloître  et  l'in- 
firmerie de  son  monastère,  fît  parvenir  aux  maîtres 
constructeurs,  maçons  et  tailleurs  de  pierre  de  sa  con- 


l.K  ArtiQces  peritiores  de  diversis  partibus    convocavimus   »   {De 
Adrninistratione,  c.  xxxii,  éd.  Lecoy  de  la  Marche,  p.  194), 

2.  Voy.  le  n°  llXVI,  p.  210  :  «  Convocati  sunt  igitur  artifices  Franci 
et  Angli;  sed  et  ipsi  in  dando  consilio  dissenserunt.  » 

3.  Voy.  le  n°  CLIII,  p.  393  :  «  Girciimquaque  invitatl  sunt  artifices 
et  cimentarii,  cesores  lapidum  et  alii  operarii.  » 


LX  INTRODUCTION 

trée,  pour  édifier  des  monuments  qui  ont  disparu  depuis 
longtemps. 

24.  —  Si  c'est  surtout  la  seconde  moitié  du  xii® 
siècle,  comme  on  l'a  dit^  avec  raison,  qui  marque  le 
moment  où  les  groupements  professionnels  d'artisans 
commencent  à  se  montrer  soucieux  de  faire  fixer  leurs 
obligations  envers  l'autorité  publique,  il  y  a  déjà  long- 
temps que  leur  activité  féconde  est  reconnue  avec  leurs 
services,  et  que  leur  condition  tend  à  s'adoucir  dans 
une  certaine  mesure.  Sans  doute,  dans  ce  siècle,  il  y 
a  encore  beaucoup  d'artisans,  constructeurs,  maçons, 
tailleurs  de  pierre,  charpentiers,  ouvriers  en  métal  et 
autres  encore,  qui  sont  attachés,  avec  un  certain  carac- 
tère de  domesticité,  au  service  d'une  seigneurie,  d'un 
château,  couvent  ou  évéché.  Mais,  vers  la  fin  du 
premier  quart  de  cette  période  et  dans  les  quelques 
années  qui  suivent,  l'étude  des  textes  nous  permet  de 
discerner,  en  quelques  contrées,  des  signes  notables 
d'amélioration  dans  la  condition  sociale  et  économique 
de  certaines  catégories  d'artisans,  notamment  de  ceux 
qui  s'occupent  de  travaux  de  construction.  C'est  dans 
la  région  de  l'Ouest  de  la  France  que  nous  les  remar- 
quons d'abord.  Ainsi,  en  1120,  Foulque  V,  comte 
d'Anjou,  concède  ~  aux  artisans,  maçons,  charpen- 
tiers dépendant  de  l'abbaye  deSaint-Jouin-de-Marnes, 
en  Bas-Poitou,  soit  qu'ils  soient  nés  dans  la  contrée, 
soit  qu'ils  viennent  de  loin,  l'exemption  de  tous  ser- 
vices, redevances  et  corvées  envers  la  seigneurie  de 
Moncontour.  Ainsi  encore,  un  peu  plus  tard,  entre 
1127    et   1137,    nous    voyons   Guillaume    VIII,    duc 

1.  Voy,  G.  Fag-niez,  Documents  relatifs  à  l'histoire  de  l'industrie.. ., 
t.  I,  Introduction,  p.  xl. 

2.  Voy.  le  noCXXXVIII. 


INTRODUCTION  LXI 

d'Aquitaine,  établir  un  règlement  ^  à  l'occasion  de 
l'édification  des  églises  abbatiales  de  Fontaine-le- 
Gomte,  en  Poitou,  et  de  Sablonceaux,  en  Saintonge, 
par  lequel  il  accorde  sa  protection  aux  maçons,  char- 
pentiers et  autres  artisans,  dans  leurs  allées  et  venues 
à  leurs  chantiers  de  construction,  et  fait  défense  à  ses 
ministerialefi  de  les  molester  en  quoi  que  ce  soit,  eux 
et  leurs  familles,  ou  bien  de  leur  faire  quitter  ces  mêmes 
chantiers  pour  les  astreindre  à  d'autres  œuvres  ou  tra- 
vaux. Au  surplus,  les  avantages  de  ce  règlement,  favo- 
rable aux  intérêts  d'artisans  attachés  à  ces  construc- 
tions, ne  restèrent  pas  limités  à  l'époque  où  ils  y 
travaillèrent  :  car  ils  furent  renouvelés  et  confirmés  à 
d'autres  artisans,  pour  des  travaux  de  ce  même  genre, 
une  cinquantaine  d'années  après,  en  1184,  par  Richard 
Cœur-de-Lion,  en  sa  qualité  de  comte  de  Poitou-. 

De  même,  dans  les  seigneuries  ecclésiastiques,  les 
textes  nous  permettent  de  constater  en  quelques 
régions,  pendant  le  cours  de  la  seconde  moitié  du 
xii^  siècle,  une  réglementation  de  plus  en  plus  favo- 
rable aux  gens  de  métier  attachés  à  l'entretien,  aux 
réparations  ou  à  la  reconstruction  de  bâtiments  épis- 
copaux  ou  monastiques.  C'est  ainsi  que  dans  l'Ile-de- 
France,  vers  1179,  l'abbé  de  Saint-Germain-des-Prés, 
instituant  un  charpentier  de  ce  monastère,  règle  ^ 
en  détail  les  conditions  de  son  office,  ses  gages,  sa 
nourriture,  son  costume,  et  lui  alloue  un  bien  de 
campagne.  Quelques  années  plus  tard,  vers  1188,    on 


\.  Voy.  le  n°  CXLIX. 

2.  Voy.  le  même  texte. 

3.  Voy.  M.R.  de  Lasteyne,  Cartulaire  général  de  Paris  (1887),  n° 
567,  p.  463.  Cet  acte  peut  être  rapproché  de  celui  de  l'année 
1215,  par  lequel  l'évêque  de  Chartres  règle  les  conditions  de  fief  de 
son  charpentier-tonnelier  et  fixe  les  droits  et  les  devoirs  de  cet 
artisan. 


LXII  INTRODUCTION 

voit  en  Champagne  l'évêque  de  Ghâlons,  Gui  de  Join- 
ville,  édicter  un  règlement^  qui  établissait  en  détail 
les  obligations  ainsi  que  les  privilèges  et  exemptions 
diverses  des  gens  de  métier,  spécialement  des  ouvriers 
en  métaux,  employés  soit  aux  réparations  et  aux  cons- 
tructions neuves  du  palais  épiscopal,  soit  aux  travaux 
des  fortifications  de  ladite  ville.  Déjà,  vers  le  milieu 
de  ce  siècle,  un  autre  règlement  ^  épiscopal  que  nous 
avons  déjà  mentionné,  celui-ci  relatif  à  l'Alsace,  avait 
fixé  quels  genres  de  services  et  de  fournitures  devaient 
être  fournis  à  l'évêque  de  Strasbourg  par  les  groupe- 
ments d'ouvriers  en  bois  et  en  fer,  par  les  charpen- 
tiers, forgerons  et  serruriers  de  cette  cité,  placés  sous 
la  direction  et  la  juridiction  de  maîtres  [magistri)  ;  il 
est  intéressant  de  comparer  les  statuts  qui  les  con- 
cernent avec  ceux  que  nous  venons  de  signaler  à 
Ghâlons-sur-Marne.  Enfin,  à  côté  de  ces  exemples 
frappants  que  nous  offrent  les  régions  de  l'Ouest,  de 
l'Ile-de-France  et  de  l'Est,  nous  devons  en  signaler 
un  autre  qui  concerne  la  contrée  du  Languedoc,  presque 
à  la  même  date  que  celle  du  règlement  de  Gui  de 
Joinville.  G'est  l'acte  de  Raimond  V,  comte  de  Tou- 
louse, réglant,  en  1187,  les  obligations  des  maîtres  de 
pierre  {magistri  lapidum)  de  la  ville  de  Nîmes  et  leur 
accordant  des  privilèges  spéciaux.  Les  termes  de  ce 
règlement-^  montrent  bien  que  ces  ouvriers,  qui  conti- 
nuent à  travailler  pour  le  compte  de  cette  seigneurie, 

1.  Voy.  le  n"  CLI. 

2.  Ibid.  Ce  règlement  a  été  daté  à  l'aide  de  la  mention  chronologique 
suivante:  après  1129,  dans  VUrkundenbuch  der  Stadt  Strassburg,  de 
W.  Wiegand,  1. 1,  n°  616,  pp.  470-476  ;  mais  l'époque  de  sa  rédaction  a 
pu  être  précisée  davantage  et  concentrée,  vers  le  milieu  du  xn*  siècle, 
à  la  suite  de  nouvelles  recherches  rappelées  par  cet  auteur  à  la  p. 
476,  n.  3,  de  cette  même  publication. 

3.  Layettes  du  Trésor  des  Chartes,  par  A.  Teulet,  t.  I,  n"»  350,  p. 
148  ;  cf'.  G.  Fagniez,  op.  cit.,  n°  118,  p.  92, 


INTRODUCTION  LXIII 

sont  traités  non  d'une  façon  servile,  mais  en  vassaux 
de  catégorie  inférieure,  avec  lesquels  le  seigneur  con- 
clut une  sorte  de  contrat  de  fief  [feudum). 

25. —  Ainsi,  nous  avons  pu  signaler  sur  divers  points 
de  la  France,  dans  la  condition  des  travailleurs  indus- 
triels dont  nous  nous  occupons,  des  signes  notables 
d'une  transformation  qui  est  fertile  en  conséquences 
sociales  et  économiques,  mais  qui  ne  peut  s'accomplir 
partout  d'une  façon  uniforme.  Tandis  que  le  «  métier 
libre  »,  de  caractère  individualiste,  existe  surtout  dans 
les  ateliers  (officinae)  des  villages  et  des  bourgs,  où  il 
paraît  devoir  se  maintenir,  nous  voyons  que,  dans  les 
villes,  se  répandent  et  commencent  à  s'affranchir  les 
groupements  d'artisans  appartenant  à  la  profession  qui 
a  pour  objet  l'art  de  bâtir,  c'est-à-dire  des  corporations 
industrielles  où  chacun  se  soumet  à  des  règles  com- 
munes, en  sacrifiant  quelque  chose  de  sa  liberté  indi- 
viduelle, et  profite  en  échange  des  avantages  que 
donnent  à  la  collectivité  certains  privilèges,  et  notam- 
ment le  monopole  du  métier.  Les  faits  que  nous  venons 
de  constater  à  l'aide  des  textes  appartiennent  au 
xii^  siècle  ;  ce  n'est  qu'au  siècle  suivant  que  le  régime 
corporatif  des  métiers  attachés  aux  constructions 
arrivera,  comme  les  autres,  à  sa  maturité,  en  même 
temps  que  l'art  gothique  atteindra  son  plein  épanouis- 
sement. 


En  terminant  cette  Introduction  à  un  Recueil  que 
nous  aurions  voulu  encore  plus  complet  et  moins 
imparfait,  nous  avons  à  nous  acquitter  bien  volontiers 
d'une   dette  de  reconnaissance  envers  tous  ceux  qui 


LXIV  INTRODUCTION 

nous  ont  aidé  à  accomplir  notre  longue  et  difficile 
tâche.  Nous  devons  des  remerciements  tout  particu- 
lièrement à  M.  Maurice  Prou,  membre  de  Tlnstitut, 
professeur  à  l'École  des  Chartes,  qui  a  bien  voulu 
s'astreindre  à  relire  nos  épreuves,  nous  a  fait  profiter 
de  son  éruditionsi  variée,  et  n'a  cessé  de  suivre  la  publi- 
cation de  nos  textes  avec  un  zèle  aussi  éclairé  que 
dévoué.  Nous  remercions  aussi  M.  R.  de  Lasteyrie, 
membre  de  l'Institut,  professeur  honoraire  d'archéo- 
logie à  l'École  des  Chartes,  pour  les  précieuses  indi- 
cations qu'il  nous  a  données  et  pour  tout  l'intérêt  qu'il 
a  porté  à  notre  entreprise.  M.  A.  Longnon,  membre 
de  l'Institut,  nous  a  aidé  avec  beaucoup  d'obligeance 
de  son  savoir  étendu  pour  identifier  plusieurs  noms 
de  lieux,  dont  la  forme  était  particulièrement  difficile 
à  établir.  Nous  gardons  envers  lui  la  plus  sincère 
gratitude.  Il  en  est  de  même  pour  nos  savants  con- 
frèresMM.  E.  Lefèvre-Pontalis,  A.  Brutails,  C.  Knlart, 
E.  Lelong  et  R.  Poupardin,  envers  qui  nous  sommes 
redevables  de  très  utiles  renseignements  et  de  vérifi- 
cations très  précises.  Au  surplus,  les  éléments  de  notre 
Recueil  étaient  trop  dispersés,  ils  intéressaient  trop  de 
régions  différentes  pour  que  son  exécution  pût  se  pas- 
ser de  l'aide  d'un  grand  nombre  d'érudits,  archi- 
vistes ou  bibliothécaires,  dont  la  plupart  sont  nos 
confrères  ;  nous  avons  dû  maintes  fois  mettre  leur 
savoir  et  leur  obligeance  à  contribution,  pour  les  prier 
de  coUationner,  de  contrôler  ou  de  vérifier  divers 
documents,  dans  bien  des  cas  où  nous  n'avons  pu  le 
faire  nous-même.  C'est  un  devoir  pour  nous  en  même 
temps  qu'une  réelle  satisfaction  que  de  rendre  témoi- 
gnage de  la  constante  complaisance  qu'ils  ont  mise  à 
nous  faire  profiter  de  documents  confiés  à  leur  garde 
ainsi  que  de  leurs  connaissances  spéciales  et  locales  ; 


INTRODUCTION  LXV 

nous  nous  sommes  fait  une  règle  de  rappeler,  en  les 
oitant  au  cours  de  notre  travail,  de  quelles  recherches 
en  particulier  nous  leur  sommes  redevables.  Puisse 
notre  Recueil,  malgré  ses  imperfections  et  les  lacunes 
qui  peuvent  s'y  trouver,  servir  aux  travailleurs  pour 
l'étude  de  la  science  de  l'archéologie,  science  dont  l'un 
des  fondements  essentiels  est  la  recherche  et  la  critique 
des  textes  qui  s'y  rapportent  ;  puisse-t-il  aussi  être  un 
jour  de  quelque  utilité  pour  une  histoire  générale  et 
détaillée  de  l'architecture  française,  au  moyen  âge, 
œuvre  qui  n'a  pas  encore  été  entreprise. 

Victor  MoRTET. 


RECUEIL 


DE  TEXTES  RELATIFS  A  L'HISTOIRE 

DE  L'ARCHITECTURE 

ET  A  LA  CONDITION  DES  ARCHITECTES 

EN  FRANCE  AU  MOYEN  AGE 

Xl"     Xll"      SIÈCLES 


Vers   l'an  1000,    1002-1005  environ. 

Renouvellement  des  églises  après  l'an  mil  :  construction 
de  V église  du  monastère  de  Beaulieu,  près  de  Loches,  aux 
frais  de  Foulque  III.  comte  (VAnjou  ;  —  reconstruc- 
tion de  la  cathédrale  d'Orléans,  par  les  soins  de  Vévêque 
Arnoul,  et  de  l'abbatiale  de  Saint-Bénigne,  à  Dijon, 
sotis  la  direction  de  Vabbé  Guillaume . 


Rodiilfi  Glahri  Uialoriarum  ...  1.  II,  c.  iv,  §  5-7  ;  c.  v,  §  9  :  l.  III,  c.  iv,  §  13, 
éd.  M.  Prou  fl8S6).  p.  32-33,  35,  fil,  62. 

(Cf.  autres  éditions.  Rec.  des  Hist.  de  Fr.,  t.  X  (1760),  p.  15-17  et  29.   — 
Mi^nc,  Pulv.  lai.,  t.  CXLII,  col.   632-634,  651,    710). 

L.  II,c.  iv,s5o.  DkmonasterioLucacensfJ. —  [Fulco2,Ande- 
gavorum  cornes]  ...  sepulchrum  Salvatoris  Ilierosolinioruni 


1.  Aujourd'hui  Beaulieu-lès-Loches  (Indre-et-Loire). 

2.  Foulque  III,  comte  d'Anjou  en  9S7,  mort  en  1040. 


2  TEXTES    RELATIFS    A    l'iUSTOIRK  [1 000-1  OOo] 

adiit^,  indeque,  ut  erat  audacissimus  admodum,  exultanter 
rediens,  aliquantulum  ad  tempus  a  propria  feritate  est  lenior 
redditus.  Tum  ergo  mente  concepitutin  optimo  fundorum 
proprii  juris  loco  ecclesiam  construeret,  ibidemque  mona- 
chorum  coetum  coadunaret,  qui  videlicet  die  noctuque  pro 
illius  anime  redemptione  intervenirent ...  Cui  interceteros  a 
propria  etiam  uxore,  que  valde  sano  poUebat  consilio,  sug- 
gestum  est,  ut  in  honore  ac  memoria  illarumcelestium  virtu- 
tum  quas  Cherubim  et  Seraphim  sublimiores  sacra  testatur 
auctoritas  votum  quod  voverat  expleret.  Qui  libentissime 
annuens  edifîcavit  ecclesiam  admodum  pulcherrimamin  pago 
scilicet  Turonico,  miliaro  interposito  a  Lucacense  Castro 2, 

§  6.  Expleto  denique  quantotius  basilice  opère,  protinus 
misit  ad  Hugonem,  Turonorum  archipresulem,  in  cujus 
scilicet  constituta  eratdiocesi,  utillam  sacraturus,  quemad- 
modum  decreverat  adveniret.  Qui  venire  distulit,  dicens  se 
minime  posse  illius  votum  dicando  Domino  committere  ... 
Mox  denique  [Fulco],  copiosa  argenti  et  auri  assumpta 
pecunia,  Romam  pergens  ac  Johanni  '^  pape  causam  sue 
profectionis  exposuit  ...  Qui  protinus  misit  cum  eodem 
Fulcone  ad  predictam  basilicam  sacrandam  unum  ex  illis, 
quos  in  B.  Pétri,  apostolorum  principis,  ecclesia  cardinales 
vocant,  nomine  Petrum  ...  '' 

§7.  Igitur,  die  quadam  mensismaii,  congregata  est  innu- 
merabilis  populi  multitudo  ad  dedicationem  scilicet  predicte 

écclesie  Repente  supervenit  a  plaga  australi  vehemen- 

tissimus  turbo,  ipsam  impellens  ecclesiam  ac  replens  eam 


1.  Cf.  lilslor.  comil  Andegav.  :  «  Fulco...  Lochisjuxla  Anj^crem  lluvium 
Bello  [loco] scilicet,  ecclesiam  in  honore  .S'ancti  Scpulchii,  monachos  cum 
abbalcimponensibi,constru,\it  »  {Chroniques  d'Anjou,  éd.  Marchef,'ayetSal- 
mon,  p330).  Sur  les  pèlerinages  de  Foulque  Nerra,  voir.Tules  Lair,  Etudes  cri- 
tiques sur  divers  textes  des  X"  et  XI'  siècles.  I.  Bulle  du  pape  Sergius  VI 
(1S89),  etc.,  j).  73  et  suiv.  Le  pèlerinafj^e  dont  il  est  question  ici  aurait  eu 
lieu  en  l'an  1005  (voy. ibid.,  p.  HSu 

2.  ce.  Gesta  consuluin  Andeffavorum,  dans  \c  Rec.  des  Ilist.  de  France, 
t. X,  p.  256;  Chronicon  Turonense,  ib.,  p.  283;  (Jhronic.  Andegavense, 
ih.,  p.  272  ;  JafTc,  4{eqesla  pontificuin,  t.  I,  n"  3962. 

3.  Il  saffit  <lu  pape  Jean  XVIII. 

4.  Cf.  Jart'é,  op.  cit. ,1.1,  n""  3986  et  3989,  ])()ur  les  prescriptions  émanées 
du  pape  dans  cette  circonstance. 


[lOOO-lOOo]  DE    l'architecture    en    FRANCE  3 

turbido  aere  diu  multumque  concutiens  ;  deinde  vero,  solutis 
laquearibus  ',  universe  ejusdem  ecclesie  trabes  simulque 
tota  teges  per  pignam  templi  ejusdem  occidentalem  in 
terram  corruentes  eversum  ierunt. 

L  II,  c.  V,  ^9. [Avant  lOOi.]  — Erat  igitur  tune  temporis 
predicte  civitatis  pontifex  venerabilis  Arnulfus  -,  qui  vide- 
licet  g-enere  et  doctrina  sapientie  pernobilis  ac  pateinorum 
fundorum  reditibus  locupletissimus.  Cernens  excidium  scili- 
cet  proprie  sedis ...  magnum  colligens  apparatum,  cepit 
domum  majoris  ecclesie  \  que  olim  dicata  fuerat  in  Christi 
Crucis  honore,  jugiter  a  fundamentis  reediticare^...  Contigît 
igitur  quadamdie,  dum  cementariifundaminabasilice  locaturi 
soliditatem  perscrutarentur  ipsius  telluris,  ut  repperirent 
copiosa  auri  pondéra,  que  scilicet  ad  totius,  quamvis  magne, 
basilice  fabricam  reformandam  certissime  crederentur  suflî- 


1.  Il  s'at^it  dune  église  lambrissée  et  non  voûtée,  couverte  à  la  façon  des 
anciennes  basiliques  (voy.  Quicherat.  De  l'architecture  romane,  dans  les 
Mélanges  d'archéoloçfie.  p.  127-I2S  .  Il  résulte  de  divers  témoignages 
qu"a|)rcs  l'an  1000.  des  églises  étaient  encore  lambrissées,  sinon  totalement, 
au  moins  siu-  leur  grande  nef  :  par  exemple,  la  cathédrale  de  Cambrai 
construite  de  1023  à  1030,  d'après  Baudri,  dont  le  continuateur  nous 
exj)lique  de  la  manière  suivante  les  réparations  survenues  à  cette  église, 
après  un  incendie  (vers  l'an  lOSO)  :  «  Veiierabilem  ecclesiamBeatœMariicolim 
combustam  et  dirutam,  a  capite  snperiori  usque  ad  chorum  Sancti  .Tohannis, 
pulchre  et  honeste  reformavit  [Gerardus  episcopus].  Ipsa  enim  laquearia, 
plastrum  brevesque  fenestras  longiores  renovavit  »  [Gesta  Gerardi,  II,  ix). 

2.  Arnoul  II  occupa  le  siège  d'Orléans  de  987  à  1003.  Voy.  la  récente 
étude  de  MM.  E.  Lefèvre-Pontalis  et  E.  Jarry  sur  la  Cathédrale  romane 
d'Orléans,  dans  le  Bull,  monumental,  t.  LXVIII  (190i\  notamment  p.  317- 
318  (pi.  et  %.). 

3.  C'est-à-dire  l'église  cathédrale  Sainte-Croix.  Cf.  notre  Étude  histor.  et 
archéol.  sur  la  cath.  et  le  pal.  é})iscopal  de  Paris  du  VI'  au  XII"  s.  (1888), 
p.  6  et  24. 

4.  L'incendie  de  9H9,  que  quelques  historiens  d'Orléaiis  ont  rapporté  sans 
raison  à  l'année  999,  est  ainsi  mentionne  par  Raoul  Glaber  :  «  Sequenti  vero 
anno  —  il  vient  d'être  question  d'un  événement  relatif  à  l'année  988  —  tota 
illius  civitatis  hnmana  habilalio  cum  dnmihus  ecclesiarum,  terribiliter 
igné  cremata  est  »  [Hislor..  1.  II,  ch.  iv,  éd.  Prou,  p.  3j).  Un  nouvel 
incendie  dévasta  Orléans  peu  de  temps  après.  «  audito  quod  Aureliana 
civilas  sit  incendio  vastata  ...»,  d'après  une  lettre  de  F'ulbert  (Migue,  Pair, 
lat.,  t.  XLI,  col.  2141,  écrite  vers  1010,  d'après  M.  Pfister  {De  Fulherti 
(]arnolensis  episcopi  vita  et  operibus.  p.  69).  L'emploi  si  fréquent  du  bois 
dans  les  constructions  d'alors,  dont  les  textes  que  nous  publions  donnent, 
comme  on  le  verra,  de  nombreux  exemples,  explique  en  partie  les  ravages 
étendus  de  ces  incendies.  Cf.  notre  texte  sur  la  cathédrale  d'Amiens  (voy. 
infrales  documents  relatifs  à  cette  église,  sous  les  années  1101-1115  et 
1137). 


4  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1000-1005] 

cere.  Suscipientes  ergo  qui  fortuite  invenerant  aurum  ex 
iiltegro  episcopo  detulerunt.  Ipse  vero  omnipotenti  Deo  pro 
collato  sibi  muneregratias  agens,  ac  suscipiensillud,  custodi- 
busoperis  ^  tradidittotumque  fîdeliter  inopus  ejusdem  eccle- 
sie  expendi  jussit.  Fertur  namque  quod  etiam  illud  aurum 
sollertia  beati  Evurtii  ...  hujus  restaura tionis  gratia  fuisset 
reconditum  ...  Sicque  preterea  factum  est  utdoinusecclesie, 
videlicet  sedis  pontifîcalis,  priore  elegantior  reformaretur. 

L.  III,  c.  IV,  §  13.  De  innovatione^  basilicarum^  m  toto 
ORBE.  [1002-1003].  —  I<^itur  infra  supradictum  millesi- 
mum  ^,  tertio  jam  fere  imminente  anno,  contigit  in  universo 
pêne  terrarum  orbe,  precipue  tamen  in  Italia  et  in  Galliis 
innovari  ^  ecclesiarum  basilicas  ;  licet  plereque  decenter 
locate  minime  indig-uissent,  emulabatur  tamen  queque 
gens  christicolarum  adversus  alteram  decentiore  frui.  Erat 
enim  instar  ac  si  mundus  ipse  excutiendo  semet,  rejecta  vetu- 
state,  passim  candidam  ecclesiarum  vestem  indueret.  Tune 
denique  episcopalium  sedium  ecclesias  pêne  universas,  ac 
cetera  queque  diversorumsanctorum  monasteria  '^j  seu  minora 
villarum  oratoria,  in  meliora  ^  quique  permutavere  fidèles. 


1.  C'esl-à-dire  les  fabriciens.  appelés  plus  tard  cuslodes  fahr icaedunf^  des 
textes  du  moyen  âge.  ou  bien  encore  operarii.  Ce  dernier  terme  désigne 
parfois  les  maîtres  d'(cuvre,  comme  aussi,  d'une  manière  générale,  les 
ouvriers  en  bâtiment,  ainsi  que  les  textes  nous  l'apprennent. 

2.  Sur  ce  texte  du  moine  clunisien  Raoul  Glaber,  voy.  .1.  Quicherat,  De 
Varchitecture  romane,  dans  ses  Mél.  d'archéoL,  p.  11  i  et  s.  11  convient  de 
rapprocher  de  ce  texte  celui  de  l'Hist.  de  la  dédicace  de  S'-Remi  de  Reims 
(voy.  m/Va,  n"  VIII). 

3.  Le  ms.  lat.  6190  porte  ecclesiarum  (voy.  sur  ce  ms.  M.  Prou,  op.  cit., 
Préf.,  p.  xn). 

4.  Il  ne  faut  pas  donner,  bien  entendu,  un  caractère  de  fixité  absolue  à 
l'an  mil  au  point  de  vue  qui  iu)us  occupe  :  «  La  date  de  l'an  1000  dans 
l'histoire  de  l'architecture  n'est  pas  une  limite.  Elle  a  été  trop  souvent  un 
cxj)édient  invoqué  jusqu'ici  pour  jjarer  aux  dillicultés  non  encore  résolues  » 
(Ramé,  Bulletin  historique  du  (lomilè,  1882,  p.  209). 

5.  Ce  sont  surtout  les  termes  renovare^  renovalio  que  Ton  trouve  dans 
ce  sens  chez  les  chroniqueurs  du  moyen  âge  ;  cf.  infra  le  mot  renovari  dans 
le  texte  de  Raoul  Glaber  (  Vila  sancli  Guilielmi...,  c.  vu).  Voy.  aussi  la  rubri- 
que du  traité  de  Suger  :  De  renoralione  ecclesie  lieali  Dyonisii. 

6.  Mnnasterium  a  ici  le  sens  d'église  conventuelle  :  nous  verrons  d'autres 
exemples  de  ce  terme  ayant  ce  sens,  ou  celui  de  cathédrale. 

7.  Les  premières  églises  romanes  eurent  généralement  une  durée  éphé- 
mère. «  Les'  chroniques  des  cathédrales  et  des  monastères  abondent  en 


1000-1  OOol  DE    l'architecture    en    FRANCE 


Vilasancli   GuilieUni.   abhalis   Siincli  Beniçfni  Divionensis,  c.  Vu,  p.  61, 
aiict.  Glabro  Hadulplio,  dans  les  Aclu  Sanclonun.  éd.  Palmé.  Januar.  I. 
(Cf.  autre  éd.  Mij,-ue,  Patr.  lat.,  t.  CXLII,  col.  710-711). 

[Après  l'an  1000.]  —  Contigit  ergo  postmodum  quatenus 
pars  ecclesiae  beati  martyris  Benig'ni  K..  ruinam  corruens 
daret,  Quam  cum  refoiniare  cuperent  artifices  cementarii, 
graviorem  pars  eadem  dédit  ruinam.  Quod  cernens  vir  Deo 
devotus,  intellexit  divinitus  sibi  dari  indicium  quod 
totum  a  funda mentis  renovari  ~  conveniret  templum.  Illi- 
coque  summo  mentis  ingenio  coepit  ipsius  ecclesiae  refor- 
mandae  mirificum  construere  apparatum  :  quam  denique 
cum  coepisset  reaedificare  positione  mirabili,  valde  lon- 
g'iore  ae  latiore  quam  fuerat,  i^notus  tamen  erat  universis 
locellus,  quo  pretiosi  martyris  membra  claudebantur  Beni- 
gn\,  quiasolerti  cura  taliter antiquitus  fuerat  reconditus  ... 
Sepulcrum  ...  continue  requirens  invenit  ...  in  eodem 
recondidit  sarcophago,  indeque  pauUukim  ad  orientem 
amovens  in  pulcherrimo  atque  incomparabili  locavit  tumulo. 
Dehinc  namque  pater  venerandus  ...  reformandae  opus 
basilicae  constanter,  quemadmodum  decreverat,  acce- 
lerabat  perfîcere.  Quoniam,  ut  diximus,  et  praesto  est  cer- 
nere,  totius  Galliae  basilicis  mirabiliorem  atque  propria 
positione  incomparabilem  perficere  disponebat^... 

témoi^na^'cs  qui  établissent  le  même  fait.  Rien  de  plus  fréquent  que  les 
mentions  d'éfilises  bâties  au  .xi"  siècle,  qui  s'écroulent  les  unes  aussitôt 
après  leur  construction,  les  autres  avant  la  fin  du  siècle  ou  dans  le  siècle 
suivant.  »  Quicherat,  Mélanges  (Varchéol.,  p.  434.  Voy.  ibid.,  les  exemples 
cités  par  M.  H.  de  Lasteyrie.  à  l'appui  de  cette  assertion,  d'après  les  chro- 
niques du  moyen  âge. 

1.  Voy.  infra,  n"  VI,  Historique  et  description  de  la  reconstruction  de 
l'éfflise  abbatiale  Saint-Bénigne,  à  Dijon,  exécutée  par  les  soins  de  l'abbé 
Guillaume. 

2.  VA',  supra  le  terme  innovari,  op.  cit.,  1.  III,  c.  iv,  §  13. 

3.  Sur  ce  texte,  voy.  Chomton,  Hisl.  de  Végl.  St-Bènigne  de  Dijon,  1900, 
p.  92-93,  95,  pour  l'élat  de  la  basilique,  à  l'arrivée  de  labbé  Guillaume, 
laquelle  comprenait  deu\  églises  bâties  l'une  au  bout  de  l'autre  (voy. 
ibid.,\).  9j  et  pi.  III,  restitution  de  St-Bénigne  au.\  ix»  et  x«  siècles). 


TEXTES    RELATIFS    A    L  HISTOIRE 


II 


Vers  l'an  1000-1095  environ. 

Description  du  château  de  Sault,  près  de  Saint-Benoît-du- 
Sault,enBas-Berry.  —  Incendie  de V église  de  Châtillon- 
sur-Loire,  près  de  Gien.  —  Ensevelissement  dans  Véglise 
abbatiale  de  Saint-Benoît-sur-Loire  des  restes  de  saint 
Benoît  rapportés  d^ Italie  '  ouverture  de  la  crypte; 
incendie  de  V abbatiale  ;  destruction  de  V abside  et  de  la 
nef  à  lambris  de  bois.  —  Description  du  château  de  La 
Cour-Marigny ,  près  de  Montargis.  —  Reconstruction 
de  Véglise  abbatiale  de  Saint-Benoit- sur- Loire  par  le 
moine  Gallebert,  sous  Vabbatiat  de  Guillaume. 


Miracula  sancli  Benedicti^  1.  III,  c.  v,  auct.  Aimoino,  mon.  Floriacensi,  éd. 
de  Certain  (Soc.  de  l'hist.  de  France);  —  2.  Op.  cit.,  1.  V,  c.  xi,  auct. 
Andréa,  mon.  Flor.  ;  —  3.  Op.  cit.,  l.  VII,  c.  xvi-xvii  (même  auteur)  ; 
—  4.  Op.  cit.,  1.  VIII,  c.  XVI,  XXV,  XXVI,  xxvii,  xxx,  auct.  Radulfo  Tortario. 

L.  III,  C.  V.  [Vers  l'an  1000.]  —  Non^sit  audientibus  one- 
rosum  jam  dicti  Salensis  castri'^  memorare  situm.  Mons  est 
non  multae  altitudinis,  in  cujus  declivio  castrum  constitutum 

1.  Sur  les  auteurs  de  ce  recueil  de  Miracles,  voy.  L.  Delisle,  Vie  de  Gaiiz- 
lin,  abbé  de  Fleuri  et  archevêque  de  Bourges,  p.  270  et  suiv.  Les  liv.  II 
et  III  ont  été  composés,  en  1005,  par  Ainioin.  La  Vie  de  Gauzliti  par  André, 
moine  de  Fleuri,  qui  fait  l'objet  du  livre  IV,  a  été  commencée  vers  1043,  le 
liv.  V  fut  rédi{,'é  par  Raoul  Tortaire  vers  la  lin  du  xi'  siècle.  —  Cf.  A.  Vidier, 
L'historiographie  à  Saint-Benoit-sur-Loire,  2"  part.,  les  Miracles  de  saint 
Benoît  {Positions  des  thèses  de  l  École  des  Chartes,  1898,  p.  137).  —  Voy. 
aussi  infra  la  bibliof^raphieque  nous  avonsjointe  à  nos  extraits  concernant 
les  travaux  de  construction  et  de  décoration  de  l'abbaye  de  Saint-Benott- 
sur-Loire  (1005-1030). 

2.  Ed.  cit.,  p.   139. 

3.  Le  château  de  Sault  était  situé  près  de  Saint-Benoît-du-Sault,  qui 
était  une  dépendance  de  l'abbaye  de  Fleury-sur-Loire  (auj.  ch.-l.  de  c, 
arr.  Le  Blanc,  Indre).  —  Cf.  Recherches  archéolog.  publ.  par  E.  de  Beau- 
fort,  dans^e'm.  soc.  antiff.de  l'Ouest.  1860-61,  p."ll7  et  s. 


[1000-1095]       DE  l'architecture  en  frange  7 

est,  quod  quidem,  ab  oriental!  australive  parte,  difïicilem  ad 
se  venientibus  praestat  accessum*.  Ab  aquilonali  sane  latere, 
devexus  montis  macliinanientorum  omnium  inîiibet  evec- 
tionem  ;  at  occidentem  versus,  ubi  hostium  facilis  formida- 
batur  progressus,  domus  erat  lapidibus  firmissime  cons- 
tructa,  ad  austrum  in  longum  porrecta,  ad  repellendos  inimi- 
cos  satis  idonea.  Hujusmodi  enim  munitio  adversariis 
facta  est  perditionis  occasio.  dum  ob  nimiam  securitatem 
prius  hostem  adesse  senserunt  quam  praevidissent. 

Primus  ferratas  aquilonali  parte  intulit  acies  Gaufredus, 
propter  vires,  non  propter  pig^ritiam,  Asinus  cognomine  ; 
ignemque...  admoveri  praecepit.  Post  eum  reliqui  auxi- 
liares  ...  adversarios  ...  e  propugnaculis  quae  tueri  para- 
bant,  jaculis  ac  lapidibus  repellere  coeperunt  ...  Seditiosis 
ecclesiam  petentibus,  nostri  a  terg^o  sequuntur  attentius  : 
caesisque  in  introitu  portae  aliquantis,  eos  qui  basilicam 
petebant  insectabantur  :  in  qua  non  tutam  sibi  latebram 
fore  auspicatus  Ademarus  -,  turrim  ligneam,  de  qua  signa -^ 
dependebant',  cum  sex  factionis  suae  sociis  formidolosus 
conscendit.  Ibi  quoque  se  latere  posse  diffidens,  tecta  more 
architecti-'  perambulabat,  donec  ab  Hugone  ...  captus  est. 

2 

L.  V,  c.  XI.  [Vers  1030.]  —  Locus''  illecelebris'  effectus... 

1.  Sur  le  soin  avec  lequel  les  constructeurs  du  moyen  àgc  choisissaient 
l'emplacement  des  châteaux-,  voy.  Viollet-le-Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr..  t.  III, 
p.  58  et  s.,  art.  Château. 

2.  Adémar  I,  fils  de  Gui.  vicomte  de  Limoges. 

3.  Le  mot  siçfnuin  a  eu  dans  la  latinité  classique,  entre  autres  sens,  celui 
de  signal:  c'est  de  là  qu'est  venu  le  sens  de  cloche  que  ce  terme  a  en,  comme 
on  sait,  dans  la  latinité  du  moyen  âge. 

5.  Sur  les  clochers  ou  campaniles  de  bois,  de  moindre  dimension  que 
ceux  de  pierre,  édifiés  à  côté  des  églises,  voy.  Viollet-le-Duc,  op.  cit. ^  t.  III, 
p.  286,  art.  Clocher. 

5.  Le  mot  archilectus  est  d'un  emploi  rare  dans  les  chroniques  du  moyen 
âge.  Il  semble  avoir  été  pris  ici  dans  l'acception  de  charpentier,  travaillant 
à  un  comble,  à  une  toiture,  et  il  serait  ainsi  à  rapprocher  de  la  forme 
dérivée  architector  que  l'on  rencontre  parfois  avec  cette  signification  dans 
la  latinité  des  chroniques  du  moyen  âge 

«.  Loc.  cit.,  p.  209.  —  Ce  livre  ^'  est  le  premier  des  livres  rédigés  par 
André,  moine  de  Fleury,  qui  commençait  à  écrire  en  1043  et  travaillait  encore 
à  sa  chronique  après  1056. 

7.  Châtillon-sur-Loire,    ch.  1.  de  c,  arr.    Gien     (Loiret).   —    Voy.    Th. 


8  TEXTES    RELATIFS  A    l'iIISTOIRE  [1000-1095] 

acciditut,  tempore  gloriosissimi  abbatis  Gauzlini  efîectus  et 
Bidorcensium  archietralis  ',  casualibus  flammis  correptus  in 
cinerem  ejus  lignea  septa  resolverentur  ;  solummodo  ex  tan- 
tae  conflagrationis  damno  opertura  capicialis  ^  fornicis  a  foris 
intacta,  caeterisque  compaginata  combustae  ecclesiae  appen- 
diciis,  merito  tantorum  amicorum  Christi,  cum  sua  vitrea 
inviolata  reniansit.  Nihilominus  memorata  sanctae  Dei  geni- 
tricis  Mariae  crypta  eadem  eripitur  divinae  salvationis  poten- 
tia  ;testatique  sunt  qui  adfuerant  g-eminas  columbas  super 
utramque  adstitisse  absidam  -^j  quae  vim  totius  camini  opposi- 
tione  sui  procul  abegerint.  Verum '*  trabibus  conlapsis, 
laquearibus  ambustis,  cum  aediculam  reg-inae  virg-inum  a 
regione  aestuantis  incendii  ostiolo  patenti  tota  rabies  impete- 
ret  camini,  eoque  inveheretur  spirantibus  auris  quo  iconia 
ma  tris  Dominicum  imag-ine  nostri  Redemptoris,  lig-neo  opère 
sculpta,  veneratur,  ab  illis  divinitus  auctus...  arderevideba- 
tur  nillaedens.  Et  cum  sui  irruptione  carbonum  hac  illacque 

Gochard  (abbé\  Châtillon-sur-Loire,  son  histoire  avant  nS9  dans  Ménv 
soc.  arch.  et  hist.  Orl,  t.  XIV  (1875),  p.  115  et  s.,  p.   127  et  s. 

1.  L'abbé  Gozlin  fut  archevêque  de  Bourges.  Il  mourut  au  mois  de  mars 
1029.  — Dans  ses  Mélanges  (l'urch.  et  (Iliist.lip.  124),  Quitheral  cite  le  chœur 
(non  le  sanctuaire)  de  Saint-Benoît-sur-Loire  parmi  les  exemples  de  parties 
d'églises  encore  subsistantes,  auxquelles  leur  jjhysionomie  (murs  épais  gar- 
nis de  contreforts,  supports  massifs)  permet  d'appliquer  des  textes  qui  les 
font  contemporaines  du  roi  Bobert.  «C'est  une  variété  de  berceau  dont  les 
supports  surmontés  de  deux  étages  d'architecture,  consistent  en  colonnes 
déprimées,  reliées  par  des  arcs  étroits  d'un  cintre  surhaussé  »  (ibid.,  p.  104; 
cf.  sur  la  nef,  ihid.,  p.  111).    Voy.  toutefois  la  note  suivante. 

2.  Capicialis,  ms.  Vat.  Regina  592.  Nous  remercions  ici  très  sincèrement 
notre  confrère  M.  Poupardin,  ancien  membre  de  l'Ecole  française  de  Borne. 

qui  a  bien  voulu  vérifier  pour  nous  aux  Arciiives  du  Vatican,  ce  passage 
ainsi  que  plusieurs  qui  suivent,  dont  nous  donnons  une  transcription 
exacte.  —  «  Chœur  et  narthex  reconstruits  après  1026,  conséci-.  1029»,  dit 
M.  Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,  t.  I,  p.  425.  Comme  on  le  verra  plus  loin 
(1.  VIII,  c.  xxv),  l'on  entreprit  la  reconstruction  de  l'église  vers  1070-1080 
'et  divers  archéologues  assignent  au  dernier  tiers  du  xi°  siècle  l'époque 
où  le  chœur,  le  transept  et  le  narthex  actuels  furent  bâtis.  Dans  son  étude 
intitulée  Une  visite  à  Vahhaye  de  Fleiiry,  Saint-Iienoit-sur-Lnire  {lievue 
de  Vart  chrétien,  A"  sér.,  1902),  où  le  texte  des  Miracula  est  utilisé,  M.  A. 
Marignan,  aj)puyant  son  opinion  surtout  sur  les  sculptures,  les  chapiteaux 
imagés  de  cette  église,  rejette  aux  années  1150-1170  les  dates  où  l'on  éleva 
les  parties  susdites  de  l'édifice  actuel  (p.  300-302,  avec  fig.).  Il  se  peut  très 
bien  que  cette  reconstruction  ait  eu  lieu  au  xii"  siècle,  dès  la  première 
moitié  même  de  ce  siècle,  sans  qu'on  puisse  la  renfermei"  alors  entre  des 
dates  très  précises. 

3.  (]e  ms.  porte  al>sideni,  mais  l'e  a  été  corrigé  en  a. 

4.  Notre  confrère,  M.  Poupardin,  a  bien  voulu  vérifier  pour  nous,  ce 
passage  sur  le  ms.  du  Vat.  liegina  592,  f.  52.    Il  est  conforme   à  l'édition. 


[1000-109S]  DE  l'architecture    en    FRANCE  9 

immitteret  cong-eriem,  altarisque  compleret  tabulam,  sacro- 
sanctam  quoque  reliquiarum  reduceret  archam,  cumque 
etiam  more  ferventis  ebuUiret  fornacis,  nec  aulaea  quidem 
eorum  ob  honorem  in  gyro  dépendons,  ignis  sensit  nido- 
rem,  quae  adhuc  superest  ob  tantae  rei  venerationem. 


L.  VII,  c.  XVI.  [Vers  1056.]  —  Gorpore  '  scilicet  reveren- 
dissimi  patroni  nostri  Benedicti  ~  a  partibus  Italiae  in  hoc 
sacro  Floriacensi  delato  coenobio  ...  in  abdito  terrae  loco,  uti 
condecens  erat  reverentissime  atque  dignissime  loculo  condi- 
tus  est  plumbeo  ...  Mox  aggere  multo  lapidum  coacervato,  in 
amplam  molem  exuberaverat  locus  isdem  iisque  ad  tem- 
pora  fortunati  viri  abbatis  Odoni[s],  qui  ...  aperuit  ad 
pedes  ipsius,  orandi  gratia,  cryptam  ^,  remota  lapidum  con- 
gerie,  quae  sacrum  tegebat  tumulum,  constructo  altare  in 
honore  Deo  dilecti  et  incliti  pontilicis  Martini.  Siquidem 
sub  ipsa  ara  veraces  ferunt  tumulatum  eumdem  pretio- 
sum  patrem  nostrum  ...  Processu  vero  temporis  ...  Vul- 
faldus  abbas  egregii  patris  Benedicti  sanctissimum  corpus 
de  interioribus  cryptae,  octavo  idus  augusti,  ad  superiora 
solemnissime  transtulit  in  eum  quo  nunc  veneratur 
locum  ... 

L.  VII,  c.  XVII.  Tempore  Gauzlini,  hujus  loci  abbatis,... 


1.  Kd.  cit.,  p.  273. 

2.  Le  c.  XV,  qui  précède  celui  (jue  nous  rapportons  ici,^st  relatif  à  l'ap- 
parition de  saint  Benoît,  qui  déclare  à  l'abbé  du  Mont-Cassiu  que  ses  restes 
mortels  sont  ensevelis  à  Fleury-sur-Loire. 

3.  Le  susdit  ms.  porte  scriptam  au  lieu  de  criplum.  «  Dans  les  églises  de 
fondation  ancienne,  c'est  toujours  sous  l'abside  que  se  trouvent  placées  les 
cryptes....  Les  églises  de  Saint-Denis  en  France  et  de  Saint-Benoît-sur- 
Loire  présentent  des  exemples  complets  de  cryptes  réservées  sous  les 
absides,  et  construites  de  manière  à  relever  le  pavé  des  ronds-points  de  15 
à  20  marches  au-dessus  du  niveau  du  transept»  (Viollet-le-Duc,  op.cit., 
t.  I,p.  9,  v"  Abside  ;cLihid.,  v  Crypte,  t.  VI,  p.  640).  —  Sur  le  jîorche  et  le 
clocher  de  Saint-Benoît-sur-Loire,  voy.  Viollet-le-Duc,  t.  VII,  p.  287,  et 
t.  III.  p.  S27,  p.  335.  Voy.  aussi  la  Revue  de  l'.irl  chrétien.  1900.  p.  62  et  s. 


10  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1000-1095J 

hoc  Deo  dilectum  habitaculum,  cum  omnibus  intra  et  extra 
positis  aedifîciis,  sub  unius  noctis  spatio  cuncta  conflagrata 
sunt  incendio  K..  Nondum eo  tempore absida  Sanctae Mariae 
arcuato  exaedificata  erat  opère,  sed  cuncta  tabulatisteg-eban- 
tur  lig'neis  ;  velox  ego  flamma  cito  pertransiens  in  omnia  tem- 
pli  aedificia,  etiam  superiorem  cryptae  partem  occupavit, 
^uperque  laquearia  templi  ardentia  mag-na  mole  decidentia 
inter  sudes  qui  ob  arcendam  quarumcumque  .  .  .  [Caetera 
desunt)  2. 


L.  VIII,  c.  XVI.  Erat  •'^  autem  ipsa  domus  lig-nea  turris  ^  : 
quippe  vir  potens  erat,  ex  nobilioribus  indigenis  ejusdem  cas- 
tri  cujus  fuerat  et  Albericus  [unus  ex  primoribus  castri  Cas- 
tellionis]  •'.  Turris  ergo  illa  in  superioribus  suis  solarium 
habebat,  ubi  idem  Seg-uinus  cum  sua  manebatfamilia,  collo- 
quebatur,  convivabatur  et  noctibus  quiescebat.  Porro  in  ejus 
inferioribus  habebatur  cellarium,  divers!  generis  retinens 
apothecas,  adrecipienda  et  conservanda  humani  victusneces- 
saria  idoneas.  Solarii  ''  vero  pavimentum,  ut  moris  est, 
compactum  erat  dolatilibus  trabeculis,  quae  parum  quidem 
habebant   spissitudinis,  sed  aliquantum  latitudinis,    pluri- 


1.  Ce  qui  est  relatif  à  cet  incendie  peut  être  complété  par  la  longue  nar- 
ration qu'en  a  faite  l'auteur  dans  la  Vita  Ganzlini  ahh.,  l\y.  II,  c.  1.  Nous 
en  donnons  plus  loin  des  extraits  intéressant  l'histoire  de  larchitecture  en 
France. 

2.  Ed.  cit.,  p.  275-276. 

3.  Ed.  cit.,  p.  299 

4.  «  Ce  passage  nous  fait  connaître  quel  était  linlcrieur  de  ces  tours 
habitées  par  les  petits  seigneurs  du  xi'  siècle  »  {Note  de  Véditeur, 
p.  299). 

5.  Aubry,  de  Ghâtillon-sur-Loing  (aujourd'hui  ch.  1.  de  c,  arr.  Montar- 
gis,  Loiret). 

6.  Cf.  le  texte  suivant  que  nous  extrayons  d'Orderic  Vital  (vers  1018)  :  «  In 
Aquilensi  Castro  ad  hospitium  Rodberti,  quod  in  domo  Rogerii  Calcegii 
susceperat,  venerunt,  ibique  sujier  .'iolnriiiin  (sicut  militibus  moris  est) 
tesseris  ludere  coeperunt...  »  fOrd.  Vital.  Hist.  eccL,  1.  V,  éd.  Le  Prévost, 
t.  II,  p.  295-296).  — Cf.  aussi  1  acte  que  nous  publions  plus  loin,  relatif  à 
l'église  abbatiale  Saint-Pierre  dOudenbourg,  et  celui  de  1104,  tiré  de  l'His- 
toire de  Tulle,  par  Hahizc. 


[1000-1095]       DE  l'architecture  en  frange  11 

mum  autem  long-itudinis  ...  Inter  duas  arcas,  quae  in    cel- 
lario  (quod  subesse    solario  diximus).,. 

L.  VIII,  c.  XXV.  Basilica  '  semper  virginis  Mariae  Dei 
genitricis,  in  qua  beatus  pater  Benedictus  corpore  quiescit, 
partim  vetustate,  partim  incendie  demolita,  visum  est 
abbati  Guillelmo  %  adnitente  Odilone,  viro  probo,  ejusdem 
basilieae  aedituo,  vêtus  demoliri  et  novum  opus  pro  vetere 
instaurare   ... 

L.VIII,  c.xxvi.  [Vers  1080.]  —  Unus^  ex  fra tribus,  cogno- 
mento  Gallebertus^  qui  cementariis  fuerat  praefectus  prae- 
taxato  operi  insistentibus,  pecuniis  minus  aliquando  abun- 
dans,  ibat  circumiens  loca  plurima,  et  ducens  secum  semini- 
verbios,  quorum  admonitione  excitata  virorum  et  mulierum 
corda,  saeculi  negotiis  irretita,  aliquo  sufï'ragio,  etsi  modico, 
penuriam  ipsius  sublevarent.  Dum  ergo  circumquaque  dis- 
curreret,  Vitriacum  '  advenit  ;  qui  locus  regalis  palatii 
honorificentia  nostris  temporibus  décora batur... 

L.  VIII,  c.  xxvii.  [1093.]  —  Anno  ^>  ab  Incarnatione 
Domini  millesimo  nonagesimo  quinto,  flamma  voracis  ignis 
maximam  Floriacensis  burgi  consumpsit  partem  .  .  .  Nocte 
siquidem  quae  sacratissimum  diem  Dominicum  Paschae 
subsecuta  est,  vehemens  ignis  unam  corripuit  domorum, 
quae  a  parte  septentrionali  exceptae  erant  a  clausula  ejus- 
dem burgi  .  .  .  Vulgus  .  .  .  expergefactum  terrificam  illam 
vocem  cum  horribili  ulula  tu  concrepabat:  «Ad  focum!  vide- 
licet,  ad  focum!  »  Quo  strepitu  exciti  fratres,  linquunt  stra- 

1.  Ed.  cit.,  p.  317. 

2.  Hugues  de  Fleury  affirme  que  l'abbé  Guillaume  n'a  pu  terminer  cette 
construction  :  «  ipsam  quam  refi^ebat  ecclesiam  multis  incendiis  devasta- 
tam  et  senio  prevaf^alam  novo  jecto  edificare  cepit  fundamento,  sed  morte 
prereplus  consummare  non  potuit  »  Lib.mod.  reg..  dans  Migne,  Patr. 
la.1.,  t.  CLXIII,  col.  903).  Or  Guillaume  a  été  abbé  de  Fleury  de  1070  à  1080. 
Cf.  Prou  et  Vidier,  Recueil  de  chartes  de  Saint-Benoit-sur-Loire,  1. 1,  n"  79, 
90,  91. 

3.  Ed.  cit.,  p.  319. 

4.  Voy.  Marignan,  op.  cit.,  p.  300. 

5.  Vitry-aux-Loges,  cant.  de  Chàteauneuf  (Loiret). 

6.  Ed.  cit.,  p.  321-322. 


12  TEXTES  RELATIFS    A    l/lllSTOIRE  [1000-1095] 

tus,  basilicam  irrumpentes.  Erat  autem  eadem  basilica  ob 
paschalem  celebritatem  honestissinie  holosericis  venustata 
ornatibus,  ad  quos  deponendos  et  in  gazophylacio  repo- 
nendos,  quoniam  ea  domus  fornice  lapideo  protegebatur, 
juniores  de  ffrjatribus  certatim  accing'imtur .  ,  . 

L.  \  III,  c.  XXX.  Nuper^  properantibus  caementariis  forni- 
cem  mirae  altitudinis  in  dextra  ipsius  ecclesiae  parte  erigere, 
locatae  sunt  trabes-  in  sublimi  parietum  stabilimento  a  fabris 
lignariis  ad  sustollenda  ligna  quae  in  modum  hemisphaerii 
fabricantur,  quibus  moles  lapidum  et  caementi  inniti 
habebat.  Ergo,  dum  quodam  mane,  trabibus  tenui  imbre 
madefactis,  operarii  desuper  incederent,  praeparantes  quae 
praecipiebantur,  unuseorum,  Otg-erius  nomine,  minus  caute 
superambulans,  pede  lapso  de  illa  celsitudine  per  compa- 
ginatos  sibi  fustes,  per  multiplicem  lig-norum  struem,  inter 
acervos  lapidum  pronus  ad  terram  corruit.  Erat  enim  pêne 
totum  illud  telluris  spatium  tam  lig-norum  quam  saxorum 
congerie  adopertum  ...  jacebat  humi  tanquam  exanimis  ... 
Accurrimus  statim  multitudo  tam  laicorum  quam  mona- 
chorum  qui,  etsi  casum  non  videramus,  clamorem  tamen 
et  luctum  artificum  audieramus  ...  Levantes  igitur  juvenem 
debilitatum,  deposuerunt  eum  ante  altare  Dei  genitricis, 
quod  prope  erat  ...  nec  frustra  ...  Ilinc  delà  tus  ad  propriam 
domum,  non  post  multos  dies  integrae  redditus  est  sospi- 
tati^  ... 


1.  Ed.  cit.,  p.  327.  —  Les  détails  techniques  qui  suivent,  si  courts  qu'ils 
soient,  sont  tout  particulièrement  intéressants.  Ils  montrent,  en  les  interpré- 
tant littéralement,  rindépcndancc  de  lacharpenle  en  bois,  de  forme  hémis- 
phérique, et  de  la  calotte  de  pierres  de  même  forme  qui  la  coilTe  par- 
dessus, et  dont  la  douclle  représente  le  creux  dune  moitié  de  sphère,  sans 
qu'elle  soit,  comme  d'ordinaire  au  moyen  âj^e,  d'un  galbe  plus -..élancé  : 
car  la  courbe  de  révolution  des  coupoles  d'alors  a  une  flèche  plus  dévelop- 
pée que  celle  du  demi-cercle  de  même  corde  ( Voy.  A.  Brutails,  L'archéo- 
loffie  du  moyen  ih/e,  p.  1  i9). 

2.  Ce  sont  les  poutres  horizontales  ou  entraits  que  les  charpentiers 
{fahri  lif/narii)  avaient  disposés  sur  le  haut  des  murs  et  sur  lesquels  devait 
i-eposer  la  charpente  déforme  cf)urbe  [in  modiiin  hemisphaerii}.,  composée 
de  membrures  entrelacées  (per  compaginalns  sihi  fuslex),  et  dont  les 
planches  devaient  linir  vraisemblablement  par  remplir  les  intervalles, 
pour  recevoir,  en  dernier  lieu,  la  maçonnerie  hémisphérique. 

3.  Los  chroniques  du  xi"  siècle  attestent  le  zèle  que  déploient  à  l'étran- 


[1000-1103]  DE    l'architecture.  EN    FRANCE  13 

III 

Vers  l'an  1000,    1070  environ  et  1103. 

Donation  faite  par  Renaud,  vicomte  d^iuhusson,  à  l'ab- 
baye bénédictine  de  Saint-Martin  de  Tulle,  au  diocèse 
de  Limoges,  en  Bas-Limousin ,  de  ses  divers  biens,  notam- 
ment d'un  domaine  qui  contenait  une  chapelle  et  était 
limité  par  des  croix  de  sauvegarde,  ledit  seigneur  se 
réservant  de  se  faire  bâtir,  près  de  l'église,  une  habita- 
tion faite  de  terre  et  mesurant  douze  brassées.  —  Men- 
tion d'un  moine  constructeur  appartenant  à  l  abbaye  de 
Saint-Martin.  —  Réédificat'ion  dudit  monastère,  avec 
participation  des  seigneurs  voisins  à  cette  reconstruction, 
entre  autres  du  vicomte  Bernard,  qui  fait  don  à  l'abbaye 
de  l'un  de  ses  bois  pour  la  nouvelle  œuvre. 

Cartiilaire  de  Vahhaife  de  Saint  Martin  de  Tulle,  publ.  par  J.  H.  Chanipc- 
val  (Brive,  1903  ,  p.  202-204,  105  et   137-138.   (Extrait    du  Bulletin   de   la 
soc.  scient.,  hist.   et   archéol.    de   la  Corrèze,  t.  XIV,  p.    3i4-346,  t.  XI, 
p.  142,  t.  XII,  p.  4461. 
(Cf.  autres  éditions,  lialuze,   Ilistor.  Tutelensis  llll),.\ppendix  act.  vet., 

col.  399-491,  414-415,  447-448.  —  Gall.  christ. ,1.  II  {1120},  Instr.,  col.  209.) 


ger  les  abbés  de  grands  monastères  pour  la  reconstruction  et  la  décora- 
tion des  églises.  Citons  surtout  pour  l'Italie  la  chronique  du  Mont-Cassin 
(Chronicon  nionast.  Casinensis,  éd.  Wattenbach,  dans  les  Monumenta  Ger- 
man.  hist..  Script., t.  VIII,  p. 551-844).  Cf.  Schlosser,  Die  Kunst  in  MonteCas- 
sino,  dans  le  Quellenhuch  zur  Kiinstgeschichte  des  ahendlandischen  Mitte- 
lalalters,  VVien,  IS96  favec  bibliographie),  p.  192  et  s.),  qui  nous  donne  la 
description  des  travaux  artistiques  entrepris  sous  la  direction  des  abbés  de 
ce  monastère,  notamment  de  1  abbé  Didier  1058-1087). On  y  trouve  des 
détails  très  précis,  par  exemple,  pour  les  mesures  employées  dans 
l'architecture  et  la  décoration  de  l'église  et  du  cloître  du  Monl-Cassin, 
détails  que  Tonne  trouve  guère  dans  les  chroniques  de  France  au  xi"  siècle, 
exception  faite  pour  celle  de  S'-Hénigne  de  Dijon.  La  même  chronique 
contient  aussi  des  renseignements  utiles  à  connaître  au  point  de  vue  de 
l'archéologie  comparés,  pour  l'histoire  ecclésiastique  de  ce  monastère  dans 
le  premier  quart  du  siècle  (cf.  E.  Hertaux,  L'Art  dans  l'Italie  méridionale 
de  la  fin  de  l'Empire  romain  h  la  conquête  de  Charles  d'Anjou,  1903).  — 
Pour  l'Allemagne,  la  Suisse,  la  Flandre,  cf.  Schlosser,  op.  cit.;  citons 
notamment,  pour  l'Allemagne  du  Sud,  la  Chronique  du  monastère  de  Peters- 
hausen  à  Constance  (xr-xii'  s  ),di\ns  'Slonc,  Quellensammlunff  der  badis- 
chen Landes(jeschichte,i.  I,  p.  112ets.;Schlosser,op.ct7.,p.232  ets.,  Kunst- 
lehenim  KÏosler  Petershausen  hei  Constanz. 


14  TKXTES    RELATIFS    A    L  HISTOIRE  [1000-1103 


[Vers  1000.]  —  Omnibus  in  ChrisLo  pie  viventibus 
dignum  est  ut,  ab  amorem  Dei  et  sanctae  reli<j^ionis,  loca 
sanctorum  divinis  cultibus  mancipata  de  rébus  sibi  debitis 
ita  dotent  ut  futuristemporibus  inconvulsa,  Deo  auxiliante, 
nianere  valeant,  maxime  his  temporibus  condecet,  cum  jam, 
senescente  mundo,  dies  Domini  instet,  et  quibus  malis 
ipseurgeatut  nos  a  suoamore  compescat...  Idcirco  ego  Ray- 
naldus,  vicecomes  Albuciensis,  amore  coelestis  vitae,  cedo 
Deo  et  Sancto  Martino,  in  monasterio  quod  vocaturTutela, 
in  villa  mea  quae  est  in  parrechia  de  Ternat  *,  quae  voca- 
tur  Ruissac,  mansum  meum  de  Ribeira  '"',  ubi  aedificium 
ecclesiae  est,  totum  etab  integro  cedo  Deo  et  Sancto  Martino, 
tali  scilicet  ratione,  ut  nec  ego,  nec  uUus  ex  heredibus 
meis,  aut  uUa  immissa  persona,  intra  cruces  quae  ob  defen- 
sionem  loci  positae  sunt,  aliquid  inquietare  praesumat 
aut  inquirere  -^  ...  Mansionem  vero  quam  ad  ecclesiam  jam 
dictam  habuero  erit  terrestris  ^  et  de  •'  duodecim  brachia  ; 
quam  tali  conventu  tenebo,  ut  de  ipsa  non  moveam,  nec 
revertar  ad  ullummale  faciendumalicui  homini  vel  feminae. 
Et  dum  ego  non  fecero,  monachi  et  praepositus  ejusdem 
loci  eam  teneant,  et  faciant  in  ea  quicquid  eis  necesse 
fuerit,  eamque  de  manu  abbatis  et  praepositi  ejusdem  loci 
habebo  ... 


1.  Tarnac,  comni.  du  cant.  de  Buf?eat,arr.  Ussel.  —  Nous  adressons  tous 
nos  remerciements  à  M.  A.  Petit,  archiviste  de  la  Gorrèze,  qui  a  bien 
voulu  l'cviser  les  textes  que  nous  publions  et  identifier  quelques  noms  de 
lieu  et  de  personne  qui  y  sont  mentionnés. 

2.  Ribeira  serait,  d'après  Champeval,  le  village  de  la  Chapelle  (voy. 
Bull,  cil.,  t.  XIV,  p.  34  1,  comm.  de  Tarnac). 

3.  conqiiirere,  Baluze. 

4.  Synonyme  de  ferrena,  c'est-à-dire  faite  déterre. 

5.  Manque  de  dans  Hal.  Ce  passasse  indique  le  mode  de  mesure  en  usage 
dans  cette  région  du  Centre  vers  1  an  mil.  Une  indication  relative  au\ 
dimensions  d'une  demeure  privée  à  construire  à  cette  époque  est  rarissime, 
à  notre  c/jnnaissance.  —  Poiu'  une  date  ultérieure  (1055),  cf.  inf'ra  le  texte 
relatif  à  Licairac,  près  de  Carcassonne  :  «  ad  faciendam  mansionem  de  sex 
brachiatis  longitudinis  et  latitudinis  ex  omnibus  partibus  ». 


|1 000-1 103J  DE    LARCIIITI'XTLRE   EN    FRANCE  15 


[Vers  1070.]  —  Inparochia  1  ecclesiaeSanctiBoniti^...  Hoc 
autem  ipse  Gauzcelmus  de  Petrabuferia  -^  postea  dévote 
adimplevit  ad  ostium  cimeterii  Sancti  Martini  quod  est  ante 
portam  ecclesiae  S.  martyris  Juliani',  corani  domno  abbate 
Fruino  •'  et  Geraldo  de  Latofavo,  monacho,  qui  ipsam 
construxit  ecclesiam,  et  coram  Archambaldo  vicecomite"... 


...  Anno  '  dominicae  Incarnationis  M  G  III  indictione 
XI,  III  idus  Junii,  papa  Paschasio  in  romana  sede  praesi- 
sidente,  Philippe  rege  régnante,  domno  Willelmo  abbate 
istius  Tutelensis  monasterii  pastoralem  curam  ag^ente,  idem 
monasterium  jam  pêne  vetustate  consumptum,  coeptum 
est  reaedificari  novum.  Ad  cujus  construetionem  quique 
comprovinciales  coeperunt  adjutorium  ^  impendere,  prout 
cui({ue  facultas  et  bona  voluntas  attribuit.  Inter  quos 
Bernardus  vicecomes  ^,  dédit  Deo  et  Sancto  Martine  ad  aedifi- 
cationem  ^^  ipsius  monasterii  quandam  partem  nemoris  quod 
habebat  super  pontem  de  Gornilio  "  co^nominatum,  sicut 
termini  ipsius  divisionis  désignant.  Factum  est  autem  hoc 
donum  in   suprascripto  anno,  V.  Kal  '^.    Januarii,    in  ipso 


1.  Carlul.,  cil.,   p.  105. 

2.  Saint-Bonnet-rEnfanlier,   conim.    du  cant.    de   Vigeois,   arr.   Brivc. 

3.  Pierre-BulTière,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  Limof^es  (Haute-Vienne). 
S.  Ej^lise  de  Saint-Julien,  paroisse  de  Tulle. 

5.  Frudino.  Baluze. 

6.  Archambaud,  d'après  Champeval,  aurait  été  vicomte  de  Coniborn. 
(comm.  d'Estivaux,  cant.  de  Vif^eois). 

7.  Ciirlul.  cil.,  p.  137-138. 

8.  adjiitoria,  Baluze. 

9.  Bernard,  vicomte  de  Comborn,  daprés  Champeval.  Baluze,  en 
publiant  ce  qui  suit,  a  joint  ce  texte  au  précédent  ;  Champeval  a  séparé  les 
deux  textes. 

10.  edificalionem,  Baluze. 

11.  Cornelio,  Baluze —  Cornil,  comm.  du  cant.  et  arr.  de  Tulle.  Il  existe 
encore  un  pont  en  ruines  à  environ  »00  mètres  en  aval  du  pont  actuel, 
dans  la  comm.  de  Cc^rnil. 

12.  c,%l..  Gall.  christ. 


16  TEXTES   RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1000-1200] 

nemore,  in  manu  Stephani  secretarii,  testibus  Rigaldo  de 
Bolciaco  monacho  '...  Ibidem  fecit  ipse  vicecomes  omnibus 
rusticis  ad  quorum  mansos  pertinebat  idem  nemus,  dare 
quidquid-  in  eo  requirere  poterant  dimissis  annuatim  qua- 
tuor solidis,  et  dimidium  modium  inter  annonam  et  civa- 
dam . . , 


IV 


Vers  l'an  1000  —  fin  du  xii"  siècle. 

Travaux  de  construction  et  de  décoration  accomplis  dans 
V église  et  les  bâtiments  de  Vahbaije  de  Saint-Florent^ 
près  de  Saumur  ;  autres  travaux  d'architecture  et  d^ hy- 
draulique exécutés  dans  les  bâtiments  ou  domaines  de 
cette  abbaye  ,'  mention  d^églises  et  de  chapelles  con- 
struites ou  rebâties  soit  e/i pierre,  soit  en  bois.  —  Fondation 
du  monastère  de  Saint-Nicolas,  à  Angers,  par  le  comte 
Foulque  III.  —  Choix  de  remplacement  du  monastère  de 
Saint-Florent-le-Vieil  et  du  château  de  Mont  donne; 
ancien  cimetière  fortifié  ;  mention  de  moines  constructeurs. 

Ilistoria  sancli  Florenlii  Salinarensis ,  clans  les  Chroniques  des  éçflises 
d'Anjoii^,  publ.  par  Marchegay  et  Mabille  (Soc.  hist.  de  France^  186», 
p.  257,  263,  275-279,  281-282,  285,  289,  296,  306-307,  310-312. 


1.  inoiuict),  Gall.  chrisl. 

2.  (fiiicqiiid^  Baluze. 

3.  Sur  la  valeur  de  ces  chroniques,  voy.  notamment  G.  Monod,  Rev. 
hist.,  t.  XXVIII,  p.  263-267.  Il  y  a  lieu  de  se  référer  aux  pp.  211-213  de  la 
susdite  édition  de  ces  sources  importantes  pour  l'intcllifïence  des  0.\traits 
suivants  :  car  on  y  trouvera  le  récit  des  importants  travaux  de  construc- 
tion et  dornementation  qui  eurent  lieu  sous  l'abbatiat  d'Amalbert,  dans  la 
deuxième  moitié  du  x°  siècle  (956-985).  Nous  en  extrayons  notamment  ce 
qui  suit,  pour  la  description  de  l'ancienne  éf,'lise:  «  Tria  tantummodo  alta- 
ria,  hoc  est  matutinale  et  membrorum,  parva  solum  maceria  arcuata  toge- 
bat  ;  reliquum  aedilicium  lignnrum  caméra  depicta  operiebatur.  In  porti- 
cu  basilicae,  quatuor  unius  altitudinis  erant  maceriac,  super  quas,  in  alla 
fahrica  lig  nom  m  si(f  lia  majora  congruentis  magnitudinis  dependebant  ; 
mediae  vero  maceriae  et  navis  ecclesiae  columnis  arcualis  consistebant. 
Campanae  horis  diurnis  in  choro  trahebantur...  »  Sur  l'usage  de  revêtir  de 
peintures,  au  xi'  siècle,  l'intérieur  d'importantes  églises  monastiques,  voy. 


ri 000- 1200  DE  l'architecture  EN   FRANCE  T7 

Sub  '  tempore  patris  hujus,  Roberti  [deBlesis  -,  abbatiis], 
claustralis  fabrica  mira  lapidum  sculptura  cum  -versuum 
indiciis  ^  ac  picturarum  splendoribus  est  polita.  Ipse  enim 
praefatus  pater  multitudinem  copiosam  ornatuum  inaudi- 
toruni,  diligens  exquisitor,  adquisivit  :  videlicet  magno- 
rum  ex  lana  dossalium,  cortinarum,  fasterdium,  tapetum, 
bancalium  caeterorumque  ornatuum  variis  imaginibus 
insculptorum  ^... 

Quidam''  sancti  monachi  ...  hau[d]  longe  a  Castro  Sal- 
muro  oratorium  cum  mansiunculis  composuerunt,  Deoque 
ibidem  non  segniter  adhaerentes,  doctrina  plurimos  ac  vir- 
tutibus  instruxerunt.  Quibus  defunctis  ibique  sepultis, 
locus  cum  mansiunculis  postea  funditus  est  destructus, 
Postmodum  vero  ...  sub  umbra  albae  spinae  extracta  cor- 
pora  sanctorum  intra  veteris  maceriae  vestigia,  cum  sarco- 
fagis  et  membranissanctis,  abbas  Kobertus  omnisque  plebs 
reposuit,  et  desuper  in  honore  sancti  Vincentii  ligneam^ 
ecclesiam  aedificavit  .. , 

[1013-1022.] —  ...  InpagoMedalgico"  . . .  monachi... apud 


surtout  la  chronique  du  Mout-Cassin  (1058-1087),  à  propos  de  l'abbé  Didier: 
«  parietes  quoque  omnes  pulchra  satis  colorum  omnium  varietate  depin- 
xit  ».  —  La  description  ci-dessus  montre  que  la  base  du  clocher,  construit 
sur  la  façade  principale  de  l'église  abbatiale,  était  formée  par  une  tour  rec- 
tangulaire en  maçonnerie,  et  que  les  cloches  étaient  suspendues  dans  une 
haute  construction  en  charpente.  C'est  ce  qui  devait  avoir  lieu  souventalors. 
Cf.  R.  Merlet  etClerval,  Un  ms.  chartrain  du  XI' s.  (à  propos  des  anciennes 
tours  de  l'église  de  Chartres),  p.  76  et  s. 

1.  Op.  cil.,  p.  257. 

2.  Robert  de  Blois,  abbé  de  985  à  101 J . 

3.  Sur  l'emploi  dos  inscriptions  en  vers  latins  dans  les  églises  monastiques 
à  l'époque  romane,  voy.  infra  la  note  que  nous  avons  jointe  à  nos  extraits 
de  la  Vita  Gauzlini  {n°  VII). 

i.  Sur  l'emploi  de  ces  tapis,  tentures  et  ornements  divers  destinés  à  l'é- 
glise et  à  sa  décoration  pendant  les  fêtes  et  solennités,  voy.  ibid.,  pour  plus 
de^détails,  p.  258;  cf.  infra,  le  n°  XXI  et  le  texte  des  Coutumes  de  Farfa. 

5.  P.  262.  L'église  de  bois  dont  il  va  être  question  fut  bâtie  avant 
1011. 

6.  Les  petites  églises,  les  chapelles  ou  les  oratoires  construits  en  bois  sont 
encore  nombreux  à  cette  époque  ;  VHistoria  Sancli  Florentii  Salmurensis 
en  oirrc  plusieurs  exemples. 

7.  P.  266.  Il  s'agit  ici  de  Tabbatiat  de  Géraud  de  Thouars.  —  Les 
Manges,  pays  de  1  ancien  Anjou,  et  primitivement  du  territoire  Picton 
(Poitou),  compris  en  Maine-et-Loire,  où  il  forme  la  majeure  partie  de  l'ar- 
rondissement de  Cholet  (Maine-et-Loire). 

2 


18  TEXTES  RELATIFS  A  l'lIISTOIRE  [1000-1200] 

Espetven^,  lapidea  diruta,  majorem  ligiieam'  construxerunt 
ecclesiam,  aevo  in  nostro  senio  jam  consumptam  ... 

[1020  environ  3.]  —  Quodam  temporeFulco'*  cornes,  secun- 
do ab  Jérusalem  re versus,  per  Andegavis  aulae  fenestras 
columbam  cementum  saepe  ferre  et  cavitatem  cujusdam 
petrae  implere  conspexit.  Tune,  quod  in  maris  periculo 
voverat  et  mente  tractabat,  monasterium  Sancti  Nicholai^'e 
vestigio  lapidis  anno  MXX"  fundavit 

[Vers  102o.J  —  Tune  temporis  in  Montis  Buelli  '^  vertice, 
versus  urbem  Turonicam,  Fulco  comes  castrum  firmissi- 
mumfecit  ...  Tune  Fulco,  Salmurum  vacuum  esse  et  solum 
recogitans,  retrog-ressum  dirigit  ...  castellum  obsidens,  vi 
accepit,  et  a  Castro,  ruinani  incendii  funditus  perpessuro, 
reverendam  patris  Florentii  glebani  extraxit.  Abbas  autem 
Fredericus  ^  et  monachi.,.,  assumpto  corpore  sancti  patroni 
et  sanctorum  reliquiis,  exierunt,  anno  MXXV"  ...  Tria 
signorum^  praecipua  tantum  igni  fuerunt  subducta  :  scilicet, 


1.  Espevan  (Speuanum),  aujourd'hui  Saint-Macaire-en-Mauges,  cant.  de 
Montfaucon,  arr.  Gholet  (voy.  Géi.  Port,  Dict.  Iiistor...  de  Maine-et-Loire, 
t.  III,  p.  416).  Sur  les  constructions  de  Foulque  III,  voy.  L.  Halphen,  Le 
comté  d'Anjou  au  XI'  siècle  (1906),  p.  153  et  s. 

2.  C'est  d'ordinaire  le  contraire  qui  eut  lieu  :  aussi  ce  fait  peu  fréquent 
est  à  remarquer.  L'église  n'eut  pas  une  longue  durée  ;  celle  qui  la  rem- 
plaça fut  consacrée  à  la  fin  de  l'an  1119,  en  vertu  d'une  bulle  du  pape 
Calixte  II,  dont  on  a  le  texte  [Chron.  des  églises  d'Anjou,  p.  267,  n.  1  ; 
U.  Robert,  Bull,  de  Calixte  II,  63).  Il  n'y  a  pas  lieu  d'en  être  étonné 
dans  cette  région  qui,  au  début  de  l'époque  romane,  a  un  caractère 
assez  exceptionnel.  «  Dans  la  vallée  de  la  Loire,  au-dessous  d'Orléans, 
dit  Quicherat  {Mél.  d'archéol,,  p.  436),  le  renouvellement  des  églises 
s'opéra  sous  l'empire  des  vieilles  traditions,  qui  y  persistèrent  un  bon 
tiers  de  siècle  après  qu'elles  avaient  été  abandonnées  ailleurs.  » 

3.  P.  275, 

4.  Foulque  III,  quatrième  comte  d'Anjou  (987-1040). 

5.  Il  s'agit  du  monastère  de  Saint-Nicolas,  à  Angers. 

6.  P.  276.  La  Motte-Montboyau,  com.  de  Saint-Gyr-sur-Loire,  arr. 
Tours. 

7.  Frédéric  de  Tours,  sixième  abbé  de  Saint-Florent  (1022-1055).  Le 
CAstrum  de  Saumur  avait  deux  portes,  à  l'est  et  à  l'ouest  :  porta  orientalis, 
occidentalis  (p.  277). 

8.  Cf.  ibid.,  p.  271,  un  curieux  passage  sur  la  fonderie  des  cloches  et 
sur  les  surnoms  qu'elles  portaient  :  «  factumque  signum  ab  auctore  suo, 
Gelduinus  est  dictum  ;  vocatur  tamen  ob  soni  puritatem  Clarellus.  » 
Sur  les  cloches  au  moyen  âge,  voy.  .1.  Berthelé,  Enquêtes  campanaires, 
notes,  études  et  documents...  du   VII I'  au  XX'  siècle,  1903. 


[1000-1200  DE  l'architecture  EN  FRANCE  19 

Vox  Domini  vocatum,  et  aliud  a  seniore  Gelduino  ^  compo- 
sitiim  necnoii  memoiatum  ab  ejus  filio  Gelduino  factum. 
Gampana  quoque  argento  permixta,  sonora  atque  dulcis- 
sima,  quae  long-e  post  in  novo  facta  monasterio,  in  nocte 
Assumptionis  Sancte  Dei  genetricis,  lecto  ab  abbate  Frede- 
rico  evangelio  super  tluvio  tractu,  super  arcuatam  turrem 
cadens  minutata,  denuo  ab  aurifice  Odolrico  minus  valens 
est  conflata...  [Monachil  ad  ecclesiam  Sancti  Hilarii,  ad  lo- 
cum,  oui  Griptas  nomen  est  impositum,  [pervenerunt]... 
tum  Fredericus  abbas  et  Letardus  prior  cum  septeno  fra- 
trum  numéro  tam  diu  manere  difïinierunt,  facientes  pro 
posse  opus  divinum, . . 

[1026  et  s.  2,]  —  Quibus  locum  perquirentibus,  nec 
mora  praelectus  a  Domino  locus  est  inventus,  qui  olim 
Bonali  Vadum  '  est  dictus,  secus  Thoerii  fluvium,  ad 
campum  spinosum,  ubi  anno  MXXVI",  mense  auguste, 
illud  magnificum,  Deo  auctore,  coeperunt  monasterium. 
Gujus  fabricae  eatenus  quotidie  per  diversa  operariorum 
numerus  insistebat  ;  cum(|ue  per  diem  omnes  sollicite  nume- 
rarentur,  unus  semper  inveniebatur  in  opère  qui  nusquam 
apparebat  in  retributione .  Huic  structurae  sanctitate  ac 
pietate  praecipua  Hildegardis'*  comitissa  praestantissimum 


1.  Gclduin.  seigneur  de  Saumur  (voy.  ibid.,  p,  275).  —  Voy.  op.  cit., 
p.  2i2,  ce  qui  est  dit  du  clocher  et  des  cloches  de  Saint-Florent  dans  la 
deuxième  moitié  du  \°  siècle. 

2.  P.  279. 

3.  Il  s'agit  d'un  gué  sur  le  Thouel,  affluent  de  la  rive  gauche  de  la  Loire. 
Notre  confrère,  M.  Dupond,  archiviste  des  Deux-Sèvres,  a  bien  voulu  nous 
informer  qu'il  n'y  a  pas  dans  cette  région  de  nom  de  localité  ou  de  lieudit 
qui  puisse  en  dériver,  vérification  faite  sur  les  cartes  et  les  atlas  cadas- 
traux. Cette  dénomination  n'existe  pas  dans  le  Dut.  lopographiqae  des 
Deux-Sèvres,  de  15.  Lcdain  (1902  .  Nous  ne  voyons  pas  de  raison  pour  iden- 
tifier celte  ancienne  localité  avec  Bonneval-lès-Thouars,  dans  le  Thoua- 
rais  (Haut-Poitou).  Suivant  d'Kspinay  [Notices  archèol.,  deuxième  sér., 
Angers,  1878,  p.  50),  il  s'agirait  bien  ici  du  monastère  de  Saint-Florent, 
"  lieu  parfaitement  situé  à  mi-côte  dominant  le  Thouet,  en  face  de  Sau- 
mur, au-dessus  du  gué  qui  servait  à  passer  cette  rivière  ;  cet  endroit 
s'appelait  alors  le  «  Champ-Epineux  »  (aujourd'hui  com.  de  Saint-Hilaire- 
Saint-Florent.  arr.  Saumur).  C'est  aussi  l'avis  d'un  érudit  compétent, 
M.  J.  Berthelé,  qui  s'est  intéressé  à  notre  recherche. 

i.  Ilildegarde,  comtesse  d'Anjou,  bienfaitrice  de  Saint-Florent,  enterrée 
à  Saint-Nicolas  dWngers.  La  proximité  relative  de  cette  nouvelle  cons- 
truction a  dû  l'engagera  s'en  faii'c  la  protectrice. 


20  tp:xtes  iu:latifs  A  L  FirsToiRi-:       [1000-1200] 

contulitadjumentum.  Suum  insuper  carnetum  rétro  Beatae 
Mariae  criptam. . .    aedifîcaverat. 

Denique  Fulco  cornes  versus  Thoarcenses  '  in  jus  Sancti 
Florentii  castellum,  ex  monte  et  nido  falconum  ~  nuncupa- 
tum,  instituit,  quod  duodecim  coacti  a  monachis,  Espevan 
degentibus,  cum  aliis  opéra riis  peregerunt. 

1030  (après)  3.  —  Fulco  ^  vero  cum  filio  GolTredo  ^  et 
uxore  Agnete...  Glomnam  ''  montem  tetenderunt  et  in 
occidentali  parte  montis  castellum  determinarunt.  Quod 
excidium  monachi  cum  habitatoribus  reverentes,  multis 
precibus  ne  castellum  ibi  fîeret  comitibus  persuaserunt. 
Qui  comités  paululum  cedentes,  priscam  defensionem  dua- 
rum  ecclesiarum  cjmiterium  "'  ambientem,  quod  ritu  veteri 
crux  ^  ad  orientem  et  alia  ad  occidentem  sita  propter  infrac- 
tiones  praemonstrabat,  construxerunt  et  monachis  ad  cus- 


1.  Thouars,  auj.ch.-l.  de  cant.,  arr.  Bressuire  (Deux-Sèvres).  Cf.  castel- 
lum Thoarcii  [Chr.  S.  Maxenl.  Pictav.,  en  llOi,  dans  les  Chroniq.  des  égl. 
d'Anjou,  p.  422).  —  Voy.  sur  Thouars,  B.  Ledain,  op.  cit.,  p.  272. 

2.  Montfaucon,  sur  les  conlins  de  Bas-Poitou  et  de  la  Bretagne,  auj.  ch.- 
1.  de  cant.,  arr.  Cholet (Maine-et-Loire). 

3.  P.  282.  cf.  Chron.  de  Aantes,  éd.  Merlet,  p.  139-140. 

4.  Foulque  III,  ditNerra,  quatrième  comte  d'Anjou. 

5.  GeoUroi  Martel,  cinquième  comte  d'Anjou  (10.40-1060). 

6.  Il  s'agit  de  Mont-Glonne,  autrement  dit  du  château  de  Saint-FIorent- 
le-Vieil  (arr.  de  Cholet,  Maine-et-Loire).  Plusieurs  chartes  se  rapportent  à  la 
construction  de  ce  château.  Voy.  notamment  Livre  Noir,  fol.  96,  et  Livre 
d'argent,  fol.  48.  Une  motte  et  de  hautes  palissades  de  bois  servirent  à  pro- 
téger l'asile  du  monastère  ;  cf.  l'acte  suivant:  «  Ego  Gauflridus,  Andegaven- 
sium, divinagratia, comes,avus  meusetavunculus  casfeiiu  m  ierrae^/ue  cum  u- 
lo  ac  lignis  magnae  alliludinis  asilum  circa  monasleriiim  Beati  Florentii, 
quod  Vetusdicilur,  construxerunt,  annuentc.abbate  Frederico  et. ..mona- 
chis... »  {(Jart.  noir  de  Saint-Florent,  fol.  57-58;  domHousseau,  112,u"635). 
—  Cf.  l'asile  fortifie  du  monastère  de  Saint-Trond,  en  Flandre,  qui  existait 
déjà  du  temps  de  l'abbé  Adélard  II  (1055)  et  fut  renforcé  vers  la  fin  dudit 
siècle  (Pertz,  Script.,  t.  X,  Gesta  ahb.  Trudon.,  p.  242). 

7.  Un  passage  des  Miracula  sancti  Benedicti  (1.  VIII,  §  1,  éd.  de  Certain, 
p.  277),  par  Raoul  Tortaire,  nous  montre  qu'au  xi"  s.  le  cimetière  de  l'église 
de  Germigny,  dans  l'Orléanais,  était  fortifié,  et  cet  exemple  n'était  pas 
isolé  :  «  Siquidem  habebat  eadeni  ecclesia  coemelerium  vnlli  munimine 
circumdatum  »  (ann.  1031-1060).  Viollet-le-Duc,  Dict.  de  l'archil.,  l.  III, 
p.  2i7,  art.  Cimetière,  ne  parle  point  de  cimetière  fortifié.  Cet  exemple 
vient  à  l'appui  des  remarques  de  M.  Enlart  {Man.  d'archéol.  fr.,  t.  II,  arch. 
mil.,  p.  545  et  s.). 

8.  Il  s'agit  ici  de  croix  servant  de  délimitation  et  de  sauvegarde  k  un 
terrain  relisrieux. 


[1000-1200]         D1-:  l'architecturk  en  frange  21 

todiendum  dimiserunt,  Aggerem  quoque  in  prospecta  monas- 
terii  cum  curte  lignea  erexerunt.  Quod  castrum  cum  offi- 
■cinis  claustri  duo  monachi  Glomnenses,  Thetbaudus  prae- 
positus^  et  Albaldus  cellerarius,  lapideo  robore  concluse- 
runt,  qui  per  annos  circiter  sexaginta  mirabili  instantia 
ipsum  locum  gubernarunt  atque  instauraverunt. . .  Altaria^ 
•omnla,  quae  Deo  fuerant  consecrata,  violata  sunt  atque  con- 
fracta,  Sub  qua  destructione  maceriae  veternosae,  hedera 
repletae,  non  multae  altitudinis,  latum  claustri  spatium 
quadrifarie  claudebant,  portentantes  quatuor  magnas  domos 
ibi  fuisse  diversis  ministeriis  attributas  :  quae  maceriae  a 
(lomo  dextro  membro  contra  meridiem  adhaerenti  ad 
orientem  extensae  infirmorum  officinas  viridariumque  con- 
tinebant.  Sed  quoniam  modérais  usibus  erant  discordes, 
mediocrem  couventum,  pluribus  eversis  mansionibus,  cons- 
lituerunt.  Duos  propter  domorum  fundationem  puteos^, 
unum  in  refectorio,  alterum  in  cellario  obturantes,  alios 
foderunt... 

[1061.]  — Anno  igitur  Incarnationis  dominicae  MLXI... 
<lie  dominico  Paschae,  XVII"  kal.  maii,  mense  junio,  XVIIl" 


1.  Le  rôle  que  \e  praepositus  et  le  cellerarius  d'un  monastère  avaient  à 
remplir  au  point  du  temporel,  les  amenait  souvent  à  soccuper,  le  pre- 
mier surtout,  de  constructions,  soit  en  aidant,  soit  en  remplaçant  même 
Voperarius,  qui  maintes  fois  n'apparaît  pasdans  les  charteset  leschroniques. 
Ici,  notre  texte  très  précis  donne  les  noms  mêmes  des  constructeurs  em- 
ployés au  travail  ci-dessus. 

2.  P.  285.  —  L'auteur  de  la  chronique  revient  sur  le  passé  des  construc- 
lions  de  Saint-Florenl-le- Vieil  et  leurs  dévastations  à  l'époque  carolin- 
î;ienne,  sous  Charles  le  (Chauve,  et  sur  leur  destinée  dans  les  temps  qui 
suivirent.  Voir  sur  les  anciens  autels,  leur  situation  et  leur  dénomination, 
llistor.sa.ncti  Floreniii...,  p.  242  et  s.,  au  sujet  de  l'abbé  Amalbert  (956-985). 

3.  Ce  passage  précis  corrobore  exactement  les  observations  de  Viollet- 
le-Duc  sur  l'origine  des  puits,  dont  «  il  existe,  dit  cet  auteur,  encore  un 
grand  nombre,  du  moyen  âge,  dans  nos  vieilles  villes,  dans  les  châteaux, 
les  cioi<res.  les  palais  et  les  maisons...  Ces  puits  avaient  primitivement 
«té creusés  pour  les  besoins  delà  construction.  La  plupart  des  cloîtres  des 
monastères  étaient  pourvus  d'un  puits  quand  la  situation  des  lieux  ne 
permettait  pas  d'avoir  une  fontaine  à  (leur  de  terre...  »  {Dict.  de  Varchit. 
fr.,  t.  Vn,  p.  562).  Cf.  supra  [Chron.,  p.  243),  à  propos  de  l'administration 
<le  l'abbé  Amalbert  et  de  l'œuvre  architecturale  qui  fut  entreprise  par  ses 
«oins  :  «  Aquae  penuriam  claustri  puteus  exterior  relevabat  :  nam,  sufTos- 
sis  ecclesiae  parietibus,  forti  caemento  et  lapidum  curvatura,  occulto  meatu 
aqua  in  lavatorium  emergebat,  et  per  caeteras  oflîcinas  cursu  subterraneo 
<lerivabat.  Hic  autem  puteus  foris  secus  cellarium  existebat.  » 


22  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1000-1200] 

kal.  jul. ,  dedicatum  est  monasterium Sancti  Floreritii  Senioris 
a  domno  Eusebio',  Andegavensi  episcopo,  in  honore 
Sancti  Salvatoris  et  sancti  Florentii  confessoris...  Altaria 
vero  ipsa  tune  denuo  sunt  consecrata... 

Quodam^aestivo  tenipore,inecclesiaSanclaeMariae,  quae 
Marielensis"^  vul^o  dicitur,  res  accidit  talis.  Nam  ... 
domus  Rainaldi,  cognomento  Manzelli,  eidem  ecclesiae 
adhaérens,  ab  ig-ne  apprehensa  est,  nulloque  penitus  defen- 
dente,  ecclesia  quae  tota,  praeter  vetustissimas  macerias, 
erat  lignea^  ab  i<^ne  est  consumpta... 

[1055-1070.] —  Domnus  •'•  abbas  Sigo  ...  in  ornamentis 
quoque  pulchrisconstruendis  de  auro  et  arg-ento,  circa  duo 
altaria  quae  sunt  in  presbiterio,  ut  domnus  abbas  Frede- 
ricus,   sagax  fuit ... 

[1128  ou  1129-1155,]  — Matheus"  nomine,  de  Castro 
Lausduno'  [abbas]  ...  fecit  dossalia  duo  egregia,  quae 
praecipuis  solemnitatibus  extenduntur  in  choro  ;  in  quorum 
altero  viginti  quatuor  seniores  cum  cytharis  et  phialis 
depinguntur,  in  reliquo  Apocalipsis  Johannis  opère  descri- 
pta  est  eleganti.  Fecit  insuper  quosdam  mirae  pulchritu- 
dinis  pannos,  sagittariis  et  leonibus  et  caeteris  qviibusdam 
animantibus  figuratos,  qui  in  navi  ecclesiae  festis  solemni- 
tatibus appenduntur  ^.  Ipsa  quoque,  de  qua  loquimur,  navis 
ecclesiae  arçuato  opère  ipsius  tempore  incoepta  est  et  com- 
pléta ... 


1.  Eusèbe  Brunon,  évoque  d'Angers,  de  10i7-i8  à  1081 . 

2.  P    289. 

3.  Marillais  (Le),  cant.  de  Saint-Florent-le-Vieil.  an-.  Gholel  ;  cf.  Cél. 
Port,  op.  cit.,  t.  III,  p.  597. 

i.  Curieuse  mention  d'église  de  bois,  avec  des  murs  de  pierre,  qui 
devaient  probablement  dater  de  la  fin  de  la  période  carolingienne  et 
appartenir  au  petit  appareil  de  construction  de  cette  époque.  Pour  le 
mot  maceriae,  cf.  supra  (p.  16,  n"  3)  l'extrait  concernant  les  constructions 
faites  sous  l'abbaliat  d'Amalbert,  dans  la  deuxième  moitié  du  x"  siècle. 

5.  P.  296. 

6.  P.  306. 

7.  Loudun,  aujourd'hui  ch.  1.  d'arr..  Vienne. 

8.  Voy.  ci-dessus,  p.  17,  n.  4;  nous  verrons  encore  d'autres  textes  rela- 
tifs à  ce  genre  de  décoration  des  églises. 


[1000-1200]  DE    l'architecture    en    FRANCE  23 

[1156.]  —  Stephanus  de  Rupe  Fulcaudi  '  ...  dum  prio- 
ratu  hujus  coenobii  fungeretur  ,  capituluni  hujus  ecclesiae 
sub  dormitorio  silum,  arcuato  opère,  (sub)  tam  egregia  venu- 
state  et  artifîciosa  subtilitate  construxit,  ut  per  universum 
regnum  Franciae  vix  aut  nunquam  consimile  valeat  repe- 
riri.  Fecit  insuper  capellam  infirmorum  ~  domui  cohaeren- 
tem,  in  honorem  j^loriosae  Virg'inis  Mariae,  sanctique 
Nicholai  episcopi  saiictorumque  ablxitum  Benedicti  atque 
Columbani,  ab  Ulgero,  Andegavensi  episcopo,  et  Iterio, 
Nannetensi,  celebriter  consecrandam... 

[1 1()0-1 174,]  —  Hujus  patris  [Frogerii  de  Sancto  Loancio, 
abbatis]  tempore,  claustium  monachorum  novo  et  eleganti 
opère  est  constructum,  et  arcus  lapideus  qui  inter  capitu- 
luni et  dormitorium  est  erectus.  Pontem  etiam  de  Salmuro, 
tradente  venerabili  rege  Anglorum,  Henrico,  recepit  ... 
data  tamen  non  modica  quantitate  pecuniae,  quae  pro 
eodem  ponte  Turonis  debebatur. 

[1176.]  —  [Radulphum,  natione  Normannum,  abbatem] 
devotio  fratrum  in  dextro  abside  monasterii,  juxta  (h)ostium 
sacristariae  •^,  venerabiliter  replevit... 

[1176-1203.]  —  [Maynerius  abbas]  multa  aedificia  fecit, 
utpote  introitum  ecclesiae  cum  galilea,  refectorium,  domus 
infirmorum,  locutorium  '', . . 


1.  La  Rochefoucauld,  aujourd'hui  ch.-l.  de  cant.",  arr.  Angoulême, 
Charente. 

2.  Sur  les  infirmeries  dans  larcliitecture  monastique  et  sur  les  chapelles 
annexées  à  ces  établissements,  voy.  Enlart,  Man.  d'archéol..  t.  II,  p.  18. 
Cf.  Ordo  cliiniacensis,  c.  m,  de priore  claustrali. 

.î.  On  lit  plus  loin,  p  238  :  «  [Guilliermi  de  Culturis,  abbatis]  corpus  sepul- 
tum  fuit  ad  (h)ostium  ecclesiae,  atT(jris,  quo  itur  ad  infirmitorium,  prope 
capellam  Virginis.  sub  quodam  arcuato  opère.  » 

l.  Galilaea,  à  proprement  parler  l'ancien  narthex,  près  du  portail  où  se 
tenaient  autrefois  les  pénitents,  et  ceux  qui  ne  devaient  pas  être  mêlés  aux 
fidèles.  Toutefois  ce  terme  sij^nifie  souvent  porche  d'éfflise  ou  jralerie,  fai- 
sant partie  delà  nef  avoisinant  la  grande  porte.  On  trouve,  dans  des  textes 
du  XI"  et  XII'  siècle,  mention  de  «  galilées  »  de  différentes  églises.  Dans 
l'ouest,  dans  la  région  du  Maine,  celles  de  Saint-Facilc-de-Lucé,  de  Saint- 
Martin  deSarcé,  de  Saint-Malo-de-Sablé,  de  Saint-Pierre-de-Meileray,  près 
deMontmirail  (Carful.  de   Saint-Vincent-dn  Mans,  col.  167.191,  218,  440). 


24  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1001-1009] 


1001-1009. 

Fondation  et  consécration  de  Véglise  abbatiale  de  Saint- 
Martin-du-Cani(jou^  au  diocèse  d'Elne,  en  Houssillon, 
construite  par  le  moine  Selva,  sur  l'oindre  du  comte 
Guifred. 


Chronicon     brève     monaslerii   Canigonensis  \  dans    Vlllst.  (/énérale    de 
Languedoc,  nouw  éd.,  l.  V  (1875),  col.   54-55,  n"  11. 
(Cf.  Baluze,  Miscellanea,  lib.  II  (1679),  p.  309-310.) 

Anno  Dominl  MI,  era  MXXXIX,  anno  VI  Rodberti  régis, 
indictione  XIV,  Guifredus  cornes  coepit  edifîcare  monas- 
terium  Sancti  Martini   Ganigonensis. 


Voy.  Ledru  {ahhé),  La  Cathédrale  Saint-Julien  du  Mans  (I90ù,  p.  182.  A 
lest,  en  Bourgogne,  ce  terme  se  rencontre  dans  les  textes  relatifs  aux 
coutumes  de  l'abbaye  de  Saint-Bénigne  de  Dijon  (voy.  L.  Cliomton, 
Hist.  de  Véglise  Saint-Bénigne  de  Dijon  (1900),  index  lexicologiqne,  \" 
Galilaea,  p.  469.  Dans  les  anciens  cloîtr0s  des  Chartreux,  on  distinguait 
autrefois  la  galilaea  major  et  la  galilaea  minor  iAntiq.  Statut.,  p.  2, 
c.  12,  et  p.  3,  "c.  28,  cit.  par  Le  Couteulx,  Ann.  ord.  Cari.,  t.  I  (1888),  p.  16.) 
Cf.  Kraus,  Gesch.  der  christl.  Kunst,  t.  II,  p.  123-124.  Voy.  enfin  les 
importants  statuts  clunisiens  de  Farfa  que  nous  publions  plus  loin,  et  où 
ce  terme  a  été  employé,  avec  l'indication  de  la  mesure  qui  s'y  rapporte. 

Introitus  ecclesiat  s'appliquerait  ici  au  portail.  La  nervure  à  un  seul 
tore,  de  style  Plantagenèt,  apparaît  dans  «  le  beau  porche  de  l'ancienne 
église  abbatiale  de  Saint-Florent-lès-Saumur,  qui  a  été  élevée  dans  le 
dernier  quart  du  xii"  siècle  (plutôt  vers  1180  que  vers  1200),  à  cause  de 
la  forme  plein  cintre  des  arcs  latéraux  et  de  l'ornementation  encore  en 
grande  pai-tie  romane  des  chapiteaux.  »  (J.  Berthelé,  L'architecture  Plan- 
tagenèt, dans  le  Congrès  archéol.  de  Poitiers  (1903j,  p.  250.) 

Certains  exemples  de  l'emploi  du  terme  collocutorinm  (parloir)  mé- 
ritent d'être  relevés  ici  :  «  In  orienlali  collocutorio  Casae  Dei  »,  dans 
Mabillon,  Ann.  ord.  sancti  Bened.,  V,p.  8,  au  sujet  de  la  Vie  de  saint  Robert, 
abbé  de  la  Chaise-Dieu,  en  Auvergne  (mort  en  1067)...  Cf.  aussi,  avant 
1151  :«  In  collocutorio  quod  situm  est  inter  cellariuni  et  refectorium.  » 
{Cartul.de  N.  D.  deJosaphat,  t.  I,  p.  221).  L'abbaye  de  N.-D.  de  Josaphat 
était  située  au  pays    et  diocèse  de  Cliartres. 

1.  Saint-Marlin-du-Canigou  ;  aujourd'hui  com.  de  Vcrnet,  cant.  et 
arr.  Prades  (Pyrénces-Orienlales). 


[1001-1009]         DE    l'architecture    en  FRANCE  2S 


Marca   hispanica,    col.    971,  Append.,  n°    CLX    [ex   Archiva   monasterii 
Canigonensis). 

In  nomine  Domini  Dei  aeterni.  Sub  anno  incarnationis 
Domini  nostri  Jesu  Christi  MVIIII,  aéra  millesima  XLVIII, 
indictione  VIIII,  IIII  idus  novembris,  veni  ego  Oliba, 
sanctae  sedis  Elenensis  episcopus,  in  suburbio  supradictae 
Elenae,  in  valle  Gonfluente,  in  locumquem  vocant  Ganigone, 
ad  consecrandam  ecclesiam^  ,  illo  in  loco  sitam,  in  honore 
sancti  Martini  episcopi  et  confessons  sanctaeque  Mariae  Vir- 
ginis  et  sancti  archangeli  Michaelis,  vocantque  coenobium 
Ganig-onis  in  monte  structum,  quod  extruxit  quidam  pres- 
byter,  nomine  Selva,  vel  monachus,  praecipiente,  ordinante 
et  in  on\nibus  perficiente,  atque  ad  plénum  effectum  per- 
ducente  domno  Guifredo,  gratia  Dei,  comité,  ejusque  con- 
juge,  nomine  Guisla,  qui  ditaverunt  praedictam  ecclesiam 
vasis  sacris,  scilicet,  calice  arg-enteo,cumpatenaetthuribulo 
argenteo  . . . 

;..  Ego  autem^  praedictus  Oliba,  concedo,  annuo  et  sacer- 
dotabiliter  firmo  praedicta  omnia  dom[u]i  sancti  Martini,  die 
consecrationis  ejus... 

Acta  est  autem  consecratio  praedictae  ecclesiae  vigilia 
sancti  Martini.  S[ignum]  Olibae,  gratia  Dei,  sedis  Elenensis 
episcopi. 


1.  Nos  textes  concernent-ils  léjïlise  actuelle?  «  On  l'a  dit,  et  il  est  pos- 
sible que  cela  soit,  parce  qu'on  n'a  pas  signale  dans  cette  église  de  com- 
binaisons dont  on  puisse  dire  avec  certitude  qu'elles  sont  postérieures  à 
1001-1009.  Mais  il  se  peut  aussi  qu'une  grande  partie  de  1  édifice  ait  été 
l'objet  d'un  remaniement.  »  (.1.  A.  Brutails,  L'archéologie  du  moyen  âge  et 
ses  méthodes,  1901,  p.  221).  C'est  uneéglise  romane  à  trois  nefs  etsans'dou- 
bleaux,  dans  lesquelles  les  voûtes  latérales  contrebulent  la  maîtresse 
voûte  ;  elle  est  extrêmement  pauvre  ;  avec  crypte  ;  les  supports  des 
arcades  sont  des  colonnes  monolithes,  basses  et  renflées,  à  chapiteau 
évasé  (voy.  le  même  auteur.  Notes  sur  l'art  religieux  du  Roussillon,  dans 
le  Bull,  archéologique  du  Comité,  1892,  p.  5j3  et  s.,  fig.).  ^  Avec  M.  Bru- 
tails, et  pour  les  raisons  qu'il  donne,  nous  sommes  d'avis  que  l'on  peut 
estimer  raisonnablement  que  l'église  a  été  remaniée,  et  que  les  recon- 
strurteurs  ont  même  pu  employer  les  colonnes  du   xi"  siècle. 


26  TEXTES    RELATIFS    A   l'hiSTOIRE  [1001-1031 


VI 


1001-1031   environ. 

Historique  et  description  de  la  reconstruction  de  Véglise 
abbatiale  Saint- Bénigne,  à  Dijon,  exécutée  par  les  soins 
de  l'abbé  Guillaume ,'  disposition  et  ornementation  de  la 
rotonde,  des  autels  et  du  tombeau  de  Saint-Bénigne. 

ChroniconSancti  Benicfiii  Divionensis  ',  d'après  le  texte  revu  par  L.Chomton 
dans  VHistoire  de  Veglise  Sainl-Béniçjne  de  Dijon,  p.  96-99  (Dijon,  1900). 
(Cf.  autre  édition  de  cette  chronique  par  lîougaud  et  Garnier,  dans   les 
Analecta  Divionensia,    Dijon,  1875,   p.  136  et    s.) 

Anno  sexto  sue  ordinationis,  Willelmus^  abbas  Romam 
perrexit  ad  apostolorum  limina...  Geperunt  denique  ex 
sua  patrla,  hoc  est  Italia,  multi  ad  eum  convenire.  Aliqui 
litteris  bene  eruditi,  alii  diversorum  operum  magis- 
terio  docti  ...  quorum  ars  et  ingenium  huic  loco  pro- 
fuit   plurimum.  Grescebat  ergo  quotidie  multitude   mona- 

chorum    sub    ejus     magisterio    degentium    Wil- 

lelmo,  venerabili abbate  ...  in  nova  ecclesie  fabrica  est  reno- 
vata^,     in    cujus   basilice     miro     opère     domnus    presul 


1.  Sur  ce  texte,  voy.  aussi  doni  Plancher,  Ilist.  de  Bourgogne,  1. 1,  p.  176, 
485,  486,  et  surtout  l'abbé  L.  Chomton,  Hist.  de  Véglise  Saint-Bénigne  de 
Dijon  (pi.). 

2.  Saint  Guillaume  de  Volpiano,  prèsNovare  (961),  bénédictin  à  Locedio, 
puis  disciple  de  saint  Maycul  à  Cluny,  abbé  de  Saint-Bénigne  de  Dijon  à 
partir  de  990,  amena  vers  993  de  sa  patrie  quelques  moines  savants  dans 
les  différents  arts  qu'ils  exercèrent  à  Saint-Bénigne.  Après  avoir  quitté  la 
Bourgogne  pour  la  Normandie,  saint  Guillaume  se  fixa  à  l'abbaye  de  Ber- 
nay,  puis  à  celle  de  Falaise,  et  mourut  à  Fécamp  en  1031.  Voy.  outre 
Chomton,  op.  cit.,  les  Anal.  Divion..  p.  131,  Enlart,  Man.  d'arch.  fr.,  1. 1,  p. 
208.  Sur  la  continuation  de  la  tradition  romaine,  dans  le  monument  de 
Saint-Bénigne,  attestée  parla  coopérât  ion  de  moines  artistes  venus  d'Italie, 
voy.  Courajod,  Orig.  de  l'art  roman  et  gothique,  1899,  p.  379,  et  plus  parti- 
culièrement sur  l'influence  de  l'art  lombard  ou  germanique,  voy.  encore 
Enlart,  op.  cit.,  1. 1,  p.  20H;cf.  Chomton,  op.  cit.,  p.  113, notamment  pour 
l'influence  de  Saint-Ambroise  de  Milan. 

3.  Un  extrait  de  la  môme  chronique  atteste  l'existence  de  deux  églises, 
l'une  inférieure,  l'autre  supérieure,  avec  le  sanctuaire,  avant  l'arrivée  de 
l'abbé  Guillaume  :  «  Ita  ordinavit  dominus  episcopus  ut  die  Translationis 


[1001-1031]  DR    l'aRCHITECTUBE    en    FRANCE  27 

expensas  tribuendo.  ac  columnas  niarmoreas  ac  lapideas 
undecumque  adducendo',  et  reverendus  abbas  magistros 
conducendo,  et  ipsum  opus  dictando,  insudantes  dij^num 
divino  cultu(i)  templum  construxerunt.  Gujus  artificiosi 
operis  forma  et  subtilitas  non  inaniter  quibusque  minus 
edoctis  ostenditurper  litteras  :  quoniam  multaineo  videntur 
mystico  sensu-  facla,  que  magis  divine  inspirationi  quam 
alicujus  debent  deputa[r]i  peritie  magistri. 

Fundatum-'  est  autem  hoc  templum  anno  Dominice 
Incarnationis  millesimo  primo,  indictione  décima  quarta, 
decimo  sexto  cal.  Martii.  Gujus  long-itudo  diicentorum 
ferme  cubitorum'*,  latitudo  autem  quinquaginta  trium  exis- 
tit;  altitude  vero  in  sequentibus  oportune  dicetur.  Inferior 
itaque  domus  orationis,  in  qua  sacratissimum  corpus 
sancti  Benigni  martiris  veneratur,  eundem  pêne  modum 
habens  quantitatis  [ac  superior],  fulcitur  centum  quattuor 
coluiiinis.  Hec  in  figuram  T  littere  facta'^'  quattuor  [ordi- 
nibus]  columnarum   duodeno   dispositarum  numéro  equali 

sancii  Benigni,  nionachis  ciim  sibi  subjectis  clericis  ante  sepulcriim  piefati 
martiris  in  cripta  nocturnale  offîcium  jjeragcnlibus,  ipsi  in  superiori  choro, 
ante  principale  sancii  Maurici  altare,  matntinalem  inciperent  sinaxim  •> 
Voy.  supra,  p.  130j. 

1.  L'activité  de  l'abbé  Guillaume  fait  penser  dans  une  certaine  mesure 
à  la  part  considérable  prise  personnellement  par  Suger,  abbé  de  Saint- 
Denis,  pour  la  reconstruction  de  son  ég-lise. 

2.  Par  ces  mots  l'auteur  entend  l'idée  symbolique  qu'il  entrevoit 
dans  certaines  parties  du  monument.  Sur  le  symbolisme  religieux,  voy. 
infra,  p.  159,  n.  3. 

3.  Une  main  du  xv«  siècle  a  ajouté  ici  sur  le  ms.  original  de  notre  chro- 
nique un  titre  ainsi  conçu  :  «  Sequilur  forma  ecclesiae  antiquae  hiijus 
monaslerii  divi  Benigni.  »  Ce  titre  a  passé  dans  toutes  les  copies,  et  de 
celles-ci,  dans  l'éd.  d'Achery  (Note  de  Bougaud  et  Garnier,  p.  139). 

4.  L'église  supérieure  avait  environ  200  coudées,  c.-à-d.  92  mètres; 
l'église  souterraine  à  peu  près  autant  (sur  la  coudée  et  ses  variations  ainsi  que 
son  rapport  avec  le  métrage  moderne,  voy.  l'éd.  Bougaud  et  Garnier, 
p.  140,  n.  1  ).  —  «  Une  des  cryptes  les  plus  vastes  qui  aient  été  élevées  est 
certainement  celle  de  l'abbaye  de  Saint-Bénigne  de  Dijon  »,  dit  "Viollet-le- 
Duc,  Dicl.  de  Varch.  fr.,  t.'lV,  art.  Crypte,  p.  552  ;  cf.  i/jid.,  Plan,  p.  453, 
avec  les  observations  du  même.  Cf.  Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,  t.  I,  p.  250. 

5.  Sur  cette  disposition  en  forme  de  T,  voy.  Chomton,  op.  cit.,  p.  109, 
Bougaud  et  Garnier,  op.  cit..  p.  141,  n.  1.  Le  tau  étant  l'ancienne  image 
de  la  croix,  les  basiliques  avaient  reçu  cette  forme  (Quicherat,  Mél.  d'ar- 
chéol., p.  407).  —  Cf.  au  sujet  du  symbolisme  du  nombre  des  colonnes  de 
son  église  abbatiale,  le  passage  suivant  de  Suger  (De  consecr.  eccles.  S. 
Dionysii,  §  V)  :  «  Médium  quippe  duodecim  [columpne  diiodenarium 
apostolorum  exponentesnumerum,  secundario  vero  totidem  alarumcolum- 
nae  prophetarum  numerum  significantes,  altum  repente  subrigebant  aedi- 
ficium.  » 


2S-  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1001 -1031  J 

e-xtenditur  in  longitudine  et  latitudine  ;  decem  vero 
c«bitis  erigitur  in  idtitudine,  sécréta  ex  utraque  parte  habens 
vestibula^.  Quinque  sane  in  ea  continentur  altaria  :  primum 
£n  honorem  ipsius  saneti  Benigni  est  consecratum,  secun- 
dum  in  memoriam  saneti  Nieholai  et  omnium  eonfessorum. 
tertium  in  venerationem  sanete  Paschasie  virginis...  et 
omnium  virginum,  quartum  in  [honoremj  saneti  Hirenei  et 
omnium  martirum,  quintum  sub  nominibus  sanetorum 
eonfessorum  et  abbatum  Joannis  et  Sequani,  atque 
saneti  Eustadii  presbyteri  ... 

Huic  paulo  superius  descripte  inferiori  erypte  ~  eonjun- 
gitur  oratoriom  ad  solis  ortum,  rotundo  scemate'^factum 
senarum  inlustratum  splendore  fenestrtirum,  triginta 
septem  eubitos  habens  in  diametro,  decem  in  alto  Hoc 
sane  oratorium  terno  columnarum  ordine  in  semet  regirato, 
quadraginta  videlicet  atque  octo,  geometricali  dispositione 
ambitur;  hujus  desuper  eulmen,  eelso  ereetum  fastigio. 
viginti  quatuor  columnarum  ae  triginta  duorum  areuum,  tri- 
pertita  comparis  numeri  machina  divisione,  eleganti  trans- 
volutum  est  opère.  Hoc  sane  oratorium  saneti  Joannis 
Baptiste  sacratum  est  honore  ;  cujus  altare  illustratur  trium 
fenestrarum  lumine. 


1.  Ce  seraient,  non  pas  les  deux  absidioles  de  droite  et  gauche  renfermant 
les  autels  énumérés,  mais  bien  plutôt  les  bas-côtés  distincts  de  la  nef  (cf. 
le  texte  n°  VIII,  §  5,  relatif  à  Saint-Remi  de  Reims,  où  l'on  retrouve  des 
vestihula,  auxquels  s'appliquerait  la  même  signification). 

2.  Sur  la  crypte  de  Saint-Bénigne,  voy.  Bail,  mon.,  t.  XI,  p.  53",  t.  XX^'l. 
p.  566,  568,  et  VioUet-Ie-Duc,  Dict.  de  Varch.  fr.,  t.  IV,  art.  Crypte,  p.  i53. 
fig.  5  ;  cf.  Chomton,  ihid. 

3.  Plus  que  d'autres  églises  de  forme  circulaire,  par  exemple,  celle  de 
Neuvy-Saint-Sépulcre,  en  Berry,  fondée  à  l'imitation  du  Saint-Sépulcro 
de  Jérusalem  {fundata  ad  formam  S.  Sepiilchri  lerosolimilani,  disent 
les  chroniques)  ;la  rotonde  de  Saint-Bénigne  présentait  des  dispositions  fort 
curieuses.  Voy.  Bull.  mon.,  t.  XXV,  p.  87,  et  t.  XXVI  (de  C^umont,  Rapp... 
sur  div,  monuments  de  Dijon,  1860),  p.  97  (rotonde^  et  surtout  VioUet-lc- 
Duc,  op.  cil.,  t.  II,  p.  i,)! ,  art.  Chapelle  annexe,  t.  VIII,  art  Sépulcre  Saint  , 
p..  280  et  s.,  avec  fig.  3-5,  donnant  :  I  "  la  coupo  de  ce  monumenl  d'après 
les  restes  de  la  partie  inférieure  et  les  gravures  de  duni  Plaiiclier,  oji.  cit.: 
2"  le  plan  du  1"  étage;  3"  une  vue  extérieure  avec  les  cijumimements  res- 
taurés des  tours  d'escaliers.  Les  explications  des  auteurs  que  nous  venons 
de  citer  aideront  à  comprendre  la  description  de  l'abbé  (luillaume.  Cf.  le 
plan  de  la  rotonde  donné  par  Viollel-le-Duc,  à  lart.  Crypte  (fig.  5  . 


[1001-1031]  DE  l'architecture  EN  FRANCE  29 

Ab  hac  ccclesia  '  sunt  per  cocleam  dextra  levaque  tri- 
ginta  septem  gradus,  crebris  sulHcienter  illustrati  fenes- 
Iris,  per  quos  inofTenso  ascenditur  tramite  ad  basilicam 
Sancte  Dei  g-enitricis  Marie.  Ipsa  vero  ecclesia  sexaginta 
octo  subnixa  est  columnis,  eundem  fere  habens  modum  et 
formam  in  diametro  sive  in  altitudine  quem  et  inlerior, 
undenisque  irradiatur  vitrais.  Ad  altare  autem  ejusdem  per- 
pétue Virginis  marmoreum  perquatuor  tripertitos  ascenditur 
gradus;  juxta  duos  hinc  et  inde  sunt  altaria  :  ad  dextram 
quidem  Joannis  Evangeliste  ac  Jacobi  fratris  ejus  sanctique 
Thonie  apostoli,  ad  levam  vero,  sancti  Matthei,  Jacobi  et 
Philippi,  apostolorum. 

Hinc  iterum  concordantes  et  satis  lucidi,  utrinque  per 
cocleam  ~  ad  ecclesiam  Sancte  et  individue  Trinitatis  tri- 
ginta  gradus  continuatini  prestant  ascensuni.  Hec  in  niodum 
corone  constructa,  triginta  quoque  et  sex  innixa  columnis, 
fenestris  undique  ac  desuper  patulo  celo  '^  lumen  inlunden- 
tibus,  micat  eximia  claritate,  amplitudine  inferiori  domui 
consimilis,  sed  viginti  cubitorum  altitudinis.  Altare  Sancte 
Trinitatis  ita  est  positum,  ut  undecumque  ingredientibus 
ac  ubicumque  per  ecclesiam  consistentibus  sit  perspicuum^. 
Inde  per  quadrageminas  scalas,  altrinsecus  factas,  ad 
sup(p)rema  patet  ascensus  :  quarum  due,  equali  modo  posite, 


1 .  La  rotonde,  au  premier  étage,  se  joignait  de  plain-pied  au  sanctuaire 
de  l'église  abbatiale,  et  formait  denière  elle,  à  l'orient,  une  vaste  chapelle 
absidiale,  que  terminait  une  chapelle  barlongue,  flanquée  de  deux  tours 
cylindriques  massives,  qui  contenaient  les  escaliers  tournants  (cocleae), 
montant  aux  galeries  supérieures.  —  Sur  cette  rotonde,  voy.  aussi  Quiche- 
rat,  Mél.  d'archéol.  (égl.  rondes),  p.  i9'2.  Cf.  l'église  de  Charroux,  ihid., 
fig.  8  i.  \'oy.  enfin  Chomton,  p.  105  et  pi.  V  à  VII,  notamment  pour  les  rap- 
ports de  cette  rotonde  avec  la  coupole  du  Panthéon. 

2.  i<  Les  deux  énormes  cylindres  contenant  des  escaliers,  dit  VioUet-le- 
Duc,  allégés  extérieurement  par  des  niciies,  étaient  évidemment  un  sou- 
venir de  quelque  construction  romaine.  »  Cela  est  d'autant  plus  probable 
que  l'abbé  Guillaume  employait  des  artistes  venus  d'Italie. 

3.  La  lumière  venait  donc  non-seulement  des  fenêtres,  mais  d'un  jour 
central. 

4.  Le  soin  de  la  perspective  avait  été  observé  dans  cette  construction 
comme  dans  celle  des  colonnades  de  la  rotonde  «  qui,  vues  à  travers  les 
arcades  de  l'abside,  devaient  produire  un  effet  peu  ordinaire  ;  et  malgré  la 
grossièreté  de  l'exécution,  cet  ensemble  est  une  belle  conception  du 
moyen  âge  »  (Viollet-le-Duc,  op.  cit.,  t.  VIII,  p.  2SI). 


30  TEXTES    RELATIFS   A  l'hTSTOIRE  [1001-1031} 

per  quindecim  gradus  usque  ad  sancti  Michaelis  proten- 
duntur  oratorium,  habens  in  longitudine  cubitos  triginta  tres^ 
in  altitudine  decem,  vili  fact[um]  scemate  :  senestras  habet 
septem.  Alie  vero  due  per  quinquaginta  gradus  sur- 
sum  dirigunt  gressum  :  ad  inia  autem  harum  scala- 
rum  bina  super  murum  déambula toria  sunt  facta,  ([ue 
equali  [ducunt]  spatio  ab  orientali  parte  usque  ad  occiden- 
talem,  et  infra  templum,  per  arcus  deambulatorios  ',  et 
supr^  tectum  domus  ;  [mûri  altitudinis  triuni  ferme  cubito- 
rum,  circumquaque  pergentiumj,  a  ruina  protegunt  inces- 
sum.  Hec  tamen  ad  dexteram  sinistramve  parteni 
templi  [incipientia],  interius  et  subtus  alas  ejus  gres- 
sum per  quosdam  occultos  aditus  ad  suprema  tecti 
[dirigentia]  piano,  ut  dictum  est,  calle  deducunt  intror- 
sus  undique,  donec  superliminare  occidentalium  por- 
tarum  [attingentia],  per  pariles  scalas  viginti  (?)  gra- 
duum  in  porticus  ecclesie  majoris  deponunt.  Quae  ad 
instar  crucis  -  editicata  habet  in  longitudine  cubitos 
centum  viginti  octo  ^,  in  latitudine,  sicut  prescriptum  est, 
quinquaginta  très,  in  altitudine  quaquaversum  permaxi- 
mos  triginta  et  unum  cubitos,  in  medio  autem  quadraginta. 
Inluminatur  septuaginta  vitreis,  fulciturque  centum  viginti 
et  una  columnis,  quarum  nonnulle  juxta  capita  fortissi- 
marum,  que  sunt  quadraginta,  pilarum  quadrangulatim 
statute,  una  quasi  simul  coronari  videntur  corona,  quamvis 
non  unius  sit  magnitudinis  omnium  forma  ^. 

1.  Cf.  l'extrait  qui  suit  :  «  arcus  per  ç/irum  deambulatorios  super  ex 
niarmoreas  columnellas  insfituens,  claustrum  onme...  porrexit...  subtus 
item  et  super  deambulatorios  fornices  fecit  »,  dit  la  chronique  du 
Mont-Cassin,  à  propos  des  urands  travaux  faits  dans  cette  abbaye  par 
l'abbé  Didier  (1058-1087)  ;  cf.  éd.  Watlenbach,  Mon.  Germ.,  Script.,  t.  VII, 
p.  551-881,  et  J.  von  Schlosser,  Quelleribuch  zur  Kunslgescliichte  des 
abendl.  Mittelalters,  p.  210.  Voy.  aussi  les  Annales  de  Favfa  :  «  arcus 
deambulatorii  per  tolum  circuitum..  »  Cf.  Choniton,  op.  cit.,  p.  106,  n.  2, 
et  Mon.  Germ.,  t.  XI,  p.  533  {Hist.  Farf.  Ilug.^op.) — Le  substantif 
deambu latorium  a  le  sens  d'allée,  de  galerie. 

2.  Encore  une  expression  relative  à  la  symbolique  architecturale;  cf. 
Chomton,  p.   lOL   Voy.  supra,  p.  27,  n.  2, 

3.  Voy.  dom  Plancher,  op.  cit.,  p.  'i86,  et  l'édition  Bougaud  et  Garnier, 
p.  145,  n.  1. 

4.  Ce  passage  montre  la  variété  de  disposition  que  l'architecte  avait 
introduite  dans  les  colonnades.  Sur  l'alternance  des  piliers,  voy.  Chomton,. 
p.  107,110,  111. 


[1001-1031]  DE   l'architecture   en   FRANCE  31 

Ilabet  hinc  et  inde  geminas  porticus  dupliciter  transvo- 
lutas  ',  in  quibus  bina  continentur  altaria.  A  parte  quidem 
aquilonis,  unum  in  honorem  sanctorum  apostolorum  Pétri 
et  Andrée,  alterum  in  honorem  sancti  Bartholomei  atque 
Simeonis  atque  Taddei  apostolorum.  Sancti  vero  Pauli 
altare  est  in  superiori  ecclesia  ante  aram  Sancte  Trinitatis. 
A  meridie  sunt  altaria,  unum  in  honore  sanctorum  apostolo- 
rum Matthie  et  Barnabe  ac  Luce  evangeliste,  aliud  in  honore 
sanctorum  martirum  Stephani,  Laurentii  atque  Vincentii. 
Est  aliud  altare  ad  occidentalem  plag^am  ecclesie,  in  eodem 
latere  meridiano,  in  honore  sanctorum  Mammetis,  Desi- 
derii,  Leodegarii,  et  ex  parte  altéra,  sanctorum  martirum 
Policarpi,  Andochii  ...  Principale  altare  est  sacratum  in 
honore  sanctorum  Mauricii  atque  Benigni  sinmlque  Omnium 
sanctorum, altare  addexteramejus,  inhonore  sancti Raphaelis 
archang^eli,  ad  levam  vero,  in  honore  sancti  Marci  evan- 
geliste, atque  in  medio  ipsius  ecclesie,  altare  Sancte  Crucis, 
Omniumque  sanctorum.  Ante  hoc  altare  triplex  constat 
introitus  crypte  ;  in  quindecim  gradibus  ascenditur  ab  ipsa 
ad  superiorem  ecclesiam. 

Sepulcrum  vero  sancti  et  gloriosi  martiris  ita  est  cons- 
tructum.  Est  tumba  ^  ex  quadris  edifîcata  lapidibus  que 
octo  cubitos  in  longum,  quinque  autem  tenel  in  latum, 
cujus  cacumen  lapideum  quatuor  sustinetur  suffragio  colum- 
narum.  Desuper  autem  quatuor  columne  marmoree  locate 
erant  antiquitus.  Olim  super  lapideos  arcus,  quos  contine- 
bant,  absidam  ferebant  ligneam  sex  cubitorum  longitu- 
dinis  et  trium  latitudinis  sepfemque  ac  semis  altitudinis. 


1.  «  Dans  les  bas-côtés  doubles  de  la  grande  église,  —  plus  ou  moins 
remaniée  — ,  les  voûtes  devaient  être  darêtes  pour  le  collatéral  le  plus 
large,  et  en  berceau  pour  le  plus  étroit.  Les  berceaux  étaient  probablement 
transversaux,  c'est-à-dire  perpendiculaires  à  la  nef,  comme  au  narthex  de 
Tournus  et  à  Saint-Remi  de  Reims.  »  (Ghoniton,  op.  cit.,  p.  112.)  Les  bas- 
côtés  forment  une  sorte  de  galerie,  d'où  l'emploi  du  mot  porticus,  dont  le 
sens  est  à  rapprocher  de  celui  de  veslihulum  {\oy.  notamment  infra,  p.  41, 
n.   6). 

2.  Voy.éd.  Bougaud  et  Garnier,p.  147,  n.  5,  pour  les  rapprochements  entre 
le  tombeau  de  Saint-Bénigne  et  celui  de  Saint-Pierre  {De  glor.  martyr., 
c.  xxviu),  ce  dernier  surmonté  de  quatre  colonnes  blanches  soutenant  le 
ciborium.  Voy.  au  sujet  de  ce  tombeau,  Chomton,  p.  M"  et  s.  (et  pi.). 


32  TEXTES  RELATIFS  A  LlIISTOIRE  [1005-1030] 

Que,  undique  auro  et  argento  vestita,  historiam  dominice 
Nativitatis  et  Passionis  premonstrabat  anaglifo  ^  prominen- 
tem  opère,  pictura  satis  optima.  Verum  hoc  decentissi- 
miim,  de  quo  loquimur,  ornamentum,  ob  recreationem  pau- 
perum  tempore  famis"  fuit  dissipatum  a  domno  abbate 
Willelmo  ^  ac...  venu[mj  datum  est... 

Illud  in  fine  notifîcandum  est  in  templi  istius  edificio 
esse  columnas  trecentas  septuaginta  et  unam,  exceptis 
illis  que  in  turribus  et  altaribus  sunt.  Fenestre  clause  vel 
claudende  ^  vitro  centum  vig-inti,  turres  octo,  porte  très, 
ostia  viginti  quatuor. . . 

Gum  primum  abbatis  suscepit  offîcium  venerabilis  Wil- 
elmus,  inter  monachos  in  hoc  loco  degentes  fuit  quidam 
juvenculus  vocatus  Hunaldus,  quem  predictus  pater  videns 
solertis  ingenii  retinuit  sibi,  ceteris  abeuntibus.  Hune  pre- 
cipue  omni  studio  doctrine  inlutum  in  domo  Dei  constituit 
vas  electum. . .  Ad  omniaquippe  que  sibi  erantnecessaria  pre- 
dicti  fratris  juvabatur  solertia.  Denique  injunxit  illi  curam 
hujus  sacri  periboli  '',  quam  tanta  prosecutus  est  cura,  ut 
pêne  totum  quicquid  fuit  ornamentorum  in  hac  basilica, 
ejus  studio  sit  adgregatum^. 

VII 

1005-1030. 

Travaux  de  construction  et  de  décoration  de  C église  et  des 
bâtiments  de  Vabbaye  de  S aint- Benoît-sur- Loire ^   ainsi 

1.  Voy.  Du  Gange,  Gloss.,  v»  Anaulyphus.  —  Travail  en  relief. 

2.  On  a  attribué,  sans  preuves,  a  Guillaume,  abbé  de  Saint-Hénignc, 
la  direction  de  la  construction  du  bas  de  la  nef  de  la  Madeleine,  à  A'ézelay, 
(Gall.  christ.,  t.  IV,  col.  467  ;  cf.  Quicherat,  Mél  d'arc/iéoi..  De  l'architecture 
romane,  §  III,  p.  122).  —  Sur  l'activité  de  Guillaume  qui  s'exerça  à  Dijon, 
à  Fécamp  et  à  Fructuare,  en  Piémont,   voy.  Chomton,  p.  12i. 

3.  Preuve  que  la  construction  des  vitrau.x  prenait  un  temps  assez  long, 

4.  C'est-à-dire  à  proprement  parler  l'enceinte  sacrée. 

5.  A  propos  de  l'imitation  de  l'église  du  Saint-Sépulcre  de  Jérusalem, 
dérivant  elle-même  de  la  tradition  romaine  des  mausolées  circulaires,  dont 
la  coupole  avait  commandé  le  plan,  M.  Enlart  cite  comme  exemple  (outre 
celle  de  Charroux,  en  Poitou)  la  rotonde  à  double  collatéral  et  à  tribunes, 
élevée  par  l'abbé  Guillaume  à  Saint-Iîénigne  de  Dijon,  plus  ou  moins  re- 
bâtie après  lui  et  consacrée  en  1106,  détruite  enfin,  sauf  la  crypte,  à  la 
Révolution  (op.  cil.,  t.  I,  p.  217  ;  cf.  pi.  64  et  65). 


[100o-1030j  DE    l'architecture    en    FRANCE  33 

que  cC autres  églises  de  l'Orléanais  et  du  Blésois,  accom- 
plis par  les  soins  de  lahhé  Gauzlin  et  de  ses  successeurs ,' 
ornementation  et  embellissements  intérieurs;  substitution 
de  la  pierre  au  bois  ;  emploi  varié  du  marbre  ;  inscriptions 
envers.  Accidents  divers  survenus  au  cours  desdits  tra- 
vaux; curieuse  mention  d  échafaudages. 


Vila  '  Gauzlini,  abbatis  Floriacensis'^,  auct.  Andréa  Floriacensi,  piibl.  par 
P.  Ewald,  avec  des  notes  de  L.  Delisle,dans  le  A'euesArchiv,  t.  III  (1877), 
p.  365-379. 

'Cf.  autre  édition.   L.  Delisle,  Vie  de  Gauzlin,  abbé   de  Fleuri...,  dans 
\es  Mémoires  de  la  Soc.  arcliéol.  de  rOrléanais,  t.  II,  1853,  p.  257-322.) 

§  35.  Porro  Gauzlinus''  abbas,  nobilitatem  generis  probi- 
tatis  exornans  titulis,  turrim  ^  ex  quadris  lapidibus  con- 
struere  statuit  ad  occidentalem  plagam  ipsius  monasterii, 
quos  navigio  devehi  fecerat  a  Nevernensi  territorio  '->.  Hune 
etiam  benignissimum  cum  princeps  interrogasset  artificum, 
quodnam  opus  juberet  adgrediendum  :  «  ïale,  inquit,  quod 


1.  Cette  Vie  paraît  avoir  été  écrite  vers  1040. 

2.  Voy.  M.  Prou  et  A.  Vidier,  Itecueildes  chartes  de  Sainl-Benoit-sur- 
Loire,  1. 1(1900)  cl  s.  Une Ilistoiredel'ahbayede  Saini-Benoil-sur-Loireaiéié 
écrite  par  l'abbé  Rocher  (Orléans,  1865).  —  Outre  les  sources  indiquées  par 
Chevalier,  cf.  poiu'  l'histoire  du  monument,  VioUet-le-Duc,  Dict.  de 
Varch.fr.,  t.I,  p.  9,  t.  III,  p.  287,  335  et  %.,t.V,  p.  10,  t.  VI,  p.  460  et  t.  VII, 
p.  287;  Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,  t.  I,  p.  72,  78,  159,  233,  237-238,  249, 
253-254,  265,  282,  299,  324,  368,  373,  378,  388,  706.  Cf.  lievuede  Vart  chrétien, 
4«  série,  t.  XIII  (1902),  p.  291-305  :  A.  Marignan,  Une  visite  à  l'abbaye  de 
Fleury  à  Saint-Benoit-sur-Loire  :  cf.  aussi  Courajod,  Urig.  de  l'art  roman 
et  gothique,  p.  483,  sur  les  «  influences  antiques  et  latines  »  à  Saint- 
Benoît-sur-Loire  . 

3.  Gauzlin,  abbé  de  Fleury-sur-Loire,  de  l'an  1005  à  1029.  Élevé  dans  le 
monastère  de  Fleury,  il  en  devint  abbé  à  la  mort  d'Abbon,  et  peu  après 
il  fut  choisi  comme  archevêque  de  Bourges  (1013)  ;  il  continua  à  s'occuper 
activement  de  son  abbaye.  Voy.  L.  Delisle,  Vie  de  Gauzlin,  p.  260  ;  cf. 
p.  265.  —  Fleury  {Floriacum),  aujourd'hui  Saint-Benoît-sur-Loire,  cant. 
d'Ouzouer-sur-Loire,  arr.  Gien  (Loiret). 

4.  Cf.  Chronici  veteris  excerptum,  Bouquet,  Fisf.  de  Fr.,i.X,p.  215.  L'au- 
teur de  cette  chronique  ajoute  :  '<  Sed  eam  [turrim)  morte  disturlDatus  reliquit 
imperfcctam.  »  Sur  l'appareil  de  la  construction  romane.au  commencement 
du  XI*  siècle,  voy.  Quicherat,  AféL  d'archéol.,  p.  4  44  et  s. 

5.  Cf.  infra  l'extrait  de  la  Vie  d'Odilon  de  Cluny  pour  le  transport  par 
eau  des  marbres  servant  au  cloître  de  Cluny.  «  Non-seulement  les  matériaux 
ont  pu  arriver  travaillés  et  fournir  des  modèles,  mais  parfois  aussi  une 
région  a  demandé  à  une  autre  des  artistes  en  même  temps  que  des  maté- 
riaux... L'influence  auvergnate,  qui  s'étend  au  Nivernais,  est  nettement 
accusée  dans  l'église  de  Saint-Benoît-sur-Loire.  »  [Enlart,  Man.  d'archéol. 
fr.,t.  I,  p.  77-78.) 


34  TEXTES    RELATIFS    A    l'h[STO[RE  [1005-1030] 

omni  Gallie  sit  in  exemplo.  »  Chorum  psallentium  quoque 
pulcherrimo  marmorum  compsit  emblemate,  que  asportari 
jusserat  a  partibus  Romanie  K 

§  36  ...  Oratorium  in  honore  beati  Jacobi  consecratum, 
alterum  etiam  in  commemoratione  sancti  evang-eliste  Johan- 
nis,  lapideo  velamine  contexuit    ... 

§  37...  [ApudjNovum  Vicum^etiamlapideolabulatufabri- 
cavit  ecclesiam.  Gasam  quoque  Ville  abbatis  3,  cum  oratorio 
sancti  Gregoriiet  ecclesiam  de  Belgiaco  ^,  quam  pariete 
reformavit  ligneo  ... 

§  39...  Inter  cetera  etiam  quibus  Floriacensem  exorna- 
vit  basilicam,  sancte  virginis  Scolastice^  aecclesiam,  pêne 
ad  heremi  redactam  speciem,  a  fundamento  eruit  et  in 
meliorem  statum  reformavit.  Alteram  pariter  in  honorem 
sancti  Dionisii^  primo  ligno,  deinde  tabulatu  construxit 
lapideo  ... 

§  40...  Willelmus,  Gastellionis  prepositus,  preliba- 
tam^  S.  Martini  aecclesiam^  in  Castro  Gordona  fundatam, 
sed  igné  concrematam,  petrino  refecit  aedificio,  qui,  aque 
sentiens  penuriam,  propter  ipsiuscastriascensum  difficilem, 
promptuaria  aperit,  cémenta  riis  tradit,  indeque  cementum^ 
imperat  confici.  Unde  paries  totius  templi  vini  tempéra- 
ment©   concrevit. 


1.  Cf.  Chron.    vet.  excerptum,    loc.    cit. 

2.  Neuvy,  cant.  de  Jargeau,   arr.  Orléans   (Loiret). 

3.  C'est  peut-être  Villabé,  c.  de  Guilly,  cant.  Sully-sur-Loire,  arr.  Gien. 

4.  Bougy,  cant.  de  Neuville-aux-Bois,  arr.  d'Orléans. 

5.  Sainte  Scholastique,  sœur  de  saint  Benoît,  fonda  l'ordre  des  Béné- 
dictines. 

6.  Helgaud  (Bouquet,  Hist.  de  Fr.,  t.  X,  p.  112-113)  donne  plus  de  détails 
sur  l'église  qu'il  avait  construite  enl'honneur  de  saint  Denis. 

7.  11  est  question  de  cette  église  au  §  7  :  «  Sancti  Martini  aec- 
clesia  in  Castro  S.  Saturi,  at  in  area  nostre  portionis  locata.  »  Il  s'agit 
ici  de  Sancerre,  ch.-l.  d'arr.  du  dép.  du  Cher,  sur  la  Loire,  à  quelques  lieues 
de  Châtillon-sur-Loire.  —  La  reconstruction  de  cette  église  eut  lieu  vers 
1022;  cf.  Cochard,  Châtillon-sur-Loire,  dans  les  Méin.  Soc.  archéol.  Orléa- 
nais,i.  XIV,  p.  126. 

8.  Très  curieux  renseignement  sur  la  façon  dont  on  aurait  alors  composé 
le  mortier.  Parmi  les  ingrédients  étrangers  au  mortier,  on  a  cru  devoir 
noter  aussi  l'emploi  du  vinaigre  au  moyen  Age.  Voy.  Quichcrat,  Mél.  d\ir- 
chéol.,  p.  368,  avec  cette  addition  de  M.  R.  de  Lasteyrie,  tirée  du  Roman 
de  la  Rose  : 


[1005-1030]       DE  l'architectuke  en  frange  35 

§  52  ...  Jam  reedificato  interioris  claustri  tecto,  taberna- 
culum  deponimus,  sacrosanctum  mausoleum  levamus  davi- 
ticamque  urbemcum  hymnis  letitiae  intramus,  superque 
altare  sancte  Crucis,  in  interiori  cripta',  collocamus...  Qua 
omni  mundata  basilica,  necnoii  in  melius  aliquantulum 
reformata,  ornantes  faciem  templi  olosericis  auleis^  et 
multi  generis  ustensiliis  sanctissimas  reliquias  loco  depo- 
suimus  priori. 

§  53.  Nempe  artifices  cellam  dormitorii  agredientes,  dum 
unus,  Arnulfus  nuncupatus,  discurrit  incautius,  lapso  pede, 
deicitur  ;  confestim  a  Dei  homine  elevatus,  tanquam  nuUius 
incommoditatis  jacturam  perpessus,  ad  socios  revertitur. 
Alter  quoque,  vocabulo  Algesius,  dum  suggereret  operis 
.  sumptus  culinae  fratrum  artificibus,  a  summo  labens  cul- 
minis  XXX  cubitorum  altitudinis,  merito  hujus  ter  beati 
illesus  evasit-^. 

§  54.  Tertius  etiam,  Archembodus  vocitatus,  dum,  ad 
dependenda  majora  signa,  recenter  beatae  memoriae  ... 
constructa  industria,  quoddani  lignum  aptaret,  a  superiori 
turris  '*  lapis   immensi  decidjt  ponderis,  miserumque  inter 


«  Li  murs  ne    doit   pas   faire  faute 
«  Pour  engirif;  qu'on  y  puisse  gitre. 
«  Car  les  destrenipa  le  mortier 
«  De  forlvinaigre  et  chaus  vive.  » 

«  Le  mortier  employé  dans  les  monuments  romans  antérieurs  au  xii* 
siècle  est  quelquefois  mélangé  de  débris  de  tuileaux,  surtout  pendant  le 
x'  siècle  et  avant  ;  il  est  maigre,  c'est-à-dire  qu'il  contient  peu  de  chauï,  et 
celle-ci  est  mal  cuite  »  (VioUet-le-Duc,  Dict.  de  Varch.  f'r.,  t.  VI,  p.  402, 
V"  Mortier). 

1.  On  trouvera  dans  Enlart,  Man.  d'archéol.  f'r.,  l.  I,  p.  252-253,  l'énumé- 
ration  d'un  grand  nombre  de  cryptes  romanes;  cet  auteur  attribue  encore 
au  XI*  siècle  l'époque  de  la  construction  de  la  crypte  de  Saint-Benoît. 

2.  Sur  les  voiles  et  tentures  dans  les  églises  aux  xi"  et  xii"  siècles  notam- 
ment, voy.  la  note  que  nous  y  avons  consacrée  précédemment;  au  sujet  de  la 
décoration  de  l'église  abbatiale  de  Saint-Florent,  près  de  Saumur,  voy. 
supra,  n"  IV^. 

3.  Les  chroniques  relatent  souvent  des  récits  de  miracles  qui  se  seraient 
produits  à  la  suite  d'accidents  survenus  pendant  la  construction  d'édifices 
religieux. 

4.  Pourl'époquedela  construction  de  l'église  de  Saint-Benoît,  voy. supra 
nos  observations  jointes  au  texte  n°  11  (cf.  ihid.,  les  remarques  de  M.  A. 
Marignan).  Il  nous  semble  que  l'opinion  de  l'auteur  du  Dict.  de  Varch.  fr. 
ne  doit  plus  prévaloir  à  ce  sujet,  car  parfois  des  formes  archa'iques  se 
continuent  longtemps,  notammentdans  l'architecture  monastique.  «  Parmi 
les  plus   anciens  clochers   (de   façade)  couvrant  toute  la  surface   occupée 


36  TEXTES    RELATIFS    A    L'HISTOIRE  [1003-1030] 

scapulas  ictum  pêne  exanimemreddidit.  De  ejus  vita  despe- 
ratis  omnibus,  ad  domuni  propriam  semivivus  defertur  ; 
cujusinfortunio,  beatuspater,  comperto,  accessit  ad  eum  per 
semetipsum,   et  inlirmi   casibus,  tanquam   in  se  susceptis, 

compatiebatur Sciensque   iscriptum   esse  ^  :  «    Quanto 

magnus  es,  in  omnibus  humilia  te  et  coram  Deoinvenies 
gratiam  »,  nuUum  pretermittit  diem,  quin  jjredictum  visitet 
lang-uentem.  Victus  subministrat  alimoniam,  et  quasi  operi 
presentem  cotidiani  laboris  làrgiri  precipit  mercedem. 
Verumtamen  expleto  unius  septimane  spatio,  pristine  jam 
redditus  medele,  gratiarum  actiones  reddit  pro  voto,  dein- 
cepsque  aecclesiastico  seletabundus  mancipat  servitio. 

§  56.  Interea  beati  Pétri  apostoli  aecclesia  ineendio  ', 
utdiximus,  concremata,  senioque  annorum  defessa,  icta  ven- 
torumflabris,  a  fundamento  corruit.  Que  in  melius  constru- 
cta,  aliptico-'  scemate  est  eleganter  deflorata^  a  quodam 
sancti  martyris  Juliani  Turonice  sedis  monacho,    nomine 


par  le  porche,  il  faut  citer,  dit  Viollet-le-Duc,  III,  335  et  s.,  art.  Clocher 
celui  de  l'église  abbatiale  de  SaiTit-Benoît-sur-Loire,  qui  date  du 
XI'  siècle  »  (cf.  fig.  41-42)  et  les  dessins  d'ensemble,  avec  détails,  dans 
Gailhabaud,  Architecture  du  V'  au  XV I"  siècle).  Sur  la  partie  de  cette 
construction  qui  devait  contenir  les  cloches,  voy.  ihid.,  les  explications 
données  par  Viollet-le-Duc.  —  Sur  Saint-Benoît,  voy.  aussi  Quicherat, 
Mél.,  p.  142  et  143.  Cf.  Rev.  de  l'art  chrétien  (1900),  p.  62-66.  On  n'a  pas 
assez  remarqué  qu'un  document  du  Cartulaire  de  Saint-Benoît  (copie 
du  xvii"  siècle  au.Y  Archives  du  Loiret,  p.  134,  et  aux  Archives  du  Cher, 
f.  46  v")  nous  fait  connaître  le  nom  d'un  autre  maître  de  l'œuvre  de  cette 
église  au  xii"  siècle,  un  religieux  de  l'abbaye  du  nom  de  Giraud  «  Girau- 
dus,  mayisler  operis  »,  qui  figure  parmi  les  témoins  d'une  charte  de  1160 
{Arch.  hist.,  art.  et  tî«.,  1889,  p.  32  ;  cf.  Prou  et  Vidier,  iiec.  des  ch. 
de  S^-Ben.,  n"  CLXXII).  La  qualification  de  magister  operis  est  déjà 
appliquée  vers  1144-1156  au  moine  Adam  [Rec.  cit.,  n°  CXXXIX). 

1.  Ecclésiast.,  III,  20. 

2.  L'incendie  de  l'église  Saint-Pierre  est  de  1026.  «  Le  chœur  et  le  narthex 
furent  reconstruits  après  cette  date.  La  consécration  eut  lieu  en  1029  »,  dit 
Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,  t.  1,  p,  425.  Pour  nous,  chœur  et  porche 
actuels  seraient  de  date  postérieure  (v.  supr.,  p.  8,  n.  2,  ad  fin.). 

3."  Les  voûtes  de  l'église  furent  jpe/n/e.s  à  fresque  par  Odolric,  moine 
de  Saint-Julien  de  Tours.  C'est  ainsi  que  nous  croyons  devoir  traduire  les 
mots  alipticum  schéma  (n"  56)  et  alipticum  opus  (n"  59).  Le  mot  alipticuin 
n'a  pas  encore  été  signalé  ailleurs  que  dans  la  Vie  de  Gauzlin,  mais  un 
ms.  de  Papias,  cité  dans  le  Glossaire  de  Du  Gange,  explique  ainsi  deux 
mots  se  rattachant  au  même  radical  :  /Utpie.9,  sculptor  vol  plagarius,  id 
est  plagas  curans.  Aliptina,  sculpta,  depicla  »  (L.  Delisle,  op.  cit.,  p.  268). 
—   Etymologiquement,  il  s'agirait  d'une  matière  (jui  forme  enduit. 

4.  On  s'attendrait  plutôt  au  mot  reflorata. 


[I00o-1030]  DE    l'architecture    en    FRANCE  37 

Odolrico Hic,  dum  una  dierum^  operisaccelerandi  inser- 
vit, evocatur  ab  eodem  diiecto  Ghristi.  Qui,  dnm  aviinineo 
festinatdescendereambulatorio-,  rastrorum  fidens  scapulis, 
<[uibus  ascensus  descensusque  sat  continuabatur  difficilis, 
uno  eorum  eliso,  inter  ipsius  manus  preceps  humi  dilabitur; 
primoque  podiis  ipsius  aecclesie  mediestinus"^  inliditur, 
ad  extremum  solo  ac  si  moribundus  deturbatur.  Sed,  pau- 
lulum  resumpto  spiritu,  a  terra  prosilit,  signo  se  crucis 
munit,  et,  quis  eum  subridens  deposuisset  cuni  clainatione 
interrogat  frequenti,  quia  non  solum  omni  corpore  incol[u]- 
mis,  verum  quolibet  dolore  apparebat  extraneus  omni- 
inodis... 

^5  37 .  Geterum  ipsius  aecclesie  faciem  quibusdam  mira- 
culorum  Apocalipsis  Johannis  theologi  variari  fecit  hisque 
versibus  exornari  : 

Summus  ab  eterna  delapsus  nuntius  aula 
Tempora  testatur  divino  examine  claudi ... 

s^  39.  Prefatus  autem  Arnaldus,  post  euni  Floriacensis 
loci  rector  constitutus,  ...  fratrum  refectorium  aliptico  * 
opère  venustatum  ex  Esopi  Greci  fabulis,  hos  reciprocos 
subtitulari  fecit  : 

Vera  placent  odiis,  mulcens  l)landicio  donis, 
Sic  hodie  pravis,  vera  placent  odiis-'  ... 

§  61.  Deinde  prefatus  pater    Gauzlinus,  quodam   picto- 


1.  Peut-êlx'c  faut-il  corriger  :  Dam  una  die  curae  operis  accelerandi 
niservU  (L.  Delisle,  op.  cit.,  p.  310). 

2.  Echafaudage  mobile, suspendu,  fait  avec  des  claies  [vimineum).  Cf. 
infra  le  mot  deambulalorium,  dans  le  texte  relatif  à  l'abbaye  de  Gluny, 
avant  10  i9.  Voy.  la  note  que  nous  avons  jointe  à  ce  texte,  à  l'occasion  de 
ce  terme  dont  l'emploi,  dans  cette  acception,  manque  au  Glossaire  de  Du 
('ange  et  n'a  pas  encore  été  signalé,  à  notre  connaissance.  Il  s'agit  ici  d'un 
échafaudage  probablement  un  peu  en  pente,  avec  plancher  à  claire-voie, 
et  paraissant  avoir  des  réglettes  en  saillie  {raslri\  dont  la  ruptuie  était  une 
cause  d'accident. 

3.  Peut-être  inedieslinis  [ihid.].   Cette  correction  paraît  très  probable. 
1.  Cf.  supra:  aliplicnin  sc[h]ema. 

.■).  Les  inscriptions  en  vers  latins  dans  de  grandes  églises  monastiques 
étaient  alors  en  usage.  On  en  peut  citer  des  exemples  remarquables  au 
XI"  siècle.  Voy.  ce  que  rajiportc  la  chronique  du  Mont-Cassin  sur  les  tra- 


38  TKXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1003-1030] 

rum  peritissimo  a  Langobardorum  reg-ione^  ascito,  nomine 
Nivardo,  insignis  operis  crucifixum  componi  precepit ... 

5^  62.  Rursus  Rodulfus,  in  onini  arte  fusoria  peritissimus^ 
velut  alter  Beseleel-,  tabulis  hispanici  cupri  vario  opère 
inscul[p]tis  chorum  psallentium  circumdedit,  sumptus  sub- 
ministrante  hoc  venerabili  pastore.  Has  et  columnarum 
sejunxerat  intercalationibus,  quas  supradictus  Nivardus 
scalpro  celeberrimi  compserat  edificii...  Scabellum  pediim^ 
marmor  porfîreticum.  Altaria  etiam  repperiens  lapidea,  effecit 
niarmorea.  Ipsum  quoque  ecclesie  meridianum  [introitum] 
condolens  latericiuni  '^,  post  ignis  incendium  reliquit  mar- 
moreum,  reverendi  abbatis  Adaelelmi '*  monasterii  sanctî 
Karileffi  indiistria  compactum.  Unde  haec  sing-ula  perlus- 
trans  horis  in  competentibus,  serio  solitum  dixisse  fertur  r 
((  Urbem  latericiam  repperi,  relinquam  marmoream  •'.  n 
Quod  utique,  fateor,  fecisset,  si  in  hac  luce  aliquanto  eun\ 
manere  licuisset 

vaux  accomplis  sous  l'abbatiat  de  Didier  (1058-1087),  éd.  Wattenbach^ 
Mon.  Germ.  hist.,  Script.,  t.  VII,  p.  551-844.  Pour  le  xii"  siècle,  voy.  la 
description  que  Su^yer  nous  a  laissée  de  la  décoration  de  son  église  abba- 
tiale. (Cf.  J.  von  Schlosser,  Quelleiihuch  ziir  Kiinstgeschichle  des  abendL 
Miltelalters.) 

1.  «  Les  rapports  que  Gauzlin  entretenait  avec  l'Italie  sont  un  point 
dif^ne  de  fixer  latlention  du  lecteur  :  c'est  de  ce  pays  qu'il  fit  venir  ua 
peintre  et  un  ouvrier  en  mosaïque  :  c'est  là  qu'il  acheta  ou  fit  acheter  des 
ivoires  et  des  pièces  d'orfèvrerie  ;  c'est  de  là  enfin  qu'il  tira  ses  marbres 
et  ses  porphyres  (^e  dernier  point  nous  rappelle  qu'au  siècle  suivant,  Suj^-er, 
abbé  de  Saint-Denis,  se  disposait  à  faire  venir  de  Rome  les  colonnes  de 
son  église,  quand  il  découvrit  d'excellentes  carrières  aux  environs  de  Pon- 
toise  »  (L.  Delisle,  \'ie  de  GuiizUn...,  op.  cit.,  p.  270).  —  ^'oy.  dans  I^lmé- 
ric  David,  Hisl.  de  lasculplure  franc.,  p.  13  et  s.,  des  fragments  de  textes 
intéressant  la  décoration  des  églises  au  xi"  siècle  [ars  arlaloria  opus  aela- 
torium,  opus  anacflyphiim). 

2.  Réminiscence'de  l'Ecriture  Sainte  (Exod.  XXXI,  2,  et  XXXV,  30).  Bésé- 
léel,  habile  artisan,  est  l'inventeur  de  l'arche  d'alliance  ;  c'est  lui  «  qui 
accomplit  son  œuvre,  dit  la  Hible,  avec  l'esprit  de  Dieu,  et  sut  également 
ouvrer  l'or,  l'argent,  l'airain,  le  marbre,  les  |)i(frres  précieuses  et  tous  les. 
bois  différents.  »  On  donna  ce  surnom  dans  le  Palais  Carolingien  à  Eginhard, 
surintendant  des  bâtiments  sous  Charlemagne.  Par  >^uite  de  cette  ancienne- 
tradition,  le  même  surnom  fut  donné  à  un  laïque,  Thietmar,  qui  aida, 
saint  Poppon  de  Stavelot  à  la  construction  de  son  église  {Vita  S.  Pop- 
ponis.,  c.  33)  :  «  magister  carpentariorum  vel  latomorum,  Thietmarus. 
nomine.  » 

3.  Sur  l'emploi  de  la  brique  dans  les  constructions  religieuses  au  x'  et 
au  xi°  siècle,  voy.  J.  Quicherat,  Mél.  d'archéol.,  p.  445  ;  cf.  ibid.,  les  notes 
de  R.  de  Lasteyrie. 

i.  Adélelme,  abbé  de  Saint-Calais  ;  cf.  Delisle,  op.  cil.,  p.  315,  n.  3. 
5.  Voy.  inf'ra,  l'extrait  de  la  vie  d'Odilon  de  Cluny   que    nous  publions 
dans  notre  recueil. 


[1005-1030]       DE  l'architecture  en  frange  39 

§  64.  [1027-1030.]  —  Igitur,  anno  dominice  Incarnatio- 
nis  millesimo  vigesimo  septimo,  indictione  décima,  infra 
bienniumconflagrationistempli,  uni  versa  in  meliorem  statum 
sunt  reformata  cum  beati  Pétri,  ut  prelibatum  est,  basilica . 
Sane  ipsum  propiciatorium  g-loriose  Virginis  Marie  ^  ... 
lapideo  postmodum  venustavit  fornice,  cujus  superficiem 
musivi  ornasset  scemate,  si  Deus  omnipotens  ei  contulisset 
spatia  prolixioris  vite  ;  namque  pro  hujusmodi  re  ad  partes 
direxerat  Remanie,  opificemque  hujus  operis  proximo  pres- 
tolabatur  tempore. 


VIII 

lOOo-lOiO. 

Historique  ci  description  de  la  reconstruction  de  Véglise 
abbatiale  de  Saint-Remi^  à  Reims ^  par  les  soins  des  abbés 
Airard  et  Thierri. 

Histoviu  dedicationis  basilicae  Sancli  Remigii  apiid  Remos,  ou  Itinerarium 
papae  Leonis  IX  anno  MXLIX  in  Galliam,  auct.  Anselmo,  dans  Mabillon, 
Acta  SS.  ord.  lienedicti,  saec.  VI,  pars  1",  p.  626-627. 

(Cf.  autres  éditions.  Mavlot^  Metropolis  Remensis  historia,  1. 11,1679,  p.  88 
et  s. —  Acta  Sanctoruni,  Holland.,  oct.,  I,  1S5  et  s.  — Migne,  Patr.lat., 
t.  CXLII,col.  1417  et  s.) 

2.  Basilica  -  igitur  gloriosi  confessons  Ghristi  Remigii 
corpore  insig-nita,  quae  usque  ad  haec  moderna  perduravit 
tempera,  Remensium  quondam  archiepiscoporum  studio 
inchoata,  et  a  venerabilis  memoriae   Ilincmaro  eorum    suc- 

1.  Ainsi,  la  chapelle  de  la  Vierge  ne  devait  pas  être  traitée  avec  moins 
d'attention.  La  voûte  en  était  terminée,  et  Gauzlin  faisait  venir  d'Italie  un 
artiste  chargé  de  faire  un  pavage  en  mosaïque,  quand  la  mort  le  surprit  en 
1030  (L.  Delisle,  op.  cil.}.  Dans  l'étude  sur  Saint-Benoît-sur-Loire,  de 
J.  Casier  {Rev.  de  Vart  chrétien,  1900,  p.  62-66),  voy.  ce  que  l'auteur  dit  de 
Vopus  Alexandrinum,  p.  66  (fig.). 

2.  C'est  à  tort  qu'on  a  prétendu  que  les  reconstructions  exécutées  au 
XI"  siècle  laissèrent  subsister  en  grande  partie  un  édifice  antérieur  qui 
remonterait  à  l'époque  Carolingienne  (Conyr.  archéol.de  Fr.,  t.  XLII,  1875, 
p.  23 i-242).  Anselme  dit  formellement,  plus  loin,  que  l'église  d'Hincmar 
fut  détruite  de  fond  en  comble  (eversa  fiinditus). 


40  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  |  1005-1 049 J 

cessore  consummata,  anno  Inc.  Verbi  octingentesimo  quin- 
quagesimo  secundo  ab  ipso  est  dedicata  ^.  Quae  quidem 
non  adeo  operosi  aedificii  solidata  est  niunitione,  quoniam 
barbarae  nationes  per  id  temporis  hanc  infestantes  provin- 
ciam,  frequenti  incursione  praefatos  praesules  ab  hujus- 
modi  praepediebant  intentione  ;  unde,  intra  centum  quin- 
quaginta  et  duos  annos  tanta  est  attrita  vetustate,  ut  jam 
ad  casum  propinquans  repara tionem  sui  videretur  exig-ere, 

Anno  vero  dominicae  Incarnationis  millesimo  quinto  ..., 
Airardus  abbas  ...  cum  sagaci  intenderet  animo  plures 
dominici  gregis  pastores  sua  aetate  per  Gallias  enituisse, 
qui  ecclesias  suas  ex  vetustate  in  potiorem  statum  studue- 
rant  reformare^^  deliberavit  et  ipse  operam  adhibere  in  ejus 
quae  sibi  commissa  eratrenovatione.  Quapropter  viris,  qui 
architecturae  periti  ferebantur,  ascitis,  futuri  templi  fabri- 
cam  ex  quadris  lapidibus  erigere  coepit  a  fundamentis, 
multo  quidem  operosiorem  illis  quam  praenotatum  est  in 
Gallico  regno  renovatas,  et  ambitiosorem,  ideoque  sibi  et 
illius  aevi  honiinibus  inconsummabilem.  Nam,  ubi  per 
viginti  et  octo  fere  annos  pastorale  officium  administ ravit, 
senio  confectus,  coeptoque  operi  finem  non  imponens,  vita 
decessit. 

S.  [Vers  1039.]  —  ...  Abbati  Airardo^...  successit Theodo- 


1.  Ce  document  historique  a  été  commenté  par  un  excellent  érudit, 
M.  L.  Demaison,  sous  le  titre  de  D<i<e  de  l'église  de  Saint-llemi-de-Reims, 
dans  les  Trav.  de  l'Ac.  de  Reims,  t.  LXXl  ('l883),  p.  298  et  s.  (cf.  Poussin, 
Monoçfr.  de  iêcflise  de  Saint-Remi,  Reims.  1857,  p.  104  et  s.,  qui  en  a 
traduit  plusieurs  passages).  Voy.  aussi  L.  Demaison,  L'éfflise  Sainl-Remi, 
histoire  abrégée  de  sa  construclion,  dans  les  Trav.  de  l'Ac.  de  Reims, 
t.  CXI  (1903),  p.  278  et  s.  Le  récit  détaillé  et  fidèle  d'un  témoin  oculaire 
permet  de  rectifier  les  erreurs  de  VioIlet-le-I)uc  sur  la  date  du  transept  et 
delà  nefdeSaint-Remi(7Jtc<.(/c  rarch.  fr.,  t.  V,  p.  165  ett.  IX,  p.  217).  Voy. 
A.  Gosset,  Monographie  de  la  hasiliniie  de  Saint-Remi-de-Reims,  Trav. 
de  VAc.  de  Reims,  t.  XCIX,  p.  291.  Église  Saint-Remi  à  Reims  (album  de 
25  photogr.   d'après    Leblanc.  187  4,  f"    sans    texte). 

2.  Ce  passage  confirme  dune  façon  éclatante  le  texte  de  Glaber  que 
nous  avons  rapporté  plus  haut. 

3.  Airard,  abbé  de  Saint-Remi  de  1005  à  1034.  Les  parties  les  plus 
anciennes  de  Saint-Remi,  à  savoir  les  fondations  et  les  piliers  de  la  nef, 
viennent  sans  aucun  doute  de  l'édifice  commencé  par  cet  abbé.  Voy. 
sur  le  caractère  de  ces  piliers  comparés  à  ceux  du  transept,  L.  Demaison, 
op.  cit.,  p.  306.  Le  récit  d'Anselme  est  très-précieux  pour  les  archéo- 
logues. 


[1005-1049]       DE  l'architecture  en  frange  41 

rieuse  Qui...  deliberavit  reparationi  ecclesiae  suae,  quam 
suus  praedecessor  incoeperat,  manum  perfectionis  impo- 
nere.  Verum  quia  ^^rave  nimis  et  inexplebile  sibi  illud 
erat  incoeptum,  deliberatio  quoque  sua,  si  id  intenderet 
implere,  videbatur  non  habitura  effectum,  Quocirca  eorum 
qui  inter  sibi  commissos  prudentiores  habebantur,  et 
seniorum  Remensis  provinciae  consilio  usus,  difïîculter 
afj^gressus  est  inchoatum  diruere  opus  :  quo  paene  di- 
ruto,  et  fundamentis  quibusdam  relictis  2,  quae  architectis  ^ 
visa  sunt  necessaria  fore  futuris  aedifîciis,  divinam 
domum  coepit  faciliori  quidam  structura,  sed  non  indecen- 
tiore  construere,  ut  aspectum  adhibentibus  facile  est 
cernere.  Qua  incoepta  féliciter,  anno  quinto  suae  ordi- 
nationis,  accensi  sunt  plures  catholici  viri  fervore  divinae 
religionis,  ut  pro  facinorum  suorum  abolitione  paren- 
tumque  suorum,  quorum  corpora  ibi  humata  erant,  requie, 
pro  posse  ad  id  opus  condigna  subsidia  studerent  suppedi- 
tare.  NonnuUi  etiam  de  ecclesiastica  familia  suum  auxilium 
prom[p]ta  impenderunt  benevolentia,  suisque  plaustris  et 
bobus,  tantis  incoeptis  competentia  advexerunt  onera  ^  ; 
sicque,  fundamentis  in  quibus  locis  non  erant  locatis,  et 
columnis  ex  diruto  priori  aedificio  competenter  dispositis, 
arcus  super  eas  diligenter  voluti^  consurgere,  et  basilicae 
fabrica  inter  manus  artificum  coepit  clarescere.  Tune  jam 
vestibulorum  ''   parietibus    undique    erectis,     et   interioris 

l.Thien-i,  abbé  de  Saint-Remi  de  103i  à  1045  (L.  Demaison,  op.  cit.).  Le 
reste  des  constructions  romanes  lui  appartient  ainsi  qu'à  son  successeur 
Hérimar.  Les  architectes  du  xii"  siècle  en  ont  fait  disparaître  une  partie, 
puis  ont  fait  subir  à  la  nef  et  au  transept  des  modifications  assez  impor- 
tantes ;  mais  on  peut  reconnaître  leur  caractère  primitif. 

2.  Cette  remarque  est  digne  d'intérêt;  le  même  fait  dut  se  passer  bien 
d'autres  fois,  comme  les  archéologues  l'ont  observé. 

3.  L'emploi  d'architectus,  au  lieu  de  latomus,  ca.eimnla.rius  ou  operarius, 
n'est  pas  du  tout  fréquent  alors. 

4.  On  trouve  des  exemples  de  ce  même  enthousiasme  pour  les  cons- 
tructions religieuses  et  de  cette  coopération  manuelle  pour  des  entre- 
prises de  ce  genre,  au  xi'  siècle,  par  exemple,  à  l'abbaye  de  Saint-Trond, 
au  diocèse  de  Liège  (voy.  infra.),  puis  aux  xii"  et  xiii"  siècles. 

a.  Arcus  diligenter  voluti,  arceaux  cintrés  avec  soin.  On  trouve  dans 
les  textes,  volvère,  in  arcuum  modo  transvolvere  iahsidem,  cryptam.locum), 
volutio,  iransvolutio,volutiira  lapidea  {ci.  Du  Gange,  Gloss.  lat.,  v°  Arcus, 
Volutio), 

6.  Par  vestihula,  M.  Demaison  a  entendu  les  galeries  des  bas-côtés.  Cf. 
l'emploi  de  ce  terme  dans  le  texte  sur  Saint-Bénigne  de  Dijon  (voy.  supra. 


42  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1005-1049] 

templi  fastigiis  altius  élevât is,  vetusta  ecclesia  ab  Hinc- 
maro  archiepiscopo,  utdictum  est,  antiquitus  dedicata,  est 
eversa  funditus  ;  et  vilis  intérim  tecti  coopertoriolum  ^ 
fabricatum  super  chorum  fratrum,  ubi  absque  inquietudine 
ventorum  et  pluviarum  divinis  possent  vacare  laudibus. 
Supra  sepulcrum  vero  b^ati  Remigii  crypta  consLructa  est, 
licet  parva,  ideoque  toto  corpori  suo  incongrua,  pulcre 
tamen  columnis  ^  etarcubus  fulta  ...  Ejusdem  loci  praeposi- 
tum,  Herimarum  •^nomine,  adhuc  vivens,  sibi  successorem 
deleg-it  :  ipsum  quippe  quod  habuerat  in  desiderio,  credidit 
adimpleturum  strenue,  qui  sibi  adjutor  et  cooperator  exsti- 
terat  ante  omnes  in  praefati  operis  exsecutione,  maximaque 
suppedita[vejratsubsidia,  ex  reditu  villarum  suae  commis- 
sarum  providentiae. 

6...  Non  diu  passus  est  interruptum  pendere  memora- 
bile  coeptum  sui  antecessoris  ;  sed  primo  quidem  dexteram 
basilicaecrucem,  maxima  ex  parte  jam  inchoatam,  et  sinis- 
tram  nihil  adhuc  praeter  fundamenta  habentem,  cum 
cocleis,  quibus  ad  superiora '*  esset  ascensus,  fecit  edificari. 


texte  n»  VI,  §  3).  Cette  interprétation  semble  être  exacte.  On  ne  peut 
interpréter  ici  vestihuliim  par  porche,  signification  qui  convient  à 
l'emploi  de  ce  terme  dans  la  description  des  travaux  de  labbaye  du 
Mont-Cassin,  sous  l'abbé  Didier  (1058-1087),  d'après  Chron.  mon.  Cas., 
dans  J.  von  Schiosser,  op.  cit.,  p.  20i,  205,  206.  —  L'église  de  Saint-Remi 
était  précédée  d'une  vaste  cour  :  «  Est  autem  ante  fores  basilicte  quod- 
dani  spatiosum  atrium...  »,  dit  Anselme,  ibid.,  p.  630.  «  Il  semble,  nous 
fait  savoir  M.  Demaison,  que  ce  ne  soit  pas  là  un  atrium  proprement  dit, 
mais  une  vaste  cour,  comprise  dans  les  dépendances  de  l'abbaye,  et  qui 
forme  une  place  aujourd'hui.» 

1.  Intéressant  détail  de  construction  jjrovisoire. 

2.  On  retrouve  aussi  à  Reims  dans  cette  église  des  piliers  ronds  dont  la 
circonférence  est  décorée  de  colonnettcs  engagées,  assez  nombreuses  pour 
cacher  entièrement  le  noyau  circulaire  auquel  elles  s'ajjpliquent  (voy. 
VioUet-le-Duc,  DtcL  d'a/-c"/i.,  t.'VII/i53et  s.  fig.  3  et  3'''%  v°  Pilier,  et  Enlart. 
Man.d'archéol.  f'r.,l.  I,  p.  325);  d'après  M.  Demaison,  ces  piliers  datent  du 
commencement  du  xi"  siècle  (dès  1005),  car  leui-s  bases  sont  semblables 
à  celles  des  piliers  de  la  crypte  de  Saint-Etienne  d'Auxerre,  et  non  de  la 
réfection  qui  eut  lieu  vers  1039.  —  Saint-Remi  a-t-il  eu  des  bas-côtés 
doubles?  Voy.  Enlart,  t.  cit.,  p.  2 il.  C'est  une  hypothèse  de  Viollet-le- 
Duc  que  M.  Demaison  ne  croit  pas  fondée. 

3.  Ilérimar,  abbé    de   Saint-Remi   de  1045  à  1070,  selon  M.    Demaison. 

4.  «  Nous  pensons,  dit  M.  Demaison,  que  ces  derniers  motsdésignent 
particulièrement  les  deux  tours  du  portail  ;  mais  il  y  a  aussi,  du  reste, 
un  escalier  à  vis  dans  l'aile  méridionale  du  transept.  »  (Sur  la  forme 
ancienne  du  transept  de  Saint-Remi  de  Reims,  voy.  Enlart.,  Man. 
d'archéol.   j'r.,    t.  I,  p.    235.)  On  a   vu  l'emploi  des  escaliers  dans  le  docu- 


[1005-1  OiD]  DK  i/arciiitectlrk  en  frange  43 

Crypta  autem  quae  super  beati  Remigii  sepulcrum  cans- 
triicta  fuerat,  ([uia,  ut  superius  relatum  est,  prae  parvitate 
sui,  alterius  operis  incongrua  videbatur,  dirui,  et  aliam 
eminentiorem  fecit  restitui.  Deinde  trabibus  de  saltu  juxta 
Orbacis  *  monasterium  sito  advectis  fastig-ia  ejusdeni 
con[teguntur]2  templi'^  sicque  decentissima  domus  tota 
apparaît  in  partibus  suis^. 


ment  concernant  Saint-Bénigne  de  Dijon.  Cf:  «  pro  quadani  [co]cfea,  in 
vulgari  vocata  ris.  lapidea,  existante  in  ecclesia  Carnotcnsi.  a  parte  reves- 
tiarii,  pcrlicienda  »  (Testanient  de  1311  d'un  archidiacre  de  Chartres, 
dans  Bultcau,  Mon.de  l,i  calh.  de  Chartres, deuxième  éd..  t.  I,  p.  136).  La 
k'gende  du  plan  de  Saint-Gall,  qni  indique  deu.x  tours  à  l'entrée  de  l'église, 
s,cxprimc  déjà  ainsi  :  «  ascensus  per  cocleam  ad  universa  super  inspicien- 
da...»  ic'est-à-dire  escalier  en  escargot). 

1.  C'est  l'abbaye  bénédictine  d'Orbais,  au  diocèse  de  Soissons,  aujour- 
d'hui dans  l'arr.  d'Epernay  (Marne  . 

2.  Au  lieu  de  contetfuntur  que  donnent  Marlot  et  les  niss.,  on  lit  dans 
Mabillon  conseqiiunliir,  leçon  évidemment  fautive. 

3.  La  dédicace  de  l'église  de  Saint-Renii  eut  lieu  au  commencement 
(l'octobre  10  i9,  eri  présence  du  pape  Léon  IX  (voy.  le  i-écit  d'Anselme,  p.  62,s 
et  s.).  Pourles  travaux  exécutés  à  Saint-Remi  au  xirsiècle.on  devra  consul- 
ter le  texte  des  lettres  de  Pierre  de  Celles.  Déjà,  vers  la  lin  du  xi'  siècle, 
l'église  avait  été  ornée  d'un  pavé  de  mosa'iquc.  grâce  à  la  libéralité  de 
son  trésoi'ier  Gui.  I>a  description  en  a  été  conservée  par  Hergier,  Les 
grands  cheminsde  l'Empire  romain,  qu'on  trouve  dans  l'éM.  de  1728,  p.  201  ; 
et  par  Marlot, //(S<.  </e...  lieims.  t.  II,  p.  Jl2-5(il.  —  Cf.  Annal,  archéol.. 
t.  X,  p.  61  ;  voy.  R.  de  Lasteyric,  Eludes  sur  la  sculpl.  fr.  au  moyen  âge, 
p.  18.  Signalons  toutefois  que  Longuet  {Congr.  arcli.  de  Erance,  vingt- 
huitième  session  à  Reims,  p.  17  et  s.)  rajeunit  de  près  d'un  siècle  l'âge  de 
ce  pavement  (A'acandard.  Vie  de  sainl  Bernard,  t.  I,  p.  117,  n.  2). 

4.  On  a  d'autres  témoignages  importants  de  la  reconstruction  des  églises 
de  Reims  dans  la  deuxième  moitié  du  xi' siècle  voy.  Demaison,  o/).  ci7.). 
L'archevêque  Gcrvais.  dans  une  chartede  1067  [Orig.  —  Arch.  de  la  ville). 
parle  ainsi  de  la  réédification  de  l'église  Saint-Denis  ;  «  Beati  Dionisii, 
que  jam  pêne  annullata  fuerat,  aecclesiam  renovare  apposui...  Restau- 
rationis  opus  operosiore  structura,  Dei  présente  gratia,  adimplere  non 
distidi,  destructa  reedificans,  que  fundata  non  erant  a  fundamentis  consti- 
tuens.  « 

Un  diplôme  de  Philippe  P'(s.  d.  vers  1067)  donne  les  détails  suivants  sur 
l'état  de  ruine  de  cette  église  et  sur  les  travaux  de  Gervais  {Arch.  de 
Reims,  f.  de  Saint-Denis)  ;  cf.  Marlot,  Melr.  Rem.  hisL,  t.  II,  p.  139-141  : 
«  Locus...  ad  tantam  reclactus  est  penuriam,  ut  tecto  vetustate  consum- 
pto,  parietibus  incuria  dissipatis,  in  quodamejus  angulo  altai-e  unum  vix  a 
pluvia  protegeretur...  Coepit  igitur  [Gervasius]  parietes  gelu  et  ymbri 
exesos  renovare  et  cxaltare,  tecta  altiora  erigere,  et  opus  priori  sump- 
tuosius  multo  atque  venustius  vigilantia  instanti  aedificare.  »  Un  autre 
diplôme  de  Philippe  P%  de  1066,  nous  renseigne  sur  la  reconstruction  de  l'an- 
cienne basilique  de  Saint-Nicaise,  fondée  au  iv"  siècle  par  Jovin,  sous  le 
titre  de  Saint-Agricole:  «  Ecclesia  in  suburbio  Remensi  posila,  miro  opère 
quondam  a  Jovino  praefccto  aedificata,  ab  eo  [Gervasio]  inventa  est  vetus- 
tate et  incuria  magna  parte  consumpta...  Studuit  quae  in  ea  omnino  cor- 
ruerant  a  fundamentis  restaurare,  quaesemirupta  pendebant  artificio  quo- 
dam  rcdintegrare,  et  inspeciem  novi  operis  ruinosam  ecclesiam  decentis- 
simc  reformare  »  (Marlot,  op.  cil.,  t.  I,  p.  620). 


44  TEXTES  RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1005-1077] 

IX 
Vers  1005-1077. 

{^contribution  personnelle  apportée  par  des  moines  et  des 
abbés  aux  travaux  matériels  de  construction  [maçon- 
nerie transports,  de  pierres)  dans  divers  monastères, 
notamment  dans  les  abbayes  de  Saint-Vanne  de  Verdun, 
en  Lorraine,  et  du  Bec,  en  \ormandie. 


Chronicon   Hugonis...    abb.   Flaviniucensis  ^ ,  \ih.  II,    dans  Mon.  Gerni. 
histor.,  Scr.,  t.  VIII  (1848),  p.  373. 

(Cf.  autres  éditions.  Labbe,  Nova  Bibl.  mss.,  t.  I,  1657,  p.  161.  —  Migne, 
Patr.  Int.,  t.  CLIV,  col.  206  et  s.) 

Clarebat  ubique  nomen  Richardi,  [abbatis  Virdunen- 
sis-]...  Videfts  autem  ecclesiae  suae  vetu.stissima  et  pêne 
jam  diruta  sarta  tecta  ',  delegit  eis  dejectis  ampliora  jacere 
fundamenta,  et  in  melioreni  statum  et  nobiliorem  novam 
compilare  basilicam,  quod  et  brevi  actum  est.  Turres  enim 
ecclesiae  ipsius  doninus  Fredericus  ex  suo  fecit,  et  cella- 
rium  et  refectorium  fratrum.  Dormitorium  vero  cnm  dejec- 
tum  restrueretur  et  necessaria  domus  pararetiir,  nec  posset 
nova  parari,  nisi  vêtus  mundaretur,  accersitis  quorum  esset 
operis  et  studii  id  explere,  cum  aliqui  illorum,  ut  assolent, 
erubescerent,  et  manus  apponere  in  subyehendo  quod  niun- 
dabatur  subterfugerent,  vir  humilitatis  et  gratiae,  Frederi- 

1.  Sur  Ilugue  de  Flavif^ny,  né  à  Verdun  vers  1065,  voy.  Molinier,  Sources 
del'hisl.   de  Fr.,  t.  II,  p.  307. 

2.  Richard,  abbi!-  de  Saint- Vanne  pendant  les  années  100i-]0l6.  d'après 
la  (iallia  chrisliana.  ^  oy.  aussi  les  rappi-ochements  faits  par  Godefroy 
Kurtii  au  sujet  de  cette  abl)aye,  d'après  la  Vila  S.  Richardi  (c.  14,  p.  287), 
dans  son  étude  surA'«/(/er  de  Liège.. .^  t.  I.  1905,  p.  306. 

3.  Cette  expression  d'orij^ine  romaine  désij^ne  les  i-éparalions,  et  par 
suite  l'entretien  dun  édifice  (voy  G.  ilirschfeld.  Die  kaiserlichen  Ver- 
waltungsheamten  bis  an/  Diorlelian,  ileuxicmc  éd.  1905),  p.  2,')8-25!t,  n.  I). 
On  la  rencontre  quelquefois  dans  les  chroniques  du  moyen  âge. 


[1005-1077]       DE  l'architecture  en  frange  45 

eus,  vere  monachus,  terrae  fossor  accessit,  et  quod  effossum 
est  onere  facto  exportavit.  Quis  jam  similia  facere  erubes- 
ceret,  cum  videret  Fredericum  ^,  comitis  fîlium,  fratrem 
duorumducum,  imperatorisconsanguineum,  et  fecisseet  non 
erubuisse?  Fecit  et  huic  siniile  opus  in  turrium  -  exstructione. 
Cum  enim  jam  in  altum  structura  porrigeretur,  et  stru- 
mentum  illud,  quod  avis  '^  nominatur,  subvectione  caementi 
aptatum  perpauci  essent  qui  ferrent,  his  qui  huic  officio 
erant  deputati  alias,  ut  credimus,  occupatis,  videns  vir 
beatae  memoriae  quemdam  de  nobilioribus  astantem,  ut 
sumeret  ligneum  illud  instrumentum,  et  caementum  collo, 
ut  moris  est,  subveheret  ammonuit.  Qui  cum  erubesceret, 
et  suis  id  natalibus  incongruum  adstrueret,  vir  mitissimus 
cervice  subposita  quod  rogabat  primus  implevit.  Ac  deinde, 
porrecto  juveni  instrumento  eodem,  suo  docuitexemplo^,  ut 
disceret  facere  quod  fecerat  comes,  comitis  filius,  nec 
erubesceret,  si  ei  improbaretur  factum,  quod  constaret  ab 
ipso  quondam  comité  primitus  nctitatum  '...] 


Willelini  Genielicensis^  Ilistor.   Normann.,    1.   V'I,  c.    ix,  dans  Duchesae, 
Ilistor.  Normann.  script,  antiq.  (1619),  p.  261  et  s. 

(Cf.  autre  édition.  Migne,  Pair,  lat.,  t.  CXLIX,  col.  839  et  s.) 

[Avant  1034-1077.]  —  Protinus  in  villa  quae  dicitur  Bur- 

1.  Frédéric,  comte  de  Verdun,  frère  du  duc  de  Lorraine  Thierry  !«'. 

2.  Il  s'agit  de  tours  en  pierre,  par  opposition  aux  tours  en  bois,  fréquentes 
à  cette  époque  «  :  contractis  undequaque  niultis  operariis,  sua  industria 
tiirres  lapideas. . .  construxit»  {Vila  S.  Richardi,  c.  10,    p.    285. 

3.  On  a  donné  en  français  le  nom  cVoiseau  à  l'instrument  dont  les 
manœuvres  se  servent  pour  monter  le  mortier. 

'i .  Cf.  le  texte  relatif  au  travail  matériel  des  moines  bénédictins  de  Sainte- 
Marie  de  Pomposa  (dioc.  de  Ravenne),  sous  l'abbé  Gui  (10  56.)  :  «  Fratribus 
operantibus  aliquando  crates  lapidum  ruderibus  graves,  non  sine  diaboli- 
co  inslinctu,  de  superioribus  mûri  ruerunt  in  terram.  In  quo  casu  quidam 
ex  operariis,  quia  supererant  cratibus,  delapsi  ad  ima...  quidam  vero  dum 
corruentes  muro  tignisquealiquibus  iuhaerent...  »  (Act.  SS.  0  .  B.,  t.  VIII, 
p.  449;  cf.  Alb.Lenoir, /lrc/it7ec/iire  monastique,  t.  I  (1852),  p.36-.^9  (Archi- 
tectes et  ouvriers),  et  Ann.  archéol.,  t.  VI  (1847),  L'art  et  lesmoines,  parM. 
de  Montalembert,  p.  121  et  s.,  avec  des  extraits  de  textes  du  moyen  âge). 

5.  Le  §  8,  p.  373,  renferme  des  détails  sur  l'église  :  «  Edificata  igitur  nova 
aecclesia,  majori  ambitu  et  eleganliori  opère,  ad  dexteram,  ad  laevam  cru- 
cis  monasterii.    » 

6.  Moine  à  l'abbaye  dont  il  a  pris  le  nom,  Guillaume  dédia  son  Historia 
Xormannorum  à  Guillaume  le  Conquérant  (f  1087),  au  plus  tôt  vers 
l'an  1070. 


46  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1003-1077] 

nen villa  ^,  [Herluinus]  2  extruendum  servitio  Dei  opus 
arripuit  non  parvum,  brevi  peractum.  Ipse  non  solum  operi 
praesidebat,  sed  opus  ipsum  effîciebat,  terram  fodiens,  fos- 
sam  efferens,  lapides,  sabulum,  calcemque  humeris  com- 
portans,  ac  ea  in  parietem  ipsemet  componens,  Quibus  alii 
horis  aberant,  ipse  congerebat  quae  ad  opus  exigebantur, 
excludens  otium  ab  omni  parte  diei  ...  Avulsit  ...  pater- 
nas  domos,  unde  servorum  Dei  habitacula  construxit. 
Sacrata  vero  quam  construxit  ecclesia  ab  episcopo  Lexo- 
viensi  Herberto...  saecularem  habitum  deponens,  ab  eodem 
pontifice  sacrae  habitum  religionis  accepit  ...  A  rivo  illic 
mananti  Beccus^  appellatur,  ad  milliarium  a  Castro  quod 
vocatur  Brionnium. 

[1039.]  — Est  hic  locus  in  ipsosaltu  Brionnensi,  valle  ima, 
montibus  saltuosis  hinc  inde  conclusa,  omni  opportunitate 
humano  usui  commodus  ...  Trium  tantum  molendinorum 
très  domus  illic  erant,  et  solum  habitabile  permodicum. 
Gonsecrata,  paucis  extructaannis,  non  parva  ecclesia,  colum- 
nis  ex  ligneis  claustrum  construxit  ...  Ortus  Italia  qui- 
dam vir  erat ...  nomine  Lanfrancus.  Is,  patria  egressus  ... 
Beccum  ...  adiit,  quo  nullum  usquam  pauperius  aestima- 
batur  vel  abjectius  coenobium.  Forte  tune  abbas  exs- 
truendae  fornaci  occupatus,  ipse  operabatur  manibus  suis. 
Cujus  humilitatem  animi,  sermonisque  dignitatem  ille 
plurimum  veneratus  et  amans,  monachus  ibi  efficitur  ... 
Ditatur...  Beccensis  locus  ornamentis,  possessionibus,  per- 
sonis  nobilibus  et  honestis  ...  Adunatam  ...  illic  fratrum 
multitudinem,  quia  domorum  spaciositas  jam  capere  non 
valebat,  et  quia  situs  loci  degentiumincolumitati  contrarius 
existebat,  venerabilis  Lanfrancus  abbatem  Herluinum  de 
majoris  monasterii  et  ofîîcinarum  aedificatione  compel- 
lare  coepit.  Nolente    illo    aliquatenus   acquiescere,    divino 


1.  Bonneville,    cant.  de  Monlfort,  arr.    Pont-Audenier   (Eure),   d'après 
Porée,  Ilist.  du  Bec.  t.  I,  p.  35  ;  il  y  a  aussi  Hournainville,  arr.  Bcruay- 

2.  Hellouin,   né  près  de  Brionne  (99 i),  seigneur,   puis    abbé   fondateur 
de  l'abbaye  du  Bec  (avant  1034),  mort  en  1078. 

3.  Bec(Le),  auj.  Bec-Hellouin  (Le),  cant.  de  Brionne,  arr.  Bernay  (Eure). 


[1005-1077]       DE  l'architecture  en  frange  47 

nutu  monasterii  presbjterium  corruit.  Tandem  victus  ... 
in  salubriori  muliuni  situ  nova  inchoavit  ;  monasterium  et 
officinas,  opus  pergrande,  dignum,  cujus  dignitati  ditiores 
multae  non  accedunt  abbatiae  ...  Post  triennii  vero  com- 
pletionem,  sola  necdum  compléta  basilica,  venerabilis  Lan- 
francus,  coepti  operis  institutor  ...  ecclesiae  Gadomensi 
abbas  praelîcitur  ...  nova  necdum  sacrata  erat  ecclesia  ... 
Igitur  X  kal.  novembris,  anno  ab  Incarnatione  Doniini 
MLXXVII...  pontifex  Lanfrancus  advenit,  consecrando  con- 
summaturus  ecclesiam,  quam,  inspirante  Deo,  inchoavit  et 
in  cujus  extruendis  fundamentis  lapidem  secundum  ipse 
manu  sua  imposuit  ...  Infra  sedecim  annos,  solis  pauperum 
expensis,  complevit  monasterium  cum  omnibus  officinis, 
opus  pulchrum  et  maximum^. 


X 

1007-1020. 

Observations  de  Bernard  -,  écolàtre  d'Angers,  sur  la  repré- 
sentation des  saints  par  la  statuaire  et  la  peinture 
murale  dans  les  églises.  —  Le  château  et  le  donjon 
de  Castelpers,  en  Rouergue ;  ses  défenses  naturelles  ' 
détails  sur  sa  disposition  intérieure. 

Miracnla  Sancle  Fidis  ,  lib.  I,  c.  [xiii],  et  [xxxiii],   éd.  A.  Bouillet,   d'après 
le  ms.  de  la  bibliothèque  de  Schlestadt,  p.  46-49  et  79-82. 
(Cf.  autre  édition.  Migne,  Pair,  lat.,  t.  GXLI,  col.  148-149.) 

1 .  Cf.  le  texte  suivant  relatif  à  un  autre  Normand,  Ilugue,  abbé  de  Scl- 
by,  dans  le  Yorkshire,  en  Angleterre  (après  1096)  :  «  Ecclesiae  quoque  sed 
et  omnium  officinarum  i-egularium  fundamenta,  in  loco  ubi  nunc  abbatia, 
devotus  architectus,  ipse  locavit  :  nam,  usque  ad  suum  tempus,  omnes 
officinae  hy|/ieae  fuerant. . .  Quotidie  siquidem  cizciiiio  indutus  operario, 
lapides,  calcem  et  quaeque  operi  necessaria,  humeris  suis  supposita,  cum 
cœteris  operariis  ad  murum  soiebat  advehere,  et  omni  sabbato  mercedem 
sibi,  sicutunus  ex  operariis,  accipiens,  pauperibus  erogavit,  ut  illud  scilicet 
impleret,  quod  scriptum  :  De  lais  justis  lahoribiis  da  pauperibus  »  {Histor. 
Selehiensis  monast.,  auct.  anon.,  dans  Labbe,  Nov.  Bibl.,  t.  I,  p.  607;  cf. 
A.  Lenoir,  op.  et  t.  cil.,  p.  37  et  38.) 

2.  Sur  Bernard,  écolàtre  d'Angers,  voy.  la  Préface  de  l'abbé  Bouillet. 
Il  était,  selon  toute  probabilité,  originaire  d'Angers  et  élève  de  Ful- 
bert de  Chartres  devenu,  en  1007,  évêque  de    Chartres.  Vers   1010,  il  fut 


48  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1007-1020] 

1 

[XIII.]  QUOD  SANCTORUM  STATUE,  PROPTER  INVINCIBILE» 
INGENITAMQLE  IDIOTAROI  CONSUETUDINEM,  FIERI  PERMITTANTLR,. 
PRESERTI3I  CUM  NlCHIL  Olî  ID  DE  RELIGIONE  DEPEREAT^  ET  DE 
CELESTI  VINDICTA. 

...  Est...  vêtus  mos  et  antiqua  consuetudo,  ut  in  tota 
Arve[r]nica  patria,  sive  Rotenica  vel  Tolosana,  necnoii  et 
reliquis  nostris  his  circumquaque  contig-uis,  de  auro  sive 
argento  seu  quolibet  alio  métallo,  sancto  suo  quisque  pro' 
posse  statuam  erig-at,  in  qua  caput  sancti  vel  potior  pars 
corporis  venerabilius  condatur.  Quodcum  sapientibus  videa- 
tur  haud  injuria  esse  supersticiosum,  videtur  enim  quasi 
prisée  culture  Deorum  vel  potius  demoniorum  servari  ritus,. 
michi  quoque  stulto  nichilominus  res  perversa  legique 
christiane  contraria  visa  nimis  fuit,  cum  primitus  sancti 
Geraldi  ^  statuam  super  altare  positam  perspexerim,  auro 
purissimo  ac  lapidibus  preciosissimis  insignem  et  ita  ad 
humane  figure  vultum  expresse  effîgiatam,  ut  plerisque 
rusticis  videntes  se  perspicaci  intuitu  videatur  videre, 
oculisque  reverberantibus  precantum  votis  aliquando  placi- 
dius  favere.  Moxque  Bernerio^  meo  mea  culpa  subridens 
latino  sermone  in  hanc  sentenciam  erurapo  :  «  Quid  tibi, 
frater,  de  ydolo  ?  An  Juppiter  sive  Mars  tali  statua  se 
indignos  estimassent  ?  »  Ibi  tum  Bernerius,  jam  sententia 
ductus,  satis  ingeniose   delusit,    satisque  sub    laude  hanc 


appelé  par  Hubert  de  Vendôme,  évoque  d'Angers,  pour  dirifçer  l'école 
épiscopale.  —  Sur  le  voyage  de  ces  deux  clercs  angevins  à  Conques  et 
leurs  si  curieuses  réflexions  devant  les  reliquaires  anthropomorphes 
de  sainte  Koy,  vers  le  moment  d'une  première  expansion  de  la  statuaire 
française,  voy.  A.  Michel,  Hist.  de  iart...,  t.  I,  2°  part.  (1905),  la  sculpture 
romane,  p.  592-59  4 . 

1.  «  Bernard  d'Angers  ne  nomme  pas  la  ville  d'Aurillac,  où  il  se  trouvait 
en  ce  moment.  Géraud  —  Geraldus  — avait  été  comte  d'Aurillac.  Il  mou- 
rut en  909.  Il  avait  i'ondé  à  Aurillac  une  abbaye  bénédictine  qui  prit  son 
nom.  Son  corps  fut  enseveli  dans  l'église,  auprès  de  l'autel  de  saint  Pierre 
d'Aurillac  »(Note  de  Bouillet,  op.  cit.,  p.  47). 

2.  Cet  écolâtre  du  nom  de  Bernier  avait  accompagné  Bernard  dans  son 
premier  voyage  à  Conques,  voyage  suivi  de  deux  autres,  le  dernier  en  1020. 
Voy.  Bouillet,  Préface  ;  cf .  Histoire  littéraire,  t.  VII,  p.  308-310. 


[1007-1020]       DE  l'architecture  en  frange  49 

vitupéra  vit.  Nec  prorsus  immerito.  Nanti,  ubi  solius  summi 
etveri  Dei  recte  ag^eiidus  est  cultus,  nefarium  absurdumque 
videtur  g-ypseam  vel  ligneam  eneamque  formari  statuam, 
excepta  crucifixi  Domini.  Gujus  imago  ut  alFectuose,  ad 
celebrandam  'Dominice  passionis  memoriam,  sculptili  sive 
fîctili  formetur  opère,  sancta  et  universalis  recipit  Ecclesia, 
Sanctorum  autem  memoriam  humanis  visibus  vel  veridica 
libri  scriptura,  vel  imagines  umbrose  coloratis  parietibus 
depicte  tantum  debent  ostendere.  Nam  sanctorum  statuas, 
nisi  oh  antiquam  abusionem  atque  invincibilem  ingeni- 
tamque  idiotarum  consuetudinem,  nulla  ratione  patimur... 
Sancte  Fidis  imago  nichil  est  quod  destrui  vel  vituperari 
debeat,  cum  nec  quisquam  ob  id  in  antiquum  errorem 
relabi,  nec  sanctorum  virtutes  inde  minui,  nec  etiam  quip- 
piam  de  religione  propterea  videtur  deperire. 


[XXXIII].  De   eo  qui,    premonitus  a   sancta   Fide,    per 


FENESTRAM  TURRIS  EVASIT 


Miles     quidam,    qui     erat    in    captione    in    pago 

Rotenico,  Castro  Perso  ^,  sub  dominio  Amblardi  cuj us- 
dam  nobilissimi  viri,  datis  pro  se  obsidibus,  ad  sanctam 
Fidem,  quasi  aliud  negptium  acturus,  quod  potuit  occul- 
tus  venit.  Deinde  statuto  placito,  sese  in  captionem  rece- 
pit.  Unde  qualiter  post  aliquantum  temporis  divina  institu- 
tioneevaserit,  dicendumerit.  Sedprimum  terre  illius  situs  et 
qualitas  paucisverbis  repetenda.  Estpatria  peromnia  mon- 


1.  Ed.  Bnuillet,  p.  79  et  s. 

2.  «  Castclpers,  aujourd'hui  village  de  la  commune  de  Saint-Just  (canton 
de  Naucelle,  arr.  Rodez,  Aveyron),  situé  sur  un  rocher  escarpé,  au  con- 
fluent du  Céor  et  du  GifTou.  Le  château  de  Castelpers,  dont  il  ne  reste 
aujourd'hui  que  des  ruines  insignifiantes,  donna  son  nom  à  une  des  plus 
anciennes  baronnies  du  Rouergue,  dont  il  avait  été  le  berceau.  Nous 
savons  par  l'Histoire  de  Languedoc  que  Pierre,  sire  de  Castelpers,  fit  en 
1077  une  donation  à  l'église  cathédrale  d'Albi  (t.  II,  Pr..  col.  296.  -^  Cf.  de 
Gaujal,  Élnden  hisl.  sur  le  Rouergue,  t.  IV,  p.  36i.  —  De  Barrau,  Docu- 
ments hisl.  et  génèal.  sur  le  Rouergue,  t.  I,  p.  697).  »  (Note  de  Bouillet, 
op.  cit.,  p.  79.) 


50  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1007-1020] 

tuosa,  et  etiam  per  loca  horridis  scopulis  adeo  édita,  ut  vix 

visus  altitudinis  vastitate  queat  exaturari Sed  quia,  ut 

diximus,  montium  scopulorumque  dissimilitudine  a  nostro 
solo  discrepat,  ideo  contig-it  ut  prenominati  oppidi  struc- 
tura, super  excellentissime  rupis  soliditatem  fundata,  per 
spaciosum  aeris  inane  longe  eminentior  exsurgat,  Porro 
,  oppidanorum  mansio  de  parte  illa  habetur  que  planior 
habitabiliorque  videtur,  habens  arcem  erectam  in  editiore 
loco,  ad  illam  videlicet  plagam  qua  altioreruitur  precipitio. 
De  qua  etiam  parte  in  sunimo  turris  solario  herilis  caméra 
erat,  ubi  ipse  héros  cum  familiaribus  sopitus  placidum 
carpebat  pectore  somnum.  Extra  quam  cameram  in  eodem 
solario  de  parte  reliqui  municipii,  captivus  quem  dixi  pon- 
derosa  mole  ferri  cruribus  innexus,  trium  vernaculorum 
custodia  servabatur  K  Huic  sancta  Fides  jamdudum  ad  se 
querelosis  vocibus  exclamanti  jamque  pêne  desperanti, 
sopitiscustodibus,  corporali  specieconspicabilis  apparuit ... 
Quare  igiiiir,  inquit,  longas  moras  innectis  ?  Perrumpe 
per    médium    camere,    ac    per    siimmas     turris    fenestras 

elahere clauso  ostiolo  in  conclave  se  recipit Et  sic, 

tandem  cum  mag'na  difficultate  penetrato  cubili,  ad  ipsas 
fenestras  substitit,  casus  altitudinem  vehementer  expaves- 
cens  ...  Ad  extremum  ille  in  miserabib  positus  discrimine, 
assumpta  audacia  ac  posito  corde  in  periculo,  pedes  pri- 
mum  per  fenestram  emittens  foras,  se  totum  vasto  crédit 
precipitio.  Sed  numquam  mollius  suaviusque  sua  pensilis 
pluma  Sardanapalum  fovit,  quam  hune  durissima  rupis 
excepit.  Adeo  divina  subportante  virtute,  ut,  cui  natura 
negaverat  alas,  hic  plane  volare,  non  cadere  videretur. 
Quo  miraculo  factus  securior,  etiam  multo  profundioris 
precipitii  saltum  addere  non  dubitavit.  Nam  de  summis 
scopulis  super  quos  arcis  tota  moles  innitebatur,  super 
inferiores  ruens,  ad  certissimum  terre  solum  tercio  saltu 
perlabitur 

1.  Ce  passage  nous  montre  que  les  prisonniers  retenus  dans  les  châteaux- 
forts  n'étaient  point  toujours  relégués  dans  des  cachots  souterrains,  mais 
qu'ils  pouvaient  être  alors  enfermés  dans  une  partie  des  étages  supérieurs 
(m  stimuio  liirris  solario). 


[1008-1026]       DE  l'architecture  en  France  51 

XI 

1008-1026 


Changement (l emplacement  du  château  de  Thro,  non  loin 
de  Ploënnel,  en  Bretagne,  par  Guéthenoc,  vicomte  de 
Porhoët  ;  consultation  des  moines  de  Bedon  sur  le 
moment  et  le  lieu  qu'il  doit  choisir  pour  ce  transfert  ;  don 
d'une  table  d'autel  d'argent  doré,  avec  cens  annuel  de 
cinq  sous  sur  son  nouveau  château,  auxdits  religieux 
qui  s'engagent  à  veiller  sur  la  sépulture  commune  de  sa 
famille;  en  cas  d'agrandissement  de  remplacement  du 
château,  promesse  de  leur  réserver  unpetit  monastère  y  pré- 
liminaires de  la  construction  ;  fixation  d'un  pieu  sur  le 
lieu  de  la  nouvelle  construction,  et  fondation  de  la  cha- 
pelle seigneuriale  de  Saint-Sauveur. 

Orig.  aux  Arch.  départ.  d'IUe-et-Vilaine,  sér.  H,  abbaye  de  Redon, 
prieure  de  S"  Croix,  et  n»  CCXCII,  fol.  140  V,  du  Cartiilaire  général 
du  Morbihan,  par  L.  Rosenzweig,  t.  I  (1895),  p.  11  et  123  '. 

(Cf.  Cartiil.  de  l'abbaye  de  Redon  en  Bretagne,  par  A.  de  Courson,  1836, 
p.  211). 

Florente  adhuc  mundo  et  fide  vigente,  vir  quidam  multe 
nobilitatis  et  sagacitatis,  Guethenocus,  vicec(h)omes  de  cas- 
tello  Thro^,  cog-itans  ipsum  castelluni  de  suo  loco  mutare-^, 
audivit  omnem  plantacionem  quam  non  plantât  patei*  cae- 
le.stis   esse  eradicandam.  Divino    spiritu    instinctus,    adiit 


1.  Cet  acte  est  reproduit  deux  fois  dans  le  Cartulaire  de  Rosenzweig, 
à  la  p.  123,  il  est  mentionné  sous  la  datede  lOiO  environ.  Cf.  dom  Morice  : 
t.    I,   Pr.,  col.  361.  Voy.  Halgouët  (du),  Essai  sur  le  Porhoët  (1906),  p.  15. 

2.  Le  château  de  Thro  a  été  appelé  Château-Josselin  dans  le  cours  du  xi" 
siècle  (voy.  infra  l'acte  de  1066-1082).  Josselin  est  aujourd'hui  ch.-l.  de 
cant.,    arr.   Ploërmel  (Morbihan). 

3.  ^'^oy.  infra,  pour  le  xn'=  siècle,  l'acte  de  1114  relatif  au  changement 
d'emplacement  du  château  de  Gumont  et  à  la  cession  de  l'ancien  emplace- 
ment à  l'abbaye  de  Saint-Martin  de  ïuUe  (Bas-Limousin). 


52  TEXTES    RELATIFS  A    l'hISTOIRE  [1008-1026] 

Rothonenseï  Ghristi  cenobium  quod  regionis  hujus  obtinet 
principatum,  consulens  fratres  qua  die  etqua  hora  et  super 
quod  fundamentum  castellum  suum  edifîcare  deberet.  At 
illi  Ghristum  omnium,  bonorum  fundamentum  esse  dixe- 
runt,  et  quicquid  super  hoc  fundatumest  cadere  non  posse. 
Quo  audito,  venerabilis  proconsul  honoravit  sanctum  locum 
dig'no  honore  :  nam,  apposita  altari  Salvatoris'  tabula 
arg-entea  eleganter  deaurata,  commendavit  semetipsum  et 
omnia  sua  orationibus  fratrum  peciitque  ab  eis  corpus 
suum,  dum  vita  excederet,  et  heredum  suorum,  sicut  mos 
erat  Britannie  nobiliuni,  in  eodem  loco  sepeliri.  Castellum 
etiam  aedificandum  Christo  Domino  et  ejus  ecclesiae 
Rothonensi  subjugavit,  et  censum,  id  est,  quinque  solidos, 
unoquoque  anno,  monachis  de  eo  reddi  constituit.  Vovit 
quoque  ut,  si  aliquando  castellum  ita  amplificaretur,  quod 
cella'^  monachorum  in  eo  posset  construi,  nulli  alii  aeccle- 
sie  daretur  nisi  ecclesie  Salvatoris,  Quod  obstinata  male- 
dictionis  sentencia  contestatus  est,  ne  quis  ex  progenie  sua 
scienter  violare  presumeret.  Facta  sunt  autem  in  aecclesia 
Salvatoris,  teste  Deo  et  omnibus  sanctis  ;  sequenti  vero 
die  dominica,  hora  prima,  fîgens  palum  '*  in  castello  edifî- 
cando,  ut  mos  est,  capellam  in  honore  Sancti  Salvatoris 
fundavit,  et  supradicta  omnia,  coram  hominibus  suis  qui 
aderant,  confirmavit^. 


1.  Aujourd'hui  Redon,  ch.-l.  darr.  d'IUe-et-Vilaine,  à  60  kil.  S.  O.  de 
Rennes.  Cf.  la  carte  de  la  Bretagne  armoricaine  (avec  ses  principales 
divisions  ecclésiastiques  et  civiles)  dans  la  susdite  édition  duCartul.de 
Redon. 

2.  Ce  vocable  était  le  même  que  celui  de  l'église  abbatiale  de  Redon. 

3.  Petit  monastère  de  religieux  (cf.  A.  de  Courson,  op.  cit.,  pa.ssim).  Sur 
les  chapelles  de  châteaux,  voy.  Viollet-le-Duc,  Dict.de  Varch.fr..,  t.  II,  p. 439. 
Cf.  sur  les  églises  castralex  en  Flandre,  l'étude  de  M.  Pirenne  sur  les  Villes 
Flamandes  avant  le  XII' siècle  {Ann.  de  l'Est  et  du  Nord,  t.  I,  1905,  p.  9  et  s.). 

4.  Ce  détail  technique,  concernant  la  cérémonie  solennelle  de  la  fixation 
de  l'emplacement  du  château  à  élever,  est  rare  dans  les  textes. 

5.  Le  Cartulaire  de  Redon  contient,  entre  autres  mentions  d'arts  et 
métiers,  celles  d'ouvriers  en  fer.  ferrarii,  de  charpentiers,  carpentarii,  de 
maçons,  cementarii.  De  Courson  signale  le  terme  niinlerii,  qu'il  rapproche 
de  cementarii,  sans  en  expliquer  l'origine  {Proléqom.  Cart.  de  Redon, 
CCLXXXIX).  En  1104,  la  mention  de  Petriis  c/meniartiis  semble  bien  être, 
si  l'on  en  juge  par  le  contexte,  celle  du  moine  de  Saint-Sauveur  de  Redon. 
Cf.  Proleçfom.,  ibid.,  p.  ccxi,  une  notice  chronologique  sur  les  châteaux 
construits  dans  quelques  cantons  de  la  Bretagne  aux    xi'  et  xii*  siècles. 


[1009]  DE    l'architecture    en    FRANCE  53 


XII 

Vers  1009. 

Donations  de  divers  domaines  ruraux  faites  par  Rudall 
et  Orscand,  fils  et  petit-fds  de  Vévêque  de  Vannes, 
Orscand  le  Grand  \  à  Saint-Cado  en  Belz,  ancien 
prieuré  de  Sainte-Croix  de  Quimperlé,  dans  la  Basse- 
Bretagne  ;  lesdits  actes  contenant  la  mention  de  monu- 
ments mégalithiques  et  menhirs,  debout  et  renversés, 
ainsi  que  de  ruines  romaines,  dans  cette  partie  de  la  Cor- 
nouaille  armoricaine . 

CartuLiire  de  l'ahhai/e  de  S'^'-Crolx  de  Quimperlé,  par  L.  Maitre  et  P.  de 
Berthou.  2'  éd.  (1904),  n"  GII,  p.  256-237,  et  n»  CIII,  p.  257-258  {Biblio- 
thèque bretonne  armoricaine,  fasc.  IV). 

1.  [de  Sancto  Catlodo].  —  Rudalt,  filius  Mag-ni  Orscandi, 
Venetensis  episcopi,  dédit  Sancto  Gatuodo  -  in  abbatia  sem- 
piterna,  cum  omnibus  redditibus  villam  in  prospectu  maris, 
ubi  cadit  predictum  flumen  Ectell  in  mare,  scilicet  in 
degutorio  -^  quod  cadit  in  predicto  flumine  Ectell,  inter 
ipsam  villam    et  villam    que  Mellionuc  ^  nominatur.  Mar- 

chasii     quoque     dimidium     est     Sancti     Catuodi 

Et  in  capite    marcasii  levât   fossa''  per  montem     Haelgo- 
ret,  que  recte  vadit  quasi  ad  orientem,    et  antequam   per- 


1.  Orscand  II,  dit  le  Grand,  cvcque  de  A'annes,  mort  avant  1009. 

2.  Saint-Cado,  village  et  île  sur  l'Étel,  en  breton  Enes  Caduod,  en  Belz. 
Ancien  prieuré  donné  à  l'abbaye  de  Sainte- Croix  de  Quimperlé,  en  1089, 
par  le  duc  Alain  IV  (voirie  n°  CVII  du  Cartulaire). 

3.  Il  s'agit  du  déversoir  du  Sach.  Près  de  là  se  trouvaient  des  endroits 
bas  et  humides,  terres  noyées  ou  noues,  nodae,  nodulae,  et  des  mares, 
marca.siu.s,  marchasia.  marchasinla. 

4.  Aujourd'hui  Er  Velionec,  village  en  Belz. 

5.  Ici  commence  une  délimitation  de  terroir  (divisio).  avec  orientation, 
qui  est  curieuse  à  suivre.  (Cf.  les  t«^xtes  antiques,  De  condilionibus  agro- 
rum,  dans  les  Gromaticiveteres,  éd.LachmannetRudorff,  1. 1(1848),  passim.) 


o4  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1009] 

venit  quasi  ad  acervumpetrarum ',  curvat  parumper  quasi  ad 
horam  terciam,  et  statim  iterum  curvat  quasi  ad  caudam 
ipsius  ville,  ad  ipsam  petram  jacentem^,  in  quo  calcaneus  ^ 
locus  est,  et  paulo  post  recurvat  in  sinistro  ad  unum  mar- 
casiolum,  relinquens  illum  in  dextro  ad  caput  duarum 
nodarum,  tune  relinquens  nodam  que  vadit  ad  puteum, 
tenens  nodam  unam  cum  fossa  contra  horam  terciam, 
usquedum  pervenitur  ad  ipsum  locum  ubi  très  fossae 
simul  adveniunt,  et  tune  vadit  fossa  Sancti  Catuodi  quasi  ad 
horam  nonam  per  abrupta  loca  usquedum  pervenit  ad  unam 
nodulam.  Tune  namque  fallit  fossa  et  accipitur  nodula  per 
ipsam  petram^  que  est  in  ipsa  nodula,  in  directo  transversa, 
et  postea  recte  vadit  per  marcassium  usque  ad  mare. 

2.  [Alia  cartula  de  Sancto  Catuodo].  —  Sed  et  predictus 
Orscandus"'  post  decessum  patris  sui  Rudalt  6,  contulit 
Sancto  Catuodo  quartam  partem  Ville  Romanorum  ^,  cum 
quarta  parte  ortorum  ipsius  ville  et  cum  quarta  Ville 
parte  Prati 

Et  hec  est  divisio  ^  ipsius  terre  :  ab  ipsa  petra  stantiva  '^ 
in  via  que  ducit  de  matre  ecclesia  ad  Sanctum  Germanum, 


1.  Il  s'agit  d'un  monument  mégalithique.  «  H  y  a  aux  environs  de  Saint- 
Cado  en  Belz,  beaucoup  de  monuments  mégalithiques  qui  peuvent  être 
qualifiés  acervi  petrariim  ■>  (note  des  éditeurs  du  Cartulaire,  p.  257). 

2.  Il  s'agit  d'un  menhir  renversé  (voy.  loc.  cit.).  Le  qualificatif  jacens 
s'oppose  ici  à  celui  de  slaiitiva,  qui  est  appliqué  plus  loin  à  un  menhir 
debout. 

3.  C'est-à-dire  terrain    calcaire. 

i.  Autre  monument  à  noter  au  point  de  vue  archéologique.  Cf.  la  savante 
préface  dudit  Cartulaire,  p.  40. 

5.  Orscand,  dont  il  est  parlé  ici,  était  le  troisième  fils  de  Rudalt,  fils  lui- 
même  de  l'évêque  Orscand  le  Grand. 

6.  Rudalt  que  ce  texte  mentionne  est  le  donateur  de  l'acte  précédent. 

7.  «Aujourd'hui  Magourin,  village  en  Belz,  près  de  Kericune  et  à  côté 
de  Kerbrévost,  villapreposilorum  de  Bels  (voy.  dans  ce  Cartul.,  lenoCXII). 
Dans  les  villages  au  nom  dérivé  de  tnoger,  muraille  (que  l'on  rapproche 
du  latin  maceria),  comme  Magouer,  Maugoer,  Magouiro,  Magourin,  Moge- 
riou,  etc.,  on  trouve  généralemenl  des  ruines  romaines.  Quant  aux 
villages  dits  Keroman,  Keromen,  rien  ne  prouve  que  leur  nom  puisse  se 
traduire  par  Villa  Romanorum,  et  d'ordinaire  leurs  environs  ne  ren- 
ferment pas  de  vestiges  gallo-romains.  »  (Note  de  M.  Le  Pontois,  repro- 
duite par  les  éditeurs  du  Cartulaire,  p.  258).   —  Villa  Prati,  auj.  Kerprat. 

8.  Il  s'agit  encore  ici  d'une    délimitation  intéressante  à   mentionner. 

9.  C'est-à-dire  :  menhir,  pierre  debout;  cf.  supra,  par  contre:  petra 
jacens.  Du  Cange  a  donné  dans  son  Gloss.  lai.  tout  ce  passage,  v°  Stanti- 
vus.  —  Voy.  Rosenzweig,   Rép.  arch.  du  Morbihan,  passim. 


[1009]  DE    l'architecture   en    FRANCE  35 

usque  ad  pratum,  et  tune  tenens  pratum  una  cum  fossa  ^ 
usque  ad  matrem  villam.  De  matre  autem  villa  vadit  fossa 
■contra  meridiem,  et  antequam  perveniat  ad  puteum  Calvi, 
fossa  simul  et  via  que  ducit  de  matre  ecclesia,  usquedum 
pervenitur  ad  petram  stantivam^  longiorem,  que  est  in  via 
ubi  cepit  divisio,  sicut  jam  scriptum  est... 


XIII 
Vers  1010-1029  2. 

Description  de  ré(jUse  de  Saint-Aignan,  à  Orléans,  recons- 
truite par  les  soins  du  roi  Robert,  avec  un  chevet 
semblable  à  celui  de  la  cathédrale  de  Clerniont ;  énunié- 
ration   des   autels  de  ladite  église. 

Ilelgahli  Epilome  vilne  lloherli  régis,  d'après  le  texte  revu  par  L.  Auvray 
sur  les  mss.  du  Vatican  et  publié  par  lui  sous  le  titre  de  :  Une  source  de 
la  Vita  Roberli  régis  ttn  moine  *  Jlelgaud,  dans  les  Mélanges  d'archéo- 
logie el  d'histoire  de  l'École  française  de  Rome,  t.  VII,  J887,  p.  ii8  et  s. 

Preterea  construxit  î^rex  Rotbertus]  a  novo  in  urbe  Aure- 
liana  monasteriuni  Sancti  Arwani,  singularis  sui  apud  Deum 
advocati  ...  Ardens  ^  tanti  pontitîcis  honore,  hic  redolens 
flos  et  decus  ecclesie  sancte  et  gratia,  Dei  desiderio  eu  m 
in  altiori  volens    constituere  loco,   domum  Domini    super 

1.  Autre  menhir  plus  considérable  que  le  précédent. 

2.  C'est  entre  les  susdites  années  que  M.  Anlhyme  Saint-Paul  [Dicl.gèogr. 
•et  adm.  de  la  France  de  Joanne,  art.  Orléans)  place  l'époque  de  la  construc- 
tion de  cette  basilique.  Sur  la  longue  durée  des  travaux  de  ce  monument, 
voy.  ci-dessous  le  texte  que  nous  rapportons  à  la  note  1  de  la  p.  57. 

Cette  description  a  été  citée  en  partie  par  A.  Champollion-Figeac, 
dans  ses  Documents  paléographiques  relatifs  à  histoire  des  beaux-arts 
pendant  le  moyen    âge,  p.  249. 

3.  Ilelgaud,  moine  A  Fleury  au  temps  de  l'abbé  Gauzlin  .-f  1020), 
■construisit  en  l'honneur  des  saints  Denis,  Rustique  et  Eleuthère,  d'abord  une 
chapelle  de  bois,  puis  une  église  de  pierre,  que  consacra  Odolric,  évé<(uc 
d'Orléans  (1021-1035).  Voy.  Molinier,  Sources  de  Vhist.  de  Fr..  t.  II,  p.  7. 

1.  Le  commencement  de  celte  phrase  est  ainsi  conçu  dans  le  ms.  \'at. 
reg.  585  :  Ardens  quippe  ejus  [ho]noris  el  graciae  desiderio  et  eum  in 
■altiori... 


oG  TEXTES    RELAIIFS    A    l'hISTOIKE  [1010-1029] 

eum  in  melius  construere  cepit,  et,  Deo  coopérante  et 
sancto  Aniano  auxilia  prebente,  ad  iinem  usque  per- 
duxit.Habet  namque  ipsa  domus  in  lon<=^itudine  tensas^ 
XLia  IJas^  in  latitudine  XII^'"',  in  alto  decem,  fenestras  G'""* 
XX*^'  lir"^-.  Feeit  et  altaria  in  ipso  monasterio,  ad  laudem 
sanctorum,  numéro  X^*""'  et  VIIII^*^'"  3^  quorum  memoriam  hic 
adnotare  curavimus  :  principale  in  honore  apostoli  Pétri, 
cui  supradictus  rex  adsociavit  coapostolum  Pauium  in  bene- 
dictione,  cumnonantea  ibi  nisisolius  sancti  Pétri  essetvene- 
racio  ;  ad  caput  sancti  Aniani  unum,  ad  pedes  aliud,  aliud  in 
honore  sancti  Benedicti.  Cetera  sun tin  honore  eorum,  quorum 
nomina  sunt  adscripta  :  sancti  videlicet  Evurcii,  s.  Lau- 
rentii,  s.  Georgii,  Omniumque  sanctorum,  item  s.  Mar- 
tini, s.  Mauricii,  s.  Stephani,  s.  Antonini,  s.  Vincentii» 
S.  Marie,  Johannis,  s.  Salvatoris,  s.  Mamerti,  s.  Nicho- 
lai  et  s.   Michaelis. 

Caput  autem  ipsius  monasterii  fecit  miro  opère,  in  simi- 
litudinem  monasterii Sancte  Marie,  matris  Domini,  et  San[c]- 
torum  Agricole  et  Vitalis  in  Claromonte'*  constituti.  Lec- 
ticam  ipsius  sancti  Aniani  a  fronte  auro  bono  et  o[p]timo,  et 
lapidibus  preciosis  et  arg-ento  mero  preoccupavit.  Tabulam 
ad  altare  sancti  Pétri,  incujus  honore  extat  Jocus,  auro  bono 


1.  Toises.  —  Le  texte  portait  d'abord  pedes  dans  le  ms.  Vat.  reg.  585. 

2.  Cf.  la  description  que  Grégoire  de  Tours  nous  a  laissée  de  la  fameuse 
basilique  de  Saint-Martin  {Hist.  Franc,  II,  1  i)  et  de  l'église  bâtie  à 
Clermont  par  l'évêque  Rusticus.  «  On  voit  que  du  v"  au  xi°  siècle  le  nombre 
des  fenêtres  dans  les  églises  de  première  importance  a  plus  que  double. 
Quant  aux  dimensions  relatives  de  ces  édifices,  il  est  dillicile  de  les  calcu- 
ler exactement  ;  on  ignore  en  efTet  le  rapport  qui  existe  entre  le  pied  du 
temps  de  Grégoire  de  Tours  et  la  toise  du  xi"  siècle.  Si  la  toise  vaut  en 
moyenne  de  6  pieds  à  7  pieds  et  demi,  comme  on  l'admet,  il  en  résulte 
que  l'église  de  Saint- Aignan  était  beaucoup  plus  longue  que  Saint-Martin 
de  Tours,  un  peu  plus  large,  et  sensiblement  plus  haute;  ce  qui  explique 
dans  une  certaine  mesure  la  dillerence  dans  le  nombre  des  fenêtres  >» 
(Auvray,  op.  cil.,  p.    468,  n.  2). 

3.  XVIII,  dans  le  ms.  Vat.  reg.  585    (Auvray,  op.  cit.,  p.    468). 

i.  Il  s'agit  de  la  cathédrale  N.-D.  de  Clermont,  et  non  de  l'église  de 
N.-D.  du  Port,  comme  l'a  cru  M.  Auvray  {ihid.).  Ceci  résulte  de  l'examen 
comparé  des  textes  où  figurent  ces  vocables,  et  de  l'histoire  des  reliques 
desdits  saints,  d'après /ici.  Sanct.,  BoU.,  nov.,  t.  II,  pars  l,  p.  212-243; 
cf.  Savaron,  De  sanctis,  ecclesiis  et  monasteriis  Claroinont.,  1608,  p.  12. 
Notre  glossaire  offre  plusieurs  exemples  de  monasteriiiin  signifiant  cathé- 
drale, —  La  cathédrale  actuelle  de  Clermont  appartient  au  xiu"  et  au  xiv  s. 


[1010-I021JI  DE    L  ARCIIITECTIRE    EN    FRANCE  57 

totam  cooperuit,  de  qua  Constancia,  nobilis  regina,  ejus  con- 
jux  gloriosa,  post  niortem  viri  sui  sanctissimi  Deo  et  Sancto 
attribuit  Aniano,  summam  scilicet  librarum  VII  ipsius 
metalli  in  meliorandis  a  se  monasterii  facti  tectis  :  qui- 
bus  ab  imis  ad  superiora  apertis,  celum  melius  cerneretur 
quam  terra.  Extitit  in  ea  quantités...  auri  XV^'"'  librarum 
probati  '  ... 


XIV 
Vers  1017. 

Reconstruction  par  les  soins  d'Evrard  de  Vatan,  de  l'église 
de  Dèvres  ~,  pi'ès  de  Vierzon,  en  Berry  ;  permission  accor- 
dée par  ledit  seigneur  aux  religieux  de  ce  monas- 
tère de  prendre  dans  ses  bois  tout  ce  qui  leur  est  néces- 
saire pour  leurs  bâtiments  claustraux,  maisons,  granges 
et  moulins. 

Cartul.  de   Vierzon.  Bibl.  iiat.,  ms.  lat.  9865,  f»  11. 

(Cf.  Toulgoët-Tieanna,  Histoire  de  Vierzon  et  de  Vabhaye  de  Saint- 
Pierre  (1884),  Pièces  justif.,  n"  VII,  p.  '.66.) 

Maisdcs  fouilles  pratiquées  eu  1909  ont  fait  retrouver  la  crypte  et  le  mur  du 
chevet,  avec  absidioles,  d'une  catlicdrale  antérieure,  probablement  du 
xn'  s.  ;  la  crypte,  toutefois,  semblait  remonter  en  partie  au  xi"  s.  (cf. 
celle  de  Chartres,  infra,  p.  61,  6i,  n.  1.) 

1.  Cf.  le  texte  suivant  relatif  à  la  basilique  de  Saint- Ai^nan  :  «  Conditoiis 
omnium  milleno  vigesimo  nono,  indict.  XII,  praestantissimi  confessoris 
Aniani  basilica  diuh'no  <TCf///ïca<a  .spa^to  jussa  est  dedicari...  «  {Ex  hist. 
tranxiat.  relief iiiarum  s.  Euspicii  abhatis,  dans  Hisl.  deEr.,  t.  X,  p.  370  ; 
cf.  ibid.,  p.  214).  Gauzlin,  qui  fut  abbé  de  Fleuryetarchevêque  de  Bourges, 
et  Odilon,  abbé  de  Cluny,  furent  parmi  les  personnages  qui  assistèrent  à  la 
cérémonie  de  la  dédicace-  de  cette  basilique.  Voy.  aussi  Auvray,  op. 
cit.,  p.  46.3,  n.  I . 

2.  Voy.  P.  (lauchcry,  Eglise  dn  monastère  de  Dèvres  (commencement  du 
XI'  siècle),  dans  les  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  du  Centre  (1887-88),  t.  XV, 
p.  91-107,  2  pi.  —  L'auteur  rend  compte  (p.  94  et  s.)  des  fouilles  faites  pour 
retrouver  le  plan  de  cette  église  aux  proportions  considérables,  dont  la 
partie  centrale  servait  de  base  à  la  chapelle  actuelle,  et  d'après  le  plan 
généralement  adopte  dans  les  églises  du  Centre,  abside  principale  sans 
déambulatoire,  avec  absidioles  à  l'extrémité  des  bas  côtés  et  des  transepts. 
On  a  retrouvé  aussi  les  cryptes  effondrées  qui  s'étendaient  sous  1  ab- 
side principale.  Selon  P.  Gauchery  (qui  n'en  donne  pas  de  raisons  déci- 
sives), cette  vaste  construction  restée  inachevée  aurait  été  commencée  dans 
les  dernières  années  du  x°  siècle,  car  dès  l'époque  Carolingienne,  il  y  avait 
eu  à  Dèvres  une  abbaye  importante.  —  Voy.  les  sources  indiquées  par 
l'abbé   U.  Chevalier,   Rép.    top. -bibl.,   I,    v   Dèvres,  et    II,   v»   Vierzon. 


o8  TEXTES    RELATIFS  A  l'histoire  [1017-1174] 

...  Ego  Evrardus  ^  ...  Doverensis  moiiiisterii  destructioni 
condolens,  ...  monasterium  reediticare  cepi,  cujiis  monas- 
terii  cructas  '  (sic)  ex  mea  propria  facultate  usque  ad 
superiores  fenestras  perduxi  ...  Monachis  etiam  concedo 
silvas  ad  omnia  que  facienda  eis  necessaria  fuerint,  videlicet, 
ad  edificationes  monasterii  •^,  ad  domos  et  ad  horrea 
facienda,  ad  sclusas  et  ad  molendina,  tam  ipsis  quani  eis 
qui  pro  eis  hec  facient  ...  Testes  hujus  rei  sunt  ... 


XV 

1017-H74. 

Travaux  de  construction  et  de  décoration  accomplis  à 
Véglise  et  aux  bâtiments  claustraux  de  Saint-Martial  de 
Limoges  par  les  abbés  de  ce  monastère,  notamment 
par  Pierre  du  Barri. 

Adémar  de  Chabanneset  Hélie  de  Ruffec,  Commemoratio abhatum  basilice 


i .  Cf.  le  texte  suivant  relatif  aux  entreprises  de  construction  de  ce  seij?neur, 
1017  :  «  Reddidit  isdem  Evvrardus  Deo  et  supiadicLis  monachis  dimidiuni 
altare  ejus  celle  et  medietatem  partis  ecclesie  Sancti  Georgii,  tali  tenore  ut 
si,  Deo  favente,  ecclesia  supradicta,  quam  ipse  ma^^no,  ut  polerat,  sumptu 
reedificabat,  ad  eflectuni  veniret,  et  ci'ipte  volsate  tota  alia  pars  quam 
ipse  retinere  ad  presens  videbatur,  in  usus  monachoruni  Virsionensium 
deveniret  »  (Toulgoët-Treanna,  op.  cit.,  Pièces  justif.,  n"  VIII,  p.  168). 

2.  Le  cartulaire  manuscrit  porte  bien  cructas,  ainsi  que  nous  lavons 
vérifié.  La  correction  proposée  par  l'éditeur  de  Yllist.  de  Vierson  (p.  50, 
n.  1),  constructas,  avec  un  mot  sous-entendu,  ne  nous  paraît  pas  admis- 
sible, non  plus  que  le  serait  celle  de  crustas,  par  exemple.  A  notre  avis, 
cructas  a  été  mis  ici  par  le  scribe  pour  cruptas  ;  nous  trouvons  dans  l'ou- 
vrage de  Gauchery  la  confirmation  de  notre  opinion  :  «  Après  la  donation 
de  1017,  dit-il  (p.  103),  on  travailla  peu  à  l'église  de  Dèvres  déjà  abandon- 
née. Ce  grand  monument  n'avait  plus  de  raison  d'être  en  cet  endroit  ;  les 
moines  étaient  trop  occupés  de  leurs  constructions  de  Vier/.on  pour  aller 
terminer  avec  de  grands  frais  l'église  dont  Evrard  avait  poursuivi  la  cons- 
truction :  usque  ad  fenestras  superiores  {fenestras  inferiores,  étant  celles 
de  la  crypte).  » 

3.  Dans  une  donation  du  prieuré  de  Soagesà  l'abbaye  de  Chezal-Benoît, 
en  Berry,  vers  11 00,  par  Pierre,  fils  d'Etienne  Le  Noir,  on  lit  :  «  Dédit  mona- 
chis de  Casali...,  in  omnibus  ncmoribus  suis,  quantumcumque  opus  fuerit 
ad  quelibct  acdificia  facienda,  monachis  et  illis  qui  apud  Casale  Benedic- 
tum  et  illis  qui  apud  Soaggias  habitaverint.  »  (Buhotde  Kersers,  Hist.  et 
Ktal.  mon.  du  Cher,  t.  l'V,  1889,  p.  il). 


[1017-1174]       DE  l'architecture  f:n  france  59 

Sancli  Marcialis  i...  dans  les  Clironiq.de  Saint-  Martial  de  Limoges  (Soc. 
hist.  de  Fr.),  éd.  H.  Duplès-Agier  (1874),  p.  6,  8-12. 

Duodecimus  abbas  itemJofFredus^  [-j-  1019]  prefuit  aiinis 
XIP'™...  Hic  a  novo  basilicam  Salvatoris  magnifico  opère 
renova  vit  [1017]. 

[1025-1040.]  —  Quartus  decimus  Odolricus  abbas  prefuit. 
Iste  ...  fecitdedicare  'caputistiusecclesie  cummagno honore, 
et  redemit  duas  ecclesias,  muros  et  castellum  ... 

[1041-1051]  —  Quintus  decimus  Petrus  abbas  prefuit, 
qui  fecit  portam  a  Monmelier]  ^.,. 

[1063-1114.]  —  Septimus  decimus  loci  istius  abbas  sancte 
ac  venerabilis  memorie  domnus  extitit  Ademarus  . , .  Ipse 
quippe  navem  monasterii  majoris  ab  altari  Sancte  Crucis 
usque  ad  portam  occidentalem  volvi  omneque  ipsum 
monasterium  honeste  deintus  depingi  ac  decorari  fecit  — • 
Sig-na  quoque  duo  illa  o[p]tima,  que  nova  vocantur,  cum 
reliquis  ipse  fieri  precepit.  Armarium  quoque  libro'rum 
copia  adornavit  ;  claustrum  quoque  marmoreum  ipse  fabri- 
cari  fecit.  Refectorium  atque  dormitorium,  infirmarias 
etiam,  que  antea  non  fuerant,  reliquasque  omnes  officinas 
ipse  diligenter  construxit  et  edificavit. 

[1115-1143.]  — VIIIIX"^  hujus  loci   abbas  fuit  dominus 


1.  La  chronique  d'Adémar  va  jusqu'à  l'an  1029,  celle  d'Hélie,  chapelain 
de  Henri  II,  jusqu'à  1174.  Le  texte  est  complet  dans  Duplès-Agier,  avec 
les  continuations  (cf.  Labbe,  Nova  bibl.  inan.,t,  II,  271-i275  ;  Migne,  Patr. 
lat.,  GXLI,  col.  79-86). 

2.  Sur  l'abbé  Geoffroi  II  et  ses  autres  travaux  de  décoration  dans  la 
crypte  de  Saint-Martial,  voy.  Ch.  de  Lasteyrie,  L'abbaye  de  Saint-Martial 
de  Limoges...,  p.  70-71  etp.  294  :  «  MXVII  Basilica  regalisSalvatoris  incoata 
reedificari  majori  amplitudine  a  Josfredo  abbate.  »  (Ann.  Lemovic,  éd. 
Mon.  Germ.  hist.,  Scr.  t.  II,  p.  252).  Voir  aussi  Adémarde  Chabannes(Com- 
memoratio,   éd.      Duplès-Agier,   p.    7). 

3.  «  MXXVIII  Dedicatio  ecclesieSalvatorisab  episcopis  XI  »{Ann.  Lemo- 
vic. éd.  Pertz,  Scr.  t.  II,  p.  252).  Nous  reproduirons  en  partie  le  récit  de 
cette  cérémonie  (19  nov.  1028)  qui  nous  a  été  laissé  par  Adémar  de  Cha- 
bannes  dans  un  de  ses  sermons.  —  Sur  l'abbé  Odolric,  voy.  de  Lasteyrie, 
op.  cit.,  p.  72  et  294. 

4.  De  là  peut  venir  le  nom  de  faubourg  Montmailler. 


60  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1017-1174] 

Amblardus^  [de  Gluniaco,  prior  deSilvini[a]co]  ^,  magne  reli- 
gionis  et  honestatis  vir.  Incujus  tempore,  hoc  monasterium 
cum  adjacent!  villa  incendio  concrematum  est,  Glaustrum 
etiam,  et  cetere  officine  que  ig-nis  consumere  potuit,  deletum 
est.  In  cujus  restitutione  predictus  pater  plurimum  laborans^ 
non  viliora  quam  prius  consum[m]are  studuit.  Cellarium 
tamen,  quod  vetustate  pêne  dirutum  erat,  afundamentoedifi- 
cavit. 

[1161-1174.]  —  XXII"«  hujus  loci  extitit  abbas  bone 
memorie  Petrus  [du  Barri]  '^,  magne  vir  honestatis,  pravo- 
rumque  morum  rigidus  corrector.  [Iste  Petrus,  dum  advi- 
veret,  multa  bona  huic  ecclesie  contulit . . .]  Edificavit  enim  a 
fundamento  claustra  infîrmorum,  que  nuUa  ibi erant,  et,  a  dex- 
tra  parte  ejusdemclaustri,fecitquamplures  domos,que  usque 
hodiefenestrate  etpicte  '*a  transeuntibuscernuntur,  necnon  et 
illam  per  quam  ad  caméras  itur  privatas.  In  curia  vero,  ante 
coquinam,  fecit  illas  lig-neas,  [quarum  fenestre  apparent]. 
Magnam  autem  infirmariam,  [cum  columpnis  illis  ligneis, 
que  intus  sunt],  lambruscavit  ;  [sed,  morte  preventus],  eam 
imperfectam  reliquit  ''. 


1.  Sur  l'abbé  Aniblard,    voy.  Ch.  de  Lasteyrie,  op.  cit.,   p.  97  et  s. 

2.  Souvigny,  prieuré  de  Cluny,  arr.  de  Moulins  (Allier).  Les  nour 
vellcs  constructions  furent  ravagées  en  1053  par  un  violent  incendie  : 
«  Anno  gratie  MLIII,  basilica  Sancti  Salvatoris  Lemovicensis...  con- 
crematur  »  (Bernard  Itiei-,  éd.  Duplès-Agier,  p.  48).  Vers  1122,  l'édifice 
reconstruit  fut  endommagé  par  un  incendie  qui  détruisit  une  partie  du 
château  de  Limoges  :  «  Castrum  Lemovicense,  Sancti  Mai  tialis  monas- 
terium, signa  clocarii,  claustra,  officine...  igné  concremata  sunt  »  (GeofTroi 
de  Vigeois,  éd.  Labbe,  Nova  liibl.  mss.,  t.  11,  p.  299,  Iticr,   éd.  cit.,  p.  52). 

3.  Sur  l'abbé  Pierre  III  du  Barri  et  son  œuvre  architecturale,  voir 
Ch.  de  Lasteyrie,  op.  cit.,  p.  101-102.  L'activité  de  cet  abbé  dans  ses 
constructions  abbatiales  a  été  signalée  parliculiércment par  A.  Luchaire, 
Man.  des  institutions  françaises,  1892,  p.  71,  n.  1,  où  l'on  trouvera  la 
traduction  du  texte  ci-dessus  qui  le  conceine. 

4.  Sur  la  décoration  des  cloiti-es  romans  avec  peintures,  voy.  Viollet-le- 
Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr.,  t.  III,  p.  416  et  s.,  sur  la  transformation  et  l'amélio- 
ration matérielle  des  cloîtres  au  xn"  siècle,  grâce  à  la  richesse  des  couvents, 
voy.  ihid.,  v"  Cloître.     • 

5.  Les  textes  à  mentionner  sur  l'abbaye  de  Saint-Martial  sont  encore 
les  suivants:  «  Anno  gracie MCLXVII.  crematum  est  castrum  Lemovicense 
et  nionasterii  navis  cum  clocario,  et  omnia  signa  corruerunt  »  (Bernard 
Hier,  éd.  Duplès-Agier,  p.  5(5).  «  Anno  MCLXXXII...  parietes  ecclesie 
Sancti  Marcialis  reedificabantur  »  (Geoflroi  de  Vigeois.  éd.  Labbe,  Nova 
hibl.,  mss.,  t.  II,  p.  308).  —  La  toiture  en  plomb  ne  fut   commencée   qu'en 


[1020-1024]       DE  l'architecture  en  frange  61 

XVI 

1020-1024. 

Incendie  de  la  cathédrale  de  Chartres  ;  sa  reconstruction 
par  les  soins  de  Vévêque  Fulbert.  —  Zèle  de  ce  prélat 
pour  cette  reconstruction,  attesté  par  sa  correspondance  ; 
travaux  des  cryptes  de  cette  église^  leur  état  d'avance- 
ment. 


Translaliones  Sancli  Aniani,  éd.  Clerval,  clans  les  .Inaiec^a  Bollandiana, 
t.  VII(1888),p.  331. 


Tertia  [succensio]  facta  est  anno  M°  vigesimo,  epis- 
copatus  domni  Fulbert!  '  anno  XIV^,  sub  ipsa  nocte  Nativi- 
tatis  Beatae  Mariae^,  in  qua  non  solum  ecclesia  combusta, 
sed  etiam  tota  destructa  est;  quam  idem  episcopus  Fulber- 
tus  gloriosus,  industria  sua,  labore  atque  sumptu,  a  funda- 


1199  :  «  Anno  gracie  MCXCIX,  cepimus...  plumbo  monasterium  cooperire» 
(B.  Itier,  éd.  Duplès-Aji^ier,  p.  66).  Mais  l'église  dans  son  ensemble  fut 
achevée  bien  avant  la  fin  du  règne  de  Philippe-Auguste.  On  travaille  encore 
à  la  décoration  du  portail  principal  en  l'année  1213  :  «  MCCXIII  picta  est 
majestas  Domini  in  porta  occidentali  «  (B.  Itier,  ibid.,  p.  97).  —  Voy. 
Ch.  de  Lasteyrie,  op.  cit.,  p.  295. 

1.  Fulbert,  né  vers  950-960,  évèque  de  Chartres  en  1006,  mort  le  10  avril 
1028.  —  Sur  les  lettres  de  Fulbert,  voy.  G.  A.  Hïckel,  Fulbert,  évêque  de 
Chartres...  éd.  critique  du  recueil  de  ses  lettres  (Positions  des  mémoires 
présentés  à  la  Fac.  des  lettres  de  Paris,  1902,  p.  39-41).  A  la  mort  de  Ful- 
bert, l'édifice  était  à  peu  près  terminé  (Guill.  de  Malmesbury,  dans  la  Pair. 
de  Migne,  t.  GLXXIX,  col.  1166).  —  Transi.  Sancti  Aniani,  dans  les  Anal.  BolL, 
t.  VII,  p.  331.  Cf.  la  savante  étude  de  M.  R.  de  Lasteyrie  sur  le  Portail  royal 
de  la  cath.  de  Chartres,  dans  ses  Études  sur  la  sculpture  franc,  aumoy. 
âge   (1902),  p.  5  et  s. 

2.  Cet  incendie  eut  lieu  dans  la  nuit  du  7  au  8  sept.  1020. 


62  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1020-1 024 j 

mento  reaedificavit  1,  et  in  statu  mirae  mag-nitudinis  et  pul- 
chritudinis  sublimatam  fere  consummavit'-. 


Sancti  Fulberli,  Carnotensis  episcopi,  epistolae,  dans  Migne,    Patr.  lai  ^ 
t.  CXLI,  Epist.  30,  55,  i  57,  58-59,  71,  col.    215-216,  228-230,  236. 

(Cf.  liée,  des  Hisl.  de  Fr.,l.  X,  nouv.  éd.,  1874,  p.  457  et  s.,  215-216,  228- 
230,  236.) 


[1020-1024]  3.  —  Tacti  dolore  cordis  intrinsecus,  jam  in 
tantuni  moerorem  nostrum  prodidimus,  ut  signa  nostra, 
jocunditatem  et  laetitiam  significare  solita,  ab  intonando 
desinere  et  tristitiam  nostram  attestari  quodam  modo  jusse- 
rimus... 

[1020-1024]  ^.  —  Si  nobis  omnes  pervagandae  facultates. 
simul  cum  voluntate  suppeterent,  interesset  vestrae  pieta- 
tis  levitatem  nostram  arguere,  et  ad  nostrae  ecclesiae,  quae 
destructaest,restaurationem  assiduamrevocare.  Nunc  vero, 

1.  «  Ad  restaurationem  hujus  sancti  tenipli,  quod  ipso  post  incendium  a 
fundamento  reedificareceperat,  bonampartem  auri  suietargenti  reliquit.  » 
(Lépinois  et  Merlet,  Cartulaire  de  N.-D.  de  Chartres,  t.  III,  p.  85)  ;  —  cf. 
Guillaume  de  Malmesbury  :  «  Fulbertusepiscopus,  inter  caetera  industriae 
suae  documenta,  ecclesiae  dominae  nostrae  sanctae  Mariae,  cujus  funda- 
mentajecerat,  summam  manum  mirifîco  effectu  iniposuit.  »(Migne,  Patr. 
lat.,  t.  CLXXIX,  col.  1166). 

2.  Voy.  la  Monogr.  delacath.de  Chartres,  parl'abbéBulteau,  2°éd.,  1887. 
—  Un  ms.  Chartrain  du  XI"  siècle,  Fulbert,  évêque  de  Chartres  (Soc. 
archéol.  d'Eure-et-Loir),  par  R.  Merlet  et  l'abbé  Clerval,  Chartres,  1893; 
cf.  R.  Merlet,  Date  de  la  construction  des  cryptes  de  la  cathédrale  de 
C/i3r<res  (1020-1024),  Chartres,   1892. 

3.  Ep.  XXX  (au  roi  Robert),  Migne,  col.  2ib-2l6.  Cf.  Lettres  de  Fulbert, 
éd.  C.  de  Villiers,  f"  16  v".  La  façon  dont  Fulbert  s'exprime  prouve  qu'on 
entendait  au  loin  le  son  des  cloches,  dit  M.  R.  Merlet,  et  par  conséquent 
qu'elles  étaient  placées  dans  des  tours  qui  devaient  encore  appartenir  à  la 
cathédrale  antérieure  à  l'incendie  de  1020  (voy.  Un  ms.  Chartrain,  p.  75 
et  76-77,  fig.).  Par  contre,  M.  R.  de  Lasteyrie  trouve  «  ce  passage  trop  peu 
précis,  pour  qu'on  en  puisse  conclure  grand'chose  «  {Études  sur  la  sculp- 
ture française  au  moy.  âye  (1902j,p.  5,  n.  7).  Voy.  la  curieuse  miniature 
publiée  par  Merlet  et  Clerval  (ibid.),  représentant  la  grande  basilique  de 
Chartres  et  ses  clochers,  dont  la  façade  principale  était  ornée  d'un  clocher, 
un  autre  s'élevant  dans  le  voisinage  du  chœur  (cf.  R.  de  Lasteyrie, 
loc.  cit.) 

4.  Ep.  LV  (au  roi  Robert),  Migne,  col.  228.  On  a  déjà  vu  les  libéralités 
de  Robert  pour  Saint-Aignan  d'Orléans  (n'  XIII).  —  Une  lettre  de  Fulbert 
à  Hildegaire  en  sept.  1021  ou  1024,  mentionne  le  souci  qu'il  a  de  restaurer 
sa  cathédrale  {letnpli  restauralio)  ;  Rouquet,  t.  X,  p.    468. 


ri020-102i]       DE  l'architecture  ex  frange  63 

cum  omnes  ejusmodi  facilitâtes  desint,  et  nos  ad  assidui- 
tatem  necessitudo  mag'na  coerceat,..  sustinete  potius, 
sancte  pater,  sustinete  imbecillitatem  nostram,  supplete 
indulgentiam  nostram  ...  Valete  regaliter. 

[1020-1023]  K  —  Additur  his  malis  incendium  ecclesiae 
nostrae.  Quoniam  cum  unde  restaurem,  sicut  decet,  non 
habeo,  mihi  quoque  necessarios  sumptus  indulgeri  detrec- 
to  ; ...  multo  mecumagito...  ut  aliquolabore,quamvis  arduo, 
valeam  restaurandae  ecclesiae  opem  ferre... 

[1020-10241 2.  —  Scripsissem  vobis  latius,  si  occupa  tus 
non  essem  cum  aliis  multis,  tum  etiam  restauratione  civita- 
tis  et  ecclesiae  nostrae,  quae  tota  nuper  horrendo  incendio 
conflagravit... 

[1020-1 024] -^  —  Sed  est  quod  te  reconfortare  plurimum 
potest,  hoc  videlicet  quod  tuas  gazas  in  ecclesiae  Beatae 
Mariae  restaurationem  expensas,  non  solum  intégras, 
verum  etiam  multiplicatas  ab  ipsa  recipies...  Vale. 

[1024]^.  —  Gauderem,  dilectissime  princeps,  ad  dedica- 
tionem  vestram  devotus  occurrere,  nisi  me  ecclesiae 
nostrae  nullo  modo  negligenda  nécessitas  detineret.    Gratia 


1.  Ep.  LVII  (au  même),  Migne,  col.  229. 

2.  Ep.  LVIII  (à  Guillaume  V  le  Grand,  duc  d'Aquitaine,  comte  de  Poitou 
993-1030),  Migne,col.  229-230. 

3.  Ep.  LIX  (au  même),  Migne.  col.  230.  La  cathédrale  de  Poitiers  fut  dédiée 
le  17  oct.  1024  ou  1023,  comme  le  démontre  A.  Richard,  dans  son  Hist.  des 
comtes  de  Poitou,  t.  I,  p.  177.  n.  1,  et  non  en  1021,  date  proposée  par  Auber, 
dans  son  Ilisl.  de  la  cath.  de  Poitiers,  1. 1,  p.  36,  et  Ledain,  Hist.  somin.  de 
Poitiers,  t.  1,  p.  52. 

4.  Ep.  LXXI  (au  même),  Migne,  col.  236.  —  Il  n'est  pas  sûr  qu'il 
s'agisse  ici  de  la  dédicace  delà  cathédrale  de  Poitiers;  d'autres  églises 
de  cette  ville  et  le  palais  ducal  avaient  été  incendies  en  1018  :  «  Tune 
casu  civitas  Pictavis  combusta  est,  et  dux  sedem  Sancti  Pétri  cetcrasque 
ecclesias  suumque  palatium  majori  décore  ampliavit.  «(Adémarde  Gha- 
bannes,  1.  111,  c.  56.—  Migne,  Pa<r.,  t.  CXLI,  col.  69.— Cf.  Chron.  Aiitiss., 

dans  Bouquet,  t.X,p.  271).  Voy.  R.  Merlet,  Dates ,p.  5,  lequel  a  établi  la 

datedecette  lettre, qui  avait  été  attribuée  tantôt  à  1021,  tantôt  à  1025,  tantôt 
même  à  1028. 


64  tf:xtes  relatifs  a  l'histoire       [1020-1024] 

namque  Dei,  cum  adjutorio  vestro,  cn^ptas  ^  nostras  persol- 
vimus^^  easque,  priusquam  hiemalis  inclementia  laedat, 
cooperire  satag'imus'',.. 


XVII 

1023-1030  et  1076-1092. 

Historique  des  commencements  de  la  reconstruction  de  la 
cathédrale  Notre-Dame  de  Cambrai^  par  les  soins  de 
Vcvêque  Gérard  /"''  de  Florines  ;  part  personnelle 
prise  par  ce  prélat  à  la  recherche  de  carrières  ;  prompt 
achèvement  de  cette  église.  —  Travaux  d' architecture 
militaire  entrepris  par  les  soins  de  Vévêque  Gérard  II  ; 
substitution  d'une  muraille  de  pierre  et  de  tours  de 
défense  à  l'ancienne  enceinte  de  bois  de  la  ville,  avec 
retranchements  et  fossés  très  profonds  ;  agrandisse- 
ment de  la  cathédrale ,'  réfection   des   lambris  à    Vinté- 


1.  L'expression  inferior  crypta,  revient  dans  les  textes  suivants  :  «  cum 
scrinium  sepefatum  in  inferioremcriptani,cujus  introitum  lauclabilis...anti- 
quiorum  providentia  altari  Béate  Marie  proximum  fecerat...  »  {Mirac.  Béate 
Marie  in  Carnot.  eccl.  facta,  à  propos  de  l'incendie  de  1194,  dans  Bibl.  Ec. 
d.  Ch.,  1881,  p.  510.)  Cf.  Translatio  Sancti  Aniani  (1136)  ...,  où  Ton  oppose 
inferior  crypta  k  superior  hasilica  (Clerval,  Excerpt.  ex.  An.  Boll.,  1888, 
à  t.  Vn.)  Voy.  VioUet-le-Duc,  Dict.  de  Varch.  fr.,  t.  IV,  art.  Crypte,  p.  452. 

2.  Et  non pervolvimu s,  var.  de  Bouquet,  t.  X,  p.  469.  L'auteur  aurait  dit 
volvimns  ou  tran.wolvimus .  — Sur  la  construction  deces  vastes  cryptes,  qui 
était  terminée  en  1024,  voy.  H.  Merlet,  op.  cil.  (Ms.  chartr.,  p.  78,  et  Dates... 
p.  4  et  s.).  —  Cf.  E.  Lefèvre-Pontalis,  Le  puHs  des  Saints-Forts  et  les 
cryptes  de  la  cathédrale  de  Chartres,  extr.  du  Bull,  mon.,  1903,  p.  18-19. 

3.  Sur  la  cathédrale  de  Chartres  au  xi"  siècle,  d'après  des  fouilles 
récentes,  voir  l'étude  très  approfondie  de  M.  E.  Lefèvre-Pontalis  :  Les 
architectes  et  la  construction  des  cathédrales  de  Chartres,  dans  les  Mém. 
de  la  Soc.  des  Anli(i.  de  France  (1903),  éd.  1905,  p.  69  et  s.  L'auteur  a 
retrouvé  le  plan  du  chœur  de  cette  cathédrale,  plan  correspondant  à  celui 
de  la  crypte,  et  réfute  avec  raison  une  théorie  soutenue  par  M.  l'abbé 
Ilénault  et  rajeunie  par  M.  Mayeux,  consistant  à  prétendre  que  la  crypte 
de  Fulbert  n'était  pas  souterraine  avant  l'incendie  de  1194,  et  qu'elle  aurait 
formé  les  bas-côtés  et  le  chevet  delà  cathédrale  du  \i°  siècle.  —  Cf.  le 
même  auteur,  i7)td.,  pour  des  extraits  de  textes  concernant  la  cathédrale 
et  Ses  constructeurs  aux  xi*  et  xii°  siècles  ;  on  y  remarque  à  plusieurs 
reprises  l'emploi  des  termes  vestibulum,  à  propos  du  croisillon  nord,  et 
artifex,  comme  synonyme  d'architecte. 


1023-1 092 J       DE  l'architecture  ex  frange  63 

rieur;  décoration  et  peintures  de  cette  église.  —  Parti- 
cipation de  ce  même  prélat  à  l'entreprise  de  la  construc- 
tion de  V abbaye  d'Anchin,  au  diocèse  dArras. 


Gesta^  pontificum  Cameracensiuni-,  éd.  Bethmann,  1.  III,  c.  49,  dans  les 
Mon.  Germ.  hist.,  Script.,  t.  VU,  p.  i83. 

(Cf.  autres  éditions.  Rec.  des  Hist.  de  Fr.,  t.  X,  1760,    p.  202  (en  partie 
seulement).  —  Migne,  Pair.  lat.,i.  CXLIX,  col.  166-167.) 

[1023-1030.  J  —  Domnusepiscopus  Gerardus^  urbem  pri- 
mum  intravit,  videns  quidem  tam  angusta  ^  quam  vetusta 
monasterii  Sanctae  Mariae  aedilicia,  ac  annosorumparietum 
fîssuramsuspectans,  moxanimumad  meliorandum  intendit, 
si  forte,  Deo  praestante,  tempus  ei  suppeteret  oportunum  ; 
sed  quia,  ut  supra  retulimus,  tam  intestinis  quam  extraneis 
seditionibus  impeditus,  usquead  annum  dominicae  Incarna- 
tionisMXXIII,  sui  vero  praesulatus...  ^,  inchoare  non  potuit. 
Tune  vero  divina  misericordia  fretus,  ac  multorum  fidelium 
Dei  orationibus  quibus  fiderat  roboratus,  tam  antiquas 
moles  parietum  demoliri  precepit.  Quo  facto,  omni  studio 
accinctus,  utpote  sapiens  architectus",  incepto  labori    sol- 


1.  Les  Gesta  ont  été  souvent  cites  sans  raison  sous  le  nom  de  Baldéric 
deTiicrouanne,  mort  évoque  de  Noyon  en  1112.  —  Sur  la  date  de  la  com- 
position de  cette  chronique  et  de  celle  de  Saint-André,  voy.  Molinier, 
Sources  de  rhisl.  de  Fr.,  i.  II.  p.  161-162.  Le  livre III,  de  1076  à  1133,  est 
original  dans  la  chronique  de  Saint-André;  il  a  été  écrit  en  1133. 

2.  Sur  l'histoire  de  la  cathédrale  de  Cambrai,  voy.  Le  Glay,  Recherches 
sur  l'église  métropolilaine  de  Cambrai,  1825  ;  Iloudoy,  Hist.  artistique  de 
la  cathédrale  de  Cambrai,  1880  (extr.  des  Mém.  de  la  Société  des  sciences  et 
arts  de  Lille)  ;  l'abbé  A.  Pasloovs,  Monographie  de  l'ancienne  cathédrale  de 
Cambrai,  dans  la  Revue  de  l'art  chrétien,  de  mars  1904.  Cf.  les  sources 
citées  par  U.  Chevalier,  Répert.  top.-bibl.,  I,  col.  554. 

3.  Gérard   1"  de  Florines.  évêque  de  Cambrai  de  1013  à  1018. 

'i.  On  sait  que  les  premiers  édifices  romans,  et  à  plus  forte  raison  ceux  de 
larrière-époque  Carolingienne,  étaient  étroits  et  insuflisammeut  éclairés. 
—  Renvoyant  à  ce  récit  des  Gesta  episc.  Camerac,  J.  Quicherat  estime 
suffisamment  clair  qu'il  s'agit  ici  d'un  édifice  couvert  en  bois,  pour  lequel 
la  construction  dura  sept  années  {Mél.  d'archéol.,  p.  129).  Remarquons 
encore  ici  le  terme  monasterium  avec  le  sens  d'église    cathédrale. 

5.  L'année  de  l'épiscopat  a  été  laissée  en  blanc  dans  les  manuscrits  de 
cette  chronique. 

8.  Cette  expression  revient  souvent  dans  les  chroniques  du  moyen 
âge. 


66  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE         [1023-1092J 

licitus  instat,  et  necessariis  sumptibus  prudenter  expensis, 
ad  reedificundum  tantae  diffîcultatis  opus  anhelat  ;  quippe 
timens  ne,  aut  morte  preventus,  aut  qualibet  alia  causa 
coactus,  opus  itnperfectum  relinquat.  Ad  hoc  vero  diffici- 
lius  nihil  esse,  quod  suum  desiderium  remoretur,  advertit, 
quam  lenta  convectlo  coluninarum  \  quae  procul  ab  urbe, 
fere  in  trigesimo  miliario,  caedebantur^.  Divinam  ergo  cle- 
mentiam  deprecatus,  ut  sibi  propius  solamen  aliquod 
praestare  dignetur,  quadam  siquidem  die,  ascenso  equo, 
per  nostram  viciniam  in  multis  locis  abdita  terrae  scruta- 
tur^  ;  tandemque,  Deo  opitulante,  qui  numquam  deestspe- 
rantibus  in  se,  in  vico  quem  dixit  antiquitas  Lesden  ^,  qui 
quarto  miliario  ab  urbe  secedit,  aperta  terra,  juxta  votum 
lapides  columnares ''  invenit.  Nec  solum  ibi,  sedetiam  pro- 
pius, in  villa  videlicet  Nig-ella  ^  fodiens,  aliud  genus  bono- 
rum  lapidum  se  reperisse  laetatur..  Unde  ^  Deo  g-ratias 
reddens,  totum  se  studio  pii  laboris  accinxit  ;  ac,  neamplius 
demorer,  opérante  divina  misericordia,  opus  immensum 
septennio,  anno  videlicet  dominicae  Incarnationis  MXXX", 
reddidit  consummatum.  Exin  vero,  quod  consequens   erat. 


1.  D'anciens  textes  du  xi'  et  du  xii°  siècle  montrent  que  c'étaient  des 
bœufs  qui  traînaient  d'ordinaire  ce  genre  de  cliarroi,  dans  le  Nord  comme 
dans    le  Midi,  quand  ce  n'était  pas  des  gens  qui  s'y  attelaient  eux-mêmes. 

2.  On  sait  que  les  colonnes  étaient  taillées  et  dégrossies  par  les 
carriers  sur  le  lieu  d'exploitation  des  carrières  :  c'était  un  usage 
d'origine  antique  ;  l'œuvre  y  gagnait  pour  le  choix  des  matériaux,  et  le 
transport  en  était  d'autant  plus  allégé.  — Lapis  columnaris,  expression  tout 
à  fait  rare. 

3.  Cf.  le  passage  du  De  consecr.  eccl.  S.  Dionysii,  §  III,  exposant 
les  explorations  faites  par  l'abbé  Suger  dans  la  forêt  de  Rambouillet 
à  la  recherche  d'arbres  pouvant  fournir  des  poutres  de  grosseur  et  de 
longueur  suffisantes  à  la  nouvelle  église  qu'il  faisait  construire;  il  raconte 
lui-même  la  joie  qu'il  eut  lorsqu'il  apprit  la  découverte  de  carrières  utiles 
à  cette  même  entreprise. 

4.  Lesdain,  c.  Marcoing,  ch.-l.  de  c,  arr.  Cambrai  (Nord). 

5.  Cf.  ce  que  Suger  [op.  cit.,  §  III)  nous  rapporte  lui-même,  au  sujet  des 
|)ierres  servant  aux  colonnes  de  l'église  de  Saint-Denis  et  de  la  difficulté  de 
les  transporter  à  pied-d'œuvre.  «  Moxque  fortiter  impingentes,  ([uod  CXL 
aut  minus  C  graviter  ab  ima  valle  extrahere  consueverant,  ipsi  non  per  se..., 
sed  voluntate  Dei  et  sanctorumsufl'ragio,  extraxerunt,  eamque  ad  ecclesie 
fabricam  destinaverunt.  »  La  rapidité  des  communications  était  indispen- 
sable pour  la  transmission  des  ordres,  le  choix  des  pierres,  le  travail 
qu'elles  exigeaient  et  leur  mise  en  œuvre. 

6.  Noyelles,  sur  la  rive  gauche   de  l'Escaut,  c.  Marcoing,  arr.    Cambrai. 

7.  Ce  qui  suit  jusqu'à  opus  immensum  manque  dans  les  IIist.de  Fr. 
(p.  202). 


[1023-1092]  .    DE  l'architecture  en  france  67 

prout  decuit,   XV  kal.  novembris^,  sollemniter,  et,  ut  ita 
dicam,  plus  quani  sollemniter  dedicavit. 


Continuutio    gest.   Gerardi  II  episcopi,    5,  8,  9,    même    recueil,    t.  VII, 
p.  499-500. 
(Cf.  Migne,  Patr.  Ut.,  t.  CXLIX,  col.  194-196.) 


5.  [1076-1092.]  —  Dum  ~  videret  [GerardusII]^  episco- 
pus  in  future  providentissimus  quod  terrae  suae  de  inimico 
Hugone  pacem  concesseratDeus,  intempore  pacis  laboravit 
fieriut,si  aliquandovelille  Hugo  vel  alii  contra  se  ex[s]urge 
rent  inimici,  saltem  in  urbe  tam  ipse  quam  sui  contra  hostes 
existèrent  fortes  et  securi.  Ecce  bona  provisio,  ecce  paterna 
soUicitudo,  ecce  opus optimum  civibus  etrusticis  valde  neces- 
sarium,  scilicet  preparare  et  fideliter  operari,ut  domussuae  * 
corpora  et  substantiae  ab  impugnatione  hostili  infra  urbem 
possint  defendi.  Unde,  eisdem  civibus auxiliantibus,  totam  in 
circuitu  civitatem,  vallo  ligneo  '  prius  compositam,  ipse  epis- 
copus  munivit  murolapideo"' fortius,fossatis  relevatisetplu- 
rimis  inter  murum  coedificatis  turribus.  Castellum  etiain 
infra  civitatem,  in  quo  erant  et  aecclesia  Beatae  genitricis 


1.  C'est-à-dire  le  18  octobre  1030.  —  La  chronique  de  Saint-André  a 
attribué  à  tort  cette  consécration  à  la  date  du  15  des  cal.  de  nov.  1027 
(Pertz,  op.  et  t.  cit..  p.  i83,  n.  29V  Après  un  incendie  survenu  dans  le  cours 
du  XI'  siècle,  régflise  Notre-Dame  fut  de  nouveau  consacrée  le  21 
décembre  1079  ;  un  autre  incendie  la  dévasta  au  siècle  suivant,  en  1148. 

2.  Op.  cit..  p.  499. 

3.  Gérard  II,  évcque  de  Cambrai  de  1076  à  1092. 

4.  Mention  très  intéressante  sur  les  fortifications  en  bois  dont  les  villes, 
dans  le  Nord  de  la  France  principalement,  pouvaient  encore  être  munies 
au  xi« siècle.  Voy.  VioUet-le-Duc,  Dict.de  Varch.  fr.,  t.  V.,  art.  Fossé,  p.  549. 
Cf.  Godefroid  Kurth,  Notger  de  Liège  et  la  civilisation  au  X'  siècle,  t.  I 
(1905).  ch.  XV,  p.  301  et  s.  ' 

5.  En  1111,  la  ville  d'Arras  fut  aussi  entourée  d'une  muraille  de  pierre  : 
muro  Inpideo  (voy.  le  texte  de  la  chronique  insérée  dans  les  Hislor.  de 
France,  t.  XII,  p.  707.  «  Les  donjons  d'une  multitude  de  châteaux-forts 
étaient  en  bois  encore  à  la  fin  du  x"  siècle.  Erluin  de  Cambrai,  ami  de  Not- 
}îer,  bâtit  en  bois  son  Cateau-Cambrésis,  et  ce  fut  Gérard  I''  qui  le  rebâ- 
tit en  pierre  »  {Chron.  S.  Andrée,  1.  II,  p.  528,  cit.  p.  G.  Kurth). 


68  TEXTES  RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1023-1092] 

Dei  et  cenobium  Sancti  Autberti,  muro  excelso  fîrmavit^ 
fossato  relevato  alto  et  terribili  ^  ... 

8.  Hospitale  pauperum,  quod  est  secus  atrium  Sanctae 
Grucis,  prostrato  veteri,  sicut  nunc  apparet,  renovavit,  et 
capellulam    quae  inheret  hospitali  ... 

9.  Adhuc  unum  opus,  ut  sapiens  architectus  ~,  fecit  idem 
episcopus,  quod  laudandum  est  ab  omnibus  presentialiter 
aspicientibus.  Venerabilem  aecclesiam  Beatae  Mariae,  olinr 
combustam^  et  dirutam  a  capite  superiore  usque  ad 
chorum  Sancti  Johannis,  pulclire  et  honeste  reformavit.  Ipse 
enim  laquearia^,  plastrum'',  brevesque  fenestras^  lon^iores 
renovavit,  capita  columnarum  in  utroque  latere  turpiterfîxa 
et  corrupta  decenter  coronavit  ^.  Gomparaverat  etiam 
colores  optimos  ad  agendam  picturam  ^  per  totam  aecclesiam  ; 

1.  Ce  n'est  pas  sans  raison  que  le  chroniqueur  insiste  sur  les  solides 
retranchements  et  surtout  le  creusement  de  fossés  très  profonds,  dont  les 
constructeurs  normands  avaient  donné  l'exemple  dans  ce  même  siècle. 

2.  Le  chroniqueur  revient  de  nouveau  ici  sur  cette  expression  presque 
consacrée  en  pareil  cas. 

3.  Nous  avons  vu  plus  haut,  en  note,  que  l'église  Notre-Dame  de  Cam- 
brai, ayant  subi  un  incendie,  avait  été  de  nouveau  consacrée  le  21  décembre 
1079  (cf.  A.  Pastoors,  op.  cit.). 

4.  Cf.  le  passage  suivant  de  la  charte  de  liberté  accordée,  en  1066,  par 
Thcoduin,  évèque  de  Liège,  à  Huy,  dont  les  habitants  avaient  abandonné 
le  tiers,  puis  la  moitié  de  leur  avoir  pour  la  construction  de  l'église  Notre- 
Dame  de  cette  ville  :  «  Prefatam  siquidem  ecclesiam  a  fundamentis  ad 
laquearia,  a  laqnearibiis  et  ultra  reaediiicavi,  quam  etiam  in  auro,  argento, 
gemmis  et  praediis  pro  modulo  meo  ditavi,  et  de  Agar  Saram  esse  feci.... 
(A.  Wauters,  De  Vorigine...  des  libertés  communales  en  Belgique,  dans  le 
Nord  de  la  France,   Pr.,  1869,  p.  2). 

5.  Ce  mot  signifierait  ici  enduit  de  plâtre.  «  On  employait  le  plâtre  tamisé 
très  fin  pour  faire  des  enduits  sur  la  jjierrc  et  même  sur  le  bois,  afin  de 
pouvoir  y  appliquer  des  peintin-es  »  (Viollet-le-Duc,  Dict.  de  Varch.,  t.  VII, 
v»  Plâtre).  Cf.  n''XLVIII(cath.  du  Mans)  l'expression  «  7jarte<es...cfea//)are  >> 
(§  2,  1085-96). 

6.  Cf.  infra  les  gestes  des  évoques  d'Auxerre  (Hugue  de  Noyers,  1183- 
1206),  à  propos  delà  cathédrale  de  cette  ville:  «  qualiter  fenestras...  ac 
vitreas  dilatavcrit,  ut  ecclcsia...  in  lucem  clarcsceret  ampliorem).  » 

7.  C'est  dans  l'ancien  diocèse  de  Cambrai  que  se  trouvait  l'abbaye  de 
Lobbes,  qui,  dans  les  premières  années  du  x"  siècle,  releva  à  frais  nouveaux 
son  église  :  «  quae,  ad  id  opus  columnis  undecumque  corrasis,  cum  basibus  et 
epistyliis,  seu  caeteris  latomorum  seu  caementariorumdisciplinis,  pro  mo- 
duli  sui  quantitate,  omnibus  circum  se  positis  est  incomparabilis  »  (Ful- 
cuinus,  de  Geslis  abb.  Lob.,  c.  xvni,  Spicileff.,  t.  II,  col.  736).  Les  noms  des 
évoques  de  Cambrai  et  de  Metz  furent  gravés  sur  les  bases  des  colonnes 
pour  perpétuer  le  souvenir  de  la  consécration  :  «  In  basibus  columnarum 
quis  quam  parlem  dedica\'erit,  in  jiromptu  est  cernere  »  (ibid.).  Cf.  Qui- 
cherat,  3/éf.  d'archéol.,  p.  lis. 

8.  Sur  les  peintures  murales  des  églises,  à  l'époque  romane,  voy.  E.  Mâle 
dans  A.  Michel,  Hist.  de  l'art...,  t.  I,  2'""  part.  (190â). 


[1023-1092]       DE  l'architecture  en  frange  69 

sed  heu  !  inter  agendum  accidit,  quod  morte  preventus 
reliquit  inceptam.  Sed,  quia  voluntas  bona  apud  Deum 
opus  est  perfectum,  secure  cum  Psalmista  ^  potest  dicere  : 
«  Domine,  dilexi  decorem  domus  tuae  et  locum  habitatio- 
nis  gloriae  tuae  »... 


Chronicon  Sancli   Andreœ  castri  Cameracensin,    1.  III,   4,  rec.  et  t.  cit., 
p.  540. 
(Cf.  Migne,  Patr.  lai.,  t.  CXLIX,  col.  270.) 

[1079]  2.  —  DE  AQUiciNENSi  ^  coENOBio.  —  Sub  iisdem 
fere  temporibus,  duo  viri,  génère  nobiles,  Sigerus  de 
Lohes,  Walterus,  filius  Ursionis,  cum  sociis  multis,  relicta 
saeculari  militia,  Deo  militare  disposuerunt,  et  locum 
quemdam  secretum,  religione  aptum,  super  Ischarb^  fluvium 
aqua  cinctum  ad  habitandum  delegerunt.  Inde  domnum 
episcopum  Gerardum  Gameraci,  quia  locus  ille  ejus  erat 
parrochiae,  expetunt,  et  habitandilicentiam  et  construendi 
ecclesiam  ab  eo  deposcunt.  Ille  autem  non  tantum  quae 
petebant  annuit,  sed  etiam  adjutor  eorum  et  cooperator 
aedificationum,  quae  monachis  essent  habiles,  esse  coepit-''. 


1.  On  retrouve  dans  diverses  chronicjues  ce  passage  du  Psalmiste, 
appliqué  au  zèle  des  évoques  et  des  abbés  pour  la  rénovation  et  la  déco- 
ration des  églises  confiées  à  leur  administration  spirituelle  et  tempo- 
relle. Nous  avons  déjà  eu  à  le  relever. 

2.  Op.  cit.,  p. 540. 

3.  Anchin,  près  de  Douai  (Nord).  Voy.  pour  les  sources  :  U.  Chevalier, 
/{ép. /o/).-/)i7)L,  t.  I,  col.  109. 

4.  La  Scarpe,  affluent  de  l'Escaut. 

5.  A  la  même  époque,  divers  évèques,  à  l'étranger,  déploient  le  plus  grand 
zèle  pour  la  construction  et  l'ornementation  de  leurs  églises  cathédrales. 
Dans  l'Allemagne  du  Nord,  Bernward,  évoque  de  Hildesheim  (Hanovre),  se 
signale  à  cet  égard  (voy.  Thangmar,  Vita  Bernhardi  episcopi,  dans  les 
Mon.  Germ.  hisL,  Script.,  t.  IV,  p.  758  ;  cf.  von  Schiosser,  Qiiellenbuchzur 
Kunstgeschichte  des  ahendlandischen  Mittelalters,  1896,  p.  147  (Kunst- 
thatigkeitdes  h.  Bernward,  von  Hildesheim.  -f  1022).  — Voy.  aussi  Ekke- 
hard,  Titali  fur  den  Dom  zu  Mainz  (Schiosser,  op.  cit.,  p.  158ets.). 

Les  chroniques  du  moyen  âge  nous  ont  conservé  diverses  preuves  du 
talent  que  certains  évèques  ou  archevêques  possédaient  en  fait  d'architec- 
ture et  de  surveillance  des  travaux  d'art  au  xi'  siècle.  Parlant  d'Othon, 
évèque  de  Bamberg,  lauteur  de  sa  biographie  s'exprime  ainsi:  «  Impera- 
tor  (a.  1097)  famosum  illud  ac  laboriosumopus  Spirensismonasterii  Beatae 
Mariae  habebat  in  manibus,  omncs  sapientes  et  industrios  architectos,  fa- 


70  TEXTES    RELATIFS    A    LIIISTOIRE  [1024-1093] 

XVIII 

Vers  1024-1093. 

Reconstruction  de  la  cathédrale  de  Coutances  et  autres  tra- 
vaux d  architecture  religieuse,  publique  et  militaire, 
accomplis  par  les  soins  des  évêques  de  Coutances  ,'  — 
détails  divers  de  construction  et  d  ornementation  relatifs 
à  ladite  cathédrale  et  au  palais  épiscopal ,'  coq  du  clocher 
de  la  cathédrale  ;  pont  de  pierre  sur  la  Vire  ;  parc  planté 
d'arbres  d'essences  diverses  et  entouré  d'un  double  fossé 
et  d'une  palissade. 


Instrument,  eccl.   Constantiensis  {ex   libido   nigro  Capitiili\  dans  le  Bec. 
des  Hist.  de  France,  t.  XIV,  iiouv.  éd.  (1877),  p.  76-80. 
(Cf.  Gallia  christiana'^,  t.  XI,  1759,  Inslr.,  col.  218-233.) 


bros  et  cementarios  aliosqueopiflces  regni  vel  etiam  de  aliis  reg-nis  in  opère 
ipso  habens,  aurum  et  arg:entuni  et  pecuniam  multam  sumptusque  infinitos 
sinj^ulis  annis  expendeloat.  At  magistri  operis,  partim  négligentes,  partim 
etiam  sua  commoda  sectati,  rem  tarde  promovebant.  Commonitus  ergo 
princeps...  omne  opus  [Ottoni]  comniisit,  praecipiens  ut  tam  opifîces  quam 
magistri  eorum  illi  soli  parèrent,  omnem  pecuniam,  sumptus  et  impen- 
sas ab  eo  expeterent  illique  retaxarent...  »  (Vita  Ottonis,  ep.  Babenb., 
Pertz,  Script.,  t.  XII,  p.  750-751  et  826).  Le  même  auteur  ajoute:  «  Otto,  ad 
indicium  ingeniosae  diligentiae  suae,  aequam  fenestrarum  ecclesiae  men- 
suram  prudenter  ase  dispositam,  imperatoriconsiderandam  offerebat.»Non 
moins  intéressant  est  l'exemple  suivant  qui  concerne  Bennon,  évcque 
d'Osnabruck  (1054-1079),  et  le  montre  aussi  expert  en  architecture  militaire 
qu'en  constructions  religieuses.  «  Praeterea  autcm  architectus  praecipuus, 
caementarii  operis  solertissimus  erat  dispositor...  Rex  totam  Saxoniam 
castellis  novis  et  firmis  coepit  munire,  cui  rei  maturandae  et  diligenter 
exequendae  dominum  Bennonem  praeesse  constituit,  sciens  se  hujus  rei 
non  habere  fideliorem  ncc  ad  hoc  munus  exequendum  magis  industrium... 
—  Erat  igitur  architectoriae  artis  valde  peritus...  Régis  imperio  in  Spiren- 
sem  civitatem  adductus,  ecclesiam  illam  amplissime  sublimatam  et  prae 
magnitudine  operis  minus  caute  in  Rheni  fluminis  littus  extentam  niaximo 
ingenio  dil'ficilique  paratu  egregii  operis  novitatc  perfecit,  et  immensas 
saxorum  moles,  ne  fluminis  illisione  subverteretur,  obstruxit.  »  (Vita 
Bennonis,   auct.  Norberto,  dans  Pertz,  Script.,  t.  cit.,  p.  65,  76,  c.  11  et27). 

1.  «  Le  Livre  Noir  du  Chapitre  de  Coutances  a  été  perdu  dans  la  1"  moi- 
tié du  xix"  siècle.  La  copie  faite  en  1601  a  aussi  disparu.  «(Communication  de 
M.  Dolbet,  archiviste  de  la    Manche). 

2.  Le  texte  de  la  Gallia  christ,  a  été  amélioré  dans  la  susdite  édition  du 
Bec.  des  Hist.  de  Fr. 


[1024-1093]       DE  l'architecture  en  frange  71 

[1024-1045  environ.]  —  [Roberti^  episcopi]  tempori- 
bus,  incoepta  et  ex  parte  constructa  est  Constaritiensis 
ecclesia,  fundante  et  coadjuvante  Gonorra  comitissa^, 
auxiliantibus  etiam  canonicis,  redditibus  niedietatis  altaris 
ad  tempus  operi  concessis,  cooperantibus  quoque  baronibus 
et  parochianis  fidelibus  :  quod  usque  hodie  contestantur 
aliquot  ipsorum  nomina  insculpta  lapidibus  in  ecclesiae 
arcubus  '^.  In  his  pro  certo  diebus,  eadem  rudis  erat  et 
inculta  et  imbecillis  ecclesia,  quinque  tantum  canonico- 
rum  personis  contenta,  bibliothecis  caeterisque  authenticis 
et  canonicalibus  libris  et  ornamentis  pêne  penitus  desti- 
tuta  ... 

[1049  et  s.]  —  Anno  igitur  dominicae  Incarnatio- 
nis  MXLVIII,  duodecim  tantum  diebus  ipsius  anni  restan- 
tibus,  id  est,  IV  idus  aprilis,  indict.  II,  venerandus  Gaufri- 
dus^,  post  Robertum''  Constantiensis  episcopus,  Rotomagi 


1.  Robert  l",  évêque  de  Coutances  (vers  102i-1045). 

2.  Gonnar,  seconde  femme  de  Richard  I",  duc  de  Normandie  (935-996). 

3.  C'est  un  des  plus  anciens  exemples  de  ce  genre  d'inscriptions  dans 
les  églises. 

4.  Geod'roi  I"de  Montbray,  évêque  de  Coutances  de  1049  à  1093,  d'après 
Gams  ;  Montbray,  c'"'  de  Percy,arr.  St-Lô,  Manche. — Sur  ce  prélat  au  carac- 
tère à  la  fois  clérical  et  guerrier,  voy.  Orderic  Vital,  Hist.eccl.,  1.  VIII,  éd. 
Le  Prévost,  t.  III,  p.  406.  La  chronique  qui  rapporte  ses  actes  a  été  intitulée 
Hisloria,  fundationis  ecclesiae  Constantiensis  sive  Gesta  Gaiifredi  episcopi. 

5.  Dès  1824,  M.  dé  Gerville  publia  un  mémoire  dans  lequel  il  soutint  que 
la  cathédrale  de  Coutances  est  du  milieu  du  xi"  siècle,  sauf  des  restaurations 
que  le  temps  et  les  guerres  civiles  avaient  rendues  nécessaires.  Cette  ques- 
tion a  été  reprise  ensuite  par  M.  l'abbé  Delamare  dans  les  Mém.  de  la 
Soc.  des  anliq.  de  Normandie,  t.  XII  (1841;,  dans  un  lissai  sur  la  véritable 
orig.  et  sur  les  vicissitudes  de  la  calh.  de  Coutances,  qui  a  commenté  les 
textes  ci-dessus  pour  attribuer  au  xi*  siècle  ces  importantes  constructions. 
Suivant  M.  Ramé,  dans  la  cathédrale  de  Coutances,  «  on  reconnaî- 
trait plus  volontiers  les  constructions  de  l'évéque  Robert,  que  celles 
de  Geoffroy  de  Montbray,  qui  se  borna  d'ailleurs  à  terminer  l'œuvre  de 
son  prédécesseur  »  Hev.  d.  Soc.  sav.,  7"  sér.,  t.  III,  1881 ,  p.  94  et  sq.  ;  :  «  Les 
débris  de  la  cathédrale  de  Coutances.  dit  ailleurs  le  même  auteur,  qu'on 
peut  attribuer  à  l'évéque  Robert,  sont  bâtis  à  la  romaine,  en  petit  appareil, 
avec  claveaux  ou  minces  dalles  de  pierre  faisant  fonctions  de  briques  »  (De 
Vétat  de  nos  connaissances  sur  Varchitecture  carolingienne,  dans  le  Bull,  du 
Comité. . .  1882,  p.  185).  Contra  :  Vitet,  Etudes  sur'riiistoire  de  l'art,  t.  II. 
d.  105,  qui  affirmait  qu'aucune  pierre  de  l'édifice  actuel  n'avait  été  placée 
<i  avant  que  le  xin"  siècle  eût  commencé  de  luire».  Sur  cette  controverse,  voir 
l'abbé  Pigeon,  Hist.  de  la  cath.  de  Coutances  Coutances,  1876),  qui  fait 
ressortir  avec  raison  le  caractère  gothique  de  cet  édifice  du   xiii'  siècle. 


72  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIBE  [^1024-1093] 

consecratur  ...  ad  aedificationem  et  incrementum  ecclesiae 
suae,  ômni  nisu  et  voluntate  per  noctemerat  et  perdiem: 
qui,  ut  eamdem  ecclesiam  celebrem  gloriosamque  resti- 
tueret,  in  Apuliam  et  Calabriam  adiré  Robertum  \  cogno- 
mine  Guiscardum,  parochianum  suum,  aliosque  barones 
consang-uineos  suos,  et  alumnos,  et  notos,  peregre  profec- 
tus,  multum  in  auro,  et  argento,  et  gemmis,  et  palliis 
variisque divitiarum  donariis  acquisivit ...  aliaque  pretiosis- 
sima,  quibus  postea  praefatam  ecclesiam  intus  et  extus 
locupletavit  majoremque  crucifixum  largis  sumptibus  et 
tempore  longoconstruxit.  Gum  autem  non  haberet  in  civi- 
tate,  sive  in  suburbio,  tantum  possessionis  ecclesiae,  ubi 
maneret  episcopus.  vel  proprius  equus  ejus  posset  stabu- 
lari,  sed  neque  propria  m  domum,  nisi  quoddam  appendi- 
cium  humile,  quod  pendebat  de  parietibus  ecclesiae,  ipse, 
prudentia  sua  et  probitate,  valentiorem  medietatem  civi- 
tatis  suburbii,  et  telonei,  et  vectigalis,  cum  molendinis,  et 
multa  Grimoldi  viaca^  a  Guillelmo,  invictissimo  duce  Nor- 
mannorum,  postea  quoque  glorioso  rege  Anglorum  ^,  trecen- 
tis  libris  comparavit  et  acquietavit.  Postea  vero,  episcopa- 
lem  aulam  et  reliquas  officinas  construxit,  virgultum  et 
vineam  non  modicam  plantavit,  capitium  navis  ecclesiae 
cum  area,  et  hinc  inde  duo  majora  capitia  nobiliora  et 
ampliora  construxit;  duas  turres  '*  posteriores  a  fundamentis, 
tertiamque  supra  chorum  opère  spectabili  sublimavit,  in 
quibus  classicum  consonans  et  pretiosum  imposuit,  et  haec 
omnia  ^  plumbo  cooperuit.  Fecit  praeterea  Gonstantiis  duo 

1.  Robert  Guiscard,  duc  de  Fouille  et  de  Calabre  (1015-1085).  Sur  les 
constructions  des  princes  Normands  dans  le  sud  de  l'Italie,  voy.  le  récent 
ouvrage  de  M.  E.  Bertaux,  L'iirt  duns  Vllalie  méridionale,  de  la  fin  de 
V Empire  romain  à  la  conquête  de  Charles  dWnjnu  (1903),  1.  III,  l'art  pro- 
vincial et  municipal  sous  la  domination  normande,  p.  309  et  s.  —  Voy.  infra 
le  texte  que  nous  publions  sur  la  construction  de  l'église  abbatiale  de  la 
Trinité  de  Venouse,  dans  la  Basilicate  (vers  1059,. 

2.  Le  texte  de  la  Gallia  chrisliana  donne  ici  :  militas  Grimoldi  villas 
(col.  870). 

3.  Guillaume  l",  dit  le  Conquérant,  duc  de  Normandie,  roi  d'Angleterre 
(1027-1087). 

4.  Voy.  infra,  au  sujet  des  tours  de  l'église. 

5.  Sur  la  couverture  en  plomb  des  églises  depuis  l'époque  gallo-romaine, 
voy.  VioUct-le-Duc,  Dict.  d'arch.  fr..  t.  VIT,  Plomberie,  p.  209 (avec  renvoi 
aux  textes).    Au  xii"   siècle,   Maurice  de  Sully,    évéque  de   Paris,   légua 


[1024-1093]       DE  l'architecture  en  france  73 

stag-na,  cum  molendinis  ;  terram  parci  contra  comitem  Mori- 
toniensem  ex  parte  expugnavit,  ipsumque  parcum  duplici 
fossato  vallavit  et  palatio  '  circumsepsit,  intusque  glandes 
seminavit,  quercus  et  fagos,  caeterumque  nemus  studiose 
coluit,  cervisque  Ang-ligenis  replevit  ...  lapideum  pontem^ 
supra  Viram  condidit  ...  caeterum  ornamenta  ecclesiastica 
et  ustencilia  ...  aurea  contulit  et  argentea  ...  cortinas^et 
tapeta,  sed  et  bibliothecas  ...  sufficientesque  et  compé- 
tentes libres  subrog-avit  .  .  .  çantorem  quoque,  et  succento- 
rem,  et  rectorem  scholarum,  et  custodes  ecclesiae,  clericos 
quoque  praebendarios,  aurifabros,  fabrumque  ferrarium, 
carpentarios  et  magistrum  caementarium  ad  opus  ecclesiae 
constituit^  ...  0  virum  prudentem  et  domui  suae  bene 
praesidentem,  qui  de  vivis-^  et  electis  lapidibus  domum  suam 
oomposuit,  et  mirabilibus  columnis  eam  sustentavit^. 


JOO  livres,  et  non  5000,  comme  dit  Viollet-le-Duc.  loc.  cil.,  poui-  cou- 
vrir la  nef  de  Notre-Dame.  Voy.  notre  élude  sur  cet  évèque  ^1890  j,  p.  107. 
Cf.  infra,  notre  texte  sur  Fécamp. 

1.  Une  note  de  l'éd.  du  Rec.  des  Hist..  p.  18,  met  ici  :  «  Seu  palatio, 
voce  usurpata  pro  claustro  ex  palorum  série  confecto.  »  Cf.  le  f^lossaire  de 
Du  Cang^e,  qui.  sous  le  mot  Palalium.  cite  divers  exemples  des  mots 
pallacium  cl  palalium  employés  dans  le  sens  de  palissade,  vieux  français 
pâlit.  Ces  travaux  d'utilité  et  d'embellissement  ont  précédé  ceux  de  Robert, 
duc  de  Normandie,  dont  Champollion-Figeac  dit  {liev.  arch.,  a.  XVI, 
2'  part.,  p.  394)  dans  ses  Dr.  et  as,,  sous  l'année  1093  :  «  c'estla  plus  ancienne 
habitation  de  plaisance  ornée  d'un  parc  que  l'on  puisse  citer  pour  la  France.  » 

2.  Outre  cette  mention  d'un  pont  de  pierre  sur  la  Vire  au  xi'  siècle, 
voici  celle  d'un  autre  pont  de  pierre  construit  sur  la  Mayenne  en  1028 
environ,  par  les  soins  de  Foulque,  comte  d'Anjou,  avec  l'indication  de 
l'emplacement  des  constructions  le  surmontant:  «  Detotopon<e  Meduanae, 
quod  videlicet  iapideo  opère  construximus. . .  arcas  molendinorum  intra 
ipsas  archas...  »  concession  à  l'abbaye  du  Ronceray  ;  Cart.  de  Ron- 
ceray,  f"  126  .  Sur  les  ponts  de  pierre  du  xi"  s.,  voy.  Viollet-le-Duc, 
t.  VII,  p.  221,  et  Enlart,  dans  Michel,  Hist.  de  Varl...,  1. 1,  2"  part., p.  480. 

3.  Tapisseries  servant  notamment  à  la  décoration  des  murs  de  l'église, 
comme  on  l'a  vu  déjà. 

4.  Détails  précieux  du  xi"  siècle  pour  ces  ministeriales  attachés  à  la  con- 
struction de  l'éf^lise,  au  sujet  desquels  il  y  a  des  exemples  variés  du  xii° 
siècle. 

3.  L'expression  de  lu'ro  lapide  remonte  à  l'antiquité  romaine  (on  la  trouve 
employée  chez  les  Gromatici  veteres.éd.  Lachmann,  t.  I,  p.  361  ,  d'où  elle 
passa  dans  la  latinité  chrétienne  (avec  saint  Auf^ustin  et  aussi  hymnologique 
du  moyen  âge  (voy.  l'hymme   Cœlestis  urhs  Jérusalem). 

6.  Le  passage  placé  entre  crochets  manque  dans  les  Histor.de  Fr.,  t.  XIV, 
p.  "78.  —  Cette  église  romane  comprenait  une  grande  nef,  un  chœur 
entouré  d'un  déambulatoire,  deux  transepts.  Le  portail  vers  l'occident 
était  encadré  de  deux  tours,  une  troisième  se  dressait  au-dessus  du  chœur 
et  renfermait  les  cloches.  On  a  découvert  et  reconnu  dans  l'édifice  gothique 


74  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1024-1093] 

Gelebrem  dedicationem  ecclesiae  niag^nis  multisque  sum- 
ptibuscelebravit,  praesente  Guillelmo,  Normannorum  duce, 
et  archiepiscopo,  et  coepiscopis,  etabbatibus,  et  principibus 
Normanniae,  et  aliis  quibusdumBritanniae,  anno  Inc.  Dom. 
M  LVI,  indict  .X.  ...  Animus  ...  et  amor  ad  aedilicationem 
ecclesiae  desudabat  ...  lUic  ornamenta  pretiosa  ...  parabat. 
Redditus  episcopi  necessitatibus  et  operibus  ecclesiae, 
scilicet  sculptoribus  ^  vitriariis,  caementariis,  aurifabris,  et 
caeteris  omnibus,  quibus  opus  erat,  per  manum  praefati 
camerarii^  [Pétri]  abundanter  expendebat. 

Appropinquante  autem  tempore  glorifîcationis  suae, 
luctus  et  desolatio  Gonstantiensis  ecclesiae  evidentibus 
praenunciata  fuit  signis.  Anno  namque  Dominicae  Incar- 
nationis  MXGI,  indict.  XV,  IV  nonas  novembris,  cum 
esset  idem  praesul  Gonstantiis,  in  aula  episcopali,  quam 
feceratet  plantaverat,  terrae  motus  factus  est,  et  fulgura 
extiterunt    nimia,    ita   utgallum'^  deauratum,    qui   majori 


certains  pans  de  murs  qui  proviennent,  à  n'en  pas  douter,  de  l'édifice  roman. 
Pour  découvrir  l'appareil  du  w"  s.,  on  a  dû  pénétrer  dans  des  parties  de  la 
cathédrale  qui  sont  restées  cachées.  Cette  disparition  de  l'ancienne  église 
romane  est  un  fait  assez  rare  en  Normandie  :  la  cathédrale  de  Bayeux 
a  conservé  les  arcades  latérales  de  la  nef,  celle  de  Rouen,  la  façade  princi- 
pale et  la  tour  de  Saint-Romain,  celle  d'Evreux,  toute  la  nef. 

1.  Scriptorihus,    d'après  la  Gall.  christ. 

2.  C'était  un  intendant,  im  trésorier.  Le  titre  de  dispensator  qu'il  avait 
est  aussi  un  titre  que  l'on  trouve  porté  sous  Philippe  I"  par  un  fonc- 
tionnaire royal  chargé  sans  doute  des  dépenses  de  l'Hôtel  du  roi  et 
des  constructions  royales.  Un  officier  portant  le  même  titre  exis- 
tait à  Carcassonne  en  1034  (voy.  Luchaire, //t.s<.  des  instit.  monareh.  de 
la  France...,  t.  1,  p.  l2i). 

3.  Sur  l'usage  de  placerdes  coqs  au  sommet  des  clociiers  d'églises,  voy.E. 
Mariin[ahhi),  Le  coq  du  clocher, essai  d'archéologie  et  de  symbolisme,  Nancy, 
(190i);  Enlart,  Man.  darchéol.  française  (avec  renvoi  aux  textes),  cf.  de 
Caumont,  Abèc.  ou  rud.  darchéol.,  1854,  p.  158  et  159  (représentation  d'un 
coq  surmontant  l'abbaye  de  Westminster  sur  la  tapisserie  de  Bayeux), 
VioUet-le-Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr.,  t.  IV,  p.  305  et  s.,  v"  Coq  ;  voy.  aussi 
J .Sauev,Symbolikdes  Kirchengehiiudes  (1902),  p.  143  et  s.  (avec  l'indication 
des  sources).  — Nous  croyons  enfin  utile  de  citer  ici  les  vers  latins  suivants 
que  nous  tirons  d'un  ms.  du  xiii"  siècle  (Bibl.  nat.,  lat.  4861,  fol.  130  v")  : 
M.Léopold  Delisley  renvoie  (sans  les  citer)  dans  sa  Notice  de  l'éd.  d'Or- 
deric  Vital  (Soc.    hist.  de  Fr.),  éd.  Le  Prévost,  t.  I,  p.  civ)  : 

Turribus  ecclfsie  gallum  solituni  superesse. 
Temporibus  nostris  hune  soluni  c<îrniiiius  esse. 
Flantibus  liic  vontis,ipsa  convertitur  liora, 
Opponens  rapidis  ventis  non  terga,  set  ora. 
Iste  refeit  horas,  (juasi  nocte  dieque  canendo. 


[1024-1093]       DE  l'architecture  en  france  75 

ecclesiae   turri    [eminebat]*,  minutatim  conscinderent    

[majorem^  nostram  ab  orientali ...  capitium  ecclesiae  et  ... 
minori  conquassarent  ...  singulatim  quadratos  lapides  era- 
dicarent]  ...  De  arcubus  vero  fenestrarum  turris  majoris 
lapides  magni  vi  tempestatis  eruti,  super  aulam  praedictam 
corruerunt,  nimioque  frag-ore  terrorem  et  stuporem  prae- 
suli  multisque  qui  aderant,  visa  inaestimabili  coruscatione 
et  inoperabili  audito  simul  tonitruo,  intulerunt  ... 

...  Cernens  autem  venerandae  memoriae  praesul  mortem 
sibi  imminere,  et  condolens  casibus  ecclesiae,  misit  in 
Ang-liam,  et  vocavit  ad  se  Brismetum  plumbarium, 
fecitque  omnes  discessiones  ecclesiae  plumbari,  turres  et 
capitium  reintegrari,  et  deauratumgallum,  quem  praedictum 
fulgur  destruxerat,  studiose  restaurari,  majoremque  supe- 
rimponi.  Ut  ergo  agnovit  quia  gallus  fulg-idus  totus  esset 
et  superimpositus  loco  suo,  jussit  se  manibus  ambabus  ex 
brachiis  in  sellum  suum  erigi  ;  sicque  sedens  in  lecto 
Deoque  gratias  agens  oravit  ;  et  cum  postmodum  repau- 
sasset  :  «  Timebam,  inquit,  quod  si  meus  obitus  praeve- 
nisset,  nunquam  gallus  ille  vel  illi  consimilis  illuc  ulte- 
rius ascendisset  ...  Episcopi  et  abbates  praescripti  ...  sepe- 
lierunt  eum  honorifice  in  stillicidio -^  ecclesiae,  sicut  ipse 
praeceperat  vivons  adhuc  in  corpore.  » 


Miracula   eccl.    Constanliensis,  publ.    sous  le    titre   de  :    Notice  sur  un 
traité  du  Xll-  siècle...  par  L.Delisle,  dans  la  Bibliothèque  de  l'École  des 


Dum  vicium  prohibet,  monet  et  facienda  docendo. 
Virga  ferens  gallum,  bene  ferrea  virga  probatur, 
Ne  putrefacta  ruat  vel  flatu  commul[e]tur. 

Voyez  aussi  le  commentaire  détaillé  de  Hugue  de  Saint-Victor,  dans  son 
Spéculum  de  viysteriis Ecclesiae,  cap.  i,  De  ecclesia  :  «  Virga  ferrea  in  qua 
gallus  sedet...  tholus  super  quem  crux  ponitur...»  (Migne,  Pair,  lat., 
i.  CLXXVIl,  col.  337). 

1.  La  Gallia  Christ,  (t.  cit.,  col.  222)  donne  à  tort  <unc,  au  lieu  de  turri. 
Il  y  a  une  lacune  dans  ce  texte  après  le  mot  tune. 

2.  Le  passage  entre  crochets  manque  dans  le  texte  des  Historiens  de 
France. 

3.  Stillicidium,  «quod  et  impluvium,  area  ante  aedem sacram»  (Du  Gange, 
Gloss.),   c'est-à-dire  l'aître  de  l'église. 


76  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1024-1093] 


Chartes,  2"  sér.,  t.  IV  (1848),  p.  351-352. 
(Cf.  A.  du  Monstier,  Neustria  sancta,  Inslr.  ad.  15  Aug.  (1657. 


Viderunt'  in  aère  très  candelas  super  turrim  mediam  2 
descendentes,  et  per  cooperturam  turris  interiora  péné- 
trantes ...  Reversi  sunt  in  ecclesiam,  tresque  candelas 
ardentes  et  sine  humano  sustamento  stantes  repererunt, 
unam  scilicet  ante  majus  altare,  alteram  coram  imagine, 
tertiam  quidem  super  puteum^  ipsius  ecclesiae  (cap.  m). 

...  Surgens  intempestive  ad  ecclesiam  usque  pervenit, 
sed  fores  ecclesiae  clausas  interiusque  repagulis  et  seris  fir- 
matas  ^  reperiens,  in  australis  introitus  medio,  in  orationem 
procubuit  ...   (cap.    xxx). 

In  remotiore  et  occultiore  loco  ecclesiae,  in  introitu  vide- 
licet  ascensus  gradus  occidentalis  turrium  ...  sive  casu, 
sive  Dei  nutu,  obdormierat.  Cum  ergo  post  somnum  evigi- 
lasset,  surrexit  ut  eg-rederetur  ;  sed,  ecclesiae  custodibus 
egressis,  et  vectibus  et  seris  foribus  cunctis  munitis,  ad 
eundem  locum  pavida  revertitur  ...  Ecclesia  tota  inestima- 
bili  lumine  subito  resplenduit  ;  etecce  abaltariSancti  Johan- 
nis  processio  veneranda  uxorum  fulgentium  cereos  feren- 
tium  progrediens,  ac  per  circuitum  interiorem  ecclesiae 
prope  mulierem  transitum  faciens,  ante  altare  Sanctae  Dei 
Genitricis   imaginis  constitit,  moxque   post   paululum   per 


1.  Sur  l'intérêt  arcliéoloffique  que  présentent  les  extraits  qui  suivent  des 
Miracula  eccl.  Constanlieiisis,  voy.  L.  Delisle,  op.  cit.,  p.  351.  L'auteur,  un 
chanoine  du  nom  de  Jean,  éciivait  avant  1135. 

2.  Pour  les  clochers  des  églises  normandes  au  xi*  siècle,  leur  nombre  et 
leur  dimension  considérable,  voy.  Viollet-le-Duc,  Dic<.  de  l'arch.  fr.,  t.  III, 
p.  303,  art.  Clocher.  Il  s'agit  ici  du  clocher  central,  posé  à  l'intersection  des 
bras  de  la  croix. 

3.  <i  Presque  toutes  les  églises  possèdent  un  puits,  soit  percé  dans  une 
crypte,  soit  dans  un  collatéral.  Ces  puits  avaient  primitivement  été  creusés 
pour  les  besoins  des  constructeurs  ;  l'édifice  terminé,  on  posait  une  mar- 
gelle à  leur  orifice,  et  ils  étaient  réservés  au  service  du  culte. . .»  (Viollet- 
le-Duc,  op.  cit.,  t.  VII,  p.  562,  art.  Puits).  Cf.  les.  ch.xx-xxi,  qui  mentionnent 
le  miracle  d'une  colombe  qui  voltige  sur  un  calice  et  disparaît  dans  le  puits 
de  l'église.  Voy.  enfin  supra,  le  texte  n°  IV,  p.  21,  n.  3. 

4.  Sur  les  anciennes  portes  d'églises  romanes,  voy.  Viollet-lc-Duc,  op.  ct<., 
t.  VII,  p.,  386  et  s.,  art.  Porte;  cf.  t.  I.\,  p.  346  et  s.,  art.  Vantail,  et  de 
Caumont,  Abéc.  d'archéol.,  3'  éd.  p.  2i8  et  s.,  §  Portes. 


[1024-1093]       DE  l'architecture  en  france  77 

cliorum  transiens,  ante  majus  altare  ^  denuo  stetit  ...  Illa 
quidem  anus,  ul  liberius  intueretur  quidnam  agerent,  de 
loco  suo  surrexit,  et  quasi  de  m[ed]itulli[o]  -  de  majoribus 
ecclesiae  portis  prospexit.  Postea,  abscedentibus  cunctis 
et  egredientibus,  tanquam  per  ostium,  illa,  ut  sibi  visum 
fuit,  remansit  in  tenebris  (cap,  xxxi). 

Surrexit,  moxque  per  chorum  canonicorum  secundis 
cruribus  transiens...  ad  altare  superius ascendit ...  (cap.  iv). 

Miles  quidam,  in  ecclesia  stans  ante  supradictam  imag^i- 
nem  ■''  Virginis  gloriosae,  et  imaginis  pulchritudineni  admi- 
rans  .. .  (cap.  xiv). 

Luminare  quoddam  vidit  desursum  veniens  et  quasi  ver- 
sus puteum  divertens  ...  confestim  se  de  puteo  sustollit, 
et  in  candélabre  ante  imaginem  Sanctae  Mariae  Virginis 
resedit,  ibique,  donec  dies  illucesceret,  arsit,  tuncque, 
quasi  per  fenestram  vitream   exiens,  disparuit  (cap.  xxxii). 

In  quo  [puteo  ecclesiae]  et  plures  ceciderunt  ;  sed  licet 
altus  sit,  nullam  tamen  laesioneni    sustinuerunt  (cap  xxi). 

Infirmam  introniserunt,  ponentes  ante  crucifixum^ 
(cap.  xxiv). 

Dum  clerus  vespertinos  psalleret  hyninos,  et  ante  cru- 
cifixum,  in  medio  ecclesiae,  processionem  de  more  face- 
rent ...  (cap.  xxix). 

...  Qui  custodiebat  cereum  Sancti  Nicholai,  et  die  ac 
nocte  ferebat  ad  altare  ejusdem,  cui  sancto  superpositus 
erat  crucifixus,  et  exinde,  custodiae  gratia,  domum  refe- 
rebat  (cap.  xxv). 


1.  Sur  les  anciens  autels  romans,  voy.  Viollet-le-Duc,  t.  II,  p.  16  et  s., 
art.  Autel;  de  Caumont,  Abéc.  d'archéoL,  3"  éd.,  p.  205,  §  Autels. 

2.  C.-à-d.  la  partie  médiane.  Cf.  le  texte  n°  XLIX. 

3.  Sur  la  statuaire  en  Normandie  au  xi"  siècle,  cf.  VioUct-le-Duc,  op. 
cit.,l.  VIII,  p.  110-111,  art.  Sculpture.  C'est  surtout  au  xii"  siècle  quele 
culte  voué  à  la  Sainte  Vierge  prend  un  caractère  spécial  en  France, 
notamment  en  Normandie  ;  cf.  i7>.,  t.  IX,  p.  363,  art.  Vierge  iS''). 

4.  On  plaçait  dans  les  églises  cathédrales,  abbatiales  ou  paroissiales,  de 
grands  crucifix  de  bois  ou  de  métal  suspendus  au-dessus  desjubés  ou  des 
poutres  indiquant  l'entrée  du  chœur. 


78  TEXTES   RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1026] 


XIX 


1026. 


Mention  de  la  construction  faite  par  les  soins  d'Eade  II, 
comte  de  Blois,  d^une  tour  de  bois  surmontant  le  donjon 
du  château  de  la  Motte-Montboy au,  près  de  Tours. 


Annales  Vindocinenses,   dans  le   Recueil   d'Annales  angevines  et    vendô- 
moises,  publ.  par  L.  Halphen  (1903),  p.  60-61. 

...  Odo,  in  Francia  reg-is  impedimentis  solutus...  anno 
présent!,  Montis  Budelli^  castellum,  quod  circiter  annos  X 
rétro  abhinc  contra  civitatem  Turonicam  fîrmaverat  Fulco, 
obsedit,  et  turrim  lig-neam-  mire  altitudinis  super  dongio- 
nem  ipsius  castri  erexit.  In  toto  tamen  labore,  tanto  nichil 
aliud  profecit,  nisi  quod  intérim  Salmurum,  optimum  cas- 
tellum; quod  adhuc  tune  in  Andecavensi  pag-o  habebat, 
capiente  Fulcone,  amisit,  et  machina  illa  ad  ultimum  noctu 
super  eos  qui  vigilias  exercebant  repente  corruit...  et  in- 
cendio,  quod  confestim  a  castellanis  superjectum  est,  con- 
cremavit... 


1.  Pour  ridcntification  de  ce  nom,  voy.  Lex,  Eudes,  comte  de  Blois,  de 
Tours,  de  Chartres,  de  Troyes  et  de  Meaux,  dans  les  Mém.  de  la  Société  aca- 
démique d' açf  rie .,  sciences,  arts,  belles-lettres  de  VAube,S'sér.,  t.  XXVllI, 
p.  an,  n.  1,  et  Carré  de  Busserolle,  Dict.  d'Indre-et-Loire  (Soc.  archcol.  de 
Touraine),  t.  IV,  p.  3  49.  Il  s'agit  du  lieu  appelé  aujourd'hui  La  Motte,  ancien- 
nement La  Motte-Montboyau,  sur  laChoisille,  com.  de Saint-Cyr-sur- Loire, 
arr.    Tours  (Indre-et-Loire). 

2.  Les  chroniques  précisent  parfois  s'il  s'agit  de  la  construction  de  tours 
de  bois  ou  de  pierre:  «in  loco.  uhi  domus.  ..liçfnea  e\-at,arcem  lapideam. .. 
construxit  »,  ou  encore  «  turris  Ambaziie  lapidea  »,  lit-on  dans  les  Gesta 
Ambaz.  dominorum  (vers  1040),  au  sujet  d'Amboise  (Chroniques  d'Anjou, 
t.  I,  p.  169), 


[1028-1029]       DE  l'architecture  en  francé  79 


XX 

1028-1029. 

Donation  faite  par  Hiigue  II  de  C h amp- Allemand ^  évêque 
de  Nevers,  au  Chapitre  de  l'église  cathédrale  de  Saint- 
Cyr,  de  deux  autels  érigés  dans  ladite  église  à  droite  et  au 
sud^  à  condition  que  le  Chapitre  ferait  construire  à  ses 
frais  un  coté  de  la  cathédrale. 

Galliâ  christiana,  t.  XII  ;i""70),  Instr.,  col.  324,  n°  XXXIII  {ex  chiirlulario 
Nivernensi  '). 

Ego  Hugo  ',  gratia  Dei  Nevernensis  episcopus,  notum 
volo  fîeri  cunctis  fidelibus  tam  presentibus  quam  futuris, 
qualiter  veneruntcanonici  Sancti  Cyrici  ante  meam  praesen- 
tiam  deprecantes,  ut  eis  altaria,  in  dextera  parte,  contra 
meridiem  monasterii  Sancti  Cyrici  sita,  concederem,  unum 
quod  dedicatuni  [est]  '  in  honore  sanctorum  confessorum 
Gregorii,  Nicolai,  Hieronymi  atque  Augustini,  ipsique 
totum  membrum  basilicae  aedificarent^,  et,  me  auctorizante 
atque  sanciente,  sacraretur  claustrum,  ut  esset  eis  placabilis 


1.  L'original  de  cette  très  intéressante  charte,  tirée  de  l'ancien  Cartu- 
laire  de  l'église  cathédrale,  n'existe  plus,  et  le  Cartulaire  lui-même  a  dis- 
parue la  lin  du  .wiii"  siècle.  Nous  devons  ce  renseignement  à  l'obligeance 
de  notre  confrère  M.  de  Flamare,  archiviste  de  la  Nièvre. 

2.  Ilugne  II  fut  évêque  de  Nevers  de  1013  à  1065. 

3.  Il  faudrait  suppléer  ici  est,  qui  manque  dans  le  texte  de  la  Gallia 
christiana. 

4.  Voy.  Boutillier  (l'abbé  F.).  Examen  de  quelques  documents  relatifs 
à  la  cathédrale  de  Xevers  du  XI"  siècle  {Bulletin  de  la  Soc.  nivernaise  des 
lelt.,  se.  et  arts..,  3"  série,  t.  I  1883),  p.  209  et  s.,  lequel  s'est  exprimé  ainsi  : 
«  Le  côté  de  la  tour  et  sans  doute  l'abside  étaient  donc  achevés  en  1028; 
mais  lecôtéqui  fut  plus  tard  abandonné  à  la  paroisse  Saint-Jean  étaitencorc 
à  construire,  et  il  dut  être  édifié  dans  les  premières  années  qui  suivirer.t, 
avec  la  salle  accolée  à  l'abside.  Ainsi,  cette  annexe  est  l'ancienne  sacristie 
ou  trésor  du  chapitre...»  {ibid.,p.  219).  Cf.  de  Soultrait,  Répert.  archéol. 
du  dép.  de  la  Nièvre {i81b),co\.  152-153,  et  Mgr Crosnier,  jl/oreof/r.  de  lacatli. 
de  Nevers,  Nevers,  1854,  p.  99  et  s. 

L'abside  Ouest  (vers  1028)  a  été  conservée  lors  de  la  reconstruction  de  la 
cathédrale  au  xm"  siècle,  après  l'incendie  de  1211.  Dans  io.  Bull,  ci-dessus 
mentionné  (1899,  p. 203),  on  trouve  une  reproduction  de  cette  abside  dans 


80  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIKE  [1028-1029] 

locus  sepulturae  cuicumque  esse(t)  vellet  • .  Quorum  peti- 
tione suscepta,con sensu  ac  voluntate  Goffridi,  clavigerii,  ac 
Rodulfi,  decanisive  secretarii,  de  quorum  ministerio  supra- 
dicta  altaria  esse  videbantur...  Si^num  Hugonis,  praesulis,, 
qui  hoc  fieri  jussit.  S.  Widonis  archidiaconi  atque  prae- 
positi^.  S.   Goffridi,    archiclavi.    S.   Rodulfi,  decani    atque 

secretarii,   caeterorum  canonicorum —    Acta    civitate 

Nevernis  publiée.  Odo,  praecemptor -^  atque  cancellarius, 
scripsit,  mense  decembri,  rejouante  Roberto  rege,  anno 
XXXIII. 


XXI 

1029  ou  1030. 

Extrait  du  sermon  relatif  à  la  symbolique  de  V architecture 
religieuse,  prononcé  par  Adémar  de  Chabannes,  le  jour 
commémoratif  de  la  dédicacede  la  basilique  du  Saint-Sau- 
veur, à  l'abbaye  de  Saint-Martial  de  Limoges;  mention  du 
baptistère  de  ladite  basilique. 

Ms.  ori(f.  des  sermonn  d'Acfémar',   Bibl.  nat.,  ms.  lat.  2469,  fol.  94  r"  et  s. 
(ms.  provenant  de  Fancienne  Bibliothèque  de  Saint-Martial). 

(Cf.  Gh.  de  Lastcyrie,  L'ahhai/e  de  Saini-Marlial  de  Limoges,  étude  his- 
torique et  archéologique,  1901,  p.  i'2'2,  pièce  justif.,  n°  V.) 


l'étude  du  chanoine  Sery,  Les  deux  absides  de  la  cathédrale  Saint-Cyr  et 
Sainte-Julille  de  A'^euers(lig.),  d'après  laquelle  l'évêque  reconstructeur,  Guil- 
laume de  Saint-Lazare,  aurait  inauguré  un  changement  d'orientation.  —  Eu 
sens  contraire,  voy.  l'art,  de  l'architecte  Rouvet  lih.,  p.  376)  :  Les  absides 
opposées  de  la  cathédrale.  Apres  cet  incendie  de  1211,  le  susdit  évêqueaioula 
une  grande  église  à  la  chapelle  de  Sainte-Julitte  et  au  transept  épargnes  par 
les  ilamnies.  Sur  le  plan  du  sanctuaire  à  deux  absides,  dans  la  région  de  l'Est, 
influencée  par  l'école  germanique  ou  lombarde,  vov.  Enlart,  Manuel  d'ar- 
c.héol.  fr.,  1. 1,  p.  220et427.  Gf.  Viollet-le-Duc,  Dicl.  de  Varch.fr. ,i.  I,p.  209. 
(Le  sol  de  l'abside  du  xi"  siècle  est  relevé  sur  une  crypte  ou  confession.) 

1.  Il  conviendrait  de  corriger  ainsi  ce  passage  :  esse  vellet,  au  lieu  d'essel 
velle  que  donne  le  texte  de  la  Gall.  christ. 

2.  De  même  que  le  chévecier  ou  trésorier  (secrelarius),  l'archidiacre  ou 
prévôt  (praepositus)  avait  une  part  directe  dans  l'administration  du 
temporel  de  1  église  cathédrale. 

3.  La  Gall.  christ,  présente  cette  forme  fautive,  au  lieu    de  praecentor. 

4.  Sur  Adémar  de  Chabannes,  voy.  Molinier,  »S'oH/ces  der/jtsf.,  t,  II,  p.3. 


[1029-1030]       DE  l'architecture  en  France  8i 

Ad  decorem*  et  misticum-  ecclesiae  sacramentum  perti- 
nere,  dilectissimi,  videtur,  quod  in  dedicandis  «^  manu  factis 
templis  a  pontificibus  agitur...  Primo  namque  pontifices 
in  ecclesiam  novam  '  simul  convenerunt,  tenentesque  sin- 
guli  in  manibus  pastorales  virgas,  ejecerunt  omnes  ab  eccle- 
sia  praeter  necessarios  ministres,  et  sic  (h)ostia  clauserunt 
propriis  manibus.  Ita  nimirum  ante  adventum  Salvatoris, 
patriarcliae  et  prophetae,  sacerdotes  et  reges,  ac  justi  sub 
lege  Moisi,  propter  futuram  novam  Ecclesiam  Christi,  curis, 
fig-uris  et  exemplis  salutiferis  quasi  vigilabant...  At  vero, 
ubi  jam  pontifices  hujus  templi  Lemovicensis  portas  clause- 
runt, illis  jubentibus,  XII  accendi  visa  sunt  luminaria,  ad 
instar  XII  Apostolorum,  itemque  alia  quat(t)uor  in  honore 
beatorum  Pauli  et  Marcialis  et  Marci  et  Lucae.  Est  enim  Pau- 
lus  magnum  lumen  Ecclesiae. . .  Deinceps  ad  locum,  ubipridie 
erant  collocatae  sanctorum  reliquiae,  episcopi  cum  ministris 
abeuntes...  ad  portam  ecclesiae  clausam  canendo  proces- 
serunt,  Terque  ecclesiam  cum  psalnio  circumeuntes  extrin- 
secus,trium  linguarum caractères  inparietibussculpere  cura- 
runt  ;  terque  ad  portam  ecclesiae  in  misterio  clamaverunt, 
dicentes  :  «  Tollite  portas,  principes,  vestras  et  elevamini, 
portae  aeternales,  et  introibit  Rex  gloriae.  »  Terque  interius 
illis  in  misterio  interrogando  clamatum  est  :  «  Quis  est  iste 
Rex  gloriae  ?  »  Et    semel  episcopis  dicentibus  :  «  Dominus 


1.  Cf.  le  texte  suivant  du  Psalmiste  (XXV,  8)  :  <<  Domine,  dilexi  deco- 
rem  domas  tuae  et  locum  hahitalionis  gloriae  luae  ».  Auxii"  siècle,  on  voit 
qu'à  propos  de  Ro^er  de  Salisbury  qui  reconstruisit  son  église  cathédrale 
avant  1139,  le  chroniqueur  dit  :  «  ipseque  non  lalso  possit  dicere  Deo  : 
«  Domine,  dilexi  decorem  domus  tuae  »  (Will.  Malmesber.,  De  geslis  reg. 
Angl.,  1.  V,  §408,  éd.  Stubbs,  t.  II,  p.  i8i).  Nos  documents  oITrent  d'autres 
exemples  d'allusion  directe  ou  indirecte  à  ce  texte  sacré,  ainsi  qu'on  le 
verra  par  la  suite  de  notre  Recueil. 

2.  Ce  document  du  xi'  siècle  est  intéressant  pour  l'histoire  de  la  symbo- 
lique religieuse:  cf.  Honoré, dit  d'Autun,  Durandde  Mende,  Huguede  Saint- 
Victor,  Spec.  de  mysler.  ecclesiae,  cap.  ii.  De  dedicatione  ecclesiae,  dans 
Migne,  t.  CLXXVII,  col.  338  et  s. 

3.  Sur  cette  dédicace,  voy.  Ch.  de  Lasteyrie,  op.  cit.,  p.  72  et  s. 

4.  Voy.  supra  les  textes  réunis  sous  le  n»  XV  :  Travaux  de  construction 
et  de  décoration  accomplis  à  V église  et  aux  bâtiments  claustraux  de 
Vabbaye  de  Saint-Martial  de  Limoges 


82  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOTRE  [1029-1 030 J 

virtutum  ipse  est  gloriae  »,  sic  ipsi  portas  ecclesiae  aperuere 
sub  impetu,  atque  in  ipso  introitu  domum  sig"no  crucis 
niunientes,  ter  pronuntiaveruntpacem,  dicentes  :  «  Pax  huic 
domui.  »  Iterum  in  ipsa  nova  ecclesia,  coram  altaribus  con- 
secrandis  data  laetania,  processerunt  ad  fontes  benedicen- 
dos  in baptismi  domus^..  Sane  ante  consecrationem  aqua- 
rum  non  absque  sacramento  fit,  quod  episcopi  scribunt 
pavimentum  ~  ecclesiae  ab  angulo  ad  angulum  ;  per  quatuor 
quippe  angulos  respersa  favilla  formatur  in  modum  litterae, 
quae  prima  nomen  Christi  format.  In  quo  ang-ulato  carac- 
tère imprimunt  episcopi  omnes  litteras,  quia  christianitas 
in  Christo  et  per  Ghristum  dilatata  est  per  quat(t)uor  partes 
orbis..  Interea  parietes  templi  intrinsecus  per  circuitum 
clirismate  signant  episcopi,  quia  per  Spiritum  Sanctum  in 
baptismo  totus  interior  homo  sanctifîcatur...  Porro  autem 
quemadmodum  jam  consecrata  altaria  sacris  ornata  sunt 
vestimentis,  necnon  et  velis-'  templi  parietes  vestiti  sunt  ... 
Post  consecratum  siquidem  oraculum...  sanctorumreliquiae 
introductae  et  in  altaribus  reconditae,  sicque  mi&teriorum 
sol(l)em(p)nia  facta  sunt 


1.  Mention  précieuse  d'un  ancien  baptistère  {baptismi  domus)en  France, 
au  XI"  siècle,  les  baptêmes  se  passant  d 'ordinaire  dans  l'intérieur  des  éjçlises. 
Sur  les  baptistères  romans,  voy.  Quicherat,  Mél.,  p.  496,  et  la  note  addition- 
nelle de  M.  R.  de  Lasteyrie  pour  le  baptistère  limousin  et  roman  de  Saint- 
Léonard  (  Haute- Vienne).  Ces  baptistères  on  t  souvent  la  forme  de  chapelle  cir- 
culaire. Cf.  Enlart,  op.  cit.,  t.  I,  p.  219 (au  sujet  de  Saint-Léonard);  voy.  infra 
les  textes  de  1079-1110  et  1105-1148  concernant  le  baptistère  de  la  cathédrale 
de  Rouen  et  les  gestes  des  évêques  d'Angoulême. 

2.  Sur  les  pavements  d'églises  à  l'époque  romane,  voy.  de  Gaumont,  Abé- 
céd.  d'arch.  (arch.  relig.),  p. 199-200,  et  Viollet-le-Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr., 
t.  "V,  art.  Dallage,  p.  10  (ci.  Quicherat,  Met.,  p.  379  et  s.,  avec  les  notes  de 
M.  R.  de  Lasteyrie). 

3.  Autre  exem})lc  à  joindre  à  ceux  que  les  textes  nous  offrent  sur  l'usage 
de  suspendre  des  tapis  et  tentures  dans  les  églises  :  voy.  plus  loin  les  sta- 
tuts de  Gluny  Coutumes  dites  de  Farfa).  Cf.  (riiibcrt  de  Xogent  ,  sur  l'in- 
cendie de  l'église  de  Laon  :  <<  Quae  ecclesia,  cum  pro  praescntisgloria  solem- 
nitatis  palliis  atque  tapelibus  nobilissime  foret  circumornata.  urgente  igné, 
pauca  ex  palliis  furto  abrepta  potius  quam  focis  tacta  creduntur  ;  tapetia 
autem  aliqua,  quia  facile  funes  a  trocleis  demitti  a  paucis  non  poterant, 
succubuere  caloribus  »  {Devita  sua,  éd.  Rourgin,  1.  III,  c.  ix,  p.  170). 


[Avant  1030]     de  l'architecture  en  frange  83 

XXII 

Avant  1030  et  H24-1153. 

Reconstruction  de  la  cathédrale  Saint-Maurice  d^ Angers-, 
fortement  atteinte  par  la  vétusté  et  par  les  suites  dun 
incendie,  rebâtie  par  les  soins  de  Vévêque  Hubert  de  Ven- 
dôme, et  dédiée  par  lui  le  16  août  1030.  —  Substitution 
aux  plafonds  de  bois  de  la  cathédrale,  par  les  soins  et  aux 
frais  de  Vévêque  Normand  de  Doué,  de  voûtes  domi- 
cales,  à  croisées  d'ogives,  remarquables  par  leur  effet 
architectonique .  —  Remplacement  des  fenêtres  de  bois 
par  des  vitraux,  dans  presque  toute  Vétendue  de  la  nef^ 
grâce  aux  libéralités  du  préchantre  Hugue  de  Sem- 
blançay. 


Begistres  mss.  du  Chapitre  dWnçfers  par  le  chanoine  Duménil,  xviii*  8., 
cop.  par  Davyau,  Bibliotlièque  d'Angers,  ms.  732  (n°  658  du  catalogue 
Leniarchand),    p.  5-7. 

In  ^  nomine  Dei  summi,  Hubertus  ^,  humilis  Andecaven- 
sium  episcopus,  satagente  mecum  carissimo  g-enitoremeo, 
Huberto,  vicecomite  Vindocinensium,  sed  et  religiosa  matre 
niea  [Emmajstudiosiusallaborare  ^  incipiente,  hanc  domum  ^ 


1.  Nous  sommes  redevables  à_  l'obligeance  de  notre  savant  confrère, 
M.  E.  Lelong,  chargé  de  cours  à  l'Ecole  des  Chartes,  de  la  communication  des 
précieux  documents  que  nous  publions  ici  en  grande  partie  pour  la  première 
fois. 

2.  Hubert  occupa  le  siège  épiscopal  de  1010  environ  à  1047  ou  1048. 
L'original  de  la  charte  d'Hubert  n'existe  plus  ;  il  en  est  de  même  du  Cartu- 
laire  noir  du  Chapitre  qui  contenait  ladite  charte  sous  le  n°  21. 

3.  Travailler  en  sus,  avec  eflbrt  (terme  classique  rare). 

4.  Sur  la  cathédrale  d'Angers,  voy.  G.  d'Espinay,  dans  le  Congrèa 
archéologique  de  France,  XXXVIII"  session,  Angers,  1871,  p.  24.  —  L.  de 
Farcy  :  Construction  de  la  cathédrale  d'Angers,  dans  le  Congrès  archéolo- 
logique  de  France,  XXXVHI'  session,  p. 254.  —  G.  d'Espinay  :  Notices 
archéologiques,  1"  série,  p.  92.  —  Célestin  Port,  Dictionnaire  historique 
de  Maine-et-Loire,  l.  I,  p.  52. —  Gallia  christiana,  t.  XIV,  éd.  Hauréau,  col. 


84  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire    [Avant  1030] 

sanctamDei  beatique  Mauricii,  sedein  videlicet  episcopalem, 
indecenti  prius  ac  periculosa  infîrmitate  per  vetustatem  vel 
prisco  incendi[o]  [nu]tabundamab  ipsis  funda mentis  '  reno- 
vare,  atque  in  antiquum  soliditatis  sive  pulchritudinis  sta- 
tum,  juxta  vires  potentiae  meae,  reparare  adorsus.  Ego  qui- 
dem,  quanquam  peccator  (et)  indignus,  secundum  inestima- 
bilem  tamen  divinae  misera tionis  bonitatem,  effectumpartim 
assecutus,  atque  ad  desideratum  dedicationis  illius  dieminco- 
lumis  demum  perductus  sum.  Quapropter,  divinis  er^a  me 
benefîciis  non  ingratus,  sed  ubique  obnoxius  die  presenti, 
qui  est  XVII  kal.  septembris,  anno  ab  Incarnatione  Domi- 
ni  nostri  Jesu  GhristiMXXX,  ordinationis  autemmeae  XX^, 
hujus  sacri  templi  consecrationem  secundum  Romanae 
ecclesiae  institutiones  solemniter  celebrans,  istam  ipsam 
casam  Dei  aliquo  largitionis  munere,  consueto  more  fîde- 
lium,  dotare  debeo  ;  quod  quidem  et  facio,  non  tamen  decen- 
ter  suffîciens  ad  donorum  amplitudinem,  voluntarie  tamen 

conscientie  afferens  hilaritatem 

Actum  XVII  kal.  sept.,  in  civitate  Andecava,  régnante 
Roberto  rege,  in  Deinomine  féliciter,  amen. 


Ohituaire  de  Saint-Maurice  d'Angers,  extr.  dans  les  Chroniques  des 
églises  d'Anjou,  éd.  Marchegay  et  Mabille  {Snc.  hist.  de  Fr.),  1869, 
p  192,  n.  1.  —  Cf.  Lehoreau,  Cérémonial  de  l'Eglise  d'Angers,  t.  I" 
(1724),  p.  569  (ms.  de  la  Bibliothèque  de    Tévêché  d'Angers). 

((  MCLIII,    IV"  nonas  maii,   obiit  bonae   memoriae   Nor- 


543,  569  et  570.  —  Cf.  Farcy  (L.  de).  Les  fouilles  de  la  cathédrale  d'Angers, 
Bull,  monum.,  t.  LXVI  (1902),  p.  488-498,  elRev.de  l'art  chrétien, 'l90S, 
4*  sér.,  XIV,  p.  5  et  s..  Monographie  de  la  cathédrale  d'Angers,  Mém.  de 
l'Académie  d'Angers,  b"  sér.,  t.  I  (^1899),  p.  28  et  s.,  et  1901  (en  cours). 

1.  L'expression  abipsis  fundamentis  s'appliquerait  à  la  triple  nef,  aussi 
longue  que  celle  daujourdhui  (44"  environ)  dont  la  façade  serait  sur  le 
même  emplacement,  avec  conservation  de  certaines  anciennes  piles.  L'ab- 
side principale  et  une  absidiole  bâties  en  petit  appareil  seraient  aussi  l'œuvre 
d'Hubert  de  Vendôme  (Farcy,  ihid.,  p.  6  et  fig.).  —  Le  5  des  calendes 
d'octobre  1032,  d'après  Chronic.  Sancti  Maxentii  Pictavensis,  il  y  eut  un 
terrible  incendie  à  Angers  :  «  nihil...  intra  murosurbis  incombustum  reman- 
sit  nec  ipsa  mater  ecclesia,  scilicet  episcopalis  «  [Chroniq.  des  égl.  d'Anjou^ 
éd.  Marchegay,  p.  391). 

2.  Cf.  Cartul.,  19  9''"  1478. 


[1150-1153]  DE    l'architecture    en    FRANCE  85 

mandus  de  Doë  ^,  episcopus  noster,  qui,  de  navi  ecclesie 
nostre  trabibus  2  pre  vetustate  ruinam  minantibus  ablatis, 
voluturas  lapideas'^  miro  effectua  edificare  cepit  ;  in  quo opère 
VHP  libras  de  suo  expendit...    .    » 


Lehoreau,  op.   cit.,  p.  570. 

Quinto  idus  martii,  anno..  obiit  Hugo  de  Semblanciaco, 
praecentor  ecclesiae  Andegavensis,  qui  moriens  legavit 
singulis  canonicis  dictae  ecclesiae  quadraginta  solidos  ; 
dédit  eliam  dictae  Ecclesiae.. .  et  calicem  aureum,  et  patenam 
auream,  quae  deerat  calici  Ulgerii  ^  episcopi  bonae  memo- 
riae;  deditetiam...  duos  urceolosargenleos  duarum  marcha- 
rum  ; universas  etiam  fenestras  <»  navis  ecclesiae,  cum  ligneae 
essent,  fecit  vitreas,  tribus  exceptis  ',  etc. 

1.  Normand  de  Doué  occupa  le  siège  d'Angers  du  6  mars  1150  au 
27  avril  1153.  Il  ne  put  que  commencer  ce  grand  travail. 

2.  Nouvel  exemple  de  la  substitution  de  voûtes  de  pierre  aux  plafonds 
de  bois.  Il  ny  a  plus  lieu  de  tenir  compte  du  passage  de  V Architecture 
byzantine  où  Félix  de  Verneilh  a  parlé  «  du  silence  des  chroniques  »  en  ce 
qui  concerne  la  date  de  cette  partie  du  monument. 

3.  «  Au  milieu  du  xii«  siècle. . .  le  style  Plantagcnêt  est  définitivement 
constitué.  La  croisée  d'ogives  a  imposé  à  la  coupole  son  mode  d'appareil. 
Les  assises  horizontales  sont  remplacées  par  des  assises  parallèles  à  l'axe 
des  berceaux,  autrement  dit  perpendiculaires  aux  arcs  d'encadrement.  La 
forme  bombée,  domicale,  rappelle  seule  l'élément  byzantin. ..»  J.  Bei'- 
thelé  s'exprime  ainsi  dans  son  étude  sur  V Architecture  Plantuyenët  :  voj'.  ses 
Recherches  pour  servir  à  V  histoire  des  arts  en  Poitou,  p.  125,  elCongr.  archéol. 
deFr,,  LXX«  session  (1903),  p.  24  5  et  suiv.  Cf.  la  pi.  ihid.  (cathédrale  d'An- 
gers, voûtes  de  la  nef),  et  Enlart,  Man.  d'archèol.  fr.,  t.  I,  fig..  p.  407  . 

4.  L'expression  miro  efj'ectu  n'est  donc  pas  exagérée,  d'après  ce  que 
nous  venons  de  dire  ;  ajoutons  même  que,  dans  les  voûtes  de  la  cathédrale 
d'Angers,  le  bandeau  entre  les  tores  est  décoré  d'ornements  ;  structure  et 
ornementation  à  la  fois  justifient  les  termes  de  la  chronique. 

5.  Ulger  fut  évêque  de  1124  au  17  octobre  1149. 

6.  «  Toutes  les  fenestres  de  ladite  nef  n'estoient  que  de  bois,  comme  on 
peut  voir  par  ce  qui  est  dit  dans  la  calende  de  cette  église  d'Angers,  où  il 
est  parlé  de  plusieurs  autres  présens  considérables  que  ledit  Hugues  de 
Semblançay  fit  à  cette  église.  »  {Cérémonial,  p.  570). . .  «  Comme  on  ne  sçait 
l'année  du  décès  de  ce  bienfaiteur,  on  croit,  selon  le  Cartulaire  de  cette 
église,  qu'il  vivoit  du  temps  des  évoques  Ulger  et  Normand  de  Doué.  » 
(ïbid.).  Ajoutons  que  ce  dignitaire  du  Chapitre  d'Angers  figure  comme 
témoin  dans  des  chartes  de  ces  deux  évéques. 

7.  Encore  aujourd'hui,  dans  les  églises  neuves,  en  attendant  qu'on  ait 
réuni  les  ressources  nécessaires  pour  avoir  des  vitraux,  on  fait  souvent 
des  clôtures  provisoires  en  planches. 


86  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1030-1070] 

XXIII 

1030-1070. 

Reconstruction  de  la  cathédrale  de  Vienne,  par  les  soins 
de  l'archevêque  Léger,  aidé  des  ressources  des  paroissiens 
de  ladite  église;  ornementation  du  sanctuaire  ;  tombeau 
archiépiscopal  en  marbre.  —  Réfection  et  embellis- 
sement de  maisons  du  cloître  de  la  cathédrale  de   Vienne. 


Necrolo gium    vêtus    Ecclesie    Viennensis  *,     dans    la   Gallia  chrisliana 
t.  XVI  (1865),    col.  69.    —   Cf.  Lelièvre,    Antiquités   de  Vienne,  p.  215 

Pridie  idus  julii. —  Gommemoratio  domni  Leodegarii^, 
archiepiscopi  Viennensis,  qui  sua  industria  ecclesiani 
majorem  a  fundamentis  construxit,  cum  parochianorum 
suoruin  adjutorio-^  ;  cujus  presbyterium  lapidibus  pretio- 
sissimis  ''  adoriiavit 


Liber   episcopalis   Viennensis    Ecclesiae   {Le    livre  épiscopal    de    Léger), 
dans  les  Fastes  épiscopanx  deVancienne  Gaule,  par  l'abbé  L.  Duchesne, 

t.  I  (189  5),  p.  205. 

II  id.  junii.  —  Gommemoratio  piae  recordationis  domni 
Leudegarii,  Viennensis  Ecclesiae  archipraesulis,  consangui- 


1.  Sur  les  nécrologes  de  l'Eglise  de  Vienne,  voy.  A.  Molinier,  Les  Obi- 
tuaires  français  au  moyen  âge  (1890^,  p.  281,  n°  640.  Le  recueil  intitulé 
Hagiologium  Viennense  a  été  publie  d'après  une  copie  de  dom  Estiennot 
(Bibl.  Nat.,  lat.  12768,  p.  126  et  s.),  par  U.  Chevalier,  Doc.  inéd.  relatifs 
au  Dauphiné,  II,  dans  l'ordre  du  calendrier,  et  dans  l'ordre  chronologique 
sous  le  titre  de  Liber  episcopalis...  (voir  ci-dessus). 

2.  Sur  cet  archevêque,  voy.  B.  Hauréau,  dans  la  Gall.  christ. ,iom.W'l, 
col.  64-69. 

3.  ce.  infra  le  texte  relatif  à  la  cathédrale  de  Maguelone. 

4.  Sur  la  décoration  des  églises  romanes  à  l'aide  d'incrustations  ou  mar- 
queteries, d'un  usage  très  fréquent  dans  la  Haute-Italie  aux  \i'  et 
XII'  siècles,  et  dont  on  trouve  des  exemples  en  France  à  cette  époque, 
voy.  A.  de  Cauniont,  Abéc.  d'archéol.,  archit.  relig.,  5*  éd.,  p.  144  et  s.  ; 
pour  les  chevets,  p.  179  fct  s. 


[1030-1163]       DE  l'architecture  en  frange  87 

nitatis  linea  Henrico,  Gallorum  régi,  conjuncti,  qui  obiit 
circa^  annum  Domini  MXL,  et  jacet  in  ecclesia  Sancti 
Petri,  ante  fores  ecclesiae,  in  mausolaeo  marmoreo.  Gujus 
temporibus  Herardus,  famosissimus  monachus  Sancti  Petri 
Viennae,  xenodochium  urbis  Viennensis  amplissime  locu- 
pletavit. 


Cartul.   Delphinorum   Viennensium    (Bibl.  nat.,  5214,  fol.    217).    —  Cf. 
Gall.  christ.,  t.  XVI,  Instr.,  col.  23. 

[Vers  1 050 .  ]  —  Sanctae  matris  Ecclesiae  Viennensis  archie- 
piscopus,  Leudegarius...  notum  esse  volumus  quod  qui- 
dam vir  fîdelis,  Ato  nomine,  medicus  disciplina,  adiit 
praesentiam  nostram,  rogans  ut  sibi  in  claustro  darentur 
domunculae,  in  quibus  auri  textrices^  habitare  fecimus. 
Gui  cum  dedissemus  quod  petierat,  multo  melius  multoque 
decentius  eas  venustavit  atque  construxit.r...  Data 
Viennae. 

XXIV 

Vers  1030  —  vers  1163  à  1190. 

Constructions  religieuses,  civiles  et  militaires,  entreprises 
par  les  soins  des  évêques  de  Maguelone  ;  contributions  et 
offrandes  pour  la  réédification  de  la  cathédrale  de  cette 
ville  ;  travaux  d'art  exécutés  à  l'entrée  du  port  de  Mague- 
lone: 


Arnaud  de  Verdale,  Catalogus  episcoporum  Magalonensium^^  éd.  par 
A.  Germain,  dans  les  Mém.  de  la  Soc.  archéologique  de  Montpellier, 
t.  VII  ^18811.  p.  502,  508-510,  526,  528  et  538. 


1.  «  Indication  fausse.  L'épiscopat  de  Léger  doit  avoir  commencé  peu 
après  le  2  octobre  1030  (Gall.  christ.,  t.  XVI,  Instr.,  col.  22);  il  se  ter- 
mina le  12  juin  1070  »  (note  de  M.  l'abbé  Duchesne,  Fastes...,  t.  I,  p.  205). 

2.  Ce  passage  concernant  l'installation  d'ateliers  de  femmes  pour  les  tra- 
vaux de  tissage  mérite  de  ne  pas  rester  inaperçu. 

3.  Cf.  A.  Germain,  Maguelone  sous  ses  évéqueset  ses  chanoines,  Montpel- 


88  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIHE  [1030-1163] 

...Demum  Deus  de  celo  hanc  miserabilem  ruinam 
dicte  ecclesie  ^  prospiciens...  ut  annunciarent  in  Sion 
nomen  Domini  et  laudem  ejvis  in  Jérusalem,  quia  placue- 
runt  sibi  lapides  ejus,  dixit  illud  verbum  quod  legitur 
l*'  Be(fum,  2°  capite  :  «  Suscitabo,  inquit,  mihi  sacerdotem 
fidelem,  qui  juxta  cor  meuni  et  animam  meam  faciet,  et 
edificabo  ei  domum  fidelem,  etc.  » 

[Vers  1030 — vers  1060.]  —  Sacerdos  enim  iste  fuit  domi- 
nus  Arnaldus^,  bone  memorie,  primus  hujus  nominis,  de  quo 
nunc  agitur,  Mag-alonensis  episcopus,  qui  miserabilem  sta- 
tum  et  ruinas  hujus  modi,  quasi  in  desertum  positas,  res- 
piciens,  et  se  ad  sublevandas  nécessitâtes  ipsas  impotentem 
attendens,  cum  sibi  opes  ad  sumptus  tanti  operis  non  ades- 
sent,  presertim  quod  possessiones  et  jura  episcopalia  erant 
per  nobiles  et  alios  occupata,  ad  reparationem  hujusmodi 
manus  suas  subito  apponere  non  est  ausus,  sed  suum  cogita- 
tum  jactans  in  Domino,  non  absque  anxietate  et  paupertate 
nimia,   ad  sanctissimum  dominum  Johannem  papam   XX-^ 

direxit    ocius et    ei    statuni    miserabilem    sue    ecclesie 

explicavit 

...Addiderunt  ^  etiani  ut  quicumque  homo,  cujuscum- 
que  provincie,  ad  solemnitatem  dedicationis  hujus  ecclesie, 
que  per  singulos  annos  celebratur,  advenerit,  et  de  justo 
labore  suo  aut    hereditate  oblationem  summo  Deo  fecerit. 


lier,  1869,  p.  357  cl  s.,  dans  les  Publications  de  la  Soc.  archéol..  de 
ceUc  ville,  n°  XXXII,  et  F.  Fabrègc,  Histoire  de  Maçiuetnne,  t.  I  (180  4), 
ch.  IV,  p.  101  et  s.  Voy.  aussi  J.  Berthelé,  La  vieille  Chronique  de 
jWaf/ueione,  n.  éd.  ;  Montpellier  (1908). — Maguelone  est  au jourd'hui  c.  de 
Villeneuve-lès-Maguelone,  cant.  de  Frontignan,  arr.  de  Montpellier. 

1.  Sur  la  cathédrale  de  Maguelone,  voy.  Hevoil,  Architecture  romane 
du  Midi  de  la  France,  t.  I,  p.  39  et  s.  (pi.  XLIV  h  XLVII)  :  cf.  R.  de  Las- 
teyrie.  Études  sur  la  sculpture  franc,  au  moyen  .if/e,  p.  76-78.  —  Pour  les 
fondations  et  reconstructions  d'églises  languedociennes  et  provençales, 
avec  dates  et  mentions  de  consécration,  voy.  H.  Labande,  Etudes  d'hi.i- 
toireet  d'archéologie  romane,  Provence  et  Bas- Languedoc,  i.  I  (1902),  p.  18. 

2.  Sur  cet  évéque,  voy.  Fabrège,  Hist.  de  Maguelone,  t.  I  (1894),  p.  105 
et  suiv.  Cf.  le  tc.\te  critique  de  J.  Berthelé,  p.  130  et  suiv. 

3  La  lettre  du  pape  Jean  X.X,  que  Renouvier  (Maguelone,  p.  14)  date  de 
1038,  est  de  1028  au  plus  tôt  et  de  1033  au  plus  tard  (Germain,  Mague- 
lone, p.  8,  not.   3). 

4.  Arnaud  de  Verdale,  éd.  cit.,  p.  508. 


[1030-1163]       DE  l'architecture  en  France  89 

et  peccata  sua,  eo  die  vel  infra  octo  dies,  confessus  fuerit, 
si  infra  terminum  illius  anni  mortuus  fuerit,  apostolicam 
absolutionem  et  episcopalem  habeat,  et  remissionem  pecca- 
toruin  et  vitam  eternam  accipiat.  Super  hoc  fîrmaverunt 
hec  que  ipsa  ecclesia  habeat  leg-itime,  ut,  si  quis  penitens 
ad  ipsam  ecclesiam  venerit  et  abstinendi  al)  ecclesie 
introitu  in  primis  preceptum  habuerit,  ipsam  ecclesiam 
licenter  introeat,  pacis  osculum  libère  accipiat,  et  si  qua 
sint  similia,  preterquam  sanctam  eucharistiam,  quam 
minime  accipiat. 

Quibus  peractis,  idem  béate  memorie  Arnaldus  epis- 
copus,  ponens  manus  ad  fortia,  gradum  ^  prefatum  lapi- 
dibus  et  lignis  ante  omnia  claudere  et  obstruere  festinavit. 
Deinde,  anxietate  nimia  pressus,  ut  tam  ingredientibus 
quam  egredientibus  ad  dictam  insulam-,  ad  quam  nullum 
nisi  navale  iter  esse  poterat,  liber  pateret  accessus,  juxta 
verbum  propheticum,  suum  jactans  in  Domino  cogitatum, 
tam  prece  quam  pretio  rates  conduxit,  et  artifices  colloch- 
vit,  ac  per  stagni  latitudinem  pontis"'  stravit  longitudinem, 
ad  utilitalem  hominum  perpetuo  permansuram,  et  sui 
nominis  memoriam  perenniter  duraturam. 

Subsequenter  parochianos  suos  convocavit,  eosdemque 
ad  elemosynas^  largiendas,  pro  reedilicatione  dicte  ecclesie 
facienda  piis  monitis  inducere  non  obmisit  :  adeo  quod 
multi  ejus  admonitione  mansos,  terras,  prata,  vineas, 
census,  alodia,  pecunias  et  alia  bona  sua,  pro  redemptione 
suorum    peccaminum,    eidem      ecclesie    contulerunt  ;    ex 


1 .  Arnaud  fit  obstruer  avec  de  fi^ros  blocs  de  pierre  et  de  charpente  l'en- 
trée de  lancien  ji^rau  qui  conduisait  de  la  mer  au  pont  sarrasin,  et  il  en  fit 
creuser  un  nouveau,  plus  éloigné  vers  l'est.  Ainsi  refait,  le  port  allait  deve- 
nir le  principal  de  cette  réj^ion  sur  la  Méditerranée.  Cf.  E.  Thomas,  Dict. 
lopogr.  de  l'Hérault,  p.  102-10.1. 

2.  Petite  île  dans  l'étanfî  de  Thau,  à  6  kil.  Sud  de  Montpellier.  La  transla- 
tion de  l'évéché  dans  l'île  eut  lieu  vers  1037,  l'église  ancienne  ayant  été  renou- 
velée. La  dédicace  se  célébra  au  printemps  de  105  i. 

3.  Jetée  entrecoupée  de  petits  pouls  pour  n'intei-cepter  ni  le  passage  des 
eaux,  ni  la  navigation  de  l'étang. 

4.  Nos  textes  offrent  des  exemples  variés  de  la  participation  des  fidèles  à 
l'édification  d'églises  cathédrales  ou  paroissiales.  (X  siipra  pour  le  Midi 
le  texte  relatif  h  la  cathédrale  de  Vienne  (n"  XXIH). 


90  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRR  [i  030-1 163] 

quibus  eleemosynis  et  aliis  bonis  suis  ecclesiam  Magalo- 
nensem,  turres,  muros  et  omnes  officinas  necessarias,  et 
fortalitia  alia  que  usque  nunc  patent  cuilibet  intuenti,  edi- 
ficari  solemniter  fecit. 


[HlO-1133.]  —  Galterius  ^  successit  Gothofredo,  anno 
MGX«...  Obiit  anno  MCXXXIIP,  VHP  idus  decembris2... 
Gaput  ecclesie  Magalonensis  ruinosum  fulcivit.  Turrim 
Sancti  Sepulchri,  cellarium,  refectorium  et  dormitorium ''  a 

fundamentis   fecit ornamenta  pretiosa  eidem    ecclesie 

contulit 

[1133-1166.1  —  Raymundus  ^*  primus  successit  Galterio, 
anno  MGXXXIIl...  Obiit  anno  MGLXVI,  II»  cal.  januarii. 
Hic,  dum  vîxit...  ecclesiam  Magalonensem  multis  modis  am- 
pliavit  5.  Capitulum  Magalonense  a  fundamentis  construxit  ; 
cisternam  ^  etiam  fecit,  et  turrim  Sancti  Sepulchri  a  mûris 
superius  consummavit,  et  turrim  Sancte  Marie  similiter  a 
mûris  superexaltavit,  et  turrim  Coquine  a  fundamentis  edifi- 
cavit.  Altare  sancti  Pétri,  et  cathedram"  episcopalem,  rétro 


1.  P.  526.  —  La  Gallia  chrisliania  (t.  VI,  col.  744  et  745)  conteste  la  date 
de  la  succession  de  Gautier  à  Godefiid  et  lui  substitue  1103  ou  1104. 

2.  Sur  cette  date  contestable  aussi,  voy.  Gall.  christ.,  t.  VI,  col.  744  et  747; 
cf.  pour  cet  extrait  l'ancienne  chronique  de  Maj^uelone,  précédemment  édi- 
tée par  Germain,  dans  le  susdit  mémoire  de  la  Société  archéologique  de 
Montpellier.  Voy.  aussi  Berthelé,  éd.  cit,,  p.  138  et  suiv. 

3.  <<  Un  réfectoire  et  un  dortoir  devaient  être  bâtis  dans  l'enceinte  des 
cloîtres  des  églises  cathédrales.  »  (Viollet-le-Duc,  Dict.  de  Varch.  fr.,  t.  III, 
p.  409,  V  Cloître).  Dès  le  ix*  siècle,  les  synodes  s'étaient  occupés  de  la 
clôture  des  habitations  de  chanoines  des  églises  cathédrales. 

4.  P.  528.  —  Les  dates  de  l'épiscopat  de  Raymond  1"  sont  inexactes  ici. 
Dès  1 129,  il  était  évêque,  et  son  successeur,  Jean  de  Montlaur,  était  en  fonc- 
tions dès  1158,  ce  qui  réduit  à  vingt-neuf  ans  les  trenle-trois  ans  assignés 
par  Arnaud  de  Verdaleà  la  durée  de  l'épiscopat  de  Raymond  I"%  ainsi  que 
M.  Germain  l'a  montré. 

5.  C'est  sous  son  épiscopat  que  paraît  avoir  été  élevé  le  transept  de  la 
cathédrale,  lequel  est  voûté  d'ogives  (Voy.  Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,  t.  I, 
p.  442,  not.  1). 

6.  Les  statuts  de  Maguelone  (1331),  De  preposilo,  art.  XXXIII,  men- 
tionnent ceci  :  «  Item  tenetur  prepositus  tenere  munde  et  pulcre  puteum 
et  cistei-nam,  et  etiam  continue  co(h)opertam  tenere.  » 

7.  Sur  les  sièges  épiscopaux,  derrière  l'autel,  et  tenant  ainsi  à  la  dispo- 
sition architectoniquedu  sanctuaire,  voy  Viollet-le-Duc,  Dul.de  l'nrch.fr., 
t.  II,  p.  414,  et  fig.,  art.  Chaire;  cf.  pour  le  Midi,  l'exemple  d'Avignon. 


[H  63-1 190]  DE    l'architecture    E.\    FRANCE  91 

ipsuni,  ac  lavatorium  ^  claustri  superioris  similiter  fecit,  et 
cortinale,  ac  portalia,  et  murum  ~  quo  clauditur  cimeterium 
laïcorum,  domum  molendini,  et  in  qua  reconduntur  lecti 
lignei,  domum    conversorum,  domum    in  qua    recipiuntur 

equi,  juxta  pontem diversis  pretiosis  ornamenlis  eccle- 

siam  Magalonensem  ditavit 

Anno  MGLXIII  •',  III  idus  aprilis,  que  fuit  IIII  feria 
post  Pascha,  Alexander  papa  III "^  appulit  Magalonam, 
et  stetit  ibi  tribus  diebus,  et  sexta  feria  dedicavit  majus 
altare  in  ecclesia  Magalone,  in  honorem  apostolorum  Pétri 
et  Pauli 


Chronicon   Magalonense  velus,  dans  VHisloire  gén.  de  Languedoc,  nour. 
éd.,  t.  V'  (1875),  col.  59. 

Adhuc,  cum  dominus  Johannes  ^  factus  esset  episcopus, 
videns  ecclesiam  ruinam  minari,  cum  parochianis  suis 
super  ejus  reedif(f)icatione  locutus  est.  Etoperi  ecclesie  tri- 
ginta  milia  solidorum  sua,  diligenti  provisione  et  cura, 
offerri  ad  hec  usque  tempora  fecit,  et  de  suo  proprio  XXVIII 
modios  grani  et  vini  dédit  ;  et  ex  his  ecclesia  vêtus  demo- 
lita  est  et  nova  ex  majori  parte  constructa. 


1.  Sur  les  lavabos  de  cloîtres,  voy.  Viollet-le-Duc,  op.  cit.,  t.  VI,  p.  531,  v" 
Lavabo,  p.  170  (et  fig.);  Annales  archéologiques,  t.  XIX,  p.  162,  t.  XXV, 
p.    271. 

2.  Les  mentions  de  ce  genre  sont  peu  fréquentes. 

3.  P.  538.  —  A  rectifier  en  1162,  cf.  Gallia  christiana,  t.  VI,  col.  753  ;  Jaffé, 
Reg.  pont,  rom.,  t.  II,  p.  156. 

4.  Jean  II  de  Montlaur,  évéque  de  Maguelone  de  1139  à  1190.  —  C'est 
sous  son  épiscopat  qu'a  été  construite  et  décorée  la  belle  porte  de  cette 
cathédrale  avec  son  magnifique  linteau  à  rinceaux  cjui  subsiste  encore. Une 
inscription  qui  suit  le  bord  de  ce  linteau  nous  apprend  qu'il  a  été  sculpté  en 
1178.  Dans  ses  Études  sur  la  sculpture  franc,  au  moy.  âge  (p.  76-78),  M.  R. 
de  Lasteyrie  a  montré  la  grande  analogie  d'ornementation  qui  existe  entre 
ce  linteau  et  celui  de  la  porte  de  Saint-Trophime  ;  ce  dernier,  et  le  portail 
avec  lequel  il  fait  corps,  aurait  donc  été,  selon  beaucoup  de  vraisemblance, 
exécuté  vers  la  même  époque  !,Voy.  ibid.,  fig.  20  :  porte  de  la  cathédrale 
de  Maguelone). 


92  TEXTES    RELATIFS  A    l'hTSTOIRE  [1030-1206] 

XXV 

Vers  1030-1206. 

Travaux  de  construction  et  de  décoration  accomplis  à  la 
cathédrale  et  au  palais  épiscopal  d^Auxerre,  au  château  de 
Noyers,  et  dans  les  églises  et  résidences  épiscopales  de 
VAuxerrois,  par  les  soins  des  évêques  d'Auxerre,  et 
notamment  de  Hugue  de  Noyers.  —  Végèce  utilisé  par 
ce  prélat  pour  la  construction  de  ses  châteaux- forts. 

Gesta  pontificum  Auiissiodorensivm,  ms.  142  (129)  de  la  Bibliothèque  de 
la  ville  d'Auxerre  \  fol.  81  et  s.  Voy.  Catalogue  général  des  mss.  des 
Bibliothèques  publiques  de  France,  t.  VI  (1887),  p.  58. 

^Cf.  Gesla  pontificum  Autissiodorens.  2,  dansla Bibliothèque  historique 
de  V  Yonne...,  par  Duru  (1850),  t.  I,  p.  388  et  s.  —  Labbe,  Nova  biblio- 
iheca    manuscr.,    t.  I   (1657),  p.  450  et  s.,  c.  49,  51,  53,  55  et  58.) 

[999-1039.] —  Hugonis^  Gabilonensis  in  tempore,  civitas 
Autissiodorum  exi[t]ialiter  igné  cremata  est^...  tune  prin- 
cipalis  ecclesia  prot(h)omartyris  Stephani  funditus  corruit, 
quam  protinus  idem  presul  cepit  majore  ambitu  ac  crypla- 
rum^curvaturis,  quadris  lapidibus,  certatimreedifîcare:  nam 

1.  Nous  avons  revu  avec  soin  le  texte  des  Gesla  sur  le  ms.  de  la  Biblio- 
thèque d'Auxerre,  et  nous  avons  pu  introduire  dans  le  texte  de  cette 
chronique,  publié  par  I.abbe,  beaucoup  d'utiles  et  intéressantes  recti- 
fications. Nous  adressons  tous  nos  remerciements  à  notre  confrère 
M.  Porée,  archiviste  de  l'Yonne,  qui  a  bien  voulu  nous  aider  dans  nos 
vérifications. 

La  1'"  partie  du  ms.  s'arrête  au  pontificat  de  l'évèque  Alain  «  de  Bipato- 
rio  ».  mortenll67  (f.  lllvi.Une  partie  de  la  suite  jusqu'à  Héribert  11, mort 
en  1052,  est  d'un  auteur  inconnu  ;  la  vie  des  deux  évêques  suivants,  jusqu'à 
l'année  1083,  serait  de  larchiprêtre  Frodon  :  on  ne  connaît  pas  sûrement 
les  auteurs  des  autres  biographies  (xii"  siècle).  C'est  sous  le  titre  cVIJistoria 
episcoporurn  Aatissiodorensium  (et  non  Ges<,'i)  que  Labbe  (éd.  et  t.  cit.)  a 
publié  les  actes  des  évêques  d'Auxerre. 

2.  Cf.  sur  les  anciens  évêques  d'Auxerre,  l'abbé  Lebeuf,  Mém.  concer- 
nant... Auxerre  et. . .  son  ancien  diocèse,  éd.  Challe  et  Quantin,  t.  I,  1848, 

3.  Fol.    81   du  ms.  d'Auxerre. 

4.  On  lit  dans  l'édition  de  Labbe  (t.  I,  j).  4  16)  que.  sous  l'épiscopat  de 
Gui,  entre  les  années  933  et  961,  la  cathédrale  fut  détruite  de  fond  en  comble 
par  un  incendie  :  «  funditus  eruta  ».  Le  lanjïage  des  chroniqueurs  a  cer- 
tainement exaj,'éré   parfois   les    ellets  de  ce  }j:cnre  de  catastrophe. 

5.  Ce  passa{!^e  semble  bien  s'appliquer  à  la  crypte  d'Auxerre,  que  VioUet- 
le-Duc  «  suppose  construite  du  ix"  au  x"  siècle  ».  I>e  martyrium  y  est  une 
véritable  nef  entourée  de  has-cùién  [Dict.  de  l'arch.  fr.,  t.  IV,  art.  Crypte, 
p.  451,  et  fi{^.  4).  Voy.  Lebeuf,  op.  cit.,  t.  I,  p.  255. 


[1030-1206]       DE  l'architecture  en  France  93 

prius  delicatiore  maceria  •  constiterat  minimisque  lapillis  ~  : 
jam  vero,  altius  opère  ecclesie  edito,  rursus  civitas  rein- 
censa  est;  sed  novum  ecclesie  opus  mansit  incolume.... 
Apud  castrum  Varziacum^*,  ...  Sancte  Eugénie  eccle- 
siam  ....  restauravit  ...  :  nam  parietes  dealbari  faciens, 
vitreis  et  laquearibus  ^  honestavit. 

[1052-1076.]  —  Goffri(i)dus  ...  episcopus,  filius  Ilugonis, 
Nivernensis  vicecomitis,  fuitde  castello,  cui  vocabulum  est 
Campus  AUemanus  '.  .  .  ecclesiam.  .  .  consumptam  in  subito 
tempore .  .  .  trabibus  et  tegulis  ipsemet  assidua  sollicitudine 
vel  cura  carpentarios  aut  famulos  suos,  seu  ceteros  colla- 
borantes satagens  restauravit;  quinque  vero  fenestras,  que 
sunt  in  supremi  cancelli  fornice,  quinque  de  domo  sua 
clientibus,  ut  quisque  suam  vitrearet,  distribuit  ;  sextam 
quoque  majorem  cunctarumque  precipuani,  altare  Sancti 
Alexandri  clarificantem,  ut  suus  capellanus  faceret  exora- 
vit.  Neque  de  corona^  mûri  claudentis  altare  sanctorumque 

praesulum   pictas  habentis  effigies,    silere  justum  est 

Elegit  etiam,  cum  laude  et  cum  gratiarum  capituli  sui 
actione,  quosdam,  quos  gratis canonicos.  .  .  constituit,  auri- 
fabrum  mirabilem,  pictorem  doctum,  vitrearium  sagacem, 
alios  necnoH,  qui  singuli,  prout  cuique  erat  facultas,  in 
ofFicio  suo  deservirent  ^.  . . 


1.  Quicherat,  qui  s'est  servi  du  texte  de  Labbe,  lequel  donne  materia  au 
lieu  de  maceria.  traduit  ainsi  {Mél.  d'archéoL,  p.  119)  :  matériaux  moins 
résistants,  «  si  tant  est  que  maleria  ne  soit  pas  employé  ici  dans  le  sens 
de  bois  de  charpente  qui  est  son  sens  propre.  »  Nous  préférons  laissera 
ce  mot  le  sens  de  matériaux  de  maçonnerie  ou  petits  moellons  :  cf.  les  pas- 
sages qui  suivent  dans  l'historique  de  la  cathédrale  (voy.  Lebeuf,  op.  cit., 
p.  255). 

2.  Petit  appareil;  cf.  lapilliis  (Bibl.  de  VÉcole  des  Chartes,  1881,  p.  518, 
Mirac.  eccles.  Carnolensis). 

3.  Varzy,  ch.-l.  de  c,  arr.  Clamecy  (Nièvre).  Sainte-Eugénie  était  une 
collégiale. 

4.  Au  XI'  siècle  et  plus  tard  encore,  l'emploi  des  laquearia  subsiste 
dans  beaucoup  d'églises  secondaires.  —  Sur  la  dealbatio,  dont  il  vient 
d'être  question,  cf.  supra  le  texte  n°  XVII  (cath.  de  Cambrai), §  9,1023-1092, 
n.  5,  et  infra  le  texte  sur  la  cath.  du  Mans,  §  2,  1085-1096. 

5.  Fol.  88    v°  du  ms.  d'Auxerre.  —  Voy.    Lebeuf,  op.  et  <.   cit.,  y».   268. 

6.  Corniche  du  mur  de  clôture  (voy.  Quicherat,  op.  cit.,  p.  397). 

7.  Sur  les  ministeriales  de    l'évêque    et  la    coopération  artistique  des 


94  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE         [1030-1206J 

:  [1087-1114.]  — Humbaudus^.,.  episcopus,  natione  Alti- 
siodorensis...  ecclesie  ^...  tecta  vetustate  consumpta  atque 
dilapsa  no  vis  asciculis  3  renovavit,  turrem  ecclesie  super 
altare  Sancti  Alexandri  positam  mirabili  et  altalig-nea  coo- 
pertura  sublimavit.  Aliam  quoque  turrim  super  choruni 
positam  quadratis  lapidibus  ^  cooperiri  fecit,  ne  ejus  signa 
festina  ignis  exustione,  si  forte  contingeret,  consumerentur^ 
neve  pluviis  glacialibus  quandoque  consumpta  frangeretur. 
Fenestras  etiam  quatuor,  seniori  altari  lumen  prestante, 
mirabili  opère  vitreari  fecit,  atque  in  anteriori  parte  eccle- 
sie XXIII  juxta  chorum  quoque  duas  vitreavit  ....  Item 
dédit lineamcortinam  ad decorem  ecclesie,  memor  Psalmiste 
dicentis  :  ((  Domine,  dilexi  decorem  domus  tue  et  locum  habi- 
tationis  glorie  tue  ^  »,  alterum  parietem  ecclesie  festivis 
diebus  decorantem,  regum  et  imperatorum  imaginibus 
depictam...  Caput  quoque  ecclesie,  super  altare  Sancti 
Stephani,  mirabili  et  preciosa  pictura"  decoravit  ;  in  crypta 
similiter,  altare  Trinitatis  superius  et  inferius  picturis  ador- 
navit,  et  in  alia  cripta  altare  Sancti  Nicholai  imagine  Sal- 
vatoris  Sancteque  Marie  et  Sancti  Joannis  Evangeliste 
depicta  honestavit  .  .  .  Caput  ecclesie  Sancte  Marie  extra 
muros  novis    asciculis    cooperiri  fecit.  .  . 

Firmitatem  oppidi  [Apogniaci]  ^  destructam^  forti  mace- 
ria  novisque  machinis,  circumquaque  renova tis  fossis,  fir- 
miter  munivit.  . . 


chanoines  à  la  décoration  de  la  cathédrale,  cf.  supra  le    texte  concernant 
Coutances  et  Tévêque  Geofïroi  de  Montbray  (n°  XVIII). 

1.  Sur  Humbaud,  évêque  d'Auxerre,  voy.  Lebeuf,  op. ciï., p. 28i. 

2.  Pour  les  reconstructions  de  la  cathédrale,  voy.  Quicherat,  Mél.  d'ar- 
ehéol.,  p.  119.  Pourla  listedes  églises  incendiées  dont  les  textes  du  xii'siccle 
font  mention,  voy.  ChampoUion-Figeac,  Tîer.  archéol.,  t.  XVI,  2"  part., 
p.    684  ;  cf.  R.  de  Lastcyrie,   note  addit.,  dans  Quicherat,    Mél.,  p.    436. 

3.  Couverture  en  bois  ;  on  a  vu  des  exemples  de  couverture  de  plomb 
dans  le  texte  sur  la  cathédrale  de  Coutances  (et  note  à  l'appui).  Le  chevet 
de  l'église  de  Notre-Dame-la-Dehors  d'Auxerre  était  couvert  d'esseaux, 
dit  notre  texte. 

4.  C'est  d'une  couverture  en  pierre  de  taille  qu'il  est  question  dans  ce 
passage  de  notre  texte. 

5.  Nous  avons  déjà  rencontré  à  plusieurs  reprises  et  commenté  ce  pas- 
sage du  Psalmiste. 

6.  Sur  les  peintures  murales  des  églises  romanes,  voy.  supra,  notamment 
le  texte  n"  XVII,  p.  68,  n.  8. 

7.  Appoigny,  c.  du  cant.  et  arr.  Auxerre. 


[1030-1206J       DE  l'arch[tectlre  en  i<kance  95 

[1 H  G-  H  .'^G .  ]  —  Hug-o  * ...  in  Gluniacensi  territorio,  de  Castro 
Monte  acuto  ortus...  Quodam  quoque  tempo rc,  ex  quadam 
insolita  nimietate  ventorum,  quedam  turris  lignea^  ecclesie 
Sancti  Stephani  funditus  corruit  super  domum  episcopalem, 
sub  silentio noctis  dejecta,  episcopo  dormiente  ;  trabes  et  ligna 
trans  tegumenta  domus  penetrando  circa  lectum  episcopi 
cecidere  hinc  inde,  etiam  ex  transverso,  omni  lesione 
remota  a  sancto  viro....  Domum  episcopalem-^  de  novo 
edificavit  lapideam,  amplam,  et  tegulis  texit,  et  in  illa  parte 
ejusdem  domus  que  respicit  ad  orientem,  stationem  qua[m]- 
dam  construxit,  que  vulgari  lingua  loffie  ^  appellatur,  pluri- 
mum  in  aspectu  delectabilem,  cum  pulcherrimiscolum(p)nis 
exornatam,  super  murum  civitatis,  unde  et  fluvius  subtus 
potest  videri,  et  vineae  et  ngv'i.  .  . 

[1152-1167.]  — Alanus^...  natione  Flandrensis,rexit  epis- 
copatum...  in  valle  Capelle  Sancti  Andrée"  domum  petrinan 


1.  Sur  l'évêque  Hugue  de  Montaigu,  voy.  Lebcuf,  op.  el  t.  cil.,  p.  287 
et  s. 

2.  Curieux  exemple  de  la  persistance  des  tours  de  bois  dans  les  églises 
du  xw  siècle. 

3.  Nous  avons  très  peu  de  renseignements  sur  les  palais  épiscopaux 
de  la  première  moitié  du  xii*  siècle. 

4.  locfie  aussi,  dans  le  texte  de  Lebeuf  (p.  293,  note  a).  —  Cette  galerie, 
appelée  communément  aujourd'hui  la  galerie  des  bureaux  (de  la  préfec- 
ture), est  un  curieux  monument  roman,  faisant  partie  de  l'ancien  palais 
des  évoques  d'Auxerre  (réparé  au  xiii°  siècle).  Elle  est  formée  de  18  arcades 
à  plein  cintre  de  0'"80  d'ouverture  chacune,  soutenues  par  une  série  de 
colonnes  alternativement  simplesetgcminées,  tantôt  lisses  et  tantôt  anne- 
lées,  à  chapiteaux  romans  très  variés.  Sa  longueur  est  de  22">  et  sa  largeur 
de  e^'SO.  Elle  avait  été  élevée  sur  l'ancien  mur  romain  de  la  cité  ;  elle  était 
surmontée  d'un  lambris  à  planchettes  de  cliène,  et  les  murs  étaient  ornés 
de  fresques.  Cette  galerie  servait  de  promenoir  aux  évêques  d'Auxerre.  — 
Voy.  sur  cette  galerie,  Quantin.  Répert.  arch.  de  V  Yonne,  col.  II;  Lebeuf, 
Mém.  concernant l'hinl.  d'Auxerre,  note  des  éditeurs,  t.  I(184H),p.  293  (avec 
dessin)  ;  Verdier  et  Cattois,  Arch.  civ.,  t.  II,  p.  198  ;  Enlavl,  Man.  d'archéol. 
fr.,  t.  11,  p.  115  et  125  ;  VioUet-le-Duc,  Dt'cL  de  Ta/'c/j.  fr.,  t.  VII,  p.  18,  art. 
Palais. 

Al'abbaye  Saint-Victor  de  Paris,  qui  s'élevait  au  centre  du  bourg  de  Saint- 
Victor,  sur  la  rive  gauche  de  la  Seine,  l'évêque  Maurice  de  Sully  (1160-96) 
avait  une  maison  où  étaient  sa  chapelle  et  la  salle  épiscopale,  avec  une 
galerie  attenante,  lohiiim  aalœ  episcopalis;  cf.  JeandeTlioulouze,  Annalc-i 
Sancli  Victoris,  t.  I,  pars  1»,  p.  1069,  et  pars  2',  p.  1  i,  et  V.  Mortel,  Maurice 
de  Sully,  évéque  de  Paris,  élude  sur  l'adniinislralion  épiscopale  pendant 
la  seconde  moitié  du  XII"  siècle  (1H90),  p.  76. 

5.  Sur  le  vénérable  Alain,    voy.   Lebeuf,    op.  cit.,  I,  p.  316  et  s. 

6.  La  Chapelle  de  Saint-André,  cant.  de  Varzy,  arr.  Clamecy  (Nièvre). 


96  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1030-1 206 j 

edificavit,  apud  Ga(g')iacuni  ^  grangiam  petrinam  et  tegulis 
tectam,  et  domos  ad  manendum  -cuni  capella  edificari.  .  .  . 
fecit. 

[1167-1181.]  —  Guillerraus  Tuciacensis-^.  .  ,  .  [episcopus] 
ecclesiam  equidein  Beati  Stephani  operoso  lapideo  tabu- 
latu  '^  undique  sub  termine  circu[m]dedit,  anterius  pinna- 
culum  et  posterius  cum  vitreis  ad  ipsa  pertinentibus  fecit, 
turrim  meridionalem  nova  firmatura  et  decenti  lateruni  tec- 
tura  decoravit;  totam  ecclesiam  novis  tignis,  trabibus, 
tegulis  et  lateribus  in  parte  plumbatis  cooperuit  ''. 

[1183-1206.]   —    De  Hugone   de  noeriis  ".    —  [Quibus 

NATUREDOTIBUSVEL  SCIENTIESIVEELOQUENTIE  ....  PREDITUS].  — 

Erat  autem  .  .  .  sapientia  preditus,  in  ag-endis  strenuus, 
inter  consultes  consul  tior  ....  facundissimi  vires  expri- 
mens  oratoris,  litteratura  et  vivacis  ing-enii  adeo  ut, 
in  qualibet  facultate  liberali  seu  mechanic(i)a,  ei  promp- 
tum  esset  verba  habere  niaterie[i]  accommoda,  ac  si 
plenam  ejus  esset  scientiam  asse[cjutus  ....  Militum  g^au- 
debat  stipari  frequentia,  et  de  militaribus  studiis  libentius 
disceptabat  cum  eis,  unde  et  Vegetium  Renatum  '  fréquenter 

1.  Gy-rÉvêque,  c.  ducant.  de  Goulanges-la- Vineuse,  arr.  Auxerre. — Sur 
les  granges,  voy.  infrii  notre  texte  relatif  aux  cvèques  du  Mans.  Obser- 
vons l'insistance  avec  laquelle  notre  auteur  oppose  la  pierre  au  bois  dans 
les  constructions. 

2.  Manoir  épiscopal. 

3.  Sur  Guillaume   de   Toucy,    voy.    Lebeuf,  op.   cit.,  p.  330  et  s. 

4.  Les  éditeurs  de  l'ouvrage  de  Lebeuf  pensent  «  qu'il  s'agit  d'une  balus- 
trade à  jour   »  {op.  cit.,  p.  336).  Il  est  peut-être  question  ici  d'un  chéneau. 

5.  Curieux  détail  sur  l'emploi  simultané  de  la  brique  et  du  plomb  dans 
la  couverture  des  églises.  Suit  l'énumération  des  autels  que  Guillaume  de 
Toucy  fit  élever  dans  cette  église  ainsi  que  dans   la  crypte 

6.  F"120v°dums.  d'Auxerre.  —  Sur  Hugue  de  Noyers,  voy.  Lebeuf,  t. 
cit.,  p.  347  et  s.  (Noyers  est  auj.  ch.-l.  de  c,  arr.  Tonnerre.  Yonne).  Nous 
voyons  bien  ici  les  traits  du  caractère  de  Ilugue  tel  que  nous  le  dépeint 
son  biographe  présumé,  le  chanoine  Eustache,  Bihl.  hist.de  V  Yonne, 
t.  I,  p.  433. 

7.  Hugue  de  Noyers  était  donc  un  prélat  grand  bâtisseur,  instruit  dans 
les  arts  libéraux  et  mécaniques,  ardent  pour  les  constructions  militaires, 
lisant  le  traité  de  Végéce  et  le  mettant  en  pratique  selon  les  goûts  de  son 
époque  et  les  besoins  de  ses  chûteaux-forts.  Cf.  le  texte  explicite  (11491 
qui  se  trouve  dans  Vllistor.  eom.  Andegav.  {Cfiron.  d'Anjou,  t.  I,  p.  337-338), 
et  qui  est  relatif  A  l'usage  fait  par  GeollVoi  le  Bel,  comte  d'Anjou  (1129- 
1151),  des  Stratagèmes  de  Végèce,  pour  la  prise  des  places  fortes,  à  l'occa- 


[1030-1206]       DE  l'architecture  en  frange  97 

relegerat,  qui  de  hujusmodi  loquitur  disciplinis,  de  quo 
militibus  multa  doctrinalia  proponebat  ....  —    [Qualiter 

DOMOS  EPISCOPALES  AUTISSIODORENSES  EMENDAVERIT  VEL  AMPLIA- 

verit].  —  Qui,  licet  sic  in  spiritualibus  proHeeret,  in 
temporalibus  tamen  multo  proficiebat  amplius,  quibus  pro- 
pensius  inc[u]mbebat  :  nam  domos  episcopales  ^  Autissio- 
dori,  seu  lapsa  reparando,  seu  nova  construendo,  provexit 
in  melius,  antiquis  edifîciis  cellam  vinariam,  c[on]camera- 
tionis  lapidée  majori  palatio  contig-uam,  et  coquinam  - 
juxta  portam  structure  mirabilis  magnis  impe[n]diis  sup- 
peraddens.  —  [De  Bello  reditu  3,  qualiter  extruxerit].  — 
Apud  Charbuiam,  villam  episcopalem  ....  locum  istum 
idem  episcopus,  quantum  humana  potuit  industria,  adomni- 
modam  amenitatem  et  commoditatem  provexit  :  nam 
et  silvas,  ubi  frutetis  erant  vel  arboribus  humilioribus  aut 
rarioribus  obsite,  et  ob  hoc  minus  utilitatis  habiture, 
penitusextirpavitetinagriculturam  redegit;  [hjortos  ibi  fecit, 
plantavit  arbores  diversi  g-eneris  ut,  prêter  amenitatem  que 
proveniebat  ex  istis,  fructus  inde  perciperet  copiosos. 
Silvarum  quoque  partem  non  modicam  sepe  continua  cir- 
concinxit,  ab  ea  porta,  que  est  a  parte  silvarum  anteriori, 


siondu  château  de  Montreuil-Bellay,  dans  le  Saumurois.  Le  de  Re  Militari 
de  Végèce,  rédigé  sous  Valentinien  II,  entre  375  et  392,  fut  traduit  pour 
l'usage  des  seigneurs,  par  Jean  de  Meun  (1281)  pour  Jean  de  Briennc,  par 
Jean  Priorat  (1290),  de  Besançon,  pour  Jean  de  Chalon.  Nous  ne  doutons 
pas  qu'il  ait  été  fort  en  usage  au  moyen  âge  (cf.  VioUet-le-Duc,  Dict. 
de  l'arch.  fr..  t.  III,  p.  89,  n.  1,  et  Dieulafoy,  Le  Château-Gaillard,  étude  qui 
a  paru  dans  les  Mémoires  de  VAcad.  des  Inscr.,  t.  XXXVI,  1'^''  part.,  1898, 
p.  344,  n.   3. 

1.  Voy.  ci-dessus  la  note  concernant  l'ancien  palais,  avec  galerie  des 
évêques  d'Auxerre,  et  les  renvois  bibliographiques  qui  y  sont  mentionnés. 

2.  Sur  ce  genre  de  construction  au  xii"  siècle,  voy.  VioUet-le-Duc,  op. 
cit.,  t.  IV,  art.  Cuisine. 

3.  C'est-à-dire  Beauretour  (Lebeuf,  op.  et  t.  cit.,  p.  324).  —  A  Régennes 
{Regius  amnis),  presqu'île  de  l'Vonne  (Icauna),  au-dessous  d'Auxerre,  il  y 
avait  un  château  épiscopal  {domicilium  episcopi),  que  Hugue de  Noyers  fit 
agrandir  et  embellir  ;  son  dessein  était  même  de  faire  détourner  un  bras 
de  la  rivière  de  façon  que  Régennes  devînt  une  île  parfaite. . .  :  «  fodiens 
fossas  . . .  immaues,  ut  per  eas  cursum  fluminis  derivaret,  fieretqus 
ibi,  quod  natura  negaverat,  insula  videcet  li  artificii  supplemento. . .  » 
Mais  Thibaud,  comte  de  Champagne,  s'y  opposa  avec  main  forte  Labbe, 
np.  cit..  t.  I,  p.  472  ;  Lebeuf,  t.  I,  p.  354).  Voy.  aussi  (t/jid.)  les  travaux 
encore  plus  considérables  de  cet  évoque  à  Charbuy  (c.  et  arr.  Auxerre), 
dans  un  pays  boisé  et  marécageux,  dans  lequel  Hugue  créa  un  beau 
parc. 


98  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1030-1206] 

videlicet  ad  ag^erem  tercii  stagni  usque  perducens,  et 
grata  intrinsecus  lustra  ferarum  concludens,  et  eorum 
multitudinem  copiosam,  que  et  oculos  intuentium  de  jjalatio 
jocunda  visione  ^  pascebant.  .  .  —  [De  domihus  Tociaci  ~  et 
Coivadae^.  —  De  his  que  gessit  apud  Varziacum].  —  Apud 
Tociacum  et  Gonadam,  castra  videlicet  episcopalia,  in  areis 
a  suis  predecessoribus  preparatis,  domos  condidit  episco- 
pales. . .  Gastrum  suum  nobile  Varziacum  '%  quod,  propter  loci 
iminunita,  prius  frequentibus  patebat  depredantium  incur- 
sibus,  muros  reparando  antiquos  et  fossas  turribus  ingen- 
tibus  circumsepsit,  domos  episcopales  juxta  ecclesiam 
Béate  Eugénie''  muro  solido,  magnificis  edifîciis,  turribus  ac 
propugnaculis  a  primis  condidit  fundamentis  ;  presidium 
quoque  episcopale  ulterius,  muro  solidiori,  turribus  muni- 
tioribus  et  antemuralibus,  in  tutam  et  ad  expugnandum 
diffîcile[m]  munitionem  provexit,  etfossismire  amplitudinis 
vallavit  in  girum,  in  quibus  grata  aquarum  exuberantia  ex 
fontibus  circu[m]fluentibus  eas  replens,  non  modicum  facit 
ad  munitionis  a[u]gmentum;  ettum  expisciummultitudine, 
qui  ibi  nutriuntur  optimi,  tum  ex  molendinis,  que  edifi- 
cavit  ibidem,  tum  ex  aliis  utilitatibus  suis,  episcopo  toti- 
que  municipio  multe  commoditates  existunt  ^\  —  [De  his 
que  gessit  apud  noeria  ^].  —  Opère  pretium  duximus 
presenti  inserere  lectioni  que  et  quanta  operatus  sit  in 
illo  nobili  patrimonii  sui  Castro,  Noeriis  videlicet,  quod 
tante  ^    a    proavis   nobilitate    et    immunitate  prefulget  . . .. 


1.  Le  grand  parc,  les  vastes  jardins  avec  des  plantations,  fruitiers  et 
garennes,  les  bâtiments  superbes,  les  étangs  superposés,  la  vue  magnifique 
qu'on  en  avait  amènent  le  chroniqueur  à  des  observations  sur  le  pitto- 
resque de  la  nature,  à  rapprocher  de  celles  que  l'on  trouve  dans  les  textes 
intéressant  les  cvèques  du  Mans  (voy.  infra)  :  cf.  supra,  les  textes  relatifs 
aux  évêques  de  Goutances. 

2.  Toucy,  chef-1.  de  c,  arr.  Auxerre,  voy.  snpra,  p.  96. 

3.  Cône,  voy.Lebcuf,  opcit.,  p.  354. 

4.  Varzy,  voy.  supra,  p.  93. 

5.  Voy.  supra,  p.  93. 

6.  On  remarquera  l'intcrét  et  la  précision  des  détails  donnés  ici  par 
l'auteur  de  cette  biographie. 

7.  Cf.  Bibl.  hist.  de  V  Yonne,  t.  I,  p.  436  et  s.  Voy.  U.  Chevalier,  Réperl. 
iop.-hilil..  II,  col.  215.S,  v°  Noyers. 

8.  On  s'attendrait  ici  à  tanlum  au  lieu  de  tante. 


[1030-1206]       DE  l'architecture  en   frange  99 

circa  munitionem  ejusdem  municipii  promovendam  tota 
studii  vivacitate  incubuit,  totis  viribus  sumptus  fecit:  nam 
super  muros  burg^i  inferioris,  quem  ad  radicem  montis 
positum  amnis  qui  Se[r]een  ^  dicitur  undique  p[r]eter- 
fluit,  ex  muro  seu  ex  lignis  solidissimis  robusta  propu- 
gnacula  coUocavit;  in  ascensu  montis  ^  a  burgo,  licet 
ab  ea  parte  castrum  sit  inexpugnabile  situ  suo,  fossas  in 
excisa  montis  rupe  pergrandes,  portasque  munitiores 
extruxit  ;  in  superiori  vero  parte,  ubi  se  in  cacumine  suo 
montis,  in  quo  situm  est  presidium  '^,  major  amplitude 
difîundit,  situm  pandens  machinis  erigendis  accommodum, 
prêter  muros  munitionis  antiquos,  in  ter  quos  unus  erat 
solidioret  exterior,  — quem  frater  ejus  Clarembaldus,  paulo 
antequam  defungeretur,  construxerat,  — murumpost  illum 
interiorem,  majoris  altitudinis,  spissitudinis  et  soliditatis, 
erexit  in  capite  ejus  turrimsolidiore  constructa;  exteriori 
quoque  muro,  fossas,  excisiscautibus, fecit  preruptas  aliasque 
premisit  excisiones  in  monte,  que  hostes  possent  a  presidio 
multiplicatis  obstaculis  et  impedimentis  arcere  ;  fecit  et 
antemuralia  muro  exteriori  connexa,  et  immensi  roboris 
trabibus  contecta  desuper,  ut  qui  subtus  existèrent  telo- 
rum  jactus  quantoslibet  aut  tormenta  jaculatoria  seu 
quelibet  alia  hostium  molimina  non  timerent,  sed  securi 
venientibus   ex  adverse  posteriorum  fossarum  et  mûri,  cui 


1.  Seneen,  Bibl.  hist.,  et  Labbe  :  il  faut  corriji^er  Se[r]een,  aujourd'liui 
le  Serain,  afllueut  de  l'Yonne. 

2.  «  Sur  le  sommet  de  la  montagne  qui  domine  la  ville  au  nord,  ves- 
tiges d'un  puissant  château-fort,  reconstruit  au  xii"  siècle...  On  y  trouva 
les  traces  de  trois  enceintes  concentriques  de  murailles  défendues  autre- 
fois par  des  fossés  et  des  tours,  et  dont  les  extrémités  sappuicnt  Sur  des 
pentes  inaccessibles.  L'accès  du  côté  de  la  ville,  au  sud,  est  une  rampe 
très  rapide  sui-  laquelle  l'enceinte  du  château  s'ouvrait  par  une  porte 
flanquéede  deux  tours,  l'unerondc  etl'autre carrée. ..i)(Qnantin,7îép.  archéol. 
de  l  Yonne^  JS68,  col.  26i.)  Porte  de  ville  au  sud,  dappareil  petit,  mais 
régulier,  en  arcade  à  plein  cintre,  surmontée  par  une  échauguette  avec 
mâchicoulis  et  flanquée  de  tours  à  toits  aigus  et  à  quatre  pans  couverts 
d'ardoises. 

3.  L'importance  de  cette  description  d'un  château-fort  de  la  lin  du  xii" 
siècle  ne  peut  échapper  au  lecteur  qui  se  reportera,  par  comparaison,  à 
VioUet-le-Duc,  t.  111,  art.  Château,  p.  80  et  s.,  au  sujet  de  la  Roche-Guyon, 
près  de  Mantes,  etdeCliâleau-Gaillard,i)rèsdes  Andelys  iavecfig.!,cliâteaux 
fortifiés  à  la  fois  par  l'art  et  par  leur  position  naturelle    très  remarquable. 


100  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [i  030-1206] 

conjungebantur,  prohibèrent  accessum.  Juxta  murum  illum 
fontis  venam  scaturienteni  invenit  que,  licet  sit  modica, 
juges  tamen  et  perspicuas  aquas  émanât.  Extra  septa 
presidii  principalis,  magne  nobilitatis  extruxit  palatium, 
quod  ipsi  presidio  non  modice  munitionis  existit,  gratan> 
videlicet  domini  mansionem,  quam  multo  et  voluptuosa 
decoravit  ornatu;  fecitque  cuniculos  subterraneos  a  cella 
vinaria,  que  turri  suberat  principal!,  in  palatium  inferius, 
de  que  prediximus,  quatinus  propter  vinum  seu  victualia 
quelibet  non  oporteret  ingredi  vel  egredi  presidium  princi- 
pale ;  sed,  victualibus  per  murum  presidii  demissiorem  in 
sportis  demissis,  vinum  sive  aque  per  fîstulas  plumbeas 
mirabili  quodam  artificio  ^ .  .  .  mirabilis  sane  cautela,  ut 
scilicet  victualia,  que  ad  munitionem  castri  illata  fuerant 
vel  invecta,  ibi  submunitiori  custodia  fidelius  servarentur, 
et,  obseratis  ad  omnem  excludendam  suspicionem  repagulis^ 
usibus  postulatum  necessariis  tali  artificio  deservirent. 
Presidium  nichilominus  armis,  balistis,  ceterisque  ad  ejus 
tuitionem  necessariis  inestimabiliter  communivit;  man- 
siones  militum  seu  quorumlibet  aliorum,  infra  septa  muni- 
tionis superioris  contentas,  multo  precio  comparavit,  et  in 
proprietatem  nepotis  sui  redegit  :  tam  in  hoc  quam  in  pre- 
dicti  constructione  palatii,  circu[m]specta  ususindustria,  ut 
accessus  volentium  domini  adiré  presentiam  ad  ejus  pala- 
tium, extra  septa  principalis  presidii,  minus  haberetur  sus- 
pectus,  et,  omniextraneo  habitatore  excluso,  domini  castri 
nullum    omnino   suspectis  temporibus,  nisi  de  cujus  fide- 


1.  L'çmploi  de  ces  procédés  remonte  à  rantiquitc  ;  c'est  l'un  des 
exemples  de  la  tradition  romaine  qu'on  pourrait  donner  pour  l'emploi  de 
canaux  servant  aux  défenses  des  châteaux  et  villes  fortes.  Voy.  Dicl.  des 
antiq.  deDaremberp;ctSaf,dio,v'' Aquaeductus;  cf.  Mon.  Germ.  /itsL,t. XVIII, 
p.  61 5.  acte  de  1159.  relatif  à  Crema,  au  nord  de  l'Italie:  «  . .  .intra  ipsum  cas- 
trum  foris  per  médium  ipsum  cuniculum  intrarent.  » 

Voy.  infra  sur  ce  genre  dartificc  employé  pour  les  provisions  de  vivres 
et  de  boissons  par  les  constructeurs  normands,  près  dAlençon,  avant  1115, 
le  texte  d'Ord.  Vital.  Hist.  eccL,  1.  XII,  c.  s.  —  Cf.  «  circumsepti  cas- 
tri repagula  »,  dans  Puf^er,  Vie  de  Louis  le  Gros,  éd.  Molinier,  §  VIII, 
p.  18.  —  «  Liciae,  caslrorum  aut  urbium  repaj^ula»  (Epist.  anon.  de  capta 
arhe,  1204,  ap.  Martène,  Anecd.,  t.  I,  p.  780,  dans  Viollet-le-Duc,  Dict. 
de  V  arch.fr.,  t.  I,v»  Architecture  militaire,  p.  3'i7(avec  des  lextcsà  lappu.i 
sur  le  mot  lices). 


[1030-1206]       DE  l'architecture  en  frange  101 

litate  plenissime  confîderet,  infra  septa  superiora  recipere 
oog-eretur  :  propter  quod  etiam  baptismalem  municipii  eccle- 
siam  posuit  extra  septa,  solam  domini  capellam  in  supe- 
rioribus  esse  permittens  :  magnifica  quidem  opéra  et  multa 
admiratione  digna  et  commendatione,  nisi  ibi  hominum  sue 
commissorum  custodie  substantias  in  ligna  convertisset  et 
lapides,  et  bonapro  magna  parte  consumpsisset  episcopalia, 
que  melius  fuerant  aut  ecclesie  utilitatibus  aut  pauperum 
necessitatibus  applicanda.  ...  —  [Qualiter  formam  et  sitlm 
ECCLESIE  IN  MELIUS  IMMUTA VERiT.]  —  Qualiter  *  fenestras 
in  fronte  veteris  operis  ecclesie  Autissiodorensis  ac  vitreas  ^ 
dilalaverit,  ut  ecclesia  que  more  veterum  usque  tune  fuerat 
subobscura,  in  lucem  claresceret  ampliorem  ;  qualiter  altaria 
duo,  que  in  lateribus  ecclesie  altrinsecus  ab  anteriori  parte, 
ubi  modo  porte  collatérales  existunt,  posita,  amplitudinem 
ecclesie  non  modicum  coar[c]tabant,  removerit,  portasque 
ex[s]truxerit  que  nunc  usque  perdurant  ;  qualiter  ecclesiam, 
que  valde  demissior  existebat,  terra  injecta  repleverit  ^  et 
pavimentari  ^  fecerit  ad  decorem,  tectoque  ac  lateribus  •"' 
nobilitaverit  in  immensum,  multaque  alia  hujusmodi,  seu 
majora  que  in  episcopatu  gessit  utiliter  aut  prudenter, 
explanare  supersedemus  ad  presens,  ne,  dum  ea  vel  minus 
plene  audierimus,  vel  audita,  labente  memoria,  non  sicut 
sunt,  retinuerimus,  a  veritatis  tramite  declinemus  dubia 
asserentes  pro  veris. 


1.  Fol.  127  du  ms.  d'Auxerrc,  —  liihl.  hist.  de  iYonne,  t.  I,  p.  448.  —  Sur 
l'église  cathédrale  Saint-Etienne  d'Auxerre,  reconstruite  au  xiii"  siècle,  voy. 
\eliéperloire  nrchéol.  de  l'Yonne  parQuantin,  déjà  cité,  col.  5;  cf.  VioUet- 
le-Duc,  Dict.  de  l'nvch.fr.  (Table),  X,  v"  Auxerre,  et  Enlart,  Man.  d'arcliéol. 
fr.,  t.  I,  avec  les  renvois  indi<[ués  t.  II,  p.  760.  On  consultera  enfin  avec 
profit  l'étude  de  M.  Gh.  Force  sur  le  Chœur  de  la.  cathédrale  d'Auxerre, 
quia  paru  dans  le  Bnll.  nionuni.  de  1906,  ainsi  que  le  Guide  du  Congrès 
archéologique  d'Avallon  (1907). 

2.  Cf.  supra,  p.  68,1e  texte  concernant  la  reconstruction  de  la  cathédrale 
de  Cambrai  par  les  soins  de  Gérard  II,  évêque  de  1076  à  1092  :  «  brevesque 
fenestras  lomjiores  rcnovavit  »  (n"  XVII). 

3.  Renseignement  rare  sur  l'exhaussement  du  sol  des  églises. 

4.  Sur  les  pavements  d'églises,  voy.  m/'ra,  nos  notes  sur  l'acte  concernant 
la  mosa'ique  de  Lescar,  près  de  Pau,  en  Béarn(7îuZZ.  monum.,  1903).  On  cite 
aussi  le  pavement  roman  de  l'église  du  Saint-Sauveur  à  l'abbaye  de  Saint- 
Martial  de  Limoges. 

5.  Couverture  en  briques  ;  voy.  nos  notes  précédentes  sur  ce  même 
texte  concernant  l'éurlise  d'Au.xerre. 


102  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1033-1037] 


XXVI 
Vers  1033-1037. 

Mesures  prises  par  Eude,  comte  de  Blois  et  de  Tours,  à 
Voccasion  des  inondations  de  la  Loire,  pour  la  construc- 
tion d'un  pont  sans  péage,  à  établir  sur  ce  fleuve,  près 
de  la  ville  de  Tours. 

Orig.  '  Archives  communales  de  Tours,  sér.  AA.  1. 

(Cf.  Martène  et  Durand,  Thésaurus  novus  anecdotorum,  t.  I  (1717), 
col.  175-176.  —  d'Arbois  de  Jubainville,  Histoire  des  comtes  de  Cham- 
pagne, t.  1(1859),  p.  475-476.  —  Chantelou  (dom),  Cartularium  Majoris 
Monasterii,  fol.  20,  ch.  II,  dans  le  Cartulaire  Tourangeau  de  Marmou- 
lier,  QÛ,  Nobilleau  et    dom  Piolin,  1879,  p.  17  et  205.) 

Eg-o  Odo- cornes...  memorabile  aliquidatquead  profectum 
posteritatis  accommodum,  ac  per  hoc  Deo  placitum,  qui 
me  gratuitae  larg-itatis  benignitate  inter  primates  hujus 
saeculi  conmimerare  dignatus  est,  operari  disposui.  Igitur 
.  .  .supra  flumeii  Ligeris,  juxta  civitatem  Turonicam,  pon- 
tem  aedificaredecrevi,  ubi,  inundantisaque  tempore,  multos 
noveram  rapidi  amnis  impetu  periisse.  Et,  ne  post  tanti  ope- 
ris  consummationem  ab  eterna  mercede,  que  sola  causa  fuit 
incoepti,  lucri  temporalis  appetitu  privarer,  Dei  instinctu, 
qui  me  passus  non  e.st  tanti  laboris  ^  digna  remuneratione 
frustrari,  uxorisque  mee  hortatu,  cujus  etiam  instantia  ac 
labore  plurimo  opus  hoc  videtur  esse  perfectum,  cyrografum 
hoc  ex  auctoritate  domini  mei  régis  Hainrici  placuit  facere. 
Quo  nostris  posteris  innotescat  quarumlibet  province  ]iaruni 
homines  omnium  ordinum  atque  officiorum,  sive  extra nei 
sint,  sive  indigène,  sive  peregrini,   sive    mercatores,    sive 


1.  Nous  adressons  nos  remerciements  à  notre  confrère  M.  G.  CoUou, 
conservateur  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Tours,  qui  a  bien  voulu  revoir 
sur  rori{?inal  le  texte  que  nous  publions  ici. 

2.  Voy.  la  très  intéressante  étude  de  L.  Lex,  Eudes,  comte  de  Blois,  de 
Tours,  de  Chartres,  de  Troyes  etde  Meaux  (995-1037),  Troyes,  1892,  p.  115, 
n°  56. 

3.  L'édition  de  Martène  donne  par  erreur  operis. 


[1035^ 


DE    l'aRCHITECITJRE    EN    FRANCE  103 


pedites,  sive  équités,  sive  pauperes,  sive  divites,  sive  cum 
plaustris,  sive  cum  onustis  vacuisve  jumentis,  vel  quibus- 
libet  animalibus,  sive  quocumque  modo  iterag-ant,  absque 
ullius  penitus  telonei  exactione',  liberam  peripsum  pontem^ 
transeundi,  nobis  concedentibus,  habere  facultatem.  Quod 
ut  perpétua  firmitate  inviolatum  permaneat"^ — 

XXVII 

Vers  1035. 

Construction  du  pont  d'Alhi,  sur  le  Tarn,  à  la  demande 
et  avec  le  concours  d'évêques  du  Languedoc  et  du  sei- 
gneur d'Alhi,  ainsi  que  des  habitants  de  cette  ville  et  des 
environs. 

Histoire  générale  de  Lunçjuedoc.  nouv.  éd.,  t.  V  (1875),  Pr.,  col.  414,  n"  174 
(d'après  le  Carliilaire  de   Suint-Salvi  dWlhi)^. 
(Cf.  Gallia  chrisliana,  t.  1, 1716,  Inslr.,  n"  VI,  col.  4.) 

Quoniam  humanorum  actuum  brevis  est  recordatio . . .  ideo 
memoriae  litterarum  tradimus,   quod  Anselmus,  ecclesiae 


1.  Voy.  A. ChaiiipoUion-Fifîeac,  Droi7s  e<  usages. ..  (Paris,  1860),  p.  125. 
Cf.  aussi  A.  Vidal,  Costumas  del  pont  de  Tarn  d'Albi,  dans  la'Revue  des 
langues  romanes,  t.  XLIV,  1901,  p.  482  et  s.  Il  n'est  pas  improbable  que 
l'ancien  tarif  de   pontenaj^e  remonte  au  moins  au  xn"  siècle. 

2.  D'après  M.  Enlart  [L architecture  romane,  dans  A.  Michel,  Histoire 
de  Vart...,  t.  I,  2"  part.,  p.  480),  «  ce  ji^rand  pont  avait  27  arches.  ». 
—  Un  exemple  de  reconstruction  de  pont,  avec  chaussée  voisine,  et 
permission  de  bâtir  des  maisons  le  lonfr  de  la  chaussée,  avec  affran- 
chissement de  toute  coutume,  nous  est  donné  en  Herry,  vers  la  fin  du 
XI*  siècle,  dans  une  charte  d'Eude  Arpin,  vicomte  de  Bourj^es,  pour  les 
chanoines  ré^ruliersde  Saint-Ambroix  de  cette  ville.  Vers  1095  :  «. .  .pontem 
reaedificent  super  a<iuam  et  calceatam  usque  ad  vineas  in  terra  Sancti 
Pétri  Sanctique  Ambrosii.  Si  quis  vero  juxta  ipsam  calceatam  domum 
ad  manendum  manoir;  cf.  supra,  p.  96)  construxerit,  ita  eum  liberum  ab 
omnibus  consuetudinibus  dimittimus,  sicut  sunt  illi  qui  in  burgo  (le  bourg 
Brisiac)  commorantur.  »  (Rajnal,  Hist.  du  Berry,  t.  I,   p.  392.) 

3.  Comme  on  va  le  remarquer  par  d'autres  actes,  qui  concernent  le 
Languedoc,  c'est  à  partir  du  commencement  du  second  tiers  du  xi»  siècle 
que  les  textes  nous  signalent  d'importantes  constructions  de  ponts. 

4.  Il  n'existe  plus, à  notre  connaissance,  de  cartulaire  de  l'Eglise  d'Albi. 
11  n'en  reste  que  les  copies  de  Doat  et  de  la  Gallia  christiana.  La  série  G 
des  Archives  du  Tarn  ne  renferme  plus  cet  acte,  pas  même  à  l'état  de  copie. 
Nous  sommes  redevable  de  ces  renseignements  à  l'obligeance  de  notre 
confrère,  M.  Portai,  archiviste  du  Tarn. 


104  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1035J 

Sancti  Salvii  abbas,  et  Adalbertus  praepositiis,  Léo  Fran- 
cus,  archidiaconus,  et  R.  cabiscolius,  et  caeteri,ejusdem 
ecclesiae  canonici,  ammonitione  et  ordinatione  multiplicique 
precatu  domni  Amelii,  sanctae  memoriae  Albiensis  episcopi, 
et  Froterii,  Neumacensis^  episcopi,  et  fratris  ejus  B.  Atoni 
{sic),  proconsulis  Neumacensis  et  principis  Albiensis,  necnon 
et  aliorum  episcoporum,  Geraldi  videlicet  Rutenensis,  et  B. 
Caturcensis,  insuper  et  communi  petitione  supplicique 
rogatu  omnium  tam  civium  quam  burgensium  Albiensium, 
multorumque  aliorum,  quos  supradicti  episcopi  ad  postu- 
landum  secum  quod  ipsi  postulare  decreverant,  ex  vicinis 
castellis  et  vicis  advocaverant  ;  omnium  istorum  petitione, 
hortatu  et  precibus,  supradicti  seniores  ecclesiae  Sancti  Sal- 
vii dimiserunt,*concesserunt  et  voluerunt  pontem  "^  fieri  super 
Tarnum,  in  alodio  beati  Salvii,  ad  communem  villae  melio- 
rationem  et  totius  Albegeis  utilitatem.  Et  ut  tam  grande 
opus  faciliorem  sortiretur  effectum,  omnium  pariter  supra- 
dictorum  petitione,  exhortatione,  multimodoque  precatu, 
dimiserunt  et  donaverunt  supradicti  operi  pontis  portum, 
qui  in  alodio  Sancti  Salvii  erat,  et  omnes  redditus  qui^  sibi 
inde  veniebant  ;  ita  tamen  quod,  facto  ponte,  si  quispiam 
a  transeuntibus  aliquid  exigere  vel  capere  voluerit,  illud  ad 
canonicos  Sancti  Salvii,  sicutad  dominos,  sine  ulla  contra- 
dictione  redeat,  et  illorum  sine  omni  inquietudine,  sicut 
olim  fuerat,  libère  in  perpetuum  permaneat.  —  Istius  pro- 
missionis,  concessionisetdonationis  testes  suntquatuorprae- 
taxati  episcopi,  et  supradictus  Albiae  princeps,  Bernardus 
Ato,  qui  totum  hoc,  ut  suprascriptum  est,  fieri  voluit,  con- 
cessit  et  firmum  habuit.  Testis  est  maxima  multitudo  tam 
incolarum  quam  eorum,  qui  ad  conferenda  suffragia  in  tam 
utilissimo  opère  convenerant. 


1.  On  s'attendrait  à  trouver  ici  la  forme  Nemaasensis  au  lieu  de  iVeu- 
macensis. 

2.  Viollet-le-Duc,  Dicl.  de  Varch.  fr.,  t.  VII,  p.  220  et  s.,  art.  Pont  :  «  Il 
ne  nous  reste  pas,  dit  cet  auteur,  de  ponts  de  pierre  du  moyen  ûge  anté- 
rieurs au  XII*  siècle.  »  Au  xi'  siècle,  les  ponts  de  bois  étaient  encore  très 
répandus;  les  chroniques  mentionnent  parfoisintentionnellementdes ponts 
en  pierre.  Voy.  E.  Jolibois,  Le  vieux  pont  d'Albi,  dans  la  Rev.  hisl.  du 
Tarn  (1877-78),  t.  I,  p.  7.3-7  i  ,   t.  II,  p.    107-20  4. 


[i 035-1 065J      DE  l'architecture  en  france  403 

XXVIII 
1035-1065. 


Transport  de  bases  et  de  chapiteaux  de  colonnes,  tirés  de 
la  carrière  où  ils  venaient  d^être  ouvrés,  fait  sous  la  direc- 
tion de  maître  Huffue,  architecte,  pour  Véglise  abbatiale 
de  Conques  en  Rouergue,  alors  en  reconstruction. 

Liber  miraculoriim  Sancte  Fidis,  piibl.  par  l'abbé  Douillet  (1897),   d'après 
le  ms.  de  la  Bibliothèque  de  Schlestadt,  IV,  p.  219-220. 


DE  ARTIFICE   ECCLESIAE    AB   INGEiNTI  MOLE  LAPIDIS  MIRABI- 
LITER   EXEMPTO. 

.  .  .Hoc.  .  .miraculum,  licet  posteriorem  occupet  locum, 
non  tamen  ceteris  inferiori  laude  est  predicandum ,  .  .Hujus 
rei  testis  est  adhuc  noster  monachus,  nomine  Salustius', 
vir  vite  et  morum  honestate  conspicuus.  Hic  namque  pre- 
<;epto  patris  cenobiiparens,  montem  in  quo  lapidum  cesores 
ad  opus  edificandi  monasterii'^  operi  instabant,  cum  vig-inti 
€t  sex  jugis  boum  expetiit,  ut  de  vehiculo  epistilia-^  dedu- 


1.  Le  Cartulaire  de  Vahhaye  de  Conques,  publié  par  G.  Desjardins,  fait 
mention  de  quelques  moines  du  nom  de  Saluster,  qui  ont  vécu  dans  la  pre- 
mière moitié  duxr  siècle. 

2.  <■  D'après  le  titre  de  ce  chapitre,  et  d'après  quelques  indications  ulté- 
rieures (ad  hasilicam  saxeum  deduxit  onus),  il  s'agit  plutôt  de  la  cons- 
truction de  l'église  que  de  celle  du  monastère.  Du  reste,  le  monastère  fut 
reconstruit  par  le  même  abbé  qui  avait  rebâti  la  basilique  ;  il  s'appelait 
Odolric  (1030-1065).  La  chronique  de  Conques  lui  attribue  les  deux  cons- 
tructions :  «  hasilicam  ex  maxima  parte  consummavit. . .  ac  etiam  monas- 
terium  fecisse  creditur.  »  (Note  de  l'éditeur).  Elles  eurent  lieu  à  l'époque 
du  roi  Henri  I"^  :  «  tempore  Henrici,  Francorum  [régis]  »,  dit  cette  même 
chronique  (voy.  Desjardins,  Introd.  au  Cartulaire  de  l'abbaye  de 
Conques,  p.  XXXIII). 

3.  Sur  l'usage  du  mot  epislilium,  employé  par  opposition  à  hasis,  pour 
désigner  un  chapiteau  pendant  le  moyen  âge,  et  non  plus  une  architrave 
posée  par-dessus  les  chapiteaux  d'une  colonne  à  l'autre,  voy.  Quicherat, 
Mélanges  d'archéoloqie,  de  l'architecture  romane,  p.  119,  et  notre  étude  sur 
LaMesure  elles  proportions  des  colonnes  anliques,  d'après  quelques  compi- 
lations el  commentaires  antérieurs  au  XII"  siècle  itir.  à  part  delà  Bibl.  de 


106  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1035-1065] 

ceret,  necnon  et  ing-entes  basium  moles.  Sicque,  onusto  her- 
mis  (?)  plaustro,  dum  per  devexum  montis  latus  descendunt, 
dumeta  quedamoffendunt,  que,  nuper  precisisramis,  a  terra 
acutissini[a]s  sudes  porrig-eba[n]t.  In  hoc  periculosum  discri- 
men  lapsi  tribulorum  prominentes  stirpes  cursum  rotarum 
iinpediunt...Ad  quem  laborem  sublevandumomnes  qui  ade- 
rant  humerislacertisque,  axi  pro  gravi  pondère  inter  modio- 
los  fumiganti,  nituntur,  et  quibuscumque  possunt  ingeniis 
auxilio  ruunt.  Quos  inter  Hug-o,  qui  huic  neg-otio  preerat, 
cum  magno  assere  médium  sese  infert,  ac,  dum  vi  valida 
herentem  inter  radiées  fruticum  rotam  enititur  eruere, 
ipse  lapso  pede  sub  plaustro  ruit,  cujus  supra  crura  tota 
il)a  machina  transiens,  post  se  fere  sex  passibus  per  arbus- 
ta  eum  rapuit.  Quo  viso,  omnes  laborem  abicientes,  ad 
eum  attoniti  currunt,  sancteque  Fidis  unanimiter  auxilium 
invocantes.  .  .Ipse  debilis  mag-ister^,  arcuatum  crus  ample- 
xans,  inter  utrasque  manus  ita  ad  pristinum  redegit  rigo- 
rem,  veluti  [ac  si]  tepida  cera  compactumfuisset...  Denique 
sancte  virg-inis  virtute  medicatus,  alacri  mente  ad  ceptum 
prosilit  opus,  et  usque  adjam  dicte  g'ioriose  martiris  basi- 
licam  saxeum  deduxit  onus.  .  ,Quod  miraculum,  tam  pro- 
dig'ialiter  a  Domino  per  sanctam  Fidem  patratum,  ideo 
long-o  incanuit  taciturnitatis  silentio,  quia  opus,  his  ex  lapi- 
dibus  erectum,  hiantibus  rimis  fornicatum,  ruinam  pendet 
minitans  sese  facturum .  .  . 


VEcole  des  Charles,  1898,  t.  LIX).  On  sait  que  les  matériaux  des  construc- 
tions du  moyen  âge  étaient  le  plus  souvent  ouvrés  dans  les  carrières 
mêmes  d'où  il  étaient  extraits.  Sur  les  transports  très  considérables  néces- 
sités par  les  constructions  faites  à  une  plus  ou  moins  grande  distance  des 
carrières,  et  sur  les  carriers  au  moyen  âge,  voy.  Viollet-le-Duc,  Dict.  de 
l'arch.  fr.,  t.  II,  p.  276  et  s.,  v"  Carrière. 

1.  L'emploi  du  mot  magister,  pour  désigner  l'architecte,  est  digne  de 
remarque  au  xr  siècle.  Nous  le  trouvons  ici  dans  un  texte  dune  région 
du  Midi  adossée  au  Massif  central.  Quant  à  l'expression  arlifex  ecclesiae, 
qu'ofl're  la  rubrique  de  ce  texte,  elle  désigne  aussi  l'architecte.  C'est  l'une 
des  significations  du  terme  arlifex,  ainsi  qu'il  résulte  de  nos  recherches  et 
des  exemples  que  nous  en  avons  rencontrés,  en  les  signalant  à  M.  E. 
Lefèvre-Pontalis  pour  sa  récente  étude  sur  Les  architecles  el  la  construc- 
tion des  cathédrales  de  Chartres  {190ô),  —  la  cathédrale  du  xi"  siècle,  — 
p.  9  et  suiv.  (Extr.  des  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiquaires  deFr.,  t.LXIV.) 


[1036]  DE    l'architecture    en    FRANCE  107 

XXiX 

1036,  24  octobre. 

Fondation  faite  par  les  soins  de  noble  Hiclor,  de  V église  du 
Saint-Sépiilcre-lez-Jaligny,  en  Bourbonnais,  à  son  retour 
d'un  pèlerinage  à  Jérusalem^,  et  donation  de  la  dite  ég'lise 
à  Véglise  cathédrale  de  Clermont,  en  Auvergne. 

Archives    départ,  du    Puy-de-Dôme,    pièce    non    classée.    —  Inipr.  dans 
A.  Vayssière,  Le    prieuré  du   Sainl-Sépulcre  du    Moutier-lez-Jaliçfny  , 
dans  les  Arc/iires  historiques  du  Bourbonnais,  t.  I  (1890  ,  p.  181-1S2. 
(Cf.  Gallia  christiana,  t.  II  (l'20s  Instr.,  col.  105.) 

Recognoscens  Hictor,  vir  honestissimus  2,  quia  labilis  et 
fu^tiva  et  aspera  est  haec  presens  vita  omnibus  in  se  fiden- 
tibus,  et  quam  cara  lemuneratio  erit  data  bonis,  et  perpe- 
tualis  poena  erit  data  impiis  in  die  ultimo,  toto  mentis 
affectu  considerans  misericordiam  superni  judicis,  post- 
quam  reversus  fuerit  ab  itinere  Iherosolimitano,  in  sui 
juris  praedio  aecclesiam  construxit,  quam  consecravit  in 
summi  régis  honore  et  sui  deifîci  sepulcri  ■\  Ad  ipsam 
namque  aecclesiam  dédit  Eldinus,  filius  Golferii,  illam 
partem  quam  habet  in  Boscofollo',  pro  remedio  anime  suae 
et  parentum  suorum.  Ipse  namque  Hictor,  qui  auctor  et 
constructor"'   fuit  hujus   aecclesiae,  qui  vocitatur  Sanctum 

1.  Voy.  infra  (vers  lOiâ),  divers  extraits  de  chroniques,  concernant  la 
construction  de  l'église  de  Neuvy-Saint-Sépulcre,  en  Berry,  sur  le  modèle 
de  celle  du  Saint-Sépulcre  de  Jérusalem,  entreprise  parles  soinsde  GeofTroi. 
vicomte  de  Bourges. 

2.  Cette  qualification  indiquerait  qu'Hictor  était  de  noble  origine  et 
qu'il  possédait  un  domaine  héréditaire  et  franc.  M.  L.  Bâtissier,  qui  a 
analysé  ce  document  dans  VAncien  Bourbonnais  [Voy.  pittoresq .,  p.  263), 
a  joint  au  nom  dHictor  celui  de  Jaligny  :  c'est. une  hypothèse  qui  n'a  rien 
d'invraisemblable  (Vayssière,  op.  cit.,  p. 174). 

3.  La  Gallia  christ,  donne  en  marge,  et  avec  raison  :  sui  deifici  sepulcri, 
au  lieu  de  sua  deifico  sepulcro. 

4.  Probablement  au  lieu  de  Balfots,  paroisse  de  Jaligny.  où  le  prieur 
du  Moùticr  conserva  longtemps  des  droits  de  diverse  nature.  —  La  dota- 
tion du  Saint-Sépulcre  fut  considérable. 

5.  Nombreux  sont  les  exemples,  dans  les  chartes  ou  les  chroniques,  qui 
nous  montrent  le  qualificatif  deconstructeurattribué  non  jjasà  l'architecte, 
mais  au  seigneur  laïque  ou  ecclésiastique  qui  fait  construire  ou  recons- 
truire. Un  texte  du  xni"  siècle  décerne  le  titre  de  reaedificaior  au  comte 
de  Nevers  qui  avait  fait  reconstruire  dans  cette  ville  l'église  de  Saint-Etienne 
{Chartes  de  Vahbaye  de Cluny ,  éd.  Bruel,t:V,p.  798-800).Sans  remonter  plus 
haut  que  l'antiquité   romaine,   nous  trouvons  déjà  dans  Boèce  un  passage 


108  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1036] 

Sepulcrum  a  Belloloco,  quae  est  sita  in  pago  Arve[r]nico, 
juxta  castrum  Galiniacum,  dédit  totam  hereditatem  suam 
quam  habet  in  omni  loco,  et  quantum  in  vita  sua  adqui- 
rere  potuerit,  annuente  Deo.  Quapropter  e^o  Hictor,libens  et 
gaudens,  cedo  vel  dono  suprascriptam  aecclesiam  domino 
Deo  et  suae  genitricis  [sic)  Mariae,  Arvernic[ae]  sedis^, 
ubi  glorios[islsimi  martyres  videntur  humati  miriHce,  Vitalis 
et  Agricola  :  in  tali  scilicet  racione  ut,  dum  ego  Hictor 
vixero,  teneamipsam  aecclesiam,  et  unicuique  anno  libram 
incensi,  in  festivitate  almae  Mariae,  medianteaugusto,  super 
altareipsius  matris  aecclesiae  pro  censo  reddam.  Post  mor- 
tem  videlicet  meam,  supradicta  aecclesia  Dei  genitricis 
Mariae  in  communia  fratrum  ibidem  Deo  servient|i]um  sine 
ullo  contradicente  remaneat.  Sane  si  qui  s,  ego  aut  rex, 
aut  prepotens  nobilis,  seu  ignobilis  persona,  contra  kartam 
vel  donationem  istam  aliquid  inquietare  presumpserit.  .  .  . 
Facta  carta  ista  mense  octobrio,  viiii  kalendas  novembris, 
anno  vi  régnante  Enrico  rege. 

Signum  Hictori,  qui  cartam  istam  scribere  fecit;  S. 
Renconi,  Arvernis  aecclesiae  episcopo  ;  S.  Stephano, 
abbati  ;  S.  Unaldo,  archidiacono  ;  S.  Teotardo,  archi- 
diacono  ;  S.  Eldino  ;  S.  Guigoni,  presbitero  ;  S.  Aut- 
berto,  capudschol[ae] '.  Johannes  rogit[at]us  scripsit. 


typique  qui  est  à  citer  :  «  Eorum  nanique  nominibus  vel  aedifîcia  inscribun- 
tur,  vel  ducuntur  triumphi,  (luoruin  imperio  ;ic  ralione  instilutasunt,non 
nuorum  opère  servitioqiie  perfecla. . .»  [De  Musica,  lib.  I,  c.  XXXIV,  éd. 
Mif,'ne,  col.  1195.) 

1.  l.'é^iise  du  Saint-Sépulcre  appartient  ainsi  d'abord  à  l'Église  de  Cler- 
mont;  ce  n'est  sans  doute  qu'après  sa  cession  àl'abbajede  la  Chaise-Dieu, 
dont  les  commencements  remontent  à  l'an  10i6  enviion  et  l'érection  défini- 
tive en  monastère  à  1052,  qu'elle  fut  qualifiée  de  prieuré  et  soumise  aux 
observances  monastiques"  \'ayssière,  op.  et  loc.  cit.).  Le  prieure  du  Saint- 
Sépulcre  appartenait  à  la  paroisse  de  Thionne,  à  1500  m.  au  N.-O.  de  Jali- 
gny,  sur  un  coteau  formant  la  rive  gauche  de  la  vallée  de  la  Besbre.  Cette 
ancienne  église  n'existe  plus  ;  Jaligny  est  aujourdui  ch.-l.  de  c,  arr. 
La  Palisse  (Allier). 

2.  Ce  «  capiscol  »  s'occupa-t-il  de  la  construction  ?  Les  textes  ne  le  disent 
pas,  mais  cela  n'aurait  rien  d'invraisemblable  :  car  plus  dun  document 
du  moyen  âge  nous  montre  des  maîtres  des  écoles  d'églises  cathédrales 
s'occupant  de  constructions  religieuses  ou  civiles.  Tel  fut,  à  Saintes,  tout 
au  commencement  du  xiir  siècle,  le  clerc  Isembert,  qui  se  signala  par  la 
construction  du  pont  de  celte  ville,  et  de  celui  de  La  Rochelle,  ainsi  que 
par  la  réparation  et  l'entretien  de  celui  de  Londres  (Acte  de  1202,  inséré 
dans  le  Bull,  de  lu  Soc.  des  Antiq.  de  France,  a.  1870,  p.  126,  128-130). 


[1036-1048]       DE  l'architecture  ex  France  109 

XXX 

Vers  1036-1048. 

Accord  conclu  entre  les  abbés  clAniane  et  de  Saint-Guillem- 
du-Désert,  dans  le  Bas- Languedoc,  au  sujet  d'un  pont  à 
construire  sur  V Hérault,  au  Gouffre-Noir,  d  après  les 
conditions  suivantes  :  i°  fourniture  par  Vabbé  d'Aniane 
des  matériaux,  et  construction,  par  ses  soins,  de  la  moitié 
du  pont,  selon  le  marché  d'entreprise  fait  avec  un  maître 
d'œuvre  ;  ^^  interdiction  d'édifier  aucune  église  ou  forti- 
fication sur  le  pont,  et  de  prélever  aucun  droit  d'usage 
ou  cens  pour  le  passage  dudit  pont. 

Cartulairede  Gellone,  fol.  11  v  et  12  r",  aux    Arrh.    départementales     de 
rHérault,  sér.  II  (fonds  de  l'abbaye  de  Saint-Guillem-le-Désert) '. 

Cf.  Histoire  (/en.  de  Lamjnedoc,  nouv.  éd.,  Pr.,  t.  V  (1875),  col.  393, 
n"  CLXV.  — Cartulaire  des  abbayes  dWniane  et  de  Gellone,  publ. 
d'après  les  mss.  originau.v  :  Cartiil.  de  Gellone,  par  P.  Alaus,  1  abbé 
Cassan  et  E.  Meynial,  1"  fasc  (1897),  p.  23,  n"  XX,  Soc.  archéologique 
de   Montpellier.) 

De  convementia  abbatlm  vel   monachorum  gellonensium 

8IVE    AMANEiNSlLM,      ET     DE     CONSTRLCTIOiNE    POXTl    [sic)     SUPER 
GURG1TE  INIGRO^. 

Hic  estbrevis  et  testamentum  de  convenientia,  que  facta 
est  inter  abbatem  Poncium  Sancti  Salvatoris  Anianensis 
monasterii,  et  monachos  ejusdeni  loci,  et  abbatem  Gauzfre- 
dum  -^  Sancti   Salvatoris  Gellonensis   monasterii,  et  mona- 

1.  Nous  adressons  tous  nos.  remerciements  à  notre  confrère,  M.  J.  Ber- 
theié,  archiviste  en  chef  de  l'Hérault,  qui  a  bien  voulu  revoir  ce  docu- 
ment sur  le  manuscrit  conservé  dans  ses  Archives,  et  nous  communiquer 
des  renseijj^nements  topographiques  très  précis  sur  cette  ancienne  charte 
Languedocienne. 

2.  Les  cotes  marginales  du  ms.  (fol.  12  r")  sont  les  suivantes,  au  sujet 
de  celle  rubrique  :  Acordo  de  pontem  in  abbatem  Anianensem  et  abba- 
tem Gellonensem  'Récriture  du  xv-xvi"  siècle)  ;  —  Constructio  pontis  facta 
a  duobus  abbatibus  Aniane  et  Sancti  Guilelmi  (écriture  du  xvii'-xviir 
siècle).  —  Le  pont  qui  fut  construit  par  les  abbayes  d'Aniane  et  de 
Gellone  a  été  depuis  remanié  et  élargi,  mais  il  n'a  pas  cessé  d'exister,  et 
il  sert  au  passage  delà  route  qui  réunit  Aniane  avec  Saint-Jean-de-Fos. 
Aniane,  ch.-l.  de  c,  arr.  Montpellier  (Hérault)  ;  —  Gellone,  auj.  Saint- 
Guilhem-le-Désert,  cant.  d'Aniane,  arr.  Montpellier,  est  situé  dans  les 
gorges  de    l'Hérault. 

3.  Le  texte  de  VHist.  de  Lancj.  donne  après  ce  mot  :  monasterii  Sancti 
Salvatoris,  et  monachos ... ,  le  texte  du  Cartul.  :  et  monachis. 


110  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1036-1048] 

ch[o]s  ejusdem  loci,  de  ponte(m)i  quem  fecerunt  super  flu- 
vium  qui  dicitur  Eraur  ~,  in  loco  nominato  Gurgonigro-^,  in 
presentianionachorum,  id  est,  Elisiarii  etGifredi  et  Gonstan- 
tii,  etinpresentiamonachorum  Gellonensium,  id  estDeusde  ^ 
et  Geraldi  et  Barnardi  et  Wilelmi  et  Hugonis  et  Hildenonis 
et  Gauzfredi,  clericis  {sic),  et  in  presentia  laicorum  homi- 
num,  id  est,  Raimundi  de  Gignacho  ^  et  Lautardi  de  Nibiano  ^ 
et  Geraldi  Richardi  et  Barnardi  Golfaldi  et  Poncii  Garbo- 
nelli  ^.  In  eorum  presentia,  talem  convenientiani  suprascri- 
pti  abbates  et  monachi  illorum.  inter  se  fecerunt  ^,  ut  abbas 
Poncius  et  monachi  illius  pertractum  faciant  ^  ad  pontem, 
id  est,  de  lig"n[o]  et  de  pétris  et  de  calce  et  de  arena  et  de 
ferro  et  de  plumbo  et  de  corda«  [sic).  Et  quando  pertractum 
Poncius  abbas  et  monachi  illius  habuerint  factum,  débet 
facere  abbas  Gauzfredusi'^  et  monachi  illius  medietatem  de 
ponto(sic),et  redemptionem  dare  admagistrum'Mstamcon- 
venientiam  suprascriptam  Poncius  abbas  et  monachi  illius 
atendrau^-^  si  cum^^gpigcopo  Fredolone  trobar  o  podun,  sine 


1.  Le  ms.  ofTi-e  bien  ici  la  lecture  pontem  au  lieu  de  ponte. 

2.  L'Hérault,  né  dans  le  déparlement  du  Gard,  après  avoir  coulé  à  tra- 
vers une  série  de  gorf^es  pittoresques,  entre  dans  la  plaine  en  aval  du  pont 
en  question,  pour  se  diriger  ensuite  vers  Gignac,  Saint-Thibéry  et  Agcle. 

3.  Le  Gouffre  Noir,  goufîre  dans  le  lit  de  l'Hérault,  en  amont  de  Saint- 
Jean-de-Fos,  en  aval  du  moulin  de  Clamouse.  Le  village  de  Saint-Jean-de- 
Fos  s'est  appelé  Saint-Jean-du-GoullVe-Noir  :  «  ecclcsiam  seu  parro- 
chiam...  S.    Johannis  de    Gurcjite  NU/ro.  »  (Voy.  le  Cartiil.  de  Gellone,  éd. 

•  Alaus,  Cassan  et  Meynial,  p.  18.) 

A.  Et  non  Deiisdet  (éd.  Hist.  de  Languedoc). 

5.  Gignac  (ch.-l.  de  c,  arr.  Lodève,  Hérault)  est  une  commune  limi- 
trôplie  de  celle  d'Aniane. 

6.  Nébian,    com.  du  cant.  de  (>lermont-l'Hérault,  arr.   Lodève. 

7.  CarfeoneWJ,  d'après  le  ms.,  corrigé  par  e.xponcluation  en  Carhonelli. 

8.  I.,e  même  texte  reporte  fautivement  fecerunt  après  convenientiani. 

9.  ¥A  non  facient  (même  texle).  —  Pertractus,  transport. 

10.  Ce  nom  manque  dans  ledit  texte. 

11.  Voy.  supra,  p.  lOô,  le  texte  XXVIH,  relatif  à  la  construction  de  l'ab- 
batiale de  Conques,  pour  l'emploi  du  terme  marfister,  que  nous  trouvons 
de  nouveau  ici  dans  ce  texte  du  Languedoc. /{edem/j</o  aie  sens  classique 

12.  Le  ms.  donne  alrendrau,  corrige  par  une  exponctuation  et  une  addi- 
tion   supralinéaire  en  alendrau. 

13.  Ce  membre  de  phrase  assez  obscur  i)ara!t  signifier  que  les.  moines 
d'Aniane  observeront  la  convention  de  bf)nne  foi,  s'ils  peuvent  arriver  à 
s'arranger  avec  F^rcdelon,  évoque  de  Lodève  (diocèse  où  était  situé  Gellone, 
tandis  qu'Aniane  se  trouvait  au  diocèse  de  Maguelone).  L'évcquc  Fréde- 
lon  serait  à  inscrire  sur  la  liste  épiscopalc  incomplète  de  Lodève,  entre 
1033  et  1042  environ. 


[1040-1060]       DE  l'architecture  en  frange  111 

do[l]o  ^  In  ponto  (sic)  çiutem,  non  habeat  ecclesiam,  neque 
castellum,  neque  nulla  forteza,  excepto  ponto  (sic),  et  nul- 
lum  usum  nec  ullum  censum  Poncius  abbas,  nec  Gauzfredus 
abbas,  nec  monachi  illorum,  in  ponto  («ic)nonmittant,  nec 
illi,  nec  nullus  homo,  nec  ulla  femina. 


XXXI 

Après  1040  —  après  1060. 

Origine  du  nom  de  Château-Renault.  —  Formation  et 
développement  de  la  ville  de  Vendôme  ;  fondation  de  Vah- 
haye  de  la  Trinité;  V église  canoniale  de  Saint-Georges  ou 
chapelle  comtale.  —  Les  trois  groupes  de  constructions 
seigneuriales  d'Amhoise  -  ;  reconstruction  en  pierre  d'un 
donjon  de  bois  audit  lieu. 


Chronica  de  (jestis  consulum  Andegavoriim,  dans  les  Chroniques  d'Anjou, 
publ.  par  F*.  Marcheji^ay  et  A.  Salmon  (Soc.  hisl.  de  France],    t.    I  (1856), 
p.  125,  p.  131-132. 
(Cf.  Historia  comil.  Andegav.,  éd.  cit.,  p.  333.) 

Facta  est  autem  praegnans,  [conjux  nomine  Beatrix], 
eodem  anno  quo  eamduxerat  [Gosfridus,  filius  domini  Cas- 
tri  Gunterii]  ;  unde  hilaris  elTectus,  statim  coepit  aedificare 
nobiliter  castrum.  Cum  autem,  ut  quantocius  aedifîcaretur 
elaboraret,  natus  est  ei  infans  masculus.  Qui .  .  .  puerum 
nomine  patris  sui  vel  fratris,  Rainaldum  videlicet,  vocari 
praecepit  :  castrum  autem  novum,  ex  nomine  filii  sui, 
Castrum  Rainaldi  ^  vocari'*  praecepit. 

1.  Le  lexic  de  V H is t.  de  Languedoc  donne  dolo  ;  celui  d'Alaus,  Cassan 
et  Meynial  dono,  comme  le  carlulaire  ms. 

2.  Voy.  L.  Halphen,  Le  comté  d'Anjou  au  XI'  siècle  (1906),  p.  50,  n.  — 
Château-Gontier  est  aujourd'hui  ch.-l.  d'arr.  (Mayenne). 

3.  ChAteau-Renault,  auj.  ch.-i.  de  c,  arr.  Tours  (Indre-et-Loire). 

4.  Cf.  sur  les  surnoms  de  châteaux,  Ghampollion-F"if^eac,  Droits  et 
usagen,  dans  la  Revue  archéologique,  XVI'  an.,  2"  part.,  p.  513-514.  — 
Les  chroniques  ne  nous  renseignent  pas  souvent  sur  l'orifrine  des  noms  de 
villes;  pour  Laigle,  en  Normandie,  cf.  ce  texte  :  »  in  oppido  Richerii  (quod 
pro  nido  aquiiae,  ibidem  inqucrcu  reperto,  dum  castrum  a  Fulberto  fieret, 
Aquila  dicitur  »  (Order.  Vital,  Hist.  eccl.,  1.  IV,  éd.  A.  Le  Prévost,  t.  II, 
p.  295.) 


112  TEXTES    RELATIFS    A    l'hiSTOIRE  [1 040-1 060J 

Gosfridus^  Martellus~,filius  Fulconis.  .  .  aedificavit  coeno- 
bium  Sancte  Trinitatis'^  apud  Vindocinum  castrum  *,  mona- 
chosque  posuit  et  abbatem  constituit.  Causa  autem  aediH- 
cationis  hujuscemodi  exstitit.  Quodam  tempore,  domi- 
nico  die,  aurora  illucescente,  contigit  consulem  una  cum 
uxore  ad  fenestram  aulae,  qua  thalamus  ejus  illuminatur 
versus  aquilonem,  faciem  posuisse.  Erat  autem  aula  in 
supercilio  montis,  ubi  nunc  ecclesia  Beati  Georgii  habetur, 
Burg-us  autem,  ubi  habitantium  multitude,  ex  latere  mon- 
tis contra  aquilonis  flamen  erat;  extra  burgum  autem,  con- 
tra orientem  erant  pascua  latissima,  et  in  medio  fons. 
latissimus  ubi  et  ad  quem  pêne  universus  populus  castri 
veniebat  haurire ...  Ecclesia  Beati  Martini...  prope  ipsum 
fontem  erat-*.  .  .Omnes  autem...  unum  dedere  consilium, 
ut  in  ipsis  pascuis  ecclesiam  aedificaret  in  honore  Sancte  Tri- 
nitatis,  et  altare  ipsius  ecclesiae  super  ipsum  fontem  cons- 
titueret,  servos  inibi  congreg-aret  qui  die  noctuque  Deo  ibi 
servirent.  Qui  sano  consilio  adquiescens,  coepit  juxta  eccle- 
siam aedifîcare  officinas  utiles  monachis ...  Uxor  vero  eju& 
aedificavit  in  supercilio  montis  ecclesiam  Sancti  Georgii, 
canonicosque  posuit,  et  Gapellam  Consulis  vocari  praecepit. 


1.  Op.  cit.,  p.  131. 

2.  Sur  Geotî'roi  II  Martel,  comte  d'Anjou,  et  ses  constructions  ou  res- 
taurations d'abbayes  et  de  châteaux,  voy.  L.  Halphen,  op.  cit..,  notam- 
ment p.  83,  88,  155,  n.  3,  263,   279. 

3.  Sur  la  fondation  de  la  Trinité  de  Vendôme,  voy.  l'abbé  C.  Métais. 
De  L'aulhenlicité  des  chartes  de  fondation...  de  Vabbaye  de  la  Trinité..,, 
dans  le  Moyen  âge,  2°  sér.,  t.  VIII  (1904),  p.  1-44.  —  cf.  L.  Halphen,  Étude 
critique  sur  les  chartes  de  fondation...,  reçoit.,  2°  sér.,  t.  V(1901),p.  69-112; 
le  même,  Les  chartes  de  fondation  de  laTrinité...,  reçoit., 3°  sér.,  t.  VIII 
(1904),  p.  401  et  s. 

4.  Ce  texte  est  particulièrement  intéressant  pour  l'histoire  de  la  forma- 
tion d'une  ville  au  xi'  siècle .  Vendôme,  Vindocinum  castrum,  nous  ofï'ri' 
un  exemple  typique  de  la  situation  du  buryus,  du  palais  seif^neurial  avec 
ïaula,  de  l'église  de  la  Trinité,  des  bâtiments  monastiques  et  des 
églises  voisines.  Sur  les  agglomérations  urbaines  au  xi'  siècle,  souvent 
partagées  entre  plusieurs  exploitations  (cité,  bourg,  château)  et  dépourvues 
ainsi  d'unité  matérielle  (cf.  Tours,  Périgueux,  Toulouse,  Albi,  Montpellier. 
etc.),  voy.  A.  Luchaire,  les  premiers  Capétiens,  dans  l'Hist.  de  Fr.  de 
E.  Lavisse,  t.  H,  p.  36  et  s.  ;  voy.  aussi  J.  Flach,  Orig.  del'anc.  Fr.,  t.  II, 
liv.  III,  1"  part. 

5.  Suit  le  récit  d'un  passage  de  météores  dans  le  ciel,  phénomène  qui 
fut  interprété  comme  devant  amener  la  construction  d'une  église,  à  l'en- 
droit où  ce  phénomène  avait  été  observé. 


[1041-1065]       DE  l'architecture  en  frange  113 

2 

Gesta  Ambuziensiuin  dominoruin,  op.  et  t.  cit.,  p.  175. 

[Après  1060].  — Erant  autem  tune  Ambasiae^  très  opli- 
mates,  quorum  nullus  alii  credebat  fore  secundus  nec  erat, 
et  quorum  nullum  servitium  alter  alteri  debebat,  habentes 
singuli  domos  defensibiles  :  Supplieius  -,  dominus  turris 
lapideae,  et  Fulcoius  de  Torinneio-^, .  .  .qui  dominus  domus 
quae  Mota  Fulcoii  dicebatur  erat  ;  tertius  erat  Ernul- 
fus  '^,  filius  Leonii  de  Magduno,  custos  domus  consulis,  quae 
vocatur  Domicilium  •'',  ad  cujus  jus  pars  major  Ambaziensis 
castri  pertinebat.  Fulco  comes,  pater  Martelli,  Leonio  de 
Magduno  in  feodo  custodiam  Domicilii .  .  .  olim  donaverat  '•. 

XXXII 
1041,    et  vers  1065,  Toulouges,  près   de  Perpignan, 

Constitutions  de  paix   et  de    trêve  édictées  par  le   concile 
réuni  en   ce    lieu'',     pour  la  province  ecclésiastique  de 

1.  Amboise,  ch.-l.  de c.,arr. Tours  (Indre-et-Loire). — Cf.  Chevalier,  Rép. 
lop.-bibL,  I,  col.  90,  v°  Amboise  ;  voy.  surtout  Amboise,  le  château,  la  ville 
et    le  canton  (Soc.  archéol.   de  Touraine,  1897,  p.    «0  et  s.,  fiff.). 

2.  "  F'ecit  Sulpitius,  dominus  Ambasiae,  apud  .\mbasiam,  turrem 
lapideain,  tam  altam  <juod  exinde  posset  videre  Turonis  villam  et  eccle- 
siam  confessons  »  [Hist.  de  Fr.,  t.  X,  p.  283.)  Cette  tour  de  pierre,  qui 
devait  être  d'une  hauteur  considérable,  avait  remplacé  un  donjon  en  bois  : 
«  Supplieius  Ambaziaco,  in  loco  ubi  domus  praedicti  fratris  liqnea 
erat,  arcem  /aptdeam...  construxit...  Cum  turre  Ambaziae /aptdea...  »  {Gesta 
Ambaz.  doinin.,  p.  169.)  Cf.  à  propcjs  de  la  tour  d'Amboise,  sous  le  comte 
d'Anjou,  Foulque  Rechin  (1067-1109)  :  «  cellarium,  quod  sub  thalamo 
turris  erat  »  [Gest.  Ambaz.  domin.,  dans  les  Chroniques  d'Anjou, 
p.  181). 

^.  Foulque  de  Torij,'ni.  —  La  Motte-Fulcois. 

4.  Ernoul,  fils  de  Léon  de  Meung,  gardien  du  palais  conital. 

5.  C'est  le  château  du  palais  du  comte,  plus  avancé  que  la  tour  pro- 
prement dite  :  «  porreclius  turre  ». 

6.  Voy.  Hach,  Orifj.  de  l'anc.  Fr.,l.  11,1.  IH,  ch.  X,  p.  352-35.3,  pour  ces 
événements  et  ces  constructions  des  trois  seigneurs  qui  se  partageaient 
alors  la  ville  d'Amboise  {castrum  Ambaziacense),  sous  la  suzeraineté  du 
comte   d'Anjou. 

7.  Toulouges  (cf.  la  forme  Tuluges,  Tulujes),  aujourd'hui  c.  et  arr 
de  Perpignan  (Pyrénées-Orientales). — Voy.  Chevalier,  Rép.  top.-  hibl.,  11 
col.  3187,  v"  Tuluges,  pour  les  autres  sources  de  ce   concile. 


i\i  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIKE  [1041-1065J 

Narbonne  [notamment  pour  les  diocèses  de  Girone 
et  d'Elne),  pour  les  comtés  de  Roussillon  et  de  Cerdagne^ 
de  Valespir  et  de  Consent,  d'Ampurias  et  de  Be'salu, 
et  pour  le  vicomte  de  Castelnou^  relativement  aux  zones 
de  protection  établies  autour  des  églises^  cimetières  et 
habitations  voisines,  aux  églises  fortifiées  ou  à  fortifier, 
ainsi  quà  celles  servant  de  lieux  de  refuge  ou  de  recel 
aux  malfaiteurs  et  aux  voleurs  ;  mesures  de  protection 
accordées  aux  maisons  rurales,  à  celles  des  clercs,  aux 
colombiers,  aux  granges  à  pailles,  etc. 


1 

Recueil  des  Hist.  de  France,  t.  XI,  nouv.    éd.  (1876),  p.    510. 

(Cf. P.  de  Marca,  Marca  hispanica.  (1688),    Append.,  col.  1138  et  s.  — 
Histoire  gén.  de  Languedoc,   nouv.   éd.,  t.  V  (1875),  Pr.    n°  GLXXXVI, 

p.   442.) 

I.  —  Haec  est  pax  ^  confirinata  ab  episcopis,  et 
abbatibus,  et  comitibus,  nec  non  vicecomitibus,  et  cae- 
teris  mag'natibus  Deum  timentibus,  in  episcopatu  illo,  vide- 
lice  t  ut  ab  ista  die  et  deinceps  nullus  homo  ecclesiam  non 
infringat,  neque  spatium,  neque  coemeterium,  nec  man- 
siones  quae  in  circuitu  ecclesiae  sunt  aut  erunt,  usque  ad 
XXX    ecclesiasticos    passus. 

II.  —  Ecclesiasautem  illas  in  hac  def(f)ensionenon  poni- 
mus,  in  quibus  castella-  facta  sunt  aut    erunt ^r  eas    vero 

1.  Sur  les  dispositions  de  la  paix  et  de  la  trêve  de  Dieu,  voy.  L.  Iluherli, 
Gottesfrieden  und  Landf'rieden,  I.  Die  Friedesordnunj,'en  in  Frankreich, 
1892  ;  cf.  A.  Luchairc,  dans  VHist.  de  France,  d'E.  Lavisse,  t.  II  (1900  , 
ch.  IV,  p.  133  et  s.  (avec  des  renvois  biblioj,n'apliiques). 

2.  Pour  les  églises  fortifiées,  à  l'époque  romane  et  postérieurement, 
notamment  dans  le  Midi  de  la  France,  voy.  Enlart,  Manuel  d'archéol. 
franc.,  t.  II,  Archit.  mil.,  p.  545  et  s.,  avec  de  nombreux  exemples  pris 
dans  diverses  réf,'ions.  —  Pour  ce  qui  concerne  le  Roussillon  et  les 
anciens  comtés  de  cette  ré},'ion,  voy.  la  savante  étude  de  Hrutails,  Notes 
sur  l'architecture  religieuse  du  Roussillon,  dans  le  Bull,  archéol.  du  Co- 
mité, 1892,  p.  606-609,,^  Fortification  des  éj^lises  :  «  La  plupart  des  églises 
du  bas  pays  Roussillonnais  étaient  fortifiées.  L'église  romane,  déjà  forte 
par  l'épaisseur  de  ses  murailles,  était  tout  indiquée  pour  servir  de  réduit  : 
il  suflît  de  quelques  adjonctions  pour  transformer  en  forteresse  cette 
construction  d'une  résistance  purement  passive.  Il  importe  de  remarquer 
que  ces  travaux  de  défense  sont  presque  toujours  de  date  postérieure  à 
l'édifice.  » 

3.  Aut  erunt  manque  dans  le  texte  de  P.  de  Marca. 


|i041-i063i  DE  l/ARrHlTKCTLRE  EN   FRANCE  ll.'i 

ecclesias  in  quibus  raptores  vel  fures  praedam  vel  furta 
congregaverunt,  vel  malefaciendo  inde  exierunt,  aut  illuc 
redierunt,  tamen  salvas  esse  jubemus,  donec  querimonia 
malefacti  ad  episcopum  illius  aut  ad  sedem  et  conventum 

canoilicorum  ejusdem  sedis  prius  pervenlat 

V.  —  Mansiones  vero  pagensium  vel  clericorum  arma 
[non]  '  ferentium,  et  columbaria  et  palearia  ullus  homo 
non  incendat  vel  destruat. 


Mansi,  Sucrorum  concilinruin  collectio,  t.  XIX  (177  5),  col.  lOil. 
(Cf.  P.deMarca.  (]oncordi,i  sncerdotiietimperii,  éd.  Baluze(1669],  p.  250.) 

[Vers  lOëoJ.  —  1.  —  Haec  est  treuga  et  pax  contirmata  al> 
archiepiscopo  Narbonensi,  domno  Guifredo  '-,  et  a  Beren- 
gario-^,  Gerundensi  episcopo,  et  a  domno  Raymundo  '% 
Helenensi  episcopo,  et  a  comitibus  Russilionensium...  et 
a  domno  Poncio  ',  Impuritanensi  comité,  et  a  domno  Guil- 
lelmo'',  Bisuldunensium  comité,  et  a  domno  Raymundo', 
Gerritanensium  comité,  et  a  domno  Gauzberto,  vicecomite 
de  Castronovo  ^,  cum  caeteris  magnatibus  llelenensis  epis- 
copatus,  in  Tulugiensi  prato  quod  est  in  comitatu  Ros- 
silionis . . . 

II.  —  Gonstituerunt  namque  praedicti  pontilices,    cum 
consensu  caeterorum  nobilium,    ut  in   comitatu  Russilio- 


1.  [non]  manque  dans  le  texte  du  Rec.  des  Hisl.de  France.,  op.  et  loc.  cil. 
Nous  rétablissons  ce  mot  d'api'ès  le  texte  de  lu  nouv.  éd.  de  VHist.  de 
Languedoc. 

2.  Guifredde  Cerdagne,  archevêque  de  Narbonne,  vers  1018-1079. 

3.  Bérenger  (iuifred,  évêque  de  Girone,  depuis  1050  au  moins  jusqu'à 
109.S. 

4.  Raimond,  évëque  d'Elne,  déjà  en  fonctions  en  1064,  mort  en  1087. 

5.  Pons  1°%  mort  vers  1079,  comte  d'Ampurias,  région  bornée  par  la 
Méditerranée,  les  Pyrénées,  le  Uoussillon  et  le  Bésalu. 

6.  (luilhem  II,  comte  de  Bésalu  (1032  à  1095  environ),  sur  la  Fluvia, 
au  N.-O.  de  Girone. 

7.  Raimond,  comte  de  Cerdagne,  de  1025  au  moins  à  1068. 

8.  Castelnou  ou  Castelnau  (c.  du  cant.  de  Thuir,  arr.  Perpignan)  est  une 
localité  où  se  trouvent  encore  les  ruines  d'un  vieux  château. 


116  TEXTES  RELATIFS   A  l'histoire  [1042-1043] 

nensi,  vel  Confluentario  i,  vel  Vallispiriensi-,  ullus  homo 
ecclesiam  non  infring-at,  neque  cimeteria  vel  sacraria, 
XXX  passuum  ecclesiasticorum  in  circuitu  uniuscujiisque 
ecclesiae,  nisi  episcopus...  propter  hominem  excommunica- 
tum,  aut  propter  suum  censum... 

III.  —  Ecclesias  vero  illas  ubi  castra  fuerint  constructa, 
sive  ubi  fures  vel  rapaces  congreg-averint  furta  vel  prae- 
dam  vel  malefacta,  tamdiu  posuerunt  eas  jam  dicti 
episcopi  in  defensione  praedictae  pacis,  quousque  queri- 
monia  praedictarum  ecclesiarum  deferatur  Helenensi  epis- 
copo,  et  ejus  judicio  aut  juste  emendetur  quod  in  ipsis 
ecclesiis  commissum  fuerit,  aut  ab  eodem  episcopo  ipsae 
ecclesiae  a  defensione  praelibatae  pacis  separentur... 

VIII .  —  Mansiones  ^  villanorum  nemo  incendat  neque 
evertat. 

XXXIII 

1042-1043,  4  septembre,  Saint-Gilles '^ 

Constitutions  de  paix  et  de  trêve  édictées  par  le  concile 
réuni  en  ce  lieu^  concernant,  pour  diverses  provinces 
ecclésiastiques  ou  diocèses,  en  Languedoc,  Provence,  Viva- 
rais,     Viennois    et    Dauphiné,    les   zones    de    protection 


1.  Le  Gonflent,  petit  comté  de  cette  région,  ayant  Villefranche  pour 
chef-lieu.  —  «  L'abside  romane  de  Corneilla-de-Conflent  (Pyrénées-Orien- 
tales) et  l'abside  d'Annot  (Basses-Alpes)  forment  une  tour  d'enceinte.  » 
(Enlart,  op.  cil.,  t.  II,  p.  552.)  «  A  Elne,  dit  M.  Brutails  {op. cit.,  p.  60S),  on  a, 
au  xii'  siècle  peut-être,  arasé  le  sommet  du  pigncjn  de  la  façade  ouest  pour 
relier  les  deu.v  clochers  par  un  crénelage  horizontal.  »  Ce  genre  de  fortifica- 
tion s'est  continué  depuis  lors.  Encore  aujourd'hui,  l'abside  romane  de  Cor- 
neilla-de-Connent  (Pyr.-Or.)  forme  une  tour  denceinte  (Enlart,  Man.  d'ar- 
chéol.  fr.,  t.  II,  p.  552).  C'est  surtout  la  défense  des  portes  qui  paraît  avoir 
exigé  des  soins  particuliers. 

2.  Le  Valespir,  autre  petit  comté,  avec  Prats-de-Molio  pour  chef-lieu. 

3.  Les  constructions  rurales  faites  en  bois,  qui  devaient  être  nom- 
breuses à  cette  époque,  étaient  celles  qui  étaient  le  plus  exposées  à  l'in- 
cendie et  à  la  destruction. 

4.  Aujourd'hui  cli.-l.  de  c,  arr.  Nîmes  (Gard).  —  'V^oy.  l'énuméra- 
tion  des  évoques  appartenant  à  ces  régions,  en  tête  des  statuts  de  ce 
concile.  Nous  y  relevons  notamment  les  jjrélats  d'Albi,  Lodève,  Viviers, 
Saint-Paul-Trois-Ghûteaux,  liiez,  Digne,  Nice,  etc. 


[1043-1187]       DE  l'architecture  en  frange  117 

fixées  autour  des  églises  dans  les  cités,  dans  les  châteaux- 
forts  ou  dans  les  campagnes ,'  les  églises  fortifiées  en  sont 
exclues. 

Recueil  des  Hist.  de  France,  t.  XI,  nouv.  éd.  (1876),  p.  513. 

(Cf.  P.  de  Marca,  De  concordia  sacerdotii  et  imperii  (1663),  p.  282. 
—  Pour  les  autres  sources  de  ce  concile,  voy.  Chevalier,  Rép.  top.- 
bibl.,  II,  col.  2707,  v  Saint-Gilles.) 

II.  —  Ecclesias*  autem,  quae  intra  castellum  aut  civi- 
tatem  fundatae  fuerint,  aut  in  villis,  aut  in  agris,  illae 
videlicet  in  quibus  aedifîcium  ad  debellandum  non  habe- 
tur,  vel  cum  quibus  seditio  non  exercetur,  n'ec  malefac- 
torum  excursus  ad  reparanda  damna  civilia  vel  communia 
fieri  comprobatur,  hanc  pari  consensu  volunt  et  definiunt 
habere  potestatem,  ut  nemo  infra  terminum  XXX  dex- 
troruni^  circa  ecclesias  positum  quicquam  rapere  praesumat, 
nec  uUi  personae  nocenti  aut  innocenti  malum  ing-erat, 
nisicum-^  ipso  termino  malefactor  damnum  intulerit^. 

XXXIV 

1043-1187. 

Travaux  de   reconstruction  et  d'ornementation  de  Véglise 
abbatiale,   du   cloître  et  des  bâtiments  de  Saint-Bertin, 

1.  Sur  ce  texte  en  particulier,  cf.  A.  ChampoUion-F'igeac.  Documents 
paléographiques  relatifs  à  l'histoire  des  beaux-arts...  pendant  le  moyen 
àgre...(1868),  p.  2  45. 

2.  Pour  ce  terme,  voy.  le  Glossaire  de  Du  Gange  (v"  Dextri),  qui  en  donne 
des  exemples,  tirés  notamment  de  statuts  de  conciles  du  xi"  siècle,  et  qui 
l'interprète  de  la  façon  suivante  :  «  dextri  dicnntuv  passus  mensurandi...  »; 
par  extension,  ce  terme  de  mesure  a  signifie  un  emplacement,  lieu  d'asile 
et  d'immunité  situé  autour  d'une  église  et  dont  le  périmètre  en  est  distant 
d'environ  30  pas. 

3.  Dans  ce  dernier  membre  de  phrase,  cum  est  une  conjonction  qui  a 
le  sens  de  quando. 

4.  Cf.  sur  l'extension  du  droit  d'asile  à  un  certain  espace  de  terrain  déclaré 
inviolable  autour  des  églises  :  Ch.  de  Beaurepaire,  Essai  sur  Vasile  reli- 
gieux dans  l'empire  romain  et  la  monarchie  française,  dans  la  Bihl.  de 
V Ecole  des  Chartes,  t.  XIV^  (1853),  p.  351  et  373,  et  t.  XV  (1854),  p.  151  et 
341  ;  P.  Viollct,  Hist.  des  Instit.  polit.,  judic.  et  adm.  de  la  France,  t.  I, 
(1890),  p.  402-404.  Les  terrains  inviolables,  appelés  dextri,  salvitates, 
imniunitates,  dotes,  étaient  généralement  délimités  par  des  murs  ou  des 
croix.  — Ces  prescriptions  furent  remises  en  vigueur  par  un  autre  concile 
tenu  à  Saint-Gilles,  qui  a  été  rapporté  à  la  date  de  1056  (voy.  le  texte  dans 
Labbe,  Concil.,  t.  IX  (1672),  col.  1082). 


118  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1043-H87] 

près  de  Saint-Omer,  entrepris  par  les  soins  des  abbés 
de  ce  monastère.  —  Autres  travaux  d'art  en  pierre  etcn 
bois,  et  d'hydraulique  (^aqueduc  et  moulins)^  exécutés 
sous  la  direction  desdits  abbés  ;  couverture  de  plomb  de  la 
plus  grande  partie  de  V église  abbatiale  ;  reconstruction  en 
pierre  d'un  pont  sur  l'Aa. 

Cartulaire  de  Vahbaye  de  Sainl-Beriin\  dans  los  Doc.  inéd.,  coll.  desCariu- 

laires  de  France,  t.  III,  éd.  B.  Guérard   (1840),  p.    179-180,  189,  200,  275, 

336-.337,  3i0,  34 1  et  346.  —  Appendice  au  même  Cartulaire  (App.  ad  Car- 

tnlarium   Silhiense),  publ.  par  Fr.  Morand,  dans  les   Doc.  inéd.,   1867, 

■p. 93  et  104. 

[1043-106o].  —  Bovo  2  abbas  ...  liberali litterarum  scien- 
tia  eruditus...  inter  cetera  virtutum  suarum  opéra  preclara, 
ecclesiam  hujus  loci,  incendio  concrematam ,  a  fundamentis 
reedifîcare  cepit  ;  sed ,  quanquam  magna  ex  parte  sublima- 
tam,  morte  tamen  preventus,  imperfectam  reliquit.  In  cujus 
restauratione  basilice  adeo  ei  gratia  divina  astitit  ut,  sub 
capitaneo  altari,  dum  illud  everteret,  corpus  sanctissimi 
patris  nostri  Bertini,  ubi,  a  beato  presule  Folquino"^  recon- 
ditum,    ducentis  et  eo  amplius  annis  latuerat,    reppererit. . . 

[1063-1081].  — Heribertus'*  abbas  basilicam,  apredeces- 
sore  suo  domnoabbate  Bovoneinceptam,  ipse  maceriis  exte- 
rioribus,  testudine  arcuata,  piramidibus  innixa  trabibus, 
laquearibus  tectorumque  culminibus  honorifîce  consumma- 
vit  ;  in  cujus  medio  coronam  invise  estimationis,  auro  argen- 
toque  fabrefactam,  desuper  a  laquearibus  suspendit... 

[1081-1095].  —  . . . Ig-nis '\ . .  appulsus  omnem  locum  istum 
enormitate  sui  circumvallat...  Et  quoniam  adhuc  arundinea 


1.  Voy.  H.  de  Laplane,  Les  abbés  de  Saint-Bertin,  d'après  les  anciens 
monuments  de  ce  monastère,  Saint-Omer,  1854. 

2.  P.   179. 

3.  Saint  Folquin,  évèque  de  Thérouanne.  —  Pour  la  critique  de  ce  pas- 
sage, voy.  Fr.  Morand,  op.  cit.,  p.  xvii.  —  Celte  découverte  aurait  eu 
lieu  le  16  juin  1050  (de  Laplane,  ihid.) 

4.  P.  189. 

5.  P.  200. 


[1043-1187]       DE  l'architecture  ex  france  119 

tectura,inigne(a)  facile  in  cineres  redigenda,parsnovebasi- 
lice  tegebatur,  ea  arrepta  ab  igné,  cum  subjecta  lignorum 
materie,  el  cumprope  stante  ardua  turre,  cum  omnibus  adja- 
centibus  officinarum  edibus,  monasterium  quoque  Sancti 
Petri,  a  venerabili  viro  Alquero,  hujus  loci  monac(h]o,  a  fun- 
damentis  inceptum,  tuncque  noviter  consummatum,igneo 
vapore  liquantur , . .  Tam  g^ra vis  infortunii  incommode . . .  abbas 
Johannes'  attractus...  de  reedificatione  tractare  non  distu- 
lit.  Fratribus  intérim  divo  expositis,  utpote  tanto  claustre 
adusto,  totus  in  opus  manuum-  accingitur,  multoque 
labore  omnique  conamine,  bonus  Ghristi  mercenarius,  in 
reedificandis  cenobii  domatibus innititur.  Adeoquc.succes- 
sit  operum  effectus  ut...  in  pristinum,  vel  potius  in  potio- 
rem  quam  prius  fuerant,  restitueret  decorem  et  statum. 
Enimvero,  quoniam  refectoria  domus  tociusque  conlînia 
claustri  ignis  pessundederat,  utru[m1que  ex  integro  repa- 
rans,  claustrumquidem,  quanquamsumptuosisexpensis,  mira 
arte  sculptoria  decoravit  ;  ceteraque  omnia  ex  maxima  parte 
sublimavit,  ampliavit,  et  tectorum  culminibus,  Deo  gratias, 

consummavit 

Postea^  vero,    quod    nemo    se   visurum  putavit,    multo 
sumptu  molendina^  infra  ambitum  curtis  edificare  cepit  nos- 


1.  Jean  I"  d'Yprcs,  abbé  de  Saint-Bertin.  Sur  son  activité  au  point 
de  vue  delà  décoration  artistique  (sculpture  et  peinture  ,  voy.  l'extrait 
publié  par  Fa^-niez,  Doc.  relai.  à  l'hist.  de  Vindustrie. .  .en  France,  Préf., 
t.  I  (1898),  p.  67,  n"  100,  d'après  Folquin,  Curtnl.  de  Sainl-Uerlin,  éd. 
Guérard,  p.  207,  n"  xxxiii  ;  cf.  Préf..  L-LII  :  «  Lifincas  quoque  ima^'ines 
auro  et  argento  cum  lapidibus  fabrili  àrte  superteclas,  dextra  levaque 
capitanee  crucis  statuit. .  .  » 

2.  Nous  avons  déjà  rencontré  dans  nos  textes  des  exemples  du  travail 
manuel  des  abbés. 

3.  P.  275. 

i.  Déjà,  vers  la  fin  du  xr  siècle,  l'abbé  Odland,  qui  avait  établi  sa  rési- 
dence à  Arques,  sur  l'Aa  (aujourd'hui  c.  du  cant.  sud  et  arr.  de  Saint- 
Omer),  «  fit  construire  des  moulins  qui  furent  les  premiers  du  pays. 
Avant  lui,  le  cours  naturel  de  l'Aa  n'avait  point  encore  été  modifié  par  la 
main  de  l'homme  ;  les  branches  de  cette  rivière  appelées  Meldicks  serpen- 
taient à  un  même  niveau  dans  les  marais  qui  s'étendaient  du  détroit  d'Ar- 
qués à  celui  de  Watten,  et  se  perdaient  dans  les  eaux  de  Clairmarais,  en 
se  dirifjeant  vers  la  colline  de  Sithiu.  L'ingénieux  moine  conçut  et  exécuta 
l'utile  dessein  de  détourner  l'une  de  ces  branches,  et  forma  ainsi  sous  le  nom 
de  Haute-Meldick  le  bief  supérieur  des  moulins  du  château  d'Arqués.  Plus 
tard  l'abbé  Lambert  continua  jusqu'à  Saint-Omer  l'œuvre  de  son  devancier, 
et  il  fit  établir  les  moulins  de  Saint-Bertin  (de  1095  à  1123).  «  ^De  Laplane, 


120  TEXTES    RELATIFS    A    LHISTOIRE  [1043-1187] 

ter  Lambertus  ;  et,  contra  opinionem  omnium,  ad  efFectum, 
sicut  hodie  apparet,  adduxit  ;  aqueductum  nichilominus 
subterraneum,  ad  commodum  presentium  et  futurorum, 
omnibus  officinis  sui  monasterii  induxit,  Capellam  Sancte 
Marie,  infirmantium  domum  cum  claustro,  dormitorium, 
hospitium,  duas  turres  in  fronte  monasterii,  pavimentum, 
pomeria,  et  nonnulla  alia  ad  usus  fratrum,  in  ea  honori- 
licentia,  in  qua  hodiequecernuntur,  edificavit  ad  cultum  Dei, 
Gampanas  pêne  omnes,  erucem  auream  preciosi  operis  ^,. 
in  Dei  thesauros  intulit...  Et  insuper  ipsam  ecclesiam 
maxima  ex  parte  plumbo  tegi  fecit. 

[1138-1163.]  —  ...  Ig-nis  prorumpens  de  parvo  tug'urio, 
ex  occidentali  parte  Sancti  Audomari,  medietatem  fere 
castri  et  totum  monasterium  nostrum,  cum  omnibus  pêne 
officinis,  miserabiliter  incineravit,  anno  scilicet  Domini 
MGLII...  Abbas  2  [LeoniusJ...  ad  tanti  excidii  dampnum 
recuperandum  se  accing-ens,  que  de  edificiis  dejecta  erant 
erigere  et  que  angusta  amplificare,  que  vero  minus  pulchra 
et  religioni  idonea  erant  studebat  decorare  et  instaurare... 
Multi  de  suis  elemosinis  operantem  juvare  ceperunt,  et 
precipue  vir  nobilis,  Willelmus  de  Ypra  '\  filius  Philippi, 
fratris  R.  comitis,  qui  plus  quam  Yram,  rex  Tyri,  non 
solum  in  incisione  marmorum,  lapidum  et  lignorum, 
Salomonem  '^  nostrum  juvit,  sed  etiam  in  auro,  argento, 
plumbo  et  diversis  muneribus  totius  operis  non  tam  adjutor 
quam    cooperator  extitit. 


op.  cil.,  p.  41  et  186).  Voy.  ihid.  une  très  curieuse  miniature  du  Cntalogiis 
ahhalum  Bertinensium,  pi.  20,  représentant  une  grande  et  une  petite  roue 
motrice  de  ces  moulins  établis  par  les  soins  de  l'abbé  Lambert.  Cf.  au  sujet 
de  cette  œuvre,  Viollet-le-Duc,Dù;<.  c/erarc/j./"r. ,  t.  VI,p.  401  et  s.,  v»  Mou- 
lin. 

1.  Suit  l'indication  des  œuvres  d'ornementation  que  cet  abbé  fit  faire,  et 
qui  enricliirent  les  trésors  de  l'abbaye. 

2.  Léonde  Furnes,  abbé  dcSaint-Bertin.  Cet  extrait  est  tiré  de  VApp.,  éd. 
Morand,  p.  93. 

3.  Ynres,  aujourd'hui  ville  de  la  Flandre  occidentale  (Belgique),  à  46  kil. 
S.-O.  de  Bruges. 

4.  Allusion  biblique  au  temple  de  Salonion. 


[1043-H87]       DE  l'architecture  en  france  121 

[1171].  — Incarnationis...  dominice  [anno]  septuagesimo 
primo'...  David, Nicolai  militispater,et  abbas  lune  temporis 
de  Claro  Marisco  ~,  comité  permittente  et  sepedicto  preposito 
patrocinante,  molitus  est  in  villa  nostra  deArkes,  perterram 
noslram  fossata  et  aquarum  conductus  facere  ;  et  cum  ab 
abbate  et  monachis  nostris  contradiceretur,  arrog-anter 
comminatus  est  quod  ab  incepto  opère  nequaquam  desis- 
teret,  donec  illud  ad  finem,  secundum  suam  voluntatem, 
deduceret.  Verum  tante  arrogantie  et  presumptionis  impa- 
tiens ultio,  ut  creditur,  divina  haud  longe  post  subsecuta 
est.  Nam  sequenti  die,  predictum  opus  ingressus,  pro 
libitu  suo  operarios  de  conductu  faciendo  docturus,  in 
eodem  loco,  equo  sub  eo  calcitrante,  humi  prostratrus  est  ; 
confractoque  crure,  qui  sa  nus  illuc  advenerat,  domum  in 
lectica  est  reportatus,  ab  invasione  terre  nostre  deinceps 
desistens  •^..  Item  sepenominatus  Robertus,  infra  termines 
parrochie  nostre  Broburgensis  ^  basilicam  fundans,  man- 
siones  et  funiculos -^  possessionum   colonis  distribuit 

Feeit  et  lavatorium  •*  eneum,   fusoria  arte  sumptuose  ela- 


1.  Ce  passage  du  Carlulaire  (p.  33§  el  337)  est  relatif  à  des  événements 
qui  se  passèrent  du  temps  de  Godescalque,  abbé  de  1163  à  1177. 

2.  Clairmarais.  près  de  Saint-Omer,  abbaye  fondée  en  112Spar  labbé  des 
Dunes  et  qui  devint  quelques  années  après  abbaye  Cistercienne  (vers 
1137-1140).  Voy.  H.  de  Laplane,  Vahbaye  de  Clairmarais,  d'après  ses 
archives  (Saint-Onier,  1863).  — Aujourd'hui,  cant.  et  arr.  Saint-Omer  (Pas- 
de-Calais). 

3.  Cf.  ChampoUion-Fif^eac,  Droits  et  usages...  dans  la  fleu.  archéolo- 
gique, xivan.,  1858,  2"  part.,  p.  651. 

4.  Bourbourg,  c.  et  ch.-l.  de  c,  arr.  Dunkerque  (Nord).  Cf.  la  désignation 
suivante,  datant  de  1125  :  «  castellaria  de  Brohurgh  ». 

5.  Allusion  au  cordeau  d'aib^nemenl  {[unis,  funiculus  geometricus)  ser- 
vant à  délimiter  les  lots  de  terre  et  les  emplacements  de  maisons  à  bâtir, 
dun  usage  commun  à  cette  époque.  Cf.  l'expression  suivante:  «  antiquus 
funis  geometricalis  Francorum  ».  (Suger,  T'te  de  Louis  le  Gros.  XV,  éd. 
Molinier,  p.  48,  à  propos  de  la  frontière  de  l'Epte  entre  la  France  et  la 
Normandie). 

6.  Ihid.,  p.  3  iO«  On  peut  avoir  une  idée  dece  travail,  en  examinant  un  des- 
sin du  XV  siècle  sur  une  page  du  n"  755  des  mss.  de  Saint-Omer.  Ce  lavoir 
est  surmonté  dune  statue  équestre  couronnée.  Cette  statue  représente  le 
roi,  dont  le  cheval  repose  au-dessus  d'un  daupliin  vomissant  de  l'eau  à 
gros  bouillons.  Lemonumentest  orné  défigures  historiques  et  artistiques; 
il  a  été  détruit  en  1761,  à  cause  de  sa  vétusté  et  parce  que  les  tuyaux  qui 
servaient  à  alimenter  la  fontaine  ne  pouvaient  plus  contenir  l'eau  néces- 
saire. »  (De  Laplane,  op.  cit.,  p.  233,  n.  5.)  —  Cf.  ihid.,  pi.  22,  du  Catalogus 
abh.  fierh'n.  Cette  description  aurait  pu  trouver  place  soit  dans  le  Dict.  de 
l'arch.  fr.   de  VioUet-le-Duc,  soit  dans  Enlart,  il/a/t.  d'archéol.,  t.  II,  §X. 


122  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1043-H87J 

boratum,  quod,  etsi  quidem  eo  vivente  nequaquam  erectum, 
et  in  loco  claustri  ubi  defuit  fuit  locatum  ;  moriens  tamen 
reliquit  sumptus  ad  hoc  perficiendum  sufficienter  neces- 
sarios,  sicut  efFectus    docet... 

[1177-1187].  — x\ccingitur  1  itaque  novus  athletain  opus 
monasterii  sui  ;  scilicet,  dejecta  etcoiifractaerig^ereetconsoli- 
dare,  ab  antecessoribus  suis  pretermissa  \e\  neglecta  sup- 
plere,  et  restaurare  variis   operibus   et  vestibus  decorare... 

...  Et,  ut  de  opère  ejus  edificiali  in  primis  loquamur, 
statim  ut  abbas  est  effectus,  ante  ingressum  monasterii^ 
pontem  lapideum  per  flumen  A^nionam^,  veteri  qui  jam 
ruinam  minabatur  dejecto,  a  fundanientis  novum  erexit, 
et  sumptuoso  et  quasi  perpetuo  opère  decenter  consum- 
mavit.  Cameram  etiam,  ex  australi  parte  templo  appen- 
dentem,  que  post  incensionem  a  tempore  Leonis  abbatis 
adeo  destructa  et  neglecta  erat,  quod  vix  parietinarum 
ibidem  signa  apparerent,  multo  decentius  et  melius  quam 
antiquitus  fuerat  reedificavit  :  cui  in  latere,  contra  méri- 
dien!, cenaculum  superaddidit,  lignariorum  arte  subtiliter  et 
venuste  compactum,  quod  tocius  curie  est  quasi  spéculum  et 
ornamentum,  estimatis  tamen  expensis,  plus  continens 
pulcritudinis  quam  utilitatis.  Fecit  quoque  crucem  ligneam, 
[ijmagine  Salvatoris  appensa,  astantibus  eciam  Marie,  Johan- 
nis  et  Chérubin  ymaginibus,  aliisque  pluribus,  ad  repre- 
sentationem  dominice  Passionis  pertinentibus,  cruci  vel 
trabi  cui  eadem  inherebat,  miro  décore  affixis:que  omnia, 
arte,  sculptoria  et  pictoria  ineffabiliter  resplendentia,domus 
Dei  ornamento  sunt  valde  et  decori  -K 

1.  P.  .ii2-3i4.  Cf.  Append.,  p.  104.  —  Simon  II,  abbé  de  Sainl-Rertin. 

2.  L'Aa,  petit  fleuve  du  Pas-de-Calais,  dont  une  partie  sert  de  lisière  entre 
ce  département  et  celui  du  Nord. 

3.  Suit  l'indication  du  travail  de  sculpture  du  tombeau  de  saint  Bertin. 
—  On  remarquera  les  précieux  détails  qui  précèdent,  sur  la  décoration 
picturale  et  sculpturale  d'une  partie  de  réj;lise  de  Saint-Bertin  ;  il  est  très 
rare,  en  efl'et,  d'en  rencontrer  de  ce  f,^enre  dans  les  textes  ;  en  ce  qui  con- 
cerne la  poutre  triomphale  avec  ornements  et  surmontée  dune  croix  qui 
séparait  transversalement,  à  une  certaine  hauteur,  le  sanctuaire  du  reste 
de  l'éjirlise  ;  cf.  supra,  le  passage  d'un  texte  relatif  à  la  cathédrale  de  Cou- 
tances,  où  il  est  question  de  la  croix  suspendue  ainsi  dans  l'église  : 
«  ante  erucifixum,  in  medio  ecclesiae  »  {n°  XVIII,  p.  77). 


[Vers  lOiS]       de  l  ARCHiTECruRE  en  frange  123 

Ante  portam  '  monasterii  sui...  fundamenta  doinus 
lapidée  jecit,  quam  suo  successori  in  ultimis  perficiendam 
dimisit...  Fecit  item  abbas  iste,  ex  australi  parte  monas- 
terii, vivarium  unum  -... 

His  de  materialibus  ejus  operibus  succinctim  enarratis  ^... 


XXXV 

Vers  1045. 

Construction  de  réalise  de  Neuvy-Saint-Sépulcre  ^,  en 
Berry,  sur  le  modèle  de  celle  du  Saint-Sépulcre  de 
Jérusalem,  entreprise  par  les  soins  de  Geo ff roi,  vicomte 
de  Bourges. 

1 

Chronicon  Lemovicense,  clans  le  Rec.  des  Hist.de  hr.,  t.  XI  (18"6),  p.  282. 

Hoc  eodem  anno,  ecclesia  Sancti  Sepulchri"'  fundata  est 
in    Bituria,    ad  formam   Sancti    Sepulchri'    lerosolimitani, 


1.  La  porte  du  monastère  de  Saint-Bertin  servit  de  modèle  à  celle  du 
monastère  d'Andres,  près  de  Boulogne.  Voy.  infru  les  textes  relatifs  à 
cette  abbaye. 

2.  P.  344. 

3.  P.  346. 

4.  Cf.  supra  l'acte  du  2  4  octobre  1036,  relatif  à  l'éf^lise  (devenue  prieuré) 
du  Saint-Sépulcre-lez-Jaligny,  fondée  par  Ilictor,  à  son  retour  du  pèlerinage 
à  Jérusalem.  —  «  Les  dates  indiquées  par  les  chroniques,  dit  l'abbé  Cail- 
laud,  sont  faciles  à  concilier.  II  sufiit  d  admettre  que  la  construction  de 
l'église  de  Neuvy  a  été  commencée  en  1042  et  terminée  en  1046.  »  {Notice 
hislor.  et  archéol.  sur  Véglise  de  Neuvy-Saint-Sépulcre,  Indre,  dans  les 
Mém.  lus  à  la  Sorhonne,  Comité  des  trav.  histor.,  Archéologie,  1866,  p.  233). 
Nous  ferons  remarquer  que  la  date  de  1045  est  donnée  par  la  chronique 
d'Anjou  :  c'est  aussi,  à  très  peu  près,  celle  de  la  chronique  de  Tours.  La 
chronique  de  Tours  porte  ici  la  date  de  1042.  Quanta  l'indication  chrono- 
logique donnée  par  le  te.xte  d'Auxerre,  elle  se  réfère  à  une  période  trop 
indéterminée,  à  savoir,  aux  années  1039  (et  non  1034,  comme  on  l'a  imprimé), 
à  1049,  c'est-à-dire  environ  à  l'épiscopat  de  Herbert  II,  évêque  d'Auxerre. 

5.  Neuvy-Saint-Sépulcre,  ch.-l.  de  c,  arr.  La  Châtre  (Indre).  —  Voy. 
Buhot  de  Kersers,  Hist.  et  statistique  monumentale  du  département  du  Cher, 
1875  et  s.,  t.  III,  p.  201,  t.  V,  p.  352.  —  Cf.  U.  Chevalier,  Rép.  top.-hihl.,  I, 
col.  2097. 


124  TEXTES    RELATIFS    A    L 'HISTOIRE  [VerS  1045] 

présente  Odone  Ruffo,  Dolensis'  castri  domino,  et  Bosone, 
viro  illustri  de  Glosis^,  in  cujus  dominio  situs  est  locus 
jam  dictus  Novicus^,  qui  quondam  erat  de  jure  Girardi 
Viennensis*. 

2 

Chronicon  Turonense,  ibid.,  p.  347. 

Anne  Henrici  imperatoris  VI  et  Henrici  régis  XV, 
constructa  5  est  [ecclesia]  Sancti  Sepulchri,  in  Bituria,  ad 
formam  *^  Sepulchri  lerosoljmae. 

3 

Chronicon  Andegavense,  ibid.,  p.  169. 

Gonstructa  est  ecclesia  Sancti  Sepulchri,  in  Bituria,  a 
Gaufrido,  [Bituricensi  vicecomite]. 

1.  Eude  de  Déols,  beau-frère  de  Geoffroi,  vicomte  de  Bourges  (vo>. 
Raynal,  Hist.  du  Berry.  t.  I,  p.  384  ;  Caillaud,  op.  cit.,  p.  233). 

2.  Cluis  en  lierry,  c.  Neuvy  (voy.  ci-dessous). 

3.  «  Ecclesiam  Sancti  Sepulchri  de  Novo  Vico,  quae  juris  ecclesiae  Hie- 
rosolymitanae  et  censualis  ejus  esse  videtur,  huic  nostro  clerico  Simoni 
commendavimus  »,dit  le  pape  Grégoire  VII,  le  28  juin  1079,  en  s'adressant 
à  Boson,  fils  du  comte  de  la  Marche  {Hist.  de  Franc,  i.  XIV,  p.  636).  Cf. 
Raynal,  op.  cit.,  t.  I,  p.  386. 

4.  11  s'agit  de  la  seigneurie  de  Gérard  de  Vienne. 

5.  L'idée  de  cette  construction  paraît  bien  avoir  été  suggérée  à  la  suite 
de  pèlerinages  en  Palestine  qui  eurent  lieu  quelques  années  auparavant, 
et  d'où  l'on  aurait  rapporté  le  pian  du  Saint  Sépulcre.  L'un  des  plus  mémo- 
rables pèlerinages  dont  les  chroniques  nous  aient  transmis  le  souvenir  est 
celui  que  fit,  en  1026,  Guillaume  Taillefer,  comte  d'Angoulême,  escorté  de 
nombreux    seigneurs  et   d'abbés  :  «   Ea  tempestate,  Willelmus,  Engolis- 

mensis  comes,  per  Bajoariam  iter  cepit  ad  Sepulchrum  Domini comi- 

tati  sunt  eum  Odoardus,  Biluricensis princeps,  Ricardiis,  Dolensis  abba.i...  » 
(d'après  VHist.  ponlif.Engolism.  Adem.  Cabann.,  Hist.  deFr.,  t.  X,  p.  162).  Cf. 
l\ayna\,  Hist.  du  Berry ,  t.  I,  p.  376-377,  au  sujet  du  pèlerinage  à  Jérusalem 
et  du  voyage  à  Constantinople  (avant  1031)  d'Azenaire,  qui  devint  plus 
tard  abbé  de  Massay  (auj.  cant.  Vierzon,  arr.  Bourges)  :  «  Nam  olim,  antequam 
monachi  habitum  susciperem,  dum  Ilierosolymam  proficiscens,  apud  Cons- 
tantinopolim,  in  basilica  S.  Sophiae.  sabbato  Pentecostes,  solemni  interes- 
sem  oflicio...  »  (Labbe,  Nov .  bibl.  ms.,  t.  II,  p.  768.) 

6.  Sur  lafoi-me  et  les  dispositions  de  ce  monument  avec  réfection  partielle, 
notammentauxii"  siècle,  voy.  Viollet-le-Duc,  Dict.  de  Varch.fr.,  t.  1,  p.  216  ; 
Quicherat,  Met.  darchéol.,  p.  492,  et  lig.  85;  Enlart,  Jf.ire.  d'arc/ieoi.  fr.,  t.  I, 
|).  217  (^fig.  65),  Caillaud,  op.  cit.,  p.  233  et  s.,  Joanne,  Dict.  géogr.  et  adm. 
de  la  France,  t.  V,  v  Neuvy-Saint-Sépulchre,  vue  de  l'intérieur  etde  l'exté- 
rieur de  l'église,  d'après  une  jjhotogr.  communiquée  parla  Commission  des 
monuments  historiques.  C'est  un  exemple  précieux  d'une  rotonde  pourvue 
de  bas-côtés,  à  l'imitation  de  celle  de  Jérusalem,  «  dérivant  elle-même  de 
la  tradition  romaine  des  mausolées  circulaires,  dont  la  coupole  avait  com- 
naandé  le  plan.  »  (Enlart,  ibid.). 


[104S-107o|  DK    l'aHCIIITECïURE  KN    FRANCE 


125 


Chronologia  Roherli  Sancli  Mariani  Aiilissiodorensis,  ibid.,  p. 308. 

Hoc    tempore    ecclesia    Sancti    Sepulchri,    in      Bituria, 
constructa   est   ad  formam  Sancti  Sepulchri   lerosolymae. 


XXXVI 

1 045-1075. 

Béparations  faites  à  Véglise  abbatiale  de  Saint-Riquier 
par  les  soins  de  VabbéGervin;  construction  de  la  crypte 
et  placement  des  autels  dans  cette  partie  de  Véglise,  — 
Reconstruction  de  Véglise  de  Watten,près  de  Dunkerque ; 
changement  de  vocable  de  ladite  église. 


Chronicon  Centulense,  auct.  Ilariulfo  ',  1.  IV,  c.  ixeL  xviii,  éd.  Ferd.  Lot, 
J894,  p.  197  et  220-221. 

L.  IV,  c.  XI.  De  miraculis  sanctissimi  Richarii  quae  ejls 
TEMPORE  ACCiDERUNT.  —  Engelguinus  quidam  artifex  ligna- 
rius  habebatur,  qui  de  suo  artificio  nostrae  ecclesiae  ser- 
viens  ruentia  tecta  ^  resarciebat  vel  nova,  si  res  exegis- 
set,  compte  aptabat.  Hic  in  Paschae  diebus  conscendit  cam- 


1.  Sur  Hariulfe,  voy.  Histoire  liltér.,  t.  Xll,  p.  20  4-217,  et  surtout  la  savante 
préface  de  l'édition  de  M.  Ferd.  Lot,  où  l'on  trouvera  d'abondants  ren- 
seignements bibliographiques.  —  Sur  la  crypte  dédiée  le  19  oct.  {dedi- 
calio  orientalis  cryplae  in  honnrem  S.  Mariae  et  s.  Richarii...),  voy.  Mar- 
lyrol.  Cenlul.,  dans  Act.  Sanct.,  BoU.,  t.  VII  (jun.),  et  Hénocque,  Hist.  de 
labhaije  et  de  la  ville  de  Saint-Riquier  (1880),  dans  les  Mém.  Soc.  Antiq. 
Picardie  (Documents  inéd.  concernant  la  province,  t.  IX,  p.  340)  ;  cf.  sur  les 
autels  de  la  crypte,  ih.,  p.  341. 

2.  Il  suflit  de  jeter  les  yeux  sur  la  vue  persjjective  des  églises  et  du 
cloître  de  l'abbaye  de  Centula,  construits  à  la  lin  du  viii"  siècle  par  les  soins 
d'Angilberl,  pour  se  rendre  compte  de  l'importance  qu'eurent  alors  et 
pendant  deux  cents  ans  encoi-e,  les  couvertures  en  bois  de  bien  des 
édifices  (Voy.  ce  plan  dans  A.  Lenoir,  .\rch.  nionast..,  t.  I,  p.  27), 


126  TEXTES    RELATIFS   A    l'fIISTOIRE  [1045-1075] 

panas,  ruptum  campanae  l'unem  volens  renodare,  expletoque 
opère  revertebatur,  cum  ecce  culminis  foramen  reclaudenti 
déficit  omne  quo  se  anniti  atque  teneri  suspicabatur.  Biiit 
erg-o...  Ut  nescienti  loquanuir,  ipsa  fabrica  templi  porrectis 
inantea  lapidibus  ex  se  interius  semitam  facit,  quam  ut 
tutus  posses  tenere,  podiorum  munimine  industria  prisca 
firmavit.  Super  hos  ig-itur  lapides  homo  cecidit,  et  Domini 
pietate  sancti  merito  ex[h]ibita,  suae  salutis  gaudia  tulit. 
L.  IV,  c.  xviii.  De  laudabilibus  domni  gervini^  actis  et  de 
coxsTRUCTiONE  CRYPTAE.  — . , . Cujus pia  inteutio nostrati patriae 
multum  contulit  decoris  profectusque,  dum  quae  non  erant 
erig-ebantur  vel  quae  lignis  fuerant  compacta(e),  caemento 
et  lapide  refîciebantur.  Ipse  vero  circa  locum  commissum 
satis  soUicitus,  veterata  novare,  dissipata  sarcire,  nunquam 
facta  extruere  contendebat.  Unde  et  cryptam  satis  insignem 
condidit  hodieque  perseverantem,  quam  consecrare  obti- 
nuit  ad  honorem  nostrae  dominae  Sanctae  Dei  genitricis 
Mariae.  In  qua  crypta,  per  IV  quae  ibi  sunt  altaria,  tanta 
tamque  gloriosa  Domini  Christi  et  sanctorum  ejus  reposuit 
pignora...  Harum  ergo  sacrarum  reliquiarum  indiculum 
apponimus,  ut  quanta  g-loria  sacer  ille  locus  vigeat,  poste- 
ritas  queat  nosse  :  »  Titulantur  in  praesenti  reliquiae, 
quarum  multitudine  decoratur  majus  allare  cryplae...  » 


Ex  miracuUs  siincti  Richarii,  du  môme  auteur,  éd.  O.  Holder-Eggei-"-^  dans 
Mon.  Germ.  hist.,  SciipL,  t.  XV,  ])ars  2»  (1888),  p.  919. 

1.    Indignando'^    decrevit   [sacerdos,   nomine  Odfridus], 
sanctum  illic  '^  Richariumnonampliusnominare,  non  amplius 

1.  Gervin  I"",  20"  abbé  de  Saint-Riquier    1045-1075^. 

2.  Sur  les  autres  éditions  de  ces  Miraciila,  voy.  Hoider-Egger,  op.  et 
t.  cit.,  p.  915-916. 

3.  Il  s'agit  ici  d'un  clerc  du  nom  d'  «  Odfridus  »,  revêtu  de  la  prêtrise, 
qui,  désirant  fonder  un  prieuré  ù  Watten,  n'avait  pu  obtenir  de  l'abbaye 
de  Saint-liiquier  des  reliques  qu'il  sollicitait  pour  sa  fondation  d'église, 
ladite  abbatiale  n'en  ayant,  paraît-il,  qu'un  nombi-e  trop  restreint.  Les 
événements  dont  il  est  ici  question  se  passent  vers  1070. 

i.  G'cst-à-dire  Watten,  c.  Hourbourg,  arr.  Dunkerque  (Nord). 


[1049]  DK    l'architecture    en    FRANCE  127 

venerari,  sed,  abraso  penitus  nomine  illius,  beati  nomen 
Nicolai  ibidem  celebrari  et  invocari  statuit.  Gementariis^ 
itaque  et  lapidum  caesoribus  vel  ceteris  opeiariis,  qui 
eidem  loco  aedifîcando  insudabant,  mandavit  ut  omnia 
quae  operabantur  in  laudem  et  nomen  sancti  facerent 
Nicolai,  et  non  in  sancti  Richarii... 


XXXVII 

Première  moitié  du  xi*^  siècle  jusqu'à  1049. 

Activité  déployée  par  Odilon,  abbé  de  Cluny,  dans  toutes 
les  œuvres  de  construction,  de  réfection  et  de  décoration 
d'édifices  religieux,  entreprises  sous  son  influence  ;  — 
ornementation  de  V église  et  du  cloître  de  Cluny  ;  —  diffu- 
sion des  monuments  Clunisiens,  notamment  dans  l'Auver- 
gne et  le  Bourbonnais,  dans  le  royaume  de  Bourgogne  et 
en  Lombardie.  —  Accidents  survenus  pendant  les  travaux 
de  construction  du  monastère  de  La  Voulte,  en  Vivarais  ; 
curieuse  mention  d'échafaudages  servant  auxdits  travaux; 
circonstances  extraordinaires  grâce  auxquelles  les  cons- 
tructeurs durent  d'avoir  la  vie  sauve. 


Vila  Sancti  Odilonis,  auct.  Jotsaldo -,  Sylviniacensi  monacho,  dans  Mabil- 
lon,  AcLi  sanctoriini  ordinis  S.  Benedicti,  saec.  VI,  pars  I",  I.  1,  c.  XI, 
p.  603-604  et  619). 

(Cf.  Acla  sanctorum,  Rolland.  I  (1  Januar.),  c.  XI,  §  38-39    (en  partie 
seulement).  —  Mi^'ne,  Patr.  lat.,  t.  CXLII,col.   908  et  932.) 

1.  (''est  le  terme  cementarius,  ainsi  qualifié  ensuite,  qui  prueeral 
operi.  qui  désigne  un  architecte  dans  le  passage  suivant  de  la  susdite 
chronique  :  «  Cum  moderno  tempore  reficeretur  [ecclesia  vici  Credenae. 
in  cj^iscopatu  Tornacensi]  et  cementarius  qui  praeerat  operi  super 
excelsa  parietum  stans  fastigia  quiddani  operis  percomplerel,  repente 
disruptis  machinis,  ad  terram  cecidit  cum  aliis,  et  ma.\ima  pars  mace- 
riae  subito  desilivit,  ila  ut  homines  infra,  lapides  vero  supra  homines 
corruerint.  »  {ibid.,  c.  10.) 

2.  Et  non  Lotsaldo  [Acta  sancl.,  Rolland.,  op.  cit..  p.  63).  Jotsaldus, 
auteui- delà  vied'Odilon.etquifut  son  disciple,  devint  chancelier  de  Cluny  : 
il  est  mentionné  dès  l'année  1032.  Cet  ouvrage  fut  composé  entre  les 
années  1049  et  1053. 


128  TEXTES   RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  |  1049] 

C.  XL  38.  Et  praeter  haec  interiora,  fuerunt  in  eo 
[Odilone]^  extrinsecus  g^loriosa  studia  in  aedificiis  locorum 
sanctorum  construendis,  renovandis,  et  ornamentis  unde- 
cumque  adquirendis.  Demonstrat  hoc  Cluniacus-,  suus 
principalis  locus,  in  cunctis  suis  aedificiis  interius  et  exte- 
rius,  praeter  parietes  ecclesiae,  ab  ipso  studiose  renovatus 
et  ornamentis  multipliciter  adornatus  ;  ubi  etiam  in  novis- 
simis  suis  claustruni  construxit  columnis  marmoreis,  ex 
ultimis  partibus  illius  provinciae,  ac  per  rapidissimos 
Durentiae-^  Rhodanique  cursus  non  sine  magno  labore 
advectis'*,  mirabiliter  decoratum.  De  quo  solitus  erat 
gloriari,  ut  jocundi  erat  habitus,  «  invenisse  se  ligneum  et 
relinquere  marmoreum  »,  ad  exemplum  Octaviani  Gaesaris, 
quem  describunt  historiae  Romam  invenisse  latericiam  et 
reliquisse  marmoream^  Incepit  etiam  ciborium  super  altare 
sancti  Pétri,  cujus  columnas  vestivit  argento  cum  nig-ello^ 
pulchro  opère  decoratas. 

39.  Jam  vero  de  omnibus  monasteriis  suis.  Quid  Pater- 
niacus'^  ob  Dei  Genitricis  amorem  sibi  delectabilis  locus  ! 
Romanum^monasterium  a  fundo  constructum  !  Locus  sancti 


1.  Saint  Odilon  de  Mercœur,  né  en  Auvergne  (962 i.  abbé  de  Cluny  de  99  i 
à  1049. 

2.  Cluny, aujourd'hui ch. -l.de  c.,arr. Màcon(Saône-et-Loire).— Voy.  infra 
les  textes  que  nous  publions  sur  Cluny;  cf.  J.  Virey,  V  architecture  romane 
dans  l'ancien  diocèse  de  Mi'icon.  1892,  p.  261.  Il  semble  qu'Odilon  laissa 
moins  intacte  qu'on  ne  l'a  cru  léjïlise  bâtie  par  Bernon  et  Odon,  et  il  est 
permis  de  supjjoser  que  les  parties  hautes  de  cette  église  subirent 
quelques  modifications,  comme  tant  d'autres  églises  d'alors. 

3.  «Al.  Dnranliae  poiius  Druentiae  »  (Note  àa?,  Acta   sanct.,   toc.  cit.). 

4.  Sur  l'emploi  des  voies  fluviales  ou  maritimes  servant  au  transport  des 
matériaux  de  construction,  provenant  de  régions  favorisées  à  ce  point  de 
vue  par  la  nature  ou  par  la  main  des  hommes,  voy.  supra  les  extraits  de  la 
Vie  de  Gauzlin,  p.  ."iS. 

5.  Cf.  supra  (p.  38)  un  extrait  de  la  Vie  de  Gauzlin.  —  Suet.,  .Aug.,  28. 

6.  Al.  jngeUo.  —  Cf.  Du  Cange,  Gloss.,  V  Nigellum,  où  le  passage  ci- 
dessus  est  cité.  On  entend  par  «  nielle  »  une  ornementation  obtenue  par 
une  sorte  de  gravure  faite  sur  or  ou  argent,  et  remplie  d'une  substance 
noire  brune  fusible,  latjuelle  est  composée  de  cuivre,  d'argent,  de  plomb  et 
de  soufre.  (Voy.  Théophile,  Divers,  art.  Schedula,  lib.  III,  cap.  XXVI  à 
XXVIII.)  Cf.  Viollet-le  Duc,  Dict.  du  mob.  fr.,  t.  II,  v»  Nielles,  p.  231  et  s. 

(fig.). 

7.  Payerne, abbaye  Clunisienne,  au  diocèse  de  Lausanne,  à  42  kil.  N.-N.-E. 
de  Neuchâtel,  auj.  cant.  de  Vaud,  sur  la  Broyé. 

8.  Romainmôtier,  prieuré Clunisien,  au  diocèse  de  Lausanne,  à  6  kil.  S.-O. 
d'Orbe,  sur  le  Nizon  (canton   de   Vaud).    —  Voy.  Alb.    Naef,   Les  phases 


[Avant  10i9j     DK  l'architecturk  en  frange  129 

Victoris  Genevensis  *  praeter  suam  antiquam  et  nobilem 
ecclesiam.  Ex  toto  etiam  siio  tenipore  constructus  Carus 
Iqcus  2,  Amberta^,  valde  celebris  ecclesia,  Rivius  ^,  ex  toto 
Celsinanias  •',  Silviniacus  '',  translata  Firmitas  ',  monas- 
teriuni  sancti  Saturnini  ^,  apud  Papiam '^  sancti  Maioli^*^ 
nobilissimus  locus,  et  praeter  haec  diversarum  ecclesiarum 
multiplex  numerus  !  Haec omnia illius  industria,  suotempore, 
in  aediticis,  in  possessionibus  et  ornamentis  amplissime 
dilatata  creverunt.  Gonstruxit  etiam,  in  ultimis  vitae  suae, 
in  praediolo  genitorum  suorum  quoddam  monasterium, 
Volta  "  a  revolutione  aquae  circumcurrentis  nuncupatum, 
studioso  opère  décora tuni  ;  quod  dered[d]itibus  suorum  ami- 
corum  et  parentum,  prout  potuit,  ad  serviendum  Deo 
hereditavit,  et  competentibus  libris  et  ornamentis  decenter 
adornavit. 

conslruclives  de  l'église  de  Romainmôtier  (Kaud),  dans  VAnzeiger  fur 
Schiceizerische  AUerlumskunde,  Indicateur  d'Antiquités  suisses,  nouv. 
S(''r..  t.  VII  1906),  p.  210  et  s.  (pi.  et  fig.)  L'exploration  archéologiquetde 
190'i-1905  a  permis  d'étudier  notamment  la  partie  romane  de  ce  monument 
historique  ;  pour  les  reconstructions  et  pour  l'ornementation  de  cette 
église  au  xi'  et  au  xii'  siècle,  voy.  op.  cit.,  p  213.  Cf.  morne  auteur,  Les 
dates  de  construction  de  VÉglise  de  Romainmàtier  [Suisse),  dans  le  Bull. 
mo/ium.,  LXX  (1906),  p.  425-452  (pi.). 

1.  Il  s'agit  de  l'ancien  monastère  de  Saint-Victor  de  Genève,  qui  passa 
aux  mains  des  moines  de  Cluny  dans  la  première  moitié  du  xi"  siècle. 

2.  Charlieu.  prieuré  Clunisien,  dans  le  Maçonnais,  ch.-l.  de  c,  arr. 
Roanne  (Loire).  —  Cf.  Thiollier,L"ar<romanàC/i3rfie«(1892); j4r<e<arc/iéo- 
logie  dans  le  département  de  la   Loire  (1898),  p.  22,  passim,   et  pi.    7. 

3.  Ambierle,  c.  Saint-Haon-lc-Chàtel,  arr.  Roanne  (Loire),  prieuré  de 
Cluny,  au  diocèse  de  Lyon.  —  Pour  la  forme  latine  Amberta,  à  laquelle  la 
forme  moderne  Ambierle  ne  paraît  pas  répondre  d'une  façon  très  régu- 
lière, cf.  les  textes  n<"  932,  971,  1312,  etc.,  dans  Huillard-Rréholles,  Titres 
de  la  maison  ducale  de  Bourbon,  t.  I  (1867). 

4.  Rivis,  éd  Mabillon  ;  Ris,  prieuré  de  Cluny,  au  diocèse  de  Clermont, 
cant.  de  Chàteldon,  arr.  Thiers  (Puy-de-Dome). 

5.  Celsinanias,  forme  fréquente  dans  les  chartes,  Gefsm6as,  ms.  ;  Sauxil- 
langes,  au  dioc.  de  Clermont,  ch.-l.  de  c,  arr.  Issoire  (Puy-de-Dôme). 

6.  Souvigny,  en  Bourbonnais,  au  dioc.  de  Clermont,  ch.-l.  de  c,  arr. 
Moulins  (Allier). 

7.  La  Ferté-IIauterive,  obéd.  de  Souvigny,  auj.  c.  Neuilly,  arr.  Moulins. 

8.  Il  s'agit  peut-être  de  SaiiiL-Saturnin  en  Auvergne,  auj.  canton  de 
Sainl-Amand,  arr.  Clermont  (Puy-de-Dôme).  L'église  romane  actuelle 
a  une  chapelle  qui  serait  peut-être  de  la  1"  période  romane  ;  restes  de 
cloître  fVoy.    Ronchon,  Le  Puy-de-Dôme.. .,  1901,  p.  280,  fig.). 

9.  Pavie,  ville  de  la  Lombardie,  où  se  trouvait  un  prieuré  de  Cluny  dédié 
à  saint  Maïeul. 

10.  Saint  Maïeul.  1"  abbé  de  Cluny,  né  à  Avignon  vers  906,  mort  au  monas- 
tère de  Souvigny  le  11  mai  99  4. 

11.  La  A'oulte,  aujourd'iiui  La  ^'oulle-sul•-Rhône,  ch.-l.  dec,  arr.  Privas 
(Ardèche). 


130  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire       [Avant   1049] 


Complément  de  la  même  Vie,  1.  Il,  c.  XX,  dans  Sackur,  Handschriftliches 
aus  Frankreich,  publ.  dans  le  Nenes  Archiv.,  t.  XV  (1890),  p.  118. 

(Cf.  Mabillon,  op.   et  t.    cit.,  p.    619.   —   Migne,  Pair,   lat.,   t.  CXLII, 
col.  932.) 

C.  XX. De  CEMENTARiis  SANATis.  —  Cum  quodam  tempore 
apud  monasterium  suum,  quod  Volta  nominatur,  mora- 
retur,  et  murus  aecclesie  adhuc  i[ni]perfectus  consumma- 
retur,  contig'it  ut  quadam  die,  dum  iriinistri  operis  operi 
complendo  insistèrent,  deambulatoria  ^  ubi  stabant,  retor- 
tis  2^  cum  quibus  ligata  erant,  ex  nimia  vetustate  ruptis, 
deorsum  ruèrent.  Cum  quibus  etiam  caementarii  ex  altitu- 
dine  mûri  ad  terram  ceciderunt,  et  collisione  membrorum-^ 
paene  exanimes  sub  oculis  omnium  efFecti  sunt.  Interea 
tumultus  multus  fît  hominum,  ingens  clamor  ad  ipsum  fit 

1.  Si  Ton  a  signalé  le  sens  du  mot  deambiilatoriiim  appliqué  à  une  galerie 
de  cloître  monastique  (Voy.  Du  Gange,  Gl.  cl  supra,  p.  30,  n.l),  il  n'en  est  pas 
de  même  de  la  signification  de  ce  terme  telle  qu'elle  ressort  de  ce  texte 
(cf.  supra,  p.  37,  dans  la  Vie  de  Gauzlin,  ambulatorium  vïmineum). 
Deambulaloriiim  a  eu  aussi  la  signification  d'échafaudage  permettant 
de  circuler  le  long  des  constructions  qu'on  élève,  formant  ainsi  un 
passage  pour  les  ouvriers  qui  travaillent  et  le  maître  qui  les  surveille. 
VioUet-le-Duc  et  Quicherat  n'ont  pas  connu  ce  sens  technique  ni  les  rappro- 
chements auxquels  il  donne  lieu.  11  nous  parait  s'appliquer  ici  à  un  écha- 
faudage suspendu.  Quand  l'échafaudage  n'était  pas  montant  de  fond, 
on  pouvait  le  suspendre,  par  exemple,  à  un  mur  circulaire  en  construction, 
au  moyen  de  chevrons  engagés  dans  des  trous  de  boulins  et  soulagés  par 
des  liens  portant  dans  des  trous  inférieurs,  «  le  constructeur  établissant 
ainsi,  en  même  temps  qu'il  élevait  sa  bâtisse,  un  chemin  en  spirale  dont 
l'inclinaison  peu  prononcée  permettait  de  monter  les  matériaux  sur  de 
petits  chariots  tirés  par  des  hommes  ou  au  moyen  de  treuils  placés  de 
distance  en  distance.  »  (Viollet-le-Duc,  Dicl.  de  Varch.  fr.,  t.  V,  art. 
Echafaud.,  p.  105  et  fig.  1.) 

2.  Retorla  signifie  lien  qui  retient  les  pièces  de  l'échafaudage,  lien  de 
bois,  souple  et  pliant;  détail  intéressante  noter.  Cçî  texte  assez  précis 
aurait  pu  figurer  dans  Du  Gange,  où  nous  lisons  v"  Retorta  :  «  superior 
virga  qua  sepes  continetur  ac  vincitur,  nostris  riorle...  a  quodam  coUo 
ejus  invexo  circulo  ligneo.  » 

3.  Le  ms.  lat.  5296%  qui  provient  du  fonds  de  Thou,  ne  contient  pas  ce 
chapitre  de  la  vie  d'Odilon  ;  il  n'en  est  pas  de  même  du  ms.  lat.  13769,  du 
fonds  Saint-Germain.  Mais  tandis  que  ce  dernier  s'arrête  au  mot  collisione 
membrorum,  un  autre  ms.  lat.,  le  n"  18304,  donne  l'ensemble  du  chapitre 
qui  avait  échappé  à  Aug.  Molinier  dans  sa  collation  dudit  ms.,  et  non 
au  E.  Sackur,  qui  l'a  reconnu  et  publié  pour  la  première  fois  dans  le 
Neues  Archiv.  [loc.cit.),  en  complétant  ainsi  le  texte  de  Mabillon  (repro- 
duit par  Migne),  lequel  avait  utilisé  les  mss.  des  fonds  de  Thou  et  de  Saint- 
Germain.  Le  ms.  lat,  18304,  qui  provient  de  Saint-Martin-des-Champs, 
daterait  du  xi«  siècle  (Sackur,  op.  cit.,  p.  117). 


[Avant  1049]     de  l'architecture  en  frange  131 

coelum,  et  de  periculo  virorum  non  minimum  videres  planc- 
tum.  Erat  autem  vi^ilia  '  natalis  precursoris  Domini,  et  vir 
venerabilis  Odilo  in  quodam,  se  radens,  sedebat  secretario, 
cumeccerumordam(p)natorum  operariorum  ante  eumvenit, 
et  ipse  sine  aliquo  strepitu,  donec  exoocuparetur,  silentium 
super  hoc  facere  coegit.  At  ubi  illud  perfectum  est,  citius 
surgens  ad  (a)ecclesiam  cucurrit,  proprium  altare  cuni 
reliquiis  tulit,  ad  homines  in  terra  jacentes  accessit,  signum 
sanctae  crucis  cum  reliquiis  desuper  fecit,  orationem 
complevit  et  sic  recessit.  Mira  dicturus  sum,  sicut  in 
veritate  testantur  qui  praesentes  fuerunt,  monachi  scilicet 
et  alii  veri  religiosi  :  illo  recedente,  qui  videbantur  de  vita 
et  sanitate  desperati  subito  surg-unt,  deambulatoria  erigunt, 
opus  verum  arripiunt,  et  tanquam  ni  (c)hil  mali  passi  essent, 
usque  ad  finem  diei  opus  debitum  -  concludunt. 


Alia  Vita,  auct.  b.  Petro  Damiauo,   c.  X\',  ^32,  dans  Act.  Seiac^. ,  BoUand.,  1 
1  Januar.),  p.  76. 

G.  XV.  §  32.  Monasteria  scilicet  nonnulla  a  funda- 
mentis  erexit  ;  alia  vel  jam  semiruta,  vel  ruinam  forte 
minantia  reparavit  ;  dilatavit  illis  praedia  ;  nonnullis  etiam 
insignia  contulit  ornamenta.  Quae  vero  monasteria  nova 
condiderit,  quibus  parietina  tantum  et  sarta  tecta  ^'  collatis 
sumptibus  instaura verit,  enumerare  per  ordinem  idcirco 
postponimus  ^...  praesertim  cum  in  ipsis  vivis  operibus 
gestorum  fîdem  multo  clarius  experiantur  oculi,  quam 
ullo  sermone  valeant  narrari... 

1.  La  fête  de  la  Nativité  de  saint  Jean-Baptiste  a  lieu  le  2i  juin. 

2.  Il  s"aj,'it  très  vraisemblablement  de  maîtres  d'œuvre  et  de  maçons 
laïques  dont  la  main-d'œuvre  avait  été  louée,  et  qui  devaient  exécuter  pour 
le  monastère  un  travail  fixé  d'avance. 

3.  Cette  expression  empruntée  à  la  latinité  classique,  ainsi  que  nous 
l'ayons  déjà  reconnu,  a  ici  un  sens  littéral  et  elle  paraît  devoir  s'appliquer 
strictement  à  la  couverture  des  édifices  [lecla),  par  opposition  aux  cons- 
tructions de  murs  (parielina).  En  l'ait,  la  i-éparation  ou  la  transformation 
des  couvertures  de  monuments  devait  souvent  entraîner  celle  des  murs  qui 
les  supportaient. 

4.  Sur  ses  visites  de  monastères,  voy.  ibid.,  cap.  XV,  §  49  :  «  Decreverat 
post  haec  ut  monasteria  sua  et  cellàs  circuiret,  fratres  visitaret. . .  » 


132  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire    [Avant  1049] 

XXXVIII 

Second  quart  du  xi**  siècle,   avant  1049. 

Coutumes  de  Cluny^  dites  de  Far  fa  [abbaye  de  l'ordre  de 
Cluny),  rapportées  de  France  en  Italie  par  le  moine  Jean: 
statuts  relatifs  au  plan,  aux  dimensions  et  à  la  décoration 
de  Véglise  principale,  ainsi  que  des  chapelles  et  des 
divers  bâtiments  conventuels  dudit  ordre. 

Consuetudines    monasticae,    I,   Consueludines  Farfenses  ',     rec.     Bruno 
Albers    (1900),     lib.    II.  cap.    I,  p.  137-139,   cap.  XLIII,    p.  176  ;  lib.    I, 
cap.  LUI,  p.  44,  et  cap.  LVI,  p.  54. 
(Cf.  Mabillon,  Annales  ordinis  S.  Benedicli,  IV,  lib.  LUI,  p.  207.  — 


1.  Voy.  l'ouvrage  d'E.  Sackur,  Die  Cluniacenser  in  ihrer  kirchlichen  nnd 
a.llgemeingeschichtlichen  Wirksamkeit  bis zur  Mille  des  XP"^ lahrhiinderls, 
1892.  Sur  Hugues  de  Farfa,  voy.  op.  cil.,  t.  I,  p.  350  et  s.,  t.  II,  p.  8-10, 
196-197  ;  sur  Farfa,  voy.  t.  I,  p.  58-60,  104, 105, 111,  etc.  —  Cf.  Jardet,  Sainl 
Odilon,  sa  vie,  son  temps,  ses  œuvres  (962-1049),  Lyon,  1898. —  Pour  suivre 
la  description  détaillée  des  statuts  qui  suivent,  voy.  les  plans  d'édifices 
monastiques  joints  à  VArchileclure  monaslique  de  Lenoir,  à  V Abécédaire 
de  Caumont  {Archilecliire  civile  au  moyen  àc/e),  au  Dictionnaire  raisonné 
dé  Viollet-le-Duc,  au  Manuel  d'archéologie  française  de  M.  Enlart  ;  voy. 
aussi  les  pi.  du  Monaslicon  gallicanum,  publ.  par  Peignc-Delacourt. 

Farfa,  près  de  Spolète  (Ombrie),  dans  l'Italie  centrale.  —  On  sait  que  la 
constitution  monastique  désignée  communément  sous  le  nom  de  Règle  de 
Cluny  ne  nous  est  point  parvenue  dans  un  seul  et  même  texte.  Outre  VOrdo 
Cluniacensis  rédigé  dans  la  seconde  moitié  du  xr  siècle  par  le  moine  fran- 
çais Bernard,  à  ime  date  encore  indéterminée,  outre  les  coutumes  de 
Cluny  dites  Anliquiores  consuetudines  Cluniacensis  monasterii,  écrites 
par  le  moine  allemand  Ulrich,  dans  le  dernier  quart  du  xi°  siècle,  il  faut 
tenir  compte  des  Consueludines  Farfenses.  dont  la  rédaction  appartient  à 
une  époque  antérieure  à  celle  de  la  compilation  du  moine  Ulrich.  Ces  cou- 
tumes dites  de  Farfa  sont  parvenues  jusqu'à  nous  dans  des  mss.  qui  sont 
conservés  en  Italie,  notamment  le  Cod.  Vat.  6808  et  un  ms.  de  Saint- 
Paul-hors-les-Murs  (voy.Bruno  Albers, op.  ci/.,  p.  \'II),cedernier  beaucoup 
moins  complet  que  le  ms.  du  Vatican.  Cite  et  utilisé  par  MabiUon,  le  Cod. 
Vat.  6808  n'a  malheureusement  pas  servi  de  liase  au  texte  publié  par  Mar- 
quard  Herrgott,  sous  le  titre  de  Guidonis  disciplina  Farfensis,  dans  sa  Velus 
disciplina  monaslica  (1726).  L'édition  du  P.  Bruno  Albers,  (|ue  nous  remer- 
cions de  son  obligeance  personnelle,  a  complété  en  partie  une  lacune  regret- 
table. Toutefois  nous  ne  sommes  pas  d'avis  de  placer  l'époque  de  la  compo- 
sition de  ces  coutumes  vers  les  premières  années  du  xi"  siècle,  mais  bien 
dans  le  second  quart  de  ce  siècle.  Odilon  était  alors  placé  à  la  tête  du  célèbre 
monastère  de  Cluny  :  «  ad  Galliarum  studia  venerabilium  coenobiorum 
Cluniacensium,  ubi  vcnerabilis  paler  0  c\dilo  velut  lucerna  radians  adhuc 
fulget  »  (p.  2).  Or,  l'on  sait  (jne  l'administration  dOdilon  s'étendit  entre  les 
années  994  et  10 {9.  C'est  donc  au  plus  tard  vers  le  milieu  du  \i'  siècle  que 
s'étendrait  la  période  de  C()mi)osition  de  nos  Coutumes.  Mais  d'autre  part 
il  ne  faudrait  guère  remonter  plus  haut  que  l'année   1039    dans    labbatiat 


[Avant  1049]       de  l'architecture  en  frange  133 

Heri'î^ott   (Marquard),  Vêtus   disciplina    monastica  (1726),  reprod.   par 

Mi'^in;,  Piitr.  iaL,  t.  CL,  col.  1193  et  s.  —  Betlmiann,  dans  Mon.   Germ. 
hist.,  Scriptor.  t.  XI  (1854),  p.  554  et  s.) 


[    DE    POSITIONE     SEU    3IENSLRATI0NE    OFFICINARUM^.  ] 

Ecclesia^  longitudinis  GXL  pedes  habeat-^,  altitudinis 
XL  et  très  ;  fenestrae  ^  vitreae  CLX.  —  Capitulum  vero  •' 
XL  et  V  pedes  longitudinis,  latitudinis  XXX  et  quatuor  c. — 
Ad  orientem"  fenestrae^  IIII,  contra  septentrionem  très.  — 
Contra  occidentem  XII  balcones,  etper  unumquemque  duae 
columnae  affixae  in  eis^.  -.—  Auditorium"^  XXX  pedes  longi- 
tudinis*^  ;  caméra  vero   nonaginta    pedes  long-itudinis.  — 

d'Odilon  :  en  elTet,  nous  trouvons  dans  le  ch.  LXIII,  p.  205,  la  mention  des 
obits  de  l'enipereur  Conrad  et  de  labbé  Hugue  de  Farfa,  ce  qui  nous 
reporte  à  cette  année  1039  :  ainsi,  ce  serait  entre  les  années  1039  et  1019 
environ  qu'aurait  eu  lieu  la  susdite  rédaction.  Il  n'est  pas  douteux  que  la 
paternité  des  Cnnsiietudines  Farf'enses  doiveétre  revendiquéeen  faveur  de 
Gluny  (cf .  Schuster,  L'ahhaye  de  Farfa  et  sa  restauration  au  XI'  siècle  sous 
Hugues  /"',  dans  la  Revue  Bénédictine  de  1907,  p.  17-35  et  374-402). 
■  1.  La  rubrique  de  ces  statuts  est  dans  Ilerrj^ott  :  De  positione  seu  men- 
suratione  of'ficinarum  :  elle  est  ainsi  conçue  dans  Mabillon  :  Officinarum 
regularium  mensure.  Ils  sont  désijjnés  delà  façon  suivante  dans  «  l'Index 
capilum  »  (p.  XX)  de  l'édition  du  P.  Bruno  Albers  :  Descriptio  Farfensis 
monaslerii.  —  Cf.  pour  l'expression /josf'h'oo/'/ic/narum,  le  passage  suivant 
de  la  lettre  d'envoi  du  plan  de  Saint-Gall  (vers  l'an  S20)  à  l'abbé  Gozbert: 
«  Haectibi. . .  de  positione offic inarum [)a\icis c\etnp\ala divexi  »  (A.  Lenoir, 
Arch.  vionasl.,  1. 1,  p.  24.).  —  LaC^hronicpiedu  MontCassin  (éd.  Wattenbach, 
Mon.  Gerni.  hist..  Script,  t.  VII,  551-S44),  qui  contient  la  description  des 
constructions  etembellissementsdusà  l'activitcde  l'abbé  Didier  (1058-1087), 
donne  le  détail  intéressant  d'un  certain  nombre  de  mesures  adoptées  pour 
les  monuments  de  ce  célèbre  monastère. 

2.  Ecclesiae  Vat.  On  remarquera  le  peu  d'élévation  relative  de  cette  église. 
Un  autre  type  d'éfjlise,  celle  de  Saint-Bénigne  de  Dijon,  n'atteignait  pas 
1.6  mètres  dans  la  grande  nef,  et  n'en  avait  que  20  sous  la  coupole  de  la 
croisée  (cf.  Chomlon,  Hist.  de  l'église  Saint-Bénigne,  p.  104). 

3.  haheat  Mab.  manque  dans  Vat.  et  Ilerrg. 

4.  /"e/ie.s<r;is  Dt7re.i.9  Mab.,  puis  vientdans  Mab.  le§Galilaea.  Ce  §  et  les  sui- 
vants sont  dans  Mab.  d'après  l'ordre  ci-après  :  «  Sacristia,OratoriiS.  Mariae, 
Dormitorium,  Capitulum,  Auditorium,  Calefactorium  Refectorium,  Coquina 
regularis,  Cellarii,  Aelemosynarum,  Infirmis  sexcellae,  Juxta  galilaeam.  » 

5.  rero  mancjue  dans  Ilerrg.  et  Mab. 

6.  haheat  après  quatuor  Mab. 

7.  oriente  ^'at..  orientent  Mab. 

8.  fenestras  Mab. 

9.  afixe  ineis  duae  columnae  Vat. 

10.  Ce  terme  existe  aussi  pour  désigner  une  partie  des  logis  épiscopaux  : 
«  in  auditorio  suo  (piod  est  ante  iutroitumoratorii  episcopalis  »  (Chartres, 
vers  IIM, Carlul.de  Josaphat,  p.  100). 

11.  longitudinis  manque  dans  Mab. 


134  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire       [Avant  1049] 

Dormitorium  ^  long-itudinis  GLX  pedes,  latitudinis  XXX 
et  IIII  ;  omnes  vero  fenestrae  vitreae  -  quae  in  eo  sunt  XC 
et  septem,  et  omnes  habent  in  altitudine  staturam^  hominis, 
quantum  se  potest  extendere  usque  ad  summitatem  digiti, 
latitudinis  vero  pedes  II  et  semissem  unum  ;  altitudinis 
murorum  XX  et  très  pedes.  —  Latrina^  LXX  pedes  long-itu- 
dinis, latitudinis  XX  et  très  ;  sellae  XL  et  quinque  in  ipsa 
domo  ordinatae  sunt,  et  per  unamquamque  sellam  aptata 
est  fenestrula  in  muro  altitudinis  pedes  II,  latitudinis 
semissem  unum,  et  super  ipsas  sellulas  compositas  struem  •' 
lig-norum,  et  super  ipsam  ^'  constructionem  lignorum  factae 
sunt  fenestrae  X  et  VII,  altitudinis  très  pedes,  latitudinis 
pedem  et  semissem.  —  Galefactorium  XX  et  V  pedes  latitudi- 
nis ",  eademque  mensura  longitudinis  ^  ;  a  janua  ecclesiae 


1.  Mab  donne  :  Dormitorinmlonçfiludinis  CLX  pedes  hahere debel,  latitu- 
dinis A'A'A7V',  l'eneslras  vitreas  XCVII,  qiiaruni  altiludo  tanla  sit  ad  men- 
sin-am  hominis,  quantum  sepotest  extendere  usque  ad  summitatem  di(jiti  ; 
latiiudo  duorum  pedum  cum  uno semisse  ;  altiluao  murorum, pedum  XXIII. 
Ce  mode  de  mesure  empirique,  tiré  de  la  taille  humaine,  est  di{,nie  de 
remarque.  Venu  de  l'antiquité,  il  se  continua  de  la  fin  de  l'époque  romaine 
jusqu'aux  temps  mérovini^iens  et  carolinji^iens,  et  il  persista  encore  parfois 
à  l'époque  romane  pour  l'évaluation  des  dimensions  d'édifices.  On  en  trou- 
vera la  preuve  dans  quelques-uns  de  nos  textes. 

2.  La  dimension  de  ces  fenêtres  avec  leurs  vitraux  est  relativement  peu 
considérable,  ainsi  qu'on  peut  le  remarquer  ;  mais  l'édifice  n'en  comprend 
pas  moins  de  1(50,  comme  il  vient  d'être  dit. 

.3.  Sur  cette  mesure  empirique,  tirée  de  la  dimension  approximative  du 
corps  humain  pris  dans  sa  plus  grande  extension,  voy.  le  texte  suivant  que 
nous  avons  trouvé  dans  le  recueil  des  Miracles  de  Notre-Dame  de  Ctiartres, 
éd.  A.  Thomas,  lequel  date  des  premières  années  du  xiii'  siècle  (vers  1210), 
g  IX,  miracle  du  puits  de  Batiily  :  »  Qui  scilicet  puteus  a  summo  usque  ad 
aquam  tantum  habebat  profunditatis  quantum  protensis  in  formant  crucis 
manihus  et  bracliiis  posset  vir  perf'ectus  septem  extensionihus  mensu- 
rare...  »  {Bibliothèque  de  l'École  des  Chartes,  1881,  p.  521).  — Cf.  le  passage 
de  Pline  l'Ancien  sur  le  canon  des  proportions  du  corps  humain  considéié 
en  hauteur  et  en  largeur  dans  sa  plus  grande  extension  symétrique  (//ts<. 
nat.,  éd.  Jalm,  V(I,  (7). 

4.  Le  Vat.  porte  ici  une  rature  ;  ce  §  entier  manque  dans  Mab.  Pierre  le 
Vénérable,  au  1.  I,  3i,  il,  des  i/i>ac«/a,  mentionne  le  même  terme  (i.'j/rmae. 
domus  latrinaruni).  Sur  les  latrines  des  logis  des  hôtes  de  l'abbaye  de 
Cluny,  voy.  infra  les  statuts  qui  datent  de  la  2°  moitié  du  xi*  siècle. 

f).  strues   Vat. 

6.  ip.sas    Vat. 

7.  lalum  au  lieu  de  laliludinis  dans  Mab. 

8.  Le  V^at.  contient  cette  correction  :  lonçfitudinis  eademque  mensura; 
Mab.  donne  ici  :  latitudinis  XXV  pedes  tanîumdemque  altitudinis  habeat, 
et  plus  loin  :  a  janua  ecclesiae  usque  ad  januam  calefactorii,  pedes 
LXXV  ;  il  y  a  hostium  dans  Vat. 


[Avant  1049]       de  l'architecture  en  france  135 

usque  ad  ostium  calefactorii  pedes  LXXV.  —  Refectorium 
long-itudinis  pedes  LXXXX,  latitudinis  XXV  ;  altitudin[is]i 
murorum  XXIII  ;  fenestrae  vitreae  ',  qiiae  in  eo  sunt,  ex 
utraque  parte  octo,  et  omnes  habent  altitudinis  pedes  V, 
latitudinis  très.  —  Goquina  reg'ularis  XXX  pedes  longitu- 
dine-^,  et  latitudine '*  XX  et  V  ;  coquina  •*  laicorum,  eadem- 
que  ^  mensura.  —  Gellarii  vero  "  longitude  LXX,  latitude 
LX  pedes  ^. 

Elemosynarum '•*  quippe  ^'^  cella  pedes  latitudinis  X,  lon- 
gitudinis  LX,  ad  similitudinem  latitudinis  cellarii.  — 
Galilea  "    longitudinis    LX    et    quinque    pedes,     et    duae 

1.  alliludinem  V^at.  et  Herrg.,  à  corriger  par  analogie  avec /i^<(7ucf/nts 
murorum  XX  et  1res  pedes,  comme  on  Ta  vu  plus  haut  ;  —  mûri  ejus  alti 
ped.  XXIII  Mal). 

2.  l't^/eae  manque  dans  Mab.,  où  Ion  lit  :  feneslrae  ex  nlraque  parte  octo, 
altae  sunt   V  ped.,  lalae  très. 

3.  longitudinis  Mab. 

4.  latitudinis  Mab. 

5.  coquinae  Mab. 

6.  eudem  Mab. 

7.  vero  manque  dans  Mab. 

8.  ped.  manque  dans  Mab. 

9.  eleemosynarum  Ilerrg. 

10.  vero  Mab. 

11.  </aZi/e.i,  avec  la  glose:  [scunavis,  ut  vocamus].  Ce§  eslle  second  d'après 
l'ordre  suivi  par  Mab.,  comme  on  l'a  vu  plus  haut.  —  Sur  ce  terme,  voy. 
supra,  p:  23,  n"  S,  la  noteque  nous  a  vous  jointe  au  texte  n°  IV,  in  fine,  au  sujet  de 
l'anbaye  deSaint-Florenl-lès-Saumur.  Cf.  encore  l'extrait  suivant;  «  Peracta 
omnia.  quae  dicenda  erant  in  galilea  inlroeuntibus  in  ecclesiam  ana  pers- 
trepant  vel  concluant.  »  (lîruno  Albers.  Die  Consuetudines  Farfenses  und 
Cad.  lai.  HftOS,  dans  les  Studien  und  Mitteilungen  a.  d.  Cisterc.  ord.. 
189S,  p.  12).  F.  X.  Kraus  s'exprime  ainsi  au  sujet  de  galilaea  dans  sa 
Geschichte  der  christlichen  Kunst,  t.  II  (18!)"),  p.  121  :  «  Die  galilaea  war 
eine  Vorhalle,  dem  alten  ïia;-</iea;  vergleichbar  ;  vgl.  Bernard,  Mon.  con- 
suetudines Clun.  ms.  c.  31  et  s.  Man  dachte  bei  der  Bezeichnung  an  Matth. 
23,  16.  Vgl.  Messmer,  Mitthl.  d.  k.  k.  Central-Commission  1861,  104  ; 
J.  Schlosser.  Klosteranlage  des  friihern  Mittelalters,  Wien,  p.  55  et  s.  » 
Au  chap.XXVIU  de  lEvangile  selon  Saint  Mathieu,  la  Galilée  est  men- 
tionnée trois  fois  (7,  10, 16)  ;  contrée  de  la  Palestine,  au  N.  de  la  Samarie  et 
au  S.  des  monts  du  Liban,  elle  était  divisée  en  Galilée  supérieure  et  en 
Galilée  inféi-ieure,  cette  dernière  appelée  aussi  Galilée  des  nations  ou 
des  gentils.  C'est  par  suite  d'une  métaphore,  dune  extension  de  langage, 
qu'on  appliqua  le  terme  de  galilea  à  l'ancien  narthex  ou  portique,  puis 
d'une  façon  générale,  au  bas  de  l'église  où  pouvaient  stationner  les  caté- 
chumènes, les  pénitents  et  en  général  tous  ceux  qui,  ne  pouvant 
entendre  qu'une  partie  des  offices,  ne  devaient  pas  se  trouver  à  l'église 
aux  ai)proches  de  la  consécration.  — Constatons  enfin  que  le  mot  galilée  est 
usité  encore  aujourd'hui  en  Angleterre  dans  le  langage  qui  s'applique  à 
l'architecture  religieuse.  «  Galilée,  dit  l'archéologue  Parker,  a  porch  or 
chapel  at  the  entrance  of  a  church  :  the  terni  also  appears  sometimes  to  be 
applied  to  the  nave  or  a  least  to  the  western  portion  of  it...  formingakind 
of  vestibule  or  ante-chapel.  »  (A  concise  glossary  of  ternis  used  in... 
roman...  and  gothic  architecture,  new.  éd. ,  1&69,  p.  116). 


136  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire     [Avant  1049] 

turres*  sint  in  ipsius  galileae  fronte  constitutae  ;  et  subteripsas 
atrium-  estubilaici  stant,  ut  non  impediant  processionem'^. 
—  A  porta  meridiana  usque  ad  portam  aquilonariam  ^  pedes 
CCLXXX.  —  Sacristia  ->  pedes  longitudinis  L  et  VIII  s 
cum  turre,  quae  in  capite  ejus  constituta  '  est.  —  Orato- 
rium  ^  Sanctae  Mariae  longitudinis  XL  et  quinque  pedes, 
latitudinis  XX  ;  murorum  altitudinis  XX  et  III  'K  —  [Infirmis 
sex  cell[ul]ae  deputatae  sunto '*'.]  Prima  cellula  infirmo- 
rum  ^^  latitudinem*-  XX  et  VII  pedes,  longitudinem  XXIII  ^'"^ 
[habet]cumlectisoctoet[c]elluIisi^totidem,  inporticui''juxta 
murum  ipsius  cellulae  deforis  ^'J  et  '^  claustTujra  ^^  praedic- 
tae  cellulae  habet  latitudinis  pedes  XII.  Secunda  cellula  ^^^ 
similiter  per  omnia  est  coaptata.  Tertia  eodemque  modo. 


1.  Duae  lurres  sint  in  ipsius  fronle  statu tae  Mab.  ;  ipsius  çjalileae  in 
fronte  constitutae  Vat.  etHerrg.,qui  ne  donnent  pas  sm<. 

2.  «La nef  des  jurandes  églises  monastiques  du  xi'  etdu  xii'' siècle  possède 
dans  sa  fabrique  même,  ou  par  l'addition  d'un  avant-corps,  un  vestibule 
appelé  atrium  dans  les  textes  de  l'époque.  Cet  emplacement  a  eu  une  autre 
destination  que  le  pronaos  des  basiliques  primitives.  Il  servait  à  recueillir 
l'assistance  pendant  les  processions,  l'église,  à  ce  moment-là,  devant 
rester  tout  entière  à  la  disposition  des  religieux.  Nous  l'appellerons  avant- 
nef...  »  —  ce  qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  le  porche  —  (Quicherat,  Mél. 
d'archéol.,  p.  461.  Cf.  ihid..  la  note  additionnelle  de  M.R.  deLasteyrie,  qui 
contient  un  extrait  des  statuts  ci-dessus.)  La  fjalilea&sl  une  première  avant- 
nef  et  l'ati-ium,  une  seconde.  (Voy.  un  peu  plus  haut  la  note  relative  au  mot 
(jalilea.) 

3.  Les  statuts  dits  de  Farfa  mentionnent  de  fréquentes  processions  dans 
l'église  (voy.  l'Index  de  l'édition  du  P.  Albers,  V  Prncessio). 

■i.  aquilonarium  Vat.,  aquilonarem  Mab.,  qui  est  une  variante  préfé- 
rable (cf.  Vitruve,  Index  de  Nohl,  à  rapprocher  tïaquilonalein). 

5.  sacristiae  Vat;  ;  sacristia  long  itudinis  LVIII  pedes  Mab. 

6.  haheat  Mab. 

7.  statuenda  Mab. 

8.  oratorii  Mab.  ;  dans  le  texte  de  Mab.  :  sunto  après  XLV pedes. 

9.  Ce  §  manque  dans  Ilerrgott  et  Vat. 

10.  C'est  après  ce  S  que  le  texte  de  Mab.  donne  les  §,!^  Dormitorium, 
Capitulum  et  ceux  qui  suivent  dans  l'ordre  indiqué  dans  une  note 
précédente. 

11.  Manque  dans  Mab. 

12.  latitudinis   Mab. 

13.  XXV  Herrg. 

14.  cellullis  Mab.  et  Herrg. 

15.  porticum  Vat.  et  Herrg. 

16.  exteriorem  ipsius  cellulae  mu/i/m  Mab. 

17.  et  manque  dans  Mab. 

18.  Mab.  donne  la  glose  :  fforte  clausura].  La  forme  clauslura,  que  nous 
restituons,  nous  paraît  possible  ici,  et  non  claustraquc  donne  Hruno  Albers. 

19.  Dans  Mab.,  après  cellula  :  iisdem  mensuris.  §  rehus  constet  uti  tertia 
quoque  et  quarta. 


[Avant  1049]       de  l'architecture  en  france  137 

Similiter  etiam  et  quarta.  Quinta  sit  minor  *,  ubi  conveniant 
infîrmi  ad  lavandum  pedes  diebus  ~  sabbatorum,  vel  illi 
fratres  qui  exuti  ^  sunt  ad  mutandum.  Sexta  cellula  prae- 
parata  ''  sit  ubi  famuli  servientes  illis  ^  lavent  scutellulas  ^ 
et  omnia  utensilia.  —  Juxta  galilaeam  ^  constructum  ^ 
débet  esse  palatium  longitudinis  CXXX  et  V  pedum  ^,  ad 
recipiendum  omnes  supervenientes  homines,  qui  cum  equi- 
tibus  **^'  adventaverint  monasterio.  Ex  una  parte  ipsius  domus 
sint  praeparati  "  XL  lecti  i'~  et  totidem  pulvilli  ex  pallio 
ubi  requiescant  viri  tantum,  cum  latrinis  XL.  Ex  alia 
namque  parte  ordinati  sint  ^'^  lectuli  XXX  ubi  comitissae 
vel  aliae  honestae  mulieres  pausént,  cum  latrinis  XXX,  ubi 
solae  ipsae  suas  indi^erias  procurent.  In  medio  autem 
psius  palatii  ''  affîxae  sint  mensae,  sicuti  refectorii  tabulae, 
ubi  edant   tam  viri  quam  mulieres. 

In  festivitatibus  magnis  sit  ipsa  domus  adornata^''  cum  cor- 
tinis  et  palliiset  bancalibus^'^'  in  sedilibus  ipsorum.  In  fronte 
ipsius  sit  alia  domus  longitudinis  ped.  XLV,  latitudinis  XXX. 
Nam  ipsius  longitude  pertingat  '^  usque  ad  sacristiam,  et 
ibi  sedeant  omnes  sartores  atque  sutores  ad  suendum  '^ 
quod  camerarius  eispraecipit;   et  ut   praeparatam   habeant 


1.  minori  Vat.,  leçon  fautive. 

2.  die  Vat.  et  Ilerrg. 

3.  exusti  Vat.  et  Mab.  Note  de  Herrgott  :  exuti,  «  Ita  lef^endum,  non 
exusti,  ut  alius  codex  habet.  Vide  Annal.  Bened.,  t.  II,  p.  570,  ubi  habes 
delineationeni  antiquae  fubricae  monasterii  Sancti  Galli.  »  (Voy.  dans 
i  jcno'ir.  Ai-chil.  monast.,  t.  I,  p.  24,  une  reproduction  dece  plan;  cf.  VioUet- 
le-Duc,  t.  I,  p.  243). 

4.  Raturé  dans  Vat.,  se  trouve  dans  Herrfrott,  manque  dans  Mab. 

5.  Manque  dans  Mab. 

6.  sculellas  Herrjî. 

7.  Glose  dans  Mab,  après  galilaeam[seu  navim  ecclesiae]. 
S.  slructum  Mab. 

9.  pedes  Vat.  et  Ilerrg. 

10.  ecjuilafu  Mab. 

11.  sint praeparati^lah.  ;  sunt  praeparatn  Vat.  et  Herrg. 

12.  /ec<i  Mab. .  lecla  Vat.  et  Ilerrg. 

13.  sint  Mab.,  sunt  Vat.  et  Herrg. 

14.  palatiis  Vat.,  leçon  fautive  ; /jaf.i ht  Mab.  et  Herrg. 

15.  orn,i<.i  Mab. —  Voy.  infra,  cap.  LVI  :  ...  Adornetur  tota  ecclesia 
cortinis. . . 

16.  bamcalibus  Vat. 

17.  pertimfant  Vat.  ;  cujus  loncjiludo  pertingat,  Mab. 

18.  faciendum  Mab.,  suendum  Vat.  et  Herrg. 


138  TEXTES  RELATIFS  A  l'iiistoibe     [Avant  1049] 

ibi  tabulam  longitudinis  XXX  ped.,  et  alia  tabula  affixa  ^ 
sit  cum  ea,  quarum  latitudo  ambarum  tabularuni  habeat 
VII  pedes.  Nam  inter  istam  mansionem  et  sacristiam  atque 
(a)ecclesiam  nec  non  et  g-alilaeam  sit  cimiterium,  ubi  laici 
sepeliantur.  A  ~  porta  nieridiana  usque  ad  portam  septen- 
trionalem  contra  occidentem  sit  constructa  domus  longi- 
tudinis  CCLXXX  ped.,  latitudinis  XXV;  et -Mbi  constru- 
antur  stabulae  ^  equorum  per  mansiunculas  partitas,  et 
desiiper  sit  solarium  ubi  famuli  edant  atque  dormiant,  et 
mensas  habeant  ibi  ordinatas  lonj^itudinis  LXXX  ped., 
latitudinis  vero  IV.  Et  quotquot  ex  adventantibvis  non 
possunt  reficere  ad  illam  mansionem  quam  superius  dixi- 
mus,  reficiant  ad  istam.  Et  in  capite  ipsius  mansionis  sit 
locus  aptitatus  ubi  conveniant  omnes  illi  homines  qui 
absque  equitibus  deveniunt,  et  caritatem  ■'  ex  cibo  et  potu*^', 
in  quantum  convenientia  fuerit,  ibi  recipiant  ab  eleemosy- 
nario  fratre.  Extra  refectorium  namque  fratrum,  LX  pedum 
in  capite  latrinae  sint  cryptae  '  duodecim,  et  totidem  dolii 
praeparati  ubi  temporibus  constitutis  balnea  fratribus 
praeparentur.  Et  post  istam  positionem  construatur  ^  cella 
novitiorum,  et  sit  angulata  in  ([uadrimodis,  videlicet  '-^  in 
prinia  ut  meditentur^o,  in  secunda  reficiant,  in  tertia  dor- 
miant,   in    quarta  latrina    ex    latere*'.    Juxta '"-  istam  sit 

1.  Ici  Vat.  est  raturé  ;  la  phrase  qui  suit  manque  dans  Mali.,  où  le  texte 
reprend  à  :  Inler  intam  mansionem. 

2.  Ad  Vat.,  A  Mab.,  leçon  correcte. 

3.  Au  lieu  de  :  et  ibi  conslruantnr  stabulae,  Mab.  donne  :  pro  stabulis 
equorum.  puis  vient  :  super  quae  sit  solariumpro  famulis  et  adventantibus 
tn/ùu.ie  condi<tonts.  Mab.  reprend  plus  loin  à:  extra  refectorium,  omet 
ce  qui  suit  jusqu'à  :  sint  cryptae  XII  et  dolia  parata  ;  la  phrase  iinit 
comme  dans  les  deux  autres   textes. 

4.  C'est  le  plus  ancien  exemple,  croyons-nous,  de  slahula  au  féminin. 
D.  charitalem  IIerr}>-. 

6.  atque  potum   Val. 

7,  cryptae  Herrg.  (en  marge  cryptae  . 

8  .  Dans  Mab..  au  lieu  de  ces  mots,  la  jjhrase  commence  par  :  huic  loco 
adjaceat. 

9.  videlicet  manque  dans  Mab.  ;  in  prima,  au  lieu  de  prima  Mab. 

10.  méditent    Vat. 

11.  au  lieu  de  latrina  ex  laiere.  Mab.  donne  loca  necessaria. 

12.  Mab.  finit  ainsi  :  Inler praedictas  cryptas  et  cellam  novitiorum  posita 
sit  alia  cella,  ubi  aurifiées,  inclusores,  et  vilrei  ma(;istri  operentnr:  quae 
cella  habeat  lonjfitudinis  CXXV  ped.,  latitudinis  XXV.  cujus  lonjfitudo 
pertincat  usque  ad  pislrinum,  quod  in  long-itudine  habeat  cum  turre,  quae 
in  capite  constructa  sit,  LXX  pedes,  in  latitudine  XX. 


[Avant  1049]     de  l'architecture  en  france  139 

disposita  alla  cella,  ubi  aurifîces  vel  inclusores  seu  vitrei 
magistri  conveniant  ad  faciendani ipsam  artem.  Inter  cryp- 
tas et  cellas  novitiorum  atque  aurificum  habeant  domum 
longitudinis  GXXV  ped.,  latitudinis  vero  XXV,  et  ejus 
longitudo  perveniat  usque  ad  pistrinum.  Ipsum  namque 
in  longitudine,  cum  turre  •  quae  in  capite  ejus  constructa 
est,  LXX  ped.,  latitudinis  XX  2. 


ORDO    SIVE    USUS. 

Sabbato  in  Palmis. 

Lib.  I,  cap.  LUI.  — .  .  .  Exeuntibus  -^  omnia  signa 
sonentur  :  duo  majora  tamdiu  protelentur  ^  sonitizando 
quousque  revertatur  processio  in  galilaea[m] .... 

Sabbato  sancto. 

\Àh.  I,  cap.  LVI.  —  Sabbato  •''  sancto  vigiliae  matiitinae 
et  omnia  celebrentur.  .  .  Valde  namque  maneadornetur  "  tota 
ecclesia   cortinis  lineis  atque  laneis  et  palliis  per  parietes 

1.  tiirrem  Vat. 

2.  Voy.  A.  Penjon,  C/u/iw,  la  ville  et  Vabhaye,  Gluny,  1872;  cf.  notam- 
ment, p.  109  et  s.,  le  dénombrement  des  bâtiments  de  l'abbaye  en  1622.  à 
rapprocher  du  texte  ci-dessus  pour  les  emplacements;  p.  11  i,  il  est  fait 
mention  de  Tégiise  N.-D.  de  l'Infirmerie,  et  du  plan  j;éométrique  de  1790  de 
l'abbaye  reproduit  en  détail  dans  cet  ouvrage.  Cf.  aussi  Virey  (J.),  L'archi- 
tecture romane  dans  l  ancien  diocèse  de  Mâcon,  1892,  p.  256-3i2  (avec  plan). 
'Viollet-le-Duc  (Dict.  de  Varch.  fr.,  t.  I,  p.  2i5  et  s.i,  a  consacré  d'intéres- 
sants articles  à  Cluny  et  à  son  genre  d'architecture,  mais  il  a  exagéré  l'in- 
fluence clunisienne  et  prétendu  à  tort  que  les  plans  des  églises  clunisiennes 
étaient  uniformes.  Voy.  notamment  Anthyme-Saint-Paul,  Viollet-le-Dnc 
et  son  système  archéologique,  2'  éd.  (1881),  p.  173-174. 

3.  Éd.  Bruno  Albers,  p.  44. 

4.  Du  verbe  passif  protelari,  être  retardé.  On  diffère  de  faire  entendre 
la  sonnerie  des  deux  grandes  cloches  jusqu'au  retour  de  la  procession  dans 
la  «  galilée  ».  —  Sonitizare,  verbe  d'un  emploi  tout  à  fait  rare. 

5.  Ibid.,  p.  54. 

6.  \'oy.  supra  :  «  In  festivitalibus  magnis  sit  ipsa  domus  adornata  cum 
cortinis  et  palliis  et  bancalibus  in  sedibus  »...  Cf.  l'extrait  suivant  du  ser- 
mon prononcé  par  Adémar  de  Chabannes  pour  la  commémoration  de  la  dédi- 
cace de  la  basilique  du  Saint-Sauveur  à  l'abbaye  Saint-Martial  de  Limoges 
(1029  ou  1030)  :  «  Consccrata  altaria  sacris  ornata  sunt  vestimentis,  necnon 
et  velis  templi  parietes  vestiti  sunt.  »  (Ch.  de  Lasteyrie,  L'abbaye  de  Saint- 
Martial  de  Limoges. . .  Pièces  justif.,  n°  v). 


140  TEXTES    RELATIFS  A    l'hISTOIRE     [Av.    1049-H30] 

undiqiie.  Formulas  tapetia,  chorum  circumdent  bancalia. 
Arcum  principalem  i  magnis  ornamentis  instrumentis  aptis 
pro  ea  re  expositi  ponant.  Fron[ti]spicii2  extrinsecus  super 
januas  velamen  ponant  eglyphinatum^  ex  picturis  variis. 
Inprimis  altaria  debent  ordinari ...  Et  ante  majus  ^  altare 
in  pertica  suspendant  et  altarlola  atque  auream  coronam, 
eademque  de  capsis  faciant,  tabulas  quidem  cum  imagi- 
nibus  sanctorum  auro  textas  ante  arcum  principalem 
collocent.  .  . 

De  portario  •'  monasterii. 

Lib.  Il,  cap.  XLlIl.  —  .  .  Ostium  '^  vero  quod  est 
inter  galileam  et  claustra  a  prefato  fratre  cotidie  mane 
aperiatur,  et  sero  ante  collationem  claudatur... 

XXXIX 

Second  quart  du  xi*'  siècle  (avant  1049)  et  premier  tiers 
du  XII*' siècle   (avant  1130). 

Reconstruction    de   Véglise    collégiale  de  Saint-Hilaire'  de 
Poitiers  par    V architecte    Gautier    Coorland,  originaire 

1.  Cf.  pour  l'arc  triomphal,  outre  le  plan  de  l'abbaye  de  Saint-Gall  (avec 
les  léjjjendes)  déjà  mentionné,  la  description  très  détaillée  et  fort  typique 
des  travaux  accomplis  à  l'église  du  Mont  Gassin  sous  l'abbatiat  de  Didier 
'103H-1087)  :  voy.  Cnronicon  mon.  Casinensis.cd.  Wattenbach.  Mon.  Germ. 
/i/s<.  Script.,  t.  VII,  p.  55]-8i  i,  etJ.  von  Schlosser,  Quellenhach  zur  Kunsl- 
Ifeschichle  des  ahendl.  Millelallers,  p.  192  et  s.  Lare  triompiial  [arciis 
principnlis)  y  est  appelé  amis,  l'arc  par  excellence,  ou  arciis  major;  voy. 
ibid.  Schlosper,  ]).  203.  Sur  cet  arc  et  d'autres  dénominations  qu'il  a  reçues, 
voy.    Quicherat,  Mél.,  p.  i07. 

2.  Le  texte  de  l'édition  de  Bruno  Albers  donne  ici  fronspicii.  Il  s'a^Ll 
lie  la  façade  principale.  Le  f;;lossaire  de  Du  Gange  rapproche  un  peu  vague- 
ment ce  terme  frontispicium,  qui  est  rare  dans  cette  acception,  du  mot 
faîte  [fasliç/ in  m),  elcile  un  j^assage  d'une  chronique  de  Muratori  (Chronic. 
Mutin.,  t.  XV,  Script,  rer.  Italie,  col.  60i),  où  se  trouve  «  frontispiciiim 
ecclesiie  Beati  Francisci  de  Assisio.  » 

.  3.  Gettc  forme,  qui  n'a  guère  dû  être  relevée,  nous  paraît  synonyme  de 
ceWc  d'anaglyphatum  (  voy.  le  gloss.  de  Du  Gange,  v  anaglyphns,  puis 
anafflyphalus^.  Notre  texte  doit  faire  allusion  ici  à  un  travail  en  relief  sur 
étofl'e,  ouvragé  avec  broderies  de  différentes  couleurs,  travail  auquel  le 
nom  d'acupictnra  aurait  pu,  semble-t-il,  convenir  aussi. 

4.  Majorem,  éd.  Albers.  Ce  membre  de  phrase  ne  paraît  pas  très  clair. 

D.  Le  texte  de  cette  même  édition  donne  portarario. 

6.  Ibid.,  p.  176. 

7.  SurSaint-Hilairc  de  Poitiers,  voy.  notammentde  Longuemar,  Essai  his- 


[Av.  1049-1130]     DE  l'architecture  en    France  141 

d  Angleterre  ^  établi  dans  le  Poitou;  participation 
d'Emma,  reine  d'Angleterre,  puis  d'Agnès  de  Bour- 
gogne, femme  de  Guillaume  le  Grand,  comte  de  Poitou, 
à  ladite  entreprise.  —  Mention  des  travaux  faits  à  cette 
église,  lors  du  remplacement  des  plafonds  de  bois  par 
des  voûtes  de  piéride  ;  découverte  du  «  martyrium  »  de 
Vancienne  basilique,  renfermant  le  tombeau  de  saint 
Hilaire. 


Chronicon  Sancli  Maxenlii  Pictaviensis,  dans  les  Chroniques  des  églises 
d'Anjou,  publ.  par  Marchega^  et  Mabille  i^Soc.  hist.  de  France),  1869, 
p.  397. 

[Anno]  MXLIX,  kalendis  novembris^,  dedicatum  est 
monasterium  sancti  Hilarii  Pictavensis;  cui  consécration! 
interfuerunt  archiepiscopi  et  episcopi  circa  tredecim.  Extitit 
autem  hec  dedicatio  admirabilis  amore  patron!  nostri  beati 
Hilarii.  Istud  monasterium  magna  ex  parte  construxerat 
regina  2  Anglorum  per  manus  Gauterii  Coorlandi^.  Agnes 
comitissa^,  que  eum  jussit  dedicare,  plurimam  partem 
construxit. 

torique  sur  Véqlise  collégiale  de  Saint-Hilaire-le- Grand  de  Poitiers,  dans 
Mém.  Soc.  Anûq.  de  VOuest,i.  XXIII  (1836);  de  la  Bouralière,  jVo<tcp  histo- 
rique et  archéologique  sur  Véglisede  Saint-Hilaire-le-Grand  de  Poitiers, '2' 
éd.,  extr.  des  Paysages  et  Monuments  du  Poitou  (cf.  la  lettre  de  M.  A.  Richard 
à  M.  de  la  Bouralière  sur  l'architecte  Gantier  Coorland,  Fontenay-le-(^onite, 
1891)  ;  J.  lierlhelé,  Hecherches  pour  servir  à  Vhist.  des  arts  en  Poitou,  p.  56; 
enfin,  la  savante  tude  archéologique  de  M.  E.  Lefèvre-Pontalis,  parue 
dans  le  Congr.  archéologique  de  France,  LXX»  session  (1903),  p.  361-405- 
(pl.  et  fig.). 

1.  Sur  ce  texte,  voy.  Alf.  Richard,  op.  cit.,  et  Lefèvre-Pontalis.  op.  cit. 

2.  La  reine  d'Angleterre  citée  dans  ce  texte  est  Emma,  veuve  d'Ethelred  II. 
([ui  épousa  Canut  le  Grand  en  1017,  et  non  pas  Edith,  femme  d'Edouard 
le  t'onfesscur,  ou  Adèle,  prétendue  femme  d'Eble,  comte  de  Poitou. 

3.  L'architecte  Gautier  Coorland  figure  comme  témoin  au  bas  de  sept 
chartes  de  Saint-Hilaire,  entre  1077  et  1090;  sa  famille  s'était  fixée  "au 
xii°   siècle  dans  les  environs  de  Civray.  (Voy.  A.  Richard,  op.  cit.) 

4.  Dépouillée  de  ses  biens  en  1044,  la  reine  Emma  dut  faire  interrompre 
les  travaux;  mais  Agnès  de  Bourgogne,  troisième  femme  de  Guillaume  le 
(irand,  comte  de  Poitou,  fit  achever  l'église  et  célébrer  sa  dédicace  au  milieu 
du  XI'  siècle  (cf.  E.  Lefèvre-Pontalis,  op.  cit.,  p.  364).  —  «  A  mon  avis,  le  clo- 
cher nord,  les  croisillons  du  transept  et  la  base  du  mur  intérieur  du  déambu- 
latoire, sont  les  seuls  débris  du  monument  primitif  qui  existent  encore 
aujourd'hui.  »  {ibid.). —  Sur  le  plan  de  l'église  bâtie  par  Gautier  Coorland 
et  ses  agrandissements,  voir  E.  Lefèvre-Pontalis,  op.  cit.,  p.  371. 


142  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1049] 


Catalogus  codicum  hacfiographicoriimlatinorum,  éd.  Bolland,  t.  II  (1890), 
p.  116-117. 

In  hujus  operis  calce  decimum  adhuc  ponamus  unum 
beati  Hilarii  miraculum,  quod  non  adeo  est  antiquum 
quin  nuper  hii  superessent  quorum  diebus  est  actum^ 
Gum  enim  sancti  ejusdem  basilica  prius,  antiquo  more, 
testitudine  supra  fuisset  camerata,  ad  tutelam  ignis  et 
compositionem  operis,  libuit  quibusdam  civibus  illius  tem- 
poris  eamtotam  fîeri  lapideam,  ac,  testitudine  amota,  supra 
lapidum  tegi  voltura-.  Ad  quod  opus  efFodientes  funda- 
mentum,  accidit  eos  in  altum  fodere  juxta  sancti  sepul- 
chrum,  in  cujus  sinistro  latere  ^  fenestram  inferius  in 
pariete  invenerunt,  ipsumque  parietem,  tanquam  aforis  in 
superficie  luminaribus  infixis  vel  appositis,  combustum  et 
fuscatum   inspexerunt. 


XL 
1049,  9  mai. 

Permission  accordée  par  Le ffer.,  archevêque  de  Vienne,  aux 
chanoines  de  Véglise  abbatiale  de  Saint-Barnard  de 
Romans,  de  faire  édifier  deux  cloîtres,  Vun  joignant 
Véglise,  l'autre  servant  à  leurs  demeures  personnelles  ; 
cette  autorisation  archiépiscopale  est  donnée  auxdits  cha- 

1.  «  L'auteur  qui  écrivait  vers  1130  déclare  qu'à  cette  époque  des  con- 
temporains du  miracle  dont  il  fait  le  récit  vivaient  encore.  En  se  reportant 
d'un  demi-siècle  en  arrière,  il  faut  admettre  que  l'église  fut  l'objet  d'impor- 
tants travaux  de  remaniement  vers  1080,  ce  qui  est  exact,  mais  la  substi- 
tution des  vovites  en  pierre  aux  plafonds  de  bois  n'est  pas  antérieure  au 
xii"  siècle.  »  (E.  Lefèvre-Pontalis,  op.  cil..,  p.  365). 

2.  Intéressant  exemple  à  noter;  il  concerne  la  couverture  des  églises  col- 
légiales, et  il  n'est  pas  fré<iuenl.  Il  est  certain  que  la  nef  de  l'église  consacrée 
en  10i9  n'était  pas  voûtée  :  les  fermes  de  sa  charpente  devaient  être  sou- 
lagées par  des  liens  (Voy.  E.  Lefèvre-Pontalis,  op.  cil.,  p.  371). 

3.  Ainsi  ce  caveau  était  percé  d'une  baie  latérale. 


[1049 1  DE    l'architecture    en    FRANCE  143 

noines,  à  condition  que  chaque  maison  comprise  dans 
la  clôture  du  monastère  aurait  son  extrémité  fermée  par 
un  bon  mur. 

Cartulaire  de  l'abhaye  de  Sainl-Barnard  de  Romans,  nouv.  éd.  par  Tabbé 
U.  Chevalier  (d'après  le  ms.  orig.,  f"  98,  r°),  l"  part.,  p.  106-108 
(Romans,  1898);  copie  dans  Diploin.  de  Rivaz  (t.  II,  n°  8i). 

(Cf.  en  partie  seulement  :  Carliilaire  de  Romans,  éd.  Giraud,  dansT^-s- 
.svji  historique  sur  Vabhaye  de  Saint-Rarnard  et  la  ville  de  Romans,  1856, 
1"  part.,  n°  220,  p.  19i-]95. 

DE    DOMIBL'S    QUE    SUNT    IN    CIRCUITU    ECCLESIE 

...  Ego  Leudeg-arius  ^,  sancte  matris  Ecclesie  Vieiinensis 
archiepiscopus...  concedo  ecclesie  Romanensis  clericis, 
quam  sanctus  Barnardus  condidit  supra  fluvium  Ysaram^... 
liberam  potestatem...  construendi  duo  claustra*^,  unum  vero 
juxta  ecclesiam,  ubi  conimuniter  et  legaliter  vivant..., 
alterum  autem  ad  proprias  mansiones  edificandas,  sicut 
rivuli  fontium  decurrunt,  ubi  olim  vivaria  piscium  fuerunt  ; 
sub  tali  convenientia,  ut  quicumque  illorum  ibi  aliquam 
construxerit  domum,  extremam  parteni  donius  que  ad 
clausurampertinet,  juxta  predictos  rivulos  in  circuitu,  muro 
calce  et  (h)arena  composito  claudat...  Hoc  autem  ideo  faci- 
mus  quoniani,  peccatis  facientibus,  nulla  illic  remansit 
mansio,  jam  bis  nostro  tempore  igné  vastante  omnia. .. 

Actum  Vienne,  in  publica  synodo,  feria  III,  luna  IIII'% 
VII  idus  maii,  per  manus  Pétri  cancellarii,  primo  anno 
domini  Leonis  pape,  Heinrici  imperatoris  secundi  Roma- 
norum  111°,  nostri  vero  pontificatus  XVIIir'\  .  . 

1.  Lé'^ev,  ai'chcvcque  de  ^'ienne,  de  1030  à  1070.  C'est  sous  son  adminis- 
tration que  le  Cartulaire  de  Romans  aurait  été  commencé,  d'après  l'in- 
troduction dudit  Cart.,  op.  cit.,  p.  VII. 

2.  Romans  est  aujourd'hui  ch.-lieu  de  c,  arr.  A'^alence  (Drôme),  à 
17  kil.  X.-E.  de  A'alence,  sur  la  rive  droite  de  l'Isère  {Ysara). 

3.  «  Un  certain  nombre  d'abbayes  ont  eu  deux  cloîtres  »,  dit  de  Cau- 
niont,  sans  en  citer  des  exemples,  clans  son  Abëcéd.  d'archéol.,  Archit.  civ. 
et  mil.,  3"  éd.  ,1869  ,  p.  46. 

1.  Lunii  Illl  :  c'est  le  3"  jour  et  non  le  4"  de  la  lune;  à  cette  légère 
dilTérence  près,  toutes  les  notes  chronologiques  de  cette  charte  concourent 
parfaitement  avec  Tannée  1049,  observe  l'éditeur  du  Cartulaire. 

ô.  Nostri  vero  pontificatus  XVIIII.  Voiciune  charte  qui  s'ajoute  à  d'autres 
qui  sont  citées  par  l'éditeur  (  Cartul.,  33  ,n.  11),  pour  démontrer  que  Léger 
est  monté  sur  le  siège  de  Vienne  en  l'année  1030. 


144  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1049-1093] 

XLI 
1049-1093. 

Services  rendus  à  la  cathédrale  de  Coutances  par  un  char- 
pentier d'Isic/ny,  en  Normandie,  nommé  Vital,  pour  la 
confection  des  c/iàssis  de  vitraux  de  la  cathédrale;  abandon 
volontaire  de  sa  personne  par  ledit  artisan  à  l'église  de 
Coutances,  dont  il  se  constitue  serf,  en  souvenir  d'une 
guérison  extraordinaire  obtenue  par  lui  dans  la  cathé- 
drale . 

Miracula.  ecclesie  Constantiensis,  publ.  sous  le  titre  de  :  Notice  sur  un 
traité  du  XII'  siècle...,  par  L.  Delisle,  dans  la  Bihl.  de  l  École  des 
Chartes,  2«  série,  t.  IV  (1848).  p.  345-346. 

[Quidam  de  parochianis  de  villa  que  vocatur  Isigniacus  ', 
in  pago  Bajocensi],  confîtens  et  flens  reatum  suae  trans- 
gressionis'^,  delatus  est  Constantias  in  feretro,  presbjtero 
comitante,  distortusque  intromissusest  ante  altare,  et,  licet 
ang-ustiis  et  clamoribus  altis  atfectus,  toto  tamen  corpore, 
misericordia  Dei  praeeunte,  redintegratus  est,  ipsa  eadem 
nocte  quae  lucescebat  in  dominica  die.  Sequenti  ig-itur  die, 
quae    est  feria  secunda ',    dominum  Petrum   Gamerarium  * 


J.  Isigny,  aujourd'hui  cil. -1.  de  c.  dans  le  Calvados,  est  situe  à  environ 
30  kil.  de  Bayeux  et  40  de  Coutances. 

2.  Cet  artisan,  qui  avait  fait  le  vœu  avec  d'autres  paroissiens,  sur  l'exhor- 
tation de  son  curé,  de  suivre  la  procession  solennelle  de  la  Pentecôte,  non 
jusqu'à  la  cathédrale  de  Bayeux,  mais  jusqu'à  celle  de  Coutances,  pour  y 
faire  les  offrandes  accoutumées,  avait  renoncé  à  sa  piomesse,  et  il  était 
resté  chez  lui  :  «  in  suo  corde  revolvens  quod  Beata  Maria  Bajocensis  et 
Beata  Maria  Constantiensis  una  eadenique  Dei  {^enitrix  est,  nec  ipsam 
clementiorem  vel  majoris  esse  potestatis  Constantiis  quam  Bajocis,  votum 
processionis,  quod  fecerat,  faclis  complere  distulit.  die  et  hora  processio- 
nis  domi  remansit.  »  Mais,  à  la  suite  d'un  songe,  regrettant  bientôt  sa  con- 
duite et  voulant  la  réparer, il  s'était  pro])osé  de  faire  œuvre  do  charité:  alors, 
en  exécutant  lin  pénible  travail  de  clôture  l'iistique  pour  une  pinenLe  très 
pauvre,  il  avait  été  victime  d'un  très  grave  accident  qui  l'avait  mis  en  dan- 
ger de  mort.  —  Sur  l'importance  qu'avaient  alors  les  processions  de  la  Pen- 
tecôte, voy.  L.  Delisle,  éd.  cit.,  p.  347-350. 

3.  (lest-à-dire  mardi. 

4.  Pierre  le  Chambellan  est  celui-là  même  que  lévêque  GeollVoi  I"'  de 
Montbray  choisit  pour  son  vicaire,  et  dont  il  y  a,  comme  on  l'a  vu,  un  si 


[1049-1093]       DE  l'akchitecture  en  frange  145 

decanum  ecclesiae  et  dispensatorem,  petiit  ut  juberet  dola- 
brum  praestari,  ut  cum  caeteris  carpentariis  ipse  desudaret 
ecclesiastico  operi.  Quo  accepte,  cum  reliquis  et  ipsa  tota 
illa  et  sequenti  septimana,  prudenter  et  eleg-anter  operatus 
€st  ad  fenestralia  ^  vitrearum,  quae  capsilia-  vocant, 
quaeque  illis  diebus  fiebant.  Hoc  igitur  peracto,  cum  prae- 
dictus  camerarius  dignam  et  ampliorem  sui  laboris  num- 
morum  recompensationem  gratis  obtulisset  ei,  penitus 
abnuit,  confitens  se  Beatae  Mariae  et  ipsius  ecclesiae  ser- 
vum-*  emptitium  fore,  seque  debere,  quandiu  viveret,  eidem 
ecclesiae  capitag-ium  proprii  capitis  ^  annuatim  reddere. 
Quod  postea  devotus  egit  longo  tempore  in  praecipuis  fes- 
tisejusdem  gloriosae  Dei  genitricis  Mariae. 

pompeux  éloge  dans  la  chronique  de  la  fondation  de  la  cathédrale  (voy. 
snpra,  n°  XVIII).  L'auteur  du  recueil  des  Miracles  est  le  fils  de  ce  person- 
nage. Il  a  vécu  sous  l'épiscopat  de  Geod'roi,  entre  les  années  1049   et  1093. 

1.  Nous  n'avons  pas  trouvé  la  forme  fenestrale  dans  le  glossaire  de  Du 
Gange. 

2.  «  Ce  mot  répond  ici,  je  crois,  à  notre  français  châssis.  Cette  acception 
n'est  pas  dans  le  Glossaire  de  Du  Gange.  »  (Note  de  l'éditeur,  p.  3i6.)Le  pas- 
sage où  se  trouve  ce  terme  mérite  d'autant  plus  d'attention  que  les  anciens 
textes  sur  les  vitraux  sont  tout  à  fait  rares,  et  que  le  document  ci-dessus 
n'a  pas  été  utilisé,  à  notre  connaissance.  Il  ne  paraît  pas  douteux  qu'il 
s'agisse  ici  d'un  châssis  de  bois,  garniture  primitive  de  fenêtre  contenant 
des  vitraux,  encore  en  usage,  comme  on  le  voit,  pendant  le  xi' siècle,  sys- 
tème de  clôture  auquel  devait  se  substituer  délinitivement  l'emploi  de 
tringlesdemetal.de  filets  de  plomb  pour  monter  les  vitraux.  On  ne  connaît 
•qu'un  seul  exemple  de  ce  genre  de  garniture  qui  ait  survécu  jusqu'à  nos  jours, 
■celui  de  l'église  de  Ghâteau-Landon  (Seine-et-Marne),  que  l'on  a  retrouvé, 
noyé  dans  un  remplissage  et  tombant  de  vétusté,  lors  des  travaux  faits  à 
cette  église  ;  l'intérêt  de  cette  trouvaille  a  été  mis  en  relief  par  M.  H.  de 
Lasteyrie,  i\ote  sur  un  châssis  de  vitrail  découvert  à  N.-D.  de  Château-Lun- 
don,  dans  la  Rev.  de  Vart  chrét.,  5'  sér.,t.  IV.  1893,  p.  443-447  (2  pi.).  Grâce 
à  la  mention  ci-dessus,  on  ne  pourrait  plus  dire  que  l'usage  du  système  de 
châssis  n'a  pas  dû  dépasser  la  première  partie  du  xt'  siècle;  son  emploi  n'au- 
rait donc  pas  été  annulé  pour  ainsi  dire  d'un  seul  coup  i)ar  l'usage  des  filets 
de  plomb  usités  dans  ce  même  siècle  fvoy.  Mirac.  S.  Rened.^  1.  III.  c.  2; 
«  igneofervore  in  vitreisjam  fenestris  plumbum  liquari  posse  »  ;  cf.  Chron. 
Casin.,  1.  III.  c.  27).  La  découverte  faite  dans  l'église  de  Ghâteau-Landon  a 
été  utilisée  par  M.  E.  Mâle,  dans  son  étude  sur  la  peinture  sur  verre  en 
France  [Hist.  de  l'art,  d'A.  Michel,  t.  I,  2'  part.,  p.  783).  —  Voy.  infra, 
le  texte  relatif  à  la  pose  des  vitraux  de  l'abbatiale  de  Saint- Mélaine,  près  de 
Rennes  (après  1055-1006  environ  .. 

3.  A  un  autre  point  de  vue,  nous  verrons  plus  loin  (entre  1082  et  1106) 
qu'un  serf  devint  habile  dans  l'art  de  la  peinture  au  point  d'être  choisi  par 
l'abbé  de  Saint-Aubin  d'Angers  pour  peindre  l'abbaye  et  y  faii-e  des  vitraux 
de  couleur,  qu'il  arriva  à  l'alTranchisscment  et  fut  fait  fi-ère  convers,  par 
suite  d'une  convention  avec  cet  abbé  et  en  récompense  de  ses  services. 

4.  Au  chapitre  IV,  on  voit  pareillement  qu'un  riche  Breton,  miraculeu- 
sement guéri  par  la  Sainte  Vierge,  s'astreignit  strictement  à  son  service  et 
à  celui  de  son  église  ;  «  veniebat  peraegrc  singulis  annis,  reddens  Beatae 
Dei  Genitrici  et  ipsius  ecclesiae  tributum  proprii  capitis.  » 

10 


146  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1019-1131] 

XLII 

1049-1131. 

Travaux  de  reconstruction  et  d' ornementation  accomplis  par 
les  soins  des  abbés  de  Moissac,  en  Quercy,  dans  l'église 
abbatiale  et  dans  des  prieurés  dépendant  de  leur  abbaye  ; 
très  curieuses  sculptures  du  grand  cloître  et  du  portail 
de  V église  de  ladite  abbaye  '  éloge  de  la  fontaine  du 
cloître. 

Chronicon  Aymerici  de  Peyraco*,  dans  E.  Rupin,  l'Ahbaye  et  les  cloîtres 
de  Moissac  (1897),  p.  47,  n.  l,  p.  66,  n.  1,  p.  69,  n.  9,  p.  3â6,n.  6,  p.  66,  n.  2, 
p.  73,    n.  1,  p.  69,  n.  9,  p.  70.  n.   2. 

(Cf.  J.  Marion,  Labbaye  de   Moissac^  notes  d'un  voyage  archéologique^ 
dans  la  liibl.  de  l'École  des  Chartes,  3"  sér.,  t.  I  (1849),  p.  120.) 

[1049-1072j'. — ...  Durandus^in  monasterio  Mo[i]ssiac|i] 
institutus  et  ordinatus  per...  Odilonem-^,  demum  fuitabbas 
Mo[i]ssiac[iJ  simul  et  episcopiis  Tholosaniis,  et  ecclesiam 
dicti  monasterii  fecit  consecrari,  et  legitur  quod  predictus 
Durandus  construere  fecit  dictam  ecclesiam,  collapsam 
tempore  Raymundi^,  quia  tempore  domini  Pétri''  non  fuit 
reedif(f)icata,  qui  fuit  destructor  pocius  quam  cons- 
tructor. ..,  et  ideo,  quia    predictus    Durandus  construxerat, 


1.  Aimerifutabbéde  Moissacen  1377  et  mourut  en  1  i06.  —  Pour  les  cloîtres 
de  Moissac,  voy.  Viollet-le-Duc,  Dict.  de  l'arch.f'r.,  t.  III,  p.  419.  Voy.  sur- 
tout Rupin,  o/).  ci7.,  p.  199.  Pour  le  portail,  voy.  ibid.,  t.  VIII,  p.  291,  et  cf. 
pour  le  porche,  t.  VII,  p.  289,  fiff.  24-26.  Cf.  Kupin,  op.  cit.  (nonihr.  illustr.). 
Voy.  enfin  sur  les  sculptures  de  ce  monument  d'une  importance  capitale 
pour  lart  Lanjîuedocien  à  l'époque  romane,  le  récent  ouvraf^e  de  M.  A. 
Michel,  Hist.de  l'art.,  t.  I,  2"  part.,  la  sculpture  romane  (parle  même), 
p.  616  et  s. 

2.  Durand  de  Rrcdon  (en  Auvergne,  auj.  com.  du  cant.  de  Murât,  dans 
le  Cantal).  Voy.  Rupin,  op.  cit.,  p.  3  49  et  suiv.,  pour  cet  abbé  et  les 
autres  ci-dessous,  ainsi  que  pour  l'époque  des  dill'érentes  construclions 
de  1  abbaye. 

3.  Saint  Odilon,  abbé  de  Cluny  ;  la  date  de  1047  est  celle  de  l'union  des 
abbayes  de  Moissac  et  de  Cluny. 

4.  "Raymond  I",  abbé  de  Moissac  de  1021  (?)  à  1030.  «  Hujus  [Raymundi] 
tçmpore  ecclesia  S.  Pétri  Moyssiaci  cecidit. . .  »  {Aymerici  Chronic,  {" 
156  v). 

5.  Lisez  ici  «  Stephani  »  (Rupin,  ihid.).  —  Etienne,  abbé  de  1031  à  10  47. 


[1049-1131]  DE    l'architecture    en    FRANCE  147 

habuit  singularem  afîectionem  ad  coiisecracionem  ejusdem. . , 
Et*  ad  majorem  gestorum  (Durandi),  dominus  Isqui- 
linus-,  successor  suus,  fecit  ipsum  in  claustro  devotissime 
per  ipsum  edif(f)icato,  opère  sumptuoso,  in  quadam  [ijmagine 
marmoreo  lapide  ante  capitulum  sculpari...  Dictus  3 
Asquilinus  plures  ecclesias  et  bona  dicto  monasterio 
acquisivit,  sicut  in  libris  donacionum  plenius  continetur, 
sicut  prioratus  de  Senaco^,  diocesis  Sarlatensis,  tune 
Petragoricensis  ;  et  dum  fui  ibidem,  anno  millesimo 
GCGXGVII,  perleg'i  fundacionem  dicti  prioratus  per 
scripluras  antiquas,  et  reperi  quod  ipse  Asquilinus,  seu 
ejus  contemplacione  et  procuracione,  et  secundum  formam 
operis  ecclesie  patet  quod  ipse  fecerit,  quia  de  similibus 
operiset  scul[p]turis  videtur  esse  artif(f)iciatum,  et  in  portali 
dicte  ecclesie  de  Senaco  est  quidam  leopardus  ^  sicut  in 
portali    ecclesie    Mo[ijssiac[i]  sculpatus... 

[1072-1085].  —  Hic  Hunaldus  f'  debuit  facere  illam 
subtilem  et  pulcherrimam  fig-uram,  ingenti  artif(f)icio 
factam,  quae  est  in  archa  ecclesie  et  in  capella,  quia  audivi 
a  quibusdam  fide  dignis  quod  de  talibus  sculpturis  seu 
similibus  fieri  fecit  opus  quam  plurimum  in  monasterio 
Sancti  Martini  Alayriaci  ',  per  ipsum  inchoato  et  edif(f)icato. 

[1083-1115].  —  Qui  dictus  Asquilinus  8,  [Mo[i]ssiacensis 
abbas,]  fecit  claustrum  magnum,  subtili  artif(f)icio  ope- 
ratum,     dicti    monasterii,    et   ibidem,    in    quodam   lapide 


1.  Op.  cit.,  p.  66,  n.  1. 

2.  Alias  Ansquitiliiis  sur  les  inscriptions  du  cloître  ;  Ansquitilinus,  Gall. 
c/iris<.;  Asquilinus,  Aquilinus,  Ansquilinus,  Isquilinus,  Aymerici  Chroni- 
con.  Voy.  sur  cet  abbé,  Rupin,  op.  cit.,  p.  62  et  s. 

3.  Op.  cit.,  p.  79.  n.  9. 

4.  Prieuré  de  Génac,  aujourd'hui  coni.  du  cant.  de  Dôme,  arr.  Sarlat 
(Dordofîne). 

5.  Par  leopardus,  il  faut  entendre  un  lion  sculpté  sur  la  porte  de 
réf,'lisc,  qui  rappelait  ceux  de  l'église  de  Moissac. 

6.  0]).  cit.,  p.  350,  n.  6.  —  Hunaud  de  Gavarret  (et  non  de  Béarn).  —  Sur 
ce  passaffe,  voy.  Rupin,  op.  cit.,  p.  350. 

'.  Prieuré  de  Saint-Martin-de-Layrac  (dioc.  d'Agen),  auj.  conim.  du 
cant.  d'AstalTort,  arr.  Agen  (Lot-et-Garonne). 

8.  Op.  cit.,  p.   66,  n.  2.  Voy.  la  note  ci-dessus  sur  Isquilinus. 


148  TEXTES    RELATIFS    A    l'iHSTOIRE  [10i9-H31] 

marmoreo  ibidem,  de  difficilibus  litteris  annus  ponitur 
operis  prelibati  *  ;  et  credo  quod  ipse  feceril  scribi  etiam 
in  lapide  et  de  eisdem  litteris  '  consecrationis  monas- 
terii  facte  de  tempore  domini  Durandi  abbatis.  Dictusque 
Asquilinus,  secunduni  intersignia  operis,  fecit  fieri  por- 
tale  pulcherrimum,  et  subtillissimi  operis  constructum, 
ecclesie  dicti  monasterii  :  quod  coUigitur  ex  scatis  '^ 
ibidem  [sculptatis]  tam  in  claustro  quam  in  medio 
pil(l)aris  magni  portalis  ecclesie.  Nam  a  nomine  Asquilini 
faciebat  scatos  piscium  in  lapidibus  quibusdam  sculpari. 
Lapidem  fontis  '*  mag-ni  claustri  predicti  fecit  asportari  ; 
et  predicta  opéra  sunt  mag-ni  artif(f)icii,  laboris  et  sumptus, 
sicut  oculata  fide  possunt  e[s]timari.  Quiquidem  lapis  fontis 
marmoreus  et  lapis  médius  portalis  \  inter  ceteros  lapides 
harum  p[ar]cium,  reputantur  pulcherrima    mag-nitudine  et 


1  .  C'est  linscription  dont  parle  la  Gallia  christiana,  1. 1,  col.  164. —  La 
répétition  de  ibidem  est  une  redondance  inutile. 

2.  Il  s'agit  de    l'inscription  dédicatoire    commençant  par    ces    mots  : 

«  Idibus  octonis  domus  istadicata  decembris.. .  » 
(6     déc.    1063),   qui  était   placée     à    gauche     de     l'autel  ;  voy.     Marion, 
op.  cit.,  p.  109.  —  On  s'attendrait  à  trouver  dans    cette  phrase  la    forme 
de  l'accusatif:  consecrationern  factani. 

3.  Le  texte  publié  par  Rupin  (ih.)  donne  sculptui'is  au  lieu  de  sculp[t]a- 
tis.  Ce  passage,  mal  lu  et  mal  interprété  par  Marion  et  Lagrèze-Fossat,  a 
été  revu  sur  l'original.  L'obscurité  en  a  été  remarquée  (cf.  Marion,  p.  220, 
Brutails,  V Archéologie  du  moyen  àye...,  p.  189,  et  Rupin,  p.  66,  n"  2). 
Marion  a  proposé  la  correction  scacis  et  scaco  au  lieu  de  statis  et  st€i.los., 
dans  le  sens  d'inscriptions  en  marqueterie  ;  mais  on  ne  voit  ni  dans  le 
cloître  ni  sur  le  portail  de  l'église  de  ces  inscriptions-là.  Au  contraire,  on 
trouve  à  profusion  (notamment  sur  la  partie  antérieure  du  pilier  cen- 
tral du  porche)  des  ornements  imbriqués  imitant  des  écailles  de  poissons, 
disposées,  si  l'on  veut,  en  échiquier  ;  c'est  à  celles-ci  que  fait  allusion  le 
chroniqueur  quand  il  dit  qu'elles  furent  gravées  tant  dans  le  cloître  que  sur 
le  pilier  du  milieu  de  la  porte  de  l'église,  à  cause  de  la  similitude  de  leur 
nom  avec  celui  à'Asquilliniis,  le  mot  sqiiilla  désignant  une  sorte  de 
poisson  (cf.  Du  Cangc,  Gloss.).  Il  n'est  pas  nécessaire  de  changer  le  texte. 
Du  Gange  donne  au  mot  scatiis  la  signification  de  lèpre  {impétigo,  .nicca 
scahies).  les  maladies  de  peau  se  présentant  souvent  sous  la  forme  de 
petites  écailles  (cf.  en  palois  du  pays  escatos  de  peys,  dit  Mignot).  <i  En 
outre,  ajoute  Rupin,  il  n'y  a  rien  d'étonnant  à  ce  que  l'abbé  Ansquitil  ait 
ainsi  fait  représenter  des  écailles,  image  de  la  lèpre,  car  il  y  avait  dans  le 
monastère  une  piscine  dédiée  à  saint  Julien...,  à  laquelle  on  attribuait  la 
vertu  miraculeuse  de  guérir  les  lépreux  qui  venaient  s'y  plonger  »  {toc. 
cit.).  Voy.  Rupin,  op.  cit.,  p.  292,  lîg.  de  pilier  (n"  55)  à  ornements 
imbriqués  en  forme  d'écaillés. 

i.  Cette  fontaine  n'existe  plus  ;  on  sait  que  les  cloîtres  des  abbayes  pos- 
sédaient des  fontaines  parfois  monumentales.  (Voy.  supra  notre  texte  sur 
Maguelone.) 

5.   Trumeau  de  la  grande  porte  de  l'église. 


[Après  1050]     de  l'architecture  en  frange  149 

subtil(l)i  artif(f)icio  fuisse  constructi,  et  cum  magnis 
sumptibus  asportati  et  labore  :  [i]  mo  potius  e[sjtimantur 
miraculose  ibidem  fuisse  [constructi],  quod  opère  hominis, 
maxime  unius  simplicis  abbatis  *.  Et  ~  ideo  predixi  quod 
Deus  pro  ipso  miraculose  fuit  operatus,  et  ex  eo  quod 
vinum,  prout  dicitur,  semel  in  aquam  convertit,  sicut 
Dominus  noster  in  nupciis  architriclinii. 

[111 0-1131]...  Sciendum  est  quod  dominus  Rogerius  3, 
abbas  Mo[i]ssiac[i],  et  omnes  burgenses  de  Mo[ijssiaco 
habuerunt  placitum  cum  Bertrando  de  Monte  Incensi  ^ 
dicto  seculari  abbate  in  manu  comitis  Ildefonsi  ^.  Volebat 
enim  ut  redderent  sibi  ecclesiam  et  clocaria  ^  ;  quod  domi- 
nus abbas  et  burgenses  penitus  contradicebant,  unde  post 
hoc  legitur  fuisse  factam  concordiam  anno  M**  GXXX... 


XLIII 
Après  1050. 

Fondation  faite  par  des  seigneurs  d'une  même  famille, 
du  monastère  de  Saint-Evroul  d'Ouche,  en  Normandie  ; 
établissement  d'ateliers  monastiques  pour  Vexercice  de 
métiers  et  de  différents  arts  dans  l'intérieur  dudit  cou- 
vent. —  Double  condition  indispensable  pour  l'empla- 
cement d'un  monastère  au  moyen  âge. 


1 .  L'abbé  Ansquitil  consacra  de  grandes  sommes  et  le  fruit  de  nombreuse» 
acquisitions  à  la  consti'uction  et  à  la  décoration  d'éditices  religieux.  Sous 
son  abbatial,  il  est  question  aussi  de  l'église  et  des  clochers  de  l'église 
(ecclesia  et  clocaria).  Voy.  la  Ghron.  d'Aimeri,  f"  161,  r". 

2.  Op.  cit.,  p.  70,  n.  2.' 

3.  Op.  cit.,  p.  73,  n.  1. 

4.  Bertrand  de  Montacès. 

5    II  s'agit  d'Alphonse-Jourdain,  comte  de  Toulouse. 

6.  Mention  des  clochers  de  l'abbaye  à  rapprocher  de  celle-ci  :  «  M"  C° 
LXXXVIII,  et  tune  fuit  combusta  fere  tota  villa  Mo[i]ssiac[i]  et  ciocaria 
cum  aliqua parte  mouasterii  succensis  lignisque  confractis  ;  totum  monas- 
terium  quod  restavit  cum  omnibus  hospiciis  intactum  remansit.  »  [Ayme- 
rici  Chron.,  i"  163,  v").  Voy.  sur  ce  texte  Rupin,  op.  cit.,  p.  82. 


130  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire     [Après   1050] 


Willelmi  Gemmeticensis  Historia   Normannorum,  lib.  VII,    c.    23,   dans 
Duchesne,  Histor.  Normann.  Script.  (1619),  p.  279. 
(Cf.  Migne,  Patr.  Ut.,  t.  CXLIX,  col.  862-864.) 


In  illo  tempore  Robertus  de  Grentemaisnil  ',  cernens 
mundi   feliciiatem     in  momento    perire,    cum    fratre   suo 

Hugone    disposuit   abbatiam   monachorum    construere 

monachusque  fieri  firmiter  decrevit.  Quod  audiens 
Willelmus,  Geroii  fdius,  valde  laetatusest,  acadRobertum 
et  Hugonem  acceden.s,  sic  locutus  esl  :  «  Audio  vos,  o 
carissimi  mei  nepotes,  erga  Dei  cultum  fervere,  quin  etiam 
monachile  monasterium  velle  construere.  Unde  vehe- 
menter  gaudeo,  et  nie  vos  in  hoc  opère  adjuturuni 
gratanter  spondeo.  Sed  tamen  ad  banc  fabricam  quem 
locum  elegistis  ,  et  quid  ibidem  Christo  inilitantibus  colla- 
turi  estis?  »  At  illi  responderunt  :  «Apud  Nuceretum,  juvante 
Deo,  castrum  ei  stabilire  cupimus  et  ecclesias  decimasque 
nostras,  et  alia  quae  poterimus  pro  posse  paupertatis 
nostrae  dabimus.  »  Willelmus  dixit  :  «  Sanctus  Benedictus, 
monachorum  magister,  jubet  monasterium  ita  constitui  ut 
omnia  necessaria,  id  est  aqua,  molendinum,  pistrinum, 
hortus  vel  artes  diversae  infra  monasterium  exerceantur, 
ne  sit  monachis  nécessitas  vagandi  foras,  quia  omnino  non 
expedit  animabus    eorum » 

Anno  igitur  dominicae  Incarnationis  millesimo  quinqua- 
gesimo,  indictione  IV,  Leone  papa  in  sede  apostolica  rési- 
dente, necnon  Henrico  II  christianissimo  auguste,  Cononis, 
Saxonum  ducis,  filio  imperante,  monasterium  sancti  Ebrulfi'-^ 
a  saepe  dictis  optimatibus,Willelmo  Geroiano  et  nepotibus 


1.  Grand-Mcsnil,  c.ducant.  de  Saiut-Pierrc-sur-Dives,  arr.  Lisieux  (Cal- 
vados). Voy.  sur  le  lieu  et  la  famille  de  ce  nom,  de  Caumont,  Statistique 
monuin   dû  Calvailo.t,  t.  V  (1867).  p.  596-597. 

2.  Aujourd'hui  Saint-Evroult-Notre-Dame-du-Bois,  cant.  de  La  Fertc 
Fresnel,  arr.  Argentan 'Orne)  ;  sur  l'abbaye  deBénédiclins,  voy.  Chevalier, 
Rép.  top.-bihl..  t.  II,  269.3. 


[Après  lOoO]     DK  l'architecture  en  frange  151 

suis,  Roberto  et  Hug-one  ^  de  Grentemaisnilio,  apudUticum* 
restauratuin  est. 


Orderici  Vitalis  Historia  ecclesiastica,  1.  III,  c.  2,  éd.  A.  Le  Prévost,  t.  II 
(1840),  p.  15-17. 
(Cf.  Migne,  Pair,  lat.,  t.  GLXXXVIII,  col.  235.) 

L.  III,  C.  2  [Vers  1050].  — Cum  apud  Nuceretum  -Willam 
suam,  prope  Grenlemaisnilium,  aedificare  coenobium 
statuissentjamjamqueoperi  insistèrent,  ad  aures  Willermi, 
filii  Geroii,  avunculi  sui,  pervenit  quod  nepotes  sui,  Hugo 
et  Rotbertus  aedificare  coenobium  coepissent...  Post 
aliquot  temporis  Willermus,  ubi  vota  nepotum  suorum 
de  construenda,  ut  praediximus,  abbatia  comperit,  accessit 
ad  eos  et  dixit  :  «  Videtis  quia  locus  iste,  ubi  coepistis 
aedificare,  habitationi  monachorum  aptus  non  est,  quia 
ibidem  aqua  deest  et  nemus  Ion<^e  est.  Certum  est  quod 
absque  his  duobus  elementis  monachi  esse  non  possunt. 
Sed,  si  meis  consiliis  acquiescere  volueritis,  aptiorem  locura 
intimabo  vobis.  Est  locus  in  Uticensi  pago,  ubi  quondam... 
Ebrulfus    abbas    habitavit...    lUius    ergo    coenobium      ibi 

1.  Le  moine  Hugue,  restaurateur  de  Sainl-Evroul,  mourut  en  Angleterre 
en  109 if  Chevalier,  Rép.  hio-hibl.,  n.éd.,  I,col.  2201  .  —  Cf.  Orderic  ^'itaI  : 
«  Alii  etiam  Normannorum  pi'oceres  quamplurimi,  prout  poterant,  mona- 
chorum seu  monacharum  domus  in  diversis  locis  construebanl.  Horum 
exemplis  Hugo  de  Grentemaisnilio  et  Rodhertus...  cum  apud  Nuceretum, 
villam  suam  propre  Grentemaisnilium  aedilicare  coenobium  statuissent, 
jamjamque  operi  insistèrent...  »  {Hislor.  de  Fr.,  t.  XI,  p.  22i).  —  Cf.  aussi 
l'extrait  suivant  de  (Guillaume  de  Jumiéges  que  nous  trouvons  dans  les 
Hislor.  Normann.  scriptores  antiqui  de  Duchesne  (1609),  p.  27S  ;  «  lu 
diebus  illis  maxima  pacis  tranquilfitas  fovebat  habitantes  in  Normannia... 
Unusquisque  optimatum  certabat  in  praedio  suo«ecclesias  fabricare...  et, 
quia  diximus  nobiles  quosquc  Normannorum  tune  temporis  in  fundis  suis 
in  aedificatione  monasteriorum  promptissimos,  libet  nominatim  exprimere 
eos  qui  eo  tempore  monasteria  in  eadem  provincia  construxerunt  ».  Suit 
rénumération  de  divers  monastères,  narmi  lesquels  la  Trinité  de  Caen 
(Willelmi  Gemmeticensis  mon.  Hist.  S'onnann.,  lib.  VII,  cap.  xxii  :  «  de 
monasteriis  quae  aedificata  sunt  in  Normannia  tempore  Willelmi  ducis  »). 
Il  s'agit  ici  de  Guillaume  le  Conquérant,  duc  de  Normandie. 

2.  Ouche,  nom  primitif  de  Saint-Evroul,  et  qui  est  resté  celui  de  la 
région  où  est  située  la  commune  de  Saint-Evroult. 

3.  Aujourd'hui  Norrey, entre  Grand-Mesnil  et  Falaise,  comm.  de  Coulibeuf 
^Calyados^.  Le  château  des  seigneurs  de  Grentemesnil  n'était  pas  situé 
sur  la  commune  de  Grand-Mesnil,  mais  sur  celle  de  Norrey. 


152  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1054] 

restaurate  quod  destructum  est  a  paganis,  ibique  nimiam 
aquae  copiam  invenietis.  Nemus  eidem  loco  contiguum 
habeo,  unde  ad  omnia  necessaria  ecclesiae  suffîcienter 
administrabo  K  Venite  et  locum  videte,  et,  si  vobis  placuerit, 
Deo  ibi  domum  communiter  aedifîcemus...  » 


XLIV 
1054,  25  août,  Narbonne. 

Constitutions  de  paix  et  de  trêve,  émanées  du  concile  de 
Narbonne,  portant  :  /"  interdiction  pour  le  Languedoc  et 
le  Roussillon  de  bâtir  soit  un  château-fort,  soit  un 
édifice  fortifié,  à  Vépoque  de  certaines  fêtes  religieuses  de 
Vannée,  avec  chômage  obligatoire,  à  moins  que  les  tra- 
vaux n'aient  commencé  deux  semaines  auparavant; 
^"  confirmation  de  la  zone  de  protection,  précédemment 
fixée  autour  des  églises,  exception  faite  pour  toute  forti- 
fication existant  à  V intérieur  de  ce  périmètre,  dans  un 
dessein  d'hostilité  manifeste. 

Recueil  des  Hislor.  de  France,  t.  XI,  nouv.  éd.    1876),  p.  515. 
(Cf.  Mansi,  Sacr.  coiicil.  colleclio,  t.  XIX,  1774,  col.  H-19^.) 

VII.  Quicumque   vero,    adpropinquante    (^uadragesimae 
tempore,    sive     Ascensionis     Domini,      [vel      Pentecostes 


1.  L'emploi  du  bois  dans  les  constructions  des  couvents  du  .m"  siècle  et 
de  la  période  antérieure  fut  assurément  très  considérable.  \"oy.  J.  Flach, 
Ori(f.  de  Vanc.  France,  t.  II,  1.  III,  cliap.  xii,  p.  143.  Il  est  donc  tout  à  fait 
insuffisant  de  dire  avec  l'éditeur  d'Orderic  Vital  [ihid.,  p.  16,  n.  1)  :  »  Le 
voisinage  des  fcjréts  était  doublement  indispensable  aux  établissements 
monastiques,  à  cause  des  ressources  qu'ils  y  trouvaient  tant  poin*  leur 
chauffage  que  pour  la  nourriture  de  leurs  immenses  troupeaux  de  poics.  » 
On  a  omis  ici  de  mentionner  l'utilité  si  grande  de  ces  forêts  pour  les 
constructions. 

Cf.  la  mention  suivante  relative  à  des  concessions  royales  de  maté- 
riaux de  consti'uction  pour  les  religieux  :  «  in  f'orestis  de  Molendinis...  ad 
cdificandas  donnjs  suas  et  ecciesiam  Sancti  Laurentii,  cuni  necesse  eis 
fuerit  ...  (Charla  Ilenrivi  /,  112i-1135,  Chartul.  S.  Fbrulfi,  t.  I,  n.  17,  et 
t.  II,  n.  67S  :  dans  Ord.  Vital,  Ilisl.  ec.ci.,  éd.  Le  Prévost ,  t.  ^^  p.  205.) 

2.  Pour  les  auti'cs  sources,  voy.  Chevalier, /{é/i.  lop.-bihl..  Il,  col.  2072- 
2075,  v'  Narbonne. 


[Vers  1055]         de  l'architecture  en  France  153 

necnon  et  Adventus  Domini^,  qui  est  treugam  Domini, 
castrum  vel  munitionem  construere  voluerit,  non  ilU 
facere  hoc  liceat,  nisi  duas  hebdomadas,  cunctis  scien- 
tibus,  ante  praedictum  tempus  incipiant... 

XI.  Pacem  autem  a  nobis  sive  a  principibus  olim  consti- 
tutam  mandamus  sive  fîrmamus  ut  ab  hodierna  die  et 
deinceps  ecclesiani  nullus  hominum  infring-at  ;  neque 
mansiones  quae  in  circuitu  ecclesiarum'  sunt  aut  erunt, 
neque  aliquid  ex  omnibus  quae  infra  XXX  passus  sunt 
ecclesiae  et  erunt  violenter  auferre  audeat  aut  praesumere. . . , 
excepta  munitione,  quae  infra  praediclos  passus  XXX 
ecclesiae  sita  fuerit  ad  concitandum  bella  et  conten- 
tiones... 

XLV 

Vers  1055. 

Permission  de  construire  au  lieu  de  Licairac,  près  de 
Carcassonne,  en  Languedoc^  deux  maisons  avec 
emplacement  déterminé,  mesurant  chacune  six 
brassées  en  tous  sens,  accordée  par  Ponce,  moine  de 
Sainte-Foi  de  Conques,  moyennant  certaines  conditions 
à  remplir  par  les  concessionnaires  desdites  maisons  qui 
abandonnent  à  Sainte-Foi  ledit  lieu,  avec  son  église, 
délimité    tout   à  Ventour  par  des  croix   de    sauvegarde. 

Carlulaire  de  iabhaye  de  Conques  en  Rouergue,   \n\b\.    par  G.  Desjar- 
diiis  (1879J,  n°  LX^^VI,  p.  71-73. 

AECCLESIA    DE    LUJIAIRAGO'^    ET    DE    SANCTA    COLUMBA. 

...    In  Dei    nomine.    Ego    Poncius    Bernardi    et   Ysar- 
nus,  frater  meus,  et  ego    Rodgerius  et  Sicfredus  et  Ame- 

1.  Le  passafifc  entre  crochets  manque  dans  doni  Bouquet,  Hist.    de  Fr., 
loc.  cit.;  nous  le  restituons  d'après  le  texte  donné  par  Mansi. 

2.  Au  sujet  de  l'espace  réservé  à  dessein  auprès  des  églises,  voy.  sapra 
les  textes  n°'  XXXII  et  XXXIII. 

3.  Licairac,  comm.  de  Leuc,  cant.  cl  arr.  Carcassonne  (Aude),  à  quelques 
kil.  au  Sud  de  cette  ville. 


154  Tf:xTEs  RELATIFS  A  l'histoire        [1 035-1 006] 

lius,  si:nul  in  unum  diniittimus...  domino  Deo  et  Sanc- 
|;ae  Fidi,  et  abbati  suo  et  ejus  monachis  praesentibus. 
et  futuris,  ipsum  montem  et  ipsum  locum,  in  quo  ipsa 
aecclesia  fundataest,  quantum  ipse  cruces,  que  incircuitu(s) 
ipsius  niontis  fixe  sunt,  concludunt...  In  ipsa  autem  salve- 
tate',  infra  ipsas  cruces,  dono  eg-o  Poncius,  [Sanctae  Fidis} 
monachus,  tibi  Poncio  Bernardi  et  fratri  tuo  Ysarno,  locum 
ad  faciendam  mansionem  de  sex  brachiatis  '  longitudinis  et 
latitudinis  ex  omnibus  partibus,  inter  domum  et  inter 
ipsam  curtem,  cum  exitu  et  reditu,  in  tali  conventu  ut 
donetis  Sanctae  Fidi  par  sing'ulos  annos  unam  libram  <le- 
cera.  Et  iterum  dono  tibi  Rod^erio  et  Sicfredo  et  Amelio,. 
juxta  ipsum  locum  de  Poncio  Bernardi,  locum  ad  faci- 
endam domum  de  sex  braciatis  longitudinis  et  latitudinis- 
ex  omnibus  partibus  inter  domum  et  curtem,  et  donetis- 
Sanctae  Fidi  unam  libram  de  cera  pelv  singulos   annos  ... 

XLVI 

Après  1055-1066  environ. 

Relations  entre  Vabbaye  de  Saint-Mélaine,  de  Rennes^ 
et  Vabbaye  de  Saint-Florent^  de  Saumiir,  établies  par 
Conan  II,  duc  de  Bretagne,  pour  le  relèvement  du 
monastère  de  Saint-Mélaine  ;  accroissement  et  embel- 
lissement des  bâtiments  claustraux,  travaux  de  restaura- 
tion  et  de  décoration  entrepris  par  les  abbés  dudit  monas- 
tère. —  ŒJuvre  de  la  pose  des  vitraux  de  T église  abbatiale, 
accomplie   par  le  moine    Valerius. 

Inslauralio  monaslerii  Suncli  Melanii  in  siibiirbin  Hedonensi  ■''  d'après  un 
auteur  anonyme,  Bibl.  nat.,  ms.  lat.  J3089,  fol.  32  ,  dans  les  Analecta  liol- 
Lindiana,  t.  IX  (1890),  p.  439-441. 

2.    [C]um   olim   monasterium  Beati    Melanii    sub    Tris- 

1.  Cf.  J.  Flach,  Orig.de  i'anc.  France,  t.  II,  1.  III,  chap.  5  (Aspects  divei-s- 
de  la  sauveté),  p.  1K7-1S9. 

2.  \'oy.  ci-dessus,  p.  1  i,  l'acte  n»  III  (vers   l'an  1000),  relatif  à  la  cons- 
truction d'une  habitation  pi-ivée  mesurant  douze  brassées. 

3.  Cette  chronique   a    été  écrite  après  1125,   et   elle  est  attribuée   au 
xn*  siècle  (Voy.  Molinier,  Sources  de  l'hisl.  de  Fr..  t.  II,  p.  69). 


[1055-1066]  DE    LARCHITECTLRE    EN    FRANCE  155 

canclo  abbate  et  quibusdam  aliis...  ad  summum  dedecus 
simul  et  ad  extremam  paupertatem  devenisset...  dolens 
tandem  clarissimus  Conanus^,  videlicet  lîlius  Alani  seni- 
oris,  dux  Britanniae,  monasterium  illud  in  tam  gravia  mala 
oorruisse...  vocavit  de  monasterio  Beati  Florentii  Salmu- 
rensis^  fratrem  quemdam,  Evenum-^  nomine...  eique 
monasterium...  jam  semirutum  commisit.  Qui,  opérante  per 
eum  Domino...,  dilig-enter  monasterium  reparare...  stu- 
duit. 

3.  Quo  féliciter  ad  Dominum  migrante...  [abbas,  frater 
quidam  Gervasius  nomine],  quaecumque  monachis  neces- 
saria  sunt  vigilanti  sollicitudine  eis  ministravit.  Quibus  ne 
aliquid  deesset,  honestas  quoque  conspicuasque  domos  eis 
exstruxit...  Et  cura  domibus  illis  erigendis  sollerter  indul- 
geret,  tum  maxime  ecclesiae...  erig-endae  et  ornatu  con- 
gru© decorandae  invigilabat... 

4.  [E]rat  autem  eo  tempore  frater  in  monasterio,  Valerius^ 


1.  Conan  II,  fils  d'Alain  V,  duc  de  Bretaj,'ne  de  lOiO  à  1066. 

2.  11  existait  des  relations  dès  le  XI"  siècle  entre  la  Brctajrne  d'une  part,  et 
non  seulement  l'abbaye  Saint-Florent  de  Sauniur,  d'autre  part,  mais  encore 
<'elle  de  Saint-Martin  de  Marnioutier,  près  de  Tours,  témoin  la  donation  faite 
en  1084  à  cette  dernière  abbaye  par  le  comte Geolîroy  Hoterel,  petit-fils  du 
<luc  de  Bretagne  GeofTroi  l",  de  biens  sis  à  Lamballe  larr.  Saint-Brieuc), 
pour  y  construire  un  bourj;,  une  église,  un  monastère  :«  juxtaLambalam  ter- 
ram  ad  biirçfuin  faciendnm  el  ad  ecciesiani  f'uciendam  et  ad  officinas  mona- 
clïorum  faciendas.  »  [Mus.  des  arcli.  dép  ,n"  26,  p.  56, d'après  les  Arch.dép. 
des  Côtes5-du-Nord).  —  Pour  les  relations  entre  la  A'cndée  et  l'abbaye  de 
Marmoutier,  voy.  même  Musée,  p.  60,  l'acte  de  donation  de  Bernard  de  la 
Roche  à  ladite  abbaye  avec  le  droit  de  construire  un  bourg,  qui  fut  l'ori- 
gine de  la  ville  de  la  Roche-sur-Yon.  Les  relations  entre  Saint-Florentetles 
abbayes  bénédictines  de  Saint-Mélaine  persistèrent  auxu"  siècle.  Étiennf  de 
la  Rochefoucauld,  abbé  de  Saint-Florent  1 156),  se  fit  enterrer  dans  le  cloître 
de  Saint-Mélaine  :  "  se])ultusque  est  apud  Sanclum  Melaniuni  in  clauslro 
monachorum,  in  ipso  ùi(/re.ssH  or.i^oru,  ul.sicul  ipse  adlmc  vivens  postula- 
verat,  omnium  patesceret  tam  intrantiuni  quam  exeuntium  pedibus  concul- 
candus.  »  (Hist.  S.  Florentii  Salmui-ensis,  op.  cit.,  p.  308). 

3.  Nous  trouvons  dans  VHisturia  S.  Florentii  Salniurensis  les  renseigne- 
ments suivants  relatifs  à  la  restauration  de  Saint-Mélaine:  <•  Hicigitur  Even- 
nus.  suscepto  abbatis  oHicio,  circa  locum  sibi  commissum  tanta  vigilantia 
desudavit  ut  eum,  sub  brevi  tempore,  ordine  et  monachis  et  domoriini 
aedificiis  et  libris  et  ornamentis  quam  pluribus  ampliaret.  >>  Ces  faits  se 
rapportent  à  l'époque  de  l'abbatiat  deSigon  à  Saint-Florent  (1055-1070),  dans 
les  Chron.  deségl.  d'Anjou,  éd.  Marchegay  et  Mabille,  p.  301.  Cet  abbé  est 
appelé  dans  une  inscription  de  lOul  :  "  coenohii  hujus  restaurator  muni- 
ficus  »  (ihid.'. 

i.  La  très  curieuse  mention  de  ce  moine  verrier  n'a  pas  encore  été  signa- 
lée, à  notre  connaissance.   Nous  ignorons  l'origine   de  cet  artiste  du  nom 


156  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1055-1066] 

nomine,  vir  subtilis  ingenii,  et  cum  multarum  rerum  utili 
peritia,  operandi  etiam  vitreas  fenestras  ^  non  mediocrem 
habens  scientiam.  Quia  vero  monasterium  hujusmodi 
fenestris  necdum  irradiatum  erat,  piaedicto  fratri  a  vene- 
rabili  pâtre  injunctum  erat  ut  eas  ingenii  adhibita  dili- 
gentia  faceret,  factas  autem  locis  opportunis  poneret^ 
positas  vero,  ne  ventis  furentibus  impellerentur,  clavis  et 
caemento  maceriae  ar[c]tius  astringeret^.  At  vero  venerabilis 
frater  praecepto  beatissimi  patris  attentius  obtemperare 
satagebat . . . 

5.  [G]um  autem  quadam  die  a  praedicto  pâtre  ei  impera- 
retur,  ut  in  ipso  fastigio  parietis  qui  beati  Melanii  iinminet 
al  tari,  quod  a  fra tribus  dominicum  dicitur,  fenestrani 
poneret,  nobis  incertum  qua  de  causa  g-raviter  iratus^ 
adiré  eum  noluit.  Tandem,  quia  patris  urgebat  jussio, 
licet  invitus  multumque  reclamans,  ascendit  ut  fenestram 
poneret  et  patris  satisfaceret    voluntati.  Gumque  fastigium 


de  Valère  et  le  lieu  où  il  s'était  formé.  L'œuvre  de  Théophile  {Schedulu 
diversiirum  artium),  qu'où  a  quelquefois  un  peu  vieillie,  ne  serait  pas 
antérieure  au  xii»  siècle,  ainsi  qu'on  le  reconnaît  en  général.  Sur  la  rareté 
des  mentions  de  verriers  antérieurs  au  xiu"  siècle,  cf.  Anthyme  Saint-PauU 
Année  archéol.,êd  1S80,  p.  183  :  «  On  ne  connaît  qu'un  très  petit  nombre 
de  verriers  antérieurs  au  xiii"  siècle.  Le  Cartulaire  de  l'abbaye  bourgui- 
gnonne de  Molème,  conservé  au.\  Archives  départementales  de  la  Côte-dOr,. 
nous  révèle  (t.  I",  p.  86)  le  nom  de  l'un  de  ces  artistes,  vivant  vers  1100: 
«Wallerius,  vitri  nrtifex. . .»  Le  monastère  deMolême  ayant  été  construit 
il  cette  époque,  il  est  à  présumer  que  l'artiste  dont  il  s'agit  était  chargé 
d'exécuter  des  verrières  pour  l'église  abbatiale.  »  [Archives  histor.,  artist. 
et  lut.,  t.  I  (1889-90,  p.  3]j.  —Cf.  A.  Michel,  Hist.  de  rart...,  t.  1,  2»  part. 
(1905),  p.  784  et  s.  :  La  peinture  sur  verre,  par  E.  Mâle  (pour  la  période  du 
xi'-xii"  siècle). 

1.  S'agit-il  ici  de  fenêtres  à  châssis  de  bois  encadrant  des  vitraux  ou  de 
fenêtres  à  formes  métalliques  soutenant  des  résilles  de  plomb  pour  ini 
assemblage  de  vitraux  ?  Notre  document  ne  le  dit  pas  expressément.  Nous 
savons  qu'aux  dates  ci-dessus  l'un  et  l'autre  système  semblent  avoir 
existé  concurremment (voy.  supra  le  texte  n°  XLI,  de  1049-1093,  concernant 
l'église  cathédrale  de  Coutances.  c'est-à-dire  justement  la  région  du  Nord- 
Ouest  de  la  France)  ;  les  précautions  indiquées  dans  notre  document 
peuvent  s'appliquer  au  moins  aussi  bien  à  la  première  alteinative  qu'à  la 
seconde.  D'autre  part,  il  est  tout  à  fait  vraisemblable  qu'il  s'agit  ici  de 
vitraux  avec  couleurs  :  «  monasterium  (l'église)  hujusmodi  fenestris  nec- 
dum irradiatum  erat  ». 

2.  Ce  passage  peut  servir  d'exemple  de  l'activité  d'un  abbé  du  xi"  siècle, 
8'occuj)ant  lui-même  de  ta  direction  de  la  décoration  de  sou  église,  recom- 
mandant la  bonne  exécution  des  verrières,  et  réglant  non  seulement  la 
place  qu'elles  doivent  occuper,  mais  aussi,  en  prévision  d'accidents  pos- 
sibles, les  précautions  nécessaires  à  prendre  pour  la  pose  des  vitrau.x. 


[1055-1082]       DE  l'architecture  en  frange  157 

parietis  ascendisset  et  jam  operi  accingeretur, . ,  nescimus 
quo  divino  judicio  repente  secus  altare  super  pavimentum, 
durissimo  ex[sjtructum  lapide,  corruit.  lUe  autem,  non  solum 
non  mortuus,  sed  ne  alicujus  quidem  membri  jacturam 
eatenus  passus  est  ut  frangeretur  vel  irreparabiliter  con- 
quassaretur. 


XLVII 

1055-1082. 

Enthousiasme  et  concours  des  populations  pour  la  cons- 
truction de  l'église  abbatiale  de  Saint-Trond,  près  de 
Liège^  en  Flandre.  —  Travaux  accomplis  à  la  nouvelle 
cryptCj  au  sanctuaire,  au  chœur,  à  la  nef  et  à  la  grande 
tour  de  ladite  église.  —  Symbolique  architecturale  :  les 
principales  parties  de  Véglise  et  la  structure  générale 
du  corps  humain. 


Geslaabhatam  Trudonensium',  aiicl.  Rudolfo  abbate,  éd.  Koepke,  dans  les 
Mon.Germ.  hist.,  Scripi.  t.  X  (1852).  —  Rodulfigesta,  lib.  I,  c.  11,  p.  23i- 235. 
(Cf.  Migne,  Patr.  lat.,  t.  CLXXIII,  col  46.) 

1 1 .  Videre-  erat  mirabile  et  relatu  erit  incredibile,  de  quam 
longe    quanta    hominum   multitude    quantoque    studio    et 


1.  Saint-T rond,  ancienne  abbaye  bénédictine,  au  diocèse  de  Liège,  auj . 
arr.  d'IIasselt.  prov.  de  Limbour^î  (Belgique).  —  On  peut  consulter  sur 
l'église  abbatiale  de  Saint-Trond  les  ouvrages  de  Schayes  {Hist.  de  l'ar'- 
chit.  en  Belgique,  t.  II,  1849)  et  de  Lotz  {Kunat-Tohoqraphie  Deul- 
schlands,  1862-63,  t.  I).  Cf.  Potthast,  Bihl.hist.,  2"  éd.,  t.  H,  p.  510,  pour 
les  autres  sources  du  texte  «"i-dessus.  C.  de  Borman  a  publié  à  Liège 
(1172-1178)  les  Chroniques  de  l'abbaye  de  Saint-Trond .  —  L'abbatial  de 
Rudolf,  auteur  de  cette  chronique,  s'étend  de  1108  environ  à  1138. 

2.  Ces  faits  qui  se  passèrent  sous  l'abbatiat  d'Adelhard  II  (1055-1082)  se 
renouvelèrent  plus  tard  à  maintes  reprises,  notamment  au  xw  siècle,  un 
peu  après  1140.  Voy.  la  Lettre  de  l'abbé  Haimon  sur  la  construction  de 
Véqlise  de  Saint-Pierre~snr-Dive,  adressée  en  11 45  aux  religieux  de  Tut- 
hury  (Anqleterre),  publ.  pour  la  première  fois  par  M.  L.  Delisle,  dans  la 
Bibl.  deVEc.  des  Chartes,  1860,  p.  120-1.39.  Cf.  la  lettre  de  Hugue. 
archevêque  de  Rouen,  à  Thierri,  évêque  d'Amiens  (1145),  dans  Bouquet, 


458  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1053-1 082 J 

laeticia  lapides,  calcem,  sabulum,  ligna  ac  quaecumque 
operi  erant  necessaria,  nocte  ac  die,  plaustris  et  curribus 
gratis  propriisque  expensis  non  cessarent  advehere.  Ipsi 
quoque  lapides  maceriales  atque  in  fundamento  grandes 
atquc  gravissimi  positi  fideliter  hoc  possunt  attestari,  qui, 
in  tota  Hasbania  ^  cum  non  possunt  reperiri,  de  alienis^ 
partibus  comprobantur  apportati.  Columnas  autem  de 
Guormatia'^  per  R[h]enum  Coloniam  usque  navigio  deductas^ 
atque  aliunde  alias  plaustrique  invectas  tanquam  a 
Colonia  usque  ad  nos  perterram  vehendas,  populus  vicatim, 
funibus  plaustris  injectis,  ardentissimo  studio  rapiebat,  et 
sine  omni  boum  jumentorumque  amminiculo,  per  ipsum 
quoque  fundum  Mosae-^  sine  ponte  trajectas  catervatim  ad 
nos  ymnisonis  vocibus  perducebant.  Quid  plura  ?  Muro 
vidit  consummatum  et  tecto  totum  pêne  obumbratum,. 
excepta  parte  aliqua  quae  inter  majorem  turrini  et  arcuni 
grandem    antepositum    continetur 


Continiiatio  iertia  auctarii,  op.  et  t.  cit.,  p.  384-385. 
(Cf.  Migne,  op.  et  t.  cit.,  col.  317-319.) 

Primo  enim  in  loco  atrii,  quod  fuit  post  tune  vetereni 
criptam,  novum  cancellum,  qui  et  sanctuarium  dicitur, 
cum  duabus  absidis  fîrmissime  fundatum,  in  altum  pro- 
duxit,  testudinibusque  lapideis  formose  volutatum  consum- 
mavit  [Adelardus].  Infraquodopus  novam  criptamet  spatio- 
sam,  undique  lapidea  celatura  testudinatam,  ad  perfectum 


Hist.  (leFr.,  t.  XIV,  p.  318-319,  not.,  et  pourlamcme  époque,  l'extrait  de 
la  chronique  de  Robert  de  Torigni,  éd.  Delisie,  t.  I  (1872),  p.  238;  quant  à 
des  faits  analof^ues  qui  eurent  lieu  dans  l'Ile-de-F'rance  et  dans  le  pays 
Chartrain,  ainsi  qu'en  Normandie,  voy.  Ord.  Viln],  Hist.  eccl.,  append., 
éd.  Le  Prévost,  t.  V,  p.  162,  Annales   Ulicenses  à  l'année  1145. 

1.  llesbaye,  pays  de  la  Rel{,'ique  centrale,  situé  au  N.  de  la  Meuse, 
entre  Liège,  Saint-Trond  etTongres.  On  le  trouve  mentionné  au  vin"  siècle 
sous  le  nom  de  Paffus  Hasbaniensis. 

2.  Worms,  aujourd'hui  ville  de  la  province  de  liesse-Rhénane,  à  41  kiL 
de  Mayencc,  sur  la  rive  gauciie  du  Rhin. 

3.  La  Meuse. 


[10r)-"-l082]       DP]  l'architecture  en  frange  13!) 

complevit,  intra  quam  structuram  septem  erexit  altaria, 
quorum  primutn  et  majus,  in  medio  sanctuarii,  in  honore 
Béate  Marie  et  Sanctorum  Quirini  et  Remig-ii  construxit... 
Hiis  omnibus  rite  peractis,  corpus  domne  Berthe,  comitisso 
Flandrie,  quod  in  veteri  cripla,  tempore  Thietfridi  abbatis, 
humatum  fuit,  elevavit,  et  ad  levam  majoris  altaris  in 
sanctuario  transtulit  et  in  tumba  eminenti,  Pariis  lapi- 
dibus  polita,  infra  voltam  honeste  conclusit.  Et  quia  post 
vêtus  sanctuarium...  predicta*  vêtus  cripta  erat,  replevit 
illam  humo  et  ibidem  chorum  psallentium  '  construxit. 
Inter  quem  et  illud  novum  sanctuarium  gratum  ascensum. 
erexit,  quem  septem  gradibus  protraxit.  Prosequenti  vero 
tempore,  cum  quedam  monasterii  edificia  per  suos  ante- 
cessores  erecta,  sed  minus  compléta,  cerneret,  ad  perfi- 
ciendum  ea  animum  accinxit.  Inter  que  majorem  turrim 
nostram,  quam  devotus  abbas  Guntramnus  suo  tempore 
usque  ad  médium  cum  duabus  testudinibus  lapideis 
produxit,  iste,  superaddito  tercio  ascendenti  statu,  eam 
paulo  humilius  duabus  coUaterallbus  erectam,  magnis 
impensis  consummavit.  Preterea  navim  monasterii  -, 
quamvis  nequaquam  ruinosam,  eversis  fortissimis  pilariis 
erectisque  pro  illis  spectabilibus  colum(p)nis,  muro  ad  sum- 
mum coequato  reparatam  consummavit.  Erat  ergo  suo 
tempore  in  tantum  de  novo  augmentata  hujus  veteris 
ecclesie  fabrica,  ut  de  ipsa  sicut  de  bene  consummatis 
ecclesiis  congrue  secundum  doctores  diceretur,  quod  ad 
staturam  humani  corporis  ^   esset  formata.  Nam  habebat  et 


1.  Cf.  snpra  le  texte  n°  VII  concernant  l'abbaye  de  Saint-Benoît-sur- 
Loire,  p.  3i. 

2.  C'est-à-dire  l'église  conventuelle.  Sur  cette  acception  particulière 
du  terme  monusterium,  \oy.  sapra,  notaninient  p.  4,  n.  6,  et  p.  156,  n.  1. 

3.  Sur  le  symbolisme  religieux,  voy.  le  savant  ouvrage  de  J.  Sauei". 
Si/inholili  des  Kirchengebaudes  und  seiner  Ausslaltiing  in  der  Aiiffas- 
siing  des  Millalalters  [1902].  Nous  ne  connaissons  pas  de  texte  d'un  doc- 
teur de  l'Eglise  qui  exprimerait  positivement  cette  idée  qui  est  ainsi  rendue 
au  XIII'  siècle  par  Durand  {RatiorutL,  I,  1)  :  «  Dispositio  autem  materialis 
ecclesiae  moduni  hamani  corporis  tenet.  »  —  Les  Pères  de  l'Eglise 
emploient  souvent  un  langage  métaphorique  qui  a  un  caractère  trop  géné- 
ral pour  qu'on  puisse  en  tirer  des  conclusions  précises  sur  la  construction  des 
églises  réalisée  dans  ses  rapports  avec  le  symbolisme.  «  Ecclesiae,  dit  Saint 
Augustin,  fundamentum  et  caput  Christus  »  (Migne,  Pair,  lat.^  t.  XXXIX, 


160  TEXTES    KELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [10oo-1082] 

adhuc  habere  cernitur  cancellum  qui  et  sanctuarium  pro 
capite  et  coUo,  chorum  stallatum  pro  pectoralibus,  cru- 
cem  ad  utraque  latera  ipsius  chori  duabus  manicis  seu 
alis  protensam  pro  brachiis  et  manibus,  navim  vero  monas- 
terii  pro  utero,  et  crucein  inferiorem  eque  duabus  alis 
versus  meridiem  et  septemtrionem  expansam  pro  coxis  et 
cruribus. . .  Et  quia  de  cancello  seu  sanctuario  et  absida 
tractatur,  sciendum  quod  cancellus  est  caput  et  humilior 
pars  ecclesie  versus  orientem  respiciens,  et  dicitur  alio 
nomine  sanctuarium,  eo  quod  ibi  sancta  conduntur  vel 
tractantur,  et  porrigitur  usque  ad  chorum,  unde  tempore 
quadragesimali  vélum  solet  inter  chorum  et  cancellum  seu 
sanctuarium    in     ecclesia     suspendi.     Abside    vero     sunt 


col.  1615).  Cf.  lexprcssion  lapis anguliiris  appliquée  au  Christ:  «  crescit 
quotidie  Ecclesia  in  templum  Dei  et  ab  ipso  capite  totum  corpus  exstrui- 
tur  »,  dit  saint  Prosper  d'Aquitaine  (Migne,  t.  LI,  col.  282.  V^oy.  aussi 
Vlndexdeallegnriis,  deMigne,  Indices  II,  art.  II  et  VI).  —  Auxi"  siècle,  c'est- 
à-dire  pendant  la  période  romane  où  le  transept  devient  très  iréquent.  la  vue 
de  son  développement  facilite  l'interprétation  symbolique  des  monuments 
du  culte  et  amène  à  faire  des  amplifications  d'anciens  textes  ecclésiastiques 
n'ayant  pas  une  portée  définie.  Le  texte  que  nouscommentonsse  rattache 
à  ce  que  nous  appellerons  le  symbolisme  a /)os<er/"or/,  c'est-à-dire  appliqué 
à  l'interprétation  d'un  monument  religieux,  sa  construction  une  fois  faite, 
par  opposition  à  ce  (jn'on  peut  nommer  le  symbolisme  a  priori,  dont  il  y 
a  bien  moins  d'exemples  [tel  est  le  mode  d'orientation  qui  n'a  pas  été  appli- 
qué, onle  sait,  d'unefaçon constante). G'estdu  symbolisme»  posteriori  que 
relèverait  l'idée  contenue  dans  ce  passage,  qui  nest  guère  connu,  d'Hono- 
rius  «  Augustodunensis  »,  De  (jenimn  animae,  lib.  I,  cap.  CLVII  (Migne, 
Pair.  Int.,  CLXXll,col.  500)  :  «  Ecclesiae qiiae in  modiiin  crucis i'mnl  populum 
f^cclesiae  mundo  crucifigi  debere  ostendunt  :  quae  autem  rotundae  in 
mndumcircnli fiant, Ecclesiampevcircu\um  orbisincirculumaeternitatisper 
dilectionemconstrui  ostendunt.  »  Dans  notre  étude  sur  le  rôle  des  Fabriques 
dans  les  églises  cathédrales  (Bail,  monnm.,  1902),  nous  avons  montré  leur 
intervention  incontestable  dans  la  disposition  des  constructions,  dans  le 
choix  des  sculptures,  d'où  a  pu  résulter  parfois  leur  influence  au  point 
de  vue  du  symbolisme,  de  même  que  des  raisons  techniques  ont  pu,  dans 
maintes  circonstances,  nous  le  reconnaissons,  mais  non  pas  toujours,  à 
notre  avis,  influer  sur  la  déviation  de  l'axe  des  églises  (Voy.  la  savante 
étude  de  M.  R.  de  Lasteyrie,  Mém.  Acad.  des  Inscr.,  t.  XXXVIl,  2"  par- 
tie, 1905).  Comme  s'est  exprimé  M.  Anthyme-Saint-Faul  {Bev.  de  l'art, 
chrèl.,  5«  série,  t.  1, 1905,  p. 149)  :  «  Si  l'abbé  Suger  éleva  pour  honorer  les 
douze  apôtres  et  les  douze  prophètes  le  chœur  de  son  église  sur  vingt- 
quatre  colonnes,  c'est  parce  qu'il  s'était  préalablement  assuré  que  ce 
nombre  cadrait  avec  le  plan  nouveau  qu'ilavait  conçu...  »  Quant  aux  instru- 
ments géométriques  servant  alors  de  points  de  repère,  nos  propres  recherches 
nous  ont  montré  que,  malgré  leur  caractère  empirique,  ils  n'étaient  pas 
aussi  imparfaits  qu'on  l'a  cru  (cf.  Suger,  de  Consecr.^  éd.  Lccoy  de  la 
Marche,  S  14). 


[10o5-H86]       DE  l'architecture  en  France  161 

exedre  ^    seu    appenditie,     que    aularum    seu    ecclesiarum 
lateribus  adhèrent  pro  deambulatione  amplianda  '. 


XLVIII 
1055-1186. 

Travaux  de  construction  et  de  décoration  accomplis  par 
les  soins  des  évêques  du  Mans,  notamment  par  Hil- 
debert  et  Guillaume  de  Passavant,  à  la  cathédrale  et  au 
palais  épiscopal  de  cette  ville,  ainsi  que  dans  leurs 
résidences  et  possessions    épiscopales. 

Actus  pontificiim  Cenomannis  in  urbe  degentiiim,  publ.  par  labbé  G.  Bus- 
son  et  l'abbé  A.  Ledru,  Le  Mans.  1901.  dans  lesi4 rc/iires  historiques  du 
Maine,  t.  II.   p.  375-376,  383,  393-39i,  400,  405,  462  et  suiv. 

(Cf.  Actus  pontifie.  Cenoinann,  dans  les  Vetera  Analecla,  éd.  Mabillon 

(1723),  p.  307  et  suiv.) 

[1055-1064  et  1065  ou  1067-1081].—  Fabrica  nove  eccle- 
sie  '^,  quani  praesul  Vulgrinus^  inchoaverat,  fundamentorum 


1.  «  Exedra  est  absida  quaedani,  separala  modicum  quideni  a  templo 
vel  palatio  »  (Walafrid.  Strabo.  De  rébus  ecclesiasticis.  c.  6). 

2.  Les  Gesta  abb.  Trudon.  contiennent  bien  d'autres  renseignements 
intéressants  sur  les  travaux  d'architecture  entrepris  par  les  abbés  de  ce 
monastère  ;  nous  y  renvoyons  nos  lecteurs  qui  pourront  en  tirer  profit. 
Nous  y  lisons  que,  sous  l'abbatiat  de  Rudolf,  dont  nous  avons  indiqué  pré- 
cédemment les  limites  extrêmes,  beaucoup  de  travaux  d'architecture  ou 
autres  eurent  lieu.  11  y  est  question,  par  exemple,  pour  les  réparations  de 
vitraux,  d'un  certain  Arnoult  :  «  fractas  vitreas  fenestras  monasterii,  claus- 
tri,  cellae  abbatis,  acceplo  a  custode  vitro,  plumbo  et  caera  et  sumptu 
emendat,  etc..  »  (Pertz,  op.  cit.  cit..  p.  284). 

3.  Pour  la  cathédrale  du  Mans,  voy.  E.  Lefèvre-Pontalis,£<jide /its<or.  et 
archéologique  sur  la  nef  de  la  cathédrale  du  Mans,  Mamers,  1889  (cf. 
Quicherât,  Mél.  d'archéol.,\i.  111 ,  VioUet-Ie-Duc,  Dict.  de  Varch.  fr.,  t.  X, 
table,  v°  Le  Mans,  et  A.  Ledru,  La  cathédrale  Saint-Julien  du  Mans,  ses 
évêques,  son  architecture  (avec  la  collaboration  de  G.  Fleuryi,  Mamers, 
1900,  in-f°  et  nombreuses  illustratio  is  ;  cf.  Dibl.  Ec.  des  Ch.,i.  LXI,  1900, 
p.  536ets.,et  Wui/.  wonum.,  1901,  p.  239  et  s.  —Pour  l'emploi  tardif  des  voûtes 
au  XI'  siècle  et  la  persistance  des  charpentes  apparentes  dans  le  Maine  et 
la  Normandie,  voy.  Viollet-le-Duc,  op.  cit.,  t.  Il,  p.  354.  La  nef  de  la 
cathédrale  du  Man-<  appartient,  dans  la  classification  des  églises  romanes, 
à  la  famille  des  croix  écartées  embrassant  deux  travées  et  pourvues  de 
formeret  (Quicherât,  Mél.,  p.  111). 

4.  Vulgrin,  évêque  de  1055  à  1064.  —  Voy.  Ledru.  p.  122  et  s.  Le  texte 
des  Actus  s'exprime  ainsi  à  propos  de  cet  évêque  :  «  Quinto  namque  ordina- 
tionis  suae  anno,  fundamenta  matris  ecclesiae  ampliora  quani  fuerant  inchoa- 

11 


162  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [lOoO-llSG] 

mobilitate  atque  lapidum  debilitate  corrupta,  innumera 
crepidine,  ruinam  sui  cepit  terribiliter  minitari,  quam  dum 
artifices  fulcirc  conantur,  repentino  frag'ore,  nocturno  tem- 
pore  collapsa  est.  Erat  autem  ipsius  fabrice  arcus  maximus 
super  criptam,  in  qua  beatissimi  Juliani  corpus  quies- 
cebat,  exstructus,  hinc  atque  inde  piramidibus  ing-enti  alti- 
tudine  collocatis.  Ibi  itaque  sanctissinii  confessoris  vir- 
tus  indubitanter  enituit,  dum,  tante  molis  machina  subito 
corruente',  ita  basilice  ipsius  tectum,  quo  sancti  mem- 
bra  teg-ebantur,  integrum  atque  incolume  permaneret, 
ut  ne  minima  quidem  ipsius  tecti  scindula  ruinae  ta  m 
terribilis  ictibus  lederetur.  Indejamdictus  episcopus  [Arnal- 
dus]Hotam  cepti  operis  fabricam  usque  ad  ima  fundamenta 
destruens,  denuo  ipsam  ecclesiam  fundamento  firmiori  et 
solidiori  lapide  construere  cepit  ;  et  parti  superiori,  quam 
vulgo  cancellum  nominant,  etiam  tectum  imposuit  ;  mem- 
brorum  quoque,  que  cruces  vocantur,  atque  turrium  soli- 
dissima  fundamenta,  antequam  moreretur,  instituens... 

[1085-109B].  —  [Hoellus^  episcopus]...  fabricam  nove 
ecclesie,  in  qua  antecessores  ejus  multo  tempore  labora- 
verant.  tanto  studio  aggressus  est  consummare  ut  cruces 
atque  turres,  quarum  antecessor  ipsius,  ut  supra  ostensum 
est,  jecerat  fundamenta,  brevi  tempore  ad  efTectum  per- 
duxit  ;  eisque  celeriter  culmen  imponens,  exteriores 
etiam    parietes,     quos    alas    vocant,     per    circuitum    con- 


vit.  »  Il  aurait  élevé,  d'après  Ledru,  le  chœur,  la  croisée,  probablement 
les  deux  bras  du  transept  et  peut-être  deux  tours  aux  extrémités.  Sur  Vul- 
grin,  voy.  E.  Lefèvre-Pontalis,  Rev.  du  Maine,  t.  XXV,  p.  32,  et  Piolin, 
Egl.  du  Mans,  l.  111,  p.  258. 

1.  Sur  cette  catastrophe,  voy.  Ledru,  p.  127. 

2.  Arnaud,  évêque  de  1065  ou  1067  à  1081 . 

3.  P.  383.  — C'est  un  peu  avant  ladate  du  11  août  1093  que l'évêque  de 
Durham,  Guillaume,  orif,'inaire  de  Saint-Calais,  près  du  Mans,  pose  la  pre- 
mière pierre  de  son  église  'voy.  Syineonis  mon.  Dunhelni.  lih.  de  exordio 
Dunhelm.eccL,  coll.  des  Rolls,  i.  ï,  p.  129  etsuiv.),  églisedes  plus  intéres- 
santes de  l'Angleterre  pour  la  période  romane.  V^oy.  ,1.  Bilson,  Les  origines 
de  l'architecture  gothique  (Extr.  de  la  Rev.  de  V  art  chrétien,  1901-1 902. et,  à 
la  suite,  les  observations  de  M.  R.  de  Lasteyrie).  Guillaume  avait  peut-être 
eu  connaissance  de  ces  constructions  du  Mans. 


[10oO-1186]  DE    l'architecture    en    FRANCE  163 

summavit.  Sed  et  cancellum,  quod  ejus  antecessor  cons- 
truxerat,  pavimento  decoravit  et  celo  '  ;  vitreas  quoque, 
per  ipsum  cancellum,  per  que  cruces  ~  circumquaque 
laudabili,  sed  sumptuosa  nimium,  artis  varietate  dis- 
ponens...  Episcopus  ^  autem...  in  constructione  nove 
ecclesie,  que  propter  ejus  desolationem  penitus  intermissa 
fuerat,  summo  cepit  studio  laborare,  et  ad  transferendas 
sanctorum  reliquias,  superiores  partes  ejusdem  basilice 
diligenti  sollicitudine  preparare,  oratorium  scilicet,  quod 
c[h]orum  vocitant,  sedemque  pontificalem,  altaria  quoque 
conjçrua  diniensione  disponere,  pavimenta  substernere, 
columnas  ac  laquearia  gratissinia  varietate  depin^ere, 
parietes  per  circuitum  dealbare  ^,  ni(c)hil  omnino  preter- 
mittere  quod  aut  usui  fore  crederet  aut  decori,  hoc 
precipue  sollicitus  ne  quid  in  tota  fabrica  adventantium 
conspectibus   displiceret... 

[409G-H25].  — [Hildebertus  '  episcopusj...  domum  capi- 
tuli,  que  ibiex  multo  tempore  nuUa  penitus  habebatur,  lauda- 


1.  Voy.  Ledru,  p.  133  ;  cf.  Du  Cange,  Gloss.,  v°  Caeliim. 

2.  Doni  Piolin  {E(/l.  du  3fa;is,  III,  340)  a  compris  qu'on  remarquait  dans 
les  vitraux  dHoël  «  des  ornements  en  croix  »  1  Hucher  [Calques  des  vitraux 
delà  cathédrale  du  Mans^a  émis  l'opinion  que  les  quatre  panneaux  anciens  du 
vitrail  de  1  Ascension,  actuellement  placés  dans  un  des  bas-côtés  de  la  nef  de 
la  cathé  Irale,  scnit  des  restes  du  vitrail  d'Hoël.  «  Il  ne  resle,  d'après 
M.  Anthyme-Saint-Paul{  Année  archéoloçfique,  éd.  1S80.  p.  183),  qu'un  seul 
viti-ail  à  la  catliédrale  du  Mans  qui  puisse  avec  certitude  être  attribué  à 
unp  époque  antérieure  à  1120  (Vitraux  de  la  cathédrale  du  Mans,  par 
E.  Hucher).  »  —  Viollet-le-Duc,  Dict.  de  iarch,  fr.,l.  IX,  art.  Vitrail,  p.  362 
(iîg.  3),  donne  une  reproduction  du  vitrail  du  commencement  du  xii*  siècle 
représentant  l'Ascension.  Suivant  M.  O.  Merson  [Les  Vitraux,  p.  35),  «  les 
vitraux  du  Mans  seraient  dus  plutôt,  semble-t-il,  à  la  générosité  de  Guil- 
laume de  Passavant,  et  ils  auraient  été  mis  en  place  en  1158,  lors  de  la  con- 
sécration de  la  nouvelle  cathédrale.  »Sur  la  date  (28  avril  1 158)  de  cette  con- 
sécration de  la  nef,  voûtée  par  les  soins  de  cet  évèque  qui  en  avait  fait  modi- 
fier les  tracés,  ainsi  que  du  porche  et  peut-être  du  portail  en  plein  cintre 
surhaussé,  voy.  G.  Fleury,  Des  portails  romans  du  XII'  siècle  et  de  leur 
iconographie,  dans  la  Rev.  histor.  et  archéol.  du  Maine,  t.  LUI  (1903), 
p.  31  et  s.  (pi.  3etfig.  9). 

3.  P.  393. 

4.  Cf.  les  textes  :  n"XVII,  p.  68  (cath.  de  Cambrai),  2,  §  9,  où  nous  lisons 
à  propos  de  l'évêque  Gérard  II  :»  pia.s-frum...  renovavit  »  (1076-1092),  et 
n°  XW  (cath.  d'Auxerre  .  p.  93. 

5.  P.  400.  —  Hildebert  de  Lavardin,  évoque  du  Mans,  vécut  de  1055 
environ  à  1133  (ou  1134;,  d'après  Hauréau,  Avant-propos  aux  Mél.  poét. 
d' Hildebert  de  Lavardin  (1882).  —  Cf.  sur  Hildebert  de  Lavardin,  A.  Dieu- 


164  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1053-1186] 

bili  opère  cepii  a  fundamentis  construere,  eamque  decenter 
et  undique  vitreis  illustravit  et  forniceo  opère  supertegere 
procuravit...  Quando  Helias  cornes,  consentientibuscivibus, 
civitatem  occupavit  et  milites  reg^is  in  munitionibus 
obsedit...  rex  suspectum  habens...  exigebat  ut...  turres 
ecclesie,  unde  sibi  damnum  illatum  fuisse  querebatur,  dirui 
preciperct...  cujus  pa[n]ctionem  toxicatam  Ildebertus  pru- 
denter  respuens,  dixit  :  «  Nos  caremus  in  partibus  nostris 
«  artifîcibus,  qui  tantum  opus  congrue  noverint  operari. 
«  Exhinc  régie  congruit  dispositioni  tam  diligens  opéra  et 
«  inipensa,  in  cujus  regno  et  mirabiles  refulgent  artifices 
«  et  mirabilem  operantur  celaturam...  »  ' 

Cetera  ^  in  ecclesie  restauratione  et  domorum  episco- 
palium  constructione  abundanter  expendit.  Ipse  enim  eas- 
dem  domos,de  occidentali  parte  in  orientalem  partem  eccle- 
sie transtulit,  easque  juxta  Sancti  Salvatoris  edem,  in  loco 
ubi  aula  domni  Gervasii  presulis  antiquitus  fuerat,  decenti 
opère  collocavit.  Qui  etiam  in  villa  episcopii  sui,  quam 
Ivriacum  -^  nominant,  tribus  ferme  milliaribus  ab  urbe 
distante,  aulam  lapideam  cum  cubiculis  et  cellario  cons- 
truxit...  Ad  aedificationem  vero  nostrae  ecclesiae  CXLVII 


donné,  Ilildebert  de  Lavardin  (Paris,  1898).  Il  fut  consacré  é\  c(|ue  du 
Mans  le  jour  de  Noël  1096  e  quitta  le  Mans  pour  Tours  en  1125.  L'archi- 
tecte d'Hildebert  de  Lavardin  qui  fit  la  reconstruction  de  la  nef  de  la  cathé- 
drale du  Mans  fut  un  moine  de  la  Trinité  de  Vendôme,  nommé  Jean,  qui 
lui  fut  prêté  par  l'abbé  GeofTroi,  et  qu'il  garda  longtemps  sans  tenir  compte 
des  réclamations  de  cet  abbé  et  de  l'excommunication  lancée  contre  ledit 
moine.  Voy.  à  ce  sujet  les  extraits  des  lettres  (1097-1132)  que  nous  publions 
plus  loin  (Cf.  Ledru,  p.  139-140,  etp.  210-211).  —  Voy.  dans  Ledrule  plan  de 
la  cathédrale  du  Mans,  p.  175  (avec  l'indication  des  parties  romanes).  Pour 
leurs  dates  comparées,  voy.  le  résumé  que  donne  l'auteur  (p.  216  et  217). 

1.  P.  403.  —  Pendant  les  liostilités  entre  Hélie,  seigneur  de  la  Flèche,  et 
Guillaume  le  Roux,  roi  d'Angleterre,  l'évèque  du  Mans  avait  été  accusé  de 
favoriser  Hélie  et  emmené  prisonnier  en  Angleterre.  Là  Guillaume  insista 
auprès  de  lui  pour  obtenir  la  destruction  des  tours,  d'où  l'on  avait  attaqué 
ses  guerriers,  promettant,  s'il  obtenait  cette  grâce,  de  l'or  et  de  l'argent 
pour  enrichir  le  tombeau  de  saint  Julien.  C'est  alors  qu'eut  lieu  la  réponse 
d'Hildebert.  Celui-ci  étant  rentré  au  Mans  avec  des  présents,  et  les  négo- 
ciations ayant  traîné  en  longueur,  les  tours  paraissent  bien  avoir 
échappé  au  danger  qui  les  menaçait  ;  Guillaume  mourut  peu  après,  le 
2  août  1100  (Voy.  Ledru,  op.  cit.,  p.  136-138).  —  Panclin,  terme  très  rare 
pour  pactio  (de  pangere)  ;  cf.  paucio  [Gloss.,  Du  Gange),  qu'il  faut  cori-iger 
ainsi  :  «  pancio  ».  Panctio  ioxicata,  accommodement  perfide. 

2.  P.  405. 

3.  Yvré-l'Évêque,  c.  du  cant.  et  arr.  Le  Mans  (Sarthe). 


[1055-1186]       DE  l'architecture  en  France  165 

aureos  dédit...  Ildebertus  autem  opus  ecclesie,  quod  per 
long-a  tempora  protractum  fuerat,  suo  tempore  insistens 
coiisummare,  dedicalionem  *  ultra  quam  res  exposcebat 
accelerans...  anno  plane  Domini  M**  CXX",  in  octabis 
Pasche...  consecravit  eani  in  honore...  Virg-inis  Marie  et 
beatorum  martvrum  Gervasii  et  Prothasii  et...  Juliani. 
Aliorum  quoque  sanctorum  corpora,  que  in  secretario 
ecclesie...  invenerat,  in  sarcofago  lapideo,  rétro  altare 
Béate  Marie,  in  superiori  scilicet  cripta...  collocavit... 

[1145-11871.  — [Guillelmus^  episcopus]  in  domo  sua 
Cenomannis  cameram  inferiorem  lapideam  et  capellam  juxta 
positam,  siniiliter  lapideam  •^,  personisrelig-iosisaedilicaverat, 
et  sic  disposuerat  ut  eis  locus  orationis  oportunius  deservi- 
ret,  ibique  monachi  Cisterciensis  ordinis,  ex  quibuscumque 
partibus...,  ad  predictam  civitatem,  ubi  nullani  aliam  habe- 
bant  mansionem,  venirent,  a  servientibus  episcopi...  reci- 
piebantur...  Cenomannis,  a  parte  ecclesie  Sancti  Audoeni^, 


1.  P.  415.  —  Voy.  sur  cette  consécration  Ledru.  p.  140.  Parmi  les  per- 
sonnages ecclésiastiques  qui  assistèrent  à  la  cérémonie  se  trouvaient 
Guibert,  archevêque  de  Tours,  GeotTroi.  archevêque  de  Rouen,  Marbod. 
évêque  de  Rennes.  A  noter  ces  expressions  :  «  altare  quod  est  in  dextro 
memhro  ecclesiae,  altare  quod  est  in  superiori  etdijjniori  crypta  ».  Obser- 
vons que  les  cérémonies  de  consécrations  stimulaient  l'émulation  des 
évêques  appartenant  à  la  même  province  ecclésiastique  ou  aux  provinces 
voisines  et  pouvaient  leur  su^{<éi-er  des  plans,  en  même  temps  qu'elles  leur 
proposaient  des  exemples  pour  la  reconstruction,  l'agrandissement  ou 
la  décoration  de  leurs  églises  i-espectives. 

2.  P.  462.  —  Guillaume  de  Passavant.  Avant  lui,  Hugue  ou  Payen  de 
Saint-Calais,  évêque  de  sept.  1136  au  5  fév.  1144,  avait  administré  l'Eglise  du 
Mans  (voy.  Ledru,  p.  148).  Sur  l'incendie  qui  eut  lieu  vers  1137,  voy.  Ledru, 
p.  150  et   s. 

3.  Sur  la  substitution  de  la  pierre  au  bois  dans  les  constructions  des 
palais  épiscopaux  et  maisons-Dieu,  au  commencement  du  xi"  siècle,  cf.  le 
passage  suivant  que  nous  tirons  des  Actes  des  évêques  du  Mans  {Act.  pon- 
tif.  Cenoman.,  dans  les  Hist.  de  Fr.,  t.  X,  p.  3H5):  «  fecit  Avesgaudus  episco- 
pus namque  episcopalesdomos  quœ  anlea,  Ugneae  fiieranl  peirinas  ;  et  hos- 
pitalitatem  pauperum  Christi  qua;  necdum  et  loco  illo  lignea  erat  constituit 
petrinam. . .  —  Sur  la  persistance  des  églises  en  bois  dans  le  dernier  tiers 
du  xi"  siècle,  en  bien  des  endroits,  cf.  l'exemple  suivant  relatif  à  l'église 
collégiale  Saint-Lucien,  auj.  Saint-Nicolas  de  Beauvais  :  acte  de  Gui, 
évêque  de  Beauvais,  au  sujet  du  sénéchal  Raoul  (1078):  «  Ecclesiam  b! 
martyris  Luciani  infra  muros  urbis  sitam  quae  antea  lignea  fuerat  lapi- 
deam aedificavit.  »  (Louvet,  Hist.  de...  Beauvais,  p.  492).  Ce  témoignage 
s'ajoute  aux  nombreuses  mentions  que  nous  avons  recueillies  et  signalées 
au.  cours  de  nos  recherches. 

4.  Il  s'agit  de  saint  Ouen,  évêque  de  Rouen. 


166  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIBE  [1055-1186 

fecit  grang-iam  1  lapideam,  lapidihus  tectam  et  spatiosam. 
Prope  locum  illum  fecit  cameram  quae  altior  dicebatur, 
ubi  ipse  jacebat  :  cujus  ab  utroque  latere  fenestre  progre- 
dientes  eam  claro  lumine  irradiabant.  Quarum  materiam, 
licet  commendabilem,  superabat  opus  :  nam  et  opus  earum 
et  compositio  camere  ingenium  artifîcis,  quod  in  eis 
pulcrius  et  subtilius  relucebat,  admodum  commendabant. 
Camere  illi  capellam  continuani  posuerat  ;  que,  etsi  prima 
manu  artificis  ni(c)hil(l)ominus  pulcrius  resplenderet,  ima- 
gines tamen  ibi  picte,  ingenio  ammirabili  viventium 
speciebus  expressius  conforma  te,  intuentium  non  solum 
oculos,  sed  etiam  intellectum  depredantes,  intuitus 
eorum  in  se  adeo  convertebant  ut  ipsi  suarum  occupa- 
tionum  obliti  in  eis  delectarentur  ;  et  quos  sua  occu- 
patio  ex[s]pectabat,  per  imagines  delusi,  penitus  o[t]iosi 
viderentur.  Tertio  loco,  juxta  capellam  ordinaverat  aulam, 
cujus  co[m]positio  tota,  et  maxime  fenestrarum  ^  opus, 
tantum  pulcritudinis  habebat,  ut  ipsa  vel  doctiore  manu 
artificis  quam  supradicta  duo,  videretur  co[m]posita,  vel 
artifex  in  opère  isto  se  ipsum  vicisse  crederetur.  Inferius 
autem,  in  plateis  domorum  quas  emerat,  planta  ri  fecerat 
viridarium,  in  quo  erant  species  arborum  diverse  per 
insertionem  fructus  alienos,  pariter  visu  pulcherrimae,  ut 
homines  ad  fenestras  aule  dependentcs,  et  alii  in  viridario 
existentes  mutuo  aspectu  delectarentur,  illi  de  aula  in 
pulcritudine  arborum,  alii  de  viridario  in  aspectu  pul- 
critudinis fenestrarum,  Composuit  autem,  quos  in  introitu 
aule  fecit  annotari  sub  cruce,  quam  agnus  lapide  sculptus 
deportabat,  versus  istos  : 

Sub  cruce  qui  transis,  devota  mente  retracta 
Quod  tibi  vita  datur  Xristi  cruce  morte  subacta, 

1.  Sur  les  granj,'cs  eu  pierre,  voy.  supra  le  texte  concernant  les  évêques 
d'Auxerrc.  L'expression  (jram/ia  ïapidea  (par  opposition  àli;jnen)  marque 
bien  pour  ce  ji^eure  de  bâtiment  l'extension  croissante  de  la  construction 
en  pierre  au  xr  siècle. 

2.  Pour  ce  passage,  nous  renvoyons  à  Ledru,  p.  163,  not.  6.  Voy.  ibid., 
p.  163,  au  sujet  des  travaux  de  cet  évêque.  Le  28  avril  1158,  eut  lieu  la 
dédicace  d'un  des  édilices  élevés  par  ses  soins  (Ledru,  p.  165).  Ce  qui  pré- 
cède sur  la  décoration  picturale  d'une  chapelle  de  manoir  épiscopal 
ne  se  rencontre  point  d'ordinaire  dans  les  textes. 


[1055-1186]       DE  l'architecture  en  frange  167 

Viridarium  illud  et  omnes  domos  pontificales  a  parte  illa 
clausit  muro,  a  supradicta  grang-ia  usque  ad  finem  viridarii 
continuato.  Ante  introitura  aule  fecit  ductum  aque  subter- 
raneum  ad  locum  lapideum  ascendentis,  ubi  manus  venien- 
tium  lavabnntur  '.  Contigit  apud  Ebriacuni  domos  pontifi- 
cales -  et  villam  ipsam  comburi.  lUas  ergo  domos  non 
dico  reparavit,  sed  quasi  edificavit.  Rémanente  enim 
prima  domo,  que  est  juxta  capellam,  ubi  caminum 
fecit  optimum  ,  in  ea  co[m]posuit  gradum  lapideum, 
per  quem  ascendebatur  ad  cameram  secundam  ;  eique, 
que  longitudinem  habebat  et  nullam  fere  latitudinem,  for- 
mam  apposuit  commendabilem,  illasque  domos  sic  fîeri 
fecit  et  ordinari,  ut  et  opus  et  ordinatio  multe  materiam 
laudis  atlribueret  co[m]positori.  Juxta  domos  illas  fecit 
grangiam  lapideam  '^,  et  prope  eam,  stabula  equorum  et 
domum  pressorii  et  pressorium.  Et  bec  omnia  clausit  muro, 
extra  quem  fecit  et  aliud  pressorium...  Apud  Tollevi[a]m  ^ 
fecit  capellam  lapideam  et  domum  ligneam,  rotundam 
exterius  et  interius  quadratam  ',  et  grangiam  lapideam  et 
stabula  equorum  :  et  hec  omnia  circumdedit  muro  et  fos- 
sis,  ubi  aqua  semper  inveniebatur.  Fecit  inibi  portale 
lapideum,  bene  munitum  'J,  per  quod  hostes  de  facili  introi- 
tum  habere  non  possent... 


1.  Cf.  ce  que  nous  avons  dit  plus  haut  (p.  91)  sur  les  fontaines  et 
lavabos  dans  les  cloîtres  (texte  n"  XXIV  relatif  à  Maguelone). 

2.  On  ne  possède  guère  de  détails  sur  l'intérieur  des  maisons  épiscopales 
situées  hors  des  villes  :  aussi  les  détails  qui  suivent  sont  précieux  à  cet 
ég^ard. 

3.  Cf.  sur  les  g-ranpes  et  les  clôtures  leur  servant  d'enceinte,  Viollet- 
le-Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr.,  t.  VI,  p.  44  et  45  et  fîg.  Ce  passage  montre 
que  ce    genre  de  disposition  est  bien   antérieur  à  la  guerre   de  Cent   ans, 

comme  VioUet-le-Duc  incline  trop  à  le  croire  (ibid.). 

4.  Touvoie.  cant.  deSavigné-l'Evéque,  arr.  Le  Mans  (Sarthe)  ;  cf.  Ledru, 
p.  164.  Il  faudrait  Tolleviam  dans  notre  texte,  et  non  Tolleinum. 

5.  Les  mentions  d'édifices  construits  en  bois,  ayant  cette  forme, 
méritent  d'être  signalées,  vu  leur  rareté. 

6.  Exemple  de  portail  fortifié  appartenant  à  un  mduoir  épiscopal.  «  Le 
manoir  est  fermé;  il  peut  être  clos  de  murs  et  entouré  de  fossés,  mais  non 
défendu  par  des  tours.  Le  plus  souvent  c'est  une  agglomération  de  bâti- 
ments destinés  à  l'exploitation...  avec  logis  principal  pour  l'habitation  du 
propriétaire.  »  (Viollet-Ie-Duc,  Dict.  de  iarch.  fr.,  t.  VI,  p.  300,  V 
Manoir). 


168  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1056-1081] 

XLIX 

1056-1081   et  1091,  décembre. 

Historique  de  la  reconstruction  de  Véglise  abbatiale  de 
Saint-Pierre  d' Oudenbourg^  près  de  Bruges^  en  Flandre  ; 
détails  techniques  sur  la  couverture  de  cet  édifice  et  les 
échafaudages ,'  le  clocher  et  les  fortifications  d'Ouden- 
bourg.  —  Emploi  de  pierres  destinées  à  l'œuvre  de  ces 
fortifications  provenant  du  Tournaisis  et  du  Boulon- 
nais ;  restes  de  monuments  antiques  du  pays  de  Cologne 
utilisés  pour  les  nouvelles  constructions.  —  Accident  sur- 
venu au  campanile  de  bois  de  Véglise  abbatiale;  mesures 
extraordinaires  prises  pour  son  rétablissement  ;  fixation  à 
l'avance  de  sommes  d' argent  pour  indemniser  les  maîtres 
charpentiers  qui  réussiraient  à  le  remettre  en  place. 


Tractatns  de  ecclesia   S.  Pétri   Aldenbnrqensi  ',  éd.  Holder-Ef^ger,  dans 
Mon.  Germ.  hist.,  Script.,  t.  XV.  2  (1888),  p.  869-871. 
(Cf.  Migne,  Pair,  lat.,  t.  CLXXIV,  col.  1464  et  s.) 

10  [1056-1081].  —  Basilica  ligno  2  condita  sub  tempore 
Dagoberti  régis  Francorum,  acipsiuslicentia  abeatoUrsmaro 


1.  Sur  cette  chronique  et  les  autres  éditions,  voy.  (outre  Potthast, 
Bihl.  hr'st.)  Molinier,  Sonrcea  de  Vhisl.  de  Fr.,  t.  II,  p.  179.  Ce  recueil  a 
été  composé  vers  108  i  ;  il  a  été  édité  à  Bruf^es  dans  le  Rec.  de  croniques 
concerntml  la  Flandre  occidentale  (imo^.  —  Saint-Pierre d'Oudenbourg  est 
une  ancienne  abbaye  bénédictine,  située  près  de  Bruges,  auj.  province  de 
Flandre  occidentale  (Belgique).  L'abbé  Hariulf,  mort  là  mêm  en  1143; 
avait  rétabli  l'abbaye  de  S:\int-Pierre  d'Oudenbourg  lors  vlvui  voyage 
qu'il  fit  en  Flandre  en  10H4.  Cf.  Feys  et  van  de  Casteele.  Hist.  dOiiden- 
bourg,  t.  I  (1873),  p.  l'j,  au  sujet  de  la  reconstruction  de  la  vieille  église 
en  bois  élevée  par  les  soins  de  Saint-Ursmer.  Sur  Mariulf,  voy.  l'Introd. 
que  M.  F.  Lot  a  mise  en  tète  de  son  édition  de  la  chronique  de  Saint- 
Riquier  (1894),  notamment  p.  XIV-XV. 

2.  Sur  la  construction  en  bois  en  Flandre,  notamment  dans  les  édifices 
de  larchitecture  religieuse,  et  textes  à  l'appui  jusqu'aux  xi"  etxii"  siècles, 
voy.  Godefroid  Kurth,  Notqer  de  IJèqe  et  la  civilisation  au  X"  siècle,  t.  I, 
1905),  ch.  XV,  p.  300  et  s.     "^  ' 


[1056-1081]       DE  l'architecture  es  frange  169 

in  honore  Beati  Pétri  apostoli  aedificata,  ut  superius  dictum 
est,  ...prolixa  vetustate  corruit  ;  ac  denium  post  plurima 
annoruni  curricula  cives  Aldenburgenses  novam  ecclesiam  in 
honorem  beati  Pétri  apostoli  omniumque  apostolorum  aedi- 
fîcare  coeperunt.  Anno  autem  Domini  [MLVI]  coeptum  est 
opus  prefati  templi  Beati  Pétri  apostoli,  sicut  habetur  ple- 
nius  in  principio  hujus  tractatus  ;  et  coeptum  est  in  eodem 
loco  quo  prius  de  lapidibus,  sicut  manifestum  [est]  per 
miracula  quae  fiebant  duni  templum  operabatur;  quae  sub 
brevitate  enarrare  aggrediamur. 

11  [Vers  1061].  —  Post  ini(t)iumconstructionisipsius  tem- 
pli circiterquintum  annum,  cum  presbiterium  perfectum  esset 
et  culmo  coopertum,  atque  inter  trabesante  principale  altare 
campanae  pependissent,  arcum  ^  ante  presbiterium  a  terra 
usquead  summum  virgissepire  ac  culmo 'dependente  coope- 
rire  ad  pluviam  et  grandinem  atque  nivem  depellèndam  ante 
hyemis  tempora  clerici  procurabant.  Quadam  vero  die,  qui- 
dam juvenis  clericus,  valde  simplex  et  devotus,  nomine 
Lisg-erus,  nimis  intente  huic  operi  astare  manibusque  coope- 
rare  diligenter  atque  h[ijlariter  studium  impendebat.  Cum 
autem  in  superioribus  partibus  ejusdem  arcus  ex  utraque 
parte  machinamentum  -^  constructum  esset,  Lisgerus  inte- 
rius  aliusque  exterius  contra  eum  in  predicto  machina- 
mento  stetit,  qui  culmum  tortis  virg-unculis '*  ad  parietem 
ligare  studebat,  quem  virgis  conseptum  ante  predixi,  vir- 
gunculas  vero  intrinsecus  per  parietem  immittere  festina- 
bat;  Lisgerus  eas  sagaciter  firmare  intus  ad  parietem  con- 


1.  C'est-à-dire  l'arc  triomphal. 

2.  Le  revêtement  de  chaume,  autrement  dit  en  paille  ou  roseaux,  absor- 
bait facilement  Ihumidité  et  servait  d'aliment  terrible  aux  incendies,  mais 
on  y  tenait  dans  ce  pays,  notamment  à  cause  du  bon  marché  et  de  la 
difficulté  qu'on  avait  à  se  procurer  de  bons  matériaux  en  pierre. 

3.  Echafaudage  ;  terme  d'oriffine  ancienne:  même  sens  que  machina 
dans  l'antiquité  classique.  —  Cf.  deambuhitorium  (voy.  supra  le  texte 
n"  XXXVII  relatif  à  Odilon  de  Clunv,  p.  130;. 

4.  Rares  sont  les  détails  techniques  sur  la  liaison  du  comble  aux  parois 
latérales  à  l'aide  d'entrelas  ou  tortis  de  baf^uettes  de  bois  servant  de  liens.  — 
Cf.  supra  le  texte  que  nous  avons  donné  sur  Odilon  de  Cluny,  et  les 
remarques  que  nous  avons  faites  alors  sur  l'emploi  du  mot  retorla. 


170  TEXTES    RELATIFS    A    l'iUSTOIRE  [1056-1081] 

tendebat.  Giimque  haec  per  longum  temporis  spacium  con- 
tendebant  ut  fecissent,  incaute  unum  de  viminibiis  Lisg-e- 
rus  extrahens,  retrorsum  de  prescripto  machinamento  cum 
ipso  cecidit,  scilicet  deorsum  ad  terram,  ut  alius  mag-no 
pavore  perterritus  aestimabat,  qui  foris  stans  virgulam 
intus  immiserat  ;  sed  inter  secundam  et  terciam  trabem 
super  jug-um  maximae  campanae  absque  ulla  corporis  lae- 
sione  leviter  in  uno  latere  lapsus  est.  Quia  vero  illic  in 
opère  Beati  Pétri  apostoli,  sicut  predixi,  devota  mente  et 
simplici  corde  instabat,  ideo  laedi  non  potuit,  et  quia  in 
casu  suo  sanctissima   apostoli  intercessione  portabatur. 

12.  Subséquente  autem  tempore,  cum  aedestempli  aedifi- 
cabantur  in  septentrionali  climalte,  bituminis  artifex  ^  cum 
suis  in  meridiano  latere  operabatur.  Quadam  vero  die, 
puer-  qui  ei  lapides  et  cementum  porrig'ebat,  tam  grave 
pondus  lapidum  machinamento,  in  quo  stabant,  superpo- 
suit  ut  vim  tantae  molis  ferre  non  prevaleret,  sed,  fracto 
omni  machinamento,  lapides  et  cementum  cum  magno 
sonitu  super  terram  corruerunt.  Ipse  autem  et  puer  in 
unam  fenestram  ejusdem  maceriae  sine  corporis  detrimento 
inopinate  devenerunt,  quae  eis  non  prope,  sed  tam  longe 
abfuit  ut,  si  super  terram  starent,  saltando  vix  tantum 
spacium  attingerent.  Quodad  jussum  omnipotentis  Dei  per 
mérita  sancti  Pétri  -^  apostoli  actum  intelligit,  qui  divina 
providentia  disponi  omnia  fideliter  crédit. 

13  [Vers  1066-1067].  — Post  haec  vero,  Iransactisquinque 


1.  Bituminis  artifex  désignerait  le  maître  ouvrier  cimeuteur  qui,  dans 
cette  région  froide  et  humide  du  Nord,  devait  revêtir  la  maçonnerie  d'un 
mélange  de  ciment,  sans  doute  très  agglutiné  et  destiné  à  prévenir  les 
effets  désastreux  de  Ihumidité  dans  la  construction.  Le  chroniqueur  croit 
devoir  insister  sur  ce  fait,  vraisemblablement  parce  que  les  procédés  de 
maçonnerie  étaient  alors  d'autant  plus  à  remarquer  que  ceux  de  la  construc- 
tion en  charpente  de  bois  étaient  encore  très  employés  dans  cette  région  du 
Nord. 

2.  Nous  n'avons  guère  à  cette  époque  dans  les  textes  de  mention  d'aide- 
maçon;  cet  exemple   est  à  retenir  pour  le  xi°  siècle. 

3.  Cf.  supra  encore  les  circonstances  merveilleuses  rapportées  par 
l'auteur  de  la  vie  de  saint  Odilon  de  Cluny,  grâce  auxquelles  les  construc- 
teurs qui  travaillaient  sur  un  échafaudage  qui  se  rompit  restèrent  sains  et 
saufs,  malgré  la  chute  qu'ils  firent. 


[1056-1081]       DE  l'architecture  en  France  171 

vel  sex  annorum  curriculis,  quadam  die  custos  ipsius  tem- 
pli,  Sygerus  nomine,  dum  matutinis  horis  ultimam  campa- 
nam  ad  excitandum  in  circuitu  tidelium  multitudinem  fidu- 
cialiter  resonabat,  corda  qua  ipsam  campanam  movebat 
mag-nam  et  gravissimam  plancam  alti  solarii  *  ejusdem  tur- 
ris,  super  quam  campanae  pendebant.  incaute  tetigit,  quae 
mox  si  inter  scapulas  cum  horribili  sonitu  cecidit,  ita  ut 
qui  illic  in  choro  astabantei  omnia  membra  confracta  autu- 
marent  '... 

14.  Alio  igitur  tempore,  feslivitate  Sancti  Andreae^  apos- 
toli,dunisecundumsi{jfnuniadmatulinumidem  Sy^erus  reso- 
nabat, clavus  in  quo  nola  pependit,  casu  elapsus  est,  atque 
ipsa  super  tectum  turris,  quae  lignis  abietibus  cooperta  '* 
fuerat,  magno  strepitu  cecidit,  ita  ut  ipse  et  aliqui  qui 
astabant  tectum  ruptum  fuisse  nolamque  per  partes  divisam 
fuisse  non  dubitabant.  Ipso  autem  die  quendam  puerum 
scandere  fecit  j)artesque  confractae  nolae  colligere  expe- 
tiit.  Ascendens  ergo  puer  super  tectum  prefatae  turris, 
nolam  ibi  stantem  ita  sanam  et  incolumem  repperit,  ut  in 
ea  nullius  fracturae  vestigia  inveniri  potuissent 

16  [1070].  —  Gonsecrata  est  autem  ecclesia  Sancti  Pétri 
apostoli  omniumque  apostolorum  prima  die  mensis  Maii, 
feriaquintaa  Ratbodone,  NoviomensietTornacensiepiscopo, 
anno  DominiMLXX,indictione  VIII,  régnante  Philippe,  rege 
Francorum,  anno  X,  atque  Wilelmo,  rege  Anglorum, 
anno  VII  ... 

18  [1081].  —  Anno  autem  Domini  MLXXXI,  sancta 
nocte  dominicae  Nativitalis  ortus  est   not[h]us   asperrimae 


1.  C'est-à-dire  étage  avec  plancher. 

2.  Synonyme  d'existimareni  ;  ce  terme,  usité  quelquefois  dans  le 
latin  classique,  n'est  guère  employé  au  moyen  âge.  (Cf.  autuma  «  existi- 
matio  ».  dans  le  Glossaire  de  Du  Cange.) 

3.  La  fête  de  saint  André  a  lieu  le  30  novembre. 

i.  Ce  passage  mérite  d'attirer  l'attention,  à  cause  de  la  précision  que 
le  chroniqueur  a  mise  pour  désigner  le  genre  de  bois  qui  fut  employé 
dans  la  couverture  de  cette  construction. 


172  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1056-1081] 

tempestatis,  qui  canipanariuin  prefati  templi  Sancti  Pétri 
compulit  a  suo  statu  declinare  eumque  repentinum  casum 
adeo  in  orientem  minitare  ... 

19.  Verum  tempore  illo  urbs  ista  Aldenborglicaput  totius 
Flandriae  et,  sicut  predixi,  initiis  exstitit  celeberrima, 
mûris  ac  propug'naculis  munitissima.  Nam  a  partibus  orien- 
tis  et  a  meridiano  climate  et  ab  occasu  et  ab  aquilone 
nigris  et  durissimis  lapidibus  fuerat  constructa.  Lapides 
namque  hujus  coloris  et  fortissimi  roboris  in  omni  Flandriae 
provin[c]ianaturaliter  editi  non  possunt  reperiri  nisi  solum- 
modo  in  Gallia,  Tornacensi  parrochia.  In  partibus  vero 
aquilonis  fundamentum  quadris  ac  mag-nis  ^  lapidibus,  ferro 
et  plumbo  firmiter  infixis,  antique  fundaverat  manus.  Quod 
genus  lapidum  in  Bononiensi  ^  provin[c]ia  tantummodo  inve- 
niri  dicitur  -^  Habitacula  quoque  nonnulla  infra  murorum 
munimenta  levibus  ac  non  valde  duris  lapidibus  constructa 
erant.  Naturaliter  autem  hii  lapides  in  oriente  apud  Golo- 
niensem  provin[c]iam  repperiuntur.  Vasa  formosa  atque 
pulc[h]errima,  ciphi  et  scutellae  aliaque  utensilia  quam  plu- 
rima  in  illo  tempore  ab  antiquis  ^  ing-eniose  formata  atque 
sculpta  nostris  temporibus  reperta  sunt,  quae  modo  ab 
ingeniosis  artificibus  in  auro  et  argento  vix  tam  eleganter 
formari  ac  sculpi  possint.  Et  ut  laudabilior  ac  dignior  esset 
urbs  supradicta,  per  médium  totius  Flandriae,  quasi  in  medi- 
tullio  ■'  iundata  erat.  Scilicet  ab  oriente  Gandensem  et  ab 


1.  «  Nous  avons  la  preuve,  dit  J.  Quicherat,  qu'à  Tépoque  barbare, 
dans  la  Gaule  méridionale  aussi  bien  que  dans  celle  du  Nord,  les  cons- 
tructions en  moyen  appareil  n'étaient  exécutées  que  par  exception,  l'habi- 
tude étant  de  bâtir  en  petit  appareil.  Cela  est  dit  positivement  dans  la  Vie 
de  saint  Didier  de  Caiiors:«  Primam  inibi  more  antiquorum  basilicamprae- 
cipiens,  quadris  ac  dedolatis  lapidibus  aedificavit,  non  quidem  nostro  <^M\- 
cano  more,  sed  sicut  antiquorum  murorum  ambitus  maynis  qaadrisque 
saxts  exstrui  solet  »  (cap.  XVIIj. 

2.  Le  Boulonnais.  Les  ravages  des  invasions  et  plus  tard  des  Normands 
furent  terribles  dans  ces  réj^ions  qui  furent  occupées  par  les  Romains. 

3.  Comme  IWllemajjne  du  Nord,  le  Languedoc  et  d'autres  pays  encore, 
la  Flandre  était  loin  d'être  aussi  riche  en  pierres  que  quelques  autres 
régions  :  c'est  pourquoi  la  brique  n'y  a  pas  été  abandonnée  du  xi'  siècle 
aux  siècles  suivants  (Kniart,  Man.  darchéol  fr.,  l'Appareil,  t.  I,  p.  6-7). 

4.  La  domination  romaine  s'était  fortement  implantée  dans  cette 
région  ;  les  nombreux  objets  et  restes  antiques  qu'on  y  découvre  le  témoi- 
gnent amplement. 

5.  C'est-à-dire  :  dans  l'espace  intermédiaire. 


[1056-1081]       DE  l'architecture  en  frange  173 

occidente  Taruanensem  ^  parrochiam  pêne  aequa  mensura 
libratam  habere  videbatur;  contra  meridieni  vero,  par  spa- 
tium  duarum  leucarum  sabulosa  terra  interjacet,  quae  illic 
amena  et  opacissima  terminatur  silva.  A  partibus  vero  aqui- 
lonis  optima  terra  Flandriae  duabus  fere  leucis  usque  ad 
litus  maris  extenditur.  Quae  vero  urbs  turrium  murorumque 
munitionibus  tutissima,  etiam  omni  affluentia  diviciarum 
famosissima,    patriarum    civitatumque    sibi  affînium  longe 

lateque    dominium    exercebat  Murus    vero  tam  fortis 

ac  firmissimus  extitit,  ut  arietibus  destrui  non  posset, 
nisi  prius  lapides  fundanienti  extracti  penitus  aufer- 
rentur.  Ut  autem  legentibus  scrupulum  dubietatis  de  pre- 
dictaeurbis  firmissima  constructione  penitus  auferam,  ipse 
qui  istum  tractatum  composui  et  primitus  scripsi  murum 
destruere  oculis  meis  vidi  et  supradictum  Sancti  Pétri 
apostoli  templum  ex  ipsis  lapidibus  aedificare  procul  dubio 
cerneremerui.  Verum  colum(p)naeet  parietes  Tornacensibus 
lapidibus  sunt  constructae,  capita  quoque  colum(p)narum 
Bononiensibus  lapidibusadornata  interseruntur.  Nam  antea, 
Balduini  ^  Insulani  temporibus,  comitis  totius  Flandriae, 
aedificia  Brug'ensis  urbis  ma<^na  ex  parte  ex  lapidibus  istis 
constructa  dignoscuntur.  Quia  postquam  comes  Ernaldus 
Barbatus  Bruggiam  aedificare  coepit,  muros  hujus  urbis 
destruere  et  lapides  Bruggensibus  tribuere  in  urbis  aedifî- 
cium  fecit  quatenus,  bac  destructa,  augmentaretur  illa  cons- 
tructa. Unde  pêne  haec  in  ni(c)hilum  redig-ebatur,  réma- 
nente montis  congerie,  in  quo  murus  destruebatur. 

Quod  si  hiis  quae  predixi  forsitan  testimonia  vel  testes 
a  me  requirantur,  fateor,  omnes  fere  qui  in  Aldenburg-ensi 
parrochia  manent  mecum  probabiles  testes  concurrent. 


1.  Thérouanne,  ancien  chef-lieu  des  Morini  (aujourd'hui  dans  le  Pas-de- 
Calais). 

2.  Beaudoin  V,  dit   de  Lille,  que  Ion    trouve  en   fonctions  en  1036,   et 
qui  était  fils  de  Beaudoin  IV  le  Barbu. 


174  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1091] 


Vita  S.  Arnnlphi,  episc.  Suessionensis^  (fiindatio  monasterii  Aldenbur- 
gensis),l.  II,  c.  IV,  §92,  dans  les  Acta  Sanctorum,  Auj,^.,  t.  III,  n.  éd.,  1S67, 
p.  250. 

(Cf.  Migne,  Patr.  lai.,  CLXXIV,  col.  1417.) 

[1091  ].  —  Anno  autemMXCI,  in  sacra  nocte  Natalis  Domi- 
ni,factus  est  ventus  veheinensetvalidus,  qui  turres  urbium 
et  tecta  domorum  ac  aedificia  plurima  ecclesiarumconcussit, 
fregit  et  dejecit.  Eadem  nocte  ejusdemque  venti  turbine 
campanarium  2  ecclesiae  Sancti  Pétri  evulsum  est  a  suis  car- 
dinibus,  et  supra  tectum  turris  in  qua  stabat  versus  orien- 
tem  projectum,  ita  ut  per  sex  dies  et  noctes  cerneretur  pen- 
dulum  quasi  seniper  esset  ruiturum.  Gongregati  mane  loci 
habitatores  sub  omni  celeritate  convocant  architectes  -^ 
statutis  praemiis  ^,  si  illud  revocarent,  munerandos  ;  at  illi 
multa  promittunt,  restes  praeparant,  balistas  erigunt,  liga- 
menta  constituunt,ut  multimoda  artis  argumenta  compo- 
nunt.  Et  dum  populus  praestolaretur  ad  inventas  artifi- 
cum  machinas  quibus  campanarium  sperabatur  reformari, 


1.  Sur  cette  Vita,  œuvre  très  intéressante  d'Hariulf,  et  sur  les  autres 
éditions,  voy.  Molinier,  Sources  de  rhist.  de  Fr.,  t.  II,  p.  42,  et  M.  Ferd.  Lot, 
op.  cit.,  Inlrod.,  p.  xiv-xv. 

2.  Sagit-il  ici  d'un  beffroi  de  charpente  qui  devrait  avoir  été  posé  ou 
en  retraite  ou  sur  des  corbeaux  ménagés  dans  la  construction  de  la  tour  ? 
La  force  de  l'ouragan  avait-elle  eu  pour  effet  de  faire  pivoter  l'ensemble  de 
la  charpente  de  façon  à  déplacer  l'enrayure,  et  à  la  faire  précipiter  dans  une 
position  suspendue  instable  et  menaçante?  Viollet-le-Duc  fait  remarquer 
dans  son  article  Beffroi  [Dict.de  Varch.  fr-,  t.  II,  p.  188),  «  qu'en  P^rance, 
en  Belgique,  en  Allemagne,  on  construisait  déjà  au  x"  siècle  des  clochers 
d'un  diamètre  tel  qu'il  fait  supposer  ...  la  construction  de  beffrois  inté- 
rieurs de  charpente  très  importants  ».  Nous  pensons  qu'il  ne  s'agit  pas 
d'un  bedroi  de  charpente  ;  il  est  question  dans  notre  texte  d'un  campanile 
en  bois  dont  nous  ignorons  la  dimension  et  la  disposition  exacte. 

3.  C'est-à-dire  des  maîtres  charpentiers,  très  experts  dans  la  couverture 
des  édilices,  ainsi  que  cela  avait  lieu  notamment  dans  le  Nord  de  la 
France  ;  cf.  le  terme  architector.  quelquefois  usité  au  moyen  Age. 

4.  L'expression  sia^otts  praemiis,  c'est-à-dire  à  des  prix  lixés  d'avance, 
est  très  digne  de  remarque  à  cette  époque  et  doit  être  notée  avec  soin;  il 
semble  <iue  l'on  soit  ici  en  jjrésence  non  pas,  bien  entendu,  d'un  concours 
de  recontruction,  mais  d'une  sorte  de  prime  d'encouragement  aux  répara- 
tions pressantes  de  l'édifice  endommagé,  les  sommes  fixées  d'avance  devant 
être  regardées  comme  un  bénéfice  exceptionnel  par  les  constructeurs 
intéressés  à  réussir  dans  l'opération  en  question. 


[1038]  DE    l'architecture    en    FRANCE  t75 

ante  noctis  médium  pridie  kalend.  januarii  advenit  virtus 
de  caelo  in  visione  ignis,  et  campanarium  quidem  suis 
sedibus  firmissime  relocavit;  ecclesiam  vero  intus  et  foris 
flammeo  lumine  vestivit.  Haec  me  sic  referre  puderet,  nisi 
testes  mille  se  vidisse  perhibuissent. 


1058. 

Permission  accordée  par  les  religieux  de  Saint-Martin  de 
Marmoutier  à  Pierre  de  Montigny^  pour  construire,  soit 
en  bois,  soit  en  pierre,  une  chapelle  au  prieuré  de 
Villeberfol,  sur  les  confins  du  pays  Dunois. 

Orig.  Archives  départementales  de  Loir-et-Cher,  série  H.  Abbaye  de  Mar- 
moutier, prieuré  de  Villeberfol  '. 

(Cf.  Carlulaire  de  Marmoutier  pour  le  Dunois  (Cartularium  Dunense 
Majoris  monasterii  .,  publ.  par  E.  ^Iabille  (Société  Dunoise),  Châteaudun, 
2874.0°  CXIX,  p.  112. — Martène,  Histoire  manuscr.  de  Marmoutier,  V, 
256). 

NOTITIA  DE  PeTRO   DE   MoNTINIACO^  DE  CAPELLA   ViLLAE 

Berfordii^. 

Nosse  debebitis,  si  qui  eritis  posteri  nostri,  Majoris 
scilicet  hujus  habitatores  monasterii  Sancti  Martini,  Petrum 
de  Montiniaco  construendi  capellam  apudVillam  Berfordii, 
sive  lig^neam"*  sive  petrinam,  nobis  permisse  suo  licentiam 


1.  Cet  acte  existe  encore  aux  Archives  départementales  de  Loir-et-Cher; 
mais,  la  série  auquel  il  appartient  n'étant  pas  encore  inventoriée,  il  ne 
porte  pas  de  cote  définitive,  ainsi  que  notre  confrère,  M.  Trouillard,  archi- 
viste de   ce  département,  a  bien  voulu  nous    en   informer. 

2.  Montiffny-le-Ganelon.  cant.  de  Cloyes,  arr  Châteaudun  (Eure-et-Loir), 
qui  répond  aujourd'hui  à  l'ancienne  seigneurie  de  Montij^ny. 

3.  L'ancienne  Villa  Belfodii  ou  Berfordii  obedientia  est  devenue  plus 
tard  Villeberfol,  c.  de  Conan,  cant.  de  Marchenoir,  arr.  Blois  \Loir-et- 
Cher). 

4.  Nous  ferons  connaître  plus  tard  un  acte  de  1 122,  prouvant  que  c'est  en 
bois  que  ladite  chapelle  avait  été  construite  en  iOoH.  La  reconstruction  de 
1122    fut  faite  en  pierre. 


176  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1059] 

attribuisse,  et  accepisse  de  nostro  pro  hujusmodi  permis- 
sionis  assensu,  per  Odonem  monachum  nostrum,  illius 
villae  tune  praepositum,  XX*^'  solides  dunenses,  testibus 
istis  :  Rotgerio  famulo,  Nivelone,  filio  Guarini  sine  Barba, 
Milone  presbytero,  Genzone    monacho. 


LI 

1059  (1-13  septembre),  Rome. 

Fixation  de  l'étendue  exacte  que  les  cimetières  doivent 
occuper  autour  des  églises  et  des  chapelles^  par  décision 
du  concile  tenu  à  Borne,  et  d'après  une  huile  du  pape 
Nicolas  II,  adressée  aux  évêques  de  Gaule,  d' Aquitaine 
et  de  Gascogne,  qui  reproduit  ladite  décision. 

Mansi,  Sacrorum  conciliorum  collectio\  t.  XIX  (1764),  col.  873. 
(Cf.  Migne,  Patr.  lat.,  t.  CXLIII,  col.  1314-1315.) 

De  confîniis  coemeteriorum,  sicut  antiquitus  a  sanctis 
Patribus  statutum  est,  statuimus  ita  :  Ut  major  ecclesia 
per    circuitum    LX   passus  ^    habeat  ;    capellae  vero,    sive 


1.  Voy.  Hefélé,  Conciliengeschichte,  t.  IV  (1860),  p.  755  et  s.  Cf.  Jaffé, 
Regesta  pontif.  roman.  (2«  éd.  par  Wattenbach),  1. 1,  1885,  p.  560. 

2.  Dans  son  Essai  sur  Vasile  religieux  dans  Vempire  romain  et  la  monar- 
chie française,  Ch.  de  Beaurepaire  commente  ainsi  ce  document  (Bibl.  de 
VEc.  des  Chartes,  3'  sér.,  t.  V,  1854,  p.  152,  n.  4)  :  «  Ce  texte  semble  dou- 
teux ;  dans  quelques  autres  on  trouve  60  pas  au  lieu  de  40.  Le  terme 
«  major  ecclesia  »  parait  s'appliquer  à  d'autres  églises  qu'aux  cathédrales. 
Peut-être  doit-il  s'entendre  aussi  des  églises  abbatiales.  »  S  il  en  est  ainsi 
dans  le  texte  ci-dessus,  c'est  à  titre  tout  à  fait  exceptionnel.  Nous  ne  con- 
naissons pas  de  document  où  l'expression  major  ecclesia  s'appliquerait  à 
d'autres  édifices  qu'à  des  cathédrales.  (Voy.  supra,  notamment  p.  3,  n.  3, 
et  p.  86.)  Gh.  de  Beaurepaire  a  omis  de  mentionner  {op.  et  toc.  cil.)  cer- 
tains textes  importants  du  Midi  de  la  France  datant  du  xi"  siècle,  relatifs 
à  l'asile  religieux,  parmi  ceux  que  nous  avons  reproduits  précédemment 
dans  notre  recueil  ou  que  nous  citons  dans  les  notes  ci-dessous.  —  Il  est 
très  intéressant  de  rapprocher  de  ces  dispositions  (cf.  J.  Flach,  Origines 
de  Vanc.  France,  t.  Il,  p.  171)  l'acte  suivant  de  la  fin  du  xi"  siècle,  émané 
de  Godefrid,  évéque  de  Maguelone,  et  de  Bérenger,  évoque  d'Agde.  Il 
concerne  une  église  parois-ialedu  Bas-Languedoc,  celle  de  Saint-Vincent 
(Hérault)  :  «  Got[o]fredus,  Magalonensis  episcopus,  et  Berengarius,  Aga- 
tensis  episcopus...  constituerunt  et  laudaverunt,  et  dederunt  ad  ecclesiam 
S.  Vincentii   sexaginta   passus  pedum  versus   omnes   partes,  et  fecerunt 


[Vers  1059]       de  l'architecture  en  france  177 

minores  ecclesiae,  XXX.  Qui  autem  confinium  eorum 
infringere  tentaverit,  vel  personani  hominis  aut  bona  ejus 
inde  abstraxerit,  nisi  publicus  latro  fuerit,  quousque 
emendet,  etquod  rapuerit  reddat,  excommunicetur  ^ 


LU 

Vers  i059. 

Mention  de  la  construction  de  l'église  abbatiale  de  la 
Trinité  de  Venouse,  dans  la  Basilicate  [Italie méridionale), 
élevée  à  r imitation  de  V architecture  normande  ;  éloge 
des  tombeaux  des  princes  Normands  inhumés  dans  ladite 
église  par  les  soins  de  Robert  Guiscard. 

Guillermi   Apuliensis  gesta  Roberti  Wiscardi  2,  Hb.  V,  éd.  R.   Wilmans 
dans  Mon.  Germ.  hisL,  Script.,  t.  IX  (1831).  p.  298. 

Hinc  deportari  V^enusinam  ^  fecit  ad  urbem, 

Qua  fuerant  fratrum  conslructa  sepulchra  priorum  ; 

Hos  prope  cum  magno  dux  est  subhumatus  honore. 

Urbs  Venusina    nitet  tantis  decorata  sepulchris. 

A  Garoli  Magni  vel  tempère  Caesaris  umquam 

Nullos  terra  pares  produxit  fratribus  istis. 

Hic  subhumatorum  fabricata^  jussibus  horum 


salvationem,  et  posucrunt  termines  et  cruces,  et  totum  quantum  erat 
intra  crucem  dederunt  Deo  et  Sancto  Vincentio. . .«  Voy.  supra  les 
extraits  des  statuts  des  conciles  de  Toulonges,  Saint-Gilles,  et  Narbonne, 
relatifs  à  l'asile   religieux. 

1.  Cf.  infra  le  texte  du  concile  de  Lillebonne  (1080),  au  sujet  de  la  vio- 
lation des  terrains  religieux. 

2.  Cet  ouvrage  a  été  composé  entre  1088  et  1111. 

3.  Venosa,  distr.  de  Melli  ;  cf.  Chevalier,  Rép.  top.-hihl.,  Il,  col.  3267,  v° 
Venosa,  et  Rép.  hio-bibl.,  I,  col.  1970,  v°  Guillaume  de  Fouille. 

4.  Ce  monastère  bénédictin  fut  édifié  par  les  soins  du  comte  Drogon 
entre  1016  et  lOol,  etl'églisefut  consacrée  le  17  août  1059  parle  pape  Nico- 
las II.  L'église  n'était  pas  finie  sans  doute  à  la  mort  de  Drogon.  (^est  en 
1059  que  Rol^ert  Guiscard,  qui,  avec  ses  frères  aînés,  avait  contribué  à  la 
fondation  de  l'église  dans  le  déambulatoire  de  laquelle  on  retrouve  l'in- 
fluence clunisienne,  fit  recueillir  les  restes  de  ses  dits  frères  et  les  réunit 
dans  cette  église.  A  sa  mort  (1085),  son  corps  y  fut  rapporté  pour  être 
placé  à  côté  de  ceux  des  autres  fils  de  Tancrède  de  Hauteville.  (Voy.  E. 
Bertaux,  L'Art  dans  l'Italie  méridionale  de  la  fin  de  l'Emp.  rom.  à  la 
conquête   de    Charles  d'Anjou,   1903,  p.  318-321.) 

12 


178  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire        [Vers   1060J 

Ecclesia%  cujus  décor    urbis  praenitet  hujus. 
Dat  veniae  munus  Rex   illis  trinus  et  unus. 


LUI 

Vers     1060^     avril. 

Donation  faite  à  V abbaye  deLézat,  par  trois  donateurs, 
d'une  église  à  construire  à  Saint-Christaud-de-Volvestre, 
près  de  Muret,  en  Languedoc  ;  ladite  donation  formule 
les  clauses  principales  d'un  devis  qui  règle  selon 
quelles  dimensions  et  en  combien  d'années  cette  église 
doit  être  construite. 

Carlulaire  de  Vabbaye  de  Lézal,  Bibl.  nat.,  ms.lat.  9189  (xiw  s.),  fol.  35  v° 
(Cf.  Hist.  gên.  de  Languedoc,  nouv.  éd.,  t.  V,  1875,  Pr.  n"  253,  col.  550. 

Appropinquante  et  enim  mundi  termino  et  ruinis  crebres- 
centibus,  jtim  certa  sig-na  manifestantur  quod,  si  aiiquid  de 
rébus  nostris  ad  loca  sanctorum  condonaverimus,  retribu- 
torem   Deum  in  judicio   non  difïidimus  haberi,  qui   dixit  : 


1.  Voy.  ijbtd.,  fig.  125,  plan,  d'après  Schulz,  des  deux  églises  de  la  Trinité 
(vocable  qui  rappelle  entre  autres  celui  d'églises  abbatiales  de  Normandie 
devenues  célèbres).  La  construction  qui  s'élève  à  l'entrée  de  la  nef 
inachevée  de  la  grande  église  marque  l'emplacement  de  la  première  église 
de  Drogon  et  de  Guiscard. 

Un  seul  tombeau  normand  subsiste  dans  l'église  de  la  Trinité,  celui  de 
la  Normande  Alberada,  répudiée  par  Robert.  C'est  un  sarcophage  adossé 
à  une  paroi  revêtue  de  marbre  cipoUin  et  fait  de  cinq  plaques  du  même 
marbre,  abrité  par  un  toit  de  marbre  blanc  que  soutiennent  deux  consoles 
et  deux  colonnes  de  cipollin  {ihid.,  fig.  126,  p.  320).  —  Cf.  la  cliapelle  funé- 
raire de  Bohémond,  prince  d'Antioche  (f  1111),  adossée  à  la  cathédrale  de 
Canossa,  terre  de  Bari  (fig.  121,  p.  313).  Des  Normands  vinrent  à  Bari  au 
temps  du  comte  Bohémond.  Guillaume  Pantoul  fit  le  voyage  de  Fouille 
pour  des  reliques  de  saint  Nicolas  et  fit  bâtir  en  l'honneur  de  ce  saint,  à 
Bari,  une  église  neuve  qui  resta  inachevée  à  sa  mort  (Ord.  Vital,  Hist. 
écoles.,  1.  VII,  éd.  Le  Prévost,  t.  III,  p.  205  à  218).  Les  trois  façades 
de  Saint-Etienne  de  Caen,  de  Saint-Nicolas  de  Caen  et  de  Saint-Nicolas  de 
Bari  ont  entre  elles  une  incontestable  ressemblance,  chacune  avec  sa 
haute  muraille  nue,  régulièrement  percée  de  fenêtres,  surmontée  d'un 
pignon  triangulaire  et  flanquée  de  tours.  Or,  'en  Italie,  la  façade  de  Saint- 
Nicolas  de  Bari  (10H7-1I05)  est  en  ce  genre  isolée.  —  Cf.  la  description 
de  la  Trinité  de  Fécanfip  (De  renovalione  eccl.  Fiscannensis  siih  duce 
Giiillelmo,  cap.  X,  dans  la  Neuslria  pia,  auct.  Du  Monstier,  p.  202  et  s.  . 


[Vers   1060]       DE  l'architecture  en  France  479 

«  Date  (h)elemosinam,  et  ecce  omniamunda  sunt  vobis  »... 
Quamobrem  nos  enim,  in  Christi  nomine,  Arnaldus  Amanus 
et  Arnaldus  Oddo  et  Arnald[us]  Garsia  donatores  sumus  ; 
donamus  Domino  Deo  et  Sancto  Petro  apostolo  Lesadensis  ' 
cenobii,  et  Bernardo  abbate  (.sic).,,  alodem  nostrum,  qui 
est  in  pago  Tholosano,  in  terminio  Bolbestres,  ubi  vo- 
cant  ad  Pugo  :  hoc  est  ipsa  ecclesia  Sancti  Ghristofori  2.,. 
cum  ipsos  cimiterios  [sic] ,  quomodo  ad  ipsa  ecclesia  (sic)  perti- 
net.  In  taie  (s/c)  videlicet  ratione  donamus,  ut  sit  ipsa  ecclesia 
constructa  de  novem  statos-^  de  longum  et  quinque  buga- 
los^  de  altum.  In  taie  vero  ratione  donamus  ut  neque  abbas, 
neque  monachi,  neque  nullus  homo  non  possit  dare,  nec 
vindere  {sic),  nec  alienare,  nec  transmutare,  set  semper 
sit  in  communia  monachorum  et  infh)elemosinis  pauperum 
omnique  tempore,pro  animas  (s/c)  nostras  et  animas  paren- 
torum(«ic)nostrorumtam  vivorumquam  defunctorum.  Et  sit 
ipsa  ecclesia  constructa  de  ista  festivitate  Omnium 
Sanctorum  ad  XVI  annos  ;  si  tempestas  venerit,  adimpleat 
alium  annum.  Et  si  hoc  mandatum  quis  transire  voluerit, 
veniat  unus  de  propinquis  parentibus  nostris.  donet  XII 
denarios  et  habeat  ipsa  ecclesia.  Quod  si  quis...  contra 
hanc  donationem  pro  inrumpendum  [sic)  surgere voluerit... 

1.  Lézat,  ancienne  abbaye  de  Bénédictins,  actuellement  dans  lAriège, 
cant.  Le  Fossat  (près  delà  petite  rivière  de  Lèze  de  laquelle  elle  tire  son 
nom),  arr.  Pamiers. —  Voy.  le  Falenc  et  Dojjnon,  Lézat,  sa  coutume,  son 
consulat,  Toulouse,  1«99.  Cf.  Chevalier,  Rép.  lop.-bibl.,  II,  col.  1671,  v» 
Lézat. 

2.  Aujourd'hui  Saint-Christaud-de-Volvestre,  cant.  de  Montesquieu- 
Volvestre,  arr.  Muret  (Haute-Garonne). 

3.  Le  Cartulaire  de  l'abbaye  de  Lézat  donne  statos,  ainsi  que  nous  l'avons 
vérifié  ;  nous  ne  connaissons  pas  d'autre  emploi  de  ce  terme  dans  le 
sens  démesure, à  l'époque  romane.  Nous  pensons  qu'on  peut  l'interpréter 
dans  le  sens  de  mesure  tirée  de  la  taille  humaine,  c'est-à-dire  en  tant  que 
synonyme  de  statura  (Voy.  supra  le  texte  des  coutume  de  Farfa,  pour 
ce  dernier  terme).  On  a  des  exemples  de  status  avec  cette  signification, 
non  seulement  dans  la  latinité  ancienne,  à  une  époque  où  ce  mode  de 
mesure  était  régulièrement  usité,  mais  encore  dans  celle  d'Isidore  de 
Séville  (de  Mensuris).  Cf.  pour  la  tradition  dudit  genre  de  mesure,  de 
l'antiquité  romaine  au  moyen  âge,  notre  récente  étude  intitulée:  Un  formu- 
laire du  VIIl"  siècle  pour  les  fondations  d'édifices  et  de  ponts,  d'après  des 
sources  d'origine  antique,  dans  le  Bulletin  monumental  de  1907,  fasc. 
5-6,  et  à  part(1908),  avec  additions. 

4.  Nous  ignorons  le  sens  de  ce  terme  de  mesure,  dont  la  forme  que  nous 
transcrivons,  d'après  le  susdit  Cartulaire  et  d'après  l'édition  de  l  Hist.  de 
Languedoc,  pourrait  bien  être  fautive. 


180  TEXTES  RELATIFS  A  l'iiistoire        [Vers  1060] 

Facta  carta  ista  in  mense  aprili,  sub  die  feria^VI^, 
régnante  Ing-elrico  "^  reg-e.  Signum  Arnaldo  Amano,  et  A[rnal- 
do]  Oddo,  et  A[rnaldo]  Garsia,  qui  carta  [sic)  ista  scribere 
rogaverunt... 


LIV 
Vers  1060  et  vers  1120. 

Mention  d'une  chaussée  ancienne  et  de  restes  antiques  de 
tuiles,  poteries  et  vases  de  verre,  dans  le  voisinage, 
d^Ardres,  près  de  Saint-Omer. —  Construction  du  donjon 
d'Ardres,  par  les  soins  d'Arnoul,  sénéchal  du  comte  de 
Boulogne,  après  la  démolition  du  château  de  Selnesse. 
—  Etablissement  d^un  marché  à  Ardres,  après  élargis- 
sement de  Venceinte,  sur  un  emplacement  circulaire 
garni  de  fossés,  ef  construction  d'une  église  paroissiale, 
en  face  de  la  porte  de  ladite  enceinte.  —  Description 
des  logis  de  bois,  œuvre  remarquable  de  charpente,  for- 
mant la  résidence  seigneuriale  sur  la  motte  d' Ardres, 
construits  par  Lodevick,  architecte-charpentier  de  Bour- 
bourg,  ville  voisine  de  Diinkerque. 

Chronique  de  Lambert  d'Ardres  •*,  ou  Historia  comitum  Ghisnensium  et 
Ardensium  dominorum,  éd.  Heller,  dans  Mon.  Germ.  hist.,  Script, 
t.  XXIV    (1879),  p.  609,  613  et  s.,  618-619,624. 

(Cf.    l'éd.  de   GodetVai-Ménilslaise.    Paris,   1855,  dans  les  Documents 
publiés  par  la  Société   des  antiquaires  de  la   Morinie.) 


1.  C'est-à-dire    vendredi,  la  feria  prima  étant  le  dimanche. 

2.  Forme  cacographique  employée  pour //enrt'co;  le  nom  Ingelricus  en 
usage  alors  dans  le  Midi  a  dû  influer  sur  le  scribe,  mais  n'a  rien  à  faire  ici, 
où  il  s'agit  d'Henri  I",  roi  de  France. 

3.  Lambert  d'Ardres,curé  du  village  de  ce  nom,  près  de  Calais,  en  1194, 
allié  à  la  famille  de  Guines,  marié  et  père  de  famille,  composa  à  la  demande 
d'Arnoul,  fils  de  Baudouin,  comte  de  Guines,  entre  1194  et  1198,  puis  conti- 
nua jusqu'en  1203,  VHistor.  com.  Ghisnensium.  On  a  déjà  fait  remar- 
quer le  caractère  original  du  style  et  de  la  latinité  de  cette  chronique,  qui 
mérite  de  retenir  l'attention  des  historiens,  des  archéologues  ainsi  que 
de  ceux  qui  s'occupent  particulièrement  du  latin  du  moyen  âge.  — 
Outre  les  tableaux  généalogiques  joints  à  l'éd.  Ménilglaise,  cf.  Deschamps, 
Précis  hist.  sur  Ardres  [Mém.  soc.  Antiq.  Morinie.  t.  IV,  p.  379  et  s.). 
Voy.  aussi  pour  les  sources.  Chevalier,  Rép.  bio-hibl.,  II,  col.  2737,  v. 
Ardres.  —  Ardres,  ch.-l.  de  cant.  de  l'arr.  de  Saint-Omer,  à  24  kil.  N.-O. 
de  cette  ville  (Pas-de-Calais). 


[Vers  1060]       de  l'architecture  en  France  181 

Gap.  XCIX...  Ghisnensi  comiti  Eustacio'...  reconci- 
liatus...  mansit  igitur  Herredus^,  ut  jam  diximus,  apud 
Selnessam^,  inter  silvam  et  mariscum,  in  eo  loco  ubi  usque 
hodie  inveniuntur  quasi  reliquie  gentilium,  rubee  vide- 
licet  tegule,  teste  vasorum  minii  coloris,  et  fragrnenta 
vasculorum  vitreorum,  ubi  nunc,  sulcante  aratro,  reperitur 
pi[r]a*,  sive  via^  dura  et  lapidea,  a  marisco  in  silvam  cal- 
cata^. 


GIX  [Vers  1060].  — Quomodo   arnoldus,  comitis  bolonie 

ELSTACn  SENESCALUS,  SUPRA  DUNJONEM  ARDEE  FACTUM  DE  SELNESSA  ^ 
OMNIA       SUA    TRANSTULIT     EDIFICIA.     VideUS  ^ . . .      AmolduS 

[comitis  Bolonie  Eustacii  senescalus],  quod  omnia  sibi  arri- 


1.  Eustache,  comte  de  Guines,  mourut  en  1060.  Les  faits  rapportés  ici  sont 
donc  un  peu  antérieurs  à  cette  date.  Voy.  les  tableaux  généalogiques  joints 
à  l'édition  de  Ménilglaise. 

2.  Herred  de    Furnes,  vassal  du  comte  de  Guines. 

3.  Le  château  de  Selnesse  était  situé  à  lextrémité  Nord  du  plateau  qui 
sépare  Ardres  de  la  Brédenarde.  Le  lieu  où  il  se  trouvait  se  nomme  le 
Vieux-Bac.  Encore  aujourd'hui,  d'après  Ménilglaise  (p.  441,  note  170),  dans 
la  tourbière  voisine  du  Vivier  et  df  s  Noiresterres,  à  3  kil.  Nord  d'Ardres, 

on  trouve  des  débris  d'armures  et  de  poteries,  et  aussi  des  voûtes  de 
caves,  des  pieds  de  murs,  des  restes  analogues  à  ceu.x  que  signale  la  chro- 
nique de  Lambert. 

4.  «  Les  mss.,  dit  Ménilglaise  (p.  483),  semblent  porter  pita.  Je  lis  pira, 
leçon  soupçonnée  par  Du  Gange  qui  reste  embarrassé devantce  passage.  On 
dit  en  roman  :  pire,  pire,  pour  chemin  empierré  ;  et  en  bas  latin  piriiis. . . 
dans  le  même  sens  qui  est  précisément  celui  indiqué  par  Lambert.  Pita  ne 
se  retrouve  nulle  part;  il  faudrait  dire  que  c'est  un  terme  local,  et  l'expli- 
quer par  une  contraction  de  pista,  participe  du  verbe  pinso,  piler,  broyer, 
la  matière  des  chaussées  romaines  étant  formée  de  pierres  broyées  et 
reliées  par  uti  ciment.  »  —  Le  terme  d'ancien  français  pire,  ajouterons- 
nous,  estemployé  avec  le  sens  de  passage,  chemin,justementdans  des  textes 
du  Nord  de  la  France  (Boulonnais,  Artois,  Tournaisis)  ;  voy.  Dict.  de  Va.nc. 
linKj.fr.  de  Godefroy,  v"  Pire.  Contrairement  à  l'édition  Heller,  qui  donne 
pitii,  nous  croyons  devoir  mettre  ici  pi[r\a,  forme  qui  semble  latinisée 
d'après  pire,  dans  notre  texte. 

5.  Sur  les  anciennes  voies  de  communication  de  la  Morinie,  voy.  G.  de 
Bailliencourt,  Bull.  hist.  de  la  Soc.desantiq.de  la  Morinie,  l.  V  (1877), 
p.  495  et  s. 

6.  Des  documents  du  moyen  âge  mentionnent,  sans  y  insister  guère,  la 
découverte  de  débris  antiques  retrouvés  enfouis  dans  la  terre.  On  sait,  au 
contraire,  que  Guibert,  abbé  de  Nogent-sous-Coucy,  suivit  avec  intérêt  les 
travaux  des  fouilles  et  la  trouvaille  d'antiquités  gallo-romaines,  lors  de  la 
construction  de  son  monastère  (De  vita  sua,  lib.  II,  c.  1).  Voy.  J.  Qui- 
cherat,  Fragm.  d'un  cours  d'archêol.,  introd.,  dans  les  Mél.  du  même, 
p.  351. 

7.  Sur  ce  château,  voy.  ci-dessus,   la  note  3. 

8.  P.  612. 


182  TEXTES    RELATIFS  A    l'hISTOIRE  [VerS    1060] 

derent  et  quasi  ad  votum  in  prosperitatem  succédèrent,  in 
marisculo  apud  Ardeam,  juxta  molendinum  exclusam,  quasi 
in  jactu  lapidis,  fecit,  et  aliam  exclusam.  Inter  quas,  in 
média  limosi  marisculi  et  gurgitosi  profunditate,  adjacentis 
fere  secus  radicem  collis,  motam  altissimam  sivedunjonem  ^ 
eminentem  in  munitionis  signum  firmavit  et  in  aggerem, 
Gujus  Hrmitatisdunjonem quidam,  utaiunt  incole  —  o  morta- 
liumindustriam!  o  indomitarum  mansuetudinembestiarum  ! 
—  domesticLis  ursus,  non  ille  pro  quo  furnag-ia  exiguntur, 
inter  eam  altitudinem  et  molem  agg-eravit.  In  cujus 
ag"geris  secretissimo  latibulo  felicis  ominis  portendiculum  ~, 
lapillum  super  aurum  optimum  perpetuo  mansurum 
inhumatum  asserunt,  Exterioris  vero  spatium  valli,  in- 
cluse interius  molendino,  fossato  cinxit  firmissimo.  Mox 
juxta  quod  pater  suus  olim  proposuerat,  convulsis  atque 
dirutis...  omnibus  apud  Selnessam  -^  edifîciis,  Ardensem 
dunjonem  pontibus,  portis  et  necessariis  communivit 
edificiis.  Ab  illo  ergo  die,  ma^no  Selnessensium  mansionis 
loco  commolito  et  contrite,  edificiisque  apud  Ardeam 
centractis  atque    delatis,  deleta  est  cum  castelle    memoria 

1 .  L'ancienne  traduction  française  de  la  Clironique  d'Ardres,  publiée 
dans  l'édition  de  Godefroi-Méniiglaise,  rend  ainsi  (p.  2  46)  le  curieux 
passage  qui  suit  sur  ce  donjon  :  «  Laquelle  dicque  (digue)  et  motte  de 
terre  aulcuns  du  pais  maintiennent  avoir  esté  acumulée  et  faicte  par  ung 
ours  privé  non  pas  celluy  pourquoy  a  esté  imposé  le  droit  de  foui-nage  — 
fiirnagiu  —  audict  lieu  d'ArdreJ  ;  qui  est  chose  de  grande  industrie  de 
ainsy  privoiser  bestes  sauvaiges.  »  Il  serait  fait  ainsi  allusion  aux  services 
qu'on  aurait,  semble-t-il,  fait  rendre  à  un  ours  apprivoisé  et  domestiqué 
pour  traîner  des  matériaux  et  faire  de  grands  amas  de  terre.  —  Voy. 
supra,  n"  XIX  (102G),  p.  78,  la  mention  qui  est  faite  d'une  tour  en  bois 
surmontant  le  donjon  du  château  de  la  Motte-Montboyau.  près  de    Tours. 

2.  Diminutif  de  portealum,  mentionné  dans  le  Gloss.  de  Du  Gange,  avec 
ce  passage  à  l'appui.  —  C'est  par  le  mot  lapillus  qu'on  a  désigné  le  petit 
appareil,  dont  l'usage  a  été  très  répandu  dans  les  constructions  à  l'époque 
de  la  décadence:  »  opim  conslructnm  liipillis  ».  (Voy.  .1.  Quicherat,  Mèl. 
d'archéoL,  p.  369)  ;  «  ininiinisque  lapillis  »,  dit  l'annaliste  d'Auxerre  en 
parlant  de  l'appareil  dont  était  construit  la  cathédrale  carolingienne  de 
cette  ville  (i/)id.,  p.  119). 

3.  Arnoul  I"',  sire  de  Selnesse,  dit  l'Avoué,  sénéchal  du  Boulonnais, 
contemporain  de  Guillaume  le  Conquérant,  beau-fils  de  Herbert  ou  Herred 
de  Furnes  (il  existait  en  1069  et  mourut  eu  1094),  mit  ainsi  à  exécution  le 
projet  d'abandonner  son  chûteau  de  Selnesse  pour  transférer  sa  résidence 
a  Ardres,  dont  l'emplacement  faisait  partie  au  x"  siècle  d'une  lande,  d'un 
pâturage  qui  lui  a,  dit-on,  laissé  son  nom  [Ardea.).  Voy.  sur  ce  point  Lam- 
bert d'Ardres,  éd.  Ménilglaise,  p.  227-229^  Cf.  J.  Flach,  Oriçf.  de  l'anc. 
France^  t.  II,  liv.  III,  ch.  viii  (Transformation  de  villages  en  villes),  p.  334. 


[Vers  4120]       de  l'architecture  en  fhance  183 

etiam  Selnescensium,  adeo  ut  ab  Ardea  etiam  ubique 
predicaretur.  ,  .     Ardensium     protector     et    dominus. 

CXI...  Ardensis  dominus  Arnoldus...,  fossato  extra 
vallum  in  circuitu  quasi  corona  firmissimo  preparato, 
rerum  venalium  forum  '  in  medio  coUocavit,  et  in  quinta 
feria  ~  in  perpetuum  servandum   et  frequentandum  juravit. 

GXVIII...  Arnoldus...  novam  ibi  in  medio  fori,  ante 
portam  interioris  valli  in  honore  Béate  Marie  Virg-inis  et 
Saneti  Audomari  confessoris  et  Morinensis  episcopi  et  sanc- 
torum,  quorum  perquisierat  reliquias  3,  magnam  edificavit 
basilicam.  Et  ab  ecclesia  cimiterii  cum  suis  evocavit 
sacrariis  et  reliquiis...  canonicos  et  in  nova  basilica  quasi 
in  sua  capella  constituit... 

GXXVII  [Vers    1120].    Quo.modo  arnoldus    magnam    do- 

MUM    ET    EXCELSAM    FEC1T    IN     CASTRO    ARDEE,    ET     EJUS    DESCRIP- 

Tio  HEC  EST  ''.   —    Postea   vero,   pace    inter   Ghisnensem  -^ 


1.  De  Caumont,  Abécédaire  d'archéol.yarchit.  civil,  et  ;hi7.,  3' éd.  (1869), 
p.  87,  distingue  (leux  sortes  de  halles  au  xii°  siècle,  à  savoir:  les  unes 
ressemblant  aux  fi;ranges  des  abbayes,  vastes  bâtiments  en  forme  de  paral- 
lélogramme dont  la  charpente  fort  large  et  très  élevée  couvrait  tout  l'édi- 
fice, où  les  marchandises  se  groupaient  dans  les  diverses  parties  qui  leur 
étaient  assignées  ;  les  autres  se  composant  d'une  galerie  ou  appentis  le 
long  d'une  enceinte  de  murailles  avec  une  place  au  centre:  et  l'on  y  entrait 
par  des  portes.  C'est  à  ce  second  type  que  se  rapporterait  dès  le  xi" 
siècle  la  place  du  marché  et  la  halle  d'Ardres.  — «  On  a  fortifié  au  moyen 
âge,  dit  M.  Enlart,  des  bâtiments  de  destinations  très  variées,  des  maisons 
de  ville,  desabbayes,  des  ponts,  des  fermes,  des  moulins,  des  églises.  Le 
manque  général  de  sécurité  a  motivé  ces  adaptations. . .  »  [Man.  darchéol.  fr., 
t.  Il,  Archit.  civ.  et  mil.,  p.  5  45).  A  cette  énumération,il  y  a  lieu  de  joindre, 
au  moins  exceptionnellement,  les  marchés,  comme  cela  résulte  du  texte  ci- 
dessus.  Dans  la  plupart  des  ville  flamandes,  le  marché  était  situé  sous  les 
murs  du  château.  On  trouve  cette  disposition  à  Gand,  à  Saint-Omer,  àArras, 
comme  à  Middelbourg, en  Zélande.Voy.  H.Pirenne,  dans  son  éd.  deVHisl. 
du  meurtre  de  Charles  le  lion,  comte  de  Flandre  (1127-28),  p.  51.  La  charte 
de  paix  de  Valenciennes  (111 'Oditceci  :  «In  quocumque  loco  nundine  aut 
forum  ville collocentur,  infra villamaut  extra...  »  i  Klach,  op. cit.,  t.  II,  p. 366). 

2.  C'est-à-dire  le  jeudi  de  chaque  semaine. 

3.  On  sait  combien  au  moyen  âge  les  fondateurs  d'une  nouvelle  église 
tenaient  à  entrer  en  possession  de  reliques  de  saints  en  l'honneur  desquels 
ils  faisaient  bâtir  un  nouveau  sanctuaire. 

4.  Voy.  dans  la  Revue  archéologique,  XII"  an.  (1856),  2°  partie,  p.  63 
et  suiv.,  une  excellente  traduction,  taite  par  J.  Quicherat,  de  cette  si  pré- 
cieuse et  si  pittoresque  description  (p.  624,  ibid.). 

5.  Guines  (Ghisme),  ancien  chef-lieu  du  comtédece  nom,  à,  présent  ch.-l. 


184  TEXTES  RELATIFS  À  l'histoike       [Vers  1120] 

comitem  Manassem,  et  Ardensem  dominum  Arnoldum, 
facta  et  confîrmata,  super  dunjonem  '  Ardea  miro  carpenta- 
riorum  artificio,  domum  ligneamfecit,  materie  tocius  Flan- 
drie  domos  tune  temporis  excellentem.  Quam  quidem 
Broburgensis  ~  artifex  vel  carpentarius,  in  hujus  artis  ing-enio 
parum  discrepans  a  Dedalo,  fabrefecit  etcarpentavit,  nomine 
Lodewicus  \  Et  de  ea  fere  inextricabilem  ^  fecit  laberintum 
et  etfig-iavit,  penus  '^'  penori,  cameram  camere,  diversorium  '^ 
diversorio  concludens,  promptuaria  sive  granaria  cellariis 
continuans,  et  capellam  in  convenientiori  loco  ab  orientali 
parte  domus  in  excelso  superedificans.  Triplicem  autem 
aream  in  ea  constituit,  et  solium  solio  longe  a  solo  quasi 
in  aère  suspendit.  Prima  autem  area  fuit  in  superficie  terre, 
ubi  erant  cellaria  et  granaria  ^,  ciste  ^  etiam  magne,  dolia  et 
cupe  et  alia  domus  utensilia.  In  secunda   autem    area  fuit 


de   cant.  de    l'arr.  de  Boulogne,  à  30  kil.  N.-E.  de  cette  ville  et  à  8  kil.  Q. 
d'Ardres. 

1.  Sur  les  donjons  en  bois  surmontant  les  mottes,  cf.  le  texte  suivant,  qui 
se  rapporte  à  la  même  époque,  et  que  nous  extrayons  de  la  Vie  de 
Louis  le  Gros,  par  Suf^er  (sièj^e  du  Puiset.  an.  1111)  :  «  Reliqui  necnon  et 
ipse  Hugo,  cum  intus  castellum  muro  cinctum  tuto  non  sufficeret 
presidio,  in  mota,  scilicet  tiirre  lif/nea  superiori  se  recipit  »  (éd.  Moli- 
nier,  1887,  p.  65).  Ce  qui  prouve,  ajoute  l'éditeur,  que  le  château  du 
Puiset  se  composait  d'une  doublé  enceinte  et  d'un  réduit  :  1"  une  simple 
palissade;  2°  un  mur  probablement  en  pierre  ;  3°  un  donjf)n  en  bois  {ihid., 
n.  2).  Voy.  aussi  VioUet-le-Duc,  Dict.deiarch.  fr.,  t.  V,  v°  Donjon  ;  on  lira 
avec  intérêt  la  description  détaillée  que  cet  auteur  nous  donne  du  château 
d'Arqués,  construit  en  partie  au  xi"  siècle  (t'itd.,  t.  V,  p.  36;  ;  cf.  p.  48.  Il  est 
regrettable  que  Viollet-le-Duc  n'ait  pas  utilisé  le  récit  de  notre  chroni- 
queur qui  offre  des  points  nombreux  de  comparaison  avec  la  description 
du  château  d'Arqués.  —  Cf.  Viollet-le-Duc,  t.  IV,  art.  Cuisine  (qui  donne  peu 
d'explicationsurîescuisines  deschâteaux  du  xi' siècle);  voy.  aussi  t.  III.  art. 
Château. 

2.  Bourbourg,  ancienne  seigneurie  située  en  Flandre,  auj.  ch,-l.  de 
c,  arr.  Dunkerque  (Nord). 

3.  Le  nom  de  cet  architecte,  Lodewick.  habile  dans  les  œuvres  de  cons- 
truction  de  bois,  fréquentes  alors  dans  le  Nord,  mérite  d'être   signalé. 

4.  Les  constructeurs  de  châteaux  usaient  d'ai-tifices  recherchés  pour  la 
disposition  extérieure  et  intérieure  de  ces  édifices  où  l'espace  devait  être 
ménagé,  et  aussi  afin  de  dérouter  ceux  qui  tenteraient  de  s'y  introduire 
hostilement  par  violence  ou  par  ruse. 

5.  Endroit  servant  à  déposer  des  p.'-ovisions,  des  comestibles. 

6.  Corridor,  d'après  Quicherat  (voy.  .suprà,  op.  cit.,  p.  632);  on  pour- 
rait entendre  plutôt  ainsi  :  logis  d'hôtes,  de  gens  de  passage,  conformé- 
ment au  sens  classique  de  ce  mot  latin,  en  réservant  l'acception  de  cou- 
loir à  meiciilum  {Voy.  ci-dessous). 

7.  Logements  servant  à  recevoir  des  approvisionnements. 

8.  Récipienis  ou  sortes  de  coffres. 


[Vers  H20]       de  l'architecture  en  France  483 

habitatio  et  communis  inhabitantium  conversatio,  in  qua 
erant  penora,  hinc  panetariorum,  hinc  pincernarum,  hinc 
maj^na  domini  et  uxoris  sue,  in  qua  accubabant,  caméra, 
cui  contiguum  erat  latibulum^,  pedissequarum  videlicet  et 
puerorum  caméra  vel do rmitorium.  Hinc  in  magne  secretiori 
parte  camere erat  quoddam  secretum diversorium,  ubi summo 
diluculo,  vel  in  vespere,  vel  in  infirmitate,  vel  ad  sang^uinis 
minutionesfaciendasveladpedissequas,  vel  ad  pueros  ablac- 
tatos  calefaciendos,  ignemcomponere  solebant.  In  hac  etiam 
area,  coquina  domui  continuata  erat,  in  qua  erant  due  aree.  In 
inferiori  area,  hinc porci [in] pinguescendum positi  sunt,  ad nu- 
triendum  hinc  anseres,hinc  capones  et  alia  volatilia  ad  occi- 
dendum  et  ad  vescendum  semper  parata.  In  altéra  autem 
coquine  area,  conversabantur  tantum  ceci  et  coquine 
provisores,  et  in  ea  preparabantur  esce  dominorum  delica- 
tissime,  et  multimodo  coquorum  apparatu  et  labore  con- 
fricate  et  ad  vescendum  parate.  Ibi  etiam  familiarium  et 
domesticorum  esce  cotidiana  provisione  et  laboris  ofïicio 
preparabantur.  In  superiori  domus  area  fuerunt  facta 
solariorum  -  diversoria,  in  quibus  hic  filii,  cum  volebant, 
illic  filie,  quia  sic  oportebat,  domini  domus  accubabant  ; 
illic  vig-ilesj  et  ad  custodiendam  domum  servientes  positi  et 
constituti  et  semper  parati  custodes,  quandocumque 
somnum  capiebant  ;  hic  gradalia  ^  et  meicula  '*  de  area  in 
aream,  de  domo  in  coquinam,  de  caméra  in  cameram, 
item  a  domo  in  log^ium  ;  quod  bene  et  procedente  ratione 
nomen  accepit  —  ibi  enim  sedere  in  deliciis  solebant  ad 
coUoquendum  —  a  logos  ^  quod  est  sermo,  derivatum  ; 
item  de  logio  in  oratorium  sive  capellam  Salomoniaco 
tabernaculo  in  celatura  et   pictural  assimilatam. 


1.  Cabinet,  sorte  de  reirait. 

2.  Nous  avons  déjà  rencontré  ce  terme  avec  le  sens  d'étage  planchéié 
(voy.  siiprà,  p.  10,  n.  6)  ;  Quicherat  (op.  cit.)  traduit  ainsi  :  soupente  en 
plusieurs  hauteurs  de  pièces  ayant  des  abords  difl'érents  (p.  632). 

3.  Escalier  de  communication. 

i.  Couloir  servant  d'accès  aux  lofj;ements  intérieurs. 

5.  Mention  rare  de  travaux  de  décoration  en  relief  et  en  peinture,  faits 
alors  dans  une  chapelle  seigneuriale. 


186  TKXTES    RELATIFS    A    L  HISTOIRE  [1061] 

LV 

1061,  janvier. 

Donation  à  Vahhaye  de  Déols,  en  Berry,  par  Renaud 
Chabot,  seigneur  de  Rocheservière^  d'une  terre  sise  dans 
le  domaine  de  ce  château,  pour  y  construire  un  monas- 
tère et  y  établir  un  cellier  public,  où  les  habitants  de  ce 
pays  pourraient  déposer  leurs  provisions  et  ustensiles  en 
lieu  sûr. 

Bibl.  nat.,  col.  Gaignières,  lat.  17048,  fol.  475. 

(Cf.  Rec.  hist.  des  char  les  intéressant  le  départ,  de  l'Indre,  VI'-XI's,,  n" 
31,  par  E.  Hubert,  dans  la  Revue  archéologique  du  Berry,  1899,  p.  175.) 

Eg-o  Rainaldus,  cog-nomento  Chaboth,  offero  Deo  et 
Béate  Marie,  matri  ejus,  ad  locum  de  Dolis^,  terrain  intra 
nostrum^  oastelluni  apud  Rocham  Gerveriam  •^,  tantum  ubi 
construere  possint  monasterium  ;  et  cellarium'*  publicum 
habere  concedo,  ubi  qui  sua  recondere  voliierit  ponat 
absque  pavore  de  aliquo  rapto  etc..  Facta  charta  anno 
MLX,  mense  januario,  régnante   Philippe    rege. 


1.  L'abbaye  bénédictine  de  Déols  (Dolense  monasterium),  ou  Bourjj:dieu, 
dédiée  à  la  Sainte  Vierge,  au  diocèse  de  Bourges  ;  auj.  cant.  et  arr.  Chà- 
teauroux  (Indre). 

2.  Le  ms.de  la  Bibl.  nat.,  d'où  cet  acte  est  tiré,  porte  riosirizHi  et  non 
meum,  ainsi  que  nous  l'avons  vérifié.  —  Cf.  Buhot  de  Kersers,  Hisl.  et  sta- 
listique  monumentale  du  département  du  Cher,  v  Déols  (abbaye  de), 
t.  VIII  (1898),  col.  107.  (Voy.  aussi  Chevalier,  Rép.  top.-hibl.,  I,  col.  879,  v» 
Déols.) 

3.  Rocheservière,  dans  la  Vendée,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  la  Roche-sur-Yon. 

4.  Cf.  l'acte  de  1J80  relatif  à  Odon  de  Hoser,  prieur  de  Madiran 
(Gascogne),  qui  fit  reconstruire  une  galerie  couverte  dans  son  monastère, 
à  l'une  des  extrémités  de  l'emplacement  qu'il  occupait,  afin  de  faciliter 
d'une  façon  régulièi-e  à  la  population  de  Madiran  le  dépôt,  en  cet  endroit, 
des  provisions  et  des  vivres  dont  elle  avait  besoin  (Bibl.  nat.,  coll.  Doat, 
t.  CLII,  fol.  220).  D'autres  actes  donnent  l'exemple  de  celliers  soumis  à  un 
cens  de  location,  comme  c'est  le  cas  de  celui  qui  appartenait  au  prieuré 
Sainte-Foi-de-Morlaas  iBéarn),  lequel  relt;vait  de  (]luny.  «  Bertrannus 
Faber,  ditun  acte  delà  lin  du  xi'-xii'siècle.de  dimidioceilarioquod  estjuxta 
portam  S.  Nicholai,  in  unoquoque  anno  débet  reddere  duos  sol.  priori  S. 
Fidis  in  festivitate  S.  Ylarii.  Et  si  murus  ceciderit,  ipse  Bertrannus  et 
oninis  pro[gJenies  ejus  qu[e]  tenebit  ipsum  cellarium  jus  re(h)edificabit  et 


[1062]  DE    l'architecture    en    FRANCE  187 

LVI 

1062  et  vers  1095. 

Fondation  du  prieuré  de  Saint-Sauveur-en-Rue,  dans  le 
Forez,  faite  par  Artaud,  seigneur  d' Argentau,  entre  les 
mains  de  Robert,  premier  abbé  de  la  Chaise-Dieu,  en 
Auvergne,  avec  donation  de  tout  le  bois  de  construction 
nécessaire  au  monastère  et  aux  habitations  de  ceux  qui 
s'établiront  auprès  dudit  prieuré.  —  Don  à  ce  prieuré, 
par  le  chevalier  Ricols  de  Roussillon,  d'une  terre  à 
Saint-Genest,  avec  conduite  d'eau,  pierres  calcaires  et 
bois    de  construction. 


Extr.  des  Archives  de  Vabbaye  de  la  Chaise-Diea,  dans  J.-M.  de  la  Mure, 
Histoire  des  ducs  de  Bourbon  et  des  comtes  de  Forez,  t.  III  (1868),  n"  22, 
p.  18  (Prcuv  ),  d'après  la  copie  de  dom  P.  Laurens,  dans  les  Notes  mss. 
de  la  Mure,  II. 

(Cf.  Carlulaire  du  prieuré  de  Sainl-Sauveur-en-Rue\  Forez,   publ.  par 
de  Gharpin-FeugeroUcs  et  M. -G.  Guigue,  Lyon,  1881,  n"  I.) 

Notum  sit...  quod  ego  Artaudus  de  Arg-entau^,  cum 
consilio  et  voluntateFioe-*,  uxoris  meae  et  omnium  militum 
de  Argentau,  pro  redemptione  animae  meae.  et  omnium 
parentum  meorum,   dono  ecclesiam  Sancti  Salvatoris^  cum 


reintegrabit  ipse  fîdejussor.  »  {Cartul.  de  Sainte-Foi-de-Morlaas,  publ.  par 
L.  Gadier,  n"  XVII,  p.  34  ;  cf.  n"  XVIII).  — Défense  était  faite,  au  xi' siècle, 
d'envahir  les  celliers  des  églises  [ibid.)  Voy.  le  sermentde  paix  que  l'évêque 
de  Beauvais,  Warin,  soumit  au  roi  Robert,  en  1023  (Luchaire,  Les  1"' 
Capétiens,  Hisl.  de  France,  par  E.  Lavisse,  t.  II,  1.  I,  ch.  IV,  p.  134-135). 

1.  Saint-Sauveur-en-R\ie,  aujourd  hui  c.  du  cant.  de  Bourg,  arr.  Saint- 
Etienne  (Loire). —  Cf.  Chevalier, /{ep.  <op.-/)i/)L,  II,  col.  2772,  v  Saint- 
Sauveur-en-Rue,  et  I,  coi.  634,  v  Chaise-Dieu    (La). 

2.  Argental,  seigneurie  du  Forez,  arr.  Saint-Etienne  (Loire).  —  Sur  le 
Forez,  au  point  de  vue  des  monuments  historiques,  on  consultera  avec  fruit 
l'ouvrage  de  N.  ThioUier,  Le  Forez  pittoresque  et  monumental,  Lyon, 
1889,  2  vol.  in-fol. 

3.  «Le  texte  de  cet  acte,  envoyé  de  la  Chaise-Dieu  à  l'historien  De  la 
Mure,  porte  par  erreur  pise  au  lieu  de  Fia»,  un  adjectif  au  lieu  d'un  nom 
propre.  »  (Note  des  éditeurs  de  Charpin-Feugerolles  et  Guigue.) 

4.  Cf.  :  1°  à  la  fin  du  xi'  siècle  la  donation  faite  par  Aymou,  fils  d'Archam- 
baud  le  Fort,  aux  religieux  de  Saint-Ursin-de-Moncenoux,  en  Bourbonnais, 


188  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire       [Vers   1095] 

omnibus  appenditiis  et  omnibus  adjacentiis  suis,  atque 
cum  omni  territorio  quod  ibi  est,  donc  Deo  et  monasterio 
Casae  Dei  et  monachis  ibidem  servientibus,  tam  praesen- 
tibus  quam  futuris,  in   manus  domni  Roberti,  ejusdem  loci 

abbatis,     liberam,     sine   omni   retentione Et  ut   ibi 

monasterium  monachorum  fiât  ad  habitandum,  dono 
ad  construendum  predictum  monasterium  et  villam,  nunc 
et  in    antea,  quidquid  necesse  fuerit  in  silvis,    ubicumque 

habeam    ligna     ad    œdifîcandum   sine    omni    contra- 

dictione,    semper   habitatoribus    ejusdem    loci  et  ejusdem 

villaî 

Facta  est  hœc  donatio  in  manus  domni  Roberti,  Casae  Dei 
abbatis,  anno  ab  incarnatione  Domini  millesimo  sexage- 
simo  secundo,  indictione  octava. 


2 

Cartulaire  cit.,  n»  XXVIII. 

[Vers  1093].  —  Giraldus  Ricolfus,  miles  de  Rossilione', 
dédit  Deo  et  sancto  Roberto  et  ecclesiae  Sancti  Salvatoris,  in 
parrochia  Sancti  Genesii  '^  ad  Souers,  terram  et  vineas. . .  cum 
omni  aqueductu  et  lodium  cum  lapidibus  calcinariis  3,  quan- 
tum nobis  opus  fuerit.  Dédit  etiam  praedictus  Giraldus  nobis 
in  sylva  sua...  ad  aedif(f)icandum...  quantum  nobis  vel  his 
qui  pro  nobis  ibi  steterint  necessarium  erit... 


de  la  forêt  dudit  lieu  pour  y  prendre  du  bois  de  construction  (HuiUard- 
Bréholles,  Tilr.de  la  mais.  duc.  de  Bourbon,  t.  1,  p.2,daprès  Arch.  nat.,  K.  19, 
n"  2);  —  2°  la  donation  faite  au. xi^-xii»  siècle,  au  monastère  de  Sauxiilanges,en 
Auvergne  (auj.  ch.-l.  de  cant.,  arr.  Issoire,  Fuy-de-Dôme),  par  un  nommé 
Hugue,  du  bois  nécessaire  à  des  constructions,  «  dono  et  in  omnibus  silvis 
mc'\9,  ligna  ad  aedificandum  »  d'après  \c  Cartulaire  de  Sau.cillanges,  éd. 
Doniol,  p.  599,  n"  883). 

t.  L'ancienne  maison  de  Houssillon  appartenait  au  Forez. 

2.  Outre  les  désignations  locales  de  Saint-Genès  et  de  Saint-Genest, 
dans  le  Puy-de-Dôme,  on  trouve  dans  le  département  de  la  Loire  les  loca- 
lités de  baint-Genet-Malifau.v  et  de  Saint-Genct-Lerpt,  arr.  de  Saint- 
Etienne. 

3.  Cf.  Gloss.  de  Du  Gange,  v'  lapis  calcinarias  ;  cf.  ibid.  :  calcinalts, 
calcine  as. 


[1064-1079]       DE  l'architecture  en  frange  189 

LVII 
1064-1079. 

Mention  dun  moine  «  operarius  »  de  Vahbaye  de  Saint- 
Victor  de  Marseille,  dans  une  charte  rédigée  en  son  nom, 
au  sujet  d'une  transaction  faite  à  Ollières,  en  Provence. 

Chartularium   monasterii  Sancti  Victoris  Ma:ssiliensis,  éd.    B.    Guërard, 
t.  I    (1857),  p.  173,  n»  149  (coll.  des  Doc.  inéd.j. 

Tempore  Bernardi',  Massiliensis  abbatis,  ego  Guirannus, 
monachus  et  operarius^,  feci  acaptum  apud  Ollerias"^,  de 
Willelmo  Trunno,  tascam  videlicet  totam  quam  habebat 
super  homines  S.  Victoris,  prêter  dominicaturam  suam,  et 
duos  casales  .  qui  sunt  supra  ecclesiam  per  quos  qui 
habent  suos  exitus,  Wilelmus  Elena  et  frater  ejus,  sin- 
gulis  annis  unum  agnum  reddant  de  servicio.  Pro  his 
omnibus,  predictus  miles,  acceptis  XL  sol.,  simul  cum 
uxore,  relinquit  perpetuo  jure,  laudat  et  firmat  que 
diximus  Domino  Deo  et  S.  Victori  et  Massiliensibus 
nionachis,  tam  presentibus  quam  futuris,  sub  testibus*: 
Wilelmus  de  OUerias  et  Petrus  Gaufredi,  etc.. 


1.  Bernard  de  Rouerj^ue,  abbé  de  106  i  à  1079. 

2.  Le  Cartulaire  de  Saint-Victor  de  Marseille  contient  un  autre  acte  du 
13 juillet  1165,  mentionnant  le  moine  Pierre  de  Saint-Gilles,  en  qualité 
d'  ■<  ouvrier  »  audit  monastère  :  «  Petrus  de  S.  Egidio,  operarius  S.  Hono- 
rati,  monachus.  »  Il  s'agit  ici,  semble-t-il,  du  prieuré  de  Saint-Honorat 
d'Arles.  Dans  le  Cartulaire  de  Saint-Sernin,  de  Toulouse.  «  Voperarius, 
l'ouvrier,  apparaît  tardivement  et  encore  deux  fois  seulement.  En  1184, 
Arnauld  Ustul,  et,  en  1200,  Pons  remplissent  la  fonction  que  ce  mot 
dési|j:ne.  c'est-à-dire  qu'ils  prennent  soin  de  l'entretien  des  bâtiments  et 
de  l'église  et  de  l'abbaye.  »  {Introd.  par  l'abbé  Douais,  p.  L  et  LI,  §  4, 
dignitaires  de  l'abbaye  ;  a/)pend.  n°  29,  n°  62;  cf.  Invenl.,  7,  46.)  —  De 
même  que  dans  les  chapitres  des  cathédrales  ou  des  collégiales,  le  titre 
cVoperarius  donné  dans  les  abbayes  à  un  moine  chargé  de  l'entretien  et 
des  dépenses  des  bâtiments  n'implique  pas  nécessairement  que  ce 
dignitaire  s'occupe  lui-même  de  la  direction  technique  des  travaux  ou 
qu'il  y  ait,  alors  qu'il  est  mentionné,  une  restauration  ou  des  réparations 
importantes  dans  ces  abbayes.  La  qualité  de  magister,  qui  y  est  jointe 
parfois,  exprime  davantage  la  part  personnelle  prise  à  des  travaux  d'art 
de  ce  genre.  Voy.  supra,  p.  35,  n"  4. 

3.  Ollières,  comm.  du  cant.  de  Saint-Maximin,  arr.  Brignoles,  dépar- 
tement du    Var. 


190  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire       [Vers  1065] 

LVIII 

Vers  1065-1073. 

Acte  constatant^  entre  autres  donations  domaniales  faites 
par  Raymond  II,  comte  de  Bigorre,  à  Vabbé  de  Saint- 
Savin-en-Lavedan  (^Gascogne),  celle  de  la  vallée  de  Cau- 
terets  ;  mention  de  Véglise  de  Saint-Martin  et  des  maisons 
de  bains  à  construire  par  les  soins  dudit  abbé,  pour  le 
monastère  de  Saint-Savin,  audit  lieu,  devenu  obédience 
de  cet  établissement  monastique,  sous  la  surveillance 
d'un  religieux  délégué  à  cette  fin. 

Cartulaire  de  Vabbaye  des  bénédictins   de    Saint-Savin-en-Lavedan^    (945- 
1175),  publié  par  Ch.  Durier,  Paris  et  ïarbes,  1880,  n°  III,  p.  8-9. 

Manifesta  res  est  et  pêne  omnibus  incolis  Wasconiae 
certissime  notum,  monasterium  Levitanense  in  honore 
S.  Savini^  a  Raimundo^,  comité  Bigorrensi,  esse  cons- 
tructum,  et  de  sibi  pertinentibus  praediis  in  ipsa  valle 
Ltcvitanica  longa  manu  ditatum.  Nam  inter  cetera  repe- 
rimus  vallem  Galdarensem^,  ubi  nunc  ecclesia  S.  Mar- 
tini et  ipsi  balnei  constructi  videntur,  jam  dicto  principe 
Deo  et  S.  Savino,  ac  succedentibus  abbatibus  et    monachis 


1.  L'original  a  disparu  ;  il  datait  très  vraisemblablement  de  la  fin  du  xii* 
siècle  ou  du  commencement  du  xiii".  Sur  les  deux  copies  qui  en  restent 
dont  l'une  appartient  aux  Archives  des  Hautes-Pyrénées  et  l'autre  à  la 
Bibliothèque   publique  de  Tarbes,   voy.    Durier,    op.    cit.,  p.  I  et  II. 

2.  Voy.  sur  cette  abbaye,  G.  Bascle  de  Lagrèze,  Monographie  deSaint- 
Savin-de-Lavedan.  1850,  notamment  p.  120-122,  où  les  faits  ci-dessus  sont 
rapportés  et  commentés.  Voy.  aussi  V.ibbaye  de  Saint-Savin,  par  Paul 
Lafond,dans  le  Bull,  monum.,  1886-87,  F,  II, p.  580-593,  III,  5-18;  cf.  Cheva- 
lier, Rép.  lop.-hibl.,  II,  col.  2773,  v°  Saint-Savin. 

3.  Raimondll.comtede  Bigorre,  vers  1065-1080.  (Cf.  Durier,  op.  cit.,  p.  V.) 

4.  Cf.  ihfra:  «  in  valle  Caldarez.  »  Cautcrctz,  station  thermale  dés  Hautes- 
Pyrénées,  arr.  Arji^elès.  —  Les  eaux  de  Cauterets  paraissent  avoir  été 
connues  des  Romains  :  «  A  Cauterets,  est  un  bain  de  César,  de  construc- 
tion romaine,  piscine  voûtée,  jadis  éclairée  par  deux  ouverture  ovales.  ». 
Essais  histor.  sur  le  Rigorre,  par  d'Avezac,  t.  I,  p.  40  (cf.  de  Lag:rèze,  op. 
cit.,  p.  120,  n.  2).  Voye?  toutefois  à  ce  sujft,  L.  Bonnard,  La  Gaule  ther- 
male. . .,  1908,  p.  343  et  s.  (avec  not.  bibliogr.). 


[Vers  4065]  de  l  architecture  en  frange  191 

esse  delegatam  ;  quanquam  eiiam  per  successiones  tem- 
porum  ab  incolentibus  locum  légitime  ac  liberaliter,  sine 
inquietudine,  semper  potestative  possessam,  in  tantum  ut 
Bernardus^  abbas,  fultus  consilio  comitis  Bernardi,  et 
roboratus  auctoritate  pontificali,  videlicet  venerabilis 
archiepiscopi  Auscitani,  et  Pontii^,  Bigorrensium  episcopi, 
ecclesiam  S.  Martini  domosque  balneorum  suis  usibus 
aptas  aedificaret,  Johanfnjemque  monachum  loco  obe- 
dientiae  ibi  niane[n]dum  constitueret,  et  quaecumque  erant 
necessaria  loco  subministraret^... 


LIX 

Vers  1063-1074. 

Travaux  de  reconstruction  entrepris  à  l'abbaye  de  Saint- 
Hubert-d' Ardenne  par  les  soins  de  Vabbé  Thierri  ;  étahlis- 
ment  d'une  enceinte  de  huit  tours,  réfection  du  mur  du 
monastère  ;  nouveau  cloître  et  nouvelle  crypte  ;  provenance 
des  matériaux  employés  à  ces  deuxdernièresconstructions  ; 
entretien  des  ouvriers  logés  et  nourris  aux  frais  de  la 
comtesse  d' Arlon  ;  louage  des  services  de  tailleurs  de  pierre 
mandés  de  Liège,  par  l'abbé  Thierri  ;  nouveaux  autels  et 
nouvelles  chapelles  éclairées  par  de  beaux  vitraux,  œuvre 
d'un  artiste  verrier^  nommé  Roger,  qui  avait  été  appelé 
de  Reims  par  ledit  abbé  pour  cette  ornementation. 

Chronicon  sancti  Huberti  *  Andaginensis,  c.  18  et  19,  dans  les  Mon.  Germ. 
hist..  Script,  t.  VIII  (1848),  p.  578-579. 

(Cf.  Martine,  A fn;ji(sstrn-i  collectioA.    IV  (1729),  col.  934-936  ;  —  (en 


1.  Bernard   II,  abbé  de    Saint-Savin,  1059-1080.  (Cf.  Durier,  op.  cit.,  ib. 

2.  Ponce,  évèque  de  Tarbes  ;  on  ifj^nore  la  date  initiale  de  son  épiscopat  ; 
mais  on  sait  qn'en  1073  il  fut  relevé  de  ses  fonctions  par  décision  pon- 
tificale. 

3.  C'est  peu  après  que  se  fit  la  charte  d'union  de  Saint-Savin  à  l'abbaye  de 

Saint-Victor  de  Marseille  (l""^  avril  1080)  :  « monachoruniMassiliensium 

noviter   advenientium   »,     lit-on    un     peu     plus     loin    dans    notre    teit» 
(p.  9). 

4.  Saint-Hubert,  ville  de  la  province  de  Lu.xembourj^,  en  Belgique,  ch.-l. 


192  TEXTES  RELATIFS  A  l'uistoire        [Vers   1065] 

partie  seulement,  iJec.  des  Hisi.  de  Fr.,  t.  XI  (1876),  p.  150-151  ;  —  (sous  le 
titre  de  Cantatorium  Sancti  Hnherii,  dans  Mon.  pour  servir  à  Vhist.  des 
prov.  de  Namur...  Luxembourg,  éd.  de  Reifl'enber^,  t.  VII  (Bruxelles, 
1847),  p.  258-260.  —  Migne,  Patr.  lat.,  t.  CLIV,  col.  1363-1364.) 

18...  Sub  eodem  tempore  simul  coepta  est  fîeri  octo  tur- 
rium  corona  ^,  et  quae  in  prato  est  in  honore  Beati  Aegidii 
ecclesia,  murus  qiioque  circa  monasterium  qui  nimia  vetus- 
tate  paene  totus  corruerat,  claustrum  quoque  et  cripta. 

19...  Adeladis,  comitissa  Araeleonis,  fuerat  fîlia...  duois 
Theoderici...  Videns  abbas  Tlieodericus  copiani  mag^norum 
lapidum  in   fundamento    veteris  quondam   civitatis,    nunc 

autem     pro    castelli    moenibus    adbreviatis ex    eisdem 

lapidibus  ecclesiae  donari  expetiit  quantum  sufficeret 
ad  aedificationem  criptae  vel  claustri.  Libenter  illa  [comi- 
tissa Araeleonis  2]  quod  petebatur  concessit  ;  sed  et  opera- 
riis  ecclesiae,  quamdiu  ibi  morarentur,  et  hospitium  et 
victum  promisit.  Respondit  abbas  gratias  Deo  omnipotenti, 
Adelaidi,  comitissae  Araeleonis,  et.  filiis  ejus  reverenter 
valedixit,  et  ad  monasterium  rediit.  Moxque  a  Leodio  -^ 
caesoribus  conductis  ',  criptam  et  claustrum  in  praesentem 
statum  composuit,  advectis  ab  Araleonis  columpnis  cum 
capitellis  et  basibus  suis  et  altarium  mensis.  Auxit  etiam 
oratoria  a  dextris  et  a  sinistris  ecclesiae,  et  a  dextris  qui- 
dem,  memoriam  Beatae  Mariae  ad  médium  altare  novae 
criptae  transtulit,  et  ibidem  altare  sancti  Stephani  proto- 
martyris  substituit  ;  a  sinistris  vero,  memoriam  beati  Mar- 
tini ut  fuerat  reliquit,  ibldemque  extrinsecus  novum  orato- 
riumex[s]truxit,  quod  diciturad  Sanctam  Jérusalem,  eoquod 
dominicae  sepulturae  ■'    et  resurrectionis  contineat  expres- 


de  c.  arr.  et  à  22   kil.    N.-N.-O.   de    Neufchâteau.    —  Cf.  Pirenne,  Biblio- 
graphie  de  l'hist.  de  Belgique  (1893),  p.  63. 

1 .  Sur  les  tours  d'enceinte  et  portes  fortifiées  de  monastères,  voy.  Alb. 
Lenoir,  Architecture  monastique,  t.  I  (1852),  p.  56  et  s. 

2.  Arlon,  auj.  ch.-l.  de  la  prov.  de  Luxembourj,'. 

3.  Liège,  auj.  ch.-l.  de  la  prov.  du  même  nom  (Belgique). 

4.  Encore  un  exemple  de  louage  d'ouvi-iers  laïques,  de  tailleurs  de  pierre, 
en  particulier,  au  ser^'ice  dun  abbé  pour  les  constructions  à  faire  à  son 
église  abbatiale. 

D.  On  sait  que  ce  sujet  religieux  fut  maintes  fois  représenté  par  la 
sculpture  du  moyen  âge  dans  l'intérieur  des  églises. 


[Ver»  1066]       de  l'architecture  en  france  193 

samsimilitudinem.  Illuminavit  quoque  oratoria  quae  exs- 
truxerat'pulcherrimis  fenestris,  quodam  Rogero  '  conducto  ab 
urbe  Remensi,  valent!  admodum  viro  et  promptissimohujus 
artiset  peritissimo.  Aedificavitet  altarein  honore  sanctae  et 
individuae  Trinitatis  ad  pedes  beati  Huberti,  ubi  et 
maxima  sanctorum  pignora  deposuit. 


LX 

Vers  1066  et  1171-1172. 

Mention  du  chàleau  de  Hastings  [Sussex),  en  Angleterre, 
construit  en  bois  sur  l'ordre  de  Guillaume  le  Conquérant, 
duc  de  Normandie.  —  Extrait  de  comptes  constatant  la 
reconstruction  en  pierre  de  la  tour  dudit  lieu,  par  les 
soins   de   Henri  II,    roi  d'Angleterre. 


Chronicon  monasterii  de  Bello  [Battle   abbey),  éd.  Brewer,  Londini,  1846, 
p.  3. 

(Cf.  Dugdale,  Monasticon  anglicanum,  t.  III,  1846,  p.  240.) 

[Vers  1066].  —  Dux  ibidem^  non  diu  moratus,  haud  longe 
situm,  qui    Hastinges  ^   vocatur,    cum  suis    adiit  ^portum, 


1.  C'est  par  erreur  que  dans  son  ouvrage  sur  les  Vitraux  (p.  14),  Olivier 
Merson  fait  de  cet  artiste  un  religieux  ;  ce  n'est  pas  avec  un  moine  que 
l'abbé  aurait  conclu  un  contrat  de  louage  de  services.  Suivant  le  même 
auteur,  les  verrières  commandées  par  la  comtesse  d'Arlon  auraient 
représenté"  des  griffons,  avec  fond  de  rinceaux  et  d'entrelacs  !  »{Ibid.).  Or, 
depuis  longtemps,  il  n'y  a  plus  de  traces  de  ces  vitraux.  L'église  actuelle 
n'est  plus  un  édifice  roman,  rebâtie  qu'elle  a  été  en  style  gothique  du 
xvr  siècle  (de  1526  à  1564)  sur  une  vaste  crypte  gothique. — Voy.  Schayes, 
Hist.  de  l'architecture  en  Belgique,  t.  III,  p.  223  ;  Helbig,  L'art  Mosan 
depuis  L'introd.  du  christianisme,  t.  I  (1906),  p  12  ;  Bui/.  de  la  gilde  de 
Saint-Thomas,  t.  VI  (18851.  Nous  remercions  M.  L.  Cloquet,  de  l'Université 
de  Gand,  qui  a  eu  l'obligeance  de  nous  communiquer  ces  renseignements. 

2.  Pevensey,  auj.  com.  d'Angleterre  (Sussex). 

3.  Sur  les  sources  relatives  à  Haslings,  voy.  Chevalier,  Rép.  top.-bibl., 
col.  1395,  v°  Hastings.  C'est  aujourd'hui  une  ville  maritime  d'Angleterre,  à 
9kil.  S.-O.  de  Winchelsea. 

13 


194  TEXTES    RELATIFS    A   l'hISTO!RE  [1066-1095] 

ibique  opportunum  ^  nactus  locum,   ligneuin  ~  agiliter  cas- 
tellum^  statuens,  provide  munivit^. 


Mar/nus  rotiilus  pipae  de  anno  XYIII"   régis  Henrici  77,  dans  les  Publica- 
tions of  the  pipe  roll  Society,  vol.   XVIII,  London,  1894,  p.  130. 

[  1171-72]  — SUDSEXA  ■''.  Et  in  attractu  petre  et  calcis  ad 
faciendam  turrim  de  Hastings^,  VI  lib.,  per  brève  régis. 

Et  in  attractu  petre '^  et  calcis  ad  faciendam  turrim  de 
Hastings,  XIII  lib.  et  XII  den.,  per  brève  régis. 

LXI 
1066-1095. 

Historique  de  la  fondation  de  Vabhaye  de  la  Bataille 
(Battle  abbey),  près  d'Hastings  [Sussex),  construite  sur 
Vordre    de    Guillaume,    duc    de    Normandie,    roi  d'An- 

i.  oporliinum,  Dugdaïe. 

2.  Sur  le  modèle  des  châteaux  de  bois  de  Normandie. 

3.  Le  château  de  Hastings  est  appelé  caslellaria,  dans  le  Domesday  book 
1,  18a,  2. —  Sur  le  texte  ci-dessus,  voy.  Mrs  Ella  S.  Armitage,  The  early 
Norman  castles  ofEngland,  dans  The  Engl.  hislor.  i-eview,  t.  XIX,  1904, 
p.  232-233  ;  cf.  J.-H.  Round,  Thecastles  of  theConquest,  dansV  Archaeologia 
(Soc.  ofantiquar.    of  London),  t.  LVIII,  part.  1,  p.  313-340. 

4.  La  garde  de  latour  d'Hastings  avait  été  confiée  àOnfroi  du  Tilleul-en- 
Auge,  originaire  des  environs  de  Grand-Mesnil  :  «  Unfridus  de  Telliolo, 
qru  Hastingas  a  prima  die  constructionis  ad  custodiendum  susceperat.  « 
(Oider. Vital,  Hist.  eccL,  1.  IV,  c.  4,  éd.  le  Prévost,  t.  II,  p.  186,ann.  1068-69.) 

5.  Sussex  (comté  de).  — Ce  texte  est  cité  en  partie  dans  l'étude  de  Mrs 
Armitage  (op.  cit.,  p.  233). 

6.  (]e  château  de  Hastings,  d'origine  Normande,  était  bâti  sur  un  roc 
escarpé  ;  ses  ruines  ont  été  signalées  dans  les  descriptions  d'Hastings.  Sur 
les  châteaux  anglo-saxons,  d'autre  part,  la  mention  suivante  d'Orderic  Vital 
mérite  d'être  rapportée  ;  «  Munitiones  enim,  quas  castella  Galli  nun- 
cupant,  anglicis  provinciis  paucissimae  fucrant  :  etob  hoc  Angli,  licet  belli- 
cosi  fuerint  et  audaces, ad  resistendum  tameninimicisextilerantdebiliores.» 
{Ilisl.  eccl.,  1.  IV,  c.  4,  éd.  Le  Prévost, l  .  II,  p.  184.)  Cf.  Armitage,  op. 
cit.,  p.  120,  qui  constate  ainsi  le  manque  de  renseignements  écrits  sur 
les  anciens  châteaux  anglo-saxons  :  «...  the  absence  of  any  référence  to 
castles  in  the  Anglo-Saxon  historians,  except  in  connexion  with  Normans.  » 

7.  Les  Gesta  Stephani  mentionnent  pour  Carisbrooke,  près  d'Alvington,  un 
magnifique  château-fort  en  pierre,  du  temps  de  Henri  1"^,  indication  qui 
peut  être  rappelée  ici  :  «...  castellum  ornatissimum  lapidum  iedificio 
constructum,  validissimo  munimine  firmatum.  »  (Armitage,  op.  cit., 
p.  223.) 


[1066-1093]       DE  l'architecture  en  frange  195 

gletcrre,  en  souvenir  de  la  victoire  remportée  par  lui  en 
cet  endroit  sur  les  Sci.rons.  —  Envoi  à  cette  fin  d'une  mis- 
sion de  moines  de  Marmoutinr  [près  de  Tours)  pour  ladite 
fondation  ,*  provenance  partielle  des  matériaux  employés 
à  cette  construction  :  pierres  tirées  des  environs  de  Caen 
et  transportées  aux  frais  du  trésor  royal  de  Normandie 
en  Angleterre. 

Chronicon  monaslerii  de  Bello\  dans  Dugdale,    Monaslicon  anglicanum, 
t.  III  (1846),  p.  241,  col.  2. 
(Cf.  Biewer,  éd.  de  VAnglia  christiana  society,  1846,  p.  7-9.) 


Verum  conscia  interius  instante  conscientia,  exteriiis 
quoque  non  facile  supradicto  monacho  Willielmo  Fabro*, 
horum  mentionem  studiosius  inculcante,  seposito,  tandem 
eidem  monacho,  ut  optaverat,  rex  [Willelmus],  quia  ad 
manuai  habebatur,  operis  fabricam  committens,  prœcepit 
quatinus  in  antefa[cJto  ^  congressionis  loco,  accitis  secum 
suœ  ecclesiœ  aliquibus  fratribus,  opportunum  ^  festinaret 
fundari  monastermm.  Quod  is  alacriter  excipiens,  Majus 
Monasterium'^  ocius  adiit,  hincque  quatuor  monachos, 
scilicet  ThedbaMum,  cognomine  Vetulum,  Willielmum 
Coche,  Rotbertum  de  Bolonia,  Rotbertum  Blancard,  viros 
personalitate  ac  religione  piaîcipuos,  secum  in  Angliam 
adduxit.  Qui,  memoratum  belli  locum  considérantes,  cum 
ad  tam  insifjnem  fabricam  minus  idoneum,  ut  videbatur, 
arbitrarentur,  in  humiliori  non  procul  U)co,  versus  ejusdem 

1.  Ce  surnom  esL  expliqué  de  la  façon  .suivante  par  l'auteur  de  cette 
chronique  :  «  ...  Willielmus  Faber  cofi^nominatus,  qui  quondam  ipsius 
ducis  serviens,  hiiic  Fabri  nomen  obtinuit,  quod  cum  sodalibus  venatum 
aliquando  profeitus,  sa^iltis  forte  deficientibus,  cum  quendam  fabrum 
hujusmodi  operis    ignarum  adissent,    ipse,  malleis  arreplis,  mox  sagittam 

artificioso  in^'enio  compe^it .>  (Ed.  Bievv.  r.  p.  -i).  La  chronique  dit 

aussi  que  ce  mémo  (luillaumc  le  Fèvre,  alors  moine  de  Marmoutier,  supplia 
le  duc  vainqueur  lie  fonder  un  monastère  en  l'honn.urde  saint  Martin,  patron 
de  son  abbaye  ;  et  \c  duc  n'aurait  pu  écarter  facilement  ses  pressantes  sol- 
licitations (non  facile  seposUo). 

3.  antefato,  Hrewi  r  ;  anlefaclo,  Dugdale. 

3.  nportuniim,  l)iii,'iiale. 

4.  Le  monastèie  de  Marmoutier  a  souvent  envoyé  au  moyen  âge  des 
missions  de  nioitus  qui  ont  fait  rayonner  au  loiu  son  influence,  si  sen- 
sible au  point  de  vue  ecclésiastique  et  architeciarale,  ainsi  que  cela  eut 
lieu    pour  d'autres     abbayes    renommées. 


196  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1066-1095] 

collis  occidentalem  plagam,  aptum  habitandi  locum  eli- 
gentes,  ibidem,  ne  nil  operis  agere  viderentur,  mansiun- 
culas  quasdam  fabricaverunt.  Qui  locus,  hucusque  Herste 
cognominatus,  quandam  habet  spinam  *  in  hujus  rei  moni- 
mentum. 

Igitur,  cum  inter  hsec  régis  animus  sollicitus  de  fabrica? 
provectu  quaereret,  ab  isdem  fratribus  ei  suggestum  est, 
quod  locus  ille,  ubi  ecclesiam  fieri  decreverat,  uti  in  colle 
situs,  arenti  gleba,  siccus  et  aquarum  foret  indig-us,  atque 
ob  hoc  oportere  tanto  operi  aptiorem  locum  in  proximo,  si 
placitum  haberetur  delegari.  Quod  cum  rex  percepisset, 
indignatus  refugit,  ociusque  jussit  in  eodem  loco  quo, 
hoste  prostrato,  sibi  cesserat  triumphus,  basilicœ  funda- 
mentajacere.  Cumque,  obniti  non  priesumentes,  aquarum 
penuria[ml  causarentur,  verbum  ad  haec  memoriale  magni- 
ficus  rex  protulisse  fertur  :  «  Ego,  inquit,  si,  Deo  an- 
nuente,  vita  cornes  fuerit,  eidem  loco  ita  prospiciam,  ut 
magis  ei  vini  abundet  copia  quaiu  aquarum  in  alia  prœ- 
stanti  abbatia.  »  Denuo  quoque  illis  de  loci  conquerentibus 
ino[p]ortunitate,  eo  quod  scilicet,  per  vicinia  latins,  uti  per 
silvestre  solum,  nusquam  ad  sedificium  apti  lapides  reperi- 
rentur,  rex  de  thesauro  suo  ad  omnia  sufïicientiam  pro- 
ponens  sumptuum,  delegavit  etiam  naves  de  proprio, 
quibus  a  Cadomensi^  vico  lapidum  copia  ad  opus  propo- 
situm  transveheretur.  Cumque,  statutum  régis  exequentes, 
aliquantam  de  Normannia  lapidum  portionem  advexissent,^ 

1.  Ce  terme,  qui  exprime  ici  un  signe  extérieur,  peut-être  un  édicule,dont 
nous  n'avons  par  la  description,  et  qui  indiquait  le  lieu  de  la  déroute  des 
Saxons,  a  été  usité  déjà,  avec  l'acception  de  marque  dune  défaite,  à  la  fin 
de  l'époque  romaine  (Gassiodore,  Var.,  III.  51;  cf.  le  Lexicon  de  Forcel- 
lini,  v  Spina,  .5  l'i). 

2.  C'est  le  cas  de  rappeler  ici  les  constructions  mémorables  élevées  à 
Caen  par  la  même  munificence  royale  :  «  Diias  quidem  [abbatias]apud  Cado- 
muni  construxit[rexWillelmus],  unam  monachorumpro  se  habilcm  O)nnii)o 
ac  locupletem,  in  qua  defunctus,  ut  praefati  sumus.  tumulatur  ;  aliani 
quoque  sanctimonialium  satis  spectabilem.  causa  et  instinctu  reginae  sune 
Mathildis,  in  (jua  et  ipsa  mirifice  sepulta  quiescit;  in  Anjîlia  vero  tertiam, 
de  qua  nunc  sermo  actitatur,  in  loco  sibi  a  Deo,  ut  supra  reiatum,  est,  vic- 
toriae  concessae,  fundavit,  in  qua  et  se  humari.  si  in  Anglia  obisset. 
procul  dubio  decrevit.  »  (éd.  Brewer,  p.  38-:î9  Cf.  Neuslria  pia,  p.  62  i).  La 
première  de  ces  églises  est  Saint-Etienne,  la  seconde  est  la  Trinité  de 
Caen. 


[1066-1095]        DE  l'architecture  en  frange  197 

intérim,  ut  fertur,  matronœ  cuidam  religiosas  revelatum 
est,  quatinus  in  designato  sibi  per  visum  loco  fodientes, 
ibidem  ad  opus  prœmeditatum  lapidum  invenirent  abun- 
dantiam.  Non  longe  itaque  a  praesignato  ecclesiae  ambitu, 
ut  jussum  fuerat,  quaerentes,  tantam  ac  talem  lapidum 
repererunt  copiam,  ut  manifeste  pateret  inibi  divinitus 
ad  prtedestinatum  opus  lapidum  ab  œvo  reconditum 
thesaurum.  Jactis  ergo  tandem  fundamentis  praestan- 
tissimi,  ut  tune  temporis  habebatur,  operis,  secundum 
régis  statutum,  altare  majus  in  eodem  loco  quo  régis 
Haraldi  signum,  quod  standard  vocant,  corruisse  visum 
est,  provide  statuunt.  Et  licet  peritissimi,  non  vili  com- 
mercio  asciti,  operi  praeessent  artifices,  tamen  exactoribus 
plus  propriis  quam  Jesu  Christi  deditis,  negligentius 
cœpti  '  fabrica  ut  specie  tenus  ad  hoc  magis  quam  studio 
intendent[ijum2  proficiebat.  Intérim  quoque,  et  infra  desi- 
gnatum  mpnasterii  ambitum,  sibimet  idem  fratres  insump- 
tuosas  quidem  quo  degerent  domuncuîas  œdificant.  Sicque 
interdiu  scœvo  exemple  in  exorsis,  die  diem  recrastinante, 
et  regiœ  opes,  quœ  ad  fabricœ  accelerationem  pro  libitu 
cedebant,  pro  libitu  et  dispensantur,  multaque  ex  ejusdem 
régis  devota  liberalitate  illuc  collata  indiscrète  distra- 
huntur... 

...  Communicato  itidem  consilio,  misit  pra^dictus  Wil- 
lielmus  Faber,  qui  totius  loci  curam  administrabat,  et  a 
Majori  Monasterio  alterum  fratrem  ad  ejusdem  abbatiœ 
regimen  suscipiendum  ascivit,  Gausbertum  nomine,  virum 
religionis,  summae  mansuetudinis  ac  multiplici  virtutum 
insignitum  dote.  Quem  ad  designatum  festinantem  locum 
quatuor  ex  consodalibus  secuti  sunt  fratres,  Johannes 
scilicet,  Hamelinus,  Ainardus,  Leffelmus,  qui,  simul  cum 
eo  prospère  Angliam  appulsi,  ad  destinatum  hilares  locum 
pervenerunt. 

Hinc  autem,  eodem  venerabili  viro  Gausberto  regiae  nutu 
majestatis,  circa  MLXXVl  dominicae  incarnationis  annum, 

1.  Sous-entendu  :  operis. 

2.  intendentum,  Brewcr  ;  inlendenlem,  Dugdale. 


198  TEXTES    RELATIFS    A  l'hISTOIRE  [1066-1082] 

in  abbatiae  regimen  féliciter  promoto,  et  coram  altare 
sancti  Martini'  de  Bello  benedicto,  et  in  sedem  suamlocato, 
cœpit  sub  eo  et  ecclesiae  fabrica  et  fratrum  paulatim  nume- 
rus  profîcere,.. 

Gumque  jam  operis  fabricœ  ^  peroptata  advenisset  per- 
fectio...,  [rex]  eandem  dedicari  basilicam  decrevit.  Gumque 
statuto  die,  rex...  locum  adisset,...  archipraesule  Gantua- 
riensi  Anselme  superveniente,  comitantibusque  regem... 
Osmundo,  Saresberiensi  episcopo,  Willelmo'^  Dunelmensi 
episcopo...  dedicari  magnifiée  fecit  ecclesiam,  instante  die 
III  iduum  februar.,  anno  Verbi  Dei  incarnati  MXG*'V°,  ex 
quo  vero  ipse  rex  Ang-liae  monarchiam  sumpserat  anno 
VIII«4. 


LXII 
1066-1082. 

Remise  par  Josselin,  fils  de  Guéthenoc^  vicomte  de  Porhoët^ 
du  prieure  de  Sainte-Croix,  en  état  de  dépendance^  à  l'ab- 
baye de  Saint-Sauveur  de  Hedonen  Bretagne,  ledit  prieuré, 


1.  C'est  justement  le  même  sainten  l'honneur  de  qui  l'église  aVjbatiale 
de  Marmoutier  avait  été  dédiée. 

2.  On  trouvera  une  vue  extérieure  de  ce  monastère  dans Dugdale,  op. et/., 
p.  232-233,  sous  la  date  suivante  :  «  Battle  abbey,  Sussex,  1818.  » 

3.  La  présence  de  cet  évêquc,  Guillaume  de  Saint-CIalais,  mérite  d'être 
remarquée  à  cette  consécration.  Il  avait  entrepris  depuis  le  mois  daoût 
1093  la  reconstruction  de  la  cathédrale  de  Durham,  la  plus  importante 
église  romane  d'Angleterre.  Les  consécrations  d'églises  ont  eu  une  influence 
incontestable  sur  la  propagation  de  l'architecture  et  de  ses  formes  de 
plusen  plus  perfectionnées,  auxquelles  de  hauts  dignitaires  ecclésiastiques, 
occupés  de  surveiller  des  constructions  ou  des  réfections  d'églises  dans 
leurs  diocèses  ou  abbayes,  ont  dû  prêter,  à  coup  sûr,  une  attention  marquée. 

4.  En  1102,  nous  trouvons  placéà  la  tête  de  cetteabbaye  im  moine  deSaint- 
Calais  (Maine),  «monachus  S.  Garileffi,  Gausfridus  nomine  »,  lequel  s'occupa 
de  faire  réparer  et  fortifier  les  manoirs  de  ce  monastère  et  notamment  le 
manoir  de  Wi:  «Manerium  autem  illud  caeteraque  àd  ecclesiam  perlinentia 
studiose  restauranda  commissae  ecclesiaesibique  commisit.  .  donuis  fabri- 
cae  et  munitioni,  raurorumque  circa  ambitum  fundationianimum  contulit  » 
(1102-1107,éd.Brewer,  p.  49).  Cette  mention  est  intéressante  et  témoigne 
des  raj)ports  ecclésiastiques  entre  l'Angleterre  proprement  dite  et  les 
possessions  continentales  des  rois  anglo-normands,  rapports  qui  eurent 
des  conséquences  importantes  pour  la  diffusion  des  procédés  d'architec- 
ture religieuse  et  militaire  provenant  de  la  Normandie  cl  du  Maine. 


[Vers  1068]       de  l'architecture  en  frange  199 

joignant  le   château  de  Josselin,  qui  avait   été  agrandi 
précédemmen  t . 

Cartulaire  de  Vahbaye  de  Redon  {Cartiilarium  abhatiae  S.  Salvaloris  Rolo- 
nensis),  publ.  par  A.  de  Courson  (1863),  n"  CGXCIIl,  p.  212. 

Defuncto  nobili  et  sapiente  proconsule  Guethenoco  \  et 
in  capitule  Rothonensi  sepulto-,  successit  ei  nobilior  sapien- 
tiorque  filius  ejus  Goscelinus,  qui...  jussit...  venire  ad  se 
Perenesium,  venerabilem  Rothonenseni  abbateni,  vota 
patris  sui,  que  quondam  pro  ampliatione  '  castelli  voverat, 
Deo  auctore,  solvere  volens.  Videbat  quidem  non  solum 
castellum,  sed  etiam  omne  regnum  suum,  ut  ipse  fideliter 
credebat,  pro  ipsis  undique  esse  amplifîcatnm  ;  et  ideo 
dédit  sancte  aecclesie  Rothonensi,  ju[x]ta  castellum, 
cellam  monachorum  habitatione  dignam,  id  est  monas- 
teriuni  Sancte  Crucis^  et  sanctorum  martirum  Cornelii  et 
Gipriani,  cum  veteri  suburbio  usque  ad  medietatem  Ulti'' 
fluminis,  cum  omnibus  redditibus  et  cum  omni  domina- 
tione  sua,  libère,  sicuti  ipse  castel[l]um  suum  possidebat... 

LXIII 
Vers  1068  ou  1070. 

Convention   faite    entre     le   Chapitre  de    la    collégiale  de 
Saint- Hilaire   de  Poitiers  et   les  liabitants  de  la  paroisse 

1.  Voy.  supra,  p.  51  (n"  XI),  le  texte  que  nous  publions  sous  les  années 
1008-1026.  —  Cf.  du  Halgouët,  Essai  sur  le  Por/ioéY  (avec  carte),  1906,  p.  15 
et  s. 

2.  Cotait  l'une  des  conditions  exprimées  dans  le  texte  ci-dessus  par  le 
père  de  Josselin.  Voy.  supra,  p.  52. 

3.  C'est  ce  dernier  qui  a  donné  son  nom  au  château  de  Josselin  (aujour- 
d'hui, arr.  Ploërmcl)  :  castellum  et  caslrum  Goscelini,  lOSO  (Cartal.  de  Vah- 
baye de  Redon,  par  A.  de  Courson)  ;  castellum  Joscelini,  1108  (prieuré  de 
Samt-Martin  de  Josselin),  etc.  Voy.  aussi  v°  Porhoët,  à  la  table  des  formes 
anciennes  du  Dict.  iopogr.  du  départ,  du  Morbihan,  par  Rosenzweig 
(1870);  cf.  ibid.  v°  Sainte-Ci-oix. 

4.  Prieuré  dô  Sainte-Croix,  membre  de  l'abbaye  de  Saint-Sauveur  de 
Redon. 

5.  LOust  ;  à  Josselin,  il  y  a  un  pont  sur  cette  rivière. 
Sainte-Croix,  aujourd'hui  rue  et  faubourg  de  Josselin,  forme  une  paroisse 

du  doyenné  de   Porhoët,  lequel   aurait  été   fondé  vers  1030  par  le  fils  de 
Guéthenoc.  Voy.  A.  de  Courson,  op.  cit.,  Prolér/om,  p. ccx\i. 


200  TEXTES    RELATIFS    A    l/lIISTOIRE  [VerS    1068] 

de  Saint-Hilaire-sur-V Autise^  en  Bas-Poitou,  pour  le  droit 
de  sépulture,  la  construction  et  C entretien  de  la  couver- 
ture de  V église  paroissiale  dans  ledit  village. 

Orig.  Archives  départ,  de  la  Haute-Vienne,  fonds  de  Saint-Hilaire,  Saint- 
Ililaire-sur  TAutise,  n»  4. 

(Cf.  Bibl.  de  la  Ville  de  Poitiers,  coll.  Fonteneau,  mss.  455-5i3,  t.  X,  p. 
349.  —  Doc.  pour  Vhist.  de  l'égl.  Saint-Hilaire  de  Poitiers,  par  L.  Rédet, 
dans  les  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  de  VOiiest,  [.  XIV,  éd.  1848,  p.  92  i.) 

Convencionem  fecit  domnus  Alboinus,  decanus  Santi 
Hylarii,  et  precentor  Otgisus,  una  per  consensum  Folconi[s] 
gabicerii^  et  consilium  omni[s]  congiegacioni[s]  ejusdem 
presulis,  cum  hominibus  rusticanis  de  Sancto  Hylario  cui 
vocabulum  est  super  Altizia^,  ut  unusquisque  rusticus  qui 
quatuor  boves  habuerit,  V  solides  dimittat  ad  suam 
sepulturam,  et  qui  duos  boves  habuerit,  II  solides  et 
dimidium  similiter  ad  sepulturam  dimittat  ;  et  nulla  alia 
persona  per  vim  in  eternum  plus  requirat.  Et  illi  omnes 
rustici  convencionem*  pro  eo  habent,  ut  ecclesiam    edifica- 

1.  Nous  remercions  notre  confrère,  M.  L.  Levillain,  d'avoir  bien  voulu 
s'intéresser  à  nos  recherches  concernant  les  sources  du  présent  texte. 
Dom  Fonteneau  l'a  daté  ainsi  :  vers  1068.  L.  liédet  le  place  aux  environs 
de  1070.  A.  Ghampollion-Figeac  en  a  signalé  l'intérêt  dans  ses  Droits  et 
usages  concernant  les  travaux  de  construction  dans  Rev.  archéol., 
XYh  ann.,  2'  part.,  p.  722. 

2.  Gaiicerit  probablement  pour  <'aptcer«",  ohévecier. 

3.  Saint-Hilaire-sur-l'Autise  est  aujourd'hui  Saint-Hilaire-des-Loges, 
ch.-l.  de  c,  arr.  Fontenay-Ie-Comte  (Vendée). 

4.  Des  associations  pieuses  existaient  au  xi'  siècle  dans  le  dessein  de 
contribuer  à  la  construction,  à  la  réparation  et  à  la  décoration  d'églises 
autres  que  des  cathédrales  ou  de  très  grands  édifices  religieux.  Outre  les 
confréries  populaires,  organisées  pour  l'érection  de  ces  vastes  monuments, 
pour  lesquelles  nous  avons  recueilli  diverses  informations  documentaires 
(cf.  Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,  t.  I,  p.  7  4),  il  faut  mentionner  ici 
des  exemples  d'association  ayant  un  objet  plus  modeste.  Citons  d'abord 
pour  le  XI"  siècle,  en  1058,  une  charte  de  Bércngcr,  évêque  d'Elne 
(Roussillon),  mentionnant  une  association  ayant  pour  but  de  réédificr 
une  église  à  Sallèles  :  «  Plurimis  qui  ad  ecclesiam  reaedificandam  conve- 
neranly  Bcrengarius,  episcopus  Helenensis,  . . .  donat  villam  Salelas 
ecclesiae  Helcnensi  ad  reaedificandam  illam  ecclesiam  »  (Champollion-Figeac, 
Documents  paléogr.,  p.  234).  Peu  après  en  10G6,  nous  voyons  Tbéo- 
duin,  évêque  de  Liège,  accorder  une  charte  de  liberté  à  Iluy,  dont  les 
habitants  avaient  abandonné  le  tiers,  puis  la  moitié  de  leur  avoir  mobi- 
lier pour  la  reconstruction  de  l'église  de  Notre-Dame  de  cette  ville  :  «  ad 
sumptus  ecclesiae  necessarios  »  ;  ce  qui  permit  de  la  rebâtir  :  «  a  fundamcntis 
usque  ad  laquearia,  a  laquearibus  et  ultra  >>  (A.  Wauters,  De  Vorigine  . . . 
des  libertés  communales  en  Belgique,  dans  le  Nord  de  la  France,  Pr., 
1869,  p.  2.)  Quant  aux  travaux  de  reconstruction  et  de  décoration  d'églises, 
accomplis  au  xii*  siècle  à  l'aide  de  ressources  recueillies  par  des  confréries 
religieuses,  nous  aurons  occasion  d'en  parler,  à  propos  d'un  extrait  de  la 
Chronique   de  Morigny  qui  se   rapporte   au   premier  quart  de  ce  siècle. 


I Après  1069]     DE  l'architecture  en  frange  201 

•cionis  adjuvent  ;  et  cooperient  eam    omni   tempore  illi    et 
ipsi  qui  post  eos  fuerint. 

Istam  vero  convencionem  feceruiit  Alboinus  decanus, 
et  Otgisus,  qui  de  ipso  loco  prepositus  est,  per  consensum 
■et  consilium  Hisemberti  archipresbiteri  et  Raimundi  Clari 
Oculi,  qui  de  ipso   Otgiso   in  fedum    habent 


LXIV 

Après  1069-1099. 

{Construction  du  château  de  la  Chaize-le-Vicomte,  en  Bas- 
Poitou,  par  V architecte  Ingelbert.  —  Construction  de 
V église  paroissiale  de  Saint-Jean-Baptiste  dudit  lieu  par 
le  chanoine  Jean,  grâce  aux  libéralités  dAinieri,'  vicomte 
de  Thouars. 


Original  '.  Archives   de  Maine-et-Loire,  sér.   H,  abb.  de  Saint-Florent  de 
Saumur,  Livre  blanc,  fol.  54  v°. 

(Cf.  Chroniq.  des  é(jl.  d'Anjou,  par  Marchcgay  et  Mabille,  Soc.  hist. 
de  Fr.,  1869,  p.  333.  —  Carlulaires  du  B;is-Poilou,  dép.  de  la  Vendée,  par 
Marchegay,    IS'ÎT,  p.  25.) 

[Carta  de  constructione  ecclesiae  (Asae  a  Johanne 
•CLEKicoj. — Scripsimus  ad  memoriam  posterorum  quod  Ai- 
mericus^,  [Toarcensium]  vicecomes,  incoans  aedificare  eas- 
trum  Casae^,ecclesiamejusdemloci  construendamomnesque 
res  ad  eam  pertinentes  cuidam  Johanni  clerico  commen- 
ta vit;  donec  scilicet  provideret  ipsecanonicos  aut  monachos 
quos  ibi  ad   serviendum  Deo  institueret... 

1.  Nous  re  iiercions  notre  confrère,  M.  Marc  Sache,  archiviste  de  Maine- 
■et-Loire,  d'avoir  bien  voulu  vérifier  les  sources  des  textes  ci-dessus. 

2.  Aimeri  IV,  vicomte  de  Thouars  no55-1093).  Voy.  Imbert,  Aot.  sur 
les  vicomtes  de  Thouars,  dans  les  Mem.  de  la  Soc.  des  antiq.  de  VOuest, 
t.  XXIX,  p.  3i3  et  s. 

3.  La  Chaize-le-Vicomte,  cant.  et  arr.  La  Roche-sur-Yon  (Vendée)  ; 
ancien  prieuré  bénédictin  fondé  en  1069. 


202  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire       [Vers  1070] 


Origf.  Arch.  de  Maine-et-Loire,  même  fonds. 

(Cf.  même  éd.,  par   Marchegay   et  Mabille,  p.  336  ;  voy.  aussi  Cartul. 
du  Bas-Poitou,  éd.  cil.,  p.  3-8). 

[Fragmentum  chromcae  phioratus  de  Casa  vicecomitis]. — 
Ipse  autem  vicecomes  coepit  diligenter  requirere  si 
aliquis  in  ipso  Castro  vel  in  toto  suo  territorio  existe ret, 
qui  hoc  donum  vel  concessionem  ab  ipso  Sancti  Martini 
nionachis  factam  aliquando  audisset  vel  vidisset.  Sed, 
cum  neque  hic  qui  saepefatum  castrum,  ipso  vicecomite 
jubente,  Ingelbertus  nomine,  aedificaverat,  neque  Johannes 
canonicusqui  praelibatam  Sancti  Johannis*  [de  Casa]  eccle- 
siam  ab  ipsis  fundamentis  construxerat...  aliquis  reperi- 
retur  qui  hoc  donum  Sancti  Martini  monachis  factum  ali- 
quando vel  audisset,   misit  .  .  .   nuntium  ad  abbatem    .... 


LXV 
Vers   1070,  1092  et  1103,7  août. 

Lettres  encycliques  de  Hostan  de  Fos,  archevêque  d'Aix, 
et  du  prévôt  de  Saint-Sauveur,  exhortant  les  fidèles  à 
donner  des  subsides  en  vue  de  la  construction  de  Véqlise 
cathédrale  sur  l'oratoire  du  Saint-Sauveur,  qui  était  beau- 
coup trop  exigu.  —  Charte  de  Pierre  Gaufridi,  son  suc- 
cesseur, constatant  la  construction  de  cette  cathédrale, 
grâce  au  zèle  et  aux  soins  dudit  prévôt.  —  Acte  de    con- 


1.  L'église  paroissiale  consacrée  à  saint  Jean-Baptiste  (qui  n'existe  plus) 
et  celle  du  prieuré,  ayantpourpatron  saint  Nicolas,  ne  furent  terminées  que 
sept  ans  après  la  mort  du  vicomte  Aimeri.  Suivant  Fonteneau,  celle-ci 
aurait  été  commencée  vers  1080.  On  lit  dans  une  charte   de  1095:    «    E^'o 

Herbcrtus,    Dei  gratia,    Toarcensinm    vicecomes    statui    quatinus 

ecclesiam  S.  NicholaideGasa,quampater  meus  [Aymericusjcœperataedifi- 
care,  sed  morte  preventus  non  potuil    consummare,  ego  perlicerem,  liono- 

rarem «La  date  de  leur  consécration  est  pour  la  première  le  mardi  6, 

et  pour  la  deuxième,  le  mercredi  7  déc.  1099  (voy.  Chron.  des  églises  d'An- 
jou, p.  339). 


[Vers  1070]       de  l'architecture  en  frange  203 

sécrafion  de  la  nouvelle  église,   mentionnant  son  empla- 
cement et  son  orientation. 


Albanès  (chan.),  Gallia  christiana  novissima,  t.  l,Instr.  n"  I,  col.  1  ;  Mont- 
béliard,  1895  (d'après  :  Bibl.  de  la  ville  de  Marseille,  ms.  1499,  fol.  616, 
copie  faite  sur  l'original'.) 


[Vers  1070J.  —  Rostagnus^,  Aquensis  archiepiscopus, 
et  Benedictus,  praepositus  ^  Sancti  Salvatoris,  cum  kano- 
nicis  ejusdem  loci,  omnibus  fidelibus  christianis,  gratiam  et 
pacem  et  benedictionem  a  Deo  pâtre,  et  Domino  nostro  Jesu 
Christo,  filio  ejus,  et  a  Spiritu  Sancto.  Scriptura  divina, 
fratres  karissimi,  vos  cotidie  ammonet,  dicens  :  «  Opera- 
mini  »,  dum  tempus  habetis,  «  non  cybum  qui  périt,  sed 

qui  permanet  in  vitam  aeternam '^  » Et  :  «(    Date  elemo- 

sinam,  et  ecce  omnia  mundasunt  Tobis"".  »... 

Ipse  autem  [sanctus  Maximinus  ^'],  Deo  perfecte  serviens, 
in  eadem  civitate  ecclesiam  in  [h]onorem  Sancti  Salvatoris  et 
Sancte  Resurrectionis  construxit,  altaria  propriis  manibus 
consecravit,  reliquias  de  sepulchro  Domini,  et  alias  nobis 
innotas  in  ecclesia  abscondit.  In   qua,  dum  vixit,  Salvatori 

serviens  cum  sancta  MariaMag-dalene ,  in  pace  quievit Nunc 

autem,  quia  tantum  est  parva  ecclesia  quod  vix  decem 
possit  capere  homines  ad  orandum,  nos  majorem"  incoe- 
pimus  construere   ecclesiam,  in  qua  vos  et    alii   venientes 


1.  Pour  une  édition  de  celte  charte,  publiée  antérieurement,  voy.  Alba- 
nès, op.  et  loc.  cit. 

2.  Rostan  de  Fos.  ou  encore  d'Hyèrcs  (car  la  maison  de  Fos  avait  la 
seigneurie  d'Hyères),  occupa  le  siège  archiépiscopal  de  1056  à  1082. 

3.  Le  prévôt  Benoît  ou  Bénezet,  en  vertu  de  sa  dignité  canoniale,  devait 
veiller  au  temporel  et  à  la  fabrique  de  l'église.  On  rencontre  aussi 
quelquefois  dans  les  monastères  un  praepositus  remplissant  la  même 
fonction  et  amené  à  s'occuper  du  soin  des  constructions  (^  Voy.  supr'a,  p.  21). 

4.  Joan.,  VI,  27. 

5.  Luc,  XI,  41.  —  Cf.  supra,  p.  179. 

6.  D'après  la  tradition  répandue  alors  en  Provence,  saint  Maximin,  l'un 
des  disciples  de  .lésus-Christ,  aurait  abordé  à  Marseille  et  serait  devenu 
évêque  d'Aix,  où  il  aurait  dédié  au  Sauveur  un  oratoire  devenu  célèbre. 

7.  Nous  avons  déjà  vu  que  l'expression  major  ecclesia  désigne  le  plus 
souvent  une  cathédrale. 


^04  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1092] 

spaciose  possitis  manere,  et  vigilias  vestras  Sancto  Salvatori 
licenter  reddere.  Sed  quia  quod  incoepimus  nullo  modo, 
sine  adjutorio  vestro,  perficere  possemus,  proamore  Sancti 
Salvatoris,  et  sancti  Maximini,  et  sanctae  Marie  Mag- 
dalene,  vos  rogamus  ut  unusquisque  vestrum  quantum 
poterit  tribuat,  quatenus  a  Deo  et  a  nobis  remissionem  pec- 
catorum  suorum  magna  m  recipiat,  et  partem  et  socielatem 
in  omnibus  bonis  que  lient  in  kanonica  Sancti  Salvatoris 
habeat  ;  et  pro  uno  quod  dederitis,  in  diejudicii  centuplum 
a  Domino  recipietis,  et  insuper  vitam  aeternam  dabit  Sal- 
vator  mundi,  Jésus  Christus  Dominus  noster,  qui  vivit  et 
régnât  cum  Pâtre  et  Spiritu  Sancto  in  sempiterna  saecula 
saeculorum. 


Albanès  (chan.),  op.  cit.,    t.    1,  Instr.    n°  II,  col.  3   (d'après  :  Arch.  des 
Bouches-du-Rhône,    fonds   de    Saint-Sauveur  d'Aix.   Orig.    et  vid.   de 
1325). 
(Cf.  GaUiachristiana,i.  I,  1716,  Instr.  n"  VIII,  p.  65,  col.  2*.) 

[1092].  —  Petrus*^,  Aquensis  archiepiscopus,  omnibus 
ecclesie  fîliis  salutem  a  Domino.  Ad  noticiam  cunctorum 
fîdelium  pervenire  volumus,  sedem  Aquensis  ecclesie  in 
honore  S.  Marie  consecratam,  cum  oratorio  S.  Salvatoris 
nostri  Domini,  et  baptisterio  ^  b.  Johannis,  destructione 
gentilium  cum  eadem  Aquensi  civitate  per  multa  curricula 
annorum  in  solitudinem  permansisse.  Miseratione  autem 
divinaa  quibusdam  religiosis  idemlocus,  ob  amorem  et  reve- 
rentiam  illius  venerabilis  oratorii  videlicet  Salvatoris  nostri. 


1.  L'impression  de  ce  texte  dans  la  Gallia  christiana  de  1716  (t.  I"'), 
laisse  beaucoup  à  désirer. 

2.  Pierre  II,  archevêque  d'Aix  (vers  10S2-vcrs  1101).  —  La  nef  méridio- 
nale de  la  cathédrale  daterait  donc  de  1092  à  1103  environ  (Cf.  Enlart,  Man 
d'archéol.  fr.,  t.  I,  p.  419).  Voy.  toutefois  infra  la  note  que  nous  joignons 
à  notre  extrait  relatif  à  la  consécration  de  la  cathédrale. 

3.  Les  mentions  de  baptistère  sont  rares  dans  les  documents  de  l'époque 
romane.  —  Cf.  supra,  p.  82  (Saint-Martial  de  Limoges).  —  «  Le  baptistère  de 
Saint-Sauveur  avait  subi  des  remaniements  sans  doute  bien  auparavant. 
Ses  parties  primitives  sont  faites  de  matériaux  antiques  remployés.  » 
(H.  Gibert,  Invent.  gén.  des  richesses  d'art  de  la  France,  t.  III,  1901,  p.  171 
«t  suiv.) 


[1103]  DE   l'architecture    en    FRANCE  205 

cepit  habitari.  Inter  quos  precipue  emicuit  Benedictus 
praepositus,  prudentia  laudabilis  ac  bonitate  conspicuus, 
qui  eumdem  locum,  Deo  propicio,  cum  clero  ibidem  Domino 
secum  famulante,  edificiis,  ornamentis...  ditavit  et  auxit. 
Qui  nostram  presentiam  adiens,  ut  eideni  ecclesie  ^  aliquid 
beneficii  ad  restaurationem  lociconcederemus,  su[p]plex  ex- 
postulavit.  Quodsatislibenterannuentes,  coiicedimussupra- 
dicte  ecclesie anno  Incarnationis  MLXXXXII 


Albanés  (chan.),  op.  cit.,  t.  I,  Instr.  n"  IV,  col.  6  (d'après  :  Bibl.  Méjanes  à 
Aix,  ms.  7,  fol.  3). 
(Cf.  Gallia  christ.,  l.  I,  1715,  Instr.  n"  XI,  p.  66,  col.  2.  ) 


[1103].  — Anno  Domini  nostri  Jesu  Christi  millesimo 
G°  111°,  domnus  Petrus^,  Aquensis  archiepiscopus,  con- 
g^regatis  quibusdam  comprovincialibus  episcopis,  apud 
Aquis,  videlicet,  domno  Gibilino,  Arelatensi  archiépiscopo, 
etPetro,  Cavellicensi  episcopo,  et  Berengario,  Forojuliensi 
episcopo,  et  Augerio,  Regensi  episcopo,  una  cum  consilio 
clericorum  suorum,  videlicet  Fulconis  prepositi,  et  Hugonis 
archidiaconi,  et  Bermundi  sacriste,  et  archipresbiterorum 
Gaufredi  et  Pétri,  et  chanonicorum  Norberti,  Pétri,  Hugo- 
nis,  Willlelmi,  Giraldi  et  aliorum, quorum  nomina,  timendo 
moras,    non    enumeramus,    statuit  consecrare  ^  aecclesiam 


1.  Sur  l'église  du  Saint-Sauveur  d'Aix,  voy.  :  Congr.  archéol.  de  France, 
(1855-56),  p.  406  ;  Mille  (abbé).  La  sainte  église  d'Aix  et  Arles,  Aix, 
1883  ;  Revoil,  Archit.  romane  du  Midi  de  la  France,  t.  I.  Ap- 
pend.,  p  3  et  pi.  I,  t.  III,  p.  11  et  pi.  XXIII.  Pour  les  dates  comparées 
d'autres  édifices  romans  de  la  Provence  et  du  Languedoc,  dont  Revoil  avait 
trop  reculé  l'époque  de  construction,  voy.  les  savantes  Eludes  d'hist.  et 
d'archéol.  romane  de  notre  confrère  L.-II.  Labande,  t.  I  (1902),  p.  18, 
n'  1.  —  Sur  le  cloître  de  Saint-Sauveur,  voy.  Revoil,  op.  cit.,  t.  II,  p.  5 
(fig.)etpl.  IV  à  VII. 

2.  Pierre  III,  archevêque  d'Aix  (1101-1112).  Ce  prélat  consacra  en  1110, 
dans  la  nouvelle  cathédrale,  un  autel  en  l'honneurde  la  Sainte  Résurrection 
(Albanés,  op.  et  t.  cit.,  Instr.,  col.  7). 

3.  Nous  savons  par  bien  des  exemples  que  la  consécration  d'une  église 
n'a  pas  habituellement  coïncide  avec  la  lin  des  travaux.  Il  n'est  pas  démon- 
tré que  le  portail  actuel  de  l'église  de  Saint-Sauveur  d'Aix  ait  été  terminé 
lorsque  la  dédicace  eut  lieu  en  1103.  Voy.  L.-H.  Labande,  compte  rendu 
de    R.  Bernoulli,    Die  romanische    Portalarchitektur    in  der  Provence, 


206  TEXTKS    RELATIFS    A    l'hISïOIRE  [1070-1184] 

Domini  Salvatoris,  noviter  fundalam  inter  duas  aecclesias, 
videlicet,  versus  septemtrionem  aecclesiam  Dei  Genitricis 
sitam,  versus  meridiem  vero  aecclesiam  beati  Johannis  Bab- 
tiste  positam,  oratorio  quoque  ejusdem  Domini  nostri  Sal- 
vatoris versus  orientem'  constructo.  Hanc  denique  conse- 
crationem  domnus  Petrus  archiepiscopus,  tantorum  reli- 
giosorum  virorum  quorum  superius  nomina  enumeravimus 
auctoritate  munirivo]uit,quatenusa  venerabilibus  viris  con- 
secrata,  in  posterum  per  infinitum  venerabilius  veneraretur. 
Sed  quoniam  earumdem  aecclesiarum  quas  superius  exaravi- 
mus  beatus  Maximinus  et  beata  Maria  Magdalena  primi  fun- 
datores  extiterunt,  in  eadem  aecclesia  Salvatoris  a  supra- 
dictis  religiosissimis  viris  in  honore  beati  Maximini  et 
beatae  Mariae  Magdalenae  altare  dedicatum  est.  Gujus 
consecrationis  diem  in  hac  presenti  pagina  describimus, 
videlicet  VII  idus  augusti,  quatenus  futuris  temporibus, 
absque  ulla  dubitatione,  in  aecclesia  illa  dies  ista  caelebris 
annuatini  celebretur. 

LXVI 

1070-1184. 

Historiquect  description  des  travaux  accomplis  à  lacathédrale 
de  Cantorbéry  sous  V archiépiscopal  de  Lanfranc  [1010- 
1089),  et  de  son  successeur  Anselme  de  Cantorbéry 
[1093-1109).  —  Récit  de  la  reconstruction  de  ladite 
cathédrale  exécutée  par  les  architectes  Guillaume  de 
Sens  [1175-1178)  et  Guillaume  l'Anglais  [1179-1184). 

Chronica  Gervasii"  pars  prima,  dans  :    Hislorical  works  of    Gervase  of 

Strasbourg,  1906,  thèse  de  l'Univ.  de  Berne,  dans  les  Annales  du  Midi, 
1908,  p.  89.  Les  dates  données  par  H.  Bcrnoulli  (p.  29)  pour  le  premier  et 
le  second  de  nos  susdits  extraits  sont  inexactes  et  doivent  être  rectifiées. 
Sur  les  dates  de  consécration  d'un  certain  nombre  d'églises  cathédrales  et 
abbatiales  ,de  la  l'iovence  et  du  Bas  Languedoc,  au  xi*  siècle,  voy. 
Labande,  Eludes  d'fiist.  et  d'archéol.  romane,  t.  et  p.  cit. 

1.  L'église  du  Saint-Sauveur  est,  en  elTet,   orientée,  c'est-à-dire  que  son 
grand  axe  est  disposé  E.-O. 

2.  Sur  le  moine  Gervais  et  la  valeur  de  sa  chronique,  voy.  Stubbs,    op. 
cit.,  Préf.,  t.  1,  p.  XI  et  suiv. 


[1070-1184]       DE  l'architecture  en  france  207 

Canlerhury,   éd.    W.  Stubbs,  Jierum  britannicarum    medii  aevi  scrip. 
tores,  n"  73,  t.  I  (1879),  p.  3  et  suiv. 
iCA'.  Twisdcn, Historise  Anglicanse  scriptores,l.  1, 1652, col.  1289 et  suiv.) 


INCIPIT  TRACTA1US  DE  COMBUSTIONE  ET  REPARATIONE  CANTUA- 
RIENSIS    ECCLESIAE*. 

1.  Anno  gratiae  Verbi  Dei  M«  C"  LXX<>  IIII»,  justo  sed 
occulto  Dci  judicio,  combusta  est  ecclesia  Christi  Cantua- 
riae,  chorus  scilicet  ille  ^loriosus,  industria  et  sollicitudine 
Conradi  prioris  mog-nifîce'^  consummatus,  anno  dedicationis 
sua'  XL"  IIII".  Modus  autem  combustionis  et  reparationis 
hic  ernt. 

Anno  igitur  gratiœ  Verbi  Dei  M°  C  LXX"  1111°,  nonis 
septenibris,  hora  quasi  nona,  austro  fere  ultra  huma- 
nam  œstimationem  furente,  accensus  est  ignis  ante  portam 
ecclesiœ  extra  muros  atrii,  quo  très  domunculae  semiustas 
sunt.  (^uo  cum  cives  concurrerent  et  pra?dictum  incen- 
dium  dissiparent,  carbones  et  scintillae,  vento  rapidis- 
sinio    in    altum   delatae,    super    ecclesiam   depositœ    sunt, 

1.  La  principale  monographie  à  consulter  sur  la  cathédrale  de  Cantor- 
béry  est  celle  de  R.  Willis 'avec  une  traduction  de  la  chronique  de  Ger- 
vais  :  The  un  hilectural  hislory  of  Canlerbury  calhedral,  18i5  (nombr, 
fig.  ^  l'v.  aussi  Gleeson  While,  The  c.dhedral  church  of  Canlerbury 
dexcriplion  ofils  l'abrics,hislory  of  archiépiscopal  see,  1896  (avec  <îg.).  La 
moiioj;iap!iie  de  Willis  contient  des  plans  et  coupes  distinguant  les 
épofjues  ;  voy.  notamment,  p.  IX,  p.  82  à  93,  p.  136-137.  —  Consulter  aussi 
Vioii.t-le-Duc-,  Dict.  de    l'arch   fr.,  t.  I,  p.  91,  fig.  S^",l.  Il,  p.  186,  fig.  3, 

E.  308,  rhœur  circulaire,  et  p  350.  Plan  de  la  chapelle  (abside)  de  Cantor- 
éiy,  dite  couronne  de  Beckel,  t.  IV,  p.  460  crypte);  —  Dehio  etBezold,  Die 
kirchliche  Bauliiinsl  des  Abendlandes,  hislorisch  und  syslematiseh  dar- 
gestelll,  1881  l'I  an.suiv.,  liv.  III,  pi.  42  i;  pour  la  représentation  du  chœur, 
ibid.,  liv.  m,  pi.  378  et  439  ;  cf.  aussi  liv.  II,  ch.  16,  pi.  316,  liv.  II,  ch.  4, 
pi.  80;  cf.  enfin,  la  pi.  312  (liv.  II,  ch.  16,:  —  Enlart,  Man.  d'archéol.  fr., 
t.  I,  p.  78,  253,  316,392,  393,  552.  706.  Ra)  pelons  enfin  qu'un  ancien  plan  de 
l'église  et  du  prieuré  de  Canlorl  éry  a  été  reproduit  par  A.  Lenoir,  dans  son 
Archilccturem<inaslique,  Impart.,  p.28  ISS'i):  «  Ecclesiaecathedralisetprio- 
ratus  Hcncdictorum  Lantuai-iae  faciès  borealis  ab  Eadwino  monacho  inter 
annos  MCXX.X  et  MCLXXIV  delineata  »  (  cf.  Vetusla  monumenla,  éd. 
Soc.  ujiliquar.  Lond.,  1745    \ol.  II,  pi.  15). 

2.  D'autres  églises  romanes  d'Angleteire  jouissaient  d'une  réputation 
méritée  dès  le  premier  tiers  du  xii"  siècle.  Il  résulte  du  témoignage  de 
Guillaume  de  Malmesbury  qu'un  certain  genre  d'appareil  de  construction 
romane  à  joints  lins  se  faisait  remarquer  dans  la  somptueuse  cathédrale 
de  Salisbury  et  dans  d'autres  construition-  de  cette  ville  et  de  celle  de 
Malmesbury,  élevées  par  les  soins  de  re\è(jue  Roger  (1107-1139).  Nous 
ferons  connaître,  à  leur  place  chronologique,  les  textes  qui  concernent 
ces  monuments. 


208  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIKE  [1070-1184] 

et,  vi  furentis  venti  per  juncturas  plumbi  intrusae,  in 
tabulis  ligneis  semiputridis  resederunt.  Sicque  paulatim 
calore  cresceiite,  asseres  putridi  accenduntur.  Deinde 
ti(n)g'ni  grossiores  cum  ligaturis  suis,  nemine  vidente  vel 
curam  agente,  succenduntur^  Cselum  inferius  egregie 
depictum,  superius  vero  tabulœ  plumbeœ,  ignem  interius 
accensum  celaverunt.  Diripiuntur  intérim  domunculœ  très, 
unde  furor  iste  ascenderat,  et  jam  tumultu  populi  sedato, 
ad  sua  quique  redierunt.  Sola  Christi  ecclesia,  nemine 
adhuc  sciente,  quasi  intestine  premebatur  incendio.  Tignis 
etenim  et  tignorum  ligaturis  ardentibus,  flammaque  usque 
in  summa  tecti  fastigia  elata,  tabulœ  plumbeaî  tanto  calori 
ulterius  resistere  non  valentes,  paulatim  liquesc^re  cœ- 
perunt.  Ventus  igitur  furens,  aditu  liberiori  reperto,  flam- 
mas  interiores  in  immensum  furere  coegit.  Et  ecce,  subito 
flammis  paulisper  apparentibus,  clamatum  est  a  plerisque 
in  atrio  ecclesiœ  :  u  Vae,  vœ,  ecclesia  ardet.  »  Accurrunt 
plurimi  laici  cum  monachis,  aquas  hauriunt,  secures 
vibrant,  gradus  ascendunt,  ecclesiœ  Christi  jam  jamque 
periturae  succurrere  cupientes.  Pervenerunt  igitur  ad  sarta 
tecta-,  et  ecce  teter  fumus  et  atrox  flamma  repleverant 
omnia.  Desperati  igitur  qui  concurrerant,  suae  saluti 
provldentes,  redierunt.  Et  ecce  juncturis  tignorum  et  pes- 
sulis  igné  dissolutis,  ligna  semiusta  in  chorum  deorsum 
super  monachorum  sedilia  corruerunt.  Sedilia  igitur  niulta 
lignorum  mole  compacta  succenduntur,  et  sic  undique 
mala  multiplicata  sunt.  Erat  in  hoc  incendio  mirabile,^ 
immo  miserabile,  videre  spectaculum.  Chorus  namque  ille 
gloriosus  igné  consumptus  se  pejus  consumebat.  Flamma& 

t.  Dajis  ses  Fragm.  dun  cours  d'archéol.  {Mél.,  p.  435),  J.  Quichcrat 
parle  des  premières  églises  romanes  bâties  ou  rebâties  au  xi'  siècle 
«  que  l'histoire  atteste  avoir  été  la  proie  des  flammes,  évidemment  par  le 
fait  de  leur  couverture  en  charpente.  De  ce  nombre  sont  les  cathédrales  de 
Bayeux,  du  Mans,  de  Chartres,  de  Cambrai,  les  abbatiales  du  Mont-b^ai  nt- 
Michel,  de  Saint-Martin  de  Tours,  de  Saint-Vaast  d'Arras,  de  Saint- 
Riquier,  de  Corbie,  etc.  »  [Voir,  ajoute  M.  R.  de  Lasteyrie  {ibid.,  p.  436), 
dans  la  Reiue  archéologique,  t.  XVI,  p.  684,  la  longue  liste  dressée  par 
ChampoUion-Figeac  des  incendies  d'églises  dont  les  textes  du  xii'  siècle 
ont  fait  mention.] 

2.  Sur  cette  expression,  voy.  supra,  p.  44,  n.  3. 


[1070-1184]       DE  l'architecture  en  frange  209 

enim,  ex  tanta  lignorum  congerie  multiplicatœ,  usque  in 
cubitos  quindecim  in  altum  porrecta.%  parietes  et  maxime 
colum(p)nas  ecclesiœ  cremaverunt,  Accurrunt  plurimi  ad 
ornamenta  ecclesiae,  pallia  et  coitinas  deiciunt,  alii  ut 
rapiant,  alii  ut  eripiant.  Scrinia  reliquiarum,  de  sublimi 
trabe  deorsum  in  pavimentum  dejecta,  confracta  sunt,  et 
reliquiœ  dispersée.  Veru[m]tamen,  neab  igné  consumerentur, 
a  fratribus  coUectœ  et  repositœ  sunt.  Fuerunt  autem 
quidam  iniqua  et  diabolica  cupiditate  succensi,  qui  res 
ecclesiœ,  igni  quidem  subtraxerunt,  sed  absportare  non 
timuerunt.  Hoc  itaque  modo  domus  Dei,  hactenus  ut  para- 
disus  deliciarum  delectabilis,  jam  tune  in  incendii  cinere 
jacebat  despicabilis,  et,  quasi  in  solitudinem  redacta,  tem- 
pestatum  aeriarum  patebat  injuriis.  Mirantur  populi  tan- 
tam  Dei  patientiam,  et,  prae  dolore  et  angustia  quodam- 
modo  furentes,  capillos  trahnnt,  cervicibus  et  palmis 
parietes  et  pavimentum  ecclesiae  tundunt,  enormia  quaedam 
maledicta  in  Deum  et  sanctos  ejus,  patronos  scilicet 
ecclesiœ,  jaculantur.  Fuerunt  etiam  tam  laici  quam 
monachi  qui  se  mallent  morte  carnis  decedere,  quam  sic 
ecclesiam  Dei  miserabiliter  deperire.  Non  enim  solum- 
modo  chorus  hoc  incendie  consumptus  est,  verum  etiam 
domus  infirmorum,  cum  capella  Sanctœ  Mariae  et  aliis 
quibusdam  curiae  officinis.  Ornamenta  quoque  ecclesiae 
quamplurima  et  bona  in  cinerem  redacta  sunt. 

2.  Quis,  putas,  dolor  corda  fîliorum  ecclesiœ  in  tanta 
tribula-tione  contrivit  !  Non  puto  aerumpnas  Cantuariae 
minus  esse  flebiles  quam  Jerosolimae,  sub  fletu  et  planctu 
Jeremise,  Non  puto  aliquem  posse  dolores  et  angustias 
fîliorum  ecclesiae  quantae  fuerint  mente  concipere,  nedum 
verbis  edicere  vel  scriptis  edocere.  Verum,  ut  miserias 
suas  aliquantula  consolatione  relevarent,  in  aula  ecclesiae 
altare  et  stationem  sibi  qualemcunque  composuerunt, 
ubi  horas  diurnas  et  nocturnas  ejularent  potius  quam 
cantarent.  Quoniam  vero  patroni  ecclesia?,  sanctus  videlicet 
Dunstanus  et  sanctus  ^Ifegus  in  solitudine  illa  reman- 
serant,   ne    pluviarum    et   tempestatum    vel    ad    modicum 

14 


210  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1070-1184] 

paterent  injuriis,cum  doloreet  angustia  incredibili  flentes  et 
lugentes,  tumbas  sanctorum  aperuerunt,  et  ipsos  cum  sar- 
cofagis  suis  de  choro  extraxerunt,  cum  summa  tamen 
difficultate  et  labore,  ac  si  sancti  reniterentur  ;  posuerunt 
itaque  illos  in  navi,  ad  altare  sanctœ  Grucis,  quam  decen- 
tius  potuerunt.  Sic  ergo  fîlii  Israël,  occulto  quidem  sed 
justo  Dei  judicio,  de  terra  promissionis,  immo  de  paradiso 
deliciarum  ejecti,  ut  esset  sicut  populus  sic  sacerdos,  et  ut 
lapides  sanctuarii  in  angulis  platearum  sternerentur,  per 
quinquennium  in  aula  ecclesiœ,  muro  parvulo  a  populo 
segregati,  in  lacrimis  et  luctu  permanserunt. 

Quferunt  intérim  fratres^  consilium  quo  modo  vel  qua 
ratione  ecclesia  combusta  posset  reparari,  sed  non  inve- 
niunt.  Colum(p)n{e  enim  ecclesiîp,  quœ  \u\go pilarii  dicun- 
tur,  nimio  ignis  fervore,  debilitate  frustatim  decidentes  et 
vix  consistere  valentes,  omnibus  etiam  sapientioribus 
consilium  verum  et  utile  subtraxerunt.  Convocati  ~  sunt 
igitur  artifices  Franci  et  Angli  ;  sed  et  ipsi  in  dando  con- 
silio  dissenserunt.  Alii  namque  prœdictas  colum(p)nas  sine 
dam(p)nooperissuperioris  reparare  promiserunt.  Sed  horum 
rationibus  alii  contradicentes,  totam  ecclesiam  diruere 
oportere  dixerunt,  si  quidem  monachi  securi  vellent  exis- 
tere.  Quod  verbum,  et  si  verum  fuerit,  eos  tamen  cru- 
ciavit.  Nec  mirum.  Non  enim  sperare  potuerunt  monachi 
opus  tam  magnum  temporibus  suis  aliquo  humano  ingenio 

1.  Il  s'agit  ici  principalement  de  ceux  qui  avaient  l'administration  de  k 
fabrique  de  la  cathédrale,  autrement  dit  de  l'Œuvre,  au  point  de  vue  des 
ressources  et  de  l'entretien  de  l'église  cathédrale. 

2.  C'est  lun  des  plus  anciens  exemples  que  nous  connaissions  au  moyen 
âge  d'une  consultation  d'architectes  appelés  de  loin  par  la  Fabrique  d'une 
cathédrale  pour  visiter  un  monument  religieux  et  se  prononcer  sur  des 
rcparationsurgentes.L'und'cux,  Guillaume,  devait  avoir  déjà  fait  ses  preuves 
à  Sens,  où  il  venait  d'édifier,  selon  la  plus  grande  vraisemblance,  la  cathé- 
drale. Il  nous  paraît  nécessaire  de  mentionner  ici.  au  sujet  du  choi.x  decet 
artiste,  les  rapports  suivis  qui  avaient  eu  lieu  entre  l'Eglise  et  l'arche- 
vêque de  Cantorbéry,  Thomas  Becket,  et  sa  suite,  d'une  part,  et  l'arche- 
vêque et  le  Chapitre  de  Sens,  d'autre  part.  L'archevêque  de  Sens. 
Guillaume  de  Champagne  (1168-1176),  et  Becket  s'étaient  trouvés  ensemble 
en  1169  et  1170,  et  ce  dernier,  de  retour  dans  sa  métropole  (1170),  où  il 
devait  recevoir  le  martyre  cette  année  même,  avait  dû  avoir  l'occasio'n 
de  signaler  au  Chapitre  de  sa  cathédrale  l'œuvre  architecturale  qui  se 
poursuivait  à  Sens.  Très  peu  de  temps  après  (1174),  on  entreprenait  déjà 
à  Cantorbéry  la  reconstruction    de   l'antique  cathédrale  de  cette  ville. 


[1070-1  18ij  DK    L'ARCHIThcrURK    EN    FRANCE  211 

posse  consummari.  Advenerat  autem  inter  alios  artifices 
quidam  Senonensis',  Willelmus  nomine,  vir  admodum 
strenuus,  in  lipfiio  et  lapide  artifex  subtilissimus.  Hune, 
caeteris  oniissis,  propter  vivacitatem  ingenii  et  bonam 
famam,  in  opus  susceperunt.  Huic  et  providentiœ  Dei  opus 
perficiendum  commissum  est.  Hic,  cum  monachis  per 
plurimos  degens  dies,  mûri  adusti  superiora  et  inferiora,  inte- 
riora  et  exteriora  sollicite  conspiciens,  quid  esset  facturus 
aliquandiu  conticuit,  ne  eos  pusillanimes  effectos  acrius 
trucidaret.  Nec  tamen  ea  quje  operi  erant  necessaria,  seu 
per  se,  seu  per  alios,  pra^parare  cessavit.  Cum  autem  mona- 
chos  aliquantulum  consolatos  videret,  confessus  est  pilarios 
igné  lœsos  et  omnia  superposita  oportere  dirui,  si  opus 
tutum  et  incomparabile  monaohi  vellent  habere,  Consense- 
runt  tandem,  ratione  convicti,  opus  quod  promiserat,  et 
maxime  securitatem  habere  cupientes.  Ghorum  itaque 
combustum  diruere  consenserunt  patienter,  etsi  non 
libenter.  In  adquirendis  igitur  lapidibus  transmarinis  - 
opéra  data  est.  Ad  naves  onerandas  et  exonerandas,  ad 
cementum    et    ad    lapides    trahendos    tornamenta  •*    fecit 

1.  La  catliôdrale  de  Sens,   modèle  à  bien   des   éf?ards  de  celle  de    Can- 
torbéry,  offre  un  heureux  mélange  du  style  bourj^uif^non,  dont   on  voit  un; 
bel  exemple  à  Lanjjres,  et  du  style  de  lIle-de-France.   tel  quil  est  repré- 
senté à  Noyon  ;  l'influence  bourguignonne   sy  fait  notamment  sentir  par 
les   caractères   suivants  :  sanituaire     entouré    d'un   collatéral  ;   une    seule 
chapelle  disposée  dans  l'axe  ;  arcs  ogives  des  voûtes    des  bas-côtés  repo- 
sant sur  des  culs-de-lampe  ménagés  au-dessus  des  chapiteaux  (Voy.   Viol- 
let-le-Duc,    Dicl.    de   l'arch.,   fr.,    t.  II,    Cathédrale,    p.    3i8-349).    Mais 
«    autour  du   sanctuaire,   ce    n'est    plus   comme   à    Langres,   ime    simple 
rangée  de  colonnes  qui  porte  les  parties  supérieures,    mais   des  colonne» 
accouplées  suivant  les  rayons  de  la  courbe,  et  des  piles  formées  de   fais-  , 
ceaux    de  colonnettes.    Ce  système   de    colonnes    accouplées    entre   des 
piles  plus  fortes  se  reproduit  dans  toute  l'œuvre  intérieure   de    la  cathé-^ 
drale  de  Sens,  et  s'adapte  parfaitement  à  la  combinaison  des  voûtes  dont 
les  diagonales  ou  arcs  ogives  comprennent  deux  travées  ;  c'est   une    dis-, 
position  analogue  à  celle  de  la  nef  de  la  cathédrale  de  Noyon,   et  qui   fut 
généralement    adoptée  dans  les   églises    de    l'Ile-de-France    de    la  lin  d«  , 
xii"  siècle.  »  {Ibid.,  p.  349).  Le  genre  de  construction  et  de  décoration    de 
la  cathédrale   de  Sens   fut   importé  et  amplifié   à  Cantorbéry  par  Guil- , 
laume  de  Sens. 

2.  Pour  la  pierre  employée   dans   le  nouvel  édifice  c'est  en  Normandie 
qu'on  alla  s'approvisionner    (Voy.    VVillis,    op.  cit.). 

3.  Par  le  mot  lornamentuni,  il  faut  entendre  une  machine  à  charger  et 
à  décharger  les   bateaux,  à    soulever  des    matériaux    de    blocage    et   des, 
quartiers  de  pierre  considérables,  en  d'autres  termes,  des   d/.s  à  lever    des 
fardeaux,  c'est-à-dire  «  un  des  plus  fors  engiens  ki  soit  por  fais  lever  »,sut-. 


212  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIKE  [^1070-1184] 

valde  ingeniose.  Formas^  quoque  ad  lapides  formandos  his 
qui  convenerant  sculptoribus  tradidit,  et  alia  in  hune 
modum  sollicite  praeparavit.  Chorus  igitur  destructioni 
adjudicatus  diruitur,  et  praeter  haec,  toto  anno  illo  ni(c)hil 
factum  est, 

Quoniam  vero  novum  opus  in  alium  statum  mutatum 
est,  non  inutile  duxi  statum  describei  e  vetustatis,  et  deinde 
novitatis.  Aedmerus,  venerabilis  cantor,  in  opusculis  suis 
veterem  ecclesiam  ex  more  Romanorum  ^  factam  des- 
cribit,  quam  Lamfrancus  archiepiscopus,  cum  archiepis- 
copatum  susciperet,  combustam  inveniens,  funditus 
evertit.  Ecclesiam  Christi  tertio  combustam  ^  esse  le^imus  : 

vant  l'expression  de  Villardde  Honnecourt  (voy.  fig.  de  ï Album,  f"  22,  v"). 
«  Cette  machine,  en  effet,  très  puissante,  dit  J.  Quicherat(iWe/.,  p.  249),  était 
peu  commode  à  cause  de  la  lenteur  de  son  action  ».  Le  principe  s'en  con- 
serva jusqu'aux  temps  modernes.  (La  fig.  38  du  Théâtre  mécanique  de  J. 
Hesson,  Forma  novae  machinae  ad  exonerandas quasvis  naves,  est  une  très 
légère  modification  de  celle  de  ÏAlbum.) 

1.  Ce  passage  nous  paraît  très  important.  Il  montre  quel  soin  les  archi- 
tectes delà  seconde  moitié  du  xii^  siècle,  qui  ont  rebâti  de  grandes  cathé- 
drales, prenaient  déjà  de  la  coupe  des  pierres,  d'après  des  modèles  pré- 
parcs par  eux  à  l'avance  et  ayant  reçu  les  perfectionnements  indiqués 
par  l'expérience.  Il  est  indispensable  de  se  référer  ici  à  ce  queJ.  Quicherat 
a  exposé  dans  sa  Notice  sur  V Album  de  Villard  de  Honnecourt,  §  III,  sur 
la  coupe  des  pierres  et  la  maçonnerie  {Mélanges,  p.  259  et  suiv.).  Il  aurait 
pu  citer  aussi  ce  passage  du  chroniqueur  anglais  à  l'appui  de  ses  explications 
qui  s'appliquent,  à  n'en  pas  douter,  aux  premiers  constructeurs  gothiques. 
Guillaume  de  Sens  devait  avoir  avec  lui,  outre  des  plans  de  construc- 
tion d'églises,  des  tracés  figurés  sur  parchemin,  des  dessins  d'épurés  — 
qu'on  en  juge  par  comparaison  avec  l'Album  de  Villard  de  Honnecourt, 
—  pour  servir  de  patrons  (ce  qu'on  appelle  panneaux)  donnant  les 
formes  propres  aux  diverses  faces  des  voussoirs.  A  l'aide  de  ces  formes 
(forma,  fourme,  ou  encore  m.olle),  on  découpait  avec  ses  profils  et  reliefs 
un  claveau,  par  exemple,  comme  modèle  des  autres  claveaux  de  même 
genre  (ad  lapides  formandos).  Le  bois  était  employé  pour  ces  formes,  et 
il  était  apte  à  recevoir  le  relief  désirable.  L'art  de  tracer  des  panneaux, 
ce  qu'on  nomme  le  trait,  si  caractéristique  chez  les  constructeurs 
gothiques,  dut  déjà  frapper  tout  particulièrement  la  Fabrique  et  le  Cha- 
pitre de  Cantorbcry,  dans  les  propositions  que  fit  Guillaume  de  Sens  qui 
était  un  architecte  très  expert  dans  l'art  de  la  charpenterie  et  de  la  maçon- 
nerie :  «  in  ligno  et  lapide artifex  snbtilissimus.  »  —  Sur  la  taille  et  le  trait 
(Voy.  Viollet-le-Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr.,  l.  IX,  p.  1  et  suiv.  et  p.  197 
et  s.). 

2.  Remarquons  cette  expression  employée  encore  plus  loin  pour 
désigner  un  genre  d'architecture  dérivé  effectivement  de  celui  des  Romains; 
cf.  celle  de  la  Chronique  de  Lorsch,  pour  désigner  un  édifice  carolingien 
imité  de  l'antique  :  «  more  antiquorum  et  imitatione  veterum  »  [Chroni- 
con  Laurishamense,  Struve,  I,  X2). 

3.  Ces  événements  se  rapportent  à  Tannée  1011  et  à  l'archiépiscopat 
d'Elphège  ou  Elfège  (voy.  Willis.  op  cit..  p.  7).  Cet  auteur  fait  observer, 
par  le  rapprochement  d'autres  textes,  que  l'église  ne  fut  pas  brûlée  et 
détruite  dans  ces  circonstances,  mais  profanée  et  dépouillée  {ibid.,  p.  8). 


[1070-1184]       DE  l'architecture  en  France  213 

primo,  quando  beatus  martyr  vElfegus  a  Danis  captus 
est  et  martyrio  coronatus  :  secundo,  cum  Lamfrancus, 
Cadomensis  abbas,  archiepiscopatum  Cantuariensis  ecclesiai 
suscepit  regendum  ^  :  tertio  vero,  tempore  Ricardi  ~  archie- 
piscopi  et  Odonis  prioris.  Hanc  ultimam  quidem  non 
legimus.  sed  quod  miserabilius  est,    oeulis  perspeximus. 

3.  Primo  igitur  opus  Lamfranci,  a  majore  turre  inci- 
piens,  summatim  describam  -^  non  quia  tota  ipsius  ecclesia 
destructa  sit,  sed  quia  aliqua  pars  ipsius  in  alium  statum 
muta  ta.  Turris  ergo  in  medio  ecclesias,  maximis  subnixa 
pilariis,  posita  est,  sicut  in  medio  circumferenti;e  centrum. 
Haec  habebat  in  pinna  sua  chérubin  deauratum.  Ab  hac 
versus  occidentem  navis  ^  vel  aula  est  ecclesiœ,  subnixa 
utrinque  pilariis  octo  ;  hanc  navem  vel  aulam  finiunt  duae 
turres  sublimes  cum  pinnaculis  deauratis.  In  medio  hujus 
ecclesiœ  corona  dependet  deaurata.  Pulpitum  vero  turre  m 
praedictam  a  navi  quodammodo  separabat,  et  ex  parte 
navis,  in  medio  sui,  altare  sanctœ  Grucis  habebat.  Supra 
pulpitum  trabes  erat,  per  transversum  ecclesiœ  posita, 
quae  crucem  -^  grandem  et  duo  chérubin  et  imagines  Sanctœ 
Mariae  et  sancti  Johannis  apostoli  sustentabat.  In  ala 
septentrionali  oratorium  et  altare    erat  Sanctai    Maria?.    In 


1.  Lanfranc,  archevêque  de  Cantorbéry  de  1070  à  1089,  avait  été  abbé 
du  monastère  de  Saint-Etienne  de  Caen,  dont  l'église  venait  d'être  rebâtie 
pendant  son  administration  (voy.  Willis,  op.  cit.,  p.  64  et  s.).  Cf.  le 
parallèle  que  cet  auteur  fait  entre  l'église  de  Saint-Etienne  de  Caen  et  celle 
de  Cantorbéry,  reconstruite  par  ses  soins.  La  dédicace  de  Saint-  tienne 
de  Caen  n'eut  lieu  qu'après  le  départ  de  Lanfranc,  et  son  installation  dans 
le  siège  primatial  de  Cantorbéry. 

2.  Richard,  archevêque  de  Cantorbéry,  successeur  de  Thomas  Becket 
(1170-1184). 

3.  On  pourra  suivre  cette  description  en  se  servant  de  l'ouvrage  de 
Willis  (ch.  III,  §  3),  à  l'aide  du  plan  détaillé  que  donne  cet  auteur  (p.  38  ; 
cf.  ibid.,  p.  6  4  et  s.). 

4.  D'après  les  vestiges  de  l'église  de  Lanfranc,  Willis  a  estimé  que  cette 
nef  avait  une  largeur  de  72  pieds;  celle  de  Saint-Étienne  de  Caen  est  de 
73  pieds  de  largeur.  La  longueur  de  cet  édifice,  depuis  la  limite  occiden- 
tale jusqu'à  la  tour  centrale,  est  de  187  pieds  comme  à  Cantorbéry.  Le 
transept  devait  avoir  à  peu  près  la  même  longueur,  soit  127  pieds.  Quant 
aux  hauteurs  comparées  de  ces  deux  églises,  on  ignore  quels  rapports 
elles  présentaient  entre  elles. 

5.  Sur  l'usage  de  placer  de  grands  crucifix  suspendus  au-dessus  des 
jubés  ou  fixés  sur  de  grandes  poutres  indiquant  l'entrée  du  chœur,  voy. 
supra,  p.  77,    un  texte  concernant   la  cathédrale  de  Coutances. 


214  TKXTKS    KRLATIFS    A    l/niSTOTRK  [1070-1184] 

hac  pnpdicta  navi,  ut  in  superioribus  dictum  est,  post 
incendium  per  quinquennium  exulavimus.  Prtcdicta  magna 
turris  crucem  habebat  ex  utroque  latere,  australem  sci- 
licet  et  aquilonalem.  Quarum  utraque,  in  medio  sui,  pila- 
rium  fortem  habebat,  qui  fornicem  a  parietibus  pro- 
deuntem  in  tribus  sui  partibus  suscipiebat  '.  Utrarunique 
istarum  una  fere  est  descriptio.  Grux  australis  supra  for- 
picem  organa  gestare  splpbat  ;  supra  fornicem  et  subter 
portions  erat  ad  orientem  porrecta.  In  parte  inferiori, 
altare  erat  sancti  Michaelis,  in  parte  superiori,  altare 
Omnium  Sanctorum.  Ante  altare  .sancti  Michaelis,  ad 
austrum,  sepultus  est  Feologildus  archiepiscopus  ;  ad 
aquilonem  vero,  sancta  virgo  Siburgis,  quam  sanctus 
Dunstanus,  propter  ejus  sanctitatem,  in  ecclesia  fecit  sepe- 
liri.  Inter  hanc  porticum  et  chorum  ~  spatium  est  in  duo 
divisum  scilicet  in  gradus  paucos  perquos  itur  in  criptam, 
et  in  gradus  multos  per  quos  ad  superiora  ecclesia»  per- 
venitur.  Crux  aquilonalis  similiter  duas  habet  porticus. 
In  superiori  altare  est  sancti  Blasii,  in  inferiori  vero, 
jsancti  Benedicti.  In  hac  inferiori,  ad  dexteram  introeuntis, 
sepultus  est  Willelmus  archiepiscopus,  qui  in  gloria 
magna  dcdicavit  ecclesiam  Christi,  quam  utcumque  des- 
cribo.  Hic  etiam  fundavit  ecclesiam  Sancti  Martini  mona- 
chorum  de  Dovra.  Ad  sinistram  jacet  pra^decessor 
ejusdem  Willelmi,  Hadulfus  archiepiscopus,  qui,  licet 
sapientia  prudens,  eloquentia  clarus  fuerit,  in  ipsius 
lamen  contemptum,  Calixtus  papa  exaltavit  et  privile- 
giavit  Turstanum,  Eboracensem  archiepiscopum,  et 
Hugonem,  Sancti  Augustini  abbatem.  In  eadem  porticu, 
ante  altare,  ad  dexteram  jacet  E^i^elnothus  archiepiscopus, 
ad  sinistram  Vulfelmus.  Post  altare,  ad  dexteram  Adelmus, 
ad  sinistram  Chelnothus.  His  patribus  prœdicta  porticus 
ornata  est.  Inter  porticum  et  chorum   spatium  est   in   duo 


'    1.  Rare  détail  de  construction. 

2.  Sur  le  chœur  de  l'église  de  Lanfranc,  voy.  Willis,  op.  cit.,  p.  66-67. 
Remarquons  que  Gervais  ne  donne  pas  de  détails  sur  la  partie  orientale  du 
chœur. 


[1070-1184]       DE  l'architecture  en  frange  215 

divisum.  scilicet,  in  gradus  qui  ad  partes  ecclesiœ  orien- 
tales ascendentes  transmittunt.  Inter  hoc  spatium  et  prœ- 
dictam  porticum  murus  solidus  est,  ante  quem  gloriosus 
ille  martyrum  consors  et  apostolorum  conviva,  sanctus 
videlicet  Thomas,  gladiis  furentium  corpore  quidem 
occubuit,  spiritum  vero  invictum  regni  aeterni  gloria  et 
honore  mox  coronandum  caelo  transmisit.  Hic  locus  mar- 
tyrii  ex  opposito  habuit  ostium  claustri,  quo  ingressi  sunt 
quatuor  illi  diaboli  cancellarii,  ut  autentici  martyrum  pri- 
vilegii  bullam  inter  incudem  et  malleum  positam  fabri- 
carent,  id  est,  ut  caput  sancti  Thomaî,  inter  pavimenlum 
et  gladios  prostratum,  moneta  summi  Régis,  palma  sci- 
licet martyrii,  decorarent.  Pilarius  '  autem  ille  qui  in- 
medio  crucis  hujus  steterat  et  fornix  ei  innitens,  processu 
temporis,  ob  reverentiam  martyris,  demolita  sunt,  ut 
altare  in  loco  martyrii  elevatum  ampliori  spatio  cerne- 
retur.  In  circuitu  vero,  ad  altitudinem  fornicis  prœdicta;,  via 
qua^dam  facta  est  qua  pallia  et  cortinae  ~  possint  suspendi. 
De  hac  cruce  in  turrem,  de  turre  in  chorum  per  gradus 
plurimos  ascenditur.  Descenditur  vero  de  turre  per  ostium 
novum  in  crucem  australem  ;  item  de  turre  descenditur  in 
navem  per  duas  valvas. 

Hactenus  de  ecclesia  Lamfranci,  Nunc  autem  ad  chorum 
utcunque  describendum,  ne  ejus  memoria  deleatur,  venien- 
dum   est. 

4.  Ecclesiam  quœ  a  Lamfranco  archiepiscopo  constructa 
est,  videlicet  navem,  cruces,  turres  et  earum  continentiam, 
quam  brevius  potui,  perstrinxi,  et  tanto  brevius  quod  ea 
effîcacius  docebit  visio  quam  dictio.  Scias  autem,  lector 
bone,  quod  chorum  Lamfranci  non  vidi,  nec  ab  aliquo 
descriptum  repperi.  Edmerus  quidem  veterem  ecclesiam 
quaî,  ut  dixit,  ante  Lamfrancum  opère    Romanorum  cons- 


1.  Willis  (p.  37,  en  note)  fait  remarquer  que  ce  genre  de  pilier  existe 
dans  dilTérentes  églises  de  la  Normandie,  par  exemple  à  Saint-Etienne  de 
Caen,  à  la  cathédrale  de  Séez,  à  Saint-Georges  de  IJocherville. 

2.  Nous  avons  déjà  constaté  dans  nos  textes  cet  ancien  usage  de  sus- 

f)endre  des  tentures  et  des  tapisseries  dans  les  églises,  pendant  les  fêtes  et 
es  solennités  religieuses  (voy.  supra,  par  exemple,  p.  139,  n.  6.) 


216  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1070-1184] 

tructa  est,  descripsit  ^  De  opère  vero  Lamfranci,  quod 
vetustati  illi  successit,et  de  choroConradi,  sancti  Anselmi  ^ 
tempore  facto,  qui  Lamfranco  successit,  nientionem  quidem 
fecit,  sed  non  descriptionem.  Quoniani  igitur  prœdictus 
chorus  Conradi  gloriose  consumniatus  temporibus  nostris. 
misera biliter  igné  consumptus  est,  ne  tanti  viri  vel  tam 
prœclari  operis  memoria  deleatur,  ad  ejus  descriptionem, 
quamvis  simplex  et  insipidus,  stilus  vertendus  est.  Nec 
tamen  nostri  fuitpropositi  lapidumcompositionem  scribere, 
sed  quia  non  plene  potui  loca  sanctorum  et  requiem,  qui 
in  diversis  ecclesifo  partibus  positi  sunt,  edicere,  nisi  prius 
loca  ipsa,  in  quibus,  vidente  et  coopérante  et  scribente 
Edmero,  positi  sunt,  quoquo  modo  describerem  ^. 

De  praefata  igitur  magna  turre,  quœ,  ut  praedictum  est, 
in  medio  totius  ecclesiie  posita  est,  versus  orientem  proce- 
dendum  est,  Pilarii  turris  orientales  muro  solido  pro[e]mi- 
nebant,  et  in  rotundum  semipilarium  formati  sunt.  Deinde, 
per  ordinem  et  lineam  novem  erant  ex  utraque  parte  chori, 
œquis  fere  spatiis  ab  invicem  distantes.  Post  quos  sex  in 
circuitu  erant  ad  circinum  positi,  de  nono  scilicet  australi 
usque  ad  nonum  in  parte  septentrionali,  quorum  duo 
extremi  inarcum  que[m]dam  conveniebaut.  Super  hos  pila- 
rios  tam  indirectum  quam  in  circuitu  positos,  de  pilario  in 
pilarium  arcus  volvebantur  ;  super  quos  murus  solidus 
parvulis  et  obscuris  distinctus  erat  fenestris.  Hic  murus 
chorum  circuiens  in  circinatione  illa  pilariorum  in 
capite  ecclesiœ  in  unum  conveniebat.  Supra  quem  murum 
via  erat,  quœ  /rZ/briom '' appellatur,  et  fenestra?  superiores. 

1.  Willis  a  retrouvé  ce  texte  a  De  reliquiis  s.  Audoeni...  »  dans  les  écrits 
d'Edmer  conservés  à  la  bibliothèque  du  Corpus  Chrisli  collège,  et  il  l'a 
publié  dans  son  étude  {op.  cil.,  p.  10,  en  note).  Dans  les  pages  suivantes 
(ch.  i),  Willis  mentionne  des  extraits  de  textes  anciens  relatifs  à  l'église 
qui  précéda  celle  de  Lanfranc  ;  dans  le  ch.  ii,  il  essaie  d'en  donner  la  des- 
cription (avec  fig.)  :  «  On  Ihe  plan  and  arrangement  of  Ihe  Saxon  cathe- 
dral  ». 

2.  Saint  Anselme  de  Cantorbéry,  archevêque  de  1093  à  1109. 

3.  La  manière  dont  Gervais  de  Cantorbéry  décrit  les  anciennes  églises 
dont  il  parle  donne  à  penser  qu'il  avait  eu  à  sa  disposition  d'anciens  plans, 
dont  il  s'est  servi  dans  ses  commentaires  (cf.  le  mot  circinalio  qui  est 
employé  plus  loin  et  se  réfère  surtout  à  un  plan  dessiné). 

4.  G  est  l'un  des  plus  anciens  exemples  de  l'emploi  du  mot  Iriforiiim. 
On  sait  que  ce  terme  «   s'applique,  dit  Viollet-le-Duc,  aux  galeries  pour- 


[1070-1184]       DE  l'architecture  en  frange  217 

Haec  fuit  mûri  interioris  consummatio.  Super  hune  tectum  ^ 
erat,  et  cœlum  egreg-ia  pictura  decoratum  ~.  Ad  bases 
pilariorum,  murus  erat  tabulis  marmoreis  compositus,  qui, 
chorum  cing-ens  et  presbiterium,  corpus  ecclesi»  a  suis 
lateribus  qu»  aise  vocantur  dividebat.  Continebat  hic 
murus  monachorum  chorum,  presbiterium,  altare  mag-num, 
in  nomine  Jesu  Ghristi  dedicatum,  altare  sancti  Dunstani, 
et  altare  sancti  ^4^1fegi  cum  sanctis  eorum  corporibus. 
Supra  prœdictum  murum,  in  circinatione  illa,  rétro  altare 
et  ex  opposito  ejus,  cathedra  ^  erat  patriarchatus,  ex  uno 
lapide  facta,  in  qua  sedere  solebant  archiepiscopi  de  more 
Ecclesiœ,  infestis  praîcipuis,  intermissarumsole[m]niausque 
ad  sacramenti  consecrationem  ;  tune  enim  ad  altare  Ghristi 
per  gradus  octo  descendebant.  De  choro  ad  presbiterium 
très  erant  g-radus.  De  pavimento  presbiterii  usque  ad 
altare  gradus  très,  ad  sedem  vero  patriarchatus  gradus 
octo.  Ad  cornua  altaris  '*  orientalia  erant  duae  colum(p)na& 
lignere,  auro  et  arg-ento  decenter  ornatfo,  qua»  trabem  mag-- 
nam  sustentabant  ;  cujus  trahis  capita  duorum  pilariorum 
capitellis  insidebant.  Qua%  per  transversum  ecclesiœ  desu- 

tournant  intérieurement  leség:lises,  au-dessus  des  archivoltes  des  collaté- 
raux. Le  triforium  occupe  toute  la  largeur  du  collatéral,  ou  n'est  qu'une 
étroite  galerie  de  service  adossée  aux  combles  des  bas-côtés  ».  {Dict.  de 
l'arch.  fr.,  t.  IX,  p.  272).  D'après  le  texte  de  Gervais,  il  semblerait  que  le 
passage  du  triforium  n'aurait  guère  eu  que  la  largeur  du  mur  sur  lequel  il 
reposait  et  non  la  largeur  d'un  bas-côté.  Mais,  comme  l'explique  Willis 
(p.  43,  n.l,  ce  mol  aurait  déjà  eu  alors  ici  l'acception  dans  laquelle  il  a  été 
pris  d'ordinaire.  Les  Anglais  appellent  clerestory  la  partie  ajourée  du  mur 
surmontant  le  triforium  proprement  dit,  partie  prise  dans  l'épaisseur 
du  mur. 

1.  Voy.  plus  loin  quel  était  ce  genre  de  couverture,  qui  devint  plus 
tard  une  voûte,  à  propos  des  perfectionnements  que  subit  le  chœur  de 
l'église  de  Cantorbéry. 

2.  Nous  avons  déjà  vu  dans  des  textes  antérieurs  divers  passages  rela- 
tifs à  la  décoration  de  l'intérieur  des  églises  à  l'aide  de  peintures.  Le 
chVoniqueur  revient  plus  loin  sur  celles   dont  il  parle  ici. 

3.  Pour  les  sièges  en  pierre  des  évêques,  placés  au  fond  de  l'abside,  der- 
rière l'autel,  voy.  "VioUet-le-Duc,  t.  II,  p.  414,  v°  Chaire  (avec  fig.).  Tel 
est  celui  de  la  cathédrale  d'Augsbourg  que  nous  avons  pu  voir  encore 
dans  cette  église,  dans  la  partie  reculée  de  l'abside.  Viollet-le-Duc  l'at- 
tribue au  ix^  siècle,  c'est-à-dire  à  l'époque  carolingienne.  Nous  sommes 
plutôt  d'avis  de  l'attribuer  au  xi«  siècle,  comme  le  fait  le  catalogue  du 
Musée  germanique  de  Nuremberg,  n"  374. 

4.  VioUet-le-Duc  qui  a  essayé,  dit-il  (t.  II,  v»  Autel,  p.  15  et  s.),  «  soit 
à  l'aide  des  textes,  soit  à  l'aide  des  monuments,  de  donner  une  idée  com- 
plète des  autels  du  moyen  âge  »  (p.  22),  n'a  pas  utilisé  cette  précieuse 
description,  quelque  sommaire  qu'elle  soit. 


248  TEXTES    RELATIFS  A    l'hISTOIRE  [1070-1184] 

per  altare  trajecta,  auro  decorata,  majestatem  Domini,  ima- 
ginem  sancti  Dunstani,  et  sancti  yElfegi,  septem  quoque 
scrinia,  auro  et  arg-ento  cooperta,  et  multorum  sanctorum 
reliquiis  referta,  sustentabat.  Inter  colum(p)nas  crux  stabat 
deaurata,  in  cujiis  patibulo  per  circuitum  sexaginta  cris- 
talli  erant  perlucidi.  Sub  hoc  altari,  Christi  altare  erat  in 
cripta  Sanctœ  Virginis  Mariw,  in  cujiis  honorem  tota  fuit 
cripta  ^  dedicata.  Qua^  cripta  eisdem  fere  spatiis  et  anfrac- 
tibus  per  longum  et  latum  dilatata  erat  inferius,  sicut 
chorus  superius.  In  medio  chori  dependebat  corona  deau- 
rata, viginti  quatuor  sustinens  cereos.  — Hic  eratchori sta- 
tus et  presbiterii. 

Murus  autem  exterior  alarum  scilicet,  sic  erat  :  a 
martyrio  sancti  Thomœ,  id  est,  a  cruce  Lanifranci  sumens 
initium,  versus  orientem  usque  ad  crucem  superiorem 
directus,  très  tantum  in  se  fenestras  continebat.  Pila- 
rio  vero  quinto  chori  -  oppositus,  et  ab  eo  arcum  sus- 
cipiens  et  ad  septentrionem  opus  dirig-ens,  crucem  for- 
mavit  septe[n]trionalem.  Pilarius  quintus  et  septimus  lati- 
tudinem  crucis  obtinebant  ;  a  septimo  enim  pilario,  sicut  et 
a  quinto,  murus  procedens  ad  septe[n]trionem,  duas  por- 
tions «^  faciens,  crucem  formavit  in  parte  orientali.  In  cujus 
porticu  australi  altare  fuit  sancti  Stephani,  sub  quo,  in 
cripta,  altare  erat  sancti  Nicholai.  In  porticu  aquilonali 
altare  erat  sancti  Martini,  sub  quo,  in  cripta,  altare  Sancta' 
Mariée  Magdalena^.  Ad  altare  sancti  Martini,  jacebant  duo 
archiepiscopi,     ad    dexteram,     Vulfredus,     ad     sinistram, 

1.  A  l'art.  Crypte,  t.  IV,  p.  460,  Viollet-le-Duc  s'exprime  ainsi  :  «  En 
Angleterre,  la  crypte  de  la  cathédrale  de  Canterbury  est  de  beaucoup  la 
plus  vaste  et  la  plus  intéressante,  ayant  successivement  été  agrandie  à 
mesure  qu'on  augmentait  l'édifice  ».  (Cf.  dans  Willis,  op.  cil.,  p.  79-80, 
des  vues  partielles  de  la  crypte  et  des  colonnes  qui  ont  été  mises  en 
œuvre;  cf.  aussi  p.  73);  voy.  Parker,  On  Ihe  english  origine  of  golhic 
architecture  dans  VArcheologia,  t.  XLIII,  p.  75  (fig.,  avec  celle  de  la 
crypte  de  Saint-Denis).  Voy.  un  peu  plus  bas  noire  te.\te,  à  l'année 
1181,  au  sujet  de  la  nouvelle  crypte. 

2.  Le  chœur  de  la  cathédrale  de  Cantorbéry  est  supporté  par  de  fortes 
colonnes  monocylindriques,  soit  simples,  soit  géminées,  soit  cantonnées 
de  colonnettes  ;  l'extrémité  orientale  du  chœur  ([ui  précède  la  «  couronne 
de  Becket  »  s'élève  sur  des  colonnes  géminées,  très  rapjjrochées  l'une  de 
l'autre.  Les  piliers  de  la  nef  sont  alternalivement  ronds  et  déforme  hexa- 
gonale (Voy.  notamment  le  plan  de  Willis  cité  précédemment). 

3.  Comme   Willis  {op.  cit.,    p.   39,  note   m),    nous   pensons  qu'il  faut 


[1070-H84]       DE  l'architecture  en  france  219 

Livingus.  Ad  altare  sancti  Stephani,  similiter  duo,  ad 
sinistram,  Athelardus,  ad  dexteram,  venerabilis  Cuth- 
bertus.  Hic  magna  prieditus  sapientia  liberam  ecclesiae 
Christi  adquisivit  sepulturam.  Solebant  enim  corpora  non 
solummodo  archiepiscoporum,  sed  et  omnium  in  civitate 
morientium  a  tempore  sancti  Augustini,  ad  ecclesiam 
apostolorum  Pétri  et  Pauli,  extra  civitatem  sitam,  anti- 
quitus elFerri  et  sepeliri.  Dicebatur  enim  in  illo  tempore 
civitatem  non  esse  mortuorum,  sed  vivorum.  Beatus  vero 
Guthbertus,  dolens  se  post  obitum  ab  ecclesia  sua  et  a 
fîliorum  societate  debere  separari,  quos  in  vita  summo 
karitatis  studio  dilexit,  Romam  petiit,  et  a  summo  ponti- 
fice  liberam  ecclesiae  Christi  sepulturam  impetravit.  Iste 
primus,  voluntate  Dei,  ut  credimus,  summi  pontificis  auc- 
toritate  et  régis  Anglia'  permissione,  in  ecclesia  Christi 
sepultus  est,  et  omnes  archiepiscopi,  successores  ejus, 
prœter  unum  solum,  nomine  Jambertum.  Ex  hac  porticu 
sancti  Stephani  praedictus  procedens  murus  ad  orientem, 
fenestram  habebat  magno  altariex  latere  oppositam.  Deinde 
turris  erat  excelsa,  quasi  extra  murum  jam  dictum  posita, 
quap  ab  altari  sancti  Andréa?  quod  in  ea  erat,  turris 
sancti  Andréas  est  appellata,  sub  qua,  in  cripta,  altare  erat 
Innocentium.  De  turre  praefata  murus  paululum  circinando 
procedens  et  in  fenestram  se  aperiens,  ad  capellnm  sibi 
proximam  pervenit,  qua;  in  fronte  ecclesia?  ad  orientem 
porrecta  summa?  cathedra?  archiepiscopi  erat  opposita. 
Sed  quoniam  de  capelbio  ejus  continentia  aliqua  dicenda 
sunt,  ante  ipsius  introitum  paululum  subsistendum  est, 
quousque  murus  australis  cum  partibus  suis  ad  ipsius 
capella?  producatur  ingressum.  Murus  igitur  australis,  ad 
porticum  sancti  Michaelis  a  cruce  Lamfranci    sumens    ini- 

entendre  ici  porticus  dans  le  sens  d'absidiole,  de  petite  chapelle  ronde  :  «  a 
round  chapel  or  porticus  ».  Là  où  Gervais  fait  mention  de  porticus, 
observe  Willis,  la  construction  présente  une  sorte  de  petite  abside  (Cf.  le 
Glossaire  d'Elfric,  p.  78,  qui  identifie  ahsida  avec  porticus  (ihid.).  Willis 
donne  la  liste  des  sépultures  d'archevêques  de  Cantorbéry  dont  il  va  être 
(J'uestion,  en  marquant  sur  son  plan  de  restitution  leurs  emplacements 
respectifs  (p.  38-39).  Pour  les  dates  de  leurs  fonctions,  voy.  W.  Stubbs, 
Registrumsacrumanglica7ium...,  2"  éd.  (Oxford,  1897). 


220  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1070-1184] 

tium,  in  tribus  fenestris  ad  crucem  pervenit  superiorem. 
Crux  ista  superior,  in  orientali  parte  sui,  sicut  et  alia,  dua& 
porticus  habebat.  In  porticu  austiali  altare  erat  sancti 
Gregorii,  ubi  jacebant  duo  sancti  archiepiscopi  ,  ad  aus- 
trum  sanctus  Bregewinus,  ad  aquilonem  sanctus  Plege- 
mundus  ;  sub  hoc,  in  cripta,  erat  altare  sancti  Audoeni, 
Rothomagensis  archiepiscopi.  In  alia  porticu  altare  erat 
sancti  Johannis  Evangelistae,  ubi  jacebant  archiepiscopi 
duo,  ad  dexteram,  Ethelgarus,  ad  sinistram,  Eluricus  : 
sub  quo,  in  cripta,  altare  sancti  Paulini,  ubi  sepultus  est 
Siricus  archiepiscopus.  Ante  altare  sancti  Audoeni,  in 
média  fere  planitie,  erat  altare  sanctaG  Katerinae.  Murus 
autein,  a  supradicta  cruce  procedens,  fenestram  contra 
majus  altare  habebat,  deinde  turrim  excelsam,  in  qua  erat 
altare  apostolorum  Pétri  et  Pauli.  Sanctus  vero  Anselmus, 
illuc  translatus  et  rétro  altare  positus,  altari  nomen  dédit 
et  turri.  De  hac  turri  murus  paululum  procedens,  et  in 
circinatione  sua  fenestram  aperiens  ad  praedictam  capellam 
sanctae  Trinitatis,  in  fronte  ecclesiae  positam,  pervenit. 
Arcus  vero  ex  utroque  muro,  australi  scilicet  et  aquilonali 
procedens,  utriusque  circinationem  continuavit.  Gapella 
vero  extra  murum  posita,  eidem  tamen  conjuncta  et  ad 
orientem  porrecta,  altare  habebat  sanctœ  Trinitatis,  ubi 
beatus  martyr  Thomas,  die  consecrationis  suœ,  primum 
missam  celebravit.  In  hac  capella,  ante  exilium  et  post, 
missas  celebrare,  horas  audire,  et  fréquenter  orare  solebat. 
Rétro  altare  jacebant  duo  archiepiscopi,  ad  dexteram, 
sanctus  Odo,  ad  sinistram,  sanctus  Wilfridus,  Eboracensis. 
archiepiscopus;  ad  austrum  vero,  juxta  parietem,  venera- 
bilis  Lamfrancus  archiepiscopus,  ad  aquilonem,  Theod- 
baldus.  Subtus,  in  cripta,  duo  erant  altaria,  ad  austrum, 
sancti  Augustini,  Anglorum  apostoli,  ad  aquilonem,  sancti 
Johannis  Baptistœ.  Juxta  parietem  australem,  archiepis- 
copus jacebat  Ethelredus,  juxta  parietem  aquilonalem 
Eadsinus.  In  hujus  capella?  medio,  stabat  colum(p)na,  quœ 
arcus  et  fornicem  undecunque  venientes  sustentabat.  Ad 
hujus  basim,  ex  parte  orientali,  reconditum  est  illud  mar- 


[  1070-1 184J       DE  l'architecture  en  frange  221 

tyrum  piivilegium,  tertio  kalendas  januarii,  cujus  buUa 
die  priecedenti  a  quatuor  diaboli  cancellariis,  ut  praedixi, 
fabricata  est.  Hic  est,  inquam,  locus  in  quo  beatissimus 
martyr  Thomas,  sequenti  die  post  martyrium  suum,  sepul- 
tus  est '  . . . 

Quoniam  igitur  descriptio  ecclesiaejam  jamque  diruendae 
pro  posse  meo  abbreviata  usque  ad  tumbam  martyris, 
quœ  in  fine  ipsius  ecclesiie  posita  est,  pervenit,  cum 
ipso  fine  ecclesite  descriptio  etiam  finem  sortiatur.  Quae  etsi 
paulo  ampliusquam  proposuerim  extensaest,  multa  tamen, 
ut  breviter  diceretur,  ex  industria  dimissa  sunt.  Quis  enim 
tantae  et  tam  magnœ  ecclesiae  tôt  diverticula,  tôt  discur- 
sus, et  tôt  anfractus  scribere  vel  saltem  dicere  valeat  ? 

Nunc  igitur  omissis  bis  quae  nobis  necessaria  non  sunt, 
ad  vetera  destruenda  et  nova  oninia  mirabiliter  aedificanda 
fidenter  accingamur,  et  quid  intérim  magister  noster 
Willelmus  fecerit  ~  videaraus. 

5.  Gœpit,  ut  longe  ante  prœdixi,  novo  operi  necessaria 
prœparare  et  vetera destruere.  In  istis  primus  annus  com- 
pletus  est.  Sequenti  anno,  id  est,  post  festum  sancti 
Bertini,  ante  hiemem  quatuor  pilarios  erexit,  id  est, 
utrinque  duos  ;  peracta  hieme,  duos  apposuit,  ut  bine  et 
inde  très  essent  in  ordine  ;  super  quos  et  murum  exte- 
riorem  alarum,  arcus  et  fornicem  decenter  composuit,  id 
est,  très  claves  utrimque,  Glavem  pro  toto  pono  ciborio,  eo 
quod  clavis  in  medio  posita  partes  undecu[m]que  venientes 
claudere  et  confirmare  videtur.  In  istis  annus  secundus 
completus  est.  Anno  tertio,  duos  utrimque  pilarios  appo- 
suit, quorum  duos  extrêmes  in  circuitu  colum(p)nis  marmo- 
reis  decoravit,  et  quia  in  eis  chorus  -^    et  cruces   convenire 

1.  Ici  commence  une  longue  digression  sur  les  mérites  de  saint  Thomas 
Becket,  archevêque  de  Cantorbéry.  Nous  ne  la  reproduisons  pas  ici  parce 
qu'elle  n'oHre   pas  d'intérêt  au  point  de   vue  de  notre  Recueil. 

2.  Willis  donne  (p.  48)  un  tableau  synoptique  de  l'état  des  travaux 
accomplis  de  1175  à  1178  par  Guillaume  de  Sens,  et  de  1179  à  1184  par 
Guillaume  l'Anglais  qui  lui  succéda  dans  la  direction  de  l'œuvre  de  la 
cathédrale.  Cf.  (fig.  14,  15  et  16)  une  coupe  transversale  du  chœur,  et  une 
double  vue  (élévation  intérieure  et  extérieure)  d'un  compartiment  du 
chœur. 

3.  Les  piliers  qui  sont  aux  coins  du  carré   du    transept  sont  garnis,    sur 


222  TEXTES  RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1 070-1 18i] 

debuerunt,  principales  esse  constituit.  In  quibus  appositis 
clavibus  et  fornice  facta,  a  turre  majore  usque  ad  pilarios 
prœdictos,  id  est,  usque  ad  crucem,  triforium  inferius 
multis  intexuit  columpnis  marmoreis  ^  Super  quod  tri- 
forium aliud  ~  quoque  ex  alia  materia,  et  fenestras  supe- 
riores  aptavit  ;  deinde  fornicis  magnœ  très  claves,  a  turre 
scilicet  usque  ad  cruces  '^.  Quœ  omnia  nobis  et  omnibus 
ea  videntibus  incomparabilia  et  laude  dignissima  vide- 
bantur.  De  hoc  ergo  tam  g-lorioso  principio  hilares  effecti, 
et  futurae  consummationis  bonam  spem  concipientes,  con- 
summationis  operis  ardentis  animi  desiderio  accelerare 
curavimus.  In  istis  igitur  annus  tertius  completus  est,  et 
quartus  sumpsit  initium.  In  cujus  œstate,  a  cruce  incipiens, 
decem  pilarios  erexit,  scilicet  utrinque  quinque.  Quorum 
duos  primos  marmoreis  ornans  colum(p)nis,  contra  alios 
duos  principales  fecit  ^.  Super  hos  decem  arcus  et  fornices 
posuit.  Peractis  autem  utrisque  triforiis  et  superioribus 
fenestris,  cum  machinas  ad  fornicem  magnam  volvendam, 
in  anni  quinti  initio,  prœparasset,  repente,  ruptis  trabibus 
sub  pedibus  ejus  et  inter  lapides  et  ligna  simul  cum  ipso 
ruentibus,  in  terram   corruit,   a    capitellis  ^  fornicis   supe- 


chacun  de  leurs  quatre  côtés,  de  colonnes  de  marbre  géminées,  légèrement 
écartées  les  unes  des  autres.  Celles  qui  se  trouvent  sur  le  côté  du  pilier  vers 
l'intérieur  reçoivent  la  retombée  des  archivoltes  de  larcade  intérieure  ; 
ceux  qui  sont  sur  le  côté  du  pilier  vers  la  nef,  s'élèvent  jusqu'à  la  base  du 
triforium  où  elles  sont  pourvues  de  bagues  et  vont  au-dessus  de  cette, 
ligne  de  séparation  recevoir  la  retombée  des  arcs  qui  soutiennent  les 
compartiments  de  la  voûte.  Ailleurs  que  là,  la  retombée  des  arcs  de  la 
nef  a  lieu  sur  des  colonnettes,  également  en  marbre,  qui  tantôt  simples, 
tantôt  associées,  reposent  sur  les  abaques  dos  chapiteaux  des  colonnes  : 
c'est  une  disposition  architecturale  adoptée  à  Sens,  mais  d'une  façon  plus 
uniforme  dans  la  décoration  à  Cantorbéry. 

1.  Ces  nombreuses  colonnettes  d'un  gris  rougeâtre  concourent  à  un  heu- 
reux effet  décoratif.  A  Sens,  le  triforium  est  plus  simple  et  l'artiste  qui 
l'a  exécuté  paraît  s'être  inspiré  du  triforium   des  églises  bourguignonnes. 

2.  Ce  petit  triforium  est  au-dessous  des  fenêtres  qu'il  semble  ainsi  con- 
tinuer 

3.  C'est-à-dire  l'espace  qui  va  en  s'élargissant  depuis  le  chœur  propre- 
ment dit  Jusqu'à  l'entrée  du  transept  et  qui  comprentl  efi'ectivement  trois 
clefs  de  voûte. 

4.  On  peut  admirer  encore  aujourd'hui  le  bol  efl'ot  de  cette  ornementa-' 
tion. 

5.  L'art  avec  lequel  sont  traités  à  Cantorbéry  les  nombreux  chapi- 
teaux, qui  ornent  les  colonnes  de  grande  dimension,  provient  surtout  de 
l'Ile-de-France  par  l'intermédiaire  de   Guillaume  de  Sens,  et  ses    succès- 


[1070-11841       DE  L'ARnmnxTLRE  en  fkance  223 

rioris  altitudine,  videlicet,  pedum  quinquaginta.  Qui,  ex 
ictibus  lig-norum  et  lapidum  acriter  diverberatus,  sibi  et 
operi  inutilis  etïectus  est,  nullusque  alius  pra^ter  ipsum 
solum  in  aliquo  laesus  est.  In  solum  magistruni  vel  Dei 
vindicte,  vel  diaboli  desœvit  invidia.  Magister  itaque  sic 
hesus,  et  sub  cura  medicorum,  ob  spem  salutis  recuperandœ, 
aliquandiu  lecto  decumbens,  spe  fraudatus,  convalescere 
non  potuit  ;  veru[m]tamen,  quia  hiemsinstabat,  et  forniceni' 
superiorem  consummari  oportebat,  cuidam  monacho,  indus- 
trio  et  ingenioso,  qui  cementariis  praefuit  ^  opus  consum- 
manduin  commendavit,  unde  multa  invidia  et  exercitatio 
malitie  habita  est,  eo  quod  ipse,  cum  esset  juvenis,  poten- 
tioribus  et  ditioribus  prudentior  videretur.  Magister 
tamen  in  lecto  recubans,  quid  prius,  quid  posterius  fieri 
debuit  ordinavit.  Factum  est  itaque  ciborium  inter  quatuor 
pilarios  principales,  in  cujus  ciborii  clavem  videntur 
quodammodo  chorus  et  cruces  convenire.  Duo  quoque 
ciboria  *,  hinc  et  inde,  ante  hiemem  facta  sunt.  Pluviaî 
autem  fortiter  insistentes  plura  fieri  non  permiserunt.  In 
istis  annus  quartus  completus  est,,  et  quintus  sumpsit 
initium.  Eodem  anno,  scilicet  quarto,  facta  est  eclipsis  -^ 
solis,  octavo  idus  septembris,  liora  quasi  sexta,  ante 
casum  magistri,  Sentiens  itaque  pnefatus  magister  nuUa  se 


seurs  ne  font  que  le  développer.  «  La  révolution  qui  s'opère  clans  la  forme 
et  les  détails  des  chapiteaux,  vei-s  la  fin  du  xii'  siècle,  dit  Viollet-le-Duc 
{Dict.  de  Varch.  fr.,  t.  II,  v°  Chapiteau,  p.  505),  arrive  promptement  dans  lé 
domaine  royal,  et  les  provinces  environnantes  à  son  entier  développe- 
rtient  ;  elle  se  fait  moins  rapidement  en  Bourf;of,'ne  ».  —  Voy.  dans  le 
récent  recueil  d'A.  de  Baudot  et  A.  Perrault-Dabot.  Les  cathédrales  de 
France,  de  belles  planches  en  héliogravure,  représentant  la  cathédrale  de 
Sens  (élévation  extérieure  et  intérieure,  coupe  transversale,  face  inté; 
rieure  et  extécieureV 

1.  Ce  moine  paraît  avoir  eu  dans  la  construction  de  la  cathédrale  le 
rôle  d'un  conducteur  de  travaux,  subordonné  immédiatement  à  l'architecte 
en  chef  auquel  étaient  subordonnés  aussi  ceux  qui  exécutaient  les  diffé- 
rentes parties  de  cette  grande  œuvre,  au  point  de  vue  de  la  construction 
et  de  la  décoration  On  voit  parles  lignes  qui  suivent  que  le  maître  prin^ 
cipal  s'attacha  à  faire  observer  d'une  manière  continue  l'unité  de  plan  et 
d'exécution,  dans  l'ordonnance  établie  par  son  prédécesseur. 

2.  Gervais  entend  parler  ici  des  voûtes  du  transept  qui  regarde  le  côté 
de  l'Est. 

3.  L'cclipse  eut  lieu  le  13  et  non  le  6  septembre;  Gervais  a  commis  ici 
dans  son  calcul  une  erreur  d'une  semaine  entière.  (Note  de  l'éditeur 
anglais.) 


224  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIBE  [1070-1184] 

medicorum  arte  vel  industria  posse  convalescere,  operi 
renuntiavit  et,  mari  transite,  in  Franciam  ad  sua  remeaviti. 
Successit  autem  huic  in  curam  operis  alius,  qui- 
dam Willelmus  nomine,  Anglus  natione,  parvus  qui- 
dem  corpore,  sed  in  diversis  operibus  subtilis  valde  et 
probus.  Hic  in  anni  quinti  iestate  crucem  utramque,  aus- 
tralem  scilicet  et  aquilonalem,  consummavit  et  ciborium, 
quod  desuper  magnum  altare  est,  volvit  ;  quod  ne  fieret 
praeterito  anno,  cum  omnia  parata  essent,  pluviœ  impe- 
dierunt.  Pr«pterea,  ex  parte  orientali  -,  ad  incrementum 
ecclesiae  fundamentum  fecit,  eo  quod  capella  Sancti  Tho- 
mas ibidem  ex  novo  fieri  debuit.  Hic  ergo  locus  ei  pro- 
visus  est,  capella  scilicet  sanctœ  Trinitatis,  ubi  primam 
missam  celebravit,  ubi  lacrimis  et  orationibus  incum- 
bere  consuevit,  sub  cujus  cripta  per  tôt  annos  sepultus 
fuit,  ubi  Deus  per  ejus  mérita  inulta  fecit  miracula,  ubi 
pauperes  et  divites,  reges  et  principes  eum  venerati  sunt, 
unde  exivit  sonus  laudis  ejus  in  totum  orbem  terrarum. 
Cœpit  igitur  magister  Willelmus  causa  fundamenti  mona- 
chorum  ossa  effodere.  Quae  diligenter  in  unum  collecta, 
reposita  sunt  in  fossa  grandi,  in  angulo  illo  qui  est  inter 
capellam  et  domum  infirmorum,  ad  meridiem.  Facto  itaque 

1.  L'archéologue  anglais  Parker  qui  s'est  occupé  de  Guillaume  de  Sens 
et  de  l'œuvre  que  celui-ci  aurait  faite  à  Sens,  comme  plus  tard  à  Gantor- 
béry,  s'exprime  ainsi  :  «  ...  The  only  parts  of  his  work  that  remain  at 
Sens  are  the  arcades,  and  thèse  are  so  exaclly  like  those  of  Canterbury 
that  the  same  ^vorking  drawings  might  hâve  served  for  both.  Another 
great  fire  occurred  at  Sens  very  soon  after  his  return,  and  the  whole  of 
the  vault  with  a  clerestory  belongs  to  a  later  period,  while  some  of  the 
side  walls  and  chapels  of  the  transept  are  earlier  ».  (Parker,  On  Ihe 
english  origin  of  gothic  architecture,  dans  YArchaeologia,  1871,  t.XLlII, 
p.  81).  Voy.  la  pi.  XI  jointe  à  ce  mémoire  (p.  81)  :  «  Mouldings  from  Can- 
terbury cathedral.  » 

2.  L  extrémité  orientale  du  chœur,  quoique  élevée  par  un  architecte 
anglais,  conserve  encore  tous  les  caractère;  de  l'abside  de  la  cathédrale  de 
Sens,  non  seulement  dans  son  plan,  mais  dans  sa  construction,  ses  profils 
et  sa  sculpture  d'ornement,  avec  plus  de  finesse  et  de  légèreté;  ce  qui 
s'explique  par  l'intervalle  de  quelques  années  qui  sépare  ces  deux  cons- 
tructions. Guillaume  l'Anglais  n'a  fait  que  suivre,  nous  le  croyons,  les  pro- 
jets de  son  mallieureux  prédécesseur,  qui  pourrait  bien  être  le  maître  de 
l'œuvre  de  la  cathédrale  de  Sens  »  (Viollet-le-Duc,  Dict.  de  i'arc/i.  fr., 
i.  II,  v"  Cathédrale,  p.  350).  Willis  a  déjà  fait  cette  observation  sur  les 
progrès  de  l'ornementation  sculpturale  visibles  dans  la  construction  de  la 
chapelle  de  Becket  où  il  remarque  une  plus  grande  légèreté  et  d'efTet 
d'élégance  que  dans  l'œuvre  de  Guillaume  de  Sens. 


[1070-1184]       DE  l'architecture  en  frange  225 

mûri  exterioris  fundamento  firmissimo  ex  lapide  et  cemen- 
to,  murum  etiam  criptœ  usque  ad  bases  fenestrarum  erexit. 
In  istis  annus  quintus  completus  est,  et  sextus  sumpsit 
initium. 

Vere  autem  ejusdem,  id  est,  sexti  anni  post  incendium 
intrante  et  tempore  operandi  instante,  desiderio  cordis 
accensi,  chorum  praeparare  curaverunt  monachi,  ut  ad 
proximum  Pascha  introire  posseut.  Videns  autem  mag^ister 
monachorum  desiderium,  viriliter  institit  ut  voluntati  con- 
ventus  satisfaceret.  Murum  igitur  qui*  chorum  circuit  et 
presbiterium  cum  summa  festinatione  construxit.  Altaria 
quoque  tria  presbiterii  erexit.  Locum  requietionis  sancti 
Dunstani  et  sancti  /Elfeg-i  sollicite  prœparavit.  Paries 
quoque  ligneus,  ad  secludendas  tempestates,  ex  parte  orien- 
tis,  per  transversum  inter  pilarios  penultimos  positus  est, 
très  vitreas  continens  fenestras  ^  Chorum^  itaque,  cuni 
summo  labore  et  festinatione  nimia  utcunque  vix  tamen 
praeparatum,  vigilia  Paschye,  cum  novo  igné  ^  intrare 
voluerunt... 

Dictum  est  in  superioribus  quod  post  combustionem 
illam  vetera  fere  omnia  chori  diruta  sunt,  et  in  quandam 
augustioris  formae  '  transierunt  novitatem  Nunc  autem 
quaî  sit  operis  utriusque  difîerentia  dicendum  est.  Pila- 
riorum  igitur  tam  veterum  quam  novorum  una  forma  est, 
una  et  grossitudo,  sed  longitudo  dissimilis.  Elongati  sunt 
enim  pilarii  novi  longitudine  pedum  fere  duodecim.  In 
capitellis  veteribus  ''  opus  erat  planum,  in  novis  sculptura 
subtilis.  Ibi  in  chori  ambitu,  pilarii  viginti  duo,  hic 
autem  viginti  octo -^    Ibi  arcus    et    caitera    omnia    plana, 

1.  Voy.  Willis,  op.  cit.,  p.  52  ;  cf.  le  plan  placé  à  la  fin  dudil  ouvrage. 

2.  Le  vaste  chœur  de  Cantorbéry,  vu  de  la  nef,  ofTre  un  bel  effet  d'élar- 
gissement qui  correspond  progressivement  aux  sections  des  grands  com- 
partiments de  la  voûte  du  chœur,  et  l'on  ne  peut  qu'admirer  la  perspec- 
tive magnifique  de  cette  partie  de  l'édifice  très  richement  décorée. 

3.  Il  s'agit  ici  du  cierge  qui  était  allumé  la  veille  de  la  fête  de  Pâques  : 
cérémonie  décrite  dans  les  statuts  de  Lanfranc  (Reyner's,  Apostolatus 
Bénédictin,  in  Anglia,  p.  223  ;  cf.  Willis,  op.  cit.,  not.  des  pp.  53-54). 

4.  Voy.  dans  Willis  {op.  cit.,  p.  58  et  fig.  8)  un  exemple  de  cette  sim- 
plicité ancienne  dans  les  formes  sculpturales. 

5.  Il  y  a  ici  contradiction  entre  le  nombre  de  piliers  mentionnés  parGer- 

15 


226  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE         [1070-1  184J 

utpote  sculpta  secure  et  non  scisello*,  hic  in  omnibus 
sculptura  fere  idonea.  Ibi  colum(p)na  nuUa  marmorea,  hic 
innumerae.  Ibi  in  circuitu  extra  chorum,  fornices  planae, 
hic  arcuatcie  sunt  et  clavatœ,  Ibi  murus  super  pilarios 
directus  cruces  a  choro  sequestrabat,  hic  vero  nullo  inters- 
titio  cruces  a  choro  divisœ  in  unam  clavem,  qu.ne  in  medio 
fornicis  ma^nœ  consistit,  quœ  quatuor  pilariis  principa- 
libus  innititur,  convenire  videntur  ~.  Ibi  cœlum  ligneum 
egregia  pictura  décora tum,  hic  fornix  ex  lapide  et  tofo 
levi  decenter  composita  est.  Ibi  triforium  unum,  hic  duo 
in  choro,  et  in  ala  ecclesife  tertium. 

Quœ  omnia  visu  melius  quam  auditu  intelligere  volenti 
patebunt  ^.  Hoc  tamen  sciendum  est  quod  novum  opus 
altius  est  veteri,  quantum  superiores  fenestrae  tam  corporis 
chori  quam  laterum  ejus  a  tabulatu  marmoreo  in  altum 
porriguntur.  Ne  autem  futuris  temporibus  cuiquam    veniat 

vais  de  Canlorbéry,  d'une  part,  et  celui  qu'offre  le  plan  de  Willis,  d'autre 
part.  Le  chroniqueur  Gervais  a  parlé  plus  haut  de  9  piliers  en  ligne  droite, 
places  de  chaque  côté  du  chœur  et  de  6  autres  piliers  disposés  en  rond 
après  ceux-là,  ce  qui  ferait  2i  piliers  en  tout  ;  il  a  dû  omettre,  à  coup  sûr, 
deux  piliers  intermédiaires  (fig.  3  :  Plan  of  Canterbury  cathedral  in  1174), 
lesquels  ne  figurent  plus  sur  le  plan  de  la  cathédrale  reconstruite  par  Guil- 
laume de  Sens  (Voy.  le  plan). 

1.  Les  arcades  de  l'aile  sud,  reproduites  pai' Willis  (fig.  8.  p.  58),  jus- 
tifient fort  bien  ce  passage  du  chroniqueur. 

2.  Sur  les  procédés  de  remplage  usités  poJr  consolider  le  carré  du 
transept,  le  plus  souvent  surmonté  d'un  clocher  de  pierre,  voy.  Quicherat, 
Mél.  d'archéol.,  de  l'architecture  romane,  p.  466. 

3.  Non  moins  intéressante  est  la  comparaison  qu'on  peut  faire  entre 
les  bases  des  colonnes  dans  les  cathédrales  de  Sens  et  de  Cantorbéry.  A 
Sens,  les  bases  sont  massives  et  surélevées,  à  Cantorbéry,  elles  sont  géné- 
ralement peu  élevées  au-dessus  du  sol.  A  Sens,  les  anneaux  inférieurs  de 
ces  bases  sont  un  peu  aplatis,  à  Cantorbéry  ils  sont  plus  arrondis  et  de 
plus  grosse  dimension  et  correspondent  avec  symétrie  aux  anneaux  supé- 
rieurs (voy.  Willis,  p.  77,  fig.  20).  Quant  aux  chapiteaux  des  colonnes  du 
chœur  de  Cantorbéry,  ils  offrent  de  magnifiques  spécimens  à  doubles  ran- 
gées de  feuilles  d'acaitthe,  largement  épanouies.  Ils  sont  beaucoup  plus 
ornés  à  Cantorbéry  qu'à  Sens  et  pr-îsentent  une  richesse  de  décoration 
très  remarquable,  ainsi  que  nous  avons  pu  nous  en  rendre  compte  nous- 
même  dans  l'une  et  l'autre  cathédrale.  Nous  avons  remarqué  qu'à  mesure 
(ju'on  avance  du  fond  du  chœur  vers  la  nef,  les  chapiteaux  présentent  un 
feuillage  plus  découpé  et  un  travail,  semble-t-il,  plus  perfectionné,  ce  qui 
répond  à  une  date  plus  récente  dans  leur  exécution  progressive.  Voy. 
dans  Willis  (p.  59,  fig.  9  à  M)  dos  reproductions  de  chapiteaux  du  chœur. 
Quant  aux  colonnetfes  api)li((iiccs  à  (>antorbéry  contre  les  miu's  du  cliœur 
ou  dans  les  bas-côtés,  elles  portent  des  anneaux  de  pierre  en  saillie,  autre- 
ment dit  des  bagues  (voy.  sur  ce  terme,  Viollet-le-Duc,  t.  Il,  p.  59),  qui 
se  répètent  régulièrement  à  une  liauteur  donnée  qui  est  celle  où  le  trifo- 
rium prend  naissance. 


[1070-H8i]       DE  l'architecture  en  frange  227 

in  dubium,  qua  de  causa  tanta  chori  latitudo,  qua^  est 
juxta  turrim,  tantum  in  capite  ecclesiae  coarctetur,  causas 
dicere  non  inutile  duxi.  Quarum  una  est,  quod  duse  turres, 
sancti  Anselmi  videlicet  et  sancti  Andreae,  in  utroque 
latere  ecclesiae  aniiquitus  ad  circinum  positse,  latitudinem 
chori  in  directum  ad  lineam  non  permiserunt  procedere. 
Alia  causa  est,  quod  capellam  sancti  Thomae  in  capite 
ecclesite  constituere  consiliosuni  fuit  et  utile,  ubi  fuerat 
capella  sanctœ  Trinitatis,  quœ  multo  strictior  fuit  quam 
chorus.  Ma^ister  i^itur  turres  pro'dictas  dissipare  non 
volens,  intégras  autem  transferre  non  valens,  latitudinem 
illam  chori  usque  ad  confinium  turrium  in  directum  com- 
posuit.  Deinde,  paulatim  turres  utrimque  devitans,  et  tamen 
latitudinem  vise  illius,  qute  extra  chorum  est,  quantum 
potuit,  propter  processiones  ibidem  fréquenter  faciendas 
conservans,  pedetentim  obliquans  opus  constrinxit,  ita  ut 
ex  opposite  altaris  opus  decenter  contraheret,  et  exinde 
ad  tertium  pilarium,  ad  formam  latitudinis  capelhe,  quœ 
sanctœ  Trinitatis    dicebatur,  opus  coar[c]taret. 

Deinde  quatuor  pilarii  ejusdem  latitudinis,  sed  alterius 
forma?,  utrimque  positi  sunt.  Post  quos  alii  quatuor  ad 
circinum  sunt  statuti,  in  quibus  opus  superpositum  conve- 
niebat  in  unum.  Hic  est  modus  stationis  pilariorum.  Exte- 
rior  autem  mûri  ambitus,  a  turribus  pra^dictis  prog^rediens, 
primo  in  directum  ad  lineam  procedit,  deinde  flectitur  in 
girum,  et  sic  in  turre  rotunda  convenit  uterque  murus  in 
unum,  ibidemque  consummatur.  Hœc  omnia  clarius  et 
delectabilius  oculis  possunt  videri  quam  dictis  vel  scriptis 
edoceri  ',  Hœc  autem  dicta  sunt  ut  utriusque  operis,  novi 
scilicet  et  veteris,  differentia  possit  agnosci. 


1.  En  somme,  ce  qui  frappe  d'abord,  c'est  la  {rrandeur  et  les  vastes  pro- 
portions du  plan  de  la  cathédrale  de  Cantorbéry  et  la  somptuosité  de  la 
construction  et  de  la  décoration,  qui  répond  à  la  conception  de  cette 
œuvre.  Ce  plan  présente  une  certaine  similitude  avec  celui  de  la  cathé- 
drale de  Sens,  mais  il  est  aj^randi  et  heureusement  modifié.  Si  dans  cette 
dernière  cathédrale  on  n'est  encore,  semble-t-il,  à  cette  époque  qu'en  pré- 
sence d'un  emlîryon  de  transept,  il  n'en  est  déjà  plus  de  même  à  Cantorbéry 
où  l'on  voit  un  transept  à  doubles  croisillons,  c'est-à-dire  à  grand  effet, 
au  lieu  du  simple  transept  qui  a  été  élevé  à   Sens.Willis  n'a  consacré  que 


228  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIKE  [1070-1184] 

[H81  ]  —  Nunc  autem  videamus  attentius  quid  vel 
quantum  operis  cementarii  nostri  in  hoc  septimo  combus- 
tionis  anno  perfecerint.  Quod  ut  breviter  dicatur,  anno 
septimo,  facta  3st  nova  oripta  ^  satis  formosa,  et  super 
criptam,  parietes  exteriores  alarum  usque  ad  capitella 
marmorea  ;  fenestras  autem  non  potuit,  nec  voluit  mag'ister 
volvere  propter  ingruentes  pluvias,  nec  pilarios  statuere 
interiores.  In  istis  annus  septimus  completus  est,  et  octa- 
vum  sumpsit  initium. 

[H 82]  —  In  hoc,  octavo  scilicet,  anno  statuit  magister 
octo  interiores  pilarios,  arcus  et  fornicem  cum  fenestris  in 
circuitu  vol  vit.  Turrim  vero  exalta  vit  usque  ad  bases 
summarum  fenestrarum  sub  fornice. 

[1183]  —  Nonus  annus  vacavit  ab  opère  ob  defectum 
expensarum, 

[1184]  —  Decimo  anno  perfectîo  sunt  fenestrœ  superiores 
turris,  cum  fornice  ;  super  pilarios  vero,  inferius  triforium  ^ 
et  superius,  cum  fenestris  et  fornice  majori.  Tectum  quo- 
que  superius,  ubi  crux  est  in  eminenti,  et  tectum  alarum 
usque  ad  positionem  plumbi  ^.  Turris  quoque  cooperta 
est,  et  alia  plurima  hoc  anno  facta  sunt.  Hoc  anno,  electus 
est  Baldewinus,  Wigorniensis  episcopus,  ad  regimen  Gan- 
tuariensis  ecclesia3,  XVIIP  kal.  januarii  ^.Fuit  autem  intro- 
nizatus  Gantuaria»,  in  sequenti  solennitate  sancti  Dunstani, 
X°  Ill^kal.  junii  K.. 


quelques  lignes  insuffisantes  (p.  95)  à  la  comparaison  de  la  cathédrale  de 
Cantorbéry  avec  celle  de  Sens  ;  nous  avons  essayé  de  combler  en  partie 
cette  lacune  par  quelques  rapprochements  que  nous  avons  pu  faire  de 
visu  et  que  nous  avons  signalés  précédemment. 

1.  Y oy.  supra  la  note  que  nous  avons  jointe  au  texte  de  Gervais  sur 
la  crypte  de  la  cathédrale  de  Cantorbéry,  avant  que  le  chroniqueur  ait 
parlé    de  la  nova  crypta. 

2.  Voy.  supra  notre  note  concernant  le  triforium  de  Cantorbéry. 

3.  Diiîérenls  textes  que  nous  reproduisons  dans  notre  Recueil  per- 
mettent de  constater  l'usage  de  couvrir  en  plomb  des  cathédrales  pen- 
dant le  cours  du  xii"  siècle. 

4.  C'est-à-dire  le  15  décembre  1184  ;  Baldwin,  transféré  de  lévêché  de 
Worcester  à  l'archevêché  de  Cantorbéry,  occupa  ce  siège primatial  de  1\S^ 
à  1190. 

5.  C'est-à-dire  le  19  mai  1185.  Sur  l'historique  de  la  cathédrale  de  Can- 
torbéry depuis  la  fin  du  xn'  siècle,  voy.  Willis,  op.  cil.,  eh.  vu,  p.  117  et. 
suiv. 


[1073-1088]       DE  l'architecture  en  frange  229 

LXVII 
Vers  1073-1088  environ. 

Marché  de  construction  conclu  entre  l'abbé  de  LérinSy 
Aldebert^  et  des  maîtres  d'œuvre  chargés  d'édifier  la  tour 
de  l'île  Saint-Honorat  '  devis  estimatif  de  l'ensemble  des 
travaux  à  exécuter  par  tranche  régulière  de  tant  de  pieds 
de  hauteur  ,'  conditions  relatives  au  degré  d'épais- 
seur des  murs,  à  leurs  fondations,  aux  matériaux  à 
fournir  par  le  couvent,  à  leur  mode  de  transport  ainsi 
qu'à  l'entretien  desdits  maîtres. 

Chronologia   sanctorum  . ..    ac   ahbaluni    sacrae     insulae    Lerinensis  ^  a 
domino  Vincentio  Banali,  1613,  l.  II,  p.  213-214. 

(Cf.  l'abbé  Alliez,  Les  Iles  de  Lèrins,  1«60,  pièces  justif.  n°IX,  p.  502- 
403.  —  Cartulaire  de  Vabbaye  de  Lérins,  publ.  par  H.  Moris  et  E.  Blanc 
(2«  part.,  1905,  /n<rod.,p.  XV,  n.  2)2. 

DE    LOCATIONE    SEU    FUNDATIONE    TURRIS    LER1NENS1S 

Saepe  saepius  a  multis  et  non  contemnendis  viris  non 
mediocreni  ^,  quo  tempore,  a  quibusve  personis  ex[s]tructa 

1.  On  sait  que  l'île  Saint-Honorat  de  Lérins  fait  partie  d'un  petit  archi- 
pel de  la  Méditerranée,  situé  vis-à-vis  de  Cannes,  et  qui  relève  du  dépar- 
tement des  Alpes-Maritimes  (aujourd'hui  com.  de  Cannes). 

2.  Nous  devons  à  loblij^eance  de  notre  confrère,  M.  Moris,  archiviste 
des  Alpes-Maritimes,  les  renseignements  suivants  sur  cette  Chronologia. 
Elle  est  l'œuvre  authentique  d'un  moine  de  Lérins,  originaire  de  Lucéran, 
dans  le  comté  de  Nice,  qui  demeura  à  l'abbaye  de  Lérins  pendant  de 
longues  années,  après  y  être  entré  en  1577.  Elle  a  été  publiée  après  sa 
mort.  Le  manuscrit  de  cette  chronique  n'existe  plus  ;  on  n'en  trouve  plus 
trace  dans  les  archives  des  Alpes-Maritimes.—  Cf.  pour  les  constructions 
de  Lérins  dont  il  va  être  question,  A.  Lenoir,  Architecture  monastique, 
t.  I,  p.  64  ;  dom  Bérengier.  Les  des  de  Lérins,  dans  la  Reo.  de  Vart  chrét., 
t.  XIV  (1870),  p.  176-208  ;  Guide  topogr.,  archéol.  et  hist.  du  mon.  Saint- 
Honorat  ...  (1880)  ;  Enlart,  Man.  d  archéol.  fr.,  passim,  et  notamment,  t.  I, 
p.  295  et  300,  t.  Il,  p.  21  et  545.  Mentionnons  enfin  H.  Moris,  Vahbaye  de 
Lérins^  son  hist.,  ses  possessions,  ses  monum.  ancien.i,  Paris  et  Nice,  1905 
et  suiv.  [Annales  de  la  Soc.  des  lettres,  Se.  et  arts  des  Alpes-marit.,  t.  XIX 
et  suiv.) 

3.  Dans  l'éd.  Alliez,  au  lieu  de  non  mediocrem,  que  donne  le  texte  de 
Barrai,  on  lit  quaesitum  est  que  cet  éditeur  a  inséré  sans  raison  ;  l'éd.  Moris 
a  substitué  mediocris  A  mediocrem,  celte  dernière  forme  doit  être 
cependant  maintenue.  En  elïet,  cet  adjectif  se  rapporte  à  inquisitionem 
que  l'on  trouve  un  peu  plus  loin.  L'édition  de  1613  a  eu  tort  d'arrêter  la 
première  phrase  après  Lerinensis  ;  ce  qui  suit  est  un  membre  de  phrase 
qui  fait  corps  entièrement  avec  les  mots  qui  précèdent,  ainsi  que  le  marque 
notre  ponctuation. 


230  TEXTES   RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1073-1088] 

(nulla  enim  omnino  monimenta  seu  intersignia  in  ipso  prœ- 
grandi  œdifîcis  inveniuntur)  fuerit  moles  turris  ^  sacrae  in- 
sulse  Lerinensis,  intra  cujus  ambitum  nunc  deg-unt  mona- 
chi,  percepi  introducere  inquisition em,  et  raerito  :  res  certe 
digna  diligentis  indagatoris  industria  dignoscitur,  cum  intra 
iinius  soliusque  solide  septa  turris  apta  habitacula,  perne- 
cessariaeque  caenobio  monachorum  offîcinaî  consistant. 

Habentur  enim  in  ipsa  plus  quam  quatuor  supra  octo- 
ginta  distinctœ  mansiones,  quarum  aliquœ  numéro  subi- 
gere  non  inconveniens  reor,  Sunt  nunc  existentes  pro 
monachis  cellulœ  triginta  sex,  pro  aliisque  decem,  scilicet 
pro  hospitibus  quinque  et  totidem  pro  famulis.  Refecto- 
rium  suffîciens  capaxque  pro  jam  dicto  numéro,  more 
nionastico  circumcirca  murum  ex  una  tantum  parte  mensae 
religiosorum  accumbentium,  et  eo  amplius  ;  tum  aliud  pro 
hospitibus  refîciendis.  Insunt  insuper  capellœ  et  altaria 
numéro  quatuor,  in  quarum  majore  inest  chorus,  altare 
majus  cum  sacrosancto  Eucharistiœ  sacramento,  tum 
depositum  seu  theca  sacrarum  reliquiarum  ibi  annexa  sacra- 
rio.  Sequuntur  duse  cisternae  ;  claustrum  superius  et  infe- 
rius  ;  scalae  magnœ  duœ,  quarum  una  coc[l]ides~,  a  summo 
usque  deorsum  tendentes,  et  aliae  privatae,  in  simul  gra- 
dus  ascensionum  habentes  supra  ducentos  quinquaginta. 
Portœ  quœ  suis  seris  fîrmantur,  plus  octoginta  octo  ;  fenestra? 
quœ  clauduntur,  plus  centum,  exceptis  his  quae  in  summi- 
tate  arcis  per  girum  consistunt,  patentes  ad  speculatoris 
profectum.  Tum  deambulatori[a]  -^  seu  dormitoria  ;  quatuor 
coquina?,  furna,  et  in  summa  omnia  quae  ad  bene  ordi- 
natum  monasterium  requisita  videntur,  ut  non  jam  tur- 
rim  sed  amplum  theatrum  putes. 

Quocirca,  ut  vel  aliquatenus  petitioni  inquisitorum 
satisfaciam,  quœ  in  diversis  scripturarum  farraginibus  dis- 

1.  La  forteresse  abbatiale  de  Lérins  était  couronnée  par  des  mâchicoulis 
et  des  créneaux,  dont  la  forme  rappelle  ceux  de  Saint- Victor  de  Mai-seille 
avant  leur  mutilation.  Le  monument  a  été  terminé  en  1190,  mais  les  salles 
intérieures  et  les  cloîtres  furent  élevés  du  xiii'  siècle  au  xvi"  siècle. 

2.  cochides,  Alliez  et  Moris.  L'éd.  1613  donne  la  leçon  fautive  eocUdes. 

3.  deanihulaloriae,éd.  1613  fstc  :  Alliez  et  Moris).  La  leçon  véritable 
deamhulatoria  que  nous  rétablissons  n'est  pas  douteuse. 


[1073-1088]       DE  l'architecture  en  france  231 

persa,  de  ipsius  arcis  turris  fundatione,  constructione, 
reparationibusve  reperi,  hic  subjicere  non  gravabor.  In- 
primisque  ea,  quœ  in  quodam  manuscripto  vetustissimo 
codice  membran[e]o^  etsi  detruncata,  leguntur  de  loca- 
tione  fundamentorum.  Et  sunt  hœc  : 

((  Hanc  conventioneni  habuerurit  abbas  et  magistri  de 
«  opère  turris,  ut  abbas  persolvat  quingentos  solidos  ma- 
((  gistris  ;  et  ipsi  debent  perficere  quinque  pedes,  et  sic 
«  usque  ad  consummationem  operis.  Débet  fieri,  sicut 
((  prœdictum  est,  quinque  in  altum  et  grossitudine  can- 
«  nae,  ubi  subtilior  fuerit.  De  fundamento  vero  ita  dispo- 
«  situm  :  si  très  pedes  subtus  terram  intraverint,  magistri 
«  ex  toto  perficere  debent  ;  si  vero  quatuor,  abbas  perfi- 
«  ciat  unum  et  magistritres.  Ad  trahendos  lapides  parboum 
«  débet  abbas  commodare  ;  monasterium  débet  ligna  inci- 
«  dere  et  usque  ad  furnum  deportare  ;  cœtera  vero  magistri 
«  debent  explere.  Monasterium  quoque  omnibus  magistris, 
<(  sicut  cuilibet  monacho,  cibum  in  refectorio  débet 
«  dare  ^.   » 

Haec  in  dicto  antir/uo  /nem/jra/i[ e] o  '  manca,  ut  vides; 
quaî  quia  nec  notam  temporis  nec  nomen  exprimunt  ab- 
l)atis  (licet  credamus  esse  Aldebertum^  secundum,  ut  hic 
supra  habes  in  ipso),  de  dicta  erectione  prœfatae  turris 
nihil  ex  his  certi  determinare  valemus,  nisi,  quod  clare 
constat,  ab  abbate  et  conventu  monachorum    Lerinensium 

1.  Des  détails  précis,  comme  ceux  de  cet  ancien  devis,  sont  très-rares. 

2.  memhrano,  éd.  1613  (sic  :  Alliez  et  Moris). 

3.  Il  y  a  eu  deux  abbés  du  nom  d'Aldebert  à  Lérins,  Aldebert  I«'^(1046- 
1066),  et  Aldebert  II  (1066-1102).  Ce  serait  donc  ce  dernier  qui  aurait  fait 
jeter  vers  l'année  1073  les  fondations  de  la  tour  qui  devait  abriter  ses  frères 
en  cas  de  danj^er.  Les  grands  murs  étaient  presque  achevés  en  1088, 
puisque,  cette  annce-là,  eut  lieu  la  consécration  de  la  chapelle  de  la  Sainte 
Croix  qui  se  trouve  au  second  étage,  et  qui  porta  depuis  le  nom  de  Sainl-des- 
Saints  [Sancta  Sancloruin)  à  cause  des  reliques  nombreuses  qu'elle  conte- 
nait. Le  18  octobre  1088,  on  en  fit  la  dédicace  ainsi  que  de  l'église  de  la 
Sainte  Vierge,  sous  le  titre  de  Notre-Dame  de  la  Pitié,  et  de  la  grande 
église  de  Saint-Honorat:  «  Dedicalio  seu  consecratio  sanctaruin  ecclesia- 
rum  sacrae  insulae  l.erinensis,  videlicet  ecclesiae  Sanctae  Dei  çfenitribis 
Mariae,  dictae  de  Pietate  el  ecclesiae  inajoj-is  s.  patris  noslri  Honorali, 
lum  capellae  sanetae  Criicis  infra  turrim  »  ;  Voy.  Chronologia,  t.  I,  p.  376  ; 
cf.  Vlntrod.  de  Féd.  cit.  du  Cartulaire  de  Lérins). 


232  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1074] 

tantam  fuisse  erectam    molem,  circa    annos  Domini  octo- 
ginta  octo    supra   millesimum...  ' 


LXVIII 
1074. 

Donation  faite  àV  abbaye  de  Moissac,  par  plusieurs  seigneurs 
de  r église  de  Saint-Sernin,  sise  dans  le  Quercy,  au  lieu 
dit  de  Cieurac,  avec  cimetière,  presbytère,  baptistère  et 
un  terrain  suffisant  pour  y  construire  à  Ventour  un 
village,  suivant  des  dimensious  déterminées  à  V avance;  — 
permission  de  prendre  dans  un  bois  voisin  tous  les  maté- 
riaux de  construction  nécessaires  aux  demeures  des  moines 
ainsi  qu'aux  habitations  à   élever  daris  ledit  village. 

Archives  départ,  de  Tarn-et-Garonne,  G.  569,  f»  5,  Cartulaire  de  Moissac^. 
Publ.  dans  Flach,  Origines    de  l'ancienne  France,  t.  II,  p.  185-186,  n.  2. 
(Cf.  Hist.  de  Languedoc,  nouv.  éd.,  t.  V,  col.  604-605.) 

Ego  Artmannus  et  frater  meus,  vicecomes  Ademarus,  nec 
non  et  Poncius,  donamus  omnipotent!  Deo  et  sanctis  ejus 
apostolis  Petro  et  Paulo,  monasterio  Moysiaco...  ecclesiam 
Sancti  Saturnini,  sitam  in  pago  Caturcino,  in  loco  vulgo 
Siurag'*    denominato,     quae   nobis    evenitjure  hereditario, 

1.  Le  texte  ci-dessus  se  termine  par  la  mention  des  travaux  qui  curent 
lieu  à  la  fin  du  xiii'  siècle  et  dans  le  premier  tiers  du  xv*. 

2.  Nous  devons  cette  indication  à  l'obligeance  de  M.  Imbert,  archiviste 
du  déparlement.  —  Cf.  Invent,  des  Archives  départementales,  Tarn-et- 
Garonne,G.  669,  p.  196:  An.  1074:  «  Donation  faite  par  Arnaud  et  Adhémar, 
vicomtes  de  Nègrepelisse,  à  Pons  frère  et  à  l'abbaye  deMoissac,dc  l'éf^lise 
de  Saint-Saturnin  de  Sieurag,  au  diocèse  de  Cahors,  qui  leur  appartient, 
du  cimetière,  du  baptistère,  du  fief  presbytéral...  d'autant  de  terre  qu'il  en 
faut  pour  bâtir  une  ville...  » 

3.  Nous  devons  aussi  à  l'obligeance  de  M.  V.  Fourastié,  archiviste  du 
Lot,  la  note  suivante  que,  sur  notre  demande,  il  a  bien  voulu  nous  com- 
muniquer, quand  nous  avons  essayé  d'identifier  le  lieu  dit  «  Siurag  », 
qui  répond  à  la  forme  actuelle  Cieurac  :  «  Il  y  avait  dans  le  diocèse  de 
Cahors  de  nombreuses  paroisses  dont  les  églises  étaient  dédiées  à  saint 
Sernin  :  Saint-Scrnin-du-Caussc  ; —  des  Vaux  ;  — des  Pintiers;  —  de  Fran- 
cour  ;  —  près  de  Gourdon  ;  —  annexe  deSaint-Symphorien;  — annexe  de 
Thézels  ;  —  du  Bos.  Les  documents  déposés  axix  Archives  du  Lot  ne 
permettent  pas  d'établir  que  l'une  de  ces  églises  se  trouvait  dans  un  lieu 
appelé  Siurag.  Toutefois,  dans  la  série  F  (art.  184),  se  trouve  un  pouillé  du 
diocèse  de  Cahors,  mentionnant  la  paroisse    de  Cieurac,  autrefois  Siurac 


[1074-1086]       DE  l'architecture  eis  France  233 

«uccessione  parentum  nostrorum.  I])amus  quoque  eidem 
ecclesie  cimiterium  ab  integro  totum,  simul  cum  babtis- 
terio,  nec  non  et  fevum  presbiterale,  ettantum  ex  decimo 
quantum  pertinet  ad  sacristaniam  illam,  et  in  circuitu  eccle- 
«iae  illius  tantum  terre  foris  cimiterium,  quantum  sufïiciat 
âd  construendam  villam  amplam  in  lon^itudine  et  lati- 
tudine,  sicuti  mo[n]  stratum  est  a  nobis  determinatis  fini- 
bus,  coram  plurimis  testibus.  Donamus  etiam  in  bosco 
nostro  juxta  posito,  qui  dicitur  Fornales,  tantum  quantum 
ad  usum  monachorum  omniumque  hominum  ibi  degentium 
in  calefactione  et  in  domorum  suarum  edificatione  seu 
tocius  ville  constructione  sufficere    possit... 


LXIX 

107i-1086. 

Reconstruction  de  Véglisc  abbatiale  de  Saint-C ha/fre-du- 
Monastier,  au  diocèse  et  près  du  Puy,  en  Velay,  par 
les  soins  de  labbé  Guillaume  et  sur  les  conseils  de  Hugue^ 
abbé  de  Cluny  ;  influence  de  V architecture  bourgui- 
gnonne dans  ladite  église. 

Cartulaiire  de  Vabbaye  de  Saint-Chaffre-da-Monaslier  ^,  publ.  parU.  Che- 
valier, Le  Puy  et  Paris,  188S,  p.  45-17. 

(Cf.  N.  etF.  ThiolUcr,  Uarchitecture  religienseù  l'époque  romane  dans 
l'ancien  diocèse  du  Puy,  Le  Puy,  p.  119,  n.  5-). 

...    Vix  enim    illud    tam    magnum    aedifîcium  '^  centum 
annis     durare    praevaluit  ;    quoniam    non    super     petram, 

(sic).  Ces  noms  pourraient  désigner  la  même  localité  voisine  de  Caliors, 
aujourd'hui  Cieurac  ;  sur  le  territoire  de  cette  commune  se  trouvent 
d'ailleurs  des  bois  assez  étendus,  dont  le  nom  n'est  pas  indiqué  sur  le  plan 
cadastral  (et  par  suite,  ne  peut  être  rapproché  de  la  dénomination  For- 
nales). Remarquons  enfin  que,  d'après  le  pouillé  précité,  l'église  de  Cieurac 
avait  saint  Pierre  pour  patron.  Il  faudrait  alors  admettre  que  dans 
l'ancienne  paroisse  de  Cieurac  existait  autrefois  une  église  dédiée  à  saint 
Sernin,  église  ne  figurant  pas  dans  les  pouillés  relativement  récents  que 
nous  connaissons.  » 

1.  Le  Monastier,  ch.-l.  dec,  à  21  kil.  du  Puy  (Haute-Loire). 

2.  Voy.  ihid.  pour  les  sources  de  l'histoire  de  ce  monastère,  p.  119,  n.  1, 
et  pour  lesfig.,  p.  120  et  s.  —  La  chronique  du  Monastier  a  été  écrite  un 
peu  après  1087. 

3.  La  premièi'e  chapelle  de  l'abbaye,  dédiée  à  saint  Pierre,  étant  devenue 


234  TEXTES    RELATIFS    A    LHISTOIRE  [1074-1086] 

more  viri  sapieniis,  sed  super  arenam,  more  stolidi,  funda- 
mentum  habuit.  Post  ejus  ruinam,  non  absque  mag'no 
laborantium  sudore  peractum,  dubitatum  est  utrum 
ibidem  rursum  aedifîcari  vel  alibi  locus  mutari  deberet, 
quoniam  nullum  ibi  fundamentum  posse  reperiri  quibus- 
dam  videbatur  ;  mide  factum  est  ut  omne  monasterium, 
propter  crebras  aedifîeiorum  ruinas,  in  alio  loco  quo  securius 
aedifîcaretur,  mutari  consensu  cunctoruni  visum  sit 
melius.  Cumque  id  fieri  summopere  nonnuUi  postularent, 
et  jam  lapides  illuc  ad  aedificium  deportare  libenter  multi 
coepissent,animadvertenshocprudenterGuilhermus^,tertius 
abbas,  qui  tune  locum  regebat,  non  sine  mag-no  consilio, 
magnam  rem  ejusdem  loci  mutationem  fieri  oportere,  cum 
Sapientissimus  dicat  :  «  Oninia  fac  cum  consilio,  et  post 
factum  non  poenitebis  »,  et  beatus  Tobias  filio  suo  praece- 
perit  consilium  semper  a  sapiente  quaerendum,  venera- 
bilem  virum  domnum  Hug-onem,  abbatem  Cluniacensis 
cœnobii,  super  hoc  neg-otio,  missis  ad  eum  nunciis,  consu- 
luit.  Gui  ab  eodem  mandatum  est  [ut],  si  uUo  modo  locus 
ille  retinere  valeret,  non  licere  in  alium  temere  transmu- 
tare  locum,  propter  antiquam  videlicet  hujus  loci  sanctiiî- 
cationem  et  multorum  ibidem    quiescentiuhi    corpora    fide- 

insuffisante,  on  transporta  les  reliques  dans  une  autre,  dédiée  à  saint 
Martin,  qu'avait  fait  bâtir  l'abbé  Vulfade  (951-982).  Ce  monument  dura  à 
peine  cent  ans,  car  ses  fondations  avaient  été  étaijlies  sur  du  sable  mou- 
vant ;  il  ne  dut  pas  cependant  s'écrouler  en  entier,  car  une  phrase  du  chro- 
niqueur indique  clairement  que  l'abside  subsistait  encore  de  son  temps  et 
avait  été  très  probablemeni  utilisée  dans  la  construction  de  la  nouvelle 
église  :  «  Hic  itaque  [Vulfadus]  templum  eximii  operis  coepit  aedificarc, 
sicut  diximus,  in  eodem  loco  ubi  S.  Martini  oratorium  habebatur  et,  dum 
caput  ipsius  basilicae,  quod  adhuc  solum  ex  omni  magno  illo  aediticio 
superest,  studiose  perfecisset,  transtulit  illuc  corpus  b.  martyris  Theo- 
fredi.  »  Un  autre  ms.  porte  «  :  quod  tempore  Willelmi  quarti  creationis  », 
c'est-à-dire  en  1086.  La  persistance  de  ce  chevet  carolingien,  à  la  fin  du 
XI*  siècle,  n'a  pour  nous  actuellement  que  peu  d'intérêt  au  point  de  vue 
monumental,  cette  partie  de  l'église  ayant  été  reconstruite  au  xv* 
siècle.  »  (Thiollicr,  ib.,  p.  119,  n.  3).  Cf.  môme  auteur, L'église  du  Monastier 
et  le  château  de  Polignac...  Le  Puy,  1902,  p.  14  et  15,  en  note.  (Voy.  les 
planches  jointes  à  cette  étude.) 

1.  Guillaume  III,  abbé  du  Monastier  de  1074  à  1086.  —  Guillaume  IV, 
son  successeur,  acheva  le  monument.  Sur  les  rapports  entretenus  avec 
Cluny  par  les  abbés  du  Monastier,  voy.  Thiollicr,  op.  cit.,  p.  119.  L'in- 
fluence auvergnate  a  fusionné  dans  cette  région  avec  celle  de  la  Bour- 
gogne (cf.  Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,  1. 1,  p.  206).  Mais,  en  somme,  cette 
influence  y  est  peu  sensible;  la  cathédrale  du  Puy  est  une  exception. 


[1074-1086]       DE  l'architecture  en  frange  235 

lium,  sed  omni  studio  diligentiam  impendendam  fore  ut 
semper  in  eodem  loco  Domino  serviatur;  et,  ne  solis  hoc 
verbis  dicere  videretur,  transmisit  isdeni  liberalis  pater 
non  minimam  auri  quantitatem  ad  exercendum  illud  tam 
necessarium  opus.  Hujus  ig-itur  omnes  relevati  consilio,  de 
mutatione  loci  confestim  mutata  voluntate,  in  restaura- 
tione  ejusdem  ecclesiae  deinceps  enixius  laborare  coepe- 
runt  :  praefatus  namque  abbas  ex  aliis  reg-ionibus  peritos 
conduxit  artifices  ^,  qui,  sua  industria  locum  fundamenti, 
licet  cum  ingenti  fodientium  labore  quaesitum,  repererunt, 
ubi  stabile  fundamentum  locantes,  ex  imis  ad  superiora 
consurgere  coeperunt.  Sed  cum  jam  opus  iilud  inchoatum 
super  terram  elatum  ferventer  aedifîcari  coepisset,  isdem 
abbas  terminum  vitae  mortalis  accipiens,  praesentia  mundi 
reliquit  discrimina  atque  féliciter  ad  bona  migravit  aeterna. 
Gui  succedens  iste,  quem  nunc  habemus,  divinitus  nobis 
concessum  rectorem,  de  cujus  electione  supra  diximus, 
non  solum  in  ejusdem  ecclesiae  constructione,  sed  etiam 
in  aliis  offîcinis  monasterii  coepit  ita  strenue  laborare  ut 
paene  omnia  jam  renovata  et  in  melius  mutata  videantur. 
Quapropter  illud  opus  ecclesiae  differi  intérim  videtur,  quia 
nécessitas  regularium  offîcinarum  non  parvam  fratribus 
angustiam  saepius  inferebat,  dum  a  foris  convenientes  in 
solemnitatibus,  ut  moris  est,  nec  in  dormitorio  nec  in  capi- 
tulo  congruenter  consistere,  nec  per  claustrum  ordinatim 
procedere  valerent.  Jam  vero  tantae  sunt  amplitudinis,  ut 
plus  quam  centum  monachis  ad  requiescendum  et  resi- 
dendum  spatia  in  eisdem  praebeantur  congrua. 

1 .  «  La  structure  bourguignonne  des  voûtes,  qu'on  ne  trouve  en  Velay 
qu'au  Monastier  et  à  Chamalières,  principal  prieuré  de  celte  abbaye,  peut 
permettre  de  croire  que  les  maîtres  de  l'œuvre  vinrent  de  Bourgogne.  » 
(N.  Thiollier,  op.  cit.,  p.  119).  On  a  cru  pouvoir  aussi  remarquer,  à  un 
autre  point  de  vue,  que  les  constructeurs  delà  cathédrale  du  Puy  en  Velay, 
où  l'on  entretenait  des  relations  intimes  avec  les  moines  de  Saint-Hilaire 
de  Poitiers,  adoptèrent  pour  leur  système  de  coupoles  le  même  parti  qu'ils 
suivirent  à  la  nef  de  Saint-Hilaire  dès  avant  1130. 


236  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1088] 

LXX 

1076,  17  avril,  1088  et  1191. 

Mention  de  divers  bâtiments  du  château  de  Blois. —  Clô- 
ture de  mur  dudit  château^  d'après  une  inscription  com- 
mémorative.  —  Chapelle  de  la  tour  et  chapelle  attenant 
à  r appartement  privé  du  comte. 


Extr.  d'une  charte  de  Thibaut  III,  comte  de  Blois  (1037-1089).  Oriç. 
Archives  d'Eure-et-Loire,  H  2367.  — Cartulaii'e  de  Marmoulier  pour  le 
Dnnois,  publ.  par  E.  Mabille  (1874),  n"  XL,  p.  37. 

(Cf.  Mab'ûlon,  Annales  ordinis S.  Benedicti,  t.  V,  1713,  p.  70.  —  Martène, 
Histoire  de  Marmoutier,  III,  n.  283.) 

[1076,  17  avrilj.  —  ...  Factiim  est  hoc,  ut  diximus,  apud 
castrum^  Blesium  intra  curiam,  retro  palatium,  prope  tur- 
rem,  patulo  -  inter  caminatas'^  quidem  palatii  sito,  XV 
kalendas  maii  die,  dominica  post  meridianam'*. 


Ancienne  inscription  lapidaire  sur  le  portail  de   la   ville  de  Blois,  dans 
Bernier,  Histoire  de  Blois,  1682,  p.  293. 

[1088.]    —   Cornes   Stephanus  '  et  Adela  comitissa,  sui- 
que  heredes ,  perdonaverunt  hominibus  istius  patrie  butagium*» 


1.  Une  charte  de  903  contient  déjà  cette  mention  :  in  Bleso  Castro,  intus, 
in  veleri  castello  (De  la  Saussaye,  Hist.  du  château  de  Blois,  2"  éd., 
p.  222).  Le  château  de  Blois  est  appelé  caslellum,  caslellelum  en  1150  (Ber- 
nier, Histoire  de  Blois,  p.  294)  ;  voy.  aussi  De  la  Saussaye,  op.  cit.  (4'  éd., 
p.  60). 

2.  Patulum,  diminutif  de  paluum,  cour  fyazonnée. 

3.  Caminata,  chambre  avec  cheminée.  Voy.  Du  Canjje,  Gloss.,  v"  Cami- 
nala  (cf.  ibid.,  l'expression  suivante  «  Acta  in  aula  sive  caminata  nostra  ».) 

4.  Suivant  notre  savant  confrère,  M.  Merlet,  archiviste  d'Eure-et-Loir, 
qui  a  bien  voulu  vérifier  la  cote  de  ce  document,  on  pourrait  aussi  accep- 
ter ici  la  date  du  17  avril  1082. 

5.  Etienne  I",  fils  de  Thibaut  III,  comte  de  Champagne. 

6.  Il  s'agit  ici  delà  prestation  que  devait  au  seigneur  celui  qui  vendait  du 
vin  (cf.  hotagium,  boulage). 


[H91 


DE    l'architecture    K>    FRANCE  23T 


in  perpetuum,  eo  pacto  ut  ipsius  castellum*  muro  clau- 
derent.  Quod  si  quis  violaverit,  anath«ma  sit,  Datan  quo- 
que  et  Abiron  maledictionem  habeat. 


3 

Archives  deJoursanvaiiU,  n»  30S8. 

[4191]  —  ...  Eg-o  Ludovicus^,  cornes Blesensis, omnibus no- 
tumfacioquod...  beneficiumillud  quod  idem  pater  meusdede- 
rat  Durando  capellano,  pro  servicio  capelle  Me  turre  mea, 
do  et  concedo  canonicisSanctiKarilephi^,ita  tamenquodipsi 
tenebuntur  deservire  utrique  capelle,  illi  ^àdelicet  de  turre, 
et  capelle  ^  quœ  meo  thalamo  ^  est  continua...  Datum  Blesis,. 
anno  gratie  M"  C"  nonagesimo   P. 

1.  Ç'est-à-dirc  le  château  du  seigneur  de  la  ville  de  Blois.  Sur  cette 
inscription  de  la  porte  de  Blois,  côté  de  la  ville,  qui  se  voyait  encore  vers 
1788,  époque  à  laquelle  ladite  porte  fut  démolie,  cf.  aussi  Soyer,  Élude 
sur  la  communauté  des  habitants  de  Blois,  1894,  p.  12  et  21  (notes),  et 
E.  Johanneau,  dans  les  Mém.  de  la  Soc.  des  se.  et  des  lettres  de  Blois, 
t.  III  (1840),  p.  295.  —  On  a  parfois  placé  au  xii*  siècle  des  inscriptions 
lapidaires  au-dessus  des  portes  des  châteaux.  C'est  ainsi  qu'en  1180, 
on  disposa  l'inscription  suivante  au-dessus  de  l'entrée  du  château  de 
Gand  :  «  M.  C.  LXXX.  Piiilippus,  cornes  Flandrie  et  Viromandie,  filius 
Thirici  comitis  et  Cibilie,  fccit  hoc  castellum  componi  >>  'cf.  une  image 
photographique  de  cette  inscription  dans  l'Inventaire  archéologique  de 
Gand  (Gand,  nov.  1900,  in-8),  p.  182):  plus  tard,  en  1231,  autre  inscription 
au  château  de  Boulogne  (cf.  Enlart,  Man.  d'archéoL,  t.  II,  p.  327). 

2.  Louis,  fils  de  Thibaut  V,  comte  de  Blois  de  1191  à  1205. 

3.  Cf.  les  actes  de  1150  et  1166  :  «  ecclesia  S.  Carilephi  de  Castelleto- 
Blesensi,  quae  capella  mea  erat  ».  (Bernier,  Hist.  de  Blois,  Pr.,  p.  XI). 

4.  Saint-Calais,  ville  du  Vendômois,  diocèse  du  Mans  (auj.  dans  la 
Sarthe). 

5.  «  L'emplacement  de  la  chapelle  de  Saint-Calais  ayant  toujours  été  le 
même...  les  appartements  des  anciens  comtes  de  Blois  occupaient  alors 
le  terrair  où  se  trouvent  aujourd'hui  les  constructions  des  ducs  d'Or- 
léans »  (De  la  Saussaye.  op.  cit.,  2"  éd..  p.  31).  —  Pour  les  textes  ci-dessus,, 
cf.  aussi,  ihid.,  p.  29  et  p.  222-223. 

6.  Cf.  les  expressions  suivantes  :  <<  apud  Castrumdunum.  in  cuticule 
aule  sue»,  à  propos  du  château  du  vicomte  de  Châteaudun  [Carlul.  de 
Josaphat,  par  l'abbé  Métais,t.  I,  p.  81  ;  —  a  ad  petram  ante  iurrem  Castri 
Dunensis,  ibid.,  p.  82).  «  La  mention  de  cette  pierre  de  justice  placée 
devant  la  porte  du  château  est  assez  rare,  mais  n'est  pas  un  fait  isolé.  Il  y 
en  avait  une  pareillement  dans  la  cour  du  château  de  Blois  »  {ibid.,  p.  82, 
n.  1).  —  «  A  Troyes,  Henri  I"  paraît  s'être  construit  le  palais  qu'il 
appelle  lui-même  domus  mea,  ma  maison,  en  1157,  n°  47,  qu'on  trouve  aussi 
désigné  sous  les  noms  d'aula,  de  sales  du  comte,  et  qui  contenait  une 
pièce  que  la  charte  de  l'an  1177,  n"  298,  appelle  thalamus  comitis,  chambre 
à  coucher  du  comte  »  (d'Arbois  de  Jubainville,  Hist.  des  ducs  et  des  comtes 
de  Champagne,  t.  III,  p.  253).  Thalamus  apparaît  ainsi  quelquefois  dans 
les  chartes  avec  le  sens  de  cubiculum  (Voy.  le  Gloss.  de  Du  Cange). 


238  TEXTES  RELATIFS  A  l'histotre       [Vers  1076] 

LXXI 

[Vers  1076] 

Donation  faite  par  Amance  à  Vabbaye  de  Sainte-Foi  de 
Conques^  en  Bouergue,  à  la  condition  qu  une  mission  de 
trois  moines  désignés  par  le  donateur,  et  parmi  lesquels 
se  trouvait  Deusdet,  construirait  une  église  dédiée  à 
sainte  Foi,  à  Esclottes,  dans  le  Bazadais.  —  Mention 
d'une  église  construite  en  bois  par  le  moine  Deusdet,  à 
Sarda  (?),    dans   le  même  pays, 

1 

ECCLESIA   DE   ESCOLT 

Carlulaire  de  Vabhaye  de    Conques  en  Rouergiie,  publ.  par  G.  Desjardins 
{Doc.  historiques...  Soc.  de   l'Ecole  des  Chartes),  1879,  n"  50,  p.  51. 

In  nomine  Domini.  Ego  Amancuus,  pro  salute  animaB 
meœ  et  pro  salute  parentum  meorum  tam  vivorum  quam  et 
defunctorum,  do  Sancti  Salvatoris  de  Conchas  et  sanctae 
Fidis(sic)  duos  mansos  déterra  in  Escolt^,  ethocin  episcopatu 
Basatensi-^,  cum  quarto,  et  décima  tota  quœ  de  alios  très 
mansos  totani  decimam,  per  talem  convenientiam  ut  Deusdet 
monacus  aut  Petrus  aut  Odolricus  ^  faciant  unam  aecclesiam 


1.  Conques,  aujourd'hui  ch.-l.  de  c,  arr.  Rodez  (Aveyron). 

2.  Esclottes,  com.  du  cant.  de  Duras,  arr.  Marmande  ^Lot-et-Garonne), 
située  sur  les  confins  de  Tarr.  de  Bazas  (Gironde).  G.  Desjardins  a  identifié 
Escolt  avec  Lesclottes,  au  lieu  d'Esclottes. 

3.  Dans  d'autres  textes  du  même  Cartulaire,  qui  appartiennent  à  la  fin 
du  xi°  siècle,  on  lit  ceci  :  «  In  comitates  de  Basado,  in  Escolto  »  (p.  281), 
ou  bien  encore  :  «  In  comitateni  de  Basades,  ecclesia  de  Escolt  »  (p.  286). 
L'église  actuelle,  fort  intéressante,  porte  une  voûte  d'ogives  archaïque, 
ainsi  que  M.  Brutails  a  bien  voulu  nous  en  informer. 

4.  Il  Urbain  II,  en  109.Ï,  consacra  l'église,  encore  inachevée,  de  Saint-Ser- 
nin,  qui  avait  été  commencée  vers  1060.  D'après  le  chronographe  de  l'ab- 
baye Houcrgate,  celle  de  Conques  était  à  peu  près  terminée,  au  moment 
où  l'on  posait  la  première  pierre  de  Saint-Sernin.  «  Odolricus...  hasilicam 
ex  maxinia  parle  consuniinavil...  corpus  bealie  Fidis  de  veleri  ecclesia 
in  novam  hasilicam  translulit,  ac  eliain  monaslerium  in  eu  forma  in  qua 
est,  ad  honorem  Deiet  heatœ  Fidis,  fecisse  creditur  tempore  Ilenrici,  Fran- 


[Vers  1076]        de  l'arciiitecïure  en  frange  239 

ibi  in  honore  sancta?  Fidis',  pro  anima  meaet  pro  animabus 
parentum  meorum.  Similiteret  dono  eis  omnem  ecclesiam. 
Similiter  et  dono  eis  omnem  justiciam  de  ipsa  ecclesia  et  de 
hominibus  quos  agg-reg-are  ibi  potuerint,  sine  uUo  parente 
velherede  contradicente.  Et  si,  quod  absit,  advenerit  aliquis 
abbas  aut  monacus  qui  h[u]nc  honorem  vellet  auferre  de 
tabula  sanctœ  Fidis,  veniat  fîlius  vel  filia  aut  quiUbet  qui 
honorem  meum  tenuerit,  et  mittat  super  altare  Sancti 
Salvatoris  et  sanctéF  Fidis  XII  denarios  Lemovicanos... 
Si  quis  autem... 


Liber  miraculorum  Sancte  Fidis,  publ.  par  A.    Bouillet   (1897),  1.  IV,  c. 
[21],  p.  212. 

Sancte  Fidis  in  honore,  monachus  nomine  Deusdet  eccle- 
siam que  Sardanum^  dicitur,  ligneo  edificio  in  pago  Basa- 
tensi  prius  construxit,  et  in  humili  machina  tabulatis  inte- 
xuit,  Vili  quidem  stabat  sccmate... 

corum\regis]...  Odolric  est  cite  pour  a  dernière  fois  dans  une  pièce  de 
1065.  J'ai  démontré  plus  haut  que  l'auteur  anonyme  écrivait  à  la  fin 
du  XI"  siècle.  »  (G.  Desiardins,  Jntrod.  au  Gartulaire  de  Conques, 
p.  XXXIII;. 

1.  Le  Cnrtulaire  de  Vahhayede  Conques  en  Rouergue,  dit  M.  Gustave 
Desjardins,  nous  montre  les  moines  bâtissant,  dans  les  lieux  où  ils  vont 
s'établir,  des  églises,  des  couvents,  des  bouigs  de  sauveté,  des  ports,  etc. 
Un  document  nous  a  conservé  les  noms  de  trois  de  ces  moines  archi- 
tectes :  Amancius  donne  deux  manses  dans  le  Bazadais,  à  condition  que 
Deusdet,  moine,  ou  Pierre,  ou  Odolric  y  construira  une  église  en  l'hon- 
neur de  sainte  Foi.  Ainsi  le  culte  de  cette  sainte  a  porté  avec  lui  le  style 
né  à  Conques,  dans  les  contrées  où  il  s'est  propagé,  et  nous  saisissons  sur 
le  fait  la  formation  et  le  développement  d'un  mode  d'architecture  romane 
très  répandu  dans  le  Midi  de  la  France.  M.  Viollet-le-Duc  la  retrouvé  en 
Navarre,  où,  d'après  le  Gartulaire,  les  moines  de  Conques  firent  de  nom- 
breuses constructions  »  (ibid.,  p.  XXXIV).  —  Cf.  U.  Chevalier,  liép.  top.-bihl., 
I,  col.  775,  v°  Conques  ;  sur  la  diflusion  du  culte  de  sainte  Foi  au  moyen 
âge,  en  F'rance  et  à  l'étranger,  les  monuments  qui  furent  élevés  en  son 
honneur,  voy.  A.  Bouillet  et  L.  Servières,  Sainte  Foy,  vierge  et  martyre, 
Rodez,  1900  ;  cf.  l'éd.  de  1901,  p.  87  et    Suiv. 

2.  Nous  n'avons  pu  identifier  le  lieu  où  se  trouvait  cette  ancienne  petite 
église,  que  notre  savant  confrère,  M.  Brutails,  a  vainement  cherchée  sur 
les  listes  de  bénéfices  de  l'ancien  diocèse  de  Bazas,  et  que  M.  Bonnat  n'a  pu 
trouver  parmi  les  anciennes  localités  du  Lot-et-Garonne  dépendant  de 
l'ancien  Bazadais.  Un  lieu  dit  Sarda  existe  hors  du  Bazadais  dans  la 
commune  de  La  Sauvetat-de-Savères,  arr.  d'Agen,  mais  il  ne  paraît  pas 
correspondre  à  celui  que  mentionne  notre  texte,  en  supposant  que  le  nom 
en  ait  été  exactement  transcrit. 


240  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire     [Avant  1077] 


LXXII 

Avant  1077. 

Mention  du  monument  antique  de  Nîmes,  dit  la  Maison 
Carrée,  et  de  son  portique,  dans  le  testament  de  Ponce, 
chanoine  de  la  cathédrale  Notre-Dame  de  ladite  ville. 

Cartulaire  du  chapitre  de  l'église  calhédrale  Notre-Dame  de  Nimes,  publ. 
par  E.  Germer-Durand',  n'°  CXII  (Mém.  del'Acad.  du  Gard,  an.  1873,  éd. 

1874,  p.  176-178). 

CARTA    DE    MURO    NOVO 

In  homine  sanctae  et  individuae  Trinitatis,  incipit  bre- 
vis  divisionalis  quem  divisit  Pontius  canonicus,  in  sua 
recta  memoria,  dum  jacebat  in  lecto  egritudinis  suae  ;  et 
postea  animum  suum  nunquam  mutavit. 

Volo  ac  jubeo  ut  habeat  domna  mea  Sancta  Maria,  et 
canonici,  in  illorum  alimonia,  ipsum  mansum  qui  est  infra 
Nemauso  civitate,  a  Muro  Novo  -,  ubi  Rotbaldus  visus  est 
nianere,  cum  ipso  cluso  etcum  ip.sos  arbores...  Et  habeat... 
Pontius,  [fratris  mei  fîliusj,  ipsa  sala  de  Gapitolium  ^,   que 

1.  Comme  l'observe  l'éditeur  de  ce  cartulaire,  le  nom  de  l'évêque  Fro- 
taire  qui  paraît  dans  cet  acte  est  le  seul  indice  chronologique  que  porte 
le  testament.  Or,  il  y  a  eu  à  Nîmes  deux  évoques  de  ce  nom  :  Fro- 
taire  P'  dont  lépiscopat  s'étend  de  987  à  1015  environ,  et  Frotaire  II  (1026- 
1077  environ).  M.  Germer-Durand  a  pense  qu'il  serait  question  ici  de  Fro- 
taire I";  c'est  aussi  notre  avis,  vu  surtout  la  latinité  usitée  dans  ce  très 
curieux  document  dont  nous  ne  donnons  ici  que  le  fragment  qui  interesse 
notre  Recueil.  Ajoutons  que  nous  aurions  placé  ce  texte  dans  des  limites 
chronologiques  beaucoup  plus  étroites  du  cours  du  xi*  siècle,  c'est-à-dire 
avant  1115  vraisemblablement,  si  nous  avions  eu  plus  tôt  connaissance  de 
ce  document. 

2.  Même  avant  la  construction  de  l'enceinte  régulière  et  continue  de 
1194,  les  habitants  de  Nîmes  avaient  songé  à  clore  certains  points  plu» 
ouverts  ou  plus  exposés  que  d'autres.  Le  Murus  Novus,  dont  il  est  ques- 
tion ici,  avait  été  élevé  pour  protégerla  Maison-Carrée  {Sala  de  Capitolio). 
Il  était  situé  sur  l'emplacement  de  la  façade  du  théâtre  actuel,  et  devait 
s'étendre  de  la  Porte  de  la  Bouquerie  à  la  Porte  de  la  Magdeleine  (Ger- 
mer-Durand, op.  cit.,  p.  177,  n.  1). 

3.  La  Maison-Carrée,  autrement  dit  le  Capdueil  {Capitol ium),  en  lan- 
guedocien. 11  s'agit,  à  vrai  dire,  d'un  ancien  temple  dont  le  plan  est  un 
narallélogramme  rectangle  et  auquel  on  a  donné  improprement  le  nom  de 
Maison-Carrée. 


[1077]  DE    l'aRCHITECTLRE  en    FRANCE  2  il 

comparavit  de   Folcranno   presbitero,   cum   ipsa   curte    de 
îpsum  po[r]ticuin  '  inantea-,  pro  remedium  animae  meae  :  in 
/ea  verl  o]  ratione,  quod  frater  meus  Bernardus  nec    infantes 
sui  non  interpellent  ipsum  exaY[i]um^  qui  ibidem  fuit... 


LXXIII 
1077,  28  janvier. 

Autorisation  accordée  par  Guillaume,  duc  d'Aquitaine,  aux 
religieux  du  monastère  de  Saint-Jean  et  Saint-André,  à 
Poitiers,  de  prendre  dans  ses  bois  tous  les  matériaux 
nécessaires  à  leurs  bâtiments,  ainsi  quà  la  construction 
ou  à  la  reconstruction  d'habitations,  avec  la  faculté  d'user 
aussi,  sans  frais,  de  pierres  de  meule  extraites  des  carrières 
dudit  seigneur,  pour  l'entretien  de  leurs  moulins. 

Layettes  du  Trésor  des  Chartes,  par  A.  Teulet,  t.  I  (1863),  n°  20,  p.  23-25 
^d'après  Arch.  Nat.,  J  iôO.  Fondations,  I,  n"  2.  J.  Copie  delà  2"  moitié  du 
xiii'  moitié). 

Ego  Guillelmus '...  dux  '  Aquitanorum,  per  De 
misericordiam . . .  ad  honorem  Dei  omnipotentis  et  Sancte 
ejus  genitricis  semperque  Virginis  Marie,  et  sanctorum  apos- 
tolorum  Johannis  et  Andrée,  statui  mihi  construere  monas- 
terium  in  suburbio  Pictavensi...  Dono  eciam  ipsi  monas- 
terio  stagnum  ipsius   civitatis  contiguum,    cum  pisc(h)aria 

1;  Le  te.vte  met  ponticiim.  —  Ce  magnifique  édifice,  que  Vitruve  aurait 
•ranj^^é  parmi  les  temples  pseudo-pcriptères,  est  orné  au  dehors  de  trente 
•colonnes  cannelées  d'ordre  corinthien,  et  il  est  précédé,  au  devant  de  la 
façade,  d'un  {^rand  vestibule  ou  portique,  ouvert  de  trois  côtés,  soutenu 
par  dix  colonnes  pareilles  aux  autres,  mais  isolées,  qui  i-ntrent  dans  le 
nombre  des  trente,  et  dont  six  forment  la  face   antérieure. 

2.  C'est-à-dire  :  la  cour  devant  le  péristyle,  en  allant  vers  le  Capdueil. 
depuis  lors  rue  Auj^uste. 

3.  Droit  de  sortie  (pour  exaginm). 

1.  Guy-Geoffroy-Guillaume,  comte  de  Poitou  et  duc  d'Aquitaine  M058- 
1086;.  —  Cf.  t/i/'ra  l'acte  de. janv.  1107  relatif  à  une  autorisation  du  même 
f;enre  accordée  par  le  duc  d'Aquitaine  aux  religieux  de  Saint-Jean-d'Or- 
hestier,  en  Bas-Poitou. 

5.  Le  texte  porte  fautivement  diicx. 

16 


242  TEXTKS    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1077-1081] 

et  cum  molendinis  in  eodem  positis,  et  cum  consuetudine 
molarum  que  necessarie  erunt  eisdem  molendinis.  Quas 
eciam  molas  homines  consuetudinarii,  qui  eas  extrahunt, 
debent  sine  aliquo  precio,  exceptis  molis  veteribus,  quas 
ipsi  homines  accipiunt  ;  quas  etiam  molas  judex  de  Bonolio 
per  consuetudinem  débet  conducere  usque  ad  lacum  de  For- 
g-iis^,  et  judex  de  Forgiis  usque  ad  molendina,  sine  aliquo 
precio...  Concedo  eciam  eis  omnes  silvas  meas...  ad  domos 
suas  construendas  vel  reedificandas,  sive  ad  omnia  necessa- 
ria  facienda,  tam  his  qui  habitant  in  monasterio  quam  hls 
qui  sunt  per  obediencias. 

...  Facta  est  hec  carta  donacionis...  V**  kal.  febroarii, 
anno  ab  Incarnatione  Domini  M**  LXXVII...  régnante  re<^e 
Francorum  Philippe... 


LXXIV 
1077-1081,  et  1104-1129  environ. 

Œuvre  des  sculptures  du  tombeau  de  saint  Front  de 
Périgueux  exécutées  par  Guinaniand,  moine  de  l  abbaye 
de  la  Chaise-Dieu,  en  Auvergne.  —  Incendie  du  bourg 
et  de  Véglise  collégiale  Saint-Front  ;  destruction  des 
cloches  atteintes  par  le  feu  dans  le  clocher. 


Fragmentamde  Pelraqoricensihus  episcopin,  seu  epitome...  dans    Labbo, 
NovaBibl.  man.,  t.  Il  (1657),  p.  738. 

(Cf.  Hec.  (les  Hisl.  de  France.,  t.  XII  (1781),  p.  391.-  C.  Guigue,   dans 
les  Archives  de  l'art  français,  t.  V,  Doc,  1837-58,  p.  30.) 

[1077-1081]    —   Cujus    tempore   [Guilhermi    de   Montje 

1.  Cette  localité  était  située  dans  l'Aunis;  aujourd'hui  Forges,  comm.  du 
cant.  d'Aigrefeuille,  arr.  Rochcfort  (Charente-Inférieure).  Quant  à  celle 
«  de  Bonolio  »,  nous  n'avons  pu  ridentifier,  pas  plus  que  l'éditeur  des 
Layettes  dn  Trésor. 


[1104-1129]  DE    l'architecture    en    FRANCE  243 

BerulphoJ  ^,  Guinamandus  2,  monachus  Gasae  Dei^,  sepul- 
chrum^  sancti  Frontonis  mirabiliter  sculpsit.  Stephanus 
Iterius,  canonicus  Sancti  Frontonis  et  cellerarius,  omnia 
necessaria  huic  operi  ministravit. 


[Vers  1104-1129  environ].  —  Hune  vero  supradictum 
secutus  est  in  eadem  sede  Guilhermus  de  Alba  Rocha  ^, 
et  ecclesiam  rexit  annos  XXIIII.  Obiitque  anno  Domini 
inillesimo  centesimo  XXIII,  IV  non.  aprilis,  et  sepultus 
est  in  hac  ecclesia.Gujustempore,  burgus  Sancti  Frontonis 
et  monasterium  "  cuni  suis  ornamentis  repentino  incendio, 
peccatis  promerentibus,  conflagravit,  atque  signa  in  clo- 
cario  igné  soluta  sunt.  Erat  tune  temporis  monasterium 
ligneis  tabulis  coopertum... 


1.  Guillaume  I"deMonlberon,  qui  fut  évêque  de  Périgueuxde  1059  à  1081. 

2.  Et  non  Giiinamundus.  Le  nom  de  Guinamand,  —  on  imprime  parfois 
à  toi't,  selon  nous,  Guinamond,  —  n'est  pas  fréquent.  Nous  le  trouvons 
porté,  vers  la  même  époque,  dans  le  pays  Daupliinois,  par  un  archevêque 
d'Embrun,  Guinamandus,  dans  le  Chartular.  S.  Victnris  Massiliensis,  éd. 
Guérard.  t.  II,  n°  69S,  à  l'année  1066  (cf.  ibid.,  la  forme  Giiinamannus). 
Quant  à  la  forme  Guinamundiis  que  l'on  a  retrouvée  à  Saint-Front  sur  une 
plaque  de  cuivre  émaillée,  elle  n'a  point  paru  appartenir  à  une  œuvi-e 
authentique  (voy.  Texier,  Dicl.  d  orfèvrerie,  v"  Guinamnndiis).  G.  Guigue 
(op.  cit.),  et,  après  lui,  Bauchal  [Xoiiv.  dicl.  hiogr.  et  crit.  des  archit.  fr., 
p.  284),  sur  la  foi  de  dom  Genoux,  auteur  d'une  histoire  manuscrite  de  la 
Chaise-Dieu,  ont  cru,  sans  raison  sullisante,  que  Guinamand  avait  fait 
aussi  œuvre  d'architecte  à  Saint-Front  :  les  témoignages  contemporains 
n'autorisent  pas  cette  opinion. 

3.  Ancienne  abbaye  bénédictine  fondée  par  saint  Robert,  en  1043,  au 
diocèse  de  Clermont  ;  auj.  ch.-l.  de  cant.,  arr.  Brioude  (Haute-Loire).  Sur 
les  rapports  entre  cette  abbaye  et  Saint-Front  de  Périgueux,  vers  1080  (au 
sujet  du  monastère  de  Brantôme)  et  au  commencement  du  xii*  siècle,  voy. 
F.  de  Verneilh,  L'architecture  byzantine  en  France  (1852),  p.  86. 

4.  C'est  sous  la  coupole  de  l'Est  qu'était  placé  le  tombeau  de  l'apôtre  du 
Périgord.  «  Le  sépulcre  de  saint  Front,  dit  M.  de  Verneilh  {op.  cit.,  p.  83), 
était  circulaire  et  voûté  en  pyramide.  Placé  directement  sous  la  coupole  de 
la  tête  de  la  croix,  il  devait,  et  par  sa  forme  et  par  son  style,  s'harmoniser 
admirablement  avec  la  grande  cathédrale.  C'était  tout  un  petit  édifice  à  la 
décoration  duquel  concouraient  la  sculpture,  la  mosa'ique,  les  émaux. . .  » 
Cf.  l'abbé  Th.  Pécout,  Perù/j/CHX,  soiivenir.s  histor.,  biogr.  et  archéol., 
p.  154.  Voy.  aussi  Thiollier  (N.  et  F.),  L'architecture  religieuse  à  l'époque 
romane  dans  l'anc,  diocèse  du  Puy,  Le  Puy,  p.  58,  n.  2.  Ce  monument 
remarquable  a  été  malheureusement  détruit  au  xvi'  siècle  par  les  protes- 
tants du  Périgord,  pendant  les  guerres  religieuses. 

5.  Guillaume  Ild'Auberoche,  évêque  de  1104  à  1129  environ. 

6.  Le  terme  monasterium  s'applique  ici  à  une  église  collégiale  (cf.  supra, 
p. 4,  n.  6). 


244  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1077-H13] 


Chronicon  Sancti  Maxentii  Piclavensis  sive  Malleacense,  dans  les  Chro- 
niques des  églises  d'Anjou,  éd.  Marchegay  et  Mabille  (Soc.  hist  de  Fr.), 
1869,  p.  429. 

(Cf.  Labbe,  NovaBibl.  mare.,  t.  II, p.  219.  —Rec.  des  Hisl.  deFr., t.XII, 
p.  407.) 


[H 20].  —  Anno  MCXX...  similiter'  incensum  est 
monasterium  ^  Sancti  Frontonis  civitatis  Petragoricae 
cum  multis  hominibus  et  fTejminis... 


LXXV 
1077-1H3. 


Règlement  du  temporel  de  Vabbaye  de  Saint-Bénigne  de 
Dijon.,  concernant  la  réfection  et  f entretien  des  bâti- 
ments conventuels,  institué  par  Jarenfon,  abbé  de  ce 
monastère  :  détermination  de  la  part  éprendre  par  chaque 
obédience  de  Saint-Bénigne  aux  dépenses  des  travaux  de 
couverture  des  bâtiments. 


Martyrologe  et  obituaire  de  Saint-Bénigne  de  Dijon,  dans  le  Catalogue  géné- 
ral des  manuscrits  de  la  Bibliothèque  de  Dijon,  n°  634  (379),  fol.  123 
(xiii'  siècle). 

(Cf.  Chomlon{ahhê).  Histoire  de  l'église  Saint- Bénigne  de  Dijon,  1900, 
p.  145,  n.  2.) 


1  .  La  chronique  vient  de  rapporter,  sous  la  date  du  22  juillet  1120,  l'in- 
cendie de  l'église  abbatiale  de  la  Madeleine  de  Vézelay  (S.  Maria  Magdalena 
de  Vizeliaco). 

2.  11  s'agit  encore  ici,  comme  dans  l'extrait  précédent,  de  l'église 
collégiale  ancienne  qui  était  lambrissée  ;  elle  est  antérieure  au  Saint-Front 
à  coupoles.  Voy.  dans  le  Bull,  monum.  de  1895,  Anthyme  Saint-Paul,  La 
question  de  Saint-Front,  p.  5-28,  et  Brutails,  ibid.,  p.  87-137,  où  les  textes 
ci-dessus  sont  commentés.  Voy.  aussi  (5"  série,  t.  VI,  1895,  p.  361-373), 
dans  la  Bev.  de  l'art,  chrét.,  J.  Berthelé,  La  question  de  la  date  de  Saint- 
Front  de  Périgueux  et  M.  A.  Saint-Paul.  Pour  d'autres  travaux  sur  Saint- 
Front,  voy.  Chevalier,  Rép.  top.-bibl.,  II,  col.  2346,  v»  Périgueux. 


[407-1113]  DE    l'architecture    en    FRANCE  24S 

DECRETUM  JARENTONIS  ^ 

Quales  quantique  fuerint  qui  hanc  abbatiam  priinitusex[s]- 
truxerunt  désignât  larga  possessionum  acquisitio,  aedifi- 
ciorum  adjacentium  ampla  constructio  :  unde  non  immerito 
ig-naviœ  rei  videbimuresse,  si  quod  illi  ab  ipsis  fundamentis 
potuerunt  ex[s]truere,nostrotenipore  pro  sola  tectura  conti- 
gerit  ad  nihilum  devenire.  Quod  ne  quando  conting-at,  qua- 
dam  vice,  hujus  iociseniores  venerabilem  abbatem  Jarento- 
nem  studuerunt  humiliter  adiré  eumque  non  improbabili 
querinionia  convenireut,  quinonnullas  offîcinas  minus decen- 
ter  antiquitus  factasinmelius  studuerat  reformare,  benecons- 
tructas  per  sola  cooperta  non  pateretur  [ad  2  nihilum  deve- 
nire]. Quorum  querimonia m  gratanter  suscipiens  eorumque 
suggestionem  non  inutilem  esse  perpendens. ..,  statuit,  ut 
ad  restaurationem  tectorum  unaquœque  obedientia  inferius 
annotata  unum  millenarium  de  asseribus  paratis  cum 
septem  tignis  etdecem  tegulis  unoquoque  anno  persolveret, 
videlicet:  obedientia  camerarii  totidem,  totidem  obedientia 
cellerarii,  totidem  obedientia  sacrista^...  [suivent  un  certain 
nombre  de  maisons  d'obédiences  voisines).  Statutum  est, 
qu[onia]mlonginquiores  et  pauperiores  sunt,  quatenus  ligni 
materiem  ipsœnon  darent,  sedadclavellosemendos,  quibus 
asseres  confiai  debent,  quinque  solidos  singulis  annis  per- 
solvant.  Hoc  autem  quod  unaquaeque  obedientia  débet,  sta- 
tutum est  ut  usque  ad  Pentecosten.solutum  habeat.  Postea 
vero  in  potestate  et  arbitrio  prions  erit  ut,  ubi  magis  vide- 
rit  expedire,  ibi  cujusque  ligni  materiem  jubeat  ministrare. 


1.  Jarenton,  ancien  prieur  de  la  Chaise-Dieu,  au  diocèse  de  Clermont,  abbé 
de  Saint-Bénigne  de  1077  à  1113  (voy.  Chomton,  op.  cit.,  p.  137  et  suiv.). 
Sous  son  abbatiat  eut  lieu  la  première  réfection  de  létçlise  romane  de 
Saint-Bénipne,  consacrée  de  nouveau  par  le  pape  clunisien  Pascal  II,  le 
16  février  1107.  L'ancien  prieur  de  la  Chaise-Dieu  aurait-il  appelé  à  l'église 
de  Saint-Bénigne  des  constructeurs  auvergnats  ?  Cette  supposition  ne 
semble  pas  inadmissible.  Sur  l'influence  probable  du  style  auvergnat  à 
Saint-Bénigne  de  Dijon  (faite  de  l'église,  corniche),  dans  la  première  moi- 
tié du  xu"  siècle,  voy.  Chomton,  op.  cit.,  p.  145.  —  Cf.  E.  Petit,  de  Vausse, 
Histoire  des  ducs  de  Bourgogne...,  t.  I  (1885),  p.  196. 

2.  Cette  "addition  nous  paraît  nécessaire  au  point  de  vue  grammatical. 


246  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1077] 

Et  ne  haec  tam  utilis  institutio  in  posterum  oblivioni  dare- 
tur,  praecepit  idem  abbas  ut  scriberetur,  et  in  crastino 
festi  Omnium  Sanctorum,  ob  celebriorem  conventum,  in 
capitule'  legatur  et  exponatur. 


LXXVI 
1077-avant  1179. 

Travaux  de  construction  et  de  décoration  d'ordre  religieux 
et  civil  exécutés  à  Vabbaye  du  Bec,  en  Normandie^  par 
les  soins  des  abbés  de  ce  monastère  ;  dédicace  de  V église 
abbatiale  en  l'honneur  de  la  SainteVierge  ;  travaux  d'hy- 
draulique entrepris  audit  monastère. 

Chronique  de  Robert  de  Toriqni^,  abbé  du  Mont-Saint-Michel,  éd.  Lco- 
pold  Delisle  {Soc.  hisl.  de  Normandie,  1872-73,  t.  I,  p.  61-62,  210,  et 
t.  II,  p.  89). 

[1077.]  —  Ecclesia  •'  Becci,  X  kal.  decembris  in  honorem 
S.  Mariae,  matris  Domini,  dedicata  est  ab  archiepiscopo 
Gantuariae  Lanfranco.  Quod  opus  pergrande  ipse  inchoavit, 
et,  post  abbatem  Herluinum,  primum  lapidem  posuit  ;  quod 


1.  Cette  assemblée  était  le  chapitre  général  des  maisons  dépendant  de 
Saint-Bénigne.  — Voy.  dans  Choniton,  op.  cit.,  tableau  I,  emplacement 
des  bâtiments  de  l'abbaye  (pi.  VIII  et  XVIIl).  —  L'abbé  Halinard,  suc- 
cesseur de  l'abbé  Guillaume  à  Saint-Bénigne  de  Dijon,  avait  administré 
ce  monastère  d'abord  en  qualité  de  prieur  (1026),  puis  d'abbé  (1031-1052). 
Voy.  là-dessus  Chomtoii,  op.  cit.,  p.  129  et  s.  Sur  les  constructions  pré- 
sumées d'IIalinard  (piliers  des  caves  de  l'abbaye  comparées  avec  la 
forme  des  piles  de  Saint-Philibert  de  Tournus),  voy.  le  même  auteur, 
p.  133.  Voici  l'extrait  de  la  chronique  concernant  les  travaux  qu'il  dirigea  : 
«  Cujus  (Ilalinardi)  memoriam  dignum  est  nos  assignare  litteris,  qui 
nos  dulcibus  ac  paternis  monuit  institutis...  Officinas  hujus  monasterii 
renovavit.  Et  quanquam  omnibus  eruditus  esset  artibus,  tameu  in  gco- 
mctria  et  physica  plurimum  studebat...  »  (Chron.  Sancti  Benign.,  p.  182 
et  192). 

2.  Moine  au  Bec  en  1128,  prieur  claustral  de  la  maison  jusqu'en  1151, 
date  à  laquelle  il  devint   abbe  du    Mont-Saint-Michel. 

3.  «  Ce  paragraphe,  dont  le  texte  est  passé  dans  la  Chronique  du  Bec. 
fournit  sur  l'église  du  Bec,  dit  le  très  savant  éditeur  de  Robert  de  Torigni, 
plus  de  détails  que  le  passage  correspondant  de  Guillaume  de  Jumièges 
(VI,  9),  passage  qui  est  du  reste  une  interpolation  de  Robert.  »  {ibid.,  p.  61, 
note  3). 


[Avant  1179]     di-;  l'architecture  ex  France  247 

opus  in  sedecim  annis  peractum  est  ' .  Huic  etiam  dedica- 
tioni  interfuerunt  episcopi  Odo  Baiocensis,  Gislebertus 
Lexoviensis,  Gislebertus  Ebroicensis,  Robertus  Sagiensis, 
Arnaldus  Genomannensis  • ... 


[1143.]  —  Inceptum  "^  est  caput  ^  monasterii  Beccensis 
ecclesiae  pridie  kal.  augusti,  praesente  piae  memoriae 
domno  Letardo  abbate. 


[Avant  1179.]  —  Obiit  Rogerius-^,  abbas  Becci  ...  Ecclesia 
siquidem  fere  tota  aedificata  est  in  tempore  suo,  et  dedi- 
cata;  cujus  pulchritudinis  nuUa  aequatur  in  tota  Norriian- 
nia.  Fecit  caméras  cum  caminis  •'  unam  super  alteram,  ad 
susceptionem  hospitum  et  personarum.  Fecit  etiam  domum 
infîrmorum  ing-entis  pulchritudinis  et  magnitudinis .  Melio- 
ravit  dormitorium  in  maceriis,  in  vitreis  et  cooperture. 
Fecit  et  aqueductum  "  per  quem  adduxit  fontem  pulcher- 
rimum  de  longinquo,  qui  dividitur  per  offîcinas  monas- 
terii. Fecit  et  conquam  ^  pulcherrimam  ad  recipiendam 
aquam,  et  tectum  desuper  aedifîcavit. 


1.  L'emplacement  de  l'ancienne  abbaye  du  Bec  se  trouve  aujourd'hui 
dans  l'Eure,  arr.  Bernay,  c.  Brionne,  au  Bec-IIelIouin.  Voy.  VHist.  de 
Vabhaye  du  Bec  par  le  chanoine  Porée,  Evreux,  1901,  t.  I".  —  Cf.  supra, 
le  texte  n°  IX,  p.  45et  s.,  relatif  à    ladite  abbaye. 

2.  Le  nom  de  Gundulphe  mérite  aussi  dètre  cité  à  propos  de  cette 
abbaye,  puisqu'après  avoir  travaillé  à  l'éfflise  du  Bec  et  à  celle  de  Saint- 
Etienne  de  Caen,  il  devint  évêque  de  Rochester,  et  s'y  construisit  un 
admirable  donjon.  Il  mourut  en  1106  (Voy.  Enlart,  Man.  d'archéol.,  t.  I, 
p.  62,  n.  1). 

3.  Cette  note  a  été  insérée  dans  la  Chronique  du  Bec,  sous  l'année  1146. 

4.  cajoiiuZHm,  Chron.  du  Bec. 

5.  Ro{^er  de  Bailleul,  abbé  du  Bec,  mort  en  1179  {Gall.  christ.,  t.  XI, 
col.  230). 

6.  C'est  ce  que  les  textes  appellent  aussi  caminala  (Voy.  snpra  le  texte 
de  1076,  relatif  au  château  de  Blois.) 

7.  Nous  voyons  notamment  que  les  chroniques  de  Saint-Bertin,  de 
Sainte-Barbe-en-Auge,  de  Clairvaux,  contiennent  de  précieuses  mentions 
relatives  aux  adductions  d'eau  destinées  à  être  utilisées  dans  les  ateliers 
des  monastères. 

8.  Sur  les  édicules  abritant  souvent  les  fontaines  des  cloîtres,  voy. 
Enlart,  op.  ci7.,  t.  II,  p.  38  et  s.  (%.);  cf.  Viollet-le-Duc,  Dict.  de  Varch. 
/•r.,  t.  VI,p.   172  (fig.). 


248  TEXTES    RELATIFS    A    l'hïSTOIRE  [1079] 


LXXVII 
1079. 

Construction  de  V église  du  prieuré  conventuel  de  Sainte- 
Gemme,  en  Saintonge,  entreprise  par  une  mission  de 
trois  moines,  désignés  par  Robert,  ahhé  de  la  Chaise-Dieu, 
en  Auvergne. 

TabuLirium  Sanclae   Gemmae^  Santongensis,   dans  Besly,  Histoire    des 
comtes  de  Poictou  et  ducs  de  Guyenne  (1647),  Pr.,  p.  403. 

(Cf.  J.  Berthelé,  Recherches  pour  servir  à  l'histoire  des  arts  en    Poi- 
loli,  1889,  p.  72.) 

Anno  -  V  post  transitum  gloriosissimi  patris  nostri  Rot- 
berti'^  misit  dominus  Durandus,  abbas  Casae  Dei,  très, 
viros  religiosos,  honestos  et  sanctos,  fratres  monachos 
ad  aedificandum  4,  regendum  et  custodiendum  locumipsum 
Sancte  Gemmae,  ad  honorem  individuae  Trinitatis^  Patris  et 
Filii  et  Spiritus  Sancti  et  beatissimae  Dei  genitricis  Mariae 
et  sanctae  Gemmae  virg-inis  et  omnium  sanctorum.  Quorum 


1.  Sainte-Gemme,  aujourd'hui  c.  Saint-Porchaire,  arr.  Saintes  (Ciia- 
rentc-Inférieure). 

2.  Voy.  J.  Berthelé,  Recherches  pour  serinr  à  l'histoire  des  arts  en 
Poitou.  1890,  p.  72,  où  ce  texte  est  cité;rauteur  y  étudie  l'influence  de 
l'architecture  auvergnate  en  Saintonge.  A  l'église  de  Sainte-Gemme,  un 
constructeur  auvergnat  voûta  les  bas-côtés  en  demi-berceau,  comme  on 
avait  coutume  de  le  faire  en  Auvergne.  Les  voûtes  n'existent  plus,  mais 
la  disposition  primitive  est  trèsreconnaissable  (cf.  J.  Berthelé.  dans  le  Bul- 
letin de  la  Soc.  de  stat.  des  Deux-Sèvres,  1884,  p.  311-512).  Il  subsiste  encore 
un  beau  porche  intérieur  surmonte  d'une  tribune,  ayant  toute  la  largeur  de 
la  nef,  particularité  dont  l'origine  auvergnate  n'est  pas  douteuse.  Voy.  aussi 
N.  Thiollier  dans  le  Congr.  archéol.  de  France,  LXX"  sess.  (1903),  p.  340. 

3.  On  ignorerait  la  date  exacte  de  la  mort  de  saint  Robert  (Voy. 
E.  Branche,  Ilist.  des  ordres  monastiques  en  Auvergne,  p.  141).  Saint  Robert,, 
fondateur  de  la  Chaise-Dieu,  fit  réparer  ou  reconstruire  une  cinquantaine 
d'églises  (Mabillon,  Acta  Sanctorum  Ord.  S.  Benedicti,  saec.  VI.  pars  2*^ 
p.  196  ;  Act.  SS.  avril,  III,  324).  Cf.  Berthelé  (ibid.).  Son  zèle  aida  beaucoup  à 
la  propagation  du  style  auvergnat  dans  l'architecture  monastique.  Cf.  au 
point  de  vue  de  l'activité  artistique  d'un  moine  sculpteur  de  la  Chaise- 
Dieu,  le  n"  LXXIV,  relatif  au  tombeau  de  saint  Front  de    Périgueux. 

4.  Le  duc  d'Aquitaine,  Gui-Geoffroi-Guillaume  (1058-1086),  fit  dot» 
au  nouvel  établissement  monastique  de  bois  de  construction:  «  et  arbores- 
ad  omnia  construenda  »  (Besly,  op.  cit.,  p.  379).  —  Cf.  Massiou,  Hist.  de 
la  Saintonge  et  de  VAunis,i.  I  (1838j,  p.  427  et  s. 


[1079-1110]  DK    l'architecture    en    FRANCE  249^ 

monachorum  haec  sunt  nomina  :  dominus  Artaudus  [al.  Ar- 
nauldus),  qui  fuit  prior,  et  dominus  Theodardus,  qui  fuitprtio- 
ceptor  et  magister,  et  dominus  Rotbertus,  qui  fuit  reclusus. 
Numerus  est  millenus  septuagesimus  (unus)nonus  ab  Incar- 
natione  Domini,  ab  origine  mundi  usque  ad  Ghristum  cen- 
tum   et  octoginta   novem   anni. 


LXXVIII 
1079-1110. 

Mention  du  baptistère  de  V église  cathédrale  de  Rouen,  con- 
tenant le  monument  funéraire  de  V archevêque  de  cette 
ville,  Jean  de  Bay eux  ;  soins  donnés  par  son  successeur, 
Guillaume  Bonne- A  me,  aux  ornements  de  cette  église, 
ainsi  qu'à  la  reconstruction  de  la  clôture  et  du  palai» 
de  Varchevêché. 

Orderici  Vitalis  Hisloria,  ecclesiastica,  1.  V,  c.  IV,  éd.  A.  Le  Prévost  (Soc. 
hist.  de  Fr.),  1840,  t.  II,  p.  313-314. 

Anno  ab  Incarnatione  M"  LXXIX",  Johannes  '  archie- 
piscopus...  defunctus  est,  et  in  baptisterio  ~  basilicae  ad 
aquilonem  tumulatus  est.  Monumentum  ejus  ex  albo 
lapide  factum  est,  in  quo  hujusmodi  epitaphium  solerter 
insertum  est... 

. . .  Guillelmus-^  [  archiepiscopus  |  matricem  basilicam  omni- 

1.  Jean  II  de  lîayeux  fut  archevêque  de  Rouen  de  1069  environ  à  juil- 
let 1079. 

2.  Rares  sont  les  mentions  de  baptistères  en  France,  iion  seulement  au 
XI"  siècle,  mais  encore  au  xii".  Voir  supra  l'acte  de  1029-1030  concernant 
Saint-Martial  de  Limoges,  et  infra  les  textes  de  1107-1148  relatifs  aux 
évêques  d'Anpoulcme.  «  Après  1150,  dit  J.  Quicherat,  Mël.  darchéol., 
p.  196,  il  ne  s'est  plus  fait  de  baptistère  dans  aucune  partie  de  la  France  ; 
mais  l'usaf^e  de  cette  sorte  d'édifice  s'est  conservé  en  Italie  ».  Notons 
toutefois  qu'à  la  cathédrale  d'Aix  un  jirrand  baptistère  fut  presque  recons- 
truit au  xir  siècle  (Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,  t.  I,  p.  196).  La  mention  du 
baptistère  de  Rouen,  ainsi  que  celles  que  nous  venons  de  donner, 
s'ajoutent  aux  indications  que  fournit  notre  savant    Confrère. 

3.  Guillaume-Bonne-  Ame,  fils  de  Radbode.  évêque  de  Séez,  abbé  de 
Saint-Etienne  de  Caen  après  Lanfranc  (1070-79),  et  archevêque  de  Rouen 
jusqu'au  9  février  1110. 


250  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1080] 

modis  ornatibus  cultui  divino  necessariis  afîatim  '  locuple- 
tavit,  et  claustrum  episcopii  domosque  convenientes  a  fun- 
damentis  eleganter  renova  vit  ~  .  Corpus  sancti  Romani  prae- 
sulis  de  propria  aede  in  metropolitanam  basilicam  gloriose 
transtulit  3,  et  in  scrinio  auro  argentoque  cum  pretiosis  lapi- 
dibus  operose  cooperto  reverenter  locavit. 


LXXIX 

1080,  31  mai. 

Statut  d'un  concile  de  Lillebonne,  en  Normandie,  relatif 
aux  constructions  privées  faites  dans  les  cimetières  éta- 
blis près  des  églises,  ainsi  qu'aux  dimensions  des 
cimetières  des  églises  rurales. 

Statuta  concilii  Lillebonensis  *,  dans  les  Layettes  du  Trésor  des  chartes, 
par  A.  Teulet,  t.  I  (1863),  n»  22,  p.  26-27,  d'après  Arch.  Nat.,  J  210.  Nor- 
mandie, I,  no  1.  (Gop.  authentiq.  scellée.) 

Cf.  Orderici  Vitalis  Historia  ecclesiastica,,  1.  V,  c.  v,  éd.  A.  Le  Prévost, 
Soc.  hist.  de  Fr.,  t.  II,  1840,  p.  318  et  suiv.5.) 

XI.  In  cimeteriis  ecclesiarum  que  in  civitatibus  vel 
castellis  vel  burgis  sunt,  quicquid  episcopi,  tempore 
Rodberti  ^  comitis  vel  Willelmi  ^  régis  ejus  consensu 
habuerunt,  episcopi  rehabeant. 

1.  C'est-à-dire  amplement,  largement. 

2.  Il  n'existe  plus  rien  des  constructions  attribuées  ici  à  l'archevêque 
Guillaume. 

3.  La  translation  des  reliques  de  saint  Romain  parait  avoir  eu  lieu  dès 
l'année  1079,  et  probablement  le  23  octobre.  La  châsse  actuelle  est  fort 
postérieure. 

4.  Lillebonne,  aujourd'hui  ch.-l.  dec,  à  30  kil.  E.  et  arr.  du  Havre  (Seine- 
Inférieure). 

5.  Pour  les  autres  sources  de  ce  concile,  voy.  particulièrement  U.  Cheva- 
lier, Rép.  top.-hibl.,  II,  col.  1693,  v°  Lillebonne. 

6.  Ronert  I",  duc  de  Normandie,  second  fils  du  duc  Richard  II,  qui  rem- 
plaça en  1028  son  frère  Richard  III,  et  qui  mourut  en  1035.  Cf.  ce  texte  : 

Grant  fut  la  guerre,   si   s'csmaient, 
As  cimetières  tot'atraient... 

{Roman  de  Rou,  vers  15978  et  suiv.) 

7.  (]'est  de  Guillaume  I"  le  Conquérant,  mort  en  1087,  qu'il  s'agit  dans 
le  présent  statut. 


[1080]  DK    l'architecture    en    FRANCE  251 

XII.  In  cimiteriis  vero,  que  in  marchis  sunt,  si  werra 
fuerit,  et  aliqui  ad  habitandum  fecerint  ibi  mansionem, 
dum  werra  fuerit,  etsi  ipsi  propter  guerram  in  atrio  man- 
serint,  nuUam  forfacturam  ab  eis  episcopus  habebit,  nisi 
quam  habuisset,  antequam  ad  atrium  confugissent  K  Cum 
autem  pax  fuerit  facta,  qui  propter  werram  illuc  con- 
fugerant,  de  atrio  exire  cogantur,  aut  episcopalibus 
legibus  supponantur.  Qui  vero  in  praedictis  cimiteriis 
antiquius  manserunt,   in   antiqua  quietudine   permaneant. 

XIV...  Si  post  concilium  intra  villam  aliquam  nova 
fit  ecclesia,  undique  habebit  quinque  perticas   cimiterii  *. 

[Ord.  Vital.  :  Si  post  concilium  aliqua  nova  fit  ecclesia 
intra  villam,  faciat  episcopus  cimiterium  consideratione 
dominorum  et  parrochianorum  ejusdem  ecclesie.  Si  vero 
extra  villam  nova  fit  ecclesia,  undique  habebit  quinque 
perticas  cimiterii]. 

XX...  Si  clericus  arat  vel  aedificat  in  atrio  sine  ponti- 
ficali  licentia,  [episcopis  per  pecuniam  emendetur]. 

...  Si  laicus  arat  vel  edificat  in  atrio  sine  pontificali 
licentia,  similiter. 

LXXX 

1080. 

Autre  statut    d'un    concile   de   Lillebonne   déclarant  que, 
d'après  la  coutume  de  Normandie,  nul  seigneur  ne  peut 

1.  Sur  ces  cimetières  et  les  habitations  privées  qui  s'y  trouvaient  éta- 
blies, voy.  VioUet-le-Duc,  Dict.  de  Varch.  fr.,  t.  III,  p.  247  et  suiv.  Les 
cimetières  devinrent  souvent,  hors  des  villes,  des  lieux  de  retraite  pour, 
les  malfaiteurs  et  aussi  des  lieux  d'asile.  Pendant  la  guerre,  les  cime- 
tières des  campagnes  étaient  considérés  par  les  paysans  comme  des 
enceintes  inviolables  où  ils  pouvaient  se  réfugier  avec  leurs  biens.  Voy. 
Ch.  de  Beaurepaire,  Essai  sur  l'asile  religieux  dans  l'iimp.  rom.  et  la 
monarchie  française  {Bihl.  Ec.  des  Chartes,  3°  sér.,  t.  V,  p.  152).  —  Il  est 
très  intéressant  de  rapprocher  de  ces  prescriptions  les  actes  de  1080- 
1125  sur  les  constructions  privées  faites  dans  les  cimetières  du  Maine,  actes 
que  nous  publions  un  peu  plus  loin. 

2.  Cf.  supra,  p.  176,  le  texte  du  concile  de  1059.  Un  statut  de  la  deuxième 
moitié  du  xiii"  siècle  est  ainsi  conçu  :  «  NuUus  de  novo  aedificare  in  coe- 
meterio  permittatur,  necdomus  aliqua,  sidiruta  fuerit,  durante  per  annum 
ruina,  ibi  rcaedificetur.  >>  {Synodi  Rotomagenses,  dans  Bessin,  Concil.  Nor- 
munn.,  p.  57  (2"  part.). 


2d2  textes  relatifs  a  l'histoire  [1080] 

creuser  des  fossés  dépassant  la  profondeur  dun  jet  de 
terre,  ni  construire  des  palissades  flanquées  ou  à  redans, 
mais  seulement  d'alignement,  sans  chemin  de  ronde  ow 
coursières,  ni  gros  ouvrages  de  défense.  —  Nécessité 
d'une  permission  expresse  du  suzerain,  pour  asseoir 
une  forteresse  dans  une  île  ou  sur  un  rocher. 

Normannoriim  antiquae  consuetiidines  et  jusliliae  in  concilio*  apudLille- 
honam  celehralo  confirmatae,  dans  Martène,  Thésaurus  novus  anecdo- 
torum,  t.  IV  (1717),  col.  118. 

Nulli  "^  licuit  in  Normannia  fossatum  facere  in  planam  ^ 
terram,  nisi  taie  quod  de  fundo  terram  potuisset  jactare 
superius  sine  scabello  ^  ;  et  ibi  nulli  licuit  facere  palicium, 
nisi  in  una  régula  ^,  et  id  sine  propug-naculis  ^  et  alato- 
riis.  Et  in  rupe^  et  in  insula  nulli  licuit  facere  fortitudinem,, 
et  nulli  licuit  in  Normannia  castellum  facere. 


1.  Ce  concile  de  Lillebonne,  difîérent  du  précédent,  à  cause  des  disjjosi- 
tions  d'ordre  féodal  et  militaire  qui  se  trouvent  ici  édictées,  n'est  pas  men- 
tionné dans  A.  Freeman,  The  hisiory  ofthe  Norman  Conquest  of  EmjLind... 
t.    IV  (1871),  p.  661-662. 

2.  On  sait  qu'à  l'époque  féodale  un  seigneurquclconquene  pouvait  cons- 
truire de  château  à  sa  guise.  Cf.  les  exemples  cités  par  M.  Enlart,  à  pro- 
pos du  texte  que  nous  reproduisons  ci-dessus  {Man.  d'archéol.  fr.,  t.  II, 
p.  418,  législation  de  l'architecture  militaire).  —  Suger  a  appliqué  aux 
constructions  de  fortifications  illégales  l'e-xpression  de  castra  adiilterina. 

3.  A  plus  forte  raison,  des  fossés  qui  n'étaient  pas  «  en  plaine  »  ne  pou- 
-vaient  être  construits,  comme  par  exemple,  des  larges  fossés  «  au  sommet 

des  collines  »,  dont  l'escarpe  aurait  soutenu,  ainsi  que  dans  le  type  de  châ- 
teau normand  bâti  par  Guillaume  d'Arqués,  l'enceinte  de  cet  édifice  (Viol- 
let-le-Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr.,  t.  III,  v"  Château,  p.  70). 

4.  Ce  qui  pouvait  leur  donner  environ  3  mètres  (cf.  Enlart,  loc.  cit.).  — 
Sur  l'expression  jactare  terram.  cf.  un  texte  champenois  de  1176-1 177,  où 
l'on  lit  ce  qui  suit  :  «  cum  fosseo  unius  jactare  »,  c'est -à-dire,  avec  un  fossé 
d'un  seul  jet  de  terre  (Pièce  justif.  n"  CXLVI,  du  t.  III  de  l'Hi.st.  des 
ducs  et  des  comtes  de  Champagne,  par  H.  d'Arbois  de  Jubainville). 

5.  Il  y  a  lieu  de  noter  ce  très  ancien  exemple  concernant  l'alignement 
dans  la  construction  d'un  château. 

6.  L'auteur  doit  faire  ici  allusion  à  ce  qu'on  appellera  plus  tard  des  cré- 
nelages,  hourds  etbretêches,  cf.  Enlart  [loc.  cit.)  :  ce  qui  nécessitait  surtout 
l'usage  des  chemins  de  ronde  et  allées  de  service  (alaloria).  Cf.  les  expres- 
sions usitées  au  xn"  siècle  :  propugnaculum  murorum,  superiora  f'rontis^ 
propugnacula. 

7.  Tel  était  entre  autres  au  xi'  siècle  (vers  1047)  le  château  de  Dom- 
front,  dont  VioUet-le-Duc  cite  la  disposition  (ibid.,  p.  77),  et  dont  parle 
ainsi  Guillaume  de  Jumièges  :  «  Intra...  castellum...  dux  Willelmus...  ut 
ipsum  vidit  scopulis  asperrimis  et  eminentibus  in  gyro  circumdatiim,  et 
inaccessibile  ad  oppugnandum,  vires  Normannorum  accivit,  et  firmissi- 
mis  castellis  (bastilles  en  bois)  illud  strinxit,  ac  aditus  egrediendi 
obstruxit  »  iHist.  Normann.,  liv.  "VII,  cap.  XVIII, 'p.  276).  Nous  savons,  en 


[Vers  1080]       DE  l'architecture  en  franck  253 

LXXXl 

Vers  1080. 

Construction  des  bâtiments  de  l  abbaye  de  Lessay,  près  de 
Coutances  ,'  provenance  des  matériaux  en  bois  employés  à 
ces  constructions. 

Charte  de  fondation  de  ladite  abbaye  publ.  par  Dubosc  dans  le  Musée 
des  Archives  déparlementales,  1878,  n"  25  (pi.  XVIII),  p.  51  (d'après  les 
Archives  de  la  Manche,  sér.  H,  4601,  parch.'j. 

Ricardus  qui  vocatur  Turstinus  Haldup,  cum  Anna, 
[uxore]  sua,  Eudoque,  filius  eorum,  in  honore  summe  et 
individue  Trinitatis  et  S.  Marie  Virginis,  aecclesiam  fieri 
constitue runt,  Gausfridi^  consilio  Constantiensis  episcopi, 
Willelmique '^  Normannorum  principis,  permissione,  in 
Constantiensi  pago,  in  villa  quae  dicitur  Sancte  Oportune, 
in  qua  regulariter  Deo  servirent  monachi,  quae  alteri  non 
subiceretur  abbatie...  et  de  omnibus  aedificiis  intra  parcum 
vel  extra,  quae  facta  sunt  aut  facienda  erunt,  rectas  deci- 
maciones,  et  extra  parcum  materiem  ad  omnia  aedifîcia 
aecclesiae  et  ad  domos  monachorum  et  ad  omnia  sua 
necessaria,  et  ligna  focorum  in  eadem  foresta  de  Haltis, 
atque  custodibus  pecora  monachorum  extra  parcum  mor- 
tua  ligna  silvarum  ad  necessitatem  ignium,  et  materiem 
ad  omnes  domos  illorum  instaurandas  atque  restauran- 
<las^. 

effet,  par  Guillaume  de  Jumièges  (liv.  VII.  cap.  i).  que  dans  les  pieniiers 
temps  de  la  vie  de  Guillaume  le  Bâtard,  un  grand  nombre  de  Nor- 
mands égarés  et  infidèles  élevèrent  dans  beaucoup  de  lieux  des  retranche- 
ments, et  se  construisirent  de  solides  forteresses.  Sur  les  châteaux  nor- 
mands, voy.  encore  \'iollct-le-Duc,  loc.  cit. 

1.  Nous  devons  ce  renseignement  à  l'obligeance  de  notre  confrère 
M.  Dolbet,  archiviste  de  la  Manche.  —  Lessay  est  aujourd'hui  ch.-l.  dec, 
arr.  Coutances  (Manche).  Sur  l'ancienne  abbaye,  voy.  U.  (chevalier, 
Rép.  top.-  hibl.,  t.    II,  coi.  1666. 

2.  Geoffroi  I«'  de  Montbray,  évcque  de  Coutances,  de  10i9  à  1093.  Pour 
les  constructions  entreprises  par  cet  évêque,  voj'.    supra,  n°  XVIII. 

3.  Guillaume  le  Conquérant,  roi  d'Angleterre  et  duc  de  Normandie. 

'4.  Au  xi°  siècle,  les  cloîtres  bâtis  en  bois  n'étaient  pas  très  rares  ;  leur 
nombre  diminue  au  xn"  siècle.  Le  xni«  siècle  même  en  présente    quelques 


254  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire        [Vers  i080j 

LXXXII 
Vers  1080. 

Mention  du  moine  Ponce,  en  qualité  de  constructeur  de 
Vabbaye  de  Montierneuf  de  Poitiers  :  /"  dann  une 
charte  de  donation  faite  par  le  vicomte  Boson  audit 
monastère,  dont  Guillaume  Gui-Geoffroi,  duc  d'Aqui- 
taine et  comte  de  Poitiers,  avait  ordonné  la  construction  ; 
^°  dans  une  autre  charte  de  donation  faite  par  Guil- 
laume Robert  au  même  monastère. 


Bibliothèque  de  la  ville  de  Poitiers,  collection  Fouteneaii,    rnss.    455-543, 
t.  XIX,  p.  49». 

In  nomine  sanctae  et  individuae  Trinitatis.  Ego  Boso, 
vicecomes,  et  uxor  mea,  ambo  videlicet  peccatores^ 
ambo  divina  indigentes  miseracione,  pro  remissione  delic- 
torum  tam  propriorum  quam  parentum  nostrorum,  novo 
monasterio     ad   honorem     Dei    constructo  ''    et  perpetuae 

exemples.  Cf.  pour  les  constructions  en  bois,  Champollion-Fif,'eac, 
Doc.  pal.  relatifs  à  Vhisl.  des  Beaux-arts,  p.  78,  80,  144,  272.  Voy.  aussi 
les  textes  des  xi«etxn"  siècles  réunis  par  J.  Flacli,  Orig.  de  l'anc.  France,  t.  II, 
1.  III,  ch.XII  (Les  villages  crées  dans  les  forets),  p*.  139  et  suiv.  Le  texte 
suivant,  du  xi'  siècle,  doit  être  rapproché  étroitement  de  celui  que  nous 
publions.  En  1074,  le  duc  de  Normandie,  Guillaume  le  Conquérant,  accorda 
â  l'abbaye  de  Saint-Wandrille  des  droits  d'usage  dans  deux  forêts  du  duc 
d'Évreux  pour  la  construction  de  bâtiments  conventuels  :  «  Ut  fratres 
sufficienter  de  his  duabus  forestis  haberent...  quando  monachi  ad  suuni 
ardere  et  edificia  monasterii,etc...  »(coll.  Moreau,  t.  31,f°  34  ;  iXeustria  pia, 
p.  168).  Voy.  enfin  le  texte  très  significatif  d'Orderic  Vital,  que  non» 
avons  commenté  plus  haut,  n°  XLIII,  p.  152,  n.  1. 

1.  Nous  devons  la  transcription  de  cette  pièce  à  l'obligeance  de  notj*e 
savant  confrère  M.  A.  Richard,  archiviste  de  la  Vienne.  Elle  ne  paraît  pas 
avoir  été  encore  publiée  in  extenso  (cf.  les  tables  des  mss.  de  la  collection 
ci-dessus,  dans  les  Mém.  delà  Soc.  des  antiq.  de  VOiiest,  t.  IV,  1839,  p.  75). 
L'original  n'existe  pas  aux  Archives  de  la  Vienne.  L'acte  que  nous  repro- 
duisons a  été  tiré,  dit  Fonteneau.  d'un  vidimus  du  S  juillet  1472,  fait  par  le 
lieutenant  général  du  sénéchal   de  Poitou. 

2.  Voy.  de  Cliergc,  Mém.  hist.  sur  l'abbaye  de  Montierneuf  de  Poitiers; 
dans  Ica  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  deVOuest,t.  XI  (1844),  p.  147  et  s.,  17  i  et  s., 


[Vers  1080]       de  l'architecture  es  France  255 

Virginis  Mariae  sanctique  Johannis  Evangelistae  atque 
beati  Aiidreae  apostoli  nec  non  et  monachis  ibidem  Deo 
famulantibus,  praesentibus  pariter  et  futuris,  relinquimus, 
donanius  atque  concedimus  medietatem  ecclesiae  de 
Liners  *  et  medietatem  omnium  rerum  que  ipsi  ecclesiae 
actinent,  sive  decimarum,  seu  etiam  vinearum,  et  quic- 
quid  cultum  et  incultum  praedictae  ecclesiae  pertinet  de 
omnibus  medietatem  praelibato  monasterio  novo  dona- 
mus.  Hanc  itaque  nostram  donacionem  concessionemque 
in  tantum  ratam  et  intemeratam  esse  desideramus,  quod 
propria  manu  lîrmavimus  etfîrmandum  o[p]timis  viris  tra- 
didimus,  quorum  nomina  sunt  inferius  scripta.  Facta  est 
autem  haec  nostra  donacio  in  manu  domini  Poncii  mona- 
chi,  ejusdem  monasterii  constructoris,  et  in  praesencia 
domini  nostri  Gauffredi,  serenissimi  ducis  Aquitanorum, 
qui  illud  monasterium  a  fundamentis  construi  precepit, 
astantibus  quamplurimis  nobilissimis  viris,  Petro  videlicet 
de  Briderio,  Guillelmo  Bastardo  et  Galterio  Cordobario, 
Hugone  quoque  preposito  atque  Oddone  fratre  ejus. 

2 

Orig.  -  Archives  de  la  Vienne,  sér.  H,  fonds  de  Montierneuf,  n"4. 

...  Signum  Poncii  monachi,  ejusdem  monasterii  aeditica- 
toris. 

255  ;  cf.  le  même,  dans  le  Bull,  monam.,  t.  IX  (1843),  p.  391.  Voy.  aussi 
dans  le  Congrès  archéol.  de  Fr.,  session  de  Poitiers,  le  Guide  archéolo- 
gique de  ce  Congr.,  par  A.  de  la  Houralière,  p.  2S  et  s.  L'é{jlise  de  l'abbaye 
de  Montierneuf,  fondée  vers  1078  par  le  duc  d'Aquitaine,  fut  consacrée 
le  24  février  1096  par  le  pape  Urbain  II,  comme  l'indique  une  inscription 
commémorative  encastrée  dans  le  mur  du  nord  de  ladite  église,  non  loin 
du  ti'ansept  (A.  de  la  Bouralière,  op.  cit.,  p.  30).  Cf.  ibid.  pour  de  curieux 
rapports  de  ressemblance,  au  point  de  vue  de  la  construction  et  de  la 
décoration,  entre  une  partie  de  cette  église  romane  et  celle  de  la  collégiale 
de  Saint-Hilaire,  élevée  peu  de  temps  auparavant,  comme  nous  lavons  vu, 
par  l'ai'chitecte  Gautier  Coorland,  que  le  moine  Ponce  aurait  peut-être 
imité. 

1.  Liniers,  cant.  de  Saint-Julien-Lars,  arr.   Poitiers 

2.  Cette  charte,  que  M.  A.  Richard  a  bien  voulu  nous  signaler,  n'est 
point  datée  ;  mais  elle  paraît  bien  se  rapporter  à  la  même  époque  que 
l'acte  précédent.  Elle  est  mentionnée  par  lui  dans  son  Histoire  des  comtes 
de  Poitou,  t.  I,  p.  355;  le  nom  du  même  moine  constructeur  est  cité  encore 
dan»  ce  tome,  p.  329,  364  et  371. 


^56  TEXTES    RELAllFS    A    l'hISTOIRE  [1080-1081] 

LXXXIII 

1080-1081,  août. 

Mention  d'une  maison  forte  ou  ferme  fortifiée,  entourée 
de  fossés  et  de  palissades,  sise  près  de  l  ancien  château  de 
Noyen-sur-Sarthe,  dans  le  Maine,  d'après  une  donation 
faite  par  Eude  de  Malicorne  à  r abbaye  de  Saint-Vin- 
cent du  Mans. 

Cartulaire  de  Vabbaye  de  Saint-Vincent  du  Mans  {ordre  de  saint  Benoit), 
publ.  par  R.  Charles  et  S.  Menjot  d'Elbenne  (Soc.  arch.  et  hist.  du 
Mans),  Maniers  et  Le  Mans,  t.  I,  1886  (d'après  lacopie  de  laBibl.  nat.  du 
ms.  lat.  5444,  fol.  161,  n"  384,  col.  226-227). 

Noverit  tam  presens  etas  quam  futura  posteritas  quod 
ego  Odo  Malicornensis  ',  cognomento  Asinarius,  de  pec- 
catorum  meorum  mole  perterritus,  sed  de  Dei  misericor- 
dia  confisus,  cupiens  magis  Deum  tam  de  terrenis  mi(c)hi 
ab  ipso  opibus  collatis,  quamque  de  fructu  ventris  mei 
facere  heredem  quamullummi(c)hisuperstitem,  societatem, 
quam  olim  cum  monachis  S.  Vincentii  acceperam  cum 
abbate  Rannulfo  ~  ejusdem  loci  et  a  Petro  priore  tali,  ut 
subjectumest,  ordine  affirmare  decrevi.  Do  namque  Deo  et 
illis  filium  meum,  Widonem  nomine,  tune  adhuc  in  cunis 
positum,  in  Dei  servicio  nutriendum,  cum  una  mansura 
terre  que  sita  est  juxta  castrum  dirutum,  Noviomo  ^  voca- 
tum,  ita  instructam  sicut  eam  possidebam,  cum  domo 
optima,  fossatu  firmissimo  atque  ligno  munita  undique, 
cum  rupe  quoque  concava,  atque  cum  bobus  et  annona  ^  et 

1.  Malicorne,  ch.-l.  de  c,  arr.  La  Flèche  (Sarthe).  —  Voy.  F.  Legeay, 
Recherches  historiques  sur  Malicorne  (x"-.\ix"  s.),  dans  le  Bull,  de  la  Soc. 
d'at/riculture,  sciences  et  arts  de  la  Sarthe  (1885-86j,  p.  205  et  s.  (cf.  Che- 
valier, Rép.  top.-  hihl.,  11,  col.  1822). 

2.  Rannoux,  abbé  de  Saint- Vincent-lez-lc  Mans,  monastère  bénédictin. 
Plusieurs  actes  du  même  Cartulaire  concernent  cet  abbé.  Voy.  notam- 
ment, t.  I,  col.  224  et  225.  Un  acte  de  1098  {op.  cit.,  col.  330)  le  mentionne 
•aussi. 

3.  Noyen-sur-Sarthe,  c.  Malicorne,  arr.  La  Flèche  (Sarthe). 

4.  Ce  passage  a  été  cité  par  J.  Flach,  Études  sur  les  origines  et  les  vicis- 


[1080-1095]       DE  l'architecture  en  frange  257 

omni  apparatu,  sicut  fuerit  in  die  quando  eam  récipient. 
Verumtamen,  quia  pernimium  ^  adhuc  est  tenerrimus, 
usumfructum  retineo  mi(c)hi  ad  tempus,  quousqueillis  pue- 
rum  tradam  cum  supradictis  rébus... 

...  Actum  Malicorni,  in  domo  S.  Albini'^,  anno  mille- 
sinio''...  ab  Incarna tione  Domini,  eodeni  anno  quo  isdem 
Rannulfus  locum  ad  regendum  suscepit,  mense  augusto. 


LXXXIV 

Vers  1080-1095,  et  première  moitié  du  xii"  siècle. 

Fondation  de  V abbaye  de  la  Sauve  Majeure,  au  diocèse  de 
Bordeaux,  par  Giraud,  abbé  dudit  monastère,  au  milieu 
d'une  forêt,  où  se  trouvait  déjà  un  petit  oratoire  cons- 
truit avec  de  la  terre.  — Part  prise  par  cet  abbé  au  tra- 
vail manuel.  — Permission  accordée  par  les  seigneurs 
voisins  d'exploiter,  tailler  et  transporter  des  pierres,  et  de 
faire  des  travaux  d'écluse  nécessaires  à  cette  abbaye. 


Vita^  sancti Gira Idi, Silvae  Majoris'^,  ahhalis,  dausMabillon,  AclaSanclorum 
ord.  Sancli  Benedicti,  saec.  \l,  pars  2*,  p.  858. 
(Cf.  Migne,  Patr.  lut.,  CXLVII,  col.   1036-1037). 

sitades  historiques  de  Vhahitation  en  France,  dans  A.  de  Foville,  Enquête 
sur  les  conditions  de  Vhahitation,  les  Maisons-types,  t.  II  (1899)  p.  72.  — 
«  On  a  fortifié  au  moyen  âge  des  bâtiments  de  destinations  très  variées:  des 
maisons  de  ville,  des  abbayes,  des  ponts,  des  fermes,  des  moulins,  des 
églises.  Le  manque  général  de  sécurité  a  motivé  ces  adaptations  fré- 
quentes et  multiples  dans  les  provinces  frontières  et  aux  époques  trou- 
blées... Il  existe  deux  manièies  de  fortifier  ces  bâtiments  :  soit  en  les 
entourant  d'une  enceinte  extérieure  défendable,  soit  en  adaptant  le  bâti- 
ment lui-même  »  (Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,  t.  II,  p.  545).  Le  texte  que 
nous  publions,  qui  est  de  1080-1081  environ,  offre  un  exemple  de  l'emploi 
du  premier  de  ces  procédés  défcnsifs. 

1.  On  pourrait  aussi  proposer  la  leçon  suivante  :  puer  nimium. 

2.  L'abbaye  de  Saint-Aubin  d'Angers  possédait  un  prieuré  à  Malicorne. 

3.  Cette  date,  dit  l'éditeur  du  Cartulaire,  est  erronée,  ou  plutôt  incom- 
"plète.  Nous  laissons  ce   texte  à  la  place  chronologique  que  lui  a  assignée 

ce  même  éditeur. 

4.  Voy.  Cirot  de  la  Ville  (abbé).  Histoire  de  l  abbaye  et  congrégation 
de  Notre-Dame  de  la  Grande-Sauve,  ordre  de  Saint-Benoit,  en  Guienne, 
Paris  et  Bordeaux,  1844-45,  notamment  t.  I,  ch.  XIII,  p.  261  et  s.  —  Cf.  Che- 
valier, Rép.  top.  —  bihl.  II,  col.  2868. 

5.  La  Sauve  Majeure  est  aujourd'hui  c.  du  cant.  de  Créon,  arr.  Bor- 
deaux (Gironde). 

17 


258  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1080-1093] 

20  —  ...  Ecce  quidam  Burdegalae  praepositus,  nomine 
Radulfus,  a  Deo  missus  venit,  et  comiti  [Widoni,  Guillelmi, 
Aquitaniae  ducis  filioj,  si  vellet,  quod  ad  idoneum  locum 
[socios]  deduceret,  invitavit...  Praepositus  Radulfus  susce- 
pit  eos  g-audens  et  ad  locum,  qui  Silva  Major  inter  duo 
maria  nuncupatur,  adduxit,  et  ecclesiam  parvulam  non  ex 
lapidibus,  sed  de  terra  ^  constructam  ostendit.  Silva  autem 
in  circuitu  tam  densa  vepribus  et  sentibus  creverat,  quod 
nullus  ad  ecclesiam  appropinquare  poterat,  nisi  .gladio  aut 
alio  aliquo  ferramento  prius  iter  fecisset.  Ad  hanc  quidem 
ecclesiam  dum  abbas  et  sui  venissent,  tantus  eidem  abbati 
amor  ibidem  remanendi  occurit,  quod  se  non  alias  iturum 
amplius  Deo,  si  sibi  propitiaretur,  promisit. 


Vita  (alia)   sancti   Geraldi...  in  Aquitania,  auct.  Ghristiano,  mon.  Silv. 
Maj.,  dans  les  Acta  Sanctorum  Bolland.  (-1865),  apr.  1. 1,  p.  423-424  et  426. 

15...  In  terra,  quam  inter  duo  maria  nuncupant,  locus 
est  eis  vastae  solitudinis  desig-natus,  quem  ad  differentiam 
minorum  nemorum  Majorem  silvam  incolae  appellabant. 
Est  enim  silva  longitudine  et  latitudine  spatiosa...  quanto 
sit  locus  ille  a  frequentia  liominum  et  habitatione  remotior, 
tanto  beato  viro  et  sociis  suis  acceptabilior  invenitur... 
Fuerat  autem  olim  ibi  ecclesiola  quaedam,  sed  facta  jam 
ad  desolationem  defecerat.  Accessit  ad  locum  vir  Dei,  et 
singula  coepit  dilig-enti  consideratione  metiri. 

16...  Jam  designabat  in  mente  ubi  ecclesiam  et  alias 
olïîcinas  apte  disponeret  et  locaret  :  jam  erat  opus  illius 
coram  eo.  Anno  autem  Incarnati  Verbi  M''LXX°IX°  digna- 

1.  Cf.  le  récit  de  Giraud  sur  la  fondation  de  la  Sauve  Majeure  dans  la  GalU 
christ.,  i.  II,  Instr.,  col.  314  :«  (^aedamniatrona  fuit  nomine  Ermenj^ardis  de 
Gistris,  quac...  in  sua  parte  habitationem  dcderat  cuidam  monacho  Malli- 
tensis  coenobii  solitariani  viLam  ducere  volcnti,  oa  tamen,  ut  fcrebatur, 
fonditionc,  quandiu  ibi  voluisset,  habitare.  Qui  cum  ibi  habitare  coepissot 
ac  oralorium  de  terra  fecisset,  locus  ipse  ad  manendum  illi  displicuit, 
habitationcnique  in  alio  territorio  mutavit,  ac  ipsani  capellam  quam 
Ceccrat,  descrtari  permisit.  » 


[1080-1095]  DE    l'aRCIIIÏECTLRE    ex    FRANCE  259 

tus  est  Dominus  in  adventu  beati  Geraldi  locum  Silvae  Ma- 
joris  et  patriam  illustrare.  Postulavit  sibi  signum  a  Domino, 
anvellet  eum  ibi  sistere  gressum  suum,  et  in  honore  illius 
opus  propositum  inchoare...  Gumque  diutius  in  ovatione 
persistens,  responsum  a  coelesti  consilio  expectaret,  quasi 
in  extasi  factus,ecce  Filius  Dei  in  vexillo  Crucis  offert  se 
aspectui  servi  sui...  non  tamen  materialiter  illa  crux  vide- 
batur,  sed  erat  quaedam  claritas  formata  in  modum  crucis, 
quaetotum  locum  miri  splendoris  magnitudine  illustrabat... 
Loco  igitur,  qui  conceptioni.  suae  competeret,  certis  limitibus 
designato,  libertate  quoque  et  immunitatis  integritate  a 
terrae  illius  nobilibus  dominis  impetrata,  coepit  operari 
consilio  manuum  suarum  ;  et  in  loco,  in  quo  viderat  Dei 
lîlium  passionis  insigniis  praefulgentem,  ecclesiamin  honore 
ipsius  et  ejus  sanctissimae  Genitricis  Mariae,  secuiido  ad- 
ventus  sui  anno  fundavit. 

23 Beatus  ^  Geraldus,  disposita  domo  sua,  claustris  et 

otïîcinispro  parte  compositis,  erecta  monasterii  fabrica  pro 
maxima  dimensione  parietum.  .  .  in  senectute  bona,  anno 
Dominicae  Incarnationis  M^XG^V*»,  nonis  aprilis,  naturae 
debitum  solvit  ^. 


Ms.  Bibliothèque  de  la   ville  de  Bordeaux,    Gr.  Cartul.,  p.  33  et  p.    40, 
pièce  2  ;  Pet.  Cartul.,  p.  16,  col.  1,  pièce  2,  et  p.  19,  col.  2,  pièce  1. 


1.  DE  SAXCTO  CHRISTOFORO  DE  DANIACO  3. 

[Vers  1080-1095.]  —  ...  Notumsit  igitur  nostris  succes- 
soribus  quod  ego  Ratherius,  cum  uxore  et  filiis  nostris.  .  . 

1.  Op.  cit.,  p.  426. 

2.  «  Sepultusque  est  in  ecclcsia  quam  ipse  fundaveral.  ad  dextram  partem 
al  taris  Beatae  Mariie  [Acla  Sancloriim,  ibid..  p.  420  j. . .  "  beati  viri  sepulc[h]- 
rum  (ibid). 

3.  Nous  adressons  ici  tous  nos  remerciements  à  notre  savant  confrère, 
M.  Brutails,  archiviste  de  la  Gironde,  et  à  M.  Boucherie,  de  la  Bibliothèque 
municipale  de  Bordeaux,  pour  les  renseignements  très  utiles  qu'ils 
nous  ont  communiqués  et  que  nous  utilisons  présentement.  Le  Grand  et  le 
Petit  Gartulaire  de  la  Sauve  Majeure  contiennent  d'autres  textes  intéres- 
sants sur  les  constructions  et  travaux  d'art  entrepris  par  les  abbés  de  ce 
monastère.  Ils  s<jnt  analysés  dans  l'Inventaire  sonmiaire  de  la  série  H  des 
Archives  de  la  Gironde,  laquelle  est  actuellement  sous  presse. 


260  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1080-1 H  8] 

ecclesiam  et  altare  S.  Ghristofori  de  Daniaco...  ecclesie 
S.  Dei  Genitricis  Marie,  que  est  Silva  Majore  {sic),  donamus. 
domnoque  Geraldo,  primo  ipsius  loci  abbati,  et  monachis. 
ibidem  degentibus .  .  .  Illis  concedimus .  .  .  sed  et  arbores. 
Silve  ad  ignem  ad  cuncta  edificia  sibi  ibi  necessaria .  .  . 
Itaque  concessum  est...  a  me  et  fîliis  meis  quam  ab  ipso 
Aleelmout  faciant  monachi  quotquot  voluerint,  molendinos 
etiam  VII  in  predicto  rivulo,  ex  quibus  nulla  cuiquam  pars 
proveniat  nisi  Silve  Majoris  monasterio.  Hujus  rei  testes 
ac  nodatores... 


2.   DE  STAGNO   DAGNACï  K 

[Première  moitié  du  xii"  siècle.]  — Armannus  de  Bunassa 
et  fratres  ejus,  Beraldus  et  Tethbaudus,  contradicebant 
senioribus  de  Silva  ne  facerent  iteinim  aque  excursum  in 
colle  cui  conjungitur  exclusa  stagni  Dagnacensis  ex  parte 
Bunasse.  Sectoribus  petre  expulsis,  convicti  de  priori  dono, 
concesserunt  excm'sum  fîeri  et  exclusam  quantum  vellent 
levari,  terramque  unde  exaltaretur de  Bunassa  accipi,  lapides 
quoque  ad  quicquid  vellent  inde  secari  et  asportari,  accep- 
tis  VI  solidis,  sub  testimonio  Guillelmi,  presbyteri  de 
Fau,  et  Grimoardi  prepositi.  Factum  est  in  manu  Symonis 
prioris  ^^  et  Amaluini  cellerarii,  et  Aichelmi  Duranni,  et 
super  altare  Sancte-Marie. 


LXXXV 

Vers  1080-H18. 

Construction  de  Véglise  abbatiale  de  Saint-Sernin,  à  Tou- 
louse, par  les  soins  de  Raymond  Guairard,  chanoine  et 
prévôt  de  cette  église;  état  d'avancement  des  travaux: 
d^ architecture  à  la  mort  de  Raymond.  —   Edification  de 

1.  Daignac,  cant.  de  Hraniie,  arr.  Libourne  (Gironde). 

2.  Simon  fut  prieui-  de  la  Sauve  Majeure  vers  1135. 


[1080-1118]  DE    L  ARCHITECTUKE    EN    FRANCE  261 

deux  ponts  de  pierre  sur  le  Gers,  et  d'une  maison  d'hô- 
pital pour  les  clercs  pauvres,  à  Toulouse. —  Tombeau  de 
pierre  du  prévôt  Raymond. 

Vita  sancti  Raimiindi,  Sancti  Salurnini  Tolnsani  canonici,  Bibliothèque 
de  la  ville  de  Toulouse,  ms.  117,  dans  les  Mélanges  sur  Saint-Sernin  de 
Toulouse,  par  l'abbé  Douais,  l'asc.  I  (Toulouse  1894),  p.  16-18,  sous  le 
titre  de  :  Vie  de  sainl  Raymond,  chanoine,  el  la  construction  de  l'église 
Sainl-Sernin  (1080-1118).  —  Bulletin  de  la  Soc.  archéol.  du  Midi  de  la 
France,  année  189i,  p.  159-163. 

(Cf.  .Acla  sanciorum,  BoUand.,  Jul.  1,  t.  I,  1867,  p.  597  et  s.) 

[1080.]  —  Raymundus  '  ilaque  non  tam  parentum  gene- 
rositate  quam  virtutum  nobilitate  laudandus,  Tholose 
[natus].  .  .  affîictis  valde  compa(s)cien.s,  .  .  .vir  valde  vene- 
randus,  tecto  plus  quam  victu  pauperes  et  indigere  cons- 
piciens,  senodochium  (s/c)ei.sedificare  studuit,  quod inceptum 
et  nondumad  finem  usque  completum,  lectis,  pannis,  uten- 
silibus  pro  posse  muniens,  de  prediorum  suorum  redditibus, 
cotidianos  sumptus  tresdecim  [sic)  pauperibus  clericis  ibi 
ministrari  statuit .  . . 

Post  denique  senodochii  [sic)  edificium  non  multo  trans- 
misso  tempore,  vir  sanctus  audiens  Herciuni-  flumengurgi- 
tis  sui  alveum  qualibet  [i]mbrium  infusione  longe  lateque 
diffundere,  et  viatoribus  impedimenta  multa  frequentius 
inferre,  multos  etiani  navigandô  transmeantes,  navi  sub- 
mersa,miserabiliter  vita  privasse,  valdecondoluit.  Et,  ut  vite 
reservaret  quos  diabolus  suffocareconabatur,  transitum  fluvii 
periculosum  judicans,  de  pecunia,quam  propriis  pauperum 
usibus  collegerat,  quidagendumesset,  prudentiores  quosque 
co[n]suluit.  Illi  vero,  rei  periculose  necessitatem  diligenter 
intuentes,  et  terre  fertilitatem,  que  tune  pauperibus  neces- 
saria  ministrabat,  pariter  conferentes,  ut  in  fabrica  [pon- 
cium  pecuniam  collectam  expenderet  melius  esse  dixerunt. 
Et,  sicut  consulerant,  postmodum  non  multis  interjacentibus 
annis  completum  esse  conspexerunt.  Duos  namque  pontes 


1.  Sur  Raymond  Guairard  (ou    Gairald)  voy.    l'abbé  Douais,   op.   cit., 
p.  12;  cf.  Molinier.  Sources  de  l'hisl.  de  Fr.,  t.  II,  p.  125. 

2.  Le  Gers,  affluent  de  la  Garonne. 


262  TEXTES    RELATIFS    A    LHISTOIRE  [1080-1118] 

super  Hercii  fluminis  alveum  de  predicta  pecunia  ex  lapideo  ^ 
opère  coniposuit. 

Quid  tandem  de  egreg-io  ecclesie  Sancti  Salurnini  opère  2, 
oui  per  multa  annorum  tempora  ^  prefuit,  et  prêter  capitis 
membrum,  quodjam  completumfuerat,  corpus  a  fundamentis 
incipiens,  ante  obitus  sui  [diem]  ^,  divina  opitulante  miseri- 
cordia,  parietes  in  circuitu  ad  fenestrarum  completionem 
usque  perduxit^.  Ipse  quidem  dominus  Raymundus,  ut  de 
eo  verum  fatear,  operationis  sancte  studiis  incessànter  ine- 
rat,  et,  die  noctuque  Domini  sui  precepta  meditando  revol- 
vens,  divine  caritatis  ardore  succensus,  estuabat. .  . 

1.  L'expression  ex  lapideo  opère  indique  bien  qu'à  lépoque  et  dans  la 
région  où  le  biographe  écrivait,  l'emploi  du  bois  était  encore  fréquent 
pour  la  construction  des  ponts  :  si  l'emploi  de  la  pierre,  en  tant  que  matière 
principale,  avait  été  général,  le  biographe  n'aurait  pas  eu  intérêt  à  se 
servir  de  cette  expression. 

2.  Voy.  dans  V Album  des  mon.  dn  Midi,  t.  cit.,  l'étude  de  M.  Anthyme 
Saint-Paul  :  L'église  Snint-Sernin  de  Toulouse  (avec  pi.  et  fig.),  sui- 
vie d'une  bibliographie,  où  l'on  peut  relever  notamment  Viollet-le-Duc, 
Dict.  de  l'arch.  fr.,  t.  Vil,  art.  Proportion,  p.  536-543,  et  J.  de  Lahon- 
dès  :  Les  chapiteaux  de  Saint-Sernin,  dans  Mém.  Soc.  arch.  du  Midi, 
t.  XV,  p.  258  (Toulouse,  1896).  —  Voy.  encore  Anthyme  Saint-Paul,  Note 
archéol.    sur  Saint-Sernin,   dans  Bull,   archéol.,  1899,  p.  396-413. 

3.  Saint  Raymond  étant  mort  en  1118,  après  avoir  présidé  aux  travaux 
«  pendant  de  longues  années  »,  et  mené  la  construction  sur  presque  tout 
le  pourtour,  jusqu'au  dessus  des  clefs  des  fenêtres  basses,  il  est  nécessaire 
qu'il  soit  entré  en  scène  en  1098  ou  1100  au  plus  tard.  »  (Anthyme  Saint- 
Paul,  op.  cit.,  p.  76). 

4.  Le  Nécrologe  de  Saint-Sernin  (Hist.  gén.  de  Languedoc,  nouv.  éd., 
t.  IV,  p.  524),  rapporte  au  3  juillet  1118  la  date  de  la  mort  de  Raymond 
Gairard,  «  Raymondus  Gairardus  ».  La  période  la  plus  active  de  sa 
vie  répond  donc  aux  années  1080-1118.  En  1083,  le  comte  de  Toulouse 
et  l'évêque  renoncent  à  leur  prétention  de  substituer  des  moines  au.\ 
chanoines  [Cartulaire  de  Saint-Sernin,  n°  290),  qui  dès  lors  peuvent  envi- 
sager l'avenir  avec  confiance.  En  1098,  ou  peu  auparavant,  après  une  ten- 
tative violente  de  détruire  l'église  «  ad  destruendam  ecclcsiam  »  {ihid., 
n»  292),  réparation  fut  faite  à  l'abbaye.  Deux  ans  plus  tôt,  lorsque  Urbain. II 
vint  en  P^rance  pour  la  croisade  (1096),  il  avait  consacré  de  très  nombreu.v 
édifices,  parmi  lesquels  Saint-Sernin  de  Toulouse.  Il  est  probable  qu'à 
Saint-Sernin  «  on  ne  put  lui  offrir  à  consacrer  qu'une  crypte  et  un  clujeur 
inachevé  »  (Anthyme Saint-Paul,  Alh.des  monuments...  du  Midi,l.l,p.  75, 
1897,  et  Brutails,  L' archéol.  du  moy.  .igre,  p.  194.) 

5.  C'est-à-dire  le  chevet  complet  ou  censé  tel.  «  Au  lieu  de  prendre 
par  le  chœur  l'édifice  à  construire  et  de  l'élever  membre  par  membre,  les 
deux  croisillons  successivement  après  le  chœur,  et  la  nef,  travée  par 
travée,  ou  bien  par  groupes  de  plusieurs  travées,  après  le  transept,  on 
se  hâta,  le  chœur  fini  —  si  tantest  qu'il  le  fût — ,  de  conduire  en  une  même 
campagne  tout  le  périmètre  jusqu'à  la  hauteur  des  premières  voûtes.  Pour 
une  église  comme  Saint-Sernin,  cette  méthode  s'imposait.  Il  fallait  un 
abri  quelconque  aux  foules  qui  se  pressaient  devant  les  autels  les  jours  de 
grandes  ostensions...  «(Antriyme  Saint  Paul,  op. cil.)  La  partie  occidentale 
de  Saint-Sernin  ne  fut  achevée  qu'au  xiiT  siècle.  En  1119,  le  19  juillet,  eut 
lieu  une  deuxième  consécration  papale  faite  par  Galixte  II,  d'un  autel  du 
transept  ou  du  rond-point. 


[1080-1125]       DE  l'architecture  en  frange  263 

Unde  nimirum  conti(n)g'it,  ut  quidam,  exempli  sui  gratia 
incitati,  ad  ejusdem  prepositi  tranquillitatem  confugerent, 
et,  fugitiva  mundi  respuentes,  ad  eterne  culmen  hereditatis 
viribus  totis  an[h]elarent.  .  . 

.  .  .  Intérim  vero,  dum  obitus  sui  diem  propinquasse 
cog-nosceret,  se  in  inferioribus  inferiorem  esse  reputans, 
[u]t  1  cum  fratribus  sepeliretur  temerarium  valde  judicavit. 
Sicque  ut,  ubi  sépulture  sue  locum  previderat,  sepe- 
liri  mereretur,  modis  omnibus  efflagitavit  :  previderat 
enim  sépulture  locum  juxta  domum  coUegialem,  quam  cle- 
ricis  pauperibus  effecerat,  ibique  vas  lapideum,  divina  pro- 
vidente  gratia,  sibi  componi  preceperat. 


LXXXVI 

1080-1125. 

Constructions  privées  faites  dans  des  cimetières  de  différents 
villages    du  Maine,  non   loin  de  Mamers  ;    transactions 
passées  pour  ces  constructions   avec  Vahbaye  de   Saint- 
Vincent  du  Mans-. 

Cartulaire  de  l'ahbaye  de  Saint-Vincent  du  Mans,  ordre  de  Saint-Benott, 
publ.  et  ann.  par  1  abbé  R.  Charles  et  S.  Menjot  d'Elbenne  ;  Mamers  et 
Le  Mans,  t.  1  (1886),  n"  522,  col.  301,  n»  524,  col.  302,  n»  777,  col.  440. 

[1080-1102.] —  . .  .  Hug-o,  filius  Ansgerii,  quando  adordi- 
nem  monachicum  venit,  prorsus  dimisit  beato  Vincentio  ac 
sibi  servientibus  quicquid  in  ecclesia  de  Ver  habebat,  videli- 
cet  medietatem  cum  toto  cymiterio  et  cum  domibus  quas 
habebat  in  cymiterio,  et  cum  toto  presbiterio. 

[Vers  1096. ]  — .. .  Robertus  vicarius,  priusquam  Jérusalem 
pergeret^,    gloriosis    martiribus    Vincentio     et    Laurentio 


1 .  Le  texte  de  la  Vie  de  saint  Raymond  porte  et  au  lieu  de  ut. 

2.  Ver,  aujourd'hui  Saint-Côme-de-Ver,cant  et  arr.  Mamers  (Sarthe). 

3.  Ce  fut  sans  doute  un  des  croisés  du  Maine. 


264  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1082-1106] 

suisqueservitoribus...  totumcymiterium[Aciacensis  ^  eccle- 
sie],  excepta  quadam  domo,  dono  dédit... 

[1110-1125.]  — •  ...  Pro  quadam  parte...  decimarum,  erat 
excommunicatus  supradictus  Warinus  Gumbaudus  ab  Ilde- 
berto -,  Genomannensi  episcopo,  et  pro  VI  d.  de  censu  quos 
auferebat  monachis  Sancti  Vincentii  de  tribus  domibus,  que 
erant  in  cymiterio  Sancti  Leonardi  3,  et  pro  aliis  domibus 
quas  habebant  homines  ipsius  Warini  in  ipso  cymiterio^, 
contradicentibus  monachis... 


LXXXVII 

Entre  1082  et  1106. 

Convention  entre  Girard,  abbé  de  Saint- Aubin  d'Angers^ 
et  un  serf  nommé  Foulque,  exerçant  Vart  de  la  peinture^ 
lequel  s  engage  à  peindre  V abbaye  entière  et  à  fabriquer 
des  vitraux,  moyennant  les  conditions  suivantes  :  affran- 
chissement de  Foulque  qui  devient  homme  de  l'abbaye 
et  frère  convers,  avec  concession  d'une  maison  et  d'un 
arpent  de  vigne,  qui  feront  retour  après  luiau  monastère, 
à  moins  qu'il  n'ait  un  fils  en  état  de  lui  succéder  comme 
peintre,  et  de  continuer  ainsi  à  servir  Saint-Aubin. 

B.  de  Broussillon,  Cartulaire  de  labhaye  de  Saint-Aubin  d'Angers  (ordre 
de  Saint-Benoît),  t.  II  (1899),  p.  17  (d'après  une  copie  de  15i2,  Cartul. 
de  Gouis,  Bibl.  Nat.  ms.  lat.  5447,  fol., 14). 

(Cf.  Marchegay,  dans  la  Bibl.  de  VÉcole  des  Chartes,  1846,  p.  271-272, 
d'après  le  Bulletin  de  la  Société  d'Angers.  —  G.  Faf^mez,  Documents 
relatifs  à  l'histoire  de  V industrie  et  du  commerce  en  France,  t.  I.  1S98, 
n°  102,  p.  68,  sous  la  rubrique  :  engagement  de  travail  à  vie). 

Quidam  homo,  nomineFulco,  pictoris  arte  imbutus,  venit 
in  capitulum    Sancti   Albini   ante    Girardum    abbatem   et 

1.  Assé-le-Boisne,  cant.de  Fresnay-sur-Sarthe,  arr.  Mamers. 

2.  llildcbert  deLavardin,  évèque  du  Mans  de  1096  à  1125,  date  à  laquelle 
il  fut  transférée  rarchevéchc  de  Tours. 

3.  Saint-Léonard,  cant.  de  Fresnay-sur-Sarthc,  arr.  de  Mamers. 

4.  Le  Cartulaire  de  l'abbaye  de  Saint-Vincent  du  Mans  contient  d'autres 
actes  (fin  du  xi°  —  commoncement  du  xn')  relatifs  à  des  constructions 
faites  dans  des  cimetières  ;  cf.  supra  un  règlement  du  concile  de  Lille- 
bonne  (1080),  qu'il  faut  rapprocher  des  textes  ci-dessus. 


[1084]  DE    l'architecture  EN    FRANCE  265 

totum  conventum,  et  ibi  fecit  taleni  convenientiam. 
Pinget'  totum  monasterium  illorum  et  quicquid  ei  precepe- 
rint  2,  et  vitreas  fenestras  ■^  faciet.  Et  ibi  frater  eoruni  deve- 
nit  et  insuper  homo  abbatis  liber  factus  est  ;  et  abbas  et 
monachi  unuui  arpennum  vinee  dederunt  ei  in  feuvum  et 
unam  domum,  tali  pacto  ut  in  vita  sua  habeat,  et,  post 
mortem  ejus,  ad  sanctum  redeant,  nisi  talem  habuerit 
fîlium  qui  sui  patris  artem  sciât  et  inde  sancto  Albino  ser- 
viat.  Huic  facto  interfuerunt  isti  laici  :  Raginaldus  Grandis, 
Warinus  cellerarius... 


LXXXVIII 

1084  environ. 

Fondation  de  la  Grande  Chartreuse  par  saint  Bruno  ;  situa- 
tion de  ce  monastère  et  disposition  des  bâtiments  claus- 
traux. —  Interdiction  de  toute  espèce  d'ornementation. 

Guiberti  [de  Novigento]  de  Vita  sua,  1.  I,  cil,  publ.  par  G.  Bourgin,  190", 
p.  32-35. 

(Cf.  éd.  d'Achery,  1651,  p.  467.  — Mabillon,  Annales  ord.  Sancli  Bene- 
dicli,  VI,  1739,  p.  685  et  s.  —  Migne,  Patr.  lat.,  t.  CLVI,  1853.  col.  854  et  s.) 

At  Bruno ^,  urbe  déserta,  seculo  etiam  abrenunciare  pro- 
ponit,  qui,  suorum  notitias  horrens,  ad  Gratianopolitanum^ 


1.  «  Ce  qui  donne  une  importance  particulière  à  ce  document,  dit  Mar- 
chegay,  c'est  que  les  arcades  peintes  de  Saint-Aubin,  découvertes  il  y  a 
quelques  années  dans  un  massif  en  maçonnerie  de  la  préfecture  de  Maine- 
et-Loire,  datent  précisément  de  la  même  époque.  »  [Bibl.  de  lÉc.  des  ch., 
ann.  et  t.  cil.) 

2.  Le  membre  de  phrase  suivant  :  «  et  quicquid  ei  preceperint  »  fait 
implicitement  allusion  aux  sujets  que  les  moines,  et  notamment  l'abbé,  se 
réservaient  de  faire  représenter  par  la  peinture.  Sur  le  rôle  du  clergé  dans 
la  décoration  des  monuments  religieux  et  la  direction  des  artistes,  cf. 
notre  étude  sur  la  Fabrique  des  èqlises  cathédrales  et  la  Statuaire  reli- 
gieuse  au  moyen  âge  (Extr.    du  Bull,  monum.,  LXVI»  vol.,  1902.) 

3.  Rares  sont  les  mentions  d'artistes  verriers  du  xi"  et  duxii"  siècles. 

i.  Saint  Bruno  né  à  Cologne,  vers  1040,  écolàtre  de  Reims,  fondateur  de 
l'ordre  des  Chartreux  ,  mort  en  Calabre  le  6  oct.  1106.  —  Sur  saint  Bruno 
et  les  premières  chartreuses,  voy.  H.  Loebbel.  Der  Stifler  des  Carthauser- 
Ordens,  der  heiliçje  Bruno  aus  Kôln,  Munster,  1899,  dans  Kirchenae- 
schichtliche  Studien  de  Knopffer,  V,  1  (cf.  U.  Chevalier,  Répert.  bio-biol.y 
1,  col.  356,  v  Bruno  (S'),  et  Rép.  top.-bibl.,  I,col.  664,  v°  Chartreuse). 

5.  Pays  de  Grenoble. 


266  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1084] 

processit  territorium.  Ibi  in  arduoet  admodum  terribili  pro- 
montorio,  ad  quod  difficillimum  et  valde  insolens  iter  inten- 
ditur,  —  sub  eo  etiam  prœruptissimae  vallis  vorago  dehis- 
cit,  —  habitare  debgens,  hujusmodi  mores  constituit,  et 
sequaces  ejus  hodieque  sic  vivunt. 

Et  ecclesia  ibi  est  non  longe  a  erepidine  montis,  paulo 
sinuatum  devexum  habens,  in  qua  tredecim  sunt  monachi, 
claustrum  quidem  satis  idoneum  pro  coenobiali  consuetu- 
dine  habentes,  sed  non  claustraliter,  ut  caeteri,  cohabi- 
tantes, Habent  quippe  sing-uli  cellulas  ^  per  gyrum  claustri 
proprias  in  quibus  operantur,  dormiunt  ac  vescuntur. 
Dominica  a  dispensatore  escas,  panem  scilicet  ac  leg'umen 
accipiunt,  quod  unicum  pulmenti  genus  a  quoque  eoruni 
apud  se  coquitur.  Aquani  autem,  tam  haustui  quam  residuo 
usui  ex  ductu-  fontis,  qui  omnium  obambit  cellulas,  et  sin- 
g-ulorum  per  certa  foramina  aediculis  influit,  habent.  Pisce 
et  caseo  dominicis  et  valde  festis  diebus  utuntur 

Aurum,  argentum,  ornamenta  ecclesiae  a  nemine,  nihil 
enim  ibi,  praeter  calicem  arg-enteum...  Nusquam  pêne 
loquuntur:  nam,  si  quid  peti  necesse  est,  signo  exigitur,... 
Sub  priore  agunt  ;  vices  autem  abbatis  ac  provisoris  Gratia- 
nopolitanus  episcopus,  vir  plurimum  religiosus,  exequitur. 
Gum  in  omnimoda  paupertate  se  déprimant,  ditissimam 
tamen  bibliothecam  ^  coag-gerant...' 

1.  Voy.  Vita  beati  Stephani  Obazinensis  :  «  Habitatio  eorum  montaneis 
hyematibus  cingitur  :  cellulae  ipsonim  qiiinqiie  cubitis  in  se  invicem  dis- 
terminantur.  »  L'auteur  de  cette  Vie  écrivait  vers  1160  et  terminait  son 
ouvrage  après  1188.  (Voy.  Molinier,  Sources,  t.  II,  p.  111.)  Ce  texte  permet 
de  fixer  l'étendue  des  cellules  de  Chartreux  au  xii»  siècle.  —  Voy.  dans 
VioIlet-le-Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr.,  t.  I,  p.  308,  %.  27,  plan  de  la  Char- 
treuse de  Clermont. —  Chez  les  Chartreux  où  les  cellules  sont  autour  du 
cloître,  le  cénobitisme  est  réduit  à  sa  plus  simple  expression,  c'est  plutôt 
de  «  l'érémitisme  collectif.  »  (Luchaire,  Hist.  de  Fr.  de  E.  Lavisse,  t.  II,  p. 
264.) 

2.  «  Non  longe  a  cellis  scatebat  fons  ille  qui  adhuc  visitur,  cujus  aquas 
noster  Guigo  per  canales  in  ipsas  cellas  induxit.  Eum  etenim  aquaeductus 
lapideos,  labore  mirabili  et  exquisitis  ingeniis  fecisse  legimus  in  ejus 
elogio  statim  post  illius  mortem  cdito  »  [ex  ms.  Mont.  Dei,  Annales  ord. 
Cartus.  de  Le  Couteulx,  t.  I,  p.  17).  Il  s'agit  ici  du  prieuré  de  Mont-Dieu,  au 
diocèse  de  Reims,  dont  Jofïroi  fut  premier  prieur,  et  à  qui  saint  Guignes  com- 
muniqua en  1136  les  plus  anciens  statuts  de  l'ordre,  composés  par  lui-même 
entre  1116  et  1132,  année  de  la  mort  de  saint  Hugues,  évêque  de  Grenoble. 

3.  Voy.  Hist.  litt.,  t.  IX,  p.  119,  et  t.  XXIV,  p.  67,iX)ur  ce  qui  concerne 
le  goût  des  Chartreux  pour  les  lettres. 


[1083-1192]       DE  l'architecture  en  france  267 

In  tantum,  inquam,  suae  sunt  custodes  inopiae  ut,  hoc 
ipso  quo  agimus  anno,  Nevernensis  cornes  i,  vir  omnino 
religiosus  et  potens,  eos,  causa  devotionis  et  optimae  quae 
hinc  émanât  opinionis,inviserit,  multumque  super  seculari 
eos  cupiditate  ut  caverent  inde  monuerit  ;  cumque,  regres- 
sus  ad  sua,  eorum  indigentiae  quam  viderat  meninisset  et 
monitorum  quae  eis  intulerat  nequaquam  memor  esset, 
nescio  quae  argentea,  sciphos  videlicet,  et  scutras^  precii 
plurimi  eis  misit.  Sed  eorum  quae  dixerat  illis  nequaquam 
obliviosos  invenit  :  communicato  namque  mox  consilio, 
quaecumque  dixerat  ad  integrum  refutata  recepit.  u  Nos, 
inquiunt,  neque  in  expensis  nostris,  nequein  ecclesiae  orna- 
mentis,  exterarum  quippiam  pecuniarum  retinere  delegi- 
mus...  » 

Vocatur  autem  locus  ille  Gartusia Sunt    autem    infra 

montem  illum  habitacula  laicos  vicenarium  numerum  exce- 
dentes  fîdelissimos  retinentia,  qui  sub  eorum  agunt  dili- 
gentia 

Cum  ergo  nusquam,  nisi  in  vetustissimis  monasteriis, 
monachorum  haberetur  aliquorum  sedes,  coeperunt  ubique 
loci  nova  construi,  et  undecunque  coniluentibus  magni 
alimentorum  redditus  adhiberi.  Quibus  facultas  non  ade- 
rat  ut  grandiuscula  fabricarent,  alii  binis,  alii  quaternis, 
alii  quot  poterant  alendis  fratribus  domos,  ac  victualia 
componebant 


LXXXIX 

Vers  1085-1192. 

Travaux  de  construction  et   de   décoration  exécutés  à    la 
cathédrale  et  au  palais   archiépiscopal  de  Lyon  par  les 

1.  Suivant  d'Achery,  il  serait  question  ici  de  Guillaume  III,  comte  de 
Nevers,  qui  devint  chartreux,  et  de  qui  Guillaume  de  Nangis  fait  mention 
à  l'année  1138  ;  d'après  Bourgin,  il  s'agirait  ici  de  Guillaume  I",  comte  de 
Nevers,  mort  vers]097. 

2.  Synon.  de  scutellas,  écuelles.  Cf.  supra,  p.  137,  n.  6. 


268  TEXTES    RELATIFS    A    l'hTSTOIRE  [1085-1192] 

soins  des  archevêques  de  cette  ville.  —  Gisement  de 
marbres  précieux  et  de  pierres  calcaires  d'espèce  parti- 
culière, destinés  à  être  employés  à  l œuvre  de  ladite  cathé- 
drale. 


Obituarium  Lugdunensis  ecclesiae  ',    éd.  M.  C.  Guiirue    (1867),  p.    27,  50, 
53, 128-129. 

[1085-1107.]  —  Obierunt  Hugo  -  bone  et  fîdelis  memoriae, 
Lugdunensis  archiepiscopus,  qui  eidem  ecclesiae  utiliter 
providit  atque  hujuscemodi  memoriale  reliquit...  item,., 
cortinas  duas  ad  ornandum  chorum  in  festivis  diebus,,. 
Dédit, , ,  trecentos  solidos  ad  clocarium  et  tabulatum  ^  eccle- 
siae perficiendum  ;  et  insuper  parietem  ecclesiae  et  quinque 
vitreas  adornavit  et  majus  altare  construxit  ;  caméras 
episcopales  cum  parte  turrium  ''  et  atriis  ''  aedificavit  ;  capel- 
lam  episcopalem  picturis'^  et  pavimento  '  decoravit^.,. 


1.  Voy.  aussi  M.  C.  Guigue,  Notice  historique,  en  tête  de  la  Monographie 
de  la  cathédrale  de  Lyon  par  L.  Bégule,  Lyon,  1880,  p.  6  et  s.  ;  Viollet-le- 
Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr.,  t.  I,  p.  140,  ett.  III,  p.  228. 

2.  Hugue  I"'  de  Bourgogne,  d'abord  religieux  de  Saint-Marcel  de  Châlon, 
puis  évèque  de  Die,  légat  du  Saint-Siège  et  archevêque  de  Lyon  de  1085 
environ  à  1107.  (Voy.  Gall.  christ. ,i.  IV,  col.  97  ;  Severt,  Archiep.  Lagdan., 
p.  216;  La  Mure,  Hist.  ecclês.,  p.  155;Migne,  Pair.  lat. ,CLYU,  col.  500.) 

3.  Rapproché  du  mot  «  clocarium  »,  ce  terme  peut  ici  s'appliquer  aux 
pièces  d'assemblage  de  la  toiture  de  l'église  :  cf.  même  Obituaire  (p.  125), 
l'obit.  d'Ismio,  Diensis  episcopus  :  »  Item  pro  tecto  contabulalo  quod  fieri 
fecit  in  ecclesiaSancteCrueis,solvit  septies  vigintilibrasejusdem  monete.  » 

4.  Sur  les  palais  épiscopaux,  leurs  défenses,  tourelles  et  portiques,  voy. 
Viollet-le-Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr.,  t.  VII,  art.  Palais,  qui  aurait  pu  men- 
tionner les  textes  sur  le  palais  de  Lyon,  s'il  les  avait  connus,  notamment 
pour  la  décoration  qui  y  est  mentionnée.  V^oy.  aussi  Verdier  et  Caltois, 
Varchit.  civ.  et  domest.  au  moy.  âge. 

5.  Atrium  a  le  sens  de  cour,  souvent  entourée  de  poi-tiques. 

6.  Rares  sont  dans  les  textes  du  xir  siècle  les  mentions  relatives  à  la 
décoration  des  chapelles  des  palais  d'évêques  ou  d'archevêques. 

7.  «  A  Lyon,  les  églises  de  Saint-Irénée  et  d'Ainay  avaient  des  pave- 
ments de  mosaïque  ;  dans  la  seconde,  on  voit  l'eirigie  de  l'évêque  dona- 
teur, et  une  inscription  y  rappelait  la  consécration  par  le  pape  Pascal  II.  » 
(Enlart,  Man.  d'archéoL,  t.  I,  p.  708). 

8.  Dans  une  lettre  à  Anselme,  archevêque  de  Cantorbéry,  où  il  lui  parle 
de  son  retour  de  Jérusalem,  Hugue  s'exprime  ainsi  sur  son  palais  archié- 
piscopal où  il  a  reçu  déjà  Anselme  .  «  Exoramus  ut...  ad domum  veslram. 
quae  vestra  fuit,  et  quae  modo  vestra  est,  et  de  die  in  diem  semper  melias 
veslra  erit.  »  (Migne,  Patr.  lat.,  t.  CLIX,  col.  101). 


[1085-1192]       DE  l'architecture  en  France  269 

[1107-1118,  12  april.]  —  Obiit  dominus  Gauceranus  ', 
archiepiscopus  Lugdunensis,  bonae  memoriae,  qui  suis 
propriis  rébus  fieri  fecit  choruni  majoris  ecclesiae  precio- 
sis  et  politis  lapidibuset  (h)ostium  capellae  SanctœMariae 
cum  picturis  ;  cap(p)ellamquoque  domus  suae  variis  decoravit 
picturis,  et  in  eadem  domo  superius  alveum  mirilîco  opère 
fieri  fecit  colum(p)nis  marmoreis  de  diversis  picturis  ~  deco- 
ratum. 

[1127.]  —  Hugo,  ecclesiae  Sancti  Justi  abbas,  qui  in 
majori  ecclesia  decem  vitreas  rotundas  ^  fieri  fecit. 

[Vers  1150.]  —  Hyo,  abbas  Sancti  Justi  et  'camerarius 
hujus  ecelesiae,  qui...  porticum  ^  majoris  ecclesiae  columnis 
marmoreis  et  picturis  decoravit. 


Lugdunensis  hisloriaemonumenta,  ôd.J.B.Montalcon  (1860),  p.  400.  (Arch. 
au  Rhône,  arm.  Daniel,  vol.  52,  n"  1). 

[1192.] —  Dedimus  etiam  eis  plateam  in  qua  turris  de 
Gollia  fuerat,  retento  tamen  per  omnia  supradicta  quod,  si 
major  et  mater  ecclesia  fodere   vel  cavare    potuerit,    mar- 

1.  Josserand,  d'abord   abbé  d'Ainay,   puis  archevêque   de  Lyon  (1107- 

2.  On  retrouve  des  traces  de  peintures  sur  les  statues  des  portails, 
notamment  à  Bourj^es,  à  Chartres,  à  Anj^ers  :  à  Chartres,  par  exemple^ 
une  statue  dorée  de  la  Vicrfje  ornait  le  portail,  daprès  le  texte  suivant  : 
n  Decoravit  etiam  introitum  hujus  ecclesie imagine Beale Marie auro  deccn- 
ter  ornata.  »  IÇarlul.  de  N.-D.  rie  Chartres,  i)ar  de  Lépinois  et  Merlet, 
t.  III.  p.  19.)  Voy.  aussi  G.  Vïcury,  Des  portails  romans  du  XII'  siècle  (Rev. 
hist.  et  arch.du  Maine,  LUI,  1903,  p.  60,  u°  1  ;  cf.  \'iollel-le-Duc  (Dict.  de 
l'arch.  f'r.,  t.  VII,  art.  Peinture). 

3.  Sur  l'usage  des  fenêtres  rondes  ou  oculi  k  lépoque  romane,  auxquelles 
on  donnait  au  moyen  âge  le  nom  de  la  lettre  O,  voy.  notamment  Enlart, 
Man.  d'arch.    fr.,  l.  l,   p.  303-304,    avec  des  exemples. 

4.  Sur  les  porches  romans  et  leur  ornementation,  voy.  Viollet-le-Duc 
op.  cit.,  t.  VII,  p.  259  et  s.  C'est  un  peu  plus  tard,  environ  sous  l'archié- 
piscopat  de  Guichard  qu'aurait  eu  lieu,  d'après  L.  Bégule,  le  travail  d'or- 
nementation, avec  ciment  incrusté,  dont  parle  cet  auteur  dans  son  étude 
récente  intitulée:  Les  incrustations  décoratives  des  cathédrales  de  Lyon  et 
de  Vienne  (1905);  cf.  Bull.  hist.  du  diocèse  de  Lyon,  1906,  n"  37,  et 
E.  Lefèvre-Pontalis,    Bull,  monum.,  vol.  LXIX  (1905),  p.  558  et  s. 


270  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire        [Vers  4086] 

morei  lapides  et  illi,  qui  vulgo  c/iao/i  ^,  proprii  erunt  ipsius 
majoris  eeclesiae,  reliqui  vero,  tam  ipsius  ecclesiae  quam 
ecclesiae  Sanctae  Mariae  et  SanetiThomae.  Si  autem  eccle- 
sia  Sanctae  Mariae  et  Sancti  Thomae  foderit  vcl  cavaverit, 
marmorei- lapides  et  chaon  majoris  erunt  ecclesiae,  reliqui 
autem,  proprii  erunt  ecclesiae  Sanctae  Mariae  et  Sancti 
Thomae... 


XC 

Vers  1086,  le  jour  de  l'Ascension. 

Abandon  fait,  en  échange  de  certaines  concessions,  à  t ab- 
baye de  Saint-Jean  d'Angely,  en  Saintonge,  par  Lan- 
dry Airaud,  Arnaud  Airaud  et  Garnaud  de  Richemont, 
de  tout  le  bois  nécessaire  pour  les  constructions  à  faire  à 
ladite  abbaye. 

Cartulaire  de  Vabbaye  de  Saint-Jean  dAngély,  t.  l,  n°  CXXVIII,  p.  161- 
162,  dans  Archives  hist.  de  la  Sainlonge  et  de  VAunis,  1901,  t.  XXX 
(d'après  le  Cartiil.  orig.,  fol  42  r",  et  la  coll.  de  dom  Fonleneau,  Bibl. 
de  Poitiers,  t.  LXIII,  p.  107). 

Garta  de  ROSCO. 

In  Dei  nomine.  Landricus  Airaldus,  et  Arnaldus  Airal- 
dus,  et  Garnaldus  de  Richemonte^,  don(n)averunt  Sancto 
Joanni  et  monachisejus,  pro  parentibus  suis  et  pro  seipsis, 
in  capitulo,  die  Ascensionis  Domini,  quidquid  unquam 
necessarium  erit  de  bosco  communi  tam  ad  domos  facien- 
d[a]s  quam  ad  reliqua  omnia  intra  muros  et  clausulam  fos- 
sati,  quod  est  ex  parte  salae  comitis,  et  quantum  opus  fuerit 

1.  Le  principal  gisement  des  marbres  précieux  et  des  pierres  calcaires 
de  très  grandes  dimensions  et  ù  grains  serrés  et  fins,  que  les  comptes  el 
les  actes  appellent  les  choins,  se  trouvait  à  Fourvière  dans  les  ruines  du 
forum  bâti  par  Trajan,  qui  s'était  écroulé,  au  rapport  du  diacre  Florus  et 
de  la  chronique  de  saint  Bénigne,  le  1"  jour  de  l'automne  de  l'année  8i0 
(Guigue,  Notice  cit.,  p.  5,  et  fig.). 

2.  Aujourd'hui  c.   du  cant.  et  arr.  Cognac  (Charente). 


[1088-H14j       DE  l'arcfiitecture  en  frange  271 

ad  faciendam  ec[c]lesiam  de  Brolio  Morini*  et  ad  do[m]um 
monachi...  Gesta  haec  sunt  temporibus  Philippi,  reg-is 
Franciae,  Vuidonis^,  ducis  Aquitanorum.  S.  Landrici  Airal- 
di,  qui  habuit  pro  hoc  dono  quindecim  solides.  S.  Ar- 
naldi,  qui  habuit  pro  hoc  dono  viginti  solidos  S.  Warnaldi 
de  Richemonte,  qui  habuit  pro  hoc  dono  quindecim  solidos. 


XCI 

1088-1114. 

Préliminaires  de  l'entreprise  de  la  reconstruction  de  l  église 
et  des  bâtiments  de  V abbaye  de  Clany  par  les  soins  de 
saint  Huffue,  abbé  dudit  monastère. 

Vita  sanctissiini  Hugonis,  Cluniacensis  abhalis  [aucl.  Gilone^],  p.  216-217, 
dans  les  Documents  faisant  suite  à  la  Vie  de  saint  Hugues,  abbé  de 
Cluny,  par  dom  A.  L'Huillier,  1888. 

Jam  decurso  féliciter  juventutis  stadio,  pater  sanctissi- 
mus  sexaginta  quinque  annos  a  nativitate  gerens,  a  sus- 
ceptione  regiminis  quadraginta  numerabat  ;  atque,  ut  asso- 
let,  gelida  senectus,  laborum  immensitate  adducta,  ferven- 
tioris  robur  etatis  sensim  subtrahebat...  At  victor  animus, 
floridi  patris  pristinarum  memor  virtutum,  ampliora  templi 
fundamenta  quam  fuerant  in  Cluniaco  tune  locare  dispo- 
suit^,  consuetas  nature  leges  viritim    transgrediens,    quod 

1.  Le  Breuil-Morin,  auj.  dans  la  comm.  deVaraize,  cant.  et  arr.  Saint- 
Jean  d'Angély  (Charente-Inférieure). 

2.  Gui-Geollroi-Guillaume,  VIII-  duc  d'Aquitaine,  VI"  comte  de  Poitou 
(1058-1086). 

3.  La  Vie  de  saint  Huf^ues,  abbé  de  1024  à  1109,  aurait  été  écrite  en  1113 
ou  en  1114,  suivant  L'Huillier,  op.  cil.,  p.  569  et  s.;  cf.  les  sources  cit. 
par  cet  auteur.  Voy.  aussi  Pignot  (J.  IL),  Histoire  de  l'ordre  de  Cluny 
depuis  la  fondation  de  l'abbaye,  jusqu'à  la  mort  de  Pierre  le  Vénérable 
(909-1157),  1868.  —  Voy.  enfiii  supra,  p.  127  et  132,  les  textes  XXXVIl  et 
XXXVIII  relatifs  à  Odilon  elàrabbaye  de  Cluny. 

4.  (I  Ce  fut  le  30  septembre  1088  Jiihl.  Cluniac,  col.  1621)  que  fut  posée 
la  première  pierre  de  l'église,  dont  le  moine  Ezelon,  jadis  arrivé  de  Liège 
à  Cluny,  dirigea  principalement  les  travaux.  »  (LHuiliier,  op.  cit.,  p.  361). 
Pierre  le  Vénérable  (Ep.,  1.  111,  2)  dit  de  Hézelon  :  «...  singulari  scientia... 
corporatem  novae  ecclesiae  fahricam...  construxit  »  ;  cf.  Virey,  iArch. 
rom.  dans  ianc.  dioc.  de  Màcon,  p.  300.  Les  moines  Gauzon  et  Hézelon 
présidèrent  à  la  construction  des  monuments  de  l'abbaye  de  Cluny. 


272  TEXTES    RELATIFS    A    i/hISTOIRE  [1088-1114] 

sagaci  insistens  studio  mirifice  mancipa vit  effectui.  Cumque 
propiiiquaret  occasui,  aulam  imperialem  nascentibus  filii& 
inchoavit,  et  de  vita  exiturus  ingressuris  hospitium  prépa- 
ra vit  ad  apostolici  culminis  dignitatem.  AlFuit  tamen  sti- 
mulus qui  eum  fortiter  pupugit,  et  assurgere  compulit 
architectum  '  nostrum  timide  commorantem.  Nam  beatus 
Petrus  quemdam  veteranum  infîrmum  elegit,  per  quem  spi- 
ritum  ejus  excitaret  ad  agendum  quod  decebat.  Vocabatur 
ille  Gunzo,  de  abbate  factus  claustralis  et  psalmista  preci- 
puus,  si  non  infirmitas  eum  dissolvisset  ad  extrema  pêne 
perductum.  Huic  apparens  superni  claviger  regni  curam 
legationis  injunxit,  ut  dom(p)no  diceret  Hugoni  quatinus 
basilicam  inciperet,  qui  congregationem  auxerat  in  numéro, 
spiritualem  Deo  ecclesiam  dedicaverat,  materialem  erigeret 
congregatis.  Cumque  rei  novitate  stupidus  eger  hesitaret, 
preceptor,  cujus  latus  multitude  infulatorum  obibat,  Petrum 
se  asseruit,  qui  tam  potenter  dictabat  agenda  ;  addiditque 
graviter  se  ferre  pressuram  ovium  suarum  in  angusto  illo 
ovili  antique,  infîrmum  vero  nuntium  prelegisse,  ut,  eo 
sanato,  probabile  fieret  quod  referret.  Deinde  illum  in  spi- 
ritu  traducens,  ipsemet  visus  est  funiculos  tenere  ac  ten- 
dere  et  termines  ponere  circumscribende  quantitati  men- 
surasque  comprehendere  2.  Adjecit  preterea  septem  annos 
addendos  illi  seni,  si  obedientiam  impositam  fideliter  adim- 
pleret;  sanctum  vero  Hugonem,  qui  non  facile  movebatur, 
si  dissimularet,  eamdem  plagam  quam  relater  evaserat 
excipere.  Monet  demum  ut  attentius  redderet  quali  sche- 
mate  fabricanda  basilica  monstraretur. 

Exspergefactus  frater,  pre  que  tabule  funeree  sonus 
exspectabatur,  sospitem  se  conspectibus  sancti  Hugenis 
representavit.  Omnibus  ex   ordine  auditis,    credidit  fidelis 

1.  Sur  l'emploi  du  terme  archileciiis  x\ans  les  chroniques,  vov.  supra, 
p.  41,  n.  3. 

2.  Cf.  la  curieuse  miniature  du  xii'  siècle  reproduite  par  l'IIuillier 
(p.  360),  représentant  la  vision  de  labbé  Gunzon,  successeur  de  saint  Bernon 
sur  le  siège  abbatial  de  Baume.  Le  vieillard  est  couché  ;  le  lit  et  les  vête- 
ments sont  conformes  aux  us  clunisiens.  Saint  Pierre,  assisté  de  saint 
Paul  et  de  saint  Etienne,  tend  des  cordeaux  pour  indiquer  le  plan  de  la 
future  basilique  de  Cluny.  Pour  le  mot  funiculus,  voy.  supra,  p.  121,  n.  5. 


[1088-1123]       DE  l'architectuîis  en  frange  273 

pater,  acquievit,  incepit  et,  Deo  juvante,  talem  basilicam 
levavitintra  vi^inti  annos  ',  qualem  si  tam  brevi  construxis- 
set  imperator,  dignum  admiratione  putaretur.  De  qua  mul- 
tum  erat  quod  diceremus,  sed  magis  habitantium  nitorem 
quam  habitaculi  predicanius.  Verumtamen  hec  fabrica, 
millenis  fratribus  capiendis  idonea,  milites  Christi  de  quo- 
dam  carcere  eductos  sui  lïttitudine  retîcit,  et  patente  chori 
planicie  stationes  ordinatas  seriatim  nova  libertateletifîcat; 
•quique  prius  absque  remedio,  loci  strictions  conditione, 
multis  modis  sibi  importuni  videbantur,  nunc  transpositi 
ad  spatiosa,  omnidie  quasi  Pascha  célébrantes  in  Galileam', 
qucindam  transierunt.  Sic  Cluniacum  ^  renovavit  in  omnibus 
pastor  inclytus  tam  mûris  exterioribus  quam  structuris 
interioribus  ',  ofïicinas  adjacentes  melioravit,  ordinatius 
ordinem  commendavit,  bona  que  invenit  ubertim  dila- 
tando. 


XGII 
1088-1123. 


Construction  de  châteaux-forts  de  la  Normandieetdu  Maine, 
notamment  par  Robert  'de  Bellême.  —  Siètje  de  Bréval, 

1.  Gilon  s'accorde  sur  ce  point  avec  Rainald  de  Vézelay.  Sur  ce  bio- 
graphe de  saint  Hugues,  voy.  L'Huillier,  op.  cil.,  p.  565  et  suiv. 

2.  Sur  l'application  de  ce  terme  à  des  constructions  religieuses,  voy. 
■supra,  p.  135,  n.  11. 

3.  Sur  la  description  de  cette  église,  voy.  notamment  L'Huillier,  op.  cit., 
p. 362  et  s.  ;  J.  Virey,  L'Arch.  rom.  dans  tanc.  dioc.  de  Màcon,  p.  256-342 
favec  plan).  Voy.  aussi  le  plan  publ.  par  Penjon,  Cliiny,  la  ville  et  l'a^b- 
haife,  Gluny,  188 i.  VioUet-lc-Duc,  pas.<iiin.  Dans  L'Huillier,  op.  cil.  (Doc. 
p.  630),  on  en  trouvera  une  description  très  précise  avec  les  mesures  en 
toises  et  en  pieds,  empruntée  à  un  ms.  du  xviii"  siècle  intitulé  :  «  Mémoires, 
aires,  pièces  relatives  à  Vordre  de  saint  Benoit  »,  donné  à  Solesmes  par 
le  comte  de  L'Escalopier. 

4.  L'abbatiale  de  Cluny  avait  depuis  le  portail  une  longueur  de  136  m. 
environ.  C'était  alors  !a  plus  grande  église  de  la  chrétienté,  surpassée 
plus  tard  par  Saint-Pierre  de  Rome  qui  compte  171  m.  et  Saint-Paul  de 
Londres  qui  en  mesure  166  (cf.  L'Huillier,  op.  cil.,  p.  362  et  s.,  et  J.  Virey, 
op.  cit.,  p.  300).  Ce  vaste  édifice  avait  un  double  transept,  cinq  nefs,  et 
un  narthex  à  trois  nefs  en  avant  de  la  façade.  Le  chœur  fut  béni  en  1095 
par  le  pape  Urbain  11'  la  dédicace  eut  lieu  en  1131,  ainsi  que  la  consécra- 
tion de  nombfeux  autels,  en  présence  d'Innocent  II. 

18 


274  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [108^^-1123] 

dans  le  Vexin.  —  Construction  de  la  tour  d'Ivri,  près 
d'Évreux,  par  maître  Lanfroi.  —  Autres  constructions 
de  châteaux  et  de  camps  retranchés  ;  système  de  défenses 
adopté  dans  les  fortifications  du  Maine  et  de  la  Xor- 
mandie;  postes  d  observation  usités  en  Normandie  ainsi 
qu'en  Syrie.  —  Construction  du  château  de  Bridgenorth, 
non  loin  de  Shrewsberry,  en  Angleterre.  —  Fondation 
du  monastère  de  Tiron ;  ses  ateliers  monastiques.  —  Siège 
d'Alençon.  —  Tombeau  de  Serlon  dOrgères^  évêque  de 
Séez. 

Orderici  Vitalis  '  Uisloria  ecclesiastica,  éd.  A.  Le  Prévost,  Guérard  et 
L.  Delisle,  1838-55  (Soc.  Ilist.  de  France),  l.  VIII,  c.  5,  24,  27  ;  L  X,  c.  7, 
9,  23;  1.  XII,  c.  8,  37. 

L.  VIII,  c.  o  [1088  et  suiv.].  —  Undique-  furentibus  in 
Normannia  seditiosis...  pessimus  praesul  Odo^  ad  duceni  ^ 
Rotomagumvenit  et,  consideratistotiusprovinciae  neg-otiis, 
duci  ait  :  «  Habent  quidem  fortissima  castella  :  Bellismum^, 
Lubercionem'^,  Axeium^,  Alencionem^,  Danfrontem  ••, 
Sanctum  Genericum^^,  Rupem  de  lalgeio'^.,.  Mamercias''^  et 
Vinacium  '3,  et  alia  plura  quae  Guillelmus  Bellesmensis  et 
Rodbertus,  Ivo  et  Guarinus,  aliique  successores  eorum 
superbe  construxerunt...  » 

...Tunc*^  Rodbertus  dux  Rodberto  Geroio  castellum 
Sancti  Gerenici  reddidit.  lUe  vero  fere  XXXVI  annis  post- 

1.  Orderic  Vital,  né  en  Angleterre  le  16  février  1075,  moine  à  Saint- 
Evroul,  mourut  après  1143.  Les  livres  dont  nous  donnons  des  extraits  ont 
été  composés  entre  1133  et  1137. 

2.  Éd.  cit.,  t.  III,  p.  292,  294-95. 

3.  Eude  I,  évêque  de  Bayeux  (10i9-1097). 

4.  Robert  Courte-Heuse,  duc  de  Normandie. 

5.  Bellême,  aujourd'hui  ch.-l.  de  c,  arr.  Morlagne  (Orne).  Voy.  Cheva- 
lier, Rép.  top.-hihl.,  l,  v°  Bellême. 

6.  Lurson,  auj.  Bois-Barrier,  suivant  Odolant-Desnos,  auteur  de  VHis~ 
toire  d'Alençon. 

7.  La  forme  française  «  Esseï  »  est  dérivée  d'Axeium.  —  Esse  est  une 
localité  sise  dans  la  comm.  de  Le  Grez,  cant.  de  Sillé-le-Guillaume,  arr. 
Le  Mans  (Sarthej. 

8.  Alençon. 

9.  Domfront,  ch.-l.  darr.  (Orne). 

10.  Saint-Céneri-le-Gerei,  c.  du  cant.  et  arr.  d'Alençon. 

11.  La  Roche-Mabile,  c.  du  cant.  et  arr.  d'Alençon. 

12.  Mamers,  ch.-l.  d'arr.  (Sarthe). 

13.  Vignats,  c.  du  cant.  de  Coulibeuf,  arr.  Falaise  (Calvados), 

14.  Éd.  cit.,  t.  III,  p.  298. 


[1088-1123]       DE  l'architecture  en  France  275 

modum  tenuit,  mûris  et  vallis  speculisque  '  munivit../' 
[Rodbertus  -^  Bellesmensis],  ingenio  subtilis,  dolosus  et 
versipellis...  in  ex[s]truendis  aedificiis  et  machinis  aliisque 
arduis  operibus  ingeniosus  artifex... 

L.  VIII,  c.  24  [1094].  —  Quadragesimali ^  tempore,  rex  •* 
Franciae  et  dux  ^  Normanniae  Brehervallum  ~  obsederunt, 
ibique  fere  duoijus  mensibus  laboraverunt...  Illuc  Rodber- 
tus Bellesmensis  ingeniosissimum  artificeni  adduxit,  cujus 
ingeniosa  sag-acitas  ad  capiendam  Jérusalem  Ghristianis 
profecit.  Hic  machinas  construxit,  contra  munimentum  hos- 
tile super  rotulas  egit,  ingentia  saxa  in  oppidum  et  oppi- 
danos  projecit,  bellatores  assultus  dare  docuit,  quibus  val- 
lum  et  sepes  circumcingentes  diruit  et  culmina  domorum 
super  inhabitantes  dejecit,  tantisque  calamitatibus  adver- 
sarios  ad  deditionem  coegit.  Vêtus  odium  inter  Rodbertuni 
et  Goellum  diu  pro  antiquis  reatibus  inoleverat,  idemque 
Rodbertus,  ut  tempus  ultionis  opportunum  viderat,  Guil- 
lelmum  Bretoliensem  ^  consilioet  auxilio,  plusquam  omnes 
alii  pares  sui,  adjuverat.  Goellus  autem  probus  et  callidus, 
et  praedo  malignus,  ecclesiarumque  violator  erat.  Nobiles 
et  animosos  parentes  habebat,  quorum  adminiculis  Bre- 
hervallum in  déserta  et  silvestri  regione  castrum  firma- 
verat'^  et  magnanimitate  subsidiisque  tanta  praeliorum  pon- 


1.  L'éditeur  Le  Prévost  interprète  ce  terme  dans  le  sens  de  chambre  à 
coucher,  logement  [ihid.,  n.  1).  Nous  croyons  que  ce  mot  a  une  sif^nifica- 
tion  plus  précise  et  qu'il  signifie  lieu  de  guet,  corps  de  garde,  endroit 
couvert  d'où  les  sentinelles  peuvent  observer  les  mouvements  des  adver- 
saires et  lui  lancer  des  traits  et  des  projectiles  à  travers  des  meurtrières 
ou  des  créneaux.  Il  y  a  lieu,  selon  nous,  de  rapprocher  ce  terme  de  zêta 
que  nous  commentons  plus  loin;  d'ailleurs  le  contexte  de  notre  passage 
amène  à  cette  conclusion,  si  on  le  compare  avec  celui  de  l'un  des  extraits 
que  l'on  va  trouver. 

2.  Éd.  cit.,  infra.  t.  III,  p.  300. 

3.  Robert  II  de  Belléme,  fort  expérimenté,  comme  on  sait,  dans  l'art  de 
fortifier  les  châteaux. 

4.  Éd.  cit.,  t.  III,  p,  il 5. 

3.  Le  roi  de  France  était  alors  Philippe  I"  (1060-1108). 

6.  Richard  II  Courte  lieuse. 

7.  Bréval,  c.  du  cant.  de  Bonnières,  arr.   Mantes   (Seine-et-Oise). 

B.  Un  des  seigneurs  de  la  famille  de  Breteuil,  ch.-l.  de  c,  arr.  d'Evréur 
Voy.  éd.  Le  Prévost,  ih.,  p.  414,  sur  leurs  vassaux. 
9.  Sur  le  sens  de  l'expression  firmare  castrum,  pour  dire  qu'on  érige  un 


276  TEXTES    RELATIFS    A    l'fIISTOIRE  [1088-1123] 

dera  strenue  pertulerat.  Denique,  ut  tam  magnos  principes 
et  animosos  sibi  summopere  adversari  prospexit,  pacem  a 
domino  socero  suo  petiit,  etgaudente  Guillelmo  impetravit, 
eique  tune,  regibus  et  ducibus  diu  vexatis,  arcem  de  Ibreio 
honorifice  reddidit. 

Haec  nimirum  [arx  de  Ibreio  ']  estturris  famosa,  ingens 
et  munitissima,  quam  Albereda  -,  uxor  Radulfi,  Bajocen- 
sis  comitis,  construxit,  et  Hugo  3,  Bajocensis  episcopus,  fra- 
ter  Johannis,  Rotomagensis  archiepiscopi  contra  duces  Nor- 
mannorum  multo  tempore  tenuit.  Ferunt  quod  praefata 
matrona  Lanfredum^  architectum,  cujus  ingenii  laus  super 
omnes  artifices  qui  tum  in  Gallia  erant  transcenderat,  qui 
post  constructionem  turris  de  Pedveriis  ">,  magister  hujus 
operis  ex[s]titerat,  ne  simile  opus  alicubi  fabricaret,  decollari 
fecerat.  Denique  ipsa  pro  eadem  arce  a  viro  suo  perempta 
est,  quia  ipsum  quoque  ab  eadem  munitione  arcere  conata 
est. 

L.  X,  c.  7  [1096-1102].  —  Helias  ^  comes  ad  curiam  régis 
Rotomagum  venit...  Guillelmus  rex    ait":  «   ...  tu    igitur 

château-fort  sur  une  position  choisie,  voy.,  avec  de  nombreux  exemples, 
J.  H.  Round,  The  castles  of  the  conqnesl  dans  VArcheologia,  de  la  Soc. 
des  Antiquaires  de  Londres,  t.  LVIII,  part.  I,  p.  325-327.  Cf.  les  vers  sui- 
vants de  Wace,  auteur  de  la  Geste  des  Normands  ou  Roman  de  Rou,  mort 
vers  1175  : 

«  Un  chaslel  i  ont  fermé, 
De  bretesches  é  de  fosse.  » 
et  celui-ci  : 

«  Un  chaslel  list  iloec  fermer  » 

1.  Ivry-la-Bataille,  cant.  de  Saint- André,  arr.  Evreux  (Eure). 

2.  Aubrée,  femme  de  Raoul,  comte  de  Bayeux  et  d'Ivri. 

3.  Hugue,  évéque  de  Bayeux,  leur  fils  aîné. 

4.  Cet  architecte  ingénieur  était-il  clerc  du  laïque?  Bauchal,  auteur  du 
Nouv.  dict.  biogr.  et  crit.des  architectes  fr.,  estime  (p.  327-328)  qu'il  était 
moine,  supposition  nullement  justifiée  ;  sans  doute  des  clercs,  des  moines, 
comme  les  textes  nous  l'ont  déjà  montré,  ont  élevé  des  châteaux  au  xi"  siècle; 
mais  le  genre  d'architecture  qu'exerçait  Lanfroi  était  bien  plutôt  alors 
l'occupation  technique  de  maîtres  laïques. 

5.  n  s'agit  ici  du  château  de  Pithiviers,  bâti  vers  990  par  Alvise  ou 
Iléloïse,  mère  d'Isembard,  seigneur  de  Pithiviers  ;  sur  ce  château,  voy. 
l'étude  de  Devaux,  dans  les  Annales  de  la  Soc.  histor.  et  archéol.  du  Gâli- 
nais,  t.  III,  1885,  p.  254  et  s. 

fi:  Éd.  cit.,  t.  IV,  p.  38. 

7.  Harangue  de  Guillaume  II  le  Roux,  roi  d'Angleterre  à  Hélie  de  la 
Flèche,  comte  du  Maine,  pour  faire  hâter  des  travaux  de  fortification 
{munitiones).  Ce   mot   revient  souvent  dans  la  latinité  d'Orderic   Vital, 


[1088-1123]       DE  l'architecture  en  france  277 

dilapsos  a^geres  munitionuni  tuarum  summopere  repara, 
etcaemeiitarios  lapidumque  caesores  lucri  cupidos  velociter 
ag^grega.  »...  Guillelmus  rex  firmissimum  castrum  Gisortis  ' 
construi  praecepit.  quod  usque  hodie  contra  Calvimon- 
tem  -  et  Triam  atque  Burriz  opposituni  Normanniam  con- 
cludit  ;  cujus  positionem  -^  et  fabricam  ing-eniosus  artifex 
Rodbertus  Belesmensis  disposuit...  Ibi  nempe  Brugiam  ^ 
munitissimum  castrum  super  Sabrinam  fluvium  construe- 
bat. 

L.  X,  c.  7  [1098].  —  Tune  ■'  rex  [Guillelmus  G]  Rod- 
berto  ^  ingentem  familiam  bellatorum  suis  in  municipiis  ^ 
adunare  praecepit,  et  copiosos  pecuniae  sumptus  erogavit, 
unde  municipia  ejus  vallis  et  mûris  ac  multiplicibus 
zetis^   undique    clauderentur,    et    bellicosis    larga    stipen- 


comme  dans  celle  de  SuKer.  Nous  avons  déjà  rapporté  (n"  LX  texte  sur  le 
château  de  llaslings,  bussex)  ce  passage  précieux  d'Orderic  Vital  : 
«  Muniliones  enim,  quas  casteUa  Galli  nuucupaut,  Anglicis  provinciis 
paucissimae  '  fueranl  ;  et  ob  hoc  Angli,  licet  hellicosi  fuerint  et  audaces, 
ad  resistendum  tamen  inimicis  extiterant  debiliores.  •>  Sur  ce  texte, 
cf.  ibid.  le  mémoire  de  Mrs  Ella  S.  Armitage  sur  les  anciens  châteaux- 
forts  des  Normands  en  Angleterre  {Engl.  hist.   review,  t.  XIX,  190i). 

1.  Voy,  E  de  Clérambault  :  Le  donjon  de  Gisors  (avec  iig.),  dans  Méni. 
Soc.  acad.  du  dép.  de  l'Oise,  XVIII,  3.  1900  :  M.  R.  de  Lasterie:  Quelques 
mots  sur  le  château  de  Gisors,  Bull,  nionuni.,  1901,  p.  121  et  s.  Ce  château 
avait  été  rebâti  en  1123  :  «  anno  M.  CXXIII  castellum  quod  vocatur 
Archas  turre  et  moenibus  mirabiliter  lirmavit  [Henricus  rex].  Sic  etiam 
fecit  castellum  Gisorlh,  Falesiam...  »  (Rob.  de  Monte,  App.  ad  Sige- 
bertum,  dans  le  Hec.  des  Hist.  de  Fr.,  t.  XIII,  p.  285).  D'après  E.  de  Clé- 
rambault {op.  cil.),  des  réparations  y  furent  faites  de  1161  à  1184. 

2.  Ghaumont-en-Vexin,  Trie,  Bouri,  localités  du  Vexin  voisines  de 
Gisors. 

3.  Sur  le  choix  des  positions  prises  pour  la  construction  des  châteaux 
normands,  sur  leur  assiette  et  la  disposition  des  défenses,  voy.  VioUet-le- 
Duc,  Dict.  de  Varch.  fr.,  t.  III,  art.  Château,  p.  71  (Château  d'Arqués),  p.  80 
(château  de  la  Roche-Guyon,  près  de  Mantes),  p.  82  (château  Gaillard,  près 
des  Andelys).  Cf.  A.  Deville,  Hist.  du  château  Gaillard  et  du  siège  qu  il 
soutint  contre  Philippe-Auguste  en  i'20S  et  120'i. 

4.  11  s'agit  de  Bridgenorth  sur  la  Saverne  {Sabrina),  à  23  lieues  de 
Shrewsberry.  Cette  construction  de  château  eut  lieu  vers  1102. 

5.  Éd.   cit.,  t.  IV,   p.   40. 

6.  Il  s'agit  encore  ici  de  Guillaume   le   Roux,   roi  d'Angleterre. 

7.  Camps  retranchés,  garnis  de  solides  défenses.  Cf.  le  camp  de  Sainte- 
Suzanne,  dans  le  Maine,  élevé  par  Guillaume  le  Conquérant.  Voy.  le  mémoire 
de  G.  Fleury,  dans  la  Rev.  hist.  et  arch.  du  Maine,  t.  XXIX  (1891),  p.  151, 
153. 

8.  Sur  ce  terme  technique,  voy.  le  Glossaire  de  Du  Cange,  v  Zêta,  §  2, 
avec  l'indication  de  textes  où  on  le  rencontre  ;  cf.  G.  Fleury  [Rev.  hist. 
du  Maine,  t.  XXI,  1887,  p.  84),  et  surtout  l'éditeur  d'Orderic  Vital  :  «   La 


278  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1088-1123] 

diariis  donativa  largirentur.  Belesmensis  itaque  munio  '  ad 
haec  promptus  oppida  nova  condidit,  et  antiqua  praecipi- 
^bus  fossis  ~  cingens  admodum  firmavit.  Hic  nimirum 
novem  in  illo  comitatu  habuit  castra  :  id  est  Blevam  '^,  et 
Peretum,  Montem  de  Nube  et  Soonam,  Sanctum  Remi^ium 
de  Planis  et  Orticosam,  Allerias  et  Motam  Galterii  de 
Clincampo,  Mamerz,  et  alias  domos  firmas  quamplurimas. 
Haec  siquidem  regio  censu  argutus  artifex  sibi  callide  prae- 
paravit 

L.  X,  c.  9  [1099].  —  Interea  ipsi  castrum  [Maiaci]  ^ 
interius  toto  annisu  munierunt...  cumque  forenseci  pugna- 
tores  admodum  insudarent  ut  ingenti  sirue  lig-norum  cin- 
gentem  fossam  implerent,  viamque  sibi  usque  ad  palum 
pluribus  sustentamentis  magn opère  substratis  publiée  prae- 
pararent...  Quidam  ad  illuni  de  sublimi  zêta  lapidum  pro- 
jecit... 

signification  primitive  de  ce  mot,  dit  A.  Le  Prévost  (t.  V,  p.  61,  n.  1),  est 
une  chambre  dans  un  lieu  d'habitation.  C'est  ainsi  qu'on  trouve  zetae  aes- 
livales  et  zetae  hyemides  dans  les  descriptions  de  palais.  Mais  ici  (1.  IX, 
c.  9)  et  quelques  pages  plus  haut,  il  faut  l'entendre  dans  le  sens  de  corps- 
de-garde,  lieu  couvert  d'où  les  sentinelles  peuvent  observer  les  mouve- 
ments de  l'ennemi...  »  A  notre  avis,  on  aurait  dû  rapprocher  ce  terme  de 
spécula  (au  pluriel)  dans  un  texte  que  nous  tirons  d'Ord.  Vital  (1.  VIII, 
c.  5).  Il  est  relatif  à  Robert  Giroie  et  au  château  de  Saint-Céneri  {éd.  cit., 
t.  III,  p.  298),  après  1088  :  <c  Castellum  Sancti  Cerenici  Rodbertus  Geroius 
fere  XXXVI  annispostmodum  tenuit,  mûris  et  vaUis  specuUsque  munivit.  » 
II  s'agit  en  effet  de  postes  d'observation.  Enfin,  pour  le  mot  zêta,  voy. 
dans  le  Corpus  glossarioruni  latinorum  de  Loewe,  le  Thésaurus  (flos- 
sarum  emendatarum  de  G.  Goetz,  t.  VII,  p.  432  :  «  Zêta,  graece  cubi- 
culum,  V,  337  :  cf.  dieta,  zêta,  III,  191,  avec  des  exemples  ;  voy.  aussi 
ihid,,  zetarius,  custos  palatii,  V,  519  ». 

1.  Ce  terme  est  synonyme  de  defensor  munitionis  (cf.  Du  Gange,  Gloss., 
v"  Munio). 

2.  A  la  façon  des  fossés  normands.  Sur  les  châteaux  normands,  voy. 
Viollet-le-Duc,  op.  et  t.  cit. 

3.  Blèves,  à  trois  lieues  de  Mamers  ;  Ferai,  à  trois  lieues  et  demie  de 
Mamers  ;  Moiit-de-la-Nuc  sur  Contilli.  à  une  lieue  et  demie  de  Mamers  ; 
rOrtieuse,  sur  la  commune  du  Val,  à  deux  lieues  de  Saône  et  à  deux  lieues 
etdemiede  Mamers  ;Sainl-Hemi  du  Plain,àdeux  lieues  et  demie  de  Mamers; 
Allières,à  une  lieue  et  demie  de  Mamers;  laMotte-Gautier-de-Glincham})sur 
Chemilli  (Orne),  à  une  lieue  un  quart  de  Mamers  (G.  Fleury,  Les  fortifi- 
cations du  Sonnois  du  X'  au  Xll"  siècle,  dans  \a  Rev.  hist.  et  archéol.  du 
Maine,  t.  XXI,  1887  (avec  fig)  ;  cf.  du  même  auteur,  un  autre  savant 
mémoire.  Recherches  sur  les  fortifications  du  Maine  {Rev.  cit.,  t.  XXIV, 
1888,  et  t.  XXIX,  1891,  avec  fig.  représentant  des  mottes). 

i.  Éd.  cit.,  t.  IV,  p.  60.  —  Le  château  de  Maiet,  â  sept  lieues  Sud  du 
Mans,  à  une  distance  un  peu  moindre  de  La  Flèche.  C'est  aujourd'hui  un 
ch.-l.  de  canton  de  la  Sarthe. 


[1088-1 123]       DE  l'architecture  en  France  279 

L.  X,  c.  23  [1 100-1 104].  —  Tractantibus  "  Turcis  de  rébus 
agendis,  Melaz,  [filia  Dalimanni  principis],  seorsum  vocalis 
ait  Cliristianis  :  «  Arcem  et  regiam  et  murum  in  g"iro, 
zetasque  minores  atque  majores  jam  munite  illiciteque 
perscrutamini,  aditusque  servate  ne  quis  exeat  vel  ingre- 
diatur  sine  vestra  consideratione.  » 


L.  VIII.  c.  27  [1114,  février].  —  Girca  ^  haec  tempora., 
Bernardus,  Quinciaci  abbas,  Pictaviense  solum  reliquit, 
quia  praefatum  monasterium,  quod  hactenus  liberum 
ex[s]titerat,  Cluniaco  subjugare  noluit...  mundanas  omnino 
curas  deseruit...  post  plures  circuitus  ad  venerabilem 
episcopum  Ivonem  divertit,  et  ab  eo  benigniter  susceptus, 
in  praedio  Carnotensis  Ecclesiae  cum  fratribus  quibusdam 
constitit  ;  et  in  loco  silvestri,  quiTiron  ^  dicitur,  coenobium 
in  honore  Sancti  Salvatoris  construxit.  Illuc  multitudo 
fidelium  utriusque  ordinis  abunde  confluxit,  et  praedictus 
pater  omnes  ad  conversionem  properantes  charitativo 
amplexususcepit,  et  singulis  artes  quas  noverant  légitimas 
in  monasterio  exercere  praecepit.  Unde  libenter  conve- 
nerunt  ad  eum  fabri  tam  lignarii  quam  ferrarii,   sculptores 


1.  hd.cil.,  t.  IV,  p.  151. — Il  s'agit  de  l'expédition  faite  en  Syrie,  au  secours 
de  la  ville  chrétienne  de  Mélitène,  vers  le  mois  d'août  1100,  par  Boémond  et 
Richard  de  la  Principauté,  qui  tombèrent  dans  les  mains  de  l'émir  tur- 
coman  Danismand.  C'est  sa  fille  Melaz  qui  parle  ici  aux  chrétiens. 

2.  T.  III,  p.  47  i. — Il  s'agit  de  la  fondation  par  IJernard,  précédemment  abbé 
de  Saint-Cyprien,  à  Poitiers,  de  l'abbaye  bénédictine  de  la  Sainte-Trinité 
de  Tiron,  dioc.  de  Chartres  (auj.  Thiron-Gardais,  arr.  de  Nogent-le-Rotrou, 
Eure-et-Loir).  —  Henri  I",  roi  d'Angleterre,  encouragea  cette  construc- 
tion monastique  comme  bien  d'autres  signalées  par  Guillaume  de  Jumièges, 
dans  son  Hisloria  Norinannorum,  1.  VIII,  p.  308,  éd.  Duchesne  :  «OfRcinis 
quoque  monachorum  Tironis  construendis  nonnulla  adjumenta  praevidit, 
excepto  dormitorio  quod  ex  integro  ipse  fieri  ob  memoriam  sui  ex  suis 
solum  modo  impensis  voluit.  Necnon  etiam  xenodochium  clephantio- 
sorum  Carnoli  manentium,  opus  videlicet  pergrande  ac  mirificum,  ipsius 
munificentia  complevit.  »  —  Yves,  dont  il  vient  d'être  question,  fut 
ëvéque  de  Chartres  de  1091  à  1116.  * 

3.  Dès  le  ix"  siècle,  tout  autour  du  monastère  de  Saint-Riquier,  les  arti- 
sans et  artistes  s'assemblaient  et  se  fixaient,  se  groupant  par  quartiers  et 
par  rues,  comme  ils  feront  durant  le  moyen  âge  :  «...Vicus  fabrorum 
cuncta  persolvit  ferramenta,  valet  per  annum  libras  très. .."(Dénombrement 
—  descriptio —  fait  par  l'abbé  Héric  en  831,  par  ordre  de  Louis  le  Débon- 
naire {Acta  SS.  Bened.  saec.  IV,  I,  p.  104).  Cf.  J.  Flach,  Orig.  de  Vanc. 
France,  t.  II,  1.  in,  ch.  vu  (Villes  nées  autour  de  monastères),  p.  319-320. 


280  TEXTES    RELATIFS   A    l'hISTOIRE  [1089-H28] 

et  aurifabri,  pictores  et  caementarii,  vinitores  et  agricolae^ 
multorumque  offîciorum  artifices  peritissimi. 

L.  XII,  c.  8  [1118].  —  Mense  ^  decembri,  prope  Alen- 
cionem  ^  innumeri  convenerunt...  Cornes  Andegavorum... 
securius  obsessos  infestavit,  eisque  aquam  per  subterranea 
machinementa  ^  occultis  abscisionibus  abstulit.  Indigenae 
siquidem  meatum  noverant  per  quem  constructores  arcis 
aquae  ductum  de  Sarta^  illuc  effecerant.  lUi  vero  qui  clau- 
debantur  in  arce,  videntes  sibi  cibaria  déesse...,  paeem 
fecerunt,  turrimque  reddentes  cum  omnibus  suis  saivi  exie- 
runt. 

L.  XII.  c.  35  [H23j.  —  Venerandus  Serlo  '^  cum  clero 
ad  aram  Sanctae  Dei  Genitricis  Mariae  perrexit,  ibique  ante 
aram  pastorali  cambuta  spacium  loculi  designavit,  et,  ora- 
tionibus  ad  Dominum  fusis,  cum  aspergine  aquae  benedic- 
tae  sepulcrum  sanctificavit.  Protinus  operarii  foveam  ligo- 
nibus  foderunt  humumque  palis  egesserunt.  Caementarii 
vero  latomique  sarcofagum  martulis  cavarunt,  et  omnem 
apparatum  ambulanti  et  loquenti  episcopo,  quasi  exanimis. 
amjaceret,  in  feretro  coaptarunt... 

XGIII 
1089-1128. 

Monuments  mégalithiques  à  Tréhiguier^  non  loin  de 
Muzillac,  au  diocèse  de  Vannes,  en  Bretagne.  — 
Construction  audit  lieu,  près  de  la  Vilaine,  par  un  moine 
de  V ahhaye  de  Redon,  d'une  écluse  servant    de    réservoir 

1.  Éd.  cit.,  t.  IV,  p.  333. 

2.  Ce  fut  une  véritable  bataille,  livrée  sous  les  murs  même  d'Alençon 
dans  un  lieu  encore  nommé  le  Champ  de  bataille,  entre  le  château  de  cette 
ville  et  Hertré.  (Voy  Odolant-Desnos,  Hial,  d'Alençon,  t.  I,  p.  173  et  s.) 

3.  Cf.  supra,  p.  100,  un  passage  du  texte  concernant  les  gestes  des  évêques 
d'Auxerre  (Hugue  de  Noyers,  1183-1206),  au  sujet  des  artifices  employés 
par  les  constructeurs  pour  ménager  des  provisions  de  vivres  et  de  boissons 
dans  l£s  châteaux-forts. 

4.  La  Sarthc,  i-ivière  qui  passe  à  Alençon. 

5.  Éd.  cit.,  t.  IV,  p.  4i5.  Il  s'agit  ici  de  l'évêque  Serlon  d'Orgèrcs  (1092- 
1124),  qui  s'était  fait  préparer  de  son  vivant  une  sépulture  dans  la  cathé- 
drale de  cette  ville. 


[1090]  DE    l'architecture    en    FRANCE  281 

pour   Vélevage    des  poissons,    et  appartenant   à     ladite 
abbaye. 

Cartiilaire  de   iabhaye  de  Redon  en   Bretagne,  publ.  par  A.  de    Couison, 
n"  CCCLXXXVIII,  p.  316  ;  Paris,  1863  (Coll.  des  Doc.  inéd.). 

...Quedam  illustris  matrona,  vocabulo  Orenia...,  queii- 
dam  filium  suum  in  nionachum,  hostiam  vivam,  monaste- 
rio  Rothonensi  1  tradidit...  una  simul...  in  Treheguer  -, 
terrani  videlicet  juxtaecclesiam  ;  versus  aquilonem. ..  usque 
ad  lapides-^  quosdam  ing-entes,  in  montis  medio  positos, 
juxta  semitam  eun(c)til)us  Trez.  Hec  auteni  gesta  sunt  sol- 
(r'em(p)ne  (sic)  donatione,  concessu  Rioci,  Musullacensis  * 
domini,  fa  vente  etiam  Morvano  "\  episcopo  Venetensi... 
Preterea  prefata  mulier  suo  niuneri  priori*^  duo  terrae  nova- 
lia  continentia  usque  ad  fossam  aquosam,  versus  austruni, 
secus  litus  Vicenonie ',  locum  etiam  ad  exclusam  facien- 
;  damin  eodem  gurgite,  cuni  paludibus  suis  et  omni  telluris 
continuatione.  Confestim  vero,  donatione  facta,  construxit 
Paganus  monachus  ibi  exclusam,  ubi  pisces  caperentur 
in  usibus  monachorum  necessarii.. . 


XGIV 
1090. 

Réédication  faite  par  les  soins  et  aux  frais  de  Guillaume  //, 
comte  de  Nevers,  de  l'abbatiale   Saint-Etienne,   dans   le 

1.  Redon,  ch.-l.  darr.  d'Ille-et-Vilainc.  —  Voy.  dans  de  Courson,  op. 
cit.,  la  Carte  de  lu  Bretagne  armoricaine,  avec  ses  principales  divisions 
ecclés.  et  civiles. 

2.  La  localité  de  Tréhiguiei' est  située  dans  la  coni.  de  Penestin,  canl. 
de  La  Roche-Bernard, arr.  Vannes  (Morbilian). 

3.  Il  s'agit  ici  de  blocs  de  pierre  très  considérables  qui  paraissent  bien 
étred'ordre  méj^alitliique.  Rosenzvcig, dans  son Beper^.arc/ieoi.  du  Morbi- 
han, mentionne  des  monuments  celtiques  dans  le  canton  où  se  ti-ouve 
Tréhigiiier. 

•4.  Muzillac  est  .tujourdhui,  ch.-l.  de  cant.  arr.  Vannes  (Morbihan),  voy. 
Rosenzwelg,  op.  cit.,  v  Muzillac. 

5.  Morven,  évêque  de  Vannes  (1089-1128). 

6.  Il  faudrait  suppléer  ici  un  verbe  tel  qu'addidit. 

1.  La  Vilaine,  rivière  qui  sépare  le  département  dlUe-et-Vilaine  de 
celui  de  la  Loire-Inférieure,  et  ce  dernier  du  Morbilian. 


282  TEXTES  RELATIFS  A  l'iiistoire       [Vers   1090] 

faubourg  de  cette  ville,  avec   une  forte  enceinte  de  murs 
ainsi  que  trois  tours  élevées  avec  art. 

Extr.  d'une   Charte  du  comte   de    Nevers    publiée  par  Grouzet,  Droits  et 
privilèges  de  la  commune  de  Nevers,  2'  part.,  p.  147  (Nevers,  1858). 

(Cf.  J .  Flach,   Les  origines  de  Vancienne  France,  X"  et  XI'  s.,i.  l\, 
1893,  p.  246-247.) 

Ego  ^  Willelmus,  Dei  gratia,  Nivernensis  cornes.... 
monasterium  in  honore...  protomartyris  Stephani...  in 
suburbio  Nivernensi  propriis  sumptibus  reaedifîcavi...  Pri- 
mum  quidem  ipsum  locum  alti  fortisque  muri  clausura  per 
circuitum  ambivi  ;  deinde  nobile  monasterium  cum  tribus 
turribus  satis  pulchro  venustoque  opère...  construxi  '^. 
Dono  et  concedo...  totum  burgum,  sicuti  modo  pro  burgo 
habetur...,  qui  jam  ex  renomen  habens,  burgus  Sancti  Ste- 
phani appellatur... 


xcv 

Vers  1090. 

Donation  à  V Eglise  cathédrale  de  Sainte-Marie  d'Auch  de 
V église  Sainte-Marie  de  Marseillan,  près  de  la  rivière  de 
VArros,  avec  faculté  de  construire  une  église,  des  mai- 
sons et  ateliers,  pour  former  une  ville  neuve.  . 

Extr.   du    Cartulaire  noir  du  Chapitre  de  V Eglise  métropolitaine  Sainte- 
Marie  d'Auch,  publ.  par  C.  Lacave  Laplagne  Barris,  dans  les  Archives 
historiques  de  la  Gascogne  (1899),  2'  sér.,  fasc.  III,  p.  218. 
(Cf.  Généalogie  de   la   maison  de  Montesquiou-Fezensac,  Preuves,  p. 

218.) 

MulierPalumma  et  GuilemGarsias  et  Leofrancs,  filii  sui, 

1.  Ce  texte  est  résumé,  sans  être  cité,  par  A.  Champollion-Fi|j^eac,  dans 
ses  Doc.  pal.  relatifs  à  Vhisloire  des  heaux-arls  pendant  le  moyen  âge, 
p.  188-189.  —  Cf.  de  Soultrait,  Répert.  archéol.  de  la  Nièvre  (1875). 

2.  La  consécration  de  l'église  de  Saint-Etienne  de  Nevers  eut  lieu 
en  1097.  L'influence  auvergnate  s'y  fait  sentir.  Des  corbeaux  de  pierre  que 
la  façade  laisse  voir  encore  montrent  que  le  porche  devait  recevoir  une 
charpente  (Enlart,  Man.  d'archéol.,  t.  1,  p.  242  . 

Ce  porche, fait  remarquer  Viollet-le-Duc  [Dicl.dérarch.fr.^l.'Vll,  p.  261), 
était  bâti  sur  plan  barlong  et  fermé  ;  il  devait  être  couronné  par  deux 
tours  fcf.  la  cathédrale  de  Clermont,  église  N.-D.  du  Port,  égl.  de  Cha- 
maillieres,  Puy-de-Dôme). 


[1092]  DE    L'ARqHlTECTURE    EN    FRANCE  283 

dederuntecclesiamSancte  Marie  deMarcilan',  que  est  super 
flumen  Rosso  '-',  cumfilio  suo  Vidiano,  Domino  Deo  et  Sancte 
Marie  sedis  Auxiensi[s]  et  metropolitane  :  hoc  est  décimas  et 
honores  ecclesiasticos  et  totam  dominationem  illius  ecclesie 
et  que  ad  illam  pertinent  ;  et  de  ipsa  silva  padoentiam  ^  ad 
ecclesiam    faciendam,     et    ad    omnes    mansiones    et    ofïi- 

cinas Ista  omnia  dederunt  super  altare    Sancte  Marie, 

in  manu  Guilelmi  archiepiscopi,  et  Stephani  ^  archidiaconi 
et  ahorum  canonicorum  '... 


XGVI 
1092. 

Donation  par  des  nobles,  au  Chapitre  de  Saint-Sernin  de 
Toulouse,  i"  de  trois  églises  avec  les  dîmes  qui  leur  appar- 
tiennent, à  condition  que,  pendant  sept  ans,  les  trois  quarts 
de  ces  dîmes  serviront  à  construire  une  église  destinée  à 
remplacer  les  troisautres  au  lieuditde  «  Combei  »,  en  Gas- 
cogne;—  2°  d'un  terrain  délimité  par  des  croix  de  sau- 
vegarde autour  de  l'endroit  où  devra  être  bâtie  la  nou- 
velle église. 

Charte  publiée  par  A.  Baudouin  dans  \e  Musée  des  Archives  départemen- 
tales, n"  28  (pi.  XIX),  p.  59,  d'après  Torigrinal  déposé  aux  Archives  de  la 
Haute-Garonne",  fonds  de  Saint-Sernin,  liasse  I,  lit.  9. 

^Cf.  Cartiil.  de  Vahbaye  de  Saint-Sernin  de  Toulouse,  publ.  par  labbé 
Douais,  p.  496  ;  Paris  et  Toulouse,  1887.) 

1.  Comm.  du  cant.  et  arr.  Mirande  (Gers).  La  localité  de  Marseillan,  sur 
i'Arros,  a  été  entièrement  détruite  au  xiv«  siècle  pendant  la  guerre  de  Cent 
ans. 

2.  La  rivière  de  I'Arros. 

3.  Droit  de  pâturajjfe  :  cf.  Du  Gange,  Gloss.,  v  Paduire,  faire  paître  le 
bétail. 

4.  Il  s'agit  ici  de  l'archidiacre  Etienne  Beg. 

5.  Parmi  les  dignitaires  du  Chapitre  de  l'église  cathédrale  de  Sainte- 
Marie  d'Auch,  qui  s'occupaient  du  temporel,  figurent  dès  le  xii'  siècle  au 
moins  le  cellerarius  et  le  sacrista,  lequel  veillait  notamment  à  la  décoration 
de  l'église  cathédrale  :  «  ad  comparandum  juncum  quo  supersternantur 
monasterii  pavimenta  »,  dans  certaines  solennités,  ainsiqu'à  l'entretien  des 
cloches  »  ad  emendas  signorum  cordas»,  etc.   (vers  1140,  Cartal.  cit.). 

6.  Nous  remercions  notre  confrère  M.  F.  Pasquier,  archiviste  de  la  Haute- 
Garonne,  des  renseignements  qu'il  a  bien  voulu  nous  transmettre  au  spjet 
de  ce  document. 


284  TEXTES    RELATIFS    A    l'hiSTOIRE  [1093-1132] 

...  In  nomine  Domini,  coUaudante  et  favente  domno 
W[illelmo]  ^,  archiepiscopo  Ausciensi,  Bernardus  de  Marens 
et  frater  ejus,...  dederunt  Deo  et  beato  Saturnino,  Tolo- 
sano  pontifîci,  et  canonicis  ipsius  loci  aecclesiam  de  Artiga- 
long^a^  et  decimam  pertinentem  ad  ipsam,  et  aecclesiam  de 
Cepeda-^  cum  décima  ad  eanaem  pertinente,  et  aecclesiam. 
de  Cordenes  ^  cum  décima  ad  ipsam  pertinente,  eo  tenore  ut  de 
his  tribus  aecclesiis  efficiatur  una  in  Iqco  qui  vuig'o  vocatur 
Coinbei'\  et  usque  ad  VII  annos  sit  tota  décima,  excepte 
quarta  parte  archiepiscopi,  in  edificacionem  aecclesiae. 
Post  VII  vero  annos  aecclesia  edificata,  canonici  Sancti 
Saturnini  habeant  quartam  partem  de  décima  et  medieta- 
tem  oblationum  et  cimiterium  ex  integro,  salva  parte  archi- 
episcopi ;  clerici  vero  alii  qui  fuerint  ordinati  in  ipsa  aec- 
clesia inedietatem  de  décima  et  oblationis  habeant.  Dede- 
runt similiter  terram  in  qua  est  aecclesia  infra  cruces  *•  li- 
bère et  absque  omni  censu  [sjervili,  ut  sit  perpetualiter 
Beati  Saturnini  et  habeat  per  unumquemque  annum  de  una- 
quaque  domo  quatuor denarios,  quod  est  signum  libertatis  '. . . 
Facta  est  autem  haec  carta  anno  millésime  nonagesimo  II 
ab  Incarnatione  Domini,  praesidente  in  Romana  Ecclesia 
papa  Urbano  II,  régnante  Francorum  rege  Philippo. 

XGVII 
1093-1132. 

De  la  forme  architecturale  des  cloîtres  conventuels,    et  de 

1.  Guillaume  I"' de  Montaut,  archevêque  d'Auch  de  1068  à  1096. 

2.  L'église  d'Artiguélongue,  qui  devait  appartenir  à  rarchidiacoac 
d'Angles,  se  trouvait  probablement  sur  la  rive  gauche  de  l'Osse,  non  loin 
de  Monclar,  cant.  de  Montesquiou,  arr.  Mirande  (Gers). 

3.  L'église  de  Ccpède  se  trouvait  probablement  dans  le  voisinage  d'Arti- 
guelongue. 

4.  Cette  église  devait  être  située  dans  l'archidiaconé  d'Angles  non  loin 
de  Saint-Christaud.cant.  de  Montesquiou.' 

5.  Cette  église  devait  se  trouver  dans  le  voisinage  d'Artiguelongue. 

6.  Sur  les  croix  de  sauvegarde,  voy.  supru,  n°  III,  p.  14,  n»  IV,  p.  20, 
n"  XLV,  p.  154,  etc.—  Cf.  dans  Raynal,  Hist.  du  lierry...,  t.  I,  p.  478,^ 
un  très  curieux  acte  de  bornage  à  jet  de  flèches  de  baliste,  du  terrain 
avoisinant  l'église  de  Meunet,  en  Rcrry,  (auj.  arr.  Issoudun,  Indre)  :  «  oh 
signumillius  ecclesie  salvationis.  » 

7.  Les  donateurs  sont  appelés  chevaliers  dans  une  partie  de  cette 
charte,  qu'il  n'est  pas  nécessaire  de  reproduire  ici. 


]^  1093-1 132]       DE  l'architecture  en  fraxce  285 

la  siffni/ication  symbolique    attribuée  aux  constructions 
immédiatement  contiguës  à  ces  cloîtres. 

Laus   vitae   monasticae,  par   GeollVoi   de  Vendôme,   éd.   Sirmond  (1610), 
not.  ad  libr.  IV,  p.  70  (ex  cod.  Sancli  Melanii  Redonensis). 
(Cf.  Migne,  Pair,  lat.,  t.  CLVII,  col.  1  i6,  n.  281.) 

Sic  habitant  ut  sit  sacer  ipse  domorum 

Ktsitns  et  numerus  sufficiensque  sibi. 
Quadratam  speciem  '  structura  domestica  praefert, 

Atria  bis  binis  inclyta  porticibus^, 
Quae  tribus  inclusae  domibus,  quas  corporis  usus 

Postulat,    et  quarta  quae  domus  est  Domini... 
Quarum  prima  domus  servat  potumque  cibumque, 

Ex  quibus  hos  reficitjuncta    secunda  domus. 
Tertia  membra  fovet  vexata  labore  diurno, 

Quarta  ^  Dei  laudes  assidue  resonat. 

1.  La  forme  ji^énéralc  des  cloîtres  en  plan  est  celle  d'un  carré,  dit  Viol- 
let-le-Duc,  à  propos  des  vers  ci-dessus  {Dicl.  de  l'arch.  fr.,  t.  III,  p.  408  et 
s.,  v  Cloître).  Mais  on  trouve  aussi  des  formes  géométriques  autres  que 
celle  du  carré  qui  ont  été  appliquées  à  des  cloîtres.  Voy.  Alb.  Lenoir, 
Arch.  monastique,  t.  1(1852),  p.  ii  et  s.  A  l'époque  carolingienne,  saint 
Angilbert  fit  construire  d'après  la  forme  triangulaire,  eu  Ihonneur  de  la 
Trinité,  le  cloître  de  l'abbaye  de  Centula  (ou  de  Saint-Riquier),  en  dispo- 
i»ant  ainsi  le  cloître  :  «  Glaustrum  monachorum  triangulum  factum  est. 
Sicque  fit  ut,  dum  hic  inde  parietes  sibi  invicem  concurrent,  médium 
«patium  sub  divo  triangulum  habeatur.  Quia  igitur  omnis  plebs  fidelium 
sanctissimam  atque  inseparabilem  Trinitatem  confiteri...  firmiterque  cre- 
dere  débet,  secundum  hujus  fidei  rationem  iu  omnipotentis  Dei  nomine 
très  ecclesias  principales,  cum  membris  ad  se  pertinentibus,  in  hoc  sancto 
loco.  Domino  coopérante,  et  praedicto  domino  Augusto  juvante,  fundare 
■studuimus...  »  {Acta  SS.  ord.  S.  Benedicti,  iv  s.,  !•  part..  Vie  de  saint 
Angilbert).  Sur  les  formes  polygones  ou  rondes,  plus  ou  moins  symbo- 
liques, des  enceintes  d'abbayes  ou  de  cimetières,  voy.  Lenoir,  op.  cit. 

2.  Et  non  parlicihiis  (Viollet-le-Duc,  ih.). 

3.  La  disposition  assez  habituelle  des  galeries  des  cloîtres  d'abbayes  est 
celle  que  Caumont  a  donnée  pour  les  bâtiments  claustraux  du  xii"  siècle 
d'après  le  plan  de  l'abbaye  de  Beauport  (Côtes-du-Nord),  avec  fig.,  Ahécéd. 
d'archéol.,  archii\  civ.,  3' éd.  p.  13-4  i  ;  ou  encore  celle-ci;  n  1°  une  galerie 
adossée  à  l'un  des  murs  de  la  nef,  avec  une  entrée  sous  le  porche  et  une 
entrée  dans  le  voisinage  d'un  transsept  ;  2°  une  galerie  à  l'ouest,  à  laquelle 
viennent  s'accoler  les  bâtiments  des  étrangers,  ou  des  magasins  et  celliers 
ayant  des  entrées  sur  le  dehors  ;  3°  une  autre  galerie,  opposée  à  celle  lon- 
geant l'église  communique  au  dortoir  et  au  réfectoire,  lesquels,  ajoutons- 
le,  ne  sont  pas  toujours  rangés  du  même  côté  ;  4"  enfin  une  galerie  à  l'Est 
donnant  entrée  dans  la  sacristie,  dans  la  salle  capitulaire  et  les  services 
ecclésiastiques  »  (Voy.  VioUet-le-Duc,  ihid.). —  Sur  l'interprétation  symbo- 
lique des  quatre  côtés  et  des  colonnes  des  cloîtres,  cf.  Guillaume  Durand, 
Rationale,  1.  I,  cap.  l,  S  43,  cité  par  Viollet-le-Duc,  ibid.  Voy.  aussi 
Pierre  de  Blois,  d'après  Du  Gange,  Gloss.,  v  Clau.<{triim,  pour  la  significa- 
tion symbolique  du  cloître  :  «  Inde  est  quod  in  claustro  conventuum  qua~ 
iuor  loca  cum  propriis  deputantur  offiicis...  » 


286  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1093-1133] 


XCVIII 
1093-1133. 

Travaux  de  construction  entrepris  à  la  cathédrale  de 
Durham,  en  Angleterre,  par  les  soins  des  évêques  Guil- 
laume de  Saint-Calais,  originaire  du  Vendomois,  et 
Rannulf  Flambard . 


Symeonis  monachi  Dunhelmensis  libelliis  de  exordio  Dunhelmensis  *  eccle- 
siae,  t.  I,  p.  128-129,  éd.  Th.  Arnold  (1882),  collection  des  Rerum  bri- 
lunn.  medii  aevi  scriptores. 

Nec  multo  post,  ecclesiam  XCVIII  anno  ex  quo  ab 
Aldhuno  fundata  fuerat,  destrui  praecepit  [Willelmus  de 
Sancto  Garilefo,  Dunhelmensis  episcopus],  et,  sequenti  ex 
anno  positis  fundamentis,  nobiliori  satis  et  majori  opère 
aliam  construere  -  coepit.  Est  autem  incepta  MXGIII 
Dominicae  Incarnationis  anno,  pontificatus  autem  Willelmi 
XII,  ex  quo  autem  monachi  in  Dunhehnum  convenerant 
XI  tertio  idus  augusti,  feria  V.  Eo  enim  die  episcopus,  et 
qui  post  eum  secundus  erat  in  ecclesia,  prior  Turg-otus, 
cum  caeteris  fratribus  primos  in  fundamento  lapides  posu- 
erunt.  Nam  paulo  ante,  id  est  IV  kal.  augusti,  feria  VI, 
idem  episcopus  et  prior,  facta  cum  fratribus  oratione  ac 
data  benedictione,  fundamentum  coeperant  fodere.  Igitur 
monachis  suas  offîcinas  aedificantibus,  suis  episcopus 
sumptibus  ecclesiae  opusfaciebat... 


1,  Durham,  aujourd'hui,  ch.-l.  du  comté  de  ce  nom,  à  418  kil.  X.  de 
Londres.  —  Guillaume  de  Saint-Calais  fut  consacré  évêque  de  Durham  le 
3  janv.  1081  (mort  en  1096).  Voy.  Dict.  of  nul.  biography,  par  Leslie  Ste- 
phen,  vol.  IX,  p.  81 -8 i.  Sur  ses  constructions,  voy.  ibid.,  p.  83. 

2.  Voy.  John  Bilson,  Les  origines  de  l'architecture  gothique.  Les  pre- 
mières croisées  d'ogives  en  Angleterre  (Extr.  de  la  Revue  de  Vart  chrétien, 
1901-1902,  notamment  p.  12  et  s.,  avec  de  nombreuses  pi.  et  fij;.  ;  ibid..  p.  49- 
59,  Observations  de  M.  R.  de  Lasteyrie  et  réponse  de  M.  Bilson). 


[1094] 


DE    l'aRCHITECTLRK    EN    FRANCE  287 


Le  même,  Ilistoriae  Dunhelmensis  ecclesiae  continuatio  7»,  t.  cit.,  p.  139- 
141  (même  coUection). 

Circa  opus  ecclesiae  modo  intentius,  modo  remissius 
a^^ebatur,  sicut  illi  ex  oblatione  altaris  et  coemiterii  vel 
suppetebat  pecunia  vel  deficiebat.  His  namque  sumptibus 
navem  ecclesiae  circumductis  parietibus  ad  sui  usque 
testudinem  Rannulfus  *  erexerat.  Porro  [Willelmus  de 
Sancto  Garilefo],  praedecessor  illius,  qui  opus  inchoavit, 
id  decernendo  statuerai  ut  episcopus  ex  suo  ecclesiam, 
monachi  vero  suas  ex  ecclesiae  collectis  facerent  offîcinas. 
Quod,  illo  cadente,  cecidit  :  monachi  enim,  omissis  offici- 
narum  aedificationibus,  operi  ecclesiae  insistunt,  quam 
usque  navem  Rannulfus  jam  factam  invenit...  Vacavitque 
episcopatus  perquinquennium.  Eo  tempore  navis  ecclesiae  *, 
Dunelmensis  monachis  operi  instantibus,  peracta  est. 


XCIX 

Avant  1094. 

Donation ,  faite  par  Gautier  Chesnel,  au  monastère  de  Saint- 
Denis  de  Nogent-le-Rotrou^  prieuré Clunisien  du  Perche^ 


1.  Rannulf  Flambard,  qui  fut  évéque  de  Durham  de  1099  à  1128.  Voy. 
Dict.  ofnat.  hioyraphy,  vol.  XIX,  p.  237  et  suiv. 

2.  «  La  cathédrale  de  Durham,  élevée  d-;  1093  à  1133,  semble  avoir  été 
destinée  dès  rorif,'ine  à  cire  complètement  voûtée  d'oj^ives;  les  voûtes  du 
chœur,  inauguré  vraisemblablement  dès  1104,  ont  malheureusement  été 
rebâties  :  la  voûte  du  bras  nord  du  transept  a  sans  doute  les  plus  anciennes 
ogives  qui  subsistent  en  Angleterre  ;  les  voûtes  latérales  semblent  être  les 
mêmes  qui  furent  élevées  sous  R.  Flambard.  »  Ainsi  s'exprime  M.  Enlart 
[Man.  d'archéol.,  fr.,  t.  I,  p.  440,  n.  3.)  —  L'alternance  du  pilier  et  de  la 
colonne  (assez  fréquente  dans  l'école  Lombarde  et  rhénane),  mais  dont  on 
a  des  exemples  en  Normandie,  au  xi"  siècle,  à  Jumièges  et  dans  le  Maine, 
même  siècle,  au  Mans,  à  Notre-Dame-du-Pré,  fut  importée  à  la  cathé- 
drale de  Durham,  de  ces  dernières  régions  par  un  constructeur  appelé  par 
les  soins  de  Guillaume  de  Saint-Calais.  (Voy.  pour  cette  disposition  dans  ces 
pays,  E.  Lefèvre-Pontalis,  Congr.  archéol.  de  France,  70«  session,  1903, 
p.  373.) 


288  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1094-1095] 

de  Véglise  de  Saint-Pierre  de  Ceton,  d'un  cimetière,  pour 
y  bâtir  des  habitations  monacales,  ainsi  que  d'un  bourg 
pour  y  construire  des  maisons  ;  permission  accordée  aux- 
dits  religieux  de  prendre  dans  ses  forets  tout  le  bois  néces- 
saire à  leurs  constructions. 

Saint-Denis  el  JSlogenl-le-Rolrou  (1031-1789),  Hist.  et  cartulaire,  par  de 
Souancé  et  l'abbé  Ch.  Mctais,  1899,  no  XVIII  '  (d'après  Bibl.  nat., 
cuil.  Duchesne,  ms.  22,  f.  286,  et  cop.  f.  289  v"). 

...  Notum  esse  volumus  omnibus  sancte  Dei  Ecclesie  fide- 
libus...  quod  ego  Gualterius  Chasnellus  dono  Deo  Domino 
omnipotenti  et  s.  Petro,  apostolo  Ghristi,  atque  monachis 
Clum[acjensibus  qui  sunt  positi  ad  S.  Dionisium  ^  in 
Nogento  Castro  de  Pertico,  ecclesiam  S.  Pétri  Cetonensis^ 
cum  omnibus  appendiciis  suis.  .  .  cymeterium^  ad  facien- 
dum  edes  monachorum,  burgum  ^  etiam  de  foris  ad 
faciendas  domos  ad  quoscumque  homines  illorum...  Ad- 
jungo  etiam  ecclesiam  S.  Nicholai  cum  omnibus  appen- 
diciis suis.  .  .  Ad  edificia  quoque  eorum  [monachorum] 
vel  omnium  hominum  illorum  facienda.  .  .  in  omnes  saltus 
meos  ligna   concedo ... 


G 
1094-1095,  avant  juillet. 

Donation,  par   Adon  Alois,   à   Véglise    cathédrale    Notre- 
Dame  de  Grenoble  et  à   Vévêque   Hugue,   d'un  vignoble 

1.  Cf.  Bry  de  la  Clergeric,  Hist.  du  Perche,  p.  72. 

2.  Sur  la  fondation  et  la  construction  de  ce  monastère,  voy.  Vlntrod.  à 
l'ouvr.  cit.de  Souancé  et  Métais,  p.  v-vi  et  pi.:  cf.  ch.  i,p.  xni  et  s.  (fig.). 

3.  Ceton  est  aujourd'hui  c.  du  canton  du  Theil,  arr.  Mortaj^ne  (Orne), 
â  rextrémité  S.-E.  de  ce  département,  et  à  très  peu  de  distance  de 
Nogent-!e-Rotrou  (Eure-et-Loir) . 

4.  Le  même  cartulaire  (p.  10)  mentionne  —  fait  qui  nest  pas  rare  ailleurs 
—  des  habitations  dans  le  cimetière  de  léglise  de  St-Martiu  de  Loisail 
(1105-1107)  :  «  Do  etiam  unam  domum  (jue  in  cimeterio  posita  est...  »,  à 
propos  d'une  donation  de  Ilugue  de  Loisail  à  Saint-Denis  de  Nogent. 

5.  En  1190,  ce  bourg  était  entouré  de  fossés  et  d'eau  <<  extra  burgum  S. 
Dionisii,  sicut  idem  burgus  clauditiir^aquis.  »  (n0  99,  p.  196.) 


[Vers  109o]       de  l'architecture  ek  France  289 

sis  dans  la  paroisse  de  Saint-Martin-le-Vinoiix,  joignant 
ladite  église  paroissiale  ;  ledit  domaine  avait  été  concède' 
à  ses  ancêtres,  maçons  des  évêques  de  Grenoble,  en  récom- 
pense des  services  rendus  par  eux  auxdits  évêques  pour 
la  construction  d^ églises. 

Extr.  d'une  cliartc  du  Charlulan'um  sancli  Iliigonis,  dans  les  Cartulaires 
de  VEglis-'  cathédrale  de  Grenoble,  publ.par  J.  Marion  (1869),  n°  XXXVI , 
p. 111. 


Eg-o  Ado  Alodisius  i,  in  Ghristi  nomine,  pro  rédemption e 
animae  meae,  dono  Domino  Deo  et  Beatae  Mariae  atque 
sancto  Vincentio,  et  episcopo  Ilugoni  ^  et  successoribus 
ejus,  unam  vineam  cum  sua  tenura,  in  parrochia  Sancti 
Martini  del  Vinos,  juxta  fontem  et  juxta  ecclesiam. 
Ipsam  vero  vineam  habuerunt  antecessores  '^  mei,  qui 
fuerunt  cementarii  pro  episcopis  Gratianopolilanis  per 
edifîcationem  ecclesiarum  ;  et  sicut  dederunt  episcopi 
antecessoribus  meis  vineam  illam  sine  aliqua  mala  consue- 
tudine.  sic  reddo  illam  Domino  Deo  et  episcopis  Gratiano- 
politanis  per  alodium...  Haec  donatio  ^  fuit  facta  antequani 
domnus  papa  Urbanus  veniret  in  Galliam. 


CI 

Vers    109.^  et  vers  H  03. 

Reconstruction  en  pierre,  à  Vaide  des  offrandes  des  fidèles, 
de  Véglise  abbatiale  de  Saint-Martin-de-Tournai,  en 
Flandre.    —  Edification  en  pierre  d'une  chapelle  rurale, 

1 .  Le  nom  du  donateur  figure,  sous  la  forme  romane  Alois,  dans  un  acte 
dudit  (,'artulaire  (p.  lia),  qui  mentionne  des  vassaux  de  lévèque  de  Gre- 
noble. 

2.  Saint  Ilugue,  qui  naquit  en  1053 à  Cliàtealineuf  d'Isère,  au  diocèse  de 
Valence. 

3.  Mention  tout  à  fait  rare  dans  les  textes  du  xi"  siècle,  d'un  Cxemplo  de 
la  continuation  des  fonctions  d'architecte  dans  une  môme  famille.  On  a 
un  peu  plus  de  mentions  analogues  pour  les  siècles  suivants. 

l.  Il  est  tout  à  fait  vraisemblable  qu'Aloïs  n'ayant  point  de  postéril;''  fit 
remise,  pour  cette  raison,  de  son  domaine  à  l'église  de  Grenoble. 

1'.» 


290  TKXTiîs  RELATIFS  A  l'iiistohU':       j  Vers  1095] 

dédiée  à  la  Vierge^  dans  le  Soissonnais,  par  les  soins  de 
deux  nobles  du  Tournaisis^  devenus  moines  de  ladite  église. 
—  Installation  d'un  couvent  de  femmes  dans  l'ancienne 
demeure  seigneuriale  de  l'un  de  ces  nobles,  transfor- 
mée en  monastère  par  la  réfection  inférieure  dudit 
bâtiment. 

Liber    de   jeslauralione  Sancti  Martini    Tornacensis \    auct.   Herimanno 
abbate,  dans  d'Achery,  Spicilegium,  t.  II  (1723),  p.  906,  910,  913. 
(Cf.  Migne,  Pair,  lui.,  t.  CLXXX,  col.  82  et  s.). 


Cap.  LVII.  Nunc  vero  ad  duos  illos  milites  Walterum  et 
Radulfum...  veniendum  est,  breviterque ostendendum  quam 
verum  fuerit  illud  somnium  quo  in  ecclesia  Sancti  Martini 
stare  et  parietes  illius  renovare  visi  sunt. 

LVIII.  Walterus  iste,  ut  vocabatur,  filius  Huberti,  erat... 
unus  de  potentioribus  Tornacensis  provinciae  optimatibus  ; 
hic  cum  uxore  sua  ad  conversionem  veniens. . .  factus 
monachus,  qualiter  se  habuerit  nullus  facile  explicabit. 
Omnibus  rusticis  se  viliorem  exhibuit  ~...  Ipse  ecclesiam 
novam  de  donationibus  ^  fidelium#incepit  et,  Deo  favente, 
sicut  hodie  videtur,  centum  monachis  sufficientem  consum- 
mavit... 

LXIX.  .  .  Acquiescit  abbas  consilio  fratrum,  statimque 
domnum  Ilenricum  ordinans  cellarium,  Radulfo  committit 
praeposituram  sociumque  ei  donat  Walterum,  fîlium 
Huberti.  Hisque  tribus  totius  ecclesiae  commendans  in 
exterioribus  provisionem.  .  . 

LXVIII...  Considerans  abbas  domum  lapideam,  quae 
quondam  fuerat  praedicti  Radulphi  militis  et  quam  ei 
veniens  ad  conversionem  conjux  ejus  dederat,    non  parvae 


1.  Cette  nari-nlion  appelée  aussi  Narralio  reslaiirationis...  a  été  rédigée 
par  l'abbé  Ilermann,  né  vers  1091,  à  partir  de  11 12,  c'est-à-dire  très  peu  de 
temps  après  les  laits  qui  sonfc  rapportes. 

2.  Suit  rénumération  des  travaux  matériels  auxquels  Wautier  devenu 
moine  se  dcA'oua. 

3.  «  Quaudo  postmodum  i)raedictus  Walterus  jussu  abbatis  templuni 
aedificare  ex  eleeinosynis  fidelinm  eoepit,  statim  idem  Theoderiçus, 
[RaduUi  germanusj,  ei  centum  sol.  in  initio  dédit,  ad  aedificandum  quoquc 
refectorium  cenlumsol.,  et  ad  cellarium  centum  sol.  »  (i7;.,  p.  911). 


[1096-1113]  DE    l'architecture    en    FRANCE  291 

esse  amplitudinis,  distinctis  in  ea  parietibus,  oratorium, 
refectorium,  dormitorium  composuit,  et  LX  fere  mulieres 
conversas  ibidem  intromisit,  sororemque  suam  sanctimo- 
nialem,  nomine  Eremburgim,  eis  praeposuit  ^ . 

LXXVIII,  Aliam  etiam  curtem  in  pago  Suessionensi 
construxit  in  nemore  de  Pinon^.  [Radulphus  praepositus]... 
filium...  suum  Walterum  ad  construendum  in  eodem  loco 
posuit,  ita  ut  ecclesiolam  lapideam  ^,  ex  eleemosynis  fîde- 
lium  in  honore  Sancte  Dei  genitricis  Mariae  ibidem  aedifî- 
catam,  a  praefato  episcopo  *  consecrari  impetraverit. 


Cil 
1090-1 113. 

Interdiction  par  le  comte  de  Bigorre,  Bernard  II,  aux 
nobles  de  ce  pays,  de  reconstruire  en  pierre  des  châ- 
teaux-forts sans  son  désir  et  son  assentiment. 

Fors''  de  Bigorre  ou  Antiquae  consiietudines,  S  m,  d'après  le  texte  publié 
par  J.  Four^ous  et  G.  de  Bezin  dans  le  Biillelin  de  la.  Société  Hamond, 
1901,  p.  191    pour  les  mss.  et  éditions,  voy.  ibid.,  p.  180  et  s.). 
(Cf.  P.  de  Marca.  Histoire  de  Béarn,  1640,  1.  IX,  p.  814.) 

III.  Nemo  militum  terre  castellum  sibi  audeat  facere 
sine  amore  comitis  non  puerili ^  vel  consilio,  sua  vel  alterius 
guerra  non  constricti.  Si  castrum  antiquum  quis  habuerit, 
non  faciat  de  lapide,  sine  prefato  comitis^  consilio  vel 
amore.  Quod  si  alterum  horum  com[m]iserit,  comité  per- 
quirente,  vel  destruat,  vel  restituât  ei  quod  fecerit. 

1.  Une  note  de  l'édition  d'Achery  dit  qu'on  i{jnore  l'emplacement  exact 
de  ce  couvent  de  femmes. 

2.  Pinon,  c.  du  cant.  d'Anizy-le-Gliàteau,  arr.  Laon  (Aisne). 

3.  Cf.  le  texte  suivant  qui  doit  être  rapproché  de  celui  que  nous  publions 
ici  :  «  cdificata  juxta  ecclesiam  sibi  domo  lapidea.  »  (ibid.,  p.  905). 

i.  Il  s'agit  de  I.isiard  de  Crespi,  évèque  de  Soissons. 

5.  Sur  les  dates  extrêmes  qu'on  a  assiji;nées  à  la  rédaction  des  Fors. 
voy.  les  éditeurs  ci-dessus,  p.  183  et  s.  du  Bull.  Soc.  Bainond. 

6.  C'est  une  allusion  à  l'état  de  majorité  du  comte. 

7.  Bernard  II,  comte  de  Bijjorre  et  vicomte  de  Béarn  fl096-1113). 


292  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1097-1125] 

•     GUI 

1097-1125. 

Lettres  de  Geoffroi,  abbé  de  la  Trinité  de  Vendôme,  à  Hil- 
debert  de  Lavardin,  évêque  du  Mans,  dans  lesquelles  il 
le  prie  instamment  de  renvoyer  à  cette  abbaye  le  moine 
Jean,  très  habile  dans  lart  de  Varcliitecture,  que  ledit 
abbé  avait  consenti  à  mettre  pendant  un  temps  donné  au 
service  de  cet  évêque,  pour  V aider  dans  les  constructions 
religieuses  quil  avait  entreprises  au  Mans. 

Goffridi\  abbatis   Vindocinensis...  epistolae,   éd.   J.  Sirmond  (1610),  lib, 
III,  ep.  XVI,  XXIV,  XXV.  XXIX,  xxx,  p.  131,  137-139,  142-143. 
(Cf.  Migne,  Pair,  lat.,  t.  CLVII,  col.  124,  127-128  et  131-132.) 

Ep.  XVI —  —  Joannem-  caementarium  monachum  nos- 
truni,  quem  vobi.scum  ^  hsbetis,  propter  iniquitatem  suam 
a  iiobis  excommunicatum  indubitanter  agnoscite. 

Ep.  XXIV. — Significastis  nobisJoanneni  monachum  Hie- 
rusalem ''  rediisse.  Satis  melius  sibi  esset  in  monasterio 
siio  bene  vixisse.  Non  omnes  qui  terrestrem  Hierusalem 
viderunt,  sed  qui  bene  egerunt,  Hierusalem  quae  in  caelis 
est  habere  meruerunt.  Quod  ad   vos  declinavit,  nobis   mi- 

1.  Voy.  L.,  Compaiii,  A7»de  snr  Geoffroi  de  Vendôme,  dans  la  Biblio- 
Disque  de  l'École  des  Hautes  Éludes,  fasc.  86  (1891).  Geofl'roi  mourut  en 
1132. 

2.  Le  moine  Jean  fut  l'architecte  de  la  nef  de  la  cathédrale  du  Mans,  nef 
où  l'on  remarque  cinq  grandes  travées  carrées  couvertes  de  voûtes 
domicales.  Voy.  Ledru,  La  cathédrale  Saint-Julien  du  Mans,  p.  210-211  et 
139-140.  Cf.  aussi  au  sujet  du  moine  Jean,  létude  d'A.  de  Dion  sur  la  Nef 
de  la  cathédrale  du  Mans,  dans  le  Bull,  monum.  de  1873,  p.  482  et  suiv. 

3.  Sur  Hildebert  de  Lavardin  évêque  du  Mans  jusqu'en  1125,  année  de 
son  transfert  à  l'archevêché  de  Tours,  voy.  A.  Dieudonné,  Hildebert  de 
Afluarr/m,  1890.  Voy.  sj;pra  au  sujet  des  travaux  accomplis  par  les  soins 
d'Hildclberl,  tes  textes  réunis  ci-dessus  sous  le-n"  XLVIII,  p.  163  et  suiv. 

4.  Dans  une  de  ces  lettres  (1.  IV,  ep.  XXI),  Geoffroi  de  Vendôme  blâme 
les  voyages  des  moinesà  Jérusalem,  voyages  qu'il  faut,  dit-il,  laisser  aux 
laïques  :  «  Hierusalem  etenim  ire,  sicutindictum  est  laicis,  sic  interdictum 
est  monachis  ab  apostolica  scdc...  Non  igitur  sub  occasione  Ilierosolymi- 
lani  itincris  deviemus  ab  itinerc  nostrae  professionis.. .  »  Certains  moines 
durent  mettre  à  profit  leur  vf)yage  à  la  «  Jérusalem  terrestre  »  pour  satis- 
faire leur  curiosilé  en  matière  d'architecture,  et  ils  purent  en  tirer  A  leur 
relourdes  résultats  pratiques  pour  l'exercice  de  cet  art. 


[1097-1 12o]         DE    l'architecture    en    FRANCE  293 

nime  displicuisset,  si  ad  nos  venisset  prius,  sicut  debuis- 
set.  Quod  ex  nostra  licentia  eum  requiritis  vobis  habitare, 
non  est  hoc  animae  suae  consulere,  sed  nocere.  Monasierio 
etenim  suo,  a  quo  per  inobedientiam  discessit,  regulari 
satisfactione  reconciliari  prius  débet  quam  vestra  sit  vel 
alicujus  catholici  dignus  communione.  Veniat  itaque  ad 
monasterium  suum,  et  se  minus  perfecte  egisse  confîteatur; 
et  de  sua  imperfectione  non  poenam,  sed  medicinam  con- 
sequatur  et  quidquid  deinceps  sanctitas  vestra  a  nobis 
petierit,  nostra  humilitas  prosequetur.  Noh  timeat  ille 
venire;  non  trepidet,  ubi  non  est  timor,  timoré;  vulnera- 
tum  utique  curare  nos  decet,  non  vulnera  augmentare,  quia 
Pastor  summus  lassam  ovem  portasse  legitur,  non  abje- 
cisse.  Cujus  infirmitati  in  tantum  compassus  est  ut  infir- 
mus  ipse  lieri  mallet,  quam  ejus  infirmitatem  pietatis  reme- 
dio  non  sanaret.  Si  vero  nobis  eum  diligenter  vocantibus 
non  acquiescit,  si  oblata  sibi  et  saepe  exhibita  paternae 
dilectionis  remédia  refugit,  si  maternae  dulcedinis  viscera 
contemnit,  eum  sicut  sacrilegum  excommunicamus,  donec 
regulariter  satisfaciat,  in  quantum  régula  ipsa  docet  et 
praecipit. 

Ep.  XXV.  —  Joannem  caementarium  esse  monachum 
ecclesiae  nostrae,  et  ab  ipsa  ecclesia  saepius  per  inobeden- 
tiam  recessisse,  firmissime  scitis,  et  nullatenus  dubitatis. 
Eum  tamen  contra  suae  professionis  fîdem  et  nostram 
voluntatem  diuretinuistis  etadhuc  retinetis,  illius,  ut  vide- 
tur,  salutis  contemptor  et  vestrae  oblitus  promissionis. 
Promisistis  enim,  quando  novissime  nobiscum  locutus 
fuistis,  quod  illum  ad  monasterium  suum  sub  celeritate 
remitteretis.  Et  quia  nec  a  vobis  missus,  nec  a  sua  iniqui- 
tate  permissus,  nondum  venire  voluit ,  illum  jam  admoni- 
tum  iterum  admonemus  et  monendo  rogamus  ut,  qui  a 
nobis  recessit  inobedienter,  ad  nos  usque  ad  proximam 
dominicam  veniat,  obediturus  regulariter  et  suscipiendus 
misericorditer.  Quod  si  qualibet  occasione  distulerit,  eum, 
donec  resipiscat,  ita  excommunicamus  ut  nec  commu- 
nionem  percipiat  vivus,    nec    sepulturam  defunctus.  Vobis 


294  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1097-1132] 

autem  carissimo  domino  nostro  et  amico  supplicando  man- 
damus  ut  quem  vestrae  pétition!  ad  tempus  concessimus, 
caritatis  gratia,  euni  nobis  diutius  non  deneget  vestra  pru- 
dentia. 

Ep.  XXIX.  —  Noverit,  optime  pater,  vestra  dilectio 
Joannem  caementarium  monachum  nostrum,  qui  nostra 
licentia  usque  hodie  vobiscum  mansit,  a  nobis  multotiens 
esse  vocatum  ut  ad  nos  veniret,  et  se  quidem  multotiens 
promisit  venturum,  nec  venit,  timens  fortassis  ne  rediret. 
Nunc  autem  a  vestra  discretione  nostra  humilitas  eum  repos- 
cit,  quem  pro  vestra  necessitate  vobisad  horam  nostra  cari- 
tas  commendavit.  Quod  si  usque  ad  quintam  feriam,  nisi 
gravi  corporis  infirmitate  detentus,  ad  nos  non  venerit, 
indubitanter  agnoscat,  quia  in  eum  faciemus  quod  in  illum 
fieri  débet,  quiet  proprii  loci  deseruit  obedientiam,,  et  suae 
professionis  fidem  irritam  fecit. 

Ep.  XXX.  — Joannem  caementarium  monachum  quidem, 
sed  non  habentem  charitatis  caementum,  quoniam  proprii 
loci  deseruit  obedientiam  et  suae  professionis  fidem  irritam 
fecit,  et  multotiens  anmonitus^  et  longo  tempore  expec- 
tatus,  quod  deliquerat  emendare  neglexit  et  negligit,  a 
nobis  noveritis  excommunicatum,  et  a  corpore  Sanctae 
Ecclesiae  sépara tum,  in  quantum  régula  sancta  docet  et 
praecipit.  Unde  omnes  christianos  in  Ghristum  credentes, 
qui  neminem  extra  catholicae  et  apostolicae  Ecclesiae  unita- 
tem  [n]ovit^,  humiliter  rog-amus  et  obtestamur,  ut  ab  hujus 
excommunicati  consortio  se  abstineant,  ne  ejus,  quod 
absit,  foeda  et  nimium  sordida  participatione  maculentur  et 
pereant.  Memorato  autem  honorabili  viro  Genomanensi 
episcopo  diligenter  supplicamus  ut  non  solum  communione 
nequam  illius,  quem  ei  pro  ecclesiae  suae  necessitate  ad 
horam  commendavimus,  se  abstineat,  sed,  quod  jam  se 
facturum  promisit,  nobis  reddere  studeat   commendatum. 

1.  Et  non  pas  vovil  qu'on  a  imprimé  à  tort,  ainsi  que  nous    le  pensons. 


[1098]  DK    l'aRCIHTECTUHK    en    FRANCE  293 

CIV 
1098. 

Commencements  du  monastère  de  Cîteaux,  au  diocèse  de 
Châlon,  en  Bourgogne,  fondé  par  des  religieux  de 
Molesme  ;  leur  première  église  construite  en  bois  et  placée 
sous  le  vocable  de  la  Vierge. 

1 

Gallia  chrisliana,  t.  IV,  Instr-..  col.  223-224  {ex  Inbnlar.  Cislerc.^). 

Notum  sit  omnibus  christicolis  praesentibus  atque  futuris, 
quod  Raynaldus,  Belnensis  -  vicecomes,  et  uxor  ejus, 
Hodierna  nomine,  et  eoruni  filii .  .  .  pro  suorum  peccatorum 
remissione  suorumque  antecessorum,  domino  Roberto  et 
fratribus,  qui  cum  eo  regulam  sancti  Benedicti  arctius 
atque  perfectius  quam  illuc  usque  tenuerant,  observare 
cupiebant,  contulerunt  de  })raedio  suo,  quod  antiquitus  Cis- 
tercium  vocabatur,  quantumcunique  ipsis  et  eorum  succes- 
soribus  Dei  famulis  ad  monasterium  et  monasterii  offîcinas 
construendas. ..  imo  ad  omnem  usum  necessarium  fuerit. 
TJnde_  ipse  Rainaudus  et  ejus  uxor...  donuni  fecerunt  legiti- 
mum  ad  opus  ipsorum  Deo  imprimis,  ac  specialiter  beatis- 
simae  Dei  Genitrici  semperque  Virgini  Mariae,  in  cujus 
honore  locus  qui  nunc  Novum  monasterium  '  dicitur  con- 
secratus  est,  situs  in  territorio  praefati  Gisterciensis  alodii... 
Ipse  vero  dux''  tam   in  nemore  •"  praefato    cœnobio ''  con- 

1.  Pour  les  auti-es  sources,  voy.  E.  Petit,  Ilisl.  des  ducs  de  Bourgogne, 
t.  I  (1885),  p.  249,  11.  2,  et  p.  412. 

2.  C'est-à-dire  de  Beaune. 

.3.  L'appellation  de  Nouveau  monastère  précéda  celle  de  Gîteaux.  — 
C'est  de  Molesme  que  vint  la  tradition  constante  de  placer  sous  le  vocable 
de  Notre-Dame  toutes  les  abbayes  qui  en  dépendaient. 

4.  Eude  I",  duc  de  Bourgogne  (1079-1102). 

5.  C'est  dans  un  endroit  solitaire,  au  milieu  dune  épaisse  forêt,  que  fut 
fondé  le  nouveau  monastère  de  Citeaux  :  «  nemorum  ac  spinarum  deusi- 
tate  praecisa  ac  remota,  monasterium  ibidem...  construcre  coeperunt.  » 
{Vita  sancti  Roberti,  c.  13). 

6.  Sur  Gîteaux,  voy.  Janauscliek,  Origines  Cislercienses,  t.  I  (1877), 
p.  m  et  suiv. 


296  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1098] 

juncto  quam  in  omni  circumquaque  dominicatiira  sua  usua- 
rium  plenissimum  eisdem  fra tribus  attribuit... 


Vita  '   sancti  Roberti,  abhatis   Molismensis  primi  ac  fnndaloris    ordinis 
Cisterciensis,    dans  Acta   Sanctoriim,  Bolland.  29  april.  III,  p.  67i. 
(Cf.  Migne,  Pair,  lat.,  t.  CLVII,col.  1265.) 


G.  15...  Ceterum  archiepiscopus  2,  apostolicae  sedis 
legatus,  cujusbenedictione,  praecepto  et  auctoritate  tantum 
bonum  stabile  fundanientum  acceperat,  considerans  pau- 
pertatem  ^  servorum  Dei,  et  quia  in  loco  sterili  quem  occu- 
paverant  prorsus  nec  subsistere  nec  aedificia  construere  pos- 
sent,  nisi  personae  alicujus  potentis  adminiculo  fulcirentur, 
scripsit  ad  illustrem  principem  Odonem,  tune  Burgundiœ 
ducem,  petens  et  suadens  quatenus  pauperes  Christi, 
zelum  gloriae  Dei  et  monastici  ordinis  habentes,  foveret  et 
manuteneret,  eorumqne  necessitatibus  secundum  mag^nifi- 
centiani  principatus  sui  subveniret.  Gujus  petitioni  et  con- 
silio  dominus  Odo,  Burgundiae  dux,  acquiescens,  fratrum 
etiarn  illorum  fervore  et  devotione  delectatus,  monasterium 
ligneum'*  quod  ipsi  in  sua  paupertate  inceperant,  de  suis 
impendiis  totum  consummavit,  eosque  ibidem  in  omnibus 
necessariis  diu  procuravit,  terrisque...  abunde  sublevavit. 


1.  Cette  Vie  est  l'œuvre  d'un  religieux  de  Molesme,  qui  l'a  écrite  au 
-MI"  siècle  pendant  l'abbaliat  d'Adon, 

2.  Ilugue,  archevêque  de  Lyon  en  1082,  mort  en  1106. 

3.  C'est  de  la  communauté  de  Molesme,  dont  l'origine  due  à  saint 
Robert,  date  de  1075,  que  venaient  ces  pauvres  religieux.  Voy.  V Intro- 
duction des  Carlulaires  de  Vabbaye  de  Molesme,  puh\.  par  J.  Laurent.  De 
même  que  Cîteaux,  Molesme  est  aujourd'hui  situé  dans  la  Côte-d'Or.  C'est 
une  commune  du  cant.  de  Laignes,  arr.  de  Chûtillon-sur-Seine. 

4.  A  Molesme,  la  première  église  monastique  fut  construite  en  bois  ;  les 
premières  demeures  des  moines  furent  aussi  faites  de  bois  :  des  branchages 
entrelacés  leur  servirent  à  élever  des  cabanes.  Voy.  le  texte  suivant  : 

<>  Vhi  propriis  manihus  lahoranles  ramos  de  arborihus  exciderunt,  ex 
eisdem  domicilia...  conslruenles  ;  oratoriinn  qiioque  .simili  se hemate 
peregeranl  ».  [Vita  sancti  Itoherli,  c.  II,  num.  8).  Voy.  J.  Laurent, 
Introd.  des  Carlul.  cit.,  p.  116,  n.  2. 


[1098-1189]       DE  l'architecture  en  frange  297 

GV 
1098  et  1188-H89. 

Donations  de  maisons  construites  les  unes  en  bois,  les 
autres  en  pierre,  à  la  collé(jiale  de  Saint-Martin  de  Tours 
et  à  Véglise  cathédrale  de  Saint-Julien  du  Mans,  par 
des  chanoines  appartenant  à  ces  communautés. 


Bibliothèque   nationale,    manuscrits.  Armoires  de  Balnze,  76,  fol.  1  »9,  r" 
et  V». 

(Cf.  coll.  dom  Housseau,  t.  III,    n"  I02i.  —  Flach,   Origines  de    l'an- 
cienne France,  t.  II,  1893,  p.  2i5,  n.3.) 

[1098].  —  Ego  Andréas,  sacerdos,  Sancti  Martini  cano- 
nicus,...  dono  Sanclo  Martine  et  canonicis  ejus  inpraesenti 
capitule,  medietatem  domorum  mearum  tam  petrinarum 
quam  lignearum,  quas  juxta  murum  castelli  Sancti  Martini, 
extra  et  intra,  in  vicinia  portae,  in  dextra  parte  egressu.s 
castelli  ejusdem  possideo,et  unumstallum,  meliorem  vide- 
licet  de  duobus  quos  apud  draparios  habeo. 

2 

Cartulaire  de  l'Église  du  Mans  «  Liber  alhiis  Capiluli  »,  1869,  p.  35. 

[1188-1189],..  Gapitulum  ecclesie  Beati  Juliani  Cenoma- 
nensis  notum  lîeri  curavimus  quod,  cum  Paganus  Garot,  con- 
canonicus  noster,  domos  ligneas  ' ,  cum  plateis  in  quibus  site 
erant,  ab  uxore  Pagani  Nardre  que  Bona  Dulcis  vocabatur, 
et  in  claustro  stallum  aliunde  comparasset. . .  nobis  hoc  tem- 

1.  Au  sujet  des  maisons  de  bois  ou  de  pierre  au  moyen  âge,  voy.  Viol- 
let-le-Duc,  Dict.  de  Varch.  fr.,  t.  VI,  v  Maison,  notamment  p.  215  et  suiv. 
Ces  constructions  de  bois  pouvaient  être  un  mélanjje  de  charpenterie  et 
d'empilage  de  pièces  assemblées  aux  angles. 


298  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire       [Vers  1098] 

porecontulit  in  perpetuum.  Ipse  partemillius  domus  lignée, 
sicut  separatur  a  domo  lapidea  ^  in  qua  manebat...  a  parte 
Magne  Rue  existentem,  et  domum  ligneam  quam  habet  a 
nobis  ante  domum  lapideam  sitam...  tota  vita  sua  posside- 
bit...  Actumanno  M«   G«  LXXX«  VIIP. 


GVI 
Vers  1098. 

Donation  par  Gui  des  Vaux,  à  V abbaye  de  Saint-Vincent 
du  Mans,  de  l'église,  du  presbytère  et  du  cimetière  de  Pir- 
mil,  dans  le  Maine  ;  concession  de  terrain  pour  la  cons- 
truction d'un  bourg;  engagement  pris  par  Vabbaye 
envers  ledit  donateur  de  faire  dans  l'enceinte  domaniale 
de  son  château,  une  chapelle  de  bois,  et  de  la  rebâtir  en 
pierre  dès  que  l'abbé  en  aurait   les  moyens. 

Cartiilaire  de  Vabbaye  de  Saint-VincenL-du-Mans  (ordre  de  saint  Benoit), 
publ.  et  ann.  par  labbc  R.  Charles  et  S.  Menjot  d'EIbenne,  t.  I  (1886), 
n»  351,  col.  210-211. 

...  Ego  Wido  de  Vallibus-..,  dono  Deo  sanctisque  mar- 
{iribus  Vincentio  atque  Laurentio  necnon  monachis  eisdem 
famulantibus,    ecclesiam  de  Pilimilio-^,  et  ejusdem  ecclesie 

1.  Cf.  un  acte  de  1070-1086  relatif  à  une  maison  construite  en  pierre  sur 
la  place  de  l'église  de  Saint-Martin-de-Tours  et  devant  les  étaux  ou  tables 
de  changeurs  :  «  Guillelmus  de  Mirebello  calumniabatur  canonicis  Sancti 
Martini  domum  lapideam  quam  habent  in  area  sancti  ejusdem  ante  stallos 
cambitorum  »  (Dom  Ilousseau,  t.  II-,  f°  161,  n"  746j.  —  En  1109,  un  acte 
de  donation  à  l'abbaye  de  Saint-Aubin  d'Angers  mentionne  expressément 
à  plusieurs  reprises,  entre  autres  maisons  concédées  à  cette  église,  une 
maison  de  pierre,  domus  lapidea  (B.  de  Broussillon,  Cartul.  de  Saint- 
Aubin,  t.  II,  p.  32)  ;  — cf,  :  domus  petrina,  dans  un  acte  du  Cartul.  de 
Sainl-Laud  d'Angers,  vers  1100,  p.  55,  acte  émané  de  Foulque  IV,  comte 
d'Anjou,  au  sujet  d'une  maison  sise  près  du  palais  comtal. 

2.  Voy.  Guy  des  Vaux  (qui  s'identifierait  avec  Vaux-en-Belin), d'après  G. 
de  Lcstang,  dans  son  ouvrage  sur  La  Chàtellenie  et  les  premiers  sei- 
gneurs de  Malicorne,  p.  289.  Nous  n'avons  pas  retrouvé  cette  localité 
dans  le  Dictionnaire  des  postes. 

3.  Pirmil,  auj.  comm.  du  cant.  de  Brûlon  (Sarthe).  —  Le  château  de 
Pirmil,  ruiné  pendant  les  guerres  anglaises,  de  1422  à  1415,  n'a  pas  été 
rétabli.  On  aperçoit  encore  auprès  du  bourg  la  motte  féodale  avec  les 
fossés  qui  l'entourent. 


[HOO]  DE    l'architecture    E^    FRANCE  299 

presbiterium,  cum  toto  cymiterio,. ,.  Preterea  vendidi...  intra 
castelli  ambitum  partem  ejusdem  castelli  ad  burgum 
faciendum...  omnesque  boscos  meos,  tam  ad  calefaciendum 
quam  ad  domosi  construendas..,  concessi...  Promiserunt 
denique  mi(c)hi  [jam  dicti  monachi]  quod  intra  Pilimilium 
castellum  meum  cap(p)ellam-  ad  presens  facerent  ;  quando 
autem  eis  facultasadesset,  lapideam  construerent,  ita  tamen 
ut  nulla  vi  aut  a  me,  aut  ab  heredibus  meis,  ultra  possc 
suum  ad  hoc  agenduni  cogantur... 


GVII 

Angers,  8  juillet  1100. 

Concession  par  Foulque  IV,  comte  d'Anjou,  aujc  chanoines 
de  Saint-Laud  d'Angers,  moyennant  une  certaine  somme, 
de  r ancienne  écluse  de  Rusebouc  dont  il  avait  ordonne' 
la  destruction,  après  leur  avoir  permis  d'en  construire 
une  nouvelle. 

Cartiilaire  du  ChupHre  de  Saint-Laud  d'Angers,  fol.  77   v»,  publ.  par  A. 
Plauchenault  (1903,,  n"  18,  p.  23-2  i. 

...  Fulco ',  Andegavorum  cornes  illustris,  exclusam  que 
erat  apud  Bucam  Meduane  %  in  ve(cjteri  ductili,  canonicis 
Beati  Laudi  solutam  et  quietam  perpetuo  concessit  haben- 
dam...  Sciendum  banc  exclusam  '  fuisse  canonicorum  Beati 


1.  Nous  lisons  à  propos  dune  donation  de  forci  à  l'abbaye  Saint- V'in- 
cent-du-Mans  (10><0-n00'  :  «  de  silva  sua  quantum  nobis  neccsse  erit  ad 
domos  et  ad  evclesias  faciendas  ».  Il  s'agit  ici  notamment  de  Villaincs-sous- 
Lucé  [Cart.  cit.,  t.  I,  col.  171). 

2.  Il  existe  encore  dans  l'enceinte  du  château  une  chapelle  sans  carac- 
tère architectural. 

3.  Foulque  IV  le  Réchin,  successeur  de  Geoiïroi  Martel  :  il  mourut  le 
14  avril  1109. 

4.  Bouchemaine,  c.  du  cant.  et  arr.  d'Angers  (Maine-et-Loire).  C'est  dans 
le  ressort  de  cette  commune  que  se  trouvait  l'écluse  de  Rusebouc,  ancien 
nom  du  village  de  La  Pointe. 

5.  D'autres  actes  de  ce  Cartulaire  (n"  7,  vers  1100.  n"  72,  1108,  n°  48,  1145) 
concernent  des  travaux  d'écluse,  notamment  ceux  de  l'écluse  qui  est  l'objet 
de  l'acte  ci-dessus.  Voy.  Du  Cange,  Gloxs..  v  Ductus  et  v»  Exclusa,  où 
»e  trouvent  cités  des   textes  tirés  de  Cartulaires  angevins.  D'après  l'acte 


300  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire       [Vers  H  00] 

Laudi  cum  molendinis  et  piscaria,  et...  ex  dono  Gaufridi 
Martelli,  nobilissimicomitis.  Sed,  postquam  consilio  domni 
Hugonis,  caiionici  Sancti  Laudi,  ductile  hoc  remotum  est 
factumque  et  edificatum  in  Ligeri,  in  ea  aqua  que  propria 
est  Sancti  Laudi,  sola  remansit  exclusa.  Hanc  cornes,  prop- 
ter  novum  ductile  quod  in  Ligeri  permiserat  fîeri,  destrui 
preceperat,  apponens  eciam  et  confirmans  inter  se  et  cano- 
nicos  sic  convenisse.  Ut  igitur  huic  caluni(p)nie  finis  impo- 
neretur,  canonici  Sancti  Laudi  Fulconi  comiti  dederunt  CGC 
solidos  ac  sic,  prout  superius  dictum  est,  ecclesie  Sancti 
Laudi  exclusam  hanc,  id  est  veterem,  solutam  et  quietam 
deinceps  concessit  habendam.  Actum  est  hoc  Andegavis, 
in  capitolo  [sic)  Beati  Laudi,  Vlllidus  julii,  anno  ab  Incar- 
nacione  DominiMG...  Ex  parte  comitis  hii  sunt  testes: 
Herveus  Rocundellus  («ic),  qui  tune  temporis  erat  preposi- 
tus,  Fulcoius  cellarius... 


GVIII 
Vers  1100. 

Donation  faite  par  Hugues,  seigneur  de  Toucy,  lors  de  son 
voyage  d'outre-mer,  à  l'église  de  Molesme,  des  biens 
quil  possédait  à  Crisenon,  pour  y  faire  des  constructions 
religieuses.  —  Construction,  audit  lieu,  d'une  église  de 
pierre,  en  remplacement  d'une  église   de  bois. 

Gallia  chrisliana,  t.  XII  [1110),  Inslr.,  n"  VII,  col.  lOi. 
[Dominus]...   Hugo...    cujusdam   fratris    nostri   monachi 

ci-dessus,  il  faul  distinf^uer  d'abord  la  dérivation  de  l'eau,  sorte  de  cana- 
lisation (ductile),  puis  l'écluse  proprement  dite  {excliisa)  facilitée  par  celte 
dérivation  pour  l'aire  ainsi  office  de  réservoir.  Des  travaux  de  ce  genre 
nécessitaient  une  construction  sans  doute  en  pierre:  »  aqiiainquaaedi/icaiur 
ductile  »  dit  un  autre  acte  que  nous  venons  de  mentionner  {cartul.  cit., 
n»  7,  vers  1100  ;  mais  nous  voyons  par  un  autre  texte  que  les  portes  d'é- 
cluse devaient  être  en  bois.  Dans  le  cas  qui  nous  occupe,  l'œuvre  de  dériva- 
tion fut  changée  et  refaite  [velus,  novum  ductile)  ,  l'ancienne  éclus(r(De<Jis 
exclus€%)  subsista  ;  mais  on  en  fit  bâtir  une  autre  pour  servir  avec  le  nou- 
veau ductile. 


[Vers  IIOOJ       de  l  architecture  en  frange  301 

exhortatione...  dédit  ecclesiae  Molismensi^,  pro  animae 
suae  ac  sui  fratris  Iterii  salute,...de  alodio  Crisenon  ^  inde- 
terminato  quantum  ad  ecclesiae  omniumque  officinarum 
aedifîcationeni...  et  ad  cimiterium  necesse  erat.  Huic  vero 
donationi  adjecit  et  aliam,  scilicet  praedicti  alodii  suam 
tertiam  partem  :  quam  donationem,  cumambo  lerosolymam 
tenderent...  domnus  et  Hugo  renovavit.  Cum  vero  leroso- 
lymam pertingere  non  potuerunt,  ad  propria  regredi  festina- 
verunt.Regresso  igitur  Hugone,  locum  de  Crisenon  coepit 
magis  magisque  diligere,  ecclesiam  lapideam,  lignea  pros- 
trata,construere...  Domini  sui  Humbaudi-^,  Autissiodorensis 
episcopi,  pra'sentiam  adiit,...  ac  etiam  priorem  ipsius  loci, 
Walterium  nomine,  in  manibus  reddidit,  roganseum...  ut... 
Molismensi  ecclesiae  testis  fidelis  ubique  foret.  .. 


CIX 

Vers  1100. 

Donation  à  Varchcvêque  d\iucli'',  Raimond  de  Pardiac, 
par  Montarsin  de  Montant^  d'un  terrain  situé  près  de  V é- 
glisede  Sainte- Marie  pour  y  faire  bâtir  le  palais  archiépis- 
copal,qui  fut  construit  par  les  soins  dudit  archevêque. 

Cari iilaire  noir  (In  (Jliupitre  de  VÉ;; lise  métropolitaine  de  S'"  Marie  d'Auch^ 
par  C.  Lacave  La  Flajjne  Barris,  dans  les  Arcfiives  historiques  de  la  Gas- 
cogne, !  1899  ,  2'  sér.,  tasc.  III,  p.  48. 
(Cf.  dom  Bruf^èles,  Chroniques  ecclésiastiques  dudiocèse  dWuch,  1746, 

pp.,  1'  part.,  p.   27.) 

Universis  pateat  christicolis    dominum    Montarsinum  de 
Montait,   in   presentia  Raimundi  II',  Ausciorum  archiepis- 

1.  L'abbaye  de  Molesnie  était  située  dans  le  diocèse  de  Langres  (aujour- 
d'hui, cant.  de  Laignes,  arr.  Châtillon-sur-Seine,  Côte-d'Or). 

2.  Actuellement,  petite  localité  de  la  commune  de  Prégilbert,  cant.  de 
Vermenton,  arr.  Auxerre  (Yonne). 

3.  Humbaud,  évoque  d'Au.\erre  (1095-1113). 

4.  Raimond  II  de  Pardiac  fut  archevêque  d'Auch  de  1098  à  1118. 


302  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire     [Fin  du  XI*' S.] 

copi,  advenisse  cum  priore  S.  Orentii,  Augerio^  nomine, 
germano  suo,  et  cum  duobus  suis  nepotibus,  fîliis  videlicet 
Raimundi  Bernardi,  qu[o]ndamfratris  sui,  de  Montait, 'et  ibi 
in  presentia  omnium  circumsedentium,  guerpitionem  fecit 
idem  dominus  Montarsinus  et  nepotes  sui  de  quadam  parti- 
cula  terrule,  que  est  ante  gradus^  Béate  Marie,  inquasupra- 
scriptus  archiepiscopus,  aulam'^  edifîcaretemptavit  etadper- 
fectum,  Ghristo  opitulante,    deduxit. 


GX 

Seconde  moitié  du  xi®  siècle  environ. 

Règlement  de  V abbaye  de  Cluny  rédigé  par  le  moine  Ber- 
nard, concernant  les  tournées  du  prieur  claustral  dans 
Véfjlise  et  les  divers  bâtiments  conventuels. 

Ordo  *  Cluniacensis  per  Bernardnm,  clans  Herrj^ott,  Velus disciplinamonas- 
tica  (1726),  p.  1  il  et  suiv. 

Cap.  III.  De  priore  claustrali,  —  Perlustrat^  totum 
claustrum  incipiens  ad  ostium  auditorii,  sollicite  observans 

1.  Auger  ou  Oger,  prieur  de  Saint-Orens  d'Auch  vers  1100,  estOj^erde 
Montaul,  frèi'e  de  l'archevêque  Guillaume  de  Montaut.  Voir  la  charte  de 
fondation  du  prieuré  de  Montant,  en  1068,  dans  dom  Brugèles,  op.  ct7.,  Pr., 
3»  part.,  p.  68. 

2.  <<  Ce  gradns  Béate  Marie  était  une  de  ces  rues  en  escalier  par  lesquelles 
communiquaient  la  haute  et  la  basse  ville.  C'était  celle  allant  des  bords 
du  Gers  à  l'église  cathédr<\le  ;  elle  a  été  démolie  de  nos  jours  pour  faire 
place  à  l'escalier  monumental  »  (Note  de  léditeur). 

3.  Quant  au  palais  de  Raimond  II,  c'est  dans  la  sacristie  et  l'emplace- 
ment du  musée  diocésain  qu'il  faut  en  chercher  les  traces. 

i.  Ij'Ordo  Cluniacensis  (ou  Hitus  et  consueludines  Cliiniacenses)  fut  rédige 
par  le  moine  IJernard  d'api'ès  les  instructions  de  l'abbé  Iluguc  :  «  abbale 
Ilugone  constituente  »,  op.  cit.,  p.  297;  cf.  p.  334).  L'abbatiat  de  Ilugue 
s'étend  de  1049  à  1109.  Outre  l'ouvrage  capital  d'E.  Sackur,  Die  Cliiniacen- 
ser...  (1892),  outre  les  Consueludines  d'Ulrich,  prieur  de  Zell,  et  celles 
dites  Hirsauçfenscs.  pour  les  tom-nées  du  prieur  claustral,  on  peut  consul- 
ter l'ouvrage  de  Ilauviller,  Ulrich  von  Cluny,  dans  les  Kirchenijeschi- 
chlliche  Sludien,  l.  III  (IS96),  p.  66  et  suiv.,  et  X.  Kraus,  Geschichle  der 
chrisllichen  Kunsl,  t.  II,  p.  122.  Cf.  les  Slalula  seu  ordo  monasterii  S. 
lieniffni  Divionensis,  8  lU  l^e  priore...,  dans  VHist.  de  Vé(jlise  Saint- 
Bénigne  de  Dijon,  par  l'abbé  L.  Chomton,   p.  352. 

5.  I^'ordre  suivant  lequel  s'accomplissaient  les  tournées  du  prieur  claus- 
tral dans  le  monastère  de  Cluny  fournit  des  renseignements  utiles,  liien 


[Finduxi«s.]     de  l'architecture  en  France  303 

quatenus  eleemosynaria  sit  clausa  et  obserata,  coquina 
regularis,  refectorium,  armarium  pueronim,  cella  novi- 
tiorum...  si  quis  adhuc  sit  et  propter  quid  in  cellario;  quid 
agatur  in  domo  infirmorum,..;  si  quis  remanserit  in  ecclesia 
Beatae  Mariae'.  Nec  oportet  ut  eat  ad  omnium  lectos,  sed 
stans  in  medio  uniuscujusque  infirmariae...  Deinde  redit 
per  ecclesiam  Sanctae  Mariae  et  ascendit  dormitorium. .  .tran- 
siensque  per  viam  illam  quae  ducit  ad  necessaria. ..  et  sic 
intrat  ad  necessaria,  et  per  spéciales  omnium  necessa- 
riorum  sedes  a  fine  usque  ad  caput  vertens  lumen  can- 
delae  in  eundo  versus  loca  ad  quae  sedere  soient.  Quo  ex 
more  expleto,  extinguit  candelam  et  ponit  eam  cum  sconsa- 
juxta  patellam  '  illam  quae  in  fenestra  dormitorii  et  neces- 
sariorum  accensa  illuminât  utrumque  ^..,  Ille  vero  qui  post 
matutinales  orationes  pro  eo  facit  circam  . .  revertitur  a 
necessariis...  ad  ecclesiam. ..  In  dormitorio,  circatis,  ut  mos 
est,  stratis,  circat  necessaria...  indeque  ad  monasterium -^ 
revertens,  circat  omnia  altaria  et  angulos  membrorum  eccle- 
siae.  Débet  etiam  in  hac  [ecclesia]  secretariam  totam  cir- 
cuire...  Circuit  vero  tune  navem  ecclesiae... 

...  Incipit  autem  prior  circam...  a  secretario,  imprimis 
in  dormitorio  observans...  circuito  dormitorio,  sive  fratres 
in  calefactorio  sint,  sive  non,  transit  ad  ostium  cellae  novi- 
tiorum,  inde  ad  ostium  refectorii,  coquinae  regularis  et  saecu- 
laris,  cellariae,  eleemosynariae,  et  ad  illud,  per  quod  de- 
foris  venientium  estingressus  in  claustrum...  Deinde  tran- 
siens  per  capitulum,  ubi  tune  cum  infantibus  cantat  minor 
armarius,  inde  per  infirmorum  ecclesiam  intrat  in  infirma- 

qu'incomplets,  sur  remplacement  cl  la  disposition  diulit  monastère  dans 
la  seconde  moitié  du  xi*  siècle.  Il  est  intéressant  de  rapprocherle  texte  qui 
suit  des  données  que  fournit  le  dénombrement  des  bâtiments  de  Cluny 
en  1622,  dans  Penjon,  Cluny, i).  110  et  suiv. 

1.  C'est-à-dire  la  chapelle  de  la  Vierge  située  auprès  de  l'infirmerie,  dont 
il  est  question  un  peu  plus  loin. 

2.  Cf.  absconsa,  lanterne. 

3.  Sorte  de  lampe.  Voy.  le  Q^loss.  de  Du  Gange,  où  le  passage  ci-dessus 
est  cité. 

4.  C'est-à-dire  le  bâtiment  du  dortoir,  d'une  part,  et  les  cabinets  d'aisance, 
d'autre  part. 

5.  L'église  est  désignée  dans  ce  texte  tantôt  par  le  terme  ordinaire 
ecclesia,  tantôt  par  monasferiam,  terme  moins  fréquent  dans  ce  sens. 


304  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire     [Fin  du  Xl"  S.  | 

riam.  Quofînito...  per  parlatorium  redit  in  ecclesiam,  etcir- 
cat  omnia  altaria  et  omnes  angulos  monasterii  etiam  in 
navi  et  in  secretaria...  Circuito  ergo  hoc  modo  toto  monas- 
terio,  tandem  ad  tiltimum  circato  seplentrionali  membro 
ecclesiae,  revertitur  per  presbyterium...  in  choro  débet 
videre  provide...  Non  est  consuetudo  quatenus  servitores, 
finita  coena,...  eant  tune  in  ecclesiam  perante  capitulum  et, 
dum  transierint  capituli  arcum,  incurvati  humilientur 
propter  conventum... 

LXX.  De  eccl?:sia  Sanctae  Mariae^.  —  Ecclesia  Sanc- 
tae  Mariae,  domibus  infîrmorum continua,  dedicata  est  in 
honorem  ejusdem  Beatae  Dei  Genitricis...  Altare  quod  est 
situm  in  primo  capite  consecratum  est  in  honore[m]  bea- 
tissimae  Dei  genitricis  Mariae  et  sancti  Michaelis  archan- 
geli...  Altare  quod  est  situm  in  capite  dextro  dedicatum  est 
in  honorem  protomartyris  Stephani,  démentis...  Altare 
quod  est  situm  in  capite  sinistro  est  consecratum  in  hono- 
rem sancti  Joannis  Baptistae... 


CXI 

Dernier  tiers  du  xi®  siècle. 

Kpilaphc  du  moine  Humbert,  constructeur  du  prieuré  de 
Correns,  dépendance  de  l'abbaye  de  Montmajour,  en 
Provence. 

U.  de  Lasteyric,  Ilesliliilion  d'une  inscription  du  A7" sticie,  dans  le  Recueil 
de  mémoires  puhl.  par  lu  Soc.  nat.  des  Antiquaires  de  France,  à  Tocca- 
sion  de  son  centenaire  (180i-190i),  p.   243. 

(Cf.  Mabillon  *,  Ann.  Bened.,  t.  IV,  p.  698-699.) 

1.  Sur  la  chapelle  Notre-Dame  et  l'infirmerie  dans  l'abbaye  de  Cluny, 
voy.  Enlart,  Man.  de  Varchéol.  fr.,  t.  II,  arch.  mon.,  p.  18;  cf.  ibid.,  p.l6- 
17,  pour  im  certain  nombre  de  bâtiments  conventuels  qui  viennent  d'être 
«';numércs. 

2.  C'est  à  tort  que  Mabillon  a  fait  deux  épitaplies  d'une  inscription 
unique,  en  attribuant  l'une  au  moine  Ilumberlus.  l'autre  à  un  moine  du 
nom  de  Domnus,  lequel  n'a  jamai»  existé. 


[Fin  duxi*'  s.]  de  l'architecture  en  France  305 

-j-  Sub  petra  positus  requiescit  corpore  domnus 

Istic  Humberlus  ^    a  puero  monacus 
Gaenobii  sancti  construcli  nomine  Petri 

Aecclesiae  matris  Virçiuis  et  domini 
Almo  maioris  doctus  nutriniine  montis 

Instruclor  verbis  imbuitur  monitis 
Post  hinc  Fulbert!  gliscit  verbere  doceri 

Francigehis  mixtus  et  studiis  deditus 
Artes  percipiens  VU  sua  pectora  replet 

Armoniam  studuit  gramaticam  docuit 
Novem  continuos  in  scolis  deguit  annos 

Hinc  se  convertens  litera  prisca  fruit 
lussu  prudentis  rectoris   sequc  docentis 

Caepit  Gonredum  -  nempe  monasterium 
Aulas  construxit  muros  portisque  reclusit 

Fundavitque  locum  magnificamque  domuni-*... 


CXII 

Fin  du  xi''  siècle  oiT  commencement  du  xn". 

Plaintes  du  Chapitre  de  la  cathédrale  de  Notre~Dame-des- 
Doms,  à  Avignon,  contre  les  chanoines  de  V abbaye  de 
Saint-Ruf,  qui  avaient  précédemment  consenti  à  prêter 
audit  Chapitre  des  sculpteurs  ainsi  que  des  artisans 
habiles  dans  T art  de  travailler  le  bois.  —  Griefs  du  même 
Chapitre  contre  lesdits  chanoines  qui  retiennent  pour  eux 
un  jeune  clerc  à  qui  un  chanoine  de  la  cathédrale  avait 
donné  une  instruction  artistique,  notamment  dans  l  art 
delà  peinture. 

Archives  de  Vaucluse,  série  G,  extr.  du  lier/ istre  du  Chapitre métropolilùin 
d'Avignon,  dit  Lirre  vert,  n°  27,  fol.  23   v<>  et  25  r°,   publ.  en  partie  par 

1.  Le  moine  Humbert  avait  été  élevé  dès  lenfance  dans  l'abbaye  de 
Montmajour  située  aux  environs  d'Arles. 

2.  Les  supérieurs  du  moine  Humbert  l'avaient  chargé  de  construire  un 
prieuré  dans  un  des  domaines  de  l'abbaye,  à  Correns,  petite  localité  située 
sur  les  bords  de  l'Argens,  à  quelque  distance,  au  Nord,  de  la  ville  de  Bri- 
gnoles. 

3.  Les  vers  qui  suivent  sont  consacrés  à  l'éloge  des  vertus  du  défunl. 

•.0 


306  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire     [Fin  du  xi'^  s.] 

L.-H.  Labande,  L'église  Notre-Dame-des-Doms  d'Avignon,  des  origines 
au  XIII°  siècle  (avec  pi.),  dans  le  Bull,  archéol.  du  Comité  (1906),  p.  311, 
n.  1  (tir.  à  part,  1907). 

(Cf.  P.  Achard,  Noies  sur  quelques  anciens  artistes  d'Avignon...,  dans 
les  Archives  de  Vart  français,  t.  Vil,  Doc.  IV,  1856,  p.  189  et  suiv.) 


CaNONICI*   MAJORIS  ECCLESIEAvENIONENSIS'    SEDIS  DE  FRATRI- 
IJUS  SUBURBANE  ECCLESIE  BeATI  RuFI  ^  SUPER  HIS  CONQUERUNTUR. 


De  inobedientia  autem  domni  Pontii  rectori  substitut! 
vel  subjectorum  éjus,  quamdiu  domnus  ille  prepositus  apud 
nos  fuit,  querimoniam  nuUam  audivimus,  imo  tante  obe- 
dientie  tune  temporis  exstitisse  ab  his  qui  viderunt  asserunt 
tur  quod  illi,  qui  lig-norum  artifices  vel  lapidum  [sjculptores 
vel  scriptoria  ^  [sic]  arte  valentes  inter  eos  [hjabebantur,  per 
totam  Quadragesimam,  vel  quolibet  tempore  quo  opus  erat 
majoris  ecclesie  structure  ''  operam  dabant.  Et  quoniam 
domuin  Beati  Rufi  suam  esse  putabant  et,  sicut  tune  obe- 
diebat,  in  perpetuurn  obedituram  sperabant,  domnus  ille 
prepositu.s  et  totus  canonicorum  conventus  ex  rébus  suis 
eam  amplificare  decreverunt,  honorem  o[p]timuni  in  Turre 
mille  solidos  et  eo  amplius  valentem  ei  dantes  et  decimam 
({uam  ex  omni  proprietate  illius  loci  accipere  solebant 
eidem  relinquentes... 


1.  Nous  adressons  tous  nos  remerciements  à  nos  confrères  MM.  Labande 
et  Duhamel,  qui  ont  bien  voulu  revoir  pour  nous  ce  texte  fort  curieux  et 
nous  communiquer  de  très  utiles  renseij^nements. 

2.  Sur  la  cathédrale  d'Avignon,  Notre-Dame-des-Doms, voy.  Revoil,/lrc/it<. 
romane  du  Midi  de  la  France,  t.  I  (1873),  p.  XV,  App.,  p.  i3-48(pl.  LU 
—  LVI),  et  surtout  Labande,  op.  cit.,  avec  les   autcui-s  mentionnés  par  lui. 

3.  «  L'abbaye  de  Saint-Ruf  avait  été  donnée  en  1038  par  Benoît,  évcquc 
d'Avignon,  à  quatre  chanoines  de  N.-D.  dos  Doms,  qui  voulurent  vivre 
dans  une  règle  plus  étroite  ;  Mouguier  (fl^t,s7oire...  de  l'église...  d'Avignon. 
1659,  p.  39)  dit  que  le  bâtiment  qui  s'en  allait  presque  en  ruines  fut  à  cette 
occasion  remis  en  bon  état.  »  Cf.  Achard,  op.  cit.,  p.  189.  Sur  l'abbaye  de 
Saint-Uuf,  voy.  aussi  Revoil,  op.  cit.,  t.  I,  p.  31  et  35  ^pl.  XXVIII-X.XXII). 

4.  Des  scribes  habiles  pt)uvaient  servir  pour  des  comptes,  des  tracés  de- 
plans  surparciiemin  ;  — ou  scalptoria  (ciselure,  entailles  de  pierre.) 

5.  On  ne  saurait  attribuer  à  ces  artistes  une  part  de  Idnivre  qui  sub- 
siste actuellement,  puisque  ce  monument  ne  peut  remonter  plus  haut  que 
le  milieu  du  xii'  siècle.  (Voy.  Labande,  op  cit.,  [).  3Ii  et  s.). 


[Fin  du  XI*'  s.]     di:  i/arciiitecti:ue  en  frange  307 


...Vir  '  quidam  laicus  habebat  fîlium  quem  in  etate  puerili 
cuidam  canonico  nostro,  consobrino  suo,  ita  in  adoptio- 
nem  tradidit-,  ut  ipse  eum  nutriret  atque  doceret,  et,  si 
puer  ad  etatem  illam  perveniret  qua  aliquid  lucrari  posset, 
totuni  nutritoris  esset  et  in  omnibus  ei  obediret  atque  ab 
èjus  voluntate  in  nullo  dissentiret,  Quem  ille  suscipiens 
diligenter  nutrivit  et  artem  suani  pictoriam  edocuit.  Insu- 
per etiam  magistros,  qui  alia  docuerint  artificia,  pecunia 
propria  conduxit.  Postquam  autem  puer  ille  factus  est 
juvenis  et  plenarie  capax  rationis,  sollicite  erga  niagis- 
trum  omnia  illa  servavit  que  pater  in  donatione  posuit, 
cui  etiani  multociens  fide  sua  promisit  ut  quamcumque 
domum  ipse  pro  conversione  elij^eret,  ad  eandem  ipse,  si 
Deus  daret  animum,  procul  dubio  veniret,  Quapropter 
predictus  discipulus.  in  peregrinationem  abiens,  postquam 
inde  rediit  ad  locum,  in  quo  mag^istrum  esse  audierat.  sine 
mora  rediit  sicut  promiserat,  veniensque  post  paululum  se 
ipsum  Deo  et  Béate  Marie  et  illius  loci  preposito  reddidit. 
et  ex  rébus  suis  mulam  o[p]timani  preposito  tradidit. 
Prepositus  vero  in  domo  sua  sicut  proprio  clerico 
[c]ameram  quamdam  deliberavit,  et  ut  cotidie  in  claus- 
tro  comedere  cum  tratribus  veniret,  si  vellet.  Ubi  ita  sub 
obedientia  remansit  quod  multociens  ex  his  que  adquirere 
poterat  preposito  serviret.  Denique,  cum  predictus  clericus, 
sine  cujusquam  ap[p]ellatione,  in  obedientia  sibi  com[ni  jissa 
per  triennium  jam  st[e]tisset,  fratres  Beati  Rufi  blanditiis 
suis  et  presentationumobsequiis  et  hujusmodi  altis  promis- 


1.  Iley.  cil.,  fol.  25  r". 

2.  Sur  la  mise  en  appiciilissajre  crenfants  destiiijs  à  devenir  artistes 
dans  l'art  de  la  peinture,  ou  simplement  artisans  dans  l'art  de  travailler  la 
pierre,  le  buis  ou  le  fer,  les  textes  du  xi"  siècle  ne  nous  renseignent  pas. 
Nous  lisons  dans  la  VHh  siuicli  Geriildi,  coin.  Aureliac,  lib.  II,  c.  XI, 
laquelle  est  IVruvre  d'Odon.  abbé  de  Cluny  et  l'ut  écriteau  x"  siècle  :  «  Qui- 
dam puerulus  apud  Aiu-eliacum  claudus  morabalur.  qui  f'ubro  niidnni 
coinineiitlnlus  est  ut  iirlein  iliscercl  qua  iHclilare  valuisnel.  »  ;Mii,'uc,  l'air, 
lai.,  t.  CXXXIII,  col.  6771. 


308  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE     [Fin    du   Xl"  S.] 

sionibus,  [ubi]  ^  maximus  honor  facile  continji^el,  —  sicut 
multis  fratribus  jain  contigit  ejusdemdomus,  — per  se,  per 
internuncios  suos  ejus  simplicem  animum  subvertere  non 
destiterunt,  donec  quadam  die  ad  se  venire  et  abbati  suo 
reddere  fecerunt,  et  statim  eum  ad  altare  ducentes,  abbate 
assistente  et  sacramentum  edocente,  jurare  fecerunt  ut  in 
omnibus  abbati  obediret  que  sibi  preciperet,  et  ibidem  per 
obedientiam  et  sacramentum  quod  fecerat,  ei  abbas 
in[junxit]  quatenus  in  nocte  sequentis  dominice  ex  toto  ad 
eos  venire  paratus  esset,  et  per  idem  sacramentum  monuit 
ut  ita  clam  fieret  quod  a  nemine  sciri  posset.  Quid  plura? 
Quibusdamet  [sic)  fratribus  missis  sub  predicte  noctis  silen- 
tio,  domum  nostram  invadentes,  personam  nobis  datam  et 
possessam  resque  ejus  omnes  furtim  asportaverunt.  Hoc 
autem  cum  kanojiici  et  populus  audivissent,  contra  eos  gra- 
viter irasci  voluerunt,  et,  missis  nunciis,  secundum  sen- 
tentiam  episcopi  se  facturos  responderunt.  Et  quia  aberat, 
quosdam  ex  fratribus  ad  eum  dirigentes  clericum  de  quo 
agimus  a  se-... 


GXIII 

Fin  du  XI"  siècle  ou  commencement  du  xn*. 

Donation  par  Hufjue  de  Fiée  à  V abbaye  de  Saint-Aubin 
d'Angers  d'une  petite  église  rurale,  sise  à  Ligron,  autre- 
fois détruite,  à  condition  que  ladite  abbaye  ferait  cons- 
truire pendant  l'année  une  église  de  bois. 

Curluluire  de  Vabbaye  de  Saint- Aubin  d'Angers,  publ.  par  B.  de  Brous- 
sillon,  t.  II  (1899),  p.  296  3. 

l.   Le  ms.  semble  ici  porter /i.fc6. 

•2.  Le  copiste  s'arrête  ici  pour  transcrire  un  titre  relatif  à  une  chute 
d'eau  qui  met  en  mouvement  deux  des  moulins  du  Chapitre. 

3.  Cet  acte  n'est  j)as  daté;  mais,  d'une  part,  Hugue  de  Fiée  est  mentionné 
dans  un  acte  de  1098-1106  (Cartul.,  t.  I,  p.  372);  d'autre  part,  l'église  de 
Notre-Dame  de  Ligron  est  citée  dans  une  charte  de  1111  (ibid..  t.  II,  p. 
329).  * 


[1100-1117]  DE    l'architecture    en    FRANCE  309 

Huffo  de  Floiaco  *  donavit  monachis  Sancti  Albini  locum 
cujusdam  ecclesiole  que  vocatur  Ligrunnus  2  ;  ecclesia 
namque  antiquitus  destructa  erat...  Donavit  et  totum 
presbiteratum  ipsius  ecclesiole...  tali  conventione  ut  in  ipso 
donationis  anno  facerent  ecclesiam  de  lignis,  et  in  ipsa 
ecclesia  missa  cantaretur  diebus  dominicis  etfestis... 


CXIV 
Vers   1100-1117. 

Fondation  par  Robert  cV Arhrissel  du  monastère  de  Fonle- 
vrault,  au  diocèse  de  Poitiers,  dans  le  Saumurois ;  cons- 
truction d^un  oratoire;  son  agrandissement  ;  séparation 
des  cloîtres  des  religieux  et  des  religieuses  ;  vocable  des 
monastères  relevant  de  cette  abbaye.  —  Autres  cons- 
tructions [léproseries)  entreprises  par  les  soins  de  Robert 
d^  Arhrissel. 


Vila,  benii  Roberti^.  auct.  Baldrico,  episc.  Dolcnsi,  dans   Act.  Sanct.  Boll., 
fcbr.   III,  p.  611-612. 

(Cf.  Mignc.  Pair,  lat.,  t.  GLXII,  col.  1031-1052,  1054-1056.) 

Gap.  III.   16.  .  .  Locus  erat  incultus  et  .squalidus,  spinetis 
obsituset  vepribus,  ab  antiquo  Fons  Evraldi'  nuncupatus, 

1.  Floiacus.  Floe.  aujourd'hui  Fiée,  comm.  du  caiit.  de  Château-du-Loir, 
arr.  Saint-Calais  (Sarthe;. 

2.  Ligron,  comm.  du  cent,  de  Malicorne,  an*.  La  Flèche  (Sarthe).  La 
Flèche  était  le  siège  d'un  prieuré. 

3.  Robert  d'Arbrissel  (ou  d'Arbressec)  né  dans  le  pays  de  Rennes  vers 
10S7, suivant  les  uns, vers  1060, d'après  les  autres, mourut  le  27  février  1117. 

4.  Sur  Fontevrault,  au  point  de  vue  historique  ou  archéologique,  voy. 
G.  Malifaud,  L'nbhaye  de  Fontevrault.  not.  hisl.  et  archéol.,  Angers (1S66); 
dEspinay,  Notices  archéol.,  l'abb.  de  Fontevrault,  dans  la  Rev.hist.,  litt.  et 
arch.  de  V Anjou  ;1876  :  Edouard  [Rironj,  Fontevrault  et  ses  monuments  ou 
hist.  de  cette  roy.  abbaye  depuis  sa  fondation.  (1100-1793),  Paris,  1874-1875; 
Bosscbœuf,  Hist.  et  archéol..  Fontevrault.  son  hist.  elses  monnments.  Tours, 
1890.  —  Fontevrault  est  aujourd'hui  cant.  Sud  et  arr.  de  Saiimur  (16  kil.), 
en  Maine-et-Loire.  Voy.  Cél.  Port.  Dicl.  hist.,  (jèogr.,  ...  de  Maine-et-Loire, 
t.  II,  p.  167  et  s.,  v"  Fontevraud. 


310  TKXTKS    UKLATIFS    A    LllISïOlUi:  ,1100-1  117] 

ab  hominuin  cohabilatione  séquestra  tus,  a  Condatensi  ^ 
autem  cella  quasi  du()l)us  distabat  inilliariis,  dioecesi  adja- 
cens  Pictavensi.  Silvulam  hanc  sive  dumetuni,  in  ((uo  Dei 
nova  familia  et  novus  exercitus  habitaret  et  laboraret, 
eleg-it  et  dono  a  quibusdain  possessoribus  accepit  ;  et  pro- 
miscuos  christianitatis  tirones  illuc  induxit. 

17.  Fecerunt  auteni  ibi  pro  tenipore  quaedani  tuguriola, 
quae  dumtaxat  eos  tuerentur  ab  intempestiva  aeris  ingruen- 
tia.  Oratorium  etiani  ibi  quodlibet  construxerant,  in  quo 
Deus  invocaretur  et  hospitaretur  in  medio  castrorum  suo- 
rum.  Castrenses  illi  cum  l)eo  suo  desiderabant  singulariter 
confabulari,  ejusque  eolloquio  peroptabant  recreari.  Inde 
procedebant  ad  operà,  ut  de  laboribus  manuum  suarum 
vivere  possent  et  numquam  otiosi  vivere  praesumerent. 
Mulierestamen  ab  hominibus  segregavit,  et  inter  claustruni 
eas  velutdamnavit,  quas  orationi  deputavit  ;  homines  vero 
laboribus  niancipavit.  Non  sine  discretione  id  agere  vide- 
batur,  quia  sexum  teneriorem  et  inibecilliorem  commen- 
dabat  psalmodiae  et  theoriae  ;  fortiorem  autem  applicabat 
exercitiis  vitae  actualis  '. 

Gap.  IV.  20.  Jani  igitur  parietibus  oratorii  ^  dilatandis 
et  inaltandis  instabatur  ;  dabantur  sumptus  copiosi,  offere- 
bantur  usus  necessarii  ;  claustra  et  claustra  praeparabantur  ; 
nec  etiam  tria  vel  quatuor  tantis  mulierum  collegiis  sufîe- 
cerunt.  Divisi  sunt  homines  a  mulieribus  ;  et  seorsum  in 
locis  remotioribus,  praeparatae  sunt  eis  domus  et  domus. 
Mulieres  iterum  segregavit  sagax  mag-ister  ab  invicem  :  et 

1.  Toute  cette  contrée  n'était  guère  qu'un  bois,  dit  le  bois  de  Bort,  et 
elle  était  seulement  traversée  par  des  voies  se  dirigeant  de  l'Anjou  et  du 
Poitou  sur  Cnndes.  Candes  est  une  commune  du  cant.  et  arr.  de  Chinon 
(Indie-et-Loire\ 

2.  <<  Dans  une  pensée  à  la  fois  mystique  et  pratique,  l'œuvre  de  Robert 
d'Arbrissel  réunissait  les  hommes  et  les  femmes  sous  le  gouvernement 
uni(jue  et  absolu  d'une  abbesse,  chaque  sexe  sous  une  règle  distincte,  celle 
des  religieuses  inspirée  directement  des  principes  bénédictins  et  dominée 
par  la  loi  du  silence,  celle  des  frères  les  consacrant  surtout  à  la  desser- 
vance,  à  ppoprem<!nt  parler,  des  maisons  de  l'ordre  et  à  l'administration 
temporelle  des  divers  domaines.  »   Cél.  Port,  op.  cit.,  t.  II,  p.l'iO.) 

3.  Édifice  remanié  ;  on  i-emarque  encore  la  coupole  à  pendentifs  non 
distincts  qui  fournit  le  premier  des  jalons,  qui  conduisent  au  style  Planta- 
genêt.  Voy.  à  ce  sujet  Rerthelé,  /.'architecture  Plantagenét,  dans  Congr. 
archéol..  LXX*  session,  Poitiers  (1903),  p.  239. 


[H00-iH7]  DE  l'architecture  EN    FRANCE  311 

rursus  per  cellas  et  cuneos  distinxit  eas  ;  catervatim  collo- 
cavit  illos  et  illas,  quoniam  alteruter  numerus  in  simplici- 
tatem  extendebatur.  In  claustro  majori  plus  quam  trecen- 
tas  insimul  locavit  :  alias  vel  centenas  vel  sexagenas  per 
alterius  quantitatis  turmas^  commendavit,  alibi  plus,  alibi 
minus  ;  nec  non  et  homines  per  discrètes  delegavit  mani- 
pules. 

21.  Operariis  autem  assistere  nec  volebat  nec  poterat, 
quia  nationibus  multis  praedicare  habebat.  Conslituit  igitur 
ex  sororibus  unam  responsis  et  operibus  assistricem  et 
magistram,  Hersendim^  nomine,  quae,  spreta  sua  qua  prae- 
lucebat  nobilitate,  choris  feminarum  adhaeserat,  imo  prior 
conversa  fuerat.  Vivebat  autem  Hersendis  et  magnae  reli- 
g'ionis  et  magni  pari  ter  consilii.  Huic  autem  Hersendi  con- 
junxit  et  Petronillam  ^  procurationis  mansionariae  gnaram, 
quam  ipse  Robertus  postea  elegit  in  abbatissam  :  nam  Her- 
sendis jam  ad  superos  recesserat.  Has  itaque  duas  feminas 
quoniam  cognoverat  prudentes  et  industrias  et  magnae  cau- 
telae  personas,  aliis,  ut  dictum  est,  praefecerat  sororibus. 

22.  .  .  Leprosis  etenim  et  suas  mansiunculas  ^,  et  mona- 
chalia  claustra  construxit,  etunde  singuli  alerentur  maj^^ister 
Robertus  instituit  :  etpersaepe,  quoad  vixit,  taies  ipse  per 

se    humillime    visitayit Quamvis   pluribus   indigeret 

latomis  et  caementariis  et  artificibus  diversis,  iamen  ea 
cura  sibi  videbatur  postrema  :  quoniam  ejus  anima  in  sancta 
religione  dumtaxat  erat  sollicita 


Alla  vila  (du  mcme),  op.  et  t.  cit.,  p.  615. 
(Cf.  Migne,  Pair,  lai.,  t.  cit.,  col.  1062-1063.) 

Cap.  III.  11.  Hic  quidem,  de  quo  loquimur,   Robertus 

1.  Au  Grandmoutier,  église  principale  dédiée  à  la  Vierge,  Suger,  dans 
une  lettre  adressée  à  Eugène  III  (1145),  compte  déjà  plus  de  5000  reli- 
gieuses. (Voy.  Cél.  Port,  op.  cit.,  t.  II,  p.  169.) 

2.  Hersende  était  simple  prieure. 

3.  Pétronille  ou  Perronelle  de  Craon,  veuve  du  seigneur  de  Chemillé, 
qui  fut  1  a  première  abbesse  en  titre  (28  octobre  1114 — 25  avril  1149). 

4.  «  Le  plan  des  léproseries  (sous  l'invocation  de  saint  Lazare,  leur 
patron),  ressemble  beaucoup  à  celui  des  chartreuses,  car  chaque  malade  a 
sa  maisonnette  (Enlart,  Man.  d'archéoL,  t.  II,  p.  50). 


312  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire  [H00-H30] 

nonnuUa  habitacula  in  diversis  provinciis  i,  coopérante  Deo, 
aedificaverat,  in  quibus  sanctimonialium  cohortes  diutina 
religionein  Fontevraldensi  claustro  probatas,  juxta  locorum 
competentiam  includebat,  atque  ad  earuinservitium  aliquos 
ex  fra tribus  nostris  destinabat.  Haec  autem  erat  praeterea 
illiusinflexibilis  consuetudout,  ubicumque  coenobia  sancti- 
nionialibus  suis  aedificare  fecerat,  in  honorem  S.  Mariae 
semperVirginis  eaconstrueret.Etquiasanctus  JoannesEvan- 
gelista  eidem  Virg-ini,  praecipiente  Christo,  quoadusque  cor- 
poraliter  in  mundo  conversata  est,  devotus  magister  dili- 
genter  servivit,  decrevit  vir  prudens  ut  fratrum  oratoria 
in  ejus  venerationem  dedicarentur  :  quod  non  sine  divina 
inspiratione  factura  fuisse  existimo,  ut  quem  videlicet  exem- 
plum  serviendi  sponsis  Christi  fratres  haberent,  eumdem 
suorum  oratoriorum  patronum  esse  gauderent .  .  . 


cxv 

Entre  H  00  et  1130  environ. 

Reconslruclion  de  Véglise  cathédrale  de  Thérouanne,  par 
les  soins  de  Vévêque  Jean  de  Commines.  —  Description 
du  château  à  motte  de  Merckem,  en  Flandre. 

Vita^  Johannis,  episcopi    Teruanensis,  auct.   Waltero   archidiacono,   éd. 

0.  IIolder-Egger,  dans  Mon.    Germ.  fiistor.,  Script.,  XV,  pars   II  (1888), 
p.  1145  et  1146-1147. 

{Cf.  Ac la  Sanct.  Bolland.  27  jan.  III,  p.  413  et  414.  — En  partie  seule- 
ment. Bouquet,  liée,  des  Hist.  de  Fr.,  t.  XIV,  p.  239.) 

1.  Dans  le  premier  quart  du  xu"  siècle,  des  colonies  monastiques,  issues 
de  Fontevrault,  se  répandirent  dans  les  pays  voisins,  tels  que  l'Anjou,  le 
Poitou,  la  Touraine,  et  encore  dans  le  Limousin  et  le  Périgord,  comme  dans 
d'autres  contrées.  La  Bretagne  fut  dotée  aussi  de  ces  établissements  reli- 
gieux. 

2.  Cette  Vie,  qui  passe  aujourd'hui  pour  l'œuvre  de  Wautier  de  Thérou- 
anne, a  été  longtemps  attribuée  à  Jean  de  Golmieu,  archidiacre  de  Mori- 
nie,  mort  en  1130;  elle  a  été  écrite  neuf  ans  après.  —  Potthast  (Bibl. 
hisl.,  t.  II,  1398),  A.  Molinier  [Source.^,  t.  II,  p.  171)  et  l'abbé  U.  Chevalier 
renvoient  tous  trois  par  erreur  pour  cette  Vie  à  la  Patrologie  latine  de 
Migne  (CLXVI,  col.  873).  Le  texte  que  l'on  trouve  à  la  place  indiquée  par 
ce  renvoi  est  tout  autre  ;  c'est  celui-ci  :  De  vila  et  marlyrio  b.  CaroU  Boni, 
Flandriae  comitis  (d'après  Ad.  Sanct.,  Bolland.,  mart.,  t.  I,  die  2,  p.  152). 


[1100-1130]         DE  l'architecture    en    FRANCE  313 


G.  10.  —  Ecclesiam  *  Beatae  Mariae  Teruanensis  quam, 
uti  prelibavinius,  iiilerius  exteriusque  miserabiliter  dissipa- 
tatn  [Johannes'-episcopus]  invenit,  mox  primis  ordinationis 
suae  teniporibus  biformi  structura  sapiens  architectus  repa- 
rare  preparavit;  et  de  insensibili  quidem  lapidum  ligno- 
rumque  materia  fabricam  ejus  a  fundanientis  magna  ex 
parte  incipiens,  laudabiliter  extrinsecus  consummavit  ■\  sed 
vivis  ^  intrinsecus  lapidibus  liornisque  rationabilibus  eani 
multo  utilius  instauravit.  .. 


G.  12,  —  Sed  occurrit,  quod  gestis  [Johannîs,  episcopl 
Teruanensis,]  adhuc  opporteat  stilo  currente  alleg-ari,  et 
quod  noverimus,  id  ipsum  ut  scribatur,  ex  multo  jam  tem- 
pore  a  multis  desiderari.  Plurimi  enim  ex  fratribus  fuerunt 
qui,  etiam  eo  vivente,  haec  scribi  voluerunt.  Gum  ante  xv 
fere  quam  decederet  annos  sollicitudine  pastorali  diocesim 
suam  ex  more  lustraret,  contigit  ut  in  villa,  cui  Merchem  ^ 


L  «  En  1133,  on  consacra  le  chœur,  à  peine  construit,  de  la  cathédrale  de 
Thérouanne,  pour  pouvoir  y  installer  les  reliques  de  l'évéque  Saint-Maxime, 
enlevées  de  Bouiof^ne,  que  Thérouanne  dépossédait  aussi  de  son  siège  épis- 
copal.  »  (Enlart,  Man.  aarchéol.  fr.,  t.  I,  p.  96,  n.  2.) 

2.  Jean  de  Coraniiues  fut  consacré  évéque  de  Thérouanne  en  1099;  il 
mourut  le  il  janvier  1130. 

3,  Important  monument  de  transition  du  Nord  de  la  Fi-ance,  cett«  cathé- 
drale a  un  plan  d'origine  germanique.  (Eiilart,  op.  cit.,  1. 1,  p.  232,  et  fig.  79, 
abside.) 

4.  On  lit  notamment  dans  Raban  Maur  (éd.  Migne,  t.  CVIII)  :  «  Omnes 
qui  in  Cliristum  Jesum  credunt  dicuntur  lapides  vivi  »,  et  dans  Rupert 
(éd.  Migne,  t.  CLXVlll)  :  «  Lapides  otri  dicuntur  fidèles  pi-opter  fideni.  » 
]3éjà  saint  Augustin  (Zinarra/to  m  Ps.ii/nifm  XXXIX,  éd.  Migne,  t.  XXXVl) 

s'exprime  ainsi  :  «  Tantum  autem  valet  junctura  charilatis  ut,  quamvis 
mulli  lapides  vivi  in  structura  tenipli  Dei  convcniant,  unus  lapis  ex  omni- 
bus fiât.  » 

5,  Merckem.  commune  de  Tarr.  de  Dixmude,  province  de  la  Flandre 
occidentale  (Belgique),  C'est  bien  de  cette  ville  qu'il  s'agit,  d'après  de 
Cauraont  {Ahécéd.  rf'ar<;/iéot,,  archit.  mil.,  3"  éd.,  1869,  p.  403).  Par  suite 
d'une  erreur  typographique,  M.  Enlart  {Man.  d'arcnéol.  fr.,  t.  II, 
p.  499)  a  imprimé  Mercheim.  Il  n'y  a  pas  de  raison  d'attribuer  ce  texte  à 
Merckergliem,  départ,  du  Nord,  arr.  de  Dunkerque,  cant,  de  Worrahoudt,. 
ainsi  que  l'a  fait  M.  Flach,  Origines  de  Vanc.  France,  t.  II,  p.  82. 


314  TEXTES  RELATIFS  A    l'histoire  [1100-1130] 

vocabulum  est,  hospitii  mansionem  haberet.  Erat  autem 
secus  atrium  ecclesiae  munitio  quaedam,  quam  castrum  vel 
municipium  dicere  possumus,  valde  excelsa,  juxta  morem 
terrae  illius  a  domino  villae  ipsius  a  multis  rétro  annis 
extructa.  Mos  namque  est  ditioribus  quibusque  regionis 
hujus  hominibus  et  nobilioribus,  eo  quod  maxime  inimiciis 
vacare  soleant  exercendis  et  caedibus,  ut  ab  hostibus  eo 
modo  maneant  tutiores  et  potentia  majore  vel  vincant  pares, 
vel  premant  inferiores,  terrae  aggerem  quantae  prévalent 
celsitudinis  congerere  eique  fossam  quam  late  patentera 
multamque  profunditatis  altitudinem  habentem  circum- 
fodere,  et  supremam  ejusdem  aggeris  crepidinem  vallo  ex 
lignis  tabulatis  firmissime  compacte  undique  vice  mûri 
circummunireturribusque,  secundum  quod  possibile  fuerit, 
per  g-irum  dispositis,  intra  vallum  domum  vel,  quae  omnia 
despiciat,  arcem  in  medio  aedifîcare,  ita  videlicet  ut  porta 
introitus  ipsius  villae  nonnisi  per  pontem  valeat  adiri,  qui 
ab  exteriori  labro  fossae  primum  exoriens,  est  in  processu 
paulatim  elevatus  columnisque  binis  et  binis,  vel  etiam  tri- 
nis  altrinsecus  per  congrua  spacia  suffîxis  innixus  ',  eo 
ascendendi  moderamine  per  transversum  fossae  consurg-it, 
ut  supremam  ag-geris  superficiem  coaequando,  oram  extremi 
marginis  ejus  et  in  ea  parte  limen  prima  fronte  contingat. 
In  hujusmodi  ergo  asylo  pontifice  cum  suo  illo  frequenti  et 
reverendo  comitatu  hospitaturo,  cum  ingentem  populi  tur- 
bam  tam  in  ecclesia  quam  in  atrio  ejus  manus  impositione 
et  sacri  crismatis  unctione  confirmasset,  ut  vestimenta  muta- 
ret,  eo  quod  cimiterium  humandis  fidelium  corporibus  bene- 
dicere  statuisset,  ad  hospicium  regressus  est.  Unde  illo,  ut 


1.  Ainsi,  la  motte  était  reliée  à  la  première  enceinte  par  un  pont  en  plan 
incline  que  supportaient  des  colonnes  accouplées  ou  ternées.  Dans 
l'image  des  villes  ligurées  sur  la  fameuse  Tapisserie  de  Bayeux  et  dont 
on  discerne  facilement  les  fortifications  de  bois,  formées  de  poutres  liées 
le»  unes  aux  autres,  on  voit  distinctement  le  pont  de  bois  dont  parle 
Colmieu,  et  par  lequel  on  montait  à  la  porte  du  donjon-.  La  'i  apisscrie 
montre  aussi  que  pour  permettre  aux  cavaliers  de  monter  jusqu'à  la  porte 
des  donjons,  la  passerelle  était  munie  de  barres  transversales  clouées  à 
intervalles  réguliers  sur  la  face  supérieure  du  tablier.  Selon  M.  Marignan, 
l'œuvre  de  la  Tapisserie  de  Bayeux  ne  serait  que  de  la  fin  du  xn*  siècle. 


[1101-1148]       uiù  l'architecture  en  frange  315 

propositum  perficeret  opus,  iterum  descendente  et  circa 
médium  pontis  triginta  quinque  vel  eo  amplius  pedum  alti- 
tudinis  habentis,  certa  de  causa  subsistente,  populique  non 
modica  caterva  ante  et  retro  dextra  levaque  circumstipante, 
continue,  antiqui  machinante  hostis  invidia,  pons  ponderi 
cessit  et  dissipatus  corruit  magnamque  illorum  hominum 
turbam  cum  episcopo  suo  ad  ima  dejecit  ;  fra^ore  autem 
ing-enti  e  vestij^io  consecuto,  transtris,  trabibus,  tabulatis 
et  ruderibus  mag-no  cum  impetu  pariter  et  strepitu  conci- 
dentibus,  nebula  quaedam  tenebrosa  ita  omnem  illam  rui- 
na m  repente  circumfudit,  ut  quid  ageretur  vix  quisquam 
discernere  potuerit.  Sed  clementia  Dei  velociter  afîuit,  tene- 
brasque  dejecit  et  servum  suum  cum  tota  illa  multitudine 
de  periculo   illaosum  eduxit 


CXVI 
1101-11 i8 

Constructions  religieuses,  militaires  et  autres  accomplies  pnr 
les  soins  des  évêques  d'Angoulême  dans  cette  ville  et  dans 
leurs  possessions  épiscopales. 

llisloria  ponlificnm  et  comitiimEngolismensinm  i  dans  Rerum  Enijolix- 
inensium  scriplores^  éd.  Caslaij^ne,  ls,ô3,  p.  48-53  (Soc.  aivli.  et  liist.  de 
la  Charente). 

(Cf.  Rec.  des  fiisl.de  Fr.,  t.  XII,  17S1.  p.  396. 

[1101-1136.]  —  Gastello  itaque  Montiniaci^...  capto,  et  in 
manu  Gerardi  '^,  Engolismensis  episcopi,..  suscepto,  turrim 
altam  et  robustam  in  eo  aedilicavit,  et  ipsum  castellum 
mûris  undique  validissimis  munivit.  Et  vero  Engolismen- 
sem    [ecclesiam]  a  primo    lapide  aedifîcavit  [Gerardus],  in 

1.  Cette  chronique  a  été  composée  vers  1159,  date  de  la  mort  de  l'évèque 
Ilugue  II  de  La  Rochefoucauld  ;  elle  est  vraisemblablement  l'œuvre  dun 
chanoine  dAnj^oulème.  Voy.  Castaig:ne,  op.  cil.,  p.  12. 

2.  Aujourd'hui  Montif^nac,  comm.  du  cant.  de  Saint-Amant-de-Boixc, 
arr,  Angoulême  (Charente^, 

3.  Gérard  II  de  Blaye. 


316  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [il04-H50j 

qua  reaedificatioue  supradictus  Iterius  ^  Archambaudi  in 
constructione  parietum  expensarum  medietatem  de  proprio 
suo  ministrabat.  De  proprio  suo  aedifîcavit  [Iterius]  dormi- 
torium  2,  refectorium,  cellarium,  presbjterium,  januas  fer- 

reas Gerardus  itaque,  Engolismensis  episcopus,  aulam 

pontificibus    construxit    et  ecclesiae  ^    quam,    ut  diximus, 

aedifîcavit,   haec  munera  obtulit Aulam  pontificibus  et 

capellam  etcameram  Pictavi  aedifîcavit;  aulam  Varuci  aedi- 
fîcavit mûris,  vallo  aedificatam  roboravit,  ecclesiam  et  domos 
construxit  leprosarias 

[1136-1148.]  —  Post  Gerardum Lambertus,  natione 

Engolismensis ecclesiam  de  Corona '*    a  primo  lapide 

aedifîcavit...  Aedifîcavit  domibus  episcoporum  quamdam 
aulam,  in  qua  est  puteus  et  coquina,  et  turrem  super  portam 
Varuci-^  :  aedifîcavit  ecclesiam  baptisterii^  de  conventu  bene- 
dictionum 


GXVII 

Avant  1104-1150. 

Accidents  survenus  à  réalise  abbatiale  de  Saint-Germer,  en 
Beauvaisis.  —  Découverte  du  cimetière  gallo-romain  de 

1.  Hier  Archambaud,  riche  chanoine  d'Angoulême,  d'origine  seigneu- 
riale (Voy.  Castaigne,  éd.  c^<.,p.  39.) 

2.  Les  constitutions  synodales  d'Eugène  III  édictent  la  disposition  sui- 
vante :  «  Juxta  ecclesiam  claustra  constituantur...  omnibus  unum  sit  refec- 
torium ac  dormitorium.  »  (Voy.  du  Gange,  Gloss.,  v"  Claustrum.) 

3.  On  sait  que  la  cathédrale  dAngoulème,  commencée  vers  1105  e(  con- 
sacrée en  1128,  est  le  type  d'une  église  romane  couverte  de  coupoles 
du   Sud-Ouest   de   la    France.    Outre  Viollet-le-Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr., 

fmsxim,  voy.  Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,t.  I,  p.  103,211,  etc.,  t.  II,  p.  758,  et 
e  même,  dans  Yllisl.  de  Varl  d'A.  Michel,  t.  I,  2"  part.,  p.  477  (fig.) 

4.  La  Couronne,  abbaye  d'Augustins  fondée  au  xii' siècle  ;  aujourd'hui, 
comm.  du  cant.  et  arr.  dAngoulème. 

5.  Vars,comm.  du  cant.de  Saint-Amant-dc-Boixe.  Laterre  de  Varsfaisait 
partie  de  la  mense  épiscopale  par  suite  du  partage  opéré  en  1120  entre  les 
chanoines  et  l'évêque  Girard  II.  Ge  prélat  y  avait  construit  une  maison 
entourée  de  retranchements,  et  il  en  avait  considérablement  augmenté  les 
revenus  et  les  dépendances. 

6.  Nous  avons  déjà  fait  observer  que  les  mentions  de  baptistère  sont 
rares  en  France  aux  xi'  et  xn*  siècle. 


[1104-1150]  DE    l'architecture    en    FRANCE  317 

Nogent-sous-Coucy .  —  Incendie  de  la  cathédrale  et  du 
palais  épiscopal  de  Laon  —  Transport  et  exhibition  des 
reliques  de  ladite  cathédrale  en  France  et  en  Angleterre, 
pour  obtenir  des  offrandes  nécessaires  à  sa  reconstruction. 
—  Part  prise  à  cette  œuvre  par  Vévêque  Barthélémy  de 
Joux. 

Guiberii  de  Novigenlo  'De  Vita  sua,  éd.  G.  Bourgin  (1907;,  1.  I,  [c.  xxiii], 
p.  8i,  1.  II,  [c.  i],  p.  99,  1.  III.  [c.  v],  p.  Ii6-li7.  [c.  ix],  p.  170,  [c.  xn], 
p.  185-190,  [c.  xiiij,  p.  191-193. 

(Cf.  (.V Achery,  Spicilegium.. .,  1651,  p.  483  et  s.  —  Migue,  Pair.  lai.. 
t.  CLVI,  col.  837  et  s.) 


L.  I,  [c.  xxiiij  —  [1064-1104].  —  Cum  esset  vigilia- 
martyrum  Gervasii  et  Prothasii,parvoemer{?eiite  tonitruo.. ., 
mane  ergo  nobis  surgentibus.,.,  ictu  ruente  grandisono  ful- 
minis  hoc  modo  penetratur  ecclesia  ^.  Gallum  '*  qui  super 
turri  erat,  crucem  columque  aut  dispergit  aut  cremat,  tra- 
bem  cui  haec  insidebant  débilitât,  et  scindulas  clavis  alTi- 
xas  semiurendo  convellens,  per  occidentalein  turris  ^  vitream 
intrat,  crucifixi  Domini  imaginem  subter  stantem,  illiso 
usque  ad  ruinam  capite,  iîxoque  latere  dextro,  frangit,  non 
ustulat,  dextrum  vero  brachium  et  crucis  et  imaginis  sic 
ui'it  et  ti'uncat,  ut  praeter  manus  pollicem  de  toto  brachio 
quippiam  nemo  reperiat...  Dextrorsum  eriimper  arcum,  cui 


1.  Guibert  fut  élu  abbé  de  Nogent-sous-Coucy  en  llOi,  et  il  mourut  en 
1124.  Le  De  Vita  sua  aurait  été  composé  entre  1114  et  1117. 

2.  C'est-à-dire  le  18  juin. 

3.  Voy.  E.  Lefèvre-Pontalis,  Élude  sur  la  date  de  Véglise  de  Sainl- 
Germer, dans  la  Bibl.  de  VEc.  des  Chartes,  t.  XLVI,  1885,  p.  478-495  :  cf. 
Bnll.monum.,  1886,  p.  23  et  suiv.  L'église  actuelle  de  Saint-Germer  vient 
d'être  l'objet  d'une  étude  d'A.  Besnard,  dans  Congrès  archéol.  de  Fr., 
LXXII*  session,  éd.  1906,  p.  407-449. 

4.  Sur  le  coq  surmontant  le  clocher  des  églises  voy.  supra  le  texte  rela- 
tif à  la  cathédrale  de  Coutanccs,  p.  74, n.  3.  —  Colum,  extrémité  arrondie. 

5.  Comme  à  Saint-Etienne-de-Beauvais  et  dans  des  églises  romanes 
normandes,  il  y  avait  une  tour  centrale  sur  l'église  de  Saint-Germer  : 
mais  des  données  du  texte  que  nous  reproduisons  ci-dessus  on  ne  peu( 
conclure  à  l'existence  d'un  clocher  latéi'al  au  xi«  siècle.  Notre  savant  con- 
IVcre  M.  E.  Lefèvre-Pontalis,  qui  a  eu  occasion  de  revenir  sur  sa  première 
interprétation  de  ce  texte,  a  bien  voulu  nous  confirmer  sa  nouvelle  manière 
de  voir  à  ce  sujet. 


318  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [H04-Ho0] 

percussa  imago  suberat,  flamma  labens  in  cemento  arcus 
descendendo  bifurcam  nigredinis  rigam  '  f[a]cit,  et  in  cho- 
rum  perveniens,  duos  hinc  et  inde  arcus  stantes  monachos 
percutit  et  in  momento  exanimes  reddit . 

L.  II,  [c.  il  — [1104-11 17].  —  Vocatur  siquideni  Novig-en- 
tum^,  qui,  quantum  ad  habitationem  spectat  monasticam, 
novus,  quantum  veroad  usum  saecularem,  vetustissime  cul- 
tus.Quamopinionem  si  nullaliteralis  juvaret  traditio,  suppe- 
teret  profecto  affatim  peregrina,  et  non,  putamus,  chris- 
tiani  nominis  sepulchrorum  inventa  contextio.  (^irca  enim 
ipsam,  et  in  ipsa  basilica,  tantum  sarcophagorum  copiam 
conjunxit  antiquitas,  in  multam  loci  famositatem  tantopere 
expetiti,  cadaverum  inibi  conj^estorum  commendat  infinitas. 
Quia  enim  non  in  morem  nostrorum  ordo  disponitur  sepul- 
chrorum, sed  circulatim  ^  in  modum  coraulae  sepulchrum 
unius  multa  ambiunt,  in  quibus  quaedam  reperiuntur  vasa, 
quorum  causam  nesciunt  christiana  tempora  ;  non  possumus 
aliud  credere,  nisi  quodfuerunt  gentilium  aut  antiquissima 
cliristianorum  sed  facta  g-entili  more .  Quaedam  autem  sunt 
in  eadem  ecclesia  litterae  métro  compositae,  quibus  ego 
nulla  adniterer  auctoritate,  nisi  quaedam,  quae  plurimum 
eorum  roborant  fidem,  viderem  hodieque  constare.  Quae 
historia  sic  se  habere  secundum  scripturae  hujus  seriem 
traditur . 


1.  Raie  (Cf.  le  mot  classique  riyor,  lif^ne  droite. 

2.  Le  monastère  de  Notre-Dame  de  Nogeut-sous-Coiicy,  fondé  en  1076, 
était  situé  au  diocèse  de  Laon,  près  de  Coucy-lc-Chàteau,  aujourd'hui 
ch.-l.  de  c,  arr.  Laon. 

■i.  Le  renseif^nement  fourni  par  Guiberta  pu  être  vérifié  lors  des  fouilles 
pratiquées  à  remplacement  désigné  par  lui  et  dont  il  avait  été  témoin; 
on  y  a  bien  découvert  «  une  quantité  considérable  de  séj^ultures  disposées 
en  cercle  ».  (Voy.  A.  Lefranc,  Le  traité  des  reliques  de  Guiberl  de 
Noyent,  dans  les  Etudes  (riiist.  du  moyen  âge  dédiées  à  M.  Monod,  1896, 
an.  292-293  ;  cf.  éd.  Bourgin,  p.  99,  n.  2).  J.  Quiclierat  a  déjà  si};nalé  le 
récit  de  (îuibert  de  Nf)gent  comme  un  très  rare  exemple  des  jugements 
raisonnables  que  les  écrivains  dn  moyen  âge  ont  portés  en  matière  d'an- 
liquitcs  (Met.  d'archéol.,  p.  351).  —  Au  chap.  VII  de  ce  livre.  Guibert  de 
Nogent  mentionne,  outre  les  tours  de  la  cathédrale,  lejialais  épiscopal  (p<i/;(- 
tinm  episcopale,  domus episcopi,  episcopium)  la  cour  épiscopalc  {curiu. 
atrium  pniesulis),  la  chapelle  épiscopale  {capella  episcopalis)  ]n'ccvdOc 
dune  galerie  ou  balustrade  podium),  les  murailles  servant  de  défense 
au  palais  et  à  la  grande  salle  (moenia  auiae  ,  enfin  le  cellier  de  l'église, 
son  magasin  de  provisions  [cell^irium  ecclesiae,  intra  parvam  aputhecam) . 


[M 04-1 150]       DE  l'architecture  en  frange  319 

L.  III,  [c.ix]  — [1112]. — I^itur  ex  cujusquam  maxime 
peccato  contigerat  ut  gloriosissima  ecclesia  miserabilibiis 
addiceretur  excidiis.  Ex  domo  scilicet  thesaurarii ',  qui  et 
symoniace  archidiaconus  erat,  in  ecclesiam  proserpere  visus 
est  ignis.  Quae  cum  pro  praesentisgloria  solemnitatispalliis 
atque  tapetibus  nobilissime  foret  circumornata,  urgente 
igné  pauca  ex  palliis  furto  abrepta  potius  quam  focis  tacta 
creduntur  ;  tapetia  autem  aliqua,  quia  facile  funes  a  trocleis  ' 
demitti  a  paucis  non  poterant,  succubuere  caloribus  ;  tabulae 
altaris  aureae  et  sanctorum  feretra  erepta  cum  ipsa  pro- 
minenti  eorum,  quam  sicvocitant,  repa  ^  ;  caetera  in  gyroin- 
cendiisputo  correpta. .  .  quidam. ..  de  nobilioribusclericis. .  . 
ad  cathedra  m  episcopalem  currit,  superpositam  vitream 
capitalem  pede  impulsam  pertudit  sicque  desiliit.  Cruci- 
11  xi  Domini  imago  decentissime  obaurata  gemmisque  dis- 
tincta,  cum  vase  saphyretico  pro  pedibus  illius  imaginis 
appenso,in  terram  fusa  dilabitur. . .  Cum  igitur  cremaretur 
ecclesia  atque  palatium  .  .  . 

L.  III,  [c.  xii]  —  [1112]. —  Postquam  sopito  aliquan- 
tisper  turbine,  ecclesia  coepit  pedetentim  clericorum  res- 
taurari  studio.  Quoniam  igitur  paries  ille  quo  Gerardus  [inter- 
fectus  est]  '*,  propter  vim  incendii  debilitatior  videbatur,  arcus 
quosdam  inter  ipsum  parietem  médium,  qui  exustior  fuerat. 
et  exteriorem  aedem  immodicis  sumptibus  peregerunt. 
Gumque  quadam  nocte  fragor  ingens  increpuisset,  tonitrus 
impulsu  fulminis  ita  concussus  est,  ut  juncti  parieti  diri- 
merentur  arcus  et  paries  in  partem  redderetur  acclivis,  el 
necessario  jam  destrui  op(p)orteret  ab  imis... 

Interea,  secundumillumqualemcumque  morem,  adcorro- 
gandas  pecunias  coeperunt  feretra  et  sanctorum  reliquiae  ' 


1.  La  maison  du  trésorier  était  très  proche  de  l'église  :  «  juxla  ecclesiam 
erat  »  iibid). 

2.  Ainsi  des  poulies  servaient  à  faire  monter  et   descendre  les  tentures 
qui  décoraient  les   murs  de  l'éplise  cathédrale.  . 

3.  Couvercle  de  châsse  :  cf.  cihoriuin  (Du  Caille,  Gloss.,  t.  VII,  p.  705. 

4.  Le  nis.  D  du  de  Vita  sua  (éd.  Bourgin,  fait  ici  celte  addition. 

5.  Sur  les  longues  tournées  des  quêteurs  elles  dates  précises  de  leurs 


320  TEXTES    HELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1104-1130] 

circumferri,  unde  factum  est  ut  plus  ille  arbiter,  qui  quos 
Iiinc  corripit,  illinc  misericorditer  consolatur,  multa  qua 
ibant  miracula  exhiberet  ^.  Erat  autem  magnificum  philac- 
terium  quiddam  quod  ferebatur  cum  aliqua  cujuslibet  memo- 
riae  theca,  in  quo  de  camisia  Matris  Virginis  et  de  spongia 
ori  Salvatoris  illata  et  de  cruce  ipsivis  —  si  de  capillis  ejus- 
dem  Dominae  nostrae  nescio  — continetur  ;  est  autem  ex 
auro  et  lapidibus,  et  versus  auro  insculpti  mvsteria  interna 
Gantantes...  In  pagum  itaque  Turonicum  secunda  sua  pro- 
fectione  venientes...  In  Andegavensi  urbe...  alias...  In 
tertia  profectione,  apud  Nig-ellam  ~  eos  contigit  devenire 
castellum...  Exinde  transmarinas  petituri  partes,  cum  se 
huic  mediterraneo  Oceano  contulissent .  .  . 

L.  III,  [c.  xiii]  —  [1113].  —  Igitur  prospère  devecti  ad 
Anglos,  cum  ad  Wintoniensem  '  venissent  urbem,  plurima 
ibi  miracula  claruerunt.  Apud  Essecestriam  '  quoque  non 
disparia  contigerunt...  Lauduni  quoque,  postquam  a  corro- 
gando  redierant,  dictum  mihi  a  quodam  bonae  indolis  cle- 
rico  est,  cui  materiei  advehendae  officium  fuerat  delegatum 
ad  tecta  ecclesiae  reparanda,  quia  in  subeundo  monte  inter 
boves  "'  unus  lacessendo  defecerat  :  cumque  plurimum  cle- 


voyages,  voy.  éd.  Bourgin,  p.  186,  n.  2  ;(cf.  le  texte  des  Miracula  S.Mariae 
l.aiidunen/Us  du  moine  Hcrman  ;  publié  en  appendice  à  Guibeit  de  Nogent, 
pard'Acliery  et  Migne).  Constatons  que  pareil  moyen  fut  employé,  en  1105, 
pour  la  reconstruction  de  la  cathédrale  de  Senlis,  puis  dans  le  même 
siècle,  pour  celle  de  Lisieux,  et,  au  siècle  suivant,  par  les  chanoines  d'Au- 
lun  dans  l'intérêt  de  leur  église. 

1.  Si  l'usage  des  exhibitions  de  reliques  est  général  au  xW  siècle,  si 
c'est  là  un  moyen  sûr  de  se  procurer  des  ressources  pécuniaires,  il  n'eu 
est  pas  moins  vi'ai  que  Guibert  de  Nogent  est  hostile  à  ce  procédé.  Ses 
critiques  sont  développées  dans  le  traité  De  picjnoribus  ,  analysé  par 
A.  Lefranc,  op.  cit.,  p.  286-306.  Cf.  éd.  Bourgin,  p.  186. 

2.  «  Ily  a  beaucoup  de  Nesle  dans  le  N.-O.  de  la  France,  et  on  en 
(rouvc  un  même  dans  l'Aisne,  cant.  de  Château-Thierry.  »  (Note  de  l'éd. 
Bourgin,  p.  190.) 

3.  Winchester,  ch.-l.  du  comté  de  Ilampshire  (Angleterre). 

4.  Exeter,  ch.-l.  du  comté  de  Devon. 

5.  L'Album  de  Villard  de  Honnecourt  (pi.  LXVI  et  LXVIII,  dans 
l'éd.  Lassus  et  Darcel)  contient  deux  dessins  offrant  la  forme  de  l'étage 
octogone  des  louielles  de  la  cathédrale  de  Laon,  avec  la  représentation  (le 
bœufs  encore  placés  aujourd'hui  dans  les  cntre-colonnements  de  cet  étage. 
Ces  sculptures  seraient  un  souvenir  du  concours  prêté  soit  par  le  bœuf 
miraculeux,  soit  par  les  plus  modestes  auxiliaires  du  xii*  siècle.    Il  n'est 


[1114-1130]  DE    l'architecture    en    FRANCE  321 

ricus  aestuaret  bovem,  non  reperiens  quem  pro  eo  jugo  fati- 
gati  inferret,  ecce  repente  bos  ill[i]  cursim  se  obtulit  et  quasi 
ex  industria  operi  auxilium  laturus  advenit.  Qui  motu  ala- 
cri  cum  carrum  ad  ecclesiam  usque  cum  aliis  perduxisset, 
clericus  valde  sollicitus  erat  cuinam  bovem  illum  ig-notum 
redderet.  Qui  mox  ut  solutus  est,  non  ducem,  nec  qui  se 
minaret  expectavit,  sed    ocius    unde  venerat,  repedavit. 


Martyrol.  et    Nécrol.  de    Notre-Dame  de  Laon,  Bibliothèque   de  Laon, 
ms.  n"  341,  fol.  165,  r"  '. 

(Cf.  Gallia  christiana,  t.  IX,  col.  532.) 

[1114-1150.]  — ...  Addecorem  ecclesie-  fecit  [Bartholo- 
maeus  3,  Laudunensis  episcopusj,  pavimentum  in  choro 
et  cel[l]arium  et  campanarium. 

CXVIII 
1104-Hloet  1137. 

Dons  considérables  offerts  par  les    habitants  d^ Amiens,  à 
^occasion    des  prédications    de  Vévêque    Geoffroi,    pour 

pas  nécessaire,  pour  expliquer  cette  représentation,  de  recourir  à  la  tradi- 
tion locale  d'après  laquelle  les  bœufs  auraient  servi  à  monter  les  animaux 
jusqu'au  sommet  des  tours,  même  en  suivant  des  plans  inclinés  construits 
à  cet-eft'et  fCf.  E.  Mâle,  L'art  religieux  au  XIII"  s.  en  France,  élude  sur 
Viconographie  du  moy .  âge  et  sur  ses  sources  d'inspiration,  1898,  p.  77.) 
Voy.  sur  ces  sculptures.  Lambin,  La  cath.  de  Laon,  dans  la  Rev.  de  l'art 
chrél.  1901,  p.  41-45,  et  l'éd.  de  Bourgin,  p.  193,  n.  2. 

1.  Nous  devons  cette  indication  précise  à  l'obligeance  de  notre  confrère, 
M.  Soueiion,  archiviste  honoraire  de  l'Aisne. 

2.  La  cathédrale  de  Laon  a  été  reconstruite  dans  le  troisième  quart  du 
xii*  siècle  par  les  soins  de  Gautier  de  Mortagne  (1155-1174).  Après  avoir 
été  l'objet  d'un  Essai  historique  et  archéologique  de  J.  Marion  (1843).  elle 
a  été  assez  récemment  étudiée  par  A.  Bouxin.  La  cathédrale  \.-D.  de 
Laon,  2"  éd.,  1902  (pi.  et  fig.)  ;  voy.  aussi  E.  Lambin,  La  lathédrale  de 
Laon,  rec.  cit..  p.  36  et  s.,  et  Cloquet,  Les  grandes  cathédrales  du 
monde  catholique. 

3.  Sur  cet  évêque  de  Laon,  voy.  J.  Quicherat,  L'âge  de  la  cathédrale  de 
Laon,  dans  les  Mél.  d'archéol.,  du  même,  p.  172.  Il  s  appelait  Barthélémy 
de  Joux,  et  non  de  Vir,  suivant  la  rectification  faite  par  notre  confrère 
M.  Bobert  Anchel,  dans  sa  thèse  présentée  à  l'Ecole  des  Chartes  :  Bar- 
thélémy de  Joux  et  Vévéché  de  Laon,  1113-1150  [Positions  des  thèses, 
1904,  p.  1.) 

21 


322  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1 104-1 115J 

agrandir  et  embellir  V église  cathédrale.  — Destruction 
par  un  incendie  d'un  très  grand  nombre  de  maisons  de 
bois  et  de  maisons  de  pierre  à  Amiens. 


V(<a'  sancti  Godefrldi,  episcopi  Anibianensis,  auct.  Nicolao,  monacho  Sues- 
sionensi,  lib.  II,  cap.  26,  dans  Suiius.  De  probalis  sanctorum  hisloriis 
t.  VI  (1581),  p.  2J1  et  222. 

(Cf.  G.  Durand,  Monographie  de  Véglise  Noire-Dame,  cathédrale  d'A- 
miens, 1. 1,  1901,  p.  18,  n.  8,  p.   11,  n.  1.) 


[1104-1115.] —  Gum  autem  quodam  die  beatus  Gode- 
fridus-  pro  more  ad  populum  concionaretur,  oculos  interius 
vertens  ad  beati  hujus  martyris  [Firmini]  sacras  reliqiiias  — 
hactenus  enim  humili  continebatur  loculo,  —  ita  exclama- 

vit:  «  Cernite,  lîlioli et  vos  igitur  angustiam  loculi  qui 

beati  Firmini  "^  episcopi,  martyris  atque  patroni  nostri,  ossa 
retinet,  contemplantes,  ut  possit  congruum  ei  praeparari 
receptaculum,  aurum  promptis  animis  conferte.  »  His  beati 
viri  sermonibus  omnes  eg-regie  incensi,  aurum,  ar^entum, 
armillas,  annulos  aiïerunt,  plurique  vasta  terrarum  et 
marium  spatia  emetiunturut  quaeornare  martyris basilicam 
possint  comparent.  Postquam  loculus  accurate  confectus 
fuit,  ad  eum  diem  quo  erant  transferendae  reliquiae,  lantus 
eo  advenit  hominum  coetus,  ut  tota  Europa  confl[u]xisse 
videri  posset  ;  tum  episcopus  Godefridus  cum  aliis  saoer- 
dotibus  accessit  ad  locum  ubi  caelestis  ille  servabatur  thé- 
saurus, sacrasque  reliquiae  cum  multo  tremore  omnibus 
visendos  exposuit. 


1.  C'est  en  1139  que  cet  ouvrage  a  été  dédié  au  doyen  de  Soissous  par 
Nicolas,  moine  de  Saint-Crépin,  familier  de  Geofl'roi.  Voy.  A.  Molinier, 
Sources  de  l'hisl.  de  /•>.,  t.  II,  p.  11. 

2.  Onignorc  l'année  exacte  de  Icpiscopat  de  Geoffroi  (llOi-1115)  où  ces 
faits  se  produisirent. 

3.  Nicolas  de  Soissons  ne  désigne  pas  autrement  la  cathédrale  d'Amiens 
que  par  les  mots  «  ecclesia  »  ou  «  hasilica  Sancti  Firmini  » .  Mais  celui  de 
"  Beala  »  ou  «  Sancla  Maria  »  seul  était  beaucoup  plus  fréquent,  et  c'est 
celui  qui  semble  l'emporter  pendant  le  xii»  siècle.  Sur  les  vocables  de  la 
cathédrale  d'Amiens,  voy.  les  textes  réunis  par  G.  Durand,  on.  cit., 
p.  8-10.  . 


[1137]  DE    l'architecture    en    FRANCE  323 

Pridie  ^  ejus  diei  quo  beati  apostoli  Bartholomaei  solen- 
nes  ferias  celebraturi  erant,  nubes  densissima  totam  obse- 
dit  urbem,  lucem  omnem  in  noclis  tenebras  commutans, 
moxque  inde  erumpens  ignis,  immenses  frug'um  acervos 
passimin  agriscorripuit...  tlanteque  vento  vehementissimo, 
in    oppidum  evasit   et    lapideas  haud  secus   atque  ligneas 

depascens  aedes Omnia   igitur    terribili    illo    incendio^ 

depopulante,  nihil  relictum  est  praeter  aedem  beati  Firmini 
martjris  et  domum  Godefridi  episcopi  et  pauperum  quo- 
rumdam  casas. 


Breviarium  Amhianense  velus  (xiii's.),  Bibl.  d'Amiens,  ms.  112,  fol.  290. 
(Cf.  (i.  Durand,  Mono(fraphie  de  l  église  Notre-Dame,  cathédrale  d'A- 
miens, t.  I,  1901,  p.  11,  li.  1.) 

[1137.]  —  Igitur  anno  ab  Incarnatione  Domini  M"  G" 
tricesimo  septimo,  die  videlicet  quo  beati  Stephani  protho- 
martiris  célébra tur  Inventio  ^,  adversarius'noster  Jdiabolus 
a  Domino  te[n]tationis  potestatem  accepit  et  ex  parte  a[d| 
maliciae  suae  vota  pervenit.  Quaedam  enim  de  exterioribus 
nostris  igné  consumpsit,  sed  interiora  nostra,  divina  pro- 

hibente  gratia,    non  attigit In   hac    itaque    dyabolica 

tempestate  clerus  et  populus  vehementer  afflicti,  dam(p)no 
temporalium  graviter  laesi,  sapienti  sunt  usi  consilio,  vide- 
licet ut  beati  Firmini  corpus  infra  ambitum  suae  potestatis, 

ad  restaurationem  ecclesiae  sue  honorifice  portaretur ibi 

videlicet  in  foro  vel  in  ecclesia  precioso  martiri  preciosa 
munera  olYerunt  :  aurea  monilia,  vasa  argentea,  lapides  pre- 
ciosi,  nummorum  et  an[n]ulorum  copia  magna  datur,  et  ea 
quibus  festivis  diebus  utebantur  vestimenta^. 

1.  Ed.  et  lom     cit..  p.  222. 

2.  D'après  un  ancien  martyrologe,  la  cathédrale  avait  été  déjà  détruite 
par  un  'incendie  le  18  des  calendes  de  mai,  autrement  dit  le  11  avril  1019. 
(G.  Durand,  op.  cit.  t.  I,  p.  10,  n.  7.) 

.3.  Le  Jour  de  l'Invention  Saint-Etienne  est  le  3  août. 

l.  C'est  probablement  pour  payer  les  travaux  nécessités  par  le  nouvel 
incendie  que  la  trésorerie  de  l'cf^lise  cathédrale  fut  réunie  à  l'évcché.  L'é- 
difice ainsi  reconstruit  fut  consacré  solennellement  en  1152,  par  Samson. 
archevê<iue  de  Reims.  On  ne  sait  d'ailleurs  presque  rien  sur  cette  éji^lise 
qui  précéda  immédiatement  la  cathédrale  actuelle.  (  Voy.  encore  G.  Durand, 
op.  cit., p.  12.^ 


324  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [llOi-1187] 

GXIX 
1104-1187. 


Travaux  d^ architecture  religieuse^  militaire  et  autres,  exécu- 
tés par  les  soins  des  abbés  de  Marmoutier,  près  de  Tours. 
—  Construction  au  Mans  d^une  dépendance  considérable 
dudit  monastère  ainsi  que  d^une  chapelle. 

Chronicon  ahbatam  Majores  monasterii^  publ.  par  Salmon  dans  le  Recueil 
des  chroniques  de  Touraine  \  1854,  p.  319-324. 

[1104-1124.]  —  Octavus^  abbas  Guillelmus...  offîcinas 
Majoris  monasterii^  aut  omnino  construxit  aut  in  melius 
permutavit.  Totum  etiam  coenobium  istud  mûris  circum- 
circa  niunivit^... 

[1137-1135.]  —  Decimus  abbas  Garnerius...  cellarariam 
coquinam'\  dormitorium,  mediam  quoque  partem  claustri 

1 .  Sur  ces  chroniques,  voy.  Mabille,  dansla  Bibl.  de  VÉcole  des  Charles, 
t.  XXX,  p.  149  et  s.  ;  cf.  Martène,  Hist.  de  Vahhaye  de  Marmoulier,  pub!.' 
par  l'abbé  C.  Chevalier  {Mém.  Soc.  arch.  de  Touraine,  t.  XXV  (1875). 

2.  L'ordre  de  succession  des  abbés  de  Marmoulier  diffère  dans  Martène, 
{op.  cil.).  Guillaume  de  Gombourg  y  est  designé  comme  étant  le  12"  abbé 
(Martène,  p.  1-49). 

3.  Aujourd'hui  comm.  de  Sainte- Radegonde,  cant.  et  arr.  Tours. 

4.  Nous  avons  déjà  rencontré  plusieurs  fois  la  mention  des  clôtures  for- 
tifiées des  monastères.  Voy.  pour  celle  de  Marmoutier,  linll.  Soc.  archéo- 
logique de  Touraine,  t.  XI,  1898,  p.  181.  Gomme  exemple  de  cloître  avec 
enceinte  de  fossés,  au  xi"  siècle,  on  peut  citer  celui  des  chanoines  de  l'église 
de  Levroux,  en  Berry,  qu'Eude,  seigneur  de  Déols,fitentourer  de  fossésaprès 
1012  :  «  Et  quia  eos  ampliludinem  qua  claustra,  claustrorum  offîcinas  seu 
alias  domos  construere  possinl  habere  dignum  erat,  ipsius  burgi  partem 
ecclesie  propiorem  fossa  circumdare  feci. . .  »  {Carlul.  ms.  de  Levroux,  aux 
Archives  de  l'Indre,  cité  par  Raynal,  Hisloire  du  Berry,  t.  1,  p.  429.  Cf. 
Flach,  Or  iyines  de  Varie.  France,  i.  II,  p.  240.) 

5.  Au  sujet  du  vieil  édifice  de  la  cuisine  de  cette  abbaye,  Caumont 
s'exprime  ainsi  daiis  son  Abécéd.  d'archéol.,  arch.  civ.  et  mil.,  3°  éd.,  1869, 
p.  66  :  «  C'est  une  espèce  de  tour  qui  paraît  totalement  construite  en  pierre, 
et  dont  le  toit  porte  une  assez  grande  quantité  de  cheminées  cylindriques. 
On  en  ignore  la  date  exacte,  mais  le  plan  des  constructions  de  ce  genre  a 
dû  se  maintenir  sans  grandes  modifications  »  (cf.  les  fig.  reproduisant  des 
cuisines  de  monastères  de  la  région  de  l'Ouest). 


[1104-1187]  DE   l'architecture    en    FRANCE  325 

infirmorum  fecit...  Gum  vero  domum  infîrmorum  renovare 
decrevisset. . .  ad  caelestia  régna  migra  vit. . .  Hujus  in  tempore 
fecit  dominus  Bermondus,  in  tempore  illo  magister  prior 
ecclesiae  hujus,  capellam  infîrmorum,  cui  non  est  similis 
in  universo  mundo. 

[1155-1163.]  —  Undecimus  abbas,  Robertus  Brito  de 
Maegueri,  perfecit  coquinam  et  claustrum  infirmorum  quod 
antecessor  suus  inc[e]perat... 

[1165-1176.]  —  Duodecimus  abbas  fuit  Robertus  Blesen- 
sis...  fecit  thalamum  et  capellam  abbatis,  cui  in  universo 
orbe  prae  pulchritudine  et  claritate  similis,  ut  arbitror,  non 
reperitur...  Tempore  hujus  abbatis,  Robertus  de  Bona  valle, 
magister  prior,  thalamum  pulchrum  quoddam  inter  dormi- 
torium  et  domum  infîrmorum  coepit  aedifîcare,  sed  tamen 
in  vita  sua  non  potuit  consummare.,.  cujus  corpus  inter 
praedictum  thalamum  et  armarium  humatum  fuit. 

[1177-1187.]  —  Quartus  decimus  abbas  Herveus  de  Villa 
Piscor  1  fuit...  Gum  in  cella  novitiorum-  episcopi,  aliiprae- 
lati,  abbates  et  nobiles  viri  hospitio  recepti,  conventum 
omninp  inquietarent,  ita  ut  aliquis  monachus  ire  vel  redire 
ad  lavatorium^  absque  obviatione  servientium  vix  posset, 
ubi  magni  cordis  Herveus  ad  tumultum  illum  tranquillan- 
dum,  pro  bono  et  quiète  conventus,  intra  triennium  ordina- 
tionis  suae,  aulam  novam  speciosissimam  ante  ecclesiam 
.  cumgranariis^  subtus,  multae  valentiae  et  sumptibus  XXIII 
millium  solidorum  disposuit.  Ad  haec,  turrem   quamdam 

1.  Hervé  de  Villepreux.  «  Les  deux  mss.  portent  Villa  Piscor  ;  peut- 
être  faut-il  lire  Villa  Pirornm'l  C'était  un  prieuré  de  Noirmoutier,  men- 
tionné dans  une  charte  du  XI*  siècle  et  dans  plusieurs  autres  titres.  «(Note 
de  Salmon). 

2.  «  Le  noviciat  était  dans  l'enceinte,  parfois  hors  des  bâtiments  claus- 
traux, mais  à  l'opposé  de  l'entrée,  afin  de  jouir  du  calme  absolu.  »  (Enlart, 
Man.  d'archéol.  fr.,  t.  II,  p.  19. 

3.  Voy.  supra,  p.  91,  n.  1,  et  p.  121,  n.  6. 

A.  Ce  passage  justifie  ainsi  l'assertion  d'A.  de  Caumont,  op.  cit.,  p.  63  : 
«  Quelquefois  le  même  bâtiment  a  reçu  deux  destinations  et  renferme, 
d'un  côté,  les  logements  des  hôtes,  de  l'autre  des  magasins.  »  Seulement 
ici  ces  locaux  sont  superposés  l'un  à  l'autre. 


326       TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire       [Vers  1105  et  1170] 

nefandissimam,  a  quodam  nobili  viro  Guidone  de  Gallanda, 
in  atrio  ecclesiae  Gellebriensis  i,  extumulatis  ossibus  mor- 
tuorum  firmatam,...  tandem  pace  facta,  datis  quingentis 
libris  Proveniensibus  praefato  militi  et  quatuordecim  scy- 
phis  argenteis  decano  et  capicerio  Aurelianensi,  fra tribus 
ejus,  radicitus  destrui  et  dirui  fecit,  toto  apparatu  in  ligno 
et  lapide,  prioratu  jam  dicto  rémanente...  Nobis  in  urbe 
Genomanensi  donium  non  habentibus,  felicis  memoriae 
Guilelmus,  episcopus  Genomanensis...  vineas  suas  proprias, 
quas  de  manu  laicali  abstraxerat...  nobis  dédit  :  in  quo 
loco  idem  pontifex  cap(p)ellam  de  proprio  construi  fecit... 
Idem  vero  abbas  domum  nobilissimam  ibidem  aedificavit 
sumptuosis  expensis  fere  triginta  millium  solidorum... 


GXX 

Vers    llOo  et   vers    1170. 

Consécration  du  maître-autel  de  l'église  cathédrale  de 
Mende,  dans  le  Gévaudan,  nouvellement  reconstruite  sous 
Vépiscopat  d^Aldebert  II.  —  Découverte  et  description  des 
trois  cryptes  de  saint  Privât;  opération  des  fouilles. — 
—  Grotte,  avec  un  ancien  autel,  ayant  servi  de  retraite 
audit  saint. 

Archives  départ,  de  la  Lozère,  sér.  G,  1446.  Aldebert.  Premier  traité  sur 
f invention  du  corps  de  saint  Privât'^  pp.  20-21  et  32.  Deuxième  traité, 
p.  53-54.  Quatrième  traité,  p.  67-68.   Cinquième  traité,  p.    77.   Extraits 

gubl.  par  M.  Lcopoid  Delislc  [d'après  une  communication  de   M.  l'abbé 
aldit),  dans  la  Revue  des  Sociétés  savantes,  2"  sér.,  t.  VIII  (1862),  p.  54, 
n.  3,  p.  55,  n.  5,p.56,  n.  letn.2,p.  58,  n.  4  et  n.  5,  p.  59,  n.  letn.3,  p.  60,  u.  4. 
(Cf.  l'abbé  Fourcher,  Manuscrit  ou  livre  de  saint  Privât  par  Aldebert^ 

1  .  Celle-cn-Brie,  prieuré  de  Marmoutier,  au  diocèse  de  Meaux,  aujour- 
d'hui comni.  du  cant.  et  arrond.  de  Goulommiers,  Seine-et-Marne. 

2.  Sur  le  très  curieux  livre  des  Miracles  de  saint  Privât,  si  intéressant 
pour  l'histoire  reliî,'ieuse  du  Gévaudan,  voy.  les  judicieuses   observations 

icM.  Léopold  Delislc,  dans  le  recueil  et  le  tome  cités,  p.  50-67,  et  tout 
i-écemmcnt  dans  le  Journaldes  Savants,  an.  1908,  p.  505-512.  — Cf.  A.  Moli- 
nier.  Sources  de  l'Iiist.  de  France,  t.  II,  p.  130. 

3.  Aldebert  III  occupa  le  siège  épiscopal  de  Mende  de  1151  à  1187.  L'in- 
vention des  reliques  de  saint  Privât  eut  lieu  en  1169  ou  1170,  comme  l'a 
démontré  M.  L.  Delisle  {Rev.  des  Soc.  sav.,  2'  sér.,  t.  cit.,  p.  57] . 


[Vers  1105  et  1170]     de  l'arciiitecturl  en  frange  327 

le    Vénérable,   1898,   p.    101   et  suiv.  —  Ch.  Porée,  Notice  sur  la  cathé- 
drale de  Mende,  extr.  du  Bull. archéologique  du  Comité,  1903,  p.  6,  n.  1.) 


[Vers  1103]...  —  Quam  [maxillam]  ',  videlicet  per  manus 
virorum  venerabilium  Gibelini  Arelatensis  et  Pétri  Aqueii- 
sis,  necnon  et  Alberti  Tripolitaniarchiepiscoporum,  presen- 
tibusetiamPoncio  Aniciensi,  Raymondo  Massiliensi  et  Alde- 
berto^  Gavalitano  episcopis,  in  majori  altari  ecclesie  ^ 
Mimatensis,  quod  consecratum  est  in  honore  beati  Juliani 
martyris,  repositam  fuisse  audierant... 

[Vers  1170]... —  Inventa^  est  cripta  quedam  structura 
mirabili,  lapidibus  magnis  et  quadratis.  Invenerunt  et  in 
ipsa  cripta  vas  in  modum  sepulcri  plumbeum,  super  colu- 
m(p)nas  lapideas  venerabiliter  collocatum,  et  in  ipso  vase 
ossa  corporis  beati  Privati. 

...Habebat  ■'•  autem  ipsa  cripta  undecim  pedum  spaciuni 
in  longitiidine,  in  altitudine  decem,  novem  in  latitudine*^... 
Ab  oriente  vero  ostiolum  in  altiori  prope  summitatem 
crypte,  per  quod  non  nisi  flexis  g-enibus  et  capite  inclinato 

1.  Premier  traité  d'Aldebert,  p.  22.  —  Il  s'agit  ici  des  reliques  de  saint 
Privât,  dont  la  mâchoire  avait  été  placée  sous  le  grand  autel. 

2.  Aldcbert  II  fut  évoque  de  Mende  de  1098  à  1109. 

3.  «  C'était  une  église  où  la  nef  était  peut-être  flanquée  de  collatéraux, 
mais  qui  était  dépourvue  de  déambulatoire.  Elle  remplaçait  une  église 
plus  petite,  dont  le  chœur,  marqué  par  une  petite  crypte  encore  existante, 
couvrait  en  partie  l'ouest  de  la  nef  actuelle,  entre  les  deuxième  et  troi- 
sième piliers.  »  (Ch.  Porée,  op.  cit.,  p.  P.)  Non  loin  de  là  était  remplace- 
ment de  la  petite  église  de  Sainte-Thècle  :  «  Erat  infra  ambitum  domus 
nostre,  dit  Aldebert  III,  locus quidam  in  quo  fucrat  olim  ecclesia  in  honore 
beale  Thecle  constructa  ».  Couverte  encore  en  bardeaux  (tegnlae  ligneae) 
à  la  fin  du  x°  siècle,  et  tombant  en  ruine,  elle  fut  rebâtie  par  les  soins 
dudit  Aldebert.  Tout  près  aussi  —  détail  intéressant,  —  il  y  avait  deux 
cimetières  :  dans  l'un,  dit  le  grand  cimetière,  il  ne  se  trouvait  pas  moins 
de  trois  chapelles,  à  savoir:  celle  de  saint  Jean-Baptiste  «  capella  B. 
Johann is  Baptiste  incimiterio  magno  ecclesie  Mimatensis  »,  celle  de  Saint- 
Léonard"  capella  B.  Leonardi  sita  in  cimiterio  magno  »,  et  enfin  celle  de 
Sainte-Lucie,  construite  sur  la  crypte  dans  laquelle  on  découvrit  les 
reliques  de  saint  Privât,  «  capella  B.  Privati  criple  cimeterii  magni 
subtus  capellam  B.  Lucie  »  .  (Ch.  Porée,  op.  cit.,  d'après  des  textes  tirés  des 
Archives  de  la  Lozère,  p.  7,  n.  2,  sér.  G  1083.) 

4.  Premier  traité,  p.  20;  cf.  p.  31. 

5.  Même  traité,  p.  32. 

6.  Bien  rares  sont  dans  les  textes  du  moyen  âge  les  mentions  relatives 
aux  dimensions  des  cryptes  ainsi  que  les  détails  semblables  à  ceux  qui 
nous  ont  été  transmis  par  les  traités  d'Aldebert. 


328        TEXTES  RELATIFS  A  L  HISTOIRE     [Vers  1105  et  1170] 

quis  posset  intrare.,.  Invenimus  etiam  in  pavimento  frag- 
menta capsule  enee,  que  sanctorum  innocentium  corpora 
continuel at...  ;  illa  esse  sanctorum  corpora  parvulorum 
ipsa  ossium  ^  parvitas  indicabat.  Que  quidem  capsula  enea, 
quantum  datur  intelligi,  a  summo  cripte  aliquo  vinculo 
dependere  solebat  :  quod  testatur  foramen  adhuc  in  summi- 
tate  cripte  notabile,  necnon  et  annulus  eneus  ipsi  capsule 
insertus  cui  vinculum  illud  quo  capsula  dependebat  fuisse 
immissum  [videtur],  quo  postea  nimia  vetustate  attrito 
ruptoque,  capsula  cecidisset... 

...Post  ^  criptam  illam  in  qua  corpus  beati  Privati quies- 

cebat,...  aliamque  a  sinistris  illi  contiguam, inventa  est 

cripta  tercia,  structura  prioribus  et  ipsa  similis  prime  cripte, 
non  a  latere  ut  secunda,  sed  coram  illa  occidentem  versus, 

inducto  aliquo  spacio  ab  utraque  divisa ,  habens  introi- 

tum  non  in  imo,  sed  prope  summum  sicut  prior,  pavimento 
non  per  totum  piano,  ut  in  aliis,  sed  in  très  partes,  immo 
tribus  pedibus  altitudinis  mediante  ^  destructo,  in  quorum 
unius  angulo  inventa  sunt  ossa  quedam  adusta  diligentis- 
sime,  in  tumulis  non  collocata,  que  martirum  esse  sancto- 
rum ipsa  quo  passi  sunt  incendii  signa  déclarant,  tota  nihi- 
lominus  trium  parcium  vastitate  congestis  sanctorum  reli- 
quiis  usque  ad  summa  plena. 

Illam  '*  [terciam]  criptam  in  eodem  loco  reparare  non 
curavimus,  quod  impedimento  foret  edificande  ibi  ecclesie, 
cujus  corpus  occidentem  versus  habebat  extendi,  sed  pro 
ea  construximus  aliam  a  dextris  cripte  prime,  e  regione  ^ 
cripte  secunde  que  inventa  fuerat  a  sinistris  *',  ut  hac  com- 

1.  Avec  les  ossements  se  trouvait  une  petite  ampoule  de  verre  dont  le 
contenu  ne  put  être  déterminé.  «  C'était  sans  doute,  observe  M.  Léopold 
Delisle  (op.  cit.,  p.  55),  une  de  ces  fioles  remplies  de  sang  dont  M.  tdm. 
Le  Blant  a  si  bien  démontré  le  Coractère.  « 

2.  Quatrième  traité,  p.  67.    • 

3.  Cette  crypte  ofl'rait  donc  cette  particularité  digne  d'être  notée,  que 
l'aire  en  était  partagée  en  tiois  compartiments,  séparés  chacun  par  une 
cloison  de  trois  pieds  de  haut. 

4.  Même  traite,  p.  68. 

5.  Gest-à-dire,  en  droite  ligne,  en  face. 

6.  Ainsi  les  circonstances  amenèrent  Aldebert  III  à  modifier  son  premier 
plan.  L'église  qu'il  se  décida  à  édifier  dut  renfermer  les  deux  premières 
cryptes,  l'une  formant  le  chevet  du  monument,  l'qutre,  le  bras  gauche  de 


[Vers  1105  et  1170]     de  l'architecture  en  frange         329 

positione  melius  representaretur  consueta  forma  ecclesie, 
dum  cripta  illa  prima,  velut  caput ecclesie,  occidentem  ver- 
sus extenditur,  inde  duabus  aliis  criptis  altrinsecus  consti- 
tutis  in  modum  crucis  ^  ecclesia  ipsa  dilatatur,  et  reliquum 
corpus  ejus  occidentem  versus,  ut  et  in  aliis  ecclesiis  fîeri 
solet,  in  longum  porrigitur, . . 

In  2  eodem  loco  solam  invenimus  laminam  '■^  plumbeam, 
quam  '  ea,  ut  credimus,  industria  reliquerant  ut  sub  ea 
latere  martiris  corpus  possent  opinari,  si  qui  forte  aliquo 
casu  invenirent.  Geterum  in  angulo  ejusdem  cripte,  rétro 
altare,  quo  nuUi  accessus  esset,  sub  pavimento  non  imo, 
sed  prope  summum  invenimus  vas  in  modum  utris  ^  plum- 
beum,  alio  quodam  vase  et  ipso  eque  plumbeo  contentum, 
atque  intus  in  vase  ossa  quedam  adusta,  panno  serico 
involuta... 

...Erat'^  altare,  ut  videbatur,  antiquissimum  in  cavea  ^ 
beati  martyris,  cujus  ara  quia  loco  suo  mota  fuerat,  totum 
dirui  jussimus,  quatinus  ibi  altare  amplius  et  aptius  fieret 
ac  denuo  consecraretur,  vocatisque  opcrariis  mandatum 
dedimus  ut  diligenter  inquirerent  si  forte  in  altari  alique 
sanctorum  reliquie  invenirentur.  Qui  non  solum  in  altari, 
sed  et  circumjecta  "  sollicite  omnia  discerpentes,  invenerunt 
in  angulo  dextro  ultra  altare,  in  nativo  saxo,  cum  ingenti 
cautela  repositam,  lunulam  ^  ferream,  quales  soient  esse  in 
frenis  equorum,  et  catellam  ^  similiter  ferream,  que  et  ipsa 

la  croix.  La  troisième  crypte  ne  pouvant  être  conservée,  fut  remplacée 
par  une  construction  du  même  genre  dans  le  bras  droit  de  la  croix. 

1.  Sur  le  symbolisme  religieux  et  l'orientation  des  églises,  voy.  supra, 
nos  observations  accompagnées  d'extraits  de  textes,  p.  159,  n.  3. 

2.  Cinquième  traité,  p.  77. 

3.  Cette  lame  de  plomb  avait  dû  être  enfouie  là  pour  faire  croire  à  la 
présence  d'un  dépôt  de  reliques  et  pour  donner  le  change  aux  indiscrets 
qui  auraient  voulu  chercher  le  corps  de  saint  Privât  (cf.  L.  Delisle,  ouvr. 
et  tom.  cit.,  p.  59). 

4.  C'est-à-dire  en  forme  d'outre. 

5.  Deuxième  traité,  p.  53-54. 

6.  C'était  là,  sans  doute,  observe  M.  Léopold  Delisle,  la  caverne  dont  il 
est  question  dans  l'histoire  de  Grégoire  de  Tours  (I,  xxxii  ;  Bouquet,  II, 
148)  :  «  Irruentibus  autem  Alamannis  in  Gallias,  sanctus  Priyalus,  Gaba- 
litanac  urbis  episcopus,  in  crypta  Memmatensis  montis,  ubi  jejuniis  ora- 
tionibusque  vacabat,  reperitur.  » 

7.  Circum  circa,  d'après  L.  Delisle,  ouvr.  et  tom.  cit.,  p.  60,   n.  4. 

8.  C'est-à-dire  un  croissant  de  fer. 

9.  Catenula  d'après  L.  Delisle,  ibid.  Chaînette  de  fer,  semblable  au* 
chaînettes  des  freins. 


330  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1106] 

freni  esse  videbatur,  habentem  cruciculas  '  quasdam  per 
loca  litteris  insculptas,  argento  ipsi  sculpture  satis  studiose 
inserto,  ut  quasi  argentée  littere  ille  viderentur,  quas  qui- 
dem  sicut  litteras  esse  cog-novimus,  ita  eas  légère  non 
potuimus,  tanta  erat  ipsum  ferrum  rubiginis  edacitâte  cor- 
rosum.  Hanc  unam  ibi  quivimus  integram  colligere  dictio- 
nem  :  annis,  quod  ablativo  casu  dicitur  ab  eo  quo[t]  sunt 
anni,  tanquam  videlicet,  si  vellet,  nobis  quidam  vir  tempus 
aliquod  designare,  sicut  verbi  gratia  dici  solet  :  Tôt  annis 
post  Urbem  conditam  vel  post  Domini  passionem  illiid  vel 
illud  factum  est  ~... 


CXXI 
1106,  31  mars. 

Accord  réglant  un  différend  entre  Jarenton,  abbé  de  Saint- 
Bénigne  de  Dijon,  et  Véglise  cathédrale  de  Besançon,  au 
sujet  d^une  chapelle  à  construire  et  d'un  cimetière  à  faire 
sur  les  terres  dudit  monastère  ;  fixation  des  dimensions  à 
donner  à  cette  chapelle  ainsi  qu'audit  cimetière. 

Recueil  de  plusieurs  pièces  curieuses  servant  à  Vhisloire  de  Bourgogne^ 
par  E.  Pérard  (1664),  p.  209. 

(Cf.  Migne,  Pair,  lat.,  t.  CLVII,  col.  526-527.) 

Hugo  3,  Dei  gratia,  Lugdunensis  archiepiscopus,  sanctae 
apostolicae  sedis  legatus,  omnibus  fîdelibus  notumesse  volu- 
mus  quod,  tempore  domni  Paschalis  II  papae  et  praecepto 
ipsius,  Bisuntinos clericos  et  abbatem*  Divionensem  Jaren- 

1.  Croisettes  accompagnant  la  chaînette  de  fer. 

2.  Ce  très  curieux  passage  aurait  pu  être  rappelé  par  J.  Quicherat,  dans 
son  Introduction  à  son  Cours  d'archéologie  (voy.  Mél.  darchéol.  et  d'his- 
toire du  même,  éd.  R.  de  Lasteyric,  p.  351),  à  propos  des  jugements  que 
des  gens  instruits  du  moyen  âge.  ont  portés,  par  exception,  en  matière 
4'antiquités,  comme  le  (it  Guibert  de  Nogent,  lorsque,  pendant  la  recons- 
truction de  son  monastère,  il  suivit  avec  curiosité  les  travaux  des  fouilles. 
(Voy.  supra,  n"  CXVII,  p.  318,  le  texte  que  nous  publions  à  ce  sujet.) 

3.  Ilugue  de  Boui-gogne,  archevêque  de  Lyon  (vers  1083-1106). 
.    i.  Sur  cetabbé,  voy.  .supra  le  texte  de  1077-1113. 


[H06-H35]       DE  l'architecture  en  frange  331 

tonem,  ad  d[ef]imendam  controversiam  quae  inter  eos  erat 
de  ecclesia  SanctàeMariae  Salinensi^,  Lugdunum  convenire 
fecimus.  Quorum  actionibus  et  responsis  auditis,  visum  est 
nobis,  et  qui  nobiscum  erant  venerabilibus  episcopis,  Hug-oni^ 
scilicet  Gratianopolitano,  Irmioni^  Diensi,  et  Roberto  ^  Lin- 
gonensi,  ut  amicabili  pacto  potius  quam  judiciali  sentencia 
eorum  litem  finiremus.  Gonvenit  igitur  inter  eos  ut...  cle- 
rici...  Divionensibus  monachis  concédèrent,  quatinus  in 
terra  Divionensis  Ecclesiae,  in  aliquo  convenienti  loco,  capel- 
lam  septem  statu [r] arum  ^  in  longitudine,  excepta  absida'* 
ad  unum  tantum  altare  compétente,  et  quatuor  in  latitu- 
dine  in  Salinis  aedifîcare  liceat.  Cimiterium  autem  ex  omni 
parte  circa  ipsam  capellam  septem  statu[r]arum  similiter,  ad 
sepeliendum  tantum  monachos,  alias  \  ero  personas  ibi  non 
sepeliant...  Actum  Lugduni  publiée,  anno  Incarnationis 
Dominicae,  pridie  kal.  aprilis,  sabbato  in  albis". 


CXXII 
1106-1135. 

Travaux  d  architecture  accomplis  par  les  soins  de  Henri  /*"" 
Beauclerc^  duc  de  Normandie,  roi  d'Angleterre,  au  palais 
ducal  de  Rouen,  au  château  de  cette  ville  et  à  celui  de  Caen„ 


1.  Notre-Dame  de  Salins  (Jura). 

2.  Huj^ue  de  Ghâteauneuf,  évêque  de  Grenoble  (1080-1132). 

3.  Ismidon  de  Sassenag^e,  évêque  de  Die  (vers  1095-1115). 

4.  Robert,  évêque  de  Langres  (vers  1085-1110). 

5.  Et  non  slaluarum,  PérardetMignc.  —  Sur  le  ternie  .s<a<«ra  qui  montre 
ainsi  à  l'époque  romane,  dans  cette  région  de  l'Est,  la  persistance  de  procédés 
de  mesure,  dérivés  de  l'antiquité  et  s'appliquant  à  la  construction  d'édifices, 
voy.  supra,  le  texte  des  Coutumes  de  Cluny,  p.  13i  et  p.  179,  n.  3.  Dans  ce 
dernier  passage,  comme  dans  celui  qui  nous  occupe,  il  s'agit  de  la  hauteur 
du  corps  humain,  prise  de  la  plante  des  pieds  au  sommet  de  la  tête,  et  non 
dans  la  plus  grande  extension  des  bras  et  des  mains  levées  en  haut, 
comme  c  est  le  cas  dans  Icsdites  coutumes.  Voy.  aussi  dans  le  Bull,  monum. 
de  1907,  t.  LXXI,  notre  étude  sur  un  Formulaire  du  VIII"  siècle  .pour  les 
fondations  d'édifices  et  de  ponts,  d'après  des  sources  d'origine  antique, 
notamment,  p.  23  du  tir.  à  part,  1908  (avec  additions). 

6.  Et  non  ohsidia,  Migne. 

7.  En  1106  (v.  st.),  Pâques  tombait  le  25  mars;  le  dimanche  In  alhis 
correspond  à  la  Quasimoao,  c'est-à-dire  cette  année- là  au  1""^  avril. 


332  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1106-1135] 

aux  châteaux-forts   de  la  Normandie,  du  Vexin    et   du 
Maine . 

Chronique  de  Robert  de  Torigni,  abbé  du  Mont-Saint-Michel,  éd.  L.  Delisle, 
1872,  p.  164-165. 

(Cf.  éd.  Howlett,  1889.    p.  106  et  s.,  dans  Rerum  hritann.    med.  aevi 
scriptores,  n"  82.) 

Henricus  rex  circa  turrem  Rothomagi,  quam  aedifîcavit 
primus  Ricardus  *  dux  Normannorum  in  palatium  sibi, 
murum  altum  etlatum  cumpropugnaculisaedifîcat,  et  aedi- 
ficia  ad  mansionem  regiam  congrua  infra  eundem  murum 
parât.  Ipsi  vero  turri  propugnacula  quae  deerant  addit. 
In  qua  turre  fenestra  est  quae  vocatur  «  Conani  ^  Saltusn, 
quia  ex  ea  idem  Henricus  fecerat  praecipitari  quendam 
traditorem  Rothomagensis  urbis  praedivitem,  nomine  Gona- 
num,  qui  ipsam  urbem  volebat  tradere  hominibus  Wil- 
lermi  3,  régis  Anglorum  ;  sed  praeventus  est  a  fîdelibus 
Roberti^*  ducis.  .  .  Turrim  nichilominus  excelsam  fecit  in 
castello  Gadomensi  et  murum  ipsius  castelli,  quem  pater 
suus  fecerat,  in  altum  crevit.  Murum  vero  circa  burgum, 
ita  ut  a  Willermo  rege,  pâtre  suo,  factus  fuerat,  intactum 
reliquit.    Item   castellum  quod  vocatur  Archas  ^  turre  et 

1.  Ainsi  les  constructions  de  Henri  I"  Beauclerc  (1100-1135)  continuaient 
celles  de  Richard  I",  duc  de  Normandie  (943-996).  Cf.  sur  les  fortifications 
de  Rouen  les  vers  suivants  de  Wace  ; 

«  La  cité  esteit  close  de  mur  et  de  fossé... 
As  berteiches  montent  et  al  mur  quernelé...  » 

{Roman  de  Rou,  1'  part.,  vers  4059  et  s.).  Cf.  Viollet-le-Duc,  Dict. 
de  Varch.  fr.,  t.  II,  p.  244,  v"  Bretèche). 

2.  Sur  la  révolte  de  Conan,  fils  de  Gilbert  Pilale  en  1100,  voy.  Orderic 
Vital,  Hisl.  eccl.,  liv.  VIII,  15,  éd.  Le  Prévost,  tom.  III,  p.  351-356,  et  Guil- 
laume de  Malmesbury,  éd.  Hardy,  p.  618. 

3.  Guillaume  le  Rou.x  (1087-1100). 

4.  Le  duché  de  Normandie,  dévolu  à  Robert  Courte-Heuse,  avait  été 
détaché  du  royaume  anglais  à  partir  de  1087,  Guillaume  de  Jumiéges 
parle  ainsi  du  château  de  Torigni  (auj.  ch.-l.  de  c,  arr.  Saint-Lô,  Manche)  : 
f  Quod  municipium  —  oppidum  Torinneium,  —  nuncupatum....  a 
praedicto  régis  filio  Roberto...  turribus  excelsis  et  moenibus  robustissimis, 
nec  non  et  fossatis  praeruptiset  in  ipso  sa.xeo  monte  incisis,  contra  omnium 
inimicorum  conatum  munitus  est,  et  ex  magna  parte  aquis  in  piscinas 
coUectis  vallatum  et  inaccessum...  »  (Duchesne,  Hist.  Normann.,  1.  VIII, 
c.  29,  p.  306.)  Sur  les  fossés  normands,  voy.  ViolIet-le-Duc,  Dict.  de 
Varch.fr.,  t.  III,  p.  77. 

5.  Arques, comm.  du  cant,  d'OfTranville,  arr.  Dieppe  (Seine-Inférieure). 


1107] 


DE    l'architecture    EN    FRANCE  333 


moenibus  mirabiliter  firmavit.  Sic  etiam  fecit  castelluni 
Gisorz  ^,  Falesiam  ^^  Arg'entomagum  ■^  Oximum  ^,  Danfron- 
tem  ^,  Ambreras  ^  ;  caslellum  de  Vira  ^,  Wavrei  ^,  turrem 
Vernonis  ^  similiter  fecit. . . 


GXXIII 
1107,  janvier. 

Fondation  de  labbaye  de  Saint-Jean  d'Orbestier,  en  Bas- 
Poitou,  par  Guillaume,  duc  d'Aquitaine^  avec  permission 
accordée  par  ledit  seigneur  aux  religieux  de  prendre  dans 
sa  forêt  d'Orbestier  et  dans  ses  domaines  tout  le  bois  néces- 
saire aux  constructions  et  réparations  de  leurs  demeures 
et  maisons  rurales. 

i.  Gisors.  ch.-l.  de  c.  arr.  Les  Andelys  (Eure). 

2.  Falaise,  ch.-l.  d'arr.  (Calvados). 

3.  Argentan,  ch.-l.  darr.  (Orne). 

4.  Exmes,  ch.-l.  de  c,  an.  d'Arg^entan. 

5.  Sur  la  forte  position  de  ce  château  (avec  donjon  quadrangulaire),  voy. 
Caumont,  Abéc,  d'archéol.,  archit.  mil.,  3' éd.  p.  424-425(fig.)  ;  cf.  même 
auteur,  p.  426  et  s.  pour  les  donjons  de  la  Normandie  et  du  Maine,  avec  cita- 
tion à  l'appui  (p.  427),  du  passage  ci-dessus  de  Robert  de  Torigni.  —  Au- 
jourd'hui Domfront,  ch.-l.  d'arr.  (Orne). 

6.  Wacc,  dans  le  Roman  de  Roii,  parle  des  fortifications  de  Domfront  et 
de  cellestl' Ambrières  (aujourd'hui  ch.-l.  de  c,  arr.  dans  la  Mayenne,  ainsi  que 
des  bretèches  démontables  et  transportables  d'un  lieu  à  un  autre,  suivant 
les  besoins  (voy.  Viollet-le-Duc,  Dtc<.  de  Varch.  fr.,  t.  II,  v"  Bretèche). 
C'est  ce  que  fit,  aumillieu  du  xi'  siècle  (1053  environ),  le  duc  Guillaume  de 
Normandie  : 

«  E  li  dus  fist  son  gonfanon 
Porter  é  lever  el  dangon. 
Les  chastels  a  a  terre  mis, 
Od  qui  il  out  Danfront  assis; 
Les  bretesches  en  fist  porter, 
A  Anhrieres  les  fist  lever. 
Un  chastel  fist  iloc  fermer... 
Quant  il  out  le   chastel  fermé...  » 

("Wace,  op.  cit.,  éd.  Andresen,  v.  4501  et  s.).  Cf.  à  propos  dès  fossés 
normands  du  xi'  s.,  v,  4323  et  s. 

«  Aveit  a  cel  tens  un  fossé 
Haut  é  parfont    é  réparé  ; 
Sor  le  fossé  out  heriçon...  » 


7.  Vire,  ch.-l.  d'arr.  (Calvados). 

8.  Gavrai,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  Goutances  (Manche). 

9.  Vernon,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  Evreux  (Eure). 


334  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1107-1 H 2] 


Cartulaire  de  Vahhaye  d'Orhestier  [Vendée),  publ.  par  L.  de  la  Boutetière, 
dans  Archives  historiques  du  Poitou,  t.  VI  (1S77),  n"  I,  p.  1  et  suiv., 
(d'après  des  vidimus  donnés  le  3  sept.  1398  et  le  7  mai  1431). 

. .  .Notum  sit  omnibus  fidelibus  tam  presentibus  quam  futu- 
ris...quod  eg-o  Guillelmus  ^,  dux  A(c)quitanorum  et  cornes 
Pictaviensium,  dominusque  Thalemundi,  dedi  et  concessi 
Deo  et  Fulcherio  servo  Christi,  relinquenti  seculum  et  eidem 
Ghristo  adhèrent!  indigentlque  tune  cella  oracionis,  et  suc- 
cessoribus  suis,  locum  Orbisterii^,  qui  desertus  erat,  ad  edi- 
licandum  locum  oracionis  et  agende  penitencie  et  ad  facien- 
dam  abbaciam...  et  omnia  que  dicto  loco  Orbisterii  perti- 
nent, quibuscumque  et  ubicumque  sint  in  dominio  meo  de 
Thallemundo-^..,  usagium  plenarium  et  eciam  liberum  per 
totam  forestam  meam  de  Orbisterio,  ad  quo[d]cumque  opus 
voluei'int  faciendum...  ad  quelibet  edificia  facienda,  reedilî- 
canda,  construenda  vel  recuperanda,  sine  defensione  aliqua 
quam  in  predicto  usagio  ego  Guillelmus  predictus  vel  here- 
des  sivô  successores,  vel  baillivi  sive  forestarii  mei...  possi- 
mus  imponere...  Item  volo  et  concedo  quod  dicti  meditarii, 
si  aliqui  sint,  habeant  usagium  per  totam  forestam  predic- 
tam  de  Orbisterio  ad  sua  edificia  facienda...  Datum  et 
actum  publiée,  anno  ab  Incarnacione  Domini  millesimo  [G*'] 
VIP,  mense  julii. 


GXXIV 
1107-1112. 

Description  des   châteaux    de  Gournay-sur-Marne,    de  La 
Roclie-Guyon  et  du  Puiset,  dans  V Ile-de-France. 

1.  Guillaume  le  Jeune,  XII"  comte  de  Poitou,  IX*  duc  d'Aquitaine  (10S6- 
1126).  L'acte  de  la  fondation  par  lui  faite  à  Orbestier  fut  confirmé  plus 
tard,  en  1182,  par  Richard  Cœur-dc-Lion,  comte  de  Poitou.  (Cartul.  cit., 
n"  '..) 

2.  Orbestier  est  aujourd'hui  sittié  dans  le  cant.  et  arr.  des  Sables- 
d'Olonne  (Vendée). 

3.  Il  en  est  de  même  de  Talmont 


[1107-1112]  DE    l'aRCHITECTUKE    en    FRANCE  335 


Vita,  1  Ludovici  Grossi  régis,  publ.  par   A.  Molinicr  (1887),  §  x,  p.  31-35; 
§  XVI,  p.  52-53;  §  xx,  p.  71-77. 


X.  [1107.]  —  ...  Castrum^  munitissimuni  vallo  arto  et 
rigido  supierius  glande,  inferius  torrentis  profunditate  pêne 
inexpugnabili,  [dominas  Ludovicus]  ^  aggreditur,  per  ^  tor- 
rentem  usque  ad  balteum^  fossatum  conscendens,  ad  glan- 
dem  contendit,  pugnare  pugnando  imperat,  gravissime  sed 
amarissime  cum  hoste  decertat...  Parantur  deinceps  castri 
eversioni  bellica  instrumenta,  erigitur tristegas très  pugnan- 
tibus  porrigens  supereminens  machina,  que  Castro  superla- 
tiva  propugnatorii  primi  sagittariis  et  balistariis  ire  aut  per 
castellum  apparere  prohiberet.  Unde,  quia  incessanter  die 
ac  nocte  his  coartati  defensionibus  suis  assistere  non  vale- 
bant,  terratis  caveis  defendentes  seipsos  provide  defensa- 
bant,  suorumque  ictibus  sagittariorum  insidiantes,  primi 
propugnaculi  superiores  mortis  periculo  anticipabant. 
Herebat  machine  eminenti  pons  ligneus  qui  se  excelsius 
porrigens,  cum  paulisper  demitteretur  super  glandem,  faci- 
lem  descendentibus  pararet  iixgressum .  Quod  contra  viri 
super  his  callentes  lignea  podia  ex  opposito  separatim  pre- 


1.  Cette  Vie  a  été  écrite  après  1138  et  avant  1144. 

2.  Il  s'agit  du  château  de  Gournay-sur-Marne  ;  aujourd'hui,  dans  le  cant. 
de  Gonesse,  arr.  Pontoise  ^Seine-et-Oise). 

3.  Le  prince  Louis,  plus  tard  Louis  VI  le  Gros. 

4.  «  Passage  obscur,  remarque  A.  Molinier.  Le  mot  glandis  est,  croyons- 
nous,  assez  rare  dans  le  sens  queSuger  lui  donne  ici.  Voici  comment  nous 
comprenons  :  le  château  avait  pour  défense  un  retranchement  ou  palissade 
{vallum  ar[c]tum);  au-dessus  s'élevait  le  mur  lui-même,  et  le  tout  était 
entoui'é  d'un  ruisseau  profond  et  rapide.  »  Dans  le  récit  du  siège  du  Puiset 
(XVIIl,  p.  60  et  s.),  Suger  emploie  de  nouveau  le  terme  glans.  «  Ab  intus 
super  nostros  de  propugnaculis  et  glande...  Milites  velocissimis  equis 
castri  defensionem  circuibant  manualiter  glandi  innitentes  cedebant, 
detruncabant  et  ab  alto  fossati  imo  graviter  deiciebant.  »  (p.  64.)  D'après 
Molinier,  «  par  glans,  Suger  entend  ici,  la  suite  le  prouve,  une  simple 
palissade  ;  à  l'intérieur  circulaient  les  cavaliers  ennemis,  qui,  se  penchant 
par  dessus  les  soldats  de  Thibaud,  à  peine  arrivés  au  haut  du  fossé,  les 
frappaient  à  l'improviste.  » 

5.  «  Jusques  au  hraier,  disent  les  Chroniques  de  Saint-Denis,  III,  244  •> 
(Note  de  Molinier).  Voy.  VioUet-le-Duc,  Dict.  de  iarch.  fr.,  t.  II,  p.  244, 
art.  Braie.  Il  s'agit  d'un  ouvrage  de  défense  élevé  en  avant  d'un  front  de 
fortification  et  laissant  entre  le  pied  des  murailles  et  le  fossé  une  circula- 
tion plus  ou  moins  large. 


336  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1107-H12] 

ferebant,  ut  et  pons  et  quiper  pontem  ingrederentur  utrique 
corruentes  in  subterraneas  foveas  acutis  sudibus  armatas, 
ne  animadverterentur  fîcte  paleis  opertas,  vite  periculum  et 
mortis  multam  sustinerent  ^ 

XVI  [1110  ou  1111  .]  —  Supersistitur  promuntorio  ardui 
littoris  magni  fluminis  Sequane  horridum  et  innobile  cas- 
trum,  quoddicitur  Rupes  Guidonis^,  in  superfî[cjie  sui  invi- 
sibile,  rupe  sublimi  incaveatum,  cui  manus  émula  artifîcis 
in  devexo  montis  raro  et  miseroostio  maxime  domus  ampli- 
tudinem  rupe  cesaextendit,  antrum,  ut  putatur,  fatidicum, 
in  quo  ApoUinis  oracula  sumantur,  aut  de  quo  dicit 
Lucanus^  : 

Nam,  quamvis  Thessala  vates 

Vim   facial  fatis,  dubium  est,  quod  traxerit  illuc, 
Aspiciat  Stigias  an  quod  descendent  ambras. 

Hinc  forsitan  itur  ad  mânes .  .  . 

XX  [1112.]  — Gonfederatus  reg-ni  defederatis,  videlicet 
palatino  comiti  Theobaldo  ^  et  egregio  régi  Anglorum  Hen- 
rico^....  [Hugo]^  Puteolumcastrumrestituere délibérât,  adja- 

1.  «  C'est-à-dire  que  les  défenseurs  du  château  placent,  au  point  où  doit 
venir  s'appuyer  le  pont  de  l'ennemi,  des  bois  fragiles  qui,  se  rompant  sous 
le  poids,  entraîneront  la  chute  et  du  pont  et  de  ceux  qu'il  portera.  »  (Moli- 
nier,  éd.  cit.) 

2.  L'ancien  château  de  La  Roche-Guyon  (cant.  de  Magny,  Seine-et-Oise), 
situé  aux  confins  des  domaines  respectifs  des  rois  de  France  et  d'Angle- 
terre, subsiste  en  partie  aujourd'hui.  «  Les  souterrains  taillés  dans  le  roc, 
dit  Viollet-le-Duc,  existent  encore  ;  ils  datent  d'une  époque  assez  éloignée. 
Les  logements  n'étaient  cependant  pas  creusés  dans  la  falaise,  ainsi  que  le 
prétend  Suger,  mais  adossés  à  un  escarpement  de  craie  taillé  à  main 
(l'homme  »  (voy.  art.  Château,  fig.  8  et  9).  Le  château  de  La  Hoche-Guyon 
est  de  nos  jours  à  peu  près  méconnaissable  par  suite  des  changements  qu'il 
a  subis;  on  y  retrouve  quelques  traces  des  bâtisses  du  xii'  siècle  ;  quant  au 
donjon,  il  est  entièrement  conserve,  sauf  ses  couronnements,  et  sa  constru- 
ction paraît  appartenir  au  milieu  de  ce  siècle.  [Dict.  de  V&rch.  fr.,  t.  V, 
p.  59,  art  Donjon,  fig.  21,  22,  23  et24.) 

3.  Lucain,  Phars.,\.  vi,  vers  651-653,  éd.  Teubner,  de  G.  HosiTis,1905. 

4.  Thibaut  IV,  comte  deBlois,  de  Chartres  et  de  Brie. 

5.  Henri  I,  roi  d'Angleterre,  fils  de  Guillaume  le  Conquérant. 

6.  Hugue  H,  seigneur  du  Puiset.  —  Le  Puiset  est  dans  le  cant.  de  Jan- 
ville,  à  onze  lieues  de  Chartres  (Eure-et-Loir.)  Voy.  Ch.  Cuissard,  Les 
Seigneurs  du  Puiset,  dans  Bull.  Soc.  Dunoise  (1875-80),  t.  IILp.  319-98,  et 
A.  de  Dion,  />e  Puiset  au  XI'  et  au  XII'  s.,  châtellenie  et  prieuré,  dans  le 
Ihill.  Soc.  arch.,  Eure-et-Loir  (1883-85),  t.  VIII,  p.  1-34  et  71-85. 


[1 107-1 H  2]  DE    l'architecture    en    FRANCE  337 

centem  pagum  aut  eversum  iri  aut  sibi  subicere  maturat. . . 
Et  dum  ipse  Stampensi  via  exercitum  colligens,  nos  rec- 
tiori  et  breviori  Tauriacum  ^  dirig-imur,  hoc  unum  multo 
et  fréquent!  intuitu  a  longe  assumentes  argumentum,  quod 
tristega  turris  in  eadem  munitione  longa  planitie  superemi- 
nens  apparebat,  que  capta  munitione  illico  igné  hoste  solve- 
retur.  .  .  nos...  non  sine  magno  periculo  per  médium  ville 
irruentes,  quia  quibus  innueramus  inpropugnaculis  nostrates 
portam  paraverunt,  citissime,  Deo  annuente,  intravimus... 
Restituto  Castro  continua  septimana.  .  .  rex  bellicum 
movetapparatum..,  antiquam  antecessorum  suorum  desti- 
tutam  motam  -,  Castro  jactu  lapidis  propinquam,  occupât, 
castrum  supererigit  miro  labore,  mira  anxietate  si  trabes 
junct[e]  clausuris  non  erigerentur  contra,  fundibulariorum, 
balistariorum,  sagittariorum  emissa  pericula  sustinentes, 
gravissime  quidem,  cum  qui  eos  angebant  infra  septa  castri 
securi,  extra  jaculantes  nuUam  meriti  mali  hostium  horre- 
rent  vicissitudinem.  Flagrat  émula  victorie  interiorum  et 
exteriorum  periculosa  concertacio,  et  qui  lesi  fuerant  regii 
quirites,  acerrime  ledere  injuriarum  memores  contendunt, 
nec  ab  incepto  desistunt,  donec  subitam  ac  si  fatatam  -^ 
munitionem  multo  milite,  multa  armatura  munierunt. 

GXXV 

1107-1139. 

Construction  de  la  cathédrale  de  Salisbury  par  les  soins  de 
Vévéque  Roger ^  Normand  d' origine  ;  beauté  de  V appareil 

1.  Toury,  cant.  de  Jauville,  arr.  Chartres  (Eure-et-Loir). 

2.  Il  est  déjà  question  de  la  motte  de  ce  château  ('§  xviii),  lors  du  sièf;e 
du  Puiset  en  1111  (éd.  cit.,  p.  63).  .(  Ipse  Ruf^o,  cum  intus  castellum  niuro 
cinctum  tuto  non  sufficeret  presidio,  in  mota,  scilicet  turre  lijinca  supc- 
riori,  se  recipit  »  ;  ce  qui  prouve,  dit  A.  Molinier,  que  le  château  du  Puiset 
se  composait  d'une  double  enceinte  et  d'un  réduit  :  1"  une  simple  palis- 
sade :  2°  un  mur  probablement  en  pierre  ;  3  "  un  donjon  en  bois.  ..  Nous 
ne  sommes  pas  convaincus  de  l'exactitude  de  ces  déductions.  M.  Enlart 
{Man.  d'archéol.  fr.,  t.  II,  p.  300)  ne  voit  1<\  au'un  «  donjon  de  bois  élevé 
sur  une  motte,  et  une  chemise  éfralement  de  nois,  percée  d'archères  ». 

3.  «  Tous  les  mss.  donnent  cette  leçon;  on  peut  traduire  enchantée,  éle- 
vée par  les  fées  ;  M.  Huguenin  propose  ac  si  satam,  correction  injjénicusc, 
mais  parfaitement  inutile.  <>  (Note  d'A.  Molinier.) 


338  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [H  07-1 139] 

de  cet  édifice.  —  Autres  constructions  entreprises  par  lui 
à  Malmesbury ;  éloge  des  châteaux-forts  de  Devizes  et 
Sherborne  appartenant  audit  évêque. 


Willelmi   Malmesberiensis,  De  geslis   regiim  Anglorum,   1.  V,  §  408,    éd. 
W.  SLubbs,  vol.  II  (1889;,  p.  484,  dans  la  coll.  Reriim  Britannic.  medii 
iievi  scriptores,  n°  52. 
(Cf.  Migne,  Pair,  lat.,  t.  CLXXIX,  col.  1364.) 

Pontifex  ^  mag-nanimus,  et  nullis  unquam  parcens  sump- 
tibus,  dum  quae  facienda  proponeret,  aediticia  praesertim 
consummaret  :  quod  cum  alias,  tum  maxime  in  Salesberia  - 
et  Malmesberia  -^est  videre^.  Fecit  enim  ibi  aedificia  spatio 
diffusa,  numéro  pecuniarum  sumptuosa,  specie  formosissima, 
ita  juste  composite  ordine  lapidum  ut  junctura  perstringat 
intuitum,  et  totam  maceriam  unum  mentiatur  esse  saxum^. 
Ecclesiam   Salesberiensem   et  novam  fecit    et   ornamentis 

1.  C'est  des  environs  de  Cacn  que  Roger  vint  en  Angleterre.  Pour  les 
dates  extrêmes  de  sou  épiscopat,  voy.  Stubbs,  lîeyislram  sacrum  angli- 
canuin.  Freeman  (T lie  Norman  conquest,  t.  IV, p.  217  et  287)  le  considère 
comme  le  plus  grand  bâtisseur  de  son  temps  en  Angleterre,  en  fait 
de  constructions  ecclésiastiques  ou  bien  militaires.  Voy.  aussi  Gough, 
dans  ÏArchaeoloyia.  II,  1773,  n.  éd.  1809,  p.  188-193,  et  Leslie  Stephen,  Dicl. 
of  national  bioyruphy,  t.  XLIX,  p.  103-106. 

2.  Salisbury,  ch.-l.  du  comté  de  Wilts,  sur  l'Avon,  à  140  kil.  S.-O.  de 
Londres. 

3.  Malmesbury  ou  Malmsbury,  même  comté,  à  40  kil.  N.-E.  de  Bath.  — 
«Les  mots  et  Malmesberia  dans  le  passage  cité  ci-dessus  sont  omis  dans 

1)lusieurs  des  mss.,  et  s'ils  sont  une  leçon  authentique,  ils  se  réfèrent  proba- 
)lenient  au  château  que  l'évéque  Roger  avait  bâti  à  Malmesbury,  plutôt 
qu'à  l'église  [abbatiale]  de  ce  lieu  »  (J.  Bilson,  Les  origines  de  l'arcliilecture 
gothique,  les  premières  croisées  d'ogives  en  Angleterre,  extr.  de  laRev. 
de  l'art  chrétien,  1901-02,  p.  30,  n.  2.)  William  de  Malmesbury,  dans  son 
Ilistoria  novella  (qui  se  termine  en  1142),  ne  fait  mention  d'aucune  cons- 
truction dans  l'église  (ibid.). 

4.  Rappelons  ici  que  Gondulphe,  après  avoir  fait  bâtir  l'église  du  Bec  et 
de  Saint-Etienne  de  Caen, devint  évêque  de  Rochester,  s'y  fit  construire  un 
admirable  donjon  et  mourut  en  1106  (voy.  Enlart,  Man.  d'archéol.  fr.,  t.  I, 
p.  62,  n.  1). 

3.  Voy.au  sujet  de  ce  texte  (S  408  et  non  409,  éd.  cit.),  les  judicieuses 
observations  de  J.  Quicherat,  Mél.  d'archéol.,p.  445-446.  Il  s'agit  du  moyen 
appareil  à  pierres  soigneusement  layéos  sur  les  faces,  assemblées  à  joints 
lins.  «  Cet  appareil,  continue  cet  auteur,  ne  fut  connu  en  Angleterre  que 
depuis  les  premières  années  du  xii"  siècle;  en  France,  il  remontait  à 
l'époque  barbare;  il  y  en  a  des  exeniiilcs  du  commencement  du  xi"  siècle 
en  Provence  et  en  Poitou.  »  Voy.  ibid.,  p.  445,  n.  5,  par  M.  R.  de  Las- 
leyrie. 


[1107-1139]         DE    l'aRCHITECTLRE    en    FRANCE  339 

excoluit,  ut  nulli  in  Anglia  cedat,  sed  niultas  prdecedat 
ipseque  non  falso  possit  dicere  Deo  :  «  Domine,  dilexi  deco- 
rem  domus  tuae.  » 


Uenrici   Ilunlendiinensis   hisloria   Anglorum,  éd.  ïli.    Arnold    (1879)  ,p. 
265. 
(Cf.  Migne,  Pair.  Ut.,  t.  CXCV,  col.  961.) 

Rex  [Stephanusj  ^  namque  Rogerum,  episcopum  Saresbi- 
riensem,  et  x\lexandrum,  Lincolniensem,  ipsiu.s  nepoteni, 
cum  pacifiée  suscepisset,  violenter  in  curia  cepit...  secuni 
duxit  ad  castellum  eju.sdeni  quod  vocatur  Divise  '',  quo 
non  erataliud  splendidius  intra  fines  Europae...  Tali  modo 
castellum  sibi  extorsit,  maie  recordans  bonorum  quae  in 
introitu  reg'ni  sui  prae  omnibus  aliis  ei  cong-esserat...  Simi- 
liter  cepit  Sireburnani  •',  quod  parum  Divisis  décore  cede- 
bat. 


CXXVI 
1109. 

Permission  accordée  à  l'abbé  de  Saint-Bcrtin  par  Manasscs, 
comte  de  Giiines,  en  vertu  de  laquelle  les  religieux  de 
ladite  abbaye  peuvent  prendre  dans  les  forets  de  Guines 
et  cFEscalles,  en  Calaisis,  tout  le  bois  nécessaire  à  la 
construction  ou  à  la  réfection  de  leurs  maisons  et  de  leurs 
greniers  à  céréales,  ainsi  qu'à  la  clôture  fortifiée  de  la 
ferme  abbatiale  sise  auxdils  lieux. 


1.  Elieiine  de    Blois,  loi  d'Angleterre,  mort   en  115».  Cet  événement  se 
réfère  à  l'année  1139. 

2.  Devizes,  aujourd'hui  petite  ville  du  comté  de  Wilts,  au  S.  du  Kenret- 
Avoncanal. 

.'5.  Sherhorne,  autre  petite  ville,  située  dans  le  comté  dcDcrset,  au  N.  de 
Dorchester. 


340  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [4109] 


Cartnlaire  de  Vabbaye  de  Saint-Berlin, àanslerec.  des  Cartulaires  de  France, 
t.  III,  éd.  Guérard,  1840,  n°  XXIII,  p.  234-235  * .  (coll.  des  Doc.  inéd.). 

Ego  Johannes^,  Dei  gratia,Morinorumepiscopus,  notum 
volo  fieri  quandam  silvam  apud  Gisnes-^  proprii  esse  juris 
Sancti  Bertini...  Hoc  insuper  sciendum  quod  ad  curtem 
abbatis  apud  Scales  ^  et  apud  Gisnes  muniendam^,  quo- 
tiens  necesse  fuerit,  et  ad  domos  et  horrea  edifîeanda  et 
reslauranda.. .  ex  eadem  silva  ligna  sufficienter  abbas  acci- 
piet...  Anno  dominice  Incarnationis  millesimo  centesimo 
nono...  facta  estcarta  atque  corroborata  Taruenne. 


GXXVII 
Vers  1109-1112  environ. 

Travaux  de  reconstruction  et  de  décoration  accomplis  à 
l'église  abbatiale  de  Morigni  (.^),  à  l'aide  de  ressources 
recueillies  par  une  confrérie  religieuse. 

Chronicon  Mauriniacense  ^,  I.  II,  dans  Duchesne,//js<.  Franc,  script.,  t.  IV 
(1641),  p.  362-363. 

(Cf.  éd.  Mirot,  p.  13,  dans  la  Coll.  de  textes  pour  servir  à  l'étude...  de 
l'histoire.  —  Migne,  Pair,  lat.,  t.  CLXXX,  col.  136  et  s.) 

Ea    tempestate,  nimietate  famis  ^  tota    Gallia  laborabat, 

1.  Voy.  aussi  Régesles  des  évêques  de  Thérouanne,  par  labbé  0.  Bled, 
t.  I.  1  (1902-,  n"  408,  p.  106;  cf.  Gall.  christ.,  t.  X,  1544;  Haigncré,  Chron. 
de  Saint-Berlin,  n"  112. 

2.  Jean  I»'  de  Comines,  évêque  de  Thérouanne  de  1099  à  1130. 

3.  Guines,  ch.-l.  de  c,  arr.  Boulof,me-sur-Mer  (Pas-de-Calais). 

4.  Escalles,  conini.  du  cant.  de  Calais,  arr.  Boulogne-sur-Mer. 

5.  Voy.  supra  un  texte  de  1080-1081  environ,  relatif  à  une  ferme  fortifiée. 
Cf.  ViolIet-le-Duc,  Dicl.  de  larch.  fr.,  t.  V,  p.  420,  v°  ^'erme. 

6.  L'abbaye  de  Morigni  était  située  au  diocèse  de  Sens,  près  d'Étanipes. 
—  D'après  M.  Mirot  (voy.  Introd.  à  son  édition  de  la  Chronique  de  Mori- 
}?ni),  l'abbé  Thomas  ne  peut  être  considéré  comme  l'auteur  du  livre  II  de  cet 
ouvra(;e.  Sur  celte  Chronique,  voy.  aussi  Molinier,  Sources  de  ihist.  de  Fr., 
t.  Il,  p.  187,  et  Luchaire,  Etudes  sur  quelques  mss.  de  Borne  et  de  Paris, 
dans  In  liihl.  de  la  Fac.  des  lettres  de  Paris,  t.  VIII  (1899),  p.  6.  L'édition 
de  M.  Mirot  est  faite  d'après  le  nis.  Vat.  fonds  de  la  Heine  622. 

7.  Suivant  Clarius  de  Sens  {Chronique  de  Saint-Pierre-le-Vif,  dans  le 
Bec.  des  Ilist.  de  Fr.,  t.  XII,  p.  282),ccl|]e  famine  aurait  commencé  en  mai 


[1109-1112]  DE    l'architecture    en    FRANCE  341 

sicque  per  septem  continuos  annos...  ut  multos  enecaret, 
innumerabiles  etiam  locupletes  deduceret  ad  pauperiem. 
Qua  de  causa  omnibus propriis  necessitatibus  intentis,  béné- 
ficia Stampensium,  quibus  ecclesia  i  haec  a  fundamento 
sustenta  ta  est,  penitus  defecerunt. 

....Mirare^  qui  legis  haec,  et  antiquorum  nostrorum 
lauda  constantiam,  qui  per  tôt  penurias,  per  tôt  tribulatio- 
nes  hoc  in  loco  perse veraverunt,  et  aedifîcia  omnia  haec 
quae  cernis  ex  pauperum  eleemosinis  construxerunt.  Non 
rex,  non  comes,  non  aliquis  maf^natum  horum  aliquid  insti- 
tuit.  Thomas  autem,  intolerabili  paupertate  comperta...  se 
loci  hujus  monachum  recognoscens...  primo  consecrationis 
suae  anno,  in  ecclesia  Beatae  Mariae  Stampensis  divinum 
sermonem,  cujus  rei  maximam  gratiam  habebat,  fecit  ad 
populum...  Divina  praedicatione populo  sibiconsiliato,  con- 
fraternitatem '^  instituit,  per  quam  et  pars  ecclesiae^  coo- 
perta,  et  vitrea  illa  magna,  quae  in  fronte  navis  ecclesiae 
habetur,  inter  cetera  facta  fuit. 


1109.  Il  faut  remarquer  que  ce  récit  est  placé  entre  la  mort  de  l'abbé 
Renaud,  postérieure  au  3  août  1109  et  l'élection  de  Thomas  qui  eut  lieu 
entre  le  11  novembre  1110  et  les  premiers  mois  de  1111  ;  d'après  la  forme 
du  récit,  il  semble  que  les  effets  de  cette  famine  s'étaient  déjà  fait  sentir 
avant  l'élection  de  Thomas. 

1.  Suivant  notre  confrère  M.  L.  Mirot,  qui  a  eu  l'obligeance  de  nous  en 
informer,  ce  membre  de  phrase  se  rapporterait  bien  plutôt  à  l'église  abba- 
tiale de  Morigni  qu'à  l'église  Notre-Dame  d'Etampes. 

2.  Ce  passage  peut  se  référer  à  des  événements  qui  eurent  lieu  en  1111- 
1112.  Le  sermon  aurait  été  prononcé  à  Notre-Dame  d'Etampes  à  la  date  du 
11  novembre  "1111. 

3.  Cette  confrérie  aurait  été  créée  en  1112  probablement.  Pour  les  con- 
fréries de  ce  genre,  au  xi»  siècle,  voy.  supra  la  note  jointe  au  texte  (vers 
1068  ou  1070)  qui  est  relatif  àSaint-Hilaire-sur-l'Autise,  enBas-Poitou.  Pour 
une  confrérie  relative  à  l'église  de  Tarragone  (1127)  et  instituée  dans  un 
synode  Narbonnais,  voy.  Rec.  des  Hist.  de  France,  t.  XIV,  p.  230.  On 
constate  des  confréries  à  Saint-Denis  entre  1130  et  1140,  à  Chartres,  en  1145 
(cf.  .\.  Luchaire,  Manuel  des  inslit.  fr.,  p.  3C9). 

4.  Suivant  M.  L.  Mirot,  ce  passage  se  rapporterait  moins  à  Notre-Dame 
d'Etampes  qu'à  l'église  abbatiale  de  Morigni,  d(jnt  la  dédicace  eut  lieu  en 
1120  :  «  Anno  igitur  Inrcarnati  Verbi  MGXX,  dedicata  est  ecclesia  Mauri- 
niacensis  coenobii  a  domino  papa  Calixto  secundo,  V  non.  octobris,  cum 
maximo  honore  et  reverentia  »  [Mon.  Gerin.  hist.,  t.  XXVI,  p.  39,  ex 
Hist.  Maurin.  monasterii),  éd.  Mirot,  p.  32.  —  Voy.  L.  E.  Lefèvre, 
Etampes  et  ses  monuments  aux  XI'  et  XII'  siècles  (1907),  ch.  v,  p.  117  et  s. 
Cf.  ihid.  les  sources  et  ouvrages  cités. 


342  TEXTES    RFXATIFS    A    l'hISTOIRE  [IHO] 

CXXVIII 
Vers  1110. 

Construction  en  pierre  par  les  soins  de  Hugiie  (rAmhoise, 
des  châteaux-forts  de  Chaumont-sur-Loire  et  de  Montri- 
chard.  —  Fondation  par  ledit  seigneur  du  prieuré  de  Saint- 
Thomas  d'Aniboise,  à  Vaide  des  offrandes  des  fidèles. 

Gesia  Am  baziensivm  dominorum,  dans  les  Chroniques  d'Anjou,  publ. 
par  P.  Marchcgay  et  A.  Salmon  (Soc.  hist.  de  France),  t.  I  (1856), 
p.  203. 

(Cf.  d'Achery,  Spiciley.,  t.  III,  172.3,  p.  281,  éd.  in-fol.  —  7?ec.  des  Hist. 
de  Fr.,  L.  XII,  1781,  p.  510.) 

Pêne  transieram  quod  praeterlri  non  oportuerat,  qualis 
forma  lapidea  turrium  consurgerét,  quarum  unam  Hugo  ^ 
Calvimonti^,  alteram  Montricardo  ^  cum  aula  lapidea  con- 
struxit.  In  diebus  illis  Ambaziaco  ecclesiam^in  honore  Dei 
et  sancti  Thomae  aedificavit,  solidasque  vires  populi  in 
opère  illo  concussit,  monachisque  ibi   degentibus  proprium 

molinum,    pratum aliaque  larga  dona  complura  prae- 

dictis  addidit,  multosque  suorum  ad  benefaciendum  eccle- 
siae  huic  monendo  coegit. 

CXXIX 
Vers  1110. 

Construction  d'une  maison  de  pierre  dans  le  cimetière  de 
V  église  paroissiale  de  Saint-André  de  Grenoble,  par  les  soins 

1.  Ilugue  I",  seigneur  d'Amboise. 

2.  Chaumont-sur-Loire,  comm.  du  cant.  de  Montrichard,  arr .  Blois  (Loir- 
et-Cher). 

3.  Montrichard,  sur  le  Cher.  Déjà,  vers  1005,  Fou*lque  Nerra  avait  for- 
tifié cet  endroit  en  face  de  la  forteresse  que  Geudouin  de  Saumur  venait 
de  bâtir  à  Pontlevoy.  Voy.  L.  Halphen,  Le  comté  d'Anjou  au  XI'  siècle, 
p.  31,  n.  3  (d'aj)rès  Gest.  consul.  Andegav.). 

4.  Pour  ce  prieuré,  situé  sUr  les  bords  de  l'Amasse,  dont  le  seigneur 
d'Amboise  fit  don  aux  bénédictins  de  Pontlevoy,  voy.  la  publication 
suivante:  Amhoise,  le  château,  la  ville  et  le  canton  (Soc.  d'archéol.  de 
Touraine),  1897,  p.  115. 


[IHO]  DE   l'architecture   en    FRAiNCE  343 

de  Pierre  de  Saint-André,  ladite  maison  ayant  été  donnée 
par  lui  à  cette  église  ;  conditions  d'entretien  du  maître 
constructeur  pendant  ladite  construction. 

Chartularium  sancti  Hngonis  ',  dans  les  Cartnlaires  de  léqlise  cathédrale 
de  Grenoble,  publ.  par  J.  Marion,  1869,  p.  217,  n"  XLIV  (coll.  des  Doc. 
inéd.). 

Sciendum  est  quod  Petrus  de  Sancto  Andréa  dédit  eccle- 
siae  Sancti  Andreae  et  Hugoni,  Gratianopolitano  episcopo,  et 
successoribus  ejus,  domum  illam  quani  in  cvmiterio  -  ejus- 
dem  ecclesiae  edificavit  ;  et,  pro  hac  convenientia  et  dona- 
tione,  dédit  ipsi  Petro  Airaldus  decanus  in  adjutorium 
omnem  calcem  quae  in  ipsa  domo  posita  fuit  ;  et  episcopus 
quinque  sextarios  frumenti  et  très  avenae  eodem  pacto  in 
adjutorium  prefatae  domus  dédit.  Et  ipsa  domus  dum  edifi- 
caretur,  predictus  Petrus  habuit  cotidianum  victum  in  domo 
canonicorum... 


cxxx 

1110  ou  1112  environ. 

Description  de  Fécamp  par  Baudri,  archevêque  de  Dol  ;  le 
château  seigneurial  ;  V abbaye  des  bénédictins  '  éloge  de 
Vég'lise  de  la  Trinité,  sa  couverture  de  plomb  et  ses  or- 
gues; symbolisme  architectural  de  la  Jérusalem  céleste. 

Epislola  Baldrici  ^   ad   Fiscannenses  *   monachos   [Baldrici  ilinerarium) 
dans  Rec.  desIHsl.  de  Fr..  t.  XIV,  n.  éd.  (1877),  p.  226  et  suiv. 

1.  Les  dates  extrêmes  de  l'épiscopat  de  Hugiie  I"  de  Cliâteauneuf, 
auquel  cet  acte  se  rapporte,  sont  les  années  1080  et  1132. 

2.  Nous  avons  vu  précédemment  divers  textes  concernant  des  cons- 
tructions privées  dans  les  cimetières,  pour  la  région  du  Nord-Ouest, 
notamment  pour  la  Normandie  et  le  Maine.  Sur  les  habitations  de  ce 
genre,  voy.  Viollet-le-Duc.  Dict.  de  Varch.  fr.,l.  III,  p.  247  et  s. 

3.  Baudri,  ancien  abbé  de  Hourgucil,  occupa  le  siège  de  Dol  depuis 
l'année  1107  jusqu'à  1130.  Cette  sorte  d'autobiographie,  où  l'auteur  raconte 
ses  voyages  en  Armorique  et  en  Normandie,  n'est  pas  antérieure  à  l'an 
1110  ou  1112. 

i.  Sur  la  série  des  abbés  de  Fécamp,  voy.  notamment  H.  Gourdon  de 
Genouillac,  Hist.  de  l'abbaye  de  Fécamp  et  de  ses  abbés,  n.  éd.  1875,  p.  208 
et  s.  (pi.)  Cf.  Leroux  de  Lincy,  Essai  sur  V abbaye  de  Fécamp,  1840,  p.  18 
et  s.,  et  p.  284  et». 


344  TEXTES    RELATIFS   A   l'hISTOIRE  [H  10-1 11 2] 

(Cf.  Neustria  pia,  auct.  A.   du  Monstier,  1663,  p.  232.  —  Migne,  Pair, 
lai,  t.  CLXVI,  col.  1175  et  s.) 

Demum  tandem  avulsus,  a  longe  velut  orlum  surgentis 
aurorae  Fiscannum,  de  quo  multa  per  peregrinos  audieram, 
vidi,  et  ipso  limpidissimi  domicilii  vestibulo,  fateor,  obstu- 
pui.  Praeter  enim  aedificiorum  venustatorum  compositu- 
ram  decentissimam,  inter  parietum  lapides  pompis  rega- 
libus  condig-nos,  in  occursum  nostrum  fratres...  prodie- 
runt...  Susceptus  sum  in  claustrum...  Inspiciebam  templi^ 
porrecturam,  decoram  domus  Dei  capacitatem,  copiosam 
ornamentorum  speciositatem...  lUa  in  ecclesia  unum  quid 
erat,  quod  mihinon  mediocriter  complacuit,  quod  ad  Deum 
laudandum  et  excitandum  David  canticis  suis  inseruit  :  Lau- 
date,  inquit,  Dorninum  in  chordis  et  organo  ~.  Ibi  siquidem 
instrumentum  vidi  musicum,  fîstulis  [aerjeis^  compactum, 
quod  follibus  excitum  fabrilibus  suavem  reddebat  melo- 
diam  et,  percontinuam  diapason^  et  per  symphoniae  sono- 
ritatem,  graves  et  médias  et  acutas  voces  uniebat,  ut  qui- 
dam concinnentium  chorus  putaretur  clericorum,  in  quo 
pueri,  senes,  juvenes  jubilantes  convenirent  et  contineren- 
tur.  Organa^  illud  vocabant  certisque  temporibus  excita- 
bant . . . 


1.  La  grande  église  abbatiale  de  Fécamp  avait  été  reconstruite  vers  la 
fin  du  x"  siècle,  aux  frais  de  Richard  I",  duc  de  Normandie,  d'après  le 
témoignage  de  Dudon  de  Saint-Quentin  :  «  Mirabiliter  miri  sccmatis  formae 
construxit  in  honore  Sanctae  Trinitatis  delubrum,  turribus  hinc  inde  et 
altrinsecus  praobalteatum,  dupliciterque  arcuatum  mirabiliter  et  de 
concatenatis  artificiose  lateribus  coopertum  »  (éd.  Lair,  1.  III,  p.  291, 
cit.  par  M.  R.  de  Lasteyrie,  dans  ses  additions  à  J.  Quicherat,  Mèl. 
d'archéoL,  p.  430,  n.  1).  Voy.  Du  Monstier,  op.  cit.  (De  renovatione  ecclesiae 
Fiscannensis  .su/j  diice  Giiillelmo).  L'église  fut  agrandie  par  les  soins  de 
Guillaume  de  Ros,  qui  fut  promu  à  l'abbatiat  en  1080  et  mourut  le  26  mars 
1107-08  :  «  domum  istam. . .  parietibus  dilatavit.  »  La  lettre  de  Baudri  est 
un  peu  postérieure  à  la  date  de  1108,  comme  l'indiquent  les  mots  nuper 
decessit. 

2.  Cette  citation  est  tirée  des  Psaumes  de  David,  CL,  4. 

3.  «  Ex  eis,  sic  editi.  Legendum  forte  ex  aère  »  (Note  du  Rec.  des  His- 
lor.de  Fr.).  On  peut  proposer  une  lecture  préférable,  celle  d'aerets. 

4.  Ce  terme  de  musique  (indécl.)  est  le  nom  de  l'octave  chez  les  Grecs  et 
les  Romains.  11  désigne  l'étendue  des  notes  d'un  instrument  (ou  d'une 
voix),  du  son  le  plus  grave  au  son  le  plus  aigu. 

5.  Viollet-le-Duc  qui,  dans  son  Dict.  du  mob.  fr.,  i.  II,  p.  297  et  s. 
(v»  Orgue),  fait  l'historique  de  cet  instrument  de  musique  depuis  le  haut 
moyen  âge,  omet  de  parler  du  xii'  siècle  et  ne  mentionne  pas  ce  texte. 


[1110-1112]  DE    l'architecture    en    FRANCE  345 

Exoraverunt,..  [Fiscannenses]  quatinus  ad  dedicationem 
ecclesiae,  quam  annuam  et  festivam  agere  habebant,  recur- 
rer[e]m,  quae  et  proxima  erat... 

Ut  autem  Fiscanni  situs^  non  praetermittam,  de  loco 
Fiscannensi  paucis  absolvam.  Locus  ille,  velut  quidam 
paradisi  hortus,  in  formosa  convalle  sistitur,  inter  duas 
colles  ab  hinc  agricultura,  ab  hinc  silvula  gratissima  cir- 
cumseptus.Quae  tantae  aequalitatis  esse  videtur,  ut  vel  in 
eadem  die  orta  putetur,  vel  a  proceritate  sua  ad  aequali- 
tatem  recisa  intelligatur  ;  brachiorum  et  frondium  et  ramus- 
culorum  cacumina  tantae  sunt  densitatis,  ut  ex  obumbra- 
tione  et  virore  suo  terram  et  visum  gratifîcent,  solis  ardores 
repellant,  pluviarum  ingruentiani  sustineant.  Arbores  a 
caudicibus-aliquantulum  eriguntur,  non  tamen  multae  pro- 
ceritatis,  sed  amoenae  deambulationis.  Mare  OceanumFis- 
canno  proximum  est,  non  enim  distat  a  loco  saltem  millia- 
rio,  piscibus  abundat,  recessus  et  accessus  quotidianos 
générât,  portum  habet  tranquillum,  vallum  aqua  dulcis 
alluit  et  limpida  ;  fontes  habet  et  hortis  habilis  est, 
nutritque  pomiferas  arbores.  Ri  vus  qui  castellum  praeter- 
fluit  gratiosos  et  utiles  habet  excursus.  Gastrum  nobilissi- 
mum  munitissimis  ambitum  est  moenibus.  A  Fiscanno 
Sequana  fluvius  naturalis  distat  quasi  quindecim  milliariis  : 
piscatura  redundat,  et  Fiscannum  praeda  illa  sustentât. 
Monasterium  altis  et  decentissimis  in  altum  parietibus, 
et  magna  ex  parte  plumbo  coopertum  est  :  porta  c[a]eli  et 
palatium  ipsius  Dei  aula  illa  dicitur  *  et  c[a]elesti  Hierusalem  -^ 
assimilatur:  auro  et  argento  refulget,  sericis  honestatur 
pluvialibus  ^,   sanctorum   reliquiis,     praecipue  invocatione 


1.  Sur  les  curieuses  descriptions  de  ce  genre  oùlélogede  la  nature  pitto- 
resque s'unit  à  celui  des  monuments,  voy.  supra,  p.  98  et  166  ;  vo}'.  aussi 
la  description  de  la  ville  d'Angers  (11 '»9)  dans  VHisloria  comitum  Andega- 
vensium  [Chroniques  dWnjou,  éd.  Marchegay  ;  cf.  la  Narralio  de  commen- 
datione  Turonicae  provinciae  (vers  1210),  p.  336,  dans  Salmon,  Recueil  de 
chroniques  de  Touraine,  p.  293  et  s. 

2.  Caudex  a  le  sens  de  souche  d'arbre. 

3.  Sur  la  Jérusalem  céleste,  voy.  Annales  archéologiques  de  Didron, 
t.  I,  p.  31  ;  t.  r,  p.  24  ;  t.  VI,  p.  339  ;  t.  XV,  p.  307,  grav.  ;  t.  XVII,  p.  30, 
34  ;  t.  XIX,  p.  23,  et  111  ;  t.  XX,  p.  289,   grav.  ;  t.  XXVI,  p.  295. 

4.  Pluviale,  manteau  pluvial,  chape  de  soie. 


346  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [HlO-1112] 

Sanctae  Trinitatis...  gloriatur:  sole[n]niter  etcatervatim  ad 
ipsam  confluunt  peregrini... 


CXXXI 
Paris,  1112  (avant  le  3  août)  et  1127  (avant  le  3  août). 

Révocation  faite  par  Louis  VI  de  la  défense  qail  avait 
signifiée  au  Chapitre  de  la  cathédrale  de  Sainte-Croix 
d'Orléans,  de  construire  dans  le  cloître  des  maisons 
appuyées  sur  le  mur  d'enceinte  de  la  ville,  et  permission 
de  faire  des  constructions  en  bois  ou  en  pierre  dans  le 
cloître,  à  la  condition  de  Jie percer  dans  le  mur  d'enceinte 
aucune  porte  ou  poterne. 

Confirmation  par  le  même  de  la  concession  faite  audit 
Chapitre  par  Jean,  évêque  d'Orléans,  d'une  place  dite 
«  Tanuz  »,  et  de  V  autorisation  qu  il  avait  donnée  de  percer 
une  poterne  dans  le  mur  de  la  ville  et  d^appuyer  contre 
ledit   mur  tous  les  travaux  de  construction  nécessaires. 


Orig.  Archives  du  Loiret,  sér.  G  268.  —  Gop.  BibL  Nat.,  coll.  Baluze,  78 
p.  5i,  et  Moreau,  i6,  L39.  —  Publ.  par  Doinel,  dans  le  Musée  des  Arch. 
déparl.  (1878),  p.  63,  n"  31,  d'après  l'original;  par  MM.  Joseph  Thillier 
et  Eugène  Jarry  dans  le  Carlulaire  de  Sainte-Croix  d'Orléans^  p.  90, 
n°  XLIV  {Mém.  Soc.  arch.  et  hist.  de  l'Orléanais,  t.  XXX). 

(Cf.  A.  Luchaire,  Louis  VI  le  Gros,  annales  de  sa  vie  et  de  son  règne 
1S09  p.  72,  n»  137.) 

[1112J  —  .  .  .  Universis  in  regno  nostro  successoribus  et 
heredibus  nostris  notum  fieri  volumus  ac  certum  haberi  quia 
domorum  edifîcationem,  quam  super  muros  civitatis  '  nostrae 
Aurelianensis  absque  assensu  nostro  fieri  calumpniabamur, 
dicentes  non  licere,  interventu  et  oratione  quorumdam  fide- 

1.  On  peut  rapprocher  de  ce  texte  l'acte  de  Louis  VII  (11  il- 42),  relatif 
aux  constructions  privées  établies  dans  les  remparts  de  ChAteauncuf  de 
Tours,  et  celui  de  Philippe  Auguste  (1181-82),  concernant  les  garanties  A 
prendre  au  sujet  des  constructions  privées  élevées  sur  ou  contre  le  mur 
d'enceinte  de  la  ville  de  Bourges. 


fil  12-1127]       DE  l'architecture  en  fkance  347 

lium  nostrorum,  immo  canonicorum  peticione,  in  iiniver- 
sis  domibus  infra  claustrum  Sanctae  Crucis  compositis  atque 
in  posterum  componendis,  tam  laicis  quam  clericis,  et 
iigno  et  lapide  deinceps  edifîcare,  pro[utJ  unicuique  placue- 
rit,  prêter  posternam  et  (h)ostium,  modis  omnibus  concedi- 
mus.  .  .  — Actum  Aurelianis  publiée,  anno  Incarnati  Verl)i 
M  C  XIP,  anno  vero  consecracionis  nostrae  IIII<* 


Orig.  Archives  du  Loiret,  sér.  G.  —  Cop.  lîibl.  Xat.,  Baluze,  7S,  p.    52.   — 
Publ.  parThillier  et  .Tarry,  dans  \eCarlnlaire  de  Sainte-Croix  d'Orléans, 
p.  88,  n"  XLII  [Mém.Soc.  arch.  et  hist.  de  l'Orléanais,  l.  XXX). 
(Cf.  Luchaire,  op.  cit.,  p.  183,  n°  392.) 

[1 1 27] .  —  Notum  fîeri  volumus  cunctis  fidelibus  tam  futuris 
quam  et  instantibus  quod  canonici  Sanctae  Crucis  Aurelia- 
nensis  in  curia  episcopali  quandam  habentes  aream,  cum 
domibus  orientali  muro  civitatis  adherentibus  et  ad  jus  eorum- 
<iem  canonicorum  communiterpertinentibus,  in  loco  qui  vulgo 
-dicitur  Tanuz,  adierunt  praesentiam  fidelis  nostri  Johannis', 
Aurelianensis  episcopi,  humiliter  deprecantes  ut  quandam 
particulam  curiae  suae  ad  episcopatum  pertinentem,  quae 
sita  est  inter  supradictas  domos  et  septentrionem,  juxta 
murum  civitatis,  in  angulo,  habens  in  longitudine  pedes 
manuales  ~  lx^^  et  xv^''"  et  in  latitudine  totidem,  in  per- 
petuum  eis  concederet.  Et  cum  ipsae  domus  praedictae 
per  eamdem  curiam  episcopalem  consuetudinarium  introi- 
tum  vel  exitum  habeant,  deprecati  sunt  etiam  eumdem 
«piscopum  ut  licentiam  faciendi  in  muro  posterulam  du- 
«entem  ad  orientem,  ad  egrediendum  vel  ing-rediendum, 
€t  insuper  de  ipso  muro,  sive  in  fîgendis  trabibus,  sive  in 

1.  Jean  II  fut  évêque  d'Orléans  de  1096  à  1133  environ. 

2.  Cette  expression  était  déjà  usitée  dans  le  haut  moyen  âge.  «  Tantum 
praecellit,  dit  Isidore  de  Séville,pes  manualis  pedem  naturalem  quantum 
pollex  in  longiludinem  protendi  potest  »  [Melrolog.  script,  reliquiae,  éd. 
Hultsch,  t.  II,  p.  138).  Nous  lisons  dans  une  lettre  d'Eginhard  relative  à  la 
confection  de  briques  :  «  lateres  quadratos  habentes  in  omnem  partem  duos 
/)ec?e5  manuaies  et  quatuor  digitos  in  crassitudinem  »  (Einhardi  epistolae, 
XXXVIII,  dans  le  «ec.  des  Hist.  de  Fr.,  t.  VI,  p.  379). 


348  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [11 12-1 11 6] 

superaedifîcandis  parietibus,  sive  in  aliis  hujusmodi  quae- 
cumque  ad  aedifîcationem  ipsarum  domorum  necessaria 
essent,  quantum  ad  episcopatum  pertinebat,  eis  concederet  : 
quod  ita  fecit.  Nos  autem  suprascriptam  praedicti  fîdelis 
nostri  Aurelianensis  episcopi  concessionem  et  volumus  et 
approbamus.  .  ,  Actum  Parisius  publiée,  anno  Incarnati 
Verbi  MGXXVII,  regni  nostri  XVIII. 


GXXXII 

1112-1116,  et  25  janv.  —  1^'  mars  1124,  Paris. 

Emplacement  de  Vancienne  église  de  Saint-Etienne^  de 
Véglise  «  Neuve  »  de  Notre-Dame,  cathédrale  de  Paris, 
du  palais  épiscopal  et  du  cloître,  d'après  un  acte  de 
Louis  VI portant  règlement  delà  voirie  de  Vévêque. 

Autorisation  donnée  par  Louis  VI  au  Chapitre  de  Notre- 
Dame,  de  prélever  annuellement  une  somme  de  dix  livres 
sur  les  revenus  de  Vévêché  pour  subvenir  aux  frais  de  la 
couverture  de  Véglise  cathédrale. 


R.  de  Lasteyrie,  Cartul.  yen.  de  Paris. . .,  t.  I  (1887),  p.  178  (coll.  de  VHlsi. 
gén.  de  Paris),  d'après  l'oriji^.  scellé  du  sceau  plaqué,  Arch.  nat.,  K  21 
n"  7"  ;  cop.  contemporaine  Arch.  nat.,  K  21  n°  7'' ;  cop.  du  xii»  siècle, 
Arch.  nat.  LL  177  [Livre  noir  de  N.-D.),  p.  45;cop.  du  xiii»  s.,  Arch. 
nat.  LL175  [Grand Pastoral  de  N.-D.),  p.  589  ;  cop.  duxiii'  s.,  Arch.  nat. 
LL.  116  (Petit  Pastoral  de  N.  D.),  p.  63. 

(Cf.  Cartul.  de  Véglise  N.-D.  de  Paris,  par  Guérard,  1850,  t.  I,  p.  252- 
25.'^,  coll.  des  Doc.  inéd.  —  V.  Mortel,  Etude  hist.  et  arch.  sur  la  cath. 
et  le  palais  épiscop.  de  Paris,  du  vi"  au  xii"  siècle,  1888,  Pièc.  justif.  n°  I, 
p.  79-80.) 

Preceptum  Ludovic [  régis   de  viatura  et  hominibus 

PARISIE^SIS    episcopi. 

[1112-1116]  1  — ....  Terra   igitur  illa  que  incipit  a  porta 

1.  Dans  son  livre  intitulé  Louis  VI  le  Gros,  annales  de  sa  vie  et  de  son 
règne  [p.  106-107),  M.  A.  Luchaire  a  montré  que  ce  règlement  doit  être 
placé  à  la  date  approximative  que  nous  donnons-ci-dessus,  et  non  vers 
1110,  comme  on  l'avait  cru  auparavant. 


[1112-H16]         DE    l'architecture   en    FRANCE  349 

claustri  Béate  Marie,  ab  illa  scilicet  porta  que  proxima  est 
domibus  Stephani  archidiaconi,  illa,  inquam,  terra  a  sinis- 
tre existens  latere,  sicut  publica  disting-uit  via,  usque  ad 
domum  Ansoldi,  et  ab  illa  ,domo  lineatim  usque  ad  caput 
ecclesie  Sancti  Gristofori,  et  a  capite  illo  usque  ad  muros 
veteris  ecclesie  Sancti  Stephani,  tota,  inquam,  terra  illa 
cum  edificiis  suis,  quemadmodum  a  predicta  circumcingi- 
turet  clauditur  via,  undique  usque  ad  muros  claustri  Béate 
Marie  sub  potestate  Parisiensis  episcopi  et  in  viatura 
tantummodo  illius  jure  antiquitatis  existit...  Sciendum 
autem  est  quia  spatium  illud  quod  est  infra  portas  veteris 
ecclesie,  sicut  totus  interior  murorum  ambitus  continet,  sub 
jure  est  episcopi,  quemadmodum  nova  ecclesia,  régis  potes- 
tate omnino  exclusa.  Spatium  vero  illud  quod  est  a  capite 
fracti  mûri  veteris  ecclesie  usque  ad  Sequanam,  transeundo 
scilicet  ante  curiam  episcopi,  hinc  et  inde,  sub  viatura  est 
ejusdem  episcopi  ^  — 


R.  de  Lasteyric,  Cartul.  qén.  de  Paris...,  t.  I,  p.  218,  n"  198,  d'après 
1  orig.  scellé  du  sceau  plaqué,  Arch.  nat.,  K  22,  n°  2;  —  cop.  du  xii'  s., 
Arch.  nat.,  LL  177  {Livre  noir  de  N.-D.,  p.  173;  cop.  du  xiii'  s.,  Arch. 
nat  ,  LL  175  {Gr.  Pasl.  de  N.-D.),  p.  588;  cop.  du  xiii'  s.,  Arch.  nat., 
LL,  176  {Pel.  Past.  de  N.-D.),  p.  85. 

(Cf.  Cartulaire  de  l'église  Notre-Dame  de  Paris,  t.  l,p.  266,  coll.  des 
Doc.  inéd.  —  V.  Mortet,  Élude  historique  et  archéoloçiique  sur  la  cathé- 
drale et  le  palais  épiscopal  de  Paris  du  VI' au  A7/«  siècle,  Pièc.  jus- 
tif.  n°  II,  p.  81.) 


1.  Ainsi  le  règlement  de  Louis  VI  attribue  à  lévéque  un  droit  de  voirie 
sur  quatre  portions  de  terrain  bien  distinctes  :  I"  le  terrain  situé  entre 
le  cloître,  dune  part,  et  dautre  part  la  voie  publique  passant  devant  la 
maison  dun  nommé  Ansoud,  le  chevet  de  Saint-Christophe  et  le  mur  de 
Saint  Etienne  ;  2°  le  terrain,  qui  était  peut-être  à  ciel  ouvert,  compris 
entre  les  murs  ruinés  de  Saint-Etienne  ;  3"  le  terrain  qui  s'étendait  depuis 
les  murs  de  Saint-Étienne  jusqu'à  la  Seine,  en  passant  devant  le  palais  épis- 
copal, situé  alors,  comme  plus  tard,  entre  la  Seine  et  l'emplacement  de  la 
cathédrale  actuelle  ;  4°  le  terrain  occupé  par  l'église  neuve,  Saint-Etienne 
et  très  vraisemblablement  situé  sous  le  chœur  de  la  cathédrale  actuelle 
Quant  à  l'emplacement  de  l'église  Notre-Dame,  dénommée  ecclesia  nova, 
voy.  pour  cette  restitution  la  pi.  I,  A  la  fin  de  notre  Étude  hist.  et  archéo- 
logique. Pour  plus  de  détails  sur  tousces  anciens  emplacements,  voy.  ibid., 
p.   25  et   suiv. 


350  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [H24| 


Preceptu3i    cooperture  ecclesie  Béate  Marie  1. 

[i  124,  2S  janv.  —  1^'"  mars.]^ —  In  nomine  sancte  et  indi- 
vidue  Trinitatis.  Justitie  et  rationi  cong^ruere  plane  et  evi- 
denter  agnoscitur,  quod  ea  que  ecclesiis  Dei,  caritatis  gratia, 
conferuntur  in  earum  necessitatibus,  ut  dignum  est,  expen- 
dantur,  quia  quasi  crudele  et  inhonestum  videtur  quod  ea, 
que  illis  data  sunt,  in  usibus  ipsarum  necessariis  eisdem 
subt(h)ra[h]antur  ;  quod  siquidem  regum  precipue  et  prin- 
cipum  offîtio  incumbere  deprehenditur,  ut  ecclesie  Dei  ab 
ipsoruni  sollicitudine  in  hoc  provideatur.  Ego  igitur  Ludo- 
vicus,  Dei  gratia,  Francorum  rex,  hac  ratione  ammonitus, 
notum  iieri  volo  cunctis  fidelibus,  tam  futuris  quam  et  ins- 
tantibus,  quod  Bernerus,  Béate  Marie  Parisiensis  ecclesie 
decanus,  et  capituli  ejusdeni  ecclesie  conventus  universus, 
duni  in  manu  nostra  Parisiensis  episcopatus  benefîtia  tene- 
remus,  a  majestate  nostra  hvimiliter  petierunt  ut,  super 
ecclesiam  sanctissime  Dei  genitricis  misericordia  moti,  de 
rébus  episcopalibus  aliquid  eidem  ecclesie,  unde  in  perpe- 
tuum  cooperiri  posset,  jure  perpetuo  et  annis  singulis 
habendum  donaremus.  Nos  autem,  digne  et  humili  eorum 
petitioni  condescendentes,  regia  actoritate  nostra  statuimus 
et  precipimus  ut,  ad  eandem  ecclesiam  cooperiendam,  decem 
libre  de  redditualtaris  in  octavis  Edicti  "^  annuatim  suman- 
tur.  Et  si  ad  hoc  altaris  redditus  non  sufficerit,    ille  deceni 

1.  Nous  renvoyons  le  lecteur  au  commentaire  que  nous  avons  donné  de 
ce  document  dans  notre  JS^j/Je  historique  el  archéolnf/ique,  p.  2A-2b.  Cl\ 
Guérard,o/).  cit.,  Préface,  p.  clxvu,  et,  d'autre  part,  les  observations  de 
M.  R.  de  Lasteyrie,  La  date  de  la  porte  Sainte-Anne  h  Notre-Dame  de 
Paris,  dans  les  Mém.  de  la  Soc.  de  l'hist.  de  Paris  et  de  V Ile-de-France, 
t.  XXIX  (1902).  p.  7. 

2.  D'après  M.  A.  Luchaire  [op.  cit.,  p.  157-158),  cette  date  serait  plus 
exacte  cfuc  celle  de  l'année  1123,  que  l'on  avait  assijjnée  avant  lui  à  ce 
diplôme  royal. 

3.  La  foire  de  Lendit  {Indictiim,  Edictam),  établie  à  Saint-Denis,  com- 
mençait le  deuxième  mercredi  de  juin.  Cette  solennité  donnait  lieu  à  des 
oITrandes  extraordinaires  de  l'autel  qui  étaient  déposées  sur  le  voile  appelé 
«  surccint  »  (snccintoriitm).  Elle  fut  aussi  l'occasion  de  revenus  pour 
l'reuvre  de  l'éfflise  de  Saint-Denis,  d'après  Suger  :  «  Annalom  redditum  his 
expleiulis  conslituimus.  vidclicct. .  .  ccntum  libras  in  Indiclo...  »  (Libellas 
aller  de  consecr.  eccl.  S.  Dionijsii,  éd.  I^ecoy  de  la  Marche,  p.  226). 


[1114]  DE    l'architecture    en    FRANCE  5S1 

nummorum  libre  de  cereis,  qui  in  Purifîcatione  Sancte 
Marie  a  casatis  '  redduutur,  ad  plénum  suppleantur,  et 
posite  in  custodia  capicerii  -  et  unius  ejusdeni  ecclesie 
canonici,  quem  decanus  et  capituli  conventus  ad  hoc  elege- 
rint,  solummodo  ni  essillis  et  clavis  et  tegulis  penitus 
expendantur,  et  ubi  et  quomodo  expense  fuerint,  decano  et 
capitule  ab  earum  custodibus  computabitur.  Trabes  autem 
et  tigni,  immo  omnia  alia  ecclesie  necessaria  ab  episcopo 
ecclesie  ministrentur.  Quod  ne  valeat  oblivione  del-eri, 
scripto  commendavimus  et,  ne  possit  a  posteris  infirmari, 
si"-illi  nostri  actoritate  et  noininis  nostri  karactere  subterfir- 
.mavinius. 

Actum  Parisius  publiée,  anno  Incarnati  ^"e^bi  M"  G"  XX* 
III",  regni  nostri  X"  VI**,  astantibus  in  palatio  nostro  quo- 
rum nomina  subtitulata  sunt  et  signa.  Signum  Stephani 
dapiferi.  S.  Gisleberti  buticularii.  S.  Ilugonis  constabularii. 
S.  Alberici  c(h)amerarii. 

Data  per  manum  Stephani  cancellarii  [monoff ranime) . 


CXXXIII 

1114. 

Changement  d'emplacement  du  château  de  Gumont,  en  Bas- 
Limousin,  par  les  soins  du  seigneur  de  ce  lieu;  cession 
de  Vancien  emplacement  dudit  château  au  monastère   de 


1.  C'est-à-dire  les  vassaux  de  révoque. 

2.  Si  l'on  ne  rencontre  pas  à  cette  époque  la  mention  expresse  de  fabri- 
cien  en  titre,  de  maître  de  la  Fabrique,  il  ft'en  faut  pas  moins  noter  que 
des  fonctions  de  ce  f^enre.  dans  la  première  moitié  du  xii"  siècle,  étaient 
confiées,  en  partie  au  chèvecier  {capiceriiis  et  à  un  chanoine  choisi  à  la  fois 
par  le  Chapitre  et  par  l'évéque  ;  tous  deux,  en  tant  que  f^ardiens  {custodes) 
étaient  tenus  de  rendre  compte  de  leur  gestion.  Le  chèvecier  avait  plus 
particulièrement  la  j;arde  des  oITrandes  des  fidèles,  et  il  devait  veiller  à  la 
conservation  de  tous  les  objets  sacrés  du  sanctuaire  :  l'évéque  était  res- 
ponsable des  actes  du  chèvecier.  Ainsi,  le  Chapitre  et  l'évéque  participaient 
en  commun  à  la  {gestion  des  fonds  alTecté^,  aux  travaux  qui  étaient  devenus 
nécessaires  à  la  cathédrale  de  Paris.  (Voy.  notre  Elude  histor.  et  archéol.^ 
p.  53-54.) 


352  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1114] 

Saint-Martin  de  Tulle,  réserve  faite  de  deux  soliers. — 
Cession  d'un  autre  emplacement  audit  monastère,  pour 
y  construire  un  vivier. 

Cartulaire  de  Vnbbaye  bénédictine  de  Saint-Martin  de  Tulle  en  Limousin, 
publ.  par  J.-B.  Champeval  (1903),  n"  463,  p.  249  (Bull.  Soc.  scient.,  hist. 
et  arch.   de  la  Corrèze,  t.  XV,  p.  323). 
(Cf.   Baluzius,  Historia,  Tutelensis,   1717,  Appendix  actor.  veter.,  col. 

458-460.) 

In  parrechia  praedictae  ecclesiae  [de  Acuto  monte]  '  situm 
erat  quoddam  castellum,  quod  vulgo  Roca  ^  nominatur.  Hujus 
castelli  dominus,  nomine  Geraldus  de  Roca,  de  animae 
suae  sainte  sollicitus,  abbatem  praedictum,  qui  Tutelensi 
monasterio  praesidebat,  rogavit  ut  in  eodem  castello  monas- 
terium  aedificare  dignaretur.  Dédit  itaque  Deo  et  Sancto 
Martino  Tutelensi  terram  in  ipso  castello  ubi  et  monas- 
teriumetofficinae  possent  aedifîcari...  Defuncto  Geraldo  de 
Roca,  Ademarus  de  Roca,  fîlius  ejus,  volens  mutare^  cas- 
tellum in  quodam  loco  haud  procul  inde  remoto,  ubi  ipsum 
castellum  antiquitus  situm  fuerat,  quicquid  in  ipso  castello 
habebat  in  dominio  Tutelensi  monasterio  donavit,  exceptis 
duobus  solariis  in  quibus  Petrus  Johannis  et  Petrus  Rot- 
geriimanebant^.  Praeterea  dédit  monachis  locuminaquaubi 
piscina aedifîcaretur  piscibus  capiendis  idonea.  Pro  his  omni- 
bus dédit  ei  abbas  Ebalus  ducentos  solidos  Lemovicensium 
denariorum...  —  Factum  est  hoc  anno  ab  Incarnatione 
Domini  MGXIV,  indictione  V,  régnante  Ludovico  rege, 
praesidente  Eustorgio  episcopo  in  Lemovicina  sede. 

1.  Gumont,  c.  du  cant.  de  La  Roche-Canillac,   arr.  de  Tulle   (Corrèze). 

2.  La  Koche-Canillac,  dans  un  site  escarpe,  sur  la  rive  droite  du 
Doustre.  Le  bourg  de  La  Roche-Canillac  se  divise  aujourd'hui  en  Uoche- 
Ilaute  et  Roche-Basse,  où  furent  le  prieui-é  de  Saint-Maur,  et  la  cha- 
pelle Saint-Salvy,  très  ancienne  aussi. 

3.  Voy.  si/jorà  l'acte  de  1008-1026,  relatif  au  changement  d'emplacement 
du  château  de  Thro  (Château-Josselin),  en  Bretagne. 

4.  ;V/ane7jun/,  Bal.  «  Manebunl,  dit  Champeval,  vaut  mieu.\,  car  solarium, 
souLir,  n'est  qu'un  emplacement  généralement  ancien,  mais  presque  ras 
et  démuni  de  ses  matériaux  de  bâtisse  ».  Op. cit.,  p.  248.)  Il  faut,  au  con- 
traire, laisser  subsister,  à  notre  avis,  la  leçon  maneAan/ qui  indique  une 
installation  déjà  faite.  En  effet,  il  semble  qu'il  ne  faut  pas  confonch-e  sola- 
rium avec  sitalium,  platea,  Icpmcs  qui  désignent  un  emphucment 
\id(i,  Solarium  signifierait  ici  plancher,  étage  dans  une  habitation.  Cf. 
unum  solarium,  même  Cartulaire,  ann.  1073-1084,  p.  221. 


[1114-1137]  DE    l'architecture    en    FRANCE  353 

GXXXIV 

lllienviron — versll37,  etlliO environ  —  vers  1163. 

Construction  du  prieuré  de  Grandmont  aux  frais  de  Henri  P^, 
roi  d'Angleterre  ;  couverture  en  plomb  de  t église  de 
ce  monastère.  — Accident  survenu  a{i  maître  de  l'œuvre, 
du  nom  de  Géraud,  pendant  la  construction  de  ladite 
église. 


Historia  priorum  Grandimoniensium  brevis  ',  dans  Martène,  AmplissimA 
coUecUo,  t.  VI  (1729),  col.  117-118. 

[1114-1137.]  Prior  et  nonnullide  fratribus...  ad  locum 
divinarevelationecompertum,  neclonge  a  Mureto distantem, 
se  contulerunt .  Ibi  ecclesiam  '  et  domos  aedificaverunt  ^. 

Hujus  secundi  prioris,  [Pétri  Lemovitani],  tempore,  coe- 
pit  Henricus-^  rex  magnifîcam  Grandimontensibus  patribus 
domum  aedificare  quam  ejus  posteri  perfecerunt^  et  plumbo 
tegendam  curavit. 


Vila  sancli  Slephani  Grandimontensis  [Murelensis],   auct.    Geraido   [seu 
Gerardo    Itherii],   priore   Grandimontensi.  dans  Martène,   op.   cit.,  col. 
1073-107  i. 
(Cf.  Migne,  Pair,  lat.,  t.  CCIV,  col.  1032-1033.) 

1.  Le  prieuré  de  Saint-Michel  de  Grandmont,  au  diocèse  de  Limoges, 
ctaitsitué  surle  territoire  de  la  commune  de  Saint-Silvestre  (Haute- Vienne). 
Il  ne  reste  plus  aujourd'hui  que  des  débris  de  l'abbaye  chef-d'ordre  qui 
succéda  plus  tard  au  prieuré  et  dont  l'église  ne  comportait  qu'une  nef 
allongée  sans  bas-côtes. 

2.  «  In  hoc   Grandimonte  inter  quatuor  altiores  montes  medio  construc- 

tae  olim  fuerunt magnificentissimae  aedes,  turres,  officinae...  plumbo 

coopertac,  subsidiis  ducis  Picardiae,  nec  non  Henrici  et  Kichaixli,  rcgum 
Angliae,  qui  domos  et  palatia  ibidem  habebant,  quorum  nunc  sola  super- 
sunt  vestigia  et  nomina  {Ann.  ord.  Grand., authore  Levesque,  1652,  p.  96  ; 
cf.  p.  97  (au  sujet  des  proportions  de  l'église). 

3.  Les  princes  delà  famille  de  Plantagenèt,  surtout  Henri  II,  furent  les 
zélés  protecteurs  de  cet  ordre  qui  se  distinguait  de  beaucoup  d'autres  pai' 
une  règle  plus  austère.  Pendant  une  maladie  qu'il  fit  en  Anjou  (J 170),  Henri  II 
demanda  à  être  enterré  dans  le  cloître  de  Grandmont,  aux  pieds  de 
saint  Etienne  de  Muret.  Voy.  A.  de  Dion  et  L.  Guibert,  Seconde  note  sur 
l'architecture  de  Tordre  de  Grandmont...,  dans  le  Bail,  monum.,  1876, 
p.  248,  avec  pi. 

23 


354  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1115-1141] 

[1140-1163.]  —  Tempore  domni  Stephani  de  Liciaco  '... 
qiiarti  prioris  Grandimontis,  aedificabatur  ecclesia  in  Gran- 
dimonte.  Accidit  autem  quadamdie,  cum  operarii  quemdam 
lapidera  magnum  ac  quadratum  sursum  in  altum  déferrent, 
obvium  habuerunt  Geraldum,  raagistrum  operis  ipsius,  quem 
inviti  et  incaute  ignorantes  expulerunt  a  summitate 
arc[uu]m2,  et  corruit  in  terram  ;  qui  graviter  collisus 
occubuit. ..  Flebant  itaque  caementarii  et  alii  operarii... 
Prior  Stephanus  duxit  ad  sepulchrum-^  beati  patris  nostri 

Stephani dixit  ad   eum  :  «  Gerarde,  surge,  surge,    dico, 

operarie,  et  ad  opus  tuum  revertere...  »  ...Reviviscens 
homo  surrexit...  Tune  Stephanus  prior...:  «  Ecce  magister 
vester  Geraldus  sanus  et  incolumis  persévérât.  Revertimini 
igitur  cum  eo  ad  opus  vestrum...  » 


cxxxv 

1115-1141,  vers  1122  et  1123,  1135  et  1140. 

Inscriptions  du  pavement  en  mosaïque  du  chœur  de  la  cathé- 
drale de  Lescar,  en  Béarn^  et  de  Véglise  conventuelle  de 
Ganagôbie^  en  Provence. 

Construction  d'une  rue  au  bourg  Saint-Nicolas  de  Morlaas, 
par  les  soins  de  Gaston  IV,  vicomte  de  Be'arn.  —  Cons- 
truction dans  ladite  ville,  près  de  l' église  Saint- And  ré, 
d'un  oratoire  avec  un  saint-sepulcre,  et,  à  l'église  de  Sainte- 
Foi,  d'un  autel  dédié  à  sainte  Marie-Magdeleine. 


Lanore,  Notice  hist.  el  arch.  sur  i'éijlise  de  Noire-Dame,  de  Lescar,p.  99 
et  s.;  Pau, 11905  (extr.  de  la  Rev.dii  Béarn,  1904-05);  cf.  le  même,  Bull. 
;.    monum.,   1904, 'p.  251. 


1.  Lissac.  On  trouve  plusieurs  localités  ainsi  dénommées  dans  la  réfjrion 
du  Massif  central  :  par  exemple,  dans  la  Gorrèze. 

2.  /Irctiim,  Martène  et  Mi{,'ne. 

3.  Le  tombeau  de  saint  Etienne  était  placé  devant  l'autel  :  «  Scpulcrum 
hominis  Dci  antealtarc.  •>  [Op.  cit.,  col.  1071). 


[4123] 


DE    l'architecture    EN    FRANCE  353 


[1113-1141.]  — Dominus  Guido  '  episcopus    Lascurren- 
sis  hoc  fieri  jussit  pavimentum-. 


D.  Christophe  Gauthey,  dans  \a  Rev.  de  l'art  chrétien,  1898,  p.  310. 
(Cf.  Enlart,  Man.d'archéol.  fr.,  t.  I,  p.  "09.) 

[1122.]  — Me^  prior  et  fieri  Bertranne^  jubés  et  haberi 
Et  Petrus  urgebat  Trutberti^  meque  regebat. 


Carlulaire  de  Sainte-Foi  de    Morlaas,  publ.   par   L.  Cadicr  (1861),  p.  11 
et  46  (extr.  du  Bull,  de  la  Soc.  des  sciences,  belles-lettres  et  arts  de  Pau, 


2«  sér.,  t.  XIII). 

[1123.]  —  Ego  Guastonus^,  vicecomes,  reddidi  aecclesie 
Sancte  Fidis  '  et  dedi  possessionem  terre  in  qua  construxi 

1.  Gui,  cvêque  de  Lascar,  occupa  son  siège  épiscopal  de  l'année  1115  k 
l'année  1141. 

2.  On  ne  peut  douter  du  sens  littéral  de  cette  phrase  ;  elle  veut  dire  non 
pas  que  Gui  a  fait  mettre  en  place  le  pavement,  mais  bien  qu'il  l'a  fait 
exécuter.  Le  pavé  en  mosaïque  de  la  cathédrale  de  Lescar  représente  une 
scène  de  chasse,  et  forme  une  imitation  assez  grossière  dunmodèle  romain, 
on  a  longtemps  cru  que  cette  mosaïque  était  d'origine  antique.  —  Outre  les 
sources  bibliographiques  indiquées  par  Lanore,  op.  cit.  (fig.),  voy.  Clausse, 
Bev.  de  l'art  chrétien,  1899,  p.  416-417. 

3.  «  Le  pavé  de  mosaïque  qui  était  le  plus  précieux  était  surtout  réservé 
pour  les  abords  de  l'autel,  pourles  absides  et  les  sanctuaires.  »  (A. de  Cau- 
mont,  Abèc.  d'archéol.,  5"  éd.,  p.  288.)  Voy.  aussi  VioUet-le-Duc,  Dict.  de 
Varch.  fr.,  t.  V,  p.  10  et  s.,  v°  Dallage).  —  «  A  Ganagôbie,  —  aujourd'hui  c. 
du  cant.  de  Peyrus,  arr.  Forcalquier,  Basses-Alpes,  —  des  mosaïques 
découvertes  en  1898,  dans  le  chœur  et  les  trois  absides  de  l'église,  sont 
habilement  exécutées  en  marbre  noir,  blanc  et  pourpre  ;  elles  figurent  des 

f)anneaux  carrés  à  dessins  d'ornement,  et  dans  l'abside  principale  (fig.  351), 
e  Sagittaire,  les  Poissons,  un  éléphant,  un  grillon,  et  autres  animaux  ; .  le 
tout  dénote  l'imitation  de  dessins  orientaux  fEnlart,  ihid.). 

4.  Le  prieur  Bertran  était  en  fonctions  en  1122. 

5.  Pierre  Trubert  a  ainsi  dirigé  l'exécution  de  la  mosaïque  sur  la  com- 
mande dudit  prieur. 

6.  Gaston  IV,  vicomte  de  Béarn  (1088-1130),  de  la  maison  de  CenfuUe. 

7.  Sainte-Foy  de  Morlaas;  Morlaas,  qui  fut  au  xi'  siècle  capitale  du  Béarn 
et  résidence  des  vicomtes,  est  aujourd'hui  ch.-l.  de  c,  arr.  de  Pau,  à  8  kil.  au 
N.  E.  de  cette  ville.  Le  prieuré  de  Morlaas  dépendait  de  Cluny  ;  on  sait 
combien  fut  grande  l'extension  du  culte  de  sainte  Foy  en  France  et  à 
l'étranger.  Sur  les  sources  à  consulter  pour  l'histoire  du  prieuré  de  Mor- 
laas, voy.  Gadier,  op.  cit.,  p.  xi.  Dans  l'acte  de  fondation  dudit  j)rieuré 
(1079),  Centulle  stipule  ([u'il  donne  à  l'abbaye  de  (>luny  l'église  construite 
en  l'honneur  de  sainte  Foy  :«  ecclesiam  quae  [hjedificatiir  in  honore  sancte 
Fidis.  »  ihid.,  p.  xvi.)  L'ouvrage  d'A.  Bouillet  et  L.Servières,  Sainte  Foy, 
éd.  1904,  reproduit  la  belle  façade  romane  du  monument  de  Morlaas  (p.  82). 


356  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1135-1140] 

unam  rudam^  burgi  Sancti  Nicholai^  quam  ei  abstuleram, 
recognoscens  me  graviter  deliquisse  et  errasse,  tali 
tenore  ut  censum  de  domibus  in  ipsa  terra  fundatis  et  habi- 
tatores  loci  ipsius  ecclesie  jure  perpétue  accipiant  et  possi- 
deant. ..  Testes  sunt...  Anno  ab  Incarnatione  Domini  M® 
C»  XXIII. 

[1133-1140.]  —  ...Incipit  testamentum  et  memoria  pec- 
catoris  Bernardi  de  Belsta^,  Morlanensis  capellani...  Pre- 
dictus  B[ernardus]  ecclesiam  ^  S.  Andrée,  cum  voluntate  et 
auxilio  vicinorum  et  aliorum  fidelium,  fundavit  et  ibi  alta- 
ria  construxit  ; . . .  atque  ejusdem  ecclesie  primus  capellanus 
ex[s]titit.  Deinde,  précédente  tempore,  consensu  et  volun- 
tate prioris,  videlicetB.  de  Suaus,  Sancte  Fidis,  et  ejusdem 
domus  fratrum,  pro  suo  anniversario,  juxta  predictam  eccle- 
siam, basilicam,  altare  et  sepulcrum  in  honore  Sancti  Sepul- 
cri,  in  quo  Dominus  jacuit,  edificavit,  tali  habita  con- 
ventione,  ut  quicquid,  insequenti  die  post  Pascha,  a  fîdelibus 
populis  aitari  vel  sepulcro,  ammonitione  capellani,  obla- 
tum  fuerit,  scilicetpanem,  nummos,  candelas,  capellanus  vel 
ejus  missus  accipiat,  et  eadem  die  fratres  Sancte  Fidis  et 
familiam  diligenter  atque  festive  procuret.  —  Similiter  sub 
eadem  conventione,  consensu  et  voluntate  A[rnaldi]  ',  Olo- 
rensis  episcopi,  et  fratrum  infra  ecclesiam  S.  Fidis,  predictus 
B[ernardus]  in  honore  sancte  Marie  Magdalene  altare 
construxit,  videlicetut  quicquid  in  festivitate  sancte  Marie 
Magdalene,  ••   predicto    aitari    oblatum   fuerit,     capellanus 


1.  «In  rudu,anteostiumSiinctiNicholai»,lil-on  dans  un  acte  de  1123-1170 
'("-aclicr,  op.  cit.,  p.  39). 

2.  Au  commencement  du  xii*  siècle,  Morlaas  comprenait  4  quartiers 
/'réquemment  nommés  dans  le  Gartulaire  :  le  prieuré  de  Sainte-Foy  et  le 
Bourg-Vieux,  au  N.  O.,  le  Bourg-Neuf  ou  Bourg-nau,  à  lE.,  le  Marcadet 
et  le  Bourg-Saint-Nicolas,  à  l'O. 

3.  Beuste,  comm.  du  cant.  deNay-Ouest,  arr.  de  Pau. 

4.  Cette  chapelle  fut  fondée  au  Bourg-Neuf  à  la  fin  du  xi*  s.  (cf.  acte  de 
10S8-96,  de  Gaston  IV,  vicomte  de  Béarn).  Voy.  Cadier,  op.  cit.,  p.  7. 

f).  Il    s'agit   probablement    du   prieur   Arnaud   d'Araux    (ou   peut-être 
d'Arnaud  d'Izeste).  Voy.  Cadier,  op.  cit.,  p.  xix-xx. 
6.  La  fête  de  sainte  Marle-Magaeleine  a  lieu  le  22  juillet. 


[1116-1132]         DE   l'architecture   en    FRANCE  357 

accipiat,  et  eadem  die  pro  memoria  constructoris,  sicut 
prediximus,  procurationem  agat. . .  Oddo,  abbas  Régule  ^  qui 
post  predictos  Morlanensis  prior  extitit,  predicta  approbavil. 


CXXXVI 

1116-1132. 

Statuts  de  Vordre  des  Chartreux,  rédigés  par  Guigue  /", 

prieur  ^  de  la  Grande-Chartreuse,  relatifs  aux  maisons  de 

cet  ordre    monastique,  et   à    l'exercice  des    arts  manuels 

.  dans   Vintérieur    de  ces   couvents.    —  Interdiction  des 

dépenses  superflues,  et  des  ornements  en  général. 

Annales  ordinis  Cartusiensis^...  [auct.    Innoc.   Le   Masson],  t.  I  (1687),  p. 
42,  49,  50,  53,  71,  74,  75,  77,  80,  88,  92,  93. 
(Cf.  Migne,  Pair,  lat.,  CLIII,  coL  655  et  suiv.) 

Cap.  X.  Quales  hospites  introducantur  in  chorum.  — 
1.  In  chorum^  nostrum  hospites  tantum  religiosos  intro- 
ducimus,  cum  quibus  in  claustro  communem  licet  habere 
sermonem. 

XYl.. De  procuratore  domus  infériorisa.  —  Praeficitur... 
ab  eo  [priore]  eidem  domui  unus  e  monachis  diligens  pro- 
curator  "^  :  sic  enim  eum  volumus  appellari  qui,  universorum 

1.  Odon,  abbé  de  Larreule  (1147-62).  Il  est  probable  qu'il  succéda  à 
Arnaud  I",  évêque  d'Oloron  (Voy.  Gall.  christ.,  t.  I,  col.  1304);  mais  on 
ignore  combien  de  temps  il  resta  prieur  de  Morlaas.  Larreule  était  une 
abbaye  bénédictine  du  diocèse  de  Lescar,  aujourd'hui  comm.  du  cant. 
d'Arzacq,  arr.  Pau. 

2.  Guigue  1"  était  prieur  général  des  Chartreux  (1110-1137).  Voy.  Cheva- 
lier, Rép.  bio-bibl.,  col.  945, v»  Guigues  ;  cf.  Rép.  top.  bibl.,  col.  664-666,  v* 
Chartreux.  —  Sur  les  constructions  des  Chartreuses,  voy.  VioUet-le-Duc, 
Dict.  de  Varch.  fr.,  t.  I,  p.  306  et  s.  (avecfig.). 

3.  Un  nouveau  tirage  de  ces  Annaiesa  paru  en  1703,  sous  le  titre  sui- 
vant :  «  Disciplina  ordinis  Cartusiensis,intres  libros  distributa  »,  Parisiis, 
ap.  Ant.  Dezalier,  1703,  in-fol. 

4.  Cf...  «  ad  ostium  chori  »  (cap.  vu).  C'est  la  porte  par  laquelle  les 
Chartreux  entraient  dans  le  chœur  de  leur  église. 

5.  Cf.  cap.  XVII,  même  expression. 

6.  Le  cap.  xvii,  où  il  est  question  de  la  domus  inferior,  mentionne  le 
dispensator  dont  l'office  parait  se  rapprocher  de  celui  du  procurator. 
Ce  procurator  devait  avoir  aussi  la  charge  matérielle  des  bâtiments. 


358  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [H  16-1132] 

strenue  curam  gerens,  si  mag-num  aliquid  aut  praeter  con- 
suetudinem  agendum  est,  ad  prions  recurrit  semper  consi- 
lium... 

XVII.  De  infirma  qui  mittitur  ad  inferiorem  domum.  — 
Quod  si  quem  alium  ex  monachis  ad  inferiorem  '  domum 
fecerit  prior  descendere... 

XX.  De  pauperibus  et  eleemosynis.  —  7...  Qui  domus 
hujus  expensas  noverit,  non  de  superfluis  quaeret  quid 
faciamus,   sed  potius  stupebit  quare  non  egeamus^. 

XXVIII.    De  utensilibus  cellac.    —  2 Quod  si  frater 

alterius  artis  fuerit,  —  quod  apud  nos  raro  valde  contingit, 
omnesenim  pêne  quos  suscipimus,  si  fieri  potest,  scribere 
docemus,  —  habebit  artis  suae  instrumenta  '^  convenientia. 

XXXVI.  De  hospitibus  siiscipiendis.  — 4.  In  superiori^.,, 
domo  non,  nisi  religiosi,  hospites  jacere  consueverunt. . . 

XL.  De  ornamentis.  '' —  1.  Ornamenta  aureavel  argentea, 
praeter  calicem  et  calamum,  quo  sanguis  Domini  sumitur, 
inecclesia  non  habemus  ;  pallia  tapetiaque  reliquimus. 

XLI.  Ut  nulia  extra  eremum  possideantur.  —  1,  ...  Sta- 
tuimus  quatenus  loci  hujus  habitatores,  extra  su[i]  termines 

1.  Cf.  siiperior  domus  {cap.  xxxvi). 

2.  On  sait  que  c'est  de  l'ordre  des  Cisterciens  que  se  rapprochait  à  cer- 
tains 6ji;ards  celui  des  Chartreux,  à  la  différence  de  celui  de  Cluny,  où  ne 
régnait  point  la  même  austérité. 

3.  Ce  S  2  indique  d'abord  les  instruments  nécessaires  à  écrire,  à  nettoyer 
les  parchemins,  à  les  régler,  à  les  préparer  pour  l'écriture,  en  même 
temps  qu'il  mentionne  la  règle,  le  plomb,  etc.,  cf.  :  «  ...  Ad  opéra  vero 
dolabrum  »  (cap.  xxviii.  Voy.  Guigonis  II  Carthus.  maj.  prior.  Lib.  de 
exercitio  cellae,  cap.  xxxvi)  (De  opère  manuum),  dans  Migne,  tom.  cit., 
col.  880  et  s. 

4.  Cf.  inferior  domus  (cap.  xvi  et  xvii). 

5.  Au  xiif  siècle  (1261),  les  statuts  des  Chartreux  rappellent,  à  propos 
de  l'ornementation  des  églises  et  des  cellules,  que  l'austérité  primitive  de 
cet  ordre  religieux  s'était  relâchée.  Les  articles  42  et  43  sont  ainsi  conçus  : 
»  Tapetia  universa  et  quarrelli  picturati  vel  curiosi  de  cellis  amoveantur. 
—  Picturae  curiosae  de  ecclesiis  et  hospitiis  deleantur»  (Migne,  Pafr.  lat., 
t.  CLIII,  col.  1134.) 


[H16-H32]       DE  l'architecture  en  frange  359 

eremi  nihil  omnino  possideant,  id  est...  non  ecclesias,  non 
coemeteria,  non  oblationes,  non  décimas  et  quaecumque 
hujusmodi. 

XLII.  De  divino  officlo  fratrum  laicorum...  —  2.  Ex 
quibus  in  vigiliis  solemnitatum ,  in  quibus  capitulum  tenetur. . . 
ad  superiorem  conscendunt  ecclesiam  ^,  matutinas  et  caete- 
rum  sacrum  offîcium  audituri. . . 

XLVI.  De  coquinario.  —  1.  ...  Coquinae  ~  praesidet  unus 
e  fratribus...  Horis  competentibus  signum  ^   puisât 

3.  Ecclesiam  custodit,  portae  praeest...  ferramenta  com- 
munia servat  ;  domus  et  universae  communis  supellectilis 
curam  g-erit. 

LXIV,  De  custode  pontis.  —  Pontis  custos  cum  nullo 
prorsus,  nisi  specialiter  jussus,  fabulandi  licentiam  habet... 

LXVI.  De  cinere.  —  Cinerem  qui  adsunt  in  inferiori 
capella^  de  manu  procuratoris  accipiunt.... 

LXXVIII.  De  numéro  habitatorum.  —  1.  Numerus 
habitatorumhujus  eremi,  monachorum  quidem  tredecimest, 
non  quod  semper  totsimus,  —  nunc  enim  non  sumus  tôt,  — 
sed  quod  tôt,  si  Deus  eos  miserit,  suscipere  instituimus.  Sed, 
et  si  talis  aliquis  unus,  cujus  utilitas  et  honestas  videatur 
vix  posse  recuperari,  misericordiam  postula verit,  addetur 
et  quartus  decimus,  si  tamen  facultas  domus  tolerare  posse 
putabitur; 


1.  Cf.  cap.  LXVI  :  «  in  inferiori  capella.  » 

2.  Dans  le  cap.  xxx,  il  est  question  de  la  cuisine,  et  du  réfectoire  qui 
communiquait  avec  la  cuisine  ;  «  coquina,  oslium  videlicet  refectorii  quo 
ad  eam  tenditur  ».  Cf.  le  plan  de  la  Chartreuse  deClermont,  dans  Viollet- 
le-Duc,  op.  cit.,  t.  I,  p.  308.  —  D'autres  articles  sont  relatifs  aux  granges 
des  Chartreux  et  à  leurs  demeures  de  garde  pastoi-ale,  habitations  qui  sont 
l'objet  de  la  prévoyance  de  ceux  qui  ont  souci  du   temporel  de  l'Ordre. 

3.  Sur  l'usage  de  la  cloche  dans  les  couvents  de  Chartreux,  cf.  ibid.,  cap. 
vu  :  n  signo  pulsato  »,  et  cap.  iv,  §  28  :  «  pulsato  tinlinnabulo  ». 

4.  Cf.  supra  :  «  ecclesia  superior  ». 


360  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [lld7] 

2.  Laicorum  ^  autem  numerus,  quos  converses  vocamus, 
sexdecim  statutus  est;  nunc  vero  plures  sunt. 

LXXIX.  Quare  tam  parvus  sit  numerus.  —  1.  Hanc 
autem  numeri  paucitatem  eadem  consideratione  delegimus, 
qua  nec  hospitum  equitaturas  procuramus,  nec  domum 
eleemosynariam  habemus  :  videlicet  ne,  ad  majores  quam 
locus  iste  patitur  expensas  coacti,  quaerere  et  vagari,  quod 
horremus,  incipiamus. 


CXXXVII 

1117. 

Fondation  de  V abbaye  Cistercienne  de  Bonnevaux,  au  dio- 
cèse de  Vienne,  en  Dauphiné,  par  V archevêque  Gui  Z®""  de 
Bourgogne,  qui  s^engage  à  subvenir  à  tous  les  frais  de 
cette  construction. 

Cartvlaire  de  l'abbaye  Notre-Dame  de  Bonnevaux^,  au  diocèse  de  Vienne, 
ordre  de  Citeanx,  publ.  d'après  lems.  des  Arch.  nat.  [J.  841],  par  l'abbé 
Ul.  Chevalier,  Grenoble  (1889),  p.  14-15,  n»  8  . 

De  exordio  Bone  valus  ^. 

Anno  ab  Incarnatione  Domini  M"  C"  XVIP,  cum  domnus 
Wido,   sancte   Romane   Ecclesie  legatus,  Viennensis  vero 

1.  D'autres  statuts  des  Chartreux,  du  xii*  siècle,  ceux  de  S'  Anthelme 
(1141),  mentionnent  aussi  les  convers  :  «  fratres  quos  conversos  vocamus» 
(stat.  XXI,  éd.  1687,  p.  103).  —  A  cette  époque,  l'ordre  des  Chartreux  avait 
déjà  pris  une  notable  extension.  Le  statut  IV  des  mêmes  constitutions  est 
ainsi  conçu:  «  Statutumest  utnulladomas  nova  hujus  propositi  sineassensu 
communis  capituli  ex[s]truatur.  »  {op.  cit.^  p.  101.)  —  Les  convers  de  l'Ordre 
des  Chartreux  ont  dû  très  vraisemblablement  être  employés,  entre  autres 
occupations,  à  des  constructions  de  maisons  de  cet  Ordre,  comme  cela  se 
passait  dans  d'autres  Ordres,  dans  ceux  de  Cluny  ou  de  Cîteaux,  par 
exemple. 

2.  Ce  récit  des  commencements  de  Bonnevaux,  dit  l'éditeur,  a  été  publié 
ex  parvo  Chron.  Bonaevall.  par  Manrique  {Cisterc.  Ann.  t.  I,  p.  93),  les 
frères  de  S"  Marthe  (Gall.  christ.,  1656,  t.  IV,  p.  181),  et  dom  Brial  {Rec. 
des  Ilist.  de  Fr.,  t.  XIV,  p.  319).  Cf.  Gall.  christ,  nova,  t.  XVI,  c.  208  et 
surtout  L.  Janauschek  [Orig.  Cisterc,  t.  1,1877, p.  7). 

3.  Aujourd'hui  c.  de  Villeneuve-de-Mars,  cant.  de  S'  Jean-de-Bournay, 
arr.  Vienne  (Isère). 


[1120]  DE    l'architecture    en    FRANCE  361 

archiepiscopus,  nunc  autem  papa  catholicus  ',  redi[i]sset  a 
concilio  quod  apud  Divionense  castrum  cum  multorum 
episcoporum  et  abbatum  aliarumque  reUgiosarum  persona- 
nim  conventu  celebraret,  venit  ad  novum  monasterium 
quod  usitato  vocabulo  Cistercium  nuncupatur,  rogavitque 
domimm  Stephanum,  abbatem  illius  loci,  ut  in  Viennensi 
suo  archiepiscopatu  monasterium  construeret,  ubi  monachi, 
sub  régula  et  abbate  vivantes,  pro  se  et  omni  clero  et  populo 
sibi  commisso  misericordiam  Dei  dévote  exorarent.  Gujus 
petitioni  idem  abbas,  communicato  monachorum  sibi  com- 
missorum  consilio,  annuens,  venit  Viennam  et,  consilio  et 
adjutorio  prescripti  domni  pape  Calixti,  in  valle  quadam 
cepit  cenobium  edifîcare,  quod  Bonam  Vallem  idem  papa 
dictavit  vocari.  Et  sciendum  quod  omnes  sumptus  ad  hoc 
opusnecessarii  ejusdem  pape  providentia  seu  administratione 
provenerunt^. 


GXXXVIII 

1120. 

Immunités  accordées  par  Foulque  V,  comte  d'Anjou,  aux 
maçans  et  aux  charpentiers  dépendant  de  V abbaye  de 
Saint- Jouin-de-Mar nés,  en  Bas-Poitou. 

Cartulaire  de  Saint-Joain-de-Marnes,  éd.  par  Grandmaison,  dans  les  Mém. 
de  la  Soc.  de  statistique  des  Deux-Sèvres,  t.  XVII  (1854),  2«  part.,  p.  29- 
30. 

Omnes  proprii  abbatie^  homines,  sive  indigène  fuerint, 
sive  de    foris   venerint,  ab  omni  in  perpetuum  tam  Pétri 

1.  On  sait  que  Gui  l*'  de  Bourgogne,  archevêque  de  Vienne  (1083-1119), 
devint  pape  (1119-1124)  sous  le  nom  de  Calixte  II. 

2.  Les  conditions  particulières  dans  lesquelles  cette  fondation  prit  ainsi 
naissance  montrent  bien  que  de  bonne  heure,  à  l'inverse  de  certains 
autres  monastères  cisterciens  dont  nous  connaissons  les  très  modestes  ori- 
gines, le  couvent  de  Bonnevaux  fut  favorisé  de  dotations  privilégiées. 

3.  Saint- Jouin-de-Marnes,  c.  du  cant.  d'Airvault,  arr.  Parthenay  (Deux- 
Sèvres).  Voy.  B.  Ledain,  Dict.  top.  des  Deux-Sèvres,  1902,  p.  249-250. 
Abbaye  reconstruite  par  le  moine  Raoul  en  1905  «   coepit  et   Radulphus 


362  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1121] 

quam  omnium  futurorum  Montis  Comitoris^  dominorum 
servitio  immunes  sint.  Immunes  sint  cementarii,  immunes 
sint  carpentarii,  sint  immunes  et  alia  quelibet  officia  exer- 
centes. 


GXXXIX 

1121,  et  1129-1156. 

Construction  en  bois,  puis  reconstruction  en  pierre  de 
l'église  abbatiale  Cistercienne  Notre-Dame  des  Chatel- 
liers,  au  diocèse  de  Poitiers. 

Vita^  heati  Giraldi  de  Salis,  dans  Acta  Sanctorum,  octobr.  x.  (1861),  p.  262. 
(Cf.  dom  Martène,  Amplissima  colleclio,  t.  VI,  1729,  p.  989-1014.) 

§  29.  Anno  gratiae  M*'G'»XX''I<> . . .  corpus  Giraudi  ^.  ..  dela- 
tum  est  de  loco  primo...,  oratorio  tamen  petrino  nondum 
inchoato  vel  aedificio  aliquo  petrino^...  Anno  gratiae 
M^G^XX^^IX",   adjuvante  fratres  et  exsultante  tota  vicinia, 

monachus  S.  Jovini  suos  et  sua  loca  instruere.  »  {Chron.  Sancti  Maxenlii 
Piclav.,  dans  la  Chron.  des  églises  d'Anjou,  par  Marchegay  et  Mabille.  p. 
ill.)Sur  les  sculptures  de  cette  remarquable  église  rcmane  qui  semble 
appartenir  au  milieu  du  xn«  siècle,  voy.  G.  Sanoner,  dans  la  Rev.  de  l'art 
chrétien,  janv.  190i  (fig.).  On  trouvera  une  restauration  récente  de  l'église 
de  Saint-Jouin-de-Marnes  dans  VArchitecte,  revue  de  l'art  architectural 
anc.  et  inod.,  t.  I  (1906;,  pi.  XXII  :  le  porche,  l'abside.  —  Voy.  enfin  Ber- 
thelé,  Recherches  critiques  sur  trois  architectes  Poitevins  de  la  fin  du 
XI°  siècle,  dans  le  Bull,  monum.,  a.  1887,  p.  113  et  suiv. 

1.  Moncontour,  ancienne  seigneurie,  auj.  ch.-l.  de  c,  arr.  Londun 
(Vienne). 

2.  Cette  Vie  a  été  écrite  dans  le  dernier  quart  du  xin*  siècle  (un  peu 
après  1277)  par  un  moine  anonyme  des  Chatelliers.  —  LesChatelliers,  auj.  c. 
de  Fomperron,  cant.  de  Ménigoute,  arr.  Parthenay  (Deux-Sèvres).  —  Sur 
l'ancienne  église  de  N.-D.  des  Chatelliers,  voy.  Mgr  Barbier  de  Montault, 
Mém.  de  la  Soc.  des  antiquaires  de  l'Ouest,  2'  sév.,l.  XIV  (1891).  Pour  les 
travaux  de  construction  du  xiii'  s.  (1249-1277),  voy.  la  Vita  [éd.  cit.),  §  32, 
33,  34,  36  et  37.  Cf.  enfin  Janauschek,  Origrines  Cistercienses,  t.  I,  p.  150. 

3.  Giraud  de  Salles  était  originaire  du  Périgord  ;  il  fut  compagnon  de 
Robert  d'Arbrissel  et  fondateur  d'un  certain  nombre  de  monastères, 
qui  furent  soumis  plus  tard  à  la  règle  Cistercienne. 

4.  Le  bois  était  fréquemment  employé  dans  les  constructions  cister- 
ciennes du  premier  tiers  du  xii"  siècle.  Dans  la  charte  de  la  fondation  de 
Morimond  (1126),  on  lit  à  propos  de  la  donation  d'Odolric  et  d'Adelinc 
à  cette  abbaye  cistercienne  :  «  ligna...  ad  varia  opificia  »  (Dubois,  Ilist.  de 
iahbaye  de  Morimond,  dioc.  de  Langres,  p.  411-412). 


[1122]  DE    l'architecture    en    FRANCE  363 

circa  corpus  sanctum  inchoata  est  ecclesia  petrina  ;  perfecta 
est  autem  anno  trigesimo  septimo,  et  anno  gratiae  M°G''L*'VI'» 
dedicata  a  Chalone,  Pictaviensi  pontifice..  . 


CXL 

1122 

Autorisation  accordée  par  Geoffroi  de  Lèves,  cvêque  de  Char- 
tres, aux  religieux  de  Saint-Martin  de  Marmouiier,  de 
reconstruire  en  pierre  la  chapelle  de  bois  du  prieuré 
de  Villeherfol  dans  le  Dunois  ;  permission  de  placer  un 
campanile  sur  cet  oratoire. 

Orig.  aux  Archives  d'Eure-et-Loir, sér.  H*,  abbaye  de  Marmoutier,  prieuré 
de  Villeberfol  =î.  Publ.  :  Cartulaire  de  Marmoutier  pour  le  Dunois,  éd. 
Habille,  1874,  p.  167. 

(Cf.  Martène  et  Durand,  Thésaurus   novus  anecdolorum,  t.  I,  1717,  p. 
354.) 

Notum  sit  universis  tam  clericis  quam  laicis...  quod  ego 
Goffridus  3,  Dei  gratia,  Garnotensis  ecclesiae  humilis  minis- 
ter,  monachis  Beati  Martini  Majoris  Monasterii,  capellam 
de  Villa  Berfoldi,  quae  antea  lign[ela  ^  erat  lapideam'^  fieri 
permisi.  Goncessi  etiam  ut  ibi  tintinnabula  haberentur,  et 
proprii  famuli  illius  domus  audirent  servitium,  salvo  pon- 
tifîcali  et  parochiali  jure.  Et  ut  carta  rata  et  inconvulsa 
persisteret,  hi  testes affuere  :  Girardus,  abbas  de  Josaphat... 
Hugo  prepositus,  Bernardus  capicerius...  Goffridus,  qui 
tune  erat  prior  de  Villa  Berfordi. 

1.  Un  certain  nombre  de  chartes  publiées  par  Mabille  {Cartulaire 
Dunois),  qui,  vu  leur  provenance,  appartiennent  actuellement  au  départe- 
ment de  Loir-et  Cher,  ne  peuvent  être  citées  autrement  que  par  l'indication 
générale  de  leur  fonds  (série  H),  les  documents  de  ladite  série  n'étant  pas 
inventoriés  et  numérotés  définitivement,  au  moment  de  la  rédaction  de  la 
présente  note. 

2.  Aujourd'hui  Villeberfol,  c.  de  Conan,  cant.  de  Marchenoir,  arr.  Blois. 

3.  Geoffroi  de  Lèves,  évêque  de  Chartres  (1116-1149). 

4.  On  a  vu  précédemment  qu'en  1058  les  religieux  de  Marmoutier,  en 
permettant  à  Pierre  de  Montigny  d'édifier  une  chapelle  au  prieuré  de  Vil- 
leberfol, l'avaient  laissé  libre  de  la  construire  soit  en  bois,  soit  en  pierre. 
La  reconstruction  en  pierre  fournissait  en  même  temps  l'occasion  d'agran- 
dir cette  petite  église  :  «  vilitatem  el  parvitaiem  capellae  eorum,  tune 
ligneae,  videns  »,  dit  un  autre  acte  de  1122  au  sujet  de  cet  évêque,  «  ...ora- 
torium  fieri  et  signa  poni...  eisindixit  »  (Mabille,  éd.  cit.,  p.  166-167,  d'après 
l'original  aux  Archives  de  Loir-et-Cher). 


364  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1123] 

GXLI 

1123,  18-27  mars,  Rome. 

Statut  du  concile  de  Latran  interdisant  aux  laïques  de  for- 
tifier des  églises^  et  de  détourner  les  offrandes  des  fidèles 
déposées  devant  des  autels  et  des  croix,  à  l'intérieur  des 
églises. 

Mansi,  Sacrorum  conciliorum   collectio,   Concilium  Lateranense,  t.  XXI 
(1776),  col.  285  K 

Ut    OBLATIONES    ECCLESIIS    FACTE    a    LAICIS    NON    AUFERANTUR. 

—  Item,   ut  ecclesiae  non    incastellentur. 

XIV Oblationes...  de...  omnium  ecclesiarum  altaribus 

sive  crucibus  a  laicis  auferri  penitus  interdicimus,  et  sub 
anathematis  districtione  firmamus.  —  Ecclesias  a  laicis 
incastellari^  aut  in  servitutem  redigi  auctoritate  apostolica 
prohibemus^. 


1 .  Pour  les  autres  sources  de  ce  concile,  voy.  Ul.  Chevalier,  Répert. 
top.  bibl.,  II,  col.  1641. 

2.  Voy.  du  Gange,  Gloss.,  v»  Incastellare.  Sur  la  prohibition  ci-dessus, 
cf.  Hefelé,  Conciliengeschichte,i,  V,  p.  MO.  Elle  fut  renouvelée  en  1209, 
au  concile  d'Avignon,  §  IX,  ibid.,  p.  845.  Voy.  J.  Flach,  Étude  histor.,  en 
tête  de  l'Enquête  sur  les  conditions  de  l'habitation  en  France,  par  de 
Foville,  t.  II  (1899),  p.  48.  Pour  les  clochers  servant  de  défense  et  formant 
des  asiles  en  cas  de  guerre,  voy.  Viollet-le-Duc,  Dict.  de  l'arch.  fr.,  t.  III, 
art.  Clocher,  p.  334.  —  En  1105,  Robert  Fitz-Haimon,  assiégé  dans  Bayeux, 
se  réfugie  dans  la  tour  de  la  cathédrale  : 

«  Robert  s'embati  el  mostier. 
Sas  en  la  tor  très  k'ol  clochier, 

. . .  li  feu  i  fu  aportez. 
Dune  li  mostier  fu  alumez.»(/?oma/i  deRou,\.  16194). 

Suger,  Vie  de  Louis  le  Gros,  xxv,  éd.  Molinier,  p.  87,  mentionne  une 
tour  servant  de  défense  à  l'église  de  Gasny  {Vadum  Nigasii),  en  Norman- 
die (aujourd'hui  c.  du  cant.  d'Écos,  arr.  des  Andelys,  Eure).  —  Pour  les 
anciennes  formes  latines  correspondant  à  Gasny,  voy.  Blosseville,  Dict, 
top.  de  VEure,  p.  95. 

3.  Voy.  suprk,  au  sujet  des  églises  fortifiées,  les  n»'  XXXII  et  XXXIII, 
extraits  de  statuts  de  certains  conciles  provinciaux  du  xi'  siècle. 


[1423]  DE    l'architecture    en    FRANCE  368 

GXLII 
1123,  6  avril,  Rome. 

Confirmation  par  le  pape  Calixte  II  à  C abbaye  de  Montma- 
jour,  en  Provence,  de  Véglise  de  Sainte-Marie,  cons- 
truite dans  la  tour  de  Saint-Remy ,  avec  un  porche  y 
attenant,  et  une  double  crypte  ;  cette  église  avait  été 
donnée  à  ladite  abbaye  par  Rostaing,  évêque  d'Avi- 
gnon. 

Bullaire   du  pape  Calixte  II...,    par  U.  Robert,   t.  II,  Paris,  1891,  n»  390, 
p.  181. 

fCf.  Deloche,  Saint-Remy  '  de  Provence  au  moyen  âge,  extr.des  Mém. 
de  V Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  t.  XXXIV,  1«  part., 
1892,  p,  115-116,  et  tir.  à  part,  p.  67-68,  Append.,  n"  VIII). 

Calixtus  episcopus,  servus  servorum  Dei,  dilectis  in 
Christo  liliis  P[etro]  abbati  monasterii  Sancti  Pétri  Montis 
majoris,  et  ejusdem  fratribus,  salutem  et  apostolicam  bene- 
dictionem...  Bonae  quippe  memoriae  Rostagnus,  Avinio- 
nensis  episcopus,  sicut  ex  ejus  scripto  comperimus,  omnium 
canonicorum  ecclesiae  suae  consilio,  ecclesiam^  Sanctae 
Mariae,.  ab  antecessoribus  eonim  in  turri  fundatam,  ves- 
tro  monasterio  tradidit  et  concessit.  Quamnimirum  conces- 
sionem...  confirmantes,  statuimus  ne  super  eam  aliquis, 
praeter  abbatis  et  fratrum  Montis  majoris  voluntatem, 
qui[d]quam  aedificare  praesumat,  sed  turris  ^  cum  cohae- 

1.  Saint-Rémy  est  actuellement  ch.-l.  de  c.,  arr.  Arles  (Bouches-du- 
Rhône). 

2.  Des  titres  rémois  qualifient  l'église  dont  il  est  ici  question  de  cha- 
pelle «  capella  Sanctae  Mariae  »  (Deloche,  op.  cit.,  tir.  à  part,  p.  29  et 
73).  L'abbaye  de  Saint-Remy  de  Reims  possédait  une  communauté  reli- 
gieuse à  Saint-Remy  de  Provence,  et  la  concession  épiscopale  (ci-dessus  men- 
tionnée), dans  le  bourg  de  Saint-Remy,  comprenait  notamment  entre  autres 
objets,  et  pour  le  monastère  de  Montmajour,  la  chapelle  ou  église  de  la 
Sainte-Vierge  {ibid.,  p.  291. 

3.  L'église  de  Sainte-Marie  avait  un  campanile,  ainsi  qu'il  résulte  d'un 
passage  d'une  sentence  de  Geofîroi,  évêque  d'Avignon,  délégué  du  pape 
Eugène  III  (1153),  pour  régler  des  litiges  pendants  entre  Saint-Remy  de 
Reims  et  Montmajour  :  «  Campanam  quoque  plus  quam  semel,  et  tantum 
quod  sufficiat  ad  excitandam  familiam  suam,  pulsare  interdicimus  »  iop. 
cit.,  p.  123,  et  tir.  à  part,  p.  75). 


366  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [H24] 

rente  sibi  porticu  et  crypta  inferius  et  superius  vobis  ves- 
trisque  successoribus  firmiter  conserventur.  Sed  quicumque 
nd  eamdem  ecclesiam  venire  voluerit,  sua  ibi  vota  persol- 
vere  concedimus...  Si  quis  autem,..  Datum  Laterani,  VIII 
idus  aprilis. 


CXLIIl 

Vers   1124. 

Observations  et  critiques  de  saint  Bernard,  abbé  de  Clair- 
vaux,  au  sujet  du  luxe  et  de  la  prodigalité  dans  la  cons- 
truction et  la  décoration  des  églises  et  des  cloîtres  de  son. 
temps. 

Apologia^  ad  Guillelmum,  Sancti  Theodorici  Remensis  abbatem,  dans 
Sancti  Bernardi-  opéra,  cur.  Mabillon,  éd.  4»  (Gaume),  vol.  I,  pari.  1 
(18391,  col.  1242-1244. 

[CL  éd.  1690,  col.   538-540.  — Migne,  Pair,  lai.,  t.  CLXXXII,  col.  914- 
916.) 

Gap.  XII.  28.  Sed^  haec  parva  sunt  :  veniam  ad  majora, 
sed  ideo  visa  minora,  quia  usitatiora.  Omitto  oratoriorum 
immensas  altitudines,  immoderatas  longitudines,  super va- 
cuas  latitudines,  sumptuosas  depolitiones,  curiosas  depic- 
tiones,  quae  dum  orantium  in  se  rétorquent  aspectunj, 
impediunt  et  aiîectum,  et  mihi   quodam  modo  repraesen- 

1.  La  date  de  la  composition  de  VApolocjia  a  été  circonscrite  par  M. 
l'abbé  Vacandard,  dans  son  étude  sur  la  Vie  de  sainl  Bernard,  1895,  entre 
les  années  1123  et  1125.  Voy.  d'autre  part  L.  Janauschek,  Xenta  Bernar- 
dina,  pars  1^"  (Dibliographia  Bernardina),  p.  III,  Vindobonae,  1891.  Cet 
auteur  s'exprime  ainsi  à  propos  de  la  date  de  VApologia  :  «  quae  anno 
1127  jam  exstitit  forsitan,  paulo  prius  exarata  ». 

2.  Moine  de  Cîteaux  (1113),  saint  Bernard  avait  fondé  Clairvaux,en  1115. 

3.  Cette  partie  del'Apofo^ ia  est  dirijfée  particidièrement  contre  les  (>lu- 
nistes.  Voy.  l'abbé  Vacandard,  op.  cit.,  t.  I,  p.  96  et  s.  et  A.  Luchaire, 
Ilisl.  de  France  de  Lavisse,  t.  II,  1.  Il,  ch.  3,  p.  266  et  s.  —  Saint  Hernard, 
vient  de  condamner  le  luxe  des  abbés  dans  leurs  pérégrinations.  «  Mcntior 
si  non  vidi  abbatem  sexaginta  equos,  et  eo  ampiius,  in  suo  ducere  cumi- 
tatu.  Dicas,  si  videas  eos  transeuntes,  non  paires  esse  nionasleriorum,  sed 
dominos  caslellorum. . .  »  (cap.  XI,  27).  Dans  sa  lettre  (LXXVIII)  adressée 
à  Suger,  saint  Bernard  le  loue  d'avoir  renoncé  au  faste  extérieur.  —  Voy. 
aussi  M.  Anth.  Saint-Paul,  Bull,  archèol.  dn  Com.,  1890,  p.  273. 


[H 24]  DE   l'architecture   en    FRANCE  367 

tant  antiquum  ritum  Judaeorum.  Sed  esto,  fiant  haec  ad 
honorem  Dei  K  Illud  autem  interrogo  monachus  mona- 
chos,  quod  in  g-entilibus  gentilis  arj^uebat  : 

«  Dicite  (ait  ille),pontifices,  in  sancto  quid  facit  aurum^? 

Ego  autem  dico  :  Dicite,  pauperes,  (non  enim  attendo 
versum,  sed  sensum),  dicite,  inquam,  pauperes,  si  tamen 
pauperes,  in  sancto  quid  facit  aurum?  Et  quidem  alia 
<;ausa  est  episcoporum,  alia  monachorum^.  Scimus  namque 
<juod  illi,  sapientibus  et  insipientibus  debitores  cuni  sint, 
<;arnalis  populi  devotionem,  quia  spiritualibus  non  possunt, 
<îorporalibus  excitant  ornamentis.  Nos  vero  qui  jam  de 
populo  exivimus,  qui  mundi  quaeque  pretiosa  ac  speciosa 
pro  Christo  reliquimus,  qui  omnia  pulcre  lucentia,  canore 
mulcentia,  suave  olentia,  dulce  sapientia,  tactu  placentia, 
•cuncta  denique  oblectamenta  corporea  arbitrati  sumus  ut 
stercora,  ut  Christum  lucrifaciamus,  —  quorum,  quaeso,  in 
his  devotionem  excitare  intendimus  ?  Quem,  inquam,  ex  his 
fructum  requirimus,  stultorum  admirationem  an  simpli- 
cium  oblationem  ^  ?  An  quoniam  commixti  sumus  inter 
gentes,  forte  didicimus  opéra  eorum  et  servimus  adhuc 
sculptibilibus  eorum  ? 

Et  ut  aperte  loquar,  an   hoc  tolum   facit  avaritia,  quae 
■est   idolorum    servitus  ?  Et    non   requirimus    fructum,  sed 

1.  Ainsi,  saint  Bernard  absout  l'art,  au  nîoins  par  respect  pour  le  but 
qu'il  poursuit. 

2.  Perse,  Sat.,  II,  v.  69. 

3.  «  L'abbc  de  Clairvaux  n'interdit  qu'aux  religieux  et  aux  parfaits  les 
choses  de  l'art,  ce  qu'il  appelle  le  «  culte  des  idoles  ».  En  revanche,  il  en 
proclame  l'utilité  pour  les  simples  et  les  ignorants,  et  le  recommande  même, 
comme  un  moyen  d'éducation  morale.  Cette  remarque...  explique  et  jus- 
tifie, jusqu'à  un  certain  point,  la  distinction  qu'il  établit  entre  l'architec- 
ture épiscopale  et  l'architecture  monacale,  qui,  répondant  à  des  besoins 
divers,  doivent  présenter  des  caractères  difïérents  :  l'une,  la  joie,  la 
richesse  et  la  pompe;  l'autre,  la  sévérité,  la  pauvreté,  le  dénûment.  » 
CVacandard,  op.  cit.,  p.  121-122.)  Toutefois,  ajouterons-nous,  l'éloquent 
apologiste  critique  aussi  les  somptueuses  demeures  des  évéques,  lesquelles, 
en  eflet,  ne  répondent  pas  au  même  besoin  que  les  cathédrales.  Nous  lisons 
dans  l'un  de  ses  écrits  (De  morihiiset  of/icio  episcoporum,  c.  ii,  an.  1126)  : 
«  Honorificatis  autem  non  cultu  vestium,  non  equorum  fastu,  non  am- 
plis aedificiis,  sed  ornatis  moribus,  studiis  spiritualibus,  operibus  bonis. 
Quam  multi  aliter...  »  (Migne,  Palrol.  lat.,  GLXXXII,  col.  812). 

4.  Aliàs,  oblecliitionem. 


368  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1124] 

datum.  Si  quaeris  quo  modo  :  miro,  inquam,  modo.  Tali 
quadam  arte  spargitur  a  es  ut  multiplicetur  ;  expenditur  ut 
aug-eatur,  et  effusio  copiam  parit.  Ipso  quippe  visu  sump- 
tuosarum,  sed  mirandarum  vanitatum,  accenduntur  homi- 
nes  magis  ad  offerendum,  quam  ad  orandum.  Sic  opes 
opibus  hauriuntur,  sic  pecunia  pecuniam  trahit  :  quia  nes- 
cio  quo  pacto,  ubi  amplius  divitiarum  cernitur,  ibi  offertur 
libentius.  Auro  tectis  reliquiis  saginantur  oculi  et  loculi 
aperiuntur.  Ostenditur  pulcherrima  forma  sancti  vel  sanctae 
alicujus  et  eo  creditur  sanctior,  quo  coloratior.  Gurrunt 
homines  ad  osculandum,  invitantur  ad  donandum  ;  et 
magis  mirantur  pulchra  quam^  venerantur  sacra.  Ponuntur 
dehinc  in  ecclesia  g-emmatae  noncoronae^,  sed  rotae  cir- 
cumseptae  lampadibus,  sed  non  minus  fulg-entes  insertis 
lapidibus.  Gernimus  et  pro  candelabris  2  arbores  quasdam 
erectas,  multo  aeris  pondère  miro  artificis  opère  fabricatas, 
nec  magis  coruscantes  superpositis  lucernis  quam  suis  gem- 
mis.  Quid,  putas,  in  his  omnibus  quaeritur,  poenitentium 
compunctio  an  intuentium  admiratio  ?  0  vanitas  vanita- 
tum, sed  non  vanior  quam  insanior  -^  !  Fulget  ecclesia  in 
parietibus,  et  in  pauperibus  eget!  Suos  lapides  induit  auro, 
et  suos  filios  nudos  deserit  !  De  sumptibus  egenorum  servi- 

1.  L'édition  de  Mabillon,  qui  date  de  1690,  contient  à  ce  sujet  la  note 
suivante  :  «  De  ejusmodi  coronis  (quarum  una  superest  apud  Remos  in  S. 
Remigii  ecclesia,  lxxii  cereolos  habens)  statuit  Petrus  abbas  [Venerabilis] 
ut  :  (I  magnae  illae  coronae,  ex  aère,  auro,  arcfentoque  elegantissime  com- 
positae,  quae  in  medio  chori  forti  catena  sustentata  dependet,  accensi 
cerei  non  imponantur,  nisi  in  quinque  praecipuis  festis,  etc.  Minores  coro- 
nas  erzas  vocat.  » 

2.  (I  Nous  n'avons  qne  des  débris  des  magnifiques  candélabres  à  plu- 
sieurs branches  qui  décoraient  certaines  églises,  notamment  celle  de  l'ab- 
baye de  Saint-Remy  à  Reims  (voy.  dans  le  Musée  de  cette  ville  le  tiers 
du  pied  de  ce  beau  candélabre  de  bronze  qui  datait  du  xii"  siècle).  Cf.  le 
chandelier  en  bronze  doré  de  la  cathédrale  du  Mans  (qui  date  du  i"  quart 
de  ce  siècle)...  On  ne  distingue  sur  ce  chandelier,  en  fait  de  sujets  sym- 
boliques explicables,  que  les  signes  des  quatre  Evangélistes  (sur  la  bague)  ; 
tout  le  reste  de  la  décoration  consiste  en  des  figures  d'hommes  et  d'ani- 
maux fantastiques  mêlés  à  des  rinceaux  d'un  style  excellent.  »  CViollet-le- 
Duc,  Dict.  du  mobilier  franc. ,1.  II.  1871,  p.  66et  s.,  v°  Chandelier,  avec  fig.). 

3.  Nous  renvoyons  ici  le  lecteur  à  Vacandard,  op.  cit.,  p.  119  et  s.,  et 
aux  observations  que  nous  avons  eu  l'occasion  de  présenter  au  sujet  du 
luxe  dans  l'architecture  religieuse  dans  notre  Étude  historique  et  archéo- 
logique sur  la  cathédrale  et  le  palais  épiscopal  de  Paris  du  VI'  au  XII* 
siècle  (1888),  p.  62  et  s.,  où  nous  avons  rapproché  du  texte  ci-dessus  diffé- 
rents passages  des  écrits  de  Suger  et  de  Pierre  le  Chantre. 


[1124]  DE   l'architecture   en    FRANCE  369 

tur  oculis  divitum.  Inveniunt  curiosi  quo  delectentur,  et  non 
inveniunt  miseri  quo  suslententur  ;  ut  quid  saltem  sancto- 
rum  imagines  non  reveremur,  quibus  utique  ipsum,  quod 
pedibus  conculcatur,  scatet  pavimentum  ^  ?  Saepe  spuitur 
in  ore  angeli,  saepe  alicujus  sanctorum  faciès  calcibus  tun- 
ditur  transeuntium.  Et  si  non  sacris  his  imaginibus,  cur 
vel  non  parcitur  pulcris  coloribus  ?  Cur  décoras  quod  mox 
foedandum  est  ?  Cur  depingis  quod  necesse  est  concul- 
cari  ?  Quid  ibi  valent  venustae  formae,  ubi  pulvere  macu- 
lantur  assiduo  ?  Denique,  quidhaec  ad  pauperes,  ad  mona- 
chos,  ad  spirituales  viros  ?  Nisi  forte  et  hic  adversus 
memoratum  jampoetae  versiculum  propheticus  ille  respon- 
deatur  :  «  Domine,  dilexi  decorem  domus  tuae  et  locum 
habitationis  yloriae  tuae  ».  Assentio  :  patiamur  et  haec 
fieri  in  ecclesia,  quia,  etsi  noxia  sunt  vanis  et  avaris,  non 
tamen  simplicibus  et  devotis. 

29.  Caeterum  in  claustris  -  coram  leg-entibus  fratribus  quid 
facit  ridicula  monstruositas,  mira  quaedam  deformis  for- 
mositas  ac  formosa  deformitas  ^  ?  Quid  ibi  immundae 
simiae  ?  quid  feri  leones  ?  quid  monstruosi  centauri  ?  quid 
semihomines  ?  quid  maculosae  tigrides  ?  quid  milites 
pugnantes  ?  quid  venatores  tubicinantes  ?  Videas   sub   uno 


1.  A  Srfint-Remi  de  Reims.  le  pavement  était  très  remarquable,  et  saint 
Bernard  a  bien  pu  y  faire  allusion.  Voir  Marlot,  Hist.  de  la  ville,  cilé... 
de  Reims,  t.  II,  p.  541-544,  etDidron,  Ann.  archéoL,  t.  X,  p.  67.  Cf.  sur  le 

Ëavé  de  Saint-Symphorien  de  Reims,  que  Bernard  aurait  également  vu, 
•idron,  loc.  cit.,  p.  237. 

2.  Voy.  un  commentaire  détaillé  de  ce  passage  de  saint  Bernard,  dans 
l'ouvrage  de  M.  E.  Mâle,  L'art  religieux  an  XIIl"  siècle  en  France,  étude 
sur  V iconographie  du  moyen  âge  et  sur  ses  sources  d'inspiration  (1898), 
p.  67  et  s. 

3.  On  a  insisté  avec  raison  sur  ce  texte  de  saint  Bernard,  où  il  énumère 
et  condamne  les  motifs  d'ornement  sans  leur  attribuer  la  moindre  signi- 
fication, pour  montrer  que  les  prétendus  symboles  ne  sont  que  des  fan- 
taisies d'artistes  «  qui  n'ont  pensé  qu'à  créer  un  décor  et  à  rivaliser  d'ingé- 
niosité pour  le  plaisir  des  curieux  ».  Il  s'agit  là  de  thèmes  décoratifs  em- 
pruntés par  les  artistes  «  en  les  diversifiant,  selon  les  caprices  de  leur  verve, 
tour  à  tour  aux  étoffes,  aux  ivoires,  aux  stè4cs,  aux  sources  barbares, 
orientales  ou  classiques.  »  (A.  Michel,  Hist.  de  Vart,  t.  I,p.  2,  p.  635).  Tou- 
tefois, il  faut  faire  aussi  un  peu  leur  part,  dans  certains  cas  à  des  cha- 
piteaux symboliques.  L'influence  ecclésiastique,  en  ce  qui  touche  les 
symboles,  a  pu  se  faire  sentir  quelquefois  sur  les  artistes  laïques  dont  les 
fantaisies  depuis  le  milieu  du  xir  siècle,  deviennent  d'ailleurs  de  plus  en  plus 
rares. 


370  TEXTES    RELATIFS    A    l'hiSTOIRE  [1125] 

capite  *multa  corpora,  et  rursus  in  uno  corpore  capita 
multa.  Gernitur  hinc  in  quadrupède  cauda  serpentis,  illinc  in 
piscecaput  quadrupedis.  Ibi  bestia  praefcrt  equum,  capram 
trahens  rétro  dimidiam  ;  hic  cornutum  animal  equum  gestat 
posterius.  Tam  multa  denique,  tamque  mira  diversarum 
formarum  ubique  varietas  apparet,  ut  magis  légère  ^  libeat 
in  marmoribus  quam  in  codicibus,  totumque  diem  occu- 
pare  singula  ista  mirando  quam  in  lege  Dei  meditando. 
Proli  Deo  !  si  non  pudet  ineptiarum,  cur  vel  non  piget 
expensarum  ? 


GXLIV 

1123. 

Autorisation  accordée  par  Lisiard,  êvêque  de  Soissons^  à 
l'abbé  de  Saint-Barthélémy  de  Noyon,  de  faire  cons- 
truire une  chapelle  au  prieuré  de  Belle  fontaine^  dans  le 
diocèse  de  Soissons. 

Archives  de  l'Oise,  sér.  H,  459.  —  Impr.  :  E.  Lefèvre-Pontalis,  L'Architec- 
ture religieuse  dans  Vancien  diocèse  de  Soissons  au  XI"  et  au  X//"  siècle 
(1896),  p.  8. 

In  nomine  sancte  et  individue  Trinitatis,  Patris  et  Filii  et 
Spiritus  sancti,  amen,  — Lisiardus,  Dei  gratia,  Suessionensis 
episcopus,  sancte  matris  Ecclesie  filiis  tam  futuris  quam 
presentibus  in  perpetuum.  Loci  nostri  et  offîcii  ratio  videtur 
exigere  ut  bene  postulantium  precibus  annuentes  aurem  eis 
facilem  prebeamus.  Cognoscat  itaque  generatio  presens  ac 
posteritas  se[c]utura  quod  domnus  Rainardus,  Beati  Bar- 
tholomei  Noviomensis  ecclesie  minister,  nostram  adierit 
presentiam  et  super  his  que  hic  continentur  inferius  nostre 
corroborationis  auxilium    expetierit.   Est  in  continue  duo- 

1 .  Cette  heureuse  expression  de  saint  Bernard,  si  on  l'applique,  par 
exemple,  à  la  statuaire  des  portails,  à  la  décoration  des  porches,  fait  pen- 
ser à  ce  qu'on  a  pu  appeler  depuis  lors  avec  justesse  le  «  livre  de  pierre  » 
ou  môme  la  «  Bible  des  pauvres  ». 


[Vers  1126]       de  l'architecture  en  frange  371 

rum  territoriorum  Caine^  et  Nancel^  locus  quidam  qui 
Bellafontana-^  nominatur...  Concedimus...  eisdem  fratribus 
ut  ibidem  oratorium  liceat  sibi  construere,  tantum  ut  in 
ex[s]truendo  ^  oratorio  sive  ecclesia  alterius  terram  non 
occupent,  décimas  parrochie  reddant,  alterius  parrochiam 
non    sollicitent^...    Signuni  domni   Lisiardi   episcopi.. 

Actum  Incarnationis  domihice  anno  MGXXV,  indictione 
III,  régnante  Francorum  rege  Ludovico. 


CXLV 

Vers  1126,  et  1140-1181. 

Reconstructions  successives  de  la  cathédrale  Notre-Dame 
d'Evreux.  —  Donation  faite  par  le  comte  d'Evreux  pour 
la  couverture  de  cette  église. 


1.  Aujourd'hui  Caisnes,  cant.  de  Noyon,  arr.  Conipiègnc. 

2.  Nampcel,  cant.  d'Attichy,  arr.  Gompiègne. 

3.  Il  s'agit  de  lîellefontaine,  localité  qui  est  située  aujourd'hui  dans  la 
comni.  de  Nampcel."  Le  plan  de  cet  édifice  se  coni|)ose  dune  nef  accom- 
pagnée de  deux  collatéraux  qui  se  prolongent  de  chaque  côté  du  chœur 
carré.  La  nef  dont  il  reste  encore  quelques  ruines,  devait  être  recouverte 
au  xii"  siècle  par  une  seule  croisée  d'ogives  garnie  de  trois  tores,  si 
l'on  en  jujfe  par  ime  amorce  de  nervure  qui  vient  retomber  sur  un  fût 
coupé  près  de  l'arc  triomphal.  Cetle  grande  voûte  établie  sur  plan  carré 
embrassait  donc  les  deux  travées  de  la  nef  »  (Lefèvre-Pontalis,  op.  cit., 
p.  5-6).  Voy.  ihid.,  pi.  XVIII  et  XIX).  Il  y  a  lieu  de  constater  avec  cet 
auteur  des  rapprochements  entre  des  formes  architecturales  de  cette 
chapelle  et  celles  de  la  nef  de  la  cathédrale  de   Noyon. 

4.  «  L'endroit  où  s'élevait  le  prieuré  avait  souvent  fait  l'objet  de  litiges 
entre  les  évéques  de  Soissons  et  de  Noyon,  parce  qu'il  se  trouvait  au  bord 
d'une  petite  enclave  attribuée  au  diocèse  de  Soissons  dès  le  ix"  siècle.  » 
(E.  Lefèvre-Pontalis,  op.  cil.,  t.  II,  p.  5.) 

5.  «  Ce  document  nous  permet  d'affirmei*  que  la  chai)clle  fut  élevée 
entre  les  années  1125  et  1130,  car  les  moines  n'auraient  pas  sollicité  la  per- 
mission de  construire  sans  avoirl'intention  d'en  profiter  immédiatement.  » 
llbid.).  —  Contra,  Anthyme  Saint-Paul  (liev .  de  i'nrl  chrétien,  a.  18'J5, 
p.  11),  qui  estime  que  les  moines  attendirent  de  nouvelles  ressources  avant 
de  se  mettre  à  l'œuvre.  M.  Enlart,  après  avoir  admis  que  ladite  chapelle 
était  un  monument  antérieur  à  lli5  {L'arch.  romane  el  de  transition  danx 
la  région  picarde,  Introd..  p.  II,  not.  2),  est  revenu  sur  sa  première  oj)!- 
nion  dansïerraliim,  en  fixant  la  construction  de  la  chapelle  au  milieu  du 
xii"  siècle  ((/)('d.,p.239).  Cetle  dernière  conclusion  a  été  combattue,  à  l'aide 
d'arguments  tirés  de  la  sculpture  comparée  des  tailloirs  et  des  chapiteaux, 
par  M.  E.  Lefèvre-Pontalis  qui  insiste  sur  l'importance  du  texte  ci-dessus 
et  de  la  date(|u'il  renferme  (p.  7  et  8). 


372  TEXTES  RELATIFS  A  l'iiistoire       [Vers  1126] 


Willelmi  Gemeticensis  Hist.  Normann.,  1.  VIII,  c.  xxxii,  dans  Duchesne, 
Histor.  Normann.  script,  ant.  (1619),  p.  309. 
(Cf.  Rec.  des  Hist.  de  Fr.,  t.  XII,  n.  éd.  1877,  p.  581.) 

[Vers  1126].  ^  —  Praetereô  quod  ecclesia  Beatae  Mariae 
Ebroicae  civitatis  ipsius,  quadam  pia,  ut  ita  dicatur, 
crudelitate  destructa  et  iterum  reaedifîcata,  omnes  fere  eccle- 
sias  Neustriae  sua  pulchritudine  superat.  Nam  cum,  ut  sae- 
pius  dictum  est,  eadem  urbs  [Ebroica]  causa discordiae  Amal- 
rici  2  incensa  a  rege  ^  fuisset,  et  ecclesia  episcopalis  sedis 
minime  ab  incendio  liberari  valeret,  rex  eidem  ecclesiae 
postmodum  tanta  in  redditibus  concessit,  unde  ipsa  in 
melius  renovata  ^,  et  summa  reddituum  ipsius  episcopa- 
tus  hac  de  causa  in  perpetuum  plurimum  esset  augmen- 
tata...5 


Petit  cartulaire  du  Chapitre  de  la  cathédrale  d'Evrenx,  publ.  par  T.  Bon- 
nin  :  Analectes  historiques,  IV. 

(Cf.  l'abbé  J.   Fossey,   Monographie  de  la  cathédrale  d'Evreux,  1898, 
Pièc.  justif.,!!"  II,  p.  219.) 

1.  Sur  cette  date,  voy.  J.  Fossey,  op.  cit.,  p.  23;  cf.  Le  Batelier  d'Aviron, 
Mémorial  histor.  des  evêques  d'Evreux,  p.  50. 

2.  Le  comte  Aniauri  de  Montfort,  neveu  et  héritier  de  Guillaume 
comte  dEvreux,  l.XII.  Voy.  Ord.  Vital,  ^is<  eccl.,  1.  XII  ;  —cf.  Le  Bras- 
seur, Hist.  civ.  et  ecci. du  comté  d'Evreux,  ch.  XIX,  p.  126. 

3.  Henri  I",  roi  d'Angleterre,  fils  de  Guillaume  le  Conquérant  (1100- 
1135). 

4.  «  Basilicam  Beatae  Dei  genitricis  Mariae,  quae  tempore  illo  combusta 
fuerat,  a  fundamentis  reparavit  »,  dit  Orderic  Vital,  1.  XIII,  éd.  Le  Prévost, 
t.  V,  p.  149,  à  propos  de  l'évèque  Audin,  ancien  chapelain  d'Henri,  roi 
d'Angleterre,  lequel  évoque  mourut  le  2  juillet  1139. 

5.  Vers  la  lin  du  xn"  siècle,  un  nouvel  incendie  dévasta  la  cathé- 
drale : 

Ebroicas  primo  sic  incineravit,  ut  omnes 

Cum  domibus  simul  ecclesias  consumpserit  ignis, 

ajdit  Guillaume  le  Breton,  à  propos  de  Philippe-Auguste  qui,  dans  sa  lutte 
avec  Richard  Cœur  de  Lion  (1195),  la  fit  incendier.  Voy.  Philipp.,  1.  IV; 
cf.  Le  Brasseur,  op.  cit.,  p.  168,  et  Fossey,  op.  cit.,  p.  33-34.  Voy.  ihid.,  le 
plan  restitué  de  la  cathédrale  d'Evreux  au  xii"  s.  Cf.  le  recueil  de  M. 
de  Baudot,  Les  cathédrales  de  France,  fasc.  3  (fig.).  —  M.  Enlart,  Man. 
d'archéol.  fr.,  t.  I,  p.  436,  n.  1,  et  p.  440,  signale  l'emploi  des  voûtes 
d'ogives  dans  les  bas-côtés  de  l'église. 


[H26-H37J      DE  l'architecture  en  frange  373 

[1140-81]  —  Universis  matris  ecclesie  fîliis  tam  clericis 
quam  laicis  SLimo]  *,  cornes  Ebroicensis,  salutem  etdilectio- 
nem...  Volo  et  concedo  quod  donum,  quod  Deo  a  predeces- 
soribus  meis  factum  est,  scilicet  LX  s.,  adteg-endam  eccle- 
siam  2  Béate  Marie  annuatim  reddendi,  a  me  et  meis  here- 
dibus  intègre imperpetuum  teneatur  ^.. 


CXLVI 

1126-1137. 

Reconstruction  et  mise  en  état  de  défense  du  chàteau-fort 
de  Blaye,  relevé  par  les  soins  de  Vulgrin  Taillefer,  comte 
d' Angoulême . 

Historia,  ponlificuin  et  cornitum  Enjolismeiisium,  dans   Rer.   EngoUsm. 
Scriplores,  éd.  Gastaij^ne  (1853),  p.  15. 

(Cf.  Labbe,  iVoDa  bihl.  man.,  t.  II,  1657,  p.   260-261.  —  Bouquet,  Rec. 
des  Hisl.  de  Fr.,  n.  éd.,  t.  XII,  1877,  p.  395.) 

...Guillermo  minore^  duce  Aquitaniam  tenente,  castrum 
Blaviae  ^  quod  pater,  similiter  dictusGuillermus'J,praeobsi- 
dione  côperat,  et  turrem  et  muros  destruxerat,  cornes  Vul- 
grinus  ^,  congregato  magno  exercitu  et  propriis  expensis, 
contra  voluntatem  praedicti  ducis  et  universae  fortitudinis 
illius  reaedificavit,  et  ita  munitum  et  inexpugnabile  reddi- 


1.  Simon,  dit  le  Chauve,  comte  d'Evreux  (lliO-1181). 

2.  Les  travaux  de  reconstruction  de  la  cathédrale  dont  le  type  est  dérivé 
de  celui  de  Saint-Etienne  de  Beauvais  se  continuèrent  sous  l'épiscopat  de 
Rotrou  de  Warwick,  qui  avait  succédé  à  Audin,  jusque  vers  1170,  d'après 
J.  Fossey,  op.  cit.,  p.  24,  n.  3,  et  p.  33.  Aucun  document  ne  mentionne  la 
consécration  de  cette  troisième  cathédrale. 

3.  Outre  Touvraj^e  de  Fossey  (avec  pi.  et  %.\  cf.  Anthyme  Saint-Paul, 
La,  Transition,  2»  art.,  §  26,  dans  la  Rev.  de  l'art,  chrétien,  V'  sér.,  t.  VI, 
1895,  l«"livr.,  p.  15. 

4.  Guillaume  le  Toulousain,  duc  d'Aquitaine,  de  1126  à  1137. 

5.  Blaye,  sur  la  Gironde,  à  33  kil.  N.  de  Bordeaux,  auj.  ch.-l.  d'arr. 
(Gironde). 

6.  Guillaume  le  Jeune,  duc  d'Aquitaine,  de  1086  à  1126. 

7.  Vulgrin  Taillefer  II  fut  comte  d'Angoulème  de  1118  à  1140. 


374  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIHE  [1126-1138] 

dit,  quod  non  solum  cuilibet  infestationum,  sed  etiam  duci 
Aquilaniae  et  ejus  exercitui  usque  in  hodiernum  resistere 
poterat  K.. 

CXLVII 

1126-11382. 

Reconstruction  en  pierre  de  Vé(jlise  abbatiale  Cistercienne  de 
Fonffuillem,  au  diocèse  de  Bazas,  en  remplacement  d'une 
chapelle  de  bois,'  confraternité,  aumônes  et  quêtes  insti- 
tuées en  vue  de  cette  construction. 

Gallia  chrisliana   t.  I  (1715),  col.,  1220-1221. 

LlTTERAE  GaUFREDI,  VaSATENSIS  EPISCOPI,  QUIBUS  FIDELES  OMNES 
HORTATUR  UT  FRATRIBUS  FoNTIS  GuiLLELMI  MONASTERIUM 
AEDIF1CANTIBUS    DE    SUIS    BONIS   SUCCURRANT. 

Est  siquidem  in  episcopatu  nostro  domus  quaedam  quae 
appellatur  Fons  Guillelmi'^  in  qua  abbas  et  fratrum  con- 
ventus  aedifîcationum insudant laboribus . . .  habentes namque 
capellam  lig-neam  tôt  fratribus  minus  idoneam,  monas- 
terium  aedilicant  lapideuni,  a  quo  cum  quae  necessaria 
sunt,  ibi  rara  inveniantur^  etalong-e  portarioporteat,  potius 
a  multis  aestimabatur  desistendum  quam  insistendum... 
Clericis  vero  nostri  episcopatus  mandando  praecepimus 
quatenus    eorum   nuntios  in    domibus  suis   bénigne  reci- 

1.  Sur  ces  événements,  voy.  A.  Richard,  Hist.  des  comtes  de  Poitou, 
t.  II  (1903),  p.  7-8  ;  cf.  Massiou,  Hist.  de  la  Saintomie  et  de  l'Aunis,  t.  I, 
(1838),  p.  i4i  ;  l'auteur  de  ce  dernier  ouvrage  a  publié  le  te.xte  ci-dessus 
d'une  façon   très  fautive. 

2.  Ces  dates  sont  celles  de  l'épiscopat  de  Geoffroi,  évêque  de  Bazas. 

3.  L'abbaye  de  Fonguilleni  était  située  à  quelques  kil.  de  lîazas;  aujour- 
d'hui dans  la  comm.  de  Masseilles,  cantdc  Grignols  (Gironde).  Voy.  O'Rcilly, 
Hssni  sur  l'histoire  de  l'urrond.  de  Basa.?  (1840),  p.  359,  cf.  Rev.  calhol. 
de  Itorde.iux,  1883,  p.  598.  L'abbaye  de  Fonguilleni  avait  été  fondée  en  1124 
(voy.  Gallia  christ.,  t.  I,  Iiistr.,  col.  190;  Janauschek,  Orig.  Cistercienses, 
t.  I,  p.  109).  Il  faut  noter  ce  fait  que  la  reconstruction  de  l  église  abbatiale 
a  suivi  de  très  près  la  fondation  du  couvent. 

4.  Encore  aujourd'hui  le  Hazadais  olïre  beaucoup  de  bois,  mais  il  ne 
présente  pas  les  ressources  en  pierres  calcaires,  dures  ou  tendres,  que 
renferment  d'autres  contrées  de  la  Gironde. 


[U27] 


DE    l'architecture    EN    FRANCE  375 


pientes  populum  sibi  commissum  diligenter  admoneant  ut 
ad  saepedicti  monasterii  opus  largas  mittant  eleemosynas, 
et  fraternitati,  quae  ineadem  abbatia  FontisGuillelmi  statuta 
est,  si  eis  placuerit,  se  associent;  vel,  si  aedifîcationipraeli- 
bati  monasterii  de  bonis  suis  aliquid  miserint,  de  injunctis 
sibi  poenitentiis  XL  dies  relaxamus. 


CXLVIII 

1127. 

Le  bourg  et  le  château  comtal  de  Bruges.  —  Les  fortifications 
de  V église  collégiale  de  Saint-Donatien  ;  V enceinte  forti- 
fiée du  cloître  de  ladite  église. 

De  miiUro,  iraditione  et  occisione  gloriosi  Karoli.  comitis  Flandriarum, 
auct.  (jalbcrto  Hrugensi,  [c.  37]  et  [c.  40],  cd.sous  le  titre  de  Histoire  du 
meurtre  de  Charles  le  Bon,  comte  de  Flandre  (1127-1128),  par  Galbcrt  de 
Bruges,  piibl.  par  H.  Pirenne'.  Paris.  1891,  p.  60  et  s. 

(Cf.  Koepke.dans  Mon.  Germ.  hist.  Script.  XII,  (1856),  p.  581.  —  Migne, 
Patr.  lat.,  t.  CLVI,  col.  978,  §  62  et  67.) 

[37]  —  Igitur  ~.  cum  securos  fecissent  se  obsessi  in  exiti- 
bus  suis,  instabant  obstruere  fores  templi  ad  meridiem  et 
fores  domus  comitis,  quae  exibant  in  castrum,  foresque  quae 

1.  Pour  les  autres  éditions,  voy.  cet  auteur,  Préf.,  p.   xxi  et  s. 

2.  «  Il  est  indispensable,  pour  l'intelligence  de  la  suite  du  récit,  dit 
M.  Pirenne,  éd.  cit.,  p.  49,  n.  1,  de  donner  ici  quelques  renseignements  topo- 
graphiques sur  le  bourg  de  Bruges,  où  se  sont  réfugiés  les  conjurés.  Le  bur- 
gus,  castellum,  castrum...  occupait  l'emplacement  encore  désigné  aujour- 
d'hui à  Bruges  par  le  nom  de  bourg  ou  burq.  Il  était  défendu  par  un  fossé 
sur  lequel  étaient  jetés  des  ponts.  Galbert  n^en  mentionne  que  trois,  mais  il 
en  existait  probablement  quati-e,  situés  à  l'emplacement  des  quatre  rues 
qui  se  détachent  du  bourg  vers  l'intérieur  de  la  ville.  Des  murailles,  d'une 
quinzaine  de  mètres  de  hauteur  (g  40).  s'élevaient  au  bord  du  fossé  :  elles 
étaient  flanquées  de  tours...  reliées  par  un  chemin  de  ronde  {circumcursus, 
§  37),  disposition  identique  à  celle  qui  existe  encore  au  château  des  comtes 
à  Gand,  construit  au  xn'  siècle.  A  l'intérieur,  divers  bâtiments  étaient 
disposés  autour  d'yne  cour  centrale  (curtis  comitis).  C'étaient  l'église  de 
Saint-Donatien,  le  dortoir,  le  cloître  et  le  réfectoire  des  chanoines,  les 
écoles  et  la  maison  du  prévôt  (§g  42,  60).  La  maison  du  comte  {domus  ou 
caméra  comitis)  était  reliée  à  l'église  par  un  passage  voûté  (§  41).  Des  esca- 
liers partant  de  la  cour  y  donnaient  accès  (§  41)  ;  elle  était  surmontée 
d'une  haute  tour  (§  81)  et  pourvue,  comme  la  maison  du  prévôt,  d'un  bal- 
con [lobium]  s'ouvrant  vers  l'extérieur  du  bourg  (§§  29,  42,  44).  Les  diver.s 
bâtiments  renfermés  dans  le  bourg  étaient  couverts  en  bois  (§  42)  ;  l'église 


376  TEXTES    RELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1127] 

a  claustro  se  porrexerant  in  castrum  ut,  si  aliquo  suo  infor- 
tunio  curtem  comitis  perdidissent,  sese'reciperent  in  domum 
comitis  et  in  domum  prepositi,  simulque  in  refectorium 
et  claustrum  fratrum  et  infra  ecclesiam.  Stabat  autem  eccle- 
sia  Beati  Donatiani  aedificata  in  rotundum  etaltum,  contecta 
fictitio  '  opère,  ollis^et  lateribus  cacuminata  ^  :  nam  olim  tegu- 
men  ecclesiae  lignorum  compositione  astruebatur,  et  elevata 
materia  campanarii  in  altitudinem  artificiosum  opus  eadem 
susceperat  basilica  ;  unde  honestatis  suae  fulg-ore  praeemi- 
nebat  velut  regni  sedes,  et  in  medio  patriae  securitate  et 
pace,  jure  et  legibus  undique  terrae  partibus  salutem  et 
justitiam  demandans.  Quippe  ig^nis  dispendio  omnis  ligno- 
rum  materies  consumpta  est  olim,  et  ideo  contra  ig-nis 
molestiam  lapideum  et  taie  opus  confînxerant  ex  oUis  et 
lateribus,  quod  elementum  igneum  exurere  non  potuisset. 
In  parte  quoque  ejusdem  templi  occidentem  versus,  turris^ 
fortissima  in  eadem  templi  essentia  altiore  statura  eminebat, 
in  supremis  dividens  se  in   duas  turres  acutiores  '^.  Murus 

seule  avait  un  toit  de  tuiles  (§  37).  Outre  ces  divers  bâtiments  dont  nous 
parle  Galbert,  le  bourg  renfermait  encore  une  salle  de  justice  [domus 
sca/)ina<us),  construite  par  Baudoin  Bras-de-fer,  conformément  aux  stipu- 
lations du  capitulaire  de  Quierzy  (v.  Jean  d'Ypres,  Mon.  Germ.  hist.  Script., 
t.  XXV,  p.  768).  Le  plan  du  bourg  de  Bruges  au  xvn"  siècle,  publié  par 
Sanderus,  Flandria  illustrata,  II,  p.  36,  peut  encore  servir  à  faire  com- 
prendre la  disposition  des  lieux.  Plus  récemment, M.  Duclos,  Onze  helden 
van  1302  (Bruges,  1881),  a  publié  le  plan  du  bourg  tel  qu'il  était  au  xiv 
siècle.  » 

1.  Koepke  pense  avec  raison  que  ce  mot  a  le  même  sens  que  fictilis. 

2.  Il  n'est  pas  impossible  qu'il  s'agisse  ici  de  pots  en  terre  cuite  (ollae) 
placées  dans  l'épaisseur  de  la  construction  comme  moyens  d'acoustique 
et  agents  de  répercussion  du  son.  On  connaît  notamment  pour  les  xiii°  et 
xiv  siècles,  comme  pour  les  époques  suivantes,  des  exemples  de  ce  pro- 
cédé d'acoustique  monumentale  dont  il  est  déjà  question  dans  Vitruvx 
(Voy.  Annales  archéol.,  t.  XXII,  p.  294  et  s.,  p.  354-355.)  Certains  de  ces 
exemples  s'appliquent  au  chœur  des  églises.  Cf.  le  mémoire  de  l'abbé 
Cochet,   intitulé  Notes  sur  les  poteries  acoustiques  de  nos  églises. 

3.  Cacuminare  signifie  donner  une  forme  allongée  en  pointe,  ce  qui  s'ap- 
plique ici  à  l'extrémité  supérieure  de  la  construction. 

4.  Sur  les  fortifications  des  églises  du  Nord,  de  la  Flandre  en  particulier, 
voy.  Enlart,  Man.  darchéol.  fr.,  t.  II,  p.  548  et  s.,  où  l'exemple  de  Saint- 
Donatien  est  cité;  voy.  aussi  pour  le  mode  des  constructions  d'architecture 
religieuse  de  ce  pays,  où  le  bois  était  très  employé,  God.  Kurth,  Notger, 
de  Liège  et  la  civilisation  an  X'  siècle,  t.  I  (1905).  Sur  les  églises  castrâtes, 
les  chapelles  seigneuriales  et  autres  constructions  s'élevant  à  côté  de  la 
demeure  du  seigneur  en  Flandre,  voy.  les  témoignages  réunis  par  H. 
Pirenne,  Les  villes  Flamandes  avant  le XII'  siècle, dans  les  Annaies  deVEsl 
et  du  Nord,  t.  I,  (1905),  p.  18. 

5.  «  L'église  de  Sainte-Marie  à  Maestricht  a  conservé  une  tour  romane 
présentant  identiquement  la  même  disposition.  »  (Pirenne,  ibid.) 


[1127-1137]      DE  l'architecture  en  France  377 

quidem  circumcinxerat  et  domum  prepositi  et  dormitorium 
fratrum  et  claustrum  et  pariter  omne  illud  castrum,  atque 
ille  murus,  quem  tandem  obtinere  sibi  presumpserant,  pro- 
pugnaculis  ^  et  circumcursu  ad  extra  pug-nandum  altior  et 
fortior  stabat.  Et  quamquam  in  se  murus  fortis  et  ascenso- 
ria^  fîrma  fuissent,  elaborabant  nocte  et  die  sese  tutiores 
intrinsecus  reddere. 

.  .  .    Intérim  ^  murum  perforare  satagebant  cementario- 
rum  malleis  et  universis  ferramentis... 


CXLIX 

1127-1137,  et  1184. 

Règlement  établi  par  Guillaume  VIII^  duc  d'Aquitaine, 
comte  de  Poitiers,  à  r occasion  de  la  construction  deséglises 
abbatiales  de  Fontaine-le-Comte ,  en  Poitou,  et  de  Sablon- 
ceaux,  en  Saintonge  [ordre  de  Saint-Augustin) ,'  faveurs 
spéciales  accordées  par  ledit  seigneur,  — et  confirmées  plus 
tard  par  Richard  Cœur-de- Lion,  —  aux  maçons,  charpen- 
tiers, et  autres  ouvriers  employés  à  ce  genre  de  travaux. 

Gallia  christiana,  t.  II,  1720,  Inslr.,  n°  LUI*,  col.  370. 

1.  Cf.  ce  passage  :  ...  «  Stabant  ad  lobium  comitis  et  ad  propngna,- 
cula...  »  Il  s'agit  d'une  espèce  de  balcon  ou  de  galerie,  en  flamand  loof.  Au 
XIV*  s.,  la  maison  du  comte  ('s  Graven-Steen)  dans  le  bourg  de  Bruges 
s'appelait  de  Loove. 

2.  Escaliers  pour  monter  sur  les  remparts. 

3.  Un  peu  plus  haut,  ce  texte  mentionne  une  maison  forte  «  domus 
fortis  satis  »,  telle  que  la  noblesse  en  possédait  beaucoup  dans  les  villes 
flamandes  du  moyen  âge.  Gislebert,  à  la  fin  du  xu*  siècle,  parle  des 
tours  que  les  nobles  possédaient  :  «  homines  in  Gandavo  et  potentes 
parentela  et  turribus  fortes,  »  C'est  une  variété  des  maisons  de  pierre 
{domus  lapideâe)  ;  cf.  le  mot  flamand  steen  pour  les  désigner.  Notons  enfin 
l'exemple  que  nous  tirons  d'une  lettre  écrite  en  1179  par  l'archevêque  de 
Reims  aux  bourgeois  de  Gand,  où  nous  retrouvons  les  expressions  sui- 
vantes :  «  arces  domorum  cum  turribus  »  (Miraeus,  Opéra  diplom.,  t.  II, 
p.  974.) 

4.  «  La  charte  originale  de  la  fondation  de  l'abbaye  de  Fontaine-le- 
Comte  ne  se  trouve  pas  aux  Archives  de  la  Vienne,  pas  plus  que  celle 
par  laquelle  Richard  Cœur-de-Lion  confirme  les  biens  et  droits  de  cette 
abbaye.  »  (Note  communiquée  par  M.  Richard,  archiviste  de  la  Vienne.) 
Cette  charte  de  fondation  existait  encore  en  1750  à  Fontaine-le-Comte. 
Voy.  aussi  Gallia  christ.,  t.  cit.,  col.  371. 


378  TEXTES    RELATIFS    A    l'h[ST01RE  [1127-1137] 

In  nomine  Patris  et  Filii  et  Spiritus  Sancti.  —  Ego  Willel- 
mus  ^,  dux  Aquitanorumet  cornes  Pictavorum,  pro  sainte  ani- 
mae  meae  et  parentum  meorum  et  filiorum  meorum,  do  magis- 
tro  Gaufrido  de  Laureolo^  et  fratribusejus,  qui  saeculo  abre- 
nuntiantes  nostris  teniporibus  paupertatem  Christi  elege- 
runt  ;  his,  inquam,  successoribusque  eorum  ibi  relig-iose 
Domino  deservituris  do  locum  qui  dicitur  de  Fonte  Gomitis-^, 
ad  aedifîcandam  ecclesiam  Domino,  cum  nemoribus  etlandis 
et  universis  quae  ibidem  ad  jus  nostrum  pertinere  dinos- 
cuntur,  ut  libère  deinceps  et  quiète  possideant.  Qui  locus 
situs  est  prope  urbem  Pictavim,  et  extenditur  in  longum  a 
nemore  Herberti  usque  Gruptellas^,  et  in  latum  a  nemore 
de  Maseils^  usque  ad  viam  S.  Maxentii  *^  quae  per  Fontem 
Gomitis  tendit  Pictavim,  scilicet  et  nemus  praedicto  loco 
contiguum.  ,  .  Insuper  praedictis  Ghristipauperibus,  scilicet 
magistro  Gaufrido  et  fratribus  ejus,  do  in  pago  Xantonico, 
in  foresta  quae  dicitur  Baconeis,  locum  de  Sabluncellis'  ad 
aedifîcandam  ecclesiam  Domino,  et  de  foresta  in  usus  fra- 
trum  inibi  Domino  famulantium .  .  .  Gonstituimus  etiam  ut 
quaecumque  hic  ad  aedificia  cOnstruenda,  sive  ad  usus  quoti- 
dianos  fratribus  praedictae  ecclesiae  de  Sabluncellis  lignis  vel 
lapidibus,  velpascuis,  velagris  seualiquoalio  modo  necessaria 
fuerint,  de  foresta  quae  vocatur  Baconeis*^,  absque  alicujus 
contradictioneseuexactione  vel  precio,  libère  ac  quiète  perci- 
piant, . ,  Et  praeterea,  lignorum  seu  lapidum  opifices  ac  pos- 
tremo  omne  operariorum  genus,  quandiu  operibus  eorum 
intendunt,  vel  dum  de  opère  ad  propria  remeant,  vel  de  domi- 

1.  Il  s'agit  bien  ici  de  Guillaume  VIII  et  non  d'un  de  ses  prédécesseurs 
portant  le  mémo  nom.  Voy.  L.  Rédet,  Notice  histor.  sur  Vahfjaye  de  Fon- 
Uine-le-Cnmle,  dans  les  Méin.  Soc.  anliq.de  VOuest,  III  (1838),  p.  226-261. 

2.  GeofTroi  de  Loriol,  qui  est  appelé  aussi  Geoll'roi  de  Loroux,  arche- 
vêque de  Bordeaux  à  partir  de  1 137. 

3.  Aujourd'hui  c.  du  cant.  S. de  l'arr.  de  Poitiers  (Vienne).  Voy.  L.  Ré- 
det, Dict.  top.  du  dép.  de  la  Vienne.,  1881,  p.  170. 

4.  Groutelle,  c.  du  cant.  et  arr.  de  Poitiers. 

5.  n  Maseils  repond  à  Mczeaux,  ancien  ch.-l.  de  commune  perdu  dans  les 
bois  près  de  Fontaine-le-Comte,  et  qui  est  aujourd'hui  réuni  à  la  com- 
mune de  Li}çu{^é.  »  (Note  communiquée  par  M.  Richard.) 

6.  Saint-Maixent,  ch.-l.  de  c,  arr.  Niort  (Deux-Sèvres). 

7.  Sablonceaux,  c.  ducant.  de  Saujon,  arr.  Saintes  (Charente-Inférieure). 
Ancienne  abbaye  soumise  à  l'autorité  de  Geoffroi  de  Loriol. 

8.  La  forêt  de  Baconeis  se  trouvait  entre  Sainte-Gemme  et  Sablonceaux. 


[1128-1184]       DE  l'architecture  en  frange  379 

bus  suis  ad  opéra  veniunt,  sicut  cetera  eorum  familia,  salvi 
remaneant  undique  et  illaesi  ;  nec  per  aliquam  violentiam 
ministerialiuni  nostrorum  quisquam  opéra riorum  ab  opère 
ipsorum  amoveri  atque  ad  alia  traduci  sit  licitum.  Hanc 
autem  rerum  nostrarum  largitionem  et  praedictam  libertatem 
pro  amore  Dei  et  pro  salute  animae  meae,  praedictis  fratri- 
bus  indulgentes  ^  sigilli  nostri  munitione  confirmamus.  .  . 


CL 

1128-1184  environ. 

Réorganisation  du  prieuré  de  Sainie-Barhe-cn-Augc  [ordre 
de  Saint- Augustin),  au  diocèse  de  Lisieux,  par  le  prieur 
Guillaume,  ancien  trésorier  de  Henri  7^'",  roi  d  Angleterre, 
duc  de  Normandie  ;  construction  de  bâtiments  prieuraux 
et  travaux  d'hydraulique  exécutés  par  le  chanoine  Hébert. 

Anonymivera  narralio  fnndalionis  pj'ioralus  Sanctae  Barharne  in  Algia 
ou  La  chronique  de  Sainte-Barbe-en-Aucfe-,  éd.  par  R. -Norbert  Sau- 
vage, dans  les  Mém.  de  l'Acad.  des  Sc.,arlset  belles-lettres  de  Caen,  1906, 
p.  21-24  (d'après  le  ms.  1643  de  la  bibliothèque  de  Sainte-Geneviève,  cop. 
du  XIV'  siècle)  *. 

(Cf.  A.  Du  Monstier,    Neiislria  pia,  1663,  p.  716  et  s.  —  A.  Le   Large, 
De  canonicornm  ordine  disquisitiones...,  1697,  pp.  537-545). 

.  .  .  Accidit  ut   Rabellus  ^,    filius   Guillelmi    Camerrarii, 
cujus     consilio    tota     fere     regalis    curia    tune     temporis 

1.  Cf.  supra  lacté  de  1120,  c'est-à-dire  d'une  époque  presque  contem- 
poraine de  celle  qui  nous  occupe  ici,  relatif  aux  immunités  accordées  par 
le  comte  d'Anjou  aux  maçons  et  charpentiers  de  labbaye  de  Saiut- 
Jouin  de  Marnes,  en  Has-Poitou,  région  voisine  de  celle  dont  il  est  ques- 
tion dans  le  présent  texte. 

2.  Aujourd'hui  dans  la  commune  d'Ecajeul,  cant.  de  Mézidon,  arr. 
Lisieux  (Calvados  .  —  Sur  la  place  et  les  fondements  de  cet  ancien  monas- 
tère, voy.  de  Caumont,  Statistique  monum.  du  Calvados,  t.  V,  (1867),  p. 
471,  v°  Abbaye  de  Sainte-Barbe.  «  Il  ne  reste  plus  rien  des  bâtiments  de 
ce  prieuré,  qui  relevait  de  l'ancien  diocèse  de  Lisieux  et  qui  fut,  en  1607, 
rattaché  aux  Jésuites  de  Caen.  »  (Note  de  l'éditeur.) 

3.  Pour  les  autres  sources  bibliographiques,  voy.  outre  Sauvage,  op.  cit., 
p.  4-5,  L.  Delisle,  Chronique  de  la  fondation  de  Sainte-Barbe,  dans 
Vllist.  tilt,  de  la  France,  t.  XXXII   (1898),  pp.  213-219. 

4.  RabelleChambrier,  delà  famille  des chambriers  deTancarville,  fils  de 
Guillaume  de  Tancarville  et  de  Mathilde  d'Arqués.  (Cf.  A.  Deville,  Hist. 
du  château  et  des  sires  de  Tancarville,  1834,  p.  121  et  s.  Voy.  aussi 
L.  Delisle,  op.  cit.,  p.  214.) 


380  TEXTES   RELATIFS   A   l'hISTOIRE  [1128-1184] 

inc[u]mbebat,  Deo  inspirante,  disponeret  ponere  in  eccle- 
sia  que  dicitur  Sancte  Barbare  canonicos  regulares,  in 
qua  proavus  ejus  Stigandus  i,  tempore  Guillelmi,  Ang-lo- 
rum  régis  et  domitoris,  prebendas  et  canonicos  instituerat 
seculares.  Patris  itaque  et  filiicommunicatoconsilio,  habito 
quoque  super  hoc  régis  et  episcoporum  assensu  pariter  et 
suffragio,  Guillelmus  coactus  est  de  nido  sue  conversionis 
exiredomusque  regularis  ordinande,  adhuc  in  ordine  recens, 
curam  suscipere.  Qui  abbatis  nomen  prorsus  refugiens, 
nomine  et  offîcio  prioris  contentus  est,  contemptor  pompe 
qua  maie  in  seculo  usus  est.  [Ajdduxit  autem  secum  duos 
fratres,  viros  strenuos,  qui  de  civitate  Rothomagensi  apud 
Desertum^,  relictis  opibus  suis,  causa  religionis,  secontule- 
rant,  Ernaldum  et  Hebertum. —  Et  iste  est  Hebertusqui, 
post  mortem  Guillelmi  ^  prioris,  sub  pâtre  Daniele  ^,  a  latere 
dextro  ecclesie  aulas  hospitum,  offîcinas  "fratrum,  per  sede- 
cim  annos  instanter  edifîcavit,  et  pereas  aquam  fluminis^ 
magno  s[u]mptu  ac  sudore  adduxit.  Hii  très  in  nomine 
Sancte  Trinitatis  ecclesiam  Béate  Barbare,  comitante  obe- 
diencia  unanimiter  adierunt,  seque  in  ea  omnibus  diebus 
vite  sue  sub  beati  Augustini  régula  militaturos,  voto  pari 
Domino  obtulerunt.  Factum  est  anno  M^C^^XX^VllP  ab 
Incarnacione  Domini,  gaudente  fundi  domino  et  favente 
Johanne*^,  Lexoviensi  episcopo.  Ecclesia  vero  que  dicitur 
Sancte  Barbare  in  honore  beati    Martini  ab    antiquo  fun- 


1  Sur  Eude  Stigand,  voy.  Orderic  Vital,  Hist.  eccl.,  éd.  Le  Prévost,  t.  II, 
p.  104.  Ce  seigneur  de  Mézidon  avait  fondé,  à  l'époque  de  Guillaume  le  Con- 

Suérant,  une  église  pour  y  placer  des  reliques  de  sainte  Barbe,  apportées 
'Orient  ;  il  y  avait  établi  des  chanoines  séculiers,  que  son  petit-fils  Rabel 
de  Tancarville  remplaça,  en  1127,  par  des  réguliers.  La  première  fondation 
de  Sainte-Barbe-en-Auge  avait  eu  lieu  en  1068. 

2.  On  trouve  dans  le  Calvados  une  ancienne  localité  du  Désert  (cant.  de 
Vassy,  arr.  Vire),  qui  fut  le  siège  d'un  prieuré  dépendant  de  l'abbaye  de 
Troarn.  Voy.  de  Gaumont,  Statistique  cit.,  t.  III  (1857),  p.  61. 

3.  La  mort  du  prieur  Guillaume  advint  le  13  janvier  1153. 

4.  Daniel,  Anglais  d'origine,  déjà  prieurde  Beckford (comté  de  Glocester), 
avait  été  l'auxiliaire  de  Guillaume.  Il  paraît  avoir  rempli  dans  ce  der- 
nier monastère  les  fonctions  de  prieur  pendant  trente  ans,  de  l'année  1153 
environ  à  l'année  1183. 

5.  La  Dive,  rivière  du  département  de  l'Orne  et  du  Calvados,  qui  se  jette 
dans  la  Manche. 

6.  Jean  I",  évéque  de  Lisieux  de  1107  à  1141. 


[1129]  DE   l'architecture   en    FRANCE  381 

data^  etdedicata  consistit.  Porro,  illatis  in  eamreliquiis  béate 
Barbare  ~  virg-inis  et  martyris,  per  manum  Roberti,  filii 
Stig-andi,  qui  de  Grecia  easdem  reliquias  super  aurum  et 
topazion  sibi  preciosas  attulerat,  beata  Barbara,  ob  miracu- 
lorumfrequenciam,  illam  suo  nomini  vindicavit  ecclesiam. 
Cujus  rei  consideracione,  prior  Guillelmus  in  sigillo  capi- 
tuli  ejusdem  ecclesie  utriusque  [i]maginem  efïîgiari  fecit, 
versiculo  brevitate  laudabili  circ[u]niposito  : 

In  re  Martini  Barbara  nomen  habet. 

Alium  quoque  similis  forme  versiculum  in  sigillo  ^  proprio 
sculptum  habebat  : 

Si  recte  vivis,  fac  mihi  quod  tibi  vis. 


GLI 
Après  1129,  et  1188-89. 

Fournitures  et  services  dus  par  la  corporation  des  «  fèvres  » 
et  celle  des  charpentiers  à  lévêque  de  Strasbourg^  notam- 
ment pour  les  travaux  du  palais  épiscopal. 

Règlement  de  Gui  deJoinville,  évêquede  Chàlons-sur-Marne^ 
concernant  les  obligations  et  privilèges  des  «  fèvres  » 
employés  soit  aux  réparations  et  constructions  neuves  du 
palais  épiscopal,  soit  aux  travaux  de  fortification  de 
ladite  ville. 

1.  On  peut  voir  dans  Du  Monstier,  op.  cit.,  le  récit  de  la  fondation  pri- 
mitive. 

2.  «  Sainte  dont  l'histoire  demeure  fort  incertaine.  D'après  Méta- 
phraste,  elle  aurait  été  martyrisée  à  Héliopolis  d'Egypte,  en  306.  Sa  légende- 
est  dans  Surius  :  De  probatis  sanctorum  vitis,  t.  XII;  Cologne,  1618,  p. 
123-124.  »  (Note  de  l'éditeur.) 

3.  Ainsi  que  M.  Delisle  l'a  fait  observer  {op.  cit.,  p.  215),  ce  type  de 
sceau  n'était  plus  employé  au  x\'  siècle,  comme  on  le  voit  par  un  sceau 
que  Léchaudé  d'Anisy  a  dessiné  dans  son  Recueil  de  sceaux  normands, 
pi.  XXII,  n"  5.  L'ancien  usage  a  revécu  dans  les  temps  plus  modernes. 
En  souvenir  du  sceau  gravé  au  xw  siècle,  les  chanoines  employaient  en 
1680  un  cachet  portant  la  légende  :  «  In  re  Martini  Barbara  nomen  habet  ». 
Voy.  Dcmay,  Sceaux  de  Normandie,  p.  339,  n»  3019. 


382  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [1129] 


Premier  coutumier  municipal  de  Strasbourg-,   dans  W.  Wieji^and,  Urkiin- 
denliuch  derStadt  Sirassbiirg.  Strassburg,  t.  I  (1879),n<'616,pp.  470-476». 

[Après  1129].  —  [XLIV].  Ad  officium  burcgravii  perti- 
net  ponere  magistros  omnium  offîciorum  fere  in  urbe, 
scilicet...  fabrorum,  molendinariorum  et  eorum...  qui  pur- 
gant  gladios...  Et  de  eisdem  habet  potestatem  judicandi^ 
si  quid  deliquerint  in  offîciis  suis... 

[XLV].  Locus  autem  judicationis  et  emendationis  eorum 
est  in  palacio  episcopi  ~. 

[CIIIj.  Fabrorum  jus  est,  quando  episcopus  ierit  in  expe- 
ditionem  imperatoris,  quod  quilibet  faber  dabit  equorum 
ferramenta  quatuor  cum  clavis  suis,  de  quibus  dabit  epis- 
copo  burcgravius  ad  viginti  quatuor  equos,  reliqua  sibi 
retinebit. 

[GV.]  Preterea,  fabri  debent  omnia  facere  que  necessaria 
habuerit  episcopus  in  palacio  suo,  sive  in  januis,  sive  in 
fenestris,  sive  in  januis  vasorum,  que  de  materia  ferri  fieri 
conveniat,  data  eis  materia  ferri  et  ministrata  intérim 
vivendi  expensa. 

[G VI].  Si  castrum  aliquod  episcopus  obsèdent  vel  ei 
obsessum  fuerit,  trecentas  sag'ittas  dabunt.  Si  pluribus 
eguerit  episcopus,  de  suniptibus  suis  et  expensis  sufficienter 
administrabunt, 

[GXVIII].  Carpentarii  singulis  diebus  lune  debent  in 
opus  episcopi  ire  cum  expensis  ipsius.  Gum  summo  mane 
venerint  ante  palacium,  non  audeant  recedere  ante  soni- 
tum    campane,  que  ad  missam  mane  pulsatur.  Si  intérim 

1.  Cf.  G.  Fagniez,  Doc.  rel.  à  L'hisf.  del'ind.  el  du  commerce  en  France, 
t.  I    (1898),  n"  103,  p.   68-71. 

2.  Cf.  l'acte  suivant.  —  Nous  voyons  qu'à  Paris,  en  1222,  l'évèque  entre- 
tenait depuis  longtemps,  outre  un  maçon  et  un  charpentier,  qui  étaient 
parmi  les  artisans  attachés  à  son  service,  un  ouvrier  en  ferronnerie  et 
un  orfèvre,  lesquels  jouissaient  de  certaines  prérogatives  {Carlul.  de  N.-D. 
de  Paris,  éd.  Guérard,  t.  1,  p.  122  et  123,  et  ibid.,  Préf.,  p.  LXXXVI.).  Cf. 
Inslruclions  du  Comité  des  trav.  Iiist.,  Lilt.  lut.  el  Hist.  du  moy.  âge, 
I8i)0,  p.   6]    :  L'orfèvre  de  l'évèque  de  Beauvais  (122^), 


[1188-1189]       DE  l'architecture  en  frange  383 

non  fuerint  in  opus  episcopi  assumpti,  liberi  ea  die  recé- 
dant. Non  sunt  cogendi  ire  in  alicujus  opus  alterius  nisi 
episcopi. 


Archives'  départementales  de  la  Marne,  sér.  G,  136,  fol.  386  r»  (d'après 
une  copie  de  1556),  et  sér.  G,  161,  fol.  418  r"  (d'après  une  cop.  de  la 
même  époque). 

[1188-1189].  —  In  nomine  sanctae  et  individuae  Trini- 
tatis.  —  Ego  G[uido]'~,  Dei  gratia,  Gathalaunensisepiscopus, 
notum  fieri  volumus  tam  presentibus  quam  futuris  ad  quos 
praesentis  paginae  testimonium  devenerit,  quod  omnes  fabri 
istius  civitatis  Cathalaunensis,  qui  moranturinbanno  et  jus- 
titia  nostra  et  operantur  ex  aère,  ferro,  calibe  ^  et  cupro, 
solis  iis  exceptis  qui  operantur  in  argento  et  auro  et  meguen- 
niis  '*  qui  resarciunt  patellas  •'  et  cacabos  ^  et  lebetes^,  talein 
franchisiam  sive  cust[u]miam  ^  ab  omnibus  episcopis  ante- 
cessoribus  nostris,  usque  ad  tempora  nostra  firmani  invio- 
latamque  sibi  servaverunt,  videlicet  quod  ipsi  debent  sol- 
vere  omneni  ferraturam  quae  est  necessariaad  domum  nos- 
tram,  sive  in  ea  nova  fiant  aedificia,  sive  vetera  et  ruinosa 
reparentur,  tam  in  clavatura  pro  tectis  tegendis,  quam  fer- 
raturaspro  fenestriset  vectes  ^,  pessula'*^,  limulas'i  sive  ver- 

1.  Dans  l'Inventaire  des  Arch.  départ,  de  la  Marne  (sér.  G,  t.  IV,  p.  55), 
cet  acte  est  désigné  sous  la  dénomination  de  «  Charte  des  serruriers  ». 
Il  a  été  publié  très  inexactement  par  Ed.  de  Barthélémy,  Ilisl.  de  la  ville 
de  Chàlons-sur-Marne,  1*  éd.  (1854),  p.  108,  et  seulement  analysé  par  lui 
dans  la  2»  éd.  (1888),  p.  133.  Nous  remercions  nos  confrères,  MM.  P.  Péli- 
cier  et  J.  Borland,  des  archives  de  la  Marne,  qui  ont  bien  voulu  nous  procurer 
une  transcription  du  te.\te  ci-dessus.  Nous  devons  à  ce  dernier  la  connais- 
sance de  la  cop.  G  161 . 

2.  Gui  III  de  Joinville  fut  évoque  de  Châlons  de  1164  à  1190. 

3.  Acier. 

4.  Nous  pensons  avec  M.  J.  Berlandqu'il  faut  lire  ici  meciuenniis  au  lieu 
de  mequenniis,  et  rapprocher  ce  terme  du  mot  français  meniiyer,  c'est-à- 
dire  oifèvre  qui  fait  la  petite  orfèvrerie. 

5.  Plats  (de  métal). 

6.  Chaudrons,  marmites  (de  métal. 

7.  Bassins,  casseroles  (de  métal). 

8.  Le  ms.  porte  cnstimiam. 

9.  Barres  métalliques  transversales,  maintenant  la  fermeture  des  portes. 

10.  Verrous.  Cf.  infra  :  pessulus. 

11.  Petites  limes. 


384  TEXTES    R'ELATIFS    A    l'hISTOIRE  [1188-1189] 

vellas  ipro  ostiis  obserandis  ;  debentque  très  secures,  unam 
in  coquina,  unam  in  porta  et  tertiam  in  caméra  episcopi, 
ita  quod,  si  hujusmodi  ferraturae  inveterescant  et  indigeant 
reparatione,  veteres  reddentur  et  ab  ipsis  fient  novae.  Prae- 
terea,  singulis  annis,  in  festo  sancti  Remigii,  ille  qui  habet 
propriam  domum  et  operatur  de  ferro  et  calibe  débet  sol- 
vere  integram  ferraturam  unius  equi  aut  duos  denarios  ;  si 
vero  non  habet  propriam  domum,  débet  tantum  duo  ferra 
equi  cum  clavis  aut  unum  denarium.  Caeteri  vero  fabri  qui 
faciunt  acus  2,  pelves  3  et  lebetes,  si  domos  habent,  solvunt 
duos  denarios  ;  si  non  habent  propriam,  solvunt  unum.  Et 
propter  hujusmodi  onera  ipsi  sunt  liberi  et  absoluti  a  sum- 
monitione  thelonei  ^  et  mot[o]nnis  ^  et  oubliis  ^  in  Natale 
[sic)  Domini.  Etsing-uli  fabri  qui  ferra mentum  ad  secandum 
faciunt  douant  duos  cultellos  in  festo  sancti  Stephani  ad 
mensam,  quando  comedunt  in  palatio.  Praeterea,  si  ad 
munitionem  civitatis  fiant  fossata,  ipsi  debent  fossaria  quae 
vulgo  appellantur  pi[c]z  ^,  quotquot  sunt  necessaria  ;  qui- 
bus  completis,  illa  restituuntur  ipsis  fabris.  Quod  si  barrae 
fiant,  ipsi  debent  cat(h)enas  et  ligamina  ferrea  quae  circum- 
dant  epistil(l)ium  ^  sive  fusellum  '^  ipsius  barrae.  Et  propter 
hoc  ipsi  fabri  sunt  liberi  et  quitti  a  talliis  et  exactionibus 
quae  fîunt  propter  clausuram  et  munitionem  ipsius  civitatis. 

1.  Vervelles  (synon.  de  vertevelles),  pièces  de  fer  en  forme  d'anneau 
qu'on  fixe  dans  une  porte  pour  retenir  les  verrous. 

2.  Pointes  de  métal,  aiguilles. 

3.  Bassins,  aiguières. 

4.  Tonlieu. 

5.  On  ne  saurait  dire  précisément,  à  la  lecture  du  ms.,  si  la  quatrième 
lettre  de  ce  mot  est  un  a  ou  un  o.  Mais,  d'après  M.  J.  Berland,  il  vaut 
mieux  lire  motonnis  que  motannis,  à  cause  du  passage  suivant  d'une  pièce 
insérée  au  même  registre  G.  156  :  «  lesdicts  febvres...  per  hoc  sunt  exem- 
ptia  tholoneo,  qui  est  le  grand  thonneux  de  cinq  solz  au  jour  Saint-Martin, 
et  les  mengers  et  les  mourons  qui  sont  les  petits  thonneux.  » 

6.  Redevance  féodale  :  droit  d'oublié,  d'oubliage. 

■;.  Le  ms.  G.  156  porte  pitz  et  le  ms.  G.  161,  pis.  Il  s'agit  de  pics,  instru- 
ments de  fer  pointus  et  recourbés  pour  ouvrir  la  terre.  Cf.  du  Gange, 
v°  Fossorium. 

8.  Nous  avons  déjà  expliqué  le  sens  qu'a  eu  le  mot  epislilium  au  moyen 
âge,  par  opposition  à  la  signification  antique  de  ce  terme.  (Voy.  supra, 
p.  105,  n.  3.)  Il  est  pris  alors  dans  l'acception  de  chapiteau,  et  il  s'applique 
ici  à  ce  genre  d'ornement  façonné  à  l'extrémité  d'une  tige  de  métal  qui 
a  la  forme  d'une  petite  colonne. 

9.  Le  mot  fuseau  s'applique  encore  aujourd'hui,  dans  le  langage  de  la 
serrurerie,  à  un  barreau  figurant  une  colonnette. 


|il88-H89j       DE  l'architecture  en  France  38o 

Praeterea  in  exercitibus  faciendis,  quotiens  episcopus  Gatha- 
launensis  summonetur    a   domino    rege,    ipsi    eidem  fabri 
debent  dare  hachias  ^  sive  bipennes  2,  quotquot  erunt  neces- 
sariae  ;  et   debent    tigna   trab[is]  vel  papilion[is]    episcopi 
in   summitatibus  ferro    ligare,   et  etiam  sudes  et  pessulos 
cum  quibus  funes  religantur  ad    sustinendam  trabem   vel 
papilionem,  in  summitatibus  ferrare  et  premunire.  Debeat- 
que  singuli  qui  domos  habent  proprias  integram  ferra turam 
unius  equi  ;  si   vero  non  habent   proprias   domos,  debent 
tantum  duo  ferra  cum  clavis  ;  quod  accipiendum  est  de  illis 
qui  operantur  in  ferro  et  cal[ijbe  :  nam  illi  qui  exercentur 
in  cupro  et  ère  tantum  dant  duos  denarios,  si  habent  pro- 
prias domos,  vel  unum,  si  non  habent  proprias.  Et  propter 
haec  onera  ipsi  sunt  quitti  et  liberi  a  tallia  quae  fit  propter 
exercitum  régis .   Nam,  si  fiât  propter  ipsius   domini  régis 
procurationem,  non  sunt  quitti.    Ut  autem  haec  omnia  ne 
per  alicujus  intermissionis  oblivionem  vel  aliquorum  mali- 
gnantium    iniquitatem    valeant    immutari,  ut  domus  epis- 
copalis  suo  jure  privetur,  aut  ipsi  fabri  aliis  injustis  exac- 
tionibus  aggraventur,   sicut   bene  et   juste    a  praedecesso- 
ribus   nostris  servata   sunt,  ita   et  nos   inviolata   servare, 
intacta  transmittere  curamus  et  sigilli  nostri  impressione 
confirmamus,  SignumThomae,  Sancti  Pétri,  signumJoannis, 
Sancti  Memmii,  signum  Rogeri,  Omnium  Sanctorum  abba- 
tis;  signum  Alexandri,  signum  Mathei,  signum  R[ainaujdi, 
archidiaconorum,  signum  Jacobi,  thesaurarii  Cathalaunensis 
ecclesiae,    signum  Bremundi,    seneschali  nostri  ;    signum 
Stephani  buticularii,    signum   Hugonis  de  Porta  Materne, 
militis,  signum   Pétri  mareschalli,  signum  Joannis  paneta- 
rii,   signum  Manerii,  burgensis-*    nostri.    Actum   anno  ab 
Incarnatione    Domini   mille[s]imo  centesimo    octuagesimo 
octavo.     —    Data  per   manum    magistri  Pétri,  sigillarii  ^. 

1 .  Très  ancien  exemple  de   la    réfection  latine  du  mot  hache. 

2 .  Hache  à  double  tranchant. 

3.  Sur  les  bourgeois  de  l'évêque  de  Chàlons,  voy.  Ed.  de  Barthélémy, 
op.  cit.,  1"  éd.  (1854),  p.  5  et  suiv. 

4  .  Cette  charte  devait  porter  un  sceau  de  cire  rouge,  comme  le  montre 
la  mention  suivante,  «  magno  sigillo  cerae  rubeae  »  à  la  fin  de  la  copie  de 
G  156.  Il  y  a  des  sceaux  de  cire  rouge  de  l'évêque  Gui  III  (Arch.  de  la 
Marne,  G  466,  H  293.) 

25 


386  TEXTES    RELATIFS    A    l'iHSTOIRE  [Av.    1130] 

GLU 

Avant  1130. 

Emplacement  et  disposition  du  château  de  Chàtel-Aillon, 
en  Aunis  ;  ses  citernes  et  ses  défenses.  —  Eloge  de  la 
tbur  maritime  située  à  V extrémité  d' un  promontoire  formé 
par  Vile  d'Aix,  entre  la  Rochelle  et  le  pays  de  Saintonge. 

Addenda  chronico  Richardi  Piclaviensis^,  dans   le  Rec.   dex  Ilinl.  de  Fr., 
t.  XII,  n.  éd.,  1877,  pp.  418-421. 

Anno  Incarnationis  Domini  MGXXX,  Willelmus,  dux 
Aquitanorumcomesque  Pictavorum,frater  scilicet  Raimundi, 
principis  Antiocheni,  coadunatis  fraudulenter  Castri  Julii 
militibus,  ex  insperato  castrum  ipsum  obsedit...  Est  autem 
castrum  ^  illud  supra  mare  Oceanum  positum^  rivis,  silvis 
fontibusque  carens,  excepto   puteo^  uno    extra  muros,  ad 

1.  Richard  de  Poitiers,  chroniqueur  et  poète  du  xii"  siècle,  proba- 
blement né  en  Aunis,  fut  moine  au  prieuré  deTile  d'Aix  ;  on  ignore  la  date 
de  sa  mort. 

2.  La  Turje  serait  le  nom  du  donjon  de  Ghâtel-Aillon  (aujourd'hui  à 
1  kil.  de  la  mer,  à  la  pointe  d'un  vaste  promontoire  formé  par  l'île  d'Aix). 
Ghâtel-Aillon  fait  partie  de  lacomm.  d'Angoulins,  cant.  etarr.  La  Rochelle. 
Le  nom  de  Castrum  Julii  a.  été  appliqué  fréquemment  à  Ghâtel-Aillon 
{Caslrum  Allionis),  au  moyen  âge.  Jadis  ville  fortifiée  et  importante,  elle  a 
peu  à  peu  disparu  par  les  suites  d'un  long  siège  et  par  les  assauts  de 
l'Océan.  Il  n'en  reste  plus  que  le  prieuré  de  Saint-Romuald,  alors  qu'il  y 
avait  là  autrefois  une  église  consacrée  à  saint  Jean  et  une  chapelle  dédiée  à 
saint  Nazaire.  —  Voy.  les  textes  cités  par  Bruhat  dans  sa  thèse  sur  la  Sei- 
gneurie de  Châtelaillon,  La  Rochelle,  1901,  p.  48  et  s.  Gf.  Arcère,  Histoire 
de  La  Rochelle,  et  G.  Musset,  Richard  le  Poitevin,  pp.  5-6. 

3.  «  Les  abbayes  et  les  châteaux  du  moyen  âge,  dit  VioUet-le-Duc,  situes 
souvent  sur  des  collines  élevées  étaient  dépourvus  de  sources  naturelles  ;  • 
on  suppléait  à  ce  manque  d'eau  par  des  citernes  creusées  dans  le  roc  ou 
maçonnées,  dans  lesquelles  venaient  se  réunir  par  des  conduites  les  eaux 
pluviales  tombant  sur  les  combles  des  bâtiments  et  sur  l'aire  des  cours.» 
[Dict.  de  Varchit.  fr.,  t.  III,  p.  249.)  Cf.  le  texte  suivant  cité  par  Raynal, 
Hist.  duBerry,  1. 1,  p.  372,  n.  2,  au  sujet  d'Hugue  de  Gai^ilesse,  adversaire 
d'Adémar  de  Limoges,  et  où  il  est  question  d'une  vaste  et  profonde  citerne 
sise  près  d'une  tour  du  château  de  Brosses,  en  Berry  :«  Turrim,quae  juris 
Ademari  fuisse  videbatur,  confestim  diruit.  Juxta  eam  cisterna  erat  ad 
colligendas  imbrium  aquas  effossa,  quadraginta  quinque  et  eo  amplius 
cubitis  in  profundum  patens.  »  Histor.  de  Fr.,  t.  X,  p.  345  :  ex  libr.  IIMirac. 
».  patrit  Benedicti.) 


[Vers  1130J       de  l'architecture  en  France  387 

radicem  montis  posito,  cui  vocabulum  est  Pelenertus.  In 
eodem  tamen  castello  putei  multi  habentur,  sed  aqiia  eorum 
non  est  habilis  ad  potandum.  Ipsum  vero  castellum  mûris 
et  turribus  ita  munitum  est  ut  nullius  machinae  impetus 
nulliusque  hominis  insultus  vix  vereatur,  nec  ab  hostibus 
externis  putetur  comprehendi,  si  tantum  inhabitantes,  pane 
et  aqua  muniti,  illud  defendere  voluerint. 

De  turre  MARiTiMA.  —  Et  tu,  turris  maritima,  cum  pro- 
pugnaculis  in  altum  firmiter  aedificata,  filii  alieni  venient 
usque  ad  te  ;  sed,  pudoris  ignominia  cooperti,  singuli  ad 
terram  suam  fugient  !  Tu  vero,  ne  verearis  minas  eorum, 
sed  érige  audacter  faciem  tuam  contra  faciem  Aquilonis  ! 
Sta  super  custodiam  tuam  et  pone  gradum  tuum  super 
munitionem  tuam,  convocans  conlaterales  tuos  ut  ad 
auxilium  tuum,  si  opus  fuerit,  cum  viribus  veniant  ! 

...  Habet  ad  sinistram  Oleronensem  '  insulam,  octo  mil- 
lia  in  longum  tendentem  ;  a  parte  autem  dextra,  habet  pro- 
montorium  quoddam,  quod  Rudela  ^  nuncupatur,  et  Sanc- 
tonici  -^  orbis  provinciam. . . 

CLIII 

Vers  1130,  1161-1179,  et  1197. 

Incendie  de  V église  de  V abbaye  dWndres,  près  de  Boulogne- 
sur-Mer,  dont  une  partie  des  bâtiments  était  construite 
ou  recouverte  en  bois.  —  Reconstruction  de  la  porte  de 
ladite  abbaye  sur  le  modèle  de  celle  de  Saint- Ber tin  ;  clô- 
ture de  la  maison-Dieu  d'Andres.  —  Part  personnelle  prise 
par  l'abbé  Pierre  et  par  les  moines  à  la  réédification  de 
Véglise  abbatiale  faite  par  maître  Aimon  ;  contribution 
des  paroissiens.  —  Travaux  divers  [maison-Dieu ,  pont 

1.  L'île  d'Oléron,  sur  la  côte  de  l'Aunis.  Aujourd'hui,  Ghâteau-d'Oléron 
est  ch.-l.  de  c,  arr.  Marennes  (Charente-Inférieure). 

2.  La  Rochelle,  au  fond  d'un  golfe  de  l'Océan  (ch.-l.  de  la  Gharente- 
Inf"). 

3.  Le  pays  de  Saintes,  situé  à  72  kil.  environ  de  La  Rochelle. 


388  TEXTKS  RELATIFS  A  l'iiistoire       |  Vers  1130J 

de  pierre)  exécutés  par  ledit  maître  d'œuvre.  —  Becons- 
truction  somptueuse  de  l'infirmerie  et  du  cloître  par 
les  soins  de  l'abbé  Itier. 

Willelmi^  chronica  Andrensis^,  éd.  J.  Heller,  dans  Mon.  Germ.  hist/^ 
Script.  XXIV  (1879),  §§  34,  51,  54,  64.  66,  70,  78,  116,  p.  698,  706-708,  710- 
712,  713-714,  724. 

(Cf.  Veterum  aliquot  scriptorum...  spicileqium,    éd.  d'Achery,   in-4'', 
t.  IX,  1669,  p.  421  et  s.) 

34.  [Vers  1130.J  —  Ecclesia  |3resens...  fulg^urata  est 
et  cuni  omnibus  appendiciis  suis  penitus  concremata. 
Siquidem,  sieut  ab  illis  audivimus  qui  hoc  viderunt  et  audie- 
runt  etusque  ad  nostra  tenipora  duraverunt,  hostis  humani 
generis  in  specie  ursi  super  ecclesiam  visus  estcircumquaque 
discurrere,  turrini  laterculis  ligneis  coopertain  ascendere  et 
contlagrantes  laterculToJs  super  cuncta  edificia  proicere. 
Apparent  adhuc  per  omnesfere  dormitorii  macerias  ruinosa& 
et  scabrosas  ejusdem  celestis  incendii  vestigia,  quia  post- 
modum  cetera  edificia  sunt  per  gratiam  Dei  in  melius  refor- 
mata. Combusta  etiam  in  ipso  incendio  domus  infirmorum 
lignea,  spociosa  et  sumptuosa,  a  nobili  viro  Radulpho  de 
Dovera'^,  domini  Manassis  comitis  commilitone  et  amico 
speciali,  composita,  ea  quidem  intentione  quod  cum  eodem 
comité  decreveratin  sancto  proposito  vite  residuum  ducere 
et  in  eadem  domo  decedere 

5i  .  Annodominice  Incarnationis  MCLXI,  prefato  domina 
Petro  ad  regimen  hujus  loci  divinitus —  transmisso,..^ 
voiens  vir  discretus  oves   pascue  Dei  in  ovilj  recludi  et  a 

1.  L'abbé  Guillaume,  originaire  du  comté  de  Guines,  né  vers  1117,  écri- 
vait au  commencement  du  xiii°  siècle,  et  il  était  contemporain  de  Lambert 
d'Ardres.  Sur  Guillaume  d'Andres  et  sa  chronique,  voy.  Pnrenty,  dans 
Mèm.  Soc.  desanliq.  de  la  Morinie,  t.  X,  1860,  p.  51  et  s.  ;  voy.  aussi  l'avant- 
propos  placé  par  Heller  en  tête  de  son  édition  {op.  et  tom.  cil.,  p.  685 
et  suiv,). 

2.  Andres  est  aujourd'hui  une  commune  du  cant.  de  Guines,  à  4  kil.  de 
cette  ville,  arr.  Boulogne-sur-Mer  (Pas-de-Calais).  L'abbaye  d'Andres, 
fondée  en  1084,  dédiée  au  Saint  Sauveur  et  à  Sainte  Rictrude,  a  été  «  dé- 
truite en  154  i.  »  (De  Loisne,  DicHonnaire  topoçfraphique  du  Pas-de-Calais, 
p.  11.)  Il  ne  subsiste  plus  j^uère  de  ses  monuments  que  des  tombeaux 
et  des  fragments  décoratifs.  Voy.  L.  Deschamps  de  Pas,  Noies  sur  des 
découver  les...  faites  à  Andres  {Bull.  Soc.  des  antiq.  de  La  Morinie,  IV* 
vol.,    p.    474  et  477;  cf.   V'  vol.,  p.  135), 

3.  Douvres,  ville  d'Angleterre  (Kent),  à  26  kil.  S.-K.  de  Cantorbéry. 


[Vers  1 1 30]        de  l'architecture  ex  France  389 

secularibus  secerni,  quas  ab  eisdem  constabat  porte  lignée 
et  sepium  septis  solummodo  separari,  statim  in  proxima 
quadragesima  post  hiemem,  qua  ad  nos  intravit,  ad  exem- 
plar  '  porte  Sancti  Bertini  portam  hic  lapideam  incepit  ;  et 
extra  priores  terminos  eam  collocans,  ita  quod  aditus  domus 
elemosinarie  deintus  esset,  qui  prius  deforis  extiterat,  eam 
valvis  munivit  et  plumbo  cooperuit.  Deinde  per  totam  esta- 
tem  sequentem  fît  sumptuosus  lapidum  et  calcis  apparatus, 
quatenus,  loco  et  tempore  amotis  sepibus,  sepe,  sepius  et 
sepissime  transgressis  et  inordinate  conculcatis,  domum 
Dei  circumcingeret  lapideus  murus.  Hoc  ejus  propositum 
impedivit  multiplex  guerra,  ante  ejus  adventum  in  terra 
Gisnensi  et  pro  terra  Gisnensi  suborta  et  nondum  sopita  — 

54-55. [Vers  lifii.J  —  De  translatiqne  béate  Rotrudis  sur 
abhate  Petro.  —  Nacta  tamen  opportunitate  et  peracta  béate 
Rotrudis  translatione,  dominus  Petrus  [abbas]  cementarios 
et  lapidum  cesores  conduxit,  cimiterium  monachorummuro 
circumcingit,  et,  ut  virgultum  dilataret,  mansionarios  a 
parte  orientali  manentes,  dato  terre  concambio,  retrocedere 
facit,  sumptus  ad  domos  amovendas  providet  et  disponit  et 
stratam  publicam  inter  ipsos  mansionarios  et  murum  'cons- 
tituit.  Apparent  adhuc  in  ipso  virgulto  quidam  aggeres 
supra  finitimam  terram  prominentes  et  infra  murum  satis 
distantes  et  a  nostro  cimiterio  usque  ad  horti  septa  ab  aus- 
tro  versus  aquilonem  se  extendentes,  ubi  supra  modicum 
fossatum  clausura  sepium  monasterium  claudebat  atque  per 
liortum  nostrum  et  virgultum  predicto  militi  et  ejus  fami- 
liead  ecclesiam  properantibns  via  pervia  patebat.  Vidit  et 
invidit  homo  malitiosus  nec  ulterius  cohibere  potuit  teme- 
rarios  ausus.  Precepititaque  et  per  membrorum  mutilatio- 
nem  terribiliter  interdixit,  et  per  edictum  publicum  promul- 
gavit,  ne  quis  omnino  ad  opus  mûri  accederet,  nec  contra  se 
et  domum  suam  munitionem  erigere  presumeret. 

J.  M.  Enlart,  dans  son  Man.  d'archéol.  fr.  (t.  I,  §  13,  Copies  dans  l'art 
tlu  moyen  âçe,  p.  83,  n.  1),  a  donné  des  exemples  de  modèles  d'architecture 
imités  particulièrement  en  France  du  xnr  au  xvr  siècle.  Le  passage  ci- 
dessus  nous  en  offre,  pour  le  xii"  siècle,  un  autre  exemplo  notable. 


390  TEXTES  RELATIFS  A  i/histoire         [Vers  1 1 72] 

Sed  |3astor  intrepidus,  ibi  minas  non  mctuens  ubi  alii 
metuebant,  viris  se  ab  opère  subtrahentibus,  monachoa 
et  conversos  i,  mulieres  tam  mundanas  quam  conversas,  ad 
opus  ceptum  invitabat,  et  ad  portandum  lapides  aut  cemen- 
tum  ad  quodlibet  vehiculum,  quod  vulg-o  dicitur  chiveria^^ 
ex  una  parte  feniinam,  ex  altéra  ^■ero  monachum  novo  labo- 
randi  génère  operari  monens  instruebat.  Nec  ipse  tamen 
a  ceptis  desiitvelotio  induisit,  sed  assidue,  cuculla(m)  pre- 
cinctus,  cum  lig-no  vel  virgula  g-eometrica  ■'  lapides  metiens. 
et  vehiculo  superponens,  et  ipse  laborabat  et  alios  exemplo 
sui  ad  laborem  viriliter  incitabat,  representans  in  se  et  in 
sibi  subditis  filios  antique  transmigra tionis,  qui  templum 
Dei  eversum  et  prôfanatum  una  manu  edificabant  et  altéra 
contra  inimicos  pugnabant,  Preeunte  in  omnibus  voluntate 
Dei,  opus  in  brevi  consummatum  fuit.  Sed  nequam  vici- 
nus  malitiam  in  anirtio  conceptam  non  deseruit.  Cujus  filius 
spurius,  exemplo  patrisflagitiosus,  Eustachius  Stivan  nomi- 
natus,  lit  patri  magis  complaceret  etejus  animum  mitigaret^ 
abbate  semel  de  arreptoitinere  revertente  et  portam  monas- 
terii  quam  construxerat  intrare  jam  parante,  clava  ^  quanti 
manibus  gestabat  sursum  elevata  et  in  abbatis  caput  forti- 
ter  librata,  prout  ipse  sperabat,  abbatem  non  percussit^ 
quia  ipsius  capellanus  Henricus,  de  Fercnes'  oriundus,  juve- 
nisquidem  fortis  et  animosus,  ictui  venienti  se  viriliter  obi- 
ciens,  vulnus  létale  suscepit,  et,  pâtre  atquepastoreliberato^ 
i^se  in' infîrmitorium  deportatus,  paucis  postmodum  diebus 
sùpervivens,  in    spe   sancta    decessit. 

''■■  64.  [Vers  1172.]  —  De  constructione  hujus  ecclesiae  sur 
arbate  petro.  —  Pace  tandem  temporis  adepta,  sopitis  guer- 
ris  et  variis  sibi  illatis   injuriis,   dominus  Petinis  ad  eccle- 

1.  On  relève  rarement  dans  les  documents  de  cette  époque  des  passages 
relatifs  à  des  convers  employés  à  des  constructions,  fait  qui  cepen- 
dant devait  être  fréquent  alors. 

2.  LeGloss.  de  Du  Gange  cite  ce  texte  au  mot  Chiveria.  Cf.  Cenovecloriiim. 

3.  Cf.  supra  pour  l'emploi  de  cet  instrument  de  géomètre  nos  extraits 
de  la  Chronique  de  Lamnert  d'Ardres,  où  nous  voyons  un  arpenteur  géo- 
mètre en  tram  de  faire  les  opérations  préliminaires  à  des  constructions. 

4.  Gros  bâton  noueux,  gourdin. 

5.  Ferques,  comm.  du  cant.  de  Marquise,  an*.  Boulogne-sur-Mcr. 


[1179]  DE    l'aKCHITECTIRE    en    FRANCE  391 

siam  semirutam  et  minantem  cotidie  ruinam  renovandam 
totus  accinj^itur.  Lapidum,  calcis  et  sabuli  grandis  ad  hoc 
strues  et  materia  preparatur,  lapi[ci]dina  inter  montem  de 
Fielnes  '  et  A[ujting-ehem'-  sita,  unde  ecclesia  antiqua  cum 
edifîciis  prioribus  fuit  ex[s]tructa,  pro  eo  quod  adeo  remota 
fuit  deseritur,  et  in  parrochia  de  Campanies  ^  citra  montem 
de  Mas  a  domino  Petro,  indagatore  sedulo,  alia  lapicidina 
satis  vicinior  invenitur.  Tam  hieme  quam  estate  ibidem 
operi  insistitur.  Aperta  terra,  mons  lapideus  cavatur,  vêtus, 
et  ruinosa  ecclesia  funditus  evertitur,  recens  et  decens  inchoa- 
tur,  durior  quoque  lapidum  materia  in  fundamento  locanda, 
ad  bases,  columfpjnas  et  capitella  cum  maximo  sumptu 
de  comitatu  Boloniensi  '*  hue  adducitur.  Intérim  in  capi- 
tulo  cantatur,  acceleratur  opus,  et  in  brevi  spatio  chorus  cum 
turri  et  duabus  crucibus  ei  annexis,  auspice  Christo,  con- 
summatur.  Quo  opère  féliciter  ad  finem  perducto,  parro- 
chiani  omnes  tam  nobiles  quamalii,  domini  Balduini  comi- 
tisconsilio  animati,  ad  exemplaroperis  incepti,  navem  eccle- 
siae  acl  opus  suum  ab  abbate  perfici  petierunt  et  centum  ei 
marcasadhoc  agendumunanimiterpromiserunt  ;  quas  tamen 
tepide,  remisse  et  negligenter  persolverunt...  Et  totum  fera 
pondus operisabbatiperficiendum  incubuit.  Ipse  vero,  in  solo 
Deospem  constituens  et  béate  Rotrudisauxilium  die  et  nocte 
deposcens,  prêter  spem  omnium  opus  lapideum  infra  pau- 
cos  annos  consuinmavit,  lignis  de  haia  •''Gisnensi  hue  adduc- 
tis  fabricavit,  plumbo  cooperuit.  Numquam  tamen  predica- 
torempropecunia  questuoseacquirenda,  utquibusdam  eccle- 
siis  et  monasteriis  mos  est,  hinc  emisit;  numquam  a  princi- 
pibus  et  potentibus  subsidium  mendicavit,  et  tamen,  opère 
perfecto,  se  solito  ditiorem  invenit. 

66.  [1179.]  —  De  ECCLESiE  consummatione.  —  Post  labo- 
res  et  expensas  multipliées,  infra  spatium  circiter  octo  anno- 

1.  Fienncs,  c.  du  cant.  de  Guines,  arr.  Boulogne-sur-Mer. 

2.  Et  non  Antingehem.  —  Autingues,c.du  cant.  d'Ardres,  arr.  Saint-Omer. 
.3.  Campagne,  c.  du  cant.  de  Guines,  arr.  Boulogne-sur-Mer. 

4.  Nous  avons  vu  précédemment  au  sujet  des  fortilications  d'Ouden- 
bourg  (n"  XLIX,  p.  173),  que  les  pierres  du  pays  de  Boulogne  étaient  aussi 
très  recherchées  par  les  constructeurs  de  la  Flandre. 

5.  Cf.  le  Glossaire  de  Du  Cange,  v°  Haia. 


392  TEXTES  RELATIFS  A  l'histoire        [Vers  11781 

rum,  dominus  Petrus  ceptam  ecclesia m  féliciter  consum- 
mavit,  sed  ejus  dedicationem  distulit,  quoadusque  vel  per 
se  s  )l(l)e[n]nes  reliquias  in  eam  introduceret  vel  a  quolibet 
potente  eas  acciperet,  et  exinde  ecclesiam  Deo  desponsan- 
dam  dotaret... 

70.  [1179.]  —  Apud  Sanctum  Bertiimm...  Philippe  \ 
Flandrie  et  Viromandie  comiti,  occurrit  [Petrus  abbasj,  ali- 
qua  pretiosa  pignora  cum  reliquiis  ab  eo  petiit  et  impetra- 
vit  ;  et  ita  ecclesiam  de  novo  constructam  hoc  donativo 
nobilitans,  ipsam  anno  Domini  MGLXXIX  dedicari  fecit  a 
venerabili  pâtre  domino  ~  Desiderio,  Morinorumepiscopo,... 
mense  julio. 

78.  [Vers  1178.]  —  Relatio  Willelmi  abbatis  de  ponte 
DE  Elceka.  —  Eodem  tempore,  dominus  Petrus  abbas,  ad 
castrum  Sancti  Audomari  et  ad  urbem  Morinensem  •*  fré- 
quenter transitum  pro  negociis  domesticis  faciendis,  et  sub 
villa  de  Elceka  ''*  in  strata  publica  fluvium  de  Tornehem  "' 
sepius  inundantem  et  naturalem  alveum  frequenteregredien- 
tem  prospiciens,  ac  per  hoc  advenaset  pereg-rinos  pauperes 
et  débiles  et  omnes  precipue  pedites  moras  et  pericula 
pati  compatiens,  magistrum  Aimonem,  qui  ecclesiam  pre- 
sentem  construxerat,  qui  de  novo  domum  elemosinariam 
consummaverat,  cum  quibusdam  cementariis  et  aliis  opera- 
riis  ibidem  transmisit  ;  et,  Dei  fultus  auxilio,  nullius  tamen 
fretus  adminiculo,  de  bonis  hujus  ecclesie  eleganti  opère 
pontem  incepit  et  ad  multorum  subsidium  in  brevi  tem- 
poie  consummavit,  lapidibus  duris  et  quadratis  de  remotis 
la|)i[ci]dinis  ad  opus  sumptuose  structure  non  sine  labore 
et  sumptu  inestimabili  longeante  adductis  et  propter  solius 
Dei  amorem  et  pauperum    suorum  requiem  ad   opus  illud 

1.  Philippe  d'Alsace,  comte  de  Flandre,  d'Amiens  et  de  \'ermandoi8 
(1168-1191). 

2.  Didier  occupa  le  siège  épiscopal  de  Thérouanne  de  1169  à  1191. 

3.  Thérouanne,  c,  du  cant.  d'Aire-sur-Lys,  arr.  Saint-Omer. 

4.  Ausque,  au  S.-E.  d'Ardres. 

â.  La  rivière  de  Hem,  qui  part  d'Escœuilles,  cant.  de  Desvres,  passe  à 
Toumehem  et  tombe  dans  le  canal  de  Saint-Omer  à  Calais. 


[Vers  1178]        de  l'architecture  en  frange  393 

■aplatis.  Parrochiani  autem  ipsius  ville,  unde  grates  illi 
referre  debuerunt,  inde  ei  iugrati  fuerunt;  quod  per  ipsum 
ponLem  evidenter  apparet,  ex  utraque  parte  diruptum  et 
•circa  cursam  aque  congelatum  :  latos  enim  utriusque  frontis  * 
lapides  inuliereslavatrices  de  ponte  extraxerunt  et  lavandis 
vestibus  substraverunt  et  etiam  circumquaque  asportave- 
runt.  Tempore  quoque  nimie  inundationis  ipsius  ville, 
homines  pauperum  et  peregrinorum  exhauriendis  pecuniis 
inhiantes,  cum  ponsibinon  esset,  nunc  vehiculo,  nunc  navi- 
gio,  non  tamen  gratis,  viatores  asportabant,  et  occasione 
pontis  hoc  se  emolumentum  perdidisse  dolebant.  Sed  et 
nobiles  ville  et  potentiores  a  duobus  successoribus  domini 
<ibbatis  Pétri  solebant  exigere  et  quasi  ex  debito  eis  impo- 
nere  quod  fracturam  pontis  et  totum  quod  spectabat  ad 
-ad  ejus  fabricam  facere  et  reticere,  tenere  et  manutenere 
tenerentur,  pro  eo  quod  ta  m  ipsi  quam  omnes  vicini  a 
■domino  Petro  abbate  ipsum  pontem  primo  factum  recor- 
darentur.  Hoc  autem  volebant  astruere  et  quasi  pro  lege 
nobis  imponere,  pro  eo  quod  idem  dominus  abbas  duas 
porciones  décime  ipsius  ville  a  quibusdam  militibus  et 
vavassoribus  ibidem  manentibus  magno  pretio  comparave- 
rat. . . 

116.  [1197].  —  [De  eodem  ahbate  Iterio].  —  Eo- 
(lem  anno,  dominus  abbas  Iterius  a  subditis  suis  est 
admonitus  et  post  multas  admonitiones  ad  hoc  inductus, 
ut  domum  ad  opus  infirmorum  construeret  ab  oriental! 
parte  dormitorii  et  claustrum  interponeret.  Videbant  enim 
magna  m  pecuniam  ex  provisione  domini  Pétri  abbatis  huic 
loco  dimissam  magna  ex  parte  nunc  utiliter,  nunc  inutiliter 
deflaxisse,  et  summo  affectu  hoc  opus  desiderabant  perfici 
ex  illo  residuo  quod.adhuc  sciebant  superesse.  Acquies- 
"cente  abbate,  circumquaque  invitati  sunt  artifices  et  cimen- 
tarii,  cesores  lapidum  et  alii  operarii.  Ut  autem  aptior  inve- 

l.  Etant  donné  ce  terme,  il  s'agit  très  vraisemblablement  d'une  sorte  de 
parapet,  formé  de  chaque  côté  par  un  parement  de  larges  pierres  appa- 
reillées. 


394  TEXTES    RELATIFS    A    l'iIISTOIRE  [11971 

niretur  construende  Fabrice  locus  et  a  dormitorio  aliquan- 
tulum  remotus,  domus  columbarum  '  lapidea  et  quadrata 
solo  tenus  deicitur.  Domus  infirmorum  lignea  funditus  ever- 
titur,  divers!  generis  arbores  radicitus  evelluntur,  et  in  pro- 
fundis  terre  visceribus  fundamenta  constituuntur.  Ceptum 
opus,  brevi  tempore  elapso,  surgit  in  altum.  et  famis  angus- 
tia  totam  afîligens  patriam  urget  et  accélérât  opus  sumptuo- 
sum.  Nam  multos  hic  operari  vidimus  non  nummis  con- 
ductos,  sed  solo  pane  et  lenui  cervisia  contentos,  et  pro 
adjectione  alicujus  pulmenti satis  exhilaratos...  Denique,  de 
Tornacensi  civitate  ad  claustri  constructionem  magna 
strues  marmorum-  per  flumina  et  per  terras  hue  advehitur; 
a  nemore  Sancti  Vulmari  de  Nemore  ^  major  strues  ligno- 
rlim  in  curribùs  et  quadrigis  adducitur  ;  plumbi  et  stagni 
copia  magno  pretiocomparatur;  et  sic  infra  biënnium  totum 
opus  mirifîce  consummatur^. 


1.  Sur  les  colombiers,  voy.  supra,  n"  XXXII,  p.  114,  115.  Cf.  Viollet- 
le-Duc,  Dict.  de  l'archit.  fr.,  t.  III,  p.  482.  D'ordinaire  ils  sont  bâtis  en 
maçonnerie  de  moellons  avec  la  forme  de  tour  cylindrique  et  avec  toit 
conique.  Violiet-le-Duc  n'en  donne  d'exemple  de  forme  carrée  que  pour 
le  Languedoc  (en  maçonnerie  de  briques)  et  encore  à  partir  du  xvr  siècle. 

2.  Cf.  supra,  pour  l'emploi  du  marbre  dans  la  construction  des  cloîtres 
monastiques,  p.  59,  le  texte  n"  XV,  relatif  à  l'abbaye  de  Saint-Martial 
de  Limoges,  et,  p.   128,  le  texte  n"   XXXVII,  relatif  à  l'abbaye  de  Gluny. 

3.  Il  s'agit  de  Samer-au-Bois,  au  S.-O.  et  dans  l'arr.  de  Boulogne-sur-Mer. 

4.  Quelques  extraits  de  cette  chronique  ont  été  insérés  par  M.  G.  Fagniez 
dans  ses  Documents  relatifs  à  Ihist.  de  l'industrie  et  du  commerce  en 
France,  t.  I  (1898),  n"'  123  et  126. 


APPENDICE 


APPENDICE 


1074-1078  à  1139  environ. 

Description  de  V église  cathédrale  de  Saint-Jacques  de  Compos- 
telle,  en  Espagne  [Galice),  dont  Varchilecture  semble  inspirée 
de  celle  de  Saint-Martial  de  Limoges  ' .  —  Les  portails  et  leurs 
sculptures  ;  rapprochements  avec  l'art  toulousain.  —  Le* 
maîtres  d'œuvres  Bernard  et  Robert  {d'origine  française). 

Le  Codex  ■  de  Saint-Jacques  de  Compostelle,  —  Liber  de  mimciilis  sancti 
Jacobi,  l.  IV,  publ.  par  le  P.  Fita,  avec  le  concours  de  J.  Vinson,  Paris, 
1882,  p.  16  et  suiv. 

(Cf.  A.  Lopez  Ferreiro,  Hisloria  de  la  santa  a.  m.  iglesia  de  Santiagode 
Composlela^,  t.  III,  1900,  Apend.,  p.  9  et  suiv.) 

1 .  On  sait  que  ce  très  intéressant  édifice  se  rattachait  à  l'École  d'Auvergne 
(laquelle  offre  des  affinités  avec  celle  du  Poitou).  On  est  arrivé  à  constater 
une  sorte,  de  filiation  entre  les  églises  de  Saint-Martial  de  Limoges,  de 
Saint-Jacques  de  Gompostelle,  de  Saint-Sernin  de  Toulouse  et  de  Sainte- Foi 
de  Conques,  dont  le  lien  de  parenté  et  les  rapports  avec  l'architecture 
auvergnate  sont  d'ailleurs  évidents.  Voy.  les  travaux  déjà  cités  de  M.  Ch. 
deLasteyrie  sur  Saint-Martial  et  de  M.  Anthyme  Saint- Paul  sur  Saint-Ser- 
nin :  voy.  aussi  M.  Lefèvre-Pontalis  (à  son  cours  de  l'Ecole  des  Chartes), 
et  M.  Angles  (dans  sa  thèse  de  l'École  du  Louvre).  —  Nous  devons  encore 
mentionner  ici  l'étude  de  M.  l'abbé  A.  BouiWei,  Sainte-Foy  de  Conques ^ 
Sainl-Sernin  de  Toulouse,  Saint-Jacques  de  Compostelle  [Mém.  Soc.  Anliq. 
de  France,  t.  LUI,  1893,  p.  117-128).  La  cathédrale  de  Compostelle  pré- 
sente la  plus  grande  ressemblance  avec  Saint-Sernin  de  Toulouse.  Voy. 
supra,  p.  260  et  suiv.,  n"  LXXXV,  le  texte  concernant  la  construction  de 
cette  dernière  église. 

2.  L'original  est  conservé  dans  les  archives  de  l'église  cathédrale  de 
Compostelle.  Il  est  question  déjà  de  ce  te.xte  dans  une  lettre  écrite  vers 
1173  par  un  moine  de  Ripoll,  en  Catalogne.  Le  IV*  livre  dont  nous  donnons 
des  extraits  aurait  été  remanié  et  augmente  par  le  poitevin  Aimery  Picaud 
de  Parthenay-le-V^ieux,  vers  1140.  Voy.  M.  Léopold  Delisle,  Noie  sur  le 
recueil  intitulé  «  De  miraculis  sancti  Jacobi  »,  1878  (extr.  du  Cabinet  fiis- 
torique,  t.  XXIV,  1»  part.,  p.  1-9).  Cf.  Fita,  op.  cit.,  p.  1.  Voy.  aussi  la 
notice  que  Le  Clerc  a  consacrée  aux  Pèlerinages  de  Saint-Jacques  en 
Galice  {Hist.  liltér.,  t.  XXI,  p.  272). 

3.  Nous  devons  à  l'obligeance  de  notre  confrère  M.  E.  Lefèvre-Pontalis 
et   de  M.  L.  Barrau-Dihigo,  bibliothécaire  à  la  Bibliothèque  de  la    Sor- 


398  APPENDICK 


Cap.  IX.  §2.  De  ecclesiae  mensura.  —  Basilica^  namqueSancli 
Jacobi  habet  in  longitudine  quinquaginta  et  très  hominis  status  ^, 
videlicet  a  porta  occidentali  usque  ad  Sancti  Salvatoris  altare  ; 
in  latitudine  vero  habet  quadraginta,  unum  minus,  a  porta  sci- 
licet  Francigena  ^  usque  ad  meridianam  portam  ;  altitude  vero 
ejus  quatuordecim  status  habet  intus.  Quanta  sit  extra  ejus  lon- 
gitudo  et  altitudo  a  nuUo   valet  comprehendi. 

Ecclesia  vero  eadem  novem  *  naves  habet  inferius,  et  sex 
superius,  et  unum  caput,  majus  videlicet,  in    quo  Sancti  Sal- 

bonne,  les  indications  bibliographiques  suivantes  :  Villa-Amil  y  Castro, 
Descripciôn  hislôrico-artistico-arqueolôgica  de  la  catedral  de  San- 
tiago,  Lugo,  1866. —  I.  M.  Zepedano  y  Carnero,  Historia  y  descripciôn 
^rqueolôgica  de  la  basilica  compostelana,  Lugo,  1870.  —  Espana,  sus 
monumentos  y  sus  artes,  su  naturaleza  è  historia,  Galicia  (par  Man.  Mur- 
guia),  nouv.  éd.,  Barcelone,  1888,  p.  483.  —  A.  Lopez  Ferreiro,  op.  cit.,  t. 
eiloc.  cit.,ei  p.  47  et  suiv. —  Villa-Amil  y  Castro,  Iglesias  gallegas 
de  la  edad  média,  1904,  passim. —  V.  Lamperez  y  Romea,  Historia  de  la 
arquitectura  cristiana  espafiola  en  la  edad  média,  segùn  el  estudio  de  los 
elementos  y  los  monumentos,  1. 1,  p.  551  et  suiv.,  Madrid,  1908. 

1.  Voy.  dans  Lopez  Ferreiro  (op.  cit.,  t.  III,  p.  60),  et  dans  Lamperez  y 
Romea  (op.  cit.,  1. 1,  p.  552,  fig.  429),  un  plan  complet  de  l'église  de  Compos- 
telle  ;  dansce  dernier  ouvrage  (ibid.,  p.  553,  flg.  430  et  431)  une  coupe  lon- 
gitudinale et  transversale  ;  —  dans  Dehio  et  Bezold,  Die  kirchl.  Buukunst 
des  Ahendl.,  un  plan  partiel,  reproduit  dans  Vllist.  de  l'art  d'A.  Michel 
(t.  I,  2"  part.,  p.  565,  fig.  299);  —  cf.  dans  A.  Brutails,  Précis  darchéol.  du 
moy.  âge,  1908  (p.  108),  un  autre  plan  partiel  rapproché  de  celui  de  Saint- 
Sernin  de   Toulouse. 

2.  Nous  avons  déjà  rencontré  et  expliqué  l'emploi  de  ce  terme  pour  dési- 
gner la  taille  humaine  dans  un  acte  languedocien  de  1060  environ.  (Voy. 
supra,  p.  179,  n.  3,  n"  LUI.)  Plus  explicite  que  cet  acte,  le  texte  de  Gom- 
postelle  assigne  un  peu  plus  loin  à  la  stature  humaine  huit  fois  la  hauteur 
de  la  main,  hauteur  qui  égale  celle  de  la  tête  (voy.  Paul  Richer,  Canon  des 
proportions  du  corps  humain,  pi.  VIT,  fig.  1,  et  pi.  VIIT,.  Il  s'agirait  donc 
ici  du  canon  de  huit  têtes.  Cf.  sur  cet  étalon  de  mesure  notre  étude  his- 
torique sur  le  canon  des  proportions  (Rech.  crit.sur  Vitruve,  fasc.  VI, 
1908),  et  notre  Formulaire  du  VIII»  siècle  pour  les  fondations  d'édifices  .., 
,1908.  D'après  Lopez  Ferreiro,  op.  et  t.  cit.,  p.  62,  les  dimensions  de  l'église 
sont  les  suivantes,  hormis  l'épaisseur  des  murs  :  depuis  le  fond  du  portail  occi- 
dental de  la  Gloire  (qui  a  été  refait  en  1188),  jusqu'au  mur  où  est  adossé 
l'autel  du  Sauveur,  97  mètres,  et  depuis  le  portail  du  Nord  jusqu'à  celui 
du  Sud,  65  mètres. 

3.  Porte  à  l'extrémité  septentrionale  du  transept,  dont  le  surnom  venait 
de  ce  qu'elle  menait  dans  la  direction  de  la  porte  de  la  ville,  Puerta  de 
Francos,  auj.  Puerta  del  Camino,  à  laquelle  aboutissait  la  grande  voie  de 
S'-Jacques,  Camino  francés. 

4.  A  savoir,  la  nef  centrale,  précédée  d'un  porche,  et  ses  bas-côtés 
simples;  la  nef  du  transept  et  ses  bas-côtés  simples  ;  la  nef  du  sanctuaire 
et  ses  bas-côtés  simples  aussi.  Les  voûtes  des  grandes  nefs  sont  en  plein 
cintre  ;  celles  des  bas-côtés  sont  d'arête  ;  les  tribunes  sont  généralement 
voûtées  en  quart  de  cercle  ^voy.  dans  Lopez  Ferreiro,  op.  cit.  cit.,  p.  71, 
une  fig.  représentant  un  modèle  de  voûte  d'arête,  dont  les  arcs  ont  leurs 
-«lefs  exhaussées  au  mômejiiyeau). 


APPENDICE  399 

vatoris  est  al  lare  ;  et  lauream  *  unam  et  unum  corpus  et 
duo  membre,  et  octo  alia  parva  capila-  habet.  In  singulis 
quibusque  singula  habentur  altaria  ;  e  quibus  novem  navibus 
sex  modicas  tresque  magnas  esse  dicimus.  Prima  navis 
principalis  est  a  portali  occidenlali  usque  ad  medios  pilares, 
quatuor  scilicet,  qui  omnem  gubernant  ecclesiani,  habens  unani 
naviculam  ad  dexteram  et  aliam  ad  laevam.  Aliae  vero  duae 
magnae  naves  in  duobus  membris  habentur  :  quarum  prima,  a 
porta  Francigena  usque  ad  quatuor  pilares  crucis  ^  ecclesiae 
pertinet,  et  secunda  ab  ipsis  pilaribus  usque  ad  porlam  meri- 
dianam  ;  quae  utraeque  naves  duas  latérales  naviculas  habent. 
Hae  vero  très  naves  principales  usque  ad  ecclesiae  caelum  per- 
tingunt  ;  et  sex  paucae  naviculae  usque  ad  médias  cindrias  '  tan- 
tum  ascendunt.  Utraeque  magnae  naves  undecim  et  dimidium 
status  hominis  habent  in  latitudine.  Statum  hominis  recte  de 
octo  palmis  esse  dicimus.  In  majori  navi  triginta,  unus  minus, 
pilares  habentur  :  quatuordecim  ad  dexteram  totidemque  ad 
laevam,  et  unus  est  inter  duos  portallos  deintus  adversus  aqui- 

1.  «  La  laurea  es  el  presbiterio  »  (Ferreiro,  t.  III,  p.  59).  Nous  ne  connais- 
sons pas  d'autre  exemple  de  ce  terme  employé  métaphoriquement  (couronne 
de  lauriers),  comme  pour  rappeler  à  propos  de  cet  endroit  de  la  basilique, 
le  triomphe  de  l'Eglise  assuré  par  le  sacrifice  du  Seigneur.  —  Pour  le  sym- 
bolisme religieux  appliqué  aux  différentes  parties  de  l'église,  voy.  supra, 
p.  159,  et  la  n.  3,  ihid.  —  Le  sanctuaire  proprement  dit,  en  partie  arrondi 
et  bordé  de  huit  colonnes,  affecte  un  peu  la  forme  d'une  couronne  (cf.  à 
la  p.  suiv.  le  mot  corona).  Il  ne  faut  pas  rapprocher  la  forme  laurea  de 
celle  de  laura  (Xaûpa),  la  laure  ayant  servi  ailleurs  à  désigner  non  Un 
sanctuaire,  mais  un  groupement  monastique  près  d'une  place,  un  ensemble 
de  cellules  d'anachorètes,  ce  qui  n"a  rien  à  faire  ici. 

2.  A  savoir  quatre  absidioles  s'ouvrant  deux  à  deux  sur  chaque  croisil- 
lon ou  bras  du  transept,  et  quatre  autres  absidioles  rangées  autour  du 
sanctuaire  de  chaque  côté  de  la  chapelle  de  l'axe,  laquelle  forme  une  sail- 
lie plus  profonde  que  celle  des  absidioles   voisines. 

3.  Carré  du  transept.  Voy.  dans  Lopez  Ferreiro  [op.  et  l.  cit.,  p.  67),  la 
planche  représentant  une  vue  de  cette  partie  de  1  église.  Le  type  qui 
règne  dans  l'ensemble  de  l'édifice  est  de  forme  carrée,  avec,  sur  les  quatre 
faces,  une  section  de  colonne  cylindrique  engagée.  Ces  piliers  rappellent 
ceux  de  Sainte-Foi  de  Conques.  A  Compostelle  comme  à  Saint-Sernin  de 
Toulouse,  les  collatéraux  et  le  triforium  contournent  complètement  le 
transept,   tandis  qu'à  Conques,  ils  ne  font  qu'en  border  les   deux  côté?. 

4.  L'expression  mediae  cindriae,  qu'on  ne  trouve  que  dans  ce  texte-ci 
(cf.  p.  400),  s'applique,  à  proprement  parler,  aux  colonnes  engagées  dans 
les  piliers,  lesquelles  supportent  les  arcs  doubleaux  sectionnant  la  voûte 
de  forme  cintrée  (cintre  se  dit  en  catalan  cindria,  esp.  cimbra).  Voy. 
dans  Ferreiro,  t.  III,  la  pi.  de  la  p.  148  (d'après  une  photographie).  Par  un 
abus  de  langage,  pilaris,  qui  devrait  signifier  exclusivement  dans  notre 
texte  à  la  fois  le  pilier  proprement  dit  et  la  colonne  qui  est  y  engagée, 
désigne  aussi  tout  particulièrement  celle-ci  dans  son  prolongement  vers 
les  arcs  doubleaux  (cf.  p.  400,  1.  10).  Le  qualificatif  média  (cf.  iJbid.,  1,  11) 
peut  s'expliquer  par  ce  fait  qu'une  section  de  colonne  (ornée  d'anneau) 
ainsi  montante  correspond  toujours  à  une  autre  du  côté  opposé  de  la  nef. 


400  APPENDECE 

lonem,  qui  ciborios  ^  séparât.  In  navibus  vero  crucis  ejus.derr> 
ecclesiae,  a  porta  videlicet  Francigena  usque  ad  meridianam^ 
vig-inti  et  sex  habentur  pilares,  duodecim  ad  dexteram,  toti- 
demque  ad  laevam,  quorum  duo  ante  valvas  intus  positi  cibo- 
rios séparant  et  portallos  -.  In  corona  •'  namque  ecclesiae  octo 
singulares  columnae  habentur  circa  beati  Jacobi  altare.  Sex 
naviculae,  quae  superius  in  palatio  ^  ecclesiae  habentur,  longi- 
tudine  et  latitudine  tali  sunt  sicut  subjugales  "'  aliae  naviculae 
quae  sunt  deorsum  :  ex  uno  quidem  latere  tenent  parietes,  et 
alio  pilares  qui  desubter  de  magnis  navibus sursum  ascendunt  ; 
et  duplices  pilares  a  lapicidibus"  vocantur  mediae  cindr[i]ae. 
Quot  sunt  pilares  inferius  in  ecclesia,  tôt  sunt  superius  in  navi- 
bus; et  quot  cingulae  ''  inferius,  tôt  sunt  in  palatio  superius;  sed 
in  navibus  palatii  inter  pilares  singulos  duae  simul  columnae 
semper  sunt,  quae  vocantur  columnae  cindriae  a  lapicidibus.  In 
eadem  vero  ecclesia  nulla  scissura  vel  corruptio  invenitur  ;  mira- 
biliteroperatur  ;  magna,  spatiosa,  clara,  magnitudine  condecenti, 
latitudine,  longitudine  et  altitudine  congruenti,  niiro  et  ineffa- 
bili  opère  habetur,  quae  etiam  dupliciter  velut  regale   palalium 

chacune  d'elles  ne  formant  ainsi  que  la  moitié  de  tout  le  support  nécessaire 
à  l'arc  de  la  voûte  qu'elles  contribuent  â  soutenir.  Voy.  encore  infra  [p. 
400,  1.  15),  l'expression  columnae  cindriae  désignant  des  colonnes  ayant 
dans  les  galeries  un  rôle  essentiel  de  soutènement,  certaines  aussi  étant 
engagées. 

1.  Ciborius,  cimborius,  autrement  dit  le  ciborium.  Voy.  §  14.  de  cim- 
BORio  APOSTOLici  ALTARis.  —  Au  §  11  du  Codcx  (de  altaribus),  OU  lit  ccci  : 
«  Juxta  portant  Francigenam  quae  est  in  sinistrali  parte,  est  altare  S.  Nico- 
lai. ..» 

2.  On  s'attendrait  à  trouver  ici  la  forme  porfaie,  ou  encore  portallum, 
et  non portallus,  comme  déjà  au  bas  de  la  page  précédente. 

3.  Partie  semi-circulaire,  qui  dans  le  chœur  contourne  le  sanctuaire,  et 
par  extension  le  chœur  avec  ses  absidioles  et  autels.  Cf.  du  Gange 
V"  Corona  ecclesia. 

4.  Les  tribunes,  esp.  galeria.  Voy.  le  même  auteur,  p.  86  et  suiv.  (avec 
fig.)  et  p.  149  (fig.).  On  y  observe  des  voûtes  en  quart  de  cercle.  Comm0  à 
Saint-Sernin  et  à  Sainte-Foi  de  Conques,  ces  tribunes  offrent  la  même  dis- 
position que  dans  les  églises  auvergnates,  mais  avec  plus  d'ampleur.  Chaque 
travée  du  triforium,  vue  de  l'intérieur  de  l'église,  embrasse,  sous  un  arc  en 
plein  cintre  sensiblement  surhaussé,  deux  arcades  ayant  pour  support 
commun  deux  colonnettes  à  chapiteau  unique  et  reposant  aux  extrémités 
sur  le  chapiteau  d'une  colonne  engagée. 

5.  Epithète  recherchée,  signifiant:  placé  sous  le  même  joug.  L'auteur 
aurait  pu  dire  simplement  que  les  nefs  des  tribunes  ont  des  dispositions 
semblables  à  celles  des  nefs  latérales  den  dessous  [quae  sunt  deorsum), 
sur  lesquelles  elles  sont  portées. 

6.  La  forme  ordinaire  est  lapicida,  lapicidae,  et  non  lapicis,  lapicidis. 

7.  C'est  pour  la  première  fois  que  nous  rencontrons  ce  terme  dans  le 
langage  architectonique.  Ku  égard  au  contexte,  au  développement  qui 
précède  et  qui  suit,  il  nous  paraît  sappliquer  aux  arcs  doubleaux  des 
voûtes  des  bas-côtés,  comme  à  ceux  des  tribunes  :  on  sait  que  l'arc  dou- 
bleau  fait  l'office  d'une  sorte  de  ceinture  de  pierre  icinguU). 


APPENDICE  401 

operatur.  Qui  enim  sursum  per  naves  palatii  vadit,  si  tristis 
ascendit,  visa  optima  pulchritudine  ejusdem  templi,  laetus  et 
gavisus  efficitur. 

§  3.  De  fenestris.  —  Fenestrae  vero  vitreae  quae  sunt  in 
eadem  basilica  sexag^inta  et  très  numéro  habentur.  Ad  unum- 
quodque  altare,  quod  est  in  corona,  très  habentur;  in  caelum 
(sic)  vero  basilicae,  circa  beati  Jacobi  altare,  quinque  fenestrae 
habentur,  unde  apostolicum  altare  valde  perluslratur  ;  in 
paiatio  vero  sursum  quadraginta  et  très  numéro  habentur 
fenestrae  '. 

§4.  De  portallulis^. — Très  portales  ••  principales  et  septem 
paucos  habet  eadem  ecclesia  :  unum  qui  respicit  ad  occidentem, 
scilicet  principalem,  et  aliumad  meridiem,  alterum  vero  ad  sep- 
te[n]trionem  ;  et  in  unoquoque  portali  principali  duo  sunt  introi- 
tus,  et  in  unoquoque  introitu  duae  portae  habentur.  Primus  vero 
ex  septem  portallulis  vocatur  de  Sancta  Maria  ,  secundus  de  Via 
Sacra,  lertius  de  Sancto  Pelagio,  quartus  de  Ganonica,  quin- 
tus  de  Petraria,  sextus  similiter  de  Petraria,  septimus  de  Gram- 
maticorum  schola,  qui  domo  etiam  archiepiscopi  praebet  ingres- 
sum  *. 

§  7,  De  porta  septentrionali .  —  Post  paradisum  namque 
illum,   septe[n]trionalis  ''    porta   Francigena    ejusdem    basilicae 


1.  On  trouvera  dans  Lopez  Ferreiro  (op.  cit.,  t.  III,  p.  125)  des  rensei- 
gnements sur  ces  fenêtres  et  sur  leur  disposition  ;  cf.  ibid.,  p.  92,  une  vue 
extérieure  des  fenêtres  du  côté  Nord  de  la  basilique  ainsi  que  des  contre- 
forts de  cette  partie  de  l'église.  Leur  arc  et  l'arcature  simplement  décorée 
qui  les  surmonte  retombent,  à  droite  et  à  gauche,  sur  un  abaque  au-dessous 
duquel  se  trouve  une  colonne.  Pour  la  disposition  des  contreforts,  com- 
parée avec  celle  qui  est  usitée  en  Auvergne  et  à  Saint-Sernin  de  Toulouse, 
voy.  ibid.,  p.  93. 

2.  De  même  qu'on  a  rencontré  plus  haut  la  forme  portallus^  on  remar- 
quera ce  terme-ci,  qui  ne  parait  guère  avoir  été  usité  ailleurs  comme  dimi- 
nutif de  portallum . 

3.  Il  va  être  question  un  peu  plus  loin,  en  détail,  des  trois  grands  por- 
tails; pour  les  portes  secondaires,  voy.  Lopez  Ferreiro  [op.  et  i.  cit., 
p.  124  et  suiv.).  —  Pour  la  sculpture  romane  en  France,  notamment 
pour  celle  de  l'école  auvergnate  et  celle  du  Languedoc,  dont  l'influence  se 
fit  sentir  dans  le  Nord  de  l'Espagne,  voy.  A.  Michel,  Hist.  de  l'art,  l.  I, 
2'  part.  (1905),  p.  594,  599  et  s.,  614  et  s.  (fig.). 

4.  Suivent  deux  §§  intitulés  de  la  façon  que  voici  :  §  5.  De  fonte  Sancti 
Jacobi.  —  §  6.  De    faradiso  urbis. 

5.  Lopez  Ferreiro  (  op.  cit.,  t.  III,  p.  115  et  suiv.)   parle  de   ce    portail  : 

26 


402  APPENDICE 

Sancti  Jacôbi  invenitur,  in  qua  duo  introitus  habentur  qui 
etiam  his  operibus  pulchre  sculpuntur.  In  unoquoque  introitu 
exterius  sex  habentur  columnae,  aliae  marmoreae,  aliae  lapi- 
deae,  ad  dexteram  très  et  ad  laevam  très,  sex  scilicet  in  uno 
iuti'oitu  et  sex  in  alio  :  itaque  duodecim  habentur  columnae. 
Super  vero  columnam  quae  est  inter  duos  portales  deforis,  in 
pariete  residet  Dominus  in  sede  majestatis  ;  et  manu  dextera 
benedictionem  innuit  et  in  sinistra  librum  tenet.  Et  in  circuitu 
throni  ejus  sunt  quatuor evangelistae,  quasi  thronum  sustinentes  ; 
et  ad  dexteram  ejus  paradisus  est  insculptus,  in  quo  ipse  Domi- 
nus est,  in  alia  eftig-ie  Adam  et  Hevam  corripiens  de  peccato^ 
et  ad  laevam  est  similiter,  in  alia  persona  ejiciens  eos  a  paradiso. 
Ibidem  vero  circumcirca  multae  imagines  sanctorum,  bestia- 
rum,  hominum,  angelorum,  feminarum,  florum  caeterarumque 
creaturarum  sculpuntur,  quarum  essentiam  et  qualitatem  prae 
magnitudine  sua  narrare  non  possumus.  Sed  tamen  super  por- 
tam  quae  est  ad  sinistram,  cum  basilicam  intramus,  in  ciborio 
scilicet,  Beatae  Mariae  Virginis  Annuntiatio  sculpitur  ;  loqui- 
tur  etiam  ibi  angélus  Gabriel  ad  eam.  Ad  laevam  vero,  super 
portas  in  laterali  introitu,  menses,  anni  et  alia  multa  opéra 
pulchra  sculpuntur.  Duo  vero  leones  magni  et  féroces  forinse- 
cus  in  parietibus  habentur,  qui  valvas  quasi  observantes 
semper  respiciunt  unus  ad  dexteram  et  alius  ad  laevam. 
In  liminaribus  vero  sursum  quatuor  apostoli  habentur, 
manibus  sinistris  libros  singuli  singulos  tenentes,  et  dextris 
manibus  elevatis  introeuntibus  basilicam  innuunt  benedictio- 
nem :  Petrus  est  in  introitu  sinistrali  ad  dexteram,  et  bea- 
tus  Jacobus  ad  laevam.  Sed  et  super  singula  apostolorum 
capita  quorumdam  boum  ex  liminaribus  exsilientium  capita 
sculpuntur. 


Lu  portada,  del  Morte  o  de  lu  Azabacheriu.  Il  donne  (p.  118)  une  vue  du 
pig;non  ou  fronton  qui  surmontait  l'ancienne  façade  se|)lentrionale. 
Si  le  portail  Sud  du  transept  est  encore  debout,  il  n'en  est  pas  de  même  de 
celui  du  Nord.  «  Lorsque  le  portail  latéral  fut  démoli  au  xvni"  siècle, 
certains  de  ses  fragments  ont  servi  à  boucher  les  vides  que  le  temps 
avait  faits  dans  la  décoration  de  la  façade  méridionale  ;  d'autres  ont 
été  disposés  à  droite  et  à  gauche  du  portail,  à  la  hauteur  des  colonnes  :  ce 
sont  des  morceaux  remarquables,  qui  rejjrésententla  Création  de  l'homme, 
le  Sacrifice  d'Abraham,  le  Roi  David  jouant  de  la  viole,  les  jambes  croi- 
sées et  les  pieds  posés  sur  un  lion.  »  Voy.  dans  Lopez  Ferreiro,  ibid.,  la 
pi.  de  la  p.  120  ;  cf.  E.  Bertaux,  dans  VHisl.  de  l'art  d'A.  Michel,  t.  II, 
I'  part.,  p.  252  et  fig.   201. 


APPENDICE  403 

§  8.  De  porta  MERiDiANA ,  —  In  meridiana  *  porta  apostblicae 
basilicae  duo  introitus,  ut  diximus,  habentur  et  quatuor  val- 
vae.  In  dextrali  vero  introitu  ejus  deforis,  scilicet  in  primo 
ordine,  super  portas  Dominica  Traditio  miro  opère  sculpitur  : 
ibi  Dominus  ligatur  manibus  Judaeoruin  ad  pilarem,  ibi  verbe- 
ratur  corri^iis,  ibi  sedet  Pilatus  in  cathedra,  quasi  judicans 
euin. 

Desuper  vero  in  alio  ordine  Beata  Maria,  mater  Domini, 
cum  filio  suo  in  Bethlehem  sculpitur,  et  très  reges  qui  veniunt 
ad  visitandum  puerum  cum  matre  trinum  munus  ei  offerentes, 
et  Stella,  et  angélus  eos  admonens  ne  redeant  ad  Herodem.  In 
liminaribus  ejusdem  introitus  sunt  duo  apostoli,  quasi  valvarum 
custodes,  unus  ad  dexteram,  et  alius  ad  sinistrani  ;  similiter  in 
alio  introitu  sinistrali,  in  liminaribus  scilicet,  alii  duo  apostoli 
habentur.  Kt  in  primo  ordine  ejusdem  introitus,  super  portas 
scilicet,  Dominica  Tentatio  sculpitur  :  sunt  enim  ante  Dominum 
tetri  angeli,  quasi  larvae,  statuentes  eum  super  pinnaculum 
Templi;  et  alii  olferunt  ei  lapides,  admonentes  ut  faciat  ex  illis 
panem  ;  et  alii  ostenduntei  régna  mundi,  fîngentesse  ei  daturos 
ea,  si  cadens  adoraverit  eos,  —  quod  absit.  Sed  aliiangelicandidi, 
videlicet  boni,  post  tergum  ejus  ,  et  alii  eliam  desuper,  thuri- 
bulis  ei  ministrantes,  habentur.  Quatuor  leones  in  eodem  por- 
tallo  habentur,  unus  ad  dexteram  in  uno  introitu,  et  alius  in 
altero  ;  inter  duos  vero  introitus,  in  pilario  sursum,  alii  duo 
féroces  leones  habentur,  quorum  unus  posteriora  sua  ad  alte- 
rius  posteriora  tenet.  Undecim  vero  columnae  in  eodem  portallo 
habentur  :  in  introitu  dextrali,  scilicet  ad  dexteram,  quinque, 
et  in  sinistrali  inlroitu,  ad  laevam  videlicet,  totidem  ;  undecima 
vero  inter  duos  introitus  est,  quae  ciborios  séparât  :  quae  scili- 
cet columnae,  aliae  marmoreae,  aliae  lapideae,  mirabiliter  ima- 
ginibus,  floribus,  hominibus,  avibus,  animalibusque  sculpuntur; 
hae   vero  columnae    albi   marmoris  sunt.  Nec  est  oblivioni  tra- 


1.  Voy.  dans  Lopez  Ferreiro  {op.  et  t.  cit.,  p.  96  et  suiv.)  ce  que  cet  au- 
teur ditde  La porladndel  mediodia  ô  de  las  Platerins.  avec  une  pi.  donnant 
l'état  actuel  de  la  façade  méridionale,  une  autre  représentant  une  restau- 
ration conjecturale  de  ce  qu'elle  était  autrefois,  et  une  troisième  offrant  le 
pilier  central  dudit  portail,  avec  des  colonnes  soit  en  torsades,  soit  histo- 
riées. (Cf.  A.  Michel,  Hist.  de  Vart,  t.  Il,  1"  part.,  ch.  ii,  La  sculpture  chré- 
tienne en  Espatjne,  par  E.Bertaux,  fig.  200).  Sur  ce  portail  de  las  Platerias, 
autrement  dit  des  Orfèvres,  c'est  à  la  manière  des  grands  apôlres  de 
Moissac  que  sont   disposées  des  figurines  d'apôtres  et   de   prophètes  qui 


404  APPENDICE 

dendum  quodmulier'  quaedam  juxta  Dominicam  Tentationem 
stat,  tenens  inter  manus  suas  caput  lecatoris  sui  foetidum,  a 
marito  proprio  abscissum,  osculans  illud  bis  per  diem,  coacta  a 
viro  suo.  0  quam  ingentem  et  admirabilem  justitiam  mulieris 
adulteratae  omnibus  narrandam  !  In  supei'iori  vero  ordine,  super 
quatuor  valvas  versus  palatium  basilicae,  quidam  ordo  mirabi- 
liter  ex  lapidibus  albi  marmoris  pulchre  refulget.  Stat  enim 
Dominus  ibi  rectus,  et  sanctus  Petrus  ad  sinistram,  ejus  claves 
suas  manibus  tenens,  et  beatus  Jacobus  ad  dexteram,  inter  duas 
arbores  cypressinas,  et  sanctus  Joannes  juxta  eum,  frater  ejus  ; 
sed  et  ad  dexteram  et  laevam,  apostoli  caeterique  habentur.  Est 
igitur  murus  desursum  etdeorsum,  ad  dexteram  scilicet  et  lae- 
vam, optime  sculptus,  floribus  videlicet,  hominibus  sanctis, 
bestiis,  avibus,  piscibus,  caeterisque  operibus,  quae  a  nobis 
comprehendi  narratione  nequeunt.  Sed  quatuor  ang'eli  super 
ciborios  habentur,  cornua  singuli  tenentes,  Judiciidiem  pronun- 
tiantes. 

§  9.  Df  porta  occmENTALi.  —  Porta  occidentalis  ^  habens  duos 
introitus  pulchritudine,  magnitudine  et  operatione   alias  trans- 


couvrenl  des  colonnes  de  marbre  soutenant  les  archivoltes  de  la  baie. 
On  retrouve  encore  l'emploi  du  marbre  dans  les  portails  latéraux  de  la  col- 
léjjiale  de  San  Isidro  de  Lion,  les  tympans  étant  formés  là  de  plaques  de 
marbre  sur  lesquels  sont  juxtaposés  des  sujets  diflerents. 

1.  Comme  nous  l'avons  dit  précédemment,  à  propos  du  portail  du  Nord, 
certains  morceaux  de  sculpture  des  portails  ont  été  déplacés  d'un  portail 
à  l'autre,  ce  qui  a  causé  parfois  quelque  confusion  dans  l'explication 
de  certains  sujets  qui  y  étaient  traités.  Mais  M.  Bertaux  a  expliqué  {Hist. 
de  l'art  d'A.  Michel,  t.  II,  1'"  part.,  p.  253)  ce  qui  concerne  la  mystérieuse 
fig;ure  de  femme  que  l'on  voit  à  côté  de  la  scène  de  Tentation  du  Christ. 
Cette  femme  est  décrite  dans  notre  texte  à  la  place  même  qu'elle  a  conser- 
vée sur  le  tympan  de  gauche.  En  réalité,  la  tête  de  mort  que  tient  cette 
femme  est  celle  d'un  animal  qu'elle  a  sur  ses  genoux.  Le  sujet  a  pu  être 
déterminé  par  comparaison  avec  une  autre  figure  de  femme  qui  a  été  encas- 
trée dès  l'origine  sur  l'un  des  montants  de  la  porte  de  droite,  en  face  dune 
figure  d'apôtre.  Si  l'on  se  réfère,  d'une  part,  au  texte  ci  dessus,  et,  d'autre 
part  à  des  bas-reliefs  du  musée  de  Toulouse,  provenant  de  Saint-Sernin, 
et  qui  portent  l'un  un  lion,  l'autre  un  bélier,  deux  des  signes  du  zodiaque 
{Signn'n  lennis,  siijnum  arietis),  on  se  rend  compte  que  lesdeux  bas-reliefs 
de  Gompostelle,  comme  ceux  de  Saint-Sernin.  devaient  figurer  dans  un 
zodiaque,  dont  les  morceaux  ont  été  maladroitement  disposés  lors  de  l'as- 
semblage des  sculptures  du  portail  (voy.  op.  et  loc.  cit.,  fig.  203;  cf.  la 
fig.  202). 

2.  Voy.  ce  que  Lopez  Ferreiro  (op.  et  t.  cit.,  p.  121  et  suiv.)  dit  de  la 
Fachadu  occidental  C'est  ce  portail  de  la  façade,  ainsi  décrit  dans  notre 
manuscrit,  qui  a  été  remplacé  dans  le  dernier  quart  du  xii'  siècle  par 
l'œuvre  admirable  du  Portico  de  la  Gloria,  à  laquelle  se  rapporte  une 
curieuse  inscription  dont  nous  n'avons  pas  à  nous  occuper  ici. 


APPENDICE  405 

cendit  portas  :  ipsa  major  et  pulchrior  aliis  habetur,  et  mirabi- 
lius  operalur  ;  multisque  gradibus  deforis,  columnisque  diversis 
marmoreis,  speciebusque  variis  et  diversi[s]  modis  decoratur  ; 
imaginibusque,  hominibus,  feminis,  animalibus,  avibus,  sanctis, 
angelis,  floribus  diversisque  generum  operibus  sculpitur.  Cujus 
opéra  lanta  sunt,  quia  a  nobis  narrationibus  comprehendi 
nequeunt.  Sursum  lainen  Dominica  Transfiguratio,  qualiter  in 
monte  Thabor  fuit  l'acta,  mirabiliter  sculpitur  :  est  enim  Domi- 
nus  ibi  in  nube  candida,  facie  splendens  ul  sol,  veste  refulgens 
ut  nix  ;  et  Pater  desuper  loquens  ad  ipsum  ;  et  Moyses  et  Elias, 
qui  cum  illo  apparuerunt,  loquentes  ei  excessum  quem  comple- 
turus  erat  in  Jérusalem;  ibi  vero  beatus  Jacobus  est  et  Petrus 
etJoannes,  quibus  Transfigurationem  suam  prae  omnibus  Domi- 
nus  revelavit. 


§  10.  Dk  turribus  basilicae.  —  Novem  vero  turres  *  in  eadem 
ecclesia  habiturae  sunt  :  duae  scilicet  super  portalem  meridia- 
num,  et  duae  super  portalem  occidentalem,  et  duae  super  sin- 
gulas  vites^  et  alia  major  super  crucem  in  medio  basilicae.  His 
caeterisque  operibus  pulcherrimis  Beati  Jacobi  basilica  optime 
gloriosa  refulget.  Est  etiam  tota  ex  fortissimis  lapidibus  vivis, 
brunis  scilicet  et  durissimis,  ut  marmorfacta,  et  deintus  diver- 
sis speciebus  depicta,  et  deforis  teolis^  et  plumbo  optime  coo- 
perta.  Sed  ex  his  quae  diximus  alia  sunt  jam  '  omnino  adim- 
pleta,   aliaque  adimplenda  ^. 


1.  Lopez  F'erreiro  (op.  cit.,  t.  III,  p.  94)  fait  remarquer  avec  raison  le 
nombre  considérable  de  ces  tours.  Mais  de  ces  neuf  tours,  dit-il,  il  ne  reste 
plus  aujourd'hui  que  le  premier  corps  de  bâtisse,  peut-être  le  second  des 
deux  qui  flanquaient  la  façade  occidentale.  Par  ce  qui  en  subsiste  nous 
pouvons  nous  faire  une  idée  de  leur  plan,  qui  était  quadranjçulaire,  de  leur 
structure  et  de  leurs  admirables  proportions.  Du  haut  en  bas  elles  se 
trouvaient  renforcées  par  des  bandes  lombardes  «  por  bandas  lombardas,  ô 
sean  miembros  salientes  que  en  la  parte  superior  se  enlazaban  por  medio 
de  arcos  »  {ibid.,  p.  95,  n.  \). 

2.  Vis,vùis,  syn.  de  cochlea.  escalier  à  vis. —  Cf.  le  texte  suivant. tiré 
de  la  chronique  de  Saint-Pierre-le-Vif,  à  Sens  :  «  Fer  claustrum  ecclesiam 
introivit  et  in  vitem,  quae  ad  defendendum  in  eadem  ecclesia  est,  ascen- 
dit.  .  »  (d'Achery,  Spicileg.,éd.  in-4",  t.  II,  p.  758). 

3.  Pour  iegulis;  c'est  une  forme  à  moitié  romane,   dérivée  de  ce  terme. 

4.  Le  texte  imprimé  du  Codex  porte  ici  eam,  qui  n'a  aucun  sens;  nous 
corrigeons  eam  en  jam. 

5. — Les  §§ qui  suivent  ont  pour  rubrique  :   §11.  De  altaribus  basilicae. 

—  §  12.  Dr  corpore  et  ai.tari  Sa\cti  Jacobi.  — §  13.  De  tabula  arc^e^tea" 

—  §  14.  De  CIMBORIO    APOSTOLICl  ALTARIS.    §    15.     De    TRIBUS     LAMPADIBUS. 

—  §  16. 'De  dionitate  ecclesiae  Saxcti  Jacobie  bt  canonicorum  ejus. 


406  APPENDICE 

§    17.     De     LAPICIDIBUS     ECCLESIAE,     et  de   PRIMORDIO    et  fine  O PERIS 

EJus.  —  Didascali  '  lapicidae,  qui  prius  Beati  Jacobi  basilicam 
aedificaverunt,  nominabantur  domnus  Bernardus  senex,  mira- 
bilis mag-ister,  et  Rotbertus  ^,  cum  caeteris  iapicidibus,  circiter 
quinquaginta,  qui  ibi  sedule  operabantur,  ministrantibus  fide- 
lissimis  dominis  Wicarto  et  domno  canonicae  Segeredo,  et 
abbate  domno  Gundesindo  ;  l'ej^nante  Adefonso,  .rege  Hispinia- 
rum,  sub  episcopo  domno  Didaco"*,  primo  et  strenuissimo  milite 
et  {jeneroso  vire.  Ecclesia  autem  fuitinc[e]pta  in  era  MCXVI  '. 
Ab  anno  vero,  que  inc[e]pta  fuit  usque  ad  let(h)um  Adefonsi  •', 
fortissimi  et  famosi  régis  Aragonensis,  habentur  anni  lix,  et 
ad  necem  Henrici  ^  régis  Anglorum,  lxii,  et  ad  mortem  Ludo- 
vici  ^  pinguissimi,  régis  Francorum,  lxiii  ;  et  ab  anno  que 
primus  lapis  in  fundamento  ejus  ponitur  usque  ad  illum  quo 
ultimus    mittitur   xliv  anni    habentur.    Quae  etiam    ecclesia    a 


1 .  Terme  synonyme  de  magistri  ;  nous  ne  connaissons  pas  d'autre  exemple 
de  l'expression  recherchée  didascali  lapicidae, 

2.  L'appellation  de  Robertiis,  qui  ne  parait  pas  usitée  alors  en  Espagne 
dénoterait  bien  l'oi-igine  française  de  ce  maître  d'œuvre;  les  formes  Rother- 
lus,  Robertus  étaient  fréquemment  employées  en  France.  Cette  remarque, 
qui  nous  est  personnelle,  n'a  point  encore  été  faite,  à  notre  connaissance. 
—  Pour  les  archéologues  d'Espagne,  qui  contestent  laction  architecturale 
française  dans  le  monument  de  Compostelle,  voy.  Lopez  Ferreiro(op.  et  t. 
cit.,  p.  557). 

3.  Diego  Gelmirez  fut  consacré  le  21  avril  1101  évêque  de  Compostelle, 
dont  le  siège  épiscopal  fut  transformé  en  archevêché  le  26  février  1120.  Il 
mourut  le  17  avril  1139.  Ainsi,  vers  cette  date,  les  travaux  de  décoration 
de  l'église  devaient  être  à  leur  fin,  ••  le  portail  du  Sud  était  dans  l'état  où  il 
est  resté,  et  les  morceaux  conservés  du  portail  du  Nord  étaient  achevés  à 
la  date  de  1140,  où  ils  ont  été  décrits.  Cette  constatation  faite  sur  un  monu- 
ment d'Espagne  est  importante  pour  l'histoire  de  l'art  français.  »  (E.  Ber- 
taux,  op.  et  t    cit.,  p.  254.) 

4.  Cette  mention  chronologique  est  dénuée  de  sens.  On  sait  que  l'ère 
d'Espagne  devance  de  38  ans  l'ère  vulgaire. 

5.  Alphonse  I,  dit  le  Batailleur,  roi  d'Aragon  (1104-1134). 

6.  Henri  I,  roi  d'Angleterre  (1068-1135). 

7.  Louis  VI  le  Gros  régna  de  1108  à  1137.  —  Nous  possédons  encore  une 
autre  donnée  chronologique  relative  à  la  construction  de  cette  église.  En 
elTet,  "  sur  l'un  des  montants  du  portail  latéral  qui  regarde  le  Midi  est  gra- 
vée une  inscription  énigmatique  qui  mentionne  la  date  de  la  fondation  de 
l'église:  1078.  L'^s  reliefs  qui  couvrent  le  portail  lui  même  et  la  paroi  sont 
postérieurs  à  cette  date,  mais  antérieurs  au  milieu  du  xii°  siècle.  »  (E.  Ber- 
taux,  op.  et  t.  cit.,  p.  250.1  Le  rapprochement  de  ces  divers  éléments  chro- 
nologiques ne  nous  permet  pas  de  rapporter  à  une  dite  d'année  absolu- 
ment pi'érîise  le  commjncem^nt  des  travaux  de  construction.  Ce  qu'on 
peut  affirmer,  c'est  qu'ils  débutèrent  entre  les  années  1075  et  1078  et  qu'en 
1118  ou  peu  d'années  après,  on  n'était  pas  encore  arrivée  leur  entier  achè- 
vement, notamment  pour  la  partie  ornementale,  pour  celle  des  portails 
dont  l'exécution  détaillée  peut  avoir  dure,  comme  nous  l'avons  dit,  jusque 
vers  la  fin  de  l'archiépiscopat  de  Diego  Gelmirez. 


APPENDICE  407 

tempore  quo  fuit  inc[e]pta  usque  in  hodiernum  diem  fulgore 
miraculorum  beati  Jacobi  vernatur  :  aegris  enim  in  ea  salus 
praestatur  omnesque  barbarae  gentes  omnium  mundi  clima- 
tum  catervatim  ibi  occurrunt,  munera  laudis  Domino  défé- 
rentes. 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 

DES    NOxMS    DE    PERSONNES    ET    DE    LIEUX 


N.  B.  —  Les  chiffres  renvoient  aux  pages,  excepté  quand  ils  sont  pré- 
cédés de  la,  lettre  n  ;  dans  ce  cas,  ils  se  réfèrent  aux  notes  des  pages. 


Aa  (L'),  fleuve  (Pas-de-Calais),  118, 

119,  n.   4;—   (pont  sur  1'),    118, 

122.  Voy.  Agniona,  flumen. 
Ahbon,  abbé  de   Fleury-sur-Loire, 

33,  n.  3 
Aciacensis     ecclesia,      264.       Voy. 

Assé-le-Boisne. 
Acuto  monte  (castellum  de).  Voy. 

Gumont  {château  de). 
Adaelmus.  Voy.  Adélelme. 
Adalbert,  prévôt  de  Saint-Salvi,  à 

Albi,  104. 
Adam,  moine,  maître  de  l'œuvre  de 

Saint-Benoît-sur-Loire,  35,  n.  4. 
Adefonsus,   rex  Aragonensis.  Voy. 

Alphonse  l"  roi  d'Aragon. 
Adélaïde,  comtesse    d'Arlon,     191, 

192. 
Adélard  II,  abbé  de  Saint-Trond,  20, 

n.  6,  157, n.  2. 
Adèle,  comtesse  deBlois,  236. 
Adèle,    prétendue     femme    d'Eble, 

comte  de  Poitou,  141.  n.  2. 
Adélelme,  abbé  de  Saint-Calais,  38. 
Adelmus.  Voy.  Athelm,  archevêque 

de  Cantorbéry . 
Adémar,  abbé  de   Saint-Martial  de 

Limoges,  59. 
Adémar  I",  fils  de  Gui  I'%  vicomte 

de  Limoges,  7,  386,  n.  3. 
Adémar,    seigneur  de     la    Roche- 

Ganillac,     352.      Voy.      Gumont 

(château  de). 
Adémar,  vicomte  de    Négrepelisse, 

232,  n.  2. 
Adémar  de   Chabannes,   139,  n.  6  ; 

—  (sermon  d'),  80. 
Adhémar.  Voy.  Adémar. 
Ado.  Voy.  Adon 
Adon,  abbé  de   Molesme,  296,  n.  1. 


AdonAloïs,  «  maçon  »  de  l'évêque  de 
Grenoble,  288,  289. 

Aedmerus.  Voy.  Edmer. 

Aelfegus.  Voy.  Elphège. 

Agatensis   episcopus.  Voy.    Agde. 

Agde  (Hérault),  110,  n.  2  ;  —  (évêque 
d').      Voy.     Bérenger. 

Agnès  femme  de  Foulque  III, 
comte  d'Anjou,  20. 

Agnès  de  Bourgogne,  femme  de 
Guillaume  le  Grand,  comte  de 
Poitou,  141. 

Açniona,  flumen,  122.  Voy.  Aa  (L'). 

Aimeri,  abbé  de  Moissac,  146,  n.  1. 

Aimeri  IV,  vicomte  de  Thouars, 
201,  n.   2. 

Aimeri  de  Peyrac,  abbé  de  Mois- 
sac,  146,  n   1. 

Aimon  (maître),  architecte  de  l'é- 
glise, de  la  maison-Dieu  et  du 
pont  d'Andres,  387,  392,  393. 

Amard,  moine  de  Marmoutier, 
197. 

Ainay  (église  d'),  à  Lyon,  268,  n. 
7  ;  —  (abbé  d').  Voy.  Josserand, 
archevêque  de  Lyon. 

Airard,  abbé  de  St. -Rémi  de 
Reims,  39,  40. 

Aix  (archevêques  d').  Voy.  Bostan 
de  Fos,  Pierre  II  Gaufridi, 
Pierre  III  ;  —  (baptistère  et 
église  de  Saint-Jean-Baptiste,  à), 
204,  205  ;  —  (cathédrale  du  Saint- 
Sauveur,  à),  202-206  —  (cloître  du 
Saint-Sauveur,  à),  205,  n.  1.  Voy. 
Aquae,  Aquensis  civitas. 

Aix  (prieuré  de  Saint-Romuald  de 
l'île  d"),  en  Aunis  (Charente-Infé- 
rieure), 386,  n.  1  et  n.  2  ;  —  (cha- 
pelle de  Saint-Naiaire),  386,  n.  2. 

Alain  IV,  duc  de  Bretagne,  53.  n. 
2  ;  —  Alain  V,  155,  n.  1  ;  —  Alain 


410 


TABLE    ALPHABETIQUE 


le  Vieux,  père  de  Conan,  duc  de 
Bretagne,  155. 

Alain,  évêque  d'Auxerre,  95. 

Alamanni,  329,  n.  6. 

Alanus.  Voy.  Alain. 

Alayriacum.  Voy.  Layrac,  Samt- 
Marlin   {prieuré  de). 

Alba  Rocha  (Guilleltnus  de).  Voy. 
Gaillaame  d'Auberoche,  évêque 
de  Périgueux. 

Albaldus,  cellerarius  monasterii 
Glomnensis,  21.  Voy.  Mont-Glom- 
ne. 

Alberada,  Alberada.  Voy.  Aubrêe. 

Albericus,  primor  castri  CastcUio- 
nis.  Voy.  Aubry,  seigneur  de 
Chàtillon-sur-Loing. 

Albert,  archevêque  de   Tripoli,  327. 

Albia.  Albiensis  episcopus,  prin- 
ceps.  Voy.  Albi. 

Albi  (bourgeois  d').  103,  104,  112, 
n.  4  ;  —  (capiscol  de  l'église  d'), 
104;  —  (cathédrale  d'\  49.  n.  2, 
103,  n.  4  ,  —  (collégiale  de  Saint- 
Salvid'),  104  ;  —  (évêque  d').  Voy. 
Amiel.  Voy.  aussi,  116,  n.  4;  — 
(pont  d'),  103  ;  —  (seigneur  d'), 
104  ;  —  112,  n.  4.  Voy.  Albia, 
Albiensis  episcopus,  princeps, 
Amiel,    Bernard   Aton. 

Albigeois  (L'),  104. 

Alboin,  doyen  de  la  collégiale  St- 
Hilaire  de  Poitiers,  200,  201. 

Albuciensis  vicecomes.  Voy.  Au- 
busson. 

Aldebert  I"',  abbé  de  Lérins,  231, 
n.  3,  —  Aldebert  II,  229,  231, 
n.  3. 

Aldebert  II,  évêque  de  Mende,  326, 
327,  n.  2;— Aldebert  III,  326,  n.  3, 
327,  n.  3,  329,  n.  6.  Voy.  Gévau- 
dan  [Le),  Mende. 

Aldenborgh,  Aldenburgensis  par- 
rochia.   Voy.  Oudenhourg. 

Aldhunus,  fundatoi-  ecclesiae  Dun- 
helmensis,  286.  Voy.  Durham. 

Alencio.  Voy    Alençon. 

Alençon  (Orne),  100,  n.  1;  — 
(siège  d'},  274,    280 

Alexander,  évêque  de  Lincoln, 
339. 

Alexandre  III,  pape,  91. 

Algesius,  artifex,  35. 

Algia.  Voy.  Auge  [pays  d'). 

Allemagne,  69,  n.  5,'  172,  n.  1  et 
n.  3,  174,  n.  2.  Voy.  aussi  Al- 
sace (//).  Auqsbourg,  Bamberg, 
Bavière  (La),  Ùologne.  Constance, 
Hanovre  (Le),Hildesheim,  Lorsch, 
Nuremberg,  Osnabriick,  Saxe{La), 
Spire,  Worms. 


Allerias,  castrum.  Voy.  Allières. 

Allières  (Sarthe),  278. 

Alphonse  I"',  roi  d'Aragon,  406. 
Voy.  Adefonsus,  rex  Aragonensis. 

Alphonse  Jourdain,  comte  de  Tou- 
louse, 149,  n.   5. 

Alquier,  moinedeSaint-Bertin,ll9. 

Alsace  (L).  Voy.  Philippe  d'Al- 
sace, comte  de  Flandre.  Voy. 
aussi  Strasbourg. 

Altizia,  fluvius,  in  inferiori  Picta- 
vensi  regione,  200.  Voy.  Autise 
(L'). 

Alvise,  mère  d'Isembard,  seigneur 
de  Pithiviers,  276.  Voy.   Hêloïse. 

Amalberl,  abbé  de  Saint-Florent 
de  Saumur,  16,  n.  3,  21,  n.  2  et  3, 
22,  n.  4. 

Amalricus.  Voy.  Amaury  de  Mont- 
fort. 

Amaiuin,cellerier  de  l'abbaye  de  la 
Sauve-Majeure,  260. 

Amance,  noble,  238. 

Amancius,  Amancuus.  Voy.  i4maa- 
ce. 

Amasse  (L'),  rivière  (Loir-et-Cher 
et  Indre-et-Loire),  342,  n.  4. 

Amaury  de  Monlfort,  neveu  de 
Guillaume,  comte  d'Evreux,  372, 
n.  1. 

Ambasia,  Ambazia,  Ambaziacum, 
Ambaziense  castrum.  Voy.  Am- 
boise. 

Amberta,  prioratus  Cluniacensisor- 
dinis    Voy.  A  mbier le 

Ambierle  (Loire"),  129,  n.  3;  - 
(prieuré  de  Cluny),  ibid. 

Amblard,  seigneur  du  Rouergue, 
49. 

Amblard  de  Cluny.  abbé  de  Saint- 
Martial  de  Limoges,  prieur  de 
Souvigny,  60,  n.  1 . 

Amboise  (Indre-et-Loire),  113.  n.  1, 
342  ;  —  (constructions  seigneu- 
riales, tours  d'),  78,  n.  2;  111, 
113,  n.  2  ;  —  (église  du  prieuré  de 
Saint-Thomas  d'),  342  ;  —  (sei- 
gneurs d'),  Voy.  Hugue  I",  Motte- 
Fulcois  (Li),  Siilpice.  Voy  aussi 
Ambasia,  Ambaziacum,  Amba- 
ziense castrum. 

Ambreras,  caslellum.  Voy.  Am- 
brières. 

.tm/)ri'''res (château  d').  —Mayenne. 
—  333 . 

Amolius.  Voy.   Amiel. 

Amiel.  évoque  d'Albi,    104. 

i4mtens  (cathédrale  d'),  321-323;  — 
(ancien  vocable  de  Saint-Firmin), 
322,  n.  3;—  (consécration  de),  323, 
n.  4  ;—  (dons  offerts  par  les  habi- 


TABLE   ALPHABÉTIQUE 


4H 


tants  pour  la  restauration  de  la  ca- 
thédrale d')  321,  323  ;  —  (évêques 
de).  Voy.  Firmin  {Saint),Geoffroi, 
Thierri  ;  —  (incendie  de  la  ville, 
d')  322-323; —  (maisons  de  bois  et 
de  pierre  d'\  ibid  ;  —  (palais  épis- 
copal  d'),  323  ;  —  (prédication  de 
l'évêque  GeolTroi  d),  3J1  ;  —  ^tré- 
sorerie  de  l'église  cathédrale),  323, 
n.  4.  —  Voy.  Hugiie  d'Amiens, 
archevêque  de  Rouen. 
Ampurias  (comté  d'),  —  auj.  prov. 
■  de  Girone  (Espagne).  —  115,  n.  5  ; 

—  (comte  d')  Voy.  Ponce  /"  ;  — 
(églises  fortifiées  d').  114-116  ;  — 
(zones  de  protection  autour  des 
cgli-<esd'\  ibid.  Voy.  Impurita- 
nensis  cornes. 

Anchin  (abbaye  d'),  65,  69.  Voy. 
Aquicinense  coenobium. 

Andecava  civitas,  Andecavenses, 
Andegavis.   Voy.  Angers. 

Amlelys  (Les),  —  Eure,  —  99,  n.  3. 

Andres  (Pas-de-Calais),  388,  n.  2  — 
(abbayeet  constructions  diverses, 
maison-Dieu,  infirmerie,  pont  de 
pierre),  387-394  ;  —  (église  du 
Saint-Sauveur  et  de  Sainte-Ric- 
trude),  389,  391,  392.  Voy.  Raoul 
de  Douvres. 

Anger.  fluvius.  Voy.  Indre  (L'). 

An^^ers  (abbaye  de  Saint-Aubin  d'), 
145,  n  2,  257,  n.  2,  264,  269,  n.  2, 
30«,  309  ;  —  abbaye  du  Ronce- 
ray  d'),  73,  n.  2  ;  —  (cathédrale  d'), 
83-85  ;  ^  (écolâtre  d  ).  Voy.  Ber- 
nard. Bernier  ;  —  (collégiale  de 
Saint-Laudd';,  299,300 -.  —  (évêques 
d').  Voy.  Eusèbe  Bru  non,  Hubert 
de  Vendôme,  Normand  de  Doué, 
Ulger  ;  —  (monastère  de  Saint- 
Nicolas  d'),  16,  18,  n.  5.    19,   n,    4  ; 

—  (palais    comtal   d),   298,  n.  1  ; 

—  (ville  d"),  345,  n.  1.  Voy.  An- 
decava civitas,  Andecavenses, 
Andegavis.  Voy.  aussi  Girard, 
aiibé  du  Sainl-Auhin. 

Angilbert,  abbé  de  Saint-Riquier, 
125,  n.  2,  285,  n.  1, 

Angles  (archidiaconé  d'),  au  diocèse 
dAuch,    284,  n    2, 

Angleterre,  47,  n.  1,  73,  75,  135, 
n.  11,  141,  157,  n.  2,  162,  n.  3,  193, 
195,  196,  n.  2,  197,  198,  207,  n.  2. 
210,  218,  219,  276,  n.  7,  277,  317, 
32  •,  338,  n.    I    et   n.   5,    339.  Voy. 

,  Beckford,  Cantorbéry,Carishroo- 
ke,  Devizes,  Douvres,  Durham, 
Ereter,  Hastings,  Lincoln,  Lon- 
dres. Malmesbury.  Pevensey,  Sel- 
by,   Rochesier,    Salisbury,   Sher- 


•  borne.  Winchester,  Worcester, 
Tulbury,  York,  Yorkshire. 

Angli,  Anglia,  Anglicae  provin- 
ciae,  Angligenus.  Voy.  Angle- 
terre. 

Anglo-Saxons,  150,  195.  Voy.  Sa- 
xons. 

Angouléme [cathédrale  d'),315,  316  ; 

—  (chapitre  et    cloître    d),  316  ; 

—  (comtes  d).  Voy.  Guillaume 
Taillefer,  Vutgrin  Taille/'er  ;  — 
(évêques  d'j.  Voy.  Gérard  II  de 
Blaye,  Hugue  II  de  La  Rochefon- 
cault,  Lambert;  —  (palais  épis- 
copal  d'),  316. 

Aniane  (Hérault),  109,  n.  2;  — - 
(abbaye  du  Saint-Sauveur  d'), 
109-111;  —  (accord  conclu  pour 
la  construction  d'un  pont,  entre 
les  abbés  de  Saint-Guilhem-du- 
Désert  et  d),  ibid.  Voy.  Ponce, 
abbé. 

Aniciensisepiscopus.  Yoy.Puy[Le). 

Anien  [Saint),  56,  57. 

Anjou  [L"),  16,  17,  n.  7  ;  310,  n.  1, 
353,  n.  3;  —  (comtes  d).  Voy. 
Foulque  III  dit  Nerra,  Foulque 
IV  Réchin,  Foulque  V  le  Jeune., 
Geoffrni  le  Bel,  Geo ff roi  Marlel\ 

—  (comtesses  d').  Voy.  Agnès^ 
Hildegarde  ;  —  (établissement  de 
l'ordre  de  Fontevrault  dans  1'), 
312,  n.  1  ;  —  (persistance  d'an- 
ciennes traditions  dans  le  renou- 
vellement des  églises  d'),  18,  n.  2  ; 

—  (style  Plantagenêt  dans  1'),  85, 
n.3,  310,  n,  3. 

Annot  (église   d'),  —  Basses-Alpes, 

—  115,  n.  1. 

Anselme,      abbé     de     Saint-Salvi 

d'Albi.Voy    Albi. 
Anselme    [Saint),    archevêque     dé 

Gantorbéry,    198,    206,    216,  220, 

227,268. 
Ansquilinus,     Ansquitilinus,    Ans- 

quililius.  Voy.  Ansquitil. 
Ansquitil.   abbé    de    Moissac,    147, 

n.  2,  148.  n.  3,149,  n,  1. 
Anthelme    [Saintj,  prieur      général 

des  Chartreux,  360,  n.  1 . 
Antiorhe  [Syrie]     Voy.  Rohémond, 

Richard,  prince  d  Antioche,  Rai- 

mond,  seigneur  de  la  Principauté. 
Apogniacum      oppidum,     firmitas. 

Voy.   Appoigny. 
Appoigny  (Yonne).  94. 
Apulia.  Voy.  Pouille  [La). 
Aquae,  Aquensis   civitas,   ecclesia, 

arciiiepiscopus.    Voy.  Aix. 
Aquicinense  coenobium.   Voy.  An- 
chin [ibbaye  d'). 


412 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


Aquila,  Aquilense  castrum.  Voy. 
Lai^le. 

Aqiiilinus,  Asquilinus.  Voy.  Ans- 
quilii. 

Aquitaine  (ducs  d').  Voy.  Guil- 
laume le  Grand,  Guillaume  le 
Jeune,  Guillaume  le  Toulousain. 
Voy,  aussi  Gui-Geoff roi-Guil- 
laume,  Richard    Cœur-de-Lion  ; 

—  (duchesse  d').  Voy,  Agnès  de 
Bourgogne  ;  —  (évêques  d'), 
176  ;  —  (ftxation  de  l'étendue  des 
cimetières  autour  des  églises  et 
des  chapelles  d'\,  ibid. 

Aragon.    Voy.    Alphonse  /•',     roi 

d'Aragon. 
Araleo,  192  ;  — Araleonis  comitissa, 

ibid.   Voy,  Arlon,  Adélaïde,com- 

tesse  d' Arlon . 
Archambaldus,  Archembodus.  Voy. 

Archambaud. 
Archambaud,  charpentier,  employé 

aux  travaux  de  Saint-Benoît-sur- 
Loire,  35,  36. 
Archambaud,  vicomte  de  Comborn, 

15,  n.  6. 
Archas,    ca^tellum,   ttirris.     Voy. 

Arques     [château    d'). 
Ardea,Ardensisdunjo.  Voy.  ordres. 
Ardenne.  Voy.  Saint-Hubert  d'Ar- 

denne. 
Ardres  [Pas-de-Calais],  180,  181,  n. 

3  ;— (donjon  d'),  180,    181,    182; 

—  (église  de  Notre-Dame  et  Saint- 
Omer,  à),  180,  183  ;  —  (enceinte 
d'),  180.  Voy.  Lambert  d' Ardres. 

Arelatensis  archiepiscopus.  Voy. 
Arfes. 

Argens  [L),  rivière  (Var),  305,  n. 
2. 

Argenlal  (Loire),  187,  n.  2. 

Argentan  [Orne],  ai.  Voy.  Argen- 
tomagus. 

Argentau  (seigneurie  d'),  en  Forez, 
187.  Voy,  Argenlal. 

Argentomagus,  castellum.  Voy. 
Argentan. 

Arkes.  Voy.  Arques. 

Arles,  305,  n.  1  ;  —  (archevêque  d'). 
Voy.  Gibelin  ;—  (église  de  Saint- 
Trophime  d),  91  ;  —  (prieuré  de 
Saint-Honoratd  ),  189,  n.  2.  — 
Voy.  aussi  Pierre  de  Saint-Gilles. 

Arlon  (Belgique,  prov.  de  Luxem- 
bourg), 192,  n.  2; —  (comtesse 
d'),  191,193,  n.  1.  Voy.  Araleo, 
Adélaide. 

Armorique  [L').  Voy.  Bretagne  [La). 

Arnaldus,  episcopus  Mapalonensis, 
88,  89.  Voy,  Arnaud  de  Verdale. 

Arnaud  I",  évéque  d'Oloron,   356, 


Arnaud,  évéque  du  Mans,  162,  247. 

Arnaud,  prieur  de  Sainte-Gemme, 
en  Saintonjïe,  249. 

Arnaud,  vicomte  de  Nègrepelisse, 
232,  n.  2. 

Arnaud  de  Verdale,  évéque  de  Mà- 
guelone.  88,  89,  90,  n.  4, 

Arnauld  d'Ustul,  chanoine  chargé 
de  l'entretien  des  bâtiments  de 
St-Sernin,  à  Toulouse,  1S9,  n.  2. 

Arnoldus,.  dominus  Ardensis.  Voy. 
Arnoul  I'%  sire  de  Selnesse. 

Arnoul  IL  évéque  d'Orléans,  1,  3. 
Voy.  Arnulfus. 

Arnoul,  fils  de  Beaudoin,  comte  de 
Guines,  180,  n.   3. 

Arnoul  I",  sire  de  Selnesse,  dit 
V Avoué,  sénéchal  du  comte  de 
Boulogne,  180,  181,  183,  184,  Voy. 
Arnoldus. 

Arnoult,  verrier  de  l'abbaye  de 
Saint-Trond,  161,  n.  2. 

Arnulfus,  artifex,  35. 

Arnulfus,  Aurelianensis  civitatis 
pontifex.  Voy.  Arnoul  II. 

Arpin.  Voy.  Éude  Arpin. 

Argues  (château  d'),  près  de  Saint- 
Omer,  119,  n.  4  ;  —  (détroit  d'), 
ibid . 

Arques  (château  d'),  —  Seine- 
Inférieure, —  184,  n.  1,  277,  n, 
3,  332,  n.  5  ;  —  (Guillaume,  sei- 
gneur d').  252,  n.  3.  Voy.  Archas. 

Arras  (cité  d'),  67,  n.  5  ;  —  (dio- 
cèse d'),  65  ;  —  (marché  d'),  183, 
n.  1. 

Arros  [V],  rivière  (Gers),  282,  283. 
Voy.    Rosso. 

Artaud,  prieur  de  Ste-Gemme,  249; 

—  seigneur  d'Argentan,  187, 
Artiguelongue  [église  d'),  —  (Gers), 

—  ,  284. 

Artmannus,    dominus,    232.     Voy. 

Hartmann. 
Artois  IL'),  181,  n.  4. 
Arverni.    Arvernica    patria,  sedes, 

Arvernicuspagus.  Voy.  Auvergne 

(L'). 
Assé-le-Boisne  (Sarthe),   264,   n,  1. 

Voy.  Aciacensis  ecclesia. 
Assise  (Italie  ,  140,  n.  2  ;  —  (église 

de  Saint- François  d'),  ibid. 
Athelard,  archevêque  de  Gantorbé- 

ry,  219. 
Athelm,  archevêque  de  Cantorbéry, 

214.  Voy..4de/mus. 
Ato.  Voy.    Aton.  , 

Aton,  médecin,  à  Vienne  (Isère),  87. 
Aubrêe,  femme  de  Raoul,  comte  de 

de    Bayeux     et  d'Ivri,    276  ;    — 

princesse    Normande,    ensevelie 


TABLE   ALPHABÉTIQUE 


413 


dans  l'abbatiale  de  la  Trinité  de 
Venouse  (Italie),  178,  n.  1 .  Voy. 
Alberada. 

Aubry,  seifjneur  de  Châtillon-sur 
Loinf;;.   10. 

Aubusson  (Creuse),  13  ;  —  (vicomte 
d').   Voy.  Rainaiid,  ibid. 

Anch  ^archevêque  d')  Voy.  Guil- 
laume de  Montant,  Raimond  II  de 
Pardiac;  —  (cathédrale  d  ),  282, 
283,  303  ;  —  (palais archiépiscopal 
d'},  301,  302  ;  —  (prieur  de  Saint- 
Orens,  à).  Voy.  Auger  de  Mon- 
taut. 

Audin,  évèque  d'Evreux,  372,  n.  4. 

Audoenus,  archiepiscopus  Rotoma- 
gensis.  Voy.  Ouen  {Saint}. 

Auge  (pays  d'),  en  Normandie,  379, 
380.  Voy.  Wgia,  Sainte-Barbe-en- 
Auge. 

Auger,  évêque  de  Riez,  205  ;  —  de 
Montant,  prieur  de  Sains-Orens 
d'Auch,  302,  n    1 . 

Augshourg  (siège  d'évéque  dans  la 
cathédrale  d').  217,  n.  3. 

Auqusiin  (Sam<)i  ^pôtre  des  Anglo- 
Saxons,  219,  220. 

Augustin  [Saint],  père  de  l'Église, 
159,  n.  3,    313,  n.  4. 

Aunin  (L'),  242,  386. 

Aureliacum.  Voy.  Aurillac. 

Aureliana,  Aurelianensis  civitas, 
Aurelianis.  Voy.  Orléans. 

Aurillac,  48,  n.  1.  307.  n.  2  ;  — 
(abbaye  de  Saint-Géraud  d'),  48, 
n.  1  ;  —  (comte  d),  ibid.,  307, 
n.  2  ;  —  (église  abbatiale  d'), 
ibid.  Voy.  Aureliacum. 

Ausciensis,  Auscitanus,  Auxiensis 
arcliiepiscopus.  Voy.  Auch,  Rai- 
mond  de  Pardiac. 

Ausque  (Pas-de-Calais),  391,  n.  4. 
Voy.  Elceka. 

Autbertus,  capudschola  [sic]  Ar- 
vernicae  sedis,  108. 

Autingues  (Pas-de-Calais),  391. 

Autise  (L),  rivière  (Vendée).  Voy. 
Altizia. 

Aulissiodnrum,  Autissiodorenses 
episcopi.  Voy.  .4ua;erre. 

Au/un  (cathédrale  d'i,  319,  n.  5. 

Auvergne  (L'),  33,  n.  5,  48.  107, 
108.  127,  146,  n.  2,  187,242;  — 
(architecture  romane  de),  397,  401, 
n.  1 

Auxerre  (cathédrale  d')  :  —  caro- 
linijienne,  182,  n.  2  ;  romane  (cons- 
truction et  décoration),  92-96, 
100,  n..l01.  n.  1  ;  —(crypte  de),  42, 
n.  2;  —  (cité  d"),  92.  97  ;  —  église 
de  Notre-Dame-la-Dehors,  à),  68, 


n.  3;  —  (évéques  d').  Voy.  Alain, 
Geoffroi  de  Champallement,  Guil- 
laume de  Toucy,  Herbert  II, 
Hugue  de  Chalon,  Hugne  de 
Monlaigu,  Hugue  de  Noyers  ;  — 
(palais  épiscopal  d'),  92,  97.  Voy. 
Autissiodorum,  Autissiodorenses 
episcopi. 

Anxerrois  (L'),  92. 

Avenionensis  ccclesia  major.  Voy. 
Avignon{Notre-Dame-des-Doms}. 

Avesgaud,  évèque  du  Mans,  165, 
n.  3. 

Avignon,  305  ;  —  (abbaye  de  Saint- 
Ruf  d),  305-308  :  —  (cathédrale 
de  N.-D.-des-Doms  d'),  305-308  ; 
—  (chapitre  de  N.-D.-des-Doms 
d'),  ibid.  ;  —  (concile  d'),  364  ;  — 
(évéques  d).  Voy.  Benoit.  Ros- 
taing.  Voy.  aussi  Ponce,  prévôt  de 
Saint-Ruf. 

Axeium,  273.  Voy.  Esse,  Essei. 

Aymery.   Voy.  Aimeri. 

Azenaire,  abbé  de  Massay,  124,  n.  5. 


Bajoaria.  Voy.  Bavière  (La). 
Bajocis.  Bajocensis  episcopus,  pa- 

gus.  Voy.    Bayeux. 
Baldéricde  Thérouanne,  évéque  de 

Noyon.  65.  n.  1. 
Balduinus   Insulanus,  comes  Flan- 

dria-.  Voy.  Baudouin    V,   dit  de 

Lille. 
Baldwin,    archevêque     de    Cantor- 

béry,    précédemment   évéque  de 

Worcestcr,  228,  n.  4. 
Bamberg    (Bavière),    69,    n.    5  ;    — 

(évèque  de).  Voy.  Othon. 
Barbara      (Sancta).      Voy.     Barbe 

[Sainte). 
Barbe  {Sainte),  vierge  et  martyre, 

381,  n.  2;  —  (légende  de)    ibid.  ; 

—  (reliques   de).  380,    n.  1.  Voy. 

aussi     Sainte  -  Barbe  -  en  -  Auge 

[prieuré  de). 
Bari    (église  de    Saint-Nicolas  de), 

178,  n.  l  ;  —  (terre  de),  ibid. 
Barnard  [Saint],  de  Momans,  143. 
Barri   (Pierre  du),    abbé  de   Saint- 
Martial  de   Limoges,    58,    59,  60. 

n.  3. 
Barthélémy  de    Joux,    évêque    de 

Laon,  317,  321. 
Basatensis  episcopatus.  Voy.  Bazas 

(ancien  diocèse  de)  ;   —  (pagus), 

239.  Voy  Bazadais  [Le). 
Basilicate  {La),    —    Italie    méridio- 
nale, —  72,  n.  1,  177. 
Bataille  (abbaye  de  la),  près  d'Has- 


414 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


tings  (Angleterre),  194.  Voy.  Ve- 
nouse. 

Battle  abbey .  Voy.  Bataille 
(abbaye  de  la). 

Baudouin  1",  dit  Bras-de- fer,  comte 
de  Flandre,  375,  n. 

Baudouin  II,  comte  de  Guines, 
180,  n.   3,    391. 

Baudouin  IV,diile  Barbu,  comte  de 
Flandre,  173,  n.  2. 

Baudouin  V,  dit  de  Lille,  comte  de 
Flandre,  172.  Voy.  Balduinus 
Insulanus. 

Baudri,  abbé  de  Bourgueil,  arche- 
vêque de  Dol,  343-346. 

Baume  (abbaye  de),  272,  n.  2  ;  — 
(abbé  de).  Voy.  Bernon. 

Bavière  [La),  I2i,  n.  50.  Voy  aussi 
Bamberg  ;  —  (rhénane).  Voy. 
Spire. 

Bayeux  (cathédrale  de),  73,  n.  6, 
144,  n.  2;  208,  n.  1  ;  —  (évoque 
de).  Voy.  Eude  I'",  Hugue  ;  — 
(siège  de),  364,  n.  2  ;  —  (tapisse- 
rie de),  74,  n  3,  314,  n.  1.  Voy. 
Bajocis.  Voy.  aussi  Aubrée,  fem- 
me de  Raoul,comte  de  Bayeux. 

Bazadais  (Le)  ,238,  239,  n.  2.  Voy. 
Basatensis  pagus,  Sarda  (?). 

Bazas  (ancien  diocèse  de),  239,  374. 
Voy.  Basatensis  episcopatus;  — 
(comté  de),  238,  n.  3  ;  —  (évêque 
de).  Voy.  Geoffroi. 

Béarn  (Le),  101,  n.  4,  147,  n.  6, 
186,  n.  4,  354  ;  —  (vicomte  de). 
Voy.  Bernard   II,   comte  de  Bi- 

Ïorre,  Gaston  IV.  Voy.  aussi 
escar,  Morlaas. 

Beau  lieu-lès- Loches  {Indve-el-Loire), 
1,  n.  1  ;  —  (église  conventuelle  de), 
1,  2,  n.  1.  V^oy.  Lucacense  cas- 
trum,  monasterium. 

Beaune  (Côte-d'Or),  295  ;  —  (vi- 
comte de),  ibid.  Voy.  Belnensis 
vicecomes,  Rainaud. 

Beauport  (abbaye  de],  — Xôtes-du- 
Nord,  —  285. 

Beauretour  (Yonne),  97,  n.  3.  Voy. 
Bellus  reditus. 

Beauvais  (.église  abbatiale  de  Saint- 
Etienne  de),  317,  n.  5  ;  373,  n.  2  ; 

—  (collégiale  de  Saint-Lucien, 
auj.  Saint-Nicolas,    à),  165,  n.  3  ; 

—  (évêque  de).  Voy.   Warin. 
Bec  (Le),  auj.   Bec-Hellouin    Eure), 

44,  46,  n.  3,  247,  n.  1  ;  —  (abbaye 
du),  fondation,  travau.t  de  cons- 
truction et  de  décoration,  44,  46, 
47,  246,  247,  338,  n.  4  ;  —  \abbés 
du  .  Voy.  Hellouin,  Létard,  Ro- 
ger de  Bailleul  ;  —  (moine  du). 


Voy.  Gundulphe  ;  —  (prieurdu). 
Voy.  Lanfranc. 

Beccense  monasterium,  Beccensis 
ecclesia,  Beccus.   Voy.    Bec  {Le). 

Becket.  Voy.  Thomas  Beckel. 

Beckford  (Angleterre,  comté  de 
Glocester),  manoir,  dépendance 
du  prieuré  canonial  de  Sainte- 
Barbe-en-Auge,  380,  n.  4  ;  — 
(prieur  de).  Voy.  Daniel 

Belesmensis.  Voy.   Bellesmensis. 

Belgiacus.   Voy.  Bougy. 

Belgique{La),  174,  n.  2,  313,n.5.Voy. 
Ârlon,  Breedene,  Bruges,  Fumes, 
Gand,  Hainaut  (Le),  Hesbaye  (La), 
Huy,  Liège,  Lobhes,  Merchem, 
Saint  -  Hubert  (Luxembourg)  , 
Saint -Pierre  d'Oudembourg,Saint- 
Trond,  Stavelot,  Tongres,  Tour- 
nai, Tournaisis  (Le),  Ypres. 

Bellefontame  (prieuré  de),  370. 

Bellus  locus.  Voy.  Beaulieu-lès-Lo- 
ches. 

Bellus   reditus.  Voy.  Beauretour, 

Belléme  (Orne),  273,  274,  n.  5.  Voy. 
Guillaume,  Robert  de  Belleme. 

Bellesmensis,  Bellisjnum.  Voy 
Bellême. 

Belnensis  vicecomes.  Voy.  Beaune. 

Belsta  (Bernardus  de),  capellanus 
Morlanensis.  Voy.  Beuste,  Mor- 
laas. 

Beis  (Morbihan),  53,  54,  n.  1,    n.7. 

Benedictus.  Voy   Benoit,  Bénezet. 

Bénezet  {ou  Benoit),  prévôt  de  Saint- 
Sauveur  d'Aix,  202,  203,  n .  3 . 

Bennon,  évêque  d'Osnabrûck,  69, 
n.  5. 

Benoit,  évêque  d'Avignon,  306, 
n.  3. 

Benoit  [Saint),  6,  9,  n.  2,  11,  34,  n. 
5, 150  ;  —  (sœur de).  Voy.  Scolas- 
tique  (Sainte)  ;  —  (règle  de),  295. 
Voy.  aussi  Fleury-sur- Loire  (ab- 
baye de) . 

Bérenger,  évêque  d'Agde,  176,  n.  2. 

Bérenger,  évêque  dElne,  200,  n.  4. 

Bérenger,  cvcquc  de  Fréjus,  205. 

Bérenger  Guifred,  évêque  de  Gi- 
rone, 115. 

Bermond,  abbé  de  Marmoutier, 
325. 

Bermond,  trésorier  de  la  cathédrale 
d'Aix,  205. 

Bernard,  abbé  de  Quincy,   279. 

Bernard,  abbé  de  Saint-Savin-en- 
Lavedan  (Gascogne),  191 

Bernard  II,  comte  de  Bigorre  et 
vicomte  de  Béarn,  291. 

Bernard,  dit  le  Vieu.x,  maître  d'œu- 
vre  de    la   cathédrale   de    Saint- 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


415 


Jacques  de  Compostelle,  397,  406. 

fiernard, écolâtre  d'Angers,  47,  n.2, 
48,  n.  1,  n.  2. 

Bernard,  moine  de  Gluny,  auteur 
de  VOrdo  Cliiniacensis,  132,  n.  1, 
302,  n.  4. 

Bernard,  vicomte  de    Comborn,  15. 

Bernard  [Saint),  abbé  de  Clairvaux, 
36(i  ;  —  observations  et  critiques 
de),  au  sujet  du  lu.\e  dans  les 
églises  et  les  cloîtres,  366-370. 

Bernard  Aton,  seigneur  d'Albi,  vi- 
comte de  Nîmes,  10  i. 

Bernard  de  Beuste.  curé  de  Morlaas, 
356. 

Bernard  de  Boaergue,  abbé  de  Saint- 
Victor  de  Marseille,  189,  n.  l. 

Bernay  (Eure).  26,  n.  2  ;  — (monas- 
tère de),  ibid. 

Berncrius,  Bernerus.  Voy.  Bernier. 

Bernier.  doyen  de  l'église  de  Paris, 
350. 

Bernier,  écolâtre  d'Angers,  48. 

Bernon.  abbé  de  Beaume,  272,  n.  2  ; 
de  Gluny,  128,  n.  2. 

Berry  {Le),  57.  58,  n.  3,  103,  n.  2, 
107,  n.  1,  123-125,  186,  .324,  n.  4, 
3'<6,  n.  3.  Voy.  Bituria. 

Berlhe,  comtesse  de  Flandre,  159. 

Berlin  (Saint),  118.  122.  n.  3.  Voy. 
aussi   Saint-Bertin  (abbaye  de). 

Bertran,  prieur  de  Ganagobie,  355, 
n.  4. 

Bertrand  de  Monlacès,   149,    n.    4. 

Bertrandus  de  Monte  Incensi,  dic- 
tus  secularis  abbas  Moissiaci. 
Voy.  Bertrand  de   Monlacès. 

Bésalu  (corhté  de),  près  de  Girone 
(Espagne),  114,  115.  Voy.  Bisul- 
dunensium  cornes. 

Besançon  (Chapitre  de  la  cathédrale 
de),  330. 

Bésèléel,  inventeur  de  l'arche  d'al- 
liance, 38,  n.  2. 

Be«s<e(Basses-Pyrénées),  356,  n.3. 
Voy.  Belsta,  Bernard  de  Beuste. 

Bidorcensium  archietralis,  8.  Voy. 
Gozlin,  abbé  de  Fleury,  puis 
archevêque  de  Bourges. 

Bigarre  (chùleau.\-forts  du),  291  ;  — 
(comtes  de).  Voy.  Bernard  II, 
Bnimond  II  ;  —  (évéque  de).  Voy. 
Ponce,  évêque  de  Tarbes  ;  — 
(nobles  du  pays  de),  291. 

Bisuldunensium cornes. Voy.  Bésalu. 

Bituria.  Voy.  Berrg  (Le)  ;  — Bituri- 
censis  princeps.  Voy.  Odoard. 

Blavia.  Voy.  Blaye. 

Blaye  (château  de),  —  Gironde,  — 
373. 

Blesis,  Blesium  castrum,  Blesense 


castellum.   Voy.    Blois   (château 
de). 

Blésois  (Le),  33. 

Bleva,  castrum.  Voy.  Blèves. 

Blèves  (Sarthe),  278. 

Blois  (château  de),  236,  237,  cha- 
pelle de  Saint-Calais,  237,  n.  5  ;  — 
(comtes  de).  Voy.  Etienne  I", 
EudeU,  Louis,  Thibaud  III,  IV 
et  V^.  Voy.  aussi  Boberlde  Blois, 
abbé  de  Marmoutier,  Robert  de 
Blois,  abbé  de  Saint-Florent-de- 
Saumur. 

Boère,  107,  n.  5. 

Bohémond,  prince  d'Antioche,  178, 
n.  1,  279,  n   1. 

Boii)es< res,  in  pagoTholosano.  Voy. 
Saint-(^hristaud  de  Volvestre, 
Montesquieu-  Volvestre. 

Boloniensis  comitatus.  Voy.  Bou- 
lonnais (Le). 

Bonae  vallis  abbatia.  Voy.  Bonne- 
vaux  (abbaye  de). 

Bonneval-  lès-  Thouars  (Deux-Sè- 
vres), 19,  n.  3. 

Bonnevaux  (abbaye  Cistercienne 
de),  —  Isère,  —  360-361. 

Bonneville  (Eure).  46,  n.  1. 

Bononiensis  provincia.  Voy.  Bou- 
lonnais (Le). 

Bordeaux  (archevêque  de).  Voy. 
Geoffroide  Loroux  (ou  de  Loriot); 
—  (^diocèse  de),  257.  Voy.  aussi 
Raoul,  prévôt. 

Boscherville  (Seine-Inférieure)  , 
215,  n.  1  ;  —  (église  de  Saint- 
Georges  de),  ibid. 

Bo.son,fils  du  comte  de  la  Marche, 
124,  n    3. 

Boson,  vicomte,  en  Poitou,  254. 

Boson  de  Cluis,  seigneur,  124. 

Bouchemaine  (Maine-et-Loire),  299, 
n.  4.  Voy.  Buca  Meduanae,  Buse- 
bouc. 

Bougti  (Loiret),  34.  Voy.  Belgiacus. 

Boulogne-sur-Mer  (Pas-de-Calais), 
123,"  n.  1  ;  387  ;  —  (château  de). 
237,  n.  1  ;  —  (évéché  de) ,  313,  n. 
1  ;  —  (comte  de),  180  ;  —  (pier- 
res du  pays  de),  173,  391.  — 
Voy.  Robert  de  Boulogne,  moine 
de  Marmoutier. 

Boulonnais  (Le),  168,  172,  n.  2,  173, 
181,  n.   4,    391,  n.  4. 

Bourbonnais  (Le),  107,  127. 

Bourbourg  (Nord),  121,  n.  4,  180, 
18 i  ;  —  (architecte-charpentier 
de).  Voy.  Lodewick  ;  —  (châtelle- 
nie  de),  121,  n.  4  ;  —  (paroisse  de), 
121.  Voy.  Robert,  fondateur  de 
Véglise  de  Bourbourg.    ■ 


446 


TABLE   ALPHABÉTIQUE 


Voy.  aussi  Broburgensis  parro- 
chia,  Broburg. 

Bourg  -  Dieu  (abbaye  de).  Voy. 
Deols. 

Bourges  (archevêque  de).  Voy. 
Gozlin,  abbé  de  Fleury  ;  —  (cathé- 
drale de),  269,  n.  2  ;  —  (cité  de), 
103,  n.  2;  —  (collégiale  de  Sainl- 
Ambroix,  à),  103,  n.  2  ;  —  (en- 
ceinte de),  346,  n.  1  ;  —  (vicomtes 
de).   Voy.  Eude  Arpin,  Geoff'roi. 

Bourgogne  (La),  26,  n.  2,  295;  — 
(duc  de).  Voy.  Eude  I"  ;  —  (struc- 
ture des  voûtes  d'églises,  en),  235, 
n.  1.  —  Voy.  Bobert  de  Bour- 
gogne. 

Bouri  (Oise),  277.  Voy.  Burriz. 

Bournainville  (Eure),  46,  n.  1.  Voy. 
Burnenvilla. 

Bovo.  Voy.  Bovon. 

Bovon,   abbé  de  Saint-Bertin,  118. 

Brantôme  (monastère  de),  243,  n.  3. 

Bredena,  vicus,  ecclesia,  in  episco- 
patu  Tornacensi.  Voy.  Breedene. 

Brédenarde  (La),  —  Pas-de-Calais,  — 
181,  n.  3. 

Breedene  (Belgique,  prov.  de  Flan- 
dre occidentale),  127,  n.  1  ;  — 
(église  de),  au  diocèse  de  Tournai, 
ibid.  Voy.  Bredena. 

Bregowine  (Saint),  archevêque  de 
Cantorbéry, 220. 

Brehervallum.  Voy.  Bréval. 

Bretagne  (La),  51,  52,  n.  1,  53,  74, 
155,  198,  312,  n.  1,  343,  n.  3  ;  — 
(ducs  de).  Voy.  Alain,  Cnnan  II; 
—  (monuments  mégalithiques  et 
menhirs  de),  53  ;  —  (ruines  ro- 
maines, en),  ibid. 

Breteuil  (seigneurie  de),  275,  n.  8. 
Voy.  Guillaume  de  Breteuil. 

Bretoliensis.  Voy    Breteuil. 

Breuil-Morin  (église  de),  dépen- 
dance de  l'abbaye  de  Saint-Jean 
dAngely,  270.  Voy.  Brolio  Morini 
(ecclesia  de). 

Bréval  (Seine-et-Oise),  273,  275. 
Voy.    Brehervallum. 

Bridgenorth  (château  de),  près  de 
Shrewsberry  (Angleterre),  274, 
277.  Voy.  Brugia. 

Brionne  (Eure),  46,  n.  2. 

Brionnium,  castrum,  Brionnensis 
saltus.  Voy.  Brionne. 

Brismetus,  plumbarius,  75. 

Britannia.  Voy.  Bretagne  (La). 

Broburgensis  parrochia,  Broburgh 
(castellaria  de).  Voy.  Bonrbourg. 

Brolio  Morini  (ecclesia  de),  in  San- 
tonensipago.  Voy.  Breuil-Morin. 


Brosses  (château  de),  en  Berry,  386, 
n.   3 

Bruges  ^Belgique,  prov.  de  Flandre 
occidentale),  168,  173;  —  (bourg 
de),  375,  n.  2,  377,  n.  1  ;  ~  (châ- 
teau comtal  de),  375;  —  (église  de 
Saint-Donatien  de),  ses  fortifica- 
tions, ibid. 

Bruggensis  urbs,  Bruggia.  Voy. 
Bruges. 

Brugia,  casfrum.  Voy.  Bridgenorth. 

Bruno  (Saint),  fondateur  de  l'Ordre 
des  Chartreux,  265. 

Buca  Meduanae.  Voy.  Bouchemaine. 

Burdegala.  Voy.  Bordeaux. 

Burnenvilla.  voy.  Bournainville. 

Burriz.  Voy.  Bouri. 


Cadomum,  Cadomense  castellum, 
Cadomensis   vicus.  Voy.   Caen. 

Caen,  195,  196,  n.  2,  331,  338,  379,  n. 
2;  —  (bourg  dei,  332;  —  (château 
de),  ibid.;  —  (église  de  Saint- 
Etienne  de),  196,  n.  2,  213, 
n.l  et  4,  215,  n.  1,  247,  n.  2,  338, 
n.  4  ;  —  (église  de  Saint-Nicolas 
de),  178,  n.  1  ;  —  (église  de  la  Tri- 
nité de).  151,  n.  1,  178,  n,  1,  196, 
n.  2.  Voy.  Gundulfe,  moine  de 
Saint-Étienne  de  Caen. 

Cahors  (diocèse  de),  232;  —  (évêque 
de).  Voy.  Didier  [Saint). 

Caisnes  (Oise),  371. 

Gafabre  (La),  Italie,  72,  n.   1. 

Calaisis  (Le),  339. 

Caldar.-nsis  vallis,   Caldarez.  Voy. 

Calixte  II,  pape,  18  n.  2,  214,  262, 
n.  5  3il,n.4,365.  Voy.  Gui  I"  de 
Bourgogne,archevêquede  Vienne. 

Galon,  évêque  de  Poitiers,  363. 

Galvimonte  (castrum  de),  277.  Voy. 
Chaumont-en-Vexin. 

Calvimonte  (turris  de),  ad  Ligerim. 
Voy.  Chaumont-sur-Loire. 

Camibrai(ancien  diocèse  de),  68,  n.  7, 
69  ;  —  (cathédrale  de).  3,  n.  1,  64, 
65,  67,  n.  1,  68,  n.  4;  —  (collégiale 
de  Sainte-Croix,  à),68;—(évêques 
de).  Voy.  Gérard  I"  de  Florines, 
Gérard  II  ;  —  (monastère  de 
Saint-Aubert,  à),  68. 

Cameracum.  Voy.  Cambrai. 

Campagne  (Pas-de-Calais),  391. 

Campus  Allemanus,  castellum.  Voy. 
Champallement.  Voy.  aussi  Geof- 
froi  de   Champallement,    évêque 


IA1$LE    ALPHABÉTIQUE 


417 


d'Aiivcrre,  lliujiie.  évèqiie  de  Ne- 
vers. 
Cnniles  (Indre-cl-Loire),  310.  Voy. 

Coiulatensis  cella. 
Canij,'one,  Ganigonis.    Voy.    Saint- 

Ma  rlin-du  -  Caniçfou. 
€antorhéry  (Angleterre),  206  ;  — 
(archevêques  de),  206-228  ;  — 
(cathédrale  de),  reconstruction  et 
ornementation,  ihid  ;  —  (chapelle 
de  X.-D.,  dépendance  delà  cathé- 
drale de),  209  ;—  (crypte  de  N.-D. 
dans  la  cathédrale  de),  218  ;  — 
(église  de  Saint-Pierre  et  de  Saint- 
Paul,  hors  la  cité  de),  219;  —  (Fa- 
brique de),  212,  n.  1;  —  (monas- 
tère de  Saint-Augustin,  à),  214  ; 
—  (prieuré,  à),  20",  n.  1  ;  — 
(sépulture  de  sainte  Siburge,  à), 
2li.  Voy.  Anselme{Saint),  Conrad, 
Odon,  prieurs,  Hugiie,  abbé  de 
Sainl-Au(fiislin,  Eadirin,  Guil- 
laume de  Sens,  Guillaume  l'An- 
glais, Lanfranc,  Thomas  Becket. 
•Gantuaria,     Cantuariensis     civitas, 

ecclesia.  Voy.  Canlorbéry. 
Canut  le  Grand,  roi  d'Angleterre, 

141,  n.  2. 
•Caoursin{Le),  232.  Voy.  Gaturcinus 

pagus. 
<^apella    Gonsulis,     apud    Vindoci- 
uum  castrum.  Voy.  Saint-Georges 
{chapelle  comtale  de). 
Capella     Sancti     Andreae.      Voy. 

Chapelle  (La)  Saint- André. 

Carcassonne,  14,  n.  5,  74,  n.  2,  153. 

Carishroo/ie .(château  de),  près  d'Al- 

vington  i^Angleterre),  p.  194,  n.  7, 

■Garnotum ,     Garnotensis     ecclesia, 

episcopus.  Voy.  Chartres. 
Gartusia  Voy.  Chartreuse  {Grande). 
■Garus  locus.  Voy.  Charlien. 
Gasa    Vicecomitis,  castrum.     Voy. 

Chaize-le-Vicomte. 

Gasae  Dei  (monasterium),  23,  n.   4, 

188, 243.  Voy.  Chaise-Dieu  {abbaye 

de  la).  Voy.  aussi  Jarenlon,  abbé. 

X^asale    Bcnedictum,    monasterium. 

Voy.  Chezal-Benoit. 
Cnssiodore,  196,  n.  1. 
Gastellio,  castrum.  Voy  Châtillon- 
sur-Loire. 
<Jastelnau  (ou    Castelnou],    près  de 
Thuir  (Pyrénées-Orientales),  115, 
n.  8  :    —     vicomte  de),   114  ;   — 
(églises  fortifiées  de  la  vicomtéde), 
114,  116;  —  (zones  de  protection 
autour  des  églises  de  la  vicomte 
de),  ihid.    Voy.  Gastrum  novum, 
Gausbert. 
Caslelj)ers  (château  de),   en  Rouer- 


gue,  47,  49,  n.  2  ;  —  (seigneur  de), 

49,  n.  2.  Voy.    Gastrum  Persum. 

G  «strum  .\llionis.  Voy.   Chàlel-Ail- 

lon 
Castrum    Gunterii.    Voy.    Châleaa- 

Gontier. 
Gastrum   Julii.  Voy.  Chàtel-Aillon. 
Gastrum  novum.    Voy.    Castelnau. 
Gastrum  Persum,  in    Rutenensi  re- 

gione.  Voy.  Caslelpers. 
Gastrum    Rainaldi.    Voy.  Château- 
Renault. 
Gastrumdunum.  Voy.   Chàleaudun. 
Catalogne    (province     dEspagne). 
Voy.    Girone,    Hipoll    monastère 
de),   Tarragone. 
Cateau-Cajnbrésis   (donjon  de  ,    67, 

n.  5. 
Gathalaunensis     civitas,     ecclesia. 

Voy.  Chàlons-sur-Marne . 
Gaturcinus   pagus.    Voy.    Caoursin 

{Le). 

C&uterels   (Hautes-Pyrénées),  190; 

—  (bains   de  Gésar,  à;,  190,  n.  4. 

Voy.  Caldarensis  vallis,  Caldarez. 

Gavellicensis    episcopus.  Voy.    Ca-» 

vaillon. 
Cavaillon     (Vaucluse  ,     205.     Voy. 

Pierre,  évéque  de  Cavaillon. 
Celle-en-Brie,  prieuré  de  Marmou- 
tier, —  Seine-et-Marne, --325, 326, 
n.  1.  Voy.  Gellehriensis   ecclesia. 
Gellebriensis  ecclesia.   Voy.  Celle- 
en-Brie. 
Celles.  Voy.  Pierre  de  Celles. 
Gelsinanias,  Celsinias.  Voy.  Sauxil- 

langes. 
Cénac  (prieuré  de),  en  Périgord.  147, 

n.  4. 
Genomannis,  Genomannensis  urbs. 

Voy.  Mans  (Le). 
Gentula.  Voy.  Saint-Riquier. 
Centulle  (maison  de\  355.  n.  6  et  7, 
Voy.  Gaston  I V,  vicomte  de  Béarn. 
Ceolnoth,     archevêque    de   Gantor- 

béry,  214. 
Cèor   Le],  rivière  du  départ,  de  1  A- 

veyron,  49,  n.  1. 
Cépède  (église  de),  —  Gers,  — 284. 
Cerdagne  (comté  de),  114;  —  (égli- 
ses   fortifiées  du  comté  de),  114, 
116  ; —  ^zônes  de  protection  autour 
des    églises    du    comté  de),    ibid. 
Voy.  Raimond,  comte  de  Cerdagne. 
Gerritanensium  cornes.  Voy.  Cerda- 

(fne. 
Ce.sar,  177.  Voy.    Octavianus,    Cau- 

terets  (bains  de  Gésar^. 
Celon  église  de  Saint- Pierre  de),  — 
Orne,  —  288. 

27 


418 


TAhF.E    ALPIIAltETlQUE 


Chabannes.  Voy.  Adémnr  de  Cha- 

hnnnes. 

Chaffre  Saint),  233,  n.  3.  Voy.  Theo- 

fredus  (Sanclus)  martyr.  —  Voy. 

aussi  Saint-ijhaffre  du  Monnslier. 

Chaise-Dieu   (abbaye  de  la;,  lOS,  n. 

1  ;  — (abbés  de  la.  Voy.  Jarenlon, 

Robert  {Saint);  —  (moine  scidpteur 

de    laj.    V03-.    Guinamand.    Voy. 

aussi  Casae  Dei  (monasterium). 

(Jhaize-le-Vicomte    (château   de  la), 

—  Vendée,  —  201,  202;  son  cons- 

ti'ucteur.Voy./njyeifterl!:  —  (église 

paroissiale  de),  201,  202,  n.  1;  son 

constructeur. Voy.  Jean,  chanoine  : 

—  (église  prieuriale  de),  202,  n.  1. 

Voy.   aussi   Casa  vicecomitis. 

Ghalo,  episcopus  Pictaviensis.  Voy. 

Calon. 
Chalon-sur-Saône  (diocèse  de),  295. 
Chàlons-sur-Marne,  3,Sl  ;  —  (évoque 
de).  Voy.  Gui  III  de  Joinville  :  — 
(règlement  épiscopal  de),  au  sujet 
des  obligations    et  privilèges  des 
«  fèvres   »,  381,   383-385. 
Chanialières  (église  de)  —  Puy-de- 
Dôme,  —   282,  n.    2  ;  —  (prieuré 
de),    dépendance    du     Monastier 
(Haute-Loire),  235,  n.  1. 
Champ-Allemand.  Voy.  Champalle- 

ment. 
Champ-Epineux    (Maine-et-Loire  1, 

19,  n.  3. 
Champagne     (comtes     de).      Voy. 
Etienne  /"■,  fils  de   Thibaut    III, 
Henri  I'\  Voy.  aussi  Guillaume  de 
Champagne,  archevêque  de  Sens, 
puis  de  Reims. 
Champallement  (Nièvre).  Voy.  Cam- 
pus Allemanus,  castellum,  Geof- 
f'roi,   èvêque    d'Auxerre,   Hugue, 
évêque  de  Aevers. 
Chapelle  (La), —  Corrèze,  — 14. n.  2. 
Chapelle  (La)  Saint-André  (Nièvre), 
95,  n.6.  Voy.  Capella  S.  Andreae. 
Charbuia,    villa     episcopalis.    Voy. 

Charhuy. 
Charbug  (Yonne).  97,  n.  3. 
Charlemagne,  3S.  n.  2,  177. 
Charles  le  Chance,  21,  n.  2. 
Charlieii,   prieuré  clunisien  (Loire  , 

129,  n    2.  Voy.  Carus  locus. 
Charroux  (église  de),  —  Vienne,  — 

29.  n.  1,  32,  n.  4. 
Chartrain  (Le  pays),  23,  n"  4,  157. 
n.  2  ;  —  (concours  des  populations 
pourla  construction  d'églises  dans 
le),  ibid. 
Chartres,  279  ;  —  (cathédrale  de), 
1  52.  n.  4,  61.  62.  n.  1  à  n.  S.  63,  64, 
n.  2  et  3,  208.  n.  1,  (cryptes  de),  56, 


n.  4,61,  64,  (incendie  et  reconstruc- 
tion), 61,  (portail  de),  269,  n.  2  — 
(diocèse  de),  23,  n.  4,  279  ;  — 
(évêques  de).  Yoy.  Fulbert,  Geof- 
froide  Lèves,  Yves; —  (miracles 
deN.-D.  de),  134,  n.  3  ;-■  (palais 
épiscopal  de),  133,  n.  10  ; —  (puits 
des  Saints-Forts,  à),  64,  n.  2.  Voy^ 
Garnotum,  Carnotensis  ecclesia. 

Chartreuse  {Grande-),  265,  357-360  j 
—  Chartreuses  (plan  des),  265,  266,. 
311,  n.  4*;  —  (maisonnettes  des),, 
ibid.  Voy.  Cartusia. 

Chartreux,  265,  357,  360  ;  —  (arts; 
manuels  des),  357  ;  —  (chapelles, 
des  couvents  de),  359  ;  —  (cloîtres, 
des),  23,  n.  4,  265-267,  357  ;  —  fsta- 
tuts  des)  :  au  xu'  siècle,  266.  n.  2,^ 
357-359.  360,  n.  1,  au  .xiii"  siècle» 
358,  n.  5.  Voy.  Anthelme  {Saint  y 
Rruno  {Saint),  Guigne  I^''. 

Château-Gaillard  [Le),  —  Eure,  — 
96,  n.  7,  99,  n.  3,  277,  n.  3. 

Chàteau-Gontier  (Mayenne),  111, 
n.  2  ;  — (seigneur  de).  V03'.  Rai-- 
niuid.  Voy.  aussi  Castrum  Gun- 
tt-rii. 

Chàleau-Gordon.  Voy.  Gordona» 
Sancerre, 

Chàteau-Josselin,  51,  n.  2.  Voj-, 
Thro  (château  de). 

Chàteau-Landon  (Seine-et-Marne)  » 
145,  n. 2. 

Château-Renault  (Indre-et-Loire)» 
111.  Voy.  Castrum  Rainaldi. 

Chàteaudun  (château  de),  237,  n.  6  ; 

—  (vicomte  de).  Voy.  ibid. 
Châ  leanneuf  (Ijoivel) ,  11. 
C7i<i<e€"JHneu/'(rcmpartsde),  à  Tours, 

346,  n.  1. 

Châtel-Aillon  (château  de),  dans 
l'île  d'Aix  (Charente-Inférieure), 
386.  Voy.  Castrum  Julii,  Castrum 
Allionis  ;  —  (puits  de).  Voy.  Pele- 
nertus  ;  — (donjon  de).  Voy.  Turje 
(La).  —  (seigneurie  de),  386,  n.  2. 

Chatelliers  {Les),  —  Deux-Sèvres, — 
362,  n.  2: — (abbatiale  Cistercienne 
de  N.-D.  des),  362-363. 

Châtillon-sur-Loire  (Loiret),  7,  n.7, 
34,  n.7;  —  prieuré  de),  7,  n.  7. 

Chaumont-en-Vexin,  près  de  Gisors, 
277. 

Chaumonl-sur-Loire  (Loir-et-Cher), 
342;    —  (château  de),  ibid. 

Chezal-lienoit  (abbaye  de), —  Chfer, 

—  58,  n.  3.  Voy.  Casale  Benedic- 
tum. 

Cholet  (Maine-et-Loire),  16.  n.  7, 
20, n.  6  Voy.  Mauges  {Les},Saint~ 
Florent-le-\  ieil. 


TAHLK    ALPHABETIQUE 


419 


Cibilia,    mater      Philippi,     comitis 

Flaiidriae    et    Viromandiae,    237, 

u  .   1 .  Voy.  Sibylle. 

Cieurac  (Lot),  232  :  —  (paroisse  de), 

ibid.  Voy.  Saint-Sernin' église  de). 

(ASlerciens    (monastères     de;,    121, 

n.   2,  165,    29Ô,   296,    360-363. 
(2istc'rciiim,     Gisterciensc   alodium. 

Voy.  (liteaux. 
(Jileaux  (monastère    de),    293,   361. 
Voy.  Etienne  Hardinif,  abbé, Nou- 
veau Monastère. 
(Jifraïf  (Vienne),  141,  n.  3. 
(ïlairinarais   (abbaye  de),    près    de 
Saint-Omer   (Pas-de-Calais),    121, 
n.  2.  Voy.  Clarus  Mariscus. 
Clairvaux  (abbaye    de  ,   247,  n.    7, 

366.   Voy.  Bernard  {Saint). 
«  Clarellus  »,  surnom  de  cloche,  18, 
n.  8.  Voy.  inf'ra  :  Gelduin  de  Sau- 
mur,  «  Gelduinus  »,  autre  surnom 
de  la  morne  cloche. 
Clarus  Mariscus.  Voy.  Clairniarais 
Clermonl  (ancien   diocèse  de),    243, 
n.  3,  245,  n.  1;  —  (basilique  de  l'é- 
vcque  Rusticus   à),   56,   n.    2  ;   — 
cathédrale  de),  55,  56,  n.   4,    107, 
108,  n.  1,   282,  n.  2  ;  —  (chartreuse 
de),  266,  n .   1 ,  359,  n .  2  ;  —  (église 
de  Notre-Dame-du-Port,  à),  56,  n . 
4.282,  n.  2  ;  —  (évèques  de).  V^oy. 
Rançon,  Rusticfue. 
Closis.  Voy.  Cluis. 
Ciiiis  (Indre),  124,  n.  2.  Voy.  Boson 

de  Cluis. 
Cluniacus,  Cluniacensc  territorium, 

(^luniacensisordo.  Voy.  Clany. 
Clunisiens  (monuments  ,  cngénéral. 

1 27 . 
V.luny  ^Saône-ct-Loire),  128,  n.  2  ;  — 
(abbaye  et  église  abbatiale  de), 
60.  n.  2,  82.  n.  3,  127.  12S,  n.  2, 
132-440.  1S6,  n.  4.  233,  234,  n.  1, 
271,  273,  n.  3  et  4,  279,  302-304, 
355,  n.  7.  360,  n.  1  ;  —  (abbés  <iel 
Voy.  Ilugue,  Mayenl,  Odilon  ae 
Mercœur,Odon  ;  —  (chancelier  de). 
Vov.  Jotsaldus  :  —  (chapelle  de 
N.-b.  de),  136,  303,  30  i,  propicia- 
toirc.  39  ;  —  cloitre  de).  33,  n.  5. 
127.  133-139.  302  ;  —  crypte  de 
N.-D.),  8,  n.  2  ;  — )  —  (moines  de). 
Voy.  Bernard,  Gnnznn.  Hézelon  ; 
—  (statuts  de],  relalit's  aux  églises 
et  bâtiments  monasti(|uesde  l'Or- 
dre de.  132-110,  302-304.  Voy. 
aussi  Farfa. 
Coio.7ree,(.\llemagne,prov.  rhénane), 

158; —    paysdcj,  168,  172. 
Colonia,  Coloniensisprovincia.  Voy. 
Cologne. 


Comborn.  Voy.  Bernard,  vicomte 
de  Comborn. 

Compostelle  (Espagne,  Galice)  :  (ca- 
thédralede,  397-407  ;  —  (datesdela 
construction  de  la),  406  ;  —  (des- 
cription de  l'intérieuret  de  l'exté- 
rieur de  la;,  398-401  ;  —  évcque,pui8 
archevêque  de).  Voy.  Diego  Gelmi- 
rez; —  (maitresd'œuvrede).  Voy. 
Bernard,  dit  le  Vienx,  Robert  ;  — 
(pèlerinages  de),  397,  n.  2  ;  —  (plan 
de  la  cathédrale  de),  398,  n.  1  ;  — 
(portailsetsculpturesde),  401-405 ; 

—  (tours  delà  cathédrale  de),  405  ; 

—  (voie  de  Saint-Jacques  de),  398; 
n.  3. 

Conada,  castrum  episcopale.  Voy. 

Cône. 
Conan  II,  duc  de  Bretagne,  154,  155, 

n.   1. 
Conan,  fils   de   Gilbert  Pilate,  332, 

n.  2. 
«   Conani    saltus   »,    surnom    d'une 

fenêtre    du     château     ducal     de 

Rouen,  332. 
Couchas.  Voy.  Conques. 
Condatensis  cella.  Voy.  Candes. 
Cône  (Yonne), 98,  n.  3.  Voy.  Conada. 
Confient,  comté  du  Roussillon,  116, 

n.  1  ;  —  (églises  fortifiées  du),114- 

116  ;    —     (zones     de     protection 

autour  des  églises  duj,  ibid.  Voy. 

Confluentanus     comitatus,     Cor- 

neilla  de  Confient. 
Confluentanus  comitatus.  Voy.  Con- 

flent  {Le). 
Conques    (église   abbatiale     de),   — 

.\veyron,  —  47  à  49,105,  153,  238, 

—  239  ;  —  (abbé  de).  Voy,  Odolric  ; 

—  (reconstruction  de),  105  ;  —  (maî- 
tre d'œuvre  de) .  Voy.  Hugue  ;  — 
(reliquaires  de),  47,  n.  2;  —  (sta- 
tues de),  48  ;  —  (rapports  entre 
l'architecture  de  Saint-Jacques  de 
Compostelle  et  celle  dej,  397,  n.  1, 
iOO,  n.  4  ;  —  (rôle  des  moines  de), 
dans  la  diffusion  de  l'architecture 
romane,  239,  n.  1.  Voy.  Couchas, 
Sainte-  Foi,  Odolric,  Ponce, 
moines. 

Conrad  II,  empereur   d'Allemagne, 

132,  n.  1. 
Conrad,  prieur   de   l'église  de  Can- 

torbéry,  207,  216. 
Conredum  monasterium.  Voy.  Cor- 

rens. 
Constance   (Allemagne,    Bade),    13, 

n.  1  ; —  (monastère  de  Petershau- 

sen,  à),  ibid. 


420 


TABLE    ALPHABÉTKJLK 


Constance,  reine  de  France,  57. 

Constantiae,  Constantiensis  pagus, 
Voy.  Coutiinces. 

Cnnutantinople,  124,  n.  5;  — (ba- 
silique de  Sainte-Sophie,  ài,  ibid. 

Coirlund.  Voy.  Gautier  Coorland. 

Corbie  (église  abbatiale  de;,  208, 
n.  1 . 

Cordenes  (église  de),  près  de  Saint- 
(^hristaud  (Gers),  284. 

Corneilla-de-  Confient  (Pyrénées- 
Orientales),  116,  n.  1.  Yoy.Con- 
jlent  {comté  de). 

Cor/uf  (Corrèze),  15,  n.  11  ;  —  (pont 
lie),  ibid. 

Cnmouaille  armoricaine,  53.  Voy. 
Bretagne  {La,). 

Corona  (ecclesia  de).  Voy.  Cou- 
ronne {La). 

Correns  (Var),  304  ;  —  prieuré  de 
Montmajour,  ibid.,  305.  Voy .  Gon- 
redum  monasterium. 

Concy-le  Château  (Aisne),  318, n.  2. 
Voy.   Noffent-sous-Coucy . 

Couronne  {La),  —  Gharente,  — 
abbaye  d'Augustins,  316 

Coutances  (cathédrale  de),  construc- 
tion et  décoration,  70-77,  93,  n.  7, 
1 22,  n.  3.  144,  156,  n.  1,  213,  n.  5, 
317,  n.  4  ;  —  (coq  du  clocher  de), 
70,  75  ;    —   (évêques    de).     Voy. 
Geoffroi  de  Àfonlbray,  Robert  ;  — 
(palais  épiscopal  de),   72,    74  ;  — 
(pays  de),  253.  Voy.  Gonstantiae. 
Voy.  aussi  Pierre  le  Chambellan. 
Craon.  Voy.  Perronnelle  de  Craon. 
Gredena,  forme  erronée  (des  Monu- 
menla  Germaniae  historica)  pour 
lîredena.    Voy.     Bredena,    Bree- 
dene. 
Crema  (Italie,  Lombardie\  100,  n.  1. 
Crisenon  {Yonne),  300,  301. 
Ciilkbert,  archevêque    de    Cantor- 
béry,  219. 


Daodalus,  184. 

Da;;naco.  Daniaco  (ecclesia  S.  Ghi'is- 

t)i'ori  dej.  Voy.  Daignac. 
I>ii;i  fhert,  168. 
Dai.unac  (Gironde),  260  ;  (église  de 

Siint-Ghristophe    de),     ibid  ;    — 

(élang  de),  ibid. 
Dali  nannus,    princcps     Turcorum. 

^'<)y.  Dani.siuand. 
Dan  irons,      castellum,      Danfront. 

N'oy.  Domfront. 
Daiii.  213. 
iKin'.sl,  prieur  de  Beckford  (Angle- 

to.re),380,  n.  4. 


Danismand,    émir   Turcoman,    279. 

Voy.    Dalimannus. 
Dauphiné    [Le],   243,    n.  2,  360;  — 

(églises     fortifiées    du),      117;  

zones  de  protection  autour    des 
églises  du),  116-117. 

Denis  (Saint  ,  patron  d'une  église  à 
Fleury-sur-Loire,  55,  n.  4. 

Dëols  (Indre),  124,  n.  1  ;  —  (abbaye 
de),  186;  —  (abbé  de).  Voy. 
Richard  ;  —  (château  de),  124. 
Voy.  Bourg-Dieu,  Dolense  cas- 
truni,  monasterium,  Dolis  (locus 
de),  Eude  de  Déols. 

Désert  'Le),  prieuré  dépendant  de 
l'abbaye  de  Troarn  (Galvados), 
380,  n.  2. 

Desiderius.  Voy.  Didier. 

Deusdel,  moine  de  Gonques,  cons- 
tructeur de  l'église  de  Sainte-Foi, 
à  Esclottes    Bazadais),  238,  239. 

Devizes  (Angleterre),  338,  339,  n.  2  ; 
—  (château  de),  338,  339.  Voy. 
Divisae,   Divisis. 

Dèvres  (église  de),  —  Cher,  —  57, 
58,  n.  2.  Voy.  Doverense  monas- 
terium. 

Didacus,  episcopus  Compostella- 
nus.-406.    Voy.   Diego  Gelmirez. 

Didier,  abbé  de  Mont-Gassin,  12, 
n.  3,  16,  n.  .3,  30,  n.  1,  37,  n.  5,41, 
n.  6,    133,  n.  1,  140  n.  1. 

Didier,  évêque  de  Thérouanne, 
392. 

Didier  {Saint),  évêque  de  Gahors, 
172,  n.  1.  Voy.  Cahors. 

Die  (évêque  de).  Voy.  Ismidon  de 
Sassenage. 

Diego  Gelmirez,  évêque,  puis  ar- 
chevêque de  Gompostelle,  406, 
n.  3.  Voy.  Didacus.  '^'^oy.  aussi 
Compostelle. 

Diensis  episcopus.  Voy.  Die. 

Digne  (évêché  de),  116,  n.  4. 

Dive  {La),  rivière  (dép.  de  l'Orne 
et  du  Galvados),  380,  n.  5. 

Dijon  (abbatiale  de  Saint-Bénigne 
de),  reconstruction,  description, 
:^,  26-32  ;  —  (abbés  de;.  Voy. 
Guillaamede  Volpiano,  Jarenton; 
—  (Ghapitre  général,  obédiences 
de),  244.  246,  n,  1  ;  —  ^tombeau 
de  Saint  Bénigne  de),  31.  Voy. 
Divionense  castrum,  Hunald, 
moine,  artiste. 
Divionense  castrum,  Divionen- 
sis  abbatia,  ecclesia.  Voy. 
Dijon. 
Divisae,  Divisis.  Voy.  Devizes  {An- 
gleterre). 


TABLE   ALPHABETIQUE 


421 


Doë  i^Normandus  de).  Voy.  Nor- 
mand de  Doué. 

Dol  archevêché  de;,  3  43,  n.  3.  Voy. 
Baudri,  archevêque . 

Dolense  castrum,  monasterium,  Do- 
lis  (locusde).  Voy.  Déols. 

Dom front  [Orne),  252,  n.  7,  274,  n.9. 
333,11.  S.Voy.Danfrons,  Danfronl. 

Doverense  monaslerium.  Voy. 
Dèvres. 

Douvres  (Angleterre),  214,  388, 
n.  3  ;  —  monastère  de  Saint-Mar- 
tin de  ,  214;  —  (Raoulde),  fonda- 
teur de  l'infirmerie  d'Andres,  388. 

Dovra.  Voy.  Douvres. 

Drogon  (comte),  177,  n.  4,  178, 
n.  1. 

Druentia,  fluvius.  Voy.  Durance 
(La). 

Du  Barri.  Voy.  Pierre  du  Biirri, 
abbé  de  Saint-Martial  de  Limo- 
ges. 

Dunes  (abbé  du  monastère  des). 
Voy.  Clairmarais. 

Dunkerque  (Nord),  125,  180. 

Dunois'Le),  175,  363. 

Dunstan  [Saint),  patron  de  l'église 
cathédrale  de  Cantorbéry,  209, 
214,  225,  228. 

Dunhelmum,  Dunhelmensis  eeclc- 
sia.  Voy.  Durhain. 

Durance{La),  rivière.  Voy.  Druen- 
tia. 

Durand,  abbé  de  la  Chaise-Dieu, 
248. 

Durand  de  Bredon,  abbé  de  Mois- 
sac,  146,  n.   2. 

Durand  de  Mende,  liturgiste  et  ca- 
noniste,  81,  n.  2. 

Durantia,  Durentia.  Voy.  Durance 
(La). 

Durham  (Angleterre  ,  286,  n.  1  ;  — 
(cathédrale  de),  fondation  et  cons- 
truction. 162,  n.  3,  198,  n.  3,  286, 
287  ;  —  (évèques  de).  Voy.  G«t7- 
laume  de  Sainl-Calais,  Rannulf 
Flambard.  Voy.  aussi  Aldhunus, 
Dunhelmum,  Dunhelmensis  eccle- 
sia. 


E 


Eadsin,  archevêque  de  Cantorbéry, 

220. 
Eadirin,  moine  de  Cantorbéry,  207, 

n.  1. 
Ebalus.  Voy.  Eble. 
Eble,  ahhéde  Saint-Martin  de  Tulle, 

352. 
Eble,  comte  de  Poitou,  141,  n.  2. 


Eboracenses  archiepi.scopi.  Voy. 
York. 

Ebriacum.  Voy.   Ivriacum. 

Ebroicacivitas,  Ebroicensis  cornes. 
Voy.  Evreux. 

Ecajeul  {Calvadofi),  379,  n.  2.  Voy. 
Sainte- Barbe-en- Auge. 

Ebrulfus.  Voy.  Evroul  [Saint). 

Ectell,  flumen,  53.  Voy.  Etel  (L'). 

Edith,  femme  dEdouard  le  Confes- 
seur, roi  d'Angleterre,    141,  n.  2- 

Edmer,  chantre  de  l'église  de  Can- 
torbéry, 212,  215,  216.  Voy.  Aed- 
merus. 

Egelnoth,  archevêque  de  Cantor- 
béry, 214. 

Eginhard,  surintendant  des  bâti- 
ments sous  Charlemagne,  38,  n.  2, 
347,  n.  2. 

Elceka.  Voy.  Ausque  {Pas-de-Ca- 
lais). 

Elena,  Elenensis  eeclesia,  episcopa- 
tus.  Voy.  Elne. 

Eleuthère  [Saint),  patron  d'une 
église  à  Fleury-sur- Loire,  55,  n.4. 

Elfric,  archevêque  de  Cantorbéry, 
220.  Voy.    Eluricus. 

£fne  (Pyrénées  orientales),  114;  — 
(diocèse  d'),  24,  25,  114  ;  —  (église 
d'),  116,  n.  1  ;  —  (évêques  d'), 
25,  15,  200,  n.  4.  Voy.  Bérenger. 
Oliba,  Raimond;  —  (églises  forti- 
fiées du  diocèse  d'),  114-116;  — 
(zones  de  protection  des  églises 
du  diocèse  d'),  ibid.  Voy.  Elena, 
Elenensis  eeclesia. 

Elphége  [Saint],  patron  et  arche- 
vêque de  l'église  de  Cantorbéry, 
212,  n.  3.  Voy.  Aelfegus. 

Eluricus.  Voy.  Elfric. 

Embrun  (archevêque  d's.  Voy. 
Guinamund. 

Emma,  reine  d'Angleterre.  141. 

Enes  Caduod  (Morbihan),  prieuré, 
53,  n.   2.  Voy.  Saint-Cado. 

Engelguinus,  artifex  lignarius,  125. 

Engolismensis  eeclesia,  episcopus. 
Voy.  Angoulème. 

Enricus.  Voy.  Henri. 

Entre-deux-Mers  [L'),  —  Gironde,  — 
258.  Voy.  Inter  duo  Maria. 

Epte  [L'j,  rivière,  121,  n.  5. 

Er  Velionec  (Morbihan).  Voy.  Mel- 
lionuc. 

£raur,  fluvius,    V^oy.    Hérault  [L'). 

Erluin  de  Cambrai,  67,  n.  5. 

Ernaldus  Barbatus,  comes,  173. 

Ernoul,  seigneur  d'Amboise,  113, 
n.  2. 

£scat/es 'Pas-de-Calais),  340,  n.  4;  — 
(forêt  d'),  339. 


422 


TABLE    ALPHABETIOl  li 


Esclotles  'Lot-et-Garonne),  238  ;  — 
(église  de  Sainte-Foi,  à),  238,  239.    " 
Voy.    Odolric. 
Escoll.  Voy.  Eseloltes. 
Esope,  37. 

Espagne.  Voy.  Ampurias,  Bèsalu, 
Catalogne  {La),  Cerdagne  (La  , 
Compostelle,  Galice  {La),  Girone, 
Léon,  Navarre  (La),  Ripoll,  Tar- 
ragone. 
Espelven,  7i.spei'cin  Maine-et-Loire), 

18.  Voy.  Spevanum. 
Esse   (Sarthe),   27  4.  Voy.  Axeium. 
Essecestria  urbs.  Voy.  Exeter. 
Essei.  Voy.  Esse. 

Étampes  (église  de  Notre-Dame  d), 
341  ;  —  (paroissiens   d),    341  ;  — 
(route  d'),    337.  Voy.  Stampensis 
/ecclesia,  Stampenses. 
Étel  {U),  rivière  ou  estuaire  (Mor- 
bihan), 53,  n.  2.  Voy.  Ectell. 
Éthelgar,  archevêque  de  Cantorbé- 

,  ry,  220. 

Elhelred,    archevêque   de   Gantor- 
,  béry,  220. 

Éthelred  II,  roi  d'Angleterre,  141, 
,n.  2. 

Etienne,  archidiacre  de  Paris,  3i9. 
retienne  I^',  comte  de  Champagne  et 

de  Blois,  236,  n.  5. 
Etienne  de  Blois,  roi  d'Angleterre, 
,339,  n.  1. 

Etienne  de  la  Rochefoucauld,  abbé 
,  de  Saint-Florent-lès-Saumur,  23. 
Etienne  de  Lissac,  prieur  de  Grand- 
mont,    354.    Voy.    Stephanus    de 
Liciaco. 
Etienne  Hardinq,  abbé  de  Citcaux, 
,  361 . 

Etienne  (Saint),  272,   n.    2;    —  de 
Muret,  353.  n.  3  ;  —    tombeau  de), 
354,  n.  3.  Voy.  Muret. 
Ende  II,  comte  de  Blois  et  de  Tours, 

78,  102. 
Eude  /""•,  duc    de  Bourgogne,    295, 

n.   4,  296. 
Eude  h',  évêque  de    Bayeux,  247. 
Eude  Arpin,   vicomte   de  Bourges, 

103,  n.  2. 
Eude  de  Déols,  seigneur,  124,  n.  1, 

324,  n.  4.  Voy.  Déols. 
Eude    de    Malicorne,    dit    VAnier 

256. 
Eude  le  Roux,   seigneur  de   Déols, 

124,  n.  1. 
A'ugrène ///,  pape,  311,  n.  1,    316,  n. 

2,    365,  n.  3. 
Europe  {i:),  322,  339. 
Eusèhe  lirunon,   évêque  d'Angers, 

22. 
Euspice  (Saint),  ahhé  de  Mici  (Loi- 


ret), 57.  n.  2.  Voy.  Snint-Mestnin. 

Eustache,  comte  de  Guines,  181, 
n.  1. 

Euslorge,  évoque  de  Limoges,  352. 

Even,  abbé  de  Saint-Florent  de 
,  Saumur,  155. 

Evrard  de  Valan,  57,  58,  n.  2. 

Evreux,  372  ,  —  (cathédrale  Notre- 
Dame  d'),  73,  n.  6,  371  ;  —  (comtes 
d').  Voy.  GuilLiume,  Simon;  — 
(évêques'd  ).  Voy.  Audin,  Gilbert, 
Rotrou  de  Warwick  ;  —  (ville  d'), 
372.  Voy.  aussi  Ebroica  civitas, 
Ebroicensis  episcopus. 

Evroul  (Saint),  premier  abbé  du 
monastère  de  ce  n<mi,  au  diocèse 
de  Lisieux,   151.  Voy.    Ebrulfus. 

Evurcius  (Beatus),  4. 

Exeter  ^Angleterre) ,  320.  Voy. 
Essccesti'ia  urbs. 

Exmes  (Orne),  333,  n.  4.  Voy.  Oxi- 
nium. 

Ezelon,  moine  de  Clun\',   271,  n.  4, 


Falaise  (château  de), —  Calvados,  — 
726,  277,  n.  1,  333,  n.  2  ;  — 
(monastère   de  .  26,  n.  2. 

Falesia,  castellum.  Xoy .  EaUiise. 

Farfa,  ville  d'Ombrie  (Italie),  30, 
n.  1,  132,  n.  1  (abbaye  de),  cou- 
tumes, 23,  n.  4,  82,  n.  3,  132-140. 
Voy.  Cluny  coutumes  de),  Hugue 
de  Farfa. 

Fec.imp  (Seinc-Inférieure\  26,  343; 

—  (abbaye  de).  343-346  ;  —  (abbés 
de).  Vôy.  Baudri,  Guillaume 
de  Ros  ;  —  château  de),  343,  345  ; 

—  (église  de  la  Trinité  de), 
343-346  ;     —     (éloge    de),     ibid., 

—  (site  de),  345.  Voy.  Fiscannum, 
Fiscannensis  ecclesia. 

Feologild.   archevêque    de   Cantor- 

béry,  214. 
Ferques  (Pas-de-Calais),  390. 
Ferté-IIauterive  (La),  —  Allier,  — 

obédience  deSouvigny,  120,  n.  7. 

Voy.  Firmitas. 
Fides  (Sancta  .  Voy.  Foi  (Sainte). 
Fiennes  (Pas-de-Calais  .  391. 
Firmin  (Saint),  ancien  patron  de  la 

cathédrale  et  évoque     d'Amiens, 

322.  Voy.  Amiens. 
Firmitas,   obedientia    Silvianiacen- 

sis.   Voy.  Ferté-IIauterive  (La). 
Fiscannum,  Fiscannensis   ecclesia. 

Voy.  Fécamp. 
Flandre   {La  ,    20,    n.    6,   159,    16§, 

172,   237,    n.    1;    —    (comtes  de). 


TAlîl.t;    ALPHABET  [QUE 


423 


Voy.  Baudouin  IV  le  Barbu, Bau- 
douin V  de  Lille,  Philippe  d'Al- 
sace ;  —  (comtesse  dc;.  Voy. 
Berihe  ;  —  (concours  des  popu- 
iations  pour  la  construction  d'é- 
glises, en),  15"  ;  —  (importance 
des  constructions  monastiques, 
en),  12,  n.  3;  —  (pierres  du  Bou- 
lonnais, très  recherchées  par  les 
constructeurs  de),  173,  391,  n.  4. 
fleury-sur-Loire  (abbaye  de),  6, 
32  ;  —  (abbés  de).  Voy.  Gauzlin, 
Guillaume,  Odon,  Vulfad:  —  (ac- 
cidents du  travail,  à),  35  ;  —  (ar- 
tiste employé  à  la  décoration  de)  ; 
Voy.  Odolric  :  —  (bourg  de),  11. 

—  (chapelle  de  la  Vierj^e  à),  8,  n. 
2,  39,  n.  1  ;  —  (crypte  de),  9,  n.  3, 
^5,  n.  1  ,  —  (date  de  lacf)nstruc- 
tion  de  l'éf^lise  de),  8,  n.  2,  35.  n. 
4  ; —  (dépendance  de).  Voy.  Sainl- 
Benoii-du-Saull  ;  —  (église  de 
Saint-Denis,  à),  34:  —  formes  ar- 
chaïques de  l'abbatiale  de),  35,  n. 
4  ;  —  gardien  de  l'abbatiale  de). 
Voy.  Odilon;  —  (incendie  de  l'église 
Saint-Pierre  de),  36;  —  (maîtres 
•d'œuvre  dc  l'église  abbatiale  de). 
Voy.  Adam.  Giraud  ;  —  (conduc- 
teur des  travaux,  ou  moine  «  ou- 
vrier »  de  ladite  église).  Voy.  Gal- 
iebert  ;  —  (reconstruction  par 
l'abbé  Guillaume  de  l'église  de), 
6.  11  ;  —  (tombeau  de  Saint-He- 
noît,  à),  6,  9.  Voy.  F'ioriacum, 
Saint- Benoit- sur- Loire.  Voy. 
aussi  Helgaud. 

Floiaco  (Hugo  de).  Voy.  Hugue  de 

Fiée. 
Florent  (Saint),  18.  Voy.  aussi  Saint- 

Floreni-le-  Vieil ,    Saint- Florent- 

lez-Saumur . 
Floriacum,     Floriacensis    basilica, 

Voy.    Fleury-sur -Loire    [abbaye 

de). 
Florus  (Le  diacre),  270,  n.  1. 
Fluvia  {La),  rivière  de   Catalogne, 

115,  n.6. 
Foi  (Sainte),    48,  49,     50.    105,  106, 

154,    238,  n.  4  ;    —  (diffusion   du 

culte  de), 239,  n.  1,  355, n.  7.  Voy. 

aussi  Sainte-Foi  {église  de  ,:i  Con- 
clues. 
Folco,  [cjabicerius    S.    Ililarii  Pic- 

tavensis,  200. 
Folquin    [Saint),    évéque    de     Thé- 

louanne.  118. 
Fonguillem    (église    abbatiale    dc), 

au    diocèse  de  Bazas,  —  Gironde, 

—  374,  375.  Voy.  Fontis  Guillclmi 
abbatia. 


Fons  Evraldi.  Fontevraldense  claus- 
trum.  \'oy.  Fontevraull 

Fontaine-le-Comte  (église  abbatiale 
de),  en  Poitou,   377. 

Fonte  Gomitis  i^locus  de).  Voy. 
Fontaine- le-Comte. 

Fontevraull  Maine-et-Loire),  309, 
n.  4  ;  —  (colonies  monastiques 
issues  de),  309,  311,  312  ;  —  (mo- 
nastère del,  309  ;  —  (prieure  de). 
Voy.  Jlersende  ;  —  (vocables  des 
maisons  de  l'Ordre  de,,  309,  311, 
312.  Voy.  Fons  Evraldi,  Fonte- 
vraldense claustrum.  ^'oy.  aussi 
Grandmoutier  {monastère  de), 
Perronnelle  de  Craon. 

Fontis  Guillclmi  abbatia,  374,  375. 
A'oy.  Fonguillem  [église  abba- 
tiale de). 

Fores  (Le),  187. 

Forges  (Charente-Inférieure),  242. 

Forgiis  (locus  de).  Voy.  Forges. 

Forojuliensis  episcopus.  Voy.  Fré- 
jus. 

Foulque  III,  dit  Nerra,  comte 
d'Anjou.  1,  16,  18,  n.  1,  n.  4,  20, 
n.4, 73.78,  112,342,  n. 3  ;  ses  pèle- 
rinages à  Jérusalem,  2,  n.  1, 
—  Foulque  IV  Béchin,  \\^,  n.  1, 
n.  2,  298,  n.  1,  299,  n.  3  ;  —  Foul- 
que IV  le  Jeune,  280,  361. 

Foulque,  prévôt  de  l'église  d'Aix, 
205. 

Foulque,  serf  affranchi  de  Saint-Au- 
bin d'Angers,  artiste  peintre.  264. 

Foulque  de  Torigni,  113,  n.  3.  Voy. 
Fulcoius  de  ïorinneio. 

Fourvière,  270,  n.  1.  Voy.  Lyon. 

France  [La),  78,  121,  n.  5,  210,  2.39, 
ni,  305,  317,  et  passim. Voy.  Ile- 
de-France. 

Franci,  Francia.  Francigcnae.  Voy. 
France  [La). 

Frédelon,  évéque  de  Lodève,  110, 
n.   13. 

Frédéric,  comte  de  Verdun,  frère  de 
Thierry  I",  duc  de  Lorraine,  44. 
45.  n.  1. 

Frédéric  de  Tours,  abbé  de  Saint- 
Florent  de  Saumur,  18,  n.  7. 

Fredolo,  episcopus  [Lulevensis]. 
Voy.  Frédelon. 

Fréjus  (évéque  de).  Voy.  Bérenger. 

Froger  de  Saint- l.ouand,  abbé  de 
Saint-Florent  de   Saumur,  23, 

FronliSainl),  patron  de  lacollégiale 
de  Périgucux,  242  ;  —  ttombeau 
de).  224,  243,  248,  n,  3.  —  Voy. 
Saint-Front      église     collégiale). 

Fronto  (Sanctus).  Voy.  Front 
[Saint;. 


424 


TABLE    ALPHAHETIOUE 


Frotaire  /*%  évêque  de  Nîmes,  2  iO, 
n.  1;  —  Frotaire  II,  ibid .  Voy. 
Froterius. 

Froterius.  Voy.  Frotaire. 

Fronin,  abbé  de  Saint-Martin  de 
TviUe,  15. 

Fructuare  (monastère  dci,  en  Pic- 
mont  (Italie),  32,  n.  -2. 

Fruinus.  Voy.  Frouiii. 

Fulbert,  évêque  de  Chartres,  47,  n. 
2,  61-6i,305. 

Fulbert,  fondateur  du  château  de 
Laigle,  111,  n.  4. 

Fulco.  Voy.  Foulque. 

Fulcoius  de  Torinneio.  Voy.  Foul- 
que de  Torigni. 

Furne.s  (Belgique,  prov.  de  Flandre 
occidentale).  Voy.  Herred  de 
Furnes.  vassaldu  comte  deGuines, 
Léon  de  Furnes,  abbé  de  Saint- 
Berlin. 

G 

Gabalitana  urbs,  Gavalitanus  epis- 

copus.  Voy.  Gévandan  {Le),  Men- 

de. 
Gaiacum.  Voy.  Gy-VÉvéque. 
Galbert.  Voy.   Gallebert. 
Galice    (La),  province    d'Espaf,'ne. 

Voy.  Coinpostelle. 
Galilée  (La),  135,  n.  11,  273. 
Galiniacum    castrum.    Voy.    Jali- 

gny. 
Gallebert,    moine    constructeur    à 

Fleury-sur-Loire,   6,  11. 
Galli,  Gallia,  Gallicum  regum    Voy. 

Gaule  {Laj. 
Ganagobie  (Basses-Alpes^,  355,  n.  3; 

—  (monastère  de),  354,  355,  n.  3; 

—  (pavement  en  mosaïc^ue  de  l'é- 
glise conventuelle  de),  ibid. 

Gand (Belgique),  237,  n.  1  ;  —  (bour- 
geois de),  377,  n.  3;  —  (château 
comtal  de)  237,  n.  1,  375,  n.  2;  — 
(maisons  fortes  de),  377,  n.  3  ;  — 
(marché  de),  183.  n.  l  ;  —  (pays 
de),  173. 

Gandavum,  Gandensis  parrochia. 
Voy.  Gand. 

Garnier ,  abbé  de  Marmoutier, 
324. 

Gascogne  (La),  109: —  évêques  de), 
176  ;  —  (fi.vation  de  l'étendue  des 
cimetières  autour  des  églises  d  •). 
ibid.;—  (pays  de),  186, n.  4,  190, 
283.  Voy.  Wasconia. 

Gasng  (Eure).  364,  n.  2  ;  —  (église 
de),  ibid.  ^'oy.   Vadum  Nigasii. 

G,j.sion /F,  vicomte  de  Béarn,  354, 
355,  n.  6,  356,  n.  4. 


Gauceranus.   ^'oy.  Josserand. 
Gaufred.  abbé   de    Saint-Guilhem- 

du-Désert,  109-111. 
Gaufredus,   Gauffredus,  Gaufridus. 
Gauffridus.  Voy.  Gaufred,  Geof- 
froi. 
Gaule  (La),  4.  5,  34,  40, 172,  176,  276, 

289,  340. 
Gausbert,  vicomte    de    Castelnau^ 

115. 
Gausbertils.   Voy.  Gausbert,    Goz- 

bert. 
Gautier,    évêque   de     Maguelone, 

90. 
Gautier  (loorland,  maître  d'œuvre,. 

140.  254.  n.  2. 
Gantier  de  Morlagne,    évêque    de 

Laon,  321,  n.  1. 
Gauzbertus.  Voy.  Gausbert. 
Gauzfredus.  Gauzfridus.  Voy.  Geof- 

froi,  Guifred. 
Gauzlin.  Voy.  Gozlin. 
Gavrai  (Manche),    333,   n.    8.   Voy. 

Wavrei. 
Gelduin  de  Sauniur,   19,  n.  1,  342. 
n.  3  ;  —  "  Gelduinus  »  surnom  de 
cloche,  à  l'abbatiale  de  Saint-Flo- 
rent-lès-Saumur,    18,   n.  8.  Voy. 
supra:  «Glarellus»,  autre  surnom 
de  la  même  cloche. 
Getlone    (Hérault;,    109,  n.    2    ;    — 
(al)baye  de),   109.  — Voy.    Sainl- 
Guilheni-le-Désert. 
Gelmirez.  Voy.  Diego  Gelmirez. 
Gemme    [Sainte),     248.     —   ^  oy- 
S^''-Gemme  [église  du  prieuré  de]. 
Genève,  129,  n.  1  ;  —  (monastère  di- 

Saint-Victor,  à),  ibid. 
Geoffroi,    abbé    de    la    Trinité    dc^ 

Vendôme,  163,  n.  5,  292. 
Geoffroi,  abbé  de  Saint-Martial  de 

Limoges,  59,  n.  2. 
Geoffroi,     archevêque    de    Rouen,, 

165,  n.  L 
Geoffroi,  évêque  d'Amiens,  322,  323, 

n.  1  et  2. 
Geoffroi,    évêque     de    Bazas,    374,. 

n.  2. 
Geoffroi,   moine     de    Saint-Calais,. 

198,  n.  3. 
Geoffroi,  vicomte  de  Bourges,  123. 
Geoffroi  de  Champallement,  évêque 
d'Au.\erre,  93.  Voy.  Campus   Al- 
lemanus. 
Geoffroi  de  Lèves,  évoque  de  Char- 
tres, 363. 
Geoffroi  de  Loroux  (ou   de  Loriol), 
archevêque    de   Bordeaux,    378, 
n.  2.    Voy.  Laureolo   fGaufridu» 
de). 
Geoffroi  1°'  de  Montbray,  évêque  de 


TABLE   ALPHABÉTIQUE 


425 


Goutances,  71,  n.  i,93,  n.  7,   233, 

n.  2. 
Geoffroi  le  Bel,  comte  d'Anjou,  96, 

n.  7. 
Geoffroi  Martel,  comte  d'Anjou,  20, 

112,  n.  5,  113,  300. 
Gérald.  Geraldus.  Voy.  Géraud. 
Gérard  II  de  Blaye,  é\  êque  d'An- 

^oulême,  313,  n.  3,  316. 
Gérard  I"  de   Florines,  évêque   de 

Cambrai, 64,  65,  n.  3, —Gérard  II, 

3,  n.  I,  64,  67,  69.  101,  n.  2, 
Gèrardde  Quierzy,  châtelain, avoué 

de  Saint-Jean  de  Laon,  319. 
Géraud,  ab'ié  de  la  Sauve-Majeure, 

258-260. 
Géraud,  comte  d'Auiillac,  i8,  n.  1. 
Géraud,  évctjue  de  Rodez,  104. 
Géraud,  maître  de  l'œuvre  de  l'é- 
glise de  Grandmont,  333. 
Géraud  de  Thouars,  abbé  de  Saint- 
Florent  de  Sauniur,  17,  n.  7. 
Germains    {Les),   329,    n    6.     Voy. 

Alamanni. 
Geriniyny    (Loiret),    20,     n.   7  :   — 

(éjjlise  de),  ibid. 
Geroius,  Geroianus.  Voy.   Giroie. 
Gers  (Le),   rivière,  261.  Voy.    Her- 

cius.  flumen. 
(ierundensis    episcopus.  Voy.    Gi- 

rone. 
Gervais,  abbé  de  Sainl-Mélaine  de 

Rennes,  155. 
Gervais,  archevêque  de  Reims,  43, 

n.  4. 
Gervais,  évoque  du  Mans,  164. 
Gervais  et  Protais  (Saints),  martyrs, 

317. 
Gervasius.  Voy.  Gervais. 
Geriùn,     abbé     de    Saint-Riquier, 

126. 
Geudouin.  Voy,  Gelduin. 
Gévaudnn   Le),  32(>.   Voy.    Gabali- 

tana  urbs,  Mende. 
Ghisnae,  Ghisnenses  comités.  Voy. 

Gui  nés. 
Gibelin,    archevêque   d'Arles,  205, 

337. 
Gibilinus.  Voy.   Gibelin. 
Giffou  ' Le  .  rivière   (Aveyron),  49, 

n.  1. 
Gianac  (Hérault),  110,  n.  2,  n.  5. 
Gilbert,  évoque  d'Evreu.\,2i7. 
Gilbert,  évoque  de  Lisieux,  247. 
Giraldus.  Voy.  Giraud. 
Girard,  abbé  de  Saint-Aubin  d'An- 

jj;ers,264. 
Girard    de    Quierzy.  Voy.   Gérard 

de  Quierzy. 
Girard  de  \  ienne,  seif;:neur  du  Ber- 

ry,  124,  n.  4. 


Giraud,  moine,  maître  d'œuvre  à 
Saint-Benoît-sur-Loire,  35,  n.  4. 

Giraud  de  Salles,  compagnon  de 
Robert  d'Arbrissel  et  fondateur 
de  monastères  cisterciens,  362, 
n.  3. 

Giroie,  130,  274,  277,  n.  8;  —(Guil- 
laume), 130.  Voy.  Geroius, 
Geroianus. 

Girone  (Espagne),  114;  —  (églises 
fortifiées  du  diocèse  de),  114-116; 
—  (évoque  de'.  Voy.  Bérenger 
Guifred  ;  —  (zones  de  protection 
autour  des  églises  du  diocèse  de), 
114-116. 

Gisèle,  femme  de  Guifred,  comte  du. 
Roussillon,  23.  Voy.  Guisla. 

Gislebertus.  Voy.  Gilbert, 

Gisnensis  terra,  Gisnes.  Voy.  Gai- 
nes. 

Gisors  (château  de), —  Eure,  —  277, 
333. 

Gisortis  castrum,  Gisorth,  Gisorz. 
Voy.  Gisors. 

Glomnae  montis  caslollum,  Glom- 
nenses.  Voy.  Mont-Glonne. 

Godefrid,  évéque  de  Maguelone, 
90,  176,  n.  2. 

Godefridus.  Voy.  Geoffroi.  Gode- 
frid. 

Godescalque,  abbé  de  Saint-Bortin, 
121. n.  1. 

GollVedus,  Gortridus.  Voy.  Geoffroi. 

Gonnar,  femme  de  Richard  1'%  duc 
de  Normandie,  71,  n.  2. 

Gonorra.   Voy.  Gonnar. 

Gordona,  castrum.  Voy.  Château- 
GordoTi (auj.  Sancerre). 

Goscelinus.  Vny.Josselin. 

Gosfredus.  Vov.  Geoffroi. 

Gotliofredus,  Gotofredus.  Voy.  Go- 
defrid. 

Gouffre-Noir  Le],  dans  le  lit  de 
l'Hérault,  109. 

Gou/'rt.ii/-.sH/'-Mar>ie(Seine-et-Oise); 
—  (château  de),  334. 

Gozbert,  abbé  de  Saint-Gall,  133. 
n.  1. 

Gozbert,  moine  de  Marmoutier, 
197. 

Gozlin,   abbé  de    Fleury-sur-Loire, 
puis    archevêque  de    Bourges,  8^ 
n.  1,  9,  33,  n.  3.  37,  38,  39,  n.  l,  55 
n.  4,  57,  n.  1. 

Graintemaisnilium.    Voy.     Grand- 

Mesnil. 
Grèce  (/.a),  381. 

Grand-Mesnil  (Calvados),    150,  n.  1, 
151,  n.  3,  194,  n.  i.   Voy.    Robert 
de  Grand-Mesnil. 
Grandimonte     (monasterium     de)» 


426 


TABLE    ALPHABÉTIOLK 


Grandi. noiitense.  Voy.  Grand- 
mont. 

Grandmonl  (prieuré,  puis  abbaye 
de),  —  Haute-Vienne,  —  353;  — 
(cloître  de),  353,  n.  3  ;  —  (église 
de),  353,  n.  1  ;  —  (maître  de  l'œuvre 
de  l'église  de),  353,  354  ;  —  (Ordre 
de),  353,  n.  3  ;  —  (prieurs  de).  Voy. 
Etienne  de  Lissac,  Pierre  de  Li- 
moges. 

Granamoulier  (monastère  du),  à 
Fontevrault,  311,  n.  1. 

Gratianopolitanum  territorium,  265- 
266.  Voy.  Grenoble  [pays  de). 

Grégoire  VII.  pape,  124,  n.  3. 

Grégoire  de  Tours,  56,  n.  2,  329, 
n.  6. 

Grenoble    (cathédrale  de),  288,  289; 

—  (^église  deSaint-Andrc  de),  342; 

—  (évêque  de).  Voy.  Hugiie  de 
Châteaiineuf  :  — (pays  de),  265. 
Voy.  Gratianopolitanum  territo- 
rium. 

Grentemaisnil.  Voy.  Grand-Mesnil. 
Guairard.  Voy.    Raimond  Gairard. 
Guarinus.  Voy.  Guérin. 
Guérin,  seigneur,  274. 
Guastonus.  Voy.  Gaston. 
Guéthenoc,    vicomte    de    Porhoct, 

51,  198,  199. 
Gui,  abbcde  Sainte-Marie  de   Poni- 

posa  (Italie),  45,  n.4. 
Gui,  évêque  de  Lescar,  355,  n.  1  et 

2. 

Gui,  fils  de  Guillaume,  duc  d'Aqui- 
taine, 258. 

Gui,  trésorier  de  Saint-Rcmi  de 
Reims,  43. 

Gui,  vicomte  de  Limoges,  7,  n.  2. 

Gui  /"'  de  Bourgogne,  archevêque 
de  Vienne,  légat  du  Saint-Siège, 
360,  361,  n.  2.  Voy.   Calixle  II. 

Gui  de  Galande,  326. 

GuideJoinville,  évêque  de  Chàlons- 
sur-Marne,  381,383,  n.2. 

Gui- Geoffroi- Guillaume,  duc  d'A- 
quitaine, 241,  248,  n.  4,  254,  271. 

Guibert,  abbé  de  Nogent-sous-Cou- 
cy,  181,  n.  6,317,  n.  1,  318,  n.  3, 
330,  n.  2.  Voy.  Nogent-sous-Cou- 
cy. 

Guibert,  archevêque  de  Tours,  165, 
n.  1. 

Guichard,  archevêque  de  Lyon,  269, 
n.4. 

Guido.  Voy.    Gui. 

Guifred,  ahhé  du  Saint-Sauveur  de 
Gellone  (Saiut-Guilhem-du-Dé- 
sert),  109-111. 

Guifred,  comte   du   Roussillon,   2i, 


Guifred  de  Cerdagne,  archevêque 
de  Narbonne,  115,  n.2. 

Guifredus.  Voy.  Guifred. 

Guigne  1",  prieur  général  de  la. 
Grande-Chartreuse,  266,  n.  2,  357 

Guilelmus.  Voy.  Guill  aume. 

Guilhem  II,  comte  de  Bésalu,  115, 
n.  6. 

Guilhcrmus.  Voy.  Guillaume. 

Guillaume,  abbé  de  Saint-Benoît- 
sur-Loire,  11. 

Guillaume  III,  abbé  de  Saint-Chaf- 
fre-du-MonasIier,  233,  234,  n.  1  ; — 
Guillaume  IV,  234,  n.  1.  Voy.  Mo- 
nastier  {Le). 

Guillaume,  abbé  de  Saint-Martin  de 
Tulle,  15. 

Guillaume,  comte  d'Evreux,  372, n.2 

Guillaume  I"',  comte  de  Nevers, 
267,  n.  1  ;  —  Guillaume  II,  281, 
282  ;  —  (iuillaume  III,  267,  n.  1. 

Guillaume,  prieui*  de  Sainte-Barbe- 
en-Auge,  379. 

Guillaume  Bonne-Ame,  archevêque 
de  Rouen,  249,  250,  n.  2. 

Guillaume  Coche,  moine  de  Mar- 
moutier,  195. 

Guillaume  d'Arqués,  2ô2,  n.  3. 

Guillaume  d'Auheroche,  évêque  de 
Périgueux,   243,  n.  5. 

Guillaume  d'Ypres.  seigneur,  120. 

Guillaume  de  Belléme.  274.  Voy. 
Belléme. 

Guillaume  de  Breteuil,  275. 

Guillaume  de  Champagne,  archevê- 
que de  Sens,  210,  n.  2,  de  Reims, 
377,  n.  3. 

Guillaume  de  Combourg,  abbé  de 
Marmoutier,  321. 

Guillaume  de  Montant,  archevêque 
d'Auch,  28 i,  302,  n.  1. 

Guillaume  de  Montberon,  évêque 
de  Périgueux,  243,  n.  1. 

Guillaume  de  Passavant,  évêque  du 
Mans,  161,  165.  n.  2,326. 

Guillaume  de  Ros,  abbé  de  Fécamp, 
344,  n.  1. 

Guillaume  de  Saint-Calais,  évêque 
de  Durham,  162,  n.  3,  198,  n.  3, 
286,  287. 

Guillaume  de  Sens,  maître  d'œuvre 
de  la  cathédrale  de  Cantorbéry, 
206,  210.  n.  1.  211,  212,  n.  1,  221, 
n.  2,222,  n.  5,  221.  Voy.  Cantor- 
béry. 

Guillaume  de  Toucy,  évêque  d'Au- 
xerre,  96. 

Guillaume  de  Volpiano,  abbé  de 
Saint-Bénigne  de  Dijon,  1,  26, 
27,  n.  1,  28,  n.  3,  32,  n.  2,  n.  4, 
246,   n.  1. 


TABLE    ALPHABETIOUP. 


427 


Guillaume  l'Anglais,  maître  cl'œu- 
vre  de  la  cathédrale  de  Cantor- 
béry,  206,  221,  n.  2,  224,  n.   2. 

Guillaume  le  Conquérant,  roi  d'An- 
gleterre, duc  de  Normandie,  72. 
n.  3,  74,  151,  n.  1,  182,  n.  5,  193- 
196,  n.  2,  198,  n.  1,  250,  n.  7, 
252,  n.  7,  253,  n.  3  et  4,  277,  n.  7, 

333,  n.  6,  380. 

Guillaume  le  Fèvre,  moine  de  Mar- 
moutier,  195,  n.  1,  197. 

Guillaume  le  Grand,  V'  duc  d'Aqui- 
taine, 111°  comte  de  Poitou,  63, 
n.  2,  n.  3,  n.  4,  141. 

Guillaume  le  Jeune,  IX«  duc  d'A- 
quitaine, VII"  comte  de  Poitou, 
333. 

Guillaume  le  Roux,  roi  d'An- 
gleterre,  164,276,  277,332,  n.    3. 

Guillaume  le  Toulousain.  X"  duc 
d'Aquitaine,  VIII"  comte  de  Poi- 
tou, 373,  n.   4,  377,  378,    n.  1,  386. 

Guillaume  Taillefer,  comte  d'An- 
goulème,  124,  n.  5. 

Guillelmus,  Guillermus.  V'oy.  Guil- 
laume. ^ 

Guinamand,  archevêque  d'Embrun, 
243,  n.  1 . 

Guinamand,  moine  de  la  Chaise- 
Dieu,  sculpteur  du  tombeau  de 
saint  Front,  à  Périgueu.x,  242, 
243,  n.  2,  248,  n.  3. 

Guinamannus.    Voy.    Guinamand . 

Guinamond.  'Voy.  Guitiamand. 

Guines  (Pas-de-Calais),  183,  n.  5  ; 
—  (comtes  de).  Voy.  Baudouin, 
Manassès  ;  —  (forêt  de),  339. 

Guirand.  moine  «  ouvrier  »  de 
Saint-Victor  de  Marseille,  189. 

Guirannus.  Voy.  Guirand. 

Guiscard  Robert)  duc  de  Pouille  et 
de  Calabrc.  72,  n.  1,  177,  178, 
n.  1  ;  —  (fondation  de  l'église  de 
la  Trinité  de  Venouse,  par),  177, 
n.  4  ;  —  (tombeau  de),  ibid. 

Guisla,  conjux  Guifredi  comitis. 
Voy.  Gi  èle. 

Gumonl  (Corrèze),  352,  n.  1  ;  — 
(château  de),  51,  n.  3,  351,  352. 
Voy.  Acuto  monte,  Roca  (cas- 
tellum  de). 

Gundesind,  abbé  de  Compostelle, 
406 . 

Gundulfe,  moine  du  Bec  et  de  Saint- 
Etienne  de  Caen,  puis  évêque  de 
Rochester,  247,  n.  2,  338,  n.  4. 
Voy.  Rochester. 

Gonlran,  abbé  du  monastère  de 
Saint-Trond,  159. 

Guntramnus.  Voy.  Gontran. 

Gunzon,  moine  de  Cluny,  272. 


Guormatia.  Voy.    Worms. 
Gurges,  Gurgusniger.  ^'oy.  Gouffre 

noir   [Hérault). 
Guy.  Voy.  Gui. 
Gy-V Evéque  {\onne),9(i.  Voy.  Gaia- 

cum. 


Haimon,  abbé  de  St-Pierre-sur- 
Dive,  157,  n.  2;  —  (lettre  d'),.  au.x 
religieux  de  Tutbury  { Angleterre), 
sur  la  construction  de  l'église 
dudit  monastère,  ihid. 

Hainaut  iprov.  de),  Belgique.  Voy. 
Huy,  Lobhes,  Tournai. 

Hainricus.  Voy.  Henri. 

Halinard,  prieur,  puis  abbé  de 
Saint-Bénigne  de  Dijon,  246,  n.  1. 

Hamelin,  moine  de  Marmoutier, 
197. 

Hanovre.  Voy.  Hildesheim. 

Harald,  voï  des  Saxons,  197. 

Hariulfe,  abbé  d'Oudenbourg,  125, 
n.  1,  168,  n,  1,  174. 

Hartmann.  Voy.   Artmannus. 

Ilasbania,  Ilasbaniensis  pagus. 
Voy.  Heshaye  (La). 

Hastingas,  llastinges.  Voy.  Has- 
tings. 

Hastings  (château  de),  en  Angle- 
terre (Sussex),  193,  194,  276.  n.  7. 
Voy.  aussi  Bataille  (abbaye  de  la), 
près  d' Hastings. 

Hauteville.  Voy.  Tancrèdede  Hau- 
teville. 

Hébert,  chanoine  de  Sainte-Barbe- 
en-Auge,  constructeur  et  hydrau- 
licien,  379-380. 

Ileinricus.  Voy.  Henri. 

Helenensis  cpiscopatus.  Voy.  hJlne. 

Helgaud,  moine  de  Fleury -sur- 
Loire,  55,  n.  4. 

Helias.  Voy.  Hélie. 

Hélie,  seigneur  de  la  Flèche,  164, 
n.  1,  276. 

Hellouin,  seigneur,  puis  abbé  du 
Bec,  46,  n.  2,  246.  Voy.  Ilerlui- 
nus. 

Héloïse.  Voy.  Alvise. 

Hem  (rivière  de),  —  Pas-de-Calais, 
—  392,  n.  5. 

Henri  I",  comte  de  Champagne, 
237,  n.  6. 

Henri  I"  dit  Beauclerc,  roi  d'An- 
gleterre, 19i,  n.  7,279,  n.  2,  353, 
379,  406  ;  —  Henri  II,  193,  353, 
n.  3,  372,  n.  3. 

Henri  I",  roi  de  France,  87,  102, 
108,  124,  180,  n.  2,  238. 


428 


TABLE    ALPHA.BÉT1QUE 


Henri  III  le  iVojr,  roi  de  Germanie, 
empereur,  124,  143,  150. 

Henricus.  Voy.  Henri. 

Hérard,  moine  de  Saint-Pierre  de 
Vienne,  87. 

Hérault  (L'),  rivière,  109,  110,   n.  2. 

Herbert  II,  évêque  d'Auxerre,  92, 
n.  1,  123,  n.  4. 

Herbert,  évêque  de  Lisieux,  46. 
Voy.  Lisieux. 

Herbert,  vicomte  de  Thouars,  202, 
n .  .1 . 

Hercius,  flumen.    Voy.     Gers  (Le). 

Héribert,  abbé  de  Saint-Bertin, 
118. 

Héric,  abbé  de  Saint-Riquier,  279, 
n.  3. 

Hérimar,  abbé  de  Saint-Remi  de 
Reims,  41,  n.  1,  42,  n.  3. 

Herluinus.  Voy.  Hellouin. 

Herred  de  Fumes,  vassal  du  comte 
de  Guines,  181. 

Hersende,  prieure  du  monastère  de 
femmes  de  Fontevrault,  311,  n.  2. 
Voy.  Fontevrault. 

Herste,  près  d'Hastings  (Angle- 
terre), 196. 

Hervé  de  Villepreux,  abbé  de  Mar- 
moutier,  325.  Voy.  Villa  Piscor 
(Herveus  de). 

Herveus.  Voy.  Hervé. 

Hesbaye  (L'),  pays  de  Belgique. 
Voy.  liasbania,  Ilasbaniensis  pa- 
gus. 

Hézelon.  Voy.  Ezelon. 

Ilierosolima,  Hierosolimi,  Hiero- 
solimitana  ecclesia,  Hierosolimi- 
tanum  iter,  Hierusalem.  Voy. 
Jérusalem. 

Hilaire  (Saint),  141.  142;  —  {tom- 
beau de),  141.  Voy.  aussi  Saint- 
Hilaire  [collégiale  de),  à  Poitiers. 

Hildebert  de  Lavardin,  évêque  du 
Mans,  161,  163,  n.  5,  165,  264, 
292. 

Hildebertus.  Voy.  Hildebert. 

Hildegaire,  correspondant  de  Ful- 
bert, 62,  n.  4. 

Hildegarde,  comtesse  d'Anjou,  19, 
n.  4.  Voy.  Anjou. 

Hildesheim  (Hanovre),  69,  n.  5. 
Voy.  Bernward ,  évêffue  d' Hildes- 
heim. 

Hincmar,  archevêque  de  Reims, 
39,  42. 

Hoël,  évêque  du  Mans,  162. 

Honorât  (Saint),  231,  n.  3. 

Honoré,  dit  d  Autun,  81,  n.  2,  159, 
n.  3. 

Hubert,  vicomte  de  Vendôme,  «3. 

Hubert    Saint),  patron  de  l'abbaye 


d'Andenne,  193  ;    —  (statue  de)„ 
ibid. 

Hubert  de  Vendôme,  évêque  d'An- 
gers, 47,  n.  2,  83,  84,  n.  1. 

Hugo.  Voy.  Hugue. 

Ilugue,  abbé  de  Cluny,  233,  271, 
272,  302,  n.  4. 

Hugue,  abbé  de  Saint-Augustin,  à 
Cantorbéry,  214. 

Hugue,  ab^é  de  Saint-Just,  à  Lyon, 
269. 

Hugue,  abbé  de  Selby,  dans  le 
Yorkshire    (Angleterre),  47,  n.  1. 

Hugue,  archevêque  de  Tours,  2. 

Hugue,   évêque  de  Bayeux,  276. 

Hugue,  maître  d'œuvre  de  l'abba- 
tiale de  Conques,  105. 

Ilugue,  moine  de  Saint-Evroul,. 
151,  n.  1. 

Hugue  I",  seigneurd 'Aniboise,342.. 

Hugue,  seigneur  de  Gargilesse,  386, 
n.  3. 

Hugue  II,  seigneur  duPuiset,  336,. 
337,  n.  2.  Voy.  Puiset  (Le). 

Hugue,  vicomte  de  Nevers,  93. 

Hugue  (Saint).  Voy.  Hugue,  abbé 
de  cluny,  Hugue  de  Château- 
neuf,  évêque  de   Grenoble. 

Hugue  d'Amiens,  archevêque  de 
Rouen,  157,  n.  2  ;  —  (lettre  d'),  à 
Thierri,    évêque    d'Amiens,  ibid. 

Hugue  de  Bourgogne  archevêque 
de  Lyon,  légat  du  Saint-Siège,. 
268,  296,  330. 

Hugue  de  Chalon,  évêque  d'Au- 
xerre, 92. 

Hugue  de  Champallement  (ou 
Champ-Allemand),  évêque  de  Ne- 
vers,  79,  80.  Voy.  Champalle- 
ment. 

Hugue  de  Chàleauneuf,  évêque  de 
Grenoble,  2S8,  289,  n.  2,331,  342,. 
n.  1,  343. 

Hugue  de  Farfa,  132.  n.  1.  Voy. 
Farfa. 

Huque  de  Fiée,  308.  Voy.  Floiaco- 
(Hugo  de  . 

Hugue  de  Grand-Mesnil,    151,  152. 

Hugue  II  de  La  Rochefoucauld,. 
évêque  d'Angoulême,  315. 

Hugue  de  Montaigu,  évêque  d'Au- 
xerre, 95,  n.  1.  Voy.  Monte  acu- 
to  (Hugo  de). 

Hugue  de  Noyers,  évêque  d'Au- 
xerre, 68,  n.'6,  92,  96,  n.  6  et  7, 
280,   n.  3. 

Huque  de  Saint-Calais.  Voy.  Payen 
(le  Saint-Calais. 

Hugue  de  Saint-Victor,  81,  n.  2. 

Hugue  de  Semblançay ,  préchantre- 
de  l'église  d'Angers,  85. 


TAIÎLE    ALPHABETIQUE 


429 


Hugue  de     Toacy,    seigneur,   300, 

301. 
Hunibnud,   cvêque  d'Auxerre,    94, 

n.  1,  301. 
Humhert,  moine,   constructeur  du 

prieuré  de  Correns,  394;  —  (ins- 
cription de),  305. 
Hunnld,    moine    de   Saint-Bénigne 

de  Dijon,   artiste,   32. 
Hunaldus.  Voy.    Hanald,  Hunaiid. 
Hiinaud     de      Gavarret,    abbé    de 

Moissac,  14",  n.  6. 
Hay  (Belgique,  prov.  de  Hainaut), 

6S,  n.  4,  200,  n.  4  :   —     église  de 

Notre-Dame  d'),  ibid. 
Hffères  (seigneurie  d"),    203,    n.   2. 

Voy.  Rostan  de  Fos,  archevêque 

d'Aix. 


Ibreio  (arx  de),  276.  Voy.  Ivri 
(tour  d'). 

Icauna,  lluvius,  97,  n.  3.  Voy. 
Yonne  (L'). 

lerosolirna,  lerosolimitani,  Ihero- 
soliinitanum  iter.  Voy.  Jérusalem. 

Ildebertus.  Voy.  Ilildebertus. 

Ile-de-France  'L'),  334  ; —  (enthou- 
siasme des  populations  pour  la 
construction  d'églises  dans  1'', 
157,  n.2;  —  (influences  diverses 
exercées  par  l'architecture  de  1), 
2tt,  n.  1,  222,  n.  5. 

llyo,  abbas  et  camerarius  ecclesiae 
S.  Justi,  apud  Lugdunum,  269. 

Impuritanensiscomes.  Voy.  Anipii- 
rias. 

Indre  (L'),  rivière,  2,  n.  1.  Voy. 
Anger. 

Ingelhert,  constructeur  du  château 
de  la Chaize-le- Vicomte,  201,  202. 
Voy.  Chaize-le-Vicomte. 

Ingelricus.  Voy.  Henri. 

Innocent  II,  pape,  273,  n.  4. 

Inter  duo  maria.  Voy.  Entre-deux- 
mers  (L). 

Ischarh,  fluvius.  Voy.  Scarpe  {La), 
affluent  de  VEscaut. 

Isembard,  filsd'Alvise,  seigneur  de 
Pithiviers,   276.   Voy.   Pithiviers. 

Isembert,  capiscol  de  l'église  de 
Saintes,  constructeur  de  ponts, 
108,  n.  2. 

Isère  {D,   143,  n.  2.  Voy.  Ysara. 

Isidore  de  Séville,  179,  n.  3,  347, 
n.  2. 

Isigniacus,  villa.  Voy.  Isigny. 

Isigny  (Calvados),  144. 

Ismidon  ou   Ismion   de  Sassenage, 


évèque  deDie,  268,  n.  3,  331,    n.  3. 

Ismio.   Voy. Ismidon  de  Sassenage. 

Isquilinus.  Voy.  Ansquitil. 

Italie  (L'),  4,  6,  13,  n.  1,  29,  n.  2,  39. 
n.  1,  46,72,  n.  1,86,  n.  4,177.  Voy. 
aussi  Assise,  Bari,  Basilicate{La), 
Calnbre  {La).  Crema,  Farfa, 
Frucluare,  Milan,  Lombardie 
{La},  Mont-Cassin  (Le),  Locedio, 
i\ovare.  Pavie,  Piémont  {Le),  Pom- 
posa,  Pouille  {La\  Ravenne  {dio- 
cèse de),  Rome,  Venouse,  Vol- 
piano. 

Itier,  abbéd'Andres,  387,  393-394. 

Hier,  évêque  de  Nantes,  23. 

Hier  Archambaud,  chanoine  d'An- 
goulême,  316. 

Ivo.  Voy.  Yves. 

Ivri  tour  d'i.  près  d'Evreux,  274, 
276.  Voy.  aussi    Ivry-la-Bataille, 

Ivriacum,  villa  in  episcopio  Geno- 
manensi.  Voy.  Yvré-i Evêque. 

Ivry-la-Bataille  (Eure),  276. 


Jacques  {Saint).  Voy.  Compostelle. 

Jaenbert,  archevêque  de  Cantorbé- 
rv,  219.  Voy.  lambertus. 

Jalïgny  (Hictor  de).  107-108  :  —  (pa- 
roisse de).  Voy.  Galiniacum,.S"am<- 
Sép  ulcre-le  z-Ja  l  ig  ny . 

Jambertus.  Voy.  Jaenbert. 

Jarenton,  abbé  de  Saint-Bénigne  de 
Dijon.  244,  2  JD,  330. 

Jean,  clerc,  charge  de  la  cons- 
truction de  l'église  de  Saint-Jean- 
Baptiste  à  la  Chaize-le-Vicomte, 
201,202. 

Jean  II,  évèque  d'Orléans,  346,  347. 

Jean  1%  évèque  de  Lisieux,  380,  n.  6. 

Jacques  {Saint).  Voy.  Compostelle. 

Jean,  moine  de  la  Trinité  de  Ven- 
dôme, maître  d'œuvre,  163,  n.  5, 
292-294. 

Je€i7i,  moine  de   Marmoulier,     197. 

Jean   XVIII,    pape,  1,    2,   n.    3;   — 

Jean  XA'.pape,  88. 

Jean  I"  </'  Ypres,  abbé  de  Saint-Ber- 
tin,  119. 

Jean  de  Bayenx,  archevêque  de 
Rouen,  249. 

Jean  de  Brienne,  96,  n.  7. 

Jean  de  Colmieu,  archidiacre  de 
Morinie,   312,  n.l,  314,  n.  1. 

Jean  de  Commines,  évêque  de  Thé- 
rouanne,  312,313,  n.  2,  340,  n.  2. 

Jean  deMeuna,  96,  n.  7. 

Jean  de  Montlaur,  évêque  de  Ma- 
guelone,  90,  n.  4,  91,  n.  4. 

Jean  Priorat,  de  Besançon,  traduc- 


430 


TAliLK    ALPIIAUÉTIQLE 


leur  du  De  re  mililari  de  Végèce, 
96,  n.  7. 

Jérusalem,  SS,  209;  —  (départ  de 
croisés  poui'),  263,  n.  3;  — (église 
du  Saint-Sépulcre,  à),  1,  ses 
imitations  eu  France,  28,  n.  3, 
32.  n.  4,  107,  n.  1,123-125  ;  —  (pè- 
lerinaf^es  à;  :  d'archevêques,  268, 
n.  8,  de  moines,  292,  leur  influence 
sur  l'architecture,  ihid.,  de  sei- 
g-neurs,  2,  n.  1,  18,107,  300,301  ;  — 
fsiège  et  prise  parles  Chrétiens, 
de),  275  ; — (temple,  tabernacle  de 
Salomon,  ài,  120,  n.  4,  185;  — 
(terrestre;,  par  opposition  sym- 
bolique à  la  Jérusalem  céleste,  et 
vice  versa,  73,  n.  5,   292,  343,  345. 

Joannes.  Vby.  Jean. 

Jofl'redus.    ^'oy.    Geofî'roi,   Joffrni. 

Joffroi,  prieur  de  la  Chartreuse  de 
Mont-Dieu,  266,  n.  2. 

Johannes.  Voy.  Jean. 

Josaphat  (abbaye  de),  23,  n.  4,  363. 

Josf'redus.  Voy.  Geoff'roi,  Joffroi. 

Josselin  (Morbihan),  51,  n.  2:  — 
(château  de),  199  ;  —  f prieuré  de 
Saint-Martin  de),  199;  —  sei- 
gneur, fils  du  vicomte  de  Porhoct, 
198.  Voy.  Goscelinus. 

Josserand.  archevêque  de  Lyon, 
269.  \"oy.  Gauceranus. 

Jotsaldus,  nionachus  Silviniacen- 
sis,127. 

Jovinus,  praefectus,  43,  n.  4. 

Julien  [Saint),  162,  327; — invoque 
parles  lépreux,  1  48,  n.  3; — (tom- 
beau de),  au  Mans,  16i,  n.  1. 


Kerbrévosl  (Morbihan),  5'»,  n.  7. 
Kericune  (Morbihan),  54,  n.  7. 
Keroman,      Keromen    (Morbihan), 

54,  n.  7. 
Kerprat  (Morbihan),  5i,  n.  7.  Voy. 

Villa  Prati. 


La  Cour-Muriiiny  (château  de], 
près  de  Moutargis  (Loiret),  6. 

La  Flèche  (Sarthe).  Voy.  Hélie,  sei- 
gneur de  la    Flèche. 

La  Rochefoucanld  (Charente),  23, 
n.  1.  Voy.  Éliiinne  de  La  Roche- 
foucauld, abbé  de  Saint-Florent- 
lez-Saumur. 

Laigle  (Orne  ,  I  11,  n.  4  ;  —  (château 


de),  10,  n.  6,  111,  n.  4  ;  —  (ori- 
gine du  nom  de),  111 ,  n.  4.  Voy, 
Aquila,  Aquilense  caslrum,  FuL 
berl,  Bichier. 

Lambert,  abbé  de  Saint-Bertin, 
119,  n.  4. 

Lambert,  évêque  d'Angoulême. 
316. 

Lambert  d\irdres,li<0 ,  388,  n.  1. 

Lamfrancus.  Voy.  Lunfranc. 

Lan  franc, '  archevêque  de  Can- 
torbéry,  prieur  du  Bec,  46,  47, 
206,  212,  213,  n.  1,  214,  n.  2,  216, 
n.  1.  246,  249. 

Lanfredus.  Voy.  Lanfroi. 

Lanfroi,  architecte,  ingénieur  mili^ 
taire,  275,  276. 

Langobardi.  Voy.  Lomhardie,  Lom-, 
bards. 

Lan^res (cathédrale  de),  211,  n.  1  ; 

—  (diocèse  de),  362,  n.  4  ;  — 
(évêque  de).  Voy.  Robert  de 
Bourgogne). 

Languedoc  [Le),  103,  109,  152,  153, 
179  ;  —  (dates  trop  reculées  attri- 
buées à  des  édifices  religieux: 
du),  205,  n.  1  ;  —  emploi  de  la 
brique  dans  les  constructions 
du),  172,  n.  3  ;  —  (églises  forti- 
fiés du),  117  ;  —  (zones  de  pro- 
tection autour  des  églises  du), 
116-117. 

Laon   (cathédrale  de),   317,319-321; 

—  (diocèse  de),  318,  n.  2  ;  —  (évê- 
ques  de).  Voy  Barthélémy  de 
Joux,  Gautier  de  Mortagne  ;  —  (in- 
cendie de  la  cathédrale  et  du  pa- 
lais épiscopal  de),  317,  319;  — 
(transport  et  exhibition  de  reli- 
ques), pour  subvenir  aux  frais  do 
la  reconstruction  de  la  cathé- 
drale de),  319-321  ;  —  (monas- 
tère de  Saint-Jean,  à).  Voy.  Gé- 
rard  de  Quierzy. 

Larreule  (abbaye    de),    —    Basses- 
Pyrénées,  —  357,  n.  1. 
Lascurrensis     ecclesia,    episcopiis, 

Voy.    Lescnr. 
Latofavo   ((ieraldus  de),  monachus 

S.  Martini  Tutelensis,  15. 
Lalran  (concile  de), 364. 
Laudunum.  Voy.  Laon. 
Laureolo  (Gaulridus  de),   magister. 

Voy.  Geoffroi  de    Loroux. 
Lausanne   (diocèse  de),    128,    n.  7, 

n.  8. 
Lausdunum.  Voy.  Loudun. 
Ijuvedan  (monastère  de  Saint-Savin 

en),  190.  Voy.   Levitancnse    mo- 

nasterium. 
Layruc    (prieuré    de     Saint-Martin 


TABLE    ALPHABÉTIOUK 


431 


de),    —  Lot-et-Garonne,  — li7. 
Voy.   Alayriacum. 

Lazare  [Saint),  patron  des  léprose- 
ries, 311,  n.  i. 

Lellelmus,  monacluis  Majoris  Mo- 
nasterii,  197. 

Léger,  archevêque  de  Vienne.  86, 
87.  Voy.  Leodegarius,  Lcudef^a- 
rius. 

Lemovicani  denarii,  Leniovicensis 
episcopus.  Voy.  Limof/es. 

Lendit  (foire  de),  à  Saint-Denis, 
350,  n.  3. 

Leodegarius.  Voy.   Léger. 

Leodium.  Voy.  Liège. 

Léon  (Espagne),  403.  n.  1  ; —  (égli- 
se de  San  Isidro  de),  ibid  ;  — 
(portail  de),  compare  avec  celui 
de  Compostelle,  ibid. 

Léon,  abbé  de  Saint-Bertin,  122. 

Léon  IX,  pape,  43,  n.  3,  1  i3,  150. 

Léon  de  Fiirnes,  abbé  de  Saint-Ber- 
tin, 120, 

Léon  de  Meung,  seigneur  d'Am- 
boise,  113,  n.  4. 

Leonius.  Voy.  Léon. 

Lerinensis  insula.  Voy.  Lérins. 

Lérins  (abbaye  de),  ses  fortifica- 
tions, sa  disjjosition  intérieure, 
229-232,  —(abbés  de).  Voy.  .Mde- 
bertl"  et  //;— (chapelle  de  Sainte- 
Croix,  du  Saint-des-Saints),  231, 
n.  3;  —  (église  de  la  Pitié,  de 
Sainte-Marie,  à),  231,  n.  3;  — 
(devis  de  construction  de),  231. 
V^oy.  Saint-Honorat  ;  —  (île, 
église  de  ,  229,  n.  1,  231,,   n.  3, 

Lesadense  coenobium.  Voy.  Lézai 
[abbaye  de). 

/vCscir (Basses- Pyrénées),  101,  n.  4  ; 

—  (cathédrale  de),  avec  pave- 
ment en  mosaïque,  101  ;  n.  4,354; 

—  (évèque  de).  Voy.  Gui.  — 
Voy.  aussi  Lascurrensis  ecclesia, 
ej)iscopus. 

Lesclolles.  Voy.  Esclotles. 

Lesdain  (Nord),  66,  n.  4. 

Lessay   (abbaye  de),  —  Manciie,  — 

253. 
Létard,  abbé  du  Bec,  247. 
Lélard,  prieur  de  Saint-Florent-lez- 

Saumur,  19. 
Leudcgarius.  ^'oy.  Léger. 
Levitancnse     monasterium    Sancti 

Savini.    Voy.   Lavedan,  Saint-Sa- 

vin-en-Lavedan. 
Levroiix  (église  de), —  Indre  — ,  324, 

n.   4  ;  — (cloître  de),  ibid. 
Lézat  (Ariège),  179,  n.l  ;  — (abbaye 

de  Saint-Pierre-de),  178,179,  n.  3. 

Voy.  Lesadense  coenobium. 


Lèze  [La^,  rivière  (Ariège),  179,  n.  1. 

Liban  [Le).  135,  n.  11. 

Licairac  (Aude),  14,  n.  5;  —  (dimen- 
sions d'une  habitation  privée,  à), 
ibid.  ;  —  (église  de  Sainte-Colom- 
be, à).  153. 

Lichairago  (ecclesia  de).  Voy. Licai- 
rac. 

Liciaco(Stephanus  de  .Voy.  Etienne 
de  Lissac. 

Liège  (Belgiq-  e),  157,  191,  192,  n.  3, 
271,  n.  4  ;  —  (diocèse  de).  Voy. 
Sainl'l'rond  ;  —  (évéques  de). 
Voy.  Noiger,  Théoduin. 

Ligeris,  flumen.  Vov.  Loire  [La). 

Ligron  (Sarthe),  308,  309;  —  (église 
de  Notre-Dame  de),  303,  n.  3, 
309. 

Ligrunnus.  Voy.  Ligron. 

Lillebonne  (conciles  de),  contenant 
des  prescriptions  relatives  à  des 
constructions  religieuses,  mili- 
taires et  privées  en  Normandie, 
177,  n.  2,  250-252,  264,  n.  4. 

Limoges  (abbaye  de  Saint-Martial, 
avec  basilique  du  Saint-Sauveur, 
à),  58-60,  80-82,  101.  n.  4,  139, 
n.  6  ;  — (abbés  de).  Voy.  Adémar, 
Amblard  de  Cluny,  Geoffroi, 
Odolric,  Pierre,  Pierre  du  Barri; 
—  (baptistère  de),  80,  82,  204, 
n  3  ;  —  (château  de),  60,  n.  2  ;  — 
(commémoration  de  la  dédicace 
du  Saint-Sauveur  de),  80-82  ;  — 
(crypte  de),  59,  n.  2  ;  —  (deniers 
de),  259  ;  —(diocèse  de),  13;  — 
(cvcque  de).  Voy.  Eustorge  ;  — 
(faubourg  de  Montmailler,  à),  59, 
n.  4  ;  —  (rapports  de  l'architec- 
ture de  la  cathédrale  de  Compos- 
telle avec  celle  de  l'ab))atiale  de), 
397  ; — (vicomtes  de).  Vov.  Adé- 
mar, Gui.  Voy.  aussi  Pierre  de 
Limoges. prieur  de  Grandmont. 

Limousin  (Le),  13,  51,  n.  3,  351  ;  — 
(diffusion  de  l'ordre  de  Fonte- 
vrault,  dans  le,  312,  n.  1  ; —  (fon- 
dation du  prieuré  de  Grandmont, 
dans  le  ,  353,  n.  1. 

Lincoln.  Voy.    Alexander,   évèque. 

Liners   Voy.  Liniers. 

Liniers  (Vienne),  255,  n.    1. 

Lisiard  de  Crespi,  évèque  de  Sois- 
sons,  291.  n.  4,  370. 

Lisieux  (cathédrale  de),  319,  n.  5  ;  — 
(diocèse  de),  379  :  — (évéques  de). 
Voy.  Herbert,  Gilbert,  Jean  I". 

Livingus.  Voy.  Lyfing.  archevêque 
de  Cantorbéry . 

Lobbes  (prov.  de  Hainaut,  Belgique), 
68,  n.  7  ;  —  (abbaye  de),  ibid. 


432 


TAliLE    ALPHABETIOUli 


Locedio  (Italie),  près  Trino  (prov. 
de  Novare),  26,  n.  2;  —  (abbaye 
de),  ibid. 

Lodève  (Hérault),  116,  n.  4  ;  — (évê- 
ché  de),  ibid.  Voy.  Frédelon, 
évèque,  110,  n.  13. 

LodewLck,  architecte-charpentier  de 
Bourbourg,  180,  184.  Voy.  Bour- 
bourg. 

Lodewicus.  Voy.  Lodeioick. 

Loire  {La),  fleuve,  18,  n.  2,    102,  300. 

Loisail  (Orne)  :  —  (église  de  Saint- 
Martin,  àj,  288,'  n.  4. 

Lombardie  (La.),  38,  127  ;  —  artiste 
Lombard.  Voy.  Nivard.  — Voy. 
aussi  Crema,  Milan,  Italie 
(L'). 

Londres  (abbaye  de  Westminster 
de),  73,  n.  3  ;  —  (église  de  Saint- 
Paul  de),  273,  n.  4  ;  —  ses  di- 
mensions, ibid.  ;  —  (pont  de\  108, 
n.  2, 

Lorraine  {La),  44;  (duc  de).  Voy. 
Thierri  I".  Y oy .  aussi  Metz,  Ver- 
dun. 

Lorsc/i  (abbaye  de), —  Hesse-Darm- 
stadt  (Allemagne),  —  212,  n.   2. 

Lotsaldus.  Voy.  Jotsaldus. 

Loudun  (Vienne).  22,  n.  7.  Voy. 
Mathieu  de  Loudun. 

Louis,  comte  de  Blois,  fils  de  Thi- 
baut V,  237, n.  2. 

Louis,  prince  royal,  335.  Voy.  Louis 
Vile  Gros. 

Louis  le  Débonnaire,  roi  de  France, 
279,  n.  3. 

Louis  VI,  le  Gros,  335,  n.  3,  346, 
348,  349,  n.  1,  351,  352,  406. 

Louis  Vil,  346,  n.  1. 

Lubercio.  Voy.  Lurson, 

Luc  {Saint),  81. 

Lucacense  castrum  monasterium. 
Voy.  Beaulieu-lès-Loches. 

Lucain,  poète  latin,  336. 

Lucé  (Sarthe),  peut-être  le  Grand 
Lucè  (Sarthe),  23,  n.  4)  ;  — 
(église  de  Saint-Facile  de),  ibid. 

Ludovicus.  Voy.  Louis. 

Lugdunum.  Voy.  Lyon. 

Lurson,  274.  Voy.  Lubercio. 

Lyfincf,  archevêque  de  Gantorbéry, 
219!  Voy.  Livingus. 

Lyon,  267,  331  ;  —  (archevêques  de). 
Voy.  Gaucerand,  GuichardJIuifue 
de  Bourgogne  ;  —  (cathédrale 
de),  267-269  ;  —  (gisement  de 
marbres  et  de  pierres  calcaires 
très  recherchées,  près  de),  268, 
270,  n.  1  ;  —  (église  d'Ainay, 
à),  268,  n.  7  ;  —  (église  de  Saint- 
Irénée,  à),  268,  n.  7  ;  —  (église  de 


Saint-Just,  à;,  269;  —  (église  de 
Saint-Thomas,  à),  270  ;  —  (Four- 
vière-lez-),  270,  n.  1;  —  (palais 
archiépiscopal  de],  267-269. 

M 

Mâcon  (diocèse  de),  128,  n.  2, 1 29,  n.  2. 

Madiran  (Hautes- Pyrénées)  186,  n. 
4  ;  —  (cellier  public  de),  ibid.  ;  — 
(prieuré  de),  ibid. 

Maestrichl  (prov.  de  Limbourg, 
Pays-Bas),' 376,  n.  5;  —  (église  de 
Sainte-Marie,  à),  ibid.,  sa  tour 
fortifiée,  ibid. 

Magalona,  Magaloncnsis  eoclesia. 
Voy.  Maguelone. 

Magduno(Lconiusde).  Voy.  Léonde 
Menng. 

Magoner,  Magouiro,  Magourin,  en 
Belz  (Morbihan),  54,  lî.  7.  Voy. 
Villa  Romanorum. 

Maguelone  (Hérault).  87,  n  3  ;  — 
(cathédrale  de),  88-91  ;  —  (cloître 
de),  90,  91,  167,  n.  1  ;  —  (évêques 
de).  Voy.  Arnaud,  Gautier,  Go- 
de frid,  Jean  de  Montlaur,  Rai- 
mond  /«'  ;  — -  (port  de),  87,  89  ;  — 
(statuts  de),  90,  n.  6  ;  —  (tour  de 
Sainte-Marie,  à),  90  :  —  (tour  du 
Saint-Sépulcre,  à),  ibid.  Voy. 
Montpellier. 

Maiaci  castrum.  Voy.  Maiet  {châ- 
teau de). 

Maiel  (château  de),—  Sarthe,  — 278. 

Ma'ieul.  Voy.  May  eut. 

Maillezuis  (monastère  de),  258,  n.  1. 
Voy.  Mallicense  coenobium. 

Maine  (Le),  23,  n.  4,  256,  263,  273, 
274,  277,  298,  332,  333,  n.  2  ;  — 
(constructions  privées,  dans  les 
cimetières  du),  251,  n.  1  ;  —  em- 
ploi tardif  des  voûtes  et  persis- 
tance des  charpentes  apparentes, 
dans  les  églises  du),  161,  n.  3;  — 
(influence  en  Angleterre  de  l'ar- 
chitecture du),  198,  n.  4  ;  —  (sys- 
tème de  défenses  du),  27i,  277, 
n.  7,  332,333,  n.  5et6.  Voy.  Son- 
nais {Le). 

Majus  monasterium.  Voy.  Marniou- 
lier. 

Malicorne  (Sarthe),  256,  257  ;  — 
(Eude  de),  dit  l'Anier,  256  ;  — 
(prieuré  de),  257,  n.  2.  Yoy.Sainl- 
Aubin  {prieuré  de    Vabbaye   de). 

Malicornum.  Voy   Malicorne. 

Mallicense  coenobium.  Voy.  Maille- 
zais  [monastère  de). 

Malmesberia.  Voy.  Malmeshury. 


TABLE   ALPHABÉTIQUE 


433 


Malmesbury  ou  Malmsbury,  en  An- 
gleterre, (château  et  constructions 
épiscopalea  de),  207,  n.  2,  338,  n. 
3  ;  —  (William  de),  chroniqueur, 
ibid. 

Mamercias,  castrum.  Voy.  Mamers. 

Mamers  (Sarthe),  274, 278.  Voy.  aussi 
Sonnois  {Le). 

Mariasses,  comte  de  Guines,  184, 
339. 

Mans  (Le),  161,  292,  324,  326  ;  — 
(abbaye  de  Saint- Vincent,  au),  256, 
263,  264,  298,  299,  n.  1  ;  —  (abbé 
de).  Voy.  Rannoiix  ;  —  (cathé- 
drale du),  travaux  de  conslruc- 
tion  et  de  décoration,  161-165, 
208,  n.  1,  297,  298  ;  —  (Cister- 
ciens, au),  165  ;  —  (cloître  de  la 
cathédrale  du),  297,  298;  —  (dé- 
pendance du  monastère  de  Mar- 
moutier,  au),324,  326:  —  (diocèse 
du),  237,  n.  4,  287,  n.  2  ;  —(église 
de  Notre-Dame-du-Pré,  au),  287, 
n.  2  ;  —  (église  de  Saint-Ouen,  au), 
165  ;  —  (église  du  Saint-Sauveur, 
au),  164;  —  (évoques  du).  Voy. 
Arnaud,  Avesqaud,  Guillaume  de 
Passavant,  Hildebert  de  Lavardin, 
Hoël,  Payen  de  Saint-Calais  ;  — 
(mobilier  de  la  cathédrale  du), 
candélabre,  368,  n.  2. 

.Vannes (Seine-et-Oise),  99,  n.  3. 

Marbod,  évêque  de  Rennes,  165,  n. 
1. 

Marc  {Saint),  8\. 

Marche  {comte  de  la),  124,  n.  3. 

Marcilan.   Voy.  Marseillan. 

Marie  Magdeleine  {Sainte),  203,  204, 
206,  354,  356. 

Marielensis  (ecclesia  S.  Mariae). 
Voy.  Marillais  [Le). 

Marillais  {Le),   —    Maine-et-Loire, 

—  22,  n.  3  ;   —    (église   de  Notre- 
Dame  du),  ibid. 

Marmoutier   (Indre-et-Loire),   175  ; 

—  abbaye  de  Saint-Martin  de), 
^  175,  195,  198,  n.1,  324,  326;  — (ab- 
bés de).  Voy.  Garnier,  Guillaume, 
Hervé  de  Villepreux,  Robert  de 
Blois,  Robert  de  Mégrit  ;  — (bâti- 
ments divers  de),  324, 325  ;  —  (clô- 
ture fortifiée  de),  324  ;  —  (cuisi- 
nes de),  325  ;  —  (dépendances  de), 
au  Mans,  324,  326,  au  diocèse  de 
Chartres,  363  ;  —  (mission  en  An- 
gleterrej  à  Hastings,  de  moines 
de),  195,  n.  4  ;  —  (prieur  de).  Voy. 
Robert  de  Bonneval  ;  —  (prieuré 
de).  Voy.  Villepreux,  Pierre  de 
Montigny . 

Mars,  48. 


Marseillan     (Gers),    283,    n.    1  ;  — 
(église  de  Sainte-Marie,    à),    282, 
283. 
Marseille,  203,  n.  6  ;  —  (abbaye  de 
Saint-Victor,  à),  189,  191,  n.  3  ;  — 
(fortifications  de),  comparées  avec 
celles  de  l'abbaye  de  Lérins,  230, 
n.  1  ; — (abbé  de  Saint- Victorde). 
Voy.  Bernard  de  Rouergue  ;  — 
(moine  «  ouvrier  »    de    Saint- Vic- 
tor). Voy.  Guirand;  —  (évéque  de 
Marseille).  Voy.  Raimond  I" . 
Martel.  Voy.  Geoffroi  Martel. 
Martial  {Saint),  81.  Voy.  aussi  Limo- 
ges {abbaye  de  Saint- Martial). 
Martin  {Saint),  14,  15,  25  ;  —  patron 
de  Marmoutier,  195,    n.    1.    Voy. 
Marmoutier. 
Massay  (abbé  de).  Voy.  Azenaire. 
Massif  central  (région  du),  106,  n.  1. 

354.  n.  1. 
Mathieu  de  Loudun,  abbé  de  Saint- 
Florent  de  Saumur,  22. 
Mauges  {Les),  pays  de  l'ancien  An- 
jou,   17,   n.  7.     Voy.    Medalgicus 
pagus.   Voy.   aussi  Cholet,  Saint- 
Florent-le-  Vieil. 
Maugoer.    Voy.    Magouer    (Morbi- 
han). 
Maurice  de  Sully,  évêque   de  Paris. 

Voy.  Sully  {Maurice  de). 
Mauriniacense  coenobium,  340.  Voy. 

Morigni. 
Mayenne  {La),  rivière,  13,  n.  2.  Voy. 

Meduana. 
Mayeul  {Saint),  abbé  de  Cluny,   26, 

n.  2,  129,  n.  10.  Voy.  Cluny. 
May  nier,  abbé  de  Saint-Florent-lez- 

Saumur,  23. 
Maximin  {Saint),     203,    n.    6,    204, 

206. 
Medalgicus    (pagus).   Voy.    Mauges 

(Les). 
Méditerranée  {La),   115,    n.  5,  229, 

n.  1,  320. 
Meduana,  fluvius.    Voy.    Mayenne 

{La). 
Melaz,    filia     Dalimanni    principis, 

279.  Voy.  Danismand. 
Meldicks  {Les),    branches  de  la  ri- 

vièred'Aa,  1 19,  n.  4.  Voy.  Aa. 
Mélilène  (Syrie  i,  279,  n.  1. 
Melleray   (Mayenne),   23,    n.   4  ;   - 
(église  de  Saint-Pierre  de),  ibid, 
Mellionuc,  53.   Voy.  Er  Velionec. 
Memmatensis.  Voy.  Mimatensis.- 
Mende  (cathédrale   de),  326-330  ;  — 
(cimetières  de  la  cathédrale    de), 
327,  n.  3  ;  —  (cryptes    de  Sàint- 
Privat  de),  description,    326^330  ; 
,'    —   (église    de   Sainte-Thècle,   à); 

28 


434 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


327,  n.  3  ;  —  (évêques  de).  Voy. 
Aldebert  II  et  Aldebert  III.  — 
Voy.  Gabalitana  urbs,  Gévaudan 
{Le,,  Mimatensis  ecclesia. 

Merchem.  Voy.  Merckem 

Merckem  l  Belgique),  prov.  de  la  Flan- 
dre occidentale,  313. 

Merckerg hem  (Nord),  313,  n.  5. 

Metz  (évèque  de),  68,  n.  7. 

Me anet  {église  de), —  Indre  — ,284, 
n.  6. 

Meung.  Voy.  Léon  de  Meung,  Mag- 
dununi. 

Meuse  (La),  fleuve,  158,  n.  3. 

Mici.  Voy.  Euspice  [Saint),  Saint- 
Mesmin. 

Middelbourg  (prov.  de  Zélande, 
Pays-Bas),  183,  n.  1  ;  —  (marché 
de),  ibid. 

Milan      (Lombardie),      26,      n.     2  ; 

—  (église  de  Saint-Ambroise, 
à),  ibid. 

Mimatensis  ecclesia.   Voy.  Mende. 

Mogerioa.  Voy.  Magouer  (Morbi- 
han). 

.Moissac  (Tarn-et-Garonne),  146  ;  — 
(abbaye  de),  146-1 48  ;  —  (abbés  de). 
Voy.  Aimeri.  Ansquilil,  Durand 
de  Bredon,  Hunaaa  de  Gavarret, 
Raimond  /",  Roger  ;  —  (clochers 
de),  1 59  ;  —  (cloîtres  de  l'abbaye 
de),  fontaine,  sculptures,  147,  149, 
403,  n.  1  ;  —  (portail  de  l'église 
de),  décoration  sculpturale,    147  ; 

—  (prieurés  de  l'abbaye  de),  ijbtd. 
Moissiacum      monasterium.      Voy. 

M  >issac. 

Mo te.sme( monastère  de),  — Yonne, — 
15"),  n,  4.  295,  296,300,  301  ;—  (rap- 
ports de  ,  avec  l'abbaye  de  Cîteaux, 
295.  Voy.  Robert  de  Molesme. 

Molismensis  ecclesia.  Voy.  Moles- 
me. 

Monasterium  Novum,  Pictavis. 
Voy.  Montier neuf  (abbaye  de). 

Monaslier  {Le),  —  Haute-Loire,  — 
(abbaye  deSaint-Ciiafl're  du),  233, 
234,  n.  1,  235,  n.  1  ;  —  abbés  du). 
Voy.  Guillaume  III,  Guillaume 
IV      Vulfad. 

Moncontour  (Vienne),  362,  n.  1  ;  — 
I  seigneurie  de),  ibid.  Voy.  Montis 
Comiloris  domini. 

Mons  Budellus,  Buellus,  castrum. 
Voy.  Motte-Monlboyau  {La). 

.Mont-Cassin  (Italie,  terre  de  La- 
bour) :  (abbés  du),  9,  n.  2,  12, 
n.  3,  30,  n.  1,  37,  n.  5,  41,  n.  6, 
140,  n.  1.  Voy.  Didier  ;  —  (chro- 
nique du),  12,  n.  3,  37,  n.  5,  133, 
n.  1  ;  —  (cloître  du),  12,  n.  3,   30, 


n.  1  ;  — (église  du),  12,  n.  3,  41, 
n.  6,140,  n.l;  — (inscriptions  en 
vers  latins,  du),  37,  n.  5  ;  —  (me- 
sures architecturales  employées 
pour  les  constructions  du),  12,  n. 
3,  133,  n.  1. 

Monl-de-la-Nue  (Sarthe),  270.  Voy. 
Montis  de  Nube (castrum). 

Mont-Dieu  (chartreuse  de),  —  Ar- 
dennes,  — ,  266,  n.  2  ;  —  (prieur 
de).  Voy'.   Joffroi. 

Mont-Glonne  (château  de),  sa  con- 
struction, 16,  20,  n  6,  21.  Voy. 
Giomnae  montis  castellum.  Voy. 
aussi  Albaldus  cellerarius,  Thi- 
baut, prévôt. 

Mont-Saint-Michel  (église  du),  208, 
n.  1  ;  —  (abbé  du).  Voy.  Robert  de 
Torigni. 

Monlargis  (Loiret),  6,  10,  n.  5. 

Montarsin  de  Montaut,  301. 

Montant  (prieuré  de),  —  Gers,  — 
302,  n.  1. 

Monlhray  (Manche),  71,  n.  4.  Voy. 
Geoffroi  de  Montbray. 

Monte  aruto  (Hugo  de).  Voy. 
Hugue  de  Montaigu. 

Monte  Berulpho  (Guilhermus  de). 
Voy.  Guillaume  de  Montberon. 

Montesquien-V olvestre  (Haute-Ga- 
ronne), 179.  Voy.  Saint-Christaud- 
de-  Volvestre. 

Monlierneuf  (abbaye  de),  à  Poitiers, 
241,  254.  Voy.  Monasterium  no- 
vum,  Poitiers. 

Montignac  (Charente),  315,  n.  2  ;  — 
(château  de),  315. 

Montigny-le-Ganelon{Eiire-ei-Loir), 
175;  — (Pierre  de),  ibid.,  363,  n. 
4. 

Montiniaco  (Petrus  de).  Voy.  Mon- 
tigny-le-Ganelon. 

Montiniacum.  Voy.  Montignac. 

Montis  Comiloris  domini.  Voy. 
Moncontour. 

Montis  de  Nube  (castrum).  Voy. 
Mont-de-la-i\ue. 

Montmailler  (faubourg  de),  à  Li- 
moges, 59  ;n.  4.  Voy.  Limoges. 

Montmajour  (abbaye  de),  —  Bou- 
ches-du-Rhône— ,  304,305,  n.  1, 
365  ;  —  Pierre  (abbé  de),  ibid.  ;  — ■ 
(dépendance  de).  Voy.  Saint-Remi 
{tour  de). 

Montmelier.  Voy.  Montmailler. 

Montpellier,  112,  Voy.   Maguelone. 

Montreuil-Bellay  (château  de),  — 
Maine-et-Loire,  —  96,  n.  7. 

Morigni  (Seine-et-Oise),  3  40,  n.  6  ; 
—  (abbé  de).   Voy.  Renaud  ;  — 


TABLE    ALPHABETIQUE 


43o 


(église  de\  340,  341.  Voy.  Mauri- 
niacense  coenobium. 

Morimond  (abbaye  de),  —  Haute- 
Marne,  —  362,  n.  4. 

Morini,  173|  n.  1  ;  —  Morinensis 
urbs,  392  ;  —  Morinorum  episco- 
pus.  Voy.  Jean  de  Commines, 
évêquede  Thérouanne.  Voy.  aussi 
Morinie  {La). 

Morinie  (La),  181,  n.  5. 

Moritonensis  conies.  Voy.  Mar- 
iai n. 

Morlaas  (Basses-Pyrénées),  354. 
355,  n.  7  ;  —  (résidence  vicomtale 
de  Béarn,  à),  355,  n.  7  ;  —  (bourg 
de  Saint-Nicolas,  à),  354,  356,  357, 
n.  1;  —  (église  paroissiale  de  Saint- 
An'lré,à),  354,  356  ;  —  (prieuré  de 
Sainte-Foi,  à),  354-356.  façade  de 
l'église,  355,  n.7. —  Voy.  Bernard 
de  Bevste. 

Morlanensis.  Voy.   Morlaan. 

Mortain  (Manche),  73.  Voy.  Mori- 
tonensis conies. 

Morvanus.  Voy.  Morven. 

Morven,  évéque  de  Vannes,  281. 

Mosa,  fîuvius.  Voy.   Meuse  (La). 

Mota  F'ulcoii.  Voy.  Motte-Fulcnis 
(La). 

Mota  Galterii  de  Clincampo.  Voy. 
Motle-Gaulier-de-Clinchamp[La). 

.Motte  (La).  Voy.  Motte-Montboyaa 
{La). 

Motle-Fulcois  (La),  à  Amboise  (In- 
dre-et-Loire), 113,  n.  3. 

Motte- Gautier-de-Clinchamp  (La), 
—  Orne,  —  278. 

Motte- Monthoy au  (La),  —  Indre-et- 
Loire,  —  18,'n.6,78,182,n.  1.  Voy. 
Mons  Budeilus,  Buellus. 

Moys'acum  monasterium.  Voy. 
Moissac. 

Muret  (Haute-Garonne),  178. 

Muret  (Haute-Vienne),  353.  Voy. 
Etienne  (Saint)  de  Muret,  Grand- 
mont. 

Musullacensis  dominus.  Voy.  Muzil- 
lac. 

Muzillac  (Morbihan),  280  ;  —  (sei- 
gneur de),  281. 


N 

Nampcel  (Oise),  371. 

Nantes.  Voy .  Itier,  évèque. 

Nar bonne  (archevêque  de),  115,  n. 
2.  Voy.  Guifred  de  Cerdagne  ;  — 
(concile  de),  1 52,  176,  n.  2  ;  —  (pro- 
vince ecclésiastique  de),  114  :  — 
(synode  de),  341,  n.  3. 


Navarre  (La),  239,  n.  1. 

Nëbian  (Hérault),  110,  n.  6. 

Nègrepelisse  (Tarn-et-Garonne),  232, 
n.  2  ;  — (vicomtes  de),  ibid. 

Nemausensis  episcopus.  Voy.A'tme.s. 

Nemausus,  civitas.   Voy.    Nimes. 

Nesle  (Aisne),  320,  n.  2.  Voy.  Nigel- 
la. 

Neustrie  (La),  372. 

Neuvy  (Loiret),  34,  n.  2.  Voy.  No- 
vus  vicus. 

Neuvy-Saint-Sépulcre  (église  de),  — 
Indre,  — 28,  n.  3,  107,  n.  1,  123. 
Voy.   Novicus,  Novus  Vicus. 

Nevernense  suburbium.  territorium, 
Nevernis.  Voy.  Nevers,  Nivernais 
[Le). 

Nevers  (cathédrale  de),  79  ;  —  ^Gha- 
pitre  de),  79  ;  —  (comtes  de),  107, 
n.  5,  267,  281,  282  ;  —  (église  de 
Saint-Etienne  de),  107,  n.  5,  281, 
282  ;  —  (évéque  de).  Voy.  Hugue  de 
ChampaUement; —  (faubourg  de), 
282  ;  —  (paroisse  de  Saint-Jean,  ài 
79,  n  4.  Voy.  aussi  Saint-Cyr. 

Nice  (comté  de),  229,  n.  2;  — ^  (égli- 
ses fortifiées  du  diocèse  de), 116, n. 
4  ;  —  (évéque  de),  ibid.  ;  —  zones 
de  protection  autour  des  églises 
du  diocèse  de),  ibid. 

Nicolas  II,  pape,  176,  177,  n.  4. 

Nicolas  (Saint),  127. 

Nigella.    Voy.     Nesle,    Noyelles. 

Nimes,  240  ;  —  (cathédrale  de), 
ibid.  ;  —  (chanoine  de).  Voy. 
Ponce  ;  —  (évêques  de).  Voy.  Fro- 
taire  I",  Frotaire  II  :  —  (porte  de 
la  Bouquerie,  à),  240,  n.  2  ;  — 
(porte  de  la  Magdeleine,  à),  ibid., 

—  (rue  Auguste,  à),  241,  n.  2  ;  — 
(temple  ancien,  dit  la  Mai>on  Gar- 
rée,  à).  240,  241  ;  —  (vicomte  de). 
Voy.  Bernard  Aton. 

Nivard,  artiste  Lombard,  peintre  et 
ciseleur,  38. 

Nivernais  (Le), 33,  n.  5. 

Noeria,  Noeriis,  castrum.  Voy. 
Noyers. 

Nogent-le-Rotrou  (Eure-et-Loir),  287, 
288.  Voy.  Saint-Denis  (mona- 
stère de). 

Nogent-sous-CoHcy  (Aisne),  317, 
318,  n.  2  :   —  (aÉbaye  de),    ibid.  ; 

—  (cimetière  gallo-romain,  de)  316, 
318  ;  —  (abbé  de).  Voy.    Guibert. 

Nogentum  castrum.  Voy.  Nogent-le- 
Rotrou. 

Normand  de  Doué,  évéque  d'An- 
gers, 83,  85.  Voy.  Doë  (Norman- 
dus  de). 

Normandie  (La),  26,  n.   2,  73,  n.  6, 


436 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


74,  111,  II.  4,  121,  n.  5,  144,  149, 
151,  n.  1,195,  19P,  19S,  n.  4,  246, 
247,  252,  n.  7,  253,  273,  274.  277, 
332,  343, 11.3,364,  n.  2;  —  (concours 
des  populations  pour  la  construc- 
tion d'églises,  en),  157.  n.  2  ;  — 
(couventsde  femmes, en),  151,  n.l  ; 

—  (culte  delà  Vierge,  en),  77,  n.3; 

—  (matériaux  de  construction  de), 
transportés  en  Angleterre,  195, 
211,  n.  2  ;  — (persistance  des  char- 
pentes apparentes  dans  les  églises 
de),  161,  n.  3  ;  —  (statuaire  en), 
77,  n.3;  —  (vocable  de  la  Trinité 
dans  des  églises  de),  178,  n.  1. 
Voy.  Auge,  Normands. 

Normands  (châteaux  des),  68,  n.  1, 
251-252,  273-277,  332-333,  de  bois, 
193,  194.  n.  2;  —  (constructions 
privées  dans  les  cimetières  des), 
250-252,  n.  7,  275,  n.   9,  343,  n.  2  ; 

—  (invasions  des),  172,  n .  2;  —  (sei- 
gneurs), 72,  n.  1,  252,  n.  7  ;  — 
(système  des  fortifications  des), 
274-275,  276,  n.  7,  277,  n.  8  ;  — 
tombeaux  de  princes),  à  Venouse 
(Italie  méridionale),  177. 

Normanni,  Normannia.  Voy.  Nor- 
mandie, Normands. 

A'^orrey  (Calvados),  151,  n.  3.  Voy. 
Nuceretum. 

Notgerde  Liège,  44,n.  2,67,  n.  4,et5. 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Amiens. 
Voy.  Amiens. 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Bayeux. 
Voy.  Bayeux. 

iVo<re-Dame (cathédrale),  à  Cambrai. 
Voy    Cambrai, 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Char- 
tres. Voy.  Chartres. 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Cler- 
mont.  Voy.  Clermonl. 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Cou- 
tances.  Voy.  Couiances. 

Notre-Dame  (cathédrale),  'à  Évreux. 
Voy.  Évreux. 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Gre- 
noble. Voy.  Grenoble. 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Lescar. 
Voy.  Lescar . 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Nîmes. 
"Voy.  Nîmes. 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Paris. 
Voy  Paris. 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Senlis. 
Voy.  Senlis. 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Spire. 
Voy.  Spire. 

Notre-Dame  (cathédrale),  à  Thé- 
rouanne.  Voy.  Thérouanne. 


Notre-Dame  (chapelle  de),  à  Cluny. 
Voy.  Cluny. 

Notre-Dame  (chapelle  de),  à  Saint- 
Bertin.  Voy.  Saint-Bertin . 

Notre-Dame  (chapelle  de),  dépen- 
dance de  la  cathédrale  de  Cantor- 
béry.  Voy.    Cantorbéry. 

Notre-Dame  (chapelle  de  l'infirmerie 
de),  à  l'abbaye  de  Saint-Florent- 
lez-Saumur.  Voy.  Saint-Florent- 
lez-Saumur. 

Notre-Dame  et  Saint-Riquier  (cryp- 
te de).  Voy.  Saint-Riquier. 

Notre-Dame  (crypte  de),  à  l'église 
abbatiale  de  Fleury-sur-Loire. 
Voy.    Fleury-sur-Loire. 

Notre-Dame  (église  abbatiale  de), 
à  Nogent-sous-Coucy .  Voy.  No- 
gent-sous-Coucy . 

Notre-Dame  (église  abbatiale  de),  au 
Bec.  Voy.  Bec  {Le). 

Notre-Dame  (église  de),  à  Étampes. 
Voy.   Etampes. 

Notre-Dame  (église  de),  à  Huy 
(Belgique).  Voy.  Huy. 

Notre-Dame  (église  de),  à  Sainte- 
Opportune.  Voy.  Sainte-Oppor- 
tune (Manche). 

Notre-Dame  (église  de),  à  Salins. 
Voy.    Salins. 

Notre-Dame  (église  de),  auMarillais 
(Maine-et-Loire).  Voy.  Marillais 
(Le). 

Notre-Dame  (propitiatoire  de),  à 
l'église  abbatiale  de  Fleury-sur- 
Loire.    Voy.    Fleury-sur-Loire. 

Notre-Dame  (vocable  de),  appliqué 
aux  églises  des  religieuses  de  l'Or- 
dre de  Fontevraull.  Voy.  Fonte- 
vrault. 

Notre-Dame-de-Bonnevaux  (Isère). 
Voy.  Bonnevaux. 

Notre-Dame-de-la-Pitié  (église  de), 
à  l'abbaye  de  Lérins.  Voy.  Lérins. 

Notre-Dame-de-Monlierneu  fi^ahhaye 
de),  à  Poitiers.  Voy.  Montierneuf, 
Poitiers. 

Notre-Dame  des  Chatelliers  (église 
abbatiale  de).  Voy.  Chatelliers 
[Les). 

Notre-Dame-des-Doms  (cathédrale), 
à  Avignon.  Voy.  Avignon. 

Notre-Dame-du-Port  (église  de),  à 
Clermont-Ferrand.  Voy.  Cler- 
monl. 

Notre-Dame-du-Pré  (église  de),  au 
Mans   Voy.  Mans  [Le). 

Notre-Dame  et  Saint-Omer  (église 
de),  à  Ardres.  Voy.   Ardres. 

Notre-Dame  la-Dehors  (église  de),  à 
Auxerrc.  Voy.  Auxerre. 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


437 


Nouveau  (Le)  monastère,  295,  n.   3, 

361 .  Voy.  Cileaux. 
iVouare  (Piémont),  26,  n.  2. 
Novicus,     in    Bituria,     124.     Voy. 

Neuvy-Saini-Sépulcre. 
Novigentum.     Voy.      Nogent-sous- 

Coucy . 
Noviomum.    Voy.     Noyen-sur-Sar- 

the. 
Novummonasterium.  Voy.  Nouveau 

monastère. 
Novus  vicus,    in    Aurelianensi    re- 

gione.  Voy.  Neuvy  {Loiret). 
Novus  vicus,  in    Bituria,  124,    n.  3. 

Voy.  Neuvy-Saint-Sépulcre,    No- 
vicus. 
Noyelles  (Nord),  66,  n.  6.    Voy.   Ni- 

gella. 
Noyen-sur-Sarthe  (Sarthe),  256  ;  — 

(château  de),  256. 
Noyers  (château  de),   —  Yonne,  — 

92,  96,  n.  6,  98.  Voy.  Noeria,  Noe- 

.riis,  Hngue  de  Noyers. 
Noyon    (cathédrale    de],    211,  n.    1, 

nef,  371,  n.    3  ;    —   (evêques   de). 

Voy.   Baldéric     de     Théronanne, 

Ratbode  ;  voy.  aussi,  371,  n.  3;  — 

(monastère  de   Saint-Barthélémy 

de),  370. 
Nuceretum.  Voy.  Norrey . 
Nuremberg  (Musée  germanique  de), 

217,  n.  3. 


Océan  (L'),  345,  386. 

Oceanuni  mare.  Voy.  Océan  [L'). 

Oceanus  mediterraneus.  Voy.  Mé- 
diterranée (La). 

Octavianus  Caesar.  Voy.  César. 

Oddo.  Voy.  Odo. 

Odilon,  gardien  chargé  de  l'entre- 
tien de  labbatialc  de  Flcury-sur- 
Loire,  11. 

Odilonde  Mercœur,  abbé  de  Cluny, 
33,  n.  5,  38,  n.  5,  57,  n.  1,  127-128, 
130,  132,  n.  1,  146,  n.  3,  169,  n.  3, 
170,  n.  3,  271,  n.  3.  Voy.  Cluny. 

Odilon  (Saint).  Voy.  Odilonde  Mer- 
cœur. 

Odland,  abbé  de  Saint-Bertin,  119, 
n.  4. 

Odo.  Voy.  Eudes,  Odon. 

Odoard,  seigneur  du  Berry,  124, 
n.  5. 

Odolric,  abbé  de  Saint-Martial  de 
Limoges,  59,  n.  3. 

Odolric,  abbé  de  Sainte-Foi  de 
Conques,  105,  n.  2. 


Odolric,  évêque  d'Orléans,  55,  n.  4. 

Odolric,  fondeur  de  cloches,  19. 

Odolric,  moine  de  Saint-Julien  de 
Tours,  artiste,  36. 

Odolric,  moine  de  Sainte-Foi  de 
Conques,  constructeur  de  l'église 
de  Sainte-Foi  d'Esclottes,  dans  le 
Bazadais.  238,  239,  n.  1. 

Odolricus.  Voy.  Odolric. 

Odon,  abbé  de  Cluny,  128,  n.  2,  307, 
n.  2. 

Odon,  abbé  de  Fleury-sur-Loire,  9. 

Odon,  archevêque  de  Cantorbéry, 
220. 

Odon,  prieur  de  Cantorbéry,  213. 

Odon  de  Roser.  prieur  de  Madiran 
(Hautes-Pyrénées),  186,  n.  4. 

Ogrer.  Voy.  Auger. 

Ogier,  12.  Voy.  Otgerius. 

Ogis,  200,  201  .'Voy.  Otgisus. 

Oléron  (île  d),  —  Charente-Infé- 
rieure, —  387. 

Oleronensis  insula.  Voy.  Oléron 
(ile  d). 

Oliba,  Elenensis  episcopus,  25.  Voy. 
Elne. 

Ollerias.  Voy.  Ollières. 

Ollières  (Var),  189. 

Oforon  (Basses-Pyrénées),  357,  n.  1. 
Voy.  Arnaud  /",  évêque. 

Onfroidu  Tilleul-en-Auge,  gardien 
de  la  tour  d'Hastings  (Angle- 
terre), 194,  n.  4.  Voy.  Unfridusde 
Telliolo. 

Orbiicis  monasterium.  Voy.  Orbais- 
V  Abbaye. 

Orbais-V Abbaye  (Marne),  43,  n.  1. 

Orbestier  (Vendée),  333,  334.  n.  2  ; 

—  (abbaye  de  Saint-Jean  d'),  333, 
334;  _  (forêt  d'),  ibid. 

Orbisterium,  Voy.  Orbestier. 
Orient.   Voy.  Antioche,  Constanti- 

nonle,    Galilée  (La),    Jérusalem, 

Melitène,  Palestine  (La),  Samarie 

(La),  Syrie  (La),  Tripoli. 
Orléanais  (L'),18,  n.  2,  20,  n.  7. 
Orléans  (cathédrale  d'),  1,  3,  346;— 

(cloître  de  la  cathédrale  d'),  346  ; 

—  (église  de  Saint-Aignan,  à),  55- 
57,  62,  n.  4  ;  —  (enceinte  fortifiée 
d'),  3 {6,  347  ;  —  (évêques  d').  Voy. 
Arnoul  II,  Jean  II,  Odolric  ;  — 
(maisons  de  bois  d'),  346;  —  place 
du  «  Tanuz  »,  à),  347.  Voy.  Au- 
reliana,  Aurelianensis  civitas,  Au- 
relianis. 

Orscand,  dit  le  Grand,  évêçîue  de 
Vannes.   53  ;  —  son  fils,  ibid.,  54. 

Orscandus  Magnus,  Venetensis 
episcopus.  Voy.  Orscand. 


438 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


Orticosa,  castrum,  Voy.  Ortieuse 
(L'). 

Ortieuse  (L'),  —  (Sarthe),  —  278. 

Osmond,  évoque  de  Salisbury,  198. 

Osnabriick  (Allema^^ne,  Hanovre), 
69,  n.  5  ;  —  (évêque  d').  Voy.  Ben- 
non. 

Osse  (L'),  rivière, —  (Gers), —  284. 

Otfîerius,  operarius.  Voy.  Ogier. 

Otj^isus,  praecentor  S.  Hilarii  [Pic- 
tavensis].  Voy.  Offis. 

Othon,  évêque  de  Bamberg,  69, 
n.5. 

Ouche,  nom  primitif  de  Saint- 
EvrouL  Voy.  Saint-Evroul  (TOu- 
c/ie  ,  Saint-Evroult-N.-D.-du- 
Bois.  Voy.  aussi  Uticum,  Uticen- 
sis  pagus. 

Oudenbourg  (prov.  de  Flandre  oc- 
cidentale, Belgique),  168,  n.  1  ;  — 
(reconstruction  de  l'abbatiale  d'), 
168-175  ;  —  (campanile  de  bois  de 
ladite  abbatiale),  169-171,  174-175, 
mesures  prises  pour  son  rétablis- 
sement, indemnités  des  maîtres 
charpentiers,  ihid.;  —  (fortifica- 
tions de  la  ville  d'),  168,172-173; 
—  (gardien  de  l'église  d').  Voy. 
Siger.  Voy.  Aldenborg,  Aiden- 
burgensis  parrochia,  Hariiilfe, 
abbé. 

Ouen  [Sninl),  archevêque  de  Bouen, 
220.  Voy.  Audoenus. 

Oust  (//),  rivière  (Morbihan),  199, 
n,  5. 

Oximum,  castellum.  Voy.  Exmes 
(Orne). 


Paganus.  Voy.  Pat/en. 

Palestine  (La),  124,  n.  5,  135,  n.  11. 
Voy.  Galilée  {La),  Saniurie  (La). 

Pantoul  ou  Pantulf  (Guillaume), 
chevalier  normand,  178,  n.  1. 

Papia.  Voy.  Pavie. 

Papias,  glossateur  du  moyen  âge, 
36,  n.  3. 

Paris  (abbaye  de  Saint- Victor  de), 
95,  n.  4  ;  —  (ancienne  église  de 
Saint-Etienne  de),  348,  3  49  ;  — 
(archidiacre  de).  Voy.  Etienne  ;  — 
—  (cloître  de  la  cathédrale  de), 
3  48-349  ;  —  (église  de  Saint-Chris- 
tophe de),  349;  —  (église  «  Neuve» 
de  Notre-Dame  de),  348-351;  — 
(évêque  de).  Voy.  Maurice  de 
Sully  ;  —  (legs  de  cent  livres  fait 
par  ledit  evéque  pour  couvrir  la 


nef  de  la  cathédrale  de),  72,  n.  5  ; 

—  (palais  épiscopal  de),  348-349. 
Parius  lapis.  Voy    Paros. 

Paros  (marbre  de),  159. 

Pascal  II,  pape,  245,  n.  1,  268,  n.  7, 

330. 
Paschalis.  Voy.  Pascal. 
Paschase,  pape,  15. 
Paterniacus.  Voy.  Payerne. 
Pau  (Basses- Pyrénées),  101,  n.  4. 
Paul  {Saint),  81.  232,  272,  n.  2. 
Pavie  (prieuré  de  Saint-Mayeul,  à), 

129. 
Payen,  moine  de  Bedon,  construc- 
teur d'écluse,  281. 
Payen  de  Saint-Calais,  évêque  du 

Mans,  165,  n.  2. 
Payerne  (Suisse,   cant.   de    Vaud), 

128,  n.   7  ;   —  (abbaye   de),   ibid. 

Voy.  Paterniacus. 
Pays-Bas.  Voy.  Maestricht,  Middel- 

hourg. 
Pedveriis  (turris  de).    Voy    Pithi- 

viers. 
«  Pelenertus  »,   surnom   d'un  puits 

du  château  de  Châtel-Aillon,  387. 

Voy.  Chàtel-Aillon. 
Perai  (Sarthe).  Voy   Peretum. 
Perche  (Le),  287.  Voy.  Perticum. 
Perenesius,  abbas  Bolhonensis,  199. 

Voy.  Redon. 
Peretum  castrum,  278.  Voy.  Pérai. 
Périgord  {Le),  243,  n.  4,  362,  n.  3  ; 

—  (ordre  de  Fontevrault,  dans  le), 
312,  n.  1. 

Périgueux,  242;  —  (agglomération 
urbaine,  au  xi°  siècle,  de),  112, 
n.  4  ;  —  (bourg  de  Saint-Front, 
à),  242  243  ;  —  (cité  de),  244  ;  — 
(diocèse  de).  147  ;  —  (église  collé- 
giale de  Saint-Front,  à)  :  incen- 
die, 242-244,  destruction  des 
cloches,  ibid.,  couverture  de  bois, 
ibid.;  —  (évoques  de).  Voy. 
Guillaume  d'Aubero::he,  Guil- 
laume de  Montberon  ;  —  (sculp- 
tures du  tombeau  de  Saint-Front, 
à),  242,  243.  Voy.  aussi  Guina- 
mand.  —  Voy.  Petragorica  civi- 
tas. 

Perpignan,  113. 

Perticum,  288.  Voy.  Perche  (Le). 

Petershausen  (monastère  de).  Voy. 
Constance. 

Petrabuferia  (Gauzcclmus  de),  15. 
Voy.   Pierre-Buffière. 

Petragorica  civilas.  Voy.  Péri- 
gueux. 

Petronilla.  Voy.  Perronelle. 

Petrus.   Voy.  Pierre. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE 


439 


l'evensey  (Angleterre,  comté  de 
Sussex),  193,    n.  2. 

Peyrnc  (Aimeri  de).  Voy.  Aimeride 
Peyrac,  abbé  de  Moisnac. 

Philippe  I",  roi  de  France,  13,  74, 
n.  2,  271,  273,  284. 

Philippe  Auguste,  346,  n.  1,  372, 
n.  5. 

Philippe  d'Alsace,  comte  de  Flan- 
dre, d'Amiens  et  de  Vermandois, 
237,  n.  1,  3<>2,  n.  1. 

Pictavi,  Pictaviense  solum,  subur- 
bium.  Voy.   Poitiers,  Poitou  (Le). 

Piémont  (Le).  Voy.  Fructuare,  Lo- 
cedio,  N  avare. 

Pierre,  abbé  d'Andres,  387-393. 

Pierre,  abbé  de  Montmajour,  365. 

Pierre  II,  dit  Gaufridi,  archevêque 
d'Aix,  202,  204,  n.  2  ;  —  Pierre  III, 
archevêque  d'Aix,  203,  n.  2.   327. 

Pierre,  évêque  de  Cavaillon,  203. 

Pierre,  moine  de  Redon,  construc- 
teur, 5,  n.  5. 

Pierre,  moine  de  Sainte-Foi  de 
Conques,  constructeur  de  l'église 
d'Esclottes,  dans  le  Bazadaiy", 
238. 

Pierre,  sire  de  Castelpers,  en  Rouer- 
gue,    49.  n.  2. 

Pierre  {Saint),  232,  272;  —  (tombeau 
de),  à  Rome,  31.  n.  2. 

Pierre-Buffière  (Haute-Vienne),  15, 
n.  3. 

Pierre  de  Celles   43.  n.  3. 

Pierre  de  Limoges,  prieur  de  Grand- 
mont,  353. 

Pierre  de  Saint- André,  maître 
maçon  de  l'évêque  de  Grenoble, 
343. 

Pierre  de  Saint-Gilles,  moine  «  ou- 
vrier »  du  prieuré  de  Saint-Hono- 
rat  d'Arles.  1S9,  n.  2. 

Pierre  du  Barri  abbé  de  Saint- 
Martial  de  Limoges,  58,  39,  60, 
n.  3. 

Pierre  le  Chambellan.  74.  n.  1,  144, 
n.  '». 

Pierre  le  Chantre,  théologien,  368, 
n.  3;  — (opinion  de),  sur  le  luxe 
dans  la  construction  des  églises, 
ibid. 

Pierre  le  Vénérable,  abbé  de  Clu- 
ny.  271,  n.  4,  368,  n.  1. 

Pilitnilio  fecclesia  de).  Voy.  Pirmil. 

Pirmil  (Sarthe),  298,  n.  3  ;  —  (châ- 
teau de),  ibid.;  —  (église  de),  298, 
299. 

Pithiviers  (seigneur  de).  Voy. 
Isembard  ;  —  (tour  de),  276. 

Plantagenêt  (famille  de),  333.  Voy. 
Anjou  (L'). 


Plegmund  [Saint],  archevêque  de 
Gantorbéry.  220. 

Pline  l'Ancien.  134,  n.  3. 

Ploërmel  (Morbihan),  51. 

Poitiers.  140,  199,  241.  234,  378;  — 
(abbaye  de  Saint-Gyprien,  à), 
279; —  (abbaye  de  Montierneuf, 
à),  241,  234.  Voy.  Ponce,  moine, 
constructeur  ;  —  (cathédrale  de), 
63,  n.  3  et  n.  4  ;  —  (comtes  de). 
Voy.  Aquitaine  [ducs  d')  ;  — 
(comtesse  dei.  Voy.  Agni^s  de 
Bourgogne;  —  (église  collégiale 
de  Saint-Hilaire,  à),  140,  141, 
n.  3,  199,  235,  n.  1.  Voy.  aussi 
Gautier  Coorland,  maUre  d'œu- 
l're  ;  —  (évêque  de).  Voy.  Calon  ; 

—  (palais  ducal  de),  63,  n.  4  ;  — 
Voy.  Pictavi. 

Poitou  {Le},  17,  n.  7,  141,  200.  241, 
310,  n.  1,   333,  341,  n.  3,  361,  377  ; 

—  (emploi  du  moyen  appareil 
dans  des  monuments  du),  338, 
n.  5  ;  —  (ordre  de  Fontevrault, 
en),  312,  n.  1,  361;  —  (rapports 
entre  l'architecture  romane  d'Au- 
vergne et  celle  du),  397,  n.  1.  Voy. 
Aquitaine. 

Pomposa  (monastère  de  Sainte- 
Marie  de),  au  diocèse  de  Ra- 
venne.  45,  n    3. 

Ponce,  abbé  de  Saint-Sauveur  d'A- 
niane.  109-111.  Voy.i4ntane. 

Ponce  I",  comte  d  Ampurias,  115, 
n.  5.  Voy.  Ampurias. 

Ponce,  chanoine  de  la  cathédrale  de 
Nîmes.  240. 

Ponce,  chanoine  «  ouvrier  »,  chargé 
de  l'entretien  des  bâtiments  de 
Saint  Sernin,à  Toulouse,  189, n. 2. 

Ponce,  évêque  de  Tarbes,  191,  n.  2. 

Ponce,  évêque  du  Puy,  327.      « 

Ponc,  moine,  constructeur  de 
l'abbaye  de  Montierneuf,  à  Poi- 
tiers, 254,  235. 

Ponce,  moine  de  Sainte-Foi  de 
Gonques,  153. 

Ponce,  prévôt  de  Saint-Ruf,  à  Avi- 
gnon. 306. 

Pons.  Pontius.  Voy.  Ponce. 

Pontlevoy  (Loir-el-Gher),  342  ;  — 
(abbaye  de),  342,  n.  3  ;  —  ;,châ- 
tcau-fort  de),  342,  n.  4. 

Pontoi.se   (Seine-et-Oise),  38,  n.  1  ; 

—  (carrières,  près  de),  ibid. 
Poppon    {Saint),    de    Stavelot,    38, 

n.  2. 
Porhoët    (doyenné   de),   —    Morbi- 
han,   —   dépendance  et    paroisse 
de  Sainte-Croix.  199,  n.  5;  —  (vi- 
comte de),  51,  198. 


440 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


Fouille   {La),    72,  n.    1,   178,   n.    1. 

Voy.  Apulia. 
Prais-de-Mollo,  chef-lieu  du   comté 

de     Valespir     (Roussillon),     116, 

n.  2.  Voy.  Valespir. 
Privât    (Saint),    326,    327,    n.  3;  — 

(chapelle  de),  à  Mande,  327,  n.  3; 

—  (cryptes  de),  ibid.,  descrip- 
tion, 326-330  ;  —  (grotte  de),  326; 

—  (reliques  de),  invention  et  des- 
cription, 326,  n  4,  327,  n.  1,  328- 
330   Voy.  Mende. 

Prosper  d'Aquitaine,  père  de  l'E- 
glise, 159,  n.  3. 

Provence  (La),  189,  304,  354,  365;  — 
(dates  trop  reculées  attribuées  à 
des  églises  de),  205,  n.  1  ;  — 
(églises  fortifiées  de),  117  ;  —  (em- 
ploi du  moyen  appareil  dans  des 
monuments  de),  338,  n.  5  ;  — 
(zones  de  protection  autour  des 
églises  de),  116-117. 

Puiset(Le),  —  Kure-et-Loir,  —  336, 
n.  6  ;  —  (château  et  siège  du), 
184,  n.  1.  334-337;  —  (seigneur 
de).    Voy.   Hugues  II. 

Puteolum  castrum.  Voy.  Puiset 
(Le). 

Puy  [Le),  233  ;  —  (cathédrale  du), 
234,  n.  1,235  n.  1  ;  —  (évèque  du). 
Voy.  Ponce. 

Pyrénées  [Les],  115,  n.  5,  190,  355. 


Quercy  (Le),  146,  232. 

Quimperlé  (Finistère).  Voy.  Sainte- 
Croix  {prieuré   de). 

Quinciacum.  Voy.  Quincy. 

Quincy  (abbaye  de),  en  Champa- 
gne (Yonne),  279.  Voy.  Bernard, 
abbé. 


R.,  capiscol    de   l'église    cathédrale 

d'Albi,  104. 
Raban  Maur,  313,  n.  4. 
Rabel  le  dambrier,  379,  n.   4,  380, 

n.  1.  Voy.  Tancarville. 
Radbode,   évèque  de   Noyon  et  de 

Tournai.  171. 
Radbode,  évèque  de  Séez,  2i9.  n.  3. 
Radulfus,   Radulphus.  Voy.  Raoul, 

Ralf. 
Raimond  I",  abbé  de  Moissac,  146. 
Raimond  II,  comte  de  Bigorre,  190. 


Raimond,  comte  de  Cerdagne,  115, 

n.  7. 

Raimond,  évèque  d'EIne,  115,  n.  4. 

Raimond  /"■■,  évèque  de  Maguelone, 
90,  n.  4. 

Raimond  1'%  évèque  de  Marseille. 
327. 

Raimond  {Saint).  Voy.  Raimond 
Guairard. 

Raimond,  prince  d'Antioche,  386. 

Raimond  de  Pardiac,  archevêque 
d'Auch,  301. 

Raimond,  Guairard  (ou  Gairald), 
prévôt  de  Saint-Sernin  de  Tou- 
louse, 260-263.  Voy.  Toulouse. 

Raimundus.  Voy    Raimond. 

Rainaldiis.  Yoy.  Rainaud. 

Rainaud,  vicomte  d'Aubusson,  13, 
14. 

Rainaud,  vicomte  de  Beaune,  295. 

Rainaudus.  Voy.  Rainaud. 

Ralph,  archevêque  de  Cantorbéry. 
214. 

Rambouillet  (forêt  de),  66,  n.  3. 

Rançon,  évèque  de  Clermont,  108. 
Voy.  Renco. 

Rnnnnux.  abbé  de  Saint-Vincent- 
lez-le-Mans,  256,    257. 

Rannulf  Flambard,  évèque  de  Dur- 
ham,  286,  287. 

Rannulfus.  Voy.  Rannoux,  Ran- 
nulf. 

Raoul,  abbé  de  Saint-Fiorent-lez- 
Saumur,  23. 

Raoul,  moine,  constructeur  de  l'é- 
glise de  Saint-Jouin-de-Marnes. 
361,  n.  3. 

Raoul,  prévôt  à  Bordeaux,  258. 

Raoul  de  Douvres,  fondateur  de 
l'infirmerie  d'Andres,  3S8.  Voy. 
Andres. 

Ravenne  (diocèse  de).  Voy.  Pom- 
posa . 

Raymond.  Voy.  Raimond. 

Raynaud.  Voy.  Rainaud. 

Redon  (Ille-et-Vilaine),  52,  "n.  1  ;  — 
(abbaye  de  Saint-Sauveur  de),  51, 
52,  n.  2,  198,  199,  n.  4;  —(métiers 
en  rapport  avec  l'art  de  la  cons- 
truction, mentionnés  par  le  car- 
tuliiire  de),  52,  n.  5  :  —  (moine 
de),  constructeur  d'écluse.  Voy. 
Payen.  —  Voy.  Rothonense  mo- 
naslerium,  Sainte-Croix  (prieuré 
de),  dépendance  de  Saint-Sauveur 
de  Redon. 

Réçjennes  (Yonne),  97.  n.  3.  Voy. 
Regius  amnis. 

Regensis  episcopus.   Voy.  Riez. 

Regius  amnis.  Voy.  Régennes. 

Reims  (archevêques  de).  Yoy.  Ger- 


TABLE   ALPHABÉTIQUE 


441 


rats,  Guillaume  de  Champagne, 
Hincmar,  Samson  ;  —  (artiste  ver- 
rier de).  Voy.  Roger  ;  —  diocèse 
de),  266,  n.  2  ;  —  (église  de  Saint- 
Denis,  à),  43,  n.  4  :  —  (église  de 
Saint-Nicaise,  à),  ibid.,  —  («'glise 
de  Saint-Remi,  à),  28.  n.  1  :  histo- 
rique et  description,  39-43,  can- 
délabre précieux,  368.  n.    1  etn.  2; 

—  abbés.  Voy.   Airard.    Thierri; 

—  (église  de  Saint- Symphorien, 
à),  369,  n.  1. 

Renaud,  abbé  de  Morigni,  340,  n.  7. 

Renaud  Chabot,  seigneur  de  Roche- 
servière,186.  Voy.  Rocheservière. 

Renco.  Voy.  Rançon. 

Renneu,  145,  n.  2  ;  —  (abbaye  de 
Saint-Mélaine,  à),  145,  n.  2,  154- 
155;  —  (abbé  de).  Voy.  Tris- 
cand  ;  —  (moine  verrier  de  Saint- 
Mélaine,  à).  Voy.  Valerius  ;  — 
(évéque  de).  Voy.  Marbod  ;  — 
(pays  de),  309.  n.  3 

Rhenus.  Voy.  Rhin  (Le). 

Rhin  (Le),  fleuve,  69,  n.  5,  158. 

Rhodanus.   Voy.  Rhône  (Le). 

Rhône  (Le),  fleuve,  128. 

Rhotomagus.  Voy.  Rouen. 

Ricardus.  Voy.  Richard. 

Richard,  abbé  de  Déols,  124,  n.  5. 
Voy.  Deols. 

Richaril,  abbé  de  Saint-Vanne,  à 
Verdun,    44. 

Richard,  archevêque  de  Cantorbé- 
ry,  213. 

Richard  /",  duc  de  Normandie, 
71,  n.  2,  332,  344,  n.  1  ;  —  Ri- 
chard II,  250,  n.  6  ;  —  Richard 
III,  ibid. 

Richard,  fondateur  de  l'église  de 
Sainte-Opportune  (Manche),  253. 

Richard,  seigneur  de  la  Principauté 
d'Antioche,  279,  n.  1. 

Richard  Cœur-de-Lion,  344,  n.  1, 
372,  n.5,  377. 

Richarius.  Voy.  Richier,   Riquier. 

Richier  de  Laigle,  111,  n.  4.  Voy. 
Laigle. 

Ricols  de  Roussillon,  chevalier,  187. 

Riez  (Basses-Alpes),  116,  n.  4  ;  — 
(évéché  de),  ibid.  ; —  (évéque  de). 
Voy.  Auger. 

Riocus.  Voy.  Musullacensis  domi- 
nus. 

RipolL  (monastère  d<),  en  Espagne 
(Catalogne),  397,  n.  2. 

Riquier  (Saint).  125,  126. 

Ris  (Puy-de-Dôme),  129,  n.  4  ; 
—  (prieuré  de),  ibid. 

Rivius,  Rivis.  Voy.  Ris. 

Robert  /",  duc  de  Normandie,  250. 


—  Robert   II,  dit  Courte-Heuse, 

73,  n.  1,  274,   275,  n.  6,  332,  n.  4. 
Robert,    évéque    de  Coutances,  71, 

n    5. 
Robert,  évéque  de  Séez,  247. 
Robert,  fondateur  de  l'église  parois- 
siale   de    Bourbourg,    121.   Voy. 

Bourhourg. 
Robert,  maître  d'œuvre  de  l'église 

cathédrale   de    Saint-Jacques    de 

Compostelle,397,  406  ;  —  (origine 

française  de),  ibid.,  n.  6. 
Robert,  roi  de   France,    8,  n.   1,  24, 

55,   62,    n.    3  et  4.     80,  84. 
Robert    (Saint),  abbé  de  la  Chaise- 
Dieu,  23,  n.  4,  187,    188,243,   n.  3, 

248.  n.  3. 
Robert   Blancard,  moine    de  Mar- 

moutier.  195. 
Robert  d'Arhrissel  (ou  d'i4r/)ressec), 

309.  311,  362,  n.   3. 
Robert  de  Belléme,    273-278.  Voy. 

Belléme. 
Robert  de  Blois,  abbé  de  Marmou- 

tier,  325. 
Robert    de    Blois,    abbé    de   Saint- 

Florent-lez-Saumur,  17. 
Robert  de  Bonneval,  prieur  de  Mar- 

mouticr,  325. 
Robert  de  Boulogne,  moine  de  Mar- 

moutier.  195. 
Robert   de  Bourgogne,    évéque    de 

T.angres,  331,  n.    4. 
Robert  de  Grand-Mesnil,    150,  151. 

Voy.  Grand-Mesnil. 
Robert  de   Mégrit,     abbé  de   Mar- 

moutier.  325. 
Robert  de  Molesme,  seigneur.  295. 
Robert  de   Toriqni,  abbé   du  Mont- 

Saint-Michel,'246,  n.  2,  333,  n.  5. 
Robert  Fitz-Haimon,  364,  n.  2. 
Robert  Guiscard,  duc  de  Pouille  et 

de  Calabre,  72,  n.  1,  177,  178,  n.  1. 
Robertus.  Voy.    Robert. 
Roca    (castellum     de),     352.     Voy. 

Roche-Canillac    (La).   Voy.  aussi 

Adémar  de  la  Roche. 
Rocha    Cerveria,    castellum.    Voy. 

Rocheseroière  (La). 
Roche-Canillac  (La).  —  (Corrèze),  — 

352,  n.  2  ;  —  (bourg  de),  ibid.  ;  — 

(château  de),  ibid. 
Roche-Guyon    (château    de    la),    — 

Seine-ct-Oise).  —  99.  n.  3,  277,  n. 

3,334,336.  Voy.  Rupes  Guidonis. 
Roche-Mabile  (La),  —  (Orne),  —  274. 

Voy.  Rupis  de  lalgeio. 
Rochelle   (La),   386  ;    —  (pont'iie), 

108,  n.  2. Voy.  aussi  Isembert. 
Rocheservière  (Vendée),   186,  n.  3  ; 


442 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


—  (château  de),  186  ;  —  (seigneur 
de).  Voy.  Renaud  Chabot. 

Rochester  (Angleterre),  247,  n.  2, 
33S,  n.  4  ;  —  (donjon  épiscopal 
de),  ibid.  ;  —  (évêque  de).  Voy. 
Gundulphe. 

Rodbertus.  Voy.  Robert. 

/iodes  (évêque  de).  Voy.  Gérald. 

Rodgerius.  Voy.  Roger. 

Rodulfus.  Voy.  Rudolf. 

Roger,  abbé  de  Moissac,  149. 

Roger,  artiste   verrier  de  Reims, 191 

Roger,  évêque  de  Salisbury,  81,  n. 
1,  337,  338,  n.  1; — (constructions 
de),  ibid. 

Roger  de  Railleul,  abbé  du  Rec, 
247,  n.  5. 

Rogerius,  Rogerus.  Voy.  Roger. 

Romain  (tour  de  Saint-),  à  la  cathé- 
drale de   Rouen.    Voy.    Rouen; 

—  (translation    des   reliques    de 
saint),  250,  n.  3. 

Romainmôtier  (Suisse,  cant.  de 
Vaud),  128,  n.  8  ;  -  (prieuré  de), 
ibid., 128. 

Romains  {Les),  172,  n.  2    212. 

Romanensis  ecclesia.  Voy.  Romans. 

Romania,  34,  38. 

Romans  (Drôme),  143.  n.  2  ;  — 
(église  de  Saint-Rarnard  de),  142, 
143. 

Ronianum  monasterium.  Voy. 
Romainmôtier. 

Rome,  2,  26,  31,  n.  2.  38,  n.  1,  219, 
273  n  4  ; —(coupole  du  Panthéon, 
à)  29,  n.  1  :  —  (église  de  Saint- 
Pierre,  à),  273,  n.  4,  ses  dimen- 
sions, ibid.;  —  (tombeau  de  saint 
Pierre,  à),   31,  n.   2. 

Ronceray  (abbaye  de  bénédictines 
du),  à  Angers,  73,  n.  2. 

Ro.-ier.  Voy.  Odon  de  Roser,  prieur 
de  Madiran. 

Rossilio  Voy.  Roussillon  {seigneu- 
rie de),  en  Forez. 

Rossilionis  comitatus,  115.  Voy. 
Rousillon  {comté  du). 

Rosso,  fluvius.  Voy.  Arros  {L'). 

Roslagnus.  Voy.  Rostaing,  Rostan 
de  Fos. 

Rostaing.  évoque  d'Avignon.  365. 

Rostan  de  Fos  (ou  d'Hi/ères),  arche- 
vêque d'Aix.  202,  203. 

Rotbertus.  Voy.  Robertus. 

Rolenica  patria,  Rotenicus  pagus. 
Voy.  Rauergue  {Le). 

Rothoncnse  monasterium.  Voy. 
Redon  (abbaye  de  Saint-Sauveur 
de). 

Rotomagus,  Rotomagensis  urbs. 
Voy.  Rouen. 


Rotrou  de  Warwick,  évêque  d'E- 
vreux.373,  n.  2. 

Rouen,  71,  249,  274,  276,  332  ;  —  (ar- 
chevêquesde).Voy.  Geoffroi.  Guil- 
laume Bonne-Ame,  Hugue  d'A- 
miens, Jean  de  Bayeùx,  Ouen 
{Saint)  ;  —  (baptistère  de),  249, 
250:  —  (cathédrale  de),  73,  249. 
250;  — (forlificationsde),332,n.  1  ; 

—  (monument  funéraire  d'arche- 
vêquede),  249  ;  —  (palaisarohiépis- 
copal  de).  2  49,  250  ;  —  (palais  du- 
cal de),  331,332;  —(tour de  Saint- 
Romain,  à)  73.  n.  6  ;  —  (transla- 
tion des  restes  de  saint  Romain), 
250.  Voy.  Rotomagus. 

Rouergue  (Le),  47,  48,  49.  105,  238  ; 

—  (seigneuries  du),  49,  n    2. 
Roussillon    (comté,   pays  du),  114, 

152,  200.  n.  4  ;  —  (églises fortifiées 

du).  114  ;  —  (zones  de  protection 

autour  des  églises  du),  114-116. 
Roussillon  (seigneurie  de),   dans  le 

Forez,  1S8.   n.  1.  Voy.    Rossilio  ; 

voy    aussi  Ricols  de  Roussillon. 
Rudalt,    fils    d'Orscand    le    Grand, 

évêque    de  Vannes,    53,  54.  Voy. 

Orscand. 
Rudela,    promontorium.    Voy.  Ro- 
chelle [La). 
Rudolf,   abbé   de  Saint-Trond,  157, 

n.  1.  161  ,  n.  2. 
Rudolf,  ciseleur,    artiste  dans  l'art 

du  métal  fondu,  38. 
Ruissac  (Gorrèze),  14. 
Rupe     Fuicaudi     (Stephanus     de). 

Voy  Etienne  de  la  Rochefoucauld, 

abbé    de     Saint-Florent-lez-Sau- 

mur. 
Rupert,  écrivain  ecclésiastique,  313, 

n.  4. 
Rupes     Guidonis,     castrum.      336. 

Voy.  Roche-Guyon  (La) 
Rupis  de  lalgeio,  274.  Voy.  Roche- 

Mabile  (La). 
Rusebouc      (Maine-et-Loire),     299, 

300  ;  —  (écluse  de),  ibid. 
Russilionensis      comilatus       Voy. 

Roussillon  (comté  du). 
Rustique,  évêque  de  Glermont,  56, 

n.  2 
Rutenensis  episcopus.  Voy.  Rodez. 


Sablé  (Sarthe),  23,  n.  4  ;  —  (église 

de),  ibid. 
Sablonceaux  (Charente-Inférieure), 

377  ;  —  (abbatiale  de),  ibid. 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


443 


Sabluncellis  (ecclesia  de).  Voy.  Sa- 
blonceaux. 

Sabrina,  fluvius  Angliae.  Voy. 
Saverne  (La.). 

Sagieiisis  épiscopiis.  Voy.   Séez. 

Saint- Agricul- et -Saint-  Vital,  vo- 
cable ancien  Joint  à  celui  de 
Notre-Dame,  cathédrale  de  Gler- 
niont.  Voy.  Clermont. 

Saint-Aignan  (église  de),  à  Orléans. 
Voy.  Orléans. 

Saint- Ambroise  (église  de).  Voy. 
Milan. 

Saint  Ambroix  (collégiale  de),  à 
Bourges.  Voy.  Bourges 

Saint-André  [éghse  paroissiale  de), 
à  Grenoble.  Voy.  Grenoble. 

Saint-.\ndré  (église  paroissiale  de), 
à  Morlaas.   Voy.  Mo  Lias. 

Saint- Auberl  (monastère  de),  à  Cam- 
brai. Voy.  Cambrai. 

Saint-Aubin  (abbaye  de),  à  Angers. 
Voy.  Angers.  —  (prieuré  de  l'ab- 
baye de).  Voy.  Malicorne. 

Saint-Augustin  (monastère  de),  à 
Cantorbéry.  Voy.  Cantorbéry. 

Saint-Barnurd  (abbaye  de),  à  Ro- 
mans. Voy.  Bomans. 

Sainl-Barlhélemy  (abbaye  de),  à 
Noyon.  Voj .  Noyon. 

Saint- Bénigne  (église  abbatiale  de), 
Voy.  Dijon. 

Saint- Benoit-du-Saull  (Indre),  6. 
Voy   Sault  [château  du). 

Saint-Benoit-sur-Loire  (abbatiale 
de).  Voy.  Fleury-sur-Loire. 

Saint-Berlin  (abbaye  de),  117;  — 
(église  abbatiale,  cloître  et  bâti- 
ments de),  reconstruction  et  dé- 
coration, 117-123  ;  —  (abbés  de). 
Voy.  118,  n.  1,  1 19-123,  3.S9.  Voy. 
aussi  Bovon,  Godescalque.  Héri- 
berl,Jean  d' Ypres.  Lambert,  Léon 
de  Furnes,  Odland,  Simon  ;  — 
(chapelle  de  Notre-Dame,  dans 
l'abbaye  de),  120  ;  —  (moulinsde), 
119,  n  4  ;  —  (pont  de  pierre, 
construit  sous  la  direction  des 
abbésde),  1 18; — (portede).  modèle 
de  celle  de  l'abbaye  dAndres, 
387-389  :  —  (travau.\  d'art  en 
pierre,  en  métal,  en  bois,  et  d'hy- 
draulique accomplis  par  les  soins 
des  abbés  de),  118-123  ;  —  (tom- 
beau du  patron  de),  122,  n.  3.  'V'oy. 
Sithiense  monasterium. 

Saint-Bonnet-V Enfantier  (Corrèze), 
15,  n.  2. 

Saint-Cado  (Morbihan),  prieuré  de 
l'abbaye  de  Sainte-Croix  de  Quim- 
perlé,  53,  n.  2  ;  —  village    et  île 


8urrEtel,en  Belz  (même  départ.), 
53,  54,  n.  1.  Voy.  Sancti  Catuodi 
[insula,  villa]. 

Saint-CaUiis  (chapelle  de),  au  châ- 
teau de  Hlois,  237,  n  5.  Voy. 
Sancti  Carilephi  [ecclesia],  decas- 
lelleto  HIesensi.  Voy.  aussi  Blois. 

Saint-Calais  (Sarthe),  162,  n.  3,  237, 
n.  4  —  (abbaye  de),  198,  n.  3,  237. 
Voy.  Sancti  Carilefi  monasterium. 
Voy.  aussi  Adélelme,  Geo/f'roi, 
Guillaume  de  Sainl-Calais,  Payen 
(le   Sainl-Ciilais. 

Saint-Céneri-le-Gerei  (Orne).  274, 
n.  10  ;  —  (château  de).  274. 

Saint-Chaffre-du-Monaslier  (abba- 
tiale de), 233,  234.  n.  1. 235,  n.l.  Voy. 
Sancti     Theofredi    monasterium. 

Saint-Christaud-de-  Volvestre  (Hau- 
te-Garonne), 179.  Voy  Sancti 
Christolori     ecclesia. 

Saint-Christophe  (église  de),  à  Pa- 
ris. Voy    Paris. 

Saint-Christophe  de  Daignac  (église 
de),  —  Gironde  — .  Voy.  Daignac. 

Saint-Cyprien  (abbaye  de),  à  Poi- 
tiers   Voy.  Poitiers 

Saint-Côme-de-Ver  (Sarthe).  Voy. 
Ver. 

Sam<-Cj/r  (cathédrale  de),  à  Nevers. 
Voy  Nevers. 

Saint-Denis  (Seine),  —  (abbatiale 
de)  :  colonnes,  38,  n.  1,  66,  n  5, 
crypte,  9,  n.  3,  218.  n.  1,  con- 
frérie, 341,  n.  3,  fabrique,  350, 
n.  3  ;  —  (foire  du  Lendit,  à),  350, 
n.  3.  Voy.  Suger. 

Saint-Denis  (église  de),  à  Reims 
Voy.  Beims. 

Saini-Denis  (monastère  de)  à  No- 
gent-le-Rotrou.  Voy.  Nogent-le- 
Botrou. 

Saint-Denis,  Sainl-Buslique  et  Saint- 
Eleuthère  (église  de),  à  F'Ieury- 
sur-Loire,  55,  n.  3.  Voy.  Fleury- 
sur-Loire. 

Sainl-des-Saints  (chapelle  du),  dans 
l'abbaye  de  Lérins,  231.  Voy. 
Lérins. 

Saint-Donatien  (église de),  à  Bruges. 
Voy.    Bruges. 

Sainl-Élienne  (cathédrale),  à  Au- 
xerre    Voy   Auxerre. 

Saint-Etienne  (abbatiale  de) ,  à 
Beauvais.  Voy.  Beauvais. 

Saint-Élienne  abbatiale  de)  ,  à 
Caen.  Voy    Caen. 

Saint-Élienne  (abbatiale  de),  à  Ne- 
vers. Voy    Nevers. 

Saint- Étienne-le- Vieux  (église  de), 
à  Paris.  Voy.  Paris. 


444 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


Saint-Evroul   d'Ouche    (monastère 
de),    149,    151,    n.    1     Voy    Saint- 
Evroult-Notre-Dame-du-Bois. 
Saint-EvrouU-  Notre- Dame-du-Bois 

(Orne),  150,  n.  2. 
Saint-Facile  (église    de),    à    Luçé. 

Voy.  Lucé. 
^aint-Firmin  (basilique  de),  vocable 
ancien  appliqué  à  la  cathédrale 
d'Amiens,  désignée  le  plus  sou- 
vent sous  le  vocable  de  Notre- 
Dame,   322,   n.  3.    Voy.  Amiens. 

Saint-Florent-le-  Vieil  (Maine-et- 
Loire),  16,  20,  n.  6  ;  —  (abbaye 
de),  16,  20,  n.  6,  21,  n.  2  ;  —(châ- 
teau de),  20,  n.  6.  Voy.  Mont- 
Glonp.e 
Saint-Flnrent-lez-Saumur  (Maine- 
et-Loire): —  (abbaye  de),  construc- 
tion et  décoration,  16-23,  35,  n. 
2.  135,  n.  11,  154  ;  —  (abbés  de). 
Voy.  Etienne  de  La  Rochefou- 
cauld. Even,  Frédéric  de  Tours, 
Froger  de  Saint-Louand,  Géraud 
de  Thouars,  Mathieu  de  Loudun, 
Maynier, Raoul, Sigon\ — (chapelle 
de  l'infirmerie,  à).  23  ;  —  (prieur 
de).  Voy.  Létard  ;  —  (relations  de), 
avec  l'abbaye  de  Saint-Mélainede 
Rennes),  154,155.  Voy.  aussi  Sau- 
mur. 

Saint-Front  (église  collégiale  de), 
à  Périgueux.  Voy.  Périgueux. 

Saint-Gall  (plan  de  labbaye  de), 
42,  n.  4,  133,  ni;—  (abbé  de). 
Voy.  Gozbert. 

Saint-Genès  (Puy-de-Dôme),  188, 
n.  2 

Saint-Genest  (Puy-de-Dôme),  188, 
n.  2. 

Saint-Genêt- Lerpt  (Loire),  188,  n. 
2. 

Saint- Genet-Malif aux  (Loire),  188, 
n.  2. 

Saint-Georges  (église  canoniale  de) , 
chapelle  comtale,  à  Vendôme. 
Voy.  Vendôme. 

Saint-Georges  (église  de),  à  Bos- 
cherville.  Voy   Roscherville. 

Saint-Georges  (église  de),  dépen- 
dance du  monastère  de  Vierzon 
(Cher),  58,  n.  1. 

Saint-Géraud  (abbaye  de),  à  Auril- 
lac.  Voy.  Aurillac. 

Sainl-Germer  (église  abbatiale  de), 
316 

Saint-Gilles  (Gard),  116  ;  —  (con- 
cile de),  176.  n.  2. 

Saint-Gilles  (chapelle  de),  au  monas- 
tère de  Saint-Hubert  (Belgique). 
Voy.  Saint-Hubert. 


Saint- Guilhem- le- Désert  (abbaye 
de),  —  Hérault,  — 109  ; —  (accord 
conclu,  pour  la  construction  d'un 
pont,  entre  les  abbés  d'Aniane  et 
de),  109-111  ;  -  (abbe  de).  Voy. 
Gauf'red.  Voy.  aussi  Gellone. 

Saint-Hilaire  (collégiale  de),  à  Poi- 
tiers. Voy.  Poitiers. 

Saint-Hilaire-des-Loges  (Vendée), 
200,  341,  n.  3.  Voy.  Saint-Hilaire- 
sur-l'  Autise. 

Saint-Hilaire-Saint-Florent  (Maine- 
et-Loire),  19,  n.  3. 

Saint-Hilaire-sur-l' Autise  (église  pa- 
roissiale de).  Voy.  Saint-Hilaire- 
des-Loges. 

Saint-Honorat  (église  de),  dans  l'ab- 
baye de  Lérins,  231,  n.  3  ;  — 
(île  de),  229.  Voy.  Lérins  {abbaye 
de). 

Saint-Honorat  (prieuré  de),  à  Arles. 
Voy.  Arles. 

Saint-Hubert  (Belgique,  prov.  de 
Luxembourg),  191,  n.  4  ;  —  (ab- 
baye de  Saint-Hubert  d'Ardenne), 
191-193,  travaux  de  reconstruc- 
tion et  de  décoration,  ibid.;  — 
(abbé  de).  Voy.  Thierri;  —  iclia- 
pelle  de  Saint-Gilles,'  au  monas- 
tère de),  192  ;  —  (vitraux  de  l'é- 
glise abbatiale  de).  Voy.  Roger. 

Saint- 1 renée  {église  de)    Voy.  Lyon. 

Saint-Jacques  (cathédrale,  de),  à 
Compostelle.    Voy.    Compostelle- 

Saint-Jean  (abbayede),àLaon.  Voy- 
Gérard  de  Quierzy,  Laon 

Saint-lean  (église  de),  dans  l'île 
d'Aix,  —  Charente-Infé'rieure  ;  — 
(île  d').  Voy.  Aix. 

Saint-Jean  (paroisse  de),  à  Nevers. 
Voy.  Nevers. 

Saint-Jean-Baptiste  (baptistère  de), 
à  Aix.  Voy.  Aix  (Provence). 

Saint-Jean- Baptiste  (chapelle  de), 
dans  un  cimetière  de  l'église 
cathédrale  de  Mende.  Voy. 
Mende. 

Saint-Jean-Baptiste  (église  de),  à 
Aix.  Voy.  Ai.T  Provence). 

Sainl-Jean-Baptiste  (église  de),  à  la 
Chaize-le- Vicomte  (Vendée). 

Saint-Jean  d'Ange ly    (abbaye    de), 

—  Charente-Inférieure,  —  270. 
Saint-Jean  d'Orbestier  (abbaye  de). 

Voy.  Orbestier [Vendée), 
Saint- Jean-de-Fos(\\éra\\\i).\Q9,n.  2. 
Saint-Jean-du  -  Gouffre  -  Noir     (  Hé- 
rault).     Voy.     Saint-Jean-de-Fos 
(Hérault). 


TABLE    ALPHABETIQUE 


445 


Saint- Jean-de-Montier neuf  monas- 
tère de),  à  Poitiers.  Voy.  Poitiers. 

Saint-Jean  l'Évangéliste  (vocable 
de),  oratoires  appliqués  aux  reli- 
{^ieux  de  l'ordre  de  Fontevrault, 
^11.  \ oy .  Fonlevrault. 

Sainl-Jouin- de- Marnes  (Deux-Sè- 
vres), 361,  n.  3  ;  —  (abbaye  de), 
361-362,  379,  n.  1  ;  —  (église  abba- 
tiale de)  :  abside,  porche  et  sculp- 
tures, 361,  n.  3,  constructeur. 
Voy.  Raoul,  moine. 

Saint- Julien  (cathédrale),  au  Mans. 
Voy.  Mans  (Le). 

Saint -Julien  (monastère  de),  à 
Tours.  Voy.  Tours. 

Saint-Julien  (paroisse  de) ,  à  Tulle 
Voy.  Tulle. 

Saint- Just  (abbatiale  de),  à  Lyon, 
Voy  J  Lyon. 

Sainl-Làud  (collégiale  de),  à  An- 
gers^  Voy.  Angers. 

Saint-Léonard  (baptistère  de),  — 
Haute-Vienne,  —  82,  n.  1. 

Saint-Léonard  (chapelle  de),  dans 
le  cimetière  de  l'église  de  Mende. 
Voy.  Mende. 

Saint-Louand  (Indre-et-Loire),  23. 
Voy.  Froger,  abbé  de  Saint-Flo- 
rent de  Saumur. 

Saint-Nicolas  (collégiale  de),  à 
Beauvais.  Voy.  Saint-Lucien  {col- 
légiale de). 

Saint-Lucien,  — auj.  Saint-Nicolas, 
—  (collégiale  de), à  Beauvais.  Voy. 
Beauvais. 

Saint-Macaire-en-Mauges{Mame-el- 
Loire,  18,  n.  1. 

Saint-Maixent  (Deux-Sèvres),  378. 

Saint^Malo  (église  de).  Voy.  Sablé. 

Saint-Martial  (abbatiale  de),  à  Li- 
moges. Voy.  Limoges. 

.Saint-Martin  (abbatiale  de),  à  Tour- 
nai. Voy.  Tournai. 

Saint-Martin  (abbaye  de),  à  Mar- 
moutiier.  Voy.  Marmoutier. 

Saint-Martin  (abbaye  de),  à  Tulle. 
Voy.  Tulle. 

Saint-Martin  (château  neuf,  collé- 
giale, place  de),  à  Tours.  Voy. 
fours. 

Saint-Martin  (église  de),  à  Loisail. 
Voy.  Loisail  (Orne). 

Saint-Martin  (église  de),  à  Sancerre. 
Voy.  Sancerre. 

Saint-Martin  (.église  de),  à  Sarcé. 
Voy.  Sarce. 

Saint-Martin  église  de),  à  Vendôme. 
Voy.  Vendôme. 


Saint-Martin  (église  de),  obédience 
de  Saint-Savin-en-Lavedan  (Hau- 
tes-Pyrénées), 190. 

Saint-Martin  (monastère  de),  à  Dou- 
vres (Angleterre).  Voy.  Douvres. 

Saint-Martin  (prieuré  de),  à  Layrac. 
Voy.  Layrac. 

Saint-Martin-du-Canigou  (monas- 
tère de),  24. 

Saint-Marlin-la-Bataille  (monastère 
de), —  Battleabbey,  — près  d'Has- 
tings  (Angleterre),  194. 

Saint-  Martin -le  ■  Vinoux  (Isère), 
289  ;  —  (église  de),  ibid. 

Saint-Maurice  (cathédrale  de),  à  An- 
gers. Voy.  Angers. 

Saint-Mayeul,  prieuré  clunisien,  à 
Pavie.  Voy.  Pavie. 

Saint-Mélaine  (abbaye  de),  à  Rennes. 
Voy.  Rennes. 

Saint-Mesmin  (Loiret),  ou  monas- 
tère de  Mici  :  abbé.  Voy.  Euspice 
(Saint). 

Saint-Michel-de-Grandmont  {prieuré 
de).  Voy.  Grandmont. 

Saint-Nazaire  (chapelle  de),  dans 
l'île    d'Aix.  Voy.   Aix  [île  d'). 

Saint-Nicaise  (église  de),  à  Reims. 
Voy.  Reims. 

Saint-Nicolas  bourg  de),  à  Morlaas. 
Voy.  Morlaas. 

Saint-Nicolas  (église  de),  près  de 
Ceton  'Orne).  Voy.  Ceton. 

Saint-Nicolas  église  monastiquede), 
à  Caen.  Voy.  Caen. 

Saint-Nicolas  (église  monastique  de), 
à  Bari  (Italie  méridionale).  Voy, 
Bari. 

Saint-Nicolas  (monastère  de) ,  à 
Angers.  Voy.  Angers. 

Saint-Nicolas  (prieuré  de),  à  la 
Chaize-le-Vicomte.  Voy.  Chaizé- 
le-Vicomte. 

Saint-Omer  (château  de),  120,  392, 
n.  5  ;  —  (église  de),  183  ;  —  (mar- 
ché de),  183. 

Saint-Orens  (prieur  de),  à  Auch. 
Voy.  Auch. 

Saint-Ouen  (église  de),  au  Mans. 
Voy.  Mans  (Le). 

Saint-Paul  (église  de),  à  Londres. 
Voy.  Londres. 

Saint-Paul-Trois-Chàteaux  (Drô- 
me),  116,  n.  4  ;  —  (évêque  de), 
ibid. 

Saint-Philibert  (abbatiale  de),  à 
Tournus.  Voy.   Tournus. 

Saint-Pierre  (église  abbatiale  de), 
à  Moissac.  Voy.  Moissac. 

Saint-Pierre  (abbatiale   de),  à   Ou- 


446 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


denbourg.     Voy.     Oudenbourg. 

Saint-Pierre  (abbaye  de),  à  Lézat 
(Arièire).  Voy.  Lézat. 

Saint-Pierre  (église  de),  dans  l'ab- 
baye de  Saint-Bertin.  Voy.  Saint- 
Berlin. 

Saint-Pierre  (cathédrale  de),  à  Poi- 
tiers. Voy.  Poitiers. 

Saint-Pierte  (église  de),  à  Ceton 
(Orne).  Voy.  Ceton. 

Saint  Pierre  (église  de),  à  Fleury- 
sur-Loire.  Voy   Fleiiry-sur-Loire. 

Saint-Pierre  (église  dej,  àMelleray. 
Voy.  Melleray. 

Saint-Pierre  (église  de),  à  Rome. 
Voy.  Rome. 

Saint-Pierre  (église  monastique  de), 
à  Vienne.  Voy.  Vienne. 

Saint-Pierre-sur-Dive{ahbailia\ede), 

—  Calvados,  — 157,  n.  2  ;  —  (abbé 
de).  Voy.  Haimon. 

Saint-Pierre    et  Saint-Paul   (église 

de),  hors  la   cité   de  Cantorbéry. 

Voy.  Cantorbéry. 
Saml-Privat  (cryptes  de),  à  Mende. 

Voy.  Privât  (Saint). 
Saint-Remi  (abbatiale  de),  à  Reims. 

Voy.  Reims. 
Saint-Remi  (tour    de),    dépendance 

de  l'abbaye  de  Montmajour,  065  ; 

—  (ville  de),   ibid.  Y oy.  Montma- 
jour. 

Saint-Remi-du-Plain  (Sarthe),  278; 

—  (château  de),  ibid. 
Saint-Riquier  (abbaye  de),  —  Som- 
me, —  125  ;  —  (abbés  de).  Voy. 
Gervin,  Héric  ;  —  (cloître  de  la 
Trinité,  à),  285,  n.  1  ;  —  (crypte 
de  Notre-Dame  et  Saint-Riquier 
à),  |-2'),  n.  I,  126  ;  —  (église  abba- 
tiale de),  125,  126,  n.  2,  208,  n.  1, 
279,  n.  3,  285.  Voy,  Centula. 

Saint-Romain  (tour  de),  à  la  cathé- 
drale de  Rouen.  Voy.  Rouen. 

Sainl-Romuald  (prieuré  de),  dans 
l'île  d'Aix.  Voy.  Aix. 

Sainl-Ruf  (abbaye  de),  à  Avignon. 
Voy.  Avignon. 

Saint-Salvi  (collégiale  de),  à  Albi. 
Voy.  Albi. 

Saint -Saturnin      (monastère     de), 

—  Puy-de-Dôme,  —  129,  n.  8. 
Saint-Sauveur  (abbaye  du),  à  Redon. 

Voy.  Redon. 
Saint-Sauveur     (basilique     du),     à 

Saint-Martial  de   Limoges.   Voy. 

Limoges. 
Saint-Sauveur    (cathédrale    du),    à 

Aix.  Voy.  Aix. 
SAÎnt-Sauveur  (église  du),  sur  l'em- 


placement  de    la    Psallette,    au 

Mans.  Voy.  Mans  (Le). 
Saint-Sntiveur    (monastère    du),    à 

Tiron.  Voy.    Tiron,   Thiron-Gar- 

dais. 
Saint-Sauveur-en-Rue  (Loire),  187  ; 

—  (prieuré  de),  dépendance  de  la 
Chaise-Dieu,  lh7. 

Saint-Sauveur  et  Sainte-Rictrude 
(église  de),  à  Andres.  Voy.  An- 
dres. 

Saint-Savin  en-Lavedan{ahhayede). 

—  Hautes-Pyrénées,  —  190, 191,  rî. 
3  ;  —  (obédience  de).  Voy.  Saint- 
Martin  {église  de). 

Saint- Sépulcre  (église  du),   à   Jéru- 
salem. V^oy.  Jérusalem. 
Saint-Sépulcre  (tour  de),  à  Mague- 
lone.  Voy.  Maguelone. 

Saint-Sépulcre-lez-Jaligny  (Allier), 
107,  108,  n.l,  123,  n.  4. 

Saint-Sernin  (église  de),  à  Cieurac 
(Lot).  Voy.  Cieurac. 

SainL-Sernin  (église  de),  à  Toulouse. 
Voy.  Toulouse. 

Saint-Sylvestre {llaule-Vienne),  353, 
n.  1.  Voy.  Grandmont. 

Sainl  Symphorien  (église  de),  à 
Reims.  Voy.   Reims. 

Saint-Thihéry  (Hérault),    110,  n.  2. 

Saint-Thomas  (église  de),  à  Lyon. 
Voy.  Lyon. 

Saint- Thomas{cg\ise  du  prieuré  de), 
à  Amboise.  Voy.  Amboise. 

Saint-Trond  (abbaye  de),  au  dio- 
cèse de  Liège  (Belgique),  20,  n.  6, 
41,  n.  4  ;  —  (abbatiale  de),  tra- 
vaux de  construction,  157  ;  — 
(abbés  de).  Voy.  Contran,  Ru- 
dolf, Thietfrid  ;  —  (concouis  de 
population  pour  la  construction 
de  l'église  de),  157  ;  —  symbo- 
liquearchitecturale,  157,  159,  160. 
Voy.  Trudonensis  abbatia. 

Saint-Trophime  (église  de),  à  Arles. 
Voy.  Arles. 

Saint-Ursin-de-Moncenoux  (monas- 
tère de),  en  Bourbonnais,  187, 
n.  4. 

Saint-Vaast  (église  abbatiale  de), 
208,  n.  1. 

Saint-Vanne  (abbaye  de),  à  Verdun. 
Voy.  Verdun. 

Saint-  Victor  (abbaye  de),  à  Mar- 
seille. Voy.  Marseille. 

Saint-  Victor  (abbaye  de),  à  Paris. 
Voy.  Paris. 

Saint-Victor  (monastère  de),  à  Ge- 
nève. Voy.  Genève. 

Saint-Vincent  (abbaye  de),  au  Mans. 
Voy.  Mans  (Le) . 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


447 


Sainl-Vincent  (église  de),  près  de 
Saumur,  17. 

Saint-  Wandrille  (abbaye  de),  — 
Seine-Inférieure,  —  253,  n.  4. 

Sainls-Forls  (le  puits  des),  à  Char- 
tres. Voy.  Chartres. 

Sa.inte-Barhe.-e.n- Auge  (prieuré  de;, 
—  Calvados  —,  '24'7,  n.  6  ;  — 
(construction  des  bâtiments  prieu- 
raux  de),  379-381  ;  —  (travaux 
d'hydraulique,  au  prieuré  de), 
ihid.  Voy.  Hébert  chanoine,  hy- 
draulicien  cl  constructeur.  Voy. 
aussi  Ecajeul, 

Sainte- Colombe  (église  de),  à  Licai- 
rac.  Voy.  Licairac  (Aude), 

Sainte-Croix  (cathédrale  de),  à  Or- 
léans. Voy.  Orlénn.<i. 

Sainte-Croix  (chapelle  de),  au  mo- 
nastère de   Lérins.   Voy     Lérins. 

Sainte-Croix  (église  collégiale  de), 
à  Cambrai.  Voy.  Cambrai. 

Sainte-Croix  (paroisse  de),  dépen- 
dant du  doyenné  de  Porhoët 
(Morbihan).  Voy.  Porhoët. 

Sainte-Croix  (prieuré  de)  dépen- 
dance de  l'abbaye  du  Saint-Sau- 
veur de  Redon,  53,  198. 

Sam/e-JSu.ge/iie  (église collégiale  de), 
à  Varzy".  Vov.  Varzy  (Mièvre). 

Sainte-Foi  (église  abbatiale  de),  à 
Conques.  Voy.  Conques. 

Sainte-Foi  (église  du  prieuré  de),  à 
Esclottes.  Voy.  Esclottes  [Gi- 
ronde). 

Sainte-Foi  (prieuré  de),  à  Morlaas. 
Voy.  Morlaas. 

Sainte-  Gemme  (Charente  •  Infé- 
rieure), 2i8,  n.  1.  378,  n.  8  ;  — 
(église  du  prieuré  de),  2i8. 

Sainte-Julitte  (chapelle  de),  à 
Nevers.  Voy.  Nevers. 

Sainte-Lucie  (chapelle  de),  sur  la 
crypte  de  Saint-Privat,  à  Mende. 
Voy.  Mende. 

Sainte-Marie  (cathédrale),  à  Auch. 
Vf)y.  Aurh. 

Sainte-Marie  (église  de),  à  Maes- 
tricht.  Voy.  Maestricht. 

Sainte-Marie  (église  de),  à  Marseil- 
lan.  Voy.  Marseillan  [Gers). 

Sainte-Marie  (église  de),  au  prieuré 
de  Correns  (Var),  305.  Voy.  Cor- 
rens. 

Sainte-Marie  (église  de),  dans  l'ab- 
baye de  Lérins.  Voy.  Lerms. 

Sainte-Marie  (église  de),  dans  la 
tour,  de  Saint-Remy,  dépendance 
de  l'abbaye  de  Montmajour.  Voy. 
Montmajour. 


Sainte-Marie    (monastère      de),    à. 

Pomposa.  Voy.  Pomposa. 
Sainte-Marie    (tour  de),    à    Mague- 

lone.  Voy.  Maguelone. 
Sainte-Opportune  (Manche).  253;  — 

(église  de),    ibid.    Voy.  Richard, 

fondateur. 
Sainte-Scholastique    (église    de),  — 

L'^»iret,  —  34.  Voy.  aussi  Scholas- 

tique. 
Sainte-Sophie  [hnsilique  de).  àCons- 

tantinople.  Voy.  Constantinople . 
Sainte-Suzanne  (Mayenne),  277,  n. 

7  ;  —  (camp  retranché   de),  ibid. 
Sainte-Thècle  [cgUse  de),   àMende. 

Voy.  Mende. 
Sainte-Trinité   (abbaye   de    la),    à 

Caen.  Voy.  Caen. 
Sainte-Trinité  (abbaye  de  la),  à  Fé- 

camp.  Voy.  Fécamp. 
Sainte-Trinité  (abbaye  de  la),  à  Ti- 

ron  (Eure-et-Loir).    Voy.    Tiron, 

Thiron-Gardais. 
Sainte-Trinité  (cloître    de     la),     à 

Saint-Riquier.     Voy.     Saint-Ri- 

Cfuier. 
Samte-Trinité  (église   abbatiale  de 

la),  à  Venoiisc,  dans  la   Basilicate 

(Italie).  Voy    Venouse. 
Sainte-Trinité   (monastère  de  la),  à 

Vendôme.    Voy.   Vendôme. 
Saintes    (Charente-Inférieure).  108, 

n.  2  ;  —  (pontde),i7)id  ,  son  cons- 
tructeur. Voy.  Isenibert. 
Saintonge  'La),  248,  270,  377,  386. 
Salclas,  villa,   200,  n.  4.    Voy.  Sat- 
iétés. 
Salensecastrum.VDy.SaaW(c/iâ<eau 

du),  près deSainl-Benoît-du-Sault 

(Indre). 
Salesberia,   Salesberiensis  ecclesia . 

Voy.  Salisbury. 
Salinis,  Salinensis    ecclesia.     Voy. 

Salins. 
Salins   (Jura),    331   ;   —   (église   de 

Notre-Dame,  à),  331,  n.  1. 
Salisbury  (cathédrale   de),  en    An- 
gleterre, 337,  338  ;—  (évê  |ues  de). 

Voy.  Osmond,  Roger. 
Sallèïes  (égl  se  de),  dépendance  de 

l'évéclié  d'Elne,  200,  n.  4. 
Salnuirum,    castrum.     Voy.     Sau- 
mur. 
Safomon(temple,  tabernacle  de),  1 20, 

n.  4,  185.  Voy.  Jérusalem. 
Saluste.    moine     de    l'abbaye     de 

Conques,  105.  Voy.  Conques. 
Saluster,    Salustius     monachus    S. 

Fidis  de  Conchis.    Voy.  Saluste. 
Samarie[La),  contrée  de  la  Pales- 
tine. 135,  n.  11. 


448 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


Samer-au-Bois  (Pas-de-Calais),  394. 
Voy.  Sancti  Vulmari  de  Nemore 
nemus. 

Samson,  archevêque  de  Reims,  323, 
n.  4 

San  Isidro  (église  de),  à  Léon  (Es- 
pagne). Voy.  Léon. 

Sancerre  (Cher),  34,  n.  7  ;  —  (église 
de  Saint-Martin  de).  Voy.  Châ- 
teau-Gordon, ibid. 

Sanclae  Grucis  et  Sanctorum  Cor- 
nelii  et  Gipriani  prioratus,  per- 
tinens  ad  abbatiam  S.  Salvatoris 
Rothonensem.  Voy.  Sainte-Croix 
{prieuré  de),  dépendance  de  Saint- 
Sauveur  de  Redon. 

Sanctœ  Mariœ  atque  Sancti  Vin- 
centii  ecclesia,  in  Gratianopolita- 
na  civitate.  Voy.  Notre-Dame 
{cathédrale),  à  Grenoble. 

Sanctae  Marise  et  Sancti  Audomari 
basilica,  aped  Ardeam.  Voy. 
Notre-Dame  {église  de),  à  Ardres. 

Sanctae  Mariée  et  Sancti  Richarii 
crypta,  apud  Gentulensem  eccle- 
siani.  Voy.  Saint-Riquier. 

Sanctaî  Mari.e  et  Sanctorum  Agri- 
colae  et  Vitalis  monasterium,  in 
Glaromonte.  Voy.  Notre-Dame 
{cathédrale),  à  Clermont. 

Sanctae  Marias  et  Trinitatis  eccle- 
sia, apud  Villam  Sanctae  Oportu- 
nae.  in  pago  Constantiensi.  Voy. 
Notre-Dame  {église  de),  à  Sainte- 
Opportune  {Manche), 

Sanctae  Mariae  Sanctique  Johannis 
Evangelistae  atque  Sancti  An- 
dreae  Monasterium  Novum,  Pic- 
tavis.  Voy.  Monlierneuf,  Poi- 
tiers. 

Sanctae  Mariae,  Sanctique  Nicholai 
sanctorumque  Benedicli  atque 
Golumbani  capella  infirmorum, 
in  monasterio  S.  Florentii  Salmu- 
rensi.  Voy.  Notre-Dame  {chapelle 
de  l'infirmerie  de),  à  V abbaye  de 
Saint-Florent-lez-Saumur. 

Sancti  Albini  Andegavensis  abba- 
tia,  264.  Voy.  Saint-Aubin  {abbaye 
de),  à  Angers. 

Sancti  Ambrosii  (ecclesia),  in  civi- 
tate Bituricensi,  103.  n.  2.  Voy. 
Saint-  A  mhroix . 

Sancti  Aniani  monasterium,  inurbe 
Aureliana.  Voy.  Saint-Aignan 
{église  de),  à  Orléans. 

Sancti  Audoeni  ecclesia  Genomannis, 
Saint-Ouen   {église  de),  au   Mans. 

Sancti  Audomari  basilica,  castrum, 
forum  rerum  venalium.  Voy. 
Saint^Omer. 


Sancti  Garilefi  monasterium.   Voy. 

Saint-Calais  {Sarthe.) 
Sancti  Garilephi  ecclesia,  de  castel- 
leto   Blesensi.    Voy.   Saint-Calais 
{chapelle  de),  à  Blois. 
Sancti  Gatuodi  [insula,  villa].  V^oy. 

Saint-Cado. 
Sancti     Cenerici    castellum.    Vov. 

Saint-Céneri-le-Gerei. 
Sancti   Ghristofori    ecclesia.     Voy. 

Saint-Christaud-de-Volvestre. 
Sancti  Ebrullî   monasterium.    Voy- 

Saint-Evroul  d'Ouche. 
Sancti  Firmini  aîdes,  basilica,  eccle- 
sia. Voy.  Amiens  {cathédrale  d). 
Sancti  Florentii  [senioris] castellum, 
monasterium,  Voy.  Sam<-FZoren<- 
le- Vieil. 
Sancti      Frontonis      monasterium, 

burgus.  Voy.  Saint-Front. 

Sancti      Genesii      (parrochia),    188. 

Voy.    Saint-Genest.     Voy.    aussi 

Saint-Genest,  Saint-Genêt. 

Sancti    Jovini  monasterium.    Voy. 

Saint- Jouin-de-Marnes{abbayede). 

Sancti      Karilephi       monasterium. 

Voy.  Saint-Calais  {Sarthe). 
Sancti  Loantii  locus.    Voy.    Saint- 

Louand  {Indre-et-Loire). 
Sancti   Martini  Alayriaci   monaste- 
rium. Voy.  Saint-Marlin  {prieuré 
de),   à  Layrac. 
Sancti  Martini    de   Bello  (abbatia), 
apud  Hastingas,  in   Anglia.  Voy. 
Saint-Martin-la-Bataille   [monas- 
tère de). 
Sancti    Melanii     monasterium,     in 
suburbio  Redoncnsi.  Voy.  Saint- 
Mélaine  (abbaye  de). 
Sancti  Pétri  Montis  majoris  monas- 
terium. Voy.  Monimajour{abbaye 
de). 
Sancti  Salvatoris  et  Sanctae  Resur- 
rectionis    ecclesia,    Aquis.   Voy. 
Aix    {cathédrale    du    Saint-Sau- 
veur). 
Sancti  Salvatoris  et  Sanctœ  Rotru- 
dis     ecclesia     Andrensis.      Voy. 
Saint-Sauveur  et  Sainte-Rictrude 
{église  de),  à  Andres. 
Sancti  Saturnini  ecclesia  in  loco  de 
Siurag,  in  pago   Caturcino.   Voy. 
Saint-Sernin  {église  de),   à  Cieu- 
rac 
Sancti   Saturnini    monasterium,  in 
diocesi  Glarimontis.  Voy.    Saint- 
Saturnin  {Puy-de-Dôme). 
Sancti  Savini  monasterium  Levila- 
nense.  Voy.  Saint-Savin-èn-Lave- 
dan  {abbaye  de). 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


449 


Sancti  Sepulcri  a  Bello  loco  (eccle- 
sia),  in  pago  Arvernico.  Voy. 
Siiint-Sépulcre-lez-Jaligny . 

Sancli  Theofredimonasteiium.  Voy. 
Saint-ChiijTre  du  Monastier  {ab- 
batiale de). 

Sancli  Viilmari  de  Nemore  nemus. 
Voy.  Samer-aii-Bois. 

Sanctonicus  orbis,  provincia.  Voy. 
Saintonge  (La). 

Sanctorum  apostolorum  Johannis 
et  Andreae  monaslerium,  in  su- 
burbio  Piclaviensi.  Voy.  Saint- 
Jean-de-Montierneuf  [monastère 
de),  à  Poitiers. 

Santiago  de  Compostela.  Voy.  Saint- 
Jacqnes  [cathédrale  de),  à  Com- 
poslelle. 

Saône  (Sarthp),  278.  Voy.  Soona. 

Sarcé  (Sartlie),  23,  n.  4  ;  —  (église 
de  Saint-Martin  de),  ibid. 

Sarda,  en  Baz  .dais  (auj.  Gironde). 
Voy.  Sardani  ecclesia. 

Sardanapale,  50. 

Sardani  ecclesia,  in  page  Basatensi. 
Voy   Sarda. 

Saresberiensis.  Voy.  Salesberia, 
Salesberiensis. 

SarLit  (Dordogne),  147  ;  —  diocèse 
^e),  ibid. 

Sarlatcnsis  diocc^sis.  Voy    Sarlat. 

Sarta,  fluvius.  Voy.  Snrihe  [La). 

Sarlhe{La),  rivière,  280.  Voy.  Sarta. 

Sailli  (château  du),  près  de  Saint - 
Btjnoît-du-SaulL  (Indre).  Voy. 
Salepse  castrum. 

Saumur  (Maine  et-Loire),  16  ;  — 
(château  de),  IS,  78  ;  —  (pont  de). 
2.3;  —  (ville  de),  16,  154.  Voy. 
Salmurum  castrum,  Saint-Flo- 
rent lez-Saumur  [abbaye  de). 
Voy.  aussi  Gelduin. 

Saumiirois  [Le),  96,  n.  7,  309. 

Sauve-Majeure  [La),  —  Gironde,  — 
257,  n.  5  ;  —  (abbaye  de),  fon- 
dation, travaux  divers,  257-260  ; 
—  (àbbé  dei.  Voy.  Giraud,  son 
tombeau,  295,  n.  2;  —  oratoire  de 
terre,  de).  258.  Voy.  Amaluin, 
celli^rier,  Simon, prieur . 

Sauvetat-de-Savères  (Lot-et-Ga- 
ronne), 2?9,  n.  2. 

Sauviltanges  (monastère  de),  — 
Puy-de  Dôme.  --129,  n.  5,187, 
n.4   Voy.  Celsinanias. 

Saverne  [La),  rivière  d'Angleterre, 
277,  n.  4.  Voy.  Sabrina. 

Sa.te  [La),    69,  n.  5.   Voy.   Saxonia. 

Saxonia.  Voy.  Saxe  [La). 

Saxons.  Voy.  Anglo-Saxons. 

Scales.  V.  Escalles  [Pas-de-Calais) . 


Scarpe  [La),  affluent  de  l'Escaut, 
69.  Voy.  Ischarb. 

Scholastique  [Sainte),  sœur  de  saint 
Benoit,  3i,  n.  5.  Voy.aussi  Sam<e- 
Scholastique  [église  de). 

Séez  (Orne),  274  ;  —  (cathédrale  de), 
215.  n.  l,  piliers,  ibid-,  tombeau 
épiscopal,  274,  280  ;  —  (évéques 
dv).  Voy.  Radbode,  Robert,  Ser- 
lon  d'Orgères. 

Seine  La),  fleuve,  95,  n.  4,  336,  345, 
319,  n.  1. 

Selby  (abbaye  de),  en  Angleterre 
(Yorkshin-),  i7,  n.l  ;  —(abbé  de). 
Voy.  Hugue. 

Selnessa,  Selnessenses.  V.Selnesse. 

Selnesse  (château  de),  près  d'Arras, 
180,  IM,  n.  3. 

Semblançay  (Hugue  de),  préchantre 
de  la  cathédrale  d'Angers,  83,  85, 
n.  6. 

Semblanciaco  (Hugo  de).  Voy. Sem- 
blançay. 

Senaco  (prioratus  de).  Voy.  Cènac. 

Sentis  (cathédrale  de),  319,  n.  5;  — 
(tournées  de  quêteurs  pour  sub- 
venir aux  besoins  de  la  construc- 
tion de  la),  ibid. 

Sens  (archevêque  de).  Voy.  Guil- 
laume de  Champagne  ;  —  'cathé- 
drale de),  210,  n.  2,  221,  n.  3.  222, 
n.  5,  224,  n.  1  et  2,  226,  n.  3  ;  — 
(Chapitre  de),  210,  n.  2;  (dio- 
cèse de),  3i0,  n.  6  ;  —  (Guillaume 
de),  maître d'œuvre  à  Cautorbéry. 
Voy.  Guillaume  de  Sens. 

Seqiiana,    flumcn.    Voy.  Seine  (La). 

Seriiin  [Le),  affluent  de  l'Yonne, 
99.  n. 1. 

Sereen.  Voy.    Serain  (Le),    rivière. 

Serlo.  Voy.  Serlon. 

Serlon  d'Orgères,  évêque  de  Séez, 
274,  280  ;  —  (instructions  données 
pai'),  pour  la  construction  de  son 
tombeau  dans  la  cathédrale  de 
cette  ville,  280. 

Sherbornf  (Angleterre,  comté  de 
Dorset),339,  n.  3;— -(château  de), 
338,  339.  Voy.  Sireburna. 

Siburge  (Sainte),  vierge,  214  ;  —  en- 
sevelie dans  la  cathédrale  de  Can- 
torbéry, ibid. 

Sibylle,  mère  de  Philippe,  comte 
de  Flandre  et  de  Vermandois, 
2.S7,  n.  1.  Voy.  Cibilia. 

Siger,  gardien  de  l'église  d'Ouden- 
bourg,  171.  Voy.  Ondenbonrg. 

Sigeric,  archevêque  de  Cantorbéry, 
220.  Voy.  Siricus. 

Sigon,  abbé  de  Saint-Florent  de 
saumur,   22,  155,  n.  3. 

29 


450 


TABLE   ALPHABÉTIQUE 


Silvae  majoris  abbalia.  Voy. 
Sauve-Majeure  (abbaye  de  la). 

Silviniacus,  prioratus  ordinis  Clu- 
niacensis,  in  diocesi  Glarimontis. 
Voy.  Souvigny 

Simon,  abbé  de  Saint-Bertin,  122, 
n.  1. 

Simon,  prieur  de  la  Sauve-Majeure, 
260 

Simon,  dit  le  Chauve,  comte  d'É- 
vreux,  371,  373,  n.  l. 

Sireburna,  castellum,  in  Anglia. 
Voy.  Sherborne . 

Siricus,  archiepiscopus  Gantuarien- 
sis.  Voy.    Sifferic. 

Sithiense[monasterium].  Voy.Samt- 
Bertin  [abbaye  de)  ;  —  Sithiu 
(colline  de),  119,  n.  4. 

Siurag,  locus  in  pago  Caturcino, 
232.  Voy.  Cieurac. 

Soaqes  (prieuré  de),  dépendance  de 
Chezal-Benoît,  en  Berry,  diocèse 
de  Bourges,  58,  n.  3. 

Soaggias.  Voy.  Soages, 

Soissonnais  [Le),  290. 

Soissons  (diocèse  de)  370,  371,  n.  4  ; 
—  (évéque  de).  Voy.  Lisiard  de 
Crespi;  voy.  aussi,  371,  n.  4. 

Sonnois  {Le),  pays  du  Maine,  278,  n. 
3. 

Soona,  castrum.  Voy.  Saône. 

Souvigny  (Allier),  60,  n.  2;  — 
(prieuré  de),  ibid.,  129,  n.  6  et  n. 
10.  Voy.  Silviniacus,  Lotsaldus, 
monachus. 

Spevanum.  Voy.  Espevan  [Maine- 
et-Loire). 

Spire  (Bavière  rhénane),  69,  n.  5  ;  — 
(cathédrale  de),  69,  n.  5. 

Stampensis  ecclesia,  Stampenses. 
Voy.  Eiampes. 

Stavelot.  Voy.  Poppon  [Saint). 

Stephanus.  Voy.  Etienne. 

Stiqand  (FMdc),  seigneur  de  Mézi- 
don,  380,  n.  1  ;  —  (Robert),  fils  du 
précédent,  381. 

Stigiae  aquae.  Voy.  Styx  [Le). 

Slrasboarg  (évéque  de),  381  ;  —  rè- 
glement des  fournitures  et  ser- 
vices dus  par  la  corporation  des 
<i  fèvres  »  et  par  celle  des  charpen- 
tiers audit  evêque,  pour  les  tra- 
vaux du  palais  épiscopal,  381- 
383. 

Sly.v[Le),S36. 

Sudsexa.  Voy.  Sus.'iex  [Le). 

Suétone,  auteur  delà  Vie  d'Auguste, 
128,  n.  5. 

Suger,  abbé  dé  Saint-Denis,  27,  n. 
i,  37,  n.  5,  66,  n,  3  et  n.  5,  159,  n. 
3,184.  n.  1,  276,  n,  7,  311,  n.l  ;  — 


(jugement  de),  relatif  au  luxe  des 
églises    monastiques,    366,    n.  3. 

Suisse  [La),  13,  n.l.  Voy.  Genève, 
Payerne,  Romainmàtier,  Saint- 
Gall. 

Sully  (Maurice  de),  évéque  de  Pa- 
ris, 72,  n.  5,  95,  n.  4.  Voy.  Pa- 
ris. 

Sulpice,  seigneur    d'Amboise,   113. 

Sulpitius,  dominas  Ambasiae.  Voy. 
Sulpice. 

Supplicius.  Voy.  Sulpicius,  Sul- 
pice. 

Snssex  [Le),  comté  d'Angleterre, 
193,  194.  Voy.  Sudsexa. 

Sygerus.  Voy.  Siger. 

Syrie  (postes  d  observation  en), 
274.   Voy.  Antioche,   Mélitène. 


Taillefer.  Voy.  Guillaume  Vul- 
grin,  Taillefer,  comtes  d'Angou- 
lême. 

Talmont  (Vendée),  334,  n.3;  — (sei- 
gneurie de),  ibid.  Voy.  Thale- 
mundi  dominium. 

Tancarville  (chambriers  de),  379, 
n.  4.  Voy.  Rabel  le  Chambrier. 

Tancrède  de  Hauteville,  seigneur 
normand,  177,  n.  4. 

Tarbes.  Voy.  Ponce,  évéque. 

Tarn[Le),  rivière,  103,  104. 

Tarnac  (Gorrèze).  Voy.  Ternat. 

Tarragone  (Espagne,  Catalogne), 
341,  n.  3  ;  —  (église  de),   ibid. 

Taruanensis  parrochia,  ïaruenna, 
Voy.  Thérouanne. 

Tauriacum.  Voy.  Toury. 

Ternat  (parrechia  de),  14.  Voy. 
Tarnac  [Corrèze). 

Thalemundi  dominium.  Voy.  Tal- 
mont [Vendée). 

Thedbaldus.  Voy.  Thibaut. 

Theobald,  archevêque  de  Gantor- 
béry,  220. 

Theobaldus.  Voy.  Thibaut,  Theo- 
bald. 

Theodbaldus.  Voy.  Thibaut. 

Theodericus,  Theodoricus.  Voy. 
Thierri. 

Théoduin,  évéque  de  Liège,  68,  n. 
4,  200,  n.  4. 

Théophile,  moine,  auteur  de  la 
Schedula  diversarum  artiuin, 
128,  n.  6,  156,  n.  4. 

Thérouanne  (Pas-de-Galais),  —  (ca- 
thédrale de),  312,  313,  340  ;  — 
(évéques  de).  Voy.  Didier,  Fol- 
quin,  Jean  de  Commines  ;  —  (pa- 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


451 


roisse  de),  173.  Voy.  Taruenna. 
Voy.  aussi  Baldéric  de  Thé- 
rouanne,  Wautier  de  Thé- 
rounnne. 

Thelbaudus.  Voy.  Thibaut. 

Thibaut  le  Vieux,  moine  de  Mar- 
moutier,  195. 

Thibaut  III,  comte  de  Blois,  236  ; 
—  Thibaut  IV,  336,  n.  4  ;  —  Thi- 
baut V,  237,  n.  2. 

Thibaut,  prévôt,  moine  de  Mont- 
Glonne,  21.  Voy.  Mont-Glonne. 

Thierri,  abbé  de  Saint-Hubert-d' Ar- 
denne,  191. 

Thierri,  abbé  de  Saint-Remi  de 
Reims.   4,  39,  40,  41,  n.  1. 

Thierri  I",  duc  de  Lorraine,  45,  n. 
1. 

Thierri,  évêque  d'Amiens,  157,  n.  2. 

Thietfrid,  abbé  de  Saint-Trond, 
159. 

Thietmar,  maître  d'oeuvre,  38,  n. 
2. 

Thionne  (paroisse  de),  —  Allier,  — 
108,  n.  1. 

Thiron-Gardais  (Eure-et-L  o  i  r). 
Voy.  Tiron  [monastère  du  Saint- 
Sauveur  de). 

Thoarcences,  Thoarcensis  vice- 
comes.  Voy.  Thouars,  Thoua- 
rais  {Le). 

Thoarcii  castellum.  Voy.  Thouars. 

Thoerii  fluvius.  Voy.  Thouet  {Le). 

Tholosa.  Voy.  Toulouse. 

Thomas,  abbé  de  Morigni,  340,  n. 
7,  341. 

Thomas  Becfcet,  archevêque  de  Can- 
torbéry,  210,  n.  2,  213,  n.  2,  215, 
218.  n.  2,  220,  221,  n.  1  ;  —(cha- 
pelle de),  dans  la  cathédrale  de 
Cantorbéry,  224,  n.   2. 

Thouarais  [Le),  19,  n.  3. 

T/iouars  (Deux-Sèvres),  20,  n,  1;  — 

(château  de),   ibid  ;    —   (vicomtes 

de).  Voy.   Aimeri    IV,    Herbert. 

Voy.  aussi  Géraud  de  Thouars. 

Thouet  (Le),  affluent  de  la    Loire, 

19,  n.  3.  Voy.  Thoerii  fluvius. 
Thro  (chapelle  du  Saint-Sauveur,  à) 
52  ;  —  (château  de),  51.  Voy.  Chà- 
teau-Josselin  (Morbihan). 
Tiron  (monastère  du  Saint-Sauveur 
de  la  Sainte-Trinité  de),  274,  279, 
280  ;  —  (ateliers  monastiques  de), 
279,  n.  3. 

Toarcensis.  Voy.  Thoarcensis  vice- 
comes. 

Tociacum,  castrumepiscopale.  Voy. 

Toucy. 
ToUevia.  Voy.  Touvoie. 
Tolosa.  Voy.  Toulouse. 


Tongres  (Belgique,    prov.   de   Lim- 

bourg),  158,  n.  1. 
Torinneium,  oppidum,  municipium. 
Voy.  Torigni  [Manche).  Voy .  aus- 
si   Fulcoius  de  Torinneio,  Motte- 
Fulcois  (La). 
Torigni   (Manche),   332,    n.   4  ;    — 
(château  de),  ibid;  —  (Robert de), 
abbé  du  Mont-Saint-Michel,   246, 
n.  2. 
Tornehem.  Voy.  Tournehem. 
Tornacensis  civitas,  parrochia,  pro- 
vincia.  V^oy.    Tournai,    Tournai- 
sis{Le). 
Toucy    (Yonne),    98,  n.   2  ;  —  (sei- 
gneur de).  Voy.  Hugue   de    Tou- 
cy. Voy.  aussi  Guillaume  de  Tou- 
cy, évéque  d'Auxerre. 
Toulouges,      près     de     Perpignan 
(Pyrénées-Orientales),  113,  n.  7  ;  — 
^statuts  du  concile  de),  relatifs  aux 
églises    fortifiées,   aux   zones    de 
protection    autour  des  églises,  à 
la  protection  des    habitations  ru- 
rales, 113-115,  176,  n.  2.  Voy   Tu- 
lugiense   pratum,    Tuluges,    Tu- 
lujes. 
Toulouse,  112,   n.    4,    261,    283  ;  — 
(comte de).  Voy.  Alphonse  Jour- 
dain ;  -  (église  abbatiale  deSaint- 
Sernin,  à),  consécration,  238,   n. 
4,     262,  n.    4,  construction,   état 
d'avancement,    260-262,    rapports 
de   son    architecture    avec  celle 
de      Saint-Martial     de    Limoges, 
de  Sainte-Foi   de    Conques   et  de 
Saint-Jacques     de     Gompostelle, 
397,    n.    1,  399,    n.    3,    400,  n.    4, 
sculptures,  397  ;  —  (Chapitre  de), 
283  ;  —  (chanoine  «  ouvrier  »  de). 
Voy.  Ponce  ;  —  (maison  d'hôpi- 
tal des  clercs   pauvres  de),  261, 
363  ;   —   (musée  de)  :  bas-reliefs 
provenant  de  Saint-èernin,  404,  n. 
1  ;  —  (pays  de),  48,  146; —  (prévôt 
de).  Voy.  Raimond  Guairard,  son 
tombeau,  261,264. 
Touraine   (diffusion   de    l'ordre    de 

Fontevrault  en),  312,  n.  1. 
Tournai  (Belgique,    prov.  de  Hai- 
naut),  394  ;  —  (abbatiale  de  Saint- 
Martin   de),  289.  290  ;  —  (évêché 
de),    127,   n.   1  ;  —    (évêque    de). 
Voy.     Radbode  ;     —    (pierres  et 
marbres  du  pays  de),  173,  394, 
Tournaisis  [Le),  172,  181,  n.  4,  290. 
Tournehem  (Pas-de-Calais),  392,  n. 

5. 
Tournus  (Saône-et-Loire),  31,   n.  1, 
246,  n.l  ;  — (abbatiale  de    Saint- 
Philibert  de)  :  narthex,  ibid. 


432 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


Tours  (archevêques  de).  Voy.  Gal- 
ber', Hildebert  de  Lavardin,  Hu- 
Jfue, —  basilique  de  Saint-Martin 
de),  56,  n.  2,  297  ;  —  (château  neuf 
de  Saint-Martin  de),  297,346,  n.l; 
—  (comte  de).  Voy.  Eude  II;  — 
(monastère  de  Saint-Julien  de), 
36,  n.  3  ;  —  (pays  de),  2,  320  ;  — 
(place  de  Saint-Martin  de),  298, 
n.  1  ;  —  (pont  de),  102,  103  ;  — 
(ville  de),  18,  23,  78,  102,  112,  n. 
4,  113,  n.  1.  Voy.  Odolric.  moine, 
artiste.  Voy.  aussi  Grégoire  de 
Tours. 

Toury  (Eure-et-Loir),  337,  n.  1. 
Voy.  Tauriacum. 

Touvoie  (Sarthe),  167,  n.  4.  Voy. 
Tollevia. 

J>;<_/an,  empereur.  270,  n.  1. 

Treheguer.  Voy.  Tréhigaier. 

Tréhiguier    Morbihan),  280,281. 

Trez  (  Morbihan) ,  près  de  Tré  higuier, 
28t. 

Tria.  Voy.  Trye-Château. 

Trie.  Voy.  Trye-Chiteau. 

Tripoli  (archevêque  de).  Voy.  Al- 
bert. 

Tris-and,  abbé  de  Saint-Mélaine 
de  Rennes,  155,  n.  1.  Voy.  Saint- 
Mélaine  (abbaye  de). 

Troarn  (abbaye  de),  —  Calvados,  — 
Voy.  Désert  [Le). 

Troyes  (palais  comtal  de),  2^7,  n.  6. 

Truberl  (Pierre),  artiste  mosaïste, 
355,  n.  5 

Trildonensis  abbatia.  Voy.  Saint- 
Trond  abbaye  de). 

Trye-Chiteau  (Oiseï,  277. 

Tuciacensis  (Guillelmus).  Voy. 
Toucy. 

Tulle  (abbaye  Saint-Martin  de), 
13,  51,  n.  3,  352;  — (abbésde).  Voy. 
Eble,  Guillaume  ;  —  (paroisse 
Saint-Julien  de),  15,  n.  4.  Voy. 
Tulela. 

Tu  luges,  Tulujes.  Voy.  Toulouges. 

Tuluf^iense  pratum.  Voy.  Tou- 
louges. 

Turci.   Voy.  Turcomans. 

Turcomans,  279;  —  (émir  des). 
Voy.  Danismand.        ' 

Turje  (donjon  de  la),  386,  n.  2.  Voy. 
Châlel-Aillon. 

Turstan,  archevêque  d'York,  214. 

Tur^itin  Ilaldup,  fondateur  de 
l'église  de  Sainte-Opportune 
(Manche).  Voy.  Richard. 

Tulbury  (Anj^leterre,  comté  de 
Stiill'ord),  157,  n.  2  ;  —  (prieuré 
de),  dépendance  de  l'abbaye  de 
Saint-Pierre-sur-Dive,  ibid. 


Tutela,Tutelense  monasterium.Vov 
Tulle. 


u 


Ulger,   évêque  d'Angers.  85,    n.    5. 

Ulrich,  moine  allemand,  de  la  Con- 
grégation de  Cluny,  rédacteurdes 
Aniiquiores  consuetudines  Clu- 
niacensls  monaslerii,  132,  n.  1. 

Ultus,  fluvius,  in  Britannia.  Voy. 
Oiist  [L) 

Urbain  II,  pape,  238,  n  4,  254,  n. 
2,  264,  n.  4,  273,  n.  4,  284,  289. 

Ursmer  [Saint  ,  168,  n.  1, 

Uticum,  Uticensis  pagus.  Voy. 
Ouche. 


Vadum  Nigasii.  Voy.  Gasny, 

Valenciennes  (charte  de  paix  de), 
183,  n.  1  ;  —  (marché de  ,  ibid. 

Valentinien  II,  empereur,  96,  n. 
7. 

Valerius,  moine,  artiste  verrier,  à 
l'abbaye  de  Saint-Mélaine  de 
Rennes,  155,  n.  4,  156. 

Valespir  (comté  du),  116,  n.  2  ;  — 
(églises  fortifiées  du),  114-116  ;  — 
(zones  de  protection  autour  des 
églises  du),  ibid. 

Vallispiriensis  comitatus.  Voy. 
Valespir. 

Vannes  (diocèse  de),  280  ;  — 
(évcques  de).  Voy.  Morven,  Or.s- 
cand 

Vars  (Charente).  316. 

Varucuin.  Voy.  Vars. 

Varziacum,  ca^trum  episcopale. 
Voy.  Varzy. 

Varzy  (Yonne),  98,  n.  4  ;  —  (église 
collégiale  de  Sainte-Eugénie,  à), 
93,  n.  3. 

Vasatensis  episcopus.  Voy.   Bazas. 

Vatan.  Voy.  Evrard  de  Vatan. 

Vëgèce,  92,  96,  n. 7. 

Vegelius  Renatus.  Voy.  Végèce. 

Vehty  (Le).  233  ;  —  (influence  de 
l'architecture  bourguignonne  et 
poitevine  dans  des  églises  du), 
2.35,  n.  t. 

Vendôme  (abbaye  de  la  Trinité  de), 
111,  112  n.  3,  292:—  (abbé  de). 
Voy.  Geoffroi  ;  —  (chapelle  com- 
tale  de  ,  112  ;  —  (église  de  Saint- 
Georges,  à',  111,112;—  (église 
de  Saint-Martin,  à\  112  ;  —  (for- 
mation de  la  ville  de),  111,  112;  — 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


453 


(^vicomte  de).  Voy.  Hubert  de  Ven- 
dôme, Vindocinum  caslrum.  Voy. 
aussi  Jean,  moine,  maître  d'œuvre. 

Vendômois  (l.e),  237,  n.  4,  286. 
Venctenses  episcopi.  Voy.    Vannes. 

Venosa.  Voy.  Venouse. 

Venouse    (abbatiale   de    la   Trinité 
de),  — Italie (Basilicate),  — 72,  n.  1, 
177. 
Venusina  (urbs).  Voy.  Venouse. 

Ver  (ecclesiade).  Voy.  Samt-Côme- 
de-Ver. 

Verdun  (Meuse),  44;  —  (abbaye  de 
Saint-Vanne,  à),  44  ;  —  fabbé  de). 
Voy.  Richard.  Voy.  aussi  Eus- 
pice  {Saint). 

Vermandoi/t  (Le).  Voy.  Philippe, 
comte  d'Alsace,  d'Amiens  et  de 
Vermandois. 

Vernon  (Eure),  333,  n.  9  ;  —  (tour 
de),  ibid. 

Vexin  (châteaux  forts  du),  274,  332, 
333. 

Vézelay  (église  de  la  Madeleine  de), 
32,  n.  2,  244,  n.  1.  Voy.  Vizeliaco 
(ecclesia  de). 

Vicenonia.  (luvius,  in  Britannia. 
Voy     Vilaine  (La). 

Vienne  (Isère),  86,  143,  360  ;  —  (ar- 
chevêque de).  Voy.  Léger  ;  — 
(atelier  de  tisseuses   d'or,  à),  87  ; 

—  (cathédrale  de],  reconstruction, 
ornementation,  86,  87,  269,  n.  4  ; 

—  (diocèse  de),  360,  361  ;  —  (édi- 
fice destiné  à  recueillir  les  étran- 
gers, les  pèlerins),  87  ;  —  (mai- 
sons du  cloître  de),  86,  87  ;  —  mo- 
nastère de  Saint-Pierre,  à),  87. 
Voy.  aussi  Ilerard,  moine  ;  — 
(tombeau    archiépiscopal,   à),   86. 

Vienn''  (Girard  de).  Voy.  Girard 
de  Vienne,  seigneur  du  Berry. 

Viennois  églises  fortifiées  du),  116- 
117; —  (zones  de  protection  au- 
tour des  églises  du),  116  117. 

Vierzon  (Cher),  57  ;  —  (monastère 
de).  58,  n.  1,  n.  2  ;  —  (dépendance 
dudit  monastère  de).  Voy.  Saint- 
Georges  {église  de).  Voy.  Virsio- 
nense   monasterium. 

Vignals  (Calvados),  274.  Voy.  Vina- 
cium. 

Vilaine  (La),  rivière,  280,  281.  Voy. 
Vicenonia. 

Villa  abbatis.  Voy.  Villabé  {Loi- 
ret). 

Villa  Belfordii,  Berfoldii.  capella. 
Voy.    Villeherfol   {Loir-et-Cher). 

Villabé  (Loiret),  34,  n.  3. 

Villa  Piscor  (Herveus  de).  Voy. 
Hervé  de  ViÙepreux. 


Villa  Prati.  Voy.  Kerprat  (Mor- 
bihan). 

Villa  Romanorum.  Voy.  Magouer- 
en  Belz  {Morbihan) . 

Villaines-sous-Lucé  (Sarthe),  299, 
n.  1. 

Villard  de  Honnecourt  (Album  de), 
212,  n.   1. 

Villeberfol  (Loir-et-Cher),  175,  n. 
3  ;  —  (prieuré  de),  dépendance  de 
Marmoulier,  175,  363.  Voy.  Villa 
Belfordii,  Berfoldii. 

Villefranche,  chef-lieu  du  comté  de 
Gonflent  ;Roussillon),  116,  n.  1. 
Voy.  Villefranrhe-de-Con fient. 

Villefranche-de-Conflent, Pyrénées- 
Orientales) .  116.  n.  I. 

ViUepreux  (prieuré  de  Marmoutier), 
325,  n.  1.  Voy.  Hervé  de  Ville- 
preux. 

Vinacium.  Voy.   Vignals. 

Vindocinum  castrum,  Vindocinen- 
ses.  Voy.   Vendôme. 

Viromandia.  Voy.  Vermandois  {Le). 

Virsionense  monasterium.  58,  n.  1. 
Voy.  Vierzon  {monastère  de). 

Vital,  charpentier  d'Isigny  (Calva- 
dos), employé  aux  travaux  de  la 
cathédrale  de  Goutances,  144. 

Vitriacum,  castrum,  in  pago  Aure- 
lianensi.   Voy.    Vitryaux-Loges. 

Vitruve,  auteur  du  De  Àrchiteçlura, 
241,  n     1,  376,  n.  2. 

Vitry-aux- Loges  Loiret),  11,  n.  5. 

Vi«ar,ti.s (Le),  églises  fortifiées,  117  ; 

—  (zones    de     protection    autour 
des  églises  du),  116-117. 

Viviers  (Ardèche),  116,  n.  4  ;  —  (é- 
vêché  de),  ibid. 

Vizeliaco  (ecclesia  S.  Mariae  Magda- 
lenae  de),  244,  n.l.  Voy.  Véze- 
lay 

Volpiano  (Italie,  prov.  de  Turin). 
Voy.  Guillaume  {Saint)  de  Vol- 
piano,  abbé  de  Saint-Bénigne  de 
Dijon. 

Voila,  monasterium.  Voy.  Voalte 
{La). 

Voulte-sur-Rhône  {La), — (Ardèche), 

—  129,  n.  11  ;  —  (monastère   de), 
127,  129,  n.  11,  130. 

Vuido.  Voy.  Gui. 

Vulfad,  abbé  de  Saint-Benoît-sur- 
Loire,  9;  —  abbé  de  Sainl-Chaf- 
fre-du-Monastier,   233,  n.  3. 

Vulfhelm,  archevêque  de  Gantor- 
béry,  214. 

Vulfred,  archevêque  de  Gantorbé- 
ry,  218. 

Vuïgrin,    évêque  du  Mans,  161,  n. 


4a4 


TABLE    ALPHABÉTIQUE 


Vulgrin   Tnillefer  II,  comte  d'An- 
goulcme,  373. 

Vyace,  auteur  du    Roman    de  Rou, 

275,  n.  9,  332,  n.  1,  333,  n,  6. 
Warirt,    évêque   de   Beauvais,  186, 

n.  4. 
Wasconia.  Voy.  Gascogne  {La.). 
Watten  (détroit  de),  119,  n.  4.  Voy. 

Aa  {V). 
Watten   (monastère  de),     près    de 

Dunkerque,  125,  126,  n.  2. 
Wautier.  artiste  verrier,  156. 
Wavrei,  castellum.    Voy.     Gavrai 

(Manche). 
Westminster  (abbaye    de).     Voy. 

Londres. 
Wi  (manoir  de),  dépendance  du  mo- 
nastère de  la  Bataille,  près  d'Has- 

tings  (Angleterre),  198,  n.  4.  Voy. 

Hastings. 
Wicart,  chanoine  de  Saint-Jacques 

de  Compostelle,  406. 
Wido.  Voy.  Gai. 
Wigorniensis  episcopus.  Voy.  Wor- 

cester. 
Wilelmus.  Voy.  Guillaume. 
Wilfrid [Saint],  archevêque  d'York, 

220. 
Willelmus,  Willielmus,  Willermus. 

Voy    Guillaume. 
William,  archevè(iue  de  Cantorbé- 

ry,  214. 


Winchester  (Angleterre,  comté  de 
Hamps),  320. 

Wintoniensis  urbs.  Voy.  Win- 
chester. 

Worcester  (Angleterre),  228,  n.  4  ;  — 
(évêque  de).  Voy.  Baldvin. 

Worms  (Allemagne,  Hesse  rhé- 
nane), 158,  n.  2.  Voy.  Guormatia. 


Yonne,  rivière,  97,  n.  3.  Voy. 
Icauna. 

York  (Angleterre,  Yorkshire),  214; 
—  (archevêque  d').  Voy.  Turstan, 
Wilfrid.  —  Yorkshire,  comté,  47, 
n.  1. 

Ypres  (Belgique,  prov.  de  Flandre 
occidentale),  120,  n.  3.  Voy.  Guil- 
laume d' Ypres,  seigneur,  Jean 
d' Ypres,  abbé  de  Saint-Bertin. 

Yram,  roi  de  Tyr,  120. 

Ysara.  Voy.    Isère  (L'). 

Yves,  évêque  de  Chartres,  279.  Voy. 
Ivo. 

Yvré-VEvéque  (Sarthe),  164,  n.  3, 
167.  Voy.    Ebriacum,    Ivriacum. 


Zélande  (Pays-Bas).    Voy.   Middel- 
bourg. 


RÉPERTOIRE   ARCHEOLOGIQUE 

DES  MATIÈRES 


Explication  des  abréviations 


{Arch.   mil.) 
{Arch.  urb.) 
(Cath.) 
{CloUr.) 
(G'/iap.  cath.) 
{Chat.) 
{Coll.) 

{Dom.  coll.) 
{Dont,  épisc.) 
{Dom.  mon). 
{Dom.   seign.) 
{Égl.  coll.) 
{Égl.  mon.) 
{Égl.  par.) 
{Égl.  prieur.) 
{Égl.   rur.) 
{Man.  épisc.) 
{Ohéd.  mon.) 
{Pal.  épisc.) 


=  Architecture  militaire. 

=  Architecture  urbaine. 

=  Cathédrale. 

=  Cloître. 

=  Chapitre  de  cathédrale. 

=  Château. 

=  Collégiale. 

=  Domaine  dt-  collégiale. 

=  Domaine  épiscopal. 

=  Domaine    monastique. 

=:  Domaine  seigneurial. 

=  Église  collégiale. 

=  Église  monastique. 

=  Église  paroissiale. 

=:  Église  prieurale. 

=  Église  rurale. 

=  Manoir  épiscopal. 

:=  Obédience  monastique. 

=     Palais  épiscopal. 


Abside  [cath.),  56,  n.  4,  79,  n. 
4,  84,  n.  1,  224,  n.  2.399,  n.2 
—  {égl.  coll.),  116,  n.  1  ;  - 
(égl.  mon.),  8,  9,  n.  3,  10,  23 
57,  n.  2,  158,  160,  233,  n.  3 
331,  355,  n.  3,  361,  n.  3. 

Absidioles  {cath.),  56,  n.  4,  84 
n.  l,  214,  215,  218-220,399,  n 
2  ;  —  {égl.  riion  .),  57,  n.2. 

Accidents  du  travail  dans  les 
construclions  {é  l.  mon.),  12, 
35-37,  127,  130,168,  171,  351, 
554.  Voy.  Salaire. 

AciEK  (travail  de  V),  383,  385. 

Acoustique  des  édifices  religieux. 
Voy.  Pots  de  terre  cuite. 


Affranchissement  d'un  serf  lia- 
bile  dans  la  peinture  [dom. 
mon.),  264,  265.  Voy.  Se'<fs. 

Aides  d'artisans  :  aide-maçon, 
170. 

Aiguières,  384. 

AÎTRE,  41,  n.  6,  75,  n.  3,  207,  208, 
251,  326. 

ALlGNliMENT.  Voy .  CoRDEAU,  PA- 
lissades. 

Ambon,  213 

Ampoule,  328,  n.  1. 

Appareil  de  la  construction 
romane  en  général,  33,  n.  4; 
—  (grand),  40,  92,  94,  327,  354, 
392;  —  (moyen),  75,  172,  n.  1, 
à  joints  fins  et  à  pierres  layées 
sur  les   faces,    207,  n.   2,  238, 


436 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


n.  5  :  —(petit),  22,  n.  4,  71, 
84,  n.  1,  93,  172,  n.  1,  182, 
n.  2.  Voy.  Coupe  des  pierres. 
Marbre,  Pierres,  Règle. 

Appentis.  Voy.  Galerie. 

Apprentissage,  70, 307.  Voy.  aussi 
Enseignements  d'arts. 

Aqueducs.  Voy.  Hydraulique 
(travaux  d'). 

Arc  triomphal  fcaf/i.),  162';  — 
[égl.  mon.),  140,  169,317,  371, 
n.  3  ;  —  arcs,  arcades  {cath.), 
71,73,  n.  6,  213,  214,  216,218, 
220-222,  224,  n.  1,  225,  228, 
319,  399,  n.  4  ;  —  {égl.  mon.), 
23,  41,158,  318,354;  — arcades 
peintes  (mo«as<.),  265,  n.  1  ;  — 
arcade  de  salle  capitulaire  {mo- 
nast.),30't;  —  arcs  surhaussés, 
163,  n.  2. 

Archaïsme  {égl.  mon.),   35,   n.  4. 

Archères  (enceinte d'un  donjon), 
337,  n.  2. 

Architectes,  33,  38,  n.  2,  41,  69, 
n.  5,  105,  127,  n.  1,  166, 
202,  206,  211,  221-22.">,  227, 
231,  235,  274-276,  343,  353, 
354,  387,  392,  397,  406  ;  — 
(appel,  consultation  d').  Voy. 
Convocation.  Voy.  aussi  Cha- 
noines et  Clercs  construc- 
teurs. Devis,  Fixation  a  l'a- 
vance de  sommes.  Louage, 
Maçons,  Moines  constructeurs. 

ABCHfvoLTES  {calh.),  216,  n.  4, 
221,  n.3,  403,  n.l. 

Ardoise  (couverture  d'),  sur  des 
tours  {arch.  mil.,  urb.),  99.  n. 
2. 

Argent  (travail  de  l'i,  383.  Voy. 
aussi  Calices,  Chaînettes,  Ci- 
BORiUM,  Couronnes  de  lumière, 
Encensoir,  Nielle,  ,Reliquai- 
UEs,  Statues,  Vases. 

Armures  antiques,  181,  n.  3. 

Armuriers,  382. 

Artisans,  devenus  serfs  de  monas- 
tères, en  reconnaissance  d'une 
guéiison extraordinaire,  35,36, 
144  ;  —  groupés  par  métiers, 
381-38'{  ;  —  par  quiirtiers  et 
par  rues,  279,  n.  3.  Voy.  aussi 
Artistes,  Maîtrises  d'offices. 


Artistes,  constructeurs,  peintres 
(continuation  des  fonctionsd'), 
dans  une  même  famille,  264, 
265,  289  ;  —  venus  de  la  Lom- 
bardie  pour  la  construction, 
la  décoration  de  monuments 
conventuels,  26,  n.  2,  29,  n.2, 
38  ;  —  émancipé  du  servage 
et  reçu  frère  convers  dans 
une  abbaye,  en  récompense 
de  ses  services  comme  peintre. 
145,  n.  3, 264,  265.  Voy.  Métiers 
et  Arts  divers. 

Asiles  autour  des  églises  114- 
117,  176,  n.  2,  251,  n.  1  ;  — 
(clochers  ou  tours  d'églises 
servant,  en  cas  de  guerre,  d'), 
364,  n.2;  — fortifiés,  20,  n. 
6.  Voy.  Bornage. 

Assiettes  {monasL),  137,  172, 
267  ;  — ou  piatsde  métal  (pa/. 
épisc),  383. 

Associations  pieuses  pour  la 
construction,  la  réparation  ou 
la  décoration  d'églises.  Voy. 
Contribution,  Coopération. 

Ateliers  {monast.),  bâtiments 
divers  de  moines,  de  convers, 
21,  n.  3,  46,  47,  59,  60,  112, 
119,  120,  139,  149,  209,  235, 
245,  246,  n.  1,  247,  258,  273, 
274,279,295,301,  324,380;  — 
attenant  à  une  cathédrale,  à  un 
palais  épiscopal,  72,  90,  286  ; 
—  de  femmes  pour  le  tissage 
d'or,  87  ;  —  de  ville  neuve, 
282,  283. 

Atrium,  avant-nef  d'église 
monastique,  aitre  d'église  ca- 
thédrale, paroissiale,  75,  n.  3, 
136,  158,  207,  208,  251,  268, 
314.    Voy.  Narthex,  Pronaos. 

AuMÔNERiE  {monast.),  135,  303, 
360;  —  (dimensions  de  salle  d'), 
135. 

Autels  d'oratoires,  à  l'époque 
chrétienne  primitive,  203  ;  — 
romans,  en  général,  77  ;  — 
{cath.),  76.  77,  79,  91,  93,  96, 
101,  144,  163,  205,  n.  2,  210, 
213,  215,  217,  218-220,  224, 
225,  227,  268,  326,  398  ;  — 
{égl.  mon.),  9, 16,  n.3,  21,  22, 


RÉPERTOIRE  ARCHÉOLOGIQUE 


457 


26,  n.  3,  28,  29,  31,  38,  39,  55, 
56,  82,  118,  126,  128,  140, 
156,  159,  169,  191,  192,  210, 
230,  262,  n.  5,  273,  n.  4,  304, 
331,  354,  n.  3,  354,  356  ;  — 
portatif,  [ibid.),  131  ;  —  triom- 
phal, érigé  sur  l'emplacement 
d'un  champ  de  bataille,  197. 
Voy.  aussi  Ciborium,  Tables 
(d'autels.) 

Avant-nef  ou  vestibule  de  la  nef 
des  grandes  églises  monasti- 
ques, 136,  n.  2.  Voy.  Nauthex, 
Pronaos. 

Axe  de  l'église  (déviation  de  1'), 
159,  n.  3.  Voy.  Symbolisme  ar- 

CHITECTUnAL. 


Bagues  [archit.J,  anneaux  de 
pierre  faisant  saillie.  Voy.  Co- 
lonnes, COLONNETTES. 

Bains  (construction  de),  d'eau  mi- 
nérale, thermale  [obéd .  mon.), 

.  190,  191  ;  —  de  César  (i7)i(/.), 
190,  n.  4  ;  —  (disposition  des), 
—  monast.,  —  138  ;  —  bai- 
gnoires de  bois,  ibid. 

Balcon,  saillie  en  pierre,  contre 
les  murs  d'une  salle  capitulaire 
{monast.),  133  ;  —  petite  galerie 
{chat.),  375,  n.  2. 

Baldaquin.  Voy.  Ciborium,  Dais. 

BaLISTES.  Voy.  MACHrNES  DE  SIÈGE, 

Trébuchets. 

Balusthade  (ca//i.),  96,  n.    4. 

Bancs  d'églises, garnis  d'étoffes, 
de  tentures  mobiles  dites  ban- 
quiers {égl.  mon.),  17,  137, 
140    Voy.  Sièges,  Tentures. 

Bandes  lombardes,  ornement 
de  tours  d'église  (cath.),  405, 
n.  1. 

Baptistères  ou  fonts  baptismaux 
(cath..  égl.,  mon.,  pur.),  80, 
82,  204,  249,  316. 

Bardeaux,  94,  327,  n.  3,  351. 
Voy.  Couverture  (de  bois). 

Barres  de  fer,  transversales, 
servant  à  la  fermeture  des  por- 
tes {pal.  épisc),   383  ;  —    bar- 


reau de  fer  travaillé  à  la  façon 
d'une  petite  colonne,  autre- 
ment dit  fuseau  {pal.  épisc), 
384. 

Bas-côtés  (cath.),  64,  n.  3.  101, 
217,  221,  226,  228,  327,  n.  3, 
372,  398.  n.  4  ;  —{égl.  mon.), 
31,  n.  1,  42,  n.  2,  57,  n.  2,  218, 
248,  n.  2,  353,  n.    1,  399. 

Basiliques  (anciennes),  lambris- 
sées, 3,  n.  1,  56,  n.  3  ;  —  en 
forme  de  tau,  27,  n .  5  ;  —  (mar- 
tyrium  des),  141  ;  —  (pronaos 
des),  136,  n.  2. 

Bassins,  vases  de  fer,  chaudrons, 
casseroles,  382-384; —  bassin 
orné  de  peintures  et  supporté 
par  des  colonnes,  269. 

Bastille  de  bois,  servant  à  un 
siège,  252,  n.   7. 

Beffrois.  Voy.  Clochers. 

Bibliothèque  {cath.),  73  ;  —  {mo- 
nast.), 59,  71,  266  ;  —  dépôt 
délivres  de  chant  {ibid.),  .303. 

Bijoux,  joyaux,  anneaux,  323, 
328.  Voy.   Pierres  précieuses. 

Bois  (appentis  de)  servant  de 
halle,  183,  n.  1  ;  —  (bastille 
de),  252,  n.  7  ;  —  (baignoires 
de),  dans  les  monastères,  138; 
—  (cabanes  de),  servant  d'ha- 
bitations monnstiques,  296;  — 
(campanile  de),  16,  n.  3,  168, 
174,  avec  couverture  de  sapin, 
171  ;  —  (constructions  de),  en 
général,  cause  d'incendie  dans, 
les  villes,  3, .  n.  4  ;  —  (cons- 
truction d'église  de),  avec 
chœur  voûté ,  8  ;  —  (cons- 
truction d'édifices ,  cloîtres 
conventuels  de),  125,  n.  2, 
152,  n.  1,  253,  n.  4  ;  — 
(couverture  de  cathédrales, 
faite  en),  94,  162,  327,  n. 
3,  (d'églises  collégiales,  faite 
en),  243,  (de  bâtiments  ou  d'a- 
teliers monastiques,  faite  en), 
244,245,387,388;—  (donjons 
de),  10,  67,  n.  5,  78,  113,  n.  2, 
184,  n.  1,  193,  194,  n.  2,  291, 
31 4, n.  1,337  n.2. — 'Emploi du), 
dans  les  chapelles  seigneuria- 
les, 185,  298  ;  —  dans  les  égli- 


458 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


ses  du  Nord  de  la  France  et 
de  la  Flandre,  376,  n.  4,  387- 
388  ;  —  dans  les  églises  Cister- 
ciennes, 295,  296,  362,  363, 
374  ;  —  dans  les  églises  col- 
légiales, 165,  n.  3  ;  —  dans 
les  églises,  chapelles  et  ora- 
toires monastiques,  8,  16,  17, 
n.  6,  22,  34,  168,  169,  175,  n. 
4,  238,  298,  299,  300,  301,  308, 
309,  363  ;  —  dans  les  granges 
abbatiales,  183,  n.  1  ;  —  dans 
les  habitations  d'un  bourg,  375, 
n.  2  etles  défenses  du  mur  d'un 
bourg, 99; — dansleshalles,  183, 
n.  1  —  dans  les  maisons-Dieu 
et  infirmeries  monastiques,  60, 
165,  n.  3,  388,394  ;  —  dans  les 
maisons  fortes,  256  ;  —  dans 
les  maisons  rurales,  116,  car- 
rée à  l'intérieur,  ronde  à  l'ex- 
térieur [dom.  épisc),  167  ;  — 
dans  les  palais  épiscopaux, 
165,  n.  3,  avec  galerie,  95  ;  — 
dans  les  pavillons  épiscopaux, 
385  ;  —  dansles  passerelles  des 
don  ons,  314,  315  ;  —  dansles 
ponts,  109-111  ; —  dans  les 
porches  d'églises,  282,  n.  2;  — 
dans  les  résidences  seigneu- 
riales sur  mottes,  1 80, 1 84, 1 85  ; 

—  (malsons  de),  60,  187,  241, 
253,  270,  297,  298,  322,  323, 
340; —  canoniales  (ca//i.),346; 

—  (patrons  ou  panneaux  de), 
pourla  taille  des  voussoirs,  212, 
n.  1  ;  —  (lambris,  charpentes 
apparentes  à  l'intérieur,  en)  : 
{cath.),  3,  n.  1,  64,68,  83,  93, 
{égl.  coll.),  141-142,  2'*4,  n.  2, 
(tV/Z.  mon.),  3,  6,  8,  10,  16,  n. 
3,  {monast.),  salle  d'infirme- 
rie, 60;  — (reconstruction  en), 
d'une  église  monastique  des 
Mauges,  en  Anjou,  bâtie  d'a- 
bord en  pierre,  18  ;  — (statues 
de),  8,49,  119  ;  —  (tours  de)  : 
[calh.),  95,  près  d'éjjlises,  mo- 
nastiques ou  rurales,  7,  16, 
n.  3,  ichâl.),  10,  78,  180  à  183, 
184,  n.  1 .  Voy.  Charpentes,  Chê- 
ne, Incendie,  Roseaux,  Sapin, 

Bornage,  53,  54  ;  —  à  jet  de  flè- 


ches de  baliste,  d'un  terrain 
d'église,  2i>4,  n.  6.  Voy.  Asiles. 

Boulangerie  imonast.),  139,  150. 

Boulins  (trous  de),  130,  n.  1. 
Voy.  Echafaudages. 

Bourgs  (dans  une  formation  de 
ville),  112,  288,  298,  299,  356. 
n,  2  ;  —  entouré  d'eau  et  de 
fossés,  288,  n.  4  ;  —  de  murs, 
—  fortifié,  99, 332  ;  —  (rue  cons- 
truite  dans  un),  354,  356  ;  — 
(plan  de),  en  Flandre,  375,  n. 
2.  Voy.  'Villes. 

Braie.  Voy.  Fortifications  (éle- 
vées en  avant  d'un  ouvrage 
de  défense). 

Brancard,  Voy .  Civière 

Bretèches,  252,'  n.  6,  275,  n.  9, 
332, n,  l,333,n.6.  V,  Hourdage. 

Briques  antiques,  180,  Isl  ;  — 
à  revêtement  de  plomb,  96  ;  — 
(dimensions  de)  à  l'époque 
carolingienne,  347,  n.  2  ;  — 
(églises,  édifices  divers  recou- 
verts de),  31,  n.  1,  93,  95,  96, 
101,  245,  344,  n.  1,  .351,  375, 
n.  2,  376,  405  ;  —  (liaison  de), 
344,  n.  1,  351,  375.  n.  2  ;  — 
(persistance  de  l'emploi  de), 
dans  certaines  régions,  172, 
n.  3  ;  —  (ville  de  Rome,  cons- 
truite d'abord  en),  128.  Voy. 
Terre  (cuite). 

Broderies.  Voy,  Étoffes,  Relief 
(travail  en). 

Bronze  (travail  du),  383,  385.  Voy, 
Orgues  ;  —  bronze  doré,  Voy. 
Candélabres,  Couronnes  de  lu- 
mière, Fontaine,  Lavabo,  Re- 
liquaires, 


Cabanes  de  bois,  servant  d'habi- 
tations monastiques,  310  ;  — 
avec  branchages  entrelacés, 
296 

Cabinet  abbatial, dans  un  monas- 
tère, 1*1  ;  —  sorte  de  retrait, 
dans  un  château,  185,  n,  1, 

Calices,  85  :  —d'argent,  25,  266, 
358  ;  —  dor,  358  ;  —  (chalu- 
meau   de),    servant    dans    la 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


459 


communion  pour  puiser  dans 
le  calice  l'espèce  du  vin,  358. 

Campaniles  de  bois.  V.  Clochers. 

Camps  RETRANCHÉS.  Voy.  Fortifi- 
cations. 

Canalisation.  Voy.  Hydraulique. 

Candélabres,  à  plusieurs  bran- 
ches, 368  ;  —  avec  pierres 
précieuses,  ibid.  ;  —  de  bronze 
doré,  368,  n.  2  ;  — (bague  de), 
ibid.  ;  —  avec  figures  et 
rinceaux,  ibid.  ;  —  (sym- 
bolisme appliqué  à  des),  ibid. 

Capiscols  (cath.),  108,  n.  2  ;  — 
leur  rôle  dans  les  construc- 
tions, ibid. 

Carrières,  66,  105,  197,  241, 
391  ;  — (part  personnelle  prise 
par  un  abbé,  par  un  évêque  à 
la  recherche  de),  64,  66,  n.  3. 

Carriers,  105,  n.  3. 

Caves  {inonast.),  246,  n.  1.  Voy. 
Cellikrs. 

Cellérier  (office  de),  auquel 
ressortit  parfois  l'entretien, 
la  surveillance  des  construc- 
tions conventuelles,  [mnnast., 
coll.),  21,  n.  1,  243,  245,  260, 
265. 283,  n.  5,  290. 

Celliers  [chap.  cath.),  90,  316, 
318,  n.  3,  321  ;  —  (chat.),  10, 
113,  n.  2,184;  —  {dom.  épisc), 
100,  164  ;  —  (monast  ),  21,  23, 
n.  4,  34,  44,60,  135,  290,  n.  3, 
291,303,  324,  325,  avec  dimen- 
sions données,  135  ;  —  (piliers 
de),  lAirf.  —246,  n.  1  ;  —  {pal. 
épisc),  97  ;  —  (protection  des), 
en  générai,  186,  n.  4,  publics, 
{ibid.) 

Cellules  {monast.),  230,  311  ;  — 
(dimensions  de),  266  ;  —  des- 
servies par  des  conduites  d'eau 
{ibid.)  ;  —  (nombre  dei,  230. 

Chaînettes  servant  à  des  colon- 
nettes  de  fer,  384  ;  —  à  des 
suspensions  dans  les  églises, 
368,  n.  1  ;  —  avec  croisettes  de 
fer,  à  lettres  entaillées  et  ar- 
gentées, 330. 

Chalumeau,  instrument  rituel. 
Voy .  Calices 

Chambre  à  coucher  {chat.).  237  ; 


—  avec  cheminée  {chat.),  136, 
{monast.),  247  ;  —  d'abbé 
(monast.),  325;  —  d'enfants, 
{chit.),  183  ;  —  d'été,  d'hiver, 
dans  des  palais  orientaux.  277, 
n.  8. 

Chancel.  Voy.  Sanctuaire. 

Chanoines  et  clercs  1°  d'églises 
cathédrales  :  peintres,  verriers, 
orfèvres,  73, 93, 201 ,  enseignant 
la  peinture  à  des  clercs,  305, 
307-308  ;  —  2°  d'églises  collé- 
giales :  constructeurs,  201 , 379, 
3S0,  hydraulicien,  379,  380, 
sculpteurs  (?),  306,  dits  «  ou- 
vriers »,  c.-à-d.  chargés  de 
l'entretien  des  bâtiments,  189, 
n.  2.  Voy.  Fabrique.  Voy.  aussi 
Moines    constructeurs). 

Chantiers  de  construction.  Voy. 
Accidents  (du  travail).  Chômage 
(obligatoire).  Fixation  a  l'a- 
vance de  sommes  d'argent.  Sa- 
laire. 

Chape  de  soie,  vêtement  ecclé- 
siastique, dit  aussi  manteau 
pluvial,  345,  n.  4.  Voy. 
Etoffes. 

Chapelles  {cath.),  213,  214,  217- 
224  ;  —  (chat.),  52,  184,  236, 
237  ;  —  {égl.  mon.),  28,  129, 
n.  8,  191-193  ;  —  circulaires. 
Voy.  Baptistères,  Coupoles  ; 
—  d'abbés,  325  ;  —  d'ermi- 
tage, faites  de  terre,  257,  258, 
n.  1  ;  —  d'hospice,  68  ;  —  d'in- 
firmerie. Voy.  Infirmerie;  — 
de  cimetières,  183,  250,  251, 
327,  n.3,  àdimensiunsdonnées, 
251  ;  —  de  cloîtres  (c/ia/).  ca//i.), 
316  :  —  de  couvents  de  char- 
treux, 3'>9,  inférieure,  supé- 
rieure {ibid);  —  de  monastè- 
res, 310,  de  la  Vierge,  {ibid), 
i36;_He  prieurés,  330.331;  — 
épiscopales.  V'^oy.  Palais  épis- 
coPAux  ;  —  funéraires  \cath.), 
178,  n.  1  ;  —  monastiques,  de 
bois,  55,  n.  4,  de  pierre, 
147  ;  — ou  oratoires  dit  «  Saint- 
Sépulcre  »  {égl.  mon.),  192, 
{égl.  par.),  356;  — rurales,  de 
bois  ou  de  pierre,  16,  22,  175, 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


289,  291,300,  301,308,  309;  — 
seig'neuriales,  52,  IH,  376,  n. 
4,  avec  décoration  en  relief  et 
peirit.ire,  185,debois,  298,  299, 
de  pierre,  (tAtrf.).  Voy.  Eglises, 
{caslrales). 

Chapiteaux.  Voy.  Colonnes. 

Charpentes  des  couvertures  d'é- 
glises romanes,  en  général, 
208,  n.  1,  danger  d'incendie 
auquel  elles  sont  exposées, 
ibid  ;  —  (emploi  des).  Voy. 
Bois,  Chevrons,  Echafaudages, 
Liens,  Poutres  ;  —  (technicfue 
desj,  de  forme  hémisphérique, 
12,  n.  1  ;  —  tradition  et  per- 
sistance des  charpentes  appa- 
rentes, dans  des  églises  du 
Maine  et  de  la  Normandie,  161, 
n.  3.  Voy.  aussi  Bois,  Lambris. 

Charpentiers,  menuisiers,  12, 
n.  2,  38,  n.  2,52,  n.  5,  73,  93, 
122,  125,  144,  168,  174,  279, 
306,  381,  382  ;  —  architecte- 
charpentier  des  logis  de  bois 
surmontant  une  moite  seigneu- 
riale, 180,  184-185  ;  —ou  arti- 
sans dnns  l'art  de  travailler  le 
bois,  prêtés  par  une  abbaye  au 
Chapitre  d'une  cathédrale,  305, 
306  ;  —  (immunités  accordées 
à  des),  361,  377;  —  devenus 
volontairement  serfs  de  mo- 
nastères, en  reconnaissance 
d'une  guérison  extraordinaire, 
35,  36,  144  ;  —  faisant  manœu- 
vrer des  trébuchels  pour  rele- 
ver un  campanile  de  bois  ren- 
versé, 174. 

Chartreuses  'chapelles  des  cou- 
vntsde),  359;  —  (cloîtres des), 
23,  n.  4,  265-267,  357  ;  —  (plan 
des),  265,  266,  comparé  à  celui 
des  léproseries,  311,  n.  4  ;  — 
(maisonnettes desi,  ibid. 

Chasses.   Voy.    Reliquaires. 

Châssis  de  vitrail,  144.  Voy. 
Vitraux. 

Châteaux  (agrandissement  de), 
199  :  —  anglo-saxons,  en  gé- 
néral, 194,  n.  6  ;  —  (chapelles 
de).  Voy.  Chapelles  ;  — cons- 
truits par  des  moines,  21  ;  — 


Ccour  de),  gazonnée,  236,  n.  2, 
237,  n.  6  ;  —  (emplacement  de), 
6,  7,n.  1,  50,  98,277,  n.  3,  332, 
n.  4,  333,  n.  5,  335,  386.  Voy. 
aussi  Escarpe;  —  en  ruines, 
256;  —  épiscopaux,  92,  94,  96, 
n.  7,  98-101.  338,  339.  Voy. 
Manoirs  (épiscopaux)  ;  —  (fixa- 
tion du  pieu  de  fondation  de), 
52;  —  normands,  en  Angleter- 
re, 194,  n.  3,  276,  n.  7,  278, 
n.  2; — (statut  concernantles), 
en  Normandie,  252; —  (salles 
de),  236,  n.  3,  237,  n.  6  ;  — 
(souterrains  de),  336,  n.  2  ;  — 
(surnoms  de),  111  ;  —  (viviers 
dans  les  fossés  de),  332,  n.  4. 
Voy.  Chemin  de  ronde.  Don- 
jons, Manoirs,  Prison. 
Chauffoir  (rnonast.),  134,  135, 
303  ;  —  (dimensions  de),  134  ; 

—  (porte  de),  135. 

Chaume  et  ligaments  de  baguet- 
tes de  bois  pliant,  servant  à 
faciliter  des  revêtements  provi- 
soires d'églises  en  construc- 
tion, 169-170. 

Chaussée  :  antique,  autrement  dit 
pire,  180,  son  mode  de  forma- 
tion, ibid.  ;  —  romane,  103, 
n.  2  ; —  (construction  le  long 
d'une),  avec  permission  sei- 
gneuriale, ibid.  Voy.  Rue. 

Chemin  de  ronde  (dans  des  for- 
tifications normandes),  252  ;  — 
(dans  des  châteaux  flamands), 
375.  n.  2,  377. 

Cheminées  (c/ia/.),  236; — [dom. 
épisc),  167;  — (monasl.),  247, 
cylindriques,  de  cuisines  mo- 
nastiques, 324,  n.  5. 

Chemise  de  Bois.  Voy.  Donjons. 

Chêne  (planchettes  de),  formant 
les  lambris  d'une  galerie  de 
palais  épiscopal.  95,  n.  4. 

Chéneaux  [caih.),  96,  n.  4. 

Chevaux  de  frise,  ou  heriçons, 
pièces  de  bois  traversées  en 
sensdivers  par  des  pieux  poin- 
tus, et  disposées  sur  des  fos- 
sés de  fortifications  pour  en 
défendre  le  passage,  333,  n.6; 

—  tiges    de  paille    servant  à 


RÉPERTOIRE   ARCHÉOLOGIQUE 


461 


déguiser  des  chevaux  de  frise 
dans  des  fosses  souterraines, 
sous  les  ponts  de  bois  des  don- 
jons, 336. 

Chevet  {calh.),  55,  56,  n.  4,  64, 
n.  3,  68,  72,  75,  94,  216,  227, 
328,  329,  399  ;  —  {égl.  mon.), 
8.  56,  59,  233,  ii.  3,  247,  262, 
n.  4  et  5,  304:  —  {égl.  par.), 
349. 

Chevrons,  130,  n.  l,  208,  245. 
Voy.  Charpentes. 

Choeur  (cath.),  64,  n.  3,  68,  72, 
73,  n.  6,  77,  94,  161,  n.  4,  208- 
212,  214-218,  221,  223,  225- 
226,  227,  268,  269,  313,  n.  1, 
321,  327,  n.  3,  354  ;  —{égl. 
moAi.),  8.  n.  1  et  2,16,  n.  3,  22, 
27,  n.,  42,  n.  1,  157,  159,  171, 

230,  262,  n.  4,  273,  304,  318, 
35V,  355,  357,  368,  n.  1,  371. 
n.  3,  391  ;  —  (partie  du),  ré- 
servée aux  chantres  {ihid.), 
34,  38,  159,  22,  25,  40,  42,  43, 
n.  3.  47,  57,  n.  2,  59,  81,  82, 
125,  n.    1,  146,  171,  177,  n.  4, 

231,  n.  3,  2t5,  246,  2t7,  254, 
n.  2,  262,  n.  4,  n.  5,  268,  n.  7, 
273,  n.  4,  282,341,  n  4,  345, 
392  ;  —  de  chapelle  imonast.), 
231,  n.  3,  304  ;  —  de  chapelle 
d'infirmerie  {ibid.),  23. 

CiBORiuM  [calh.),  400;  ~  (égl. 
mon.),  avec  colonnes  ornemen- 
tées d'argent  et  de  nielle,  128, 
en  l)ois,  avec  colonnes,  sur- 
montant un  tombeau  de  saint, 
31.  Voy.  Dxrs,  Tombeau. 

Ciment  incrusté,  269,  n.  1.  Voy. 
Incrustations  ;  —  reliant  des 
pierres  brovées  pour  former 
une  chaussée.  Voy.  Chaussée. 
Voy.  aussi  Mortier. 

Cimenteurs,  170. 

Cimetières,  15,  91,  138,  183,  233, 
284,  285,  n.  1,  287,  288,  297, 
298,  301,  314,  327,  n.  3,  330, 
331,  342,  389  ;  —(chapelles  de). 
Voy. Chapelles.  —  de  couvents 
de  Chartreux,  359  ;  —  fortifiés, 
16,  20:  —  gallo-romains,  316; 
—  réservés  aux  laïques,  91, 
13S,    pa"r    opposition    à     ceux 


des  moines.  389;  —  (zone  de 
protection  des),  d'après  des 
constitutions  de  paix  et  des 
balles  de  papes,  114-117,  176. 
Voy.  aussi  Habitations  (dans 
les  cimetières). 

Cire  (emploi  de  la),  et  du  plomb, 
pour  les  réparations  et  la  pose 
des  vitraux,  161,  n.  2. 

Ciseau  (de  sculpteur),   {8,  226. 

Ciseleur,  368  ;  —  lombard,  38. 

Ciselure  (travail  de),  sur  métal, 
38; — appliqué,  sur  la  pierre,  à 
une  voûte  d'église  monastique, 
158.  —  Voy.  aussi  Intaille. 

Cisterciens  (règle,  diffusion  de 
l'Ordre  et  monastères  des), 
121,  n.  2,  165,  295-296,  360-361, 
362,  n.  3,363. 

Citernes,  creusées  dans  le  roc  ou 
maçonnées,  3S6,  n  3  ;  — 
{calh.),  90;  — (c/i«<.;,386,  n.3, 
avec  dimensions,  ibid.  ;  — 
(monast.),    230.     Voy.     Puits. 

Cithare.  22. 

CivièRE,  sorte  de  brancard,  ser- 
vant à  transporter  à  bras  des 
matériaux  de  constructioa, 
390. 

Clefs  de  voûte,  221,  222,  226  : 
—  arcs  de  voûte  d'arête  ayant 
leurs  clefs  exhaussées  au  même 
niveau,  398,  n.  4  ;  -  de  fe- 
nêtres, 262,  n.  3.  Voy.  Voûtes. 

Clerestory,  216,  n.  4,  224,  n.  1. 
Voy.  Triforium. 

Clochers  icuth.),  62,  76,  n.  2, 
26S,  283.  n.  5,  321,  d'après  une 
très  ancienne  miniature,  62, 
n.  3  ;  —  et  campaniles  de  bois 
{égl.  mon.),  7.  9.  16,  n.  3,  35, 
149,  n.  1,  168,  171.  172,  174, 
363  ;  {égl.  coll.),  116,  n.  1, 
2+2,  2t3.  -  Coq  des  clochers, 
{cath.  et  égl.  mon.),  70,  74,  317. 

Cloches,  clochettes,  7,  16,  n.  3, 
18,  19,  n.  1,35  59,62,73,  n.  6, 
94,  120,126,  169,  170, 171,  242, 
359  ;  —  (de  chapelle  épisco- 
pale),  382  ;  —  (cordes  de), 
283,  n.  5  ;  —  (fondeur  de), 
19  ;  —  (surnoms  de),  18,  19. 
Voy.    Sonneurs    de    cloches. 


462 


RÉPERTOIRE   ARCHÉOLOGIQUE 


Cloître  (cath.),  86,  87,  90,  91, 
215,  250,  316,  n.  2,  346,  348, 
349,  (cour  de),  91  ,  (portes  de 
fer  de),  316,  n.  2  ;  —  {coll.), 
entouré  de  fossés,  324,  n.  4, 
375,  n.  2,  376,  377  ;  —  [monast.), 
21,  23,  n.  4,  30,  35,  60,  n.  2,  46, 
59,  60,  n.  4,  119,122,  125,  n.  2, 
128,  129,  n.  8,  140,  146,  147, 
154,  155,  191,  192,  230,  n.  1, 
235,  259,  266,  284,  285,  310, 
344,  366,  369,  394  ;  —  carré 
ou  triangulaire,  285,  n.  1  ;  — 
d'infîrmeries(monasf.),60,  324, 
325,  de  bois,  128,  de  marbre, 
59, 128,  394  :  —  de  couvents  de 
Chartreux,   23,  n.   4,   265-267, 

357  ;  —  de  couvents  de  femmes, 
309; —  double,  autrement  dit 
grand  et  petit,  142,  143,  311,  ou 
bien  inférieuretsupérieur, 230, 

358  ;  —  (portique,  galerie  de), 
285,358; —  (signification  sym- 
bolique du),  285,  n.  1. 

Clôture  [chat .  ),  236  ;  —  (de  mai- 
son-Dieu (monast.).  387,  388; 

—  [man .  épisc .) ,  167  ;  —  {mo- 
nast.), 334,  n.  4  ;  —  provisoire 
{cath.),  destinée  à  séparer, 
après  l'incendie  de  l'église,  les 
clercs  et  les  fidèles,  210,  faite 
en  bois,  avec  des  fenêtres 
vitrées,  dans  la  partie  orien- 
tale de  l'église,  pour  la  pro- 
téger contre  les  intempéries 
des  saisons  pendant  sa  recon- 
struction, 225. 

Coffre,  récipient  à  provisions 
{chat.),  184,  n.  8. 

Collatéraux.    Voy.  Bas-côtés. 

Colombiers,  114,  115,  394;  — 
en  maçonnerie  de  pierres, 
394  ;  — de  forme  carrée,  ibid.  ; 

—  (mesures  de  protection  pour 
lesj,  114-115. 

Colonnes  1°  antiques,  cannelées, 
d'ordre  corinthien,  provenant 
d'un  temple  pseudo-périptère, 
241,n.l;  — 2°(ca//i.),  209,  210, 
400, 401 , n. 1 , 402-405  ;  -  (bases 
de),  220,  226,  n.  3  ;  —  (chapi- 
teaux de),  68,  222,  225,  226, 
n.  3,  228  ;  —  (de  marbre),  221, 


222,  226,  269,  402,  403,  404, 
405  ;  — en  torsades,  403,  n.  1  ; 
— engagées,  216,  399,  n.  3  et  4, 
400,  n.  4  ;  —  garnies  de  bagues, 
221,  n.  3  ;  —  géminées,  218, 
n.  2,  221,  222  ;—  historiées, 
403,  n.  1  ;  —  monocylindriques 
et  cantonnées  de  colonnettes, 
218  n.  2  ;  —  peintes,  163  ;  — 
unique,  supportant  la  retom- 
bée des  arcs  d'une  voûte  re- 
couvrant une  chapelle  de  ca- 
thédrale, 220;  —  3«  {châl.),  ac- 
couplées ou  ternées,  servant 
de  support  à  une  passerelle  de 
donjon,  faite  en  bois,  314  ;  — 
4°  {égl.  mon.),  16,  n.  3,27,  31, 
41,42,159,  391  ;  —(alternance 
de),  dans  un  chœur,  30  ;  —  de 
bois,  dans  des  cloîtres  monas- 
tiques, 46,  60  ;  —  (bases  de), 
68,  n.  7,  105,  192,  391  ;—  (cha- 
piteaux de),  23,  n.  4,  105,  192, 
391,  avec  insertion  de  pierres 
rapportées,  173,  imagées,  8, 
n.  2  ;  —  de  marbre,  27,  31, 
128  ;  —  intercalées  entre  des 
placages  de  cuivre  dans  un 
chœur,  38  ;  —  ornées  d'argent 
et  de  nielle,  et  servant  de  sup- 
portàunciborium,  128;  —  sub- 
stituées à  des  piliers,  159  ;  — 
5"  (symbolisme  des),  —  égl. 
mon.  — ,27  et  27,  n.  5,159,  n.3; 
—  6°  (transport  de),  66,  128. 
Voy.  Transport  par  voie  flu- 
viale. Voy.  aussi  Piliers. 

Colonnettes  {cath.),  221,  n.  3, 
associées,  400,  n.  4,  à  chapiteau 
unique,  de  marbre,  221,  n  3, 
garnies  de  bagues,  226,  n.3;  — 
[égl.  mon.),  42,  n.  2,  —  de 
marbre,  30,  n.  1,  —  engagées, 
42,  n.  2;  -  {pal.  épisc),  de  fer, 
384.  Voy.  Colonnes. 

Comble  d'églises  {égl.  mon.),  3, 
42,  43  ;  —  sa  liaison  provisoire 
aux  parois  latérales  d'une  égli- 
se en  construction,  à  l'aide 
d'entrelas  ou  tortis  de  baguet- 
tes de  bois,  169;  — lambrissé, 
3,8,10,60,68,  93,118,163.200, 
n.4.  Voy.  Lambris. 


RÉPERTOIRE   ARCHÉOLOGIQUE 


463 


Compas,  216  ;  —  (tracé  d'un  plan 
au),  ibid. 

Conducteur  de  travaux  d'archi- 
tecture. 11,  223. 

Conduites  d'eau.  Voy.  Hydrau- 
lique. 

Confessions.  Voy.   Cryptes. 

Confraternités,  Confréries. 
Voy.  Contribution  (collective 
de  paroissiens). 

Consécration  d'églises, en  géné- 
ral, et  influence  des  cérémonies 
de  ce  genre  sur  la  propagation 
et  les  perfectionnements  de 
l'architecture,  198,  n.  3  ;  — 
icath.),  63,  n.  3,  67.  n.  1,  68, 
n.3  et  n.  7,  74,  83,84,88,  91, 
165,  203,  205,  206,  214,  323,  n. 
4,373,  n.  2;  —  {égL  co//.),  141, 
381;  — («?^/.  mon.],  2,  4,  n.  2, 
25,28,  31,  34,  40,  57,  n.  1,148, 
198,  247,  295,  304,  363,  392. 

Constitutions  de  paix  et  de  trê- 
ve, édictées  par  des  conciles, 
relativement  :  1°  aux  églises 
fortifiées,  113-117  ;  2»  à  des 
chômages  obligatoires,  pour 
les  constructions  militaires,  à 
l'époque  de  certaines  fêtes  re- 
ligieuses, 152-153  ;  3°  à  des 
zones  de  protection  fixées  au- 
tour des  églises,  114,116,117, 
152-153;  —  (serment  imposé 
par  les),  pour  protéger  les 
celliers  des  églises,  186,   n.  4. 

Constructeur  (qualificatifs  de), 
appliqués  à  des  seigneurs  laï- 
ques ou  ecclésiastiques,  ayant 
ordonné  d'élever  dos  construc- 
tions, 107,  n.  5. 

Consultation  (d'architectes). 
Voy.  Convocation. 

Contrats  de  louage    de   maîtres 
d'œuvres.  d'ouvriers  pour  des 
constructions.  Voy.  Louage. 
Contreforts  {cath.),  401,   n.  1  ; 

—  (arc  et  arcature  de),  retom- 
bant sur  un  abaque  au-dessous 
duquel  est  une  colonne,  ibid.  ; 

—  usités  en  Auvergne,  à  Saint- 
Sernin  de  Toulouse  et  à  Saint- 
Jacques  de  Compostelle,  ibid. 

Contrescarpe.  Voy.  P'ossÉs. 


Contribution  personnelle  et  ma- 
térielle d'évêques  à  des  travaux 
de  construction  d'édifices  reli- 
gieux, 64,  d'abbés  et  de  moines, 
dans  les  mêmes  conditions,  44- 
46,  66,  n.3.  119,  257,  387,  390  ; 

—  collective  de  paroissiens 
pourdes  constructions,  répara- 
tions ou  décorations  d'églises 
cathédrales,  collégiales,  mo- 
nastiques ou  paroissiales,  71, 
86,  87, 89,  91 , 199,  200-204,  340, 
342,  374,387,  391. 

Convers,  390;  —  (maison  de), 91; 

—  (serf  devenu),  dans  une  ab- 
baye, en  récompense  de  ses 
services  comme  peintre,  145, 
n.3, 264,  265  ;  —  dans  les  Char- 
treuses, 360.  —  Converses,  291 , 

311,  390.  Voy.  Ateliers  [mo- 
nasL),  Couvents  (de  femmes). 
Convocation  d'architectes  par 
une  Fabrique  d'église  cathé- 
drale, pour  la  reconstruction  de 
ce  monument,  210,  par  une  ad- 
ministration abbatiale  pour 
l'érection  d'une  importante 
infirmerie  monastique,  393  ;  — 
de  maîtres  charpentiers  po  ur 
erétablissementdu  campanile 
de  bois  d'une  église  abbatiale, 
à  'aide  d'engins  mécaniques, 
168, 174-175. 
Coopération  artistique,  de  mem- 
bres du  Chapitre  d'une  cathé- 
drale, à  la  décoration  de  ladite 
église,  93,  n.7; —  corporelle 
des  populations  à  des  entrepri- 
ses d'édifices  religieux  (trans- 
ports de  matériaux,  charrois, 
etc.  ,41,157,  389-390,  394. 
Coq  dressé  au  faîte  des  clochers 
d'églises.  Voy.  Clochers  (coq 
des). 
Corbeaux  de  pierre  {égl.   mon.), 

282,  n.  2. 
Cordeau  d'alignement,  servant  à 
délimiter  des  lots  de  terre  et 
des  emplacements  de  maisons 
ou  d'églises  à  bâtir,  121,  n. 
5,  272,  n.  2. 
Corniche  {cath.),  93  ;  —  {égl. 
mon.),  245. 


464 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


Corporations.      Voy.    Artisans 

GROUPÉS. 

Corridor,  couloir  [chat.),  184,  n. 
6,  185,  n.  let  n.  4. 

Costume.  Voy.  Bijoux,  Chape, 
Coule,   Mobilier. 

Coule,  robe  monastique  à  larges 
manches  et  capuchon,  390. 

Coupe  des  pierres,  dans  le  der- 
nier tiers  du  xii«  siècle,  212, 
n.  1,  Voy.  aussi  Appareil. 

Coupes.  Voy.  Vases,  Verres  (à 
boire). 

Coupole,  12,  n.  1,  32,  n.  4,  85, 
n.  3,  235,  n.  1,  243,  n.  4,  244, 
n.  2,  310,  n.  3,  316;  —  du 
Panthéon,  à  Rome,  29,  n.  1. 
Voy.  Chapelles,  Croisée  d'o- 
gives. Eglises  (circulaires), 
Rotonde. 

Cour  de  château  seigneurial, 
2;^6,  n.  2,  237,  n.  6,  gazonnée, 
[ibid.)  ;  —  de  château  comtal, 
en  Flandre,  375,  n.  2,  376;  — 
de  palais  épiscopal,  318,  n. 
3  ;  —  devant  une  église  mo- 
nastique, 42,  n.  1 .  Voy.    aussi 

AÎTRE. 

CouRONNç;  de  saint  Thomas  Bec- 
ket,  dans  la  cathédrale  de  Can- 
torbéry,  218,  n.  2. 

Couronnes  de  lumière,  suspen- 
dues dans  les  é.,lises  [cath.  et 
égl.  mon.),  118,^  140,  213,  218, 
368  ;  —  de  bronze,  d'argent  ou 
d'or  (ibid.).  Voy.  Suspensions. 

CounsiÈREs.  V.  Chemin  de  ronde. 

Coutumes  ou  statut  de  Norman- 
die, relatifs  aux  fortifica- 
tions, 231,  252;  —  ou  fors  de 
Bigorre,  291  ;  —  ou  statuts 
des  Chartreux,  266,  n.  2,  357- 
359,  360,  n .  1  ;  —  ou  statuts  de 
Cluny,  relatifs  au  plan,  aux 
dimensions  et  à  la  décoration 
de  l'église  principale,  ainsi 
que  des  chapelles  et  des  di- 
vers bâtiments  conventuels 
de  cet  Ordre,  132-140,  331,  n. 
5;  —  Coutumier  de  Cluny,  ré- 
digé par  le  moine  Ulrich,  132, 
n.  1  ;  —  Ordo  Cluniacensis  du 
moine  Bernard,  302. 


Couvents  de  femmes,  151,  n.  1  ; 

—  en  Normandie,  ibid.;  — 
(sœurs  et  converses  de),  290, 
291,311. 

Couverture  d'édifices  (caf/i.),  373; 

—  {égl.  par.),  200;  —  {pal. 
épisc),  383  ;  —  d'ardoise  sur 
des  tours  {arch.  mil  ,  urb.), 
99,  n.  2;  —  de  bois,  sur  un 
campanile  (sapin),  171,  sur  des 
édifices  delà  fin  du  viii*  siècle 
jusqu'au  xi«  s.,  125,  n.  2,  208, 
sur  des  églises,  tours  d'églises 
{cath.),  94,  162,  327,  n.  3,  {cloî- 
tre, monast),  394  {égl.  coll.), 
243,  sur  des  granges  abbatia- 
les, 183,  n.  1,  sur  des  halles, 
183,  n.  1  ;  —  de  briques,  .31, 
n.  1,  93,  95,  96,101,  245,  344, 
n.  1,  351,  375,  n.  2,  376,  405, 
employées  par  crainte  d'incen- 
die, ibid.;  —  de  plomb.  Voy. 
Plomb  ;  —  provisoire,  d'un 
chœur  (égl.  mon.),  42,  n.  1,  faite 
avec  des  roseaux  {égl.  mon.), 
118,  avec  du  chaume  et  des 
branchages,  169,  110  {ibid.). 

Crampon  (de  fer),  172. 

Crénelage,99,230,  n.  l,252,n.6, 
275, n.  1,  332, n.  1  ;  —  combiné 
avec  l'emploi  du  bois,  99. 
Voy.  Bretèches,  Hourdage. 

Critique  archéologique  (exem- 
ples de),  appliquée  à  des  mo- 
numents par  des  auteurs  du 
moyen  nge,  318,  n  3,330,  n.  2. 

Croisée  d'ogives,  dans  ses  rap- 
ports avec  la  coupole.  85,  n. 
3  ;  —  du  transept.  Voyi.  Tran- 
sept. 

Croisillons.  Voy .:  Transept . 

Croissant  (de  fer),  329. 

Croix  d'or,  120  ;  —  de  bois,  122; 
—  placée  au  haut  d'unecathé- 
drale,  228  ;  —  croix  dites  de 
sauvegarde,  servant  de  délimi- 
tation à  des  terrains  d'églises, 
réservés  autour  des  églises,  14, 
20,  117,  n.  4,  154,  176,  n.  2, 
283 

Crucifix  {cath.),  77  ;  —  de  bois, 
de  métal,  placés  dans  les 
églises   sur  la    poutre    triom- 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


465 


phale,  77,  n.  4,  213,  364  ;  —  do- 
rés, 218,319  ;  —  ornés  de  ver- 
reries, ibid.;  —  {égl.  mon.),  38, 
72,  311;  — {pal.  épisc),  166. 

Cryptes  en  général,  76  ;  — 
(cath.),  56,  n.  4,  61,  62,  n.  2, 
64,  79,  n.  4,  92,  9t,  96,  n.  b, 
162,  163,  214,  218-220,  224, 
225,  228;  —  (description  dé- 
taillée de),  326-330;  —  (di- 
mensions de),  ibid.;  —  (dispo- 
sition des  reliques  à  l'intérieur 
de),  ibid.;  —  (égl.  mon.),  6, 
8,9.  27,  n.  4,  28,  31,  32,  n.  4, 
36,  41,  n.  5,  43,  57,  n.  2,  59, 
n.  2,  125,  126,  157-159,  191- 
193,  n.  1,  262    n.  4,  365 

Cuisines  (c/ia/.),  185;  —  [monast.), 
35,  60, 135,  303,  324,  n.  5,  325, 
359;  —  (cheminées  de),  cylin- 
driques [ibid.),  324,  n.  5;  - 
(dimensions  de),  ibid.;  —  (des 
laïques,  séculières)  —  [ibid.), 
135,  303  ;  —  (dimensions  de), 
ibid.  ;  —  (nombre  fixé  de), 
{ibid.),  230  ;  —  {pal.épisc.),9l, 
316,  384. 

Cuivre  (travail  du),  383,  385; 
—  cuivre  d'Espagne,  38;,  — 
plaque  de  cuivre  émaillée,  243, 
n.  2. 


Dallage.   V'oy.  Pavements. 

Dais  ou  baldaquin  surmontant 
un  autel.  Voy.  Ciborium;  — 
dais  sculpté,  surmontant  un 
portail  sculpté  aussi  (ca</i.},402. 

Déambulatoire  {cath.),  73,  227; 

—  {égl.  mon.),   57,    n.  2,  177, 
n.  4. 

Dédicace.  Voy.  Consécration. 
Démolition  {cath.),  91,  210,  212, 

—  {chat.),    180,  182;  —    {égl. 
mon.),  11. 

Dés  (jeu  de),  dans  un  donjon, 
10,  n.  6. 

Dessins  au  compas,  216,  n.  3, 
217; — d'épurés,  212,  n.  1  ;  — 
"sur  parchemin,  tracés  de  plans 
d'églises,  212,  n.  1,  306,  n.  4  ; 

—  orientaux,    leur    influence 


sur  des  mosaïques  de  la  Pro- 
vence, 355,  n.  4. 

Destruction  d'œuvres  d'art  pen- 
dant les  guerres  de  relij^ion, 
243,  n.  4. 

Déviation  de  l'axe  de  l'église. 
Voy.  Axe  de  l'église. 

Devis  1  "  descriptif,  de  la  construc- 
tion d'un  pont,  {monast.),  109; 

—  d'une  église  dépendant 
d'une  abbaye,  178-180  ;  —  de 
peintures  à  exécuter  à  l'inté- 
rieur d'un  monastère,  264, 
265  ;  —  et  détaillé  de  l'en- 
semble des  bâtiments  conven- 
tuels (Ordre  de  Cluny),  sta- 
tuts dits  de  Farfa,  132-140;  — 
2" estimatif  d'une  construction 
{égl.  mon.),  35,  229.  Voy. 
Dimensions    (d'édifices),  Fixa- 

"tion  a  l'avance  de  sommes 
d'argent.  Louage,  Peinture, 
Ponts. 

Diapason,  344,  *.  4.  Voy.  Mu- 
sique, Orgues. 

Dimensions  d'édifices  divers  (bâ- 
timents conventuels,  cathé- 
drales, chapelles,  cimetières, 
églises  monastiques,  habita- 
tions privées,  palais  épisco- 
pal,  ponts),  13,  27,  30,  56,  n.  3, 
84,  n.  1,  95,  n.  4,  103,  n.  2,  132- 
140,  153,  178,  179,  213,  n.  4, 
273,  n.  3  et  4  330,  331,  398  ;— 
de  villes  neuves,  et  fixées  à 
l'avance,  en  longueur  et  en 
largeur,  232.  Voy.  Devis,  Me- 
sures de  construction  (tirées 
de  la  taille  humaine '. 

Doloire,  outil  de  charpentier, 
10,  145,  358. 

Donjons  de  bois,  10, 67,  n.  5,  87, 
184, n.  1,  194,  n.  2,  3.37,  n.  2  ; 

—  entourés  de  murs  de  pierre, 
184,  n.  1  ;  —  de  pierre,  247,  n. 
2,  336,  n.  2,  338,  n.4,  342,  sub- 
stitués à  des  donjons  de  bois, 
111,  113;  — avec  chemise  de 
bois.  337,  n.  2,  percée  d'ar- 
chères,  ibid.;  —  avec  pont  de 
bois  relié  à  la  motte,  314,  et 
tours  d'enceinte,  ibid.;  — porte 
(de),  314.  Voy.  Mottes  de  don- 


30 


466 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


JONS, Ponts  (de  donjons), Tours. 
Dortoir  {chap.  cath.),  90,  316; — 
{chat.),  185;  —  {coll.).  375,  n. 
2;  —  {monasL),  23,  35,  44, 
59,  120,  230,  235,  247,  279, 
285,  291,  303,  324,  323,  388, 
394;  —  avec  dimensions  don- 
nées {ibid.),  134. 


E 


P^CAILLES.   Voy.     iMBRfCATIONS. 

Echafaudages  {égl.  mon.),  37, 
127,  130,  131,  168;  —  (cordes 
d'),  174  ;  — faits  de  bois  pliant, 
avec  claies,  37  ;  —  suspendus, 
130,  n.  1  ;  —  (techni(|ue  du 
fonctionnement  d'),  ibid.;  — 
(liens  qui  retiennent  des  piè- 
ces d),  130,  n.  2  ;  —  (trous  de 
boulins  d'),  130,  n.  1.  Voy.  Che- 
vrons,   HOURDAGE. 

EcHAUGUETTE  (avcc  mâchicoulls), 

,  99,  n.  2. 

Ecluses.  Voy.  Hydraulique 
(travaux  d'). 

Écoles  {coll.),  375,  n.  2. 

Ecuries  {monast.),  138;  —  (di- 
mensions fixées  d"),  ibid .  ;  — 
fcorps  de  logis  d'),  ibid.  ;  — 
{dom.  épisc.},  91,  167. 

Eglises  caslrales.  Voy.  Chapelles 
(de  châteaux),  52,  n.  3,  en 
Flandre,  376,  n.  4  :  —  circu- 
laires (égl.  par.),  123-125  ;  — 
{coll.),  376.  Voy.  Rotonde;  — 
fortifiées  à  l'époque  romane, 
en  général,  114,  n.  2  ;  —  dans 
le  Midi  de  la  France  ibid.,  en 
particulier  ;  —  dans  les  comtés 
de  Cerdagne  et  de  Roussillon, 
114-1 16  ;  —  dans  lesdiocèsesou 
provinces  ecclésiastiques 
d'Kine  et  de  Narbonne,  114- 
117;  —  en  Dauphiné,  Langue- 
doc, Provence,  Viennois  et 
Vivarais,  116-117;  —  en  Es- 
pagne (comtés  d'Ampurias  et 
de  Bésalu,  diocèse  de  Girone), 
1 14-H6;  dansle  Nord,  en  Flan- 
dre, 375-377  ; —  en  Normandie, 
364,  n.2;  —  (portes  d'),  92,  n. 


1,  116,  n.  1  ; —  rurales.  Voy. 
Chapelles  ;  —  superposées 
{monast.),  26,  n.  3,  31;  — 
(zones  de  protection  des), 
,  114-117. 

Emaux,  243,  n.  4  :  —  plaque  de 
cuivre  émaillée,  243,  n.  2. 

Emplacement  d'un  château  (choix 
de  1'),  49-50,  98,  99,  182,  194, 
335, 336, 352  :  —  d'un  monastère 
(double condition  pour  1'),  149, 
151,  195,  196,  (changement  de 
r),  234,  (révélation  extraordi- 
naire der),à  Cluny,à  Hastings 
(Angleterre),  197. 

Enceintes,  concentriques,  d'un 
château  fort,  99,  n.  2  ;  —  de 
bois  (chat.],  autour  des  mottes 
des  donjons,  314,  315,  avec 
tours  disposées  de  distance  en 
distance,  (tT)»/.  ),  dans  les  villes, 
{arch.  mil.,  urb.),  64,  67,  314. 
Voy.  aussi  Clôture,  Palissa- 
des; —  de  pierre,  {arch.  mil. 
urb.),  64,  67,  172-174,  240,  346- 
348,  avec  maisons  appuyées 
tout  contre,  346,  avec  portes  et 
poternes,  ibid.,  de  grange,  167, 
de  manoir  épiscopal,  ibid.,  de 
monastères.  Voy.  Fortifica- 
tions, Tours. 

Encensoir,  25; —  d'argent,  ibid. 

Enduit  appliqué  à  l'intérieur  des 
églises  monastiques,  pour  leur 
décoration,  peut-être  à  fresque, 
36,  37  ;  —  de  plâtre  fin,  éten- 
du sur  la  pierre,  pour  recevoir 
des  peintures  murales  (cath.), 
68,  n.  5,  163.  Voy.   Peinture. 

Enseignement  des  arts,  de  la 
peinture  du  travail  du  fer,  de 
métiers  divers,  305,  307.  Voy. 
Apprentissage. 

Enthousiasme  des  populations 
pour  les  constructions  reli- 
gieuses, 41,  151,  n,  1,  157, 
389  390,  394.  Voy.  Coopéra- 
tion corporelle). 

Entraits.  Voy.  Poutres. 

Epitaphes.  Voy.  Inscriptions. 

Ermitages.  Voy.  Chapelles 
(faites  avec  de  la  terre),  Grot- 
te. 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


467 


Escabeau,  .'{8,  140:  —  de  por- 
phyre, 38. 

Escalier  {dom.  épisc),  167, 
devant  un  portail  d'église 
(cath.),  405,  à  vis,  en  limaçon 
{cath.  et  égl.  mon.),  29,  42,  n. 
4,  405  ;  —  de  château,  185, 
375,  n.  2  ;  —  de  crypte,  31  ; 
—  de  rempart,  377. 

Escarpe  de  château-fort,  252. 

EscAi.PEMENT  de  craic  taillé  à 
main  d'homme,  dans  un  châ- 
teau, 336.  n.  2.  Voy.  Châteaux 
(emplacement  dej, 

Etages,  planchers  [châl.  et  nio- 
nasL),   10,    11,     50,    138,    184, 

,  n,  2. 

Étain,  394. 

t^TAux  (de  eliangeur,  de  drapier), 

,  297,  298,  n.  1. 

Étendard  royal   [standard),    197. 

Etoffes,  369,  n.  3.  Voy.  Brode- 
ries, Chape,  Laine,  Lin, 
Relief  (travail  en).  Soie,  Tapis- 
serie, Tentures,  Tissage. 

Exhaussement  du  sol  d'une  ca- 
thédrale, 101. 


F 


Fabrique,  fabriciens,4,  n.  1,210, 
n.  1,  351.  Voy.  Chanoines 
(  «  ouvriers  »),  Moines  (cons- 
tructeurs). Voy.  aussi  Gar- 
DiENSl'd'églises),  Mahguilliers, 
Trésorier. 

Façades  d'églises  [cath.),  73,  n. 
6.  101,  219,  220,  397,  401,  n. 
5,  403,  n.  1  ;  —  (ë*//.  mon.), 
120,  178,  n.  1,  273,  n.  4. 

Fenêtres  (cath.),  68,  75,  77,  93, 
94,  216,  218,  219,  220,225,  226, 
228,  401,  provisoires,  encas- 
trées dans  une  clôture  de  bois, 
lors  d'une  reconstruction,  225, 
refaites  et  rallongées,  3,  n.  1, 
101  ■,  —  {ch;U.),  50,  112,  332; 
—  (dom.  épisc),  167  ;  —  {^9^  • 
mon.),  28-30,  32,  .56,  133,  170, 
230,  262,  de  crypte,  58,  n.  2, 
de  chapelle,  193,  de  dortoir 
monastique,  134; — (pal.  épisc), 


166,  382  ;  —  de  bois  (cath.), 
83  ;  —  à  châssis  encadrant  des 
vitraux  {égl.  mon.),  156,  n.  1, 
ou  à  formes  métalliques  sou- 
tenant des  résilles  de  plomb 
pour  un  assemblage  de  vi- 
traux [ibid.)  ; — rondes  ou  ocuii, 
à  l'époque  romane,  269,  n.  3. 
Voy.  aussi  Surnom  (d'une 
fenêtre  de  la  tour  d'un  château 
fort) . 

Fer  (travail  du),  .382-385.  Voy. 
aussi  Acier,  Aiguières,  Barbes, 
Bassins,  Chaînetpes,  Colon- 
nettes,  Crampon,  Croissant, 
Enseignement,  Ferronniers, 
Forgerons  et  Serruriers, 
Limes,  Marteaux,  Outils,  Pic, 
Tiges,  Verrous.  —  Fers  à 
cheval  (fournitures  de),  par  des 
ferronniers,   382, 

Fermes  fortifiées,  avec  clôtures, 
fossés  et  palissades,  339.  Voy. 
aussi  Maisons  fortes. 

Ferronniers,  «  fèvres  ».  Voy. 
Forgerons  et  Serruriers. 

Fixation  a  l'avai^ce  de  sommes 
d'argent,  pour  indemniser  des 
maîtres  charpentiers  de  répa- 
rations à  faire  à  cause  d'acci- 
dents matériels  survenus  dans 
une  construction  de  campanile, 
168.  Voy.  aussi  Prime 

Fondations  (creusement  de),  3, 
229,  231,  235,  391  ;  —  d'un 
martyrium,  142,  224  ;  — 
grosses  pierres  des),  158,  192, 

—  de  qualité  très  dure,    391  ; 

—  (réserve  faite  de  certaines), 
41  ;  —  (résistance  des),  173, 
225,  Voy.  Pose  (de  la  première 
pierre). 

Fondeur  (en  métal),  ciseleur, 
38.  Voy.  Fonte, 

Fontaine-lavabo  {cloi'lr.  cath.), 
91;  —  [cloi'lr.  monast.,  pal. 
épisc),  21,  n.  3.  146,  147. 
148,  325;  —  de  bronze,  sur- 
montée d'une  statue  équestre, 
avec  dauphin,  et  ornée  de 
figures  historiques  et  artis- 
tiques (monast.),  121,  de 
marbre,  147,  148. 


468 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


Fonte  (art  delà),  en  général,  38; 

—  (de  cloches).  Voy,  Cloches; 

—  (de  métal),  Voy.  Ciselure, 
Serhorerie. 

Fonts  baptismaux.  Voy.  Baptis- 
tères. 

FORGEKONS      et     SeRRURIERS,      OU- 

vriersdufer  en  général,  52,  n. 
5,  73,  279,  381  ;  —  (immunités 
épiscopales  concédées  à  des), 
en  Champagne  et  en  Alsace, 
381  ;  —  (immunités  seigneu- 
riales concédées  à  des),  en  Poi- 
tou et  en  Saintonge,  362,  378. 
Fortifications,  élevées  en  avant 
d'un  ouvrage  de  défense  et  lais- 
sant entre  le  pied  des  murailles 
et  le  fossé  une  circulation  plus 
ou  moins  large,  335.  Voy. 
Braie  ;  —  d'églises.  Voy, 
Églises  (fortifiées)  ;  —  d'évê- 
chés.  Voy.  Palais  épiscopaux; 

—  de  bourg,  99  ;  —  de  camps 
retranchés  dans  le  Maine  et  la 
Normandie,  274,  277,  n.  7  :  — 
de  cimetière,  16,  20;  —  de 
château,  à  doublement  de 
mur,  99  ;  —  de  fermes,  256  ;  — 
de  maison  de  ville,  256,  n.  4  ; 

—  de  manoirs  épiscopaux.  Voy. 
Manoirs  ;  —  de  monastères, 
68,  168,  191,230,  n.  1,  256,  n. 
4,  280  ;  —  de  motte  de  donjon. 
Voy.  Donjons,  Mottes;  — de 
moulins,  182,  256,  n.  4  ;  —  de 
ponts,    ibid.  ;  —  de  villes,    64, 

67,  172-174,  240,  332,  346- 
348,  381,  384  ;  —  illégales, 
en   Normandie,  251,  252. 

Forum  de  Trajan  (ruines  du),  à 
Fourvière,  près  de  Lyon,  270, 
n.  1. 

Fossés  (arch.  mil.,  urb.\  64,  67, 

68,  332,  n.  1,  384  ;  —  {chat.}, 
94,  98,  99,  dans  les  construc- 
tions normandes,  68,  n. 1,  278, 
332,  333,  n.  6  ;  —  (dimension 
des),  d'après  la  Coutume  de 
Normandie,  252  ;  —  «  en 
plaine  »  ibid.,  n.  3  ;  —  dans  les 
châteaux  flamands,  avec  ponts, 
375,  n.  2  ;  —  entourant  l'em- 
placement     circulaire     d'une 


halle,  180,  183,  les  retranche- 
ments d'une  motte  avec  don- 
jon, 182,  un  parc,  70,  73,  une 
ferme  fortifiée, 256,  une  grange, 
167; —  (contrescarpe  de),  314. 

Fours  [monast.),  230,  231. 

Fronton.  Voy.  Pignons  (d'égli- 
ses). 


G 


Galerie  élevée,  permettant  de 
suspendre  des  tentures  le  long 
des  murs,  lors  des  solennités 
[cath.],  215.  V.  Triforium  ;  ^- 
allée  disposée  sur  un  muret  por- 
tée sur  arcades  [égl.  mon.)  ;  — 
appentis  de  bois  le  long  d'une 
enceinte  de  mur,  avec  place 
au  centre,  servant  de  halle  aux 
marchandises  (arch.  ur/).),183, 
n.  1  ;  —  de  palais  épiscopal, 
ou  promenoir  orné  de  colonnes, 
et  surmonté  d'un  lambris  à 
planchettes  de  chêne,  95,  97, 
n.  1  ;  —  de  palais  seigneurial, 
sorte  de  balcon,  375,  n.  2,377, 
n.  1;  —  de  salle  capitulaire, 
en  saillie,  et  soutenuepardeux 
colonnes  [monast.),  133  ;  — 
d'infirmerie   monastique,    136. 

Galilée.  Voy.  Narthex. 

Gardiens  d'églises.  Voy.  Mar- 
guilliers,  Sonneurs  de  clo- 
ches ;  —  de  châteaux  et  palais 
seigneuriaux,  113, 194,  n.  4  ;  — 
de  ponts  [monast.),  359;  — 
de  tours,  ou  veilleurs  [monast.), 
230. 

Géométrie  et  physique  (abbé 
bâtisseur  instruit  en),  246, 
n.  1.  Voy.  Instruments  (de  géo- 
métrie). Règle  (graduée). 

Granges  ou  greniers  à  céréales, 
58,  167,  340  ;  —  à  paille, 
114, 115;  —  de  pierre  et  cou- 
verte de  tuiles,  96;  —  de  pierre 
et  couverte  en  pierre,  166; 
—  de  couvents  de  chartreux, 
359  ;  —  (enceinte  de  pierre  de), 
167. 

Grau,  89,  n.  1.  Voy.  Ports. 

Greniers    à     céréales.       Voy. 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


469 


Granges  ;  —  à  provisions.  Voy. 
Celliers. 

GnoTTi:,  contenant  un  autel,  et 
servant  de  lieu  de  retraite  à  un 
ermite,  326,  329.  Voy.  Ermi- 
tages. 

Guet  (lieu  de),  corps  de  garde, 
endroit  couvert  propre  à  ob- 
server l'ennemi,  275. 


Habitations  particulières,  faites 
de  terre,  14.  Voy.  aussi  Ermi- 
tages ;  —  dans  les  cimetières, 
à  savoir  :  privées,  250,  251, 
n.  1,  263,  264,  288,  n.  4,  342, 
—  monacales,  288  ;  —  avec  di- 
mensions, 13, 1 53  ;  —  seigneu- 
riale transformée  en  couvent 
de  femmes,  290.  Voy.  Maisons. 

Hache,  384,  385  ;  —  à  double 
tranchant,  385 

Hachette  (de  sculpteur  ou  de 
maçon),  226. 

Halles,  183,  n.  1  ;  —  (sorte  de 
double),  ibid.,  ;  —  (emplace- 
ment d'une),  près  d'une  en- 
ceinie  demur,  avec  appentisde 
bois,  sur  un  terrain  entouré  de 
fossés,  180, 183,  n.  1  ;  —  (portes 
de),  183,  n.  i. 

Hôpital.  Voy.  Hospice. 

Horloge  mécanique,  74,  n.  3. 

Hospice  (reconstruction  d'),  65. 
V.    Infirmeries,   Maison-Dieu. 

Hôtes  (bâtiments  des),  (  monast.) 
—,  285,  n.  1 ,  325, 358  ;  —  (cham- 
bres d')  avec  cheminée,  247, 
superposées,  ibid.  ;  —  avec  ou 
sans  peinture,  358,  n.  5  ;  — 
{pal.  épisc),  chambre  et  cha- 
pelle réservées  aux  hôtes 
ecclésiastiques,  165. 

HouRDAGE,  99,  252,  n.  6.  Voy. 
Echafaudages.  Voy.  aussi  Bre- 

TÈCHES,    CrÉNELAGE. 

Hydraulique  (travaux  d'),  — 
{chap.  cath.  et  dnm.  épisc.)  97, 
n.  3,  308,  n.  2  ;  —  {châl.  et  dom. 
seJ(/«.), 188,  destruction,  à  l'aide 
d'engins,  des  conduites  d'eau 
d'un  château-fort  assiégé,  280; 


—  monast.  et  collég.),  16,  21, 
n.3,  58,  118-120,187,  246,  247, 
n.  7,  257,  260,  267,  280,  281, 
229,  300,  379  ;  —  [pal.  épisc. 
et  collég.)  167.  Voy.  Plomb 
(conduite  d'eau,  en). 


Iconographie.  Voy.  Peinture, 
Sculpture,  Statues. 

Imbrications,  ornements  imbri- 
qués imitant  des  écailles  de 
poisson,  sur  le  pilier  central 
du  porche  d'une  église  monas- 
tique, 148,  n.  3. 

Incendie  d'églises  monastiques, 
collégiales  ou  rurales,  et  pré- 
cautions prisescontre  le  feu,  6, 
8-11,  22,36,  39,  60,   n.  2,  118, 

119,  142,208,  n.  1,  242,  244, 
n.1,387:—  de  bourgs,  242, 
243  ;  — de  cathédrales,  3,  n.  1 
et  4,  61,  62,  n.  1,  63,  67,n.  1, 
68,  79,  83,  84,  165,  n.  2,  207, 
208,  n. 1,212,  224, n. 1, 225,317, 
372  ;  —  de  châteaux,    fiO,  n.  2, 

—  de  manoir  épiscopal,   167  : 

—  de  palais  épiscopal,  317  ;  — 
de  palais  seigneurial,  63,  n.  4; 

—  de  villes,  3,  n.  4,  63,  n.  4, 
84,  93,  322,  323. 

Incrustations,  marqueteries  ser- 
vant à  la  décoration  d'églises 
romanes,  86,  —  à  l'ornemen- 
tation des  cathédrales  de 
Lyon  et  de  Vienne.  269,  n.  1. 
Voy.    Ciment. 

Indemnités  accordées  à  des 
maîtres  charpentiers.  Voy. 
Fixation  a  l'avance  de  sommes 
d'argent. 

Infirmeries  (cAa/).  cath.),  244;  — 
{monast.),  21,  23,  n.  2,  59,  60, 

120,  136,  209,  247,  303,  304, 
325,  388,  393-394;  —  {ibid.) 
de  bois,  388-394  ;  —  (chapelle 
d'),  22,  n.  2,  23,  120,  139,  n.  2, 
303  ;  —  (dimensions  de  cham- 
bres d'),  136  ;  —  (galerie  exté- 
rieure d'),  136  ;  —  (salle  d'), 
60.  Voy.  Cloître,  Hospice, 
Lambris,  Maison-Dieu. 


470 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


Influence  de  Cluny  en  P'rance, 
à  l'étrangler,   dans  l'Italie  cen- 

:  traie,  132,  n  l,dansrilalie  mé- 
ridionale, 177,  n.  4,  178,  n.  1  ; 

—  de  l'architecture auverji^nate, 
en  général,  218,  n.  3.  en  Bour- 
gogne, 245  n.l,  en  Nivernais, 
33,  n.  5,282,  n.  2,  en  Orléanais 
et  sur  les  bords  de  la  Loire, 
33,  n.  5,  55,  56,  n.  4,  en  Bour- 
gogne, 397,  n.  1,  en  Saintonge, 
248.  n.  2,  en  Velay,  234,  n.  1  ; 

—  de  l'architecture  bourgui- 
gnonne, en  Velay,  233,  234, 
n.  1,  235,  n.  1,  sur  la  cathé- 
drale de  Sens,  211,  n.  1  ;  —  de 
l'architecture  de  l'Ile-de-France 
sur  ladite  cathédrale  et  sur 
celle  de  Gantorbéry,  211,  n.  1, 
de  l'architecture  germanique, 
dans  la  région  de  l'Est,  79, 
n.  4,  et  dans  celle  du  Nord, 
313,  n.  3  ;  —  de  l'architecture 
poitevine  en  Velay,  235,  n.  1  ; 

—  de  l'architecture  religieuse 
et  militaire  de  la  Normandie  et 
du  Maine  en  Angleterre,  198, 
n.  4,  215,  n.  1  ;  -r-  de  celle  de 
Saint-Martial  de  Limoges  sur 
celle  de  Saint-Jacques  de 
Compostelle,  avec  un  lien  de 
parenté  avec  celle  de  Saint- 
Sernin  de  Toulouse  et  celle  de 
Sainte-Foi  de  Conques,  397, 
n.  1  ;  —  de  l'art  antique  et 
gallo-romain  à  l'époque  bar- 
bare, 172,  n.  2,  et  à  l'époque 
romane,  sur  les  bords  de  la 
Loire,  33,  n.  2  ;  —  de  l'art  des 
mosaïstes  d'Italie  sur  la  déco- 
ration des  églises  monastiques, 
31,  39,  n.l;  —  de  l'art  lom- 
bard sur  des  monuments 
conventuels  de  la  France, 
26,  n.  2,  et  sur  l'architecture 
du  Nord  de  l'Espagne,  405, 
n.  1  ;  —  de  l'art  oriental  sur 
l'architecture  romane,  292, 
n,  4,  sur  des  mosaïques  de  la 
Provence,  355,  n,  4  ;  —  de  la 
sculpture  auvergnate  et  lan- 
guedocienne sur  divers  monu- 
ments,    146,     n.      1,     notam- 


ment dans  le  Nord  de  l'Es- 
pagne, à  Compostelle,  401, 
n.  3  ;  —  des  pèlerinages  en 
Terre  Sainte,  sur  les  construc- 
tions d'églises.  Voy.  PÈLEm- 
NAGKS  EN  Terre  Sainte. 

Ingénieurs  militaires.  Voy.  Ar- 
chitectes. 

Inscriptions  commémora tives  : 
dune  consécration  d'église  mo- 
nastique, 254,  n.  2,  d'une  cons- 
truction de  cloître  abbatial, 
147,  148,  d'un  pavement  en 
mosaïque  du  chœur  d'une 
cathédrale,  354,  355,  d'une 
œuvre  de  sculpture  sur  le  lin- 
teauduportaild'unecathédrale, 
91,  n.  4,  delà  construction  d'un 
château,  au-dessus  du  por- 
tail, 236,  237,  n.  1,  de  noms 
d'évêques  sur  des  bases  de 
colonnes  d'une  cathédrale,  en 
souvenir  de  sa  consécration, 
68,  n.  7,  de  noms  de  sei- 
gneurs et  de  paroissiens,  en 
haut  des  arcades  d'une  cathé- 
drale, 71; —  en  vers  latins,  au- 
dessus  de  la  porte  d'une  salle 
de  palais  épiscopal,  166,  sur 
des  reliquaires,  320,  sur  des 
murs  d'église  monastique,  de 
cloître,  17,  37,  sur  un  pave- 
ment en  mosaïque  d'église 
monastique,  354,  355  ;  — 
sur  un  portail  de  cathédrale, 
406,  n.  7  ;  —  funéraire,  sur 
un  tombeau  d'archevêque,  dans 
le  baptistère  d'une  cathédrale, 
249  ;  —  liturgique,  sur  les 
murs  d'une  église  abbatiale, 
lors  de  sa  consécration,  SI. 

Instruction  artistique.  Voy. 
Apprentissage,  Enseignement 
(des  arts). 

Instruments  de  géométrie  ser- 
vant à  repérer  les  constructions 
à  élever,  159,  n.  4  ;  —  pour 
des  tracés  d'écriture  à  faire 
sur  parchemin,  358,  n.  3;  — 
règle  graduée  de  géomètre, 
servant  à  mesurer  les  pierres 
d'appareil,  390.  Voy.  Géomé- 
trie. 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


471 


Intaille  de  lettres,  avec  argen- 
ture. Voy.  Chaînettes,  Cise- 
lure, Sculpture. 

ÎYOïRES,  369,  n.  3. 


Jetée,    89  ;    —   entrecoupée  de 
petits  pools,  ibid.  Voy.  Ports. 
Jeux.  Voy.  Dés. 

Jubé  {cath.,égl.mon.  et  par.),  77. 
Justice  (salle  de).  Voy.  Salle. 


Laine  (éloffe  de),  17,  139. 
Lambris  (cath.),  3,  n.   1,  64,  68, 
83,163,  avec  peinture  {ibid.); 

—  {égl.  coll.),  93,  141,  142, 
244,  n.  2  ;—  [égl.  mon.),  3,6, 
8,  10,  16,  n.  3,  118;  —  de  salle 
d'infirmerie  [monasL),  60;  — 
de  galerie  {pal.  épisc),  95. 
Voy  Bois,  Comble  (lambrissé). 

Lanterne,  dite  esconce,  servant 
dans  les  monastères  pour  les 
tournées  de  nuit,  et  dans  la- 
quelle on  mettait  un  cierge  al- 
lumé, 303,  n.2et  3. 

Latrines  [inonast.),  134, 137,303  ; 

—  (fenêtre  de),  304  ;  —  (sièges 
de),  134,  303. 

Lavabo,  lavoir.  Voy.  Fontaine- 
lavabo. 

Laveuses  (ouvrières),  393  ;  — 
(lavoir  de),  ibid. 

Légendes  et  miracles  (relatifs  k 
des  constructions);  — de  la  co- 
lombe qui  voltige  sur  un  calice 
et  disparaît  dans  le  puits  d'une 
église,  76,  n.  3  ;  —  de  l'église 
cathédrale  de  Coutances  et 
du  charpentier  d  Isigny,  76- 
77,  144;  —  de  l'église  collé- 
giale de  Sainl-Hilaire  de  Poi- 
tiers, 142  ;  —  de  la  fontaine  du 
cloître  de  l'abbaye  de  Moissac, 
149;  —  du  château  de  Castel- 
pers  (Rouergue)  et  de  l'inter- 
cession de  sainte  Foi  de  Con- 
ques, 49-50  ;  —  du  campanile 
en  bois  de  l'abbatiale  d'Ouden- 
bourg  et  de  sa  remise  en  place, 
171,  174  ;  —  du  puits  de  Batil- 


ly,  1 34,  n.  3  ;  —  du  secours  four- 
ni par  un  bœuf  pour  un  trans- 
port de  matériaux,  lors  de  la 
construction  de  la  cathédrale 
de  Laon,  320  ;  —  survenus  à  la 
suite  d'accidents  pendant  les 
constructions.  Voy.  Accidents 
DU  travail. 
Léproseries  279,  n.  2,  309,  311, 
316;  —  (patron  des),  ibid  ;  — 
plan  des),  311,  n.  4  ;  —  (mai- 
sonnettes des),  ibid. 
Levier.  Voy.  Balistes,  Machines, 

Tréruchëts,  Vis. 
Liens  de  bois,  souple  et  pliant, 
servant  à  retenir  les  pièces  d'un 
échafaudage,  130,  174;  —  for- 
més dentrelas  ou  tortis  de  ba- 
guettes pliantes  pour  aider  à 
fixer  provisoirement  le  comble 
d'une  église  contre  ses  parois 
latérales,  169  ;  — jointures  de 
poutres  assemblées  dans  une 
charpente  servant  à  recouvrir 
une  église,  208.  Voy.  Charpen- 
tes, Echafaudages. 
Limes,  383. 

Lin  (rideau,  tenture  de),  139. 
Linteau  {calh.),  402  ;  —  à  rin- 
ceaux (ibid.),  91,  n.  4  ;  —  (égr/. 
mon.),  26. 
Louage  d'un  artiste  verrier, 
laïque,  pour  l'œuvre  des  vi- 
traux d'une  église  abbatiale, 
191,193;  —  d'un  maître  d'œu- 
vre,  laïque,  pour  la  construc- 
tion d'un  pont  [dam.  mon.), 
109-111  ;  —  d'un  maître  d'œu- 
vre,  laïque,  pour  la  construc- 
tion d'une  tour  [monast.),  229, 
231  ;  —  de  maîtres  capa- 
bles d'enseigner  divers  arts  et 
métiers  (chap.  cath.),  307  ;  — 
maîtres  maçons,  laïques,  au 
service  d'évêques,  pour  des 
constructions  religieuses,  288, 
289,  3Î3,  ;  —  de  maîtres 
tailleurs  de  pierre, et  de  divers 
artistes,  laïques,  pour  la  cons- 
truction d'une  église  abbatiale, 
26,  35,  105,  106,  127,  130,  191, 
193,  393  ;  —  de  forge  on s  et 
d'ouvriers  du  fer,  en    général. 


472 


RÉPERTOIRE   ARCHÉOLOGIQUE 


pour  le  service  de  l'évoque  de 
Strasbourg  (pal.  épisc).  Voy. 
Devis,  Fixation  a  l'avance   de 

SOMMES  d'argent. 

Lucarne,  134. 

Luxe  et  prodigalité  dans  la  con- 
struction et  la  décoration  des 
églises,  des  cloîtres  et  des  pa- 
lais épiscopaux,  du  temps  de 
saint  Bernard,  366-370. 

M 

Mâchicoulis,  230,  n.   1. 

Machines  à  soulever  des  maté- 
riaux de  pierre,  à  charger  et  à 
décharger  des  navires,  211  ;  — 
à  voûter,  222  ;  —  de  relève- 
ment,  pour  redresser  et  repla- 
cer une  construction  de  bois, 
faussée  et  renversée,  174;  —  de 
siège,  7,  100,  275,  284,  n.  6, 
337,  387  ;  —  tour  mobile  de 
siège,  à  trois  étages,  335,  337. 
Voy.   Balistes,  Trébuchets. 

Maçons,  3,  5,  12,  34.  41,  68,  n.7, 
69,  n.  5,130,  277,  280,  311  ;  — 
(maîtres),  73  ;  -  (immunités 
seigneuriales  accordées  à  des), 
en  Poitou  et  en  Saintonge, 
361,  362,  377,  379.  Voy.  Aides 
d'artisans.  Architectes,  Maî- 
tres d'c«:uvres,  Tailleurs  de 
pierre. 

Magasins  de  provisions.  Voy. 
Celliers.  Voy.  aussi  Granges. 

Maisons  :  —  Carrée,  à  Nîmes,  dite 
«  Capitolium  »,  Capdueil,  240; 
—  Dieu,  bâties  d'abord  en  bois, 
puis  rebâties  en  pierre,  165, 
n  3;  —  de  bois,  60,  167,  187, 
241,253,  270,  297,  298,  322, 
323,  340,  346,  347  ;  — 
de  pierre,  95,  123.  172,  297, 
342,  343,  346.  389,  392  ;  — 
fortes,  7,  113,  256,  278,  377, 
n,  3  ;  —  de  refuge  pour 
des  clercs  pauvres,  261  ;  — 
de  ville  (avec  fortifications), 
256,  n.  4  ;  —  rurales,  en 
général,  114-116;  —  de  manoir 
épiscopal,  167.  Voy.  Habita- 
tions (particulières). 


Maîtres   d'ceuvres.  Voy.    Archi 

tectes. 
Maîtrises   d'offices,    d'artisans, 
ouvriers  en  fer,  forgerons,  ser- 
ruriers, armuriers  au   service 
d'évêques,  381,  383. 

Manoirs  en  général,  167,  n.  6, 
leur  caractéristique,  ibid  ;  — 
en  particulier  :  1°  abbatiaux, 
198,  n.  4  ;  —  2°  épiscopaux, 
hors  cité,  96,  164,  167,  316, 
avec  chapelle,  95,  n.  4,  96, 
avec  portail  et  tourelle  ,  316, 
avec  salle,  164,  167,  avec  en- 
ceinte et  fossés,  167  ;  —  incen- 
diés, 167.  Voy.  aussi  Châteaux. 

Manteau  pluvial,  vêtement  ecclé- 
siastique. Voy.  Chape  (de  soie). 

Marbre  (autel  de),  39;  —  (cloître 
monast.  de),  59,  394  ;  —  (co- 
lonnes de),  31,  128,  221,  222, 
269,  403,  n.  1,  405  ;  —  (colon- 
nettes  de),  221,  n.  3,  269  ;  — 
(gisement  de),  268-270  ;  — 
(inscription  sur),  147,  148  ;  — 
(lavabo-fontaine  de),  148;  — 
(mosaïques  de),  355,  n.  3  ;  (pa- 
vement historié  en),  de  couleur, 
provenant  d'Italie,  du  pays  de 
Rome,  34  ;  —  (placage  de), 
403,  n.  1  ;  —  (sculptures, statues 
de),  147,  370,403,  n.  1,  de  mar- 
bre blanc.  404  ;  —  (substitu- 
tion du)  à  la  pierre,  38  ;  — 
(tombeau  de),  blanc,  86,  87, 
159,  cipollin,  178,  n.  1  ;  —  Ide 
Paros),  159;—  (ville  de),  128. 

Marchés  (de  marchandises).  Voy. 
Halles;  de  travaux  de  con- 
struction, de  peinture,  ou  loca- 
tion de  main-d'œuvre.  Voy. 
Devis,  Louage. 

Marguilliers  [cath.),  73,  76  ;  — 
[égl.  mon.),  171. 

Marqueterie.  V.    Incrustations. 

Marteau  de  maçon,  280,  377. 

Martyrium,  caveau  d'ancienne  ba- 
silique, 141  ;  —  percé  d'une 
baie  latérale,  142. 

Matériaux  de  construction.  Voy. 
Transport. 

Mausolées  circulaires  romains, 
32,  n.  4.  Voy.  Tombeaux. 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


473 


Menhirs,  debout  et  renversés, 
54,  5'i.  Voy.  Monuments  (méga- 
lithiques). 

Menuisiers.  Voy.  Charpentiers. 

Mesures  de  construction  :  — 
toise,  56,  son  rapport  au  xi« 
siècle  avec  le  pied  usité  à 
l'époque  mérovingienne,  56,  n. 
2  ;  —  tirées  de  la  taille  hu- 
maine, à  l'époque  romaine,  puis 
au  moyen  âge,  134,  n.  3,  157, 
159,  330,  331,  347,  n.  2,  398, 
n.  2,  399.  Voy.  Pied-main, 
Puits. 

Métaux  (précieux).  Voy.  Argent, 
Or;  —  (non  précieux).  Voy. 
Bronze,  Cuivre,  Etain,  F"er, 
Plomb. 

Métiers  et  arts  divers.  Voy. 
Armuriers,  (>arhiers.  Char- 
pentiers, Cimenteurs,  Cise- 
leurs, Émailleurs,  Ferron- 
niers, Fondeurs  (en  métal), 
Fougerons  et  Serruriers, 
Laveuses,  Maçons,  Mosaïstes, 
Orfèvres,  Plombiers,  Sculp- 
teurs, Tailleurs  de  pierre, 
Terrassiers,  Tissage  (d'or,) 
Verriers.  — Voy.  aussi  Acci- 
dents DU  travail.  Aides  d'ar- 
tisans. Architectes,  Artisans 
GROUPÉS,  Maîtrises  d'offices, 
Outils,  Salaire,  Serfs. 

Meuîitrières,  275,  n.  1.  Voy. 
aussi  Crénelage. 

Missions:  —  d'un  moine  de  la 
Chaise-Dieu,  à  la  collégiale  de 
Saint-Front  de  Périgueux, 
pour  y  sculpter  le  tombeau  du 
patron  de  ladite  église,  242, 
243  ;  —  de  moines  de  la  même 
abbaye  pour  fonder  le  prieuré 
de  Sainte-Gemme  iSaintonge), 
248  ;  —  de  moines  de  l'abbaye 
de  F'ontevrault,  en  Anjou,  Bre- 
tagne, Limousin,  Périgord, 
Poitou  et  Touraine,  312,  n.  1  : 
—  de  moines  de  l'abbaye  de 
Marmoutier,  en  .\ngleterre, 
pour  Y  fonder  le  monastère 
d'Ilastlngs,  195-198  ;  —  de 
moines  de  l'abbaye  de  Sainte- 
Foi  de   Conques,  pour  fonder 


une  église  dans  le  Bazadais, 
238,  2.{9.  — -  Rapports  entre 
l'abbaye  de  Cluny  et  celle  de 
Farfa  (Italie  centrale),  132,  n. 
1  ;  —  entre  l'abbaye  de  Cluny 
et  celle  du  Monastier  (Velay), 
234,  n.  1  ;  —  entre  celle  de 
Saint-  Florent-le- Vieil  et  celle 
de  Saint-Mélaine,  en  Bretagne, 
154,  155.  n.  2  ;  —  entre  la 
Grande-Chartreuse  et  le  prieuré 
de  Mont-Dieu,  au  diocèse  de 
Reims,  266,  n.  2. 

Mobilier.  Voy.  Aiguières,  Am- 
poule (de  verre),  Anneaux,  Ar- 
mures, Assiettes,  Autels  (por- 
tatifs, tables  d').  Bancs,  Bas- 
sins, Bijoux,  Broderies,  Ca- 
lices, Candélabres,  Chaî- 
nettes, Chape,  Ciborium,  Ci- 
thare, Cloches,  Compas,  Cof- 
fre, Coule,  Couronnes  de 
lumière.  Croissant,  Croix, 
Crucifix,  Doloire  ,  Emaux, 
Encenseur,  Escabeau,  Etoffes, 
Horloge  (mécanique).  Lan- 
terne (de  monastère),  Mar- 
teau (de  maçon).  Orgues,  Pa- 
tène, Pic,  Pointes  (de  métal), 
Propiciatoire,  Règle,  Reli- 
quaires et  Chasses,  Sièges, 
Suspensions,  Tables,  Tapisse- 
rie, Tentures,  Tiges  (de  fer). 
Vases,  Viole.  Voy.  Outils. 

Modèles  de  monuments  d'archi- 
tectuie,  55,  123,  n.  1  et  4, 
387,  389;  — de  sculpture,  147. 
Voy.  aussi  Coupe  des  pier  es, 
Dessins,  Panneaux  de  bois, 
Trait. 

Moines,  clercs  d'églises  monas- 
tiques : —  1°  constructeurs  ou 
réparateurs  d'églises,  11,  13, 
15,  16,  21,26,35,  n.  4,  52,  n.  5, 
119,  248,  249,  254,  255,  304, 
305,  361,  n.  3,  389-390,  de 
fortifications,  16,  21  ;  — 
moine  auxiliaire  d'un  maître 
d'œuvre  laïque  ou  architecte 
en  chef,  chargé  de  l'aider  dans 
la  surveillance  des  travaux  de 
maçonnerie  d'une  église  ca- 
thédrale,      223  ;     —      moine 


474 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


prêté  par  l'abbé  d'un  monas- 
tère à  un  évêque  pour  des  tra- 
vaux de  construction  d'une 
cathédrale,  292-294  ;  —  clerc 
travaillant  à  la  couverture 
d'une  église  monastique,  169, 
170  ;  —  2"  Peintres,  sculp- 
teurs, verriers,  32,  36,  n.  3, 
37,  154-156,  242,  243,  248,  n. 
3,  305,  306  ;  —  3°  Chargés 
de  l'office  d'entretenir  des 
bâtiments  conventuels,  autre- 
ment dit  moines  «  ouvriers  », 
21,  n.  1,  189.  Voy.  Fabrique. 
Voy.  aussi  Chanoines  (cons- 
tructeurs). Contribution  (per- 
sonnelle à  des  travaux  maté- 
riels de    construction). 

Monuments  ,  objets  antiques 
(restes  de),  54,  180,  181,  (ré- 
sultats de  fouilles  dei,  181, 
n.  6  ;  —  mégalithiques,  54, 
55,  280,  281.  Voy.  Menhirs; 
—  (utilisation  de)  pour  des 
constructions  chrétiennes  pri- 
mitives ou  romanes,  168,  172, 
204,  n.  3.  Voy.  Armures, 
Chaussée,  Colonnes,  Coupole 
(du  Panthéon),  Maison  Carrée, 
Temple  païen. 

Mortier,  143,  389,  391  ;  —  {égl. 
mon.),  avec  mélange  de  vinai- 
gre ou  de  vin,  34.  Voy.  Ci- 
ment. 

Mosaïques. Voy.  Pavements. 

Mosaïstes,  39. 

Mottes  de  donjons,  de  châteaux, 
113,"  180,  182-184,  n.  1,  278, 
298,  n.  3,  314,  337,  n.  2  ;  — 
(fossésde),  314;  —  (rebord  de), 
servant  à  protéger  un  asile  de 
monastère,  20,  n.  6.  Voy.  Don- 
jons. 

Moulins,  58,  73,  n.  2,  91,  98, 
118,  150,  182,  241,260,  308,  n. 
2,  342  ;  —  (fortifications  de), 
256,  n.  4  ;  —  (roues  motrices 
de),  d'après  une  ancienne 
miniature  (monast.),  119,  n. 
4. 

Moulures,  profils  {cath.),  224, 
n.  1  ;  —  tores (ca</i.),  85,  n.  4, 
{égl.  prieur.),  371,  n.  3. 


Musique  (instruments  de).  Voy. 
Cithare,  Orgues,  Viole. 

N 


Narthex,  portique  ;  fond  de  l'é- 
glise (Voy.  Galilée),  8,  n.  2, 
23,  n.  4,  31,  n.  1, 135-140.Voy. 
aussi  Avant-nef,  Pronaos. 

Nef  {cath.),  72,  73,  n.  6.  83,  84, 
n.  1,85,  161,  n.  3,  163,  n.  5, 
204,  n.  2,  210,  213,  215,  287, 
327,  n.  3.  371,  n.  3;  —  {égl. 
coll.),  235,  n.  1,  398,  n.  4, 
399,  400  ;  —  {égl.,  mon.],  6, 
16,  n.  3,  22,  41,  n.  1,  157,159, 
160,  178,  n.  1,  248,  n.  2,  262, 
n.  5,  273,  n.  4,  285,  n.  1,  303, 
304,  341,  n.  4,353,  371,  n.  3, 
391 .  Voy.   Avant-nef. 

Nielle  (ornement  de),  128,  n.  6. 


Obédience  (construction  d'), 
dépendance  de  monastère,  326; 

—  avec  maisons  de  bains,  191. 
Ogives  Voy.  Croisée,  Voûtes. 
Or   (travail     de    1),     383.     Voy. 

Bijoux,  Calice,  Coq  (des  clo- 
chers). Couronnes  de  lumière, 
Poutre  (triomphale).  Reliquai- 
res, Statues,  Tables  (d'autel). 
Tissage. 

Oratoires.  Voy.  Chapelles. 

Orfèvres  {cath.).  73,  74,  93.  382, 
n.  2;  —  {monast.),    139,    280  ; 

—  {ca-th.)  ouvrant  la  petite  or- 
fèvrerie, autrement  dit  me- 
nuyers,  383, n.  4. 

Orgues  {cath.),  214  ;  —  {égl. 
mon.),  344.  Voy.  Diapason. 

Orientation  {cath.),  4,  19,  203 
204,  205,  329  ;  -  {égl.  mon.) 
160.   Voy.  Symbolisme. 

Outils  de  charpentier,   10,  145 

—  de  forgeron  et  de  serru- 
rier, 258,  279,    n.  3,  383,  384 

—  de  maçon,  45,  226.  280, 
377  ;  —  de  sculpteur,  226  ;  — 
de   terrassier,  280,  384. 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


475 


Ouvriers  et  ouvrières.  Voy.  Mé- 
tiers et  arts   divers. 


Palais  :  —  1"  épiscopaux,  en  gé- 
néral, 93,  n.  3  ;  —  en  particulier, 
72,  74,  75,  95,  133,  164-166, 
267-269,  301,  302,  31  G,  319, 
323,  381  ;  —  de  bois,  recon- 
struits en  pierre,  16.'>.  n.  3  ;  — 
(chambre,  chamhre  à  coucher 
de),  166,  269,  384;—  (chapelle 
de),  133,  n.  10,  166,  269,  318, 
n.  3,  326,  382  ;  —(cuisine  de), 
97,  316,  384  ;  —  (fenêtres 
de),  166,  382  ;  —  (galerie 
de),  95,  97,  n.  1  ;  —  (pave- 
ment de  mosaïque  de),  268  ; 
^ —  (peintures  murales  de), 
268,  avec  représentation  de 
personnages,  166  ;  —  (portes 
(le).  382  ;  —  (portique  de), 
268,  n.  4  ;  —  (salle  de),  95,  n. 
4,  166;  —  (tours  ou  tourelles, 
défenses,  murailles  fortifiées 
de),  268,  318,  n.  3;  —  travaux 
de  construction  d'annexés 
(chambre  et  chapelle  réservées 
à  des  hôtes  ecclésiastiques), 
165.  Voy.  aussi  Manoirs  (épis- 
copaux);'—  2»  orientaux,  279, 
avec  appartements  d'été,  d'hi- 
ver, 277,  n.  8  ;  — 3°  royaux,  11, 
332,  400.  —  4°  seigneuriaux, 
18,  112,  n.  4,  113,  161,  n.  1, 
298,  n.  1,  331,  332,  342. 

Palissades,  clôturant  un  parc 
épiscopal,  70,  73; — entourant 
une  ferme  fortifiée,  256,  une 
motte,  et  défendant  un  asile 
de  monastère,  20,  n.  6,  un 
château,  184,  n.  1,  335  ;  — 
flanquées,  à  redans,  ou  d'ali- 
gnement, 252  ;  —  surmontant 
un  mur  et  entourant  un  bourg, 
99.  Voy.   Enceintes  (de  bois). 

Panneaux  de  bois,  patrons, 
formes.  212,  n.  1.  Voy.  Ponts, 

Parapet  (de  pont),  fait  de  larges 
pierres,  393,  n.  1.  Voy.   Ponts. 

Parchemin  (à  dessiner).  Voy.  Des- 
sins ;  —  à  écrire,  358, n.  3. 


Parcs,  jardins,  vergers,  73,  n.  1 
166,253,  345  ;  —  (dom.  épisc), 
avec  plantation  d'arbres  d'es- 
sences diverses  ou  enceinte 
de  palissades  et  fossés,  70,  73, 
97,    n.   3,   98,  n.   1. 

Parloir  (c/i^<.),  185  ;  —  {mnnast.), 
23,  n.  4,  302,304,  avec  dimen- 
sions, 133  ;  —  {pal.  épisc),  133, 
n.  10. 

Parvis  (cMth.),  401. 

Passerelles  (de  bois).  Voy.  Ponts 
(de  donjons). 

Patène,  25  ;  —  d'or,  85. 

Pavements  et  mosaïques  d'églises 
romanes,  en  général.  82,  n.  2, 
101,  n.  4  ;  —  [cath.],  101,  163, 
209,  215,  217,  283,  n  5,  321  ; 
—  de  crypte,  328,  329,  354, 
355;  —  de  cellules,  en  couleur 
{monast.),  358,  n.  5  ;  —  {éffl. 
mon.).  43,  n.  3,  82,  101,  n.  4, 
120,354,  355,  n.  1,  369,  histo- 
rié, en  marbre  de  couleur, 
provenant  d'Italie,  sorte  de 
mosaïque,  34,  en  pierres 
très  dures,  157  ;  —  (pal. 
épisc),  268.  Voy.  Mosaïques. 

Pavillon  Cépiscopal),  3S5  ;  — 
(charpente   de  bois  de),  ibid . 

Peintres  (ca</i.),  93;  —  (monast.), 
38,  264,  2H0. 

Peinture:  —  1»  d'autels,  dans  une 
crypte  (cath.),  94;  —  d'églises 
en  général,  à  l'époque  romane, 
68,  n.  8  ;  —  d'églises  monas- 
tiques à  l'extérieur,  37,  à  l'in- 
térieur, 16,  n.  3,  32,  119,  n.  1, 
358,  n  5,  369,  au-dessus  du 
sanctuaire,  208,  à  la  voûte,  36, 
n.  3  ;  —  de  cathédrales,  à  l'ex- 
térieur, 269,  n.  2,  à  l'intérieur, 
65,  68,  93,  405,  en  haut  du 
sanctuaire,  163,  208,  217,  226, 
de  chapelles  épiscopales,  166, 
268,  seigneuriales.  185;  — de 
monastères,  de  cloîtres,  17, 
59,  60,  n.  4,  264,  265,  368,  de 
chambres  des  hôtes  (tAiof.i,  358, 
n.  5  ;  —  de  palais  épiscopal, 
dans  unegalerie,  95,  n.  4; — de 
pavements  sur  carreaux,  dans 
les  Chartreuses,  358,  n.  5   ;  — 


476 


RÉPERTOIRE   ARCHÉOLOGIQUE 


de  statuettes  de  saints  {égl. 
mon.),  368  ;  —  sur  verre,  155, 
n.  4.  —  2"  (Enseignement  de 
l'art  de  la),  305.  —  3°  (Sujets 
de)  :  historiques  (évêques,  rois, 
empereurs  et  personnages  di- 
vers), 93,  94,  166  ; —  religieux 
(Apocalypse,  Nativité  et  Pas- 
sion de  Jésus-Christ),  32, 
Saints,  en  général  :  observa- 
tions sur  leur  représentation 
par  la  peinture  murale,  dans 
les  églises,  47,  49.Voy  Enduit, 
Vitraux. 

Pèlerinages  en  Terre  Sainte, 
leur  influence  sur  les  cons- 
tructions d'églises,  2,  n.  1,  18, 
107,  123,  n.  4,  124,  n.  5  et  n. 
6,  292,  n.  4,  301. 

Péristyle  (de  temple  païen),  241, 
n    2.  Voy.  Temple  païen. 

Perspective  des  monuments,  de 
la  nature,  95,  98, n.l,  166.345  ; 
—  (vue),  d'église,  de  cloître, 
125,  n.  2  ;  —  (observation  de 
la),  dans  les  monuments,  29, 
n.  4. 

Phénomènes  météorologiques 
ayant  inspiré  1  idée  de  cons- 
truire une  église,  112,  n.  5. 

Pic,  instrument  de  fer,  280,  384. 

Pied-main,  mesure  de  longueur, 
appliquée  à  des  constructions, 
347,  n.  2.  Voy.  Mesures  de 
Construction  (tirées  de  la  taille 
humaine). 

Pierre  :  —  1°  angulaire,  159,  n. 
3  ;  —  de  justice,  237,  n.  6.  — 
2°  (Emploi  de  la),  dans"  les 
constructions  de  chapelles, 
d'oratoires  monastiques,  146, 
147,  290,  291,  3.30,  331,  365, 
366,  391  ;  —  dans  les  annexes 
de  palais  épiscopaux,  165;  — 
dans  es  donjons  et  leurs  en- 
ceintes, 247,  n.  2,  336,  n.  2, 
338,  n.  4,  342  ;  —  dans  les  en- 
ceintes de  villes,  172-174,  240, 
346-348  ;  —  dans  les  fortifica- 
tions de  monastères,  168  ;  — 
dans  les  granges,  96,  166,  n. 
1,  avec  enceinte,  167;  —  dans 
les  maisons,  95,  123,  297,  298, 


342,  343,  346;  —  dans  les 
ponts,  70,  73,  109-111,  118, 
122,  261,  262  ;  —  dans  les 
ports  fluviaux  ou  maritimes, 
69,  n.  5,  89.  -  3°  (Rempla- 
cement de  la),  par  du  bois,  dans 
une  église  monastique  de 
l'Anjou,  18  —  4°  (Substitu- 
tion de  la)  à  la  brique  (égl. 
mon.),  38  ;  —  au  bois  dans 
les  reconstructions  de  collé- 
giales, 141,  142,  165,  n.  3, 
d'églises  et  oratoires  mo- 
nastiques, 22,  33,  34,  55,  n.  4, 
168,  169,  175,  n.  4,  298- 
301,  363,  d'églises  Cistercien- 
nes, 362-363,  374,  de  cathé- 
drales, 8.3-85,  94,  313,  de  cha- 
pelles seigneuriales,  298,  299, 
de  donjons,  111,  113,  avec  in- 
terdiction de  l'emploi  de  la 
pierre  dans  des  reconstruc- 
tions d'édifices  de  ce  genre, 
291,  de  maisons-Dieu.  165,  n. 
3,depalais  épiscopaux,  165,  n. 
3.  —  5°  (Variétés  d'espèces 
de):  —  calcaires  (d'espèce  dure 
ou  tendre),  187,  374,  n.  4,  392, 
à  grains  serrés  et  de  grande 
dimension,  dites  choins  dans 
le  Lyonnais,  268,  270  ;  —  de 
couleur  sombre,  172,  405;  — 
de  couleur  claire,  pour  tom- 
beaux, 249;  — de  meulr,  pour 
des  moulins,  241  ;  —  employées 
dans  le  Nord  et  en  Flandre, 
172,  173.—  6°  (Régions  pau- 
vres en),  172,  n.  3.  Voy.  Ap- 
pareil, Coupe  des  pierres.  In- 
cendie,  Marbre,   Porphyre. 

Pierres  précieuses,  48,  56,  68, 
n.  4,  72,  86,  119,  n.  1,  250, 
269,  323,  368.  Voy.  Bijoux, 
Topaze. 

Pignons  d'églises  (cath.),  96, 
401,  n.  5  ;  —  (égl.  mon.),  3, 
178,  n.  1. 

Piliers  (ca</i.),  210,  211,  213.  216, 
218,  223,  399,400;  —  arrondis 
ou  hexagonaux,  218,  n.  2  ;  — 
(bases  de),  217  ;  —  servant 
de  support,  sur  trois  côtés,  à 
une  voûte,  214,    221,222,225, 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


477 


227,  228  ;  {cath.  et  égl.  mon.), 
avec  alternance  de,  30,  n.  4, 
avec  colonnes  ou  colonnettes 
engagées,  30,  n.  4,  42,  n.  2, 
222,  399,  n.  4;  —dans  les  égli- 
ses de  l'École  lombarde  et  de 
l'École  rhénane,  ainsi  que  dans 
la  Normandie  et  le  Maine, 
puis  en  Angleterre,  287,  n.  2  ; 
—  (remplacement  de),  par  des 
colonnes  bien  exécutées,  159. 
Voy.  Colonnes,    Pyramide. 

Piscines  {monast.),  148,  n.  3;  — 
[obéd.  mon.),  190  ;  —  voûtées, 
servant  de  bains  d'eaux  ther- 
males, iAirf.  Voy.  Bains. 

Pittoresque  (aspect)  de  la  nature, 
comparé  à  celui  des  monu- 
ments, d  après  diverses  des- 
criptions tirées  des  chroniques. 
Voy.  Perspective. 

Placage  de  cuivre  {égl.  mon.), 
38  ;  —  de  marbre  [cath.],  217, 
226  [égl.  coll.],  403,  n.    1. 

Plafonds  de  bois.  Voy.  Lambris, 
Comble  (lambrissé). 

Plan:  —  de  rabl)aye  de  Beau- 
port,  285,  n.  1  ;  —  de  l'ab- 
laaye  de  Saint-Gall,  42,  n. 
4,  133,  n.  1,  137,  n.  3,  140,  n. 
1  ;  —  de  l'église  du  prieuré  de 
Cantorbéry,  207,  n.  1,  227,  n. 
1  ;  —  de  l'ensemble  des  bâti- 
ments conventuels  de  l'Ordre 
de  Cluny,  d'après  les  statuts 
dits  de  Farfa,  132-140,  d'après 
le  règlement  rédigé  par  le 
moine  Bernard,  302-304  ;  —  de 
Saint-Jacques  de  Compostelle 
398,  n.  i  ;  —  de  Saint-Sernin 
de  Toulouse,  ibid.  ;  —  des 
fouilles  de  la  cathédrale  Notre- 
Dame  de  Paris,  349,  n.  1. 

Planchers.  Voy.  Etages 

Plantagenêt  (style),  23,  n.  4,  85, 
n    3.  310,  n.  3. 

Plâtre.  Voy.  Enduit. 

Plomb  (cercueil  de),  9;  — (con- 
duite d'eau,  en), — dans  un  châ- 
teau, 100  ;  —  (couverture  de), 
cath.),  72,  228,  405;  -  {égl.  et 
clottr.  mon.)  118,  120,  208, 
343,  353,394;  —  (fil  à),  358,  n. 


3,391; —(lamede),  329;— ser- 
vant, avec  du  fer,  à  relier  de  gros- 
ses pierres  d'appareil,  déforme 
quadrangulaire,  172;  —  ulilisé 
pour  faire  tenir  des  vitraux  en 
place,  145,  n.  2,  156,  n.  1,  161, 
n.  2.  Voy.  Briques  (à  revête- 
ment de  plomb). 

Plombiers,  75. 

Polissage  des  murs  d'églises 
{égl.  mon.),  366. 

Ponts  {dom.  épisc),  91  ;  — {dom. 
mon.),  23  ;  —  {dom.  seign.),  15; 

—  avec  cens  {dom.  coll.),  104, 
sans  péage  {dom.  mon.),  109, 
111,  392,  393  ;  —  {dom.  seign.), 
102  ;  —  avec  fortifications, 
256,  n.  4  ;  —  avec  gardien  {mo- 
nast. de  Chartreux),  359  ;  — 
(rupture  et  réparation  de),  393; 

—  surmonté  de  moulins  sur 
les  piles  de  pierre  {dom.  seign.), 
73,  n.  2;  — de  pierre  (rfom. 
épisc),  70,  73,  {dom  mon.), 
109-111,  118,  122,  261,  262. 
387,  392-393,  très  résistante, 
d'appareil,  392  ;  —  (collecte 
pour  la  construction  en  pierre 
d'un),  —  dom.  mon.  — ,261. — 2° 
(Devis  de  la  construction  d'un), 

—  monast.  — ,  avec  défense 
d'y  élever  ni  chapelle,  ni  forti- 
fications, 109  111  ;  matériaux 
à  employer  audit  pont,  ibid.  — 
3°  (Donjons  avec),  de  bois, 
en  plan  incliné,  reliant  une 
motte  à  une  première  enceinte, 
314,335;  —  faisant  partie  des 
retranchements  d'une  motte, 
182;  —  (mesure  de  l'élévation 
d'un  château  à  motte, en  sa  par- 
tie médiane),  315  ;  —  (support 
de),  en  bois,  335,  336,  à  l'aide 
de  colonnes  accouplées  ou  ter- 
nées,  314  ; —  tablier  de),  314, 
n.     1.     —    Voy      Parapet. 

Porche  roman,  en  général,  269, 
n.  4;  —  (ornementation  du), 
ibid.  et  370,  n.  1  ;  —  {cath.), 
163,  n.  2,  398,  n.  4  ;  —  {égl. 
mon.],  9,  16,  23,  n.  4,  30,  41, 
n.  6, 136,  n.  2,  148,  n.  3,  285, 
n.  1,  361,  n.  3,  365  ;  —  sur  plan 


478 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


barlong,  fermé  et  surmonté  de 
deux  tours,  282,  n.  2; —  inté- 
rieur, surmonté  d'une  tribune, 
248,  n.  2.  Voy.  aussi  Narthex. 

Porphyre.  Voy.  Escabeau. 

Portail  d'églises  romanes,  en 
général,  76,  n.  4;  —  [cath.), 
61,  n.  1,  73,  n.  6,77,  91,  n.  4, 
101,  163,  n.  2,  397-40ri,  406,  n. 
3.  et  n.  7,  avec  peintures,  269, 
n.  2,  précédé  de  marches  de 
pierre ,  405  ;  —  (égl.  coll.)  en  Es- 
pagne, 403,  n.l,  avec  plaques 
de  marbre,  ibid  ;  —  [^gl-  mon.), 
23,  42,  n.  4,59,  81,82,  87,  91, 
n.  4,  140,  146-148,  207.  Voy. 
Linteau,  Porche,  Portes 
(d'églises).  Sculpture,  Sta- 
tues, Tympan,  Trumeau. 

Portes  d'églises  conventuelles,  8, 
32,  en  nombre  déterminé,  ibid., 
134  ;  —  méridionale  et  sep- 
tentrionale, ibid.,  138,  avec 
dimension  donnée.  136  ; —  d'é- 
glises fortifiées,  92,  n.  1,116, 
n.  1  ;  —  de  châteaux  et  d'en- 
ceintes de  murs  de  châteaux, 
18,  n.  7,  50,  99,  180,  183,  flan- 
quée de  tours,  99,  n.  2  ;  —  de 
cloître  de  cathédrale,  316,  de 
fer,  ibid.  ;  —  de  donjons  ou  de 
leurs  retranchements  exté- 
rieurs, 182,  314  ;  —  de  manoir 
épiscopal,  167,  fortifié,  ibid., 
surmonté  d'une  tour,  316;  —  de 
monastères,  123,  n.  1,  140,  de 
bois,  388,  reconstruite  en 
pierre,  387,  389,  sur  un  modèle 
donné,  ibid.  ;  —  de  villes,  99, 
236,  398,  n.  3  ; —  (verrous  de), 
383.  Voy,  Portail. 

Portique,  grand  vestibule  de 
temple  païen,  240,  241,  n.  1  ; — 
de  cloître  {monast.),  285;  — 
garni  d'autels  (<?gr/.   mon.),  31. 

Ports  :  1°  maritimes,  sur  la 
Manche,  193,  345,  sur  la  Mé- 
diterranée, 87,  89,  nature  des 
ouvra  , es  exécutés,  ibid.  ;  — 
2°  fluviaux,  sur  le  Rhin,  69, 
n.  5.  Voy.  Grau,  Jetée. 

Pose  de  la  première  pierre  {égl. 
calh.},  406;  — {égl.   mon.),  47, 


246,  271,  n.  4  ;  —  de  pierre  et 
d'or,  au-dessous  d'un  donjon  de 
bois  à  construire,  en  signe 
d'heureux  présage,  182.  Voy. 
Fondations. 

Postes  d'observation,  usités  en 
Normandie,  en  Syrie,  274, 
275,  277,  n.  8. 

Poteries  antiques.    Voy.  Vases. 

Poterne  {arch.  mil.  urb.^,  346, 
347. 

Pots  de  terre  cuite,  placés  dans 
l'épaisseur  de  la  construction 
comme  moyens  d'acoustique 
et  agents  de  répercussion  du 
son,  376,  n.  2.  Voy.  Acous- 
tique. 

Poulies  (cordes  de) ,  servant  à  faire 
monter  et  descendre  les  ten- 
tures qui  décorent  les  murs 
d'une  église,  82,  n.  3,  319.  Voy. 
Tentures. 

Poutres,  entraits,  3,  8,  169,  208, 
222,  245.  Voy.  Charpentes,  Py- 
ramide ;  —  poutre  triomphale 
surmontée d  une croix{ég l.  mon. 
et  cath.),  122,  n.  3,  209,  213, 
217;  -  dorée,  218. 

Pressoir  [dom.  épisc),   167. 

Prévôt  {cath),  80;  —  {monast.}, 
21,  n. 1,  260-263  ;  —  coopérant 
à  la  construction  d'un  château- 
fort,  21. 

Prime  d'encouragement  aux  répa- 
rations pressantes  d'une  église 
endommagée  par  suite  d'un 
accident.  Voy.  Fixation  a  l'a- 
vance DE    SOMMES    d'argent. 

Prison  (dans  l'étage  supérieur 
d'un  château-fort),  50,  n.  1. 

Procédés  employés  par  les  con- 
structeurs pour  aménager  les 
provisions  d  ns  les  châteaux- 
forts,  280,  n.  3  ;  —  paries  assié- 
geants d'un  château,  pour  cou- 
per les  conduites  d'eau,   280. 

Pronaos  des  basiliques,  136,  n.  2. 

Voy.  AVANT-NEF,    BASILIQUES. 

Propiciatoire  {égl.   mon),  38. 

Proportions.  Voy.  Mesures. 

Puits  (cath.),  76,  77,  90,  n.  6  ;  — 
{chat.),  386,  387;—  {cloître), 
21  {pal.    épisc),  316  ;  —   (taille 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


479 


humaine  servant  à  mesurer  un), 
134,  n.  3.  Voy  Citernes,  Me- 
sures   DE    construction. 

Pyramide  (forme  de),  employée 
dans  les  piliers,  162  ;  —  dans 
les  poutres,  118  ;  —  dans  un 
tombeau,     243,  n.  4. 


Redans.  Voy.  Palissades. 
Réfectoire  [chap.  calh.),  90,  316  ; 

—  {coll.),  375,  n.  2,  376;  — 
iégl.  mo«.),  21,23,  24,37,  44, 
39,  119,135,137,  138,  230,  231, 
285,   290,  n.  3,  291,   359,  n.  2; 

—  [ibid.),  des  hôtes,  230,  avec 
dimensions  fixées,  135  ;  — 
(porte de),  304,  (tables  de),  137. 

Refuge    (lieu    de).    Voy.  Asiles. 

Règle  graduée  de  géomètre, 
pour  mesurer  les  pierres  d'ap- 
pareil, 390  ;  —  servant  à  facili- 
ter le  tracé  de  l'écriture  sur  les 
parchemins,  358,  n.  3.  Voy. 
Appareil,  Instruments. 

Relief  (travail  en)  sur  étoffe, 
ouvragé  avec  broderiesde  diffé- 
rentes couleurs,  17,  140.  Voy. 
Broderies,  Etoffes. 

Reliquaires  et  châsses,  9,  140, 
183,  209.  230,  319;  -  antropo- 
morphes,  en  métal,  4^*  ; — avec 
inscriptions,  320  ;  — avec  pierres 
précieuses,  250,  320  ;  —  de 
bronze,  328,  381  ;  —  de  plomb, 
327,  329  ;  —  recouverts  d'or, 
d'argent,  218,  250,  320,  368. 
Voy.  Reliques,  Sculptures, 
Statues. 

Reliques  (transport  et  exhibition 
de),  dans  des  tournées  de  quê- 
teurs, pour  des  offrandes  ser- 
vant à  la  reconstruction  de 
cathédrales,  317,319,320. 

Remplace.  Voy.  Transkpt. 

Renouvellement  des  églises  après 
l'an  mille,  1,   4,  4o;  durée 

éphémère  des  premières  égli- 
ses romanes,  4,  n.  7,  40. 

Réservoir,  bassin  d'eau, dormante 
ou  courante,  pour  l'élevage  des 
poissons.  Voy.  Vivier. 


Retables.  Voy.  Tables  (d'autel). 

Roseaux  (couverture  provisoire 
faite  avec  des),  pour  une 
église  abbatiale,  118. 

Rotonde,  oratoire  de  forme  cir- 
culaire dans  une  église  abba- 
tiale, 28,  n.  3,  32,  n.  4.  Voy. 
Coupole. 

Rue,  voie  publique  (ouverture 
de),  356,  389,  392.  Voy.  Chaus- 
sée. 


Sacristie  {cath.),  79,  n.  4,    165  ; 

—  {égl.  mon.),  23,  136,  285,  n. 
1.303  ;—{égi.par.),2Z3.  Voy. 
Vestiaire. 

Salaire  d'ouvriers  divers  em- 
ployés à  des  constructions,  de 
charpentiers  ou  maîtres  char- 
pentiers {égl.  mon.),  de 
maîtres  maçons  [égl.  par.),  19, 
36,  168,  231,  343.  Voy.  Acci- 
dents  DU  travail.    Fixation  a 

l'avance   de  SOMiMES    d'aRGENT. 

Salle    capitulaire    {cath.),   164; 

—  (mo/ia.«<.),  23,  133,  147,  285, 
n.  i,  302,  391,  avec  dimen- 
sions fixées,  133,  avec  nombre 
déterminé   de    fenêtres,  t/>i(/.; 

—  d'infirmeries.  V.  Infirme- 
ries ; —  de  châteaux.  V.  Châ- 
teaux ;  —  de  justice  dans  un 
bourg,  près  d'un  château  fla- 
mand, 375,  n.  2  ;  —  de  palais 
épiscopaux.  V.  Manoirs  (épis- 
copaux).  Palais  (épiscopaux)  ; 

—  des  hôtes  {monast.).  V, 
Hôtes  (bâtiments  des). 

Sanctuaire  (d'églises  diverses), 
93,  158-160,162,  163,169,  210, 
225,  335,  n.  3,  398,  n.  4,    399  ; 

—  orné  de  peintures  dans  sa 
partie  supérieure,  163  ;  —  sé- 
paré du  chœur  pendant  le  Ca- 
rême, au  moyen  de  tentures. 
Voy.  Choeur   {égl.  mon.),  160. 

Saphir.  Voy.  Vases. 

Sapin  (bois  de),  servant  à  la  cou- 
verture d'une  tour  d'église  mo- 
nastique, 171.  Voy.  Bois. 

Sauveté  (bourgs  de),  239,    n.    1. 


480 


RÉPERTOIRE   ARCHÉOLOGIQUE 


Voy.  BouHGS,  Croix  (de  sauve- 
garde), Villes  (neuves). 

Sculpteurs,  74,  212,  279,  305, 
306  ;  —  prêtés  par  une  abbaye 
au  Chapitre  d'une  cathédrale 
pourdes  travaux  d'art,  305,  306. 

Sculpture:  —  1°  (ca//i.),74,  91,  n. 
4,  218,  224,  n.  1  et  2;  225,  397, 
402-405  ;  —  (cloitr.  monast.), 
17,  119,  146-148  ;  —  {égl.  coll.), 
242,  243,  248,  n.  3,  402,  n.  1  ; 
—  {égl.  mon.},  8,  n.  2,  122, 
147,  361,  n.  3,  369  ;  —  {pal. 
épisc),  166  ;  —  en  forme  d'é- 
cailles  {égl.  mon.),  148,  n.  3.  — 
2°  (Sujets  de),  religieux  :  le 
Sacrifice  d'Abraham,  401,  n.  5  ; 
le  Roi  David,  jouant  de  la 
viole,  ibid .  ;  la  Création  de 
l'homme,  ibid.  ;  Adam  et 
Eve,  et  le  Paradis  terrestre, 
402;  l'Annonciation,  402;  la 
Nativité,  403  ;  la  Passion,  122, 
403  ;  la  Tentation,  404,  n.  1  ;  la 
Transfiguration,  405  ;  le  Christ 
de  majesté,  402;  le  Jugement 
dernier,  404  ;  la  Femme  adul- 
tère, 404  ;  les  Apôtres,  402  ;  les 
Evangéiistes,  ibid.,  les  Saints, 
en  général,  47-49  ;  les  Anges, 
402-404  ;  les  démons,  403.  — 
3°  (Sujets  de),  tirés  de  la  na- 
ture :  le  zodiaque,  404,  n.  1.  — 
4"  (Sujets  de),tirés  du  règne  ani- 
mal :  animaux  en  général,  402, 
404, 40r>  ;  agneau  tenant  une  ins- 
cription, 166  ;  bœufs  figurés 
dans  les  entre-colonnements 
des  tourelles  d'une  cathédrale, 
320,  n.  5  ;  têtes  de  bœufs  figu- 
rées au-dessus  des  linteaux  de 
portails,  402  ;  centaures  et 
monstres,  369  ;  coq  des  clo- 
chers, 70, 74, 317  ;daupiiin,  121, 
n.  6  ;  lions,  léopards  figurés  sur 
des  portails  d'églises,  147,  369, 
401,  n.  5,  402,  403  ;  oiseaux, 
403-405  ;  panthères,  369  ;  pois- 
sons, 404,  écailles  de  poissons, 
148  ;  singes,  369.  —  5°  (Sujets 
de),  tirés  du  règne  végétal  : 
fleurs,  402-405.  —  Voy.  Cise- 
lure, Colonnes,  Colonnettes, 


Imbrications,  Intaille,  Mou- 
lures,  Statues. 

Sépultures.  Voy.  Tombeaux. 

Serfs.  Voy.  Affranchissement, 
Artisans,  Artistes,  Charpen- 
tiers. 

Serrurerie,  76,  381 .  Voy.  Ci- 
selure, Fonte  (art   de  la). 

Serruriers.  Voy.  Forcerons. 

Sièges  [mobilier],  134,  137,  208  ; 
—  épiscopal,  archiépiscopal, 
90,  163,  217,  319.  Voy.  Bancs. 

Soie  (étoffes  de),  vêtements,  ten- 
tures, 12, 35, 329,345,  n.  4.  Voy. 
Broderies,  Chape,   Etoffes. 

Sonneurs  de  cloches  {égl.  mo- 
nast.),\li.  359.  Voy.  Gardiens 
(d'églisesi. 

Soupente  {chat.),  185,  n.  2. 

Statuettes.  Voy.  Statues. 

Statues  :  —  1"  des  portails  de 
cathédrales,  269,  n.  2,  402-405, 
avec  traces  de  peinture,  de  do- 
rure, ibid.  ;  —  des  portails 
d'églises  monastiques,  370,  n. 
1.  —  2"  (Sujets  de),  histori- 
ques :  abbé, en  marbre,  147  ;  roi, 
achevai,  la  tête  couronnée,  en 
bronze,  121,  n.  6  ;  —  reli- 
gieux ;  Anges,  402-404,  Ché- 
rubins, 122,  dorés,  213  ; 
Christ  (le),  de  majesté,  218, 
402,  de  bois,  8,  peint,  122; 
Evangéiistes,  Apôtres  et  Pro- 
phètes, 402  ;  Saints,  en  géné- 
ral, et  observations  sur  leur 
représentation  par  la  statuaire 
dans  les  églises,  47-49,140, 402- 
405,  en  particulier,  122,  193, 
213,  218,  404,  de  bois,  49,  de 
bois  recouvert  de  dorure,  d'ar- 
genlure  et  de  pierres  pré- 
cieuses, 119,  de  plaire,  49, 
peints,  368,  servant  de  reli- 
quaires, 4S  ;  la  Sainte  Vierge, 
76,  77,  122,  213,  en  bois,  8, 
dorée,  269,  n.  2,  avec  l'Enfant 
Jésus,  à  Bethléem,  403.  Voy. 
Peinture,  Reliquaires,  Sculp- 
ture. 

Stèles,  369,  n.   3. 

Style  Plantagenêt.  Voy.  Planta- 
genêt  (style). 


RÉPERTOIRE   ARCHEOLOGIQUE 


481 


Surnoms  de  châteaux.  Voy.  Châ- 
teaux ;  —  de  cloches.  Voy. 
Cloches  ;  —  d'une  fenêtre  de 
la  tour  d'un  château-fort,  332. 
Voy,  Vocable. 

Suspensions  dans  les  ég'lises, 
308  ;  —  garnies  de  sept  lampes 
et  ornées  de  pierres  précieuses, 
ihid.  Voy.  Couronnes  de  lu- 
mi  è're. 

Symbolisme:  —  1°  dans  l'architec- 
ture religieuse,  27,  30,  n.  2,  74, 
n.  3,80,  81,  157,  159-160,  285, 
329  343  ;  —  apriori  et  a  poste- 
riori, 159,  n.  2,  399,  n.  1.  Voy. 
Axe  (de  l'église^.  Orientation, 
Tau  (lettre)  ;  —  2°  dans  le  mobi- 
lier ecclésiastique,  368,  n.  2  ;  — 
3"  dansl'architecture  militaire. 
Voy.  Pose  (de  pierre  et  d'or). 

Système  d'arcs  diaphragmes  en 
pleincintre, portant  des  pignons 
et  reliés  par  Un  comble  de  char- 
pente à  deux  versants  pour  cou- 
vrir une  nei{égl.  mon.),  118. 


Tabernacle  {égl.  mon.),  35. 

Tables,  avec  insertion  d'or,  ser- 
vant de  support  à  des  statues 
de  saints  [agi.  mon.),  140;  — 
d'autels  Icath.),  319,  dorées 
[ihid.)  ;  —  (égl.  mon.),  52,  239, 
de  vermeil,    52  [ibid.). 

Tablier  de  pont.   Voy.  Ponts. 

Tailleurs  de  pierre,  105,  127, 
191,192,  260,  277,  311.  Voy. 
Architectes,  Maçons. 

Tapisserie  de  Bayeux,  74,  n.  3, 
314,  n.  1, 

Tau  (lettre),  exprimant  d'une 
façon  symbolique  la  disposi- 
tion architecturale  d'un  sanc- 


tuaire {égl. 
Symbolisme. 


Voy. 


Temple  païen,  d'ordre  pseudo- 
périptère.  à  Nîmes,  240,  241  ; 
appelé  Capitolium  [Capdueil), 
improprement  dénommé  la 
Maison-Carrée,  ibid.,  n.  3;  — 
en    forme  de  parallélogramme 


rectangle,  ibid.  ;  —  précédé 
d'un  grand  portique,  241,  n. 
1  ;  —  avec  péristyle,  ibid. 
Voy.  Portique. 
Tentures,  voiles,  tapis  servant  à 
la  décoration  de  l'intérieur  des 
églises,  pendant  les  fêtes  et 
solennités,  9,  17,  22,  73,  n,  3, 
82,  94,  139,  140,  209,  215.  268, 
319,  358  ;  —  à  la  décoration  des 
portes  de  leur  façade,  35,  140; 

—  à  la  garniture  des  bancs,  ou 
i<  banquiers  »,  des  sièges,  ou 
<(  dosserets  »  17,  22,  137,   140; 

—  à  la  séparation  du  chœur  et 
du  sanctuaire  pendant  le  Ca- 
rême, 160  ;  —  avec  figuration 
de  lions,  22  ;  —  manœuvres  à 
l'aide  de  cordes  et  de  poulies, 
82,  n.  3,  319,  suspendus  le 
long  des  murs  depuis  la  hau- 
teur d'une  galerie  pratiquée 
près  des  voûtes,  dans  une  ca- 
thédrale, 215  ;—  de  laine,  139, 
de  lin,  ibid.  Voy.  Galerie,  Tri- 

FORIUM. 

Terrassiers,  280. 

Terre  (oratoire  fait  avec  de  la), 
257,  258  ;  —  (sorte  d'habitation 
de  reclus  faite  avec  de  la), 
14;  —  cuite  (emploi  de  pots 
en),  dans  l'épaisseur  d'une 
construction  religieuse  comme 
moyen  d'acoustique  et  agent 
de  répercussion  du  son,  376, 
n.  2.   Voy.  Acoustique. 

Tiges  de  fer,  servant  à  aider  à 
fixer  l'assemblage  de  certaines 
pièces  de  bois  dans  une  cou- 
verture de  char|)ente,  208,  245. 

Tissage  d'or,  87  ;  —  exécuté  par 
des  ouvrières,  ibid. 

Toise.  Voy.  Mesures  de  construc- 
tion. 

Toiture.  Voy.    Couverture. 

Tombeaux  1"  antiques,  318,  grou- 
pés en  cercle,  ibid.  ;  —  2"  du 
moyen  âge;  —  d'archevêques 
et  d'évêques,  87,  219-221,  274, 
280  ;  —  d'un  chanoine,  prévôt 
d'une  église  abbatiale,  261, 
263;  —  de  rois,  196,  n.  2,  353, 
n.  3  ;  —  de  saints,  transfert  de 


31 


482 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


leurs  restes,  cause  de  réfection 
d'églises,  description,  5,  9, 
31,  35,  42,  122,  n.  3,  141,  142, 
165,  210,  242,  243,  2o9,  n,  1, 
354,  n.  3,  — surmonté  d'un  édi- 
cule  on  bois,  sorte  de  ciboriuni 
{égl.mon.),Zi.\o\ .  CiBoniuM  ; 

—  de  seigneurs,  159,  177,  199  ; 

—  en  forme  de  saint-sépulcre, 
192,  356  ;  —  sculptés,  122,  n. 
3,  242,  243,  248,  n.  3.  Voy. 
Chyptes,     Mausolées,     Pyua- 

MIDE, 

Topaze,  381 .  Voy.  Pierres  pré- 
cieuses. 

Tours  (arch.  mil.,  urb.),  64,  99, 
n.  2,  173, 174,  —  substituées  à 
une  enceinte  de  bois,  64,  67, 
68  ;  —  (cath.),  62,  n.  3,  72, 
73,  n.  6,  75,  76,  79,  n.  4, 
94,  95,  96,  161,  n.  4,  162,  164, 
213,  214,  215,  218,  219,  220, 
222,  227,  228,  318,  n.  3,405  ;  — 
tourelles  à  étage  octogonal, 
avec  entre-colonnements,  320, 
n.  5,  tours  avec  bandes  lom- 
bardes, 405,  n.  1  ;  —  [chat.),  9, 
50,  78,  98,  111,  113,  236,  237, 
276,  277,  n.  1,  280,  315,  326, 
332,  333,  342,  373  ;  —  [chnt.), 
tour  maritime,  386.  Voy.  Don- 
jons;—  [dom.  épisc),  surmon- 
tantleportail  d'un  manoir,  316; 
— {égl.  inon.),iÇ),  n.  3,33,  35, 
42,  n.  4,  44,  45,  119,  120,  136, 
157,  158,  174,  178,  n.  1,  282, 
317,  n.  5,  365,  avec  couverture 
de  bois,  388,  cylindriques,  ren- 
fermant des  escaliers  tournants, 
29,  — d'enceinte,  191,  192,  n.l, 
230,  située  dans  une  île,  229  ; 
—  {pal.  épisc),  268  ;  —  {arch. 
mil.,  urb.),  tourelles  servantde 
défense  à  des  maisons  fortes, 
377,  n.  3.  Voy.  Gardiens. 

Tradition  romaine,  sensible  dans 
des  cathédrales  et  des  monu- 
ments conventuels,  26,  n.  2, 
29,  n.  2,  32,  n.  4,  212,  n.  2,  215, 
dans  des  mosaïques  du  Midi  de 
la  France,  355,  n.  2  et  3,  dans 
l'usage  de  canaux  servant  aux 
défenses  de    châteaux    et  de 


villes  fortes,  100,  n.l;  —  caro- 
lingienne, persistant  après  le 
renouvellement  des  églises 
dans  la  vallée  de  la  Loire,  au- 
dessous  d'Orléans,  18,  n.  2. 
Voy.  Influence  (de  l'art  anti- 
que et  gallo-romain). 

Trait,  art  de  tracer  des  panneaux, 
des  patrons  de  bois,  212,  n.  1. 

Tranchée  pratiquée  en  terre'  pour 
le  siège  d'un  château-fort, 
333. 

Transept,  croisée  du  transept, 
croisillon  {cath.),  64,  n.  3,  73, 
79,  n.  4,  90,  n.  5,  161,  n.  4, 
214,  218,  220-224,  226,  398, 
n.  4,  399,  n.  3,  400,  401,  n.  5, 
405,  avec  remplage  pour  le 
carré  du  transept,  ibid.,  n.  2  ; 
—  {égl. mon.),  8,  n.  2,  41,  n.l, 
42,  n.  4,  45,  n.  5,  57,  n.2,262, 
n.  5.  285,  n.  1,  391  ;  — double 
{ibid.),  160,  273,  n.  4. 

Transport  de  matériaux  de  cons- 
truction au  moyen  de  bran- 
cards, 390,  d'attelagesde  bœufs, 
41,  66,  105,  158,  229,  231,  320- 
321  ;  —  de  terre,  à  l'aide  d'un 
ours  apprivoisé,  pour  élever 
une  motte  de  donjon,  182;  — 
par  voie  fluviale,  maritime,  à 
destination  soit  de  monastères, 
soit  de  cathédrales,  33,  n.  5, 
128,  158,  195,  211,  394.  Voy. 
aussi  Civière,  DÉiMOLition. 

Travail  manuel.  Voy.  Contri- 
bution (à  des  travaux  matériels 
de  construction),  Coopération 
(corporelle  des  populations). 

Tréblchets,  sorte  de  balistes, 
engins  mécaniques,  pouvant 
servir  à  des  maîtres  charpen- 
tiers pour  opérer  le  relève- 
ment et  la  mise  en  place  d'une 
grosse  œuvre  de  charpente, 
d'un  campanile  de  bois,  par 
exemple,  déplacé  et  renversé, 
174.  Voy.  Balistes,  Machines. 

Trésor  (maison  du)  voûtée 
{monast.),  12. 

Trésorier  d'église,   11,    80,  319. 

Tribune  d'église  {cath.\,  398, 
n.  4,  399,  n.  4,  400,  n.  4,  404  ; 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


483 


—  voûtée  en  quart  de  cercle, 
398,  n.  4  ;  —  [égl.  mon.),  400, 
n.  5,  surmontant  un  porche, 
248.  n.  2. 

TmFORiuM(ca</i. ) .  21 5, 21 6,  226  ; — 
(grand),  aveccolonnesde  marbre 
{cath.)  222,  228  ;  —  (petit),  au- 
dessous  des  grandes  fenêtres 
[ihid.],  222,  226,  228  ;  —  con- 
tournant le  transept  [égl.  cath. 
et  mon.),  399,  n.  3  ; —  des  égli- 
ses bourguignonnes,  222,  n.  1. 
Voy.  Clerestory.  Galerie. 

Trumeau  de  portail  d'église,  148. 

Tuiles.  Voy.    Briques. 

Tympan  de  portail  [égl.  cath.), 
403,  n.  1,  404,  n,  1  ;  —  {égl. 
coll.),  du  Nord  de  l'Espagne, 
403,  n.  1,  fait  de  plaques  de 
marbre,  ibid. 


Vases  antiques,  172,  180,  181, 
de  verre,  180,  181,  de  couleur 
rouge,  181  ;  —  d'argent,  8a, 
323  ;  —  de  plomb,  contenant 
des  reliques,  327,  329  ;  —  de 
saphir,  319  ;  —  en  forme 
d'outre,  329  ;  —  précieux,  172. 
Voy.  Verres  (à  boire). 

Veilleurs.  Voy.  Gardiens  (de 
tours). 

Verre  (ampoule  de),  328,  n.  1  ; 
—  Verres  à  boire,  coupes,  22, 
172  ;  —  d'argent,  267,  326.  Voy. 
Vases  (antiques). 

Verriers  (maîtres)  :  —  {cath.), 
74,  93  ;  —{égl.  mon.),  139,  154- 
157,  161,  n.  2,  191,  193,  265,  n, 
3  ;  —  frareté  des  mentions  de), 
avant  le  xiii^  siècle,  155,  n. 
4. 

Verrous  de  portes,  383  ;  —  ver- 
velles  (ou  vertevelles),  384.  V. 
Portes. 

Vestiaire  {cath.),  42,  n.  4.  Voy. 
Sacristie. 

Villes  (formation  et  développe- 
ment de),   111,112,   n.   4  ;    — 


neuves  ou  villages  232,  282, 
283,  354,  356;  —  (origine  de 
noms  de),  111.  n.  4  ;  —  allu- 
sion à  la  Rome  antique,  bâtie 
d'abord  en  briques,  puis  avec 
des  édiflces  de  marbre,  128. 
Voy.  Bourgs,  Châteaux,  Forti- 
fications,  Sauveté. 

Viole,  instrument  de  musique, 
sculpté  sur  un  portail  de  ca- 
thédrale, 401,  n.  5  ;  —  le  roi 
David  jouant  de  la),  ibid . 

Visa  lever  des  fardeaux,  211,  n. 
3.    Voy.  Levier. 

Visites,  inspections  de  monas- 
tères, de  chapelles  de  l'Ordre 
de  Cluny,  131,  n.  4. 

Vitraux  (cath.),  68,  n.  6,  83,  85, 
94,  96, 145,  163.  164,  268,269  ; 

—  (nombre  fixé  de),  401 
[ibid.);  —  {égl.  coll.),  93;  — 
{égl.  mon.),  8,  28-30,  32,  n.  3, 
133,  139,  154-157,  161,  n.  2, 
191,  193,  264,  265,  341  ;  — 
(place  assignée  par  un  abbé  à 
des),  dans  une  église  conven- 
tuelle, 1 56, (pose  desdits),  i7)i(/.  ; 

—  réparations  de  vitres  de  fe- 
nêtres dans  un  cloître  (wionas^), 
avec  de  la  cire  et  du  plomb, 
161,  n.  2.  Voy.  Châssis  (de  vi- 
trail). Cire,  Plomr. 

Vivier,  pièce,  réservoir  deau  dor- 
mante ou  courante,  pour  l'éle- 
vage des  poissons  {chat.)  98, 
333,  n.  4  ;  —  (monast.),  123, 
143,  280,  281,  352  ;  —  piège  à 
poissons,   ibid. 

Vocable  (changement  de)  d'une 
église,  125,  127.  Voy.  Surnoms. 

Voûtes  {cath.),  90,  n.  6,  214,  220- 
223,  226,  228,  287,  398,  n.  4, 
399,  n.  4;    —  {égl.  coll.),  142  ; 

—  {égl.  mon.],  8,  12,  39,  59, 
158,  159,  235,  n.  1,  248,  n. 
2,  262,  n.  5,  371,  n.  3  ;—  d'a- 
rête, 31,  n.  1,  398,  n.  4  ;  —  d'o- 
gives, 287, n.  1,371,  n.  3,  372, 
n.  5,  archaïques,  238,  n. 3,  les 
plus  anciennes  qui  paraissent 
subsister  en  Angleterre,  287, 
n.  1  ;  —  domicales  {cath.),  83, 


484 


RÉPERTOIRE    ARCHÉOLOGIQUE 


292,  n.  2  ;  —  (emploi  tardif 
des),  dans  le  Maine  et  dans  la 
Normandie,  avec  persistance 
descharpentes  apparentes, 161, 
n.3  ;  —  (substitution  de)  à  des 
combles  lambrissés  (ca</i.),  83, 
85,217.  Voy.  Clefs  de  voûte. 
Voy.  aussi  Trésor  (maison du), 
—  voûtée  (monast.). 


Zodiaque  (représentation  du) 
dans  la  sculpture  des  portails 
d'églises,  404, 1 . 

ZONES  de  protection  (étendue  des^ , 
autour  des  églises,  114,  116, 
117,  152,  153.  Voy.  Asiles. 


GLOSSAIRE 


Absconsa,  lanterne  à  mettre  un 
cierge,  servant  pour  les  tour- 
nées de  nuit  dans  les  monas- 
tères,  303,   n.  2.  Cf.    ScoNSA. 

Absida,  Absis,  abside,  8,  10,  41, 
n.  3  ;  —  absida  lignea,  édi- 
cule  de  bois,  supporté  par  des 
arcades  de  pierre  et  surmon- 
tant le  tombeau  d'un  saint, 
dans  une  église,  31 . 

AcEBvus  PETRARUM-,  monumcnt 
mégalithique,  54. 

AcupicTURA,  travail  en  relief  sur 
étoffe,  140,  n.  3. 

Acus,  pointe  de  métal,  sorte  d'ai- 
guille, 384. 

Adulterinum,  illégal  (en  parlant 
d'un  castrum),  252,  n.  2. 

Aedituus,  moine  chargé  de 
l'entretien  et  de  la  surveil- 
lance temporelle  d'une 
église   monastique,    11. 

Agger,  motte,  21,  314;  —  agge- 
ris  crepido,  rebord  de  motte, 
ibid .  ;  —  aggerare  molem, 
élever  une  motte,  182. 

Ala,  paroi  épaisse,  gros  mur 
extérieur  d  une  église,  30, 
162,  ;  —  collatéral  d'église, 
213,  217,  218,  221. 

Alatorium,  allée  de  service, 
chemin  de  ronde  (dans  un  châ- 
teau-fort), 252. 

Alexandrinum  opus.  Voy.  Opus 
alexandrinum. 

Aliptes,  artisan  ou  artiste  s'oc- 
cupant  de  recouvrir  des  murs, 
des  voûtes  d'enduit,  peut-être 
de  peinture  à  fresque,  36,  n.  3. 


AlIPTICUM     opus,     SCHEMA.     Vo}' . 

Opus  alipticum,  schéma. 

Aliptina,  paroi,  voûte  recou- 
verte d'enduit,  peut-être  de 
peinture  à  fresque,  36,  n.  3. 

Allaborare,  travailler  en  sus, 
avec  effort,  83. 

Altariolum,  petit  autel,  140. 

Alveus,  bassin,  269. 

Ambulatorium,  échafaudage  per- 
mettant de  circuler  le  long 
d'une  construction  qu'on 
élève,  37  ;  —  vimineum,  fait 
de  bois  pliant,  avec  des  claies, 
ibid.  Voy.   Deambulatorium. 

Anaglifum  opus.  Voy.  Opus 
anaglifum. 

Angulare,  disposer  d'une  façon 
angulaire  le  plan  d'une  cons- 
truction, 138. 

Antemurale,  saillie  de  muraille, 
de  rempart,  proéminence  dans 
les  défenses  d'un  château-fort, 
98,  99. 

Apotheca,  magasin  de  provi- 
sions, cellier,  10,  318. 

Apparatus,  appareil  d'une  cons- 
truction,   5    ;    m    LIGNO     ET 

lapide,  fait  de  bois,  de  pierre, 
326. 

Appenditia  (subst.  fém.),  Appen- 
DiTiuM,  annexe  d'une  construc- 
tion, 8,  161. 

Aptitare  {syn.  d'APTARE,  dispo- 
ser   ("une    construction),    138. 

Voy.    COAPTARE. 

Aquilonarius,  du  côté  du  Nord, 
136  ;  —  porta  aquilonaria, 
porte  du  côté  du  Nord, 
ibid. 

Arca,  coffre,  niche,  11  ;  — récep- 


486 


GLOSSAIRE 


tacledes  provisions  de  grains, 
73,  n.  2.  —  Voy.  Archa. 

Argua  (ecclesiae),  trésor  d'é- 
glise, 147  ; —  (poNTis),  pile  de 
pont,  73,  n.  2. 

Archietralis,  archevêque,   8. 

Architector.  Voy.  Architectus. 

Architectoria  ars,  architec- 
TURA,  art  de  l'architecture,  40, 
69,  n.  5. 

Architectus,  architecte,  ingé- 
nieur militaire,  7,  n.  5,  41,  69, 
n.  5,  272,  276,  313  ;—  praeci- 

PUUS,      DISPOSITOR      CAEMENTARII 

oPEhis,  architecte  en  chef,  69, 
n.  5  ;  —  SAPIENS,  passim  ;  — 
charpentier  travaillant  à  un 
comble,  à  une  couverture  de 
bâtiment,  7,  Cf.  Architector, 
7,  n.  5. 

Arcuare  (ecclesiam,  fornicem), 
arquer  une  église,  une  voûte, 
à  simple  ou  double  arcade,  31, 
n.  1,  226,  344,  n.  1  ;  —  arcua- 
tum  opus.  Voy.  Opus  arcua- 
tum. 

Argus  ante  presbiterium,  arc 
triomphal,  169  ;  —  major, 
maximus,  même  sens,  140,  n.  1, 
162  ;  —  PRiNGiPALis,  même 
sens,  140  ;  —  deambulatorius. 
Voy.    Deambulatorius    argus. 

Area,  plancher,  étage  (dans  un 
château  bâti  en  bois),  184  ;  — 
triplex,  triple  étage,  ibid.  ;  — 

GOQUINAE  AREA     INFERIOR,     SUPE- 

RiOR,  cuisine  à  double  plancher 
ou  étage,  185. 

Aries,  bélier,  instrument  d'at- 
taque dans  les  sièges  de  ville, 
173. 

Armarium,  bibliothèque  (dans  un 
monastère),  59  ;  —  dépôt  ser- 
vant à  serrer  les  livres  de 
chant  des  enfants  de  chœur 
[ibid.),  303,  325. 

Armarius,  chantre  dans  «n  mo- 
nastère, gardien  des  livres  de 
chant,  303. 

Ars  architectoria.  Voy.  Archi- 
tectoria  ARS  ;     GAELATORIA. 

Voy.  Caelatoria  ars  ;  —  fuso- 
HiA.  Voy.  Fusoria  ars  ;  —  li- 


GNARiORUM,  art  de  la  charpen- 
terie,  122.  Voy.  aussi  Faber 
LiGNARius  ;  —  pigtoria.  Voy. 
Pigtoria  ars  ;  —  scalptoria. 
Voy.  Scalptoria  ars  ;  —  sgrip- 
toria.   Voy.    Sgriptoria    ars; 

—  sculptoria.  Voy.    Sculpto- 

RIA   ARS  ;     VITREARUM   [fCUeS- 

trarum],  art  du  verrier,  193. 
Artifex,  artisan  en  général,  280  ; 

—  architecte,  41,  64,  n.  3,  89, 
105,  106,  n.  1,  164,  166,  210, 
211,  393  ;  —  ouvrier  employé 
dans  une  construction,  12  ;  — 
maçon,  35,  162.  Voy.  Socius 
artifex  ;  —  AERis,  ciseleur  de 
cuivre,  de  bronze,  368  ;  — 
[architector^,  maître  chai'pen- 
tier,  couvreur  en  bois,  174, 
n.  3  ;  —  bituminis,  cimen- 
teur,  pour  une  construction 
en  maçonnerie  ;  —  caemen- 
TARius,   architecte,   5  ;   —    in 

EXSTRUENDIS    AEDIFICIIS      ET  MA- 

GHiNis,  GASTRi  TURRis,  archi- 
tecte militaire,  ingénieur,  275- 
278,  337  ;  —  lignarius,  char- 
pentier, menuisier,  125,  in 
LiGNO,  lignorum,  même  sens, 
211,  306;  —  MONACHus,  moine 
artiste  (dans  l'art  des  enduits, 
de  la  peinture),  36,  37  ;  — 
[sgulptor],  ciseleur  d'objets 
d'or  et  d'argent,  172  ;  —  vel 
GARPENTARius,  architectc-char- 
pentier,  184  ;  —  vitrearum 
[fenestharum],     verrier,    193  ; 

—  autifigum  pringeps,  archi- 
tecte en  chef,  33. 

Artifigiare,  exécuter  avec  art, 
d'une  façon  technique,  147. 

Artifigiosum  opus,  œuvre  (de 
construction)  exécutée  avec 
une  habileté  technique,  27. 

Artifigium,  exercice  d'un  métier, 
d'un  art,  passim.  Cf.  Artis 
argumentum, 174. 

Ascensorium,  escalier  (de  rem- 
part), 377. 

AsGiGULUs,  aisseau,  bardeau,  94. 
Voy.  EssiLLus. 

Asseres,  chevrons  de  charpente, 
d'une  couverture,  208,  245. 


GLOSSAIRK 


487 


AssisTRix,  religieuse  assistante, 
prieure  (dans  un  couvent  de 
femmes),  311. 

AuDiToiuuM,  parloir  (^monast.j, 
133,  302  ;  —  salle  de  palais 
épiscopal,  133,  n.  10.  Voy. 
aussi  Caméra. 

Ai;la,  lieu  de  réunion  en  géné- 
ral ;  —  EccLESiAE,  nef  d'église, 
209,  210,  213,  intérieur  d'é- 
glise, en  général,  345  ;  —  salle, 
demeure  seigneuriale,  18,  112, 
161,  n.  1,  237,  n.  6  ;  —  salle 
de  monastère,  305  ;  —  episco- 
PALis,  ARcniEPiscopi,  Salle  de 
palais  épiscopal  ou  archiépis- 
copal, 72,  74,  75,  95,  n.  4,  302, 
318,  n.  3. 

AuLAEA,  tenture,  tapisserie,  voile, 
9,35. 

AiiRiKABER,  AURiFEx,  orfèvre,  19, 
139,  280. 

AUTUMARE       {syn.       d'EXISTIMARE), 

estimer,  juger,  171  ;  —  Autu- 
MA  (syn.  d'existimatio),  ibid., 
n.  2. 
Avis,  instrument  de  bois,  appelé 
encore  aujourd'hui  otSf?au,  dont 
les  manœuvres  se  servent  pour 
monter  le  mortier  aux  maçons, 
45. 


Balco,  balcon,  saillie  d'une  con- 
struction de  pierre,  portée  par 
des  colonnes,  133. 

Balista,  baliste,  machine  de 
guerre  à  lancer  des  pierres, 
100  ;  —  machine  servant  à  des 
charpentiers  pour  remettre  en 
place  un  édicule  de  bois  dépla- 
cé, 174. 

Balistarius,  combattant  chai'gé 
de  la  manœuvre  de  la  baliste, 
337. 

BaLNEUS  {sic),   BALNEORUM  DOMUS, 

bain,    maison    de    bain    d'eau 
minérale,  thermale   (dans  une 
obédience    monastique),    190, 
191. 
Balteus,  hraier,   braie,   ouvrage 


de  défense,  élevé  en  avant  d'un 
front  de  fortification  et  laissant 
entre  le  pied  des  murailles  et 
le  fossé  une  circulation  plus 
ou  moins  large,  335,  n.  5. 

Bancale,  étoffe  mobile  servant 
de  revêtement,  de  garniture  à 
des  bancs,  17,  137,  140  (v.  fr. 
banquier). 

Baptismi  domus,  baptistère,  82. 

Baptistërium,  fonts  baptismaux, 
baptistère,  233,  249. 

Barra,  barreau  (de  fer),  384. 

Basilica,  église  (en  général),  4, 
7,  11,  12;  —  cathédrale,  3; 
—  église  monastique,  5,  35, 
105,  106,  118,  119  ;  —  cha- 
pelle de  la  Vierge  [nionast.), 
28,  29. 

Berleiche,  Bretesche,  bretèche, 
275,  n.  9,332,  n.  1,  333,  n.  6. 

BiPENNis,  hache  à  double  tran- 
chant, 385. 

BiTUMEN,  ciment  très-agglutiné, 
destiné  h  recouvrir  la  maçon- 
nerie pour  prévenir  l'effet  de 
l'humidité,  170. 

Bracuiata,  brachium,  brassée, 
14,  154. 

Brunls  lapis),  pierre  de  cou- 
leur sombre,  brune,  de  qualité 
dure,  405. 

BuTAGiuM,  BOTAGiuM,  boutagc, 
prestation  que  doit  au  seigneur 
celui  qui  vend  du  vin,  236. 


Cacabus,  chaudron,  383. 

Cacuminare,  donner  une  forme 
allongée,  en  pointe,  à  l'extré- 
mité supérieure  d'une  cons- 
truction, 376. 

Caelatoria  ars,  art  de  la  cise- 
lure, 38,  n.  1. 

Caei.atorium  opus.  Voy.  Opus 
caelatorium. 

Caelatira  (lapidea),  sculpture 
fine,  ciselure  de  pierre,  appli- 
quée à  une  voûte,  158  ;  —  à 
une  chapelle  seigneuriale,  185. 

Caelum,    partie     supérieure    du 


488 


GLOSSAIRE 


sanctuaire     de    l'église,     163, 
208,   399,    401,  depictum,  pic- 
TURA  DECORATUM,  oméc  de  pein- 
ture, 208,217,226. 
Caementarium  opus.   Voy.   Opus 

CAEMENTARIUM. 

Caementarius,  maçon,  3,  12,  34, 
68,  n.  7,  69,  n.  5,  74,  127,223, 
280,  311, 3S4,  389,  392  ;  —  ar- 
chitecte, 41,  n.  3,  228,  289  ;  — 
(artifex),  même  sens,  5  ;  — 
(magister),  maître  maçon  ou 
architecte,  73  ;  —  [monachus] 
QUI  praeesï  caementariis,  ope- 
Ri,  ou  bien  encore  caementa- 
riis pr^fectus,  moine  chargé 
pendant  une  reconstruction 
de  cathédrale  de  surveiller 
techniquement  les  maçons  et 
tailleurs  de  pierre,  conducteur 
de  travaux,  223,  moine  diri- 
geant l'œuvre  de  maçonnerie 
d'une  église  monastique.  H, 
127,  n.  1. —  Voy.  Artifex, 
Magister. 

Caementum,  biocaille  de  pierre, 
moellon,  12,  21,  n.  3,  126,211, 
318  ;  —  mortier,  34,  45  ;  —  ci- 
ment agglutiné,  170. 

Caesor  (lapidum),  tailleur  de 
pierre,  105,  127,  n.  1,  192, 
277,  389,  393. 

Calamus,  chalumeau,  tuyau  dont 
on  se  servait  dans  la  commu- 
nion pour  puiser  dans  le  calice 
l'espèce  du  vin,  358. 

Calcaneus,  calcaire,   54. 

Calceata,  chaussée,  103,  n.  2. 

Calcinalis,  calcinarius,  calci- 
NEus.  Voy.  Lapis. 

Calefactorium,  chaufToir,  134, 
135,  303. 

Calibs,  fer  trempé,  acier,  384, 
385. 

Callis,  voie,  chemin,  30. 

Cambuta,  bâton  pastoral,  280. 

Caméra,  chambre  [chat.],  50  ;  — 
altior,  chambre  à  coucher, 
dite  chambrehaute(/)a/.é/)i.sc.), 
166  ;  —  AUDiTomi,  chambre  de 
parloir,  133  ;  —  cum  camino, 
chambre  avec  cheminée,  su- 
perposée à  une   autre,   égale- 


ment avec  cheminée,  pour  lo- 
ger leshôtes  [monast.),  247  ;  — 
LiGNORUM,  couverture  en  bois 
d'une  église,  16,  n.  3,  depicta, 
peinte  à  l'intérieur;  —  privata, 
appartement  particulier  [mo- 
nast.),  60  ;  —  puerorum, 
chambre  d'enfants  (chat.), 
185. 

CaMERARE        BASILICAM      TEs(ti)tU- 

DiNE  (par  opposition  à  lapidum 
voltura),  couvrir  une  église 
d'une  charpente  de  bois,  142. 

Caminata  chambre  avec  chemi- 
née de  château,  236. 

Campana,  cloche,  passim. 

Campanarium,  clocher,  campa- 
nile (de  bois),  172,  174,  175, 
376. 

Cancellus,  sanctuaire  (v.  fr. 
chancel),  93,  158,  160,  162, 
163  ;  —  supREMus,  haut  du 
sanctuaire,  ibid. 

Capitaneus,  principal,  en  par- 
tant d'un  autel,  d'une  croix, 
d'un  sanctuaire,  118, 119,  n.  1. 

Capdueil.  Voy.  Capitolium. 

Capellula,  petite   chapelle,  68. 

Capitalis,  capitialis,  de  chevet, 
8,  319.  Voy.  FoRNix. 

Capitium,  chevet,  72,  75. 

Capitolium  (en  langue  d'oc  Cap- 
dueil) ,  ancien  temple  de  Nîmes, 
dit  la  Maison-Carrée,  240;  — 
SALA  DE  Capitolio,  espacc  inté- 
rieur dudil  monument,  240, 
n.  2. 

Capitulum,  salle  capitulaire(mo- 
nast.),  133. 

Capsa,  châsse,  140.  Voy.  Capsu- 
la. 

Capsile,  châssis  (de  vitrail),  145, 
Voy.  Fenestrale. 

Capsula,  petite  châsse,  petit  reli- 
quaire, 328;  —  AENEA,  de 
bronze,  ibid.  Voy.  Capsa. 

Caput  (ecclesiae),  chevet,  abside, 
passim  ;  —  majus,  abside  prin- 
cipale, 399; —  PARvuM,  absi- 
diole,  ibid.  ;  —  superius,  par- 
tie supérieure  du  chevet,  3, 
68,  399. 

Carnetum,  tombeau,  20. 


GLOSSAIRE 


489 


Carpentahe,  construire  en  char- 
pente, 184. 

Carpkntarius,  charpentier,  52, 
n.  o,  73,  93,  14S  ;  —  (artifex 
vel),     architecte-charpentier, 

184;  MAGISTER   CARPENTARIO- 

RUM  VEL  LATOMORi'M,  architecte 
en  chef,  38.  n.  2.  Voy.  Arti- 
fex, Magisteu. 

Casatus,  vassal,  351  ;  — d'un  sei- 
gneur évêque,  ibid. 

Castellaria,  chàteau-fort,  194, 
n.  3. 

Castelletum,  château-fort,  237, 
n.  3. 

Castellim,  bastillede  bois,  dres- 
sée pour  le  siège  d'un  château, 
252,  n.  7. 

Catenula,  cateixa,  chaînette, 
329 . 

Caudex,  souche  d'arbre,   345. 

Cavea,  grotte,  329  ;  —  terrata, 
tranchée  (dans  un  siège),  335. 

Cella,  cellule,  2GG,  311,  358;  — 

ELEEMOSVNAHIA,    ELEEMOSVNA- 

RUM,  chambre  de  l'aumônerie 
{monast.),  135,  303  ;  —  mona- 
CHORUM,  petit  monastère,  52, 
131,  n.  4  ;  —  NovrriORUM  [ibid.], 
noviciat,  303,  325  ;  —  vinaria, 
cellier  à  vin,  97, 100. 

Cellararia,  celi.aria,  cellier, 
303,  324. 

Cellerarius,  moine  cellérier, 
245,  290  ;  —  chargé  de  coopé- 
rer à  la  construction  d'un 
chàteau-fort,  21  ;  —  dignitaire 
chargé  des  dépenses  du  maté- 
riel, des  ornements  dans  une 
collégiale,  243. 

Cenovectorium,  civière,  390,  n. 
2. 

CiiALYBS.  Voy.  Calibs. 

Chaons,  choins,  pierres  calcaires 
de  très  grande  dimension  et  à 
grains  serrés  et  fins,  des  envi- 
rons de  Lyon,  270. 

Chiveria,  civière,  espècede  bran- 
card servant  à  transporter  à 
bras  des  matériaux  de  cons- 
truction, 390. 

Choraula.  Voy.  Coraui^ae  (in 
modum). 


Chorus  CANONicoRUM,  chœur  capi- 
tulaire  [cath.),  11  ;  —  mo.na- 
CHORUM,  chœur  des  religieux 
(égl.  mon.),  217;  —  psallen- 
TiuM,  endroit  du  choeur  où  les 
chantres  se  tiennent  [égl. 
mon.),  34,  38,  159;  —  stalla- 
Tus,  partie  du  chœur  qui  est 
pourvue  de  stalles  {égl.  mon.), 
160. 

CiBORiuM,  dais  ou  baldaquin  sup- 
porté par  des  colonnes  et  ser- 
vant d'ornement  au-dessus  de 
l'aulel  {égl.  mon.),  31,  n.  2  ;  — 
même  sens  {cath.),  128  ;  — 
dais  sculpté  surmontant  un 
portail,  402;  —  voûte  corres- 
pondant à  l'endroit  où  est  situé 
le  maître-autel (ca</i.), 223,  224. 

CiBORius,    400,    403,    404.   Voy. 

CiBORIIJM. 

Cimbra  (espagn.),  cintre,  399,  n. 
4. 

ClMENTARIUS,    393.    VoV.     CaEMEX- 

TAHius,  52,  n.  5. 

CiNDRiA  (columna),  coloune  en- 
gagée, ayant  un  rôle  de  sou- 
tènement dans  une  galerie 
d'église,  399,  n.  4;  —  (média 
colimna),  colonne  engagée 
supportant  un  arc  doubleau 
et  correspondant  à  une  autre 
du  côté  opposé  de  la  nef,  cha- 
cune d'elles  ne  formant  ainsi 
que  la  moitié  du  support  né- 
cessaire à  l'axe  de  la  voûte 
qu'elles  soutiennent,  399,  n.  4, 
400.  —  Cindria,  en  catalan, 
cintre,  399,  n.    4. 

CixGULA,  sorte  de  ceinture  de 
pierre,  support  d'architecture 
qui  semble  s'appliquer  à  un 
arc  doubleau,  400. 

(hpHus.  Voy.  SciPHus. 

CiRCA,  tournée,  ronde,  dans  un 
monastère,    303. 

CiRCARE,  faire  une  ronde,  303. 

CiRCATA.   Voy.   CiRCA. 

CiRciNATio,  courbure  demi-circu- 
laire (en  parlant  d'un.plan  exé- 
cuté au  compas  {ad  circinum), 
216,217,  218,  227. 

CiRcuLATiM,  en  rond,  318. 


490 


GLOSSAIRE 


CmcuMcuBsus,  chemin  de  ronde 
(dans  un  château-fort),  375, 
n.  2. 

CisTA,  récipient,  sorte  de  coffre, 
184. 

CiSTERNA,  citerne,  230. 

Classicum,  cloche,  72. 

Claustuha  (?),  CLAusuRA,  niuT  de 
clôture,   136,  143,  384. 

Clava,  gros  bâton  noueux,  gour- 
din, 390. 

Clavare  (fornicem),  disposer  une 
clef  de  voûte,  226. 

Clavatura,  clouterie,  383. 

Clavis,  clef  de  voûte,  221,  222, 
226. 

Clerestory ,  ternie  usité  en  An- 
gleterre pour  désigner  la 
partie  ajourée  du  mur  surmon- 
tant le  triforium  proprement 
dit,  partie  prise  dans  l'épais- 
seur du  mur,  216,  n.  4. 

Clocarium,  clocher,  60,  n.  2  et 
n.  5,  149,  n.  1,  243,  268. 

Clochier,  clocher,  364,  n.  2. 

CoAPTARE,  disposer  (dans  le  lan- 
gage de  l'architecture),  136. 
Voy.  Aptare. 

Cochlea,  coclea,  coculis,  coclis, 
escalier  à  vis,  en  limaçon,  29, 
42,  n.  4  (anc.  fr.   vis,   viz). 

CoLLOcuTORiuM,  parloir  (dans  un 
monastère),  23,  n.  4  ;  —  orien- 
tale, à  l'est,  ibid. 

CoLUM,  extrémité  arrondie,  317. 
Voy.  Tholus. 

COLUMNA  CINDRIA,   Voy.  CiNDRIA. 

GoLUMNELLA,   coloiiuette,  30,  n. 

1. 

CoMPAGiNARE  (fustes),  assocïer, 
entrelacer  desbois  taillés  (dans 
une   couverture  d'édifice),  12. 

COMPOSITIO,  COMPOSITURA  (OPERIS), 

ordonnance  d'une  construction, 
agencement  des  parties  d'un 
édifice,  142,  166,  344. 
CoMPosiTou  (oPERis),  Ordonna- 
teur de  l'œuvre  d'un  édifice, 
167. 

CONCAMERATIO      (lAPIDEa),     HCtion 

de  voûter,  97. 
CoNCATENARE  (lateres),    assem- 
bler   des  briques    en  liaison, 


pour  en  faire  une  couverture 

d'édifices,  31,  n.  1,  344,    n.  1. 
Conclave,   endroit  fermé,   pièce 

intérieure  dans  un  château,  50. 
Conkricare  (escas),  apprêter  des 

mets,  185. 
Conqua,    petit  bassin  contenant 

de  l'eau,  247  ;    —  cum   tecto, 

avec  édicule  abritant  l'eau  du 

bassin, ibid. 

CONTABULARE.    Voy.  TaBULARE. 

CoNVECTio,  transport,  66. 

Coraulae  (in  modum),  en  forme 
de  chœur,  en  manière  de  cour- 
be, 318.  Voy.  Choraula. 

CoHONA,  couronne  de  lumière, 
213  ; —  EccLESiAE,  partie  semi- 
circulaire  qui,  dans  le  chœur, 
contourne  le  sanctuaire,  puis, 
par  extension,  lechœur  avecses 
absidioles  et  autels,  400,  n.  3, 
401  ;  —  MURI  cLAUDENTis,  cor- 
niche  d'un  mur  de  clôture,  93  ; 

—  TURRiu.M,  enceinte  de  tours, 
192. 

CoRTiNA,  courtine,  tenture,  ri- 
deau, 17,   137,  139,  209,  215; 

—  LANEA,  de  laine,  139; —  linea, 
de  lin,  ibid. 

CORTINALE,  cour,    91. 

Crates,  claies  d'échafaudages, 
45,  n.  4. 

Crucicula,  croisette  (de  fer), 
330. 

Crupta  pour  CRYPTA,  crypte,  58, 
n.  2.  Voy.  ibid.  Cructa. 

Crux,  cruces  (basilicae,  monas- 
TERii),  transept,  42,  45,  n.  5, 
162,  163,  399;  —  dextera, 
siNisTRA,  partie  droite,  gauche 
du  transept,  ibid.,  superior, 
premier  transept,  contre  le 
chœur,  inkerîor,  second  tran- 
sept, plus   éloigné   du  chœur, 

160;  cf.    CRUX    AQUILONALIS,  AUS- 
TRALIS,     SEPTENTRIONALIS,       ])ar- 

lieNord,  Sud  du  transept,  214, 
218,  224;  —  cruces,  croix  de 
sauvegarde  délimitant  un  ter- 
rain, dit  sauveté,  14,20,  154, 
176,  n.2,  283. 
Crypta,  petit  caveau  servant  de 
lieu  de   bain,  où  était  déposé  ' 


GLOSSAIRE 


491 


un  cuvier  de  bois  servant  de 
baignoire  {monast.),  138  ;  — 
rangée  de  petits  caveaux,  i7)t(/. 

CuBicuLUM  (aulae,  castri),  Cabi- 
net, chambre  à  coucher  de 
château  seigneurial,  164,  237, 
n.  6. 

CucuLLA,  robe  monastique  à 
larges  manches  et  capuchon 
(v.  fr.  coule),  390. 

GuLiNA,  cuisine,  35.  Voy.  Coqui- 
NA,  passim. 

CuLTELLus,  couteau,  384. 

CuNEUs,  section  régulière  de  cons- 
truction, de  logis,  cellule  de 
monastère,  311 . 

CUNICULUS  (SUBTERRANEUS)  ,  CaUal , 

ouvrage    souterrain,  relié  à  un 

château-fort,  100. 
CuRiA,  cour  claustrale  {monast.), 

60;  —  EPiscopi  (syn.  d'atrium), 

318,  n.  3,  339,  349. 
CuRsiM,  à  la  course,  321. 
CuRTis  (lignea),  cour  entourée  de 

palissades     de    bois,    21  ;    — 

MUNiTA,  avec  défenses,  340. 

CURVATURA    LAPIDUM,    VOÛte   (daUS 

une  conduite  d'eau),  21,  n.  3. 

CusToniA,  garde  d'une  Fabrique 
d'église,  351. 

CusTos  ECCLESiAE,  gardicu  d'é- 
glise, marguillier,  73,  76,  359. 
Voy.  aussi  Aedituus  ;  —  ope- 

RIS,     KABRICAE     (eCCLESIAe),     fa- 

bricien,    4,    351  ;    —    pontis, 
gardien  d'un  pont,  359. 
Cythara,  luth,  22. 


Danjon,  donjon,  333,  n.  6. 

Dealbare  (parietes),  enduire 
de  plâtre  fin  les  parois  (d'une 
église),  93,  163. 

Deambulatio,  pourtour  intérieur 
(d'une  église),  161. 

Deambulatorium  ,  galerie  de 
communication  disposée  sur 
un  mur  d'église,  30;  —  allée 
couverte  ou  portique  dans  un 
monastère,  230  ;  —  échafau- 
dage   permettant  aux   maçons 


de  circuler  le  long  de  la  cons- 
truction qu'ils  élèvent,  130, 
131.  Voy.    Ambulatorium. 

Deambulatorius  arcus,  arcade 
supportant  une  galerie  supé- 
rieure dans  une  église,  30, 
n.  1  ;  —  FORNix,  voûte  soute- 
nant une  galerie,  ihid. 

Dedolare  (lapides),  séparer  des 
quartiers  de  pierre  avec  la  do- 
loire,  pour  les  appareiller  et 
les  égaliser,  172,  n.  1. 

Deflorare  (ecclesiam),  renouve- 
ler, rajeunir  la  construction 
d'une  église,  36.  Peut-être 
pour  Reflorare. 

Degi  TORiUM,  déversoir,  53. 

Descriptio,  dénombrement,  279, 
n.  3. 

Dextralis,  qui  est  à  droite,  403. 

Dextri,  terme  de  mesure  pour  les 
distances,  nombre  donné  de 
pas,  117;  —  par  extension,  em- 
placement, lieu  d'asile  et  d'im- 
munité autourd'uneéglise,  117, 
n.  2. 

Diapason  (indécl.),  étendue  des 
notes  d'un  instrument  de  mu- 
sique, comme  d'un  orgue, 
depuis  le  son  le  plus  grave 
jusqu'au  son  le  plus  aigu,  344, 
n.  4. 

DicTARE  (opus),  prescrire  l'or- 
donnance d'une  construction, 
d'une  église,  27,  272. 

DiDASCALus  (syn.  de  magister), 
maître,  406  ;  —  lapicida,  maî- 
tre tailleur  de  pierre,  405. 

DisPENSATOR,  intendant,  tréso- 
rier, économe,  74,  n.  2,  145, 
266,  357,  n.  6. 

DiSPOSITOR      CAEMENTARII      OPERIS, 

architecte  en  chef  (v.fr.  dispo- 
seur de  Voeuvre),  69,  n.  5.  Voy. 
Architectus  (praecipuus). 

DivERsoRiuM,  logis  d'hôtcs,  de 
gens  de  passage,  184,  185  ;  — 
SECRETUM,  logis  à  part,  retiré, 
ihid. 

DoLABRUM,  doloire,  145,  358. 

DoLATiLis,  facile  à  travailler  avec 
la  doloire,  10. 

DoLius  (pour    Dolium),  cuve  de 


492 


GLOSSAIRE 


bois,  servant  de  baignoire  {mo- 

nast.),  138. 
DoMA,  =ATis,  bâtiment  (au  sens 

propre,  toit),  119. 
DoMiciLiuM,  château  seigneurial, 

113,  n.  5  ;  —  résidence  épisco- 

pale,  hors  cité,  97,  n.3. 
DoMus  AD  MANENDUM,  Hianoir,  96  ; 

—  CAPiTUM,  maison  capitulaire, 
163  ;  —  coLLEGrALis,  maison 
de  refuge  pour  des  clei'cs  pau- 
vres, 263.  Voy.  aussi    xenodo- 

CHIUM  ;  COLUMBAHUM,  ColoUÎ- 

bier,  39  ;  —  defensibilis,  mai- 
son forte,  113,  2o6  ;   —  eccle- 

SIAE,   SEDIS  PONTIFICALIS,  OU  en- 

core  MAJOH,   cathédrale,   3,  4; 

—  ELEEMOSYNARiA,  aumôncrie 
[monast.],  360,  389  ;  —  episcopi, 
palais  épiscopal,  9o,  97,  98, 
164,167,  268,  n.  8,  318,  n.  3, 
323,   385.    Voy.  aussi    Episco- 

PIUM   ;   FIRMA,    LAPIDIBUS   FIR- 

MissiME  coNSTRucTA,  maisou 
forte,  avec  défenses,  7,  278;  — 
iNFiRMANTiUM,  iNFiRMORUM,  in- 
firmerie, 120,  209,  224,  247, 
303,  304,   325,    388,  393,  394  ; 

LATRINARUM.    Voy.    LaTRINA  ;  

scABiNATus,  Salle  de  justice, 
375,  n.  2. 

Donaria,  offrandes,  dons  pieux, 
72. 

DoNGio.  Voy.  DuNjo. 

Dorsale,  étoffe,  tenture  recou- 
vrant le  dossier  d'un  siège, 
d'un  banc  (v.  fr.  dosseret),  17, 
22  ;  —  ex  lana,  de  laine,  17. 

DossALE.  Voy.  Dorsale. 

Dotes,  terrains  inviolables,  déli- 
mités, sortes  d'asiles,  117,  n. 
4. 

Ductile,  conduite  d'eau,  canali- 

,    sation,  299,  300.  Voy.  Aquae- 

DUCTUS. 

DuNJO,  donjon,  78, 181,  182. 


E 


E  HEGioNE,    en   droite    ligne,  en 

face,  328,  n.  5. 
Ecclesia  BAPTisMALis,  églisc  pa- 


roissiale,  101  ;  —  episcopalis, 
cathédrale,  4,  84,  n.  1  ;  —  ma- 
jor, même  sens,  176,  n.  2,203, 
n.  7,  ou  bien  encore  abbatiale 
(par  opposition  à  une  chapelle 
monastique),  231,  n.  3  ;  —  mi- 
NOR,  église  de  rang  inférieur 
(par  opposition  à  une  cathé- 
drale), 176,  177  ;  —  MATER, 
église  cathédrale,  84,  n.  1,  87, 
269,  ou  bien  encore  parois- 
siale, 54  ;  —  PRiNciPALis,  ca- 
thédrale, 92. 

EccLEsioLA,  petit  oratoire,  cha- 
pelle, 258,291,309. 

Edictum,  350.  Voy.  Indictum. 

Eglyphinatus,  syn.  d'ANAGLVPnA- 

TUS.    Voy.  OpUS    ANAGLIFl'M. 

Elepuantiosus,  lépreux,  279,  n. 
2. 

Emblema,  pavement  historié,  34  ; 
—  MARMORELM,  fait  dc  petites 
pièces  de  marbre  de  couleur, 
ibid . 

Episcopium,  évêché,  archevêché 
250,  318,  n.  3. 

Epistvlium,  chapiteau  de  colonne. 
68,  n.  7,105;  —  de  colonnette 
de  métal,  autrement  dit  d'un 
barreau  de  fer  arrondi,  ouvrée 
en  forme  de  fuseau,  384.  Voy. 
Barra,  Fusellus. 

Erza,  couronne  de  lumière,  sus- 
pendue dans  les  églises,  368, 
n.  1. 

Escatosdepeys  (en  langue  d'oc), 
écailles  de  poisson,  148, 
n.  3.  Voy.  Scatus. 

EssiLLUS,  aisseau,  bardeau,  351. 
Vob.  AscicuLUS. 

ExAGiuM,  EXAv[i]uM,  droit  de  sor- 
tie,241. 

ExcLUSA,  écluse,  299,  300  ;  — 
(servant  de  réservoir  pour  l'é- 
levage des  poissons),  281. 

Excursus  (aquae),  dérivation, 
conduite  d'eau,  260. 

Exedra,  construction  en  saillie, 
en  forme  d'abside,  dans  un 
monument,  161. 


GLOSSAIRE 


493 


F 


Fabku  ferrarius,  ouvrier  en  fer- 
ronnerie, forgeron,  serrurier, 
69,  n.  5,  73,  279,  382,  385  ;  — 
LiGNARius,  charpentier,  12,  279. 

Voy.    LiGNARIUS,   MAGISTEROFFI- 
CII   FABUORUM. 

Fabrica,  construction,  passim  ; 
—  cLAUSTRALis,  d'uu  cloître, 
17  ;  —  LiGNORUM,  de  bois,  16, 
n.  3. 

FaSTERDIS  (?) cf.  FASTELLA,  FAS- 

TERNA  —  garniture,  ornement, 
dessus  d'autel,  17. 

Fastigium,  faîte  (d'église),  faîtage, 
42,  43, 140,  n.  2,  208. 

Fatare  (munitionem),  faire  élever 
par  les  fées,  comme  d'enchan- 
tement, un  château-fort,  337, 
n.  3. 

Fenestrale  vitrearum  châssis 
de  vitrail,  145.  Voy.   Capsile, 

Fenestrula,  petite  fenêtre,  lu- 
carne, 134. 

Fermer  [un  chastel),  ériger,  for- 
tifier un  château,  275,  n.  9, 
333,  n.  6.  Voy.  Firmare. 

Ferramentum,  instrument  de  fer- 
ronnerie, outil  de  fer  en  géné- 
ral, 258,  279,  n.  3,  359,  377, 
382  ;  —  AD  SECANDUM,  outil 
tranchant,  couteau,  384,  — 
EQUORUM,  fer  à  cheval,  382. 

Ferrare,  ferrer,  385. 

Ferrarius,  ouvrier  en  fer,  for- 
geron, 52,  n.  5. 

Ferratuua,  ferrure,  383  ;  —  eqii, 

de  cheval,  384,  385. 
'  Fevre,  ouvrier  travaillant  le  for, 
forgeron,  serrurier,  381 . 

FiCTILE,  FICTITIUM  OPUS.  Voy. 
OpUS  FICTILE. 

F"iRMARE  (dunjonem,  turhim),  éri- 
ger un  donjon,  une  tour,  182, 
275,  326.  Voy.  Fermer  [un 
chastel), 

FiRMiTAs,  fortification  (donjon, 
château- fort),  182. 

FiSTULA  AEREA,  tuyau  d'orguc,  fait 
en  bronze,  344  ;  —  plumbea, 
conduite  d'eau,  de  plomb,  100. 

FOLLIS  FABRILIS  ORGANORUM,  SOuf- 


flet  d'orgue,  ouvré,  344,  n.   I. 

Forma,  (anc.  fr.  fourme),  patron, 
panneau  de  bois,  donnant  la 
façon  propre  aux  différentes 
faces  des  voussoirs,  212  ;  — 
FORMARE  LAPIDES,  façoRuer  les 
voussoirs  d'après  les  patrons 
ou  panneaux  de  bois,  212  ;  — 
cadre  de  fenêtre,  167. 

Fornax,  four,  forge,  46;  —  four- 
naise, 9. 

FoRNicARE,  voûter,  106. 

FoRNix  (subst.  masc,  employé 
aussi  au  fém.  dans  le  latin  mé- 
diéval), voûte,  8;  —  arcuata, 
arquée,  226  (par  opposition  à 
plana,  de  forme  un  peu  aplanie, 
ibid.)  ;  —  capitialis,  d'un  che- 
vet, 8; — CLAVATA,  avec  clef,  226; 
—  Deambulatorius,  soutenant 
une  galerie,  30,  n.  1; — lapideus, 
12,  39,  ex  lapide  et  tofo 
levi  composita,  faite  de  pierre 
et  d'une  matière  minérale 
spongieuse  et  friable,  226. 
Voy.     Machina    (ad    fornicem 

VOLVENDAm),  OPUS  FORNICEUM. 

Fortalitium,  forteresse,  90. 

Forteza,  fortification  (à  la  tête 
d'un  pont)i,  111. 

Fortitido.  fortification,  252. 

Forum  rerum  venalium,  halle, 
marché,  183. 

FossARiuM,  FossoRiuM,  pîc  de  fer, 
384. 

Fossatum,  fossatus,  fosseum, 
fossé,  252,  n.  4,  256,  384. 

Fovea  subterranea,  fosse  creu- 
sée en  terre,  sous  le  pont  de 
bois  d'un  donjon,  pour  y  faire 
tomber  les  adversaires  (dans 
un  siège),  336. 

Frons  ecclesiae,  monasterii,  na- 
vis,  façade  d'église,  101,  120, 
219,  220,  341  ;  —  castelli, 
face  de  fortifications,  252,  n. 
6  ;  —  uterque  pontis,  parapet 
de  chaque  côté  d'un  pont, 
393. 

Frontispicium,  façade  d'église, 
140. 

FuNDiBULARius,  froudeur,  337. 

FuNicuLus.  Voy.  Funis. 


494 


GLOSSAIRE 


Flnis  geometricalis,  funiculus 
GEOMETRicus,  cordcau  d'aligne- 
ment servant  à  délimiter  des 
lots  de  terre  et  des  emplace- 
ments de  maisons  à  bâtir,  121, 
n.  5,  272. 

FusELLus,  fuseau  d'une  colon- 
nette  (de  métal),  384. 

FusoRiA  ARs,  art  de  la  fonte  (ap- 
pliqué notamment  à  la  cise- 
lure), 121. 


G 


Galeria  (espagn.  ),  tribune 
d'église,  400,  n.  4, 

Galilaea,  emplacement  de  l'an- 
cien narthex  des  églises,  et, 
d'une  façon  générale,  fond  de 
l'église,  135,  136,  137,  138, 
139,  140  ;  —  portique  des 
cloîtres  des  couvents  de  Char- 
treux, 23,  n.  4  ;  —  major,  mi- 
NOR,  grand,  petit,  ibid . 

Gallus,  coq  figuré  surmontant 
le  clocher  d'une  église,  74,  n. 
3,  75  ;  —  DEAURATUS,  coq  doré 
remplissant  le  même  office,  74, 
75  ;  —  FULGiDus,  coq  étincelant 
de  dorure,  75. 

Gazophylacium,  trésor  de  sanc- 
tuaire, dépôt  renfermant  les 
ornements  sacrés  d'une  église, 
maison  servant  à  ce  dépôt,  12, 

Glans,  espèce  de  palissade,  335, 
n.  4. 

Gradale,  escalier  de  communi- 
cation (dans    un  château),  185. 

Gradus,  escalier,  31,  302,404  ;  — 
LAPiDEus,  de  pierre,  167;  — 
grau,  espèce   de  canal  condui- 

•    sant  à  la  mer,  89. 

Granarium,  logis  de  rez-de-chaus- 
sée destiné  à  contenir  des  ap- 
provisionnements [chût.],  184. 

Grandiusculus,  un  petit  peu 
grand,  267. 

Gubernare  (ecclesiam),  régler, 
entraîner  le  mode  de  disposi- 
tion d'un  vaisseau  d'église,  ex- 
pression métaphorique,  399. 


H 

Haghia,  hache,  385. 

Haia,  bois    clôturé,    entouré    de 

pieux  ou  de  palissades,  391. 
Hemisphaerium,  coupole,  calotte 

de  pierre,  12. 
Heriçon,  cheval  de  frise,  333,  n. 

6. 
Holosericus,  qui  est  tout  de  soie, 

12,  35. 
HospiTiuM,    bâtiment  des  hôtes 

[rnonast.),    358,    n.  5  ;    —   cum 

picturis,  décorç  de   peintures, 

ibid. 


IcoNiA,  statue  ;  —  ligneo  opère 
sculpta,  de  bois,  8. 

Impétigo,  lèpre,  148,  n.  3.  Voy. 
Scabies  sicca. 

Incastellare  (ecclesiam),  forti- 
fier une  église,  364. 

Incaveare  (castrum),  creuser 
dans  le  roc  les  fondations  (d'un 
château),  336.  Voy.  aussi  Ter- 
rare  caveam. 

Inclusor,  émailleur,  139. 

Jndicium  versuum,  inscription  en 
vers  (latins),  17. 

Indictum,  foire  de  Lendit,  à  Saint- 
Denis,   350,  n.    3.   Voy.    Edic- 

TUM. 

Indiculum,  index,   mention,  126. 

Ingruentia,  arrivée  soudaine, 
choc,  345. 

Introitus  aulae,  porte  de  la 
salle  (d'un  palais  épiscopal), 
166  ;  —  cryptae,  d'une  crypte, 
64,  n.  1  ;  —  ecclesiae,  portail 
d'église,  de  cathédrale,  23,  38, 
269,  403  ;  —  porte  secondaire 
de  cathédrale  (par  opposition 
à  fores),  76;  —  oratorh  epis- 
coPALis,  porte  de  chapelle  épis- 
copale,  133,  n.  10. 


Jactare  terram,   faire  un  jet  de 
terre,  correspondant  à  une  cer- 


GLOSSAIRE 


495 


taine  distance,  —  sorte  de'me- 
sure  moyenne,  —  en  creusant 
un    fossé     (Cf.    l'expression  : 

CUMKOSSEOUNIUS  JACTUHAE,  252, 

n.  4  ;  cf.  aussi  Lapidisjactus). 
—  sine  scabello,  sans  emploi 
d'escabeau. 


]-,ABERiNTus,  labyrinthe,  184. 

Labrum  fossae  extebius,  con- 
trescarpe d'un  fossé,  dans  les 
défenses  d'un  donjon,  314. 

Lambruscahe,  lambrisser,  00. 

Lamixa,  lame,  329  ;  —  plumbea, 
de  plomb,  ihul. 

Lapicida,  tailleur  de  pierre,  406  ; 
—  DIDASCALUS,  maître  tailleur 
de  pierre,  ibid.,  et,  par  exten- 
sion, maître  d'œuvre. 

Lapicidina,  carrière  de  pierres, 
391. 

Lapicis,  =  iDis,  tailleur  de  pierre, 
400,  406.  Voy.  Lapicida. 

Lapidicina.  Voy.  Lapicidina. 

Lapillus.  Voy.   Opus  construc- 

TUM   LAPILLIS. 

Lapis  angularis,  pierre  angu- 
laire, 159,  n.  3  ;  —  brunus,  de 
couleur  sombre,   405  ;  —  cal- 

CINALIS,         GALCINARIUS,        CALCI- 

NEUs,  pierre  calcaire,  188  ;  — 
coLUMNARis,  pierre  dure  ser- 
vant à  faire  une  colonne,  66  ; 
—  MACERiALis,  gros  mocllon 
oupierre  sèche,  158;  —  médius 
poRTALis  (ecclesiae),  trumcau, 
148  ,  —  Parius,  marbre  dit  de 
Paros,  159  ;  —  lapidis  jactus, 
mesure  de  longueur,  empi- 
rique, évaluée  d'après  la  dis- 
tance moyenne  d'un  jet  de 
pierre,  182,  337  ;  —  lapides 
posiTi  (ingentes),  blocs  de 
pierre,  considérables,  monu- 
ments mégalithiques,  281  ;  — 
quadri,  quadrati,  pierres  d'ap- 
pareil, taillées  en  forme  qua- 
drangulaire,  33,  40,  75,  92,  94, 
172,327,  354,  392,  fixées  l'une  à 
l'autre  au  moyen  de  fer  et  de 


plomb,  172  ;  —  vivi,  pierres 
vives,  de  qualité  très  dure, 
405,  —  d'élection  (dans  le  sens 
métaphorique),  73,    313, 

Laquearia,  comble  lambrissé, 
charpente  intérieure  appa- 
rente, sorte  de  plafond  de  bois, 
3,  8,  10,  68,  93,  118,  163,  200, 
n.    4 

Later  plumbatus,  brique  à  revê- 
tement de  plomb  servant  à  la 
couverture  d'une  église,  96.  Cf. 
Laterculus. 

Laterculus  ligneus,  aisseau, 
bardeau  servant  à  recouvrir 
un  édifice,  388. 

Latibulum,  retrait,  cabinet,  185. 

Latomus,  tailleur  de  pierre,  68, 
n.  7,  280,  311  ;  —  par  exten- 
sion, architecte,  41,  n.  3  ;  — 
LATOMORUM  MAGISTER,  maître 
des  tailleurs  de  pierre,  archi- 
tecte en  chef,  38,  n.  2. 

Latrina,  latrinarum  domus, 
cabinet      d'aisance.    134,  137  ; 

LATUINAE       SEDES,  SELLA  , 

SELLULA,  siège,  petit  siège  de 
latrines,  134,  303. 

Laura,  laure,  groupement  mo- 
nastique, ensemble  de  cellules 
d'anachorètes  (en  Grèce,  en 
Orient),  399,  n.  1. 

Laurea  (ecclesiae),  terme  em- 
ployé métaphoriquement  pour 
désigner  le  sanctuaire  d'une 
église,  d'une  cathédrale,  avec 
son  contour  semi-circulaire, 399, 
n.   1.  Voy.    CoRONA  ecclesiae 

Lavatorium,  fontaine-lavoir,  121 

—  AENEUM,     d'airain,    ibid. 

KUSORIA   ARTE   ELABORATUM,    d'uU 

travail  de  fonte,  ibid. 

Lavatrix,  laveuse,  393. 

Lebes,  bassin  de  métal,  casse- 
role, 383,  384. 

Lecator,  débauché,  404. 

Lectica,  bière  où  sont  exposés 
aux  fidèles  les  restes  d'un 
saint,  56. 

Liciae,  lices,  palissades  servant 
à  entourer  les  châteaux-forts, 
100,  n.  1. 

LiGAMEN    (ferbeum),    attache    de 


496 


GLOSSAIRE 


fer  autour  du  chapiteau,  du 
fuseau  d'une  colonnette  de  fer, 
384. 

LiGAMENTUM,  lien  pour  un  écha- 
faudage servant  à  des  char- 
pentiers, 174. 

Ligatura  (tignorum),  lien  de 
poutres,  dans  une  couverture 
de  charpente,  208. 

LiGNARius.   Voy,  Artifex,  faber 

LIGNARIUS,    ARS    LIGNARIORUM. 

LiGO,  pic,  houe,  280. 

LiMiNARE,  linteau,  402,  403.  Voy. 

SUPERLIMINARE. 

LiMULA,  petite  lime,  383. 

LoBiuM,  galerie  de  palais  épisco- 
pal,  95,  n.  4.  Voy.  Logie  ;  — 
balcon  (de  château  seigneu- 
rial), 37;j,  n.  2,  377,  n.  1.  Cf. 
loof,   en  flamand. 

LocAUE  FUNDAMENTA,  établir  les 
fondations,  41  ;  —  trabes,  dis- 
poser les  poutres  sur  le  haut 
des  murs,   12. 

LocuLus,  cercueil,  9  ;  —  châsse, 
368. 

Logie,  galerie  de  palais  épisco- 
pal,  95.  Voy.  Lobium. 

LoGiuM,  parloir,  chambre  de 
conversation  (dans  un  château), 
185. 

LuNULA  (ferrea),  croissant  (de 
fer),  329. 

M 

Macehia,  ouvrage  en  moellons, 
en  pierres  sèches,  21,  22,  54, 
n.  7,  93,  94. 

Macerialis  lapis.  Voy.  Lapis 
macerialis. 

Machina,  échafaudage,  169,  n.  3, 

174   ;  AD     FORNICEM     VOLVEN- 

DAM,  machine  à  voûter,  222  ;  — 
engind'attaque  dans  les  sièges, 
tour  mobile  à  trois  étages,  99, 
275,    335.  Voy.  aussi  Balista, 

ROTULA,  TrISTEGA. 

Macuinamentum  ,  échafaudage, 
169,  170;  —  machine,  engin 
do  siège,  7  ;  —  machinamenti 
EVECTio,  montée  d'une  machine 
de  siège,  7  ;  —  subterraneum, 


opération  souterraine  (dans  un 
siège),  280.  Cf.    Machina. 
Magister  [caementarius],  maître 
maçou,    73,      architecte,    231, 

406   ;      CARPENTARIORUM      VEL 

LATOMORUM,  arcliitectc  en  chef, 
38,  n.  2;  —  officii  fabrorum, 
artisan  revêtu  de  la  maîtrise 
de  l'office  de  la  ferronnerie 
(pour  le  compte  d'un  seigneur 
ecclésiastique),  382  ;  —  ope- 
Ris,  maître  d'œuvre,  27,  35, 
n.  4,  69,  n.  5,  106,  110,  221, 
223,  354  ;  —  operis  turris, 
même  sens,  ingénieur  mili- 
taire, 276  ;   QUI   DOCET    arti- 

FiciUiM,  maître  enseignant  un 
art,  un  métier,  307  ;  —  vitreus, 
maître  en  l'art  de  fabriquer  des 
vitraux. 

Magisterium  diversorum  operum, 
maîtrise  dans  les  différents 
arts  et  métiers,  26. 

Magistra,  religieuse  maîtresse, 
prieure  d'un  couvent  de 
femmes,  311.  Voy.   Assistrix. 

Manerium,  manoir  (épiscopal, 
abbatial,  etc.),  passim. 

Manicae,  manches  d'un  vête- 
ment, 160. 

Mansiuncula,  petite  habitation, 
petit  corps  de  logis,  17,  138, 
196,  311. 

Marcasius,  marcassius,  endroit 
bas  et  humide,  marécageux, 
53,  n.  3,  54. 

Marchasia,  marchasiola.  Voy. 
Marcasius. 

Martulus.  marteau  de  maçon, 
280. 

Materia,  bois  de  charpente,  93, 
n.  1. 

Mausolaeum,    tombeau,  35,  187. 

Mediestinus,  qui  est  au  milieu, 
37. 

Medituelium,  espace  intermé- 
diaire, partie  médiane,  77, 
172. 

Meiculum,  couloir  servant  d'ac- 
cès aux  logis  intérieurs  d'un 
château,  184,  n.  6,  185. 

Membrum  (ecclesiae),  partie, 
membre  d'une  église, employée 


GLOSSAIRE 


497 


aussi sj-mboliquement,  passirn. 

Menger.  Voy.  Meniiyer. 

Menuyer,  orfèvre  qui  fait  la 
petite  orfèvrerie,  383,  n.  4. 

MiNTERius  (?j.  Voy.  Cementa- 
RiLS,  52,  n.  "'(. 

MiNUTio  SANGuiNis,  saig-née,  185. 

Moger  (bi'et.),  mur,  54,  n,  7. 

MoLA,  pierre  de  meule,  242. 

MoLENDiNARius,  ouvricr  s'occu- 
pant  (notamment  pour  la  fer- 
ronnerie) de  la  fabrication  des 
moulins,  382. 

Molle  (anc.  fr.).  Voy.  Forma, 
fourme. 

MoNASTERiuM,  Cathédrale,  56,  65, 
69,  n.  5,  79,  283,  n.  5.  Voy. 
aussi  Mostier  ;  —  église  con- 
ventuelle, 4,  22,  23,  45,  n.  5, 
55-57,  60,  n.  5,  110,  120,  156, 
159,  161,  n.  2,  238,  n.  4,  244, 
284,  303,  304,  345. 

MoxiLiA,  bijoux,  joyaux,  323. 

Mos  ANTiQuoRUiM,GALLicANus,  ma- 
nière de  bâtir  à  la  romaine,  à 
la  façon  de  la  Gaule,  172,  n.  1. 

Mostier,  église,   364,  n.    2.  Voy. 

aussi       MONASTERIUM. 

MoTA,  motte  de  donjon,  113, 
182,  184,  n.l,  337,  n.  2. 

MuNiciPiuM,  camp  retranché, 
muni  de  fortes  défenses,  277  ; 
—  château-fort  (et  dépen- 
dances souvent  considérables), 
50,  99-101,  277,  314,  332,  n.  4. 

MuNio,  défenseur  d'un  château- 
fort,  278. 

MuNiTio,  château-fort,  défenses 
d"un  château  et  de  l'ensemble 
de  ses  dépendances,  99,  100, 
194,  n.  6,  277,  337,  387  ;  — 
maison  forte,  de  pierre,  avec 
défenses,  7,  153,389. 

MUSIVI       SCEMA.       Voy.  SCHEMA. 

SCEMA    MUSIVI  . 
MUTARE        (CASTELLUM,        MONASTE- 

rium),  changer  l'emplacement 
d'un  château,  d'un  monastère, 
51,234,  352 
Mysticus     sfeNsus,     signification 
symbolique,  27. 


N 


Naviclla,  petite    nef,    399,  400. 
\ecessaria,      latrines,    cabinets 

d'aisance,  303  ;  —  necessario- 

HUM  sedes,  sièges   de  latrines, 

303. 
Nigellum,  nielle,  128. 
Noda,  nodula,  terre  noyée,  noue, 

53,  n.  3,  54. 
NoLA,  cloche,  171. 
NuTABUNDus,  chancelant,  menacé 

de  chute,  84. 


Officinae,  ateliers,  bâtiments 
monastiques, dépendances, pas- 
siin  ;  —  infirmorum,  bâtiments 
de  l'infirmerie,  21. 

Oiseau,  instrument  de  bois  dont 
les  manœuvres  se  servent 
pour  monter  le  mortier  aux 
maçons.  Voy.  Avis. 

Olla,  pot  de  terre  cuite,  placé 
dans  l'épaisseur  d'une  cons- 
truction, comme  moyen  d'a- 
coustique et  agent  de  réper- 
cussion du  son,  376,  n.  2. 

Olosericus.  Voy.    Holosericls. 

Operarius,  ouvrier  employé  à 
des  travaux  de  construction, 
d'hydraulique,  12,  19,  20,  45, 
n.  2,  n.  4, 121, 354,  392,  393;  — 
maitre  d'œuvre,  architecte,  41, 
n.  3,  131,  354  ;  —  fabricien, 
gardien  de  l'œuvre,  4,  n.  1  ;  — 
moine  chargé  de  la  surveil- 
lance et  de  l'entretien  de  cons- 
tructions monastiques,  21,  n. 
1,189. 

Operatio,  mise  en  œuvre  de 
l'ensemble  d'une  composition 
architecturale  ou  sculpturale, 
404. 

Operis  magister.  Voy.  Magister 
oPERis  ;  —  MiNisTER,  maître 
d'œuvre  ou  surveillant  de  tra- 
vaux de  maçonnerie,  130. 

Opifex,  artisan,  artiste  en  géné- 
ral, 39,  69,  n.  5;  -  lignorum 
SEiT  LAPiDUM,  charpentier,  me- 
32 


498 


GLOSSAIRE 


nuisier,  maçon,  tailleur  de 
pierres,  378  ;  —  musivi,  mo- 
saïste, 39. 
Opus,  œuvre  d'une  construction, 
d'un  château,  d'une  ég-lise,  d'un 
monastère,  etc.,  passim  ;  —  ae- 
DiFiciALE,  même  sens,  122  ;  — 
ALEXANDHiNUM,  ouvrage  de  mar- 
queterie, combinaison  de 
petites  pièces  de  marbre  ou  de 
porphyre  de  diverses  cou- 
leurs, formant  des  dessins 
géométriques,  39,  n.  1  ;  — 
ALiPTicuM  (schéma),  ouvrago 
sous  forme  d'enduitayant  pour 
objet  de  recouvrir  les  parois 
intérieures  d'un  monument, 
sorte  do  peinture  à  fresque, 
36,  n.  3,  37  ;  —  anagmfum, 
travail  en  relief,  32,  38,  n.  1  ; 
— •  AiicuATUM,  œuvre  d'une 
voûte,  10,.  22,  23  ;  —  artifi- 
ciosuM,  œuvre  exécutée  avec 
art  et  technique,  376  ;  —  cae- 
LATORiuM,  travail  de  ciselure, 
38,  n.  1  ;  —  'jaementarium, 
ouvrage    de    maçonnerie,    69, 

n.  i>  ;    CONDUCTUS    aquarum, 

travail   de    canalisation,    121  ; 

CONSTRUCTUM     LAPILLIS,     MI- 

NiMis  LAPILLIS,  petit,  très  petit 
appareil,  182,  n.  2  ;  —  dicta- 
TUM,  prescription  de  l'ordon- 
nance d'une  construction  à 
faire,  27  ;  — -  fenestrarum, 
fenestra'ge  peut-être  aussi 
œuvre  de  vitraux,  166  ;  —  fic- 
TiLE,  FicTiTiuM,  ouvrage  de 
terre  cuite,  de  briquetage,  49, 
122  ;  —  FORNiOEUM,  œuvre 
d'une  voûte,  164;  —  lapideum, 
œuvre  de  pierre  (à  propos 
d'une  église,  d'un  pont),  73, 
n.  2,  262,  376,  391  ;  —  ligneum, 
œuvre  de  bois,  8  ;  —  pontis, 
construction  de  pont,  09,  n.  ;j, 

104    ;    (ou    MOS)     ROMANORUM, 

œuvre  de  construction  imitée 
de  la  manière  romaine,  212, 
215  ;  —  scLLPTiLE,  œuvre  de 
sculpture,  49  ;  —  transvolu- 
TL'M,   œuvre  d'une  voûte,  28  ; 


—  VITREARUM,  travail  de  la 
pose  de  vitraux,  137. 

Oratorium,  chapelle  d'un  logis 
épiscopal,  133,  chapelle  ronde, 
monastique,  28,  30  ;  —  villae, 
chapelle  rurale,  4  ;  —  de  terra, 
chapelle  d'ermitage,  2.^8,  n.  1. 

Ordinare  (opus),  régler  l'ordon- 
nance de  la  construction  d'un 
édifice,  223. 

Ordinatio  (operisI,  ordonnance 
d'une  construction,  passim. 

Ordo,  rangée  de  colonnes,  27, 
28;  —  de  sculptures,  403,  infé- 
rieure,  supérieure,    404. 


Padoentia,  droit  de  pâturage, 
283. 

Paduire,  faire  paître  le  bétail, 
283,  n.  3. 

Palatium,  palais  seigneurial,  63, 
n.  4,  236;  —  episcopale,  épis- 
copal, 97,  98,  318,  n.  3,  319, 
382,  384  ;  —  regale,  royal, 
11,  400  ;  —  logement  des  hôtes 
de  qualité,  de  passage  dans  un 
monastère,  137;  —  ou  palla- 
ciuM,  palissade,  73,  n.  1.  Cf. 
PALiciUM  (v.  fr.  pâlit),  ibicl.  ;  — 
ECCLESIAE,  tribune  d'église  ca- 
thédrale,   400,  401,  404. 

Paleae,  tigesde  paille,  servant  à 
déguiser  des  chevaux  de  frise 
sous  le  pont  de  bois  d'un  don- 
jon, 336. 

Palearium,  grange  à  paille,    115. 

Palicium,  palissade  (v.  fr.  palil), 
252.  Voy.  Palatium. 

Pallacium.  Voy.  Palatiitm. 

Pactio,  pa(n)ctio,  accommode- 
ment, 164  ;  — toxicata,  accom- 
modement perfide,  ihid. 

Palum,  pieu  destiné  à  marquer 
le  lieu  d'emplacement  d'un 
château  à  élever,  52. 

Papilio,  pavillon,  385  ;  —  épis- 
copal, ibid. 

Paradisus,  parvis,  401. 

Parfont,  profond,  333,  n.  (». 


GLOSSAIRE 


499 


Parietinae,  murs  délabrés,  rui- 
nés, 122,  131. 

Parlatorium,  parloir,  304. 

Patella,  sorte  de  lampe,  303  ;  — 
plat  (de  métal),  383 . 

Patulum  (dim.  de  patuum),  cour 
gazonnée,  236. 

Pavimentare  (ecclesiam),  paver 
une  église,  101. 

Pavimentum,  pavement  d'église  ; 
—  soLARii,  assemblage  de 
pièces  de  bois  d'un-  plancher, 
10. 

Pectoralia,  pectoraux,  160. 

Pedissequa,  suivante,  femme  de 
compagnie,  185. 

Pelvis,  bassin,  aiguière,  384. 

Penus,  =  ORis,  endroit  servant  à 
déposer  des  provisions,  des 
comestibles,  184.  183. 

Per  girum,  en  rond,  30,  n.  1. 

Peribolus,  enceinte,  32  ;  —  sa- 
CER,  enceinte  sacrée,  ibid. 

Pertica,  perche,  mesure  de  lon- 
gueur et  de  superficie,  de  seize 
à  vingt-cinq  pieds  en  Nor- 
mandie, 251 . 

Pertractus,  transport,  110. 

Pesmanualis,  pied-main,  mesure 
de  longueur  égale  à  celle  d'un 
pied  augmenté  de  la  longueur 
d'un  pouce,  347,  n.  2. 

Pessulus,  tige  de  fer  servant  à 
fixer  l'assemblage  de  pièces 
de  bois  dans  une  couverture 
en  charpente,  208;  —  verrou, 
384,  385.  Cf.  aussi  Pessulum, 
383. 

Petra  (ante  turrem),  pierre  de 
justice  placée  devant  la  tour 
d'un  château,  237,  n.  6  ;  —  ja- 
CENS,  menhir  renversé,  34  ;  — 
STANTivA,piei'redebout,34,  n.2. 

PuiALA,  coupe  évasée,  22. 

PicTORiA  ARs,  art  de  la  peinture, 
122,  264,  307. 

PiGNA  (templi),  pignon  d'un  côté 
d'église,  3  ;  —  occidentalis, 
pignon    du   côté  ouest,    ihid . 

VOY.    PiNNA. 

Pila,  pilier  quadrangulairè,  30; 
—   piLARis,     piLARius,     même 


sens,  passim ,  et,  par  un  abus  de 
langage,  colonne,  399,  n.  4. 
Voy.  CiNDRiA  (média  columna). 

PiNCERNA, échanson, 185. 

PiNNA,  piNNAcuLUM,  faîtc,  piguon, 
pinacle,  96,  213,  403  ;  —doré, 
ibid. 

PiRA,  chemin  empierré,  181. 
(Cf.  bas-lat.  pirius,  v.  îr.  pire, 
pire,  181,  n.   4). 

Pis,  piz,   picz,    pic  (de  fer),  384. 

PisciNA,  piège  à  poissons  desti- 
né à   un  vivier,   332. 

PiSTRiNiîM,  boulangerie,  139,  150. 

Plaga,  côté    d'une  construction, 

50  ;  [ORIENTALIS],  OCCIDEN- 
TALIS, côté  du  levant,  du  cou- 
chant, 31,  33. 

Plagarius,  artiste  décorateur  de 
parois  d'édifices,  36,  n.  3. 

Planare  (fornicem),  rendre  une 
voûte  un  peu  plane,  en  adoucir 
la  courbure,  226. 

Planca,  planche,  171. 

Plastrum,  enduit  de  plâtre,  3,n. 
1,68,  163,  n.  4. 

Plumbarius,  plombier,  75. 

Pluviale,  manteau  pluvial,  chape 
d'église,  faite  de  soie,  349,  n.  4. 

Podium,  appui  d'un  édifice,  37, 
126;  —  LIGNEUM,  su[)port  de 
bois  d'un  pont  de  donjon,  335; 

—  galerie  ou  balustrade,  318, 
n.  3. 

Porkireticus,  de  porphyre,  38. 

PoRRECTURA  (ecclesiae),  déve- 
loppement en  longueur  (d'une 
église),  344. 

PoRTALis  (ecclesiae),  portail  d'é- 
glise, 148,  401,  403;  —  princi- 
PALis,  portail  principal,  ibid.  ; 

—  (lapis  médius),  trumeau,  148. 
PoRTALLULUM  (ecclesiae),  portaïl 

d'église,  401. 
PoRTALLUS     (ecclesiae),     portail 
d'église,  399,  400,  403. 

PORTENDICULUM    (dim.  dc  PORTEN- 

tum),  petit    présage,  pronostic 
heureux,  182. 
PoRTicus,  vestibule    d'un  temple 
païen,  241  ;  —  cellulae  infir- 
MORUM,  galerie    extérieure    de 


500 


GLOSSAIRE 


chambres  d'infirmei-ie  monas- 
tique, 136  ;  —  CLAUSTRI,  por- 
tique de  cloître,  285  ;  —  eccle- 
siAE,  porche,  16,  n.  3,  bas-côté 
d'église  monastique,  31,  sorte 
d'absidiole  (angl.  round  cha- 
pel)  dans  une  cathédrale,  214, 
215,   218-220. 

PoSITIO  (CASTRI,     ECCLESIAE,   OFFl- 

crNARUM),  emplacement,  as- 
siette d'un  château,  plan  d'une 
église,  de  bâtiments  conven- 
tuels, 5,  132-140,  277. 
PosTKRNA,  poterne,  petite  porte 
d'un    mur  d'enceinte,    347. 

POSTERULA.    Voy.   PoSTERNA. 

Praebalteare  (delubrum  turri- 
Bus),  flanquer  de  tours  une 
église  dans  sa  partie  antérieure, 
344,  n.  1. 

Prae.mium  statutum,  prix  fait  d'a- 
vance, indemnité  constituée 
sous  forme  de  prime  d'encou- 
ragement, en  vue  défaire  faire 
une  réparation  urgente  par  des 
constructeurs  appelés  à  cet 
effet,     174. 

Praepositus,  prévôt,  dignitaire 
chargé  de  l'office  du  temporel, 
delà  surveillance,  de  l'entre- 
tien et  de  la  réparation  des  bâ- 
timents [cath.,  coll.,  monast.), 
14,80,  203,376;  — moinecoopé- 
i^ateur  de  la  construction  d'un 
château-fort,  21. 

Praesidium,  château-fort,  98,99; 
—  EPISCOPALE,  château-fort 
épiscopal,hors  cité,  98,  99  ;  — 
PRINCIPALE,  construction  essen- 
tielle d'un  château-fort,  100. 

Presbiterium,  sanctuaire,  22,  47, 
86,  169. 

Proconsul,  vicomte,  52,  104, 
199. 

Promptuarium,  dépôt,  récipient 
de  provisions,  coffre,  dans  un 
château,  184;  —  cellier  à  vin, 
dans  un  monastère,  34. 

Propiçiatorium,  table  d'autel, 
propitiatoire,  et,  par  extension, 
chapelle  d'un  saint  ou  d'une 
sainte,  39. 

Propugnaculum,    défense     exté- 


.  rieure  de  muraille,  de  rempart, 
crénelage,  7,  98,  99,  172,  252, 
n.  6,  233,  335,  337,  377,    387. 

Propugnaïorium,  335.  Voy.  Pro- 
pugnaculum. 

Protelari,  être  retardé,  139. 

Provisor  coquinae,  maître  d'hô- 
tel (dans  un  château),  cuisi- 
nier, 185. 

Psalmodia,  chant  des  psaumes, 
310. 

PuLPiTUM,  ambon,  213. 

PuLviLLus,  coussin  de  lit,  matelas, 
137. 

Pyramis,  pilier  en  forme  de  py- 
ramide soutenant  une  grande 
arcade,  162  ;  —  pyramides 
TRABES,  poutres  disposées  en 
forme  de  pyramide,  118. 


Q 


QuARRELLus,  cai'reau  de  pierre 
(pour  pavement),  358,  n.  5  ;  -=- 
piCTURATus,  peint,  ibid. 

Querneler  (un  mur),  créneler, 
332,  n.   1. 

QuiRiTES  (regii),  sujets  du  roi  de 
France, 337. 


R 


Rastri,  sorte  de  râteau  saillant 
que  semblent  former  les  pièces 
de  bois  ou  les  réglettes  qui 
d'espace  en  espace  retiennent 
un  échafaudage,  37.  Voy.  Sca- 

PULA. 

Redemptio,  marché,  entreprise 
do    travaux    de    construction, 

110  ;    REDEMPTIONEM    DARE  AD 

magistrum,  confier  l'entreprise 
de  travaux  (pont  à  construire) 
à  un  maître  d'oeuvre,  ihid. 

Reflorare  (?).  Voy.  Deflorare. 

Regia,  résidence  royale,  palais, 
279. 

Regirare,  revenir  sur  soi-même 
après  un  circuit  (à  propos  d'un 
rang  de  colonnes  faisant  retour 
sur  elles),  28. 


GLOSSAIRE 


m 


Régula,  alignement  (de  fortifi- 
cations), 252. 

Relocare,  remettre  en  place  (un 
édicule),    175. 

Repa,  couvercle  de  châsse,  319. 

Re*>agula,  barres  de  clôture 
(d'une  porte),  76,  100  ;  par  ex- 
tension, barrières,  palissades 
de  châteaux-forts,  de  villes 
fortifiées,  100,  n.  1. 

Restis,  corde  (pour  échafaudage), 
174. 

Retorta,  lien  qui  retient  les 
pièces  d'un  écliafaudage,  lien 
souple  et  pliant,  v.    fr.   riorte, 

130;   LIGARE    HETORTIS     DEAM- 

BULATORIA,  licr   dcs  pièces  d'é- 
chafaudages, 130.  Voy.  ViuGU- 

LA,  VIRGUNCULA  TORTA. 

Revestiarium,  vestiaire  (d'église), 
42,  n.  4. 

Riga,  raie,  318. 

RiGOR,  ligne  droite,   318,  n.  1. 

Rota,  suspension  de  forme  circu- 
laire, garnie  de  lumières,  dans 
les  églises,  368.  Cf.  Couona. 

Rotula,  petite  roue  destinée  à 
faire  avancer  ou  reculer  une 
machine  de  siège,  275. 

RuDA,  rue,  356. 

RuDus,  =  ERis,  gravois,  déblais, 
plâtras,  43,  n.  4. 


S 


Sacrarium,  trésor  d'église,  sa- 
cristie, 116,  230;  —  coffre  à 
reliques,  reliquaire,  183. 

Sacrista,  gardien  de  trésor  d'é- 
glise, de  sacristie,  dans  un  mo- 
nastère, 245. 

Sacristania,  sacristaria,  sacris- 
TiA,  sacristie,  trésor  d'église, 
.  23,  136,  233. 

Sagittarius,  archer,  22,  337. 

Sala,  salle  seigneuriale,  237,  n. 
6,  270  ;  —  intérieur  de  l'ancien 
temple  de  Nîmes,  dit  «  Capi- 
tolium  ».  Voy.  ce  mot. 

Salvatio,  sauvegarde,  284,  n.  6. 

Salvitas,  terrain   inviolable,  dé- 


limité autour  d'une  église,  1 17, 
n.  4,  154. 

Sarta  tecta,  réparations,  et  par 
extension,  entretien  d'un  édi- 
fice, notamment  de  sa  couver- 
ture, 44,  131,  208.  Voy.  Tectum. 

ScABiES  siccA,  lèpre,  148,  n.  3. 
Voy.  Impétigo. 

ScALA,  escalier,  29,  30  ;  —  scalae 
gradus,  marche,  ibid. 

ScALPRUM,  outil  tranciiant,  ciseau 
de  sculpteur,  38. 

ScALPTORiA  ARS,  ciscluie,  intaillc 
de  pierre,  306,  n.  4. 

ScAPULA,  saillie  en  arête,  comme 
d'un  instrument  en  forme  de 
râteau,  qu'offriraient  d'espace 
en  espace  des  pièces  de  bois 
ou  réglettes  retenant  un  écha- 
faudage, 37,  171.  Voy.  Rastri. 

ScATus,  petite  écaille,  dans  une 
maladie  de  peau,  148. 

Scema,  voy.   Schéma. 

Schéma,  scema,  plan  (d'église), 
28,239,  272,  296,  n.  4,  344,  n. 
1; —  alipticum,  forme  d'en- 
duit recouvrant  les  murs  inté- 
rieurs d'un  monument,  peut- 
être  peinture  à  fresque,  36  ;  ■ — 
musivi,  dessin  de  mosaïque,  39; 
—  rotundum,  plan  circulaire, 
de  rotonde,    28,   29,   31,  n.    1. 

SciNDULA,  bardeau,  162,  317. 

SciPHUs  (lat.  class.  çcvphus),  ci- 
PHUS,  coupe,  vase  à  boire, 
verre  de  table,  172,  267,  326. 

ScisELLUM,  ciseau  de  sculpteur, 
226. 

ScissuRA,  fente,  fissure  (des 
murs  d'un  édifice),  400. 

ScLusA,  écluse,  58. 

ScoNSA,  esconce  (syn.  d'ABscoNSA). 
Voy.  ce  terme. 

ScRiNiuM  (reliquiarum),  reli- 
quaire, 64,  n.  1,  209,  250. 

Scriptoria  ARS,  art  d'écrire,  306, 
358. 

ScuLPTiBiLis,  qui  est  susceptible 
d'être  sculpté,  366. 

ScuLPTiLE  opus.  Voy.  Opus  scul- 

PTILE. 

ScuLPTORiA  ARS,  arfde  la  sculp- 
ture, 119. 


:;02 


(il.OSSAlUE 


SCUTKLLA,       SCIJTELLULA,       SCUTBA, 

assiette,    petite    assiette,    137, 
172, 267. 
Secretaria,   303.  Voy.  Secreta- 

RIUM. 

Secret ARIUM,  sacristie,  trésor, 
dépôt  des  reliques,    16;>,  303  ; 

—  cabinet  d'abbé  (dans  un 
monastère),  131. 

Sectorpetrae,  tailleur  de  pierres, 

260. 
Sella,  sellula,  siège,  petit  siège, 

134. 
Sellus,  séant  (le),  75  ;  —  in  sel- 

LUM   suuM  ERiGi,   être  soulevé 

sur  son  séant,  ibid . 
Seminiverbius,  discoureur,  sorte 

de  prédicateur,  11. 
Semipilarius,   demi-pilier,    216  ; 

—  ROTUNDUS,  demi-colonne, 
ibid. 

Senodochium.  Voy.  Xenodochium. 

Sera,  serrure,  loquet,  verrou,  76. 

SiGNUM,  cloche,  7,  16,  n.  3,  18, 
60,  n.  2  et  n.  5,  139,  171,  243, 
283,  n.  5,  359  ;  —  (grande), 
16,  35,  139;  —  étendard,  197. 

SiNAXis,  assemblée,  réunion  de 
moines  pour  un  office,  26,  n.  3. 

SiNiSTRALis,  qui  est  à  gauche, 
402,  403. 

Socius  AUTiFEx,  compaguon  ou- 
vrier, maçon,   35.    Voy.  Arti- 

FEX. 

Solarium,  plancher,  étage,  10, 
11,  50,  138,  171,  185,  352,  n.  4; 

—  soupente  en  plusieurs  hau- 
teurs de  pièces  ayant  des 
abords  différents,  185,  n.  2. 
Voy.   Solier,  soular. 

Solier,  plancher,  étage,  352. 

SoLiuM,  siège  élevé,  suspendu 
(dans  un  château),  184. 

Sonitizare,  sonner  les  cloches, 
139. 

Soular,  emplacement  ancien 
d'une  construction,  qui  est 
démuni,  ou  à  peu  près,  de  ma- 
tériaux de  bâtisse,  352,  n.  4. 
Voy.  Solarium,  Solier. 

Speculator,  gardien,  veilleur  de 
tour  fortifiée,  230. 

Spéculum,  lieu  couvert,  corps  de 


garde,  poste  d'observation, 
275,  277,  n.  8.  Voy.  Zêta. 

Spina,  signe  extérieur,  petit  mo- 
nument servant  d'indication  du 
lieu  d'une  défaite,  196. 

Sporta,  panier,  corbeille,  100. 

Squilla,  sorte  de  poisson,  148, 
n.  3. 

Stabula  (subst.  fém.),  écurie, 
138. 

Stabulum  equorum,  écurie,  167. 

Stallatus,  pourvu  de  stalles  (en 
parlant  du  chœur  d'une  église 
monastique),  160. 

Stallum,  étal  (de  changeur,  de 
drapier),  297,  298,  n.  1. 

Stantivus,  Voy.  Petra  stantiva. 

Statio,  disposition  en  hauteur 
(de  piliers,  de  colonnes),  227  ; 
—  lieu  couvert,  servant  de 
promenoir,  dans  un  palais 
épiscopal,  95. 

Statura,  status,  taille  humaine, 
étalon  de  mesure  architectu- 
rale, 134,  159,  179,  n.  3,  330, 
331,  398,  n.  2,  399. 

Steen  (en  flamand),  maison  de 
pierre  généralement  fortifiée, 
377,  n.  1  et  n.  3.  Voy.  Domus 

FORTIS,   LAPIDEA. 

Stillicidium  (ecclesiae),  aître 
d'église,  75,  n.  3. 

Strata  (plblica),  voie  publi(jue, 
rue,  389,  392. 

Strumentum,  outil,  45. 

SuBTiTULARE,  inscnrc  au-dessous, 
après,  37. 

SucciNCTORiuM,  V.  f r . ,  surceint, 
voile  sur  lequel  on  déposait  les 
offrandes  extraordinaires  de 
l'autel,  pendant  certaines  solen- 
nités, 350,  n.  3. 

SuDis,  pieu,  10  ;  —  acuta,  piquet 
aiguisé  de  cheval  de  frise,  336. 

Superliminare,  linteau,  partie 
supérieure  du  linteau,  30.  Voy. 
Liminare. 


Tabula,  table  d'autel,  52,  239, 
argentea,  deaurata,  argentée, 
dorée,  52;  —  placage  dans  un 


GLOSSAIRE 


503 


mur  (d'église),  217  ;  —  maumo- 
REA,  de  marbre,  ibid.  ;  —  pièce 
de  revêtement  par-dessus  une 
charpente,  20H,  plumbea,  en 
plomb,  ibid. 

Tabulare  (ligna),  associer  des 
pièces  de  bois  horizontales,  de 
façon  à  former  une  paroi  ou 
une  enceinte,  314;  — (tectum), 
faire  l'assemblage  d'une  cou- 
vertui'e  ou  toiture  (d'église), 
268,  n.  3. 

Tabulatus,  tabulatum,  paroi, 
côté  d'édifice,  d'ordinaire  de 
pierre,  34  ;  —  de  bois,  10,  avec 
insertion  ou  placage,  239  ; 
—  (marmoreus),  placage  de 
marbre,  226  ;  —  balustrade 
de  pierre,  ou  peut-être  ché- 
neau,  96  ;  — enceinte  de  pièces 
de  bois,  associées  autour  d'une 
motte,  314,    315. 

Tapes,  tapetum,  tapetium,  tapis- 
serie, 17,  73,  82,  n.  3,  140,  319, 
358. 

Tasca,  imposition,  189. 

Teges,  comble,  couverture  en 
bois  (d'une  église),  3. 

Tegula  lignea,  bardeau,  327, 
n.  3. 

Teloneum,  tonlieu,  72. 

Teola,  syn.  de  tegula,  tuile, 
405. 

TERRESTRis(syn.  uetebrenus),  de 
terre,  à  propos  d'une  habitation 
privée,  mansio  terrestris,  14. 

Tehrula,  coin  de  terre,  petit 
terrain,  302. 

Tessera,  dé  à  jouer,  10,  n.  6  ;  — 
TESSERISLUDERE,  joucr  aux  dés, 
■ibid, 

Testitudo.  Voy.  Testudo  . 

Testudinare,  couvrir  en  pierre, 
voûter,  158. 

Testudo,  couverture  d'église, 
passim  ;  —  arcuata,  de  forme 
arquée,  158;  —  [lignea]  (par 
opposition  à  voltuha  lapidum), 
couverture  de  bois,  142  ;  — 
LAPIDEA,  voûte,  142,  158,  159, 
287  ;  —  collateralis,  voûte 
latérale,  159, 


Theoria,  contemplation,  médita- 
tion religieuse,  310. 

Tensa,  toise,  56. 

Tehrare  caveam,  creuser  une 
tranchée,  dans  un  siège,  335. 
Voy.  aussi  Ingaveare. 

Textrix  ^auri),  tisseuse  d'ou- 
vrage d  or,  87. 

Thalamus,  chambre  à  coucher, 
dans  un  château  seigneurial, 
112,  113,  n.  2,  237. 

Theca  reliquiarum,  reliquaire, 
230. 

Tholus,  objet,  petit  édicule  de 
forme  ronde  (servant  de  sup- 
port à  une  croix),  74,  n.  3. 
Voy.  aussi  Colum. 

TiGNUM,  tignus,  pièce  de  char- 
pente, entrait,  45,  n.  4,  208, 
245,351,  385. 

TiNTiNNABULUM,  petite  cloche  (de 
campanile),  359,  n.  3,  363. 

ToFus,     pierre     spongieuse     et 

friable,  226. 
Tor,  tour,  364,  n.  2. 

TORMENTUM      JACULATORIUM,       ma- 

chine,  engin  servant  à  lancer 

des  projectiles,  99. 
ToRNAMENTUM,  machine  à  soulever 

des    matériaux    de    pierre,     à 

charger  et    à   décharger    des 

navires,  211. 
Trabecula,    poutrelle,    10  ;     — 

DOLATiLis,    facile    à     travailler 

avec  la  doloire,  10. 
•  Trabks,     pièce      de     charpente, 

poutre,  3,  8,  12,  317,  331,385; 

—  poutre  triomphale,  213  ;  — 

MAGNA,  suBLiMis,  même    sens, 

209,  217.  Voy.  aussi  Pyramis. 
Transvolutio,  action  de  voûter, 

41,  n.  3.  Voy.  Volutio,  Volu- 

TURA. 

Transvolvere  (opus),  voûter  une 
construction,  28,  41,  n.  5;  — 
(porticum),  un  bas-côté  d'é- 
glise   monastique,    31.     Voy. 

VOLVERE. 

Trikobium.  Voy.  Via  ad  altitu- 

DINEM  FORNICIS. 

Tristega   (turris),    tour  mobile, 

à  trois  étages,  335,  337. 
Troclea,  poulie,  82,  n.  3,  319;  — 


504 


GLOSSAIRE 


TBOCLEAnuM  FUNES,    cordes  de 
poulies,  ibid. 
TuouRiOLUM,  petite  cabane,  310. 


u 


Urceolus,  petit  vase,  85. 

Utensile,  ustensile,  ustensilium, 
ustensile  en  général,  objet  de 
vaisselle,  137,  172,  184  ;  — 
ornement  d'église,  35,  73. 


V 

Valva,  porte  à  battants,  215) 
400,  402. 

Variare,  i^evêtir  de  couleurs, 
nuancer,  37  ;  —  faciem  eccle- 
siAE,  une  façade  d'église,  ibid. 

Varietas  colorum,  coloration  va- 
riée d'une  peinture  murale, 
16,  n.  3  ;  —  (laquearium),  de 
lambris  d'église,  163. 

Vasculum,  petit  vase,  181  ;  — 
viTREUM,  de  verre,  ibid. 

Vectis,  barre  de  métal,  trans- 
versale, servant  à  la  fermeture 
d'une  porte,  383. 

Velamen,  voile,  tenture,  140  ;  — 
couverture  en  pierre  d'un  édi- 
fice ou  édicule,  34  ;  —  lapi- 
DEUM,  de  pierre,  ibid. 

Vervella,  vervelle,  pièce  de  fer 
en  forme  d'anneau,  qu'on  fixe 
dans  une  porte  pour  retenir  les 
verrous,  384. 

Vestibulum,  galerie  des  bas- 
côtés  d'une  église,  28,  31,  n.  1, 
41  ;  —  croisillon  d'église,  64, 
n.  3. 

Via  ad  altitudinem  fornicis, 
galerie  à  hauteur  de  voûte,  215, 

QIIAE      EXTRA       CHORUM     EST, 

déambulatoire,  227  ;  —  quae 
TRiFORiuM  APPELLATUR,  galerie 
du  triforium,  pourtournantl'in- 
térieur  d'une  église,  au-dessus 
des  archivoltes  des  collatéraux, 

216  ;     TRIFORIUM       INFERIUS, 


supERius,  haut,  bas  triforium, 
228. 

ViGiL,  garde  de  nuit  (dans  un 
château),  185. 

ViMEN,  bois  pliant,  servant  à  des 
tortis  ou  entrelas  pour  des 
liens  utilisés  dans  les  construc- 
tions, 170  ;  —  viMiNEus,  fait 
de  bois  pliant,  avec  des  claies, 
37.    Voy.    Retorta  ,    Virgula, 

VIRGUNCULA    TORTA. 

Virgula,  virguncula  torta,  ba- 
guette de  bois  pliant,  servant 
de  lien  pour  la  liaison  du 
comble  d'une  église  avec  les 
parois  latérales,  entrelas,  tor- 
tis, 169.  Voy.  Retorta,  Virgula 
GEOMETRicA,  règle  graduée  de 
géomètre,  390. 

Vis,  =:  iTis,  escalier  à  vis,  en  li- 
maçon,   405,    n.   2.    Voy.    Viz, 

COCHLEA. 

Viz,  escalier  à  vis,  en  limaçon, 
42,  n.  4. 

VlTREUS  MAGISTER.  Voy.  MaGIS- 
TER      VlTREUS  ;         VITRIARIUS, 

verrier,  74. 
VoLSARE,   voûter,  58,  n.   1.  Voy. 

VOLVERE,  TrANSVOLVERE. 

VoLTA,  voûte,  159. 

Voltura,  volutura  lapidum,  la- 

piDEA,  voussure,  voûte,  41,  n. 

5,  85,    142. 
Volutare,  voûter,  158. 
VoLUTio,    action  de   voûter,    de 

cintrer,  41,  n.  5.  Voy.   Trans- 

VOLUTIO. 

VoLVERE  (arcum,  ecclesiam),  ban- 
der uu  arc,  voûter  une  église, 
41,  n.  5,  217,  228.  Voy.  Trans- 

VOLVERE . 


Xenodochium,  bâtiment  destiné 
à  recueillir  des  étrangers,  des 
pèlerins,  87,  des  clercs  pau- 
vres,    261    ;     ELEPHANTIOSO- 

RUM,  bâtiment  destiné    à    des 
lépreux,  279,  n.  2. 


GLOSSAIRE  S05 

Z  Voy.    aussi    suprà    Spéculum. 

—  Zêta      aesïivalis,      hyema- 

Lis,  chambre,     cabinet    d'été, 

Zêta,  corps  de  garde,  guet,    lieu  d'hiver  dans  un  palais  oriental, 

couvert  permettant  d'observer  277,  n.  8. 

les  mouvements  de  l'ennemi,       Zetarius,     gardien     de      palais 
277; —    major,    minor,  grand,  (d'après  des  gloses  latino-grec- 

petit  poste  d'observation,  279;  ques),  277,  n.  8. 

—  LAPiDUM,faitde  pierres, 278; 


ADDITIONS 


p.  12.  —  Ajouter  à  la  fin  du  texte  n"  II  l'extrait  relatif  à 
l'église  de  Perrecy-les-Forges,  en  Charolais,  prieuré  de  Saint- 
Benoît-sur-Loire  (auj.  c.  du  canl.  de  Toulon-sur-Arroux,  arr. 
de  Charolles,  Saône-et-Loire)  :  «  Quippe  corruerat  pars  maxima 
testudinis  lapideae  ipsius  ecclesiae  Patriciaci  [villae,  in  Augusto- 
dunensi  territorio  regionis  Burgundiae],  a  parte  aquilonali,cujus 
fundamento,  quoniam  minus  roboris  habuerat,  penitus  eruto, 
construere  firmius  fratres,  ut  eadem  tesliido  robustiori  super- 
posita  fundamini  firmior  foret,  instituerunl. . .  »  [Miracula 
Sancli  Benedicli^  1.  V^III,  c.  xl,  éd.  de  Certain,  p.  345).  C'est 
à  tort  que  l'éditeur  des  Miracula  dit  (p.  161,  n.  1)  qu'il  s'agit, 
dans  ce  texte,  de  Pressy,  c.  du  cant.  de  Saint-Bonnet,  arr.  de 
Charolles. 

P.  48,  n.  2.  — A  propos  des  Observations  de  Bernard,  éco- 
làtre  d'Angers,  sur  la  représentation  des  Saints  par  la  statuaire 
pendant  le  premier  quart  du  xi®  siècle,  cf.  l'extrait  suivant 
[ann.  1025]  :  «  De  iniaginibu.s  quoque  quae  in  ecclesiis  sunt.  .  . 
in  cruce  morientem  Christum  solum,  non  opus  manuum  homi- 
num  adorant.  Non  enim  truncus  ligneus  adoratur,  sed  per  illam 
visibilem  imaginem  mens  interiorhominisexcitatur. .  .  Similiter 
de  imaginihiis  sanctoruni  ratiocinari  licet,  quae  ideo  in  sancta 
ecclesia  fiunt,nonut  ab  hominibus  adoraridebeant,  sed  utpereas 
interius  excitemur  ad  contemplandam  gratiae  divinae  operatio- 
nem. . .  »  [Synodi  Alrebalensis  cap.  XIV,  dans  Mansi,  Sacro- 
ru  m  conciliorii  m  nova  colleclio^  t.  XIX,  col.  454-455. 

P.  49.  —  Ajouter  cet  extrait  sur  l'abbatiale  de  Conques, 
I^'*  [XXXI  i:  «  Est  deforis  tectorum  divisione  basilica  triformis, 
que  interius  propter  mutuam  transeundi  ampliludinem  in  unum 
corpus  coït  ecclesie..  Ilec  itaque  Irinitas  in  unitatem  rediens 
summe  ac  deilice  Trinitatis  tipum,  mea  quidem  sententia,  quo- 
quo  modo  gerere  videtur.  Dextrum  latus  sancti  Pétri  apostoli, 
levum  Sancte    Marie,  medietas    autem   Sancti  Salvatoris   titulo 


508  ADDITIONS 

dedicata  est.  Verum,  quia  eadem  medietas  psallendi  assiduitate 
frequentatior  habetur,  illuc  ex  proprio  loco  sancte  martiris  pre- 
ciosa  translata  sunt  pign[o]ra.  (//  s'agit  du  chef  de  sainte  Foi, 
enfermé  dans  la  statue  d''or.)  Raro  uUus  aditus  in  tam  angulose 
ecclesie  concavitate  superest  qui  de  predictis  compedibus  sive 
catenis  ferreas  non  habeat  januas.  Quodtibi,  ut  vere  loquar,  toto 
basilice  edifîcio  mirabilius  videatur,  excepto  ornamentorum 
décore,  quod  auri  argentique  vel  palliorum  copia  unaqueprecio- 
sorum  lapidum  grata  prestat  yarietas...  »  [Miracula  Sancte 
Fidis.éd.  A.  Douillet,  p.  77). 

P.  57,  fin  de  la  n.  4  de  la  p.  précédente.  —  Ajouter  :  H.  du 
Ranquet,  Les  fouilles  du  chevet  de  la  cathédrale  de  Clermont, 
dans  le  Bulletin  monumental,  t.  LXXIII  (1909),  p.  311  et  suiv. 

(pl). 

P.  64,  n.  3.  —  Ajouter  la  récente  indication  bibliographique 
qui  suit  :  René  Merlet,  La  cathédrale  de  Chartres  (grav.  et 
plans,  dont  Tun  en  couleur,  donnant  le  dessin  de  la  crypte  avec 
ses  diverses  transformations),  Paris,  s.  d. 

P.  71,  n.4.  —  Voy.  aussi  E.  Lefèvre-Pontalis,  Cathédrale  de 
Coutances  (avec  pl.),  histoire,  etc.  dans  le  Guide  archéologique 
du  Congrès  de  Caen  [Congr.  archéol.  de  France,  LXXV^  ses- 
sion, 1908,  t.  I,  1909,  p.  247  et  suiv.,  avec  bibliographie,  ibid., 
p.  270-271). 

P.  86,  n.  4.  —  Ajouter  les  indications  bibliographiques  sui- 
vantes :  L.  Régule,  L'église  Saint-Maurice,  ancienne  cathédrale 
de  Vienne,  dans  Congr.  archéol.  de  France,  XLVP  session,  tenue 
à  Vienne  en  1879,  1880,  p.  303  et  s.  ;  —  du  même.  Les  incrus- 
tations décoratives  des  cathédrales  de  Lyon  et  de  Vienne,  Lyon 
et  Paris,  1905  (pl.). 

P.  146,  n.  1.  —  Ajouter  la  mention  de  la  récente  étude  d'A. 
Angles,  L'abbaye  de  Moissac  (grav.  et  plans),  Paris,  s.  d. 

P.  161,  n.  3.  —  Ajouter  l'indication  de  la  nouvelle  étude 
suivante  :  G.  Fleury,  La  cathédrale  du  Mans  (grav.  et  plans), 
Paris,  s.  d. 


ADDITIONS  509 

P.  194,  n.  6.  — Voy.  Gh.  Davvson,  History  of  Hastings 
castle  (1909),  vol.  I  (avec  une  ancienne  vue  g-énérale  du  château 
de  Hastings),  et  vol.  II  (avec  un  pi.  représentant  le  donjon  du 
même  nom,  d'après  la  Tapisserie  de  Bayeux). 

P.  208,  n.  1.  —  Sur  le  Mont-Saint-Michel,  voy,  le  très  récent 
ouvrage  de  M.  P.  Goût,  Le  Mont-Saint-Michel,  Hisl.de  l'abbaye 
et  de  la  ville,  étude  archéologique  et  architecturale  des  monu- 
ments, Paris,  1910,  2  vol.  (à  la  fin  du  tom.  II,  bibliographie 
des  sources  manuscrites  et  imprimées). 

P.  113,  1.  21.  —  Au  sujet  de  la  description  de  l'ancienne 
cathédrale  romane  de  Gantorbér^',  reconstruite  sous  l'archiépis- 
copat  de  Lanfranc  :  «  In  ala  septentrionali.  . .  »,  cf.  l'extrait 
suivant  : 

«  Devers  l'ele  del  Nort  s'en  estli  ber  alez, 

E  a  un  piler  s'est  tenuz  e  acostez. 

Entre  dons  alteus  est  cil  pilers  niaiserez, 

Ala  Mère  Deu  est  cil  de  desuz  sacrez, 

El  nun  saint  Beneit  est  li  altres  ordenez;..  » 

(  Vie  de  Saint  Thomas  le  martyr, par  Garnier  du  Pont-Sainle- 
Maxence,  v.  366-370,  dans  le  Recueil  d'anciens  textes  bas-latins, 
provençaux  et  français,  de  M.  Paul  Meyer,  2^  part.,  1877,  p. 
316-317). 

P.  223,  fin  delà  n.  5  de  la  p.  précédente.  —  Voy.  aussi  Gh. 
Porée,  Cathédrale  de  Sens  (avec  plans  comparés  de  cette  cathé- 
drale et  de  celle  de  Gantorbéry),  dans  Congrès  archéol.  de 
France,  LXXIV«  session,   1908,  p.  209  et  suiv. 

P.  268,  §  1.  —  Au  sujet  des'travaux  de  construction  accom- 
plis à  Lyon,  sous  l'archiépiscopat  de  divers  prélats,  ajouter  l'ex- 
trait suivant  qui  concerne  l'édification  du  pont  de  pierre  sur 
la  Saône,  en  1076,  du  vivant  de  l'archevêque  Humbert  I®""  : 
u  Septimo  maii  obiit  Tedinus  sacerdos,  hujus  majoris  eccle- 
siae  custos,  qui...  in  ponte  super  Ararim  arcum  constituit  » 
(Obituarium  ecclesiae  Lugdunensis,  p.  43). 

P.  280,  n.  5.  —  Cf.    l'extrait  suivant,   relatif  à  la  cathédrale 


510 


ADDITIONS 


de  Bayeux,  qui  provient  de  la  correspondance  de  Raoul  Tortaire 
(vers  1110),  sous  le  titre  d'Epistola  ad  Rohertnm  : 

«  Hinc  eo  Baiocas,  ubi  vidi  culmina  clara, 

Turres  excelsas  [aedis]  honorificae, 
Intus  quae  saxo  pulchre  perfecta  polito, 

Exterius  sculplis  fulget  imaginibus  ; 
Multa  metallorum  locupletat  quam  variorum 

Copia,  cum  bysso,  murice,  vermiculo. 
Ferrea  sustentant  argenti  vincla  coron am, 

Alte  quae  durae  sunt  clave  fixa  sudis  ; 
Tota  superficies  auro  vestita  renidet, 

Cinxit  turritis  quam  faber  aediculis  ; 
Vix  geminus  templi  paries  capit  hanc,  licet  ampli, 

Nonaliam  tanti  ponderis  esse  reor. . .  » 

(E.  de  Certain,  Raoul  Tortaire,  dans  la  Bibl.  de  VÉcole  des 
Chartes,  4*'  sér,,  t.  I,  1855,  p.  516,  d'après  le  ms.  du  Vatican, 
fonds  de  la  reine  de  Suède,  pèt.  in-8°,  n°  1357.  Cf.  L.  Serbat, 
Guide  archéol  du  Congrès  de  Caen  (pi.),  dans  Congr.  archéol. 
de  France,  LXXV«  session  (1908),  t.  I,  1909,  p.  l"45etsuiv., 
et  J.  y aUery-Radot,  La  cathédrale  de  Bayeux,  étude  archéo- 
logique, dans  les  Positions  des  thèses  de  VEcole  des  Chartes, 
1911,  p.  138),  lequel  a  bien  voulu  nous  signaler  ce  texte  de 
Raoul  Tortaire. 

P.  306,  n.  2  et  3.  — Sur  la  cathédrale Notre-Dame-des-Doms 
et  l'abbaye  de  Saint-Ruf  d'Avignon,  voy.  aussi  L.-H.  Labande, 
Guide  archéologique  du  Congrès  d'Avignon, p.  7  et  s., 29  et  s., 
(pi.),  dans  Congr.  archéol.  de  France,  LXXVI''  session  (1909), 
t.  I,  1910. 

P.  314,  n.  1.  —  Au  sujet  de  'la  Tapisserie  de  Bayeux,  voy. 
la  récente  étude  de  M.  E.  Travers  (qui  la  date  du  xi^  siècle), 
dans  le  Guide  du  Congrès  archéologique  de  Caen,  p.  181  et  s. 
(Congr.  archéol.  de  France,  1908,   LXXV«  session  t.  I,  1909). 

P.  316,  n.  3.  —  Ajouter  les  indications  bibliographiques  sui- 
vantes :  Michon  (J.-H.),  Statistique  monumentale  de  la  Cha- 
rente, Paris,  1844  ;  — Bulletin  et  Mémoires  delà  Société  archéo- 
logique et  historique  de  la  Charente,   Tables  générales  (1845- 


ADDITIONS  511 

1900)  dressées  par  J.    Baillet  et  J.   delà   Martinière,   1904,  v" 
Angoulême  (cathédrale,  Chapitre,  évêques  de),  p.  191-193 et  198. 

P.  326.  —  Ajouter  au  sommaire  les  indications  bibliogra- 
phiques ci-après  :  J.  Barbot,  Les  anciennes  cryptes  de  la 
cathédrale  de  Mende,  dans  le  Bulletin  monumental,  t.  LXX 
(1906),  p.  526  et  s,  (pi.)  ;  cf.  Soc,  d'agriculture  de  la  Lozère, 
Archives  Gévaudanaises,  t.  I"  (1903-1908),  p.  129.  Voy.  aussi 
Félix  Remize,  Saint  Privât,  Mende,  19r0,  et  surtout  Téditioii 
des  Miracles  de  Saint  Privât  par  Cl.  Brunel  (sous  presse),  dans 
la  présente  Collection  de  Textes. 

P.  344,  n.  1.  —  Ajouter  l'extrait  suivant,  au  sujet  de  Tég-lise 
abbatiale  de  Fécamp  et  des  travaux  de  construction  accomplis 
par  les  soins  de  Guillaume  de  Ros,  abbé  de  1079  à  1107  : 
«  Guillelmus  de  Ros,  Fiscannensis  abbas. .  .  cancellum  veteris 
ecclesiae,  quam  Ricardus  dux  construxerat,  dejecit  et  eximiae 
pulchritudinis  opère  in  melius  renovavit  atque  in  longitudine 
ac  latitudine  decenter  augmentavit.  Naveni  quoque  basilicae, 
ubi  oratorium  Sancti  Frodmundi  habetur,  eleganter  auxit  ; 
opusque  tandem  consummatum  a  Guillelmo  archiepiscopo 
aliisque  quatuor  praesulibus  XVII  kal.  Julii  —  16  juin  1106  — 
consecrari  fecit.  Defunctus  autem  in  novo  opère  quod  ab  ipso 
constructum  est,  ante  aram  gloriosae  Virginis  Mariae,  compe- 
tenter  sepultus  est.  »  [Orderici  Vitalis  Hislor.  ecclesiasl.  lib. 
XI,  éd.  Le  Prévost,  t.  IV,  p.  270). 


CORRECTIONS 


p.  7,  I.  22.  —  Séparer  illecelebris  en    deux    mots  :  ille  cele- 
bris. 
.  P.  90,  n.   1,1.  1,  —  Au  lieu  de  christiania,   lisez  christiana. 

P.  127,  n.  1,  1.  3.  —  Au  'lieu  de  Credenae  (forme  erronée 
des  Monumenia  Germaniae  historica),  corrigez  Bredenae. 

P.  159,  1.  11. —  Supprimez  lepoini  après  ascensum. 

P.  177,  à  la  fin  de  la  note  2  de  la  p.  précédente.  —  Au  lieu 
de  Toulonges,  lisez  Toulouges. 

P.  183,  n.  4,  à  la  fin  de  la  1.  1.  —  Au  lieu  de  63,  lisez  630. 

P.  194,  n.  4,1.  3.  Au  lieu  de  qru,  lisez  qui;  même  note,  1.  4. 
Au  lieu  (/'Oider.  Vital,  lisez  Order.  Vital. 

P.  230,1.  2. —  Au  lieu  de  aedificis,  lisez  aedificio. 

P.  239,  1.  16.  — Au  lieu  de  sccniate,  lisez  scemate. 

P.  241,  à  la  fin  de  la  1.  15,  au  lieu  r/eDe,  lisez  Dei. 

P.  254,  1.  5  du  sommaire.  —  Au  lieu  de  Poitiers,  /l'sez  Poitou. 

P.  267,  1.  6.  — Au  lieu  de  meninisset,  lisez  meminisset. 

P.  275,  n.  6.  —  Au  lieu  de  Richard,  corrigez  Robert  (confor- 
mément à  la  Table  alphabétique  des  noms  de  personnes,  p.  441, 
col.  2,  1.  1). 

P.  280,  1.6.  —  Au  lieu  de  machinementa,  lisez  machina- 
menta  ;  même  page,  1.  20,  au  lieu  de  am,  lisez  jam. 

P.  282,  n.  2,  1.  3.  —  Au  lieu  de  Ghamaillières,  lisez  Chama- 
lières. 

P.  306,  1.  11.  —  Au  lieu  de  asserunt  tur,  lisez  asseruntur. 

P.  325,  n.  1,  1.  2.  —  Au  lieu  de  Noirmoutier,  lisez  Marmou- 
tier. 

P.  361,  n.  3,  1.  3.  —  Au  lieu  de  1905,  lisez  1095. 

P.  364,  n.  2,  1.  8.  —  Au  lieu  de  tour  de  la  cathédrale  de 
Bayeux  (comme  Viollet-le-Duc  l'a  dit  à  tort),  corrigez  tour  de 
Téglise  de  Secqueville-en-Bessin  (Calvados).  Voy.  sur  ce  point 
A.  de  Caumont,  Statistique  monumentale  du  Calvados,  t.  I, 
p.  290;  cf.  L.  Serbat,  Guide  archéologique  du  Congrès  deCaen, 
(pi.),  dans  Congr.  archéol.  de  France,  LXXV^  session  (1908), 
t.  I,  1909,  p.  349. 


CORRECTIONS  513 

P.  377,1.  2  du  sommaire.  — Au  lieu  de  Poitiers,  lisez  Poitou. 

P.  390,1.  28.  —  Au  lieu  de  Ecclesiae,  lisez  Ecclesie. 

P.  418,  col.  1,  art.  Chartres  (cathédrale),  1.  1.  —  Au  lieu  de 
142,  lisez  42. 

P.  419,  col.  2,  art.  Compostelle^  1.  5.  - —  Au  lieu  de  401,  lisez 
407. 

P.  473,  col.  2,  art.  Mobilier,  1.  12,  —  Au  lieu  de  Encenseur, 
lisez  Encensoir;  même  article,  1.  17,  au  lieu  de  Propiciatoire, 
lisez  Propitiatoire,  ainsi  qu'à  la  p.  478,  col.  2. 


INDEX     GENERAL 


Pages 
Intfjoduction. 

I.  Objet  de  ce  Recueil.  —  Précédents  projets  ou 
essais  de  publication  de  textes  relatifs  à  l'histoire 
de  l'architecture  en  France  au  moyen  âge.  ...  v 

II.  Ordre  suivi  dans  le  présent  Recueil;  ses  limites 
chronologiques  et  géographiques.  —  Textes  rela- 
tifs à  l'expansion  de  l'architecture  française  à 
l'étranger xv 

III.  Nature  et   répartition  des  sources  utilisées  dans 

ce  Recueil xxni 

IV.  Conclusions  générales. 

1 .  Caractéristique  de  Tarclii lecture  au  xi*  siècle 

et  dans  le  premier  tiers  du  xii« xxx 

2.  Évolution  de  l'architecture  religieuse xxxv 

3.  —  —  militaire xliii 

4.  —  —  publique xlvi 

5.  —  —  privée l 

6.  Condition    des     architectes  et   constructeurs, 

ecclésiastiques  etlaïques,  auxi«  et auxii*  siècle.  lu 

Textes  .  n°*  i  —  clim 1 

Appendice 395 

Table  alphabétique  des  noms  de  personnes  et  de  lieux.  .  .  409 

Répertoire  archéologique  des  matières 455 

Glossaire 485 

Additions 507 

Corrections 512 

Index   général 515 


MAÇON,    PROTAT    FRIÎRKS,    IMPRIMEURS. 


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